Pesachim 16b - Sang versé comme l'eau, tsits et komets

Pesachim 16b

Sougya : Le daf poursuit Rabbi Yo'hanan : le sang qui n'est pas versé comme de l'eau ne confère pas le hekhsher. Rav Chmouel bar Ami objecte par le dam ha-tamtzit ; Rabbi Zera répond que ce sang n'est pas appelé sang, car l'âme n'en sort pas.

La Guemara ramène ensuite trois preuves que le sang des kodashim devient tamei, donc que la touma des liquides est de la Torah, contre Rav : chaque fois la réponse est un décret de rabanane, ou, pour le verset du tsits, la touma du komets. Le daf s'ouvre enfin sur la question de Haggai aux kohanim, une chaîne de contacts jusqu'au quatrième degré.

Quel sang confère le hekhsher Verset : sur la terre tu le verseras comme de l'eau. Rabbi Yo'hanan. Versé comme l'eau sang de houlin on ne le reçoit pas dans un récipient hekhsher Reçu pour l'autel sang des kodashim kabala dans un kli zerika sur le mizbeah pas de hekhsher Dam ha-tamtzit s'écoule après l'âme versé, mais il n'est pas appelé sang pas de hekhsher Objection de Rav Chmouel bar Ami. Réponse de Rabbi Zera : même les houlin. Deut. 12:23 : le sang avec lequel l'âme sort est appelé sang. L'autre, non.
Sang de houlin : hekhsher. Sang des kodashim : non. Dam ha-tamtzit : versé, mais il n'est pas appelé sang.
Trois ta chema contre Rav Rav : la touma des liquides est de rabanane. Le sang des kodashim serait donc tahor. Sang projeté sang devenu tamei puis zerika shogeg : ratsé mezid : pas ratsé réponse touma de rabanane pas Yossi b. Yo'ezer Le tsits ratsé sur le sang, la viande et le helev tamei shogeg et mezid yahid et tsibbour même réponse décret aussi sur les mashkei mitbéah Aharon portera la faute des kodashim pigoul et notar exclus reste : touma permise dans le tsibbour Rav Pappa touma des kématsim le komets, comme le sang Yossi ben Yo'ezer : les liquides de la boucherie du Temple sont dakhin. Rav : dakhin tout à fait. Ces tannaim ont décrété même là-dessus.
Trois preuves que le sang devient tamei. Réponses : décret de rabanane, ou touma du komets.
Quelle faute le tsits porte-t-il Élimination. Reste la touma qui a un heter dans le tsibbour. Pigoul déjà dit lo yeratsé hors du lieu Notar déjà dit lo yehashev hors du temps Touma permise au tsibbour le tsits porte en son temps, même tamei Rav Pappa kématsim komets = sang il permet la minha Girsa de la page : pigoul, lo yeratsé ; notar, lo yehashev. Rachi la tient pour principale. Rabbeinou Tam inverse les versets, d'après la conclusion de Zevahim 28.
Le tsits ne porte ni le pigoul ni le notar. Reste la touma. Rav Pappa : celle des kématsim.
1
דם שאינו נשפך כמים — אינו מכשיר. מתקיף לה רב שמואל בר אמי: הרי דם התמצית — דנשפך כמים, ואינו מכשיר!

Le sang qui n'est pas versé comme de l'eau ne confère pas le hekhsher. Rav Chmouel bar Ami objecte : voici le dam ha-tamtzit, qui est versé comme de l'eau, et il ne confère pas le hekhsher.

📜 Rachi (1)
דם התמצית אינו ראוי לזריקה דכתיב כי הדם הוא (הנפש) בנפש יכפר דם שהנפש יוצאה בו מכפר ושאין הנפש יוצאה בו אינו מכפר אלמא נשפך כמים אינו מכשיר כדרבי יוסי בר חנינא:
Il n'est pas propre à la zerika. Car il est écrit : car le sang expie par l'âme. Le sang avec lequel l'âme sort expie, et celui avec lequel l'âme ne sort pas n'expie pas. Il en ressort qu'un sang versé comme de l'eau ne confère pas le hekhsher, et la difficulté vise Rabbi Yossi bar Hanina.
🗂️ Tossefot (1)
דם שאינו נשפך כמים אינו מכשיר הקשה ה"ר יעקב דאורלינ"ש א"כ דם חיה ועוף דטעונים כיסוי לא יהיו מכשירים דכיון דטעונים כיסוי לא חשיב נשפך כמים דאמרינן בפ' כיסוי הדם (חולין פד: ושם) אמריתו חיה בכלל בהמה לסימנים אימא נמי בהמה בכלל חיה לכיסוי ומשני אמר קרא על הארץ תשפכנו כמים אלמא דם חיה לא חשיב נשפך כמים ולאו פירכא היא דכל דם הנשפך כמים לארץ ואין צריך לקבלו בכלי כגון דם חיה הוקש למים לענין הכשר וגם לענין כיסוי היה ראוי להקישו למים אי לאו דגלי קרא להדיא:
Rabbeinou Yaakov d'Orléans a objecté : s'il en est ainsi, le sang de la haya et de l'oiseau, qui exigent le kissoui (recouvrement), ne conféreraient pas le hekhsher. Puisqu'ils exigent le kissoui, on ne les tient pas pour versés comme de l'eau. Car nous disons au chapitre Kissoui ha-dam (Houlin 84b) : vous dites que la haya est comprise dans la behema pour les simanim ; dis aussi que la behema est comprise dans la haya pour le kissoui. Et on répond : le verset dit : sur la terre tu le verseras comme de l'eau. On en tire que le sang de la haya n'est pas tenu pour versé comme de l'eau. Et l'objection ne tient pas. Tout sang versé comme de l'eau sur la terre, sans qu'il faille le recevoir dans un récipient, tel le sang de la haya, est assimilé à l'eau pour le hekhsher. Pour le kissoui aussi, on aurait dû l'assimiler à l'eau, si le verset ne l'avait révélé explicitement.
💡 Explication

Fin de la phrase de Rabbi Yo'hanan (fin de 16a). Le verset assimile à l'eau le sang versé comme de l'eau : sang de houlin, qu'on ne recueille pas. Il confère le hekhsher. Le sang des kodashim, reçu dans un kli pour la zerika, n'y est pas assimilé : pas de hekhsher.

Rav Chmouel bar Ami : le dam ha-tamtzit, sang qui s'écoule une fois l'âme sortie, est inutilisable sur l'autel (Rachi : seul le sang de l'âme expie). Il est donc versé comme de l'eau, et pourtant il ne confère pas le hekhsher. L'assimilation aurait une exception.

Tossefot : le sang de haya et d'oiseau exige le kissoui, et Houlin 84b dit qu'il n'est pas versé comme de l'eau. Rabbeinou Yaakov d'Orléans en déduit qu'il ne devrait pas conférer le hekhsher. Réponse : pour le hekhsher, tout sang versé à terre sans kli est assimilé à l'eau. Le kissoui est un din à part, révélé par le verset.

🖼️ Schéma
Quel sang confère le hekhsher Verset : sur la terre tu le verseras comme de l'eau. Rabbi Yo'hanan. Versé comme l'eau sang de houlin on ne le reçoit pas dans un récipient hekhsher Reçu pour l'autel sang des kodashim kabala dans un kli zerika sur le mizbeah pas de hekhsher Dam ha-tamtzit s'écoule après l'âme versé, mais il n'est pas appelé sang pas de hekhsher Objection de Rav Chmouel bar Ami. Réponse de Rabbi Zera : même les houlin. Deut. 12:23 : le sang avec lequel l'âme sort est appelé sang. L'autre, non.
Trois sangs : houlin, kodashim, dam ha-tamtzit.
2
אמר ליה רבי זירא: הנח לדם התמצית, דאפילו בחולין נמי לא מכשיר.

Rabbi Zera lui dit : laisse le dam ha-tamtzit, car même dans les houlin il ne confère pas le hekhsher.

📜 Rachi (1)
דאפי' בחולין לא מכשיר כדמפרש טעמא:
Comme le motif en est expliqué plus loin.
💡 Explication

Rabbi Zera sort le dam ha-tamtzit de la règle. S'il ne confère pas le hekhsher même sur un animal de houlin, son cas ne contredit pas l'assimilation du sang versé comme de l'eau. Le motif vient au segment suivant.

3
קבלה מיניה רב שמואל בר אמי, דאמר רחמנא: ״רק חזק לבלתי אכל הדם כי הדם הוא הנפש״, דם שהנפש יוצאה בו — קרוי דם, דם שאין הנפש יוצאה בו — אינו קרוי דם.

Rav Chmouel bar Ami l'a reçu de lui. Car la Torah dit : seulement sois fort pour ne pas manger le sang, car le sang, c'est l'âme.

Le sang avec lequel l'âme sort est appelé sang ; le sang avec lequel l'âme ne sort pas n'est pas appelé sang.

📜 Rachi (1)
קיבלה מיניה ר' שמואל לפירושא דהאי טעמא מרבי זירא אמאי לא מכשיר דם התמצית לפי שאינו קרוי דם והקרוי דם קרוי משק' כדכתיב (במדבר כ״ג:כ״ד) ודם חללים ישתה ומכשיר כדכתיב וכל משקה וגו' ואוקימנא אהכשר ושאינו קרוי דם אינו קרוי משקה:
Pour l'explication de ce motif, tenue de Rabbi Zera : pourquoi le dam ha-tamtzit ne confère-t-il pas le hekhsher ? Parce qu'il n'est pas appelé sang. Or ce qui est appelé sang est appelé mashke (liquide), comme il est écrit (Nombres 23:24) : et il boit le sang des tués. Et il confère le hekhsher, comme il est écrit : et tout liquide... Nous l'avons établi au sujet du hekhsher. Ce qui n'est pas appelé sang n'est pas appelé mashke.
💡 Explication

Rav Chmouel accepte le motif. Deutéronome 12:23 : le sang, c'est l'âme. Seul le sang avec lequel la nefech sort porte le nom de sang. Le dam ha-tamtzit en est exclu, dans les houlin comme dans les kodashim.

Rachi ferme la chaîne. Appelé sang, il est appelé mashke, d'après le verset où Israël boit le sang des tués. Le verset et tout liquide vise le hekhsher. Sans le nom de sang, pas de nom de liquide, pas de hekhsher.

🖼️ Schéma
Quand le sang est appelé sang l'âme sort avec lui appelé dam donc mashke, hekhsher l'âme n'en sort pas dam ha-tamtzit ni dam, ni mashke deux versets le sang est l'âme il boit le sang des tués Rachi : appelé sang, il est appelé liquide, et le verset des liquides vise le hekhsher.
L'âme sort : sang, liquide, hekhsher. Sinon, le dam ha-tamtzit reste hors du nom.
4
תא שמע: דם שנטמא וזרקו, בשוגג — הורצה, במזיד — לא הורצה. מדרבנן, ודלא כרבי יוסי בן יועזר איש צרידה.

Viens et entends. Un sang devenu tamei, et on en a fait la zerika : en shogeg, il a été ratsé ; en mezid, il n'a pas été ratsé.

De rabanane, et cet avis ne suit pas Rabbi Yossi ben Yo'ezer, homme de Tsereda.

📜 Rachi (3)
הורצה קרבן לבעלים דמרצה ציץ כדלקמן:
Le korban est agre pour les propriétaires, car le tsits procure l'agrément, comme plus loin.
במזיד לא הורצה להיות בשר קרבן נאכל לכהנים דקנסא הוא אבל בעלים נתכפרו כדאמרינן ביבמות בהאשה רבה (יבמות ד' צ.) דכיון דמדאורייתא מרצי נמי אמזיד לא מצו רבנן למימר ליה זיל אייתי חולין לעזרה קתני מיהת דם שנטמא אלמא דם קדשים שהוא משקין בית מטבחיא מקבל טומאה אלמא משקין טומאת עצמן דאורייתא ודכן דיוסף בן יועזר מלטמא אחרים הוא וקשיא לרב:
En ce sens que la viande du korban n'est pas mangée par les kohanim : c'est un kenas. Mais les propriétaires ont reçu leur kappara, comme nous disons dans Yevamot, au chapitre Ha-isha rabba (Yevamot 90a) : puisque, de la Torah, le tsits procure l'agrément même en mezid, les sages ne peuvent pas lui dire : va apporter des houlin dans l'azara. La baraita enseigne en tout cas : un sang devenu tamei. Dès lors le sang des kodashim, qui fait partie des liquides de la boucherie, reçoit la touma. Dès lors la touma des liquides eux-mêmes est de la Torah. Et le dakhin de Yossef ben Yo'ezer vise seulement le fait de rendre d'autres choses tamei. Et c'est une difficulté pour Rav.
ומשני לעולם טומאת משקין דרבנן והך טומאת דם דרבנן היא ודקשיא לך הא העיד יוסף בן יועזר דגזירת רבנן לא אגזור אמשקי בית מטבחיא האי תנא לית ליה דיוסף בן יועזר:
Et on répond : dans tous les cas, la touma des liquides est de rabanane. Cette touma du sang est de rabanane. Et ce qui te faisait difficulté, à savoir que Yossef ben Yo'ezer a témoigné que le décret des sages n'a pas été porté sur les liquides de la boucherie : ce tanna ne tient pas comme Yossef ben Yo'ezer.
🗂️ Tossefot (1)
מדרבנן ודלא כרבי יוסי בן יועזר ה"מ לאוקמא מדאורייתא וכמ"ד טומאת משקין דאורייתא אלא ניחא לאוקמא מדרבנן וסבר האי תנא מאי נטמא הכשר כמו שאמר רב:
On aurait pu l'établir de la Torah, selon celui qui dit que la touma des liquides est de la Torah. Mais il est plus juste de l'établir de rabanane. Et ce tanna tient : que signifie nitma ? le hekhsher, comme Rav l'a dit.
💡 Explication

Nouvelle série de preuves, contre Rav : si un sang de korban devient tamei, la touma des liquides eux-mêmes est de la Torah. En shogeg, le tsits fait agréer le korban. En mezid, Rachi : la viande n'est pas mangée, kenas de rabanane ; la kappara des baalim tient, car de la Torah le tsits ratsé aussi le mezid. Sinon on lui dirait d'avoir apporté des houlin dans l'azara.

Réponse de la Guemara : cette touma est un décret. Ce tanna ne suit pas Rabbi Yossi ben Yo'ezer, dont le témoignage (liquides de la boucherie, dakhin) empêchait, selon Rav, tout décret sur ce sang.

Tossefot : on pouvait lire la baraita de la Torah, avec l'avis de Chemouel. La Guemara préfère le plan de Rav. Ce tanna lit le yitma des versets comme un hekhsher, donc il n'a pas de source de la Torah pour une touma des liquides.

🖼️ Schéma
Sang tamei, puis zerika Shogeg le tsits ratsé kappara des baalim le korban est agre Mezid kenas : viande non mangée les baalim sont expiés de la Torah, le tsits ratsé aussi Portée le sang des kodashim reçoit une touma ramenée à un décret Rachi : on ne peut lui dire d'apporter des houlin dans l'azara.
Shogeg : le korban est agre. Mezid : la viande est interdite, la kappara tient.
5
תא שמע: על מה הציץ מרצה — על הדם ועל הבשר ועל החלב שנטמא, בין בשוגג בין במזיד, בין באונס בין ברצון, בין ביחיד בין בצבור.

Viens et entends. Sur quoi le tsits procure-t-il l'agrément ?

Sur le sang, sur la viande et sur le helev devenus tamei, que ce soit en shogeg ou en mezid, par ones ou par ratson, pour un yahid ou pour le tsibbour.

📜 Rachi (3)
על הדם ועל הבשר ועל החלב בין שנטמא הדם בין שנטמא הבשר בין שנטמא החלב הציץ מרצה ולא שיהא בשר טמא נאכל דאין ציץ מטהר ודוחה לא תעשה דוהבשר אשר יגע בכל טמא לא יאכל אלא לר' יהושע איצטריך דאמר בכיצד צולין (לקמן פסחים עז.) אם אין בשר אין דם וקאמר הכא ה"מ כשיצא בשר חוץ למחיצתו שאין ציץ מרצה על היוצא או שאבד הבשר אבל נטמא בשר קודם זריקת דם הציץ מרצה עליו להתיר דם לזריקה:
Que le sang soit devenu tamei, ou la viande, ou le helev, le tsits procure l'agrément. Et la viande tamei n'en devient pas mangeable : le tsits ne purifie pas, et il n'écarte pas l'interdit : et la viande qui touchera toute chose tamei ne sera pas mangée. Le cas sert à Rabbi Yehochoua, qui dit au chapitre Keitsad tsolin (plus loin, Pessahim 77a) : s'il n'y a pas de viande, il n'y a pas de sang. Et l'on dit ici : cela vaut lorsque la viande est sortie hors de sa limite, car le tsits ne procure pas l'agrément sur le yotse, ou lorsque la viande a été perdue. Mais si la viande est devenue tamei avant la zerika du sang, le tsits procure l'agrément sur elle, pour permettre le sang à la zerika.
בין בשוגג בין במזיד והאי דתני לעיל בשוגג הורצה במזיד לא הורצה בכיצד צולין פליגי בה אמוראי חד אמר טומאתו בין בשוגג בין במזיד אבל זריקתו בשוגג אין במזיד לא וחד אמר איפכא:
Et ce qu'on a enseigné plus haut, en shogeg il a été ratsé, en mezid il n'a pas été ratsé : au chapitre Keitsad tsolin, les amoraim divergent là-dessus. L'un dit : sa touma, que ce soit en shogeg ou en mezid ; mais sa zerika, en shogeg oui, en mezid non. Et l'un dit l'inverse.
בין ביחיד בקרבן יחיד מזיד ורצון אחד הוא אבל גבי שוגג שייך מזיד וגבי אונס שייך רצון ושוגג ואונס תרי מילי נינהו וקתני מיהת על הדם אלמא דם קדשים מקבל טומאה וש"מ טומאת משקין דאורייתא ולא רצו רבנן לטהר משקי בית מטבחיא וקשיא לרב:
Pour un korban de yahid, mezid et ratson sont une seule chose. Mais à côté de shogeg vient mezid, et à côté de ones vient ratson. Et shogeg et ones sont deux choses distinctes. La michna enseigne en tout cas : sur le sang. Dès lors le sang des kodashim reçoit la touma. On apprend que la touma des liquides est de la Torah. Et les sages n'ont pas voulu déclarer purs les liquides de la boucherie. Et c'est une difficulté pour Rav.
🗂️ Tossefot (1)
על הבשר בפ' כיצד צולין (לקמן פסחים עח.) אמרינן לר"א דאמר יש דם אע"פ שאין בשר הציץ מרצה על האכילות למאי הלכתא לאקבועי בפגול ולאפוקי מידי מעילה ודלא כפ"ה דפי' דלא את' אלא כר' יהושע: ה"ג ר"ת אם עון פיגול הוא נושא הרי כבר נאמר לא יחשב ואם עון נותר הרי כבר נאמר לא ירצה. דהכי איתא במסקנא בהדיא בפ"ב דזבחים דדריש תרוייהו מחד קרא אריכא דפרשת צו ורישיה דקרא דכתיב ביום השלישי מוקי למחשב לאוכלו חוץ לזמנו וסיפא במחשב לאוכלו חוץ למקומו ובת"כ אהאי קרא דצו איתא האי גירסא ורש"י הגיה איפכא על פי ת"כ דפרש' קדושים דהתם ודאי דריש מקרא זוטא ואותה בריית' נשנית לפי מה שרצה הגמרא בזבחים בתחל' ללמוד חוץ למקומו מקרא זוטא דקדושים ולכל הפי' ק"ק אמאי נקט עון פיגול ברישא:
Au chapitre Keitsad tsolin (plus loin, Pessahim 78a), nous disons, selon Rabbi Eliezer qui dit : il y a le sang même s'il n'y a pas de viande : le tsits procure l'agrément sur les parts à manger, et pour quelle halakha ? Pour fixer le pigoul, et pour sortir le cas de la meila. Et cela ne suit pas Rachi, qui explique que ce passage ne vient que selon Rabbi Yehochoua. Voici la version de Rabbeinou Tam : s'il porte la faute du pigoul, il est déjà dit : il ne sera pas compté ; et s'il porte la faute du notar, il est déjà dit : il ne sera pas agre. Car ainsi se trouve explicitement la conclusion, au deuxième chapitre de Zevahim : on dérive les deux d'un seul long verset de la section Tsav. Le début du verset, où il est écrit le troisième jour, il l'établit pour celui qui pense à le manger hors de son temps ; la fin, pour celui qui pense à le manger hors de son lieu. Et dans Torat Kohanim, sur ce verset de Tsav, se trouve cette version. Et Rachi a corrigé en sens inverse, d'après le Torat Kohanim de la section Kedochim, car là, certes, on dérive du verset court. Et cette baraita a été enseignée selon ce que la Guemara de Zevahim voulait d'abord : apprendre le hors de son lieu à partir du verset court de Kedochim. Et selon toutes les explications, une légère difficulté : pourquoi vise-t-il d'abord la faute du pigoul ?
💡 Explication

Deuxième preuve, une michna : le tsits fait agréer sang, viande et helev devenus tamei, dans tous les modes et pour le yahid comme pour le tsibbour. Donc le sang des kodashim reçoit une touma.

Rachi borne l'effet. Le tsits ne rend pas la viande mangeable : l'interdit de manger le tamei reste. Il permet la zerika quand la viande est tamei, selon Rabbi Yehochoua (sans viande valable, pas de sang). Le yotse et la viande perdue restent hors du tsits. Shogeg et mezid d'un côté, ones et ratson de l'autre : pour un yahid, mezid et ratson se recouvrent, shogeg et ones restent deux cas. Plus haut, shogeg ratsé et mezid non : les amoraim séparent la touma et la zerika, et s'opposent sur lequel des deux le mezid bloque.

Tossefot : selon Rabbi Eliezer (le sang vaut même sans viande), l'agrément du tsits sur les parts mangées sert à fixer le pigoul et à faire sortir de la meila. Rabbeinou Tam inverse aussi la version du derach qui suit : pigoul avec lo yehashev, notar avec lo yératsé, d'après la conclusion de Zevahim.

🖼️ Schéma
Sur quoi le tsits procure l'agrément L'objet sang viande helev devenu tamei L'acte shogeg / mezid ones / ratson deux couples shogeg et ones distincts Le korban yahid tsibbour mezid = ratson pour le yahid Limite la viande tamei reste interdite le tsits permet la zerika Rachi : utile selon Rabbi Yehochoua, si la viande tamei avant la zerika.
Objet, mode, korban. Le tsits permet la zerika ; la viande tamei reste interdite à la consommation.
6
מדרבנן, ודלא (כיוסף) בן יועזר איש צרידה.

De rabanane, et cet avis ne suit pas (Yossef) ben Yo'ezer, homme de Tsereda.

📜 Rachi (1)
מדרבנן וקסבר האי תנא דאמשקי בית מטבחיא נמי גזור ודלא כיוסף:
Et ce tanna tient qu'on a décrété aussi sur les liquides de la boucherie, et il ne suit pas Yossef.
💡 Explication

Même réponse que pour la baraita du sang projeté. La michna du tsits parle d'une touma de rabanane. Ce tanna étend le décret aux mashkei beit ha-mitbéah, là où Yossef ben Yo'ezer les déclare dakhin.

7
תא שמע: ״ונשא אהרן את עון הקדשים״.

Viens et entends : et Aharon portera la faute des kodashim.

📜 Rachi (2)
ונשא אהרן בציץ כתיב:
C'est écrit au sujet du tsits.
את עון הקדשים פסול הקרבן יכשיר וירצה ואינו מכפר על האוכלין אותו טמא דעון הקדשים כתיב ולא עון הכהנים:
Il rendra kasher et fera agréer le passoul du korban. Et il n'expie pas pour ceux qui le mangent en état de touma, car il est écrit la faute des kodashim, et non la faute des kohanim.
💡 Explication

Troisième appui, le verset du tsits (Exode 28:38) : Aharon porte la faute des choses consacrées. Rachi : il répare un passoul du korban. Il ne couvre pas le kohen qui mange en état de touma : le verset dit la faute des kodashim, pas celle des kohanim.

8
וכי איזה עון הוא נושא? אם עון פיגול — הרי כבר נאמר ״לא ירצה״. אם עון נותר — הרי כבר נאמר ״לא יחשב״.

Et quelle faute porte-t-il ? Si c'est la faute du pigoul, voici qu'il est déjà dit : il ne sera pas agre.

Si c'est la faute du notar, voici qu'il est déjà dit : il ne sera pas compté.

📜 Rachi (1)
איזה עון הוא נושא איזה פסול הוא מכשיר אם עון פיגול הרי כבר נאמר לא ירצה גרסי' בת"כ ואם עון נותר הרי כבר נאמר לא יחשב והכי פי' אם עון פיגול והוא מחשבת חוץ למקומו שנקראת פיגול כדכתיב בקדושים תהיו ואם האכל יאכל ביום השלישי פגול הוא לא ירצה ומוקמינן לה בזבחים בפ"ב (דף כח:) אם אינו ענין לחוץ לזמנו תנהו ענין לחוץ למקומו הרי כבר נאמר לא ירצה בקדושים תהיו כדפרשינן ואם עון נותר מחשבת נותר ששחטו על מנת להותיר ולאכלו חוץ לזמנו הרי כבר נאמר לא יחשב ואם האכל יאכל מבשר זבח שלמיו ביום השלישי וגו' בפרשת צו את אהרן ואמרינן בזבחים ובתורת כהנים במחשב לאכול שלא בזמנו ביום השלישי הכתוב מדבר וכתיב לא יחשב לו אלמא לית ליה תקנתא ורובא גרסי איפכא אם עון פיגול הרי כבר נאמר לא יחשב ומוקמינן ליה לפיגול חוץ לזמנו שכן לשונו בכל הגמרא ואם עון נותר הרי כבר נאמר לא ירצה ומוקמי' ליה בנותר ממש ולא יתכן חדא דלא כתב לא ירצה אלא במחשבת חוץ למקומו וחוץ לזמנו ועוד אי נותר ממש למאי לא ירצה אי לאכשורי קרבן הרי כשר ועומד הוא משעה שנעשו עבודות דמו בהכשר כדאמרינן בתורת כהנים או אינו אלא באוכל מזבחו ביום השלישי הכתוב מדבר וכי אפשר לומר כן מאחר שהוכשר חוזר ויפסל ואם לא ירצה לא יתכפר האוכל נותר קאמר וכי יש כפרה לחייבי כריתות ועוד לא ירצה הקרבן משמע ותו מי איצטריך למימר דציץ לא מכפר על המחייב כרת והא עון הקדשים כתיב ולא עון האוכלים וכלישנא קמא גרסי' בתורת כהנים ועיקר הוא והאי דקרי ליה להאי פיגול ולהאי נותר משום דתורת כהנים מדרש הוא ונקט לישנא דקרא:
Quel passoul rend-il kasher ? S'il s'agit de la faute du pigoul, il est déjà dit : il ne sera pas agre. Ainsi lisons-nous dans Torat Kohanim. Et s'il s'agit de la faute du notar, il est déjà dit : il ne sera pas compté. Et voici l'explication. S'il s'agit de la faute du pigoul, c'est la mahshava de hors de son lieu, qu'on appelle pigoul, comme il est écrit dans Kedochim tihyou : et si l'on en mange le troisième jour, c'est un pigoul, il ne sera pas agre. Et nous l'établissons dans Zevahim, au deuxième chapitre (28b) : si le verset ne concerne pas le hors de son temps, applique-le au hors de son lieu. Il est déjà dit : il ne sera pas agre, dans Kedochim tihyou, comme nous l'avons expliqué. Et s'il s'agit de la faute du notar : la mahshava de notar, lorsqu'on l'a abattu afin d'en laisser et de le manger hors de son temps. Il est déjà dit : il ne sera pas compté. Et si l'on mange de la chair du sacrifice de ses shelamim le troisième jour, dans la section Tsav et Aharon. Et nous disons dans Zevahim et dans Torat Kohanim : le verset parle de celui qui pense à manger hors du temps, le troisième jour, et il est écrit : il ne lui sera pas compté. On en tire qu'il n'a pas de réparation. Et la plupart lisent l'inverse : s'il s'agit de la faute du pigoul, il est déjà dit : il ne sera pas compté, et on l'établit pour le pigoul du hors de son temps, car c'est ainsi son langage dans toute la Guemara ; et s'il s'agit de la faute du notar, il est déjà dit : il ne sera pas agre, et on l'établit pour le notar effectif. Et cela ne se tient pas. D'abord, il ne sera pas agre n'est écrit qu'au sujet de la mahshava de hors de son lieu et de hors de son temps. Ensuite, s'il s'agit du notar effectif, à quel propos il ne sera pas agre ? S'il s'agit de rendre le korban kasher, il se tient déjà kasher dès que les avodot de son sang ont été faites dans les règles, comme nous disons dans Torat Kohanim : ou bien le verset parle-t-il de celui qui mange de son sacrifice le troisième jour ? Et peut-on dire cela ? Une fois qu'il a été rendu kasher, redevient-il passoul ? Et si il ne sera pas agre veut dire que celui qui mange le notar n'est pas expié : y a-t-il une kappara pour les passibles de karet ? Ensuite, il ne sera pas agre vise le korban. Et encore : à-t-on besoin de dire que le tsits n'expie pas celui qui est passible de karet ? Or il est écrit la faute des kodashim, et non la faute de ceux qui mangent. Et selon la première version nous lisons dans Torat Kohanim, et c'est elle qui fait foi. Et s'il appelle celui-ci pigoul et celui-là notar, c'est que Torat Kohanim est un midrach, et il prend le langage du verset.
💡 Explication

Le derach écarte deux fautes déjà tranchées par un verset. Dans la girsa de la page, que Rachi défend : le pigoul est la mahshava de hors du lieu, et le verset lo yératsé (Kedochim) la couvre déjà, une fois le hors du temps écarté au profit du hors du lieu. Le notar est ici la mahshava de manger hors du temps, et lo yehashev (Tsav) dit qu'elle n'a pas de réparation.

La lecture majoritaire, celle de Rabbeinou Tam plus haut, inverse : pigoul = hors du temps = lo yehashev ; notar = reste effectif = lo yératsé. Rachi la refuse. Lo yératsé vise une mahshava, pas un reste déjà validé par le sang. Un korban dont les avodot ont été kasher ne redevient pas passoul parce qu'on en mange plus tard. Et le tsits ne s'occupe pas du mangeur passible de karet : le verset dit la faute des kodashim.

🖼️ Schéma
Deux lectures du derach Girsa de la page, Rachi pigoul = hors du lieu verset : lo yératsé notar = mahshava hors du temps verset : lo yehashev Torat Kohanim, texte principal Majorité, Rabbeinou Tam pigoul = hors du temps verset : lo yehashev notar = reste effectif verset : lo yératsé Rachi : lo yératsé vise une mahshava Le notar déjà validé par le sang ne redevient pas passoul. Pas de kappara du karet.
Page et Rachi : pigoul hors du lieu, notar comme mahshava. L'autre girsa inverse versets et cas.
9
הא אינו נושא אלא עון טומאה שהותרה מכללה בציבור. מאי לאו, טומאת דם? אמר רב פפא: לא, טומאת קמצים.

Dès lors, il ne porte que la faute de touma qui a été permise à partir de sa règle générale, dans le tsibbour. N'est-ce pas la touma du sang ?

Rav Pappa dit : non, la touma des kematsim.

📜 Rachi (4)
הא כמו הרי כלומר הרי יש לך להבין על כרחך שאין לך עון הקדשים שיוכל ציץ לרצות עליו אלא עון טומאה ומאי שנא טומאה מפסול יוצא ושאר הפסולין:
Comme : voici. C'est-à-dire : voici, tu dois comprendre que, de force, il n'est de faute des kodashim sur laquelle le tsits puisse procurer l'agrément que la faute de touma. Et en quoi la touma diffère-t-elle du passoul du yotse et des autres passoulim ?
שהותרה מכללה בצבור דנדחית מפני קרבן צבור דכתיב במועדו ואפי' בשבת ואפי' בטומאה וכיון דהיקלתה אצלה לכך היקלתה אף ביחיד שלא הותרה אצלו לכתחלה בלא ציץ ירצה הציץ עליה:
Car elle est écartée devant un korban du tsibbour, comme il est écrit : en son temps fixé, même le Chabbat, même en état de touma. Et puisqu'on l'a allégée dans ce cas, on l'a aussi allégée pour le yahid, où elle n'est pas permise dès l'abord : sans le tsits elle ne l'est pas, et le tsits procurera l'agrément pour elle.
מאי עון טומאה לאו טומאת דם דאין מצריך רצוי אלא א"כ נטמא דם שהכפרה תלויה בו אלמא דם מקבל טומאה:
N'est-ce pas la touma du sang ? Car on n'exige l'agrément que si le sang est devenu tamei, puisque la kappara dépend de lui. Dès lors le sang reçoit la touma.
לא טומאת קמצין שהקומץ מתיר את המנחה כדם המתיר את הזבח וכל הכפרה תלויה בו והוא הדין דמצי לשנויי לא בטומאת בשר וחלב ואליבא דר' יהושע בעי ציץ דאמר אם אין בשר אין דם אלא ניחא ליה לאוקמיה כדברי הכל:
Car le komets rend la minha permise, comme le sang rend le zevah permis, et toute la kappara en dépend. Et l'on aurait pu répondre de même : non, il s'agit de la touma de la viande et du helev, et selon Rabbi Yehochoua il faut le tsits, lui qui dit : s'il n'y a pas de viande, il n'y a pas de sang. Mais il préfère l'établir selon l'avis de tous.
🗂️ Tossefot (1)
הא אינו נושא אלא עון טומאה שהותרה מכללה תימה לר"ת למ"ל שהותרה מכללה תיפוק ליה דליכא לאוקמא לקרא אלא בהכי כדמפרש אי עון פיגול וכו' ואור"ת משום דקרא משמע דלא מרצה אלא דבר שיש לו היתר בשום מקום דכתיב בסיפא דקרא לרצון להם ופיגול ונותר נמי הותרו מכללם במנחת כהנים ובמנחת נסכים דתנן בפ' ב"ש (זבחים מג: ושם) דאין חייבים עליהם משום פיגול ועוד דפיגול חוץ למקומו הותר מכללו בבמה וכן משמע בהקומץ רבה (מנחות כה.) דפריך אימא עון שמאל שהותר מכללו ביום הכפורים אמר קרא עון עון שהיה בו ודחיתיו והיינו משום דאלרצון סמיך וה"ק עון שהוא לרצון וא"ת דהתם פריך נמי ואימא עון יוצא דהותר מכללו בבמה ומשני לרצון להם לפני ה' עון דלפני השם הוא נושא ולא יוצא וא"כ בפיגול דחוץ למקומו נמי נימא הכי ומאי קאמר אם עון פיגול וכו' וי"ל דיוצא ודאי אינו לפני ה' אבל מחשב להוציא לפני השם קרינן ביה:
Rabbeinou Tam s'étonne : pourquoi faut-il qu'elle ait été permise à partir de sa règle générale ? Qu'on le tire de ce que le verset ne peut s'établir que dans ce cas, comme on l'explique : si c'est la faute du pigoul, et la suite. Et Rabbeinou Tam a répondu : le verset implique qu'il ne procure l'agrément que pour une chose qui a un heter quelque part, car il est écrit à la fin du verset : pour leur agrément. Or le pigoul et le notar ont eux aussi été permis à partir de leur règle générale, dans la minha des kohanim et dans la minha des nessakhim : nous avons enseigné au chapitre Beit Chammai (Zevahim 43b) qu'on n'est pas passible pour elles à cause du pigoul. Et en outre, le pigoul du hors de son lieu a été permis à partir de sa règle générale sur une bama. Et c'est aussi le sens, dans Ha-komets rabba (Menahot 25a), où l'on objecte : dis la faute de la gauche, qui a été permise à partir de sa règle générale à Yom Kippour. Le verset dit avon, avon : une faute qui s'y trouvait et que j'ai écartée. Et cela, parce que le mot est juxtaposé à pour l'agrément, et voici ce qu'il dit : une faute qui est matière d'agrément. Et si tu dis : là-bas on objecte aussi : dis la faute du yotse, qui a été permise à partir de sa règle générale sur une bama. Et on répond : pour leur agrément, devant Hachem : il porte une faute qui est devant Hachem, et non le yotse. S'il en est ainsi, pour le pigoul du hors de son lieu, disons aussi cela. Et que signifie alors : si c'est la faute du pigoul ? On peut répondre : le yotse, certes, n'est pas devant Hachem. Mais celui qui pense à le faire sortir, nous l'appelons devant Hachem.
💡 Explication

Une fois pigoul et notar écartés, le tsits ne porte que la touma. Pourquoi elle seule : elle a un heter pour le korban du tsibbour (en son temps, même Chabbat, même tamei). Ce relâchement explique que, pour le yahid, le tsits la fasse agréer, là où elle reste interdite dès l'abord.

La Guemara voudrait y lire la touma du sang : l'agrément ne sert que si le matir est tamei. Rav Pappa : il s'agit des kematsim. Le komets permet la minha comme le sang permet le zevah. Rachi : viser la viande et le helev tamei ne marcherait que selon Rabbi Yehochoua. Le komets vaut selon tous.

Tossefot, Rabbeinou Tam : la formule permise à partir de sa règle n'est pas de trop. Le verset, pour leur agrément, ne vise qu'une faute qui a un heter quelque part. Pigoul et notar en ont un, dans la minha des kohanim, des nessakhim, et sur une bama pour le hors du lieu. À Menahot, la main gauche (permise à Yom Kippour) est écartée par le double avon. Le yotse est écarté parce qu'il n'est plus devant Hachem ; la mahshava de le faire sortir, elle, a encore lieu devant Hachem, d'où le derach sépare sur le pigoul.

🖼️ Schéma
Le komets tient la place du sang Zevah le sang permet la viande la kappara dépend de lui question : touma du sang ? Minha le komets permet la minha toute la kappara en dépend Rav Pappa : touma des kematsim Viande et helev tamei : seulement selon Rabbi Yehochoua. Le komets, selon tous.
Rav Pappa : la faute portée par le tsits est celle du komets, matir de la minha.
10
תא שמע: ״הן ישא איש בשר קדש בכנף בגדו ונגע בכנפו אל הלחם ואל הנזיד ואל היין ואל שמן ואל כל מאכל היקדש ויענו הכהנים ויאמרו לא (יקדש)״.

Viens et entends : voici, un homme portera de la viande de kodech dans le pan de son vêtement, et de son pan il touchera le pain, le potage, le vin, l'huile, et tout aliment : cela se consacrera-t-il ? Les kohanim répondirent et dirent : non (cela ne se consacrera pas).

📜 Rachi (2)
בשר קדש שרץ לשון קדש היה בארץ (מלכים א יד) טומאה והיה חגי הנביא בודק את הכהנים בשנת שתים לדריוש שהיה בבנין בית שני לידע אם בקיאין בהלכות טומאה לפי שנשתכח מהן בגולה שלא נתעסקו בה בקדשים:
Un sherets. C'est une tournure comme : un kodech se trouvait dans le pays (Melakhim I, 14), c'est-à-dire une touma. Et Haggai le prophète examinait les kohanim, en l'an deux de Darius, pendant la construction du Second Temple, pour savoir s'ils étaient experts dans les halakhot de la touma, car elles avaient été oubliées d'eux dans l'exil, où ils ne s'occupaient pas des kodashim.
ונגע בכנפו באותו כנף שהשרץ בו כלומר השרץ עצמו ועל כרחך הכי הוא דאי משום כנף שהוא ראשון כוליה בגד נמי ראשון הוי ומאי איריא דנקיט כנף אלא משום שרץ שהשרץ עצמו נגע אל הלחם והלחם אל הנזיד והנזיד אל היין והיין אל השמן או אל כל מאכל היקדש כלום נטמא האחרון הזה שהוא רביעי בקודש דלחם ראשון ונזיד שני ויין שלישי ושמן רביעי נזיד תבשיל כמו ונזיד עדשים (בראשית כה) יין ושמן של נסכים:
Dans ce pan où se trouve le sherets, c'est-à-dire le sherets lui-même. Et de force il en est ainsi : si c'était à cause du pan, qui serait rishon, tout le vêtement serait rishon lui aussi. Pourquoi viser le pan ? À cause du sherets : le sherets lui-même a touché le pain, le pain le potage, le potage le vin, le vin l'huile, ou tout aliment. Ce dernier, qui est revi'i dans les kodashim, est-il devenu tamei ? Le pain est rishon, le potage sheni, le vin shelishi, l'huile revi'i. Nazid : un mets cuit, comme un potage de lentilles (Bereshit 25). Le vin et l'huile sont ceux des nessakhim.
💡 Explication

Dernière entrée du daf, la question de Haggai (2:12) aux kohanim, l'an deux de Darius, au moment du Second Temple. Rachi lit bassar kodech comme un sherets : kodech sert ici de mot pour la touma. Haggai vérifie si les kohanim, revenus d'exil, maîtrisent encore les degrés.

Le pan n'est pas un simple tissu rishon : sinon tout le vêtement le serait, et le verset ne viserait pas le pan. Le sherets touche le pain, puis la chaîne : pain rishon, potage sheni, vin shelishi, huile revi'i. Vin et huile sont ceux des libations. La question : ce quatrième degré devient-il tamei dans les kodashim ? La suite est au daf suivant.

🖼️ Schéma
Haggai : quatre degrés dans les kodashim Sherets av le pan du vêtement Pain rishon 1er degré Potage sheni 2e degré Vin shelishi 3e degré Huile revi'i 4e, question ouverte Rachi : le pan nomme le sherets. Vin et huile des nessakhim. Suite au daf suivant.
Sherets, pain, potage, vin, huile : la question porte sur le revi'i dans les kodashim.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).