Sougya : Le daf poursuit Rabbi Yo'hanan : le sang qui n'est pas versé comme de l'eau ne confère pas le hekhsher. Rav Chmouel bar Ami objecte par le dam ha-tamtzit ; Rabbi Zera répond que ce sang n'est pas appelé sang, car l'âme n'en sort pas.
La Guemara ramène ensuite trois preuves que le sang des kodashim devient tamei, donc que la touma des liquides est de la Torah, contre Rav : chaque fois la réponse est un décret de rabanane, ou, pour le verset du tsits, la touma du komets. Le daf s'ouvre enfin sur la question de Haggai aux kohanim, une chaîne de contacts jusqu'au quatrième degré.
Le sang qui n'est pas versé comme de l'eau ne confère pas le hekhsher. Rav Chmouel bar Ami objecte : voici le dam ha-tamtzit, qui est versé comme de l'eau, et il ne confère pas le hekhsher.
Fin de la phrase de Rabbi Yo'hanan (fin de 16a). Le verset assimile à l'eau le sang versé comme de l'eau : sang de houlin, qu'on ne recueille pas. Il confère le hekhsher. Le sang des kodashim, reçu dans un kli pour la zerika, n'y est pas assimilé : pas de hekhsher.
Rav Chmouel bar Ami : le dam ha-tamtzit, sang qui s'écoule une fois l'âme sortie, est inutilisable sur l'autel (Rachi : seul le sang de l'âme expie). Il est donc versé comme de l'eau, et pourtant il ne confère pas le hekhsher. L'assimilation aurait une exception.
Tossefot : le sang de haya et d'oiseau exige le kissoui, et Houlin 84b dit qu'il n'est pas versé comme de l'eau. Rabbeinou Yaakov d'Orléans en déduit qu'il ne devrait pas conférer le hekhsher. Réponse : pour le hekhsher, tout sang versé à terre sans kli est assimilé à l'eau. Le kissoui est un din à part, révélé par le verset.
Rabbi Zera lui dit : laisse le dam ha-tamtzit, car même dans les houlin il ne confère pas le hekhsher.
Rabbi Zera sort le dam ha-tamtzit de la règle. S'il ne confère pas le hekhsher même sur un animal de houlin, son cas ne contredit pas l'assimilation du sang versé comme de l'eau. Le motif vient au segment suivant.
Rav Chmouel bar Ami l'a reçu de lui. Car la Torah dit : seulement sois fort pour ne pas manger le sang, car le sang, c'est l'âme.
Le sang avec lequel l'âme sort est appelé sang ; le sang avec lequel l'âme ne sort pas n'est pas appelé sang.
Rav Chmouel accepte le motif. Deutéronome 12:23 : le sang, c'est l'âme. Seul le sang avec lequel la nefech sort porte le nom de sang. Le dam ha-tamtzit en est exclu, dans les houlin comme dans les kodashim.
Rachi ferme la chaîne. Appelé sang, il est appelé mashke, d'après le verset où Israël boit le sang des tués. Le verset et tout liquide vise le hekhsher. Sans le nom de sang, pas de nom de liquide, pas de hekhsher.
Viens et entends. Un sang devenu tamei, et on en a fait la zerika : en shogeg, il a été ratsé ; en mezid, il n'a pas été ratsé.
De rabanane, et cet avis ne suit pas Rabbi Yossi ben Yo'ezer, homme de Tsereda.
Nouvelle série de preuves, contre Rav : si un sang de korban devient tamei, la touma des liquides eux-mêmes est de la Torah. En shogeg, le tsits fait agréer le korban. En mezid, Rachi : la viande n'est pas mangée, kenas de rabanane ; la kappara des baalim tient, car de la Torah le tsits ratsé aussi le mezid. Sinon on lui dirait d'avoir apporté des houlin dans l'azara.
Réponse de la Guemara : cette touma est un décret. Ce tanna ne suit pas Rabbi Yossi ben Yo'ezer, dont le témoignage (liquides de la boucherie, dakhin) empêchait, selon Rav, tout décret sur ce sang.
Tossefot : on pouvait lire la baraita de la Torah, avec l'avis de Chemouel. La Guemara préfère le plan de Rav. Ce tanna lit le yitma des versets comme un hekhsher, donc il n'a pas de source de la Torah pour une touma des liquides.
Viens et entends. Sur quoi le tsits procure-t-il l'agrément ?
Sur le sang, sur la viande et sur le helev devenus tamei, que ce soit en shogeg ou en mezid, par ones ou par ratson, pour un yahid ou pour le tsibbour.
Deuxième preuve, une michna : le tsits fait agréer sang, viande et helev devenus tamei, dans tous les modes et pour le yahid comme pour le tsibbour. Donc le sang des kodashim reçoit une touma.
Rachi borne l'effet. Le tsits ne rend pas la viande mangeable : l'interdit de manger le tamei reste. Il permet la zerika quand la viande est tamei, selon Rabbi Yehochoua (sans viande valable, pas de sang). Le yotse et la viande perdue restent hors du tsits. Shogeg et mezid d'un côté, ones et ratson de l'autre : pour un yahid, mezid et ratson se recouvrent, shogeg et ones restent deux cas. Plus haut, shogeg ratsé et mezid non : les amoraim séparent la touma et la zerika, et s'opposent sur lequel des deux le mezid bloque.
Tossefot : selon Rabbi Eliezer (le sang vaut même sans viande), l'agrément du tsits sur les parts mangées sert à fixer le pigoul et à faire sortir de la meila. Rabbeinou Tam inverse aussi la version du derach qui suit : pigoul avec lo yehashev, notar avec lo yératsé, d'après la conclusion de Zevahim.
De rabanane, et cet avis ne suit pas (Yossef) ben Yo'ezer, homme de Tsereda.
Même réponse que pour la baraita du sang projeté. La michna du tsits parle d'une touma de rabanane. Ce tanna étend le décret aux mashkei beit ha-mitbéah, là où Yossef ben Yo'ezer les déclare dakhin.
Viens et entends : et Aharon portera la faute des kodashim.
Troisième appui, le verset du tsits (Exode 28:38) : Aharon porte la faute des choses consacrées. Rachi : il répare un passoul du korban. Il ne couvre pas le kohen qui mange en état de touma : le verset dit la faute des kodashim, pas celle des kohanim.
Et quelle faute porte-t-il ? Si c'est la faute du pigoul, voici qu'il est déjà dit : il ne sera pas agre.
Si c'est la faute du notar, voici qu'il est déjà dit : il ne sera pas compté.
Le derach écarte deux fautes déjà tranchées par un verset. Dans la girsa de la page, que Rachi défend : le pigoul est la mahshava de hors du lieu, et le verset lo yératsé (Kedochim) la couvre déjà, une fois le hors du temps écarté au profit du hors du lieu. Le notar est ici la mahshava de manger hors du temps, et lo yehashev (Tsav) dit qu'elle n'a pas de réparation.
La lecture majoritaire, celle de Rabbeinou Tam plus haut, inverse : pigoul = hors du temps = lo yehashev ; notar = reste effectif = lo yératsé. Rachi la refuse. Lo yératsé vise une mahshava, pas un reste déjà validé par le sang. Un korban dont les avodot ont été kasher ne redevient pas passoul parce qu'on en mange plus tard. Et le tsits ne s'occupe pas du mangeur passible de karet : le verset dit la faute des kodashim.
Dès lors, il ne porte que la faute de touma qui a été permise à partir de sa règle générale, dans le tsibbour. N'est-ce pas la touma du sang ?
Rav Pappa dit : non, la touma des kematsim.
Une fois pigoul et notar écartés, le tsits ne porte que la touma. Pourquoi elle seule : elle a un heter pour le korban du tsibbour (en son temps, même Chabbat, même tamei). Ce relâchement explique que, pour le yahid, le tsits la fasse agréer, là où elle reste interdite dès l'abord.
La Guemara voudrait y lire la touma du sang : l'agrément ne sert que si le matir est tamei. Rav Pappa : il s'agit des kematsim. Le komets permet la minha comme le sang permet le zevah. Rachi : viser la viande et le helev tamei ne marcherait que selon Rabbi Yehochoua. Le komets vaut selon tous.
Tossefot, Rabbeinou Tam : la formule permise à partir de sa règle n'est pas de trop. Le verset, pour leur agrément, ne vise qu'une faute qui a un heter quelque part. Pigoul et notar en ont un, dans la minha des kohanim, des nessakhim, et sur une bama pour le hors du lieu. À Menahot, la main gauche (permise à Yom Kippour) est écartée par le double avon. Le yotse est écarté parce qu'il n'est plus devant Hachem ; la mahshava de le faire sortir, elle, a encore lieu devant Hachem, d'où le derach sépare sur le pigoul.
Viens et entends : voici, un homme portera de la viande de kodech dans le pan de son vêtement, et de son pan il touchera le pain, le potage, le vin, l'huile, et tout aliment : cela se consacrera-t-il ? Les kohanim répondirent et dirent : non (cela ne se consacrera pas).
Dernière entrée du daf, la question de Haggai (2:12) aux kohanim, l'an deux de Darius, au moment du Second Temple. Rachi lit bassar kodech comme un sherets : kodech sert ici de mot pour la touma. Haggai vérifie si les kohanim, revenus d'exil, maîtrisent encore les degrés.
Le pan n'est pas un simple tissu rishon : sinon tout le vêtement le serait, et le verset ne viserait pas le pan. Le sherets touche le pain, puis la chaîne : pain rishon, potage sheni, vin shelishi, huile revi'i. Vin et huile sont ceux des libations. La question : ce quatrième degré devient-il tamei dans les kodashim ? La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).