Sougya : Le daf reprend la question de Haggai aux kohanim. Rav dit qu'ils se sont trompรฉs : il leur demandait si un revi'i est tamei dans les kodashim, et ils ont rรฉpondu tahor.
Chmouel dit qu'ils ne se sont pas trompรฉs : le bet de be-knafo ajoute un degrรฉ, l'huile est un hamishi, et un hamishi reste tahor. Un second verset, oรน ils rรฉpondent yitma, est expliquรฉ par Rav Nahman (experts pour la touma du mort, pas pour le sherets) puis par Ravina (la le mort est avi avot, et la chaรฎne s'arrรชte au shelishi).
La suite fixe le texte du tรฉmoignage de Yossef ben Yo'ezer : Rav enseigne les liquides de la maison d'abattage, Levi ceux de la maison de l'autel. Levi doit suivre le sens de Chmouel, et Chmouel la liste de Rav.
Deux baraรฏthot tranchent le lieu oรน la touma a รฉtรฉ contractรฉe.
Et Rav a dit : les kohanim se sont trompรฉs. Cette raison ne concerne-t-elle que Rav ?
Rav enseigne les liquides de la maison d'abattage ; mais les liquides de la maison de l'autel rendent tamei.
Le verset de Haggai met le vin et l'huile au bout d'une chaรฎne : des liquides reรงoivent une touma. L'objection ne vise que Rav. Dans le tรฉmoignage de Yossef ben Yo'ezer, Rav lit beit mitbahaya (maison d'abattage) : sang et eau. Le vin et l'huile sont bei madvahaya (maison de l'autel), et le dรฉcret les atteint : ils rendent tamei.
Rachi รฉcarte une sortie trop facile. On ne dit pas : Haggai parle d'un dรฉcret, et ce dรฉcret ne suit pas Yossef. Un verset reste un verset : la touma y est, de la Torah ou de rabanane. L'ordre du verset fait qu'un aliment rend un aliment tamei, et un liquide un liquide : c'est le dรฉcret ou la touma produit son semblable.
Le sujet lui-mรชme. Rav a dit : les kohanim se sont trompรฉs.
Et Chmouel a dit : les kohanim ne se sont pas trompรฉs.
La Guemara ouvre le diffรฉrend. Rav : la rรฉponse tahor est une erreur. Chmouel : la rรฉponse tahor est juste. Tout le dรฉveloppement qui suit prรฉcise sur quel degrรฉ portait la question.
Rav a dit : les kohanim se sont trompรฉs. Il leur a demandรฉ un revi'i dans le kodech, et ils lui ont dit : tahor.
Selon Rav, Haggai demande si un revi'i (quatriรจme degrรฉ) est tamei dans les kodashim. Les kohanim rรฉpondent tahor. Dans le kodech, le revi'i est tamei : ils se trompent.
Tossefot rapportent la chaรฎne de Rachi : sherets, pain, potage, vin, huile. Rabbeinou Tam reconstruit le verset. Et vers tout aliment est un quatriรจme contact, pas un synonyme. L'ordre altรจre les catรฉgories : pan, aliment, liquide, aliment, pour ne pas faire produire ร la touma son semblable. Chmouel, lui, tire un cinquiรจme degrรฉ de be-knafo.
Cette lecture sert aussi Ravina. Un aliment ne devient pas av hatumah : Nidda 28b, ce qui n'a pas de tahara au mikve ne devient pas av, du moins pour l'homme et les kelim. Le pan, qui est un kli, le devient quand un mort le touche. Le bout de la chaรฎne est alors un shelishi.
Et Chmouel a dit : les kohanim ne se sont pas trompรฉs. Il leur a demandรฉ un hamishi dans le kodech, et ils lui ont dit : tahor.
Selon Chmouel, la question porte sur un hamishi (cinquiรจme degrรฉ). Mรชme dans les kodashim, le hamishi reste tahor. La rรฉponse des kohanim est juste.
Soit, selon Rav : c'est pourquoi il est รฉcrit quatre, pain, potage, vin et huile. Mais selon Chmouel, cinq, d'oรน les tient-il ?
Le verset nomme quatre choses : pain, potage, vin, huile. Le compte de Rav s'y lit directement. Chmouel a besoin d'un cinquiรจme maillon. La Guemara demande oรน il le prend.
Est-il รฉcrit : et son pan a touchรฉ ? Il est รฉcrit : et il a touchรฉ dans son pan.
Ce qui a touchรฉ son pan.
Le verset a un bet : be-knafo, dans son pan. Sans ce bet, le pan, c'est-ร -dire le sherets, toucherait le pain, et le pain serait rishon. Avec le bet, le pain touche ce qui a dรฉjร touchรฉ le pan. Le pain est sheni. Quatre pas plus loin, l'huile est hamishi. D'oรน la rรฉponse tahor.
Viens et entends. Haggai dit : si un tamei nefech touche tout cela, cela devient-il tamei ?
Les kohanim rรฉpondirent et dirent : cela devient tamei. Soit, selon Chmouel : du fait qu'ici ils ne se sont pas trompรฉs, lร non plus ils ne se sont pas trompรฉs.
Mais selon Rav : qu'a ici de particulier, qu'ils se soient trompรฉs, et qu'a lร de particulier, qu'ils ne se soient pas trompรฉs ?
Second verset, Haggai 2:13. Un tamei nefech touche toute la sรฉrie, et les kohanim rรฉpondent yitma (cela devient tamei).
Pour Chmouel, les deux rรฉponses tiennent. Ici, sur le sherets, l'huile est hamishi, donc tahor. Lร , ils ont bien dit qu'un revi'i est tamei. Pour Rav, les deux questions portent sur un revi'i : la rรฉponse tahor d'un cรดtรฉ et yitma de l'autre restent ร expliquer.
Rachi pose d'abord le hava amina : tamei nefech serait un homme tamei par un mort, un av hatumah au mรชme rang qu'un sherets, donc la mรชme longueur de chaรฎne.
Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh : ils sont experts dans la touma du mort, et ils ne sont pas experts dans la touma du sherets.
Rav Nahman garde la mรชme longueur pour les deux questions. Les kohanim savaient, pour la touma du mort, qu'en kodech un shelishi produit un revi'i : ils rรฉpondent yitma. Pour la touma du sherets, ils croyaient qu'un shelishi ne produit pas de revi'i : ils rรฉpondent tahor, et c'est l'erreur.
Ravina a dit : lร , c'est un revi'i ; ici, c'est un shelishi.
Ravina change la longueur. Lร , sur le sherets, la question est un revi'i : ils ne connaissent pas ce degrรฉ, ils disent tahor. Ici, sur le mort, la question est un shelishi, et ils rรฉpondent juste.
Rachi lit tamei nefech comme le mort lui-mรชme, avi avot hatumah (pรจre des pรจres de touma), un cran au-dessus d'un sherets qui n'est qu'un av. Pain av, potage rishon, vin sheni, huile shelishi. Le shelishi dans le kodech est tamei : yitma est la bonne rรฉponse. Tossefot, plus haut, font porter ce cran au pan, qui est un kli, plutรดt qu'au pain.
Viens et entends. Haggai rรฉpondit et dit : ainsi ce peuple, et ainsi cette nation devant Moi, parole de Hachem, etc.
Soit, selon Rav : c'est pourquoi il est รฉcrit tamei. Mais selon Chmouel, pourquoi tamei ?
Haggai 2:14. La fin du verset, donnรฉe par Rachi : ce qu'ils offrent lร est tamei. Pour Rav, le mot suit l'erreur des kohanim : leur service est appelรฉ tamei. Pour Chmouel, ils ont bien rรฉpondu. Le mot tamei demande une autre lecture.
Il s'รฉtonne : c'est un รฉtonnement. Mais il est รฉcrit : et ainsi toute l'ลuvre de leurs mains !
Mar Zoutra a dit, et certains disent Rav Ashi : du fait qu'ils ont corrompu leurs actes, le verset le porte ร leur compte comme s'ils avaient offert dans la touma.
Pour Chmouel, la phrase est une question d'รฉtonnement : ils connaissent les halakhot, et l'on demanderait si toute leur ลuvre est tamei. Le mot ve-khen (et ainsi) se lit comme une affirmation. L'รฉtonnement ne tient pas.
Mar Zoutra, et d'autres disent Rav Ashi : Haggai parle d'un temps ultรฉrieur. Ils corrompront leurs actes au Second Temple par d'autres fautes. Le verset le leur compte comme s'ils avaient offert dans la touma.
Le sujet lui-mรชme. Rav enseigne : liquides de la maison d'abattage.
Et Levi enseigne : liquides de la maison de l'autel.
Deuxiรจme diffรฉrend, sur le texte du tรฉmoignage. Rav : mashkei beit mitbahaya, les liquides de l'abattage. Levi : mashkei bei madvahaya, les liquides de l'autel, ce qui inclut le vin et l'huile du verset de Haggai.
Selon Levi, cela se tient s'il pense comme Chmouel, qui a dit : dakhin, pour ne pas rendre tamei d'autres choses, mais une touma pour eux-mรชmes, ils l'ont. On trouve alors le cas : tous ont touchรฉ un rishon.
La liste de Levi comprend le vin et l'huile. Le second verset dit pourtant qu'ils deviennent tamei. Cela tient si Levi prend dakhin comme Chmouel : ces liquides ne transmettent pas la touma, et ils peuvent la recevoir.
Rachi sรฉpare les deux questions. La premiรจre est une chaรฎne : le vin ne rend pas l'huile tamei, le dernier reste tahor. La seconde : le tamei touche chaque chose, chacune rencontre un rishon, et chacune devient tamei pour elle-mรชme. Les kohanim ont bien rรฉpondu les deux fois.
Mais s'il pense comme Rav, qui a dit : dakhin tout ร fait, comment trouve-t-on le cas ? De force, il pense comme Chmouel.
Si dakhin veut dire, avec Rav, tout ร fait tahor, le vin et l'huile de Levi ne deviennent jamais tamei. Le yitma du verset n'a plus de cas. La difficultรฉ vise Levi, pas Rav : Rav, lui, ne met dans la liste exemptรฉe que le sang et l'eau. Levi suit donc le sens de Chmouel.
Et selon Chmouel, cela se tient s'il pense comme Rav, qui enseigne : liquides de la maison d'abattage ; mais les liquides de la maison de l'autel, d'autres choses aussi en deviennent tamei. C'est un revi'i qui ne produit pas un hamishi ; mais un shelishi produit un revi'i.
Le tahor de Chmouel repose sur un seul point : l'huile est hamishi, et un revi'i ne produit pas de hamishi. L'infรฉrence est immรฉdiate : un shelishi produirait, lui, un revi'i. Le vin, liquide, transmet donc la touma.
Cette transmission est celle de la liste de Rav : seuls les liquides d'abattage sont exemptรฉs ; les liquides d'autel rendent autrui tamei. Rachi รฉnumรจre ce que le nom d'autel couvre : sang de zerika, eau et vin de nessekh, huile des menahot.
Mais s'il pense comme Levi, qui enseigne : liquides de la maison de l'autel, pourquoi viser spรฉcialement un revi'i qui ne produit pas un hamishi ? Mรชme un sheni et un shelishi ne produisent pas non plus.
De force, il pense comme Rav.
Si Chmouel prenait la liste de Levi, les liquides d'autel ne transmettraient rien. Un vin sheni ne ferait pas de l'huile un shelishi, et un vin shelishi ne lui ferait pas un revi'i. Invoquer le hamishi ne servirait ร rien : l'huile resterait tahor ร chaque cran. Chmouel suit donc la liste de Rav.
On enseigne une baraitha selon Rav, on enseigne une baraitha selon Levi. On enseigne selon Levi : le sang, le vin, l'huile et l'eau, liquides de la maison de l'autel, qui sont devenus tamei ร l'intรฉrieur et qu'on a sortis ร l'extรฉrieur : tahor.
Ils sont devenus tamei ร l'extรฉrieur et on les a rentrรฉs ร l'intรฉrieur : tamei.
La baraitha de Levi nomme les quatre : sang, vin, huile, eau. Devenus tamei dans l'azara, puis sortis : tahor quant ร la transmission. Rachi : la rรจgle de rendre autrui tamei n'a jamais pris sur eux. Eux-mรชmes sont tamei, comme le dit Haggai, et le statut de yotse les rend passoul pour l'autel.
Devenus tamei dehors, avant d'รชtre des liquides d'autel, puis rentrรฉs : ils restent tamei, y compris pour autrui. La touma a dรฉjร pris. Rien ne l'รดte.
Est-ce ainsi ?! Mais Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : les liquides de la maison de l'autel, on n'a dit dakhin qu'ร leur place.
N'est-ce pas pour exclure : ils sont devenus tamei ร l'intรฉrieur et on les a sortis dehors ? Non : pour exclure ceux qui sont devenus tamei dehors et qu'on a rentrรฉs dedans.
Rabbi Yehochoua ben Levi : on n'a dit dakhin qu'ร leur place. Lu trop court, le mot exclurait le cas sorti dehors : une fois hors de l'azara, la touma transmettrait, y compris pour l'arriรจre. La baraitha dit pourtant tahor aprรจs la sortie. D'oรน l'objection sur la premiรจre branche.
La rรฉponse de la Guemara vise l'autre branche : le dakhin exclut la touma contractรฉe dehors, puis rentrรฉe. Rachi note que la formule, tant qu'elle n'est pas achevรฉe, semble limiter le dakhin au temps oรน les liquides restent sur place.
Mais il a dit : ร leur place ! Voici ce qu'il dit : on n'a dit dakhin que pour ceux qui sont devenus tamei ร leur place.
Le mot bi-mekomam (ร leur place) dรฉsignait le lieu oรน ils se trouvent. La Guemara le fixe sur le lieu oรน la touma a รฉtรฉ contractรฉe. Dakhin : la touma survenue dans l'azara ne se transmet pas. Une touma survenue dehors, puis rentrรฉe avec le liquide, se transmet.
On enseigne selon Rav : le sang et l'eau, liquides de la maison d'abattage, qui sont devenus tamei, que ce soit dans des kelim ou sur le sol : tahor.
La baraitha selon Rav ne nomme que le sang et l'eau, et les appelle liquides de la maison d'abattage. Vin et huile n'y figurent pas. Dans un kli ou sur le sol, ils sont tahor.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).