Sougya : Le daf reprend la vache qui a bu des mei hatat, ouverte en fin de 17b. Si Rabbi Yehouda n'รฉtait revenu que des ustensiles, et tenait encore pour les aliments comme Rabbi Yossi et Rabbi Chimon, la touma lรฉgรจre de la chair devrait rester : pourquoi les eaux sont-elles annulรฉes dans les entrailles entiรจrement ?
Une relecture qui ne retire que la touma grave se heurte au tanna kama, qui ne parle que de la chair. La Guemara refait alors toute la michna au nom de Rabbi Yehouda : chair tamei d'une touma lรฉgรจre, touma grave tombรฉe.
Rav Achi donne une autre voie : annulation entiรจre, parce que l'eau devenue mashke sarouah ne transmet aucune touma. Le daf passe ensuite ร Yossi et Chimon, aliments tamei et ustensiles tahor, par la deracha de Rabbi Akiva qui lit yitma comme yetamรฉ, puis au verset des liquides et au kal va-homer qui laisse les ustensiles tahor.
Elles sont annulรฉes dans ses entrailles. Et s'il te vient ร l'esprit que c'est des ustensiles qu'il est revenu, tandis que pour les aliments il tient comme Rabbi Yossi et Rabbi Chimon, pourquoi sont-elles annulรฉes dans ses entrailles entiรจrement ?
Suite immรฉdiate de 17b. La michna : une vache a bu des mei hatat, sa chair est impure. Rabbi Yehouda dit : elles sont annulรฉes dans ses entrailles.
La question vise le mot entiรจrement. S'il n'est revenu que des ustensiles, et qu'il tient encore, pour les aliments, comme Yossi et Chimon, l'eau a perdu le nom de mei hatat : elle ne rend plus tamei l'homme ni les kelim, touma grave d'un av hatumah. Elle reste un liquide impur. La chair, aliment, devrait recevoir la touma lรฉgรจre.
Rachi tire dรฉjร la consรฉquence : il est revenu de tout. Au-dehors, liquide vers aliment n'est que de rabanane. Le cas de la vache est rare : les Sages n'y ont pas รฉtendu le dรฉcret. La Guemara, aux segments suivants, propose d'autres lectures.
Soit : une touma grave, elles ne la transmettent pas. Une touma lรฉgรจre, qu'elles la transmettent au moins !
Le segment dรฉplie la question. Touma grave : homme et ustensiles, statut des mei hatat. Touma lรฉgรจre : les aliments, statut d'un liquide impur ordinaire.
Le nom de mei hatat est tombรฉ dans les entrailles. Le nom de liquide impur, selon l'hypothรจse oรน Yehouda suit Yossi et Chimon, devrait rester sur l'eau, et la chair devrait รชtre tamei.
Que signifie aussi : elles sont annulรฉes dans ses entrailles ? Elles sont annulรฉes de la touma grave, mais elles transmettent une touma lรฉgรจre.
Il en ressort que le premier tanna pense : elles transmettent aussi une touma grave. Or il enseigne : sa chair est impure !
Premiรจre rรฉponse proposรฉe, puis mise en difficultรฉ. Batlou ne retirerait que la touma grave. La touma lรฉgรจre resterait sur la chair.
Alors le tanna kama, qui discute Yehouda, tiendrait aussi la touma grave. Or ses mots sont : sa chair est impure. Rachi : il ne nomme ni l'homme ni les ustensiles. Les deux avis diraient la mรชme chose.
Tossefot explique pourquoi la touma lรฉgรจre peut survivre au dรฉpart de la touma grave. Chez l'ever min hahai, la touma grave a servi en ma'aseh ets : une fois la chair sรฉparรฉe, il faut un hekhsher. Les mei hatat, leur gravitรฉ vient de l'aptitude ร boire, exigรฉe pour l'haza'a. Le hesekh hadaat leur retire le statut de mei hatat. La touma de liquide reste.
Tout est de Rabbi Yehouda, et le texte est lacunaire, et voici ce qu'il enseigne : une vache qui a bu des mei hatat, sa chair est impure. Dans quel cas cela est-il dit ?
Pour une touma lรฉgรจre. Mais une touma grave, non, car Rabbi Yehouda dit : elles sont annulรฉes dans ses entrailles.
Rรฉponse retenue de cette branche. Hasorei mihasera : la michna est elliptique, et tout le texte est Rabbi Yehouda. Il n'y a plus deux tanna ร opposer.
Sa chair est impure vise la touma lรฉgรจre. La touma grave est tombรฉe : le nom de mei hatat n'est plus sur l'eau, un homme qui la touche dans les entrailles reste hors de cette touma. La phrase annulรฉes dans ses entrailles donne la raison de cette chute.
Tossefot : dans la bouche, l'eau n'est pas encore annulรฉe. Para 9, 3, les oiseaux, vise l'eau avant le kidouch. Ici l'eau est dรฉjร sanctifiรฉe par la cendre : une melakha ne la rend plus passoul. L'annulation vient du hesekh hadaat. La Tossefta donne un autre appui : lemishmeret, l'eau doit rester gardรฉe ; la vache qui boit la sort de cette garde.
Rav Achi dit : en fait, elles sont annulรฉes dans ses entrailles entiรจrement, parce que c'est devenu un mashke sarouah (liquide putride).
Rav Achi revient ร l'annulation entiรจre, grave et lรฉgรจre. La raison est autre que le retour de Yehouda : dans les entrailles, l'eau est un mashke sarouah.
Le Torat Kohanim lit le verset qui sera bu : un liquide qu'on ne boit plus, putride, ne reรงoit pas la touma et ne la transmet pas. Cette voie reste la mรชme que la touma des liquides soit de la Torah ou de rabanane.
Rabbi Yossi et Rabbi Chimon disent : pour les aliments, ils sont impurs ; pour les ustensiles, ils sont purs. Rabba bar bar Hana a dit que Reish Lakish a dit : Rabbi Yossi l'a dite selon la mรฉthode de Rabbi Akiva son maรฎtre, qui expose yitma : yetamรฉ.
Retour ร la baraita du doute sur les liquides. Yossi et Chimon : contact d'un liquide impur, les aliments sont tamei, les ustensiles sont tahor.
Reish Lakish : Yossi parle selon Rabbi Akiva, son maรฎtre. La deracha lit yitma comme yetamรฉ, forme qui rend un autre impur, la oรน tame dirait seulement qu'il est impur.
Rachi rappelle les cinq รฉlรจves du Sud, Yevamot 62b, dont Yossi. Akiva a dรฉjร lu ainsi le yitma des aliments. Yossi lit de la mรชme faรงon le yitma des liquides.
Car nous avons appris dans une michna : ce jour-lร , Rabbi Akiva a exposรฉ : Et tout rรฉcipient d'argile dans lequel il en tombera, etc. Il ne dit pas tame, il dit yitma : il rendra d'autres impurs.
Il a enseignรฉ, au sujet d'un pain de second degrรฉ, qu'il fait un troisiรจme dans les houlin.
Bo bayom : le jour oรน Rabbi Elazar ben Azaria fut nommรฉ nasi. Michna Eduyot, citรฉe ici. Le verset, Vayikra 11, 33 : tout ce qui est dans le keli chรจres, yitma.
Rachi, d'aprรจs Houlin 24b : un sherets suspendu dans l'air du rรฉcipient rend le keli rishon, sans contact des parois. L'aliment qui est dedans est sheni, il reรงoit du keli. S'il recevait du sherets lui-mรชme, les ustensiles dans l'air seraient tamei eux aussi. Ils ne le sont pas.
Akiva lit yitma et non tame : le sheni rend un autre tamei. Un pain sheni fait un shelishi, et le verset ne limite pas aux kodashim : cela vaut pour les houlin. Rachi รฉcarte une tradition entendue selon laquelle Akiva tiendrait qu'un aliment rend un aliment impur, son semblable.
Et ici, comment l'expose-t-il ? Et tout liquide qui sera bu dans tout rรฉcipient, yitma : yรฉtamรฉ, pour transmettre une touma d'aliments.
Tu dis : pour transmettre une touma d'aliments. Ou bien seulement pour transmettre une touma de liquides ?
Tu dis : il n'en fut pas ainsi.
La deracha d'Akiva portait sur l'aliment dans le keli. Yossi la reporte sur le membre suivant, Vayikra 11, 34 : tout liquide qui sera bu dans tout rรฉcipient, yitma.
Lecture retenue : yรฉtamรฉ, le liquide transmet une touma d'aliments. Lecture รฉcartรฉe dans la formule du Sifra : il ne transmettrait qu'une touma de liquides. La formule il n'en fut pas ainsi reste ร expliquer. Rachi ajoute : l'ustensile aussi reste hors de ce yitma.
Que signifie : il n'en fut pas ainsi ? Rav Pappa dit : nous n'avons pas trouvรฉ de touma qui fasse son semblable.
Rav Pappa explique la formule. Une touma ne rend pas tamei une chose de sa propre catรฉgorie. Le yitma du liquide ne peut donc pas viser un autre liquide, son semblable. Il vise l'aliment.
Rachi rattache la formule ร une lecture ultรฉrieure de yitma : il est tamei, et il ne fait pas son semblable. Tossefot : certains livres n'ont pas ce passage plus loin, et nous n'avons pas trouvรฉ parle d'une rรจgle dรฉjร connue, pas d'une deracha ร venir. Le Ri renvoie ร Pessahim 14a : metame hou, lui rend impur, ร l'exclusion de son semblable.
Ravina dit : du verset lui-mรชme aussi, tu ne peux pas dire que yitma vise ร transmettre une touma de liquides. Car si tu penses que le yitma de la fin vise ร transmettre une touma de liquides, le yitma du dรฉbut viserait aussi ร transmettre une touma de liquides.
Qu'on les joigne et qu'on les รฉcrive : De toute nourriture qui se mangera, sur laquelle viendra de l'eau, et tout liquide qui sera bu dans tout rรฉcipient, yitma.
Ravina ne s'appuie pas sur la rรจgle gรฉnรฉrale. Il lit le verset. Vayikra 11, 34 ร deux yitma : un sur l'aliment ou l'eau est venue, un sur le liquide.
Si les deux voulaient dire rendre un liquide tamei, la Torah aurait liรฉ les deux cas et ferme par un seul yitma. Rachi : le premier yitma est dรฉjร fixรฉ sur les liquides, parce que tame hou, avant ce verset, enseigne que l'aliment ne fait pas son semblable, d'oรน l'on apprend que les liquides, eux, transmettent. Deux yitma pour une seule portรฉe seraient de trop.
Tossefot resserre : le second yitma sert ร exclure qu'une touma fasse son semblable.
Deux yitma, pourquoi en ai-je besoin ? Le yitma du dรฉbut, pour transmettre une touma de liquides.
Le yitma de la fin, pour transmettre une touma d'aliments.
Conclusion de Ravina. Les deux mots ont deux portรฉes.
Reisha, sur la nourriture : l'aliment rend le liquide tamei. Seifa, sur le liquide bu dans le rรฉcipient : le liquide rend l'aliment tamei. C'est la lecture de Rabbi Yossi.
Et dis : pour rendre les ustensiles impurs ! N'est-ce pas un kal va-homer ?
Un ustensile qui rend un liquide impur ne rend pas un ustensile impur. Des liquides qui viennent du fait d'un ustensile, la logique ne veut-elle pas qu'ils ne rendent pas les ustensiles impurs ?
Nouvelle lecture du second yitma : le liquide rendrait les ustensiles tamei. Elle contredirait la fin de la parole de Yossi : pour les kelim, tahor.
Le kal va-homer : le keli chรจres rendu tamei par un sherets transmet ร l'aliment et au liquide qui sont dans son air, et laisse un autre ustensile tahor. Le liquide, qui n'est impur que du fait de ce keli, laisse aussi les ustensiles tahor.
Tossefot borne le raisonnement. Il tient parce que ce keli n'est pas un av hatumah : dรจs qu'il est av, il rend un keli tamei. Le fait qu'un aliment laisse un aliment tahor vient d'une autre rรจgle, il ne fait pas son semblable. Un keli qui a touchรฉ un mort rend un keli tamei : le kal va-homer ne couvre pas les liquides issus de ce keli. Le verset parle du sherets.
Et dis : quand ils ne rendent pas impur, ce sont les liquides qui viennent du fait d'un ustensile. Mais les liquides qui viennent du fait d'un sherets, eux aussi, qu'ils rendent impur !
Les liquides qui viennent du fait d'un sherets, sont-ils รฉcrits ?
Derniรจre poussรฉe du daf. Le kal va-homer parle des liquides impurs du fait d'un ustensile. Des liquides impurs du fait d'un sherets, contact direct, pourraient encore rendre un ustensile tamei.
La Guemara rรฉpond par le verset : ces liquides-lร ne sont pas รฉcrits. Le yitma vise le liquide qui est dans le keli chรจres, donc impur du fait du rรฉcipient oรน le sherets est tombรฉ. Rachi : le kal va-homer ne couvre que cette eau-lร . L'eau qui a touchรฉ le sherets lui-mรชme reste hors du verset.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).