Sougya : Le daf poursuit 18a : les liquides venus d'un sherets ne sont pas รฉcrits ; un kal va-homer les fait venir, et le dayo leur interdit de rendre un ustensile impur. Rabbi Akiva lit ensuite le yitma de l'aliment : il rend les liquides impurs, et un kal va-homer รฉcarte l'ustensile.
Deux versets enseignent qu'une touma ne produit pas son semblable, un pour les liquides du sherets, un pour ceux de l'ustensile. Ravina rappelle un dit de Rava : Rabbi Yossi et Rabbi Akiva ne tiennent pas l'un la loi de l'autre.
Rav Achi rรฉpond que Yossi a parlรฉ selon son maรฎtre, puis il ouvre la baraita du revii dans le kodech : le mehoussar kappara, le shelishi dรฉjร รฉcrit, et un kal va-homer que le dayo ne vide pas. Le verset est coupรฉ en fin d'amud.
Et cela ne vient-il pas par un kal va-homer (ร fortiori) : si des liquides venus du fait d'un ustensile rendent impur, des liquides venus du fait d'un sherets (bestiole impure), ร plus forte raison !
Fin de 18a : on proposait que les liquides venus d'un ustensile ne rendent pas un ustensile impur, mais que ceux venus d'un sherets le rendent. La Guemara objectait : ces liquides-lร sont-ils รฉcrits ? Ici, on les fait venir par kal va-homer. Des liquides venus d'un ustensile rendent dรฉjร impur. Ceux qui viennent d'un sherets, ร plus forte raison.
Rachi donne tout de suite la limite, qui est la ligne suivante. On les apprend des liquides de l'ustensile : le dayo les maintient ร ce niveau. Ils ne rendent pas un ustensile impur.
Tossefot ferme une autre voie. Un kal va-homer tirรฉ de l'aliment, puis du sherets lui-mรชme, ouvrirait la touma de l'ustensile. Rรฉponse : l'aliment, mรชme venu d'un sherets, ne rend pas un ustensile impur, par kal va-homer depuis les liquides de l'ustensile.
Dayo (il suffit) : ce qui vient du din (le raisonnement) reste comme le nidon (le cas source).
Le dayo coupe ce que le kal va-homer ajouterait au-delร de la source. Rachi, sur la ligne prรฉcรฉdente : la source ne rend pas un ustensile impur. Les liquides du sherets, appris d'elle, non plus.
Tossefot rapporte Rabbi Yaakov d'Orlรฉans. Si le dรฉrivรฉ est entiรจrement comme la source, ces liquides seraient sheni, comme ceux de l'ustensile. On couperait : le kal va-homer les fait rendre impur, le dayo les laisse sheni. Deux parallรจles, ร Bava Kamma 25b : la natte face au mort, oรน l'on sรฉpare touma jusqu'au soir et touma de sept jours ; la corne dans la cour de la victime, oรน l'on sรฉpare le dommage entier et le prรฉlรจvement sur le corps.
Le Ri refuse la coupe, ici. Rien de ce qui touche un sherets n'est en dessous du rishon. Chez le mort, la coupe existe : aliments et keli hรจres qui le touchent ne sont que rishon. Un autre kal va-homer, personne et ustensiles face ร l'air du keli hรจres, reรงoit lui aussi le dayo. Il ne sert pas de rรฉponse.
Le yitma du dรฉbut, comment l'interprรจte-t-il ? De toute nourriture qui se mange, sur laquelle de l'eau est venue, elle sera impure : yitma, pour rendre les liquides impurs.
Tu dis : pour rendre les liquides impurs. Ou bien seulement pour rendre l'ustensile impur ?
On revient au premier yitma du verset, celui de l'aliment (Vayikra 11, 34). Les mรชmes consonnes se lisent yitma, il sera impur, ou yรฉtamรฉ, il rendra impur. Rabbi Akiva lit yรฉtamรฉ : l'aliment rend les liquides impurs.
Question de la deracha : ce yรฉtamรฉ vise-t-il les liquides, ou l'ustensile ? La ligne suivante รฉcarte l'ustensile.
Tu dis un kal va-homer : si un liquide, qui rend un aliment impur, ne rend pas un ustensile impur, un aliment, qui ne rend pas un aliment impur, n'est-il pas logique qu'il ne rende pas un ustensile impur ? Dรจs lors, comment est-ce que je maintiens yitma ?
Pour rendre impurs les liquides, qui sont susceptibles de recevoir la touma.
Le yรฉtamรฉ de l'aliment pourrait viser l'ustensile. Le kal va-homer l'รฉcarte. Le liquide rend l'aliment impur, et il ne rend pas l'ustensile impur. L'aliment est plus faible sur ce point : il ne rend pas un aliment impur, parce qu'une touma ne produit pas son semblable. Il ne rend donc pas l'ustensile impur.
Le mot yitma reste pour les liquides. Ils sont susceptibles de recevoir la touma. La Guemara va demander pourquoi le dire ainsi.
Rachi note une autre construction, ร partir de l'ustensile qui a rendu cet aliment impur. Elle laisserait ensuite ouvert l'aliment venu d'un sherets. Le liquide est dรฉjร rรฉglรฉ pour les deux contacts : sherets ou ustensile.
Pourquoi justement les liquides, parce qu'ils sont susceptibles de recevoir la touma ? Qu'il le tire de ce qu'il n'y a aucune autre chose !
Objection. Une fois l'aliment et l'ustensile รฉcartรฉs, il ne reste que les liquides. La conclusion sortirait de cette รฉlimination. Pourquoi ajouter qu'ils sont susceptibles de recevoir la touma ?
Voici ce qu'il dit : et si tu dis que l'aliment est plus grave, puisqu'il rend les liquides impurs, qu'il rende l'ustensile impur. Cette gravitรฉ-lร est une gravitรฉ des liquides, parce que les liquides sont susceptibles de recevoir la touma.
La mention des liquides susceptibles rรฉpond ร une reprise. On dirait : l'aliment est plus grave que le liquide. Le liquide ne rend pas un liquide impur. L'aliment, lui, rend le liquide impur. Donc, lร oรน le liquide ne rend pas l'ustensile impur, l'aliment le rendrait.
Rรฉponse : cette gravitรฉ appartient aux liquides. Ils reรงoivent la touma facilement. Elle ne mesure pas la force de l'aliment. Le kal va-homer de la ligne prรฉcรฉdente tient.
Tossefot signale un autre kal va-homer disponible, ร partir de l'ustensile. Rachi, plus haut, explique pourquoi la Guemara ne s'en sert pas.
Et qu'est-ce que leur susceptibilitรฉ ? Ils reรงoivent la touma sans hekhcher (mise en aptitude ร la touma).
La susceptibilitรฉ des liquides se voit ร ceci : ils reรงoivent la touma sans hekhcher. Un aliment, avant de pouvoir devenir impur, doit avoir touchรฉ l'un des sept liquides. Le liquide n'a pas cette รฉtape.
Tossefot, au nom du Ri, laisse la difficultรฉ dans cette glose. Cette susceptibilitรฉ ne permet pas au liquide de recevoir une touma d'un liquide, alors qu'elle permet ร l'aliment de la lui donner : l'aliment paraรฎt donc plus grave, et le kal va-homer cesse de tenir. Apprendre du liquide qu'il ne rend pas l'ustensile impur en partant de l'aliment serait circulaire : c'est la loi de l'aliment qu'on cherche. Et un kal va-homer parti de l'ustensile ne couvre que l'aliment venu d'un ustensile, pas celui venu d'un sherets.
Yitma, qu'il ne produit pas son semblable : est-ce d'ici que cela sort ? Cela sort de lร -bas : Et si l'on met de l'eau sur une semence, et qu'il tombe de leur charogne dessus, il est impur.
Il est impur : lui est impur, et il ne produit pas une touma semblable ร lui. L'un pour les liquides venus du fait d'un sherets, et l'un pour les liquides venus du fait d'un ustensile.
Le principe dรฉjร utilisรฉ, une touma ne produit pas son semblable, a l'air de sortir du yitma lu au mode simple. La Guemara le sort d'un autre verset, Vayikra 11, 38 : tamei hou, lui est impur. Le mot hou exclut un pareil ร lui.
Les deux sources restent. L'une vise les liquides venus d'un sherets, l'autre ceux venus d'un ustensile. Rachi : le verset de la semence ne parle pas des liquides. L'exclusion y est dite pour l'aliment, y compris aprรจs que l'eau du hekhcher a sรจche, et la mรชme loi vaut pour le liquide. Le yitma d'en haut, lui, parle des liquides venus de l'ustensile.
Et faut-il les deux ? Si l'on ne nous avait enseignรฉ que les liquides venus du fait d'un ustensile, c'est qu'ils ne sont pas graves.
Mais les liquides venus du fait d'un sherets, qui sont graves, je dirais qu'ils produisent une touma semblable ร eux.
Les deux versets servent, parce que les deux liquides n'ont pas la mรชme gravitรฉ. Ceux de l'ustensile n'ont pas touchรฉ la source directement. Si le verset ne nous enseignait qu'eux, on dirait : ils ne rendent pas un liquide impur, parce qu'ils ne sont pas graves. Ceux du sherets, plus graves, rendraient un liquide impur.
Qu'on nous enseigne les liquides venus du fait d'un sherets, et ร plus forte raison les liquides venus du fait d'un ustensile ! Une chose qui vient par un kal va-homer, le verset a pris la peine de l'รฉcrire.
L'ordre inverse marcherait par kal va-homer. Si mรชme les liquides graves, ceux du sherets, ne rendent pas leur semblable impur, ceux de l'ustensile, ร plus forte raison. Pourquoi รฉcrire les deux ?
Rรฉponse tenue pour acquise : une loi qui sortirait par kal va-homer, le verset prend parfois la peine de l'รฉcrire.
Ravina dit ร Rav Achi : mais Rava a dit : Rabbi Yossi ne tient pas comme Rabbi Akiva,
Ravina oppose un dit de Rava, en deux membres. Le second est la ligne suivante. Rabbi Yossi ne tient pas la loi de Rabbi Akiva : un sheni qui fait un shelishi dans le houlin. Rabbi Akiva ne tient pas la loi de Rabbi Yossi : un revii dans le kodech.
Rachi fait le lien avec les liquides. Si Rabbi Yossi tient que les liquides rendent autre chose impur de la Torah, sa source est la lecture yรฉtamรฉ de yitma, celle de Rabbi Akiva. Or les deux yitma, aliment et liquide, sont รฉcrits au sujet d'un sheni. Lire yรฉtamรฉ sur l'un entraรฎne, sur l'aliment, que le sheni fait un shelishi dans le houlin. Rava dit que Yossi ne tient pas cette loi. D'oรน la question.
et Rabbi Akiva ne tient pas comme Rabbi Yossi !
Second membre du dit de Rava. Rabbi Akiva ne tient pas le revii dans le kodech, que Rabbi Yossi va tirer du mehoussar kappara. Rav Achi rรฉpond d'abord, puis il expliquera le dit ร Rav Kahana.
Il lui dit : Rabbi Yossi l'a dite selon la mรฉthode de Rabbi Akiva, son maรฎtre, et lui, il ne la tient pas.
Rรฉponse de Rav Achi ร Ravina. Rabbi Yossi a formulรฉ la loi selon la mรฉthode de Rabbi Akiva, son maรฎtre. Il ne l'a pas prise pour lui.
Rachi prรฉcise le contenu. La phrase, les liquides rendent autre chose impur de la Torah, suppose la lecture yรฉtamรฉ. Yossi la rapporte comme consรฉquence de la deracha d'Akiva sur les aliments. Lui-mรชme ne tient pas cette touma des liquides de la Torah, et il ne lit pas yitma, yรฉtamรฉ. Il peut donc, avec Rava, ne pas tenir qu'un sheni fasse un shelishi dans le houlin.
Rav Achi dit ร Rav Kahana : admettons, Rabbi Yossi ne tient pas comme Rabbi Akiva, car on enseigne : Rabbi Yossi a dit : d'oรน sait-on, pour un revii dans le kodech, qu'il est passoul (exclu) ?
Beshlama : le premier membre du dit de Rava passe. Rav Achi le montre ร Rav Kahana par la baraita de Rabbi Yossi. Yossi demande d'oรน vient le revii dans le kodech, et il le construit par raisonnement. Rachi : cela vise bien la loi d'Akiva, un sheni qui fait un shelishi dans le houlin. Yossi ne la tient pas.
Rachi rattache le droit du mehoussar kappara ร la terouma ร Yevamot 74b. Aprรจs l'immersion, il mange le maasser. Aprรจs le coucher du soleil, il mange la terouma. Le verset citรฉ est : le soleil viendra et il sera pur, ensuite il mangera des kodachim. Pour le kodech, il reste interdit jusqu'au sacrifice : le kohen fera expiation pour elle et elle sera pure, donc jusque-lร elle est encore impure pour le kodech.
Et c'est un raisonnement : si un mehoussar kappara, qui est permis pour la terouma, est passoul pour le kodech, un shelishi, qui est passoul pour la terouma, n'est-il pas logique qu'il produise un revii dans le kodech ?
Le kal va-homer de la baraita. Le mehoussar kappara mange la terouma, et il rend le kodech passoul. Le shelishi est plus serrรฉ sur ce point : il est dรฉjร passoul pour la terouma. ร plus forte raison, il produit un revii dans le kodech.
Rachi donne la source du shelishi dans la terouma, selon les rabanane qui discutent Akiva. Kal va-homer depuis le tevoul yom : permis au houlin, interdit ร la terouma ; le sheni, passoul au houlin, fait donc un shelishi dans la terouma. Sota, chapitre de l'eau amรจre.
Tossefot : mรชme l'avis qui dit dayo lร oรน le kal va-homer tomberait ร vide concรจde ici le raisonnement. On apprend par bama matsino : le mehoussar kappara a le profil d'un shelishi, rien sur la terouma, passoul pour le kodech. Le dayo qui ramรจnerait tout au seul shelishi ne s'applique pas.
Et nous avons appris un shelishi dans le kodech de la Torah, et un revii par kal va-homer.
Le dayo menacerait le revii. La source du raisonnement, du cรดtรฉ de la terouma, s'arrรชte au shelishi. On dirait : le kodech aussi s'arrรชte au shelishi.
Ce dayo viderait le kal va-homer. Le shelishi dans le kodech est dรฉjร connu de la Torah, par le verset de la ligne suivante. Le kal va-homer n'a plus rien ร apprendre, s'il ne donne que ce shelishi. Rรจgle de Bava Kamma 25a : lร oรน le kal va-homer tomberait ร vide, on ne dit pas dayo. Le kal va-homer reste donc pour le revii.
Tossefot note qu'on aurait pu tirer le shelishi du kodech par kal va-homer depuis le tevoul yom. Rachi, dit-il, tient au verset justement pour รฉcarter le dayo.
Le shelishi, de la Torah, car il est รฉcrit : Et la chair qui touche
Source du shelishi dans le kodech : le verset commence ici et s'arrรชte au bord de l'amud. La suite est au daf suivant. Sur cette ligne, il sert ร ce qui prรฉcรจde : le shelishi est dรฉjร รฉcrit, le kal va-homer est libre pour le revii.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).