Sougya : Suite de la baraita de Rabbi Yossi, ouverte en 18b. Le verset de la chair qui touche tout impur vise aussi le contact d'un sheni (deuxiรจme degrรฉ) : le shelishi des kodashim est รฉcrit, le revi'i (quatriรจme degrรฉ) vient du kal va-homer.
S'il tenait comme Rabbi Akiva qu'un sheni fait un shelishi dans les houlin, il enseignerait aussi un revi'i dans la terouma et un hamishi (cinquiรจme degrรฉ) dans le kodech. Rav Achi, ou Rav Kahana, trouve la michna du keli qui rรฉunit son contenu, enseignรฉe d'aprรจs le tรฉmoignage de Rabbi Akiva : revi'i oui, hamishi non.
Rabbi Yo'hanan en tire que le tziruf (rรฉunion par le rรฉcipient) est de rabanane, contre Rabbi Hanin qui le lit dans la cuillรจre d'encens. Le daf ouvre ensuite l'aiguille trouvรฉe dans la chair : le couteau et les mains restent purs, et Rabbi Akiva en apprend qu'il n'y a pas de touma des mains dans le Mikdash.
Par tout impur, il ne sera pas mangรฉ. Ne traitons-nous pas du cas oรน il a touchรฉ un sheni ?
Le revi'i, par kal va-homer, comme nous le disons.
Fin de la baraita de Rabbi Yossi, coupรฉe ร la fin de 18b : et la chair qui touche. Le verset dit : par tout impur, il ne sera pas mangรฉ. Un sheni porte dรฉjร le nom de tamei. Le contact de la chair de kodech avec un sheni est donc รฉcrit : c'est le shelishi. Le revi'i reste au kal va-homer du mehoussar kipourim, comme la baraita l'a construit.
Rachi en tire la position de Yossi sur les houlin. Il enseigne shelishi pour la terouma, pas revi'i ; revi'i pour le kodech, pas hamishi. S'il derachait yitma yitma comme Rabbi Akiva, le shelishi des houlin serait รฉcrit, et le kal va-homer du tevoul yom donnerait un revi'i dans la terouma. Dayo (le dรฉrivรฉ ne dรฉpasse pas sa source) ne bloque pas ce pas : le shelishi est dรฉjร dans le verset, le kal va-homer ne sert qu'au degrรฉ suivant. Yossi ne tient donc pas qu'un sheni fasse un shelishi dans les houlin.
Et s'il te vient ร l'esprit qu'il tient comme Rabbi Akiva, qu'il enseigne aussi : revi'i dans la terouma, et hamishi dans le kodech.
La Guemara serre Rabbi Yossi. S'il tenait comme Rabbi Akiva qu'un sheni fait un shelishi dans les houlin, le mรชme kal va-homer donnerait un revi'i dans la terouma et un hamishi dans le kodech. Il ne les enseigne pas.
Tossefot va un cran plus loin. Ce shelishi des houlin serait lui-mรชme appelรฉ tamei. Le verset de la chair qui touche tout impur donnerait alors directement le revi'i des kodashim, et Yossi n'aurait plus besoin du kal va-homer du mehoussar kipourim, celui qu'il vient pourtant de poser pour le revi'i.
Mais que Rabbi Akiva ne tient pas comme Rabbi Yossi, d'oรน le tenons-nous ?
Le premier volet est rรจgle : Yossi ne suit pas Akiva. L'inverse reste ouvert. Rabbi Akiva pourrait accepter le kal va-homer de Yossi et tenir, en plus de son shelishi dans les houlin, un revi'i dans la terouma et un hamishi dans le kodech. Rien, dans ce qu'il enseigne explicitement jusqu'ici, ne l'en empรชche.
Il lui dit : c'est qu'aucun tanna ne se serait laissรฉ รฉchapper pour enseigner un revi'i dans la terouma et un hamishi dans le kodech, et pour dire : c'est Rabbi Akiva. Et nous, lร -dessus, nous nous lรจverions et nous nous appuierions ?
La rรฉponse est un silence : aucun tanna n'enseigne un revi'i dans la terouma ni un hamishi dans le kodech au nom de Rabbi Akiva. La Guemara demande si l'on peut s'appuyer sur ce qu'aucun tanna n'a formulรฉ.
Rachi donne la raison du silence. Akiva a le shelishi des houlin par yitma yitma. Il n'ajoute pas de degrรฉ par le kal va-homer du tevoul yom : la gรฉnรฉration future objecte qu'il est un av hatumah (Sota 27b). Le revi'i des kodashim, il le tient du verset, le shelishi รฉtant appelรฉ tamei. Chaรฎne : sherets, keli rishon, aliment sheni, liquide shelishi, aliment revi'i, car chez lui la touma des liquides est de la Torah. Le hamishi tombe par la mรชme objection sur le mehoussar kipourim.
Quand les liquides ne transmettent pas, Meir, Eliezer, et Yossi pour lui-mรชme, Rachi ne trouve le revi'i que de rabanane, dans les cinq derniรจres ma'alot (Haguiga 20b). Tossefot : chez Akiva, qui derache yitma yitma, ce revi'i est de la Torah, par le verset de la chair qui touche. Le mot hou de l'eau versรฉe sur la semence, qui enseigne qu'un aliment rend autre chose tamei sans faire son semblable, ne vaut pas selon toutes les lectures du verset : Ravina peut le rรฉserver aux kodashim.
Rav Achi sortit, et si tu dis : Rav Kahana. Il scruta et trouva ce que nous avons appris : le keli rรฉunit ce qui est en lui pour le kodech, mais non pour la terouma.
Et le revi'i dans le kodech est passoul, et le shelishi dans la terouma.
Le silence ne suffit pas. Rav Achi, ou Rav Kahana, sort vรฉrifier et trouve une michna dite au nom du tรฉmoignage d'Akiva, au segment suivant. Le keli metzaref : il rรฉunit son contenu en un seul corps pour le kodech, pas pour la terouma.
La mรชme michna fixe le plafond. Revi'i passoul au kodech. Shelishi passoul ร la terouma. Rachi : les deux tas de l'auge ne se touchent pas, le tamei ne touche pas le rรฉcipient, et pourtant les deux bouts sont tamei. C'est le rรฉcipient qui les joint.
Et Rabbi Hiya bar Abba a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : c'est du tรฉmoignage de Rabbi Akiva que cette michna a รฉtรฉ enseignรฉe. Car on enseigne : Rabbi Akiva a ajoutรฉ la farine, l'encens, la levona et les braises, si un tevoul yom en touche une partie, il rend le tout passoul.
Rabbi Yo'hanan rattache la michna du keli au tรฉmoignage de Rabbi Akiva. Akiva a ajoutรฉ quatre matiรจres : farine, encens, levona, braises. Un tevoul yom en touche une partie, tout le contenu est passoul.
Levona et braises ne sont pas des aliments. Hibat hakodech (le statut du sacrรฉ) les rend aptes ร la touma. Rachi : si la touma passait de l'un ร l'autre par contact, chaque piรจce en rendrait une suivante, jusqu'au sixiรจme et au-delร . Le tout devient passoul d'un seul contact parce que le keli rรฉunit. La michna qui en sort dit revi'i, et s'arrรชte. Akiva n'a pas le hamishi, ni le kal va-homer de Yossi.
Revi'i, oui ; hamishi, non. Shelishi, oui ; revi'i, non.
Lecture des mots de la michna, au nom d'Akiva. Elle dit revi'i passoul dans le kodech : le hamishi n'y est pas. Elle dit shelishi passoul dans la terouma : le revi'i de la terouma n'y est pas.
C'est la rรฉponse ร la question : Akiva ne tient pas le kal va-homer de Yossi, qui ajouterait justement ces deux degrรฉs.
On en apprend qu'il tient : le tziruf est de rabanane. Et il diverge de Rabbi Hanin, qui dit : le tziruf est de la Torah, car il est dit : une cuillรจre, dix d'or, pleine d'encens.
L'รcrit ร fait une seule chose de tout ce qui est dans la cuillรจre.
Consรฉquence que la Guemara tire de Rabbi Yo'hanan. Le tziruf est de rabanane. Rabbi Hanin le tient de la Torah : une cuillรจre, dix d'or, pleine d'encens. Le mot ahat (une) fait de tout l'encens de la cuillรจre une seule chose.
Rachi lit l'infรฉrence ainsi : Yo'hanan rattache la michna au tรฉmoignage d'Akiva sur la levona et les braises, qui ne reรงoivent la touma que par une ma'ala de rabanane. Le tziruf enseignรฉ parmi ces ma'alot suit le mรชme statut.
Tossefot รฉcarte cette preuve. ร Kol sha'a, le mot ma'ala vise aussi une loi de la Torah, celui qui apporte son kapara et mange des kodashim. Et ร Houlin 36b, inclure le bois et la levona dans le verset de la chair enseigne que hibat hakodech rend apte de la Torah. Le Ri suit le texte corrigรฉ de Rachi : la reisha parle de la cendre du hatat, qui est houlin, sans me'ila (Menahot 52a). Un tamei qui en touche une partie rend le tout tamei, et c'est de rabanane. Akiva a ajoutรฉ ses quatre matiรจres sur le mรชme plan.
Nous avons appris lร -bas : au sujet d'une aiguille trouvรฉe dans la chair, le couteau et les mains sont purs, et la chair est impure. Trouvรฉe dans le peresh, tout est pur.
Rabbi Akiva a dit : nous avons gagnรฉ qu'il n'y a pas de touma des mains dans le Mikdash.
Nouvelle michna, Eduyot, amenรฉe ร propos de la puretรฉ dans le Mikdash. Une aiguille trouvรฉe dans la chair de kodech : le couteau et les mains restent purs, la chair est impure. Trouvรฉe dans le peresh, le contenu des entrailles, tout est pur.
Rabbi Akiva : nous avons gagnรฉ qu'il n'y a pas de touma des mains dans le Mikdash. Rachi : hors du Temple, les mains deviennent impures par toute touma, mรชme sans contact prรฉcis, ร cause des mains affairรฉes. Ici l'aiguille ne rend pas l'homme tamei, et le dรฉcret des mains n'a pas รฉtรฉ รฉtendu au Mikdash. Quelle touma porte l'aiguille, la Guemara l'expliquera plus loin.
Tossefot : les mains qui ont touchรฉ cette aiguille, un rishon, auraient dรป รชtre sheniyot, sur le modรจle du dรฉcret des mains ordinaires. Le hesekh hadaat ne s'applique pas ici, et la rรจgle de Haguiga 24a visรฉ d'autres mains, celles qui rendent la terouma passoul. La michna rรฉpond par le gain d'Akiva : dans le Mikdash, ce dรฉcret ne joue pas.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).