Pesachim 19b — Aiguille dans la chair, safek à Jérusalem, Azara et daat lish'ol

Pesachim 19b

Sougya : Le daf poursuit le témoignage de l'aiguille trouvée dans la chair du sacrifice : le couteau et les mains sont purs, la chair est impure. La Guemara demande si l'on en tire aussi qu'il n'y a pas de touma des kelim dans le Mikdash.

Rav Yehouda, ou Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina, répond que l'enseignement sur les mains est antérieur au décret des kelim. Rava écarte le couteau : même dans les houlin, ni la chair ni une aiguille qui n'est pas un av hatumah ne le rendent impur.

Rav explique l'aiguille par une aiguille de tamei met reconnue dans la chair ; Rabbi Yossi fils de Rabbi Avin, par une vache muselée venue de hors Jérusalem. Rav Achi en tire que l'Azara est un reshut harabim, où le safek est tahor.

La Guemara pose alors la règle du daat lish'ol, puis le safek qui vient par la main d'un homme.

Ce que l'aiguille laisse pur, ce qu'elle rend impur Témoignage repris de 19a. La chair a un contact certain. Le reste est en doute. Chair L'aiguille est dedans. Tamei Couteau Contact non prouvé. Tahor Mains Pas de touma des mains dans le Mikdash. Tahor Question du daf : peut-on en tirer aussi l'absence de touma des kelim dans le Mikdash ? Rava répond plus loin : le couteau n'avait rien qui puisse le rendre tamei.
Aiguille dans la chair : la chair est tamei, le couteau et les mains restent tahor. Le daf demande ce qu'on peut en apprendre pour les kelim du Mikdash.
Deux cas pour que la chair soit tamei À Jérusalem, un simple safek de keli ne suffit pas. Il faut un cas ferme. Rav Yehouda au nom de Rav Aiguille de tamei met perdue, reconnue dans la chair. Métal : herev ke-halal. L'aiguille est un av hatumah. Suite : homme et kelim devraient eux aussi être tamei. Rabbi Yossi b. Rabbi Avin Vache muselée, venue de hors Jérusalem. L'aiguille n'a pas été avalée dans la ville. Safek de kelim du dehors : on le tient pour tamei. Tossefot : Rava, qui dit qu'un keli ne rend pas un keli impur, suit Rabbi Yossi, pas Rav.
Rav : aiguille de tamei met, av hatumah par herev ke-halal. Rabbi Yossi fils de Rabbi Avin : vache muselée, safek de kelim venus de hors Jérusalem.
Safek touma : domaine, daat, main de l'homme Rav Achi, puis l'objection, puis Rabbi Yo'hanan. Contact douteux Reshut harabim Azara, selon Rav Achi. Safek tahor Reshut hayahid Inférence de la Guemara. Safek tamei Ein bo daat lish'ol Chose qu'on ne peut pas interroger : safek tahor, domaine public ou privé. Modèle : la sota a une daat. Safek qui vient par la main d'un homme Rabbi Yo'hanan. Rachi : si l'Azara était un domaine privé, ce safek serait tamei.
Safek dans l'Azara, domaine public : tahor. L'inférence au domaine privé se heurte à l'absence de daat lish'ol, sauf si le safek vient par la main d'un homme.
1
ונימא: שאין טומאת ידים וכלים במקדש! אמר רב יהודה אמר רב, ואיתימא רבי יוסי ברבי חנינא: ידים קודם גזירת כלים נשנו.

Et disons : il n'y a pas de touma des mains ni des kelim dans le Mikdash ! Rav Yehouda a dit au nom de Rav, et d'autres disent Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina : les mains ont été enseignées avant le décret des kelim.

📜 Rachi (2)
ונימא נמי זכינו שאין טומאת כלים במקדש מדרבנן בדבר שאין מטמא מן התורה דאילו בחולין גזור רבנן ביה טומאה ואף על גב דמדאורייתא טהור כדתנן גבי י"ח דבר והאוכלים והכלים שנטמאו במשקין והכא קתני סכין טהור:
Et disons : nous avons aussi gagné qu'il n'y a pas de touma des kelim dans le Mikdash, par décret rabbinique, pour une chose que la Torah ne rend pas impure. Dans les houlin, les Sages y ont décrété une touma, bien que de la Torah ce soit pur, comme nous l'avons appris au sujet des dix-huit décrets : les aliments et les kelim qui se sont impurifiés par des liquides. Et ici, on enseigne : le couteau est pur.
ידים קודם גזירת כלים נשנו ליטמא מדרבנן וכשהעידו עדות זו עדיין לא נגזרה גזירת חכמים על טומאת כלים דרבנן לפיכך לא יוכל לומר זכינו שאין טומאת כלים במקדש דההיא שעתא אפי' בעלמא נמי לא הואי:
Les mains ont été enseignées avant le décret des kelim, pour devenir impures par décret rabbinique. Quand ils ont rendu ce témoignage, le décret des Sages sur la touma rabbinique des kelim n'avait pas encore été porté. Il ne peut donc pas dire : nous avons gagné qu'il n'y a pas de touma des kelim dans le Mikdash. À cette heure, même au-dehors, elle n'existait pas.
🗂️ Tossefot (1)
ונימא אין טומאת ידים וכלים במקדש תימה לר"י ממה היה לו לכלי ליטמא אי ממשקין הא משקין בית מטבחיא דכן וי"ל דר"ע היא דאמר טומאת משקין לטמא אחרים דאורייתא א"כ לית ליה שיהא דכן וזה אין נראה לו דלר' עקיבא יהיו דכן מלטמא כלים וא"ת דילמא כי אמר ר"ע זכינו עדיין לא נגזרה גזירה דכלים וגזירה דידים לקדש כבר נגזרה כדאמרינן בפ"ק דשבת (ד' טו. ושם) דשלמה גזר לקודש ואינהו גזרו לתרומה וי"ל דגזירה דכלים היינו בי"ח דבר וי"ח דבר קדמו לר"ע וא"ת מנא ליה לגמרא שאין טומאת כלים במקדש דילמא בי"ח דבר גזרו על כלים אף במקדש והא דקתני שהסכין טהור ההיא נשנית קודם י"ח דבר שהיה מעדותו של ר' חנינא סגן הכהנים וי"ל דאם איתא דגזרו בי"ח דבר טומאה על הכלים במקדש ה"ל למיתני בהדיא בשום מקום לאשמעינן דההיא דקתני שהסכין טהור קודם גזירה נשנית:
Et disons qu'il n'y a pas de touma des mains ni des kelim dans le Mikdash. Le Ri s'étonne : par quoi le keli aurait-il du devenir impur ? Si c'est par les liquides, les liquides du beit hamitbahayim (abattoir du Temple) sont dakhin (purs). On peut répondre : c'est l'avis de Rabbi Akiva, qui dit que la touma des liquides, pour rendre autre chose impure, est de la Torah. Dès lors, il ne tient pas qu'ils soient dakhin. Et cela ne lui paraît pas juste : selon Rabbi Akiva aussi, ils sont dakhin pour ce qui est de rendre les kelim impurs. Et si tu dis : peut-être, quand Rabbi Akiva a dit nous avons gagné, le décret des kelim n'avait pas encore été porté, tandis que le décret des mains pour le kodech l'avait déjà été, comme nous disons au premier chapitre de Chabbat (15a) : Chlomo a décrété pour le kodech, et eux ont décrété pour la terouma. On peut répondre : le décret des kelim fait partie des dix-huit décrets, et les dix-huit décrets sont antérieurs à Rabbi Akiva. Et si tu dis : d'où la Guemara tient-elle qu'il n'y a pas de touma des kelim dans le Mikdash ? Peut-être, dans les dix-huit décrets, a-t-on décrété sur les kelim même dans le Mikdash, et ce qui enseigne que le couteau est pur a été enseigné avant les dix-huit décrets, puisque cela venait du témoignage de Rabbi Hanina, segan des kohanim. On peut répondre : s'il est vrai qu'on a décrété, dans les dix-huit décrets, une touma sur les kelim dans le Mikdash, il aurait fallu l'enseigner explicitement en quelque endroit, pour nous apprendre que l'enseignement selon lequel le couteau est pur a été enseigné avant le décret.
💡 Explication

Suite du témoignage de Rabbi Akiva en 19a : nous avons gagné qu'il n'y a pas de touma des mains dans le Mikdash. La Guemara veut élargir : le couteau aussi est resté pur, donc il n'y aurait pas non plus de touma des kelim dans le Mikdash, là où, dans les houlin, les dix-huit décrets rendent impurs les kelim touchés par des liquides.

Rav Yehouda au nom de Rav, ou Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina : l'enseignement sur les mains est antérieur au décret des kelim. Au moment du témoignage, les kelim n'étaient pas encore impurs par décret, même hors du Temple. On ne peut pas tirer de la pureté du couteau une règle propre au Mikdash.

Tossefot cherche d'abord par quoi ce couteau aurait pu devenir impur. Les liquides du beit hamitbahayim sont dakhin. L'avis d'Akiva sur la touma des liquides de la Torah ne lève pas cette pureté pour les kelim. Le décret des kelim est celui des dix-huit décrets, antérieur à Akiva. S'il avait visé aussi le Mikdash, une michna l'aurait dit explicitement, pour qu'on ne lise plus le couteau pur comme la halakha en vigueur.

2
אמר רבא: והא תרוייהו בו ביום גזרו, דתנן: הספר והידים והטבול יום והאוכלין והכלים שנטמאו במשקין!

Rava a dit : mais les deux ont été décrétés le même jour, comme nous l'avons appris : le sefer, les mains, le tevoul yom, les aliments et les kelim qui se sont impurifiés par des liquides !

📜 Rachi (4)
בו ביום בעליית חנניה בן חזקיה בן גרון ביציאות השבת דתנן אלו פוסלין את התרומה:
Le même jour : dans la chambre haute de Hanania ben Hizkiya ben Garon, au chapitre Yetziot ha-Chabbat. Comme la michna l'enseigne : ceux-ci rendent la terouma passoul.
הספר והתם מפרש טעמא משום תקנת ספרים שהיו מניחין את הספרים עם התרומה ועכברים אוכלים אותם:
Le sefer : et là, on explique la raison, à cause d'une mesure de protection des sefarim. On posait les sefarim avec la terouma, et les souris les mangeaient.
והידים אפילו סתמן אם נגע בתרומה בלא נטילת ידים:
Et les mains : même des mains sans précision, si l'on a touché la terouma sans netilat yadayim (ablution des mains).
והטבול יום והתם פריך הא דאורייתא היא ומשני סמי מכאן טבול יום:
Et le tevoul yom : et là, on objecte que cela est de la Torah. On répond : retire d'ici le tevoul yom.
🗂️ Tossefot (1)
תרוייהו בו ביום גזרו תימה דידים לקודש שלמה גזר וי"ל דר"ע אי"ח דבר קאי שהיתה מחדש וה"ק בי"ח דבר כשעסקו בדיני ידים לא רצו לגזור טומאת ידים במקדש:
Les deux ont été décrétés le même jour. Difficulté : les mains pour le kodech, c'est Chlomo qui les a décrétées. On peut répondre : Rabbi Akiva se tient sur les dix-huit décrets, qui étaient une nouveauté. Et voici ce qu'on dit : dans les dix-huit décrets, quand ils se sont occupés des dinim des mains, ils n'ont pas voulu décréter une touma des mains dans le Mikdash.
💡 Explication

Rava ferme la réponse précédente. Mains et kelim figurent ensemble dans les dix-huit décrets, portés le même jour, dans la chambre haute de Hanania ben Hizkiya. On ne peut pas dire que le témoignage sur les mains est antérieur au décret des kelim.

Rachi détaille la liste de la michna de Chabbat : le sefer, pour qu'on ne le range pas avec la terouma ; les mains stam, sans netila ; le tevoul yom, que la Guemara de Chabbat retire de la liste parce que sa touma est de la Torah ; les aliments et les kelim impurifiés par des liquides.

Tossefot : le décret des mains pour le kodech remonte à Chlomo. Les dix-huit décrets sont la nouveauté, pour la terouma. Akiva parle de ce jour-là : en légiférant sur les mains, ils n'ont pas étendu la touma des mains au Mikdash.

3
אלא אמר רבא: הנח לטומאת סכין, דאפילו בחולין נמי לא מטמא. האי סכין דנגע במאי? אילימא דנגע בבשר — הא אין אוכל מטמא כלי, ואלא דנגע במחט — והא אין כלי מטמא כלי!

Plutôt, Rava a dit : laisse la touma du couteau, car même dans les houlin il ne devient pas impur non plus. Ce couteau, qu'a-t-il touche ?

Si tu dis qu'il a touché la chair : un aliment ne rend pas un keli impur. Et si c'est qu'il a touché l'aiguille : un keli ne rend pas un keli impur !

📜 Rachi (1)
אלא אמר רבא ודאי כבר נגזרה על הכלים מדרבנן שיטמאו במשקין ומיהו הכא ליכא משקין והנח לטומאת סכין דאפילו בחולין שלא חשו להפסידן לא שייכא בהו הכא טומאה לסכין דהאי סכין דנגע במאי שיטמאוהו לא בשר ולא מחט אין יכולין לטמאו דאין אוכל ולא כלי שאינו אב הטומאה מטמאין כלים אפילו מדרבנן ולא גזרו חכמים מדבריהם טומאה על הכלים אלא שיטמאו מן המשקין ומשום משקה זב וזבה:
Plutôt, Rava a dit : certes, on avait déjà décrété sur les kelim, par décret rabbinique, qu'ils deviennent impurs par les liquides. Mais ici, il n'y a pas de liquides. Laisse la touma du couteau : même dans les houlin, là où l'on n'a pas reculé devant la perte, la touma ne s'applique pas ici au couteau. Ce couteau, qu'a-t-il touche qui le rendrait impur ? Ni la chair ni l'aiguille ne peuvent le rendre impur. Un aliment, et un keli qui n'est pas un av hatumah (père d'impureté), ne rendent pas les kelim impurs, même par décret rabbinique. Les Sages n'ont décrété de leur propre autorité une touma sur les kelim que pour qu'ils deviennent impurs par les liquides, à cause du liquide d'un zav et d'une zava.
🗂️ Tossefot (2)
האי סכין דנגע במאי וס"ל דמיירי בלא משקין:
Ce couteau, qu'a-t-il touche : et il tient que l'on parle d'un cas sans liquides.
אין כלי מטמא כלי ולית ליה דרב יהודה דמוקי לה במחט טמא מת דההוא כלי מטמא כלי אלא כרבי יוסי דאמר כגון שהיתה פרה חסומה:
Un keli ne rend pas un keli impur. Et il ne tient pas comme Rav Yehouda, qui établit le cas d'une aiguille de tamei met : ce keli-là rend un keli impur. Il tient comme Rabbi Yossi, qui a dit : par exemple, la vache était muselée.
💡 Explication

Rava abandonne la question des kelim dans le Mikdash. Le décret rabbinique ne rend un keli impur que par des liquides, à cause du liquide du zav. Ici, pas de liquide. La chair est un aliment : un aliment ne rend pas un keli impur. L'aiguille est un keli : un keli ne rend pas un autre keli impur.

La réserve est dans Rachi : un keli qui est un av hatumah rend bien un keli impur. Tossefot en tire que Rava ne lit pas l'aiguille comme celle de Rav, aiguille de tamei met. Il la lit comme Rabbi Yossi fils de Rabbi Avin : la vache muselée. Dans ce cas, l'aiguille n'est pas un av, et le couteau reste pur même dans les houlin.

🖼️ Schéma
Rava : le couteau n'a rien touché qui le rende tamei Couteau S'il a touché la chair Un aliment ne rend pas un keli impur. S'il a touché l'aiguille Un keli ne rend pas un keli impur.
Chair ou aiguille : ni l'aliment ni le keli ordinaire ne rendent le couteau tamei. Le décret des kelim passe par les liquides.
4
האי מחט מאי עבידתיה? אי נימא ספק מחט, והא איתמר: רבי אלעזר ורבי יוסי ברבי חנינא, חד אמר: לא גזרו על ספק הרוקין שבירושלים, וחד אמר: לא גזרו על ספק הכלים שבירושלים.

Cette aiguille, que fait-elle ? Si tu dis : une aiguille douteuse.

Mais on a enseigné : Rabbi Elazar et Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina, l'un a dit : on n'a pas décrété sur le doute des crachats qui sont à Jérusalem, et l'un a dit : on n'a pas décrété sur le doute des kelim qui sont à Jérusalem.

📜 Rachi (3)
מאי עבידתיה דמטמא בשר:
Que fait-elle : qu'elle rende la chair impure.
ספק מחט לא ידעינן אי טמא אי טהור ושל מי היתה:
Aiguille douteuse : nous ne savons pas si elle est impure ou pure, ni à qui elle était.
על ספק הרוקין לומר שמא של זב או של נדה הן ורוקין אב הטומאה הן לטמא אדם דכתיב (ויקרא ט״ו:ח׳) וכי ירוק הזב:
Sur le doute des crachats : pour dire que peut-être ils sont d'un zav ou d'une nida. Les crachats sont un av hatumah pour rendre une personne impure, comme il est écrit : et si le zav crache.
💡 Explication

Le couteau est écarté. Reste la chair : pourquoi est-elle impure ? Si l'aiguille n'est qu'un safek, on ne sait ni si elle est tamei, ni à qui elle était. Or à Jérusalem, Rabbi Elazar et Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina enseignent qu'on n'a pas porté le décret de doute, l'un pour les crachats, l'un pour les kelim.

Hors de Jérusalem, un crachat trouvé est traité comme pouvant être celui d'un zav ou d'une nida : c'est un av hatumah. Une aiguille trouvée hors de la ville est, par le même décret, tenue pour tamei. Dans la ville, ce décret ne joue pas. Un simple safek ne rend donc pas la chair impure.

5
אמר רב יהודה אמר רב: כגון שאבדה לו מחט טמא מת, והכירה בבשר. רבי יוסי ברבי אבין אמר: כגון שהיתה פרה חסומה, ובאה מחוץ לירושלים.

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : par exemple, il avait perdu une aiguille de tamei met, et il l'a reconnue dans la chair. Rabbi Yossi fils de Rabbi Avin a dit : par exemple, la vache était muselée, et elle venait de l'extérieur de Jérusalem.

📜 Rachi (2)
מחט של טמא מת שהוא אב הטומאה והמחט עצמו אב הטומאה דחרב הרי הוא כחלל ולקמיה פריך אמאי הסכין והידים טהורין אף גופו של כהן טמא הוא וצריך טבילה והערב שמש דאורייתא:
Aiguille de tamei met : c'est un av hatumah, et l'aiguille elle-même est un av hatumah, car l'épée est comme le tué. Et plus loin on objecte : pourquoi le couteau et les mains sont-ils purs ? Même le corps du kohen est impur. Il lui faut une tevila et le coucher du soleil, de la Torah.
רבי יוסי בר' אבין אמר לעולם ספק מחט וכגון שהיתה פרה חסומה ובאה מחוץ לירושלים דודאי מעלמא אתי דמשנכנסה לשם לא בלעתה דהוו להו ספק כלים של מקומות אחרים:
Rabbi Yossi fils de Rabbi Avin a dit : en fait, une aiguille douteuse. Par exemple, la vache était muselée et venait de l'extérieur de Jérusalem. Elle vient certainement du dehors : une fois entrée là, elle ne l'a pas avalée. Ce sont donc des kelim douteux d'autres lieux.
💡 Explication

Deux cas où la chair est bien tamei.

Rav : l'aiguille était connue, perdue, impure par un tamei met. Un keli de métal qui touche un av de touma de mort devient lui-même av : herev harei hou ke-halal, l'épée a le statut du tué. Rachi annonce l'objection de plus loin : un av rend tamei l'homme et les kelim. Le kohen devrait être tamei de la Torah, avec tevila et haarev shemesh.

Rabbi Yossi fils de Rabbi Avin reste dans le safek. La vache était muselée : elle n'a pas pu avaler l'aiguille une fois dans Jérusalem. L'aiguille vient du dehors, où le safek des kelim est tenu pour tamei. Elle a ce statut de safek. Un keli ne reçoit pas cette touma, et le couteau reste pur.

6
גופא. רבי אלעזר ורבי יוסי ברבי חנינא, חד אמר: לא גזרו על ספק הרוקין שבירושלים, וחד אמר: לא גזרו על ספק הכלים שבירושלים. רוקין תנינא, כלים תנינא!

Le corps de l'enseignement. Rabbi Elazar et Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina : l'un a dit qu'on n'a pas décrété sur le doute des crachats qui sont à Jérusalem, et l'un a dit qu'on n'a pas décrété sur le doute des kelim qui sont à Jérusalem.

Les crachats, nous les avons déjà enseignés ; les kelim, nous les avons déjà enseignés !

💡 Explication

Goufa : la Guemara reprend pour elle-même la phrase citée plus haut. Les deux amoraim semblent répéter des michnayot déjà connues, l'une sur les crachats, l'autre sur les kelim de Jérusalem. La suite dit ce qu'ils ajoutent.

7
רוקין תנינא, דתנן: כל הרוקין הנמצאין בירושלים טהורין, חוץ משל שוק העליון! לא צריכא, אף על גב דאיתחזק זב.

Les crachats, nous les avons enseignés, comme nous l'avons appris : tous les crachats qu'on trouve à Jérusalem sont purs, sauf ceux du marché supérieur ! C'est nécessaire : même là où un zav est établi.

📜 Rachi (2)
של שוק העליון שם היו מתקבצין טמאין שלא לטמא את חביריהם:
Du marché supérieur : là se rassemblaient les impurs, pour ne pas rendre leurs compagnons impurs.
ואע"ג דאיתחזק זב שראינוהו עובר בשוק זה שנמצא בו רוק אשמעינן דלא גזרו דכולי האי לא שמענו ממתני':
Et même si un zav est établi : nous l'avons vu passer dans ce marché où le crachat a été trouvé. Cela nous enseigne qu'on n'a pas décrété. Tout cela, nous ne l'avions pas entendu de la michna.
💡 Explication

La michna dit déjà que les crachats de Jérusalem sont purs, sauf ceux du marché supérieur, où les tamei se rassemblent. L'amora ajoute le cas où un zav a été vu passer à l'endroit du crachat. Même avec cette hazaka (présomption), on n'a pas décrété le doute des crachats dans Jérusalem.

8
כלים תנינא, דתנן: כל הכלים הנמצאים בירושלים, דרך ירידה לבית הטבילה — טמאין. הא דעלמא — טהורין!

Les kelim, nous les avons enseignés, comme nous l'avons appris : tous les kelim qu'on trouve à Jérusalem, sur le chemin de descente vers la maison d'immersion, sont impurs. Donc le cas général : purs !

📜 Rachi (1)
בדרך אחת היו יורדין לבית הטבילה ועולין בדרך אחרת הנמצאין בדרך הירידה טמאין דמאי בעו התם אלא טמאין היו והיה רוצה להטבילן ונפלו ממנו:
Par un seul chemin on descendait à la maison d'immersion, et on montait par un autre chemin. Ceux qu'on trouve sur le chemin de la descente sont impurs : que feraient-ils là, sinon qu'ils étaient impurs, qu'il voulait les immerger, et qu'ils lui sont tombés.
💡 Explication

Même objection pour les kelim. La michna ne déclare impurs que les kelim trouvés sur le chemin de descente vers le beit hatévila. On descend par un chemin, on remonte par un autre. Un keli sur la descente était tamei : on l'emportait pour l'immerger, et il est tombé. L'inférence : partout ailleurs à Jérusalem, les kelim trouvés sont purs.

9
ולטעמיך, אימא סיפא: דרך עליה — טהורין. הא דעלמא — טמאין!

Et selon ton raisonnement, dis la fin : sur le chemin de la montée, purs. Donc le cas général : impurs !

📜 Rachi (2)
ולטעמיך אימא סיפא כו' ומהא ליכא למשמע מינה דאיכא למידק מרישא הכי ומסיפא הכי ואשמעינן הנך אמוראי דלעיל דאמרי לא גזרו דרישא דוקא דקתני בדרך ירידה הוא דמטמאין הא דכל העיר טהור וסיפא דקתני דרך עליה טהורין לא תידוק מינה הא דכל העיר טמאין אלא לאפוקי גזייתא מבואות קטנים שהיו סמוך לדרך ירידה ועליה ופעמים שהיו יורדין דרך אותן מבואות ופעמים עולין והנהו טמאין מספק שהרי מתחלה טמאין היו ספק נפלו בירידה ספק בעליה ומספקא לא נפקי מטומאה אבל שאר כלים ספק נטמאו ספק לא נטמאו לא גזרו עליהן מספק:
Et selon ton raisonnement, dis la fin, etc. De cela on ne peut rien apprendre, car on peut déduire ainsi du début et ainsi de la fin. Ces amoraim d'en haut, qui disent qu'on n'a pas décrété, nous enseignent que le début est précis : on enseigne que c'est sur le chemin de la descente qu'ils sont impurs, donc ceux de toute la ville sont purs. Et la fin, qui enseigne que sur le chemin de la montée ils sont purs : n'en déduis pas que ceux de toute la ville sont impurs. Elle vient exclure la guéziyata, les petites ruelles proches du chemin de descente et de montée. Parfois on descendait par ces ruelles, parfois on montait. Ceux-là sont impurs par doute : au départ ils étaient impurs, doute s'ils sont tombés à la descente, doute à la montée, et par le doute ils ne sortent pas de leur touma. Mais les autres kelim, doute s'ils se sont impurifiés, doute s'ils ne se sont pas impurifiés : on n'a pas décrété sur eux par doute.
דרך עליה טהורים שהטבילן:
Chemin de la montée, purs : car il les a immergés.
💡 Explication

La fin de la michna dit l'inverse en apparence. Chemin de montée : purs, parce que l'immersion a déjà eu lieu. Si l'on infère comme au début, le reste de la ville serait impur. Les deux inférences se contredisent. On ne peut donc pas lire la fin comme une règle générale.

Rachi donne déjà la résolution du segment suivant. Le début est précis : hors du chemin de descente, la ville est pure. La fin ne sert qu'à exclure la guéziyata, les ruelles où l'on passait dans les deux sens. Ces kelim étaient tamei au départ. On ne sait pas s'ils sont tombés avant ou après la tevila : le doute ne les fait pas sortir de leur touma. Un keli dont on ignore s'il a jamais été tamei reste, à Jérusalem, sans décret de doute.

🖼️ Schéma
Kelim trouvés près du beit hatévila Descente Vers l'immersion. Ils étaient tamei et sont tombés. Tamei Montée Au retour. Il les a immergés. Tahor Reste de la ville Le début est précis. On infère du chemin de descente. Tahor Guéziyata Petites ruelles. Safek : descente ou montée. Restent tamei La fin, chemin de montée tahor, n'enseigne pas que le reste de la ville est tamei. Elle ne vient qu'exclure la guéziyata. Au départ ces kelim étaient tamei : le doute ne les en sort pas. Ailleurs à Jérusalem, safek s'ils ont été tamei : pas de décret.
Descente : tamei. Montée : tahor. Le reste de la ville suit le début. La guéziyata reste tamei, safek sur un keli qui l'était déjà.
10
אלא: רישא דוקא, וסיפא לאו דוקא. ולאפוקי גזייתא.

Plutôt : le début est précis, et la fin n'est pas précisé. Et pour exclure la guéziyata.

💡 Explication

Conclusion sur les kelim de Jérusalem. Le début est précis : on en infère que le reste de la ville est pur. La fin n'est pas précisé : elle ne vient qu'exclure la guéziyata. C'est ce que l'amora ajoute à la michna : à Jérusalem, on n'a pas décrété le safek des kelim.

11
ולרב דאמר: כגון שאבדה לו מחט טמא מת והכירה בבשר, כיון דאמר מר: ״בחלל חרב״, חרב הרי הוא כחלל — אדם וכלים נמי ליטמא!

Et selon Rav, qui a dit : par exemple, il avait perdu une aiguille de tamei met et il l'a reconnue dans la chair. Puisque le maître a dit : be-halal herev, l'épée est comme le tué, l'homme et les kelim devraient eux aussi devenir impurs !

📜 Rachi (2)
כיון דאמר מר חרב הרי הוא כחלל וזו נגעה בטומאת מת שהוא אב הטומאה ונעשה גם המחט אב הטומאה ואמאי הסכין והידים טהורות:
Puisque le maître a dit : l'épée est comme le tué. Celle-ci a touché une touma de mort, qui est un av hatumah, et l'aiguille aussi est devenue un av hatumah. Pourquoi le couteau et les mains sont-ils purs ?
אדם וכלים נמי ליטמא דכל אב הטומאה מטמא אדם וכלים בין כלי את כלי בין אדם את אדם בין אדם כלי וכלי אדם בפרשה זאת חקת התורה בספרי:
L'homme et les kelim devraient eux aussi devenir impurs. Tout av hatumah rend impurs l'homme et les kelim : un keli vers un keli, un homme vers un homme, un homme vers un keli et un keli vers un homme, dans cette section Houkat ha-Torah, dans le Sifrei.
💡 Explication

Retour au cas de Rav. L'aiguille de métal touchée par un tamei met est un av hatumah, sur le verset be-halal herev : l'épée a le statut du tué. Un av rend tamei l'homme et les kelim, dans les deux sens. Le couteau et les mains, et le corps du kohen selon Rachi, auraient dû être tamei. Le témoignage les dit purs.

12
אמר רב אשי: זאת אומרת עזרה רשות הרבים היא, והוה ליה ספק טומאה ברשות הרבים. וכל ספק טומאה ברשות הרבים — ספיקו טהור.

Rav Achi a dit : cela revient à dire que l'Azara est un domaine public, et c'est un doute de touma dans un domaine public. Et tout doute de touma dans un domaine public : son doute est pur.

📜 Rachi (1)
עזרה רשות הרבים היא לטומאה ואדם וסכין ספק נגעו במחט זה ספק לא נגעו והויא לה ספק טומאה ברה"ר דספיקו טהור:
L'Azara est un domaine public pour la touma. L'homme et le couteau : doute s'ils ont touché cette aiguille, doute s'ils ne l'ont pas touchée. C'est un doute de touma dans un domaine public, et son doute est pur.
💡 Explication

Rav Achi sépare deux contacts. La chair a certainement touché l'aiguille : elle est tamei. L'homme et le couteau : on ne sait pas s'ils l'ont touchée. L'Azara compte comme un reshut harabim pour les lois du safek. Tout safek de touma dans un domaine public est tahor.

13
הא ברשות היחיד — ספיקו טמא הוא. מכדי האי מחט דבר שאין בו דעת לישאל הוא. וכל דבר שאין בו דעת לישאל, בין ברשות הרבים בין ברשות היחיד — ספיקו טהור!

Donc, dans un domaine privé, son doute est impur. Or cette aiguille est une chose qui n'a pas de daat pour qu'on l'interroge.

Et toute chose qui n'a pas de daat pour qu'on l'interroge, que ce soit dans le domaine public ou dans le domaine privé : son doute est pur !

📜 Rachi (1)
ופרכינן הא רה"י הוי ספיקו טמא הא דבר שאין בו דעת לישאל הוא הסכין ול"ג האי מחט אלא מכדי דבר שאין בו דעת לישאל הוא ואי גרסי' ליה הכי מפרשינן מכדי האי עדות דמחט דבר שאין בו דעת לישאל הוא הסכין וכל מי שאין בו דעת לישאל כו' דכל ספק טומאה מסוטה גמרי' מה סוטה רה"י ועל הספק טמאה אף כל ספק טומאות ברשות היחיד ספיקו טמא ומינה מה סוטה יש בה דעת לישאל אם נטמאה אם לאו אף כל כיש בו דעת לישאל כגון אדם ספק נגע בשרץ ספק לא נגע דיש בו דעת שיכולין לשואלו אם נגע והוא אינו יודע ספיקו טמא:
Et nous objectons : donc, dans un domaine privé, son doute serait impur. Or c'est une chose qui n'a pas de daat pour qu'on l'interroge : le couteau. Et nous ne lisons pas cette aiguille. Nous lisons : or, c'est une chose qui n'a pas de daat pour qu'on l'interroge. Et si nous le lisons, nous l'expliquons ainsi : or, ce témoignage de l'aiguille est une chose qui n'a pas de daat pour qu'on l'interroge, le couteau. Et quiconque n'a pas de daat pour qu'on l'interroge, etc. Car tout doute de touma, nous l'apprenons de la sota. De même que la sota est dans un domaine privé et que, sur le doute, elle est impure, de même tout doute de touma dans un domaine privé : son doute est impur. Et d'elle encore : de même que la sota a une daat pour qu'on l'interroge, si elle s'est impurifiée ou non, de même tout ce qui a une daat pour qu'on l'interroge. Par exemple un homme : doute s'il a touché un sherets, doute s'il ne l'a pas touché. Il a une daat, on peut lui demander s'il a touché, et il ne sait pas : son doute est impur.
🗂️ Tossefot (2)
הא ברשות היחיד ספיקו טמא תימה הא איצטריך לאוקמא ברשות הרבים משום ידים דספיקו ברה"י טמא:
Donc, dans un domaine privé, son doute est impur. Difficulté : il fallait déjà établir le cas dans un domaine public à cause des mains, dont le doute, dans un domaine privé, est impur.
מכדי האי מחט דבר שאין בו דעת לישאל הוא פי' האי מחט כלי שנגע במחט דבטומאה לא בעינן שיהא בו דעת לישאל אלא המיטמא לחודיה דאם לא כן כל טומאת מת ושרץ אפילו ברה"י יהא ספיקו טהור:
Or cette aiguille est une chose qui n'a pas de daat pour qu'on l'interroge. Explication : cette aiguille, c'est le keli qui a touché l'aiguille. Pour la touma, nous n'exigeons pas que la source ait une daat pour qu'on l'interroge, seulement celui qui devient impur. Sinon, toute touma d'un mort et d'un sherets, même dans un domaine privé, aurait son doute pur.
💡 Explication

Si le safek de l'Azara est tahor parce que c'est un domaine public, le même safek dans un reshut hayahid serait tamei. La Guemara objecte : l'aiguille, ou selon Rachi le couteau, est une chose sans daat lish'ol. On ne peut pas lui demander si le contact a eu lieu.

La règle sort de la sota, en deux temps. Elle est dans un domaine privé, et le doute la rend impure : d'où le safek tamei dans le privé. Elle peut être interrogée : d'où la limite. Sans daat, le safek est tahor dans les deux domaines. Exemple de Rachi : un homme, doute s'il a touché un sherets. On peut le questionner. S'il ne sait pas, le safek du domaine privé est tamei.

Tossefot : les mains obligeaient déjà à poser un domaine public, parce que leur safek dans le privé est tamei. Et les mots cette aiguille visent le keli qui l'a touchée. La daat se demande à celui qui devient tamei, pas à la source. Un mort ou un sherets n'a pas de daat : leur safek, dans un domaine privé, reste tamei quand celui qui a pu les toucher peut, lui, être interrogé.

🖼️ Schéma
De qui demande-t-on la daat lish'ol Celui qui devient tamei Le couteau, ou l'homme. Tossefot : c'est lui qu'on interroge. Sans daat : safek tahor, même dans un domaine privé. La source de la touma Aiguille, mort, sherets. On ne lui demande pas de daat. Sinon tout safek de met ou de sherets serait tahor, même en privé.
La daat lish'ol est celle de celui qui devient tamei. La source, aiguille, mort ou sherets, n'a pas à en avoir.
14
משום דהוי ספק טומאה הבאה בידי אדם, ואמר רבי יוחנן: ספק טומאה הבאה בידי אדם

Parce que c'est un doute de touma qui vient par la main d'un homme. Et Rabbi Yo'hanan a dit : un doute de touma qui vient par la main d'un homme

📜 Rachi (1)
הבאה בידי אדם אדם היה עסוק בה ואם נגע בו הסכין במחט על ידי אדם נגע בו הלכך אם עזרה רשות היחיד ספיקו טמא:
Qui vient par la main d'un homme : un homme s'en occupait. Si le couteau a touché l'aiguille, c'est par un homme qu'il l'a touché. Dès lors, si l'Azara est un domaine privé, son doute est impur.
🗂️ Tossefot (1)
ואמר רבי יוחנן וכו' ה"מ לאתויי דזעירי דמשני (נדה ד' ה:) דמעת לעת שבנדה עושה משכב ומושב אע"ג דמשכב ומושב אין בו דעת לישאל כשחברותיה נושאות אותה במטה:
Et Rabbi Yo'hanan a dit, etc. Il aurait pu apporter l'enseignement de Zé'eiri, qui répond (Nida 5b) que le me'et le'et de la nida rend impurs le michkav et le mochav, bien que le michkav et le mochav n'aient pas de daat pour qu'on les interroge, quand ses compagnes la portent sur le lit.
💡 Explication

Réponse : ce safek vient par la main d'un homme. Le couteau ne rencontre pas l'aiguille tout seul. Quelqu'un le tient. Rabbi Yo'hanan pose la règle de ce safek. L'énoncé s'ouvre ici et continue au daf suivant. Rachi en donne déjà l'effet sur notre cas : l'intervention de l'homme tient lieu de daat. Si l'Azara était un domaine privé, le safek du couteau serait tamei. D'où le besoin, chez Rav Achi, d'un domaine public.

Tossefot signale une autre source du même principe : Zé'eiri, Nida 5b. Le me'et le'et de la nida, ces vingt-quatre heures, rend tamei le michkav et le mochav, qui n'ont pas de daat, quand ses compagnes la portent sur le lit. La touma arrive par des personnes.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).