Sougya : Suite de Rabbi Yo'hanan, ouvert en 19b : un safek de touma venu par la main d'un homme s'interroge mรชme sur un keli posรฉ au sol, comme une chose qui a une daat lish'ol. La chair dite tamei dans le tรฉmoignage de l'aiguille demande alors son hekhsher.
Le sang des kodashim ne mekhshir pas, ni les liquides de l'abattoir. La hibat hakodech rendrait la chair passoul, et compter en elle un rishon et un sheni trancherait la tsarid de menahot posรฉe par Reish Lakish.
Chmouel donne un hekhsher rรฉel : vache de shelamim passรฉe au fleuve, liquide encore tofeah. Le peresh รฉpais, ou le liquide putride, ne renvoie pas la touma ร la chair.
Un tanna devant Rav Sheshet compte trois toumot ร partir du sheretz : on coupe les liquides du dรฉbut. Puis la michna du sheretz dans le four : le pain est sheni parce que le four est tehilah.
On l'interroge ร son sujet, mรชme pour un ustensile posรฉ sur le sol, comme une chose qui a en elle une daat lish'ol.
Fin de la rรจgle de Rabbi Yo'hanan, ouverte au dernier segment de 19b : un safek de touma qui vient par la main d'un homme. On interroge ร son sujet. Le keli peut รชtre posรฉ au sol, sans daat lish'ol ร lui, et sans que personne le dรฉplace : il est traitรฉ comme une chose qui a cette daat.
Rachi donne la lecture retenue : les propriรฉtaires doivent saisir le beit din. Le cas : un homme porte un sheretz, doute s'il a touchรฉ le keli. Dans un reshut hayahid, le safek est tamei. Dans l'Azara, domaine public selon Rav Achi, le safek du couteau reste tahor.
Et la chair est impure. Cette chair, par quoi a-t-elle reรงu l'hekhsher ?
Le tรฉmoignage dit : la chair est tamei. Un aliment ne reรงoit la touma qu'aprรจs un hekhsher, en gรฉnรฉral un liquide. Rachi distingue le verset de la chair qui touche tout impur : les shelamim se rincent et se cuisent dans la ville, l'hekhsher y abonde. Ici l'aiguille est trouvรฉe dans l'Azara, ร l'endroit de la shehita. Le sang, candidat naturel, est รฉcartรฉ dรจs la suite.
Si tu dis qu'elle a reรงu l'hekhsher par le sang : or Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : d'oรน tient-on, pour le sang des kodashim, qu'il ne rend pas susceptible ? Car il est dit : Tu ne le mangeras pas, sur la terre tu le rรฉpandras comme de l'eau.
Le sang qui est rรฉpandu comme de l'eau rend susceptible ; celui qui n'est pas rรฉpandu comme de l'eau ne rend pas susceptible.
Rabbi Hiya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan lit le verset du sang. La comparaison ร l'eau vise le sang qu'on rรฉpand sur la terre : il mekhshir. Le sang des kodashim est reรงu dans un keli pour รชtre jetรฉ sur l'autel. Il n'est pas rรฉpandu comme de l'eau : il ne donne pas l'hekhsher ร la chair.
Mais alors, qu'elle ait reรงu l'hekhsher par les liquides de l'abattoir. Or Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina a dit : les liquides de l'abattoir, non seulement ils sont purs, mais ils ne rendent pas susceptible !
Deuxiรจme candidat : les mishkei beit mitbehayya, les liquides de l'abattoir, l'eau dont on rince. Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina : ils sont dakhen, purs, et ils ne mekhshirim pas.
Tossefot rattache ce second point ร la derasha de yitma. Lu comme une touma effective, ce mot ne sert plus ร l'hekhsher. Il ne reste qu'un verset d'hekhsher, posรฉ sur les liquides mehubarim (attachรฉs), de prรฉfรฉrence aux telushim (dรฉtachรฉs). L'eau recueillie pour rincer est dรฉtachรฉe : elle ne prรฉpare pas la chair.
Mais alors, qu'elle ait reรงu l'hekhsher par la hibat hakodech. Admets que la hibat hakodech lui serve ร le rendre passoul lui-mรชme : ร y compter aussi un rishon et un sheni ?!
Troisiรจme candidat : la hibat hakodech, l'attachement du sacrรฉ. ร Houlin, elle met l'offrande au rang d'un aliment pour recevoir la touma, sans liquide. La Guemara accorde qu'elle rend la chair elle-mรชme passoul. Le tรฉmoignage dit tamei. Rachi : tamei veut dire qu'elle rend autre chose impur, donc qu'on y compte un rishon et un sheni.
Ce pas trancherait la question de Reish Lakish sur la tsarid sรจche des menahot. Tossefot demande alors ร quoi servent encore les liquides de l'abattoir, purs et sans hekhsher. RI : ils visent ce qu'on apporte dans l'Azara sans hibat hakodech, les bikourim, et les houlin mangรฉs lร pour prendre la minha et le sacrifice ร satiรฉtรฉ.
Tranche donc ce que Reish Lakish a posรฉ : une tsarid de menahot, y compte-t-on un rishon et un sheni, ou non !
Reish Lakish (Houlin) : une tsarid de menahot, la partie sรจche que l'huile n'a pas touchรฉe, transmet-elle un rishon et un sheni par la seule hibat hakodech ? Si le tรฉmoignage, en disant tamei, comptait ces degrรฉs, la question serait tranchรฉe.
Rachi prรฉpare dรฉjร la rรฉponse de Chmouel. Il prend une vache de shelamim parce que la peau et la chair sont aux propriรฉtaires : il les soigne, la fait passer au fleuve prรจs de la shehita, et l'abreuve pour dรฉpecer plus aisรฉment, comme ร la fin de Beitsa. Le mot tsarid est celui du son rauque du shofar, Roch Hachana 27b.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : par exemple, c'รฉtait une vache de sacrifices shelamim, il l'a fait passer dans le fleuve, il l'a abattue, et il y avait encore un liquide tofeah sur elle.
Chmouel sort la chair du seul recours ร la hibat hakodech. La bรชte est une vache de shelamim. On la passe dans le fleuve, on l'abat, le liquide est encore tofeah, humide, sur elle. La question de Reish Lakish reste ouverte : ce tรฉmoignage a un hekhsher de liquide.
Rachi : au dรฉpeรงage, un peu de ce liquide tombe sur la chair. Tossefot : un liquide qui tombe de la peau est talush. Chmouel ne laisse qu'un verset d'hekhsher, et il le pose sur le mehubar. Le cas nomme le fleuve pour cette raison. RI : l'eau atteint toute la peau pendant qu'elle est encore attachรฉe. La peau est un shomer. ร Houlin 118b, le yad pour l'hekhsher reste discutรฉ ; le shomer, tous le tiennent.
Trouvรฉe dans le peresh, tout est pur. Et que le peresh revienne et rende la chair impure !
Rav Ada bar Ahava a dit : dans un peresh รฉpais. Rav Achi a dit : mรชme si tu dis dans un peresh mou, parce que c'est un liquide putride.
Retour au tรฉmoignage : l'aiguille trouvรฉe dans le peresh, tout est tahor, chair, couteau et mains. Objection : dans le cas de Chmouel, on vient d'abreuver la bรชte. Rachi : le peresh a alors la loi d'un liquide. Touchรฉ par l'aiguille, il devrait revenir sur la chair et la rendre tamei.
Rav Ada bar Ahava : peresh รฉpais, ce n'est pas un liquide. Rav Achi : mรชme mou, c'est un mashke saroah, un liquide putride, et un liquide putride ne transmet pas la touma.
Un tanna a enseignรฉ devant Rav Sheshet : un sheretz rend les liquides impurs, les liquides rendent l'ustensile impur, l'ustensile rend les aliments impurs, et les aliments rendent les liquides impurs. Et nous avons appris trois toumot dans le sheretz.
Celles-ci sont quatre ! Coupe les liquides du dรฉbut.
Nouvelle baraita, devant Rav Sheshet. Chaรฎne rรฉcitรฉe : sheretz, liquides, keli, aliments, liquides. Le tanna annonce trois toumot. La Guemara en compte quatre, et le quatriรจme passage ferait un shelishi qui produit un revi'i, que le verset ne donne pas quand le keli est lui-mรชme venu d'un liquide.
Rรฉponse : coupe les liquides du dรฉbut. Il reste : sheretz, keli rishon, aliment sheni, liquide shelishi. C'est l'ordre du verset, et la derasha yitma yitma de Rabbi Akiva : un sheni fait un shelishi dans les houlin. Rachi : on aurait pu enseigner l'autre branche, keli puis liquide puis aliment, une seule des deux, car les enfiler toutes les deux dรฉpasserait le verset.
Au contraire, coupe les liquides de la fin ! Nous n'avons pas trouvรฉ de tanna qui dise : les liquides rendent un ustensile impur, sinon Rabbi Yehouda, et il s'est rรฉtractรฉ.
Et ton signe : neziyata.
L'autre coupe, celle des liquides de la fin, donnerait : sheretz, liquide, keli, aliment. Elle suppose que les liquides rendent un keli tamei. Seul Rabbi Yehouda l'a derache de bekhol keli yitma, et il s'est rรฉtractรฉ. Rachi : l'aliment de cette chaรฎne serait dรฉjร un shelishi, et le verset n'รฉcrit pas qu'il rende encore un liquide impur.
Le signe neziyata, la cuve du brasseur : on pose d'abord le rรฉcipient, puis l'orge, puis l'eau. Mรชme ordre que la chaรฎne retenue : keli, aliment, liquide.
Nous avons appris lร -bas : un sheretz trouvรฉ dans un four, le pain qui est dedans est sheni, parce que le four est tehilah.
Michna d'ailleurs. Un sheretz dans un four, keli hรจres : l'air suffit, le contact avec le pain n'est pas requis. Le four est tehilah, premier degrรฉ, car il reรงoit du sheretz. Le pain reรงoit du four : il est sheni. Rachi ajoute la suite des degrรฉs selon les Rabbins : un sheni ne rend pas les houlin tamei.
Rav Ada bar Ahava a dit ร Rava : et voyons ce four comme s'il รฉtait plein de touma, et que ce pain soit rishon !
Rav Ada bar Ahava serre la comparaison. L'air du keli hรจres rend tamei sans contact : le four est donc comme plein de touma. Le pain qui s'y trouve serait comme s'il touchait le sheretz, donc rishon, au degrรฉ du four, et non sheni.
Il lui a dit : cela ne saurait te venir ร l'esprit, car on a enseignรฉ : on pourrait penser que tous les ustensiles deviennent impurs par l'air d'un keli hรจres.
Rava รฉcarte la lecture plein de touma. Une baraita s'ouvre : on aurait pu croire que tous les kelim deviennent tamei par l'air d'un keli hรจres. Rachi dรฉploie ce hava amina : un keli shetef, bois ou mรฉtal, placรฉ dans le keli hรจres, et le sheretz dans l'air du rรฉcipient extรฉrieur. Le verset kol acher betokho yitma semblerait rendre impur aussi ce keli intรฉrieur. La baraita continue au daf suivant.
La premiรจre glose de Rachi sur ce segment reprend le fil du tanna : sans un maรฎtre qui tienne la derasha, selon qui l'รฉtablir.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).