Sougya : Le daf ferme d'abord la sougya du tonneau de terouma. La hakhraa de Rabbi Yishmael, champ contre maison, ne tranche pas : Beit Shammai et Beit Hillel n'ont pas ouvert ce partage.
Rabbi Yossi b'Rabbi Hanina borne leur mahloket ร moins de cent se'a de houlin tamei. ร cent, tous laissent le vin descendre et devenir tamei, sans le rendre impur de la main.
Rava inverse les noms de la baraita ; Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, les garde pour un rรฉcipient pur au-dedans et impur au-dehors. Le chapitre Or le-arbaa asar se clรดt.
La mishna nouvelle lie le droit de nourrir, de vendre et de profiter au temps oรน manger le hamets est permis. Rabbi Yehouda exige la serifa ; les Sages admettent aussi le vent et la mer.
Rabba bar Oula lit la mishna selon Rabban Gamliel : tant que le kohen mange la terouma, le Yisrael nourrit ses houlin.
La hakhraa (dรฉcision d'un tiers) ne tranche pas.
La page prรฉcรฉdente laisse Beit Shammai et Beit Hillel sur un tonneau de vin de terouma devenu tamei : le verser en hevel, ou le garder pour le zilouf. Rabbi Yishmael bar Rabbi Yossi propose un partage, champ contre maison, ou vin neuf contre vin vieux, ร cause de la takala.
Une hakhraa tranche quand les deux premiers ont eux-mรชmes ouvert les deux cas, et qu'un tiers en prend un de chaque cรดtรฉ. Ici, maison et champ sont absents de leurs paroles. Rachi y voit une autre raison. Le Ri maintient la takala chez Beit Shammai, et refuse quand mรชme le nom de hakhraa. Tossefot rappellent le modรจle inverse, les chiffons de Chabbat 39b, oรน les premiers avaient nommรฉ les deux cas. Rabbeinou Hananel lit chelichit comme la troisiรจme gรฉnรฉration : la dรฉcision d'un รฉlรจve.
Rabbi Yossi b'Rabbi Hanina a dit : le diffรฉrend porte sur le cas oรน elle est tombรฉe dans moins de cent se'a de houlin (profane) tamei (impur).
On revient au tonneau brisรฉ dans le pressoir du haut, dont le vin coule vers le bas. Rabbi Yossi b'Rabbi Hanina borne la mahloket au cas de moins de cent se'a de houlin dรฉjร tamei.
Le bitoul de la terouma demande un contre cent : la terouma plus cent fois son volume. En dessous, elle reste terouma, et un zar ne peut pas la manger. Rachi enchaรฎne : ร hauteur de cent, les houlin sont sauvรฉs, et l'acte de rendre le vin tamei de la main n'a plus de motif.
Mais si elle est tombรฉe dans cent houlin tamei, tous conviennent : qu'elle descende et qu'elle devienne tamei, et qu'on ne la rende pas tamei de la main.
ร cent se'a, la terouma tombe en bitoul dans les houlin. Le mรฉlange reste utilisable pour un zar, mรชme tamei. Le laisser descendre suffit : l'impuretรฉ vient du vin d'en bas, sans geste de la main.
On l'enseigne aussi ainsi. Un tonneau s'est brisรฉ dans le pressoir du haut, et au-dessous se trouvent cent houlin tamei.
Rabbi Eliezer convient ร Rabbi Yehochoua : s'il peut en sauver un reviit (quart de log) en tahara (puretรฉ), qu'il sauve ; sinon, qu'elle descende et qu'elle devienne tamei, et qu'on ne la rende pas tamei de la main.
La baraita confirme le cas des cent se'a, et ajoute le reviit : s'il est encore possible de prรฉlever un quart de log pur, on le prรฉlรจve. Le membre 'Rabbi Eliezer convient ร Rabbi Yehochoua' gรชne, parce que l'interdit de rendre tamei de la main est la position de Rabbi Eliezer. Rachi situe d'abord la gรชne sur la fin de la phrase, le sinon.
Ce 'Rabbi Eliezer convient ร Rabbi Yehochoua' : il fallait dire 'Rabbi Yehochoua convient ร Rabbi Eliezer' ! Rava a dit : inverse.
Rava garde le contenu et permute les noms. Celui qui permettait de rendre tamei de la main, Rabbi Yehochoua, est celui qui vient convenir qu'ร hauteur de cent on s'abstient de ce geste.
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : en fait, n'inverse pas. De quoi s'agit-il ici ?
D'un rรฉcipient dont l'intรฉrieur est tahor et dont le dos est tamei. De peur que tu dises : dรฉcrรฉtions, de crainte que le dos touche la terouma.
Cela nous apprend qu'on ne dรฉcrรจte pas.
Rav Houna garde l'ordre des noms. Le verbe 'il convient' porte sur le resha : sauver un reviit, pas sur l'interdit de la fin.
Le rรฉcipient a l'intรฉrieur tahor et le dos tamei. Cette touma vient des liquides, elle est derabbanan. La baraita citรฉe par Rachi laisse purs l'intรฉrieur, le bord, l'anse et les poignรฉes. On ne dรฉcrรจte pas ร cause du risque que le dos effleure la terouma.
Nous reviendrons vers toi, Or le-arbaa asar (la lumiรจre du quatorze).
Formule de clรดture du premier chapitre de Pessahim. La mishna qui suit ouvre le chapitre Kol cha'a, sur le hamets du 14 nissan.
Mishna. Tout le temps oรน il est permis de manger, on en nourrit la behema (bรชte domestique), la haya (bรชte sauvage) et les oiseaux, on le vend au nokhri (non-juif), et le profit en est permis.
Son temps passรฉ : le profit en est interdit, et l'on n'allume pas avec lui un four ni un kirayim (rรฉchaud). Rabbi Yehouda dit : le biour (รฉlimination) du hamets se fait uniquement par serifa (brรปlure).
Et les Sages disent : on l'รฉmiette aussi et on le sรจme au vent, ou on le jette ร la mer.
La mishna pose une seule horloge. Tant que manger le hamets est permis, trois usages le sont : nourrir, vendre, profiter. L'heure passรฉe, le profit tombe, y compris chauffer un four ou un kirayim.
Sur le biour, Rabbi Yehouda ne retient que la serifa. Les Sages y ajoutent l'รฉmiettement au vent et le jet ร la mer. Rachi annonce l'infรฉrence que la Guemara va tirer : l'interdit de manger entraรฎne l'interdit de nourrir. Tossefot sรฉparent la vente de son prix : le hamets ne rend pas l'argent interdit, ร la diffรฉrence d'un bien qui saisit son prix.
Guemara. Tout le temps oรน il est permis de manger, on nourrit.
Donc tout le temps oรน il n'est pas permis de manger, on ne nourrit pas. Dirons-nous que notre mishna ne suit pas Rabbi Yehouda ?
Car s'il s'agissait de Rabbi Yehouda, il y a la cinquiรจme heure, oรน l'on ne mange pas et oรน l'on nourrit. Comme nous l'avons appris : Rabbi Meir dit : on mange pendant toute la cinquiรจme, et l'on brรปle au dรฉbut de la sixiรจme.
Rabbi Yehouda dit : on mange pendant toute la quatriรจme, on suspend pendant toute la cinquiรจme, et l'on brรปle au dรฉbut de la sixiรจme.
La mishna lie nourrir ร il est permis de manger. L'infรฉrence immรฉdiate : dรจs que manger est interdit, nourrir l'est aussi. Chez Rabbi Yehouda, la cinquiรจme heure sรฉpare les deux. On ne mange plus, on suspend, on nourrit encore, et l'on brรปle au dรฉbut de la sixiรจme. Rabbi Meir mange encore toute la cinquiรจme.
Tossefot prevennent la suite : la conclusion รฉcartera Rabbi Yehouda, puis Rabbi Meir. Le Roch rappelle le psak de Rav, plus haut, selon Rabbi Yehouda, puis dรฉploie la tserikhta de la behema et de la haya, et la halakha du hamets charre avant l'heure : profit oui, consommation non, avec le koutah et le mouryes.
Mais alors, quoi : c'est Rabbi Meir ? Ce 'tout le temps oรน il est permis de manger, on nourrit' : il fallait dire 'tout le temps oรน l'on mange, on nourrit'.
Chez Rabbi Meir, l'heure oรน l'on mange et l'heure oรน l'on nourrit coรฏncident. La mishna aurait dรป dire tout le temps oรน l'on mange. Deux verbes, 'il est permis' et 'on nourrit', laissent entendre deux personnes.
Rachi ferme une lecture de rechange : 'permis par la Tora, donc on nourrit malgrรฉ l'interdit rabbinique', ce qui aurait sauvรฉ Rabbi Yehouda. La sixiรจme heure reste permise par la Tora et interdite pour nourrir selon tous, puisque tous brรปlent dรจs son dรฉbut.
Rabba bar Oula a dit : notre mishna est selon Rabban Gamliel. Comme nous l'avons appris : Rabban Gamliel dit : les houlin se mangent pendant toute la quatriรจme, la terouma pendant toute la cinquiรจme, et l'on brรปle au dรฉbut de la sixiรจme.
Et voici ce qu'il dit : tout le temps oรน il est permis au kohen de manger la terouma, le Yisrael nourrit des houlin a la behema, ร la haya et aux oiseaux.
Rabba bar Oula pose la mishna chez Rabban Gamliel. Deux horloges : les houlin du Yisrael s'arrรชtent ร la fin de la quatriรจme ; la terouma du kohen court jusqu'ร la fin de la cinquiรจme.
'Tout le temps oรน il est permis de manger' vise alors le kohen. Pendant cette cinquiรจme heure, le Yisrael, qui ne mange plus ses houlin, les donne encore aux bรชtes. Rachi le dit en une rรจgle : dรจs qu'un homme quelconque peut encore manger, celui qui, lui, ne le peut plus, nourrit quand mรชme.
Pourquoi me faut-il enseigner la behema, pourquoi me faut-il enseigner la haya ? C'est nรฉcessaire.
Si l'on avait enseignรฉ la behema : si elle laisse un reste, il le voit. Mais la haya, si elle laisse un reste, elle le cachรฉ.
J'aurais dit que c'est interdit.
La double mention est une tserikhta. La behema laisse le reste visible : le maรฎtre peut l'รฉliminer. La haya le cachรฉ. Si la mishna n'avait parlรฉ que de la behema, on aurait refusรฉ la haya, de peur du reste dissimulรฉ ร l'approche de l'heure interdite.
Et si l'on avait enseignรฉ la haya : c'est que, si elle laisse un reste, elle le cachรฉ du moins. Mais la behema, il arrive qu'elle laisse un reste et que cela ne lui monte pas ร l'esprit, et il se tient sous le coup de bal yerae (il n'en sera pas vu) et de bal yimatse (il ne s'en trouvera pas).
J'aurais dit que c'est interdit. C'est nรฉcessaire.
Le second bras de la tserikhta renverse le premier. La haya, en cachant, soustrait le reste ร bal yerae. La behema le laisse en vue. Si le maรฎtre n'y pense pas, il n'a pas fait bitoul, et les deux interdits, voir et trouver, lui incombent.
Rachi glose l'oubli : il n'a pas annulรฉ le hamets. Tossefot ajoutent le risque qu'il en mange, et rรฉpondent au Rachba : la haya de la maison ne cache pas comme la houlda des trous, celle du premier chapitre, qui oblige ร une bedika.
Les oiseaux, pourquoi me les faut-ils ? Du fait qu'on a enseignรฉ la behema et la haya, on a enseignรฉ aussi les oiseaux.
Les oiseaux n'ont pas de nafka mina propre. La mishna les joint ร la paire behema et haya, comme on les รฉnumรจre d'ordinaire ensemble.
Et on le vend ร un goy. C'est รฉvident !
C'est pour รฉcarter ce tanna. Car on enseigne : Beit Shammai disent : un homme ne vendra son hamets ร un goy que s'il sait de lui qu'il l'aura achevรฉ avant Pessa'h.
Et Beit Hillel disent : tout le temps oรน il est permis de manger, il est permis de vendre.
La vente semble dรฉjร comprise dans le profit. Elle est lร pour รฉcarter Beit Shammai : tant que le goy n'a pas achevรฉ le hamets avant Pessa'h, la mitsva de l'รดter du monde reste sur le vendeur. Beit Hillel, et la mishna avec eux, alignent la vente sur l'heure oรน manger est encore permis.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).