Pesachim 22b — L'interdit du profit : sang, membre du vivant, bœuf lapidé, orla

Pesachim 22b

Sougya : La Guemara poursuit Hizkiya et Rabbi Abahou : une formule qui interdit de manger interdit-elle aussi le profit (issour hanaa) ? Selon Hizkiya, la juxtaposition du sang à l'eau enseigne que le sang des kodashim n'est pas makhshir.

Le membre du vivant (ever min ha-haï) est permis au profit par hekesh au sang ; Hizkiya retourne l'hekesh vers le sang de saignée. Le bœuf lapidé et l'orla semblent montrer que lo yeakhel ne vise que la consommation.

La maskana maintient que lo yeakhel couvre manger et profit : le verset de plus vise la peau, ou répond au mot lakhem. Au passage, Shimon HaAmassoni se retire des et, et Rabbi Akiva inclut les disciples des sages.

Quatre cas. Lo yeakhel couvre-t-il le profit ? Hizkiya : seul le passif lo yeakhel. Rabbi Abahou : toute formule, sauf détail du verset. 1. Sang juxtaposé à l'eau Hizkiya n'a pas besoin du verset pour permettre le profit du sang. Versé comme l'eau (hullin) : makhshir. Sang des kodashim : non. Rabbi Hiyya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan. Deut. 12:24. 2. Ever min ha-haï Lo tokhal hanefesh. Lifnei iver interdit de le tendre à un ben Noach. Au chien, c'est permis : le profit n'est pas fermé. Réponse : hekesh au sang. Hizkiya : le sang du vivant, dam hakaza. 3. Shor haniskal Lo yeakhel, puis uvaal hashor naki pour le profit. Objection : lo yeakhel n'aurait visé que la consommation. Maskana : lo yeakhel vise les deux. Naki, ou et besaro, vise la peau. 4. Orla Plusieurs orlim pour teinture, lampe, et tout profit. Même objection, même réponse : lo yeakhel couvre les deux. Les mots en plus répondent à lakhem. Lakhem inclut ce qui est planté.
Quatre cas où un verset de plus semble limiter lo yeakhel à la seule consommation.
Shor haniskal : d'où l'interdit de la peau ? Exode 21:28. Deux lectures des mots qui restent. Sakol yisakel déjà nevela : manger interdit Lo yeakhel et besaro même chehita après le verdict Manger et profit la peau reste à enseigner Tanna de la baraita Uvaal hashor naki Ben Zoma : quitte de ses biens, aucun profit. Cible : profit de la peau. Hava amina : besaro exclut la peau. Ce tanna n'expose pas et. Comme Shimon HaAmassoni, qui se retire de tous les et. Autres tanaim Naki a un autre sens. Tam : exempt de hatsi kofer. Ou : exempt des dmei veladot. La peau : et besaro. Et inclut l'accessoire de la chair, la peau. Bava Kamma 41b-42a. Muad : kofer entier. Tam : rien.
Peau du shor haniskal : naki pour un tanna, et besaro pour les autres.
Orla : chaque mot a son rôle Lévitique 19:23. Lo yeakhel couvre manger et profit. Les autres mots restent. Lo yeakhel manger et profit formule de base Orlim teinture, lampe, tous les profits Lakhem hava amina : à vous, donc profit permis Lakhem inclut ce qui est planté Deux profits à part Teinture : hazuta, simple apparence. Rachi : coques de noix, le shomer. Lampe : derekh biur, voie de destruction. Rachi : huile d'orla. Tossefot : le verset doit les nommer. Pourquoi répéter Sans lakhem, lo yeakhel suffisait pour manger et pour le profit. Lakhem aurait ouvert le profit. Les orlim ferment cette lecture. Puis lakhem sert à la baraita suivante.
Orla : lo yeakhel, les orlim, et lakhem. Teinture et lampe restent des profits à nommer.
1
ולחזקיה, למאי הלכתא איתקש דם למים? לכדרבי חייא בר אבא, דאמר רבי חייא בר אבא אמר רבי יוחנן: מנין לדם קדשים שאינו מכשיר — שנאמר ״לא תאכלנו על הארץ תשפכנו כמים״, דם שנשפך כמים — מכשיר, שאינו נשפך כמים — אינו מכשיר.

Et selon Hizkiya, pour quelle halakha le sang a-t-il été juxtaposé à l'eau ? Pour l'enseignement de Rabbi Hiyya bar Abba.

Car Rabbi Hiyya bar Abba a dit, Rabbi Yo'hanan a dit : d'où [sait-on] pour le sang des kodashim (sacrifices) qu'il n'est pas makhshir (il ne rend pas un aliment susceptible de recevoir l'impureté) ? Car il est dit : lo tokhalenu, al haaretz tishpekhenu kamayim (tu ne le mangeras pas ; sur la terre tu le verseras comme de l'eau).

Le sang qui est versé comme de l'eau est makhshir ; celui qui n'est pas versé comme de l'eau n'est pas makhshir.

📜 Rachi (2)
ולחזקיה דאמר לעיל איסור הנאה דחמץ מלא יאכל הא לא תאכל ולא תאכלו לא משמע ליה הנאה:
Et selon Hizkiya : il a dit plus haut que l'interdit du profit du hamets vient de lo yeakhel. Mais lo tokhal et lo tokhelu ne lui impliquent pas le profit.
למאי הלכתא איתקש דם למים למשרייה בהנאה ומהיכא תיתי לך דניתסרו ומנבילה לא אותביניה לחזקיה למאי איצטריך קרא למשרייה דאי כר' יהודה סבר לדברים ככתבן הוא דאתא ואי כר"מ סבר לה איצטריך להקדים נתינה דגר למכירה דנכרי:
Pour quelle halakha le sang a-t-il été juxtaposé à l'eau : pour le permettre au profit. Et d'où te viendrait-il qu'ils soient interdits ? Et de la nevela, nous n'avons pas objecté à Hizkiya : à quoi le verset est-il nécessaire pour la permettre ? Car s'il tient comme Rabbi Yehouda, le verset vient pour les choses comme elles sont écrites. Et s'il tient comme Rabbi Meir, il est nécessaire pour faire précéder le don au ger de la vente au nokhri.
💡 Explication

Suite du daf précédent. Hizkiya n'apprend l'issour hanaa que du passif lo yeakhel. Le sang est dit par lo tokhalenu : chez lui, le profit du sang est déjà permis. La juxtaposition à l'eau a donc un autre emploi.

Rabbi Yo'hanan : le sang versé comme l'eau, celui d'un animal non consacré, est un des liquides qui rendent makhshir. Le sang des kodashim va à l'autel. Il n'est pas versé comme l'eau, il ne rend pas susceptible.

Rachi écarte une objection par la nevela. Selon Rabbi Yehouda, ce verset fixe les modes écrits. Selon Rabbi Meir, il fait passer le don au ger avant la vente au nokhri.

🖼️ Schéma
Quel sang est makhshir ? Versé comme l'eau Sang de hullin, répandu au sol. Il compte comme l'eau. Makhshir Sang des kodashim Il va à l'autel, en aspersion. Il n'est pas versé comme l'eau. Pas makhshir
Sang de hullin versé comme l'eau : makhshir. Sang des kodashim : non.
2
והרי אבר מן החי, דכתיב ״לא תאכל הנפש עם הבשר״, ותניא, רבי נתן אומר: מנין שלא יושיט אדם כוס יין לנזיר ואבר מן החי לבני נח — תלמוד לומר ״ולפני עור לא תתן מכשל״, הא לכלבים — שרי!

Or il y a le membre du vivant (ever min ha-haï), car il est écrit : lo tokhal hanefesh im habasar (tu ne mangeras pas la vie avec la chair). Et on a enseigné : Rabbi Natan dit : d'où [sait-on] qu'un homme ne tendra pas une coupe de vin à un nazir, ni un membre du vivant aux bene Noach ?

Le verset l'enseigne : velifnei iver lo titen mikhshol (devant un aveugle tu ne placeras pas d'obstacle). Donc, aux chiens, c'est permis !

📜 Rachi (3)
לא תאכל הנפש עם הבשר בעוד שהנפש בו:
Tu ne mangeras pas la vie avec la chair : tant que la vie est en elle.
בני נח נאסר להם אבר מן החי דכתיב (בראשית ט׳:ד׳) אך בשר בנפשו דמו לא תאכלו:
Aux bene Noach, le membre du vivant est interdit, car il est écrit (Genèse 9:4) : akh basar benafsho damo lo tokhelu (seulement la chair avec sa vie, son sang, vous n'en mangerez pas).
לפני עור אלמא לא מיתסר אלא משום לפני עור לא תתן מכשול אבל בהנאה אחריתי כגון לכלב שרי:
Devant un aveugle : on voit qu'il n'est interdit qu'à cause de lifnei iver lo titen mikhshol. Mais un autre profit, par exemple pour le chien, est permis.
🗂️ Tossefot (1)
ואבר מן החי לבני נח תימה כיון דבאבר מן החי של נכרי מיירי כדאמר בפ"ק דמסכת ע"ג (דף ו: ושם) מדקתני לא יושיט ולא קתני לא יתן א"כ היכי דייק דשרי בהנאה אי לאו לפני עור וי"ל דכיון דבשכר היה אסור להושיט דאסור להשתכר באיסורי הנאה אף על גב דדיעבד שכרו מותר כדמשמע בפ' בתרא דמס' ע"ז (ד' סב.) מכל מקום אסור לכתחלה ובחנם נמי אסור דמה שמחזיק לו העכו"ם טובה חשיב כמשתכר והא דאמר בסוף אלו מציאו' (ב"מ לב:) גבי אם היתה טעונה יין נסך אין זקוק לה ואי אמרת צער בעלי חיים דאורייתא אמאי אין זקוק לה אע"ג דחשיב כמשתכר באיסורי הנאה ואסור אפילו בחנם מ"מ כיון דאינו מתכוון שיחזיק לו טובה ומשום צער בעל חיים חשיב כמו לא אפשר ולא מיכוון דשרי א"נ אין זקוק לה משמע ליה אפילו שלא בפני נכרי דאין מחזיק לו טובה:
Étonnement : puisqu'il s'agit du membre du vivant d'un nokhri, comme il est dit au premier chapitre d'Avoda Zara (6b), du fait qu'on enseigne lo yoshit (il ne tendra pas) et qu'on n'enseigne pas lo yiten (il ne donnera pas), comment en déduit-on que le profit est permis, si ce n'est à cause de lifnei iver ? On répond : même contre salaire il serait interdit de le tendre, car il est interdit de gagner sur des issourei hanaa (choses interdites au profit). Même si, une fois fait, son salaire est permis, comme il ressort du dernier chapitre d'Avoda Zara (62a), lekhathila (d'emblée) cela reste interdit. Gratuitement aussi c'est interdit : le fait que le nokhri lui garde reconnaissance compte comme un gain. Et ce qu'on dit à la fin d'Elou metsiot (Bava Metsia 32b), au sujet de : si elle était chargée de yayin nesekh (vin de libation idolâtre), on n'est pas tenu [de la décharger]. Et si tu dis que tsaar baalei 'hayim (souffrance des animaux) est de la Tora, pourquoi n'est-on pas tenu ? Même si cela compte comme gagner sur des issourei hanaa, et que c'est interdit même gratuitement, néanmoins, puisqu'il n'a pas l'intention que l'autre lui garde reconnaissance, et que c'est à cause de la souffrance de l'animal, cela compte comme lo efshar vélo mekhaven (impossible à éviter, et sans intention), qui est permis. Autre réponse : on n'est pas tenu, cela lui implique même hors la présence du nokhri, la où celui-ci ne lui garde pas reconnaissance.
💡 Explication

Objection à Rabbi Abahou. Ever min ha-haï est dit par lo tokhal. La baraita de Rabbi Natan n'interdit de le tendre à un ben Noach qu'au titre de lifnei iver. Le jeter au chien reste permis : le profit n'est pas inclus.

Tossefot : le cas est le membre qui appartient au nokhri, d'où le verbe tendre, lo yoshit, et non donner. Le gain, même sous forme de reconnaissance, serait déjà un profit interdit si l'ever était issour hanaa. La baraita ne cite que lifnei iver : le profit est donc ouvert. Le déchargement d'une bête portée de yayin nesekh reste un cas à part : pas d'intention de reconnaissance, et souffrance de l'animal.

3
שאני אבר מן החי דאיתקש לדם, דכתיב: ״רק חזק לבלתי אכל הדם כי הדם הוא הנפש״.

Le membre du vivant est différent, car il est juxtaposé au sang, comme il est écrit : rak hazak levilti akhol hadam, ki hadam hu hanefesh (seulement sois fort pour ne pas manger le sang, car le sang, c'est la vie).

📜 Rachi (1)
לבלתי אכול הדם סיפיה דקרא לא תאכל הנפש וגו':
Pour ne pas manger le sang : la fin du verset est lo tokhal hanefesh (tu ne mangeras pas la vie), etc.
💡 Explication

L'hekesh est dans le même verset, Deutéronome 12:23. Le sang est permis au profit. Le membre du vivant, juxtaposé, l'est aussi. La formule lo tokhal n'enferme donc pas le profit dans ce cas : l'hekesh l'ouvre.

4
ולחזקיה, למאי הלכתא איתקש אבר מן החי לדם? אמר לך, דם הוא דאיתקש לאבר מן החי: מה אבר מן החי אסור — אף דם מן החי אסור. ואי זה — זה דם הקזה, שהנפש יוצאה בו.

Et selon Hizkiya, pour quelle halakha le membre du vivant a-t-il été juxtaposé au sang ? Il te répond : c'est le sang qui est juxtaposé au membre du vivant.

De même que le membre du vivant est interdit, de même le sang du vivant est interdit. Et lequel est-ce ?

C'est le sang de saignée (dam hakaza), celui par lequel la vie sort.

📜 Rachi (2)
מה אבר מן החי אסור באיסור האמור בו אף דם מן החי אסו' באיסו' האמור בו כלומר כרת משום דם גמור מהו דתימא רק חזק לבלתי אכול הדם אוזבחת מבקרך ומצאנך דכתיב לעיל קאי ודם זביחה הוא דאסור אבל דם הקזה מותר:
De même que le membre du vivant est interdit de l'interdit dit à son sujet, de même le sang du vivant est interdit de l'interdit dit à son sujet. C'est-à-dire le karet, au titre d'un sang à part entière. Tu aurais pu dire : rak hazak levilti akhol hadam porte sur u-zavahta mibekarkha umitsonekha (tu abattras de ton gros bétail et de ton menu bétail), écrit plus haut. Seul le sang de l'abattage serait interdit, et le sang de saignée serait permis.
ואיזה זה כלומר על איזה דם מן החי אסור משום דם הא דם הנפש כתיב על דם הקזה של בהמה שהנפש יוצא בו יש ד' מיני דמים בהיקז כדאמרינן בכריתות (דף כב.) בתחלה שותת ולבסוף מקלח ואחר כך משחיר וסופו שותת יש מהן שאין הנשמה יוצאה בו ויש מהן שהנשמה יוצאה בו והתם תניא איזהו דם היקז שהנשמה יוצאה בו כל זמן שמקלח כו':
Et lequel est-ce : c'est-à-dire, sur quel sang du vivant l'interdit du sang porte-t-il ? Or dam hanefesh (le sang de la vie) est écrit. Cela vise le sang de saignée d'un animal, celui par lequel la vie sort. Il y a quatre sortes de sang dans la saignée, comme nous le disons à Keritot (22a) : d'abord il goutte, à la fin il jaillit, ensuite il noircit, et pour finir il goutte. Il en est dont l'âme ne sort pas, et il en est dont l'âme sort. Et là-bas une baraita enseigne : quel est le sang de saignée par lequel l'âme sort ? Tout le temps qu'il jaillit, etc.
💡 Explication

Hizkiya n'a pas besoin de l'hekesh pour permettre le profit : chez lui, lo tokhal ne ferme que la consommation. Il lit l'hekesh dans l'autre sens. Le membre du vivant est interdit ; le dam hakaza par lequel la vie sort l'est aussi, avec le karet du sang.

Sans ce verset, on aurait limité l'interdit au sang de la chehita, celui du verset d'au-dessus. Rachi détaille les quatre temps de la saignée : le sang de la vie est celui qui jaillit.

🖼️ Schéma
Dam hakaza : quatre sangs, Keritot 22a 1. Shotet il goutte début 2. Makliah il jaillit la nechama sort 3. Mashhir il noircit ensuite 4. Shotet il goutte fin Dam hanefesh : tant que le sang jaillit. C'est le sang du vivant, interdit comme le sang. Hekesh : ever min ha-haï interdit, donc ce sang-là aussi, avec le karet du sang.
Quatre sangs de la saignée. Le jet, makliah, est le dam hanefesh.
5
והרי שור הנסקל, דרחמנא אמר: ״לא יאכל את בשרו״, ותניא: ממשמע שנאמר ״סקול יסקל השור״ איני יודע שהיא נבלה, ונבלה אסורה באכילה?! ומה תלמוד לומר ״לא יאכל״? מגיד לך הכתוב שאם שחטו לאחר שנגמר (את) דינו — אסור.

Or il y a le bœuf lapidé (shor haniskal), car le Rahmana a dit : lo yeakhel et besaro (on ne mangera pas sa chair). Et on a enseigné : du sens de ce qui est dit, sakol yisakel hashor (le bœuf sera lapidé), ne sais-je pas qu'il est nevela (bête morte sans chehita valide), et que la nevela est interdite à la consommation ?

Que vient enseigner lo yeakhel ? Le verset t'apprend que si on l'a abattu après que son jugement a été achevé, c'est interdit.

📜 Rachi (1)
שאם שחטו כו' והכי אמר קרא סקול יסקל השור ואי לא סקלו אעפ"כ לא יאכל את בשרו:
Si on l'a abattu, etc. : et ainsi dit le verset, le bœuf sera lapidé ; et s'ils ne l'ont pas lapidé, malgré cela on ne mangera pas sa chair.
💡 Explication

Un bœuf condamné à la lapidation, tué sans chehita, est déjà nevela. L'interdit de manger était connu. Lo yeakhel ajoute le cas où l'on fait la chehita après le verdict, avant la lapidation : la viande reste interdite.

6
אין לי אלא באכילה, בהנאה מנין? תלמוד לומר ״ובעל השור נקי״. מאי משמע? שמעון בן זומא אומר: כאדם שאומר לחבירו ״יצא פלוני נקי מנכסיו״, ואין לו בהם הנאה של כלום.

Je n'ai appris que la consommation. Le profit, d'où ?

Le verset l'enseigne : uvaal hashor naki (et le maître du bœuf sera quitte). D'où cela se entend-il ?

Shimon ben Zoma dit : comme un homme qui dit à son prochain : untel est sorti quitte de ses biens, et il n'y a pour lui en eux aucun profit.

💡 Explication

Naki se lit comme dans la langue parlante : quitte de ses biens, sans aucune hanaa. Le propriétaire ne tire rien du bœuf condamné. Ben Zoma donne le pont entre le mot du verset et l'interdit du profit.

7
טעמא דכתב ״ובעל השור נקי״, דאי מ״לא יאכל״, איסור אכילה — משמע, איסור הנאה — לא משמע!

La raison, c'est qu'il a écrit uvaal hashor naki. Car si c'était de lo yeakhel, l'interdit de consommation serait implique, l'interdit du profit ne serait pas implique.

📜 Rachi (1)
איסור הנאה לא משמע וקשיא אפילו לחזקיה וכ"ש לרבי אבהו:
L'interdit du profit n'est pas implique : et c'est une difficulté même pour Hizkiya, et à plus forte raison pour Rabbi Abahou.
💡 Explication

La Guemara serre le verset. S'il a fallu naki pour le profit, lo yeakhel à lui seul n'enseignerait que la consommation. Rachi : l'objection atteint Hizkiya, qui tient pourtant que le passif inclut le profit, et elle atteint d'autant plus Rabbi Abahou.

8
לעולם ״לא יאכל״ איסור אכילה ואיסור הנאה משמע, ״ובעל השור נקי״ להנאת עורו הוא דאתא. ואיצטריך, סלקא דעתך אמינא: ״לא יאכל את בשרו״ כתיב: בשרו — אין, עורו — לא, קא משמע לן.

En vérité, lo yeakhel implique l'interdit de consommation et l'interdit du profit. Uvaal hashor naki vient pour le profit de sa peau.

Et c'était nécessaire. Tu aurais pu penser : il est écrit lo yeakhel et besaro : sa chair, oui ; sa peau, non.

Il nous l'apprend.

🗂️ Tossefot (1)
סלקא דעתך אמינא בשרו אין עורו לא וא"ת לישתוק מעורו ומבשרו ויש לומר דאיצטריך בשרו אע"ג דעבדיה כעין בשר ומאן דלית ליה הא דרשה בפ' שור שנגח ד' וה' (ב"ק מא.) אתא לדרשה אחרינא:
Et si tu dis : que le verset se taise de sa peau et de sa chair. On répond : sa chair était nécessaire, même là où on l'a travaillée en sorte qu'elle ressemble à de la chair. Et celui qui ne tient pas cette derasha, dans le chapitre Shor shenagah, le quatrième et le cinquième (Bava Kamma 41a), le mot vient pour une autre derasha.
💡 Explication

La maskana garde la règle : lo yeakhel couvre manger et profit. Naki vise un point que le mot besaro aurait pu laisser dehors : la peau.

Tossefot : besaro à son propre enseignement, y compris la peau travaillée jusqu'à ressembler à de la chair. Qui ne lit pas cette derasha donne au mot un autre emploi, à Bava Kamma 41a.

9
ולהנך תנאי דמפקי ליה להאי קרא לדרשה אחרינא, לחצי כופר ולדמי וולדות, הנאת עורו מנא להו? נפקא להו מ״את בשרו״ — את הטפל לבשרו.

Et selon ces tanaim qui sortent ce verset pour une autre derasha, pour le demi-kofer (hatsi kofer) et pour le paiement des foetus (dmei veladot), le profit de sa peau, d'où le tiennent-ils ? Ils le tirent de et besaro : ce qui est accessoire à sa chair.

📜 Rachi (1)
ולהנך תנאי דבב"ק פ' שור שנגח (בבא קמא דף מא: ומב.) דמפקי ליה להאי נקי לדרשא אחרינא לאשמעינן דתם פטור מחצי כופר דקאמר נקי מחצי כופר אם המית איש דאילו מועד משלם כופר שלם והתם אפילו חצי כופר לא משלם ואיכא דמפיק ליה לדמי וולדות אם נגח אשה הרה ויצאו ילדיה:
Et selon ces tanaim : au chapitre Shor shenagah de Bava Kamma (41b et 42a), qui sortent ce naki pour une autre derasha, pour nous apprendre qu'un tam (bœuf non averti) est exempt du demi-kofer. Il dit : quitte du demi-kofer s'il a tué un homme. Tandis qu'un muad (bœuf averti) paie le kofer entier, le tam ne paie même pas un demi-kofer. Et il en est qui le sortent pour les dmei veladot, s'il a encorné une femme enceinte et que ses enfants sont sortis.
💡 Explication

Deux lectures de naki à Bava Kamma. L'une exempte le tam du hatsi kofer, indemnité pour un homme tué. L'autre exempte des dmei veladot, paiement des foetus si le bœuf a fait avorter.

Ces tanaim n'ont plus naki pour la peau. Ils la tirent du mot et devant besaro : l'accessoire de la chair, la peau, entre dans l'interdit.

10
ואידך? ״את״ לא דריש.

Et l'autre ? Et, il ne l'expose pas.

📜 Rachi (2)
ואידך דנפקא ליה הנאת עור מנקי:
Et l'autre : celui pour qui le profit de la peau sort de naki.
את לא דריש לריבויא דסבר לה כשמעון העמסוני שפירש כל אתים שבתורה לרבות כיון שהגיע לאת ה' א-להיך תירא אמר מה ארבה לירא עמו פירש מכולן וחזר בו מכל ריבויין שדרש דמדהא לאו לרבוייא אתא כולהו נמי לאו לרבויי אתו:
Il n'expose pas et pour un ribboui (inclusion). Il tient comme Shimon HaAmassoni, qui s'est retiré de tous les et de la Tora quant à inclure. Lorsqu'il arriva à et Hachem Elokeikha tira (tu craindras Hachem ton D.ieu), il dit : qu'inclurai-je à craindre avec Lui ? Il se retira de tous, et il revint sur toutes les inclusions qu'il avait exposées. Puisque celui-ci ne vient pas pour inclure, tous les autres non plus ne viennent pas pour inclure.
💡 Explication

Le tanna qui tient la peau par naki ne lit pas et comme un outil d'inclusion. Rachi le rattache à Shimon HaAmassoni : arrivé au verset de la crainte de Hachem, il abandonne tous les ribbouyim tirés de et. La baraita vient au segment suivant.

11
כדתניא: שמעון העמסוני, ואמרי לה נחמיה העמסוני, היה דורש כל ׳אתים׳ שבתורה, כיון שהגיע ל״את ה׳ א-להיך תירא״ פירש. אמרו לו תלמידיו: רבי, כל ׳אתים׳ שדרשת מה תהא עליהן? אמר להם: כשם שקבלתי שכר על הדרישה, כך אני מקבל שכר על הפרישה. עד שבא רבי עקיבא ודרש: ״את ה׳ א-להיך תירא״ — לרבות תלמידי חכמים.

Comme on l'enseigne dans une baraita : Shimon HaAmassoni, et d'autres disent Nehemia HaAmassoni, exponait tous les et de la Tora. Lorsqu'il arriva à et Hachem Elokeikha tira (tu craindras Hachem ton D.ieu), il se retira.

Ses élèves lui dirent : Rabbi, tous les et que tu as exponés, que va-t-il en être ? Il leur dit : de même que j'ai reçu un salaire pour la derisha (l'exposition), ainsi je reçois un salaire pour la perisha (le retrait).

Jusqu'à ce que vienne Rabbi Akiva et qu'il expose : et Hachem Elokeikha tira, pour inclure les disciples des sages.

📜 Rachi (1)
לרבות תלמידי חכמים שיהא מורא רבך כמורא שמים:
Pour inclure les disciples des sages : que la crainte de ton maître soit comme la crainte du Ciel.
🪔 Ben Yehoyada (2)
כשם שקבלתי שכר על הדרישה. קשה היכן קיבל והלא עודנו חי בעולם הזה וקבלת השכר הוא בעולם הבא? ועוד אטו הוא דורש על מנת לקבל פרס? ונראה לי בס"ד דאמרו רבותינו ז"ל (משנה אבות ד, ב) 'שכר מצוה, מצוה' ולזה השכר מצפים הצדיקים לכן הוא חושב כאשר טרח לדרוש תיבת 'את' הראשונה נתן לו הקב"ה שכרו שזיכהו לדרוש תיבת 'את' השנית וכן על זה הדרך, ועל זה השכר קאמר 'קבלתי שכר על הדרישה' ומקוה שיקבל שכר גם כן על הפרישה שיזכהו השם יתברך לדרוש דברים אחרים בדברי תורה.
De même que j'ai reçu un salaire pour la derisha. Difficulté : où l'a-t-il reçu ? Il est encore vivant dans ce monde-ci, et la réception du salaire est dans le monde à venir. De plus, expose-t-il afin de recevoir une récompense ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : nos maîtres ont dit (Mishna Avot 4, 2) : le salaire d'une mitsva, c'est une mitsva. C'est à ce salaire que les justes prétendent. Aussi compte-t-il ainsi : lorsqu'il a peiné à exposer le premier mot et, Hachem lui a donné son salaire en le faisant mériter d'exposer le second mot et, et de cette manière la suite. C'est de ce salaire qu'il dit : j'ai reçu un salaire pour la derisha. Il espère recevoir un salaire aussi pour la perisha : que Hachem le fasse mériter d'exposer d'autres choses dans les paroles de la Tora.
עד שבא רבי עקיבא ולמד. יש להקשות למה לא זיכה הקב"ה את שמעון העמסוני בזו הדרשה גם כן מאחר שזיכהו לדרוש כל אתין שבתורה? ונראה לי בס"ד שנעלמה דרשה זו ממנו כדי לזכותו בשכר הפרישה שפירש מדרשות של כל האתין בדבר כבודו יתברך, וכמו שאמרו לתלמידיו 'כשם שקבלתי שכר על הדרישה, כך אני מקבל שכר על הפרישה'. או נראה לי בס"ד רצה הקב"ה לזכות את רבי עקיבא בזאת הדרשה שהיא נדרשת לכבוד תלמידי חכמים כדי לתקן בזה את עון שנאתו שהיה שונא לתלמידי חכמים קודם שלמד תורה, וכמו שאמר רבי עקיבא לקמן כשהייתי עם הארץ הייתי אומר מי יתן לי תלמיד חכם ואשכנו כחמור וכו'.
Jusqu'à ce que vienne Rabbi Akiva et qu'il l'enseigne. On peut objecter : pourquoi Hachem n'a-t-il pas fait mériter aussi Shimon HaAmassoni de cette derasha, puisqu'Il l'avait fait mériter d'exposer tous les et de la Tora ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : cette derasha lui a été cachée afin de le faire mériter du salaire de la perisha, car il s'est retiré des derachot de tous les et dans ce qui touche à Son honneur, béni soit-Il, comme il l'a dit à ses élèves : de même que j'ai reçu un salaire pour la derisha, ainsi je reçois un salaire pour la perisha. Autre lecture, avec l'aide du Ciel : Hachem a voulu faire mériter Rabbi Akiva de cette derasha, qui s'expose pour l'honneur des disciples des sages, afin de réparer par elle le péché de sa haine. Il haïssait les disciples des sages avant d'étudier la Tora. Comme Rabbi Akiva l'a dit plus loin : lorsque j'étais un am haaretz, je disais : qui me donnera un disciple des sages, et je le mordrai comme un âne, etc.
💡 Explication

Shimon HaAmassoni incluait par chaque et. Au verset de la crainte de Hachem, inclure un autre à craindre avec Lui ne se laisse pas faire. Il retire toute la méthode. Le salaire de la derisha et celui de la perisha se valent, dit-il.

Rabbi Akiva rouvre ce et : il inclut les talmidei hakhamim. Rachi : la crainte du maître est comme la crainte du Ciel. Pour le fil halakhique, ce récit explique le tanna qui refuse d'exposer et.

Ben Yehoyada : le salaire déjà reçu est la mitsva suivante, selon le salaire d'une mitsva est une mitsva. La derasha de Rabbi Akiva lui a été laissée, soit pour le mérite du retrait, soit pour réparer la haine de Rabbi Akiva envers les disciples des sages au temps où il était am haaretz.

🖼️ Schéma
Shimon HaAmassoni et le mot et Derisha il expose chaque et Perisha et Hachem Elokeikha tira il se retire de tous les et Rabbi Akiva et inclut les talmidei hakhamim Salaire de la derisha, salaire de la perisha. Rachi : crainte du maître comme crainte du Ciel. Le tanna qui tire la peau de naki ne fait pas de ribboui sur et.
Derisha, perisha, puis Rabbi Akiva : et inclut les disciples des sages.
12
והרי ערלה, דרחמנא אמר: ״ערלים לא יאכל״, ותניא: ״ערלים לא יאכל״, אין לי אלא איסור אכילה. מנין שלא יהנה ממנו, שלא יצבע בו, ולא ידליק בו את הנר? תלמוד לומר: ״וערלתם ערלתו ... ערלים לא יאכל״ — לרבות את כולם.

Or il y a l'orla, car le Rahmana a dit : orlim lo yeakhel (ils seront incirconcis, on n'en mangera pas). Et on a enseigné : orlim lo yeakhel, je n'ai que l'interdit de consommation.

D'où [sait-on] qu'on n'en tirera pas profit, qu'on ne teindra pas avec, et qu'on n'allumera pas la lampe avec ? Le verset l'enseigne : vaaraltem orlato ... orlim lo yeakhel, pour inclure tous ces cas.

📜 Rachi (2)
ולא יצבע בו כגון בקליפי אגוזים שהשומר אסור משום ערלה כפרי עצמו:
Et qu'on ne teindra pas avec : par exemple avec des coques de noix, car le shomer (l'enveloppe qui protège le fruit) est interdit au titre d'orla comme le fruit lui-même.
ולא ידליק בו את הנר כגון בשמן של ערלה:
Et qu'on n'allumera pas la lampe avec : par exemple avec de l'huile d'orla.
🗂️ Tossefot (1)
מנין שלא יצבע וא"ת כיון דנפקא לן דאסור בהנאה אמאי איצטריך לאסור צביעה והדלקה ואור"י דס"ד דצביעה לא חשיב הנאה דלא הוי אלא חזותא בעלמא כדאמר בהגוזל (שם קא. ושם) אהך מילתא גופא וכן הדלקה סלקא דעתך דשריא כיון דהוי דרך ביעורו ולמ"ד אין שבח עצים בפת דשרי עצים בהדלקה הא דאסר קרא הכא היינו בשמן דהוי בעין כשדולק בנר אבל עצים נעשה גחלים והשלהבת בא מן הגחלים ואם תאמר אמאי איצטריך קרא גבי תרומה טמאה להתיר דדרשי' לך שלך תהא להסיקה תחת תבשילך דהכא איצטריך קרא למיסר ויש לומר דסלקא דעתך דנילף ממעשר הקל דאסר ביה הבער' דכתיב לא בערתי ממנו כדאמר בפ' במה מדליקין (שבת כה. ושם) ומה מעשר הקל אמרה תורה וכו':
Et si tu dis : puisqu'on en tire qu'il est interdit au profit, pourquoi a-t-il fallu interdire la teinture et l'allumage ? Le Ri dit : on aurait pu penser que la teinture ne compte pas comme un profit, car ce n'est qu'une hazuta (apparence), comme il est dit dans HaGozel (Bava Kamma 101a) sur cette affaire même. De même l'allumage : on aurait pu penser qu'il est permis, puisqu'il est derekh biuro (sa voie de destruction). Et selon celui qui dit ein shvach etsim bapat (il n'y a pas de plus-value du bois dans le pain), qui permet le bois pour l'allumage : ce que le verset interdit ici, c'est l'huile, qui reste en nature pendant qu'elle brûle dans la lampe. Le bois, lui, devient braise, et la flamme vient de la braise. Et si tu dis : pourquoi a-t-il fallu un verset, pour la terouma impure, afin de permettre, car on expose lekha, shelkha tihye (à toi, elle sera à toi), pour la brûler sous ton plat, alors qu'ici il a fallu un verset pour interdire ? On répond : on aurait pu penser d'apprendre du maaser, qui est léger, où la combustion est interdite, car il est écrit lo viarti mimenu (je n'en ai pas brûlé), comme il est dit au chapitre Bameh madlikin (Chabbat 25a). Et ce que le maaser léger, la Tora a dit, etc.
💡 Explication

Même schéma que le bœuf. Orlim lo yeakhel donnerait la consommation. Les répétitions de la racine arel incluent tout profit, dont deux cas qu'on aurait laissés dehors.

La teinture n'est qu'une apparence, hazuta. La lampe détruit l'huile : on aurait dit que détruire n'est pas profiter. Rachi : coques de noix, car le shomer suit le fruit ; huile d'orla pour la lampe.

Tossefot compare à la terouma impure, où un verset permet de chauffer son plat, et au maaser, où lo viarti interdit de brûler. L'huile reste visible dans la flamme ; le bois devient braise.

13
טעמא דכתב רחמנא ״וערלתם ערלתו ... ערלים״, הא לאו הכי, הוה אמינא: איסור אכילה — משמע, איסור הנאה — לא משמע!

La raison, c'est que le Rahmana a écrit vaaraltem orlato ... orlim. Sans cela, j'aurais dit : l'interdit de consommation est impliqué, l'interdit du profit n'est pas implique.

💡 Explication

Même serrement qu'avec naki. Si les mots arel répétés sont là pour le profit, lo yeakhel seul n'aurait enseigné que manger. L'objection vise encore Hizkiya, puisque la formule est au passif.

14
לעולם ״לא יאכל״ משמע בין איסור אכילה בין איסור הנאה, ושאני התם דכתיב ״לכם״. ואצטריך, סלקא דעתך אמינא: הואיל וכתב ״לכם״ — שלכם יהא, קמשמע לן.

En vérité, lo yeakhel implique aussi bien l'interdit de consommation que l'interdit du profit. Et là, c'est autre, car il est écrit lakhem (pour vous).

Et c'était nécessaire. Tu aurais pu penser : puisqu'il a écrit lakhem, ce sera à vous.

Il nous l'apprend.

💡 Explication

La maskana est la même que pour le bœuf. Lo yeakhel couvre les deux interdits. Le mot lakhem aurait pu se lire comme une permission : le fruit reste à vous, le profit est ouvert. Les répétitions de arel ferment cette lecture.

15
ואלא השתא דכתיבי הנך קראי, ״לכם״ למה לי? לכדתניא: ״לכם״, לרבות את הנטוע

Mais alors, maintenant que ces versets sont écrits, lakhem, pourquoi m'est-il nécessaire ? Comme on l'enseigne dans une baraita : lakhem, pour inclure ce qui est planté

📜 Rachi (2)
והשתא דכתיבי הני קראי לאסריה:
Et maintenant que ces versets sont écrits : pour l'interdire.
לכם דמשמע התירא למאי אתא:
Lakhem : qui implique une permission, à quoi vient-il ?
🗂️ Tossefot (1)
לכם למ"ל לכדתניא הקשה הר"י מקורבל אמאי איצטריך ג' ערלים ליכתוב תרי ערלים לצביעה והדלקה ועל כרחך אתי' לכם לנטוע לרבים דאי להיתר הדלקה אתא לא לכתוב לכם ולא חד מהנך ערלים ונאסור מלא יאכל הנאה ומחד ערלים צביעה ולהדלקה אין קרא לאסור ואין לומר דמלא יאכל משמע לאסור אפילו צביעה והדלקה ואי הוה כתיב לא יאכל וחד ערלים הוה אסרינן מלא יאכל כל הנאה וערלים לשום דרשה והא דמצרכי' קראי לצביעה והדלקה היינו משום דכתב לכם דלכם משמע להתיר כל הנאה ולהכי אי הוה כתיב תרי ערלים ולכם הוה שרינן הדלקה אי אפשר לומר כן דמלא יאכל לא שמעינן צביעה דהא חזותא בעלמ' הוא כדאמר בהגוזל (ב"ק קא. ושם):
Le Ri de Corbeil a objecté : pourquoi a-t-il fallu trois orlim ? Que le verset écrive deux orlim, pour la teinture et pour l'allumage, et force est que lakhem vienne pour ce qui est planté pour le public. Car si [un mot manquant] venait pour permettre l'allumage, qu'il n'écrive pas lakhem, ni même un de ces orlim : nous interdirions le profit à partir de lo yeakhel, et à partir d'un seul orlim la teinture, et pour l'allumage il n'y aurait pas de verset pour interdire. Et l'on ne peut pas dire que de lo yeakhel il soit implique d'interdire même la teinture et l'allumage, et que s'il était écrit lo yeakhel et un seul orlim nous interdirions à partir de lo yeakhel tout profit, et que orlim serait pour une derasha quelconque ; et que si nous avons besoin de versets pour la teinture et l'allumage, c'est parce que lakhem est écrit, car lakhem implique de permettre tout profit, et que pour cela, si deux orlim et lakhem étaient écrits, nous permettrions l'allumage. Il est impossible de dire cela : de lo yeakhel on n'apprend pas la teinture, car ce n'est qu'une hazuta (apparence), comme il est dit dans HaGozel (Bava Kamma 101a).
💡 Explication

Une fois les orlim en place pour fermer le profit, lakhem reste libre. La baraita l'ouvre ici : il inclut ce qui est planté. Le segment s'arrête sur ce mot.

Rachi : ces versets sont là pour interdire ; lakhem, qui sonne comme une permission, cherche donc un autre rôle.

Tossefot, Ri de Corbeil : deux orlim suffiraient pour teinture et lampe, et lakhem irait à la plantation pour le public. Reconstruire le verset pour que l'allumage soit permis par un mot absent ne tient pas : la teinture, simple hazuta, ne sort pas de lo yeakhel.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).