Sougya : L'amoud ouvre sur la tsira (guรชpe) : six sรฉries de coups. Rav Ashi rรฉpond ร Ravina : la oรน une derasha est possible, on la fait, et l'on ne pose pas des lavim superflus.
Le verset de la chair impure (Lev. 7:19) sert donc au bois, ร la levona et aux emourim ; la touma du corps reste en karet, la touma de la chair en lav.
Rabbi Abahou au nom de Rabbi Yo'hanan limite les coups au mode de consommation, oรน, dans une autre version, au mode de profit : helev cru, helev de shor haniskal posรฉ sur une plaie. Rabbi Zeira tire un appui de la orla ; Abaye rรฉpond que le jus n'est qu'une sueur.
Tous s'accordent sur les kilayim de la vigne. Ici ben Yehouda apprend ensuite la viande dans le lait : la consommation par gezera shava, le profit par kal va-homer depuis la orla.
Une tsira (guรชpe) : il encourt six sรฉries de coups ! Il lui dit : partout oรน il y a de quoi dรฉriver, nous dรฉrivons, et nous ne posons pas des lavim superflus.
Suite immรฉdiate de 24a. Ravina a citรฉ la nemala, cinq sรฉries de coups, puis la tsira, six. Le sixiรจme lav est celui du sherets de l'oiseau, Devarim 14:19. Les cinq prรฉcรฉdents sont ceux du sherets de la terre, dรฉtaillรฉs par Rachi sur la nemala.
Rav Ashi : dรจs qu'une derasha est possible, on la fait. Des lavim yeterim ne se posent que lร oรน le verset n'a rien d'autre ร enseigner. lo yeakhel de la chair impure (Lev. 7:19) part donc en im eino inyan vers l'interdit du profit.
Rachi laisse hors du compte le verset de Kedochim sur la behema et l'oiseau : sherets vise ce qui remue prรจs du sol. Tossefot, Ri d'Orlรฉans : ce verset vise les huit sheratsim, d'aprรจs acher hivdalti lakhem letamei (Meila 16b).
Vehabasar acher yiga bekhol tamei lo yeakhel (et la chair qui touchera toute chose impure ne sera pas mangรฉe) : son dรฉbut, pourquoi m'est-il nรฉcessaire ? Pour inclure le bois et la levona (encens).
Vehabasar kol tahor yokhal basar (et la chair, tout pur mangera de la chair) : sa fin, pourquoi m'est-elle nรฉcessaire ? Pour inclure les emourim.
lo yeakhel est dรฉjร employรฉ pour l'interdit du profit. La Guemara demande le rรดle des mots qui restent dans Lev. 7:19.
Le dรฉbut, vehabasar, inclut le bois et la levona : ils reรงoivent la touma des aliments, sans รชtre mangรฉs. La fin inclut les emourim, les parties brรปlรฉes sur l'autel.
Rachi : la question vise le mot en trop, ou le vav. kol tahor yokhal basar est dรฉjร lu ร Menahot 25b : on est passible pour la touma sur ce qui est permis aux purs. En sort la chair impurรฉe avant l'aspersion du sang.
Les emourim sortent de lร -bas. Car on enseigne dans une baraita : vehanefesh acher tokhal basar mizbah hashelamim acher lร -Hachem (et la personne qui mangera de la chair du sacrifice des chelamim qui est ร Hachem) : pour inclure les emourim !
Les emourim semblent dรฉjร inclus par acher lร -Hachem (Lev. 7:20). Rachi : la phrase en trop fait entrer la chair offerte ร Hachem dans le karet, si on la mange en impuretรฉ.
Sur l'inclusion du verset prรฉcรฉdent, Rachi compte deux lavim quand un pur mange des emourim impurs : zarout, car mรชme le cohen est รฉtranger ร ces parts, et toumat habasar.
Tossefot : sans verset, on les aurait exclus, car ils ne sont jamais nitarim aux hommes, et Menahot 25b limite la touma ร ce qui est permis aux purs. Meila 10b les inclut dรฉjร autrement. Rabbeinou Chimchone : il fallait que l'interdit de touma se pose sur l'interdit de helev.
Lร -bas, c'est l'impuretรฉ du corps, en karet. Ici, c'est l'impuretรฉ de la chair, en lav.
La baraita de acher lร -Hachem vise toumat hagouf : l'homme impur qui mange est passible de karet. Lev. 7:19 vise toumat habasar : la chair est impure, l'homme est pur. La sanction est un lav. Rachi, au segment prรฉcรฉdent : le karet a รฉtรฉ รฉcartรฉ dans Zevahim 43b.
Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : pour tous les interdits de la Torah, on n'encourt les coups ร leur sujet que selon leur mode de consommation. Pour exclure quoi ?
Rav Chimi bar Achi a dit : pour exclure le cas oรน il a mangรฉ du helev cru, auquel cas il est exempt.
Premiรจre version. Rabbi Abahou au nom de Rabbi Yo'hanan : les coups, pour un interdit de manger, tombent seulement derekh akhilatan, selon la faรงon dont on mange d'ordinaire cette chose.
Rav Chimi bar Achi applique la rรจgle au helev cru. Cette graisse interdite se mange cuite. Crue, elle est hors du mode, et il est exempt.
Certains disent : Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : pour tous les interdits de la Torah, on n'encourt les coups ร leur sujet que selon leur mode de profit. Pour exclure quoi ?
Rav Chimi bar Achi a dit : pour exclure le cas oรน il a posรฉ du helev d'un shor haniskal (bลuf lapidรฉ) sur sa plaie, auquel cas il est exempt. ร plus forte raison, celui qui mange du helev cru est exempt.
Deuxiรจme version : la phrase de Rabbi Yo'hanan vise les interdits de profit. Les coups tombent seulement derekh hana'atan, selon l'usage dont on tire profit.
Cas exclu : le helev d'un shor haniskal posรฉ sur une plaie. Rachi : le profit de ce helev passe par le feu et par l'onction des peaux. La guรฉrison est hors de cet usage. Le helev cru suit ร plus forte raison.
Tossefot garde un cas oรน le cru compte : l'oiseau tendre, propre ร l'umtsa (Houlin 102b). Pour le sang caillรฉ et le helev fondu (Menahot 21a), la baraita se lit par cas distincts : sang au soleil, helev au feu. Au soleil, le helev reste cru, et l'exemption suit.
On l'a aussi enseignรฉ. Rav Aha bar Avya a dit au nom de Rav Assi, au nom de Rabbi Yo'hanan : s'il a posรฉ du helev d'un shor haniskal sur sa plaie, il est exempt, parce que, pour tous les interdits de la Torah, on n'encourt les coups ร leur sujet que selon leur mode de profit.
Mรชme halakha, autre chaรฎne : Rav Aha bar Avya, Rav Assi, Rabbi Yo'hanan. Le cas retenu est la plaie, et la formule est derekh hana'atan.
Rabbi Zeira a dit : nous aussi, nous l'avons enseignรฉ. On n'encourt pas les quarante ร cause de la orla, sauf pour ce qui sort des olives et des raisins seulement.
Tandis que des mรปres, des figues et des grenades, non. Quelle est la raison ?
N'est-ce pas parce qu'il ne les mange pas selon leur mode de profit ?
Rabbi Zeira cherche une michna ร l'appui. Dans Teroumot, sur les liquides : pour la orla, les quarante coups ne tombent que sur ce qui sort des olives et des raisins. Mรปres, figues, grenades : pas de coups.
Rachi : ces eaux de fruit ne sont des machkim (liquides) que pour l'huile et le vin. Rabbi Zeira lit l'exemption des autres jus comme un manger hors du mode de profit : ces fruits se mangent, leur jus ne se boit pas.
Abaye lui dit : passe encore, si tu nous enseignais le fruit lui-mรชme, qu'il ne le mange pas selon son mode de profit : ce serait juste. Mais ici, c'est parce que ce n'est qu'une sueur (zi'a).
Abaye retire la preuve. Une michna sur le fruit lui-mรชme, mangรฉ hors de son usage, aurait enseignรฉ la rรจgle. Rachi donne l'exemple : noix ou pรชches cuites. Ici, le jus est une zi'a, une sueur du fruit. L'exempt vient de lร : il n'a pas mangรฉ le fruit.
Tossefot, Ri : Houlin 121a apprend dรฉjร , par pri pri depuis les bikourim et la terouma, que l'huile et le vin seuls rendent passible. Ce rapprochement sert ร compter tiroch et yitsar comme le fruit. Les autres jus restent une sueur. La glose s'arrรชte sur une question : taam ke-ikar est de la Torah, et le goรปt du fruit est dans le jus.
Abaye a dit : tous conviennent, au sujet des kilayim de la vigne, qu'on encourt les coups ร leur sujet mรชme hors de leur mode de profit. Quelle est la raison ?
Parce qu'il n'est pas รฉcrit ร leur sujet de consommation.
Les deux versions s'accordent sur les kilayim de la vigne. Les coups tombent mรชme hors du mode de profit, parce que le verset ne parle pas de manger. Rachi : pen tikdach (Devarim 22:9) ferme tout profit et envoie ร la brรปlure. Pen est un lav.
Tossefot explique deux silences d'Abaye. Les houlin abattus dans l'azara ont une consommation, tirรฉe de vezavahta veakhalta, et une opinion les tient hors de la Torah. La viande au lait non plus : son interdit de profit sort d'un kal va-homer, et l'on n'avertit pas min hadin.
On objecte. Ici ben Yehouda dit : d'oรน sait-on que la viande dans le lait est interdite ?
Il est dit ici : ki am kadoch ata (car tu es un peuple saint). Et il est dit plus loin : veanchei kodech tihyoun li (et vous serez pour Moi des hommes saints).
De mรชme que lร -bas c'est interdit, de mรชme ici c'est interdit.
Meitivei : la Guemara objecte par une baraita. Ici ben Yehouda n'a pas, pour la viande cuite dans le lait, un verset qui dise de ne pas en manger. Lo tevashel parle de la cuisson.
Il l'apprend par gezera shava : ki am kadoch ata (Devarim 14:21) et veanchei kodech tihyoun li (Chemot 22:30). Lร -bas, la terefah est interdite ร manger. Ici, la viande dans le lait l'est aussi. Rachi : l'interdit dont parle Ici est celui de la consommation.
Et je n'ai cela que pour la consommation. Le profit, d'oรน ?
Tu diras un kal va-homer : si la orla, dans laquelle aucune transgression n'a รฉtรฉ commise, est interdite au profit, la viande dans le lait, dans laquelle une transgression a รฉtรฉ commise, n'est-il pas logique qu'elle soit interdite au profit ?
La gezera shava n'a donnรฉ que l'interdit de manger. Le profit vient d'un kal va-homer. La orla : aucune aveyra dans la plantation, dit Rachi, et pourtant le profit est interdit. La viande dans le lait : aveyra dรจs la cuisson, lav de lo tevashel. ร plus forte raison, le profit est interdit.
Tossefot demande comment ce kal va-homer รฉcarte une gezera shava qui suivrait la nevela et permettrait le profit. Houlin 116a a un tanna dans ce sens. Rabbeinou Tam : anshei kodech contient aussi les kodachim sortis de la cloison, interdits au profit. Le kal va-homer montre que l'on apprend d'eux. Sans lui, lakalev tashlikhun oto aurait tirรฉ vers la permission.
Le Ri d'Orlรฉans propose kodech / kodech depuis le notar. Rรฉponse : am kadoch et anshei kodech portent sur les hommes. Autre voie : le houl s'apprend du houl. Deuxiรจme glose : l'interdit de manger ne sort pas du kal va-homer, ร cause du labour en kilayim et de la vache muselรฉe, qui restent permis ร manger. Une fois le manger appris du verset, ce yokhiah ne porte plus.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).