Sougya : Rabbi Yehouda reprend le biour du hametz par une analogie avec le notar : les deux sont sous bal totiru, le notar se brûle, le hametz se brûle. Les Sages lui opposent l'acham taloui et la hatat de l'oiseau apportée pour un doute, que lui-même ensevelit : il se tait, et les proverbes disent qu'il est pris à ses propres paroles.
La michna des Sages, émietter et jeter au vent ou à la mer, soulève la même question que le broyage de l'avoda zara. Rabba et Rav Yossef se séparent sur la mer Salée, les autres fleuves, le blé et le pain.
La michna suivante permet le hametz d'un nokhri après Pessa'h et interdit celui d'un Israël. La Guemara ouvre la baraïta : selon Rabbi Yehouda, lav avant et après le temps, lav et karet pendant la fête.
Rabbi Yehouda revint et en tira un autre raisonnement : le notar est dans "tu n'en laisseras pas", et le hametz est dans "tu n'en laisseras pas". De même que le notar est par le feu, le hametz aussi est par le feu.
Rabbi Yehouda quitte le kal va-homer d'en haut. Le notar et le hametz tombent tous deux sous bal totiru (tu n'en laisseras pas). Le notar se brûle. Le hametz se brûle aussi.
Tossefot, au nom du Riva : cette dérivation se passe de l'interdit de manger, de l'interdit de jouir et du karet. Le seul bal totiru porte la preuve.
Le Ri maintient le kal va-homer précédent. Le notar ne tombe sous bal yerae qu'une fois, à l'instant où l'on laisse. Le hametz y tombe à chaque instant, même après qu'on l'a laissé.
Ils lui dirent : l'acham taloui et la hatat de l'oiseau qui vient pour un doute prouveront, selon tes paroles, qu'ils sont dans "tu n'en laisseras pas". Nous, nous disons : par le feu.
Et toi, tu dis : par l'ensevelissement. Rabbi Yehouda se tut.
Les Sages retournent la règle contre Rabbi Yehouda. L'acham taloui (culpabilité pour un doute de karet) et la hatat de l'oiseau apportée pour un doute sont aussi sous bal totiru. Les Sages les brûlent. Rabbi Yehouda ensevelit l'acham, et jette la hatat de l'oiseau à l'ama (canal du Temple).
La preuve sort de ses propres paroles. Il se tait.
Tossefot : les Sages refusent d'étendre au hametz le verset qui brûle le notar. Dans le Torat Kohanim, Rabbi Yehouda limite le feu à ce qui est saint, par "car il est saint".
Rav Yossef dit : c'est ce que les gens disent : la cuillère que le menuisier a creusée, c'est en elle qu'on brûlera la moutarde.
Rav Yossef cite un proverbe. La cuillère que le menuisier a creusée sert à brûler la bouche avec la moutarde. L'outil de l'artisan se retourne contre lui. Ici, la preuve contre Rabbi Yehouda sort de Rabbi Yehouda.
Le Ben Yehouda répartit trois forces d'objection, une par proverbe. La moutarde : l'objection laisse la halakha debout, à l'étroit. Les ceps d'Abaye : l'objection renverse, et un raisonnement nouveau peut la réparer. Les flèches de Rava : la preuve vient d'un verset ou d'une michna, et la halakha repoussée ne se répare plus.
Abaye dit : celui qui a fait les ceps siégera dans les ceps, il est payé par le lever de sa main.
Abaye reprend le même retournement. Le menuisier des ceps (sad) y est assis. Le salaire de son travail lui revient quand on le trouve voleur.
Rava dit : l'homme des flèches est tué par ses flèches, il est payé par le lever de sa main.
Rava ferme la série. Le fabricant de flèches meurt de ses flèches. Pour le Ben Yehouda, ce troisième proverbe vise une réfutation appuyée sur un verset ou une michna, sans retour.
Et les Sages disent : il émiette et disperse, etc. On a posé la question : comment cela se dit-il ?
Il émiette et disperse au vent, et il émiette et jette à la mer. Ou bien : il émiette et disperse au vent, mais il jette à la mer tel quel.
On enseigne aussi, au sujet de l'avoda zara, de la même façon. Rabbi Yossi dit : il broie et disperse au vent, ou il jette à la mer.
Et on a posé la question : comment cela se dit-il ? Il broie et disperse au vent, et il broie et jette à la mer.
Ou bien : il broie et disperse au vent, mais il jette à la mer tel quel.
Les Sages de la michna dispensent du feu : on émiette le hametz et on le disperse au vent, ou on le jette à la mer. La question porte sur la mer. Faut-il émietter avant le jet, comme pour le vent, ou jeter le morceau entier ?
La michna d'avoda zara pose la même question avec chohek (broyer), verbe du métal. Perour (émietter) est le verbe du pain.
Tossefot : pour le hametz, l'interdit suit le mode de la jouissance, et ce jet en sort. Pour l'idole, l'interdit tient même hors de ce mode, par "il ne collera pas à ta main".
Rabba dit : il est raisonnable que l'avoda zara, qui va à la mer Salée, n'ait pas besoin de broyage. Le hametz, qui va aux autres fleuves, a besoin d'être émietté.
Rav Yossef lui dit : au contraire, l'inverse est raisonnable. L'avoda zara, qui ne se dissout pas, à besoin de broyage.
Le hametz, qui se dissout, n'a pas besoin d'être émietté.
Rabba suit la destination. L'idole va à la mer Salée, où aucun bateau ne passe : le broyage est inutile. Le hametz va aux autres fleuves : on l'émiette, de crainte qu'un bateau le prenne.
Rav Yossef suit la matière. L'idole ne se dissout pas : on la broie. Le hametz se dissout : l'émiettage est inutile.
Tossefot resserre le débat. Pour les deux, le broyage de l'idole vise les autres fleuves. Leur divergence pratique reste le hametz jeté dans ces fleuves.
Une baraïta a été enseignée comme Rabba, une baraïta a été enseignée comme Rav Yossef. Une baraïta comme Rabba : s'il marchait dans le désert, il émiette et disperse au vent.
S'il marchait dans un bateau, il émiette et jette à la mer. Une baraïta comme Rav Yossef : s'il marchait dans le désert, il broie et disperse au vent.
S'il marchait dans un bateau, il broie et jette à la mer.
Les deux baraïtot parlent d'un homme en route à l'heure du biour. Dans le désert, il disperse au vent. Sur un bateau, il jette à la mer.
Celle qui dit émietter va comme Rabba : Rachi la lit sur le hametz. Celle qui dit broyer va comme Rav Yossef : Rachi la lit sur l'avoda zara.
Le broyage est une difficulté pour Rabba, l'émiettage est une difficulté pour Rav Yossef. Le broyage, pour Rabba, n'est pas une difficulté : ici, la mer Salée ; ici, les autres fleuves.
L'émiettage, pour Rav Yossef, n'est pas une difficulté : ici, du blé ; ici, du pain.
Chaque baraïta gêne l'autre maître. Rabba dispense du broyage l'idole jetée à la mer. Rav Yossef dispense de l'émiettage le hametz jeté à la mer.
Pour Rabba, la baraïta qui broie vise les autres fleuves. La mer Salée reste sans broyage.
Pour Rav Yossef, le blé levé ne fond pas : on le disperse sur l'eau, hors du sac, pour qu'on ne puisse pas le ramasser. Le pain fond seul.
Michna. Le hametz d'un nokhri sur lequel Pessa'h est passé est permis à la jouissance.
Celui d'un Israël est interdit à la jouissance, car il est dit : "on ne verra pas chez toi de levain".
Nouvelle michna. Le hametz d'un nokhri sur lequel Pessa'h est passé est permis à la jouissance. Celui d'un Israël est interdit à la jouissance, par "on ne verra pas chez toi de levain".
Rachi : l'interdit de l'Israël est une amende, parce qu'il a transgressé bal yerae.
Le Roch lit la michna comme Rabbi Chimon. En droit, après Pessa'h, même le hametz de l'Israël serait permis. L'interdit enseigné est l'amende de bal yerae et bal yimatze, sur l'objet lui-même, hors mélange.
Guemara. Qui est l'auteur de notre michna ?
Ni Rabbi Yehouda, ni Rabbi Chimon, ni Rabbi Yossi HaGelili. De quoi s'agit-il ?
Comme on l'a enseigné : le hametz, avant son temps comme après son temps, on transgresse à son sujet un lav. Pendant son temps, on transgresse à son sujet un lav et le karet.
Paroles de Rabbi Yehouda.
La Guemara demande l'auteur de la michna. Elle écarte d'abord Rabbi Yehouda, Rabbi Chimon et Rabbi Yossi HaGelili, puis ouvre la baraïta.
Selon Rabbi Yehouda : avant le temps, de la sixième heure jusqu'à la nuit, un lav. Pendant la fête, un lav et le karet. Après Pessa'h, un lav, sans karet.
Sur cet amoud, la baraïta s'arrête à Rabbi Yehouda. Les avis de Rabbi Chimon et de Rabbi Yossi HaGelili viennent ensuite.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).