Pesachim 28a — Hametz au feu, jet à la mer, et hametz après Pessa'h

Pesachim 28a

Sougya : Rabbi Yehouda reprend le biour du hametz par une analogie avec le notar : les deux sont sous bal totiru, le notar se brûle, le hametz se brûle. Les Sages lui opposent l'acham taloui et la hatat de l'oiseau apportée pour un doute, que lui-même ensevelit : il se tait, et les proverbes disent qu'il est pris à ses propres paroles.

La michna des Sages, émietter et jeter au vent ou à la mer, soulève la même question que le broyage de l'avoda zara. Rabba et Rav Yossef se séparent sur la mer Salée, les autres fleuves, le blé et le pain.

La michna suivante permet le hametz d'un nokhri après Pessa'h et interdit celui d'un Israël. La Guemara ouvre la baraïta : selon Rabbi Yehouda, lav avant et après le temps, lav et karet pendant la fête.

Rabbi Yehouda : bal totiru, puis le silence Notar et hametz. La réplique sort de ses propres dires. Analogie notar : bal totiru il se brûle hametz : bal totiru donc brûlé Réplique des Sages acham taloui hatat de l'oiseau, doute eux aussi : bal totiru Sages : feu lui : ensevelissement Issue Rabbi Yehouda se tait la preuve sort de lui cuillère du menuisier ceps, flèches Rachi : l'ensevelissement vise l'acham taloui. La hatat de l'oiseau va à l'ama, le canal. Torat Kohanim : "car il est saint", lui par le feu. Hatat de l'oiseau et acham taloui, sans feu.
Rabbi Yehouda aligne hametz et notar sous bal totiru, donc le feu. Les Sages lui renvoient l'acham taloui et la hatat de l'oiseau, qu'il refuse de brûler. Il se tait.
Jeter le hametz et l'idole : vent ou mer Rabba suit le lieu. Rav Yossef suit la matière. Rabba idole vers la mer Salée aucun bateau : sans broyage hametz vers les autres fleuves un bateau peut le prendre on émiette Rav Yossef l'idole ne se dissout pas on la broie le hametz se dissout l'eau le défait seule sans émiettage Broyage, pour Rabba mer Salée : sans autres fleuves : avec Émiettage, pour Rav Yossef blé levé : disperser pain : il fond, tel quel
Rabba émiette le hametz jeté aux fleuves, et laisse l'idole entière dans la mer Salée. Rav Yossef broie ce qui ne fond pas, et laisse le hametz qui se dissout. La Guemara départage mer Salée et fleuves, blé et pain.
Hametz sur lequel Pessa'h est passé Michna, puis Rabbi Yehouda dans la baraïta Nokhri permis à la jouissance Roch : permis aussi à manger aucun bal yerae Israël interdit à la jouissance verset : on ne verra pas chez toi Rachi : amende de bal yerae Avant le temps 6e heure jusqu'à la nuit lav Pendant le temps les jours de fête lav et karet Après le temps Pessa'h passé lav, sans karet
Après Pessa'h, le hametz du nokhri est permis à la jouissance, celui de l'Israël est interdit. Rabbi Yehouda, dans la baraïta, met un lav avant et après le temps, et le karet pendant la fête.
1
חזר רבי יהודה ודנו דין אחר: נותר ישנו ב״בל תותירו״, וחמץ ב״בל תותירו״. מה נותר בשריפה — אף חמץ בשריפה.

Rabbi Yehouda revint et en tira un autre raisonnement : le notar est dans "tu n'en laisseras pas", et le hametz est dans "tu n'en laisseras pas". De même que le notar est par le feu, le hametz aussi est par le feu.

📜 Rachi (1)
חמץ ישנו בבל תותירו לא יראה ולא ימצא:
Le hametz est dans "tu n'en laisseras pas" : "on n'en verra pas" et "on n'en trouvera pas".
🗂️ Tossefot (2)
חזר ר' יהודה ודנו דין אחר הא דקרי ליה השתא דין אחר טפי מהני דלעיל אומר ריב"א משום דהשתא אין צריך לאיסור אכילה והנאה וענוש כרת אלא בצד דבל תותירו לחודיה מצינו למילף דליתיה בכולהו:
Ce qu'il appelle maintenant un autre raisonnement, plus que ceux d'en haut : le Riva dit que maintenant on n'a besoin ni de l'interdit de manger, ni de l'interdit de jouir, ni de la peine de karet. Du seul côté de bal totiru nous pouvons apprendre, et cette dérivation ne repose pas sur tous ces points.
וחמץ הרי הוא בבל תותירו תימה לר"י היכי עביד לעיל קל וחומר מנותר שאינו בבל יראה ובל ימצא והא חשיב הכא בל תותירו כמו בל יראה ואומר ר"י דמכל מקום נראה דעביד שפיר קל וחומר דנותר אינו בבל יראה דמיד שהותיר עובר ושוב אינו עובר אבל חמץ אפי' לאחר שהותיר עובר בכל שעה בבל יראה:
Étonnement pour le Ri : comment a-t-il construit plus haut un kal va-homer depuis le notar, qui n'est pas sous bal yerae et bal yimatze, alors qu'ici il compte bal totiru comme bal yerae ? Le Ri dit : de toute façon, il apparaît qu'il a bien fait le kal va-homer. Le notar n'est pas sous bal yerae : dès qu'il a laissé, il transgresse, et ensuite il ne transgresse plus. Le hametz, même après qu'il a laissé, transgresse à chaque instant sous bal yerae.
💡 Explication

Rabbi Yehouda quitte le kal va-homer d'en haut. Le notar et le hametz tombent tous deux sous bal totiru (tu n'en laisseras pas). Le notar se brûle. Le hametz se brûle aussi.

Tossefot, au nom du Riva : cette dérivation se passe de l'interdit de manger, de l'interdit de jouir et du karet. Le seul bal totiru porte la preuve.

Le Ri maintient le kal va-homer précédent. Le notar ne tombe sous bal yerae qu'une fois, à l'instant où l'on laisse. Le hametz y tombe à chaque instant, même après qu'on l'a laissé.

2
אמרו לו: אשם תלוי וחטאת העוף הבא על הספק לדבריך יוכיחו, שהן ב״בל תותירו״. שאנו אומרים בשריפה, ואתה אומר בקבורה! שתק רבי יהודה.

Ils lui dirent : l'acham taloui et la hatat de l'oiseau qui vient pour un doute prouveront, selon tes paroles, qu'ils sont dans "tu n'en laisseras pas". Nous, nous disons : par le feu.

Et toi, tu dis : par l'ensevelissement. Rabbi Yehouda se tut.

📜 Rachi (3)
אשם תלוי בא על ספק כרת כגון חלב ושומן לפניו ושגג באחד מהן ואינו יודע איזה מהן אכל ואם שחטו ואירע בו פסול או נותר פליגי ר' יהודה ורבנן בשילהי פרק בתרא דתמורה לר' יהודה בקבורה לרבנן בשריפה:
Acham taloui : il vient pour un doute de karet. Par exemple, du helev et du chouman devant lui, il a fauté sur l'un d'eux et il ne sait pas lequel il a mangé. S'il l'a abattu et qu'un passoul lui est arrivé, ou qu'il est devenu notar : Rabbi Yehouda et les Sages divergent à la fin du dernier chapitre de Temoura. Pour Rabbi Yehouda, par l'ensevelissement. Pour les Sages, par le feu.
חטאת העוף הבא על הספק כגון הפילה ספק ולד ספק אינו ולד אינה אוכלת בקדשים שמא ולד הוא עד שתביא כפרתה העולה באה על תנאי אם ילדתי הרי היא לחובתי ואם לאו הרי היא נדבה וחטאת העוף מביאתו על הספק ואין כאן משום חולין בעזרה דמקראי נפיק במסכת נזיר בפרק מי שאמר (נזיר דף כט.) ואסורה באכילה שמא חולין היא ומליקתה שויה נבילה ופליגי בה רבי יהודה ורבנן בפרק בתרא דתמורה חטאת העוף הבא על הספק תשרף רבי יהודה אומר יטילנה לאמה:
Hatat de l'oiseau qui vient pour un doute : par exemple, elle a avorté, un doute d'enfant, un doute d'absence d'enfant. Elle ne mange pas des kodachim, de crainte que ce soit un enfant, jusqu'à ce qu'elle apporte son expiation. L'ola vient sous condition : si j'ai enfanté, elle est pour mon obligation ; sinon, elle est un don volontaire. La hatat de l'oiseau, elle l'apporte pour le doute. Il n'y a pas ici de houlin dans le azara, car cela sort des versets, traité Nazir, chapitre "Celui qui a dit" (Nazir 29a). Elle est interdite à la consommation, de crainte que ce soit du houlin, et sa melika l'a rendue nevela. Rabbi Yehouda et les Sages divergent au dernier chapitre de Temoura : la hatat de l'oiseau qui vient pour un doute, on la brûle. Rabbi Yehouda dit : on la jette à l'ama.
ואתה אומר בקבורה אאשם תלוי קאי דקאמר ר' יהודה יקבר ואע"ג שהנותר ממנו אסור באכילה ובהנאה וענוש כרת והוא בבל תותירו:
Et toi, tu dis par l'ensevelissement : cela porte sur l'acham taloui, car Rabbi Yehouda dit qu'on l'ensevelit. Et cela, bien que le notar qui en reste soit interdit à manger et à la jouissance, passible de karet, et qu'il soit dans bal totiru.
🗂️ Tossefot (2)
אמרו לו אשם תלוי יוכיח תימה לרשב"א לדבריהם דרבנן דאמרו שהם בשריפה אמאי לא ילפינן חמץ מנותר שהוא בשריפה ואומר ר"י דמשמע להו הנותר בשריפה ולא כל איסורין שבתורה בשריפה ואפי' חמץ:
Étonnement pour le Rachba : selon les paroles des Sages, qui disent qu'ils sont par le feu, pourquoi n'apprendrait-on pas le hametz depuis le notar, qui est par le feu ? Le Ri dit : il leur paraît que "le reste, on le brûle", et que les interdits de la Torah ne sont pas tous par le feu, le hametz compris.
ואתה אומר בקבורה טעמא דר' יהודה דריש בת"כ מכי קדש הוא הוא בשריפה ולא חטאת עוף ואשם תלוי בשריפה:
La raison de Rabbi Yehouda : il dérive dans le Torat Kohanim, de "car il est saint" : lui, par le feu. La hatat de l'oiseau et l'acham taloui, sans le feu.
💡 Explication

Les Sages retournent la règle contre Rabbi Yehouda. L'acham taloui (culpabilité pour un doute de karet) et la hatat de l'oiseau apportée pour un doute sont aussi sous bal totiru. Les Sages les brûlent. Rabbi Yehouda ensevelit l'acham, et jette la hatat de l'oiseau à l'ama (canal du Temple).

La preuve sort de ses propres paroles. Il se tait.

Tossefot : les Sages refusent d'étendre au hametz le verset qui brûle le notar. Dans le Torat Kohanim, Rabbi Yehouda limite le feu à ce qui est saint, par "car il est saint".

3
אמר רב יוסף, היינו דאמרי אינשי: כפא דחטא נגרא — בגווה נשרוף חרדלא.

Rav Yossef dit : c'est ce que les gens disent : la cuillère que le menuisier a creusée, c'est en elle qu'on brûlera la moutarde.

📜 Rachi (1)
כפא דחטא נגרא כף בזך שחקק האומן בתוכו ישרוף את לשונו ואת חכו בחרדל לישנא אחרינא ישרוף הומי"ר בלע"ז כמו שורפה חיה בע"ז (דף כט:):
Une cuillère de verre que l'artisan a creusée : en elle, il brûlera sa langue et son palais avec de la moutarde. Autre langue : "il brûlera", homer en laaz, comme "elle brûle vive" dans Avoda Zara (29b).
🪔 Ben Yehoyada (1)
אמר רב יוסף: הינו דאמרי אינשי: "כפא, דחטא נגרא, בגויה נשרוף חרדלא" וכו'. יש להקשות למאי אצטריכו הנהו תלת משלים ודי באחד כי הכל ענין אחד ומה באו להוסיף זה על זה? ונראה לי בס"ד דהם נתחכמו להביא משלים השייכים לשלשה מיני השגות שיהיה החכם מושג בדבריו בבית המדרש שהם, הא' מזדמן שחכם אחד יאמר איזה דבר הלכה וישיגו עליו החכמים לסתור דבר ההלכה ההיא מכח הסברה אשר הוא עצמו חידש ואמר אותה אך אין השגתם חזקה לסתור אותו דבר הלכה לגמרי אלא ישאר עומד על צד הדחק, ועל זה האופן עשה רב יוסף המשל של החרדל כי החרדל הוא נאכל אך נאכל בדוחק מפני שהוא חד ושורף הפה ולכך ממעטין באכילתו, וכן זה דבר הלכה לא נדחה לגמרי אלא נשאר עומד על צד הדחק ואינו נשנה בריוח. ויש עוד אופן שני שאותו חכם שאמר דבר הלכה השיגו אותו בקושיא חזקה מצד הסברה אשר הוא עצמו חדשה ואמרה, אך הקושיא הזאת דוחה וסותרת אותו דבר הלכה לגמרי אמנם כל הקושיא ההיא בנויה מצד הסברה ולזאת יש תקוה שיבא אדם אחר או הוא עצמו ויעשה איזה חילוק בסברה חדשה ויתרץ אותה הקושיא ויקיים אותו דבר הלכה, ועל זה הביא אביי משל הנגרא בסידני יתיב כי זה אף על גב דעתה רגליו אסורים לגמרי אך אין זה איסר עולם כי אפשר שיהיה לו איזה עזר ויוציאו רגליו ממאסר, וכן בנמשל אפשר שיתחדש סברה חדשה ויתרצו אותה הקושיא האמורה מכח הסברה ויתקיים אותו דבר הלכה ויתקבל. ואופן השלישי הוא שסתרו אותו דבר הלכה מכח הסברה שאמרה הוא עצמו אך אותה הסברה שאמרה אינה סברת הראש אלא יש לה הכרח וראיה עצומה מן המקרא או מן המשנה שאי אפשר לשום אדם לבטל אותה, וכמו הך דינא דהטריף רבי טרפון פרה שניטל האם שלה ונסתרו דבריו מעדות של תודוס (משנה בכורות ד, ד) שאי אפשר לתקן דבר הלכה של רבי טרפון עוד וכן אותו חכם שדרש דגים טעונים שחיטה שיש לזה סתירה מן המקרא שאי אפשר לתקן הוראתו בשום אופן. ולזה הביא רבא המשל של 'גיראה בגיריה מקטיל' דדבר זה אי אפשר לתקנו דאחר שנהרג מי מחייהו? כן זה האופן אין תקוה שיתוקן אותו דבר הלכה אשר נדחה! ולכך הביאו המשלים האלה שכל אחד מדבר באופן אחד והואיל דרבי יהודה הביא כמה הוכחות לקיים דבריו ולא הועיל זכרו כאן המשלים הנזכרים אשר הם שייכים על אופנים כיוצא בזה של דחיות אשר מצויים בבית המדרש.
Rav Yossef dit : c'est ce que les gens disent : "la cuillère que le menuisier a creusée, c'est en elle qu'on brûlera la moutarde", etc. On peut objecter : à quoi servent ces trois paraboles, une seule suffirait, puisque tout est un seul sujet, et qu'ajoutent-elles l'une sur l'autre ? Il me paraît, avec l'aide du Ciel, qu'ils ont eu la sagesse d'apporter des paraboles qui correspondent aux trois sortes d'objections par lesquelles le sage est atteint dans ses paroles à la maison d'étude. La première : il arrive qu'un sage dise une halakha, et que les sages l'attaquent pour renverser cette halakha à partir d'un raisonnement qu'il a lui-même inventé et dit. Leur objection n'a pas la force de renverser entièrement cette halakha : elle reste debout, à l'étroit. Sur ce mode, Rav Yossef a fait la parabole de la moutarde. La moutarde se mange, et on la mange à l'étroit, parce qu'elle est piquante et brûle la bouche : c'est pourquoi on en diminue la consommation. De même, cette halakha reste debout, à l'étroit, et on ne l'enseigne pas au large. Il y a un second mode. Ce sage qui a dit une halakha, on l'attaque par une question forte, à partir d'un raisonnement qu'il a lui-même inventé et dit. Cette question repousse et renverse entièrement cette halakha. Toute la question est bâtie sur le raisonnement, et il reste un espoir qu'un autre homme, ou lui-même, fasse une distinction par un raisonnement nouveau, résolve cette question, et maintienne cette halakha. Pour cela, Abaye a apporté la parabole du menuisier assis dans les ceps. Ses pieds sont alors entièrement liés, et cette entrave peut cesser : une aide peut lui sortir les pieds de la prison. De même, dans l'application, un raisonnement nouveau peut se présenter, on résout cette question tirée du raisonnement, cette halakha se maintient et elle est reçue. Le troisième mode : on a renversé cette halakha à partir d'un raisonnement qu'il a lui-même dit, et ce raisonnement porte une nécessité et une preuve forte, tirée du verset ou de la michna, qu'aucun homme ne peut annuler. Comme ce din où Rabbi Tarfon a déclaré terefa une vache dont on a retiré la matrice, et où ses paroles ont été renversées par le témoignage de Todos (michna Bekhorot 4, 4) : la halakha de Rabbi Tarfon ne se répare plus. De même ce sage qui a enseigné que les poissons exigent la chehita : il y a une contradiction du verset, et son horaa ne se répare d'aucune façon. Pour cela, Rava a apporté la parabole "l'homme des flèches est tué par ses flèches" : après qu'il a été tué, qui le fera vivre ? Dans ce mode, la halakha repoussée reste sans réparation. C'est pourquoi ils ont apporté ces paraboles, chacune parlant d'un mode. Puisque Rabbi Yehouda a apporté plusieurs preuves pour maintenir ses paroles et que cela n'a pas servi, on rappelle ici les paraboles mentionnées, qui correspondent à des modes semblables de rejets, tels qu'on en trouve à la maison d'étude.
💡 Explication

Rav Yossef cite un proverbe. La cuillère que le menuisier a creusée sert à brûler la bouche avec la moutarde. L'outil de l'artisan se retourne contre lui. Ici, la preuve contre Rabbi Yehouda sort de Rabbi Yehouda.

Le Ben Yehouda répartit trois forces d'objection, une par proverbe. La moutarde : l'objection laisse la halakha debout, à l'étroit. Les ceps d'Abaye : l'objection renverse, et un raisonnement nouveau peut la réparer. Les flèches de Rava : la preuve vient d'un verset ou d'une michna, et la halakha repoussée ne se répare plus.

🖼️ Schéma
Trois proverbes, trois forces d'objection Moutarde Rav Yossef objection légère la halakha reste debout, à l'étroit on en mange peu Ceps Abaye objection forte par raisonnement une aide peut dénouer réparable Flèches Rava preuve de verset ou de michna après la mort sans réparation
Ben Yehouda : la moutarde laisse la halakha à l'étroit, les ceps se dénouent, les flèches ne se réparent plus.
4
(אמר אביי:) סדנא בסדני יתיב — מדויל ידיה משתלים.

Abaye dit : celui qui a fait les ceps siégera dans les ceps, il est payé par le lever de sa main.

📜 Rachi (2)
סדנא נגר עושה סד לשום בו רגלי אסירים כמו ותשם בסד רגלי (איוב י״ג:כ״ז):
Sadna : un menuisier qui fait un cep pour y mettre les pieds des prisonniers, comme "tu as mis mes pieds dans le cep" (Iyov 13, 27).
מדויל ידיה משתלים מהרמת ידו וממלאכתו משתלם שכרו כשנמצא גנב:
Il est payé par le lever de sa main : par l'élévation de sa main et par son travail, son salaire lui est payé, lorsqu'on le trouve voleur.
💡 Explication

Abaye reprend le même retournement. Le menuisier des ceps (sad) y est assis. Le salaire de son travail lui revient quand on le trouve voleur.

5
רבא אמר: גיראה בגיריה מקטיל — מדויל ידיה משתלים.

Rava dit : l'homme des flèches est tué par ses flèches, il est payé par le lever de sa main.

📜 Rachi (1)
גיראה עושה חצים:
Giraa : celui qui fait des flèches.
💡 Explication

Rava ferme la série. Le fabricant de flèches meurt de ses flèches. Pour le Ben Yehouda, ce troisième proverbe vise une réfutation appuyée sur un verset ou une michna, sans retour.

6
וחכמים אומרים מפרר וזורה וכו׳. איבעיא להו, היכי קאמר: מפרר וזורה לרוח, ומפרר ומטיל לים. או דילמא: מפרר וזורה לרוח, אבל מטיל לים בעיניה. תנן נמי גבי עבודה זרה כי האי גוונא, רבי יוסי אומר: שוחק וזורה לרוח, או מטיל לים. ואיבעיא להו: היכי קאמר? שוחק וזורה לרוח, ושוחק ומטיל לים. או דילמא שוחק וזורה לרוח, אבל מטיל לים בעיניה.

Et les Sages disent : il émiette et disperse, etc. On a posé la question : comment cela se dit-il ?

Il émiette et disperse au vent, et il émiette et jette à la mer. Ou bien : il émiette et disperse au vent, mais il jette à la mer tel quel.

On enseigne aussi, au sujet de l'avoda zara, de la même façon. Rabbi Yossi dit : il broie et disperse au vent, ou il jette à la mer.

Et on a posé la question : comment cela se dit-il ? Il broie et disperse au vent, et il broie et jette à la mer.

Ou bien : il broie et disperse au vent, mais il jette à la mer tel quel.

📜 Rachi (1)
או דילמא לרוח הוא דבעי פירור שמא יזרקנו שלם וימצאנה אחר ויאכלנו אבל לים מטיל בעיניה דממיס ונימוק מאליו. לשון שחיקה שייך במתכת ולשון פירור שייך בפת:
Ou bien : c'est pour le vent qu'il faut émietter, de crainte qu'on le jette entier, qu'un autre le trouve et le mange. À la mer, il le jette tel quel, car il se dissout et se défait de lui-même. La langue "broyage" convient au métal, la langue "émiettage" convient au pain.
🗂️ Tossefot (1)
ותנן נמי גבי ע"ז אומר ר"י דרבנן דמתניתין היינו רבי יוסי דפרק כל הצלמים (ע"ז מג:) אי נמי מתני' דהכא א"ש כרבנן דהתם דאמרו לו אף היא נעשה זבל ומגדל צמחים ורחמנא אמר לא ידבק בידך וגו' והא דשרו הכא היינו משום דבחמץ כתיב לא יאכל ואינו אסור אלא כדרך הנאה וכי האי גוונא לאו דרך הנאה היא אבל בע"ז לא כתיב אכילה ואסור אפי' שלא כדרך הנאה:
Le Ri dit : les Sages de notre michna, c'est Rabbi Yossi du chapitre "Toutes les statues" (Avoda Zara 43b). Ou bien notre michna s'explique selon les Sages de là-bas, qui lui ont dit : elle aussi devient du fumier et fait pousser des plantes, et le Miséricordieux a dit "il ne collera pas à ta main", etc. Ce qu'ils permettent ici : pour le hametz il est écrit "on n'en mangera pas", et il n'est interdit que selon le mode de la jouissance. Un cas comme celui-ci sort du mode de la jouissance. Pour l'avoda zara, il n'est pas écrit "manger", et l'interdit tient même hors du mode de la jouissance.
⚖️ Rosh (1)
גמ' איבעיא להו מפרר וזורה לרוח ומפרר ומטיל לים או דילמא מפרר וזורה לרוח אבל מטיל לים בעיניה. ופליגי רבה ורב יוסף. רבה אמר חמץ לשאר נהרות בעי פירור. ורב יוסף אמר חמץ כיון דמאיס לא בעי פירור. והלכתא כרבה ורש"י פסק כר' יהודה משום דסתם לן תנא כוותיה בפרק בתרא דתמורה דף לג: דחשיב חמץ בכלל כל הנשרפין. ואע"ג דשתק ר' יהודה. אנן לא שתקינן. דלא איתותב אלא מדברי עצמו. וכן פסק בספר המצות עשין לט וכן פסק הרב הברצלוני ז"ל והביא ראיה מדאמר רבא לעיל (פסחים דף ה.) ש"מ אין ביעור חמץ אלא שריפה. והגאונים פסקו כחכמים וכן כתב בעל העיטור ז"ל וכן כתב ה"ר יונה ז"ל. ואי משום סתמא דתמורה קי"ל בתרי מסכתות אין סדר ואם כן הלכה כרבים ואי תיקשי לך רבנן גופייהו לילפו מנותר דלדידהו ליכא פירכא וי"ל דלדידהו איכא לאקשויי מה לנותר שכן קדש לכך ראוי להחמיר ולשורפו ושריפה חמורה כדאי' בשילהי תמורה שם אם רצה להחמיר על עצמו לשרוף את הנקברין רשאי ולפירוש ר"ת ז"ל דמפרש פ"ק דף יב בשעת ביעורו השבתתו בכל דבר היינו בשעה ששית דאז רגילין העולם לבערו אין נפקותא בפסק זה כולי האי דאין אדם משהה חמצו עד אחר חצות ואף לפירוש רש"י בשעה חמישית מודה שמבערו בכל דבר.
Guemara. On a posé la question : il émiette et disperse au vent, et il émiette et jette à la mer ; ou bien il émiette et disperse au vent, mais il jette à la mer tel quel. Rabba et Rav Yossef divergent. Rabba dit : le hametz, pour les autres fleuves, a besoin d'être émietté. Rav Yossef dit : le hametz, puisqu'il se défait, n'a pas besoin d'être émietté. La halakha est comme Rabba. Rachi tranche comme Rabbi Yehouda, parce que le Tanna anonyme a enseigné comme lui au dernier chapitre de Temoura, page 33b, où il compte le hametz parmi tout ce qui se brûle. Rabbi Yehouda s'est tu, et nous, nous parlons : il n'a été réfuté que par ses propres paroles. De même tranche le Sefer HaMitsvot, commandement positif 39. De même tranche le Rav de Barcelone, de mémoire bénie, et il apporte une preuve de ce que Rava a dit plus haut (Pessa'him page 5a) : on apprend de là que le biour du hametz se fait par le feu. Les Gueonim tranchent comme les Sages. Ainsi a écrit le Baal HaItour, de mémoire bénie, et ainsi a écrit Rabbi Yona, de mémoire bénie. Quant à l'enseignement anonyme de Temoura : nous tenons que, pour deux traités, il n'y a pas d'ordre. Dès lors la halakha suit la majorité. Si tu objectes : les Sages eux-mêmes, qu'ils apprennent du notar, car pour eux il n'y a pas de réfutation. On peut dire : pour eux, on objecte : le notar a ceci de particulier qu'il est saint. C'est pourquoi il convient d'être sévère et de le brûler. Le feu est plus grave, comme il est dit à la fin de Temoura, là-bas : s'il veut être sévère envers lui-même et brûler ce qui s'ensevelit, il en a le droit. Selon l'explication de Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, qui explique au premier chapitre, page 12, "au moment de son biour, sa suppression se fait par toute chose" : c'est à la sixième heure, moment où les gens ont l'habitude de l'éliminer. Cette décision a alors peu de conséquence pratique, car personne ne garde son hametz jusqu'après midi. Même selon l'explication de Rachi, à la cinquième heure, il reconnaît qu'on l'élimine par toute chose.
💡 Explication

Les Sages de la michna dispensent du feu : on émiette le hametz et on le disperse au vent, ou on le jette à la mer. La question porte sur la mer. Faut-il émietter avant le jet, comme pour le vent, ou jeter le morceau entier ?

La michna d'avoda zara pose la même question avec chohek (broyer), verbe du métal. Perour (émietter) est le verbe du pain.

Tossefot : pour le hametz, l'interdit suit le mode de la jouissance, et ce jet en sort. Pour l'idole, l'interdit tient même hors de ce mode, par "il ne collera pas à ta main".

7
אמר רבה: מסתברא עבודה זרה דלים המלח קא אזלא — לא בעי שחיקה. חמץ דלשאר נהרות קאזיל — בעי פירור. אמר ליה רב יוסף: אדרבה, איפכא מסתברא: עבודה זרה דלא ממיסה — בעי שחיקה. חמץ דממיס — לא בעי פירור.

Rabba dit : il est raisonnable que l'avoda zara, qui va à la mer Salée, n'ait pas besoin de broyage. Le hametz, qui va aux autres fleuves, a besoin d'être émietté.

Rav Yossef lui dit : au contraire, l'inverse est raisonnable. L'avoda zara, qui ne se dissout pas, à besoin de broyage.

Le hametz, qui se dissout, n'a pas besoin d'être émietté.

📜 Rachi (3)
ים המלח אין ספינה עוברת בו:
Mer Salée : aucun bateau n'y passe.
בעי פירור שמא תפגע בו ספינה ותטלנו ולאו אדעתייהו:
Il a besoin d'être émietté : de crainte qu'un bateau le rencontre, le prenne, et qu'ils n'y fassent pas attention.
לא ממסה אין המים ממסות אותו:
Elle ne se dissout pas : les eaux ne le dissolvent pas.
🗂️ Tossefot (3)
חמץ דלשאר נהרות דלא מצינו שהיה שונה בשום מקום גבי חמץ ים המלח אבל גבי ע"ז אשכחן בכמה דוכתין כי האי דלעיל יוליך הנאה לים המלח הלכך סתם ים דתני גבי ע"ז הוי ים המלח מיהו לרבה מועלת שחיקה בשאר נהרות כדקאמר בסמוך כאן בים המלח כאן בשאר נהרות:
Le hametz, pour les autres fleuves. Nous n'avons trouvé nulle part qu'on enseigne, au sujet du hametz, la mer Salée. Au sujet de l'avoda zara, nous trouvons en plusieurs endroits, comme plus haut : il emportera la jouissance à la mer Salée. C'est pourquoi "mer", enseigné sans précision au sujet de l'avoda zara, c'est la mer Salée. Toutefois, pour Rabba, le broyage sert pour les autres fleuves, comme il dit tout de suite : ici la mer Salée, ici les autres fleuves.
איפכא מסתברא לשון איפכא אינו מיושב דמה שייך איפכא כיון שרבה משוה אותם:
L'inverse est raisonnable. La langue "inverse" se pose mal : que vient faire "inverse", puisque Rabba les met au même rang ?
ע"ז דלא ממיסה בעי שחיקה לכאורה משמע דלרב יוסף בעי שחיקה אפילו בים המלח דמסתמא אמאי דקאמר רבה אין צריך שחיקה דהיינו בים המלח קאמר רב יוסף דבעי שחיקה ועוד אי בשאר נהרות דוקא קאמר רב יוסף דבעי שחיקה ולא בים המלח ולא פליג ארבה בע"ז אלא בחמץ א"כ מאי קאמר תניא כוותיה דרב יוסף ומאי קאמר נמי שחיקה קשיא לרבה ולפי זה לרב יוסף בשאר נהרות לא מהני שחיקה מדקמצריך להוליך לים המלח ואין נראה דהא ר' יוסי מייתי ראיה מויזר על פני המים משמע דמהניא שחיקה בשאר נהרות ועוד דבכל מקום דמזכיר ים המלח בע"ז ובשאר דוכתין לא מזכיר שחיקה ובכמה דוכתין מצינו דקתני ים המלח ואפי' הכי מהני בשאר נהרות דבסוף כל הצלמים (ע"ז מט:) תנן ר' אליעזר אומר יוליך הנאה לים המלח ואמרינן התם בגמרא גבי חבית שקול ד' זוזי ושדי לנהרא וכן בנזיר (דף כד.) ובמעילה (דף יא.) תנן גבי מפריש מעות לנזיר ומת יוליך לים המלח אלמא הקדש בעי ים המלח ובערכין (דף כט.) אמרינן גבי הקדש שקול ארבעה זוזי ושדי בנהרא לכך נראה דגם לרב יוסף לא בעי שחיקה אלא בשאר נהרות כמו לרבה אלא דרבה סבירא ליה דמטיל לים סתם דע"ז היינו ים המלח ובלא שחיקה כדתנא רישא גבי צורת לבנה וצורת חמה ובכמה דוכתי יוליך לים המלח ורב יוסף מוקי לה בשאר נהרות ועל ידי שחיקה מדלא תני בהדיא יטיל לים המלח וליכא בין רבה לרב יוסף אלא חמץ בשאר נהרות וא"ת לרבנן דלית להו בע"ז (מפרר) [שוחק] וזורה לרוח מה יעשו מע"ז אטו כל שעה יוליך לים המלח דלרבנן לא מהני שחיקה בשאר נהרות דקתני התם אמרו לו משם ראיה הרי הוא אומר ויזר על פני המים לא נתכוין משה אלא לבודקן כסוטה ומדאיצטריך להאי טעמא מכלל דלא מהני שחיקה בשאר נהרות וטעמא לפי שהמים מוליכים אותו על ידות הנהר ויש לומר דלרבנן מפרר וזורה לרוח במקום שאין מגדל צמחים וכן אמרינן התם:
En apparence, on entend que pour Rav Yossef le broyage est exigé même pour la mer Salée. Car, en présumant, sur ce que Rabba dit "il n'a pas besoin de broyage", c'est-à-dire pour la mer Salée, Rav Yossef dit qu'il a besoin de broyage. De plus : si Rav Yossef ne disait le besoin de broyage que pour les autres fleuves, et non pour la mer Salée, et s'il ne divergeait de Rabba que sur le hametz, et non sur l'avoda zara, alors que vient dire "une baraïta a été enseignée comme Rav Yossef", et que vient dire aussi "le broyage est une difficulté pour Rabba" ? Selon cela, pour Rav Yossef, dans les autres fleuves le broyage ne sert pas, puisqu'il exige d'emporter à la mer Salée. Cela ne paraît pas. Rabbi Yossi apporte une preuve de "il dispersa sur la face des eaux", ce qui montre que le broyage sert pour les autres fleuves. De plus, partout où l'on mentionne la mer Salée pour l'avoda zara et dans les autres endroits, on ne mentionne pas le broyage. En plusieurs endroits nous trouvons qu'on enseigne la mer Salée, et que cela sert pourtant pour les autres fleuves. À la fin de "Toutes les statues" (Avoda Zara 49b) nous enseignons : Rabbi Eliezer dit, il emportera la jouissance à la mer Salée. Et nous disons là-bas dans la Guemara, au sujet d'une jarre : prends quatre zouz et jette-les au fleuve. De même à Nazir (page 24a) et à Meila (page 11a) nous enseignons, au sujet de celui qui met de côté de l'argent pour un nazir et que celui-ci meurt : il emportera à la mer Salée. On apprend de là que le hekdech exige la mer Salée. Et à Arakhin (page 29a) nous disons, au sujet du hekdech : prends quatre zouz et jette-les au fleuve. C'est pourquoi il paraît que, pour Rav Yossef aussi, le broyage n'est exigé que pour les autres fleuves, comme pour Rabba. Rabba tient que "il jette à la mer", sans précision, pour l'avoda zara, c'est la mer Salée, et sans broyage, comme le Tanna enseigne au début au sujet de la forme de la lune et de la forme du soleil, et en plusieurs endroits "il emportera à la mer Salée". Rav Yossef l'établit pour les autres fleuves, et par le broyage, puisqu'il n'enseigne pas explicitement "il jettera à la mer Salée". Entre Rabba et Rav Yossef, il reste le hametz dans les autres fleuves. Si tu dis : les Sages, qui n'ont pas, pour l'avoda zara, "il broie et disperse au vent" (la glose corrige le mot émietter en broyer), que feront-ils de l'avoda zara ? À chaque instant l'emporterait-on à la mer Salée ? Car pour les Sages le broyage ne sert pas dans les autres fleuves. On enseigne là-bas : ils lui dirent, est-ce de là une preuve ? Voici qu'il dit "il dispersa sur la face des eaux" : Moché a visé à les examiner comme la sota. Du fait qu'il a fallu cette raison, il suit que le broyage ne sert pas dans les autres fleuves. La raison : les eaux l'entraînent sur les bords du fleuve. On peut dire : pour les Sages, il émiette et disperse au vent, dans un endroit qui ne fait pas pousser de plantes. Et ainsi nous disons là-bas.
💡 Explication

Rabba suit la destination. L'idole va à la mer Salée, où aucun bateau ne passe : le broyage est inutile. Le hametz va aux autres fleuves : on l'émiette, de crainte qu'un bateau le prenne.

Rav Yossef suit la matière. L'idole ne se dissout pas : on la broie. Le hametz se dissout : l'émiettage est inutile.

Tossefot resserre le débat. Pour les deux, le broyage de l'idole vise les autres fleuves. Leur divergence pratique reste le hametz jeté dans ces fleuves.

8
תניא כוותיה דרבה, תניא כוותיה דרב יוסף. תניא כוותיה דרבה: היה מהלך במדבר — מפרר וזורה לרוח. היה מהלך בספינה — מפרר ומטיל לים. תניא כוותיה דרב יוסף: היה מהלך במדבר — שוחק וזורה לרוח. היה מהלך בספינה — שוחק ומטיל לים.

Une baraïta a été enseignée comme Rabba, une baraïta a été enseignée comme Rav Yossef. Une baraïta comme Rabba : s'il marchait dans le désert, il émiette et disperse au vent.

S'il marchait dans un bateau, il émiette et jette à la mer. Une baraïta comme Rav Yossef : s'il marchait dans le désert, il broie et disperse au vent.

S'il marchait dans un bateau, il broie et jette à la mer.

📜 Rachi (2)
תניא כוותיה דרבה דחמץ בעי פירור:
Une baraïta comme Rabba : le hametz a besoin d'être émietté.
תניא כוותיה דרב יוסף דע"ז בעי שחיקה:
Une baraïta comme Rav Yossef : l'avoda zara a besoin de broyage.
💡 Explication

Les deux baraïtot parlent d'un homme en route à l'heure du biour. Dans le désert, il disperse au vent. Sur un bateau, il jette à la mer.

Celle qui dit émietter va comme Rabba : Rachi la lit sur le hametz. Celle qui dit broyer va comme Rav Yossef : Rachi la lit sur l'avoda zara.

9
שחיקה קשיא לרבה, פירור קשיא לרב יוסף. שחיקה לרבה לא קשיא: הא — לים המלח, הא — לשאר נהרות. פירור לרב יוסף לא קשיא: הא — בחיטי, הא — בנהמא.

Le broyage est une difficulté pour Rabba, l'émiettage est une difficulté pour Rav Yossef. Le broyage, pour Rabba, n'est pas une difficulté : ici, la mer Salée ; ici, les autres fleuves.

L'émiettage, pour Rav Yossef, n'est pas une difficulté : ici, du blé ; ici, du pain.

📜 Rachi (1)
בחיטי שהחמיצו בעי פירור כלומר פיזור שלא יתנם בשק ויזרקם אלא יפזרם על פני המים שלא יוכל אדם ללקטן מעל פני המים:
Du blé : qui a levé, il a besoin d'être émietté, c'est-à-dire dispersé. Qu'il ne les mette pas dans un sac pour les jeter. Il les dispersera sur la face des eaux, afin qu'un homme ne puisse les ramasser à la surface des eaux.
💡 Explication

Chaque baraïta gêne l'autre maître. Rabba dispense du broyage l'idole jetée à la mer. Rav Yossef dispense de l'émiettage le hametz jeté à la mer.

Pour Rabba, la baraïta qui broie vise les autres fleuves. La mer Salée reste sans broyage.

Pour Rav Yossef, le blé levé ne fond pas : on le disperse sur l'eau, hors du sac, pour qu'on ne puisse pas le ramasser. Le pain fond seul.

🖼️ Schéma
Deux réponses aux deux difficultés Mer Salée idole aucun bateau sans broyage Autres fleuves idole on peut la reprendre on broie Blé levé ne fond pas hors du sac on disperse Pain l'eau le défait tel quel sans émietter
Rabba : mer Salée sans broyage, autres fleuves avec. Rav Yossef : blé dispersé, pain jeté tel quel.
10
מתני׳ חמץ של גוי שעבר עליו הפסח — מותר בהנאה, ושל ישראל — אסור בהנאה, שנאמר: ״לא יראה לך שאור״.

Michna. Le hametz d'un nokhri sur lequel Pessa'h est passé est permis à la jouissance.

Celui d'un Israël est interdit à la jouissance, car il est dit : "on ne verra pas chez toi de levain".

📜 Rachi (1)
מתני' משום שנאמר לא יראה לך בגמרא מפרש לה משום קנסא דעבר עליה משום בל יראה:
Michna. Parce qu'il est dit "on ne verra pas chez toi". La Guemara l'explique : à cause d'une amende, car il a transgressé à son sujet bal yerae.
⚖️ Rosh (2)
מתני' חמץ של נכרי שעבר עליו הפסח מותר בהנאה ושל ישראל אסור בהנאה שנא' לא יראה לך חמץ:
Michna. Le hametz d'un nokhri sur lequel Pessa'h est passé est permis à la jouissance, et celui d'un Israël est interdit à la jouissance, car il est dit : "on ne verra pas chez toi de hametz".
גמ' הא דקתני של נכרי שעבר עליו הפסח מותר בהנאה לאו למימר דבאכילה אסור אלא משום דבעי למיתני של ישראל אסור בהנאה תנא נמי גבי נכרי מותר בהנאה אבל מותר אפי' באכילה ומתני' ר' שמעון היא דאמר חמץ בין לפני זמנו בין לאחר זמנו אינו עובר עליו בלא כלום ובדין הוא דאפי' דישראל נמי לאחר הפסח מותר אלא הא דקתני של ישראל אסור קנסא הוא דקא קניס ר' שמעון הואיל ועבר עליו בבל יראה ובל ימצא וכי קניס ר"ש בעיניה אבל ע"י תערובות לא קניס. הלכך של נכרי דלא עבר עליו בבל יראה ובל ימצא מותר ואפי' באכילה. ובירושלמי קאמר הא דתני מתני' חמץ של נכרי שעבר עליו הפסח מותר בהנאה במקום שלא נהגו לאכול פת של נכרי. אבל במקום שנהגו לאכול מותר אפי' באכילה. ותניא בתוספתא ישראל ונכרי שהיו בספינה וחמץ ביד ישראל הרי הוא מוכר לנכרי או נותנו לו במתנה וחוזר ולוקח ממנו לאחר הפסח. ובלבד שיתנהו לו במתנה גמורה ורשאי ישראל שיאמר לנכרי עד שאתה לוקח במנה קח במאתים שמא אצטרך ואקח ממך אחר הפסח. ונכרי שמביא לישראל דורון במוצאי פסח סמוך לערב ומניחו בביתו יאמר הישראל שאין רוצה שיקנה לו רשותו. וישראל שמצא חמץ בביתו אחר הפסח מן הדין הוא מותר דכיון דבטלו לא עבר על בל יראה וליכא למיקנסיה. ובירושלמי פליגי ביה דגרסינן התם הפקיר חמצו בי"ד. אחר הפסח מהו. ר' יוחנן אמר אסור וריש לקיש אמר מותר רבי יוחנן חייש להערמה ריש לקיש לא חייש להערמה. כלומר שמא לא יפקירנו ויאמר הפקרתיו. והא דקאמר רבי שמעון חמץ בין לפני זמנו בין לאחר זמנו אינו עובר עליו בולא כלום משמע דאפילו באכילה מותר לפני זמנו ועד הלילה דומיא דלאחר זמנו. ועוד דהא לא מייתר ליה שום קרא לאסור לפני זמנו. ואי אפשר לומר כן מדקאמר סתמא דהש"ס ומשעה שאסור באכילה אסור בהנאה אתאן לת"ק ואי ר"ש שרי ליה עד הלילה א"כ אתי שפיר אף לר"ש מליל ט"ו ולא מיסתבר למימר דמלשון משעה קדייק דמשמע דהאיסור מתחיל בשעות ועוד דשילהי מתני' דפ"ק לעיל (פסחים כ:) מוקמינן כר"ש וקתני דשורפין תרומה ואי שרי באכילה עד הלילה למה שורפין אותה אלא ודאי לר"ש נמי אסור באכילה ומפיק ליה מתשביתו ואך חלק ואע"פ דכשאוכלו משביתו תשביתו משמע שלא כדרך הנאתו אבל להסיקו תחת תבשילו ולמוכרו לנכרי מותר ואין צריך להשביתו מן העולם אלא מביתו ולאחר חצות מיד צוה הכתוב להשביתו. ולענין פסק דין אם הלכה כר"ש לפני זמנו נפל מחלוקת בין הגדולים הראב"ד ובעל המאור ובעל העיטור פסקו כר"ש אלא שבעל העיטור כתב דלר"ש אסור בהנאה מדרבנן ובעל המאור כתב דמותר באכילה עד הלילה דבאכילתו הוא משביתו. והרמב"ם ז"ל פ"א מהלכות חמץ כתב שלוקה עליו משש שעות ולמעלה וכן כתב הר"י אבן גיאות ז"ל וכן נ"ל דאע"ג דקי"ל כר' שמעון בלאחר זמנו. בלפני זמנו קי"ל כר' יהודה כסתם מתניתין בריש פרקין עבר זמנו אסור בהנאתו. וכן ר' עבד עובדא כוותיה בההיא דיוחנן חקוקאה לעיל (פסחים דף יג.) שצוה למכרו לנכרים בשעה חמישית. ומתני' דהכא דאוקימנא כר"ש בלאחר זמנו ורבא נמי לא אמר הלכה כר"ש דלהוי משמע בכל דבריו. אלא חמץ לאחר זמנו קאמר דשרי כר"ש ובהך קרא דמחמצת כדדריש ר' שמעון לנתחמץ מאליו קיימא לן כוותיה אבל בההוא דדריש לא יאכל כרבי יוסי הגלילי לסמוכין לא קי"ל כוותיה דלא אשכחן קרא דלא לכתוב אלא לסמוכין. דחד קרא דמייתר מוקמינן ליה לפני זמנו שצותה תורה להשביתו.
Guemara. Ce que l'on enseigne, le hametz d'un nokhri sur lequel Pessa'h est passé est permis à la jouissance, laisse la consommation permise. Comme il faut enseigner que celui d'un Israël est interdit à la jouissance, on enseigne aussi, pour le nokhri, qu'il est permis à la jouissance. Il est permis même à la consommation. Notre michna est Rabbi Chimon, qui a dit : le hametz, avant son temps comme après son temps, on ne transgresse rien à son sujet. En droit, même celui d'un Israël, après Pessa'h, serait permis. Ce qu'elle enseigne, que celui d'un Israël est interdit, est une amende : Rabbi Chimon l'amende, puisqu'il a transgressé bal yerae et bal yimatze. Quand Rabbi Chimon amende, c'est l'objet lui-même. Par un mélange, il n'amende pas. Dès lors, celui du nokhri, sur lequel on n'a pas transgressé bal yerae et bal yimatze, est permis, même à la consommation. Le Yerouchalmi dit : ce que la michna enseigne, le hametz d'un nokhri sur lequel Pessa'h est passé est permis à la jouissance, vise un endroit où l'on n'a pas l'usage de manger le pain d'un nokhri. Dans un endroit où l'on a l'usage d'en manger, il est permis même à la consommation. On enseigne dans la Tossefta : un Israël et un nokhri qui étaient dans un bateau, et du hametz dans la main de l'Israël : il le vend au nokhri ou le lui donne en cadeau, et il le lui rachète après Pessa'h. À condition de le lui donner en cadeau entier. Un Israël a le droit de dire au nokhri : pendant que tu achètes pour une mané, achète pour deux cents, peut-être en aurai-je besoin et l'achèterai-je de toi après Pessa'h. Un nokhri qui apporte à un Israël un présent à la sortie de Pessa'h, proche du soir, et le dépose dans sa maison : l'Israël dira qu'il ne veut pas que son domaine l'acquière pour lui. Un Israël qui a trouvé du hametz dans sa maison après Pessa'h : en droit, c'est permis. Puisqu'il l'a annulé, il n'a pas transgressé bal yerae, et il n'y a pas de quoi l'amender. Au Yerouchalmi, on diverge. Nous lisons là-bas : il a rendu son hametz hefker le 14. Après Pessa'h, qu'en est-il ? Rabbi Yo'hanan dit : interdit. Rech Lakich dit : permis. Rabbi Yo'hanan craint la ruse. Rech Lakich ne craint pas la ruse. C'est-à-dire : peut-être ne le rendra-t-il pas hefker, et dira-t-il : je l'ai rendu hefker. Ce que dit Rabbi Chimon, le hametz avant son temps comme après son temps, on ne transgresse rien à son sujet, implique que même la consommation est permise avant son temps, jusqu'à la nuit, à l'image d'après son temps. De plus, aucun verset ne lui reste en trop pour interdire avant son temps. On ne peut pas tenir ce sens. Car le Talmud anonyme dit : et dès l'heure où il est interdit à la consommation, il est interdit à la jouissance, nous en venons au premier Tanna. Si Rabbi Chimon le permettait jusqu'à la nuit, cela irait aussi pour Rabbi Chimon, à partir de la nuit du 15. Il est peu vraisemblable qu'il soit précis sur la langue "dès l'heure", langue qui implique que l'interdit commence aux heures. De plus, la fin de la michna du premier chapitre, plus haut (Pessa'him 20b), nous l'établissons selon Rabbi Chimon, et elle enseigne qu'on brûle la terouma. Si la consommation était permise jusqu'à la nuit, pourquoi la brûlerait-on ? La conclusion est sûre : pour Rabbi Chimon aussi, la consommation est interdite. Il le tire de "tashbitu", et "akh" partage. Bien qu'en le mangeant il l'élimine, "tashbitu" vise hors du mode de sa jouissance. Le chauffer sous son plat cuit, et le vendre à un nokhri, est permis. Il l'élimine de sa maison. Le verset n'exige pas de le faire disparaître du monde. Après midi, le verset ordonne aussitôt de l'éliminer. Pour la décision, la halakha suit-elle Rabbi Chimon avant son temps ? Un différend est tombé entre les grands. Le Raavad, le Baal HaMaor et le Baal HaItour ont tranché comme Rabbi Chimon. Le Baal HaItour a écrit que, selon Rabbi Chimon, la jouissance en est interdite par décret rabbinique. Le Baal HaMaor a écrit que la consommation est permise jusqu'à la nuit, car en le mangeant il l'élimine. Le Rambam, de mémoire bénie, au chapitre 1 des lois du hametz, a écrit qu'on reçoit des coups à son sujet depuis six heures et au-delà. Ainsi a écrit Rabbi Yitshak ibn Guiat, de mémoire bénie. Ainsi il me paraît. Bien que nous tenions comme Rabbi Chimon après son temps, avant son temps nous tenons comme Rabbi Yehouda, comme la michna anonyme au début de notre chapitre : son temps passé, sa jouissance est interdite. Ainsi Rav a agi en pratique selon lui, dans le cas de Yo'hanan Hakoukaa, plus haut (Pessa'him page 13a), où il a ordonné de le vendre aux nokhrim à la cinquième heure. Notre michna d'ici, que nous établissons selon Rabbi Chimon, vise après son temps. Rava non plus n'a pas dit "la halakha est comme Rabbi Chimon" de façon à l'entendre dans toutes ses paroles. Il a dit : le hametz après son temps est permis, comme Rabbi Chimon. Sur ce verset de "mahmetset", comme Rabbi Chimon le dérive pour ce qui a levé de soi-même, nous tenons comme lui. Sur ce qu'il dérive de "lo ye'akhel", comme Rabbi Yossi HaGelili, pour les semoukhim, nous ne tenons pas comme lui : nous ne trouvons pas de verset qui n'aurait été écrit que pour les semoukhim. Le verset unique qui est en trop, nous l'établissons pour avant son temps, où la Torah a ordonné de l'éliminer.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le hametz d'un nokhri sur lequel Pessa'h est passé est permis à la jouissance. Celui d'un Israël est interdit à la jouissance, par "on ne verra pas chez toi de levain".

Rachi : l'interdit de l'Israël est une amende, parce qu'il a transgressé bal yerae.

Le Roch lit la michna comme Rabbi Chimon. En droit, après Pessa'h, même le hametz de l'Israël serait permis. L'interdit enseigné est l'amende de bal yerae et bal yimatze, sur l'objet lui-même, hors mélange.

11
גמ׳ מני מתניתין? לא רבי יהודה ולא רבי שמעון ולא רבי יוסי הגלילי. מאי היא? דתניא: חמץ, בין לפני זמנו בין לאחר זמנו — עובר עליו בלאו. תוך זמנו — עובר עליו בלאו וכרת, דברי רבי יהודה.

Guemara. Qui est l'auteur de notre michna ?

Ni Rabbi Yehouda, ni Rabbi Chimon, ni Rabbi Yossi HaGelili. De quoi s'agit-il ?

Comme on l'a enseigné : le hametz, avant son temps comme après son temps, on transgresse à son sujet un lav. Pendant son temps, on transgresse à son sujet un lav et le karet.

Paroles de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (3)
גמ' בין לפני זמנו משש שעות עד שתחשך:
Avant son temps : depuis six heures jusqu'à la nuit.
לאחר זמנו משעבר הפסח עובר עליו בלאו ואם אכלו אינו ענוש כרת ולקמן מפרש ללאו:
Après son temps : une fois Pessa'h passé, on transgresse à son sujet un lav. S'il l'a mangé, il n'est pas passible de karet. Plus bas, on explique le lav.
תוך זמנו במועד:
Pendant son temps : pendant la fête.
💡 Explication

La Guemara demande l'auteur de la michna. Elle écarte d'abord Rabbi Yehouda, Rabbi Chimon et Rabbi Yossi HaGelili, puis ouvre la baraïta.

Selon Rabbi Yehouda : avant le temps, de la sixième heure jusqu'à la nuit, un lav. Pendant la fête, un lav et le karet. Après Pessa'h, un lav, sans karet.

Sur cet amoud, la baraïta s'arrête à Rabbi Yehouda. Les avis de Rabbi Chimon et de Rabbi Yossi HaGelili viennent ensuite.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).