Pesachim 31b - Le gage de hametz, l'éboulement et la teruma

Pesachim 31b

Sougya : L'amoud fixe le cas de la baraita : le hametz a été remis en gage, et le tanna kamma et Rabbi Meir divergent sur l'acquisition du gage enseignée par Rabbi Its'hak. Le verset appelle tsedaka la restitution du gage, donc le créancier l'a acquis.

Cette acquisition vaut d'un Juif à un Juif. Rabbi Meir l'étend au gage pris d'un non-Juif, par un kal va-homer.

Un non-Juif n'acquiert le hametz d'un Juif que si l'emprunteur a dit me'akhshav, dès maintenant. La suite règle le hametz trouvé dans une boutique, le hametz couvert par un éboulement, avec annulation dans le cœur et une profondeur de trois tefahim, puis la teruma de hametz mangée à Pessa'h.

Le créancier acquiert-il le gage ? Rabbi Its'hak Verset : et ce sera pour toi une tsedaka. Rendre le vêtement au pauvre est une tsedaka si ce vêtement appartient au créancier. Le gage lui est acquis pendant tout le prêt Tanna kamma Juif qui prend d'un Juif : le verset s'applique. Il acquiert. Juif qui prend d'un non-Juif : le verset ne le vise pas. Il n'acquiert pas. Hametz du non-Juif reste chez le Juif en gage : Pas de transgression Rabbi Meir Kal va-homer. Il acquiert d'un Juif. D'un non-Juif, à plus forte raison. Le hametz lui est acquis pendant le prêt. Après Pessa'h, Il transgresse Avis commun Un non-Juif prend le gage d'un Juif. Il n'acquiert pas. Le hametz reste au Juif pendant Pessa'h. Après Pessa'h, le Juif transgresse. Sauf formule me'akhshav.
Rabbi Its'hak apprend du verset de la tsedaka que le créancier acquiert le gage. Le tanna kamma réserve cela au Juif qui prend d'un Juif. Rabbi Meir l'étend au non-Juif. Un non-Juif, lui, n'acquiert pas le gage d'un Juif.
Formule dite au moment du gage Il a dit me'akhshav Si je ne paie pas à tel jour, Il n'a pas dit me'akhshav Gage ordinaire, estimé à l'échéance. Non-Juif prête à un Juif Le hametz est au non-Juif dès le prêt. Michna : jouissance permise Juif prête à un non-Juif Higatiyakh : dès maintenant. Même avant l'échéance. Le Juif transgresse Non-Juif prête à un Juif Le non-Juif n'acquiert pas. Le hametz reste au Juif. Jouissance interdite Juif prête à un non-Juif Tanna kamma : pas d'acquisition. Rabbi Meir : il acquiert. Débat de la baraita Preuve : le pat furni Sans higatiyakh, il ne transgresse pas. Avec higatiyakh, il transgresse.
Me'akhshav fait passer le hametz au prêteur dès le prêt. Sans cette formule, le gage s'estime à l'échéance, et un non-Juif n'acquiert pas le hametz d'un Juif.
Enterrer : hametz et argent Éboulement Le hametz est comme éliminé. Rabban Chimon ben Gamliel : si le chien ne peut plus le fouiller. Rav Hisda Annuler dans le cœur, si le tas est dégagé. Fouille du chien 3 tefahim Cause : l'odeur. Le chien sent, fouille, et sort le hametz. Argent déposé 1 tefah Chmouel : dans le sol. Cause : caché à l'œil. Rafram bar Papa de Sikhra. Trois tefahim pour l'odeur du hametz. Un tefah pour cacher l'argent.
L'éboulement rend le hametz comme éliminé, et Rav Hisda exige l'annulation dans le cœur. Le chien fouille trois tefahim à cause de l'odeur. L'argent déposé se cache à un tefah, hors du regard.
1
אֶלָּא הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן שֶׁהִרְהִינוֹ אֶצְלוֹ, וְקָמִיפַּלְגִי בִּדְרַבִּי יִצְחָק. דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִנַּיִן לְבַעַל חוֹב שֶׁקּוֹנֶה מַשְׁכּוֹן? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְךָ תִּהְיֶה צְדָקָה״. אִם אֵינוֹ קוֹנֶה מַשְׁכּוֹן — צְדָקָה מִנַּיִן? מִכָּאן לְבַעַל חוֹב שֶׁקּוֹנֶה מַשְׁכּוֹן.

Plutôt, ici, de quoi s'agit-il ? D'un cas où il le lui a remis en gage, et ils divergent sur Rabbi Its'hak.

Car Rabbi Its'hak a dit : d'où tient-on qu'un créancier acquiert le gage ? Parce qu'il est dit : "et ce sera pour toi une tsedaka".

S'il n'acquiert pas le gage, d'où vient la tsedaka ? De là [on apprend] qu'un créancier acquiert le gage.

📜 Rachi (3)
אֶלָּא רֵישָׁא וְסֵיפָא כְּשֶׁהִרְהִינוֹ אֲבָל בְּלֹא הִרְהִינוֹ דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִכָּאן וּלְהַבָּא הוּא גּוֹבֶה:
Le début et la fin portent sur le cas où il l'a remis en gage. Sans remise en gage, tout le monde convient qu'il recouvre à partir de maintenant et pour la suite.
קוֹנֶה מַשְׁכּוֹן כָּל יְמֵי הַלְוָאָה הַמַּשְׁכּוֹן קָנוּי לוֹ וְאִם נֶאֱנַס חַיָּיב בָּאֳונָסִין שֶׁאֵינוֹ עָלָיו לֹא כְּשׁוֹמֵר חִנָּם וְלֹא כְּשׁוֹמֵר שָׂכָר שֶׁפְּטוּרִין בָּאֳונָסִין אֶלָּא כֻּולּוֹ בִּרְשׁוּתֵיהּ וּבִשְׁמִירָתוֹ עוֹמֵד:
Tous les jours du prêt, le gage lui est acquis. S'il est atteint par un accident, il est tenu des accidents (onessin). Il n'a pas, à son égard, le statut d'un gardien gratuit (shomer hinam), ni celui d'un gardien rémunéré (shomer sakhar), qui sont exempts des accidents. Le gage se tient tout entier dans son domaine et sous sa garde.
וּלְךָ תִּהְיֶה צְדָקָה בַּהֲשָׁבַת הָעֲבוֹט כְּתִיב אִי אָמְרַתְּ קוֹנֶה מַשְׁכּוֹן אִיכָּא צְדָקָה בְּהָא שְׁכִיבָה שֶׁשָּׁכַב בְּשִׂמְלָתוֹ שֶׁהִשְׁאִיל לוֹ זֶה דָּבָר הַקָּנוּי לוֹ וְאִם אֵינוֹ קוֹנֶה צְדָקָה בְּהַשְׁכָּבָה זוֹ מִנַּיִין עַל שֶׁלּוֹ שָׁכַב:
C'est écrit au sujet de la restitution du gage. Si tu dis qu'il acquiert le gage, il y a une tsedaka dans ce coucher : il a couché dans son vêtement, que celui-ci lui a prêté, une chose acquise au créancier. S'il n'acquiert pas, d'où vient la tsedaka de ce coucher ? Il a couché sur ce qui est à lui.
🗂️ Tossefot (3)
אֶלָּא הב"ע שֶׁהִרְהִינוֹ אֶצְלוֹ וְקָמִיפַּלְגִי בִּדְרַבִּי יִצְחָק תֵּימַהּ לְרִיבָ"א אַבַּיֵּי הֵיאַךְ יְתָרֵץ הַךְ דע"כ בִּדְרַבִּי יִצְחָק קָמִיפַּלְגִי וְסֵיפָא דְּקָתָנֵי נָכְרִי שֶׁהִלְוָה אֶת יִשְׂרָאֵל עַל חֲמֵצוֹ אַמַּאי דִּבְרֵי הַכֹּל עוֹבֵר אע"ג דְּלָא קָנָה כֵּיוָן דִּלְמַפְרֵעַ הוּא גּוֹבֶה וְרֵישָׁא נָמֵי אַמַּאי אֵינוֹ עוֹבֵר לָמֶ"ד כֵּיוָן דִּלְמַפְרֵעַ הוּא גּוֹבֶה וּמְפָרֵשׁ רִיבָ"א דְּהַשְׁתָּא כִּי מוּקֵי פְּלוּגְתָּא בִּדְרַבִּי יִצְחָק מַיְירֵי שֶׁלֹּא בָּא יִשְׂרָאֵל לִידֵי גְּבִייָּה שֶׁפְּדָאוֹ נָכְרִי לְבַסּוֹף דְּלָא שַׁייָּךְ הַשְׁתָּא פְּלוּגְתָּא דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא כְּלָל אֶלָּא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי דִּלְמַאן דְּאָמַר עוֹבֵר ס"ל דְּקָנֵי לֵיהּ יִשְׂרָאֵל מִנָּכְרִי וה"ל בִּרְשׁוּת יִשְׂרָאֵל ומ"ד אֵינוֹ עוֹבֵר ס"ל דְּלָא קָנֵי לֵיהּ וַהֲרֵי לֹא הָיָה בִּרְשׁוּתוֹ וּבְסֵיפָא ד"ה עוֹבֵר דְּלָא קָנֵי לֵיהּ נָכְרִי לכ"ע וַהֲרֵי הָיָה בִּרְשׁוּת יִשְׂרָאֵל וּמִיהוּ מַתְנִיתִין דְּקָתָנֵי נָכְרִי שֶׁהִלְוָה וְכוּ' מֻותָּר בַּהֲנָאָה מַייְרֵי שֶׁלֹּא פְּדָאוֹ יִשְׂרָאֵל דְּאִי פְּדָאוֹ אע"ג דְּמוֹקֵי לָהּ בְּסָמוּךְ בִּדְאָמַר לֵיהּ מֵעַכְשָׁיו מִכָּל מָקוֹם מַאי מְהַנֵּי:
Il y a une difficulté pour le Riva : comment Abayé expliquera-t-il cette baraita ? Car, nécessairement, ils divergent sur Rabbi Its'hak. Et la fin, qui enseigne : un non-Juif qui a prêté à un Juif sur son hametz, pourquoi tout le monde convient-il qu'il transgresse, bien qu'il n'ait pas acquis, puisqu'il recouvre rétroactivement ? Et le début aussi : pourquoi ne transgresse-t-il pas, selon l'avis du recouvrement rétroactif, puisqu'il recouvre rétroactivement ? Le Riva explique : maintenant que l'on place le débat sur Rabbi Its'hak, on parle d'un cas où le Juif n'en est pas venu au recouvrement, car le non-Juif l'a racheté à la fin. Le débat d'Abayé et de Rava ne s'applique plus du tout. Ils divergent sur ce point : celui qui dit qu'il transgresse tient que le Juif acquiert du non-Juif, et le hametz se trouve dans le domaine du Juif. Celui qui dit qu'il ne transgresse pas tient qu'il ne l'acquiert pas, et le hametz n'était pas dans son domaine. Dans la fin, tout le monde convient qu'il transgresse : le non-Juif ne l'acquiert pas, de l'avis de tous, et le hametz était dans le domaine du Juif. Toutefois, la michna qui enseigne : un non-Juif qui a prêté, etc., la jouissance est permise, parle du cas où le Juif ne l'a pas racheté. S'il l'avait racheté, bien que, juste après, on établisse le cas sur la formule me'akhshav, que viendrait faire cette formule ?
בִּדְרַבִּי יִצְחָק קָמִיפַּלְגִי תֵּימַהּ הָא ר' יִצְחָק לָא קָאָמַר דְּקָנֵי מַשְׁכּוֹן אֶלָּא שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת הַלְוָאָה כִּדְמוֹכַח בְּהָאֻומָּנִין (בָּבָא מְצִיעָא פב.) וְהָכָא יִשְׂרָאֵל שֶׁהִלְוָה לְנָכְרִי עַל חֲמֵצוֹ תְּנַן דְּמַשְׁמַע בִּשְׁעַת הַלְוָאָה כִּדְמַשְׁמַע בְּהָאֻומָּנִין דְּקָתָנֵי הִלְוָהוּ עַל הַמַּשְׁכּוֹן שׁוֹמֵר שָׂכָר וְהָתַנְיָא שׁוֹמֵר חִנָּם וּמְשַׁנֵּי הָא דְּמִשְׁכְּנוֹ בִּשְׁעַת הַלְוָאָתוֹ וְהָא שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת הַלְוָאָתוֹ וּפָרִיךְ וְהָא אִידִי וְאִידִי עַל הַמַּשְׁכּוֹן קָתָנֵי וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָכִי פֵּירוּשׁוֹ כֵּיוָן דְּשֶׁלֹּא בִּשְׁעַת הַלְוָאָה קוֹנֶה לְגַמְרֵי כִּדְרַבִּי יִצְחָק א"כ לְעִנְיַן חָמֵץ יֵשׁ לָנוּ לְחָושְׁבוֹ כְּאִילּוּ הוּא שֶׁלּוֹ לַעֲבֹור בְּלֹא יִמָּצֵא אַף בִּשְׁעַת הַלְוָאָה דְּחָשְׁבִינַן לֵיהּ מָצוּי וְכֵן יֵשׁ לְפָרֵשׁ בְּהַשּׁוֹלֵחַ (גִּיטִּין לז) גַּבֵּי הַמַּלְוֶה עַל הַמַּשְׁכּוֹן אֵינוֹ מְשַׁמֵּט מִדְּרַבִּי יִצְחָק כֵּיוָן דְּקָנֵי לֵיהּ שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת הַלְוָאָה בִּשְׁעַת הַלְוָאָה נָמֵי מִיקְּרֵי שֶׁל אָחִיךָ בְּיָדְךָ:
Il y a une difficulté. Rabbi Its'hak n'enseigne l'acquisition du gage que hors du moment du prêt, comme on le voit dans le chapitre HaOmanin (Bava Metsia 82a). Or ici, on a appris : un Juif qui a prêté à un non-Juif sur son hametz, ce qui vise le moment du prêt, comme le montre HaOmanin. On y enseigne : celui qui lui a prêté sur le gage est un gardien rémunéré. Et une baraita enseigne : un gardien gratuit. On répond : l'un, quand il a pris le gage au moment de son prêt ; l'autre, hors du moment de son prêt. On objecte : dans les deux textes, il est enseigné "sur le gage". On peut dire ceci : puisque, hors du moment du prêt, il acquiert pleinement, comme Rabbi Its'hak, pour le hametz on doit le compter comme sien, au point de transgresser lo yimatse (il ne sera pas trouvé), même au moment du prêt, car on le compte comme se trouvant chez lui. On expliquera de même le chapitre HaSholeah (Guitin 37), au sujet de : celui qui prête sur le gage, la chemita n'annule pas, d'après Rabbi Its'hak. Puisqu'il l'acquiert hors du moment du prêt, au moment du prêt aussi cela s'appelle : le bien de ton frère est dans ta main.
שֶׁקּוֹנֶה מַשְׁכּוֹן פ"ה קוֹנֶה מַשְׁכּוֹן לְעִנְיַן חִיּוּב אֳונָסִין ור"י אוֹמֵר דִּבְהָאוּמָּנִין (ב"מ פב.) מַשְׁמַע דְּלָא הָוֵי אֶלָּא שׁוֹמֵר שָׂכָר דְּהִלְוָהוּ עַל הַמַּשְׁכּוֹן שׁוֹמֵר שָׂכָר בָּעֵי לְמֵימַר הָתָם בַּגְּמָרָא דְּסָבַר לָהּ כְּרַבִּי יִצְחָק וְכֻולָּהּ שְׁמַעְתָּא חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי בְּיַד יִשְׂרָאֵל אַייְרֵי שֶׁלֹּא קִבֵּל עָלָיו יִשְׂרָאֵל אַחְרָיוּת דְּאִי קִבֵּל הֲרֵי הוּא שֶׁלּוֹ וְעוֹבֵר עָלָיו כִּדְמוֹכַח בפ"ק (דַּף ה:):
Selon l'explication de Rachi, il acquiert le gage quant à l'obligation des accidents. Le Ri dit que, dans HaOmanin (Bava Metsia 82a), il ressort qu'il a seulement le statut de gardien rémunéré. Car "celui qui lui a prêté sur le gage est un gardien rémunéré", et la Guemara, là, propose de dire qu'il tient comme Rabbi Its'hak. Toute cette discussion, le hametz d'un non-Juif dans la main d'un Juif, vise le cas où le Juif n'a pas accepté la responsabilité sur lui. S'il l'avait acceptée, le hametz serait à lui, et il transgresserait à son sujet, comme on le voit au premier chapitre (5b).
💡 Explication

Le "plutôt" quitte la lecture par Abayé et Rava, recouvrement rétroactif ou recouvrement à partir de l'échéance. La baraita parle d'un hametz déposé en gage. Le débat porte sur Rabbi Its'hak : le créancier acquiert-il le gage pendant le prêt ?

La preuve est le verset de la tsedaka. Rendre le vêtement pour que le pauvre y couche n'est un mérite que si ce vêtement appartient déjà au créancier. S'il appartenait au pauvre, le créancier lui rendrait son bien, et le coucher n'aurait pas de tsedaka.

Rachi en tire une garde pleine : le créancier répond des accidents, au-delà du gardien gratuit et du gardien rémunéré. Les Tossafot retiennent le Ri : dans Bava Metsia, ce statut s'arrête au gardien rémunéré, et seulement quand le gage est pris hors du moment du prêt.

2
תַּנָּא קַמָּא סָבַר: הָנֵי מִילֵּי יִשְׂרָאֵל מִיִּשְׂרָאֵל הוּא, דְּקָרֵינָא בֵּיהּ ״וּלְךָ תִּהְיֶה צְדָקָה״, אֲבָל יִשְׂרָאֵל מִגּוֹי — לָא קָנֵי.

Le tanna kamma tient : ces paroles valent d'un Juif qui prend d'un Juif, car nous lisons à son sujet : "et ce sera pour toi une tsedaka". Mais un Juif qui prend d'un non-Juif : il n'acquiert pas.

📜 Rachi (1)
אֲבָל יִשְׂרָאֵל מִנָּכְרִי לֹא הִלְכָּךְ לֹא עָבַר עָלֶיהָ דְּאָמַר מַר (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף כט.) אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים:
Dès lors, il ne transgresse pas à son sujet. Car le maître a dit (ci-dessus, Pesahim 29a) : mais toi, tu vois le bien des autres.
💡 Explication

Le verset de la tsedaka parle entre Juifs. Le tanna kamma s'y arrête : un Juif ne devient pas propriétaire du gage pris d'un non-Juif. Le hametz reste donc au non-Juif. Le Juif peut le voir pendant Pessa'h : l'interdit vise son hametz à lui, et le hametz d'autrui reste visible.

3
וְרַבִּי מֵאִיר סָבַר, קַל וָחֹומֶר: יִשְׂרָאֵל מִיִּשְׂרָאֵל קָנֵי, יִשְׂרָאֵל מִגּוֹי לֹא כָּל שֶׁכֵּן?! אֲבָל גּוֹי שֶׁהִלְוָה אֶת יִשְׂרָאֵל עַל חֲמֵצוֹ — אַחַר הַפֶּסַח דִּבְרֵי הַכֹּל עוֹבֵר. הָתָם וַדַּאי גּוֹי מִיִּשְׂרָאֵל לָא קָנֵי.

Et Rabbi Meir tient un kal va-homer (raison à fortiori) : un Juif acquiert d'un Juif ; un Juif d'un non-Juif, à plus forte raison. Mais un non-Juif qui a prêté à un Juif sur son hametz : après Pessa'h, tout le monde convient qu'il transgresse.

Là, à coup sûr, un non-Juif n'acquiert pas d'un Juif.

💡 Explication

Rabbi Meir part du cas écrit, le Juif qui acquiert d'un Juif, et en tire un kal va-homer vers le gage pris d'un non-Juif. Dans ce sens, le hametz du non-Juif devient au Juif, et il transgresse.

Le sens inverse est commun aux deux avis. Un non-Juif qui détient le gage d'un Juif ne l'acquiert pas. Le hametz est resté au Juif pendant Pessa'h, et après la fête il transgresse.

4
תְּנַן: גּוֹי שֶׁהִלְוָה יִשְׂרָאֵל עַל חֲמֵצוֹ — אַחַר הַפֶּסַח מֻותָּר בַּהֲנָאָה. נְהִי נָמֵי דְּהִרְהִינוֹ אֶצְלוֹ, הָא אָמְרַתְּ גּוֹי מִיִּשְׂרָאֵל לָא קָנֵי? לָא קַשְׁיָא הָא — דְּאָמַר לֵיהּ ״מֵעַכְשָׁיו״, הָא — דְּלָא אֲמַר לֵיהּ ״מֵעַכְשָׁיו״.

Nous avons appris : un non-Juif qui a prêté à un Juif sur son hametz, après Pessa'h la jouissance en est permise. Admettons même qu'il le lui ait remis en gage : n'as-tu pas dit qu'un non-Juif n'acquiert pas d'un Juif ?

Pas de contradiction. Ici, il lui a dit "me'akhshav" (dès maintenant).

Là, il ne lui a pas dit "me'akhshav".

📜 Rachi (2)
תְּנַן נָכְרִי שֶׁהִלְוָה וְכוּ' וְאוֹתֵיבְנָא לְרָבָא לְעֵיל וְשָׁנֵינַן בְּשֶׁהִרְהִינוֹ אֶצְלוֹ וְהָא אֲמַרְתְּ הַשְׁתָּא דִּבְרֵי הַכֹּל נָכְרִי מִיִּשְׂרָאֵל לָא קָנֵי:
Et nous avons objecté à Rava plus haut, et nous avons répondu : dans le cas où il le lui a remis en gage. Or tu dis maintenant que, de l'avis de tous, un non-Juif n'acquiert pas d'un Juif.
לָא קַשְׁיָא מַתְנִיתִין דְּאָמַר לֵיהּ כְּשֶׁהִרְהִינוֹ אֶצְלוֹ אִם לֹא אֶתֵּן לָךְ עַד יוֹם פְּלוֹנִי יְהֵא שֶׁלְּךָ מֵעַכְשָׁיו הִלְכָּךְ נָכְרִי שֶׁהִלְוָה אֶת יִשְׂרָאֵל קָם לֵיהּ חָמֵץ בִּרְשׁוּת נָכְרִי וְיִשְׂרָאֵל שֶׁהִלְוָה אֶת הַנָּכְרִי קָם לֵיהּ בִּרְשׁוּת יִשְׂרָאֵל בָּרַיְיתָא דְּלָא אָמַר לֵיהּ מֵעַכְשָׁיו אֶלָּא כִּשְׁאָר מַשְׁכּוֹן נְתָנוֹ לוֹ וְקָבַע לוֹ זְמַן שֶׁאִם לֹא יִפְרַע לוֹ יִגְבֶּה חוֹבוֹ מִמַּשְׁכּוֹנוֹ וְיָשׁוּם אוֹתוֹ בְּדָמִים הִלְכָּךְ בְּנָכְרִי שֶׁהִלְוָה לְיִשְׂרָאֵל דִּבְרֵי הַכֹּל אֲפִילּוּ לֹא פָּרַע לֵיהּ אָסוּר לְיִשְׂרָאֵל לֵיהָנוֹת מִמֶּנּוּ דְּכָל יְמוֹת הַפֶּסַח שֶׁל יִשְׂרָאֵל הָיָה דְּמִכָּאן וּלְהַבָּא הוּא גּוֹבֶה וְאִי מִשּׁוּם דְּהִרְהִינוֹ נָכְרִי מִיִּשְׂרָאֵל לָא קָנֵי וְיִשְׂרָאֵל שֶׁהִלְוָה פְּלִיגִי מַאן דְּאָסַר סָבַר כֵּיוָן שֶׁהִרְהִינוֹ בַּעַל חוֹב קוֹנֶה מַשְׁכּוֹן וְלֵיכָּא לְמֵימַר הָכָא מִכָּאן וּלְהַבָּא גּוֹבֶה וּמַאן דְּשָׁרֵי קָסָבַר יִשְׂרָאֵל מִנָּכְרִי לֵיכָּא צְדָקָה וְלָא קָנֵי מַשְׁכּוֹן:
La michna : quand il le lui a remis en gage, il lui a dit : si je ne te donne pas jusqu'à tel jour, que ce soit à toi dès maintenant. Dès lors, un non-Juif qui a prêté à un Juif : le hametz s'est tenu dans le domaine du non-Juif. Et un Juif qui a prêté au non-Juif : il s'est tenu dans le domaine du Juif. La baraita : il ne lui a pas dit dès maintenant. Il le lui a donné comme un gage ordinaire, et il lui a fixé un délai : s'il ne le rembourse pas, il recouvrera sa créance sur son gage et l'estimera en argent. Dès lors, pour un non-Juif qui a prêté à un Juif, tout le monde convient : même s'il ne l'a pas remboursé, il est interdit au Juif d'en tirer jouissance. Tous les jours de Pessa'h, le hametz était au Juif, car il recouvre à partir de maintenant et pour la suite. Et si l'on invoque la remise en gage : un non-Juif n'acquiert pas d'un Juif. Pour un Juif qui a prêté, ils divergent. Celui qui interdit tient : puisqu'il y a eu remise en gage, le créancier acquiert le gage, et l'on ne peut pas dire ici qu'il recouvre à partir de maintenant. Celui qui permet tient : un Juif qui prend d'un non-Juif, il n'y a pas de tsedaka, et il n'acquiert pas le gage.
💡 Explication

La michna permet la jouissance quand le non-Juif a prêté au Juif. Cela heurte l'avis commun : un non-Juif n'acquiert pas le gage d'un Juif, donc le hametz serait resté juif pendant Pessa'h.

La Guemara sépare deux formules. Me'akhshav : si je ne paie pas à la date dite, le gage est à toi dès l'heure du prêt. Le hametz a alors passé Pessa'h chez le non-Juif, et la jouissance est permise. Sans cette formule, le gage s'estime à l'échéance. Le non-Juif ne l'a pas acquis, et la jouissance reste interdite.

5
וּמְנָא תֵּימְרָא דְּשָׁנֵי לֵיהּ בֵּין הֵיכָא דְּאָמַר ״מֵעַכְשָׁיו״ וּבֵין הֵיכָא דְּלָא אָמַר ״מֵעַכְשָׁיו״, דְּתַנְיָא: גּוֹי שֶׁהִרְהִין פַּת פֻּורְנִי אֵצֶל יִשְׂרָאֵל — אֵינוֹ עוֹבֵר, וְאִם אָמַר לוֹ ״הִגַּעְתִּיךָ״ — עוֹבֵר. מַאי שְׁנָא רֵישָׁא וּמַאי שְׁנָא סֵיפָא? אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינָּה: שָׁאנֵי הֵיכָא דְּאָמַר לֵיהּ ״מֵעַכְשָׁיו״ לְהֵיכָא דְּלָא אָמַר לֵיהּ ״מֵעַכְשָׁיו״. שְׁמַע מִינָּה.

Et d'où dis-tu qu'il y a pour lui une différence entre le cas où il a dit "me'akhshav" et le cas où il n'a pas dit "me'akhshav" ? Car on a enseigné : un non-Juif qui a gagé un pat furni (pain de grand four) chez un Juif, il ne transgresse pas.

Et s'il lui a dit "higatiyakh" (je te l'ai fait parvenir), il transgresse. Qu'est-ce qui distingue le début, et qu'est-ce qui distingue la fin ?

Plutôt, n'en tire-t-on pas ceci : le cas où il lui a dit "me'akhshav" diffère du cas où il ne lui a pas dit "me'akhshav" ? Conclus-en.

📜 Rachi (5)
וּמְנָא תִּימְרָא דַּאֲפִילּוּ כְּשֶׁהִרְהִינוֹ שָׁאנֵי לָן בֵּין אָמַר מֵעַכְשָׁיו לְלֹא אָמַר מֵעַכְשָׁיו:
Même quand il l'a remis en gage, il y a pour nous une différence entre celui qui a dit me'akhshav et celui qui n'a pas dit me'akhshav.
פַּת פֻּורְנִי פַּת גְּדוֹלָה הָאֲפוּיָה בְּתַנּוּר גָּדוֹל כְּעֵין תַּנּוּרִים שֶׁלָּנוּ שֶׁהַתַּנּוּרִים שֶׁלָּהֶם הָיוּ קְטַנִּים וּמִיטַּלְטְלִין וּפִיהֶם לְמַעְלָה וּמַדְבִּיקִין הַפַּת בַּדְּפָנוֹת שֶׁאֵין אוֹפִין בָּהּ אֶלָּא פִּתִּים קְטַנִּים וְאוֹרְחָא דְּמִילְּתָא נְקַט דְּאַיְּידֵי דַּחֲשִׁיבִי שְׁקִיל לֵיהּ בְּמַשְׁכּוֹן:
Un grand pain cuit dans un grand four, à la manière de nos fours. Car leurs fours étaient petits et portatifs, l'ouverture en haut, et l'on colle le pain aux parois : on n'y cuit que de petits pains. Il prend le cours ordinaire de la chose : puisque ces pains ont de la valeur, il le prend en gage.
אֵינוֹ עוֹבֵר בְּפֶסַח דְּקָסָבַר יִשְׂרָאֵל מִנָּכְרִי לָא קָנֵי מַשְׁכּוֹן:
À Pessa'h. Car il tient qu'un Juif n'acquiert pas un gage d'un non-Juif.
הִגַּעְתִּיךָ מֵעַכְשָׁיו קָאָמַר אִם לֹא אֶפְרַע לְךָ עַד יוֹם פְּלוֹנִי עוֹבֵר וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא הִגִּיעַ הַזְּמַן שֶׁמָּא כְּשֶׁיַּגִּיעַ לֹא יִפְרַע וְנִמְצָא עוֹבֵר לְמַפְרֵעַ בְּבַל יֵרָאֶה:
Il dit : dès maintenant, si je ne te rembourse pas jusqu'à tel jour. Il transgresse, bien que le délai ne soit pas arrivé. Peut-être, quand il arrivera, ne remboursera-t-il pas, et il se trouve avoir transgressé rétroactivement bal yerae (il ne sera pas vu).
מַאי שְׁנָא רֵישָׁא כו' אִי הִגַּעְתִּיךָ לָאו מֵעַכְשָׁיו הוּא מַאי קָא מְהַנֵּי בְּלָאו הִגַּעְתִּיךָ נָמֵי כִּי מְטָא זִמְנֵיהּ וְלֹא פָּרַע שְׁקִיל לֵיהּ בְּחוֹבוֹ:
Si higatiyakh n'est pas me'akhshav, qu'est-ce que cela accomplit ? Même sans higatiyakh, quand son délai arrive et qu'il n'a pas remboursé, il le prend pour sa créance.
🗂️ Tossefot (1)
וְאִם אָמַר הִגַּעְתִּיךָ עוֹבֵר לְאַבַּיֵּי רֵישָׁא מַייְרֵי כְּשֶׁפְּדָאוֹ וְסֵיפָא כִּי אָמַר הִגַּעְתִּיךָ הַיְינוּ שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לִפְדּוֹתוֹ:
Selon Abayé, le début parle du cas où il l'a racheté, et la fin, quand il dit higatiyakh, vise le cas où il ne veut pas le racheter.
💡 Explication

La baraita du pat furni prouve que la formule change le droit. Sans higatiyakh, le Juif ne transgresse pas : il n'a pas acquis le gage du non-Juif. Avec cette parole, il transgresse. Rachi lit higatiyakh comme me'akhshav. Sans cela, la parole ne servirait à rien : à l'échéance impayée, il prendrait de toute façon le pain pour sa créance.

La transgression est déjà là avant l'échéance. Si le non-Juif ne paie pas au jour dit, le pain aura été au Juif depuis le prêt, et le bal yerae aura été enfreint pour les jours de Pessa'h.

🖼️ Schéma
Higatiyakh avant l'échéance Le prêt Pat furni gage chez le Juif. Il dit higatiyakh. Pessa'h Le délai n'est pas arrivé. La crainte À l'échéance, il peut ne pas rembourser. Bilan Propriété rétroactive. Bal yerae
Higatiyakh fait entrer le pain chez le Juif dès le prêt. Avant l'échéance déjà, le défaut possible rend le bal yerae rétroactif.
6
תָּנוּ רַבָּנַן: חֲנוּת שֶׁל יִשְׂרָאֵל וּמְלַאי שֶׁל יִשְׂרָאֵל, וּפוֹעֲלֵי גוֹיִם נִכְנָסִין לְשָׁם — חָמֵץ שֶׁנִּמְצָא שָׁם אַחַר הַפֶּסַח אָסוּר בַּהֲנָאָה, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּאֲכִילָה. חֲנוּת שֶׁל גּוֹי וּמְלַאי שֶׁל גּוֹי וּפוֹעֲלֵי יִשְׂרָאֵל נִכְנָסִין וְיוֹצְאִין לְשָׁם — חָמֵץ שֶׁנִּמְצָא שָׁם אַחַר הַפֶּסַח מֻותָּר בַּאֲכִילָה, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּהֲנָאָה.

Les maîtres ont enseigné : une boutique d'un Juif et un stock d'un Juif, et des ouvriers non juifs y entrent : le hametz qui s'y trouve après Pessa'h est interdit à la jouissance, et il est inutile de le dire pour la consommation. Une boutique d'un non-Juif et un stock d'un non-Juif, et des ouvriers juifs y entrent et en sortent : le hametz qui s'y trouve après Pessa'h est permis à la consommation, et il est inutile de le dire pour la jouissance.

📜 Rachi (2)
וּמְלַאי שֶׁל יִשְׂרָאֵל פַּת וְיַיִן הַנִּמְכָּר בְּתוֹכָהּ:
Le pain et le vin qui se vendent à l'intérieur.
אָסוּר בַּהֲנָאָה דְּלָא תָּלֵינַן לֵיהּ בְּפוֹעֲלִין אֶלָּא מִן שֶׁל מְלַאי הָיָה וְשֶׁל יִשְׂרָאֵל הוּא:
Car on ne le rattache pas aux ouvriers. Il faisait partie du stock, et il est au Juif.
💡 Explication

Le hametz trouvé se rattache au maître de la boutique et à son stock, pain et vin mis en vente. Les ouvriers qui passent ne deviennent pas les propriétaires présumés.

Si le lieu et le stock sont juifs, l'interdit de jouissance emporte l'interdit de manger. Si le lieu et le stock sont au non-Juif, la permission de manger emporte la permission d'en jouir.

🖼️ Schéma
Hametz trouvé dans une boutique après Pessa'h Boutique d'un Juif Stock : pain et vin du Juif. Des ouvriers non juifs entrent. On rattache le hametz au stock, pas aux ouvriers. Interdit à la jouissance et à la consommation. Boutique d'un non-Juif Stock du non-Juif. Des ouvriers juifs entrent et sortent. Le hametz suit le maître du lieu et du stock. Permis à la consommation
Le hametz suit le propriétaire de la boutique et du stock. Les ouvriers qui entrent ne changent pas cette présomption.
7
מַתְנִי׳ חָמֵץ שֶׁנָּפְלָה עָלָיו מַפּוֹלֶת הֲרֵי הוּא כִּמְבֹועָר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כָּל שֶׁאֵין הַכֶּלֶב יָכוֹל לְחַפֵּשׂ אַחֲרָיו.

Michna. Du hametz sur lequel un éboulement est tombé : le voici comme éliminé.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : tout hametz que le chien ne peut pas rechercher.

⚖️ Rosh (1)
חָמֵץ שֶׁנָּפְלָה עָלָיו מַפּוֹלֶת הֲרֵי הוּא כִּמְבֹועָר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר כָּל שֶׁאֵין הַכֶּלֶב יָכוֹל לְחַפֵּשׂ אַחֲרָיו.
Du hametz sur lequel un éboulement est tombé : le voici comme éliminé. Rabban Chimon ben Gamliel dit : tout hametz que le chien ne peut pas rechercher.
💡 Explication

La première phrase traite l'éboulement comme un biour : le hametz est déjà comme éliminé, sans qu'on doive le déterrer pour le brûler. Rabban Chimon ben Gamliel mesure cette couverture : elle compte quand le chien ne peut plus fouiller pour atteindre le hametz.

8
גְּמָ׳ אָמַר רַב חִסְדָּא: וְצָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל בְּלִבּוֹ. תַּנָּא: כַּמָּה חֲפִישַׂת הַכֶּלֶב — שְׁלֹשָׁה טְפָחִים.

Guemara. Rav Hisda a dit : et il faut qu'il l'annule dans son cœur.

On a enseigné : combien est la fouille du chien ? Trois tefahim (palmes).

📜 Rachi (1)
גְּמ' צָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל בְּלִבּוֹ שֶׁמָּא יְפַקַּח הַגַּל בַּמּוֹעֵד וְנִמְצָא עוֹבֵר עָלָיו:
De peur que le tas ne soit dégagé pendant la fête, et qu'il se trouve transgresser à son sujet.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' א"ר חִסְדָּא צָרִיךְ שֶׁיְּבַטְּלֶנּוּ תַּנְיָא כַּמָּה חֲפִישַׂת הַכֶּלֶב שְׁלֹשָׁה טְפָחִים:
Guemara. Rav Hisda a dit : il faut qu'il l'annule. On a enseigné : combien est la fouille du chien ? Trois tefahim.
💡 Explication

Même traité comme éliminé, le hametz reste à annuler dans le cœur (bitul). Rachi : le tas peut être ouvert pendant la fête, et le hametz redeviendrait visible.

La fouille du chien, critère de Rabban Chimon ben Gamliel, a une mesure : trois tefahim.

9
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְרַב אָשֵׁי: הָא דְּאָמַר שְׁמוּאֵל כְּסָפִים אֵין לָהֶם שְׁמִירָה אֶלָּא בַּקַּרְקַע, מִי בָּעֵינַן שְׁלֹשָׁה טְפָחִים אוֹ לָא? אֲמַר לֵיהּ הָכָא מִשּׁוּם רֵיחָא בָּעֵינַן שְׁלֹשָׁה טְפָחִים. הָתָם מִשּׁוּם אִיכַּסּוֹיֵי מֵעֵינָא הוּא, וְלָא בָּעֵי שְׁלֹשָׁה. וְכַמָּה? אָמַר רַפְרָם בַּר פָּפָּא מִסִּיכְרָא: טֶפַח.

Rav Aha, fils de Rav Yossef, dit à Rav Achi : cela que Chmouel a dit, les pièces d'argent n'ont de garde que dans le sol, faut-il trois tefahim, ou non ? Il lui dit : ici, à cause de l'odeur, il faut trois tefahim.

Là, c'est pour être caché de l'œil, et il ne faut pas trois. Et combien ?

Rafram bar Papa de Sikhra a dit : un tefah.

📜 Rachi (3)
כְּסָפִים שֶׁל פִּיקָּדוֹן אֵין לָהֶם שְׁמִירָה אֶלָּא בַּקַּרְקַע וְאִם לֹא נְתָנָן בַּקַּרְקַע וְאָבְדוּ פְּשִׁיעָה הִיא אֶצְלוֹ וְחַיָּיב דְּשׁוֹמֵר חִנָּם חַיָּיב בִּפְשִׁיעָה:
Il s'agit d'un dépôt. Elles n'ont de garde que dans le sol. S'il ne les a pas mises dans le sol et qu'elles sont perdues, c'est une négligence de sa part, et il est tenu : un gardien gratuit est tenu en cas de négligence.
מִשּׁוּם רֵיחָא שֶׁהַכֶּלֶב מְרִיחוֹ וּמְחַטְּטוֹ וּמוֹצִיאוֹ:
Car le chien le sent, le fouille, et le sort.
מִסִּיכְרָא מָקוֹם:
Un lieu.
💡 Explication

Les trois tefahim viennent de l'odeur, qui guide le chien. Ils ne sont pas une profondeur unique pour tout objet enterré.

Pour l'argent d'un dépôt, Chmouel exige le sol : laissé ailleurs, la perte est une négligence du gardien gratuit. Rav Achi : il suffit de le soustraire au regard. Rafram bar Papa de Sikhra fixe cette cache à un tefah.

10
מַתְנִי׳ הָאוֹכֵל תְּרוּמַת חָמֵץ בַּפֶּסַח, בְּשׁוֹגֵג — מְשַׁלֵּם קֶרֶן וְחֹומֶשׁ, בְּמֵזִיד — פָּטוּר מִתַּשְׁלוּמִין וּמִדְּמֵי עֵצִים.

Michna. Celui qui mange de la teruma de hametz à Pessa'h : par inadvertance, il paie le capital et le cinquième ; délibérément, il est exempt des paiements et de la valeur du bois.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' בְּשׁוֹגֵג שֶׁשָּׁגַג בִּתְרוּמָה וַאֲפִילּוּ הֵזִיד בֶּחָמֵץ מְשַׁלֵּם קֶרֶן וְחֹומֶשׁ וְאַף עַל גַּב דְּלָא הֲוָה שַׁוְיָא מִידִי דְּחָמֵץ בְּפֶסַח אָסוּר בַּהֲנָאָה מִיהוּ שׁוֹגֵג דִּתְרוּמָה דִּכְתִיב בֵּיהּ וַחֲמִישִׁיתוֹ יֹוסֵף עָלָיו וְנָתַן לַכֹּהֵן אֶת הַקֹּודֶשׁ דָּבָר הָרָאוּי לִהְיוֹת קֹודֶשׁ שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְשַׁלֵּם לוֹ הַמָּעוֹת אֶלָּא הַפֵּירוֹת וְהַתַּשְׁלוּמִין נַעֲשִׂין תְּרוּמָה כְּדִלְקַמָּן לָאו לְפִי דָּמִים מְשַׁלֵּם אֶלָּא לְפִי מִדָּה מְשַׁלֵּם הִלְכָּךְ לָאו בָּתַר דָּמִים אָזְלִינַן:
Il s'est trompé au sujet de la teruma, et même s'il a agi délibérément au sujet du hametz, il paie le capital et le cinquième. Et cela, alors même qu'elle ne valait rien, car le hametz à Pessa'h est interdit à la jouissance. Mais pour l'inadvertance sur la teruma, il est écrit : "et il ajoutera son cinquième sur lui, et il donnera au kohen le sacré", une chose apte à être sainte. Il ne peut pas lui payer l'argent : il paie les fruits. Et les paiements deviennent teruma, comme plus loin. Il paie selon la mesure. On ne suit pas la valeur. Dès lors, on ne va pas d'après la valeur.
בְּמֵזִיד שֶׁהֵזִיד בִּתְרוּמָה אֲפִילּוּ שָׁגַג בֶּחָמֵץ פָּטוּר מִן הַתַּשְׁלוּמִין:
Il a agi délibérément au sujet de la teruma, même s'il s'est trompé au sujet du hametz : il est exempt des paiements.
וּמִדְּמֵי עֵצִים אִם תְּרוּמָה טְמֵאָה הִיא אֵין מְשַׁלֵּם לוֹ דְּמֵי עֵצִים שֶׁהָיְתָה רְאוּיָה לְהֶיסֵּק תַּחַת תַּבְשִׁילוֹ מִשּׁוּם דִּתְרוּמָה מֵזִיד אֵין בָּהּ חֹומֶשׁ וְאֵין תַּשְׁלוּמֶיהָ לְכַפָּרָה וְאֵין נַעֲשִׂין תְּרוּמָה דְּגַבֵּי חֹומֶשׁ בִּשְׁגָגָה כְּתִיב אֲבָל מֵזִיד אֵינוֹ אֶלָּא כִּשְׁאָר גַּזְלָן בְּעָלְמָא וּמְשַׁלֵּם מָעוֹת וּלְפִי דָּמִים וְלֹא לְפִי הַמִּדָּה וְחָמֵץ בְּפֶסַח לָאו בַּר דָּמִים דְּאָסוּר בַּהֲנָאָה וְאַף לְהֶיסֵּק לָא הָוֵי חֲזִי לֵיהּ וְלָאו מִידִי אַפְּסֵדֶיהָ:
Si c'est une teruma impure, il ne lui paie pas la valeur du bois pour laquelle elle était apte à chauffer sous son plat. Car, pour la teruma mangée délibérément, il n'y a pas de cinquième, ses paiements ne sont pas pour l'expiation, et ils ne deviennent pas teruma : au sujet du cinquième, c'est l'inadvertance qui est écrite. Le délibéré a le statut d'un voleur ordinaire. Il paie de l'argent, selon la valeur, et il ne paie pas selon la mesure. Or le hametz à Pessa'h n'a pas de valeur, car il est interdit à la jouissance. Même pour le chauffage, il n'était pas utilisable pour lui. Et il ne lui a causé aucune perte.
💡 Explication

Deux fautes se croisent. Le paiement se règle sur la teruma. Shogeg sur la teruma : même si le hametz était voulu, il paie le capital et le cinquième, en fruits et selon la mesure, parce que ce paiement devient teruma. La valeur nulle du hametz de Pessa'h ne réduit pas cette mesure.

Mezid sur la teruma : même si le hametz était une erreur, il est exempt. Il paierait comme un voleur, en argent et selon la valeur. Le hametz de Pessa'h n'a aucune valeur, pas même celle du bois qu'une teruma impure peut servir de combustible le reste de l'année.

🖼️ Schéma
Teruma de hametz mangée à Pessa'h Shogeg sur la teruma Même si le hametz était délibéré. Il paie capital et cinquième. En fruits, selon la mesure. Le paiement devient teruma. La valeur du marché ne compte pas Mezid sur la teruma Même si le hametz était une erreur. Statut d'un voleur ordinaire. Il paierait selon la valeur. Le hametz de Pessa'h n'en a pas. Exempt, même de la valeur du bois Teruma impure, le reste de l'année : on compte la valeur du bois de chauffage. À Pessa'h, le hametz ne peut pas servir de combustible.
L'inadvertance sur la teruma se paie en fruits, selon la mesure. L'acte délibéré se règle selon la valeur, et le hametz de Pessa'h n'en a pas.
11
גְּמ׳ תְּנַן הָתָם: הָאוֹכֵל תְּרוּמָה בְּשׁוֹגֵג — מְשַׁלֵּם קֶרֶן וְחֹומֶשׁ, אֶחָד הָאוֹכֵל וְאֶחָד הַשּׁוֹתֶה

Guemara. Nous avons appris là-bas : celui qui mange de la teruma par inadvertance paie le capital et le cinquième, aussi bien celui qui mange que celui qui boit.

💡 Explication

La Guemara ouvre la michna dite là-bas, dans Teroumot : manger et boire de la teruma par inadvertance entraînent le même paiement, capital et cinquième. La citation continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).