Sougya : La Guemara achève la michna de Teroumot : celui qui s'oint de teruma, pure ou impure, paie le cinquième, puis le cinquième du cinquième. La question est de savoir si ce paiement suit la mesure des fruits ou leur valeur.
Quand le prix a baissé, il paie la valeur du départ, comme un voleur. Quand le prix a monté, Rav Yossef lit une bénédiction sur les dattes comme une preuve de la mesure, et Abayé maintient la valeur.
La michna du hametz de Pessa'h, puis les débats de Rabbi Akiva et de Rabbi Yo'hanan ben Nouri, et de Rabbi Eliezer ben Yaakov et de Rabbi Elazar Hisma, reprennent la même alternative.
Et aussi celui qui s'oint : qu'il s'agisse d'une teruma impure ou d'une teruma pure, il paie le cinquième, et le cinquième du cinquième.
La citation ouverte au daf précédent ajoute l'onction. Yoma pose que s'oindre équivaut à boire, et boire entre dans "ki yokhal", le verset de celui qui mange un kodash par inadvertance.
Le cinquième versé devient teruma. Mangé à son tour par inadvertance, il entraîne un cinquième sur le cinquième. Celui qui endommage sans manger, par exemple en jetant la teruma au fleuve, ne paie que le capital.
On a posé la question : lorsqu'il paie, paie-t-il selon la mesure, ou paie-t-il selon la valeur ? Partout où, au départ, cela valait quatre zouz, et à la fin cela vaut un zouz, ne pose pas la question : il paie certainement selon la valeur du départ, car il n'est pas inférieur à un voleur.
Car nous avons appris : tous les voleurs paient selon l'heure du vol.
Deux lectures du verset. Il exige des fruits, non de l'argent. Reste à fixer la quantité : la mesure mangée (griva pour griva), ou la valeur du moment de la consommation, versée en fruits.
Si le prix a baissé, la question tombe. Le bien du kohen est au moins protégé comme un vol : on recouvre la valeur de l'heure de la prise, ici quatre zouz, non le zouz résiduel.
Là où tu poses la question, c'est lorsqu'au départ cela valait un zouz, et à la fin cela vaut quatre. Qu'en est-il ?
Paie-t-il selon la mesure, le kohen lui disant : tu as mangé un griva, tu paies un griva ? Ou bien paie-t-il selon la valeur : tu as mangé pour un zouz, tu paies un zouz ?
Le cas ouvert est la hausse. Selon la mesure, le kohen reçoit un griva entier, désormais à quatre zouz. Selon la valeur, il reçoit pour un zouz de fruits, la valeur du jour où ils ont été mangés.
Rachi précise la seconde branche : l'exigence de fruits fixe l'espèce du paiement, et la quantité suit quand même la valeur.
Rav Yossef dit : viens et entends. Celui qui a mangé des figues sèches et lui a payé des dattes, qu'une bénédiction vienne sur lui.
Si tu dis qu'il paie selon la mesure, cela se tient : c'est pour cela qu'une bénédiction vient sur lui, car il a mangé un griva de figues sèches qui valait un zouz, et il donne un griva de dattes qui vaut quatre. Mais si tu dis qu'il paie selon la valeur, pourquoi une bénédiction viendrait-elle sur lui ?
Il a mangé pour un zouz, et il paie un zouz.
Rav Yossef apporte une baraïta. Remplacer des figues sèches par des dattes, à volume égal, fait monter la valeur de un à quatre zouz. La bénédiction ne se comprend, dit-il, que si la dette est une mesure : il a donné plus que la valeur mangée.
Si la dette est une valeur, un zouz pour un zouz, la formule n'a plus de motif.
Abayé dit : en tout état de cause, il paie selon la valeur. Et pourquoi une bénédiction vient-elle sur lui ?
Parce qu'il a mangé une chose sur laquelle les acheteurs ne se précipitent pas, et il paie une chose sur laquelle les acheteurs se précipitent.
Abayé maintient le paiement selon la valeur. La bénédiction ne vise pas un surplus de prix. Les dattes s'enlèvent sur le marché, les figues sèches non. À valeur égale, le kohen reçoit une marchandise plus facile à revendre.
Rachi glose "zavinei" : les acheteurs.
Nous avons appris : celui qui mange de la teruma de hametz à Pessa'h, par inadvertance, paie le capital et le cinquième. Si tu dis qu'il paie selon la mesure, c'est bien.
Mais si tu dis qu'il paie selon la valeur, le hametz à Pessa'h a-t-il une valeur ? Si.
De qui est cette michna ? Elle est de Rabbi Yosse ha-Gelili, qui dit que le hametz à Pessa'h est permis à la jouissance.
La michna du daf précédent sert d'objection. Selon la mesure, le hametz sans prix se paie quand même, griva pour griva. Selon la valeur, un hametz interdit à toute jouissance ne vaut rien, et le paiement tombe.
La réponse : la michna suit Rabbi Yosse ha-Gelili. Chez lui, le hametz de Pessa'h reste permis à la jouissance, donc il a une valeur.
S'il en est ainsi, dis la fin : de propos délibéré, il est exempt des paiements et de la valeur du bois. Si c'est Rabbi Yosse ha-Gelili, pourquoi est-il exempt des paiements et de la valeur du bois ?
La seifa gêne l'attribution à Rabbi Yosse ha-Gelili. Le mezid sur la teruma ne paie pas le cinquième : il est un voleur, et un voleur paie la valeur.
Chez les Sages, cette valeur est nulle, d'où l'exemption, y compris du prix du bois. Chez Rabbi Yosse ha-Gelili, le hametz a une valeur de jouissance. L'exemption de la seifa demande une autre raison.
Il tient cela selon Rabbi Nehounia ben ha-Kana. Car on a enseigné : Rabbi Nehounia ben ha-Kana rendait Yom Kippour semblable au Chabbat pour les paiements, etc.
Rabbi Nehounia ben ha-Kana aligne Yom Kippour sur Chabbat pour l'argent : qui encourt le karet ne paie pas le dommage commis dans le même acte. Rachi étend cela à la mort par le Ciel, celle du zar qui mange la teruma de propos délibéré.
La reisha n'est tenable que si les deux fautes sont un shogeg : shogeg sur le hametz, sinon le karet exempterait ; shogeg sur la teruma, sinon il n'y a pas de cinquième. La seifa est un mezid sur la teruma. L'exemption vient de cette mort, même si le hametz n'était qu'une erreur.
C'est un débat de tannaïm. Celui qui mange de la teruma de hametz à Pessa'h est exempt des paiements et de la valeur du bois, paroles de Rabbi Akiva.
Rabbi Yo'hanan ben Nouri le rend tenu. Rabbi Akiva dit à Rabbi Yo'hanan ben Nouri : quelle jouissance a-t-il en cela ?
Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit à Rabbi Akiva : et quelle jouissance y a-t-il pour celui qui mange de la teruma impure le reste de tous les jours de l'année, puisqu'il paie ?
La question mesure ou valeur est ici un débat de tannaïm. Rabbi Akiva exempte, shogeg comme mezid : le kohen ne perd aucune jouissance. Rabbi Yo'hanan ben Nouri rend tenu.
Son attaque : on paie la teruma impure toute l'année, alors que le kohen ne peut pas la manger. Rachi lit cette obligation comme un paiement selon la mesure, valable même quand l'aliment n'a pas de prix.
Il lui dit : non. Si tu dis cela de la teruma impure le reste des jours de l'année, où, bien qu'il n'ait pas l'autorisation de la manger, il a l'autorisation de la brûler, le diras-tu de celle-ci, où il n'a ni l'autorisation de la manger, ni l'autorisation de la brûler ?
À quoi cela ressemble-t-il ? À la teruma de mûres et de raisins devenue impure, où il n'a ni l'autorisation de la manger, ni l'autorisation de la brûler.
Rabbi Akiva casse la comparaison. La teruma impure du reste de l'année se brûle : le kohen en tire la chaleur. Le verset lui donne les deux teroumot, la pure et l'impure.
La teruma de hametz à Pessa'h ne se mange pas et ne se brûle pas. Le modèle juste est la teruma de mûres et de raisins devenue impure : liquide, impropre au feu, et qu'on ne répand pas, à cause de l'écueil. Là, Rabbi Akiva exempte, et Rabbi Yo'hanan ben Nouri tient encore, au nom de la mesure.
Dans quel cas ces paroles sont-elles dites ? Lorsqu'il a prélevé la teruma et qu'elle a fermenté.
Mais s'il prélève une teruma de hametz, de l'avis de tous elle n'est pas consacrée.
Le débat ne porte que sur une teruma déjà consacrée qui devient hametz ensuite, ou, dit Rachi, prélevée hametz avant Pessa'h.
Prélever pendant Pessa'h sur du hametz : tous disent que la sainteté ne prend pas. Cela vaut même pour Rabbi Yosse ha-Gelili, chez qui ce hametz aurait pourtant une valeur de chauffage. La raison viendra à la fin de la discussion.
On enseigne une autre baraïta : "et il donnera au kohen le kodash", une chose propre à être kodash. À l'exclusion de celui qui mange de la teruma de hametz à Pessa'h, qui est exempt des paiements et de la valeur du bois, paroles de Rabbi Eliezer ben Yaakov.
Et Rabbi Elazar Hisma le rend tenu. Rabbi Eliezer ben Yaakov dit à Rabbi Elazar Hisma : quelle jouissance a-t-il en cela ?
Rabbi Elazar Hisma dit à Rabbi Eliezer ben Yaakov : quelle jouissance a-t-il, celui qui mange de la teruma impure le reste des jours de l'année, puisqu'il paie ?
Seconde baraïta, même débat sous d'autres noms. Le verset "ve-natan la-kohen et ha-kodech" exige un paiement apte à devenir kodash. Rabbi Eliezer ben Yaakov en exclut la teruma de hametz à Pessa'h : l'équivalent rendu ne peut pas recevoir ce nom. Rabbi Elazar Hisma rend tenu, et reprend l'argument de la teruma impure.
Tossefot, au nom de Rabbeinou Tam : l'heure de validité ne sauve le prélèvement que dans la logique de Rabbi Yosse ha-Gelili. Pour Rabbi Eliezer ben Yaakov, le hametz interdit à la jouissance ne constitue pas une remise, même s'il a été teruma avant Pessa'h.
Il lui dit : non. Si tu dis cela de la teruma impure le reste des jours de l'année, où, bien qu'il n'ait pas l'autorisation de la manger, il a l'autorisation de la brûler, le diras-tu de celle-ci, où il n'a ni l'autorisation de la manger, ni l'autorisation de la brûler ?
Il lui dit : même pour celle-ci, il a l'autorisation de la brûler. Car si le kohen le veut, il la jette devant son chien, ou il la brûle sous son plat.
Rabbi Eliezer ben Yaakov répète la distinction : la teruma impure se brûle, la teruma de hametz à Pessa'h non.
Rabbi Elazar Hisma refuse la prémisse. Même ce hametz a une jouissance : le kohen le jette devant son chien, ou le brûle sous son plat. Il suit Rabbi Yosse ha-Gelili, pour qui le hametz de Pessa'h est permis à la jouissance. Il y a donc une perte, et un paiement.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).