Sougya : Rav Huna fils de Rav Yehoshua, repris de la fin de 33a, lit "reshit" : la teruma doit laisser des restes reconnaissables pour Israël. Le hametz qui n'a jamais eu d'heure de validité ne change pas le statut du reste, donc ce prélèvement ne devient pas teruma.
Rabbi Yo'hanan permet ensuite de fouler des raisins impurs par quantités inférieures à un kebeitza : le jus est déposé dans la peau, et le vin reste apte aux nesakhim. Rav Hisda tient le jus pour absorbé dans la chair.
La fin du daf limite l'allumage de la teruma impure : le pain se jette parmi les bois, l'huile va dans un récipient répugnant, et le blé divise Hizkiya et Rav Huna d'avec Rabbi Yo'hanan.
Il dit : le verset dit "reshit", que ses restes soient reconnaissables pour Israël. Celle-ci est exclue, elle dont les restes ne sont pas reconnaissables.
Le sujet est Rav Huna fils de Rav Yehoshua, nommé à la fin de 33a. Le verset de la teruma, reshit (Deutéronome 18:4), exige une première part : le prélèvement doit laisser un reste dont le statut a changé pour Israël.
Rachi mesure ce changement sur le hametz. En tevel, jouissance permise et manducation interdite. Après le prélèvement, même bilan, à cause du hametz. Rien de nouveau n'a été permis. Les restes ne sont pas reconnaissables, et ce prélèvement ne devient pas teruma.
Tossefot tente l'allumage : le tevel impur ne se brûle pas, et dès la harama (prélèvement) les restes se brûlent. La réponse borne la derasha mishmeret terumotai aux deux terumot, pure et impure. Le tevel de hametz, on pouvait déjà l'allumer.
Rav Aha bar Rav Avya était assis devant Rav Hisda, et il était assis et disait au nom de Rabbi Yo'hanan : des raisins qui sont devenus impurs, on les foule moins que moins d'un kebeitza, et leur vin est apte aux nesakhim. Il en ressort qu'il tient : les liquides sont déposés.
Quand deviennent-ils impurs ? Lorsqu'on les presse.
Lorsqu'on les presse, la mesure n'y est plus.
Rabbi Yo'hanan donne un procédé : fouler les raisins impurs par fournées dont chacune est sous un kebeitza (volume d'un œuf). Le vin reste pur, jusqu'à servir aux nesakhim (libations de l'autel).
Le jus est mifkad pekidi : déposé dans la peau comme dans un vase, sans être l'aliment lui-même. L'impureté de la peau ne l'atteint pas. Il ne porte le nom de liquide qu'à la sortie. À cet instant les peaux sont sous le kebeitza, et un aliment ne transmet l'impureté qu'à partir de ce volume.
S'il en est ainsi, un kebeitza aussi ? Car nous avons appris : un impur par un mort qui a pressé des olives et des raisins, un kebeitza exact, ils sont purs !
Là, c'est s'il a déjà fait. Ici, c'est au départ.
Décret : de peur qu'il n'en vienne à faire plus d'un kebeitza.
La michna de Taharot déclare pur le liquide issu d'un kebeitza exact pressé par un impur par un mort. Dès la première goutte, l'aliment passe sous la mesure qui transmet l'impureté. Pourquoi Rabbi Yo'hanan exige-t-il moins que cette mesure ?
La michna vise le bediavad (acte déjà fait). Rabbi Yo'hanan parle lekhathila (au départ). Un décret craint le léger dépassement : la première goutte sortirait alors qu'un kebeitza d'aliment est encore là, deviendrait impure, et se mêlerait au reste.
Rachi précise les conditions : ne pas toucher le liquide, fouler dans un bois plat qui ne reçoit pas l'impureté. Un zav, impur par heset (déplacement), rend le liquide impur dès la première goutte, par massa (port), même sur un seul grain.
Rav Hisda lui dit : qui t'écoutera, toi et Rabbi Yo'hanan ton maître ? Et l'impureté qui est en eux, où est-elle allée ?
Il en ressort qu'il tient : les liquides sont absorbés. Et puisque l'aliment est devenu impur pour lui, les liquides sont devenus impurs pour lui.
Rav Hisda refuse le procédé. Si le jus était déjà dans le raisin au moment de l'impureté, elle ne disparaît pas à la sortie.
Il tient mivla bliei : le jus est absorbé dans la chair et joint à elle. L'impureté de l'aliment est aussi l'impureté du jus. Fouler sous le kebeitza ne rend pas ce vin pur.
Il lui dit : et toi, tu ne tiens pas que les liquides sont déposés ? Or nous avons appris : un impur par un mort qui a pressé des olives et des raisins, un kebeitza exact, ils sont purs.
Cela se comprend si tu dis qu'ils sont déposés : c'est pour cela qu'ils sont purs. Mais si tu dis qu'ils sont absorbés, pourquoi sont-ils purs ?
Rav Aha retourne la michna contre Rav Hisda. Si le jus est absorbé et joint au raisin, le contact de l'impur par un mort a déjà rendu le jus impur, même sans toucher le liquide.
La michna dit pourtant que le liquide pressé d'un kebeitza exact est pur. Ce verdict suit la thèse du jus déposé : l'impureté est restée sur la peau, et au pressage la mesure manque.
Il lui dit : ici, de quoi s'agit-il ? De raisins qui n'ont pas été rendus susceptibles.
Quand deviennent-ils susceptibles ? Lorsqu'on les presse.
Lorsqu'on les presse, leur mesure diminue. Car si tu ne dis pas ainsi, ceci qui est enseigné : à quoi cela ressemble-t-il ?
À la teruma de mûres (olives) et de raisins qui est devenue impure, pour laquelle il n'a ni permission de manger, ni permission de chauffer. Or il y a bien aussi une permission de manger : s'il veut, il les foule moins que moins d'un kebeitza.
Rav Hisda borne la michna à des raisins jamais hukhshar (rendus susceptibles par un liquide). L'aliment sec ne reçoit pas l'impureté. Leur propre jus les rend susceptibles au moment du pressage, et à cet instant le volume est déjà sous le kebeitza.
Il retourne ensuite la baraita du hametz. Une teruma de mûres et de raisins impure n'a ni permission de manger ni permission de chauffer. Si le jus était seulement déposé, fouler sous le kebeitza donnerait un jus mangeable. Rachi lit donc la preuve comme un appui au jus absorbé.
Tossefot : Rabbeinou Tam en tire que la réception en toute quantité, chez Rachi, ne tient pas de la Torah. Le Ri : l'hekhsher lui-même exige un kebeitza, car "acher yavo alav mayim" porte sur l'aliment de "acher ye'akhel". La suite montre que Rachi s'est rétracté : sous le kebeitza, la pâte ne reçoit pas l'impureté.
Rava dit : décret, de peur qu'il n'arrive par eux à une faute. Abaye lui dit : et craignons-nous une faute ?
Or on enseigne : on allume avec du pain et de l'huile de teruma qui est devenue impure. Il lui dit : le pain, il le jette parmi les bois.
L'huile de teruma, il la met dans un récipient répugnant.
Rava retire à la baraita sa force de preuve. Même si de petites fournées donnaient un jus mangeable, un décret interdit de garder ces fruits : en foulant, il pourrait en manger. C'est la takala.
Abaye objecte la baraita de l'allumage : pain et huile de teruma impure restent à portée, et l'on s'en sert. Rava répond par la mise hors d'atteinte. Le pain est jeté parmi les bois. L'huile va dans un récipient répugnant. Rachi ajoute que l'huile brûle longtemps, et que l'on ne craint pas qu'on y touche pour manger.
La chose elle-même : on allume avec du pain et de l'huile de teruma qui est devenue impure. Abaye a dit au nom de Hizkiya, et Rava a dit que la maison de Rabbi Yitzhak bar Marta a dit que Rav Huna a dit : on n'a enseigné cela qu'au sujet du pain, mais le blé, non, de peur qu'il n'arrive par eux à une faute.
Et Rabbi Yo'hanan dit : même le blé. Et pourquoi ?
Craignons qu'il n'arrive par eux à une faute ! Comme Rav Ashi a dit :
La Guemara reprend la baraita pour elle-même. Hizkiya, par Abaye, et Rav Huna, par la maison de Rabbi Yitzhak bar Marta puis par Rava, limitent l'allumage au pain. Le blé jeté parmi les bois reste mangeable : on craint la takala.
Rabbi Yo'hanan permet même le blé. La question reste posée : pourquoi ne craint-il pas la faute ? La réponse commence par "comme Rav Ashi a dit" et continue au daf 34a.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).