Pesachim 33b - Reshit, le jus des raisins, et la faute à éviter

Pesachim 33b

Sougya : Rav Huna fils de Rav Yehoshua, repris de la fin de 33a, lit "reshit" : la teruma doit laisser des restes reconnaissables pour Israël. Le hametz qui n'a jamais eu d'heure de validité ne change pas le statut du reste, donc ce prélèvement ne devient pas teruma.

Rabbi Yo'hanan permet ensuite de fouler des raisins impurs par quantités inférieures à un kebeitza : le jus est déposé dans la peau, et le vin reste apte aux nesakhim. Rav Hisda tient le jus pour absorbé dans la chair.

La fin du daf limite l'allumage de la teruma impure : le pain se jette parmi les bois, l'huile va dans un récipient répugnant, et le blé divise Hizkiya et Rav Huna d'avec Rabbi Yo'hanan.

Reshit : les restes doivent devenir reconnaissables Tevel de hametz Avant le prélèvement manger : interdit jouissance : permise Après le prélèvement manger : interdit, à cause du hametz jouissance : permise Restes non reconnaissables Ce prélèvement ne sanctifie pas Tevel impur (Tossefot) Avant la harama on n'allume pas avec lui Dès la harama on allume avec les restes Le verset ne vise que deux terumot : pure et impure Là-bas, le changement se voit Pourquoi l'allumage ne sauve pas le hametz Le tevel de hametz, on peut déjà l'allumer avant de prélever. Aucune permission nouvelle n'apparaît dans les restes.
Reshit exige des restes reconnaissables. Le hametz garde le même statut avant et après. Le tevel impur, lui, change : on ne l'allume qu'après la harama, et le verset ne vise que deux terumot.
Le jus du raisin : déposé ou absorbé Rabbi Yo'hanan mifkad pekidi Le jus est déposé dans la peau, comme un liquide dans un récipient. La peau impure ne le rend pas impur. On foule moins que moins d'un kebeitza. Au pressage, la mesure manque : les peaux ne peuvent plus rendre impur. Vin apte aux nesakhim Rav Hisda mivla bliei Le jus est absorbé dans la chair et joint à elle. Le raisin impur rend le jus impur. La michna du kebeitza exact vise des raisins non hukhshar. L'hekhsher naît au pressage, quand la mesure a déjà baissé. Le liquide reste pur La baraita, puis la réponse de Rava Teruma de mûres et de raisins impure : ni manger, ni chauffer. Si le jus est seulement déposé, on pourrait fouler sous le kebeitza et manger. Rava : même alors, décret de takala. On craint qu'en foulant il mange du fruit impur. La baraita ne tranche donc pas entre les deux lectures du jus.
Rabbi Yohanan : jus déposé dans la peau, foulage sous le kebeitza, vin apte aux nesakhim. Rav Hisda : jus absorbé. La michna vise des raisins non hukhshar. Rava explique la baraita par la crainte d'une faute.
Allumer la teruma impure : où s'arrête la permission Pain On le jette parmi les bois. Il devient répugnant. On ne viendra plus à le manger. Permis Huile On la met dans un récipient répugnant. Elle dure longtemps, et l'on ne craint pas qu'on en mange. Permise Blé Jeté parmi les bois, il ne devient pas répugnant. Hizkiya, Rav Huna : interdit Rabbi Yo'hanan : permis La question reste ouverte sur cette page Si le blé reste mangeable, pourquoi Rabbi Yo'hanan ne craint-il pas la takala ? La Guemara répond : comme Rav Ashi a dit. La suite est au daf 34a.
On allume le pain jeté parmi les bois, et l'huile placée dans un récipient répugnant. Le blé divise : Hizkiya et Rav Huna l'interdisent, Rabbi Yohanan le permet. La suite est chez Rav Ashi, au daf suivant.
1
אָמַר: אֲמַר קְרָא ״רֵאשִׁית״ — שֶׁשְּׁיָרֶיהָ נִיכָּרִין לְיִשְׂרָאֵל, יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵין שְׁיָרֶיהָ נִיכָּרִין.

Il dit : le verset dit "reshit", que ses restes soient reconnaissables pour Israël. Celle-ci est exclue, elle dont les restes ne sont pas reconnaissables.

📜 Rachi (1)
דְּאָמַר קְרָא רֵאשִׁית מַשְׁמַע שֶׁתְּהֵא הִיא רֵאשִׁית וְאֵלּוּ שִׁירַיִים נִיכָּרִים שֶׁתְּהֵא הִיא מַתִּירָתָן לְיִשְׂרָאֵל וְאִי בְּמַפְרִישׁ תְּרוּמַת חָמֵץ מָה הֶיתֵּר יֵשׁ בְּשִׁירֶיהָ שֶׁתְּהֵא רֵאשִׁיתָן עוֹשֶׂה שִׁירַיִים כִּי הָווּ מֵעִיקָּרָא טֶבֶל הָווּ שָׁרִי בַּהֲנָאָה וַאֲסוּרִין בַּאֲכִילָה הַשְׁתָּא נָמֵי שָׁרוּ בַּהֲנָאָה וַאֲסוּרִין בַּאֲכִילָה מִשּׁוּם חָמֵץ וּלְעִנְיַן מַאי הָווּ שִׁירַיִים:
Car le verset dit reshit. Cela implique qu'elle soit une première part, et que ces restes soient reconnaissables, en ce qu'elle les permet à Israël. Et si l'on prélève une teruma de hametz, quelle permission y a-t-il dans ses restes, pour que leur première part en fasse des restes ? Car au départ, lorsqu'ils étaient tevel, ils étaient permis en jouissance et interdits à la manducation. Maintenant aussi ils sont permis en jouissance et interdits à la manducation, à cause du hametz. À quel égard sont-ils devenus des restes ?
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר קְרָא רֵאשִׁית שֶׁשְּׁיָרֶיהָ נִיכָּרִים וְאִם תֹּאמַר וְהָא שְׁיָרֶיהָ נִיכָּרִים דְּמֵעִיקָּרָא הֲוָה אֲסִירָא בַּהֲנָאָה שֶׁל כִּילּוּי כְּגוֹן הַדְלָקָה וְכַיּוֹצֵא בּוֹ מִידִי דַּהֲוָה אַטֶּבֶל טָמֵא דְּאֵין מַדְלִיקִין בּוֹ וּמִשְּׁעַת הֲרָמָה וְאֵילָךְ מַדְלִיקִין בּוֹ וְי"ל דְּדַוְקָא בְּטֶבֶל טָמֵא אֵין מַדְלִיקִין כִּדְדָרְשִׁינַן אֶת מִשְׁמֶרֶת תְּרוּמֹותָי בִּשְׁתֵּי תְרוּמוֹת הַכָּתוּב מְדַבֵּר מַה תְּרוּמָה טְהוֹרָה אֵין לְךָ בָּהּ אֶלָּא מִשְּׁעַת הֲרָמָה וְאֵילָךְ אַף תְּרוּמָה וְכוּ' אֲבָל בְּטֶבֶל שֶׁל חָמֵץ מַדְלִיקִין דְּלָא אַיְירֵי אֶלָּא בִּשְׁתֵּי תְּרוּמוֹת:
Le verset dit reshit, que ses restes soient reconnaissables. Et si tu dis : pourtant ses restes sont reconnaissables, car au départ elle était interdite pour une jouissance de destruction, comme l'allumage et ce qui y ressemble, à l'instar du tevel impur, avec lequel on n'allume pas, alors que dès l'instant du prélèvement on allume avec lui. On peut répondre : c'est seulement avec le tevel impur qu'on n'allume pas, comme nous l'interprétons "et mishmeret terumotai" : le verset parle de deux terumot. De même que, pour la teruma pure, tu n'as de droit sur elle qu'à partir de l'instant du prélèvement, de même pour la teruma. Mais avec le tevel de hametz, on allume, car il ne traite que de deux terumot.
💡 Explication

Le sujet est Rav Huna fils de Rav Yehoshua, nommé à la fin de 33a. Le verset de la teruma, reshit (Deutéronome 18:4), exige une première part : le prélèvement doit laisser un reste dont le statut a changé pour Israël.

Rachi mesure ce changement sur le hametz. En tevel, jouissance permise et manducation interdite. Après le prélèvement, même bilan, à cause du hametz. Rien de nouveau n'a été permis. Les restes ne sont pas reconnaissables, et ce prélèvement ne devient pas teruma.

Tossefot tente l'allumage : le tevel impur ne se brûle pas, et dès la harama (prélèvement) les restes se brûlent. La réponse borne la derasha mishmeret terumotai aux deux terumot, pure et impure. Le tevel de hametz, on pouvait déjà l'allumer.

🖼️ Schéma
Reshit : les restes doivent devenir reconnaissables Tevel de hametz Avant le prélèvement manger : interdit jouissance : permise Après le prélèvement manger : interdit, à cause du hametz jouissance : permise Restes non reconnaissables Ce prélèvement ne sanctifie pas Tevel impur (Tossefot) Avant la harama on n'allume pas avec lui Dès la harama on allume avec les restes Le verset ne vise que deux terumot : pure et impure Là-bas, le changement se voit Pourquoi l'allumage ne sauve pas le hametz Le tevel de hametz, on peut déjà l'allumer avant de prélever. Aucune permission nouvelle n'apparaît dans les restes.
Le hametz garde le même statut avant et après le prélèvement. Le tevel impur, lui, change à l'allumage.
2
יָתֵיב רַב אַחָא בַּר רַב עַוְיָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא, וְיָתֵיב וְאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: עֲנָבִים שֶׁנִּטְמְאוּ — דּוֹרְכָן פָּחוֹת פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה, וְיֵינָן כָּשֵׁר לִנְסָכִין. אַלְמָא קָסָבַר: מַשְׁקִין מִיפְקָד פְּקִידִי, לְאֵימַת קָא מִיטַּמְּאַי — לְכִי סָחִיט לְהוּ. לְכִי סָחֵיט לְהוּ לֵיתֵיהּ לְשִׁיעוּרֵיהּ.

Rav Aha bar Rav Avya était assis devant Rav Hisda, et il était assis et disait au nom de Rabbi Yo'hanan : des raisins qui sont devenus impurs, on les foule moins que moins d'un kebeitza, et leur vin est apte aux nesakhim. Il en ressort qu'il tient : les liquides sont déposés.

Quand deviennent-ils impurs ? Lorsqu'on les presse.

Lorsqu'on les presse, la mesure n'y est plus.

📜 Rachi (4)
פָּחוֹת מִכַּבֵּיצָה אֹוכֶל טָמֵא אֵין מְטַמֵּא אֲחֵרִים:
Moins d'un kebeitza. Un aliment impur ne rend pas les autres impurs.
וְיֵינָן כָּשֵׁר לִנְסָכִים דְּאֵינוֹ מְטַמֵּא:
Et leur vin est apte aux nesakhim, car il ne devient pas impur.
קָסָבַר מַשְׁקִין מִיפְקָד פְּקִידִי מֻופְקָדִין הֵן בְּתוֹךְ הַזָּג וְאֵינָן חִיבּוּר לוֹ אֶלָּא כְּמִי שֶׁנּוֹתְנִין בִּכְלִי וּכְשֶׁנִּטְמָא הַזָּג לֹא נִטְמָא מַשְׁקֶה בִּכְלַל זָג טֻומְאַת אֳוכָלִין דְּלָאו אֹוכֶל דִּכְוָותֵיהּ חֲשִׁיבִי בַּהֲדַיְיהוּ וְטֻומְאַת מַשְׁקִין נָמֵי לֹא נִטְמְאוּ ואע"פ שֶׁמַּשְׁקֶה מְקַבֵּל טֻומְאָה בְּכָל שֶׁהוּא דְּלָא הָיָה שֵׁם מַשְׁקֶה עָלָיו מֵעוֹלָם וְאֵין צֵירוּף חֲבֵירָיו עִמּוֹ דְּהָא זָג זֶה לֹא נָגַע בַּמַּשְׁקִין שֶׁבַּחֲבֵירוֹ:
Il tient que les liquides sont déposés. Ils sont déposés à l'intérieur de la peau, et ils ne lui sont pas joints : c'est comme ce que l'on place dans un récipient. Lorsque la peau est devenue impure, le liquide n'est pas devenu impur en tant qu'inclus dans la peau par une impureté d'aliments, car ils ne sont pas comptés comme un aliment de même sorte avec elle. Une impureté de liquides non plus : ils ne sont pas devenus impurs, bien qu'un liquide reçoive l'impureté en toute quantité, parce que le nom de liquide n'a jamais été sur lui. Et il n'y a pas de réunion avec son voisin, car cette peau n'a pas touché le liquide qui est dans son voisin.
לְאֵימַת מִיטַּמּוּ מַשְׁקִין לְכִי סָחִיט לְהוּ וְהַנִּסְחָטִין נוֹגְעִין לְכָל הַזַּגִּים יַחַד וְכִי סָחֵיט לְהוּ לֵיתֵיהּ לְשִׁיעוּרֵיהּ דְּאֵין בַּזַּגִּין כַּבֵּיצָה לִיתֵּן טֻומְאָה דְּהָא פָּחוֹת מִכַּבֵּיצָה דֶּרֶךְ:
Quand deviennent-ils impurs ? Les liquides, lorsqu'on les presse, et les liquides pressés touchent toutes les peaux ensemble. Et lorsqu'on les presse, la mesure n'y est plus, car il n'y a pas dans les peaux un kebeitza pour donner l'impureté, puisqu'il foule moins d'un kebeitza.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan donne un procédé : fouler les raisins impurs par fournées dont chacune est sous un kebeitza (volume d'un œuf). Le vin reste pur, jusqu'à servir aux nesakhim (libations de l'autel).

Le jus est mifkad pekidi : déposé dans la peau comme dans un vase, sans être l'aliment lui-même. L'impureté de la peau ne l'atteint pas. Il ne porte le nom de liquide qu'à la sortie. À cet instant les peaux sont sous le kebeitza, et un aliment ne transmet l'impureté qu'à partir de ce volume.

3
אִי הָכִי, כַּבֵּיצָה נָמֵי? דְּהִתְנָן: טְמֵא מֵת שֶׁסָּחַט זֵיתִים וַעֲנָבִים כְּבֵיצָה מְכֻוֶּונֶת — טְהוֹרִין! הָתָם — דְּאִי עָבַד, הָכָא — לְכַתְּחִלָּה. גְּזֵירָה דִּילְמָא אָתֵי לְמֶיעְבַּד יוֹתֵר מִכְּבֵיצָה.

S'il en est ainsi, un kebeitza aussi ? Car nous avons appris : un impur par un mort qui a pressé des olives et des raisins, un kebeitza exact, ils sont purs !

Là, c'est s'il a déjà fait. Ici, c'est au départ.

Décret : de peur qu'il n'en vienne à faire plus d'un kebeitza.

📜 Rachi (3)
בְּכַבֵּיצָה נָמֵי דְּהָא כִּי נָפֵיק מַשְׁקִין מִינַּייְהוּ חָסֵר לֵיהּ שִׁיעוּרֵיהּ אֹוכֶל וּמַשְׁקֶה מְקַבֵּל טֻומְאָה בְּכָל שֶׁהֵן אֲבָל אֵין מְטַמֵּא אֲחֵרִים אֶלָּא אֹוכֶל כַּבֵּיצָה וּמַשְׁקֶה בִּרְבִיעִית וְהָכִי תַּנְיָא בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים מִכָּל הָאֹוכֶל מְלַמֵּד שֶׁמְּטַמֵּא בְּכָל שֶׁהוּא יָכוֹל יִטַּמָּא לַאֲחֵרִים בְּכָל שֶׁהוּא ת"ל אֲשֶׁר יֵאָכֵל אֹוכֶל הַנֶּאֱכָל בְּבַת אֶחָת וְהַייְנוּ כַּבֵּיצָה כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק יוה"כ (יוֹמָא פ.) אֵין בֵּית הַבְּלִיעָה מַחֲזֶקֶת יוֹתֵר מִבֵּיצַת תַּרְנְגֹולֶת וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי דְּאַף לְקַבֵּל טֻומְאָה בָּעֵי כַּבֵּיצָה:
Même pour un kebeitza. Car lorsque le liquide en sort, la mesure de l'aliment manque. Le liquide reçoit l'impureté en toute quantité, mais il ne rend les autres impurs que pour un aliment d'un kebeitza et un liquide d'un reviit. Et c'est ainsi qu'on enseigne dans le Torat Kohanim : "de tout aliment" enseigne qu'il devient impur en toute quantité. On pourrait penser qu'il rend les autres impurs en toute quantité. Le verset dit "qui sera mangé" : un aliment mangé en une seule fois, c'est-à-dire un kebeitza, comme nous le disons au chapitre de Yom Kippour (Yoma 80a) : la cavité de la déglutition ne contient pas plus qu'un œuf de poule. Et j'ai entendu dire que même pour recevoir l'impureté il faut un kebeitza.
טְמֵא מֵת שֶׁסָּחַט זֵיתִים וַעֲנָבִים כְּבֵיצָה מְכֻוֶּונֶת טָהוֹר וְכִדְמַסִּיק מִילְּתָא בְּמַסֶּכֶת טְהָרוֹת וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִגַּע בְּמַשְׁקֶה וּכְגוֹן שֶׁדַּרְכָּן בִּפְשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ שֶׁאֵין מְטַמְּאִין שֶׁאֵין כָּאן מְטַמֵּא מַשְׁקֶה אֶלָּא הַזָּגִין שֶׁנָּגַע בָּהֶן הַטָּמֵא קֹודֶם לָכֵן בְּיָדַיִם שֶׁהוּא לֹא נִזְהָר אֶלָּא מִשֶּׁיָּצָא מַשְׁקֶה וּכְשֶׁהַמַּשְׁקִין נוֹגְעִין בַּזַּגִּין כְּבָר חָסֵר שִׁיעוּר כַּבֵּיצָה וְיוֹתֵר מִכַּבֵּיצָה כָּל דְּהוּ קָתָנֵי הָתָם בְּהֶדְיָא טָמֵא שֶׁכֵּיוָן שֶׁיָּצָא טִפָּה רִאשׁוֹנָה נִטְמֵאת הַטִּפָּה בְּכַבֵּיצָה שֶׁעֲדַיִין הָיָה בָּאֹוכֶל כַּבֵּיצָה אע"ג דְּאֵין מַשְׁקֶה הַנִּבְלָע בָּאֹוכֶל מְקַבֵּל טֻומְאָה עִמּוֹ מַשְׁלִים הוּא אֶת שִׁיעוּרוֹ דְּדִכְווָתֵהּ תְּנַן הָתָם טוּבָא וּבִמְנָחוֹת (דַּף נד:) נָמֵי מַיְיתֵי לָהּ בַּגְּמָרָא כַּבֵּיצָה אֳוכָלִין שֶׁהִנִּיחוֹ בַּחַמָּה וְנִתְמַעֲטוּ טְהוֹרִין וְכֵן כַּזַּיִת חֵלֶב וּפִיגּוּל וְנוֹתָר חָזַר וְהִנִּיחָן בַּגְּשָׁמִים וְתָפְחוּ טְמֵאִין וְחַיָּיבִין עֲלֵיהֶן מִשּׁוּם פִּיגּוּל וְנוֹתָר וָחֵלֶב ואע"ג דִּגְשָׁמִים הַנִּבְלָעִין בְּתוֹכוֹ לָאו חֵלֶב נִינְהוּ דְּאִי סָחִיט לְהוּ וְשָׁתֵי מִינַּייְהוּ כַּזַּיִת פָּטוּר אֲפִילּוּ הָכֵי כָּל כַּמָּה דִּבְגַוֵּוהּ נִינְהוּ מְשַׁלְּמִי לְשִׁיעוּרֵיהּ וְטָמֵא מֵת דַּוְקָא נְקַט שֶׁאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּהֶיסֵּט וְהוּא הַדִּין לְטַמֵּא שֶׁרֶץ וְכָל טוֹמֵא מַגָּע וְרֵישָׁא דְּכוּלְּהוּ נְקַט אֲבָל זָב שֶׁמְּטַמֵּא בְּהֶיסֵּט שֶׁסָּחַט אֲפִילּוּ גַּרְגִּיר יְחִידִי תְּנַן הָתָם דִּמְטַמֵּא אֲפִילּוּ בִּפְשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ דְּכֵיוָן דְּיָצָאת טִפָּה רִאשׁוֹנָה וְנִטְבַּל הָעֵץ וְהִגְבִּיהוֹ נִטְמְאוּ מַשְׁקִין שֶׁעַל הָעֵץ בְּמַשָּׂא דְּמַשְׁקֶה מְקַבֵּל טֻומְאָה בְּכָל שֶׁהוּא וּכְשֶׁחָזַר וּנְתָנוֹ לְתוֹכוֹ נִתְעָרֵב טָמֵא בְּטָהוֹר וְהַכֹּל טָמֵא:
Un impur par un mort qui a pressé des olives et des raisins, un kebeitza exact : c'est pur. Et comme la chose est conclue dans le traité Taharot : à condition qu'il ne touche pas le liquide, et par exemple s'il les a foulés dans des ustensiles de bois plats, qui ne reçoivent pas l'impureté. Il n'y a ici, pour rendre le liquide impur, que les peaux que l'impur a touchées auparavant de ses mains, car il ne se gardait qu'à partir du moment où le liquide est sorti. Et lorsque les liquides touchent les peaux, la mesure d'un kebeitza manque déjà. Et pour plus d'un kebeitza, si peu que ce soit, on enseigne là explicitement que c'est impur : dès que la première goutte est sortie, la goutte est devenue impure par le kebeitza, car il y avait encore dans l'aliment un kebeitza. Bien que le liquide absorbé dans l'aliment ne reçoive pas l'impureté avec lui, il complète sa mesure. Car un cas semblable, on l'apprend là en beaucoup d'endroits, et dans Menahot (54b) aussi la Guemara le cite : un kebeitza d'aliments qu'on a laissés au soleil et qui ont diminué, purs. De même un kezayit de graisse, de pigul et de notar : on les a remis sous la pluie et ils ont gonflé, ils sont impurs, et l'on est passible à leur sujet pour pigul, notar et graisse. Bien que la pluie absorbée à l'intérieur ne soit pas de la graisse, car s'il la pressé et en boit un kezayit il est exempt, néanmoins, tant qu'elle est à l'intérieur, elle complète sa mesure. Et c'est un impur par un mort, précisément, qu'il prend, car il ne rend pas impur par heset. Et il en va de même pour un impur par un sheretz et toute impureté de contact : il prend le premier de tous ces cas. Mais un zav, qui rend impur par heset, s'il a pressé même un seul grain, on apprend là qu'il rend impur même avec des ustensiles de bois plats. Car dès que la première goutte est sortie, que le bois a été mouillé et qu'il l'a soulevé, les liquides qui sont sur le bois sont devenus impurs par massa, puisqu'un liquide reçoit l'impureté en toute quantité. Et lorsqu'il l'a remis dedans, de l'impur s'est mêlé au pur, et tout est impur.
הָתָם דְּאִי עֲבִיד קָאָמַר שֶׁסָּחַט אֲבָל הָכָא בְּבָא לִימָּלֵךְ מַה יַעֲשֶׂה נֵימָא לֵיהּ דְּרוֹךְ פָּחוֹת מִכַּבֵּיצָה אֲבָל כַּבֵּיצָה לֹא דִּילְמָא אָתֵי לְמֶיעְבַּד יוֹתֵר מִכְּבֵיצָה כָּל שֶׁהוּא וּכְשֶׁיּוֹצְאָהּ טִפָּה רִאשׁוֹנָה עֲדַיִין יֵשׁ בָּאֹוכֶל כַּבֵּיצָה וְנִטְמֵאת הַטִּפָּה וְחוֹזֶרֶת וּמִתְעָרֶבֶת בַּמַּשְׁקִין:
Là, il parle du cas où il a déjà agi : il a pressé. Mais ici, pour celui qui vient demander ce qu'il doit faire, nous lui disons : foule moins d'un kebeitza. Un kebeitza, non, de peur qu'il n'en vienne à faire plus d'un kebeitza, si peu que ce soit. Et lorsque la première goutte sort, il y a encore dans l'aliment un kebeitza, la goutte devient impure, et elle se mêle de nouveau aux liquides.
💡 Explication

La michna de Taharot déclare pur le liquide issu d'un kebeitza exact pressé par un impur par un mort. Dès la première goutte, l'aliment passe sous la mesure qui transmet l'impureté. Pourquoi Rabbi Yo'hanan exige-t-il moins que cette mesure ?

La michna vise le bediavad (acte déjà fait). Rabbi Yo'hanan parle lekhathila (au départ). Un décret craint le léger dépassement : la première goutte sortirait alors qu'un kebeitza d'aliment est encore là, deviendrait impure, et se mêlerait au reste.

Rachi précise les conditions : ne pas toucher le liquide, fouler dans un bois plat qui ne reçoit pas l'impureté. Un zav, impur par heset (déplacement), rend le liquide impur dès la première goutte, par massa (port), même sur un seul grain.

🖼️ Schéma
La première goutte et le kebeitza Kebeitza exact La première goutte sort. Il reste moins d'un kebeitza d'aliment. L'aliment ne rend plus le liquide impur. Bediavad : pur Michna de Taharot Plus d'un kebeitza La première goutte sort. Il reste encore un kebeitza dans l'aliment. La goutte devient impure, puis se mêle au reste. Tout le liquide est impur Lekhathila : moins que moins d'un kebeitza Si l'on autorisait le kebeitza exact, il pourrait en fouler un peu plus. Le décret empêche ce dépassement.
Au kebeitza exact, la première goutte laisse l'aliment sous la mesure. Au-dessus, elle sort encore impure et se mêle au reste.
4
אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: מַאן צָייֵת לָךְ וּלְרַבִּי יוֹחָנָן רַבָּךְ? וְכִי טֻומְאָה שֶׁבָּהֶן לְהֵיכָן הָלְכָה? אַלְמָא קָא סָבַר: מַשְׁקִין מִיבְלָע בְּלִיעִי. וְכֵיוָן דְּאִיטַּמּוֹ לֵיהּ אֻוכְלָא, אִיטַּמוּ לֵיהּ מַשְׁקִין.

Rav Hisda lui dit : qui t'écoutera, toi et Rabbi Yo'hanan ton maître ? Et l'impureté qui est en eux, où est-elle allée ?

Il en ressort qu'il tient : les liquides sont absorbés. Et puisque l'aliment est devenu impur pour lui, les liquides sont devenus impurs pour lui.

📜 Rachi (2)
טֻומְאָה שֶׁבָּהֶן שֶׁקִּיבְּלוּ תְּחִלָּה עִם הָאֹוכֶל כְּשֶׁנִּטְמְאוּ הָעֲנָבִים:
L'impureté qui est en eux : celle qu'ils ont reçue d'abord avec l'aliment, lorsque les raisins sont devenus impurs.
מַשְׁקִין בְּלִיעִי בָּאֹוכֶל הֵן בָּלוֹעִין מִכָּל דָּפְנוֹתָיו וְחִיבּוּר הֵן לוֹ וְנִטְמְאוּ עִמּוֹ:
Les liquides sont absorbés : ils sont absorbés dans l'aliment par toutes ses parois, ils lui sont joints, et ils sont devenus impurs avec lui.
💡 Explication

Rav Hisda refuse le procédé. Si le jus était déjà dans le raisin au moment de l'impureté, elle ne disparaît pas à la sortie.

Il tient mivla bliei : le jus est absorbé dans la chair et joint à elle. L'impureté de l'aliment est aussi l'impureté du jus. Fouler sous le kebeitza ne rend pas ce vin pur.

5
אֲמַר לֵיהּ: וְאַתְּ לָא תִּיסְבְּרָא דְּמַשְׁקִין מִיפְקָד פְּקִידִי? וְהִתְנָן: טְמֵא מֵת שֶׁסָּחַט זֵיתִים וַעֲנָבִים מְכֻוֶּונֶת כְּבֵיצָה — טְהוֹרִין. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא מִיפְקָד פְּקִידִי — מִשּׁוּם הָכִי טְהוֹרִין, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ מִיבְלָע בְּלִיעִי — אַמַּאי טְהוֹרִין?

Il lui dit : et toi, tu ne tiens pas que les liquides sont déposés ? Or nous avons appris : un impur par un mort qui a pressé des olives et des raisins, un kebeitza exact, ils sont purs.

Cela se comprend si tu dis qu'ils sont déposés : c'est pour cela qu'ils sont purs. Mais si tu dis qu'ils sont absorbés, pourquoi sont-ils purs ?

📜 Rachi (1)
אַמַּאי טְהוֹרִין הֲרֵי נִטְמְאוּ הָעֲנָבִים בְּמַגַּע טְמֵא מֵת ואע"פ שֶׁלֹּא נָגַע בְּמַשְׁקֶה נִטְמָא:
Pourquoi sont-ils purs ? Les raisins sont devenus impurs par le contact d'un impur par un mort, et bien qu'il n'ait pas touché le liquide, celui-ci est devenu impur.
💡 Explication

Rav Aha retourne la michna contre Rav Hisda. Si le jus est absorbé et joint au raisin, le contact de l'impur par un mort a déjà rendu le jus impur, même sans toucher le liquide.

La michna dit pourtant que le liquide pressé d'un kebeitza exact est pur. Ce verdict suit la thèse du jus déposé : l'impureté est restée sur la peau, et au pressage la mesure manque.

6
אֲמַר לֵיהּ: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן, בַּעֲנָבִים שֶׁלֹּא הֻוכְשְׁרוּ. לְאֵימַת מִתַּכְשְׁרִי? לְכִי סָחִיט לְהוּ. כִּי סָחֵיט לְהוּ — בְּצִיר לְהוּ שִׁיעוּרָא. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, הָא דְּתַנְיָא: הָא לְמַה זֶה דּוֹמֶה — לִתְרוּמַת תּוּתִין (זֵיתִים) וַעֲנָבִים שֶׁנִּטְמְאָה, שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ לֹא הֶיתֵּר אֲכִילָה וְלֹא הֶיתֵּר הַסָּקָה. הָא הֶיתֵּר אֲכִילָה נָמֵי אִית בֵּיהּ, דְּאִי בָּעֵי דָּרֵיךְ לְהוּ פָּחוֹת פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה.

Il lui dit : ici, de quoi s'agit-il ? De raisins qui n'ont pas été rendus susceptibles.

Quand deviennent-ils susceptibles ? Lorsqu'on les presse.

Lorsqu'on les presse, leur mesure diminue. Car si tu ne dis pas ainsi, ceci qui est enseigné : à quoi cela ressemble-t-il ?

À la teruma de mûres (olives) et de raisins qui est devenue impure, pour laquelle il n'a ni permission de manger, ni permission de chauffer. Or il y a bien aussi une permission de manger : s'il veut, il les foule moins que moins d'un kebeitza.

📜 Rachi (3)
כִּי סָחֵיט לְהוּ לֵיתֵיהּ לְשִׁיעוּרֵיהּ וּכְשֶׁנּוֹגֵעַ בָּאֹוכֶל הַנָּגוּב וְדוֹחֵהוּ אַל תֵּחַת הַמָּדוֹךְ אֵין בָּהֶן שִׁיעוּר כְּדֵי לְקַבֵּל טֻומְאָה וְהוּא זָהִיר מִלִּיגַע בְּמַשְׁקֶה כִּדְקָתָנֵי בְּהֶדְיָא וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִגַּע בִּמְקוֹם הַמַּשְׁקֶה:
Lorsqu'on les presse, la mesure n'y est plus. Et lorsqu'il touche l'aliment sec et le pousse sous le pilon, il n'y a pas en eux de mesure pour recevoir l'impureté. Et il se garde de toucher le liquide, comme on l'enseigne explicitement : pourvu qu'il ne touche pas l'endroit du liquide.
דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי דְּמַשְׁקִין בְּלִיעִי וְאִיטַּמְּאוּ אֶלָּא מִיפְקָד פְּקִידֵי וְאֵין מְטַמְּאִין בִּנְגִיעַת טֻומְאָה בְּאוֹכֵל:
Car si tu ne dis pas ainsi : que les liquides sont absorbés et qu'ils sont devenus impurs, mais plutôt qu'ils sont déposés et qu'ils ne deviennent pas impurs par le contact de l'impureté avec l'aliment.
הָא דְּתַנְיָא לְעֵיל כו' לִתְרוּמַת תּוּתִים וַעֲנָבִים דְּמַשְׁמַע שֶׁנִּטְמְאוּ תּוּתִים וַעֲנָבִים קֹודֶם דְּרִיכָה וְקָתָנֵי אֵין לוֹ בּוֹ הֶיתֵּר אֲכִילָה הָא הֶיתֵּר אֲכִילָה נָמֵי אִית בֵּהּ דְּאִי בָּעֵי דָּרֵיךְ לָהּ פָּחוֹת פָּחוֹת מִכַּבֵּיצָה:
Ceci qui est enseigné : plus haut, etc., au sujet de la teruma de mûres et de raisins. Cela implique que les mûres et les raisins sont devenus impurs avant le foulage, et l'on enseigne qu'il n'a pas en cela de permission de manger. Or il y a bien aussi une permission de manger : s'il veut, il la foule moins que moins d'un kebeitza.
🗂️ Tossefot (1)
לְאֵימַת מִתַּכְשְׁרִי לְכִי סָחֵיט לְהוּ וְכִי סָחִיט לְהוּ בְּצִיר לֵיהּ שִׁיעוּרֵיהּ מִכָּאן מַקְשֶׁה ר"ת לְפֵ"ה דְּפֵירֵשׁ דְּכֹל שֶׁהוּא מְקַבֵּל טֻומְאָה מִן הַתּוֹרָה דְּהָא מִכִּי נָפֵיק מִינָּהּ פֻּורְתָּא מִתַּכְשְׁרִי וּמִיָּד מְקַבֵּל טֻומְאָה כָּל הַנִּשְׁאָר דְּמַשְׁקִין מִיבְלָע בְּלִיעִי וה"ר יוֹסֵף תֵּירֵץ דאע"פ שֶׁאֹוכֶל מְקַבֵּל טֻומְאָה בְּפָחוֹת מִכַּבֵּיצָה אֵין מְקַבֵּל הֶכְשֵׁר בְּפָחוֹת מִכַּבֵּיצָה וְאוֹמֵר רִ"י דְּהַיְינוּ טַעְמָא דְּמֵאָשֵׁר יֵאָכֵל נָפְקָא לֵיהּ לְטַמֵּא אֲחֵרִים בְּכַבֵּיצָה אֹוכֶל הַנֶּאֱכָל בְּבַת אֶחָת וְעָלָה קָאֵי אֲשֶׁר יָבֹא עָלָיו מַיִם אַלְמָא לֹא מְקַבֵּל הֶכְשֵׁר בְּפָחוֹת מִכַּבֵּיצָה וְעוֹד מַקְשֶׁה ר"ת דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' אֵלּוּ עוֹבְרִין (לְקַמָּן פְּסָחִים מד.) הַשּׁוּם וְהַשֶּׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה וּמִקְפָּה שֶׁל חֻולִּין וְנָגַע טְבוּל יוֹם בְּמִקְצָתוֹ לֹא פָּסַל אֶלָּא מְקוֹם מַגָּעוֹ וְכָתַב בְּכָל הַסְּפָרִים וְהָוֵינַן בַּהּ מְקוֹם מַגָּעוֹ אַמַּאי פָּסוּל וְהָא לָא הָוֵי כַּבֵּיצָה אַלְמָא לֹא מְקַבֵּל טֻומְאָה בְּכָל שֶׁהוּא וְרַשִׁ"י מוֹחֵק שָׁם מִן הַסְּפָרִים וּמְפָרֵשׁ בְּדֹוחַק וְעוֹד ה"ר אֵלִיָּהוּ מֵבִיא רְאָיָה. מת"כ דְּדָרְשִׁינַן גַּבֵּי כְּלִי חֶרֶס דִּכְתִיב וְאוֹתוֹ תִּשְׁבֹּורוּ אוֹתוֹ אַתָּה שׁוֹבֵר לְטָהֳרָתוֹ וְאִי אַתָּה שׁוֹבֵר אֳוכָלִין לְטָהֳרָתָן וְאִי מְקַבְּלִין טֻומְאָה בְּכָל שֶׁהוּא פְּשִׁיטָא דְּלָא מְהַנֵּי לְהוּ שְׁבִירָה וְהַהִיא דת"כ שֶׁהֵבִיא רַשִׁ"י שֶׁאֹוכֶל מְטַמֵּא בְּכָל שֶׁהוּא אַסְמַכְתָּא הִיא וּמִילֵּי טוּבָא מַפִּיק מִקְּרָא בת"כ וְלֵיתַנְהוּ אֶלָּא אַסְמַכְתָּא וְרַשִׁ"י בְּעַצְמוֹ חָזַר בּוֹ בְּפֶ' אוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ (חֻולִּין דַּף פב.) בִּשְׁמַעְתָּא דְּפָרָה מְטַמֵּא טֻומְאַת אֳוכָלִים דְּהִקְשָׁה לָמָּה לָהּ קַבָּלַת טֻומְאָה הִיא גּוּפָהּ מְטַמֵּא אָדָם וּבְגָדִים וְתֵירֵץ רַשִׁ"י דְּכִי הַאי גַּווְנָא מְפָרֵשׁ בִּכְרִיתוֹת בְּפֶ' דַּם שְׁחִיטָה (כְּרִיתוֹת דַּף כא.) כְּגוֹן שֶׁחִיפּוּהָ בְּפָחוֹת מִכַּבֵּיצָה בָּצֵק אִי מְשַׁוֵּית לֵיהּ אֹוכֶל מִצְטָרֵף לֵיהּ בַּהֲדֵי בָּצֵק וּמְקַבֵּל הַאי בָּצֵק טֻומְאָה אִם יִגַּע בְּטֻומְאָה וּמְטַמֵּא שְׁאָר אֳוכָלִין וְאִי לָאו אֹוכֶל הוּא לֹא מְקַבֵּל הַאי בָּצֵק טֻומְאָה דְּלֵית בָּהּ שִׁיעוּר וְכִי נָגְעִי בֵּיהּ אֳוכָלִין אַחֲרֵינִי טְהוֹרִין הֵן שֶׁאֵין נוֹגְעִין בִּנְבֵילָה אֶלָּא בַּבָּצֵק לְשׁוֹן רַשִׁ"י: [וְע"ע תּוֹסְ' שַׁבָּת צא. ד"ה אִי לְעִנְיַן ותו'זבחים לֹא. ד"ה אָמַר]:
Quand deviennent-ils susceptibles ? Lorsqu'on les presse. Et lorsqu'on les presse, sa mesure diminue. De là, Rabbeinou Tam objecte à l'explication de Rachi, qui a expliqué que toute quantité reçoit l'impureté de par la Torah. Car dès qu'un peu en sort, ils deviennent susceptibles, et aussitôt tout le reste reçoit l'impureté, puisque les liquides sont absorbés. Et le Rav Yossef a répondu : bien que l'aliment reçoive l'impureté en moins d'un kebeitza, il ne reçoit pas l'hekhsher en moins d'un kebeitza. Et le Ri dit : telle est bien la raison. Car de "acher ye'akhel" il tire qu'il rend les autres impurs par un kebeitza, un aliment mangé en une seule fois. Et c'est sur cela que porte "acher yavo alav mayim". Il en ressort qu'il ne reçoit pas l'hekhsher en moins d'un kebeitza. Et encore Rabbeinou Tam objecte. Nous disons au chapitre Elu ovrin (plus loin, Pesachim 44a) : l'ail et l'huile de teruma, et un ragoût de hullin, et un tevul yom a touché une partie de cela : il n'a invalidé que l'endroit de son contact. Et c'est écrit dans tous les livres, et nous demandons à ce sujet : l'endroit de son contact, pourquoi est-il invalidé ? Il n'y avait pas un kebeitza. Il en ressort qu'il ne reçoit pas l'impureté en toute quantité. Et Rachi l'efface des livres, et il l'explique avec peine. Et encore le Rav Eliahou apporte une preuve du Torat Kohanim. Nous interprétions, au sujet d'un ustensile de terre, car il est écrit "et celui-là tu le briseras" : celui-là, tu le brisés pour sa purification, mais tu ne brisés pas les aliments pour leur purification. Et s'ils recevaient l'impureté en toute quantité, il est évident que les briser ne leur sert de rien. Et ce passage du Torat Kohanim que Rachi a cité, selon lequel l'aliment rend impur en toute quantité, est une asmakhta. Et l'on tire beaucoup de choses d'un verset dans le Torat Kohanim, et elles ne sont qu'une asmakhta. Et Rachi lui-même s'est rétracté au chapitre Oto ve-et beno (Houlin 82a), dans la discussion où une vache rend impure d'une impureté d'aliments. Car il a objecté : pourquoi lui faut-il de recevoir l'impureté ? Elle-même rend impurs l'homme et les vêtements. Et Rachi a répondu : c'est ainsi qu'on l'explique dans Keritot, au chapitre Dam shehita (Keritot 21a). Par exemple, s'il l'a enduite de moins d'un kebeitza de pâte. Si tu la tiens pour un aliment, elle se joint à la pâte, cette pâte reçoit l'impureté si elle touche une impureté, et elle rend impurs les autres aliments. Et si tu ne la comptes pas comme aliment, cette pâte ne reçoit pas l'impureté, car elle n'a pas la mesure. Et lorsque d'autres aliments la touchent, ils sont purs, car ils touchent la pâte, et non la nevela. Langue de Rachi. [Et voir aussi Tossefot Chabbat 91a, dibour hamatchil Im le-inyan, et Tossefot Zevahim 31a, dibour hamatchil Amar.]
💡 Explication

Rav Hisda borne la michna à des raisins jamais hukhshar (rendus susceptibles par un liquide). L'aliment sec ne reçoit pas l'impureté. Leur propre jus les rend susceptibles au moment du pressage, et à cet instant le volume est déjà sous le kebeitza.

Il retourne ensuite la baraita du hametz. Une teruma de mûres et de raisins impure n'a ni permission de manger ni permission de chauffer. Si le jus était seulement déposé, fouler sous le kebeitza donnerait un jus mangeable. Rachi lit donc la preuve comme un appui au jus absorbé.

Tossefot : Rabbeinou Tam en tire que la réception en toute quantité, chez Rachi, ne tient pas de la Torah. Le Ri : l'hekhsher lui-même exige un kebeitza, car "acher yavo alav mayim" porte sur l'aliment de "acher ye'akhel". La suite montre que Rachi s'est rétracté : sous le kebeitza, la pâte ne reçoit pas l'impureté.

🖼️ Schéma
Raisins non hukhshar : l'impureté n'a pas où se poser Secs Pas d'hekhsher. Le contact ne rend pas impur. Pressage Le jus sort. C'est l'instant de l'hekhsher. Mesure Elle a déjà baissé sous le kebeitza. Résultat Rien ne reçoit l'impureté. Liquide pur. Il ne touche pas l'endroit du liquide. Seul l'aliment sec passe sous le pilon.
Sans hekhsher préalable, le contact ne prend pas. Le jus qui rend susceptible sort quand la mesure a déjà baissé.
7
אָמַר רָבָא: גְּזֵירָה דִּילְמָא אָתֵי בְּהוּ לִידֵי תַקָּלָה. אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וּמִי חָייְשִׁינַן לְתַקָּלָה? וְהָא תַּנְיָא: מַדְלִיקִין בְּפַת וּבְשֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת. אֲמַר לֵיהּ: פַּת — זָרֵיק לֵיהּ בֵּין הָעֵצִים. שֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה — רָמֵי לֵיהּ בִּכְלִי מָאוּס.

Rava dit : décret, de peur qu'il n'arrive par eux à une faute. Abaye lui dit : et craignons-nous une faute ?

Or on enseigne : on allume avec du pain et de l'huile de teruma qui est devenue impure. Il lui dit : le pain, il le jette parmi les bois.

L'huile de teruma, il la met dans un récipient répugnant.

📜 Rachi (2)
לִידֵי תַּקָּלָה כְּשֶׁהוּא דּוֹרְכָן שֶׁמָּא יֹאכַל מֵהֶן:
À une faute : lorsqu'il les foule, peut-être en mangera-t-il.
מַדְלִיקִין בְּפַת וּבְשֶׁמֶן כּוּ' וְהָא וַדַּאי בְּחַד שַׁעְתָּא לֹא מַדְלִיק שֶׁמֶן כֻּולָּהּ אֶלָּא לִזְמַן מְרֻובֶּה וְלָא חָיְישִׁינַן דִּילְמָא אָכִיל מִינֵּיהּ:
On allume avec du pain et de l'huile, etc. Et certes, en un seul moment il n'allume pas toute l'huile : c'est pour un long temps. Et nous ne craignons pas qu'il en mange.
💡 Explication

Rava retire à la baraita sa force de preuve. Même si de petites fournées donnaient un jus mangeable, un décret interdit de garder ces fruits : en foulant, il pourrait en manger. C'est la takala.

Abaye objecte la baraita de l'allumage : pain et huile de teruma impure restent à portée, et l'on s'en sert. Rava répond par la mise hors d'atteinte. Le pain est jeté parmi les bois. L'huile va dans un récipient répugnant. Rachi ajoute que l'huile brûle longtemps, et que l'on ne craint pas qu'on y touche pour manger.

8
גּוּפָא: מַדְלִיקִין בְּפַת וּבְשֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת. אַבָּיֵי אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּחִזְקִיָּה, וְרָבָא אָמַר דְּבֵי רַבִּי יִצְחָק בַּר מָרְתָא אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא פַּת, אֲבָל חִיטֵּי — לֹא, שֶׁמָּא יָבֹא בָּהֶן לִידֵי תַּקָּלָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ חִיטֵּי. וְאַמַּאי? נֵיחוּשׁ דִּילְמָא אָתֵי בָּהֶן לִידֵי תַּקָּלָה! כִּדְאָמַר רַב אַשִּׁי:

La chose elle-même : on allume avec du pain et de l'huile de teruma qui est devenue impure. Abaye a dit au nom de Hizkiya, et Rava a dit que la maison de Rabbi Yitzhak bar Marta a dit que Rav Huna a dit : on n'a enseigné cela qu'au sujet du pain, mais le blé, non, de peur qu'il n'arrive par eux à une faute.

Et Rabbi Yo'hanan dit : même le blé. Et pourquoi ?

Craignons qu'il n'arrive par eux à une faute ! Comme Rav Ashi a dit :

📜 Rachi (2)
אֶלָּא פַּת דְּכִי זָרַק לֵיהּ מִמְּאִיסָא וְתוּ לָא אָתֵי לְמֵיכְלֵיהּ:
Seulement le pain : car lorsqu'il le jette, il devient répugnant, et il ne viendra plus à le manger.
אֲבָל חִיטֵּי אִי נָמֵי זָרֵיק לְהוּ לָא מַמְאִיסַי:
Mais le blé : même s'il le jette, il ne devient pas répugnant.
💡 Explication

La Guemara reprend la baraita pour elle-même. Hizkiya, par Abaye, et Rav Huna, par la maison de Rabbi Yitzhak bar Marta puis par Rava, limitent l'allumage au pain. Le blé jeté parmi les bois reste mangeable : on craint la takala.

Rabbi Yo'hanan permet même le blé. La question reste posée : pourquoi ne craint-il pas la faute ? La réponse commence par "comme Rav Ashi a dit" et continue au daf 34a.

🖼️ Schéma
Allumer la teruma impure : où s'arrête la permission Pain On le jette parmi les bois. Il devient répugnant. On ne viendra plus à le manger. Permis Huile On la met dans un récipient répugnant. Elle dure longtemps, et l'on ne craint pas qu'on en mange. Permise Blé Jeté parmi les bois, il ne devient pas répugnant. Hizkiya, Rav Huna : interdit Rabbi Yo'hanan : permis La question reste ouverte sur cette page Si le blé reste mangeable, pourquoi Rabbi Yo'hanan ne craint-il pas la takala ? La Guemara répond : comme Rav Ashi a dit. La suite est au daf 34a.
Pain et huile sont mis hors de portée. Le blé reste mangeable : interdit pour Hizkiya et Rav Huna, permis pour Rabbi Yo'hanan.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).