Pesachim 34b - Hesek hadaat, passage de la forme, et zeria du hekdesh

Pesachim 34b

Sougya : La page poursuit l'objection de Rabbi Yo'hanan à Rabbi Shimon ben Lakish : le hesek hadaat est-il un défaut du corps, ou un soupçon d'impureté ? La michna brûle aussitôt un défaut du corps, et elle attend le passage de la forme pour un défaut du sang ou des propriétaires.

Reish Lakish répond par le tanna de Rabba bar Avuha, qui exige ce passage même pour le piggul. Une seconde baraita parle d'aspersion après invalidation de la viande : l'agrément s'explique si le tzitz couvre l'impureté.

Rabbi Yirmeya écarte ensuite la raison de Rav Sheshet. La hashka purifie l'eau de la fête avant la consécration, et non après : il n'y a pas de zeria pour le hekdesh, ni pour la teruma.

Abaye demande si cette maala vaut pour une sainteté de parole. Rav Dimi rapproche les raisins de Rabbi Yo'hanan, Rav Yosef les limite à la teruma, et Rava ouvre le verset des eaux de la hatat, détachées et attachées à la fois.

Quand le sacrifice invalidé part-il au brûlage ? Défaut du corps Pesul certain, dans la viande même. Règle générale de cette michna. Brûler aussitôt Sang ou propriétaires Sang répandu. Propriétaires impurs : personne pour manger. Le défaut est complet, hors de la viande. Ibur tzura, puis brûlage Reish Lakish Ce tanna est celui de Rabba bar Avuha. Même le piggul, défaut du corps, exige l'ibur tzura. L'objection du lul tombe Pourquoi l'attente du lendemain L'ibur tzura est la lina (nuit) : la forme du sacrifice passe, il devient notar. Pour un simple soupçon, on attend : Eliyahu pourrait encore le déclarer pur. Ce tanna attend même pour le piggul : l'objection du lul tombe.
Défaut du corps : brûlage immédiat. Sang ou propriétaires : ibur tzura. Reish Lakish : ce tanna attend même pour le piggul.
Hesek hadaat : deux lectures, deux objections Rabbi Yo'hanan Pesul tumah : soupçon d'impureté. Si Eliyahu le déclare pur, on l'écoute. Le tzitz peut agréer bediavad. On attend l'ibur tzura Rabbi Shimon ben Lakish Pesul haguf : défaut propre. Même si Eliyahu le déclare pur, on ne l'écoute pas. Le tzitz ne couvre pas ce défaut Objection 1 : le lul Hatat de l'oiseau invalidé : on attend le passage de la forme. Un défaut du corps se brûle aussitôt. Réponse : même le piggul attend Objection 2 : l'aspersion Viande invalidée. Si l'on a aspergé, Rabbi Yehoshua : cela a été agréé. Le tzitz agrée l'impureté, bediavad. Réponse : tevul yom, autre impureté Rabbi Yirmeya : la michna des plants vient d'une maala Hashka puis consécration : pur. Consécration puis hashka : impur. Il n'y a pas de zeria pour le hekdesh. De même pour la teruma. Les plants ne rendent plus impur. Ils restent interdits à manger.
Yohanan : hesek hadaat, soupçon d'impureté, le tzitz agrée. Reish Lakish : défaut du corps. Yirmeya : l'interdit des plants est une maala.
L'ordre décide : avant ou après la consécration D'abord la purification Eau de la fête : hashka, puis hekdesh. Raisins : foulage, puis consécration. La zeria ou le jus sort tant que la chose est encore profane. Pur D'abord la consécration Eau : hekdesh, puis hashka. Raisins : consécration, puis foulage. La maala est déjà là. La maala maintient l'impureté. Impur Abaye Keli sharet seulement ? Ou aussi la parole, un ustensile profane rempli pour la fête ? Rav Dimi Cas semblable : les raisins. Sainteté de parole, et la maala tient. Rav Yosef Raisins de teruma. La parole y vaut un ustensile. L'eau de la fête : non. La question d'Abaye sur l'eau reste ouverte ici. Le verset de Rava la reprend à la fin de la page. Rachi lit déjà, dans ce verset, une maala même pour une sainteté de parole.
Hashka ou foulage avant la consécration : pur. Après : impur. Abaye distingue keli et parole. Rav Yosef limite les raisins à la teruma.
1
כָּל שֶׁפְּסוּלוֹ בְּגוּפוֹ — יִשָּׂרֵף מִיָּד. בְּדַם וּבַבְּעָלִים — תְּעֻובַּר צוּרָתָן וְיוֹצְאִין לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה. אֲמַר לֵיהּ: הַאי תַּנָּא, תַּנָּא דְּבֵי רַבָּה בַּר אֲבוּהּ הוּא, דְּאָמַר: אֲפִילּוּ פִּיגּוּל טָעוּן עִיבּוּר צוּרָה.

Tout ce dont le défaut est dans son corps, qu'on le brûle aussitôt. Dans le sang ou chez les propriétaires, qu'on fasse passer leur forme, et ils sortent vers le lieu du brûlage.

Il lui dit : ce tanna, c'est le tanna de l'école de Rabba bar Avuha, qui a dit : même le piggul exige le passage de la forme.

📜 Rachi (5)
כָּל שֶׁפְּסוּלוֹ בְּגוּפוֹ פָּסוּל וַדַּאי וּבְבָשָׂר עַצְמוֹ יִשָּׂרֵף מִיָּד:
Tout ce dont le défaut est dans son corps : un défaut certain, et dans la viande elle-même, qu'on le brûle aussitôt.
בְּדַם כְּגוֹן נִשְׁפַּךְ הַדָּם:
Dans le sang : par exemple, le sang a été répandu.
וּבַבְּעָלִים כְּגוֹן נִטְמְאוּ בְּעָלִים וְהַפֶּסַח קַייָּם וְאֵין כָּאן מִי שֶׁיֹּאכְלֶנּוּ וְדָם אע"פ שֶׁפָּסוּל גָּמוּר הוּא אֲפִילּוּ הָכֵי הוֹאִיל וְאֵינוֹ כַּבָּשָׂר עַצְמוֹ בָּעֵי עִיבּוּר צוּרָה:
Et chez les propriétaires : par exemple, les propriétaires sont devenus impurs, le pesah est là, et il n'y a personne pour le manger. Et le sang, bien que son défaut soit complet, exige quand même le passage de la forme, puisqu'il n'est pas comme la viande elle-même.
תַּנָּא דְּבֵי רַבָּה בַּר אֲבוּהּ עִיקַּר מִילְּתָא לָא יָדַעְנָא הֵיכָא וְטַעְמָא דְּמִילְּתֵיהּ בִּכְיָצֹד צוֹלִין:
Le tanna de l'école de Rabba bar Avuha : je ne sais pas où se trouve le fond de cette parole, et la raison de cette parole est dans Keitzad Tzolin.
אֲפִילּוּ פִּיגּוּל שֶׁפְּסוּל הַגּוּף הוּא טָעוּן עִיבּוּר צוּרָה וְהָכָא לָא מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי כְּדִמְשַׁנֵּי לְקַמֵּיהּ מַאי פְּסוּלֵי חַטַּאת הָעוֹף שֶׁנִּפְסְלוּ בִּטְבוּל יוֹם דְּהַיְינוּ טֻומְאָה וְצוּרָה לָמָּה לִי:
Même le piggul : lui dont le défaut est un défaut du corps exige le passage de la forme. Et ici, il ne peut pas répondre comme il répond plus loin : que sont les défauts du hatat de l'oiseau ? Ceux qui ont été invalidés par un tevul yom, c'est-à-dire une impureté. Et le passage de la forme, pour quoi faire ?
💡 Explication

La michna citée à la fin de 34a donné la règle du brûlage. Un pesul haguf, défaut certain dans la viande, part aussitôt au feu. Un défaut du sang ou des propriétaires attend l'ibur tzura : une nuit passe, la forme change, le sacrifice est notar, puis on le sort au lieu du brûlage.

Rabbi Shimon ben Lakish répond à Rabbi Yo'hanan. Ce tanna, Rabbi Yishmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, suit l'école de Rabba bar Avuha : même le piggul, défaut du corps, attend le passage de la forme. L'ibur tzura exigé même pour le piggul laisse l'objection de Rabbi Yo'hanan sans prise.

Rachi note qu'on ne peut pas, ici, renvoyer l'invalidation à un tevul yom. Cette réponse viendra plus loin, pour une autre baraita. Si le hatat de l'oiseau n'était invalidé que par une impureté, la question du passage de la forme se reposerait autrement.

2
אַיְּתִיבֶיהָ: נִטְמָא אוֹ שֶׁנִּפְסַל הַבָּשָׂר, אוֹ שֶׁיָּצָא חוּץ לַקְּלָעִים, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יִזְרֹוק, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: לֹא יִזְרֹוק. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם זָרַק — הוּרְצָה.

Il lui objecta : la viande est devenue impure, ou elle a été invalidée, ou elle est sortie hors des tentures. Rabbi Eliezer dit : qu'il asperge.

Rabbi Yehoshua dit : qu'il n'asperge pas. Et Rabbi Yehoshua convient que, s'il a aspergé, cela a été agréé.

📜 Rachi (2)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר יִזְרֹוק אֶת הַדָּם ר' אֱלִיעֶזֶר לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר בִּכְיָצֹד צוֹלִין דָּם אַף עַל פִּי שֶׁאֵין בָּשָׂר:
Rabbi Eliezer dit : qu'il asperge le sang. Rabbi Eliezer reste dans sa raison, car il a dit dans Keitzad Tzolin : il y a le sang même s'il n'y a pas de viande.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר לֹא יִזְרֹוק ר' יְהוֹשֻׁעַ לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר אִם אֵין בָּשָׂר אֵין דָּם וְיָצָא חוּץ לַקְּלָעִים בִּבְשַׂר קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים קָאָמַר שֶׁמְּחִיצָּה שֶׁלָּהֶן חוֹמַת עֲזָרָה כְּדִכְתִיב בְּכוּלְּהוּ בַּחֲצַר אֹהֶל מוֹעֵד יֹאכְלוּהָ וְאִם יָצָאת נִפְסֶלֶת כִּדְיָלְפִינַן בִּכְיָצָד צוֹלִין מֵאֵל הַקֹּודֶשׁ פְּנִימָה:
Rabbi Yehoshua dit : qu'il n'asperge pas. Rabbi Yehoshua reste dans sa raison, car il a dit : s'il n'y a pas de viande, il n'y a pas de sang. Et 'elle est sortie hors des tentures' parle de la viande des kodshei kodashim. Leur cloison est le mur de l'azara, comme il est écrit pour tous : 'dans la cour de la tente d'assignation ils la mangeront'. Si elle est sortie, elle est invalidée, comme nous l'apprenons dans Keitzad Tzolin à partir de 'vers le saint, à l'intérieur'.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁאִם זָרַק הוּרְצָה אַף עַל גַּב דְּאֵין צִיץ מְרַצֶּה עַל הַיּוֹצֵא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ סָבַר זְרִיקָה מוֹעֶלֶת לַיּוֹצֵא כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּרֵישׁ מְעִילָה (דַּף ו:) דְּאָמַר זְרִיקָה מוֹעֶלֶת לְהוֹצִיא בָּשָׂר מִידֵי מְעִילָה וְכָל שֶׁכֵּן לְהַרְצָאָה דְּהָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר הָכָא יִזְרֹוק קָאָמַר הָתָם דִּלְהוֹצָאָה מִמְּעִילָה לָא מְהַנְּיָא:
Que s'il a aspergé, cela a été agréé. Bien que le tzitz n'effectue pas l'agrément sur le yotze, Rabbi Yehoshua tient que l'aspersion est efficace pour le yotze, comme Rabbi Akiva au début de Meila (6b), qui a dit : l'aspersion est efficace pour faire sortir la viande du régime de la meila, et à plus forte raison pour l'agrément. Car Rabbi Eliezer, qui dit ici qu'il asperge, dit là-bas qu'elle n'est pas efficace pour sortir du régime de la meila.
💡 Explication

Seconde objection de Rabbi Yo'hanan. La baraita vise trois états de la viande : impure, invalidée, ou yotze (sortie hors des tentures, les kelaim). Rabbi Eliezer fait asperger le sang même sans viande recevable. Rabbi Yehoshua refuse l'aspersion lekhathila, et il convient qu'après coup l'aspersion a agréé le sacrifice.

Rachi borne la sortie aux kodshei kodashim : leur domaine est l'azara. Tossefot explique l'agrément du yotze. Le tzitz ne couvre pas la sortie. Rabbi Yehoshua suit Rabbi Akiva : la zerika retire la viande de la meila, et elle produit à fortiori l'agrément. Rabbi Eliezer, qui fait asperger ici, dit là-bas que cette aspersion ne retire pas la meila.

3
מַאי נִפְסַל — לָאו בְּהֶיסַּח הַדַּעַת? אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא פְּסוּלֵי טֻומְאָה הָוֵי, הַייְנוּ דְּמַשְׁכַּחַתְּ לַהּ דִּמְרַצֵּי צִיץ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ פְּסוּל הַגּוּף הָוֵי, אַמַּאי הוּרְצָה (צִיץ)?

Qu'est-ce que 'elle a été invalidée' ? N'est-ce pas par hésèk hadaat ?

Cela se tient si tu dis que c'est un défaut d'impureté : voilà comment tu trouves que le tzitz effectue l'agrément. Mais si tu dis que c'est un défaut du corps, pourquoi cela a-t-il été agréé (tzitz) ?

📜 Rachi (4)
מַאי נִפְסַל לָאו בְּהֶיסַּח הַדַּעַת בִּתְמִיהַּ דְּכֵיוָן דִּתְנָא נִטְמָא וְיָצָא מַאי פָּסוּל אִיכָּא תּוּ אִי נִפְסַל בַּעֲבוֹדַת דָּם כְּגוֹן בְּמַחֲשֶׁבֶת חוּץ לִמְקוֹמוֹ וְחוּץ לִזְמַנּוֹ לָא קָרֵי נִפְסַל בָּשָׂר שֶׁהֲרֵי אַף הַדָּם נִפְסַל וּבְהָא לָא נֵימָא ר' אֱלִיעֶזֶר יִזְרֹוק:
Qu'est-ce que 'elle a été invalidée' ? N'est-ce pas par hésèk hadaat ? C'est un étonnement. Puisque le tanna a enseigné 'elle est devenue impure' et 'elle est sortie', quel défaut reste-t-il encore ? Si elle a été invalidée dans le service du sang, par exemple par une pensée hors de son lieu ou hors de son temps, on n'appelle pas cela 'la viande a été invalidée', car le sang aussi a été invalidé. Et dans ce cas, Rabbi Eliezer ne dirait pas : qu'il asperge.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא פְּסוּל חֲשַׁשׁ טֻומְאָה הוּא מִשּׁוּם הָכִי מוֹדֶה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם זָרַק הֻורְצָה דַּאֲפִילּוּ נִטְמָא וַדַּאי ואע"ג דְּטֻומְאָה פְּסוּל הַגּוּף הָוֵי מְרַצֶּה צִיץ וּלְכַתְּחִלָּה לֹא יִזְרֹוק דְּקָא סָבַר רִיצּוּי צִיץ בְּדִיעֲבַד הוּא וְיוֹצֵא אע"ג דְּלָא מְהַנֵּי לֵיהּ צִיץ הוּרְצָה בְּדִיעֲבַד דאע"ג דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בָּעֵי תַּרְתֵּי דָּם וּבָשָׂר מִיהוּ הוֹאִיל וְהַבָּשָׂר בְּעַיִן וּפְסוּל יוֹצֵא פָּסוּל מֵחֲמַת דָּבָר אַחֵר הוּא חָשְׁבִינַן לֵיהּ פְּסוּל חֶסְרוֹן מְחִיצּוֹת בְּפֶרֶק קַמָּא דִּמְנָחוֹת בְּסוֹפוֹ אִיכָּא לְמֵימַר בְּדִיעֲבַד הוּרְצָה:
Cela se tient : c'est un défaut de soupçon d'impureté. C'est pour cela que Rabbi Yehoshua convient que, s'il a aspergé, cela a été agréé. Car même si elle est devenue impure de façon certaine, et bien que l'impureté soit un défaut du corps, le tzitz effectue l'agrément. Et lekhathila, qu'il n'asperge pas, car il tient que l'agrément du tzitz est bediavad. Et le yotze, bien que le tzitz ne lui serve pas, à été agréé bediavad. Car bien que Rabbi Yehoshua exige les deux, le sang et la viande, néanmoins, puisque la viande est encore là, et que le défaut du yotze est un défaut dû à une autre cause, nous le comptons comme un défaut de manque de cloisons. Au premier chapitre de Menahot, à la fin, on peut dire : bediavad, cela a été agréé.
אֶלָּא אִי הֶיסַּח הַדַּעַת פְּסוּל הַגּוּף הוּא וְצִיץ נָמֵי לָא מְרַצֵּי עָלֶיהָ אַמַּאי הוּרְצָה:
Mais si le hésèk hadaat est un défaut du corps, et que le tzitz n'effectue pas non plus l'agrément sur lui, pourquoi cela a-t-il été agréé ?
ה"ג אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ פְּסוּל הַגּוּף הָוֵי אַמַּאי הֻורְצָה וְלָא גָּרְסִינַן פְּסוּל הַגּוּף מִי קָא מְרַצֵּי צִיץ דְּהָא פְּסוּל יוֹצֵא נָמֵי לָא מְרַצֵּי צִיץ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק קַמָּא (דַּף טז:) הָא אֵינוֹ נוֹשֵׂא אֶלָּא עֲוֹן טֻומְאָה:
Voici la leçon : 'Mais si tu dis que c'est un défaut du corps, pourquoi cela a-t-il été agréé ?' Et nous ne lisons pas : 'Un défaut du corps, le tzitz effectue-t-il l'agrément sur lui ?' Car le défaut de ce qui est sorti, le tzitz n'effectue pas non plus l'agrément sur lui, comme nous le disons au premier chapitre (16b) : il ne porte que la faute de l'impureté.
💡 Explication

'Invalidée', après 'devenue impure' et 'sortie', vise le hésèk hadaat. Une pensée hors du lieu ou hors du temps invaliderait aussi le sang : Rabbi Eliezer ne dirait pas d'asperger. Rachi écarte donc cette lecture.

Si le hésèk hadaat est un pesul tumah, l'agrément se comprend. Le tzitz couvre l'impureté, même certaine, et seulement bediavad. Lekhathila, Rabbi Yehoshua refuse l'aspersion. Le yotze, que le tzitz ne couvre pas, est agréé bediavad parce que la viande est encore là : on le compte comme un manque de cloisons.

Si le hésèk hadaat est un pesul haguf, le tzitz ne le couvre pas. Rachi fixe la leçon sur ces mots : pourquoi cela a-t-il été agréé ? Le verset du tzitz lui fait porter la faute de l'impureté. La sortie reste hors de ce ritzuy.

🖼️ Schéma
Si l'on a aspergé : quand cela est-il agréé ? Soupçon d'impureté Lekhathila : on n'asperge pas. Bediavad : le tzitz agrée. Même une impureté certaine entre dans ce ritzuy. Cela a été agréé Défaut du corps Le tzitz ne porte que la faute d'impureté. Un hésèk hadaat lu ainsi resterait sans agrément. Pourquoi a-t-il été agréé ? Réponse du segment suivant : l'invalidation vise un tevul yom, seconde sorte d'impureté.
Soupçon d'impureté : le tzitz agrée bediavad. Défaut du corps : l'agrément reste sans raison, jusqu'au tevul yom.
4
מַאי נִפְסַל, נִפְסַל בִּטְבוּל יוֹם. אִי הָכִי, הַיְינוּ טָמֵא! תְּרֵי גַּוְונֵי טָמֵא.

Qu'est-ce que 'elle a été invalidée' ? Elle a été invalidée par un tevul yom.

S'il en est ainsi, c'est cela même, l'impur ! Deux sortes d'impur.

📜 Rachi (1)
נִפְסַל בִּטְבוּל יוֹם וְטַעֲמָא מִשּׁוּם צִיץ:
Elle a été invalidée par un tevul yom : et la raison, c'est le tzitz.
💡 Explication

Rabbi Shimon ben Lakish lit 'invalidée' comme le contact d'un tevul yom, celui qui s'est immergé et attend le coucher du soleil. C'est une impureté : le tzitz explique donc l'agrément bediavad.

La Guemara rapproche ce cas de 'devenue impure'. La réponse distingue deux impuretés. L'une se transmet plus loin. Le tevul yom invalide, sans rendre impur à son tour comme un tamei complet.

5
כִּי סָלֵיק רָבִין, אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה, וַאֲמַר: בַּבְלָאֵי טַפְשָׁאֵי, מִשּׁוּם דְּיָתְבִי בְּאַרְעָא דַּחֲשׁוֹכָא אָמְרִיתוּן שְׁמַעְתָּתָא דִּמְחַשְּׁכוּ. לָא שְׁמִיעַ לְכוּ הָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא:

Quand Ravin monta, il dit cette tradition devant Rabbi Yirmeya. Et celui-ci dit : Babyloniens sots, parce que vous siégez dans un pays de ténèbres, vous dites des traditions obscures.

N'avez-vous pas entendu ceci, que Rabbi Shimon ben Lakish a dit au nom de Rabbi Oshaya ?

📜 Rachi (4)
אֲמָרָהּ קַמֵּיהּ דְּר' יִרְמְיָה הָא דְּרַב שֵׁשֶׁת לְעֵיל דַּאֲסוּרִין מִלֶּאֱכֹול מִשּׁוּם הֶיסַּח הַדַּעַת הוּא:
Il la dit devant Rabbi Yirmeya : ceci de Rav Sheshet, plus haut, elles sont interdites à manger parce que c'est un hésèk hadaat.
שְׁמַעְתָּתָא דִּמְחַשְּׁכָן כְּשֶׁאֵין יוֹדְעִין טַעְמוֹ שֶׁל דָּבָר בּוֹדִין מִלִּבָּם טַעַם שֶׁאֵינוֹ:
Des traditions obscures : quand ils ne connaissent pas la raison d'une chose, ils forgent de leur propre fond un motif étranger à la chose.
אַתְרָא דִּמְחַשְּׁכָא בָּבֶל עֲמֻוקָּה:
Un lieu de ténèbres : Bavel est profonde.
לָא שְׁמִיעַ לְכוּ כו' וּמִכָּאן יְכוֹלִין לִלְמֹוד טַעְמָהּ שֶׁל מִשְׁנָה דַּאֲסוּרִין מִלֶּאֱכֹול מִשּׁוּם מַעֲלָה דְּאַף עַל גַּב דִּמְהַנְּיָא זְרִיעָה לְחֻולִּין עֲבוּד רַבָּנָן מַעֲלָה דְּלָא תְּהַנֵּי לִתְרוּמָה לְהַעֲלוֹת לָהּ טָהֳרָה גְּמוּרָה לְהֶיתֵּר אֲכִילָה וּמִיהוּ מִלְּטַמֵּא טָהֲרוּ דִּלְהָא לָא עֲבוּד מַעֲלָה:
Vous n'avez pas entendu, etc. Et de là on peut apprendre la raison de la michna : elles sont interdites à manger à cause d'une maala. Bien que la zeria soit efficace pour le hullin, les rabbins ont institué une maala pour qu'elle ne soit pas efficace pour la teruma, afin de lui élever une pureté complète jusqu'à la permission de manger. Cependant, quant à rendre impur, elles sont devenues pures, car pour cela ils n'ont pas institué de maala.
💡 Explication

Ravin rapporte en terre d'Israël la raison de Rav Sheshet, au daf précédent : les plants de teruma restent interdits à manger à cause du hésèk hadaat.

Rabbi Yirmeya juge cette raison forgée. Il renvoie à une tradition de Rabbi Shimon ben Lakish au nom de Rabbi Oshaya, dite au segment suivant. Rachi en tire déjà la leçon pour la michna.

La zeria purifie le hullin. Pour la teruma, les rabbins ont mis une maala : la plantation ne donne pas la pureté qui permettrait de manger. Elle suffit en revanche à faire cesser la transmission de l'impureté. L'interdit de manger vient de cette maala.

6
מֵי הֶחָג שֶׁנִּטְמְאוּ, הִשִּׁיקָן וְאַחַר כָּךְ הִקְדִּישָׁן — טְהוֹרִין, הִקְדִּישָׁן וְאַחַר כָּךְ הִשִּׁיקָן — טְמֵאִים.

Les eaux de la fête qui sont devenues impures : s'il les a mises en contact et qu'ensuite il les a consacrées, elles sont pures. S'il les a consacrées et qu'ensuite il les a mises en contact, elles sont impures.

📜 Rachi (1)
מֵי הֶחָג כְּגוֹן שֶׁל נִיסּוּךְ הַמַּיִם דְּשַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ הֶחָג הָיוּ מְמַלְּאִין אוֹתָן מֵעֶרֶב שַׁבָּת וּכְשֶׁנִּטְמְאוּ אֵין יְכוֹלִין לֵילֵךְ וּלְמַלֹּאות מִן הַשִּׁילּוּחַ בְּשַׁבָּת וְטוֹרֵחַ הוּא לְמַלֹּאות מִבּוֹר הַגָּדוֹל בַּגִּלְגָּל וְהָלַךְ וְהִשִּׁיקָם בְּאַמַּת הַמַּיִם שֶׁבָּעֲזָרָה וּמַיִם סָלְקָא לְהוּ הַשָּׁקָה דְּזוֹ הִיא זְרִיעָתָן מִשֶּׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶן מֵי הַמִּקְוֶה וְנַעֲשָׂה חִיבּוּר וּבָטְלוּ:
Les eaux de la fête : par exemple celles de la libation d'eau. Le chabbat qui tombe pendant la fête, on les remplissait la veille du chabbat. Quand elles sont devenues impures, on ne peut pas aller les remplir au Shiloah le chabbat, et c'est une peine de les remplir depuis le grand puits, par la roue. Il est allé et les a mises en contact avec le canal d'eau de l'azara. Pour l'eau, la hashka leur suffit : c'est leur zeria, dès que les eaux du mikve sont passées sur elles, qu'une jonction s'est faite, et qu'elles se sont annulées.
💡 Explication

Tradition de Rabbi Shimon ben Lakish au nom de Rabbi Oshaya. Les eaux de la fête sont celles du nisukh hamayim, puisées d'avance quand un chabbat tombe pendant Sukkot. Devenues impures, on ne retourne pas au Shiloah. On les relie au canal de l'azara : c'est la hashka.

Pour un liquide, la hashka tient lieu de zeria. Le contact avec le mikve fait une jonction, et l'eau impure s'annule dans l'eau pure. L'ordre compte : la hashka avant la consécration purifie. Après la consécration, l'eau reste impure.

7
מִכְּדֵי זְרִיעָה נִינְהוּ, מַה לִי הִשִּׁיקָן וְאַחַר כָּךְ הִקְדִּישָׁן, מַה לִי הִקְדִּישָׁן וְאַחַר כָּךְ הִשִּׁיקָן? אַלְמָא: אֵין זְרִיעָה לְהֶקְדֵּשׁ. הָכָא נָמֵי, אֵין זְרִיעָה לִתְרוּמָה.

Puisque c'est une zeria, qu'importe qu'il les ait mises en contact et qu'ensuite il les ait consacrées, ou qu'il les ait consacrées et qu'ensuite il les ait mises en contact ? Il en ressort : il n'y a pas de zeria pour le hekdesh.

Ici aussi, il n'y a pas de zeria pour la teruma.

📜 Rachi (2)
וְאַחַ"כּ הִקְדִּישָׁן שֶׁעֲדַייִן לֹא קָרָא עֲלֵיהֶן שֵׁם אוֹ לֹא קִידְּשׁוּ בִּכְלִי שָׁרֵת טְהוֹרִין:
Et ensuite il les a consacrées : tant qu'il n'a pas encore appelé un nom sur elles, ou qu'il ne les a pas consacrées dans un keli sharet, elles sont pures.
אֵין זְרִיעָה לְהֶקְדֵּשׁ לְטַהֲרוֹ בְּכָךְ דְּמַעֲלָה עָשׂוּ בְּקָדָשִׁים הָכָא נָמֵי אֵין זְרִיעָה לִתְרוּמָה דְּמַעֲלָה עָשׂוּ:
Il n'y a pas de zeria pour le hekdesh, pour le purifier par là, car ils ont institué une maala dans les kodashim. Ici aussi, il n'y a pas de zeria pour la teruma, car ils ont institué une maala.
🗂️ Tossefot (1)
וְנָתַן אַלְמָא תְּלוּשִׁין וְהָא מְחֻובָּרִין נִינְהוּ פֵּירוּשׁ דִּוְנָתַן מַשְׁמַע דַּחֲשִׁיב לְהוּ תְּלוּשִׁין וְהַיְינוּ לְעִנְיַן קַבָּלַת טֻומְאָה אַף עַל פִּי שֶׁהֵן מְחֻובָּרִין וְהַשְׁתָּא מַייְתֵי רְאָיָה דְּאֵין הַשָּׁקָה לְהֶקְדֵּשׁ מִן הַתּוֹרָה וְכֵן בִּתְרוּמָה נָמֵי עֲבוּד רַבָּנַן מַעֲלָה וּפֵ"ה דָּחוּק:
'Et il mettra', il en ressort qu'elles sont détachées, et elles sont attachées. Explication : 'et il mettra' implique qu'il les tient pour détachées, et c'est au sujet de la réception de l'impureté, bien qu'elles soient attachées. Et maintenant il apporte une preuve qu'il n'y a pas de hashka pour le hekdesh d'après la Torah. Et de même pour la teruma, les rabbins ont aussi institué une maala. Et le commentaire de Rachi est forcé.
💡 Explication

La hashka est une zeria. Si le semis purifiait le hekdesh comme le hullin, l'ordre serait indifférent. L'ordre décide : il n'y a pas de zeria pour le hekdesh. La même phrase ferme la michna des plants : il n'y a pas de zeria pour la teruma.

Rachi précise le cas pur. Au moment de la hashka, l'eau n'a encore ni nom, ni consécration dans un keli sharet. La maala ne commence qu'avec la consécration.

Tossefot commente déjà le verset de la fin de la page, 'et il mettra'. Le mot traite l'eau comme détachée pour recevoir l'impureté, alors qu'elle est attachée à la source. Ils y lisent une preuve de Torah : pas de hashka pour le hekdesh. Pour la teruma, la maala reste rabbinique. Ils jugent la lecture de Rachi forcée.

8
יָתֵיב רַב דִּימֵי וְקָאָמַר לָהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: הִקְדִּישָׁן בִּכְלִי קָאָמַר, אֲבָל בַּפֶּה לָא עֲבוּד רַבָּנַן מַעֲלָה. אוֹ דִּילְמָא בַּפֶּה נָמֵי עֲבוּד רַבָּנַן מַעֲלָה?

Rav Dimi était assis et il disait cette tradition. Abaye lui dit : parle-t-il de celui qui les a consacrées dans un ustensile, et par la parole les rabbins n'ont pas institué de maala ?

Ou bien, par la parole aussi, les rabbins ont institué une maala ?

📜 Rachi (2)
לְהָא שְׁמַעְתָּא דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא:
Cette tradition : celle de Rabbi Oshaya.
הִקְדִּישָׁן בִּכְלִי שָׁרֵת קָאָמְרַתְּ דְּכֵיוָן דְּקִדּוּשִׁין הֵן קְדֻושַּׁת הַגּוּף עַבְדִינְהוּ לְהוּ רַבָּנָן מַעֲלָה אֲבָל מִשּׁוּם קְדֻושַּׁת פֶּה דְּמִלְּאָן בִּכְלִי חוֹל לְשֵׁם חַג לָא עָבְדִי לְהוּ מַעֲלָה וּמְהַנְּיָא לְהוּ הַשָּׁקָה:
Tu parles de celui qui les a consacrées dans un keli sharet. Puisque leur sainteté est une sainteté du corps, les rabbins leur ont institué une maala. Mais pour une sainteté de parole, quand on les a remplies dans un ustensile profane au nom de la fête, ils ne leur ont pas institué de maala, et la hashka leur est efficace.
💡 Explication

Abaye demande la portée de la maala sur les eaux de la fête. Deux consécrations sont en jeu. Le keli sharet donne une sainteté du corps. La parole, remplir un ustensile profane au nom de la fête, est plus légère.

Première lecture : la maala ne vise que le keli sharet, et la hashka reste efficace après une simple parole. Seconde lecture : la parole aussi reçoit la maala. Rav Dimi n'a pas entendu la réponse sur ce cas.

9
אֲמַר לֵיהּ: זוֹ לֹא שָׁמַעְתִּי, כַּיּוֹצֵא בָּהּ שָׁמַעְתִּי. דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עֲנָבִים שֶׁנִּטְמְאוּ, דְּרָכָן וְאַחַר כָּךְ הִקְדִּישָׁן — טְהוֹרִים. הִקְדִּישָׁן וְאַחַר כָּךְ דְּרָכָן — טְמֵאִין. וְהָא עֲנָבִים דִּקְדֻושַּׁת פֶּה נִינְהוּ, וַאֲפִילּוּ הָכִי עֲבוּד רַבָּנַן מַעֲלָה.

Il lui dit : celle-ci, je ne l'ai pas entendue ; j'en ai entendu une semblable. Car Rabbi Abahu a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : des raisins qui sont devenus impurs, s'il les a foulés et qu'ensuite il les a consacrés, ils sont purs.

S'il les a consacrés et qu'ensuite il les a foulés, ils sont impurs. Or les raisins ont une sainteté de parole, et même ainsi les rabbins ont institué une maala.

📜 Rachi (4)
זוֹ לֹא שָׁמַעְתִּי בְּמַעֲלָה זוֹ דִּזְרִיעָה לֹא שָׁמַעְתִּי אִם בְּפֶה אִם בִּכְלִי אֲבָל בְּמַעֲלָה אַחֶרֶת שָׁמַעְתִּי דְּאַף בִּקְדֻושַּׁת פֶּה עַבְדוּהָ רַבָּנָן וְאִיכָּא לְמֵילַף מִינָּהּ דְּהוּא הַדִּין לְכָל מַעֲלוֹת שֶׁבַּקּוֹדֶשׁ:
Celle-ci, je ne l'ai pas entendue : dans cette maala de la zeria, je n'ai pas entendu si c'est par la parole ou par l'ustensile. Mais dans une autre maala, j'ai entendu que les rabbins l'ont instituée même pour une sainteté de parole. Et l'on peut en apprendre que la même règle vaut pour toutes les maalot du kodech.
דְּרָכָן וְאַחַר כָּךְ הִקְדִּישָׁן טְהוֹרוֹת לִנְסָכִים וְר' יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר לְעֵיל מַשְׁקִין מִיפְקָד פְּקִידֵי וְלָא קַבִּילִי טֻומְאָה עִם הָאֹוכֶל וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ הֵיכִי דְּרִיךְ לְהוּ:
S'il les a foulés et qu'ensuite il les a consacrés, elles sont pures : pour les nesakhim. Et Rabbi Yo'hanan reste dans sa raison, car il a dit plus haut : les liquides sont déposés, et ils ne reçoivent pas l'impureté avec l'aliment. Et plus loin il explique comment il les foule.
הִקְדִּישָׁן וְאַחַ"כּ דַּרְכָּן טְמֵאוֹת קָא ס"ד הִקְדִּישׁ יֵינוֹ לִנְסָכִים:
S'il les a consacrés et qu'ensuite il les a foulés, elles sont impures. On pense d'abord : il a consacré son vin pour les nesakhim.
טְמֵאוֹת דַּעֲבוּד רַבָּנָן מַעֲלָה בְּקָדָשִׁים דְּמִיטַּמֵּא מַשְׁקֶה עִם הָאֹוכֶל וְלָא אָמְרִינַן בְּהוּ מַשְׁקִין מִיפְקָד פְּקִידֵי וְהָא עֲנָבִים קְדֻושַּׁת פֶּה הֵן דְּאִי נָמֵי נְתָנָן לַכְּלִי אֵין כְּלִי מְקַדְּשָׁן דְּאֵין כְּלֵי שָׁרֵת מְקַדְּשִׁין אֶלָּא דָּבָר הָרָאוּי לוֹ כִּדְיָלְפִינַן בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים גַּבֵּי מִזְבֵּחַ שֶׁנֶּאֱמַר כָּל הַנֹּוגֵעַ בַּמִּזְבֵּחַ יִקְדָּשׁ שׁוֹמֵעַ אֲנִי בֵּין רָאוּי בֵּין שֶׁאֵינוֹ רָאוּי תַּלְמוּד לוֹמַר עוֹלָה וּכְלִי שָׁרֵת דֻּומְיָא דְּמִזְבֵּחַ נָפְקָא לָן הָתָם:
Elles sont impures : car les rabbins ont institué une maala dans les kodashim, le liquide devient impur avec l'aliment, et nous ne disons pas à leur sujet que les liquides sont déposés. Or les raisins ont une sainteté de parole. Même s'il les a mis dans un ustensile, l'ustensile ne les consacre pas. Car un keli sharet ne consacre que ce qui lui est apte, comme nous l'apprenons dans Shehitat Kodashim au sujet de l'autel. Il est dit : 'tout ce qui touche l'autel sera saint'. J'entendrais : aussi bien ce qui est apte que ce qui ne l'est pas. Le verset enseigne : 'ola'. Et le keli sharet, à la ressemblance de l'autel, nous l'apprenons là-bas.
💡 Explication

Rav Dimi n'a pas la réponse sur l'eau. Il rapporte un cas voisin, de Rabbi Abahu au nom de Rabbi Yo'hanan. Des raisins impurs : foulés puis consacrés, ils sont purs ; consacrés puis foulés, ils sont impurs.

Rabbi Yo'hanan reste sur sa thèse du daf précédent : les liquides sont déposés dans le raisin, et l'impureté de l'aliment ne les gagne pas. Après consécration, une maala des kodashim les fait devenir impurs avec l'aliment.

Les raisins n'ont qu'une sainteté de parole. Un keli sharet ne consacre que ce qui lui est apte, comme l'autel, que le verset limite à l'ola. Rav Dimi en tire que la maala vaut aussi pour la parole, et dès lors pour les maalot du kodech en général.

10
אָמַר רַב יוֹסֵף: עֲנָבִים קָאָמְרַתְּ? הָכָא בַּעֲנָבִים שֶׁל תְּרוּמָה עָסְקִינַן, דִּקְדֻושַּׁת פֶּה דִּידְהוּ — כִּקְדֻושַּׁת כְּלִי דָּמְיָא. אֲבָל הָנֵי דְּבָעֵי כְּלִי, בַּפֶּה לָא עֲבוּד רַבָּנַן מַעֲלָה.

Rav Yosef dit : tu parles de raisins ? Ici, nous traitons de raisins de teruma, dont la sainteté de parole est semblable à la sainteté d'un ustensile.

Mais celles-ci, qui exigent un ustensile, par la parole les rabbins n'ont pas institué de maala.

📜 Rachi (2)
בַּעֲנָבִים שֶׁל תְּרוּמָה וְהַאי הִקְדִּישָׁן קְדֻושַּׁת תְּרוּמָה קָאָמַר דְּבִתְרוּמָה לָא שָׁיְיכָא קְדֻושַּׁת כְּלִי לֹא בְּיַיִן וְלֹא בַּעֲנָבִים:
De raisins de teruma : et ce 'il les a consacrés' parle d'une sainteté de teruma. Car dans la teruma, la sainteté d'ustensile ne s'applique pas, ni au vin ni aux raisins.
אֲבָל הָנֵי מֵי הֶחָג:
Mais celles-ci : les eaux de la fête.
💡 Explication

Rav Yosef refuse de transporter la maala des raisins vers l'eau de la fête. Le cas entendu vise des raisins de teruma. La teruma ne passe pas par un keli sharet : appeler son nom est sa consécration pleine. Cette parole-là est semblable à la sainteté d'un ustensile.

Les eaux de la fête, elles, exigent le keli pour la sainteté du corps. Une simple parole ne reçoit pas la maala. La question d'Abaye sur l'eau n'est donc pas tranchée par les raisins.

11
דַּרְכָּן — וַאֲפִילּוּ טוּבָא?! וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי, וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עֲנָבִים שֶׁנִּטְמְאוּ — דּוֹרְכָן פָּחוֹת פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה!

Il les a foulés, même en grande quantité ?! Et Rabbi Yo'hanan a-t-il dit cela ?

Or Rabbi Yo'hanan a dit : des raisins qui sont devenus impurs, on les foule moins que moins d'un kebeitza !

📜 Rachi (1)
דַּרְכָּן וַאֲפִילּוּ טוּבָא לְעֵיל קָמַהְדַּר אֲמַרְתְּ דְּרָכָן וְאַחַר כָּךְ הִקְדִּישָׁן טְהוֹרוֹת וַאֲפִילּוּ טוּבָא בְּבַת אַחַת בִּתְמִיהַּ וְהָא אֲמַרְתְּ לְעֵיל פָּחוֹת פָּחוֹת מִכַּבֵּיצָה דְּאִי יוֹתֵר הָא אִיטַּמוּ מַשְׁקִין בְּכַבֵּיצָה מִיְּצִיאַת טִיפָּה רִאשׁוֹנָה טֻומְאַת הָאֹוכֶל שֶׁהֲרֵי יֵשׁ בָּהּ כַּשִּׁיעוּר:
Il les a foulés, même en grande quantité : plus haut tu reviens et tu dis : s'il les a foulés et qu'ensuite il les a consacrés, elles sont pures, même beaucoup d'un seul coup. C'est un étonnement. Or tu as dit plus haut : moins que moins d'un kebeitza. Car s'il y en a davantage, les liquides sont devenus impurs par un kebeitza, dès la sortie de la première goutte, par l'impureté de l'aliment, puisqu'il y a en lui la mesure.
💡 Explication

La formule 'il les a foulés' est sans limite. Elle semble permettre une grande quantité d'un seul coup, puis la consécration, avec un vin pur.

Or Rabbi Yo'hanan, au daf précédent, n'autorise le foulage que moins que moins d'un kebeitza. Au-dessus de cette mesure, la première goutte sort alors qu'il reste un kebeitza d'aliment : l'aliment impur rend le liquide impur. Les deux phrases du même maître se heurtent.

12
אִיבָּעֵית אֵימָא: הָכָא נָמֵי פָּחוֹת פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָתָם דְּנָגְעוּ לְהוּ בְּרִאשׁוֹן, דְּהָווּ לְהוּ אִינְהוּ שֵׁנִי. הָכָא דְּנָגְעוּ בְּשֵׁנִי, דְּהָווּ לְהוּ שְׁלִישִׁי.

Si tu veux, dis : ici aussi, moins que moins d'un kebeitza. Et si tu veux, dis : là-bas, ils ont touché un rishon, de sorte qu'eux-mêmes sont sheni.

Ici, ils ont touché un sheni, de sorte qu'ils sont shelishi.

📜 Rachi (2)
הָכִי גָּרְסִינַן אִי בָּעֵית אֵימָא הָכָא נָמֵי בְּפָחוֹת מִכַּבֵּיצָה וְאִי בָּעֵית אֵימָא הָתָם דְּבָעֵינַן פָּחוֹת מִכַּבֵּיצָה שֶׁנָּגְעוּ עֲנָבִים בָּרִאשׁוֹן כְּגוֹן טָמֵא שֶׁרֶץ אוֹ טָמֵא נְבֵילָה וְכָל שֶׁכֵּן טְמֵא מֵת דְּכֵיוָן דְּהָווּ עֲנָבִים שֵׁנִי טִימְּאוּ אֶת הַמַּשְׁקִין בְּכַבֵּיצָה מִשֶּׁיָּצָאת טִיפָּה רִאשׁוֹנָה וְאַף עַל פִּי שֶׁהֵן חֻולִּין דְּכָל הַפּוֹסֵל אֶת הַתְּרוּמָה מְטַמֵּא מַשְׁקִין לִהְיוֹת תְּחִלָּה וְשֵׁנִי עוֹשֶׂה שְׁלִישִׁי בִּתְרוּמָה לָא גָרְסִינַן דְּהָא בְּחֻולִּין עָסְקִינַן דְּאִי בִּתְרוּמָה הָא אֲמָרָן דַּעֲבוּד מַעֲלָה שֶׁמְּטַמְּאָה מַשְׁקֶה עִם הָאֹוכֶל:
Voici comment nous lisons : 'Si tu veux, dis : ici aussi, en moins d'un kebeitza. Et si tu veux, dis : là-bas, où nous exigeons moins d'un kebeitza, les raisins ont touché un rishon', par exemple un impur par un sheretz ou un impur par une nevela, et à plus forte raison un impur par un mort. Puisque les raisins sont sheni, ils ont rendu les liquides impurs par un kebeitza, dès que la première goutte est sortie, bien qu'ils soient hullin. Car tout ce qui invalide la teruma rend les liquides impurs pour qu'ils soient techila. Et nous ne lisons pas : 'et un sheni produit un shelishi dans la teruma', car nous traitons de hullin. Si c'était de la teruma, nous avons déjà dit qu'ils ont institué une maala : elle rend le liquide impur avec l'aliment.
הָכָא דְּנָגְעוּ עֲנָבִים בְּשֵׁנִי דְּהָווּ לְהוּ שְׁלִישִׁי עֲנָבִים שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת תְּרוּמָה מַשְׁכַּחַת בְּהוּ שְׁלִישִׁי הִלְכָּךְ דְּרָכָן וְאַחַר כָּךְ הִקְדִּישָׁן שֶׁקָּרָא לָהֶן שֵׁם תְּרוּמָה טְהוֹרִין וַאֲפִילּוּ דֶּרֶךְ הַרְבֵּה יַחַד שֶׁהָאֹוכֶל שְׁלִישִׁי לֹא עָשָׂה לַמַּשְׁקֶה כְּלוּם וּמִתְּחִלָּה לֹא נִטְמְאוּ עִם הָאֹוכֶל דְּקֹודֶם קְרִיאַת שֵׁם לָא עֲבוּד מַעֲלָה הִקְדִּישָׁן לִתְרוּמָה וְאַחַ"כּ דַּרְכָּן טְמֵאִין דְּמִקְּרִיאַת שֵׁם חָלָה הַמַּעֲלָה עֲלֵיהֶן וְנַעֲשָׂה הַמַּשְׁקִין כְּאֹוכֶל הַכֹּל אֶחָד:
Ici, ils ont touché : les raisins ont touché un sheni, de sorte qu'ils sont shelishi. Des raisins préparés dans la pureté de la teruma : tu trouves en eux un shelishi. Par conséquent, s'il les a foulés et qu'ensuite il les a consacrés, en appelant sur eux le nom de teruma, ils sont purs, même s'il en foule beaucoup ensemble. Car l'aliment shelishi n'a rien fait au liquide. Et d'abord ils ne sont pas devenus impurs avec l'aliment, car avant l'appel du nom ils n'ont pas institué de maala. S'il les a consacrés pour la teruma et qu'ensuite il les a foulés, ils sont impurs : dès l'appel du nom, la maala prend effet sur eux, et les liquides sont faits comme l'aliment, le tout un.
💡 Explication

Deux réponses tiennent ensemble les deux phrases de Rabbi Yo'hanan. La première relit le cas d'ici : là aussi, on foule moins que moins d'un kebeitza.

La seconde distingue le degré. Là-bas, les raisins ont touché un rishon (sheretz, nevela, ou à plus forte raison un met) : ils sont sheni. Un sheni invalide la teruma, et il rend un liquide techila, premier degré, dès qu'un kebeitza d'aliment est encore là au sortir de la première goutte. Rachi retire de la leçon la phrase 'un sheni produit un shelishi dans la teruma' : le cas est du hullin. Dans la teruma, la maala rendrait de toute façon le liquide impur avec l'aliment.

Ici, les raisins ont touché un sheni. Gardés dans la pureté de la teruma, ils sont shelishi. L'aliment shelishi ne transmet rien au liquide. On peut donc fouler beaucoup, puis appeler le nom de teruma : le vin reste pur. Si le nom est appelé avant le foulage, la maala s'applique, et le liquide est traité comme l'aliment.

🖼️ Schéma
Deux chaînes d'impureté pour les raisins Là-bas : moins d'un kebeitza Contact avec un rishon (sheretz, nevela, met). Les raisins deviennent sheni. Dès un kebeitza, la première goutte rend le liquide impur, techila. On foule en petite quantité Ici : même une grande quantité Contact avec un sheni. Raisins gardés pour la teruma : ils deviennent shelishi. L'aliment shelishi ne transmet rien au liquide. Foulage, puis nom de teruma : pur Si le nom de teruma est appelé avant le foulage, la maala prend effet. Le liquide est alors traité comme l'aliment : tout est impur.
Raisins sheni : la goutte devient impure dès le kebeitza. Raisins shelishi : le liquide reste pur, tant que le nom de teruma n'est pas encore appelé.
13
אָמַר רָבָא, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: ״וְנָתַן עָלָיו מַיִם חַיִּים אֶל כֶּלִי״ — שֶׁתְּהֵא חַיּוּתָן בִּכְלִי. ״וְנָתַן״, אַלְמָא תְּלוּשִׁין נִינְהוּ. וְהָא מְחֻובָּרִין נִינְהוּ!

Rava dit : nous aussi, nous l'avons appris. 'Et il mettra sur lui de l'eau vive, dans un ustensile' : que leur vitalité soit dans l'ustensile. 'Et il mettra' : il en ressort qu'elles sont détachées. Et elles sont attachées !

📜 Rachi (2)
אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא דַּעֲבוּד רַבָּנָן מַעֲלָה בְּקָדָשִׁים וַאֲפִילּוּ בִּקְדֻושַּׁת פֶּה:
Nous aussi, nous l'avons appris : les rabbins ont institué une maala dans les kodashim, même pour une sainteté de parole.
שֶׁתְּהֵא חַיּוּתָן בִּכְלִי בְּאוֹתוֹ כְּלִי עַצְמוֹ שֶׁהוּא מְקַדֵּשׁ בּוֹ מֵי חַטָּאת בְּאֶפְרָן צָרִיךְ לִמְלֵאוּתוֹ מִן הַמַּעְיָן וְלֹא יְמַלְּאֵם בִּכְלִי אַחֵר וִיעָרֵם לְתוֹךְ זֶה וְכָתַב וְנָתַן דְּמַשְׁמַע תְּלוּשִׁין דְּמֻותָּר לִמְלֵאוּתוֹ בִּכְלִי אַחֵר וִיעָרֵם לְתוֹךְ זֶה:
Que leur vitalité soit dans l'ustensile : dans cet ustensile même avec lequel il consacre les eaux de la hatat par leur cendre, il faut le remplir depuis la source. Et il ne les remplira pas dans un autre ustensile pour les verser dans celui-ci. Or il est écrit 'et il mettra', ce qui implique qu'elles sont détachées : il est permis de le remplir avec un autre ustensile et de les verser dans celui-ci.
💡 Explication

Rava reprend la maala des kodashim à partir du verset des eaux de la hatat (Nombres 19:17). 'De l'eau vive, dans un ustensile' : la vitalité, l'eau courante de la source, doit entrer dans le keli même qui recevra la cendre. L'eau est alors attachée à la source.

'Et il mettra' se lit comme un versement : l'eau est détachée, puisée d'abord dans un autre ustensile. Les deux lectures sont dans le même verset. La page s'arrête sur cette tension.

Rachi dit d'emblée où Rava veut en venir : une maala des kodashim, même pour une sainteté de parole. Tossefot, sur le segment de la zeria, lit plutôt 'et il mettra' comme une susceptibilité à l'impureté malgré l'attache à la source.

🖼️ Schéma
Eaux de la hatat : deux lectures du même verset Eaux vives dans l'ustensile Leur vitalité doit être dans le keli qui sanctifie. On puise à la source, directement dans ce keli. Elles sont attachées Et il mettra Venatan implique un versement. On peut puiser dans un autre keli et verser dans celui-ci. Elles sont détachées La page s'arrête sur les deux lectures. Rachi y voit une maala des kodashim. Tossefot, plus haut, lit venatan pour la réception de l'impureté.
Le même verset demande l'eau vive directement dans le keli, et le mot 'il mettra' laisse verser d'un autre ustensile.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).