Pesachim 35b - Demai, dîmes et rachat : quelle matza acquitte

Pesachim 35b

Sougya : La première ligne achève les mei peirot : les jus de fruits ne font pas lever. La Guemara reprend ensuite la michna, clause par clause : avec quelle matza s'acquitte-t-on à Pessa'h.

Le demai convient, car on peut déclarer ses biens hefker et le manger en pauvre. Le premier maaser devancé dans les épis est exempt de teruma gedola ; au tas, le grain est déjà dagan et la teruma gedola reste due.

Le capital racheté suffit sans le cinquième. Un asimon, ou un hekdesh passé sur un terrain, ne suit pas la règle du verset.

Une baraïta exclut le tevel incomplet par le verset du hametz, et Rav Sheshet l'attribue à Rabbi Shimon : un interdit ne prend pas effet sur un interdit.

La michna, une fois la Guemara passée On s'acquitte On ne s'acquitte pas Demai S'il déclare ses biens hefker, il est pauvre et peut le manger. Maintenant aussi, cela lui est apte. Tevel, même rabbinique Grain semé dans un pot non percé. La Torah exempte. Les rabbins, non. Mitsva qui vient par une transgression. Premier maaser, teruma prise Devancé dans les épis : exempt de teruma gedola. La terumat maaser suffit. Premier maaser sans teruma Devancé au tas. Le grain est déjà dagan. La teruma gedola manque. Maaser sheni et hekdesh rachetés Le capital est versé. Le cinquième ne l'est pas. Le homesh n'est pas me'akev. Rachat hors de la règle Maaser sheni sur un asimon. Hekdesh sur un terrain. Le verset demande forme, ou argent. Kohanim : halla et teruma Matza réservée au kohen. Matzot, matzot : le verset inclut. Tevel incomplet Même s'il ne manque que le maaser ani. L'interdit est celui du tevel. Chaque 'c'est évident' de la page ouvre le cas où la clause apprend quelque chose.
Demai, maaser des épis, rachat du capital, halla du kohen : on s'acquitte. Tevel du pot, maaser du tas, asimon, terrain, maaser ani manquant : on ne s'acquitte pas.
Le lévi devance le kohen : épis ou tas Dans les épis, avant le miruah Le grain n'est pas encore dagan. Verset : une dîme de la dîme. Terumat maaser seule. Exempt de teruma gedola. Rabbi Abahou, au nom de Rabbi Shimon ben Lakish. On s'acquitte de la matza Au tas, après l'idgan Le grain a été aplani : il est dagan. Verset : toute la teruma de Hachem. Reshit deganekha : il est tevel. La teruma gedola est due. Réponse d'Abaye à Rav Pappa, retenue par la michna. Sans elle, on ne s'acquitte pas Pourquoi ce verset ici, et l'autre là Rav Pappa : le tas aussi devrait être exempt, puisque le lévi a devancé. Abaye : celui du tas est devenu grain. Celui des épis ne l'est pas. Le nom dagan fait entrer l'obligation : les prémices de ton grain.
Épis, avant le dagan : terumat maaser seule. Tas, une fois grain : la teruma gedola est due, par le verset de toute la teruma.
Trois rachats, trois suites pour la matza Capital sans cinquième Maaser sheni ou hekdesh. Le keren est payé. Le homesh ne l'est pas. Le cinquième n'empêche pas le rachat. On s'acquitte Asimon Maaser sheni. Pièce sans empreinte. Ve-tzarta ha-kesef : une chose qui a une tzura. Rachat non tenu Terrain Hekdesh. Hillul sur un sol. Ve-natan ha-kesef ve-kam lo. Le verset demande l'argent. Rachat non tenu La michna dit : qui n'ont pas été rachetés En réalité, ils ont été rachetés. L'expression vise un rachat hors de la règle. Le cinquième dû reste une dette. Il ne ramène pas le grain au hekdesh.
Le cinquième n'empêche pas le rachat. L'asimon n'a pas de forme. Le terrain ne tient pas lieu d'argent.
1
וּמֵי פֵירוֹת אֵין מַחְמִיצִין.

Et les mei peirot ne font pas lever.

🗂️ Tossefot (1)
וּמֵי פֵירוֹת אֵין מַחְמִיצִין הַייְנוּ לְהִתְחַייֵּב כָּרֵת כִּדְאָמְרִינַן בְּהֶדְיָא אֵין חַיָּיבִין עַל חִימּוּצוֹ כָּרֵת אֲבָל לָאו אִית בֵּיהּ וּבְסָמוּךְ נָמֵי אָמְרִינַן אֵין לָשִׁין בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ וְאִם לָשׁ תִּשָּׂרֵף מִיָּד וַחֲכָמִים נָמֵי דְּאָמְרִי תֹּאכַל הַיְינוּ מִשּׁוּם שֶׁיְּכוֹלִין לְשָׁומְרָהּ מִן הֶחָמֵץ כִּשְׁאָר עִיסָּה אֲבָל לְכֻולֵּי עָלְמָא מַחְמִיצִין וְקָשֶׁה דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף מ.) מַסְּקִינַן גַּבֵּי קִימְחָא דַּאֲבִישׁוּנָא אֲבָל מֵי פֵּירוֹת שָׁרִי דְּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין מַשְׁמַע דְּשָׁרֵינַן לְגַמְרֵי וְכֵן פִּי' ר"ת דְּאֵין מַחְמִיצִין כָּל עִיקָּר וְהָא דְּאָמַר תִּשָּׂרֵף מִיָּד כְּשֶׁעֵירֵב עִמָּהֶן מַיִם דְּאָז מְמַהֲרוֹת יוֹתֵר לְהַחְמִיץ וְעַל הָא אָמַר דְּאֵין בָּהֶן כָּרֵת אֲבָל לָאו אִית בֵּיהּ אֲבָל הֵיכָא דְּלֵית בֵּיהּ תַּעֲרֹובֶת מַיִם כְּגוֹן יַיִן וְחֹומֶץ וּשְׁאָר מֵי פֵּירוֹת שָׁרוּ לְגַמְרֵי וְכֵן מוּכָח בְּסוֹף כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה (מְנָחוֹת דַּף נז: וְשָׁם) דְּאָמַר אֲשֶׁר תַּקְרִיבוּ לְרַבּוֹת מִנְחַת נְסָכִים לְחִימּוּץ דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וּפָרִיךְ מִנְחַת נְסָכִים מֵי פֵירוֹת הֵן וְאֵין מַחְמִיצִין אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ אוֹמֵר הָיָה רַבִּי יוֹסֵי מִנְחַת נְסָכִים מְגַבְּלָהּ בְּמַיִם וְהִיא כְּשֵׁירָה וְהַשְׁתָּא אִי סָלְקָא דַּעְתִּיךְ דְּרֵישׁ לָקִישׁ וְרַבִּי יוֹחָנָן מַיְירֵי הָכָא בְּלֹא מַיִם כְּלָל וַאֲפִילּוּ הָכֵי כָּרֵת לֵיכָּא אֲבָל מַלְקוֹת אִיכָּא דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְמֵימַר הָתָם מְגַבְּלָהּ בְּמַיִם בְּלֹא גִּיבּוּל מַיִם נָמֵי אִיצְטְרִיךְ קְרָא שֶׁלֹּא תֹּאפֶה חָמֵץ דְּהָוֵי חָמֵץ נֻוקְשֶׁה וְחָמֵץ נֻוקְשֶׁה פָּסוּל לַמִּנְחָה כִּדְמַשְׁמַע הָתָם בִּמְנָחוֹת (דַּף נג.) דְּקָאָמַר הָתָם שֶׁיֵּאוֹר דְּר' יְהוּדָה לְרַבִּי יְהוּדָה דְּפָסוּל לִמְנָחוֹת אֶלָּא וַדַּאי הֵיכָא דְּלֵיכָּא מַיִם אֵינוֹ מַחְמִיץ כְּלָל וְקָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּחֹומֶץ הָאֲדוֹמִי חֲשִׁיב לֵיהּ בְּפֶרֶק אֵלּוּ עוֹבְרִין (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף מג.) חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר ע"י תַּעֲרֹובֶת וְאַמַּאי וְהָא חֹומֶץ הָאֲדוֹמִי מְפָרֵשׁ הָתָם דְּרָמוּ בֵּיהּ שְׂעוֹרִים פִּי' מְשִׂימִין הַשְּׂעוֹרִים בְּיַיִן כְּדֵי שֶׁיַּחְמִיץ הֵיטֵב וְהָא מֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין וַאֲפִילּוּ אִם מְשִׂימִין מַיִם עִמָּהֶן אַכַּתִּי לָא הָוֵי אֶלָּא חָמֵץ נֻוקְשֶׁה וְאוֹמֵר ר"י שֶׁהַשְּׂעוֹרִים שׁוֹרִין בַּמַּיִם קֹודֶם שֶׁמְּשִׂימִין בְּיַיִן וּבְמֵי בֵּיצִים נִסְתַּפֵּק רַשִׁ"י אִי חֲשִׁיב מֵי פֵּירוֹת אוֹ לֹא לְפִי שֶׁאָנוּ רוֹאִים שֶׁהָעִיסָּה נַעֲשָׂה עָבָה בָּהֶן יוֹתֵר מִבְּמַיִם אֲבָל ר"ת נָהַג הֶיתֵּר בְּדָבָר וְהָיָה נוֹהֵג לֶאֱכֹול בְּעֶרֶב הַפֶּסַח אַחַר אַרְבַּע שָׁעוֹת עוּגָה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּבֵיצִים וְהָא דְּקָאָמְרִינַן בִּירוּשַׁלְמִי הָאוֹכֵל מַצָּה בְּעֶרֶב פֶּסַח קֹודֶם זְמַנָּהּ כְּאִילּוּ בּוֹעֵל אֲרוּסָתוֹ בְּבֵית חָמִיו הַייְנוּ מַצָּה הָרְאוּיָה לָצֵאת בָּהּ יְדֵי חוֹבָה וְזוֹ מַצָּה עֲשִׁירָה הִיא:
Et les mei peirot ne font pas lever : c'est-à-dire quant au karet, comme nous le disons explicitement : on n'est pas passible de karet pour son hametz. Mais un lav s'y trouve. Et tout près aussi nous disons : on ne pétrit pas avec du vin, de l'huile et du miel, et si l'on a pétri, qu'on brûle aussitôt. Et les Sages aussi, qui disent qu'on la mange, c'est parce qu'on peut la garder du hametz comme toute autre pâte. Mais selon tout le monde, ils font lever. Difficulté. Plus loin (Pesachim 40a), nous concluons au sujet de la farine d'avishona : les mei peirot sont permis, car les mei peirot ne font pas lever. On en déduit qu'on les permet entièrement. Et ainsi Rabbeinou Tam a expliqué : ils ne font pas lever du tout. Et ce qu'il dit, qu'on brûle aussitôt, c'est lorsqu'on y a mêlé de l'eau : alors elle se hâte davantage de lever. Et de ce cas il dit qu'il n'y a pas de karet, mais qu'un lav s'y trouve. Là où il n'y a pas de mélange d'eau, par exemple le vin, le vinaigre et les autres mei peirot, ils sont entièrement permis. Cela est aussi prouvé à la fin du chapitre "toutes les menahot viennent en matza" (Menahot 57b) : il dit "que vous présenterez", pour inclure la minhat nesakhim dans le levain, paroles de Rabbi Yossi haGlili. On objecte : la minhat nesakhim, ce sont des mei peirot, et ils ne font pas lever. Reish Lakish a dit : Rabbi Yossi disait que la minhat nesakhim, on la pétrit avec de l'eau, et elle est valide. Or, si tu supposes que Reish Lakish et Rabbi Yo'hanan traitent ici d'un cas sans eau du tout, et que malgré cela il n'y a pas de karet mais il y a des coups, car c'est un hametz nukshe, pourquoi faut-il dire là-bas qu'on la pétrit avec de l'eau ? Sans pétrissage à l'eau aussi, le verset serait nécessaire pour qu'on ne la cuise pas hametz, car ce serait un hametz nukshe, et le hametz nukshe est invalide pour une minha, comme cela ressort là-bas dans Menahot (53a), où il dit que le seor de Rabbi Yehouda, selon Rabbi Yehouda, est invalide pour les menahot. Plutôt, à coup sûr, là où il n'y a pas d'eau, cela ne lève pas du tout. Difficulté pour le Rashba. Le vinaigre édomite, il le compte dans le chapitre "Elou overin" (plus loin, Pesachim 43a) comme un hametz de grain complet, par mélange. Et pourquoi ? Or le vinaigre édomite, on l'explique là-bas : on y met des orges, c'est-à-dire qu'on place les orges dans le vin pour qu'il aigrisse bien. Or les mei peirot ne font pas lever, et même si l'on y met de l'eau, ce n'est encore qu'un hametz nukshe. Et le Ri dit que les orges trempent dans l'eau avant qu'on les mette dans le vin. Et pour le liquide des œufs, Rachi est resté dans le doute : compte-t-il comme mei peirot, ou non, parce que nous voyons que la pâte devient plus épaisse avec eux qu'avec de l'eau. Mais Rabbeinou Tam avait l'usage de le permettre, et il mangeait, la veille de Pessa'h après quatre heures, un gâteau pétri avec des œufs. Et ce que nous disons dans le Yerushalmi : celui qui mange de la matza la veille de Pessa'h avant son temps, c'est comme s'il avait eu un rapport avec sa fiancée dans la maison de son beau-père, cela vise la matza apte à s'acquitter de l'obligation. Et celle-ci est une matza ashira.
💡 Explication

La phrase achève la raison de Rav Idi, ouverte à la page précédente. Vin, huile et miel sont des mei peirot, des jus de fruits.

Tossefot pose d'abord une lecture étroite : ils lèvent, mais sans karet, avec un lav. On ne pétrit pas avec eux ; si l'on a pétri, on brûle. Les Sages qui laissent manger visent une pâte qu'on peut garder, comme toute pâte.

Rabbeinou Tam, appuyé sur Pesachim 40a et sur Menahot 57b, tranche plus large : sans eau, les mei peirot ne lèvent pas du tout. Mêlés d'eau, ils donnent un hametz nukshe : des coups, pas le karet. Le vinaigre édomite s'explique par des orges trempées d'abord dans l'eau. Pour les œufs, Rachi doute ; Rabbeinou Tam en mange la veille de Pessa'h, car ce gâteau est une matza ashira.

🖼️ Schéma
Mei peirot : où s'arrête le levain Jus seuls Vin, vinaigre, miel. Sans eau. Rabbeinou Tam : aucun levain Jus et eau Le mélange lève plus vite. Hametz nukshe. Un lav. Pas de karet. On brûle aussitôt Preuve Menahot 57b. Minhat nesakhim : on la pétrit avec de l'eau. Sans eau, pas de hametz Œufs : Rachi doute. Rabbeinou Tam en mange la veille de Pessa'h, après quatre heures. Le Yerushalmi vise la matza de l'obligation. Le gâteau aux œufs est une matza ashira.
Sans eau, les mei peirot ne lèvent pas. Avec de l'eau, hametz nukshe : un lav, pas le karet.
2
יוֹצֵא בִּדְמַאי וּבְמַעֲשֵׂר וְכוּ׳. דְּמַאי הָא לָא חֲזֵי לֵיהּ! כֵּיוָן דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר לְנִכְסֵיהּ הָוֵי עָנִי וְאוֹכֵל דְּמַאי — הַשְׁתָּא נָמֵי חֲזֵי לֵיהּ.

On s'acquitte avec le demai et avec le maaser, etc. Le demai, voilà qu'il ne lui est pas apte.

Puisque, s'il le veut, il déclare ses biens hefker, il est pauvre et il mange du demai : maintenant aussi, cela lui est apte.

📜 Rachi (2)
דְּמַאי הָא לָא חֲזֵי לֵיהּ וְאָמְרִינַן לְקַמָּן מִי שֶׁאִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם בַּל תֹּאכַל חָמֵץ לְבַדּוֹ אַתָּה יוֹצֵא בָּהּ לְשׁוּם מַצָּה יָצָא מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אִיסּוּר אַחֵר א"נ הָוְיָא לֵהּ מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה:
Le demai, voilà qu'il ne lui est pas apte : et nous disons plus loin : celui dont l'interdit tient seulement à 'tu ne mangeras pas de hametz', tu t'acquittes par lui au titre de matza. En est exclu celui qui a un autre interdit. Autre lecture : ce serait une mitsva qui vient par une transgression.
הַשְׁתָּא נָמֵי חֲזֵי לֵיהּ דְּחֻומְרָא דְּרַבָּנָן בְּעָלְמָא הוּא דְּרֹוב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִין הֵן:
Maintenant aussi, cela lui est apte : c'est une simple rigueur rabbinique, car la plupart des amei haarets prélèvent la dîme.
🗂️ Tossefot (1)
יוֹצְאִין בִּדְמַאי מְסֻופָּק ר"י אִי בָּעֵי לְמֵימַר יוֹצֵא דַּוְקָא דִּיעֲבַד כִּדְאָמְרִינַן הוֹאִיל וּמַפְקִיר לְנִכְסֵיה וַחֲזֵי לֵיהּ מִכָּל מָקוֹם עֲדַייִן לֹא מַפְקִיר לְהוּ אִי נָמֵי יוֹצְאִים אַף לְכַתְּחִלָּה הוֹאִיל וְשָׁרִי לַעֲנִיִּים וַאֲכִילַת מַצָּה נָמֵי נִקְרָא אֲכִילַת עֲנִיּוּת:
On s'acquitte avec le demai : le Ri reste dans le doute. Faut-il dire qu'on s'acquitte seulement bediavad, comme nous disons : puisqu'il déclare ses biens hefker, cela lui est apte ; toutefois, il ne les a pas encore déclarés abandonnés. Ou bien on s'acquitte même lekhathila, puisqu'il est permis aux pauvres, et que manger de la matza s'appelle aussi une consommation de pauvreté.
💡 Explication

Le demai est interdit à qui n'est pas pauvre. Rachi donne deux raisons de refuser la matza : un autre interdit que le hametz, ou une mitsva habaa be-aveira, une mitsva qui vient par une transgression.

La réponse : s'il déclare ses biens hefker, il devient pauvre, et le pauvre mange du demai. Le droit existe déjà, même s'il ne l'a pas exercé. Rachi : simple humra rabbinique, car la plupart des amei haarets dîment.

Le Ri hésite sur la portée. Bediavad seulement, puisqu'il n'a pas encore abandonné ses biens. Ou lekhathila aussi, car l'acte de manger la matza est une consommation de pauvreté.

3
דִּתְנַן: מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי, וְאֶת אַכְסְנָיָא דְּמַאי. וְאָמַר רַב הוּנָא: תָּנָא בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי וְאֶת הָאַכְסַנְיָא דְּמַאי, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מַאֲכִילִין.

Car nous avons appris : on fait manger du demai aux pauvres, et du demai à l'akhsanya. Et Rav Houna a dit : on enseigne, Beit Shammai disent : on ne fait manger du demai ni aux pauvres ni à l'akhsanya.

Et Beit Hillel disent : on leur en fait manger.

📜 Rachi (1)
אַכְסְנָיָא חַייָּלוֹת מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל הַמֻּוטָּלִין עַל בְּנֵי הָעֲיָירוֹת לְזוּנָן לְהָגֵין עֲלֵיהֶם מֵאוֹיְבֵיהֶן וְיִשְׂרְאֵלִים הֵן וַהֲרֵי הֵן כַּעֲנִיִּים הוֹאִיל וְאֵינָן בִּמְקוֹמָן:
Akhsanya : les troupes des rois d'Israël, imposées aux habitants des villes pour qu'on les nourrisse, afin qu'elles les protègent de leurs ennemis. Ce sont des Israël, et ils comptent comme des pauvres, puisqu'ils ne sont pas chez eux.
🗂️ Tossefot (1)
אַכְסְנָיָא מְפָרֵשׁ בִּירוּשַׁלְמִי נָכְרִים:
Akhsanya : le Yerushalmi l'explique : des non-Juifs.
💡 Explication

La michna citée montre que le demai a un permis réel. Beit Hillel le font manger aux pauvres. Beit Shammai le refusent.

Akhsanya : pour Rachi, des troupes d'Israël logées hors de chez elles, donc comme des pauvres. Pour le Yerushalmi, selon Tossefot, des non-Juifs. La page suit la permission de Beit Hillel.

4
מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁנִּטְּלָה תְּרוּמָתוֹ וְכוּ׳. פְּשִׁיטָא! דְּכֵיוָן שֶׁנִּטְּלָה תְּרוּמָתוֹ חֻולִּין הָוֵי!

Premier maaser dont on a prélevé sa teruma, etc. C'est évident.

Puisque sa teruma a été prélevée, c'est du hullin.

💡 Explication

Une fois la terumat maaser donnée au kohen, le maaser des leviim est du hullin pour un Israël. La clause semble ne rien apprendre. La suite donne le cas.

5
לָא צְרִיכָא — שֶׁהִקְדִּימוֹ בַּשִּׁיבֳּלִים, וְנִטְּלָה הֵימֶנּוּ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר וְלֹא נִטְּלָה הֵימֶנּוּ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה, וְכִדְרַבִּי אָבָהוּ.

C'est nécessaire : on l'a devancé dans les épis, on en a prélevé la terumat maaser, et on n'en a pas prélevé la teruma gedola, selon Rabbi Abahou.

📜 Rachi (1)
שֶׁהִקְדִּימוּ בַּשִּׁיבֳּלִים אֶת הַמַּעֲשֵׂר הִקְדִּים לִתְרוּמָה גְּדוֹלָה קֹודֶם מֵירוּחַ דְּמִן הַתּוֹרָה תְּרוּמָה קוֹדֶמֶת לְמַעֲשֵׂר דְּרֵאשִׁית קֶרִי' רַחֲמָנָא וּמִן הַנּוֹתָר הוּא נוֹתֵן מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן לַלֵּוִי וְעַכְשָׁיו הֶעֱרִים הַלֵּוִי וְקִידְּמוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יְחַסְּרֶנּוּ הַכֹּהֵן אֶחָד מֵחֲמִשִּׁים וְנִטְּלָה הֵימֶנּוּ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר כְּדִינוֹ אֲבָל תְּרוּמָה גְּדוֹלָה הָרִאשׁוֹנָה לֹא נָטְלָה הֵימֶנּוּ וְאַשְׁמְעִינַן מַתְנֵי' דְּמֻותָּר כְּרַבִּי אָבָהוּ:
On l'a devancé dans les épis : on a fait passer le maaser avant la teruma gedola, avant le miruah. D'après la Torah, la teruma précède le maaser, car le Miséricordieux l'appelle reshit, prémices, et c'est sur le reste qu'on donne le premier maaser au lévi. Maintenant le lévi a rusé et l'a devancée, afin que le kohen ne lui retranche pas un cinquantième. On en a prélevé la terumat maaser selon sa règle, mais la teruma gedola, la première, n'en a pas été prélevée. Et notre michna nous apprend que c'est permis, comme Rabbi Abahou.
💡 Explication

Le cas neuf : le lévi a pris sa part alors que le grain est encore en épis, avant le miruah, l'aplanissement du tas. Il a prélevé la terumat maaser. La teruma gedola n'a pas été prise.

Rachi : la Torah met la teruma en premier, sous le nom de reshit. Le lévi devance pour ne pas perdre un cinquantième au profit du kohen. Rabbi Abahou le déclare permis. La michna dit qu'on s'acquitte avec cette matza.

6
דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁהִקְדִּימוֹ בַּשִּׁיבֳּלִים — פָּטוּר מִתְּרוּמָה גְּדוֹלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַהֲרֵמֹתֶם מִמֶּנּוּ תְּרוּמַת ה׳ מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר״. מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר אָמַרְתִּי לְךָ, וְלֹא תְּרוּמָה גְּדוֹלָה וּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר.

Car Rabbi Abahou a dit que Rabbi Shimon ben Lakish a dit : un premier maaser qu'on a devancé dans les épis est exempt de teruma gedola. Car il est dit : "vous prélèverez de lui la teruma de Hachem, une dîme de la dîme".

Une dîme de la dîme, Je t'ai dit, et non la teruma gedola et la terumat maaser prélevées sur la dîme.

💡 Explication

Bamidbar 18, 26 ne commande au lévi qu'une dîme de la dîme, la terumat maaser. La teruma gedola ne s'ajoute pas à ce prélèvement, quand le maaser a été pris dans les épis.

Le lévi donne donc un dixième de son maaser au kohen, et mange le reste. Cette matza acquitte.

7
אָמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי: אֶלָּא מֵעַתָּה, אֲפִילּוּ הִקְדִּימוֹ בִּכְרִי נָמֵי לִיפְּטַר? אֲמַר לֵיהּ: עָלֶיךָ אֲמַר קְרָא ״מִכֹּל מַתְּנֹתֵיכֶם תָּרִימוּ אֵת כָּל תְּרוּמַת ה׳״.

Rav Pappa a dit à Abaye : s'il en est ainsi, même lorsqu'on l'a devancé au tas, qu'il soit exempt aussi. Il lui a dit : à ton propos, le verset dit : "de tous vos dons vous prélèverez toute la teruma de Hachem".

📜 Rachi (2)
מִכָּל מַתְּנוֹתֵיכֶם בִּלְוִיִּם כְּתִיב:
De tous vos dons : c'est écrit au sujet des leviim.
אֵת כָּל תְּרוּמַת ה' אֲפִילּוּ תְּרוּמָה גְדוֹלָה:
Toute la teruma de Hachem : même la teruma gedola.
💡 Explication

Rav Pappa pousse la dérivation : si le verset limite le lévi à la terumat maaser, le tas devrait suivre les épis.

Abaye répond par Bamidbar 18, 29. "Toute" la teruma inclut la teruma gedola. Rachi : le verset parle des leviim, sur les dons qu'ils reçoivent.

8
וּמֶה רָאִיתָ?! הַאי אִידַּגַּן, וְהַאי לָא אִידַּגַּן.

Et qu'as-tu vu ? Celui-ci est devenu grain, et celui-là n'est pas devenu grain.

📜 Rachi (3)
וּמֶה רָאִיתָ דְּאוֹקֵמְתְּ קְרָא דְּחִיּוּב' כְּשֶׁהִקְדִּימוֹ בַּכְּרִי וּקְרָא דִּפְטוּרַת כְּשֶׁהִקְדִּימוֹ בַּשִּׁיבֳּלִין:
Et qu'as-tu vu : que tu fais tenir le verset de l'obligation au cas où l'on a devancé au tas, et le verset de l'exemption au cas où l'on a devancé dans les épis.
הַאי דְּנִתְמָרַח בִּכְרִי אִידַּגַּן וְכֵיוָן דְּנִקְרָא דָּגָן נַעֲשֶׂה טֶבֶל לִתְרוּמָה כְּדִכְתִיב רֵאשִׁית דְּגָנְךָ:
Celui-ci : qui a été aplani en tas, est devenu grain. Et puisqu'on l'appelle dagan, il est devenu tevel pour la teruma, comme il est écrit : les prémices de ton grain.
הַאי לָא אִידַּגַּן וְכִי שַׁקְלֵיהּ לֵוִי עֲדַייִן לֹא הֲוָה טָבוּל לִתְרוּמָה:
Celui-là n'est pas devenu grain : et lorsque le lévi l'a pris, il n'était pas encore tevel pour la teruma.
💡 Explication

Qu'as-tu vu demande pourquoi l'obligation va au tas et l'exemption aux épis, plutôt que l'inverse. Les deux versets sont là. Il faut une raison de les ranger ainsi.

Le tas a subi l'idgan : il porte le nom de dagan. "Les prémices de ton grain" le rend tevel pour la teruma. Dans les épis, au moment où le lévi prend, ce nom n'est pas encore là.

9
מַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁנִּפְדּוּ וְכוּ׳. פְּשִׁיטָא! הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן, שֶׁנָּתַן אֶת הַקֶּרֶן וְלֹא נָתַן אֶת הַחֹומֶשׁ. וְקָא מַשְׁמַע לַן דְּאֵין חֹומֶשׁ מְעַכֵּב.

Second maaser et hekdesh qui ont été rachetés, etc. C'est évident.

Ici, de quoi s'agit-il ? Il a donné le capital, et il n'a pas donné le cinquième.

Et cela nous apprend que le cinquième n'est pas me'akev.

💡 Explication

Un rachat complet rend le grain hullin. La clause serait alors évidente. Le cas retenu : le keren, le capital, est payé, le homesh, le cinquième, ne l'est pas.

Le cinquième reste dû. Il n'est pas me'akev : il n'empêche pas le rachat. La matza acquitte.

10
וְהַכֹּהֲנִים בְּחַלָּה וּבִתְרוּמָה וְכוּ׳. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְתֵימָא: מַצָּה שָׁוָה לְכָל אָדָם בָּעֵינַן, קָא מַשְׁמָע לַן — ״מַצּוֹת״ ״מִצְוֹת״ רִיבָּה.

Et les kohanim, avec la halla et avec la teruma, etc. C'est évident.

On aurait pu dire : nous exigeons une matza égale pour tout homme. Cela nous apprend : "matzot", "matzot", le verset a inclus.

💡 Explication

Le kohen a le droit de manger la halla et la teruma. On aurait pu exiger une matza permise à tout Israël, et fermer ces pains au kohen aussi.

Le redoublement matzot, matzot (Devarim 16, 3 et 16, 8) est un ribbouy : il inclut une matza réservée à une catégorie. Le kohen s'en acquitte.

11
אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל וְכוּ׳. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, בְּטֶבֶל טָבוּל מִדְּרַבָּנַן שֶׁזְּרָעוֹ בְּעָצִיץ שֶׁאֵינוֹ נָקוּב.

Mais non avec du tevel, etc. C'est évident.

C'est nécessaire : un tevel qui n'est tevel que d'ordre rabbinique, qu'on a semé dans un pot non percé.

📜 Rachi (1)
טָבוּל מִדְּרַבָּנָן וְאַפֵּ"ה מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה הִיא חֲשִׁיב לָהּ וְלָא דָּמֵי לִדְמַאי וּכְדַאֲמַרַן דְּהָתָם אַשְׁכְּחַן בֵּיהּ הֶיתֵּירָא לְכַתְּחִילָּה הִלְכָּךְ הָכָא בְּדִיעֲבַד נָפֵיק:
Tevel d'ordre rabbinique : même ainsi, on le tient pour une mitsva qui vient par une transgression. Et il ne ressemble pas au demai, comme nous l'avons dit : là-bas, nous lui trouvons une permission lekhathila. Par conséquent, ici, bediavad, on s'en acquitte.
💡 Explication

Le tevel de la Torah est interdit à manger : l'exclusion est évidente. Le cas neuf est un atzitz she-eino nakuv, un pot non percé. Le grain n'est pas lié au sol. La Torah n'y met pas de dîme. Les rabbins, si.

Rachi le tient pour une mitsva habaa be-aveira. Le demai a une permission lekhathila pour le pauvre, et bediavad on s'en acquitte. Ce tevel rabbinique reste exclu de la matza.

12
וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא נִטְּלָה תְּרוּמָתוֹ. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, שֶׁהִקְדִּימוֹ בַּכְּרִי.

Et non avec un premier maaser dont on n'a pas prélevé la teruma. C'est évident.

C'est nécessaire : on l'a devancé au tas.

📜 Rachi (2)
וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא נִטְּלָה תְּרוּמָתוֹ קָא ס"ד בִּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר קָאָמַר וְקָא פָּרִיךְ פְּשִׁיטָא:
Et non avec un premier maaser dont on n'a pas prélevé la teruma : on pensait d'abord qu'il parle de la terumat maaser, et l'on objecte : c'est évident.
לָא צְרִיכָא שֶׁהִקְדִּימוֹ בִּכְרִי וְהַאי תְּרוּמָתוֹ דְּקָתָנֵי תְּרוּמָה גְּדוֹלָה דְּהָוֵי חֲזִי לְאַפְרוֹשֵׁי מִינָּהּ מֵעִיקָּרָא קָאָמַר:
C'est nécessaire, on l'a devancé au tas : et ce "sa teruma" que la michna enseigne, c'est la teruma gedola, celle qu'il était apte à prélever dès l'origine.
💡 Explication

Lu sur la terumat maaser, l'interdit est évident : ce maaser ne se mange pas. La michna vise le lévi qui a devancé au tas.

"Sa teruma" est alors la teruma gedola. Le grain était déjà dagan, donc déjà tevel, avant que le lévi ne prenne sa part.

13
מַהוּ דְּתֵימָא כְּדַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי, קָא מַשְׁמַע לַן כִּדְשַׁנִּי לֵיהּ.

On aurait pu dire comme Rav Pappa l'a dit à Abaye. Cela nous apprend comme il lui a répondu.

📜 Rachi (1)
כְּדַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי לְעֵיל בִּשְׁמַעְתִּין:
Comme Rav Pappa l'a dit à Abaye : plus haut dans notre discussion.
💡 Explication

Sans cette clause, on suivrait la question de Rav Pappa : le tas aussi serait exempt de teruma gedola. La michna retient la réponse d'Abaye. Au tas, la teruma gedola est due, et cette matza n'acquitte pas.

14
וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁלֹּא נִפְדּוּ וְכוּ׳. פְּשִׁיטָא!

Et non avec un second maaser et un hekdesh qui n'ont pas été rachetés, etc. C'est évident.

💡 Explication

Un maaser sheni ou un hekdesh non racheté est interdit à manger. L'exclusion semble close. La suite relit les mots "qui n'ont pas été rachetés".

15
לְעוֹלָם דְּנִפְדּוּ, וּמַאי לֹא נִפְדּוּ — שֶׁלֹּא נִפְדּוּ כְּהִלְכָתָן: מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁפְּדָאוֹ עַל גַּב אֲסִימוֹן, דְּרַחֲמָנָא אָמַר: ״וְצַרְתָּ הַכֶּסֶף״ — דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ צוּרָה.

En réalité, ils ont été rachetés. Et que signifie : ils n'ont pas été rachetés ?

Ils n'ont pas été rachetés selon leur règle. Un second maaser qu'on a racheté sur un asimon, car le Miséricordieux a dit : "tu serreras l'argent", une chose qui a une forme.

📜 Rachi (1)
אֲסִימוֹן מָעָה בְּלֹא צוּרָה פלאט"ה בְּלַעַ"ז:
Asimon : une me'a sans forme, plate en langue vernaculaire.
💡 Explication

La michna parle d'un rachat déjà fait, mais hors de la règle. Pour le maaser sheni, Devarim 14, 25 : ve-tzarta ha-kesef. Tzarta se lit avec tzura : la pièce doit porter une forme, une frappe.

L'asimon est un lingot ou une pièce vierge. Rachi : une me'a sans empreinte, plate. Ce rachat ne sort pas le grain de son statut.

16
וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁחִילְּלוֹ עַל גַּבֵּי קַרְקַע, דְּרַחֲמָנָא אָמַר: ״וְנָתַן הַכֶּסֶף וְקָם לוֹ״.

Et un hekdesh qu'on a profané sur un terrain, car le Miséricordieux a dit : "il donnera l'argent, et cela lui sera acquis".

📜 Rachi (1)
וְנָתַן הַכֶּסֶף וְקָם לוֹ בְּמַקְדִּישׁ שָׂדֶה כְּתִיב וְיָסַף חֲמִישִׁית כֶּסֶף עֶרְכְּךָ וְגוֹ':
Et il donnera l'argent, et cela lui sera acquis : c'est écrit au sujet de celui qui consacre un champ. "Il ajoutera un cinquième, l'argent de ton estimation", etc.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁחִילֵּל עַל גַּב קַרְקַע דְּרַחֲמָנָא אָמַר וְנָתַן הַכֶּסֶף תֵּימַהּ אִי כֶּסֶף מַשְׁמַע לֵיהּ דַּוְוקָא נִימְעוֹט שָׁוֶה כֶּסֶף וְאִי יָלֵיף מֵישִׁיב דְּשָׁוֶה כֶּסֶף כְּכֶסֶף אֲפִילּוּ קַרְקַע נָמֵי וְנִרְאֶה לר"י דְּיָלְפִינַן בִּכְלָל וּפְרָט וּכְלָל וְיָסַף חֲמִישִׁיתוֹ כְּלָל כֶּסֶף פְּרָט וְהָיָה לוֹ חָזַר וְכוֹלֵל מָה הַפְּרָט מְפֹורָשׁ דָּבָר הַמִּטַּלְטֵל וְגוּפוֹ מָמוֹן וְכוּ' יָצְאוּ קַרְקָעוֹת וַעֲבָדִים וּשְׁטָרוֹת וְכֵן מוֹכַח בְּפֶרֶק יֵשׁ בְּכוֹר (בְּכוֹרוֹת דַּף נא.) דִּתְנַן אֵין פּוֹדִין לֹא בַּעֲבָדִים וְלֹא בִּשְׁטָרוֹת וְלֹא בְּקַרְקָעוֹת וְלֹא בְּהֶקְדֵּשׁוֹת וּמְפָרֵשׁ הָתָם בַּגְּמָרָא וְלֹא הֶקְדֵּשׁוֹת בְּכָל אֵלּוּ וּבְכוֹר יָלֵיף הָתָם בִּכְלָל וּפְרָט וּכְלָל וְכֵן נָמֵי יֵשׁ לְפָרֵשׁ הֶקְדֵּשׁוֹת וּמִיהוּ תֵּימַהּ מַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ בְּפָ' הַזָּהָב (בּ"מ דַּף נד.) חֹומֶשׁ מַהוּ שֶׁיִּתְחַלֵּל ע"ג קַרְקַע וְהָא עִיקַּר הַמִּיעוּט בַּחֹומֶשׁ כְּתִיב וְיָסַף חֲמִישִׁית כֶּסֶף עֶרְכְּךָ (וַיִּקְרָא כ״ז:ט״ו):
Qu'il a profané sur un terrain, car le Miséricordieux a dit : et il donnera l'argent. Difficulté. Si "argent" signifie pour lui au sens strict, on exclurait aussi l'équivalent d'argent. Et s'il l'apprend de yashiv, selon lequel l'équivalent d'argent vaut comme l'argent, alors un terrain aussi. Et le Ri estime que nous l'apprenons par un klal u-prat u-klal : "il ajoutera son cinquième" est un klal, "argent" est un prat, "et ce sera à lui" revient et inclut. Ce que le particulier précise : une chose mobilière, et dont le corps est un bien, et la suite. En sortent les terrains, les esclaves et les actes. Et ainsi cela ressort dans le chapitre "Yech bekhor" (Bekhorot 51a) : nous avons appris qu'on ne rachète ni par des esclaves, ni par des actes, ni par des terrains, ni par des hekdeshot. Et là-bas la Guemara explique : et non les hekdeshot, par aucun de tous ceux-là. Et le bekhor, on l'apprend là-bas par un klal u-prat u-klal, et de même on peut expliquer les hekdeshot. Toutefois, difficulté : que demande-t-il dans le chapitre "HaZahav" (Bava Metzia 54a) : le cinquième, peut-il être profané sur un terrain ? Or l'essentiel de l'exclusion est écrit au sujet du cinquième : "il ajoutera un cinquième, l'argent de ton estimation" (Vayikra 27, 15).
💡 Explication

Le hekdesh de la michna a été transféré sur un terrain. Vayikra 27 demande de l'argent : "il donnera l'argent, et cela lui sera acquis". Rachi rattache la formule à celui qui consacre un champ, avec le cinquième.

Tossefot : un kesef au sens strict exclurait aussi le shave kesef. Le mot yashiv, qui égale l'équivalent à l'argent, rouvrirait le terrain. Le Ri passe par un klal u-prat u-klal : on garde le mobilier dont le corps est un bien. Terrains, esclaves et actes en sortent. La question du cinquième sur un terrain, en Bava Metzia 54a, reste en difficulté, car l'exclusion "argent" est écrite sur le cinquième lui-même.

🖼️ Schéma
Hekdesh sur un terrain : klal, prat, klal Klal Il ajoutera son cinquième Général Prat Argent Particulier Klal Et ce sera à lui Général, à nouveau On retient ce qui ressemble au particulier Mobilier dont le corps est un bien. Dehors : terrains, esclaves, actes. Bekhorot 51a apprend ainsi le bekhor, et de même le hekdesh. Tossefot laisse ouverte la question du cinquième sur un terrain, Bava Metzia 54a.
Klal, prat, klal : le rachat du hekdesh suit l'argent, un mobilier dont le corps est un bien. Le terrain en sort.
17
תָּנוּ רַבָּנַן: יָכוֹל יוֹצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּטֶבֶל שֶׁלֹּא נִתְקַן. כָּל טֶבֶל נָמֵי הָא לֹא נִתְקַן!

Les rabbins ont enseigné : on pourrait penser qu'un homme s'acquitte de son obligation avec du tevel qui n'a pas été mis en règle. Tout tevel non plus, voilà qu'il n'a pas été mis en règle.

📜 Rachi (1)
כָּל טֶבֶל נָמֵי לָא אִיתָּקֵן קֻושְׁיָא הִיא:
Tout tevel non plus n'a pas été mis en règle : c'est une objection.
💡 Explication

La baraïta ouvre par yakhol : on pourrait croire que le tevel non réparé acquitte. La Guemara coupe : "non mis en règle" ne dit rien, puisque tout tevel est dans ce cas.

18
אֶלָּא: בְּטֶבֶל שֶׁלֹּא נִתְקַן כָּל צָורְכּוֹ. שֶׁנִּטְּלָה מִמֶּנּוּ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה וְלֹא נִטְּלָה מִמֶּנּוּ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר, [מַעֲשֵׂר] רִאשׁוֹן וְלֹא מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, וַאֲפִילּוּ מַעְשַׂר עָנִי, מִנַּיִן?

Plutôt : un tevel qui n'a pas été mis en règle autant qu'il le faut. On en a prélevé la teruma gedola, et on n'en a pas prélevé la terumat maaser ; le premier maaser, et non le second maaser ; et même le maaser ani.

D'où ?

📜 Rachi (1)
אוֹ אֲפִילּוּ (אֲכִילַת) מַעְשַׂר עָנִי שֶׁאֵין בּוֹ שׁוּם קְדֻושָּׁה דְּאִילּוּ מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן אִית בֵּיהּ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר שֶׁהִיא קְדֻושָּׁה וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי כֻּולּוֹ קָדוֹשׁ:
Ou même la consommation de la dîme du pauvre : il n'y a en elle aucune sainteté. Car le premier maaser contient la terumat maaser, qui est sainte, et le second maaser est tout entier saint.
💡 Explication

La baraïta vise un tevel incomplet. Trois manques suffisent : la terumat maaser après la teruma gedola ; le second maaser après le premier ; et même le seul maaser ani.

Rachi isole le maaser ani : aucune sainteté, simple part des pauvres. Tant qu'il n'est pas prélevé, le grain reste tevel. "D'où" demande le verset qui l'exclut de la matza.

19
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תֹאכַל עָלָיו חָמֵץ״ — מִי שֶׁאִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם ״בַּל תֹּאכַל עָלָיו חָמֵץ״, יָצָא זֶה שֶׁאֵין אִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם ״בַּל תֹּאכַל חָמֵץ״, אֶלָּא מִשּׁוּם ״בַּל תֹּאכַל טֶבֶל״.

Le verset l'enseigne : "tu ne mangeras pas de hametz avec lui". Celui dont l'interdit tient à "tu ne mangeras pas de hametz avec lui".

En est exclu celui-ci, dont l'interdit ne tient pas à "tu ne mangeras pas de hametz", mais à "tu ne mangeras pas de tevel".

📜 Rachi (1)
מִי שֶׁאִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם בַּל תֹּאכַל חָמֵץ אַתָּה יוֹצֵא בוֹ יְדֵי מַצָּה בְּפֶסַח אִם עֲשָׂאוֹ מַצָּה:
Celui dont l'interdit tient à 'tu ne mangeras pas de hametz' : tu t'acquittes par lui de la matza à Pessa'h, si tu l'as faite matza.
💡 Explication

Devarim 16, 3 lie l'interdit du hametz et l'obligation de matza. Rachi : on s'acquitte avec un aliment dont l'interdit, s'il avait levé, serait celui du hametz, dès lors qu'on l'a gardé matza.

Le tevel en sort. Même en matza, son interdit est "tu ne mangeras pas de tevel". La baraïta l'exclut, y compris quand il ne manque que le maaser ani.

🖼️ Schéma
Quel tevel le verset exclut de la matza Formulation : tevel qui n'a pas été mis en règle. Objection : tout tevel est dans ce cas. Teruma gedola prise Terumat maaser encore due. Tevel incomplet Premier maaser pris Second maaser encore dû. Tevel incomplet Même le maaser ani Aucune sainteté. Don aux pauvres. Tant qu'il manque : tevel Lo tokhal alav hametz On s'acquitte si le seul interdit possible est celui du hametz. Le tevel en sort Son interdit est : tu ne mangeras pas de tevel. Rav Sheshet : Rabbi Shimon. Un interdit déjà là, le hametz ne s'y ajoute pas.
Le verset n'acquitte que l'aliment dont l'interdit serait le hametz. Le tevel, même incomplet, a son interdit propre.
20
וְאִיסּוּרָא דְחָמֵץ לְהֵיכָן אֲזַלָא? אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הָא מַנִּי, רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר: אֵין אִיסּוּר חָל עַל אִיסּוּר. דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר:

Et l'interdit du hametz, où est-il allé ? Rav Sheshet a dit : celui-ci, qui est-ce ?

C'est Rabbi Shimon, qui a dit : un interdit ne prend pas effet sur un interdit. Car on a enseigné : Rabbi Shimon dit :

💡 Explication

Si la pâte est tevel et qu'elle lève, l'interdit du hametz devrait s'y trouver aussi. La baraïta parle comme s'il avait disparu.

Rav Sheshet : la baraïta est Rabbi Shimon. Ein issur hal al issur : un interdit ne prend pas effet sur un interdit déjà là. Le tevel est antérieur. Le hametz ne s'y pose pas. La citation de Rabbi Shimon continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).