Pesachim 36a - Lehem oni, matza riche, eau tiède et bikkurim

Pesachim 36a

Sougya : La page ouvre sur les mots de Rabbi Shimon, cités par Rav Sheshet à la fin du daf précédent : celui qui mange une nevela à Yom Kippour est exempt, car un interdit ne prend pas effet sur un interdit déjà là. Ravina voudrait maintenir la baraïta du tevel même selon les Sages, en lisant le mot seulement.

La Guemara écarte cette lecture : seulement n'est pas écrit, et la version claire reste celle de Rav Sheshet. Vient ensuite le'hem oni.

Rabbi Yossi haGelili y lit l'aninut et exclut le maaser sheni à Jérusalem. Rabbi Akiva lit le ketiv ani, pain du pauvre, et exclut la pâte au vin, à l'huile et au miel.

La lecture oni rejoint Shmuel : un pain sur lequel on répond beaucoup de paroles. Cette exclusion ne vaut que la première nuit.

Ensuite, la matza ashira se traite à part, et l'eau tiède est interdite à tous, à la différence des menahot gardées par les zerizim ou dans leur lieu, et de l'omer, korban du public. La page ferme sur les bikkurim : Rabbi Yossi haGelili les exclut par le verset des demeures, Rabbi Akiva par le hekesh avec le maror.

Le'hem oni : deux lectures Rabbi Yossi haGelili On lit oni. Le pain se mange dans l'aninut. Un onen peut en manger. Le maaser sheni se mange dans la joie, à Jérusalem. Verset : je n'en ai pas mangé dans mon oni. Pas d'acquittement Rabbi Akiva Le ketiv est ani, sans vav. Pain du pauvre. Matzot, matzot : un ribuy. Exclu : pâte au vin, à l'huile et au miel. La lecture oni, selon Shmuel : on y répond beaucoup de paroles. Hallel et Haggada Tossefot : pour le loulav, tous suivent le ketiv kapat, un seul. Le verset pri etz hadar ne désigne qu'un. On fait le derach de la masoret.
Deux lectures de lehem oni. L'aninut exclut le maaser sheni. Le ketiv ani exclut la pâte au vin, à l'huile et au miel, et Shmuel explique la lecture oni.
Matza au vin, à l'huile ou au miel Première nuit La matza est une obligation. Il faut le le'hem oni. Matza ashira, matza riche. Même Rabbi Akiva : pas d'acquittement À partir du second jour Plus d'obligation de matza. Reste l'interdit du hametz. Rabbi Akiva a pétri ainsi chez ses maîtres. On peut en manger, si l'on garde Miel Rabbi Yehochoua à ses fils : premier jour, pas de miel. Ensuite, pétrissez au miel. Lait, autre réponse Toute l'année, le lait est interdit à cause de la viande. Sauf une petite part, à la manière d'un bœuf. Kittuf : on enduit la surface. Eau tiède : tous l'interdisent, elle hâte le levain.
La matza riche n'acquitte pas la première nuit. À partir du second jour, Rabbi Akiva l'a préparée. Le miel reprend ce partage. Le lait, toute l'année, seulement en petite quantité.
Eau tiède : qui peut l'employer ? Matza de chacun Tous s'accordent. Pas de pétrissage à l'eau tiède. Les gens ne sont pas des zerizim. Interdit Menahot Pétrissage à l'eau tiède, et l'on garde. Dans la azara, lieu des zerizim. Le trempage, non : déjà de la solet Omer On trempe. On entasse. Korban du public. Tout se fait sur ordre du beit din. Le public est différent Deux conditions, puis l'exclusion du trempage Le pétrissage des menahot n'est pas fait par les kohanim. Verse et mélange sont valables par tout homme. Hors du mur de la azara, la minha est invalide. Le pétrissage est dans le lieu des zerizim. Le trempage n'y est pas, et les zerizim ne le font pas. Rachi écarte l'idée que l'entassage, à lui seul, empêcherait le levain.
L'eau tiède est interdite à chacun. Les menahot la permettent dans le lieu des zerizim. L'omer, korban du public, est trempé sur ordre du beit din.
1
הָאוֹכֵל נְבֵלָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים — פָּטוּר.

Celui qui mange une nevela le jour de Kippour est exempt.

📜 Rachi (2)
הָאוֹכֵל נְבֵילָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שׁוֹגֵג:
Celui qui mange une nevela le jour de Kippour : en inadvertance (shogeg).
פָּטוּר מֵחַטָּאת דְּאֵין אִיסּוּר יוֹם הַכִּפּוּרִים חָל עַל אִיסּוּר נְבֵילָה וְאִם בּוֹ בַּיּוֹם נִתְנַבְּלָה אֲפִילּוּ הָכֵי הָיְתָה אֲסוּרָה קֹודֶם יוֹם הַכִּפּוּרִים מִשּׁוּם אֵבֶר מִן הַחַי:
Exempt : du hatat. L'interdit de Yom Kippour ne prend pas effet sur l'interdit de nevela. Et si elle est devenue nevela ce jour-là, même alors elle était interdite avant Yom Kippour au titre de ever min ha-haï (membre pris sur un animal vivant).
🗂️ Tossefot (1)
הָאוֹכֵל נְבֵילָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים פ"ה אֲפִילּוּ נִתְנַבְּלָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים לָא חָיְילָא עֲלָהּ אִיסּוּר יוה"כ דַּהֲרֵי הֲוָה עֲלָהּ אִיסּוּר אֵבֶר מִן הַחַי וְקָשֶׁה לר"י דְּהָא כִּי פָּקַע אִיסּוּר אֵבֶר מִן הַחַי יָחוּל עֲלָהּ אִיסּוּר יוֹם הַכִּפּוּרִים וּנְבֵילָה בְּבַת אַחַת דְּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאִיסּוּר בְּבַת אַחַת וּמִיהוּ י"ל אֲפִילּוּ נִתְנַבְּלָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים לָא חָיֵיל עֲלָהּ אִיסּוּר יוֹם הַכִּפּוּרִים דְּאִיסּוּר שֶׁאֵין זָבוּחַ הֲוָה בֵּיהּ נָמֵי מֵעִיקָּרָא וְאַכַּתִּי לָא פָּקַע מִינָּהּ:
Celui qui mange une nevela le jour de Kippour. Selon l'explication de Rachi, même si elle est devenue nevela le jour de Kippour, l'interdit de Yom Kippour ne prend pas effet sur elle, puisqu'il y avait déjà sur elle l'interdit de ever min ha-haï. C'est difficile pour le Ri. Quand l'interdit de ever min ha-haï cesse, l'interdit de Yom Kippour et celui de nevela devraient prendre effet ensemble, et Rabbi Shimon reconnaît l'interdit simultané (issur bat ahat). On peut toutefois répondre : même si elle est devenue nevela le jour de Kippour, l'interdit de Yom Kippour ne prend pas effet sur elle, car l'interdit de ce qui n'est pas abattu (she-eino zavuaḥ) y était aussi dès l'origine, et il n'en est pas encore sorti.
💡 Explication

Ces mots sont ceux de Rabbi Shimon, que Rav Sheshet citait à la fin de 35b. La baraïta du tevel suit son avis : ein issur ḥal al issur, un interdit ne prend pas effet sur un interdit déjà là.

Preuve : manger une nevela à Yom Kippour, en shogeg, n'oblige pas au hatat du jour. L'animal était déjà interdit. S'il meurt le jour même, l'interdit de ever min ha-haï le précédait.

Le Ri objecte : à la mort, ever min ha-haï cesse, et nevela et Yom Kippour arriveraient ensemble, cas que Rabbi Shimon reconnaît. Tossefot répondent par l'interdit continu de ce qui n'est pas abattu : il était là avant, et il n'a pas cessé.

🖼️ Schéma
Nevela à Yom Kippour, Rabbi Shimon Avant le jour Ever min ha-haï. Déjà interdit. Même si la mort tombe le jour même. Le jour de Kippour Il mange une nevela. En shogeg. L'interdit du jour ne prend pas effet. Conséquence Exempt du hatat de Yom Kippour. L'interdit de nevela, lui, demeure. Tossefot : she-eino zavuaḥ, ce qui n'est pas abattu, était déjà là et n'a pas cessé. Rabbi Shimon reconnaît l'interdit qui arrive en même temps. Ici l'ancien interdit reste.
L'interdit de Yom Kippour ne prend pas effet sur la nevela. L'animal était déjà interdit, et she-eino zavuaḥ n'a pas cessé.
2
רָבִינָא אָמַר, אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנָן: מִי שֶׁאִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם ״בַּל תֹּאכַל חָמֵץ״ בִּלְבַד. יָצָא זֶה שֶׁאֵין אִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם ״בַּל תֹּאכַל חָמֵץ״ בִּלְבַד, אֶלָּא אַף מִשּׁוּם ״בַּל תֹּאכַל טֶבֶל״.

Ravina a dit : même si tu dis les Sages. Celui dont l'interdit tient à "tu ne mangeras pas de hametz", seulement.

Est sorti celui-ci, dont l'interdit ne tient pas à "tu ne mangeras pas de hametz" seulement, mais aussi à "tu ne mangeras pas de tevel".

💡 Explication

Ravina veut garder la baraïta même selon les Sages, pour qui un second interdit peut prendre effet. Selon eux, le hametz prendrait effet sur le tevel, et le verset semblerait l'inclure.

Il ajoute le mot seulement. On s'acquitte avec un aliment dont l'interdit, s'il lève, serait le hametz seul. Le tevel porte en plus "tu ne mangeras pas de tevel".

3
מִידִי ״בִּלְבַד״ כְּתִיב? אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְרַב שֵׁשֶׁת.

Est-ce que "seulement" est écrit ? La version claire est donc celle de Rav Sheshet.

📜 Rachi (1)
מִידִי בִּלְבַד כְּתִיב קְרָא מַשְׁמַע דְּכָל מִי שֶׁאִיסּוּר חָמֵץ נוֹהֵג בּוֹ אַתָּה יוֹצֵא בוֹ מִשּׁוּם מַצָּה:
Est-il écrit "seulement" : le verset indique que tout ce sur quoi l'interdit du hametz s'applique, tu t'en acquittes au titre de matza.
💡 Explication

Le mot seulement ne figure pas dans le verset. Rachi : le verset vise tout aliment sur lequel l'interdit du hametz s'applique.

La lecture de Ravina tombe. La version claire reste celle de Rav Sheshet : la baraïta est de Rabbi Shimon.

4
תָּנוּ רַבָּנַן: יָכוֹל יוֹצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֶחֶם עֹונִי״, מַה שֶׁנֶּאֱכָל בַּאֲנִינוּת. יָצָא זֶה שֶׁאֵינוֹ נֶאֱכָל בַּאֲנִינוּת, אֶלָּא בְּשִׂמְחָה — דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי.

Les Sages ont enseigné : on pourrait penser qu'un homme s'acquitte de son obligation avec du maaser sheni à Jérusalem. Le verset enseigne : "le'hem oni", ce qui se mange dans l'aninut.

Est sorti celui-ci, qui ne se mange pas dans l'aninut, mais dans la joie. Paroles de Rabbi Yossi haGelili.

📜 Rachi (1)
מִי שֶׁנֶּאֱכָל בַּאֲנִינוּת שֶׁמֻּותָּר לְאוֹכְלוֹ כְּשֶׁהוּא אוֹנֵן דְּרוֹשׁ בֵּיהּ לֶחֶם אוֹנִי וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי אֵינוֹ נֶאֱכָל בַּאֲנִינוּת דִּכְתִיב (דְּבָרִים כו) לֹא אָכַלְתִּי בְאֹונִי מִמֶּנּוּ:
Ce qui se mange dans l'aninut : qu'il est permis de le manger quand on est onen. On en fait le derach de le'hem oni. Et le maaser sheni ne se mange pas dans l'aninut, car il est écrit (Devarim 26) : "je n'en ai pas mangé dans mon oni".
💡 Explication

Maaser sheni à Jérusalem est permis à manger. On aurait pu s'en acquitter en matza.

Rabbi Yossi haGelili lit le'hem oni sur l'aninut, le deuil du jour. La matza de la mitsva doit pouvoir se manger quand on est onen. Le maaser sheni se mange dans la joie. Le verset de la confession dit : "je n'en ai pas mangé dans mon oni".

5
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״מִצְוֹת״ ״מִצְוֹת״ רִיבָּה. אִם כֵּן, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״לֶחֶם עֹונִי״? פְּרָט לְעִיסָּה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ.

Rabbi Akiva dit : "matzot", "matzot", inclusion. S'il en est ainsi, que vient enseigner "le'hem oni" ?

À l'exclusion d'une pâte pétrie au vin, à l'huile et au miel.

💡 Explication

Le redoublement matzot, matzot est un ribuy : il inclut. Le'hem oni ne sert plus à dire quelle matza acquitte.

Rabbi Akiva le garde pour une exclusion : la pâte au vin, à l'huile et au miel, la matza ashira, qui n'est pas le pain du pauvre.

6
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי עֲקִיבָא: מִי כְּתִיב ״לֶחֶם עֹונִי״? ״עָנִי״ כְּתִיב.

Quelle est la raison de Rabbi Akiva ? Est-il écrit "le'hem oni" ?

C'est "ani" qui est écrit.

📜 Rachi (1)
מִי כְּתִיב עֹונִי בְּוָי"ו דְּתִשְׁמַע מִינֵּיהּ אוֹנִי:
Est-il écrit oni : avec un vav, d'où l'on entendrait oni, l'aninut.
💡 Explication

Rabbi Akiva refuse la lecture de l'aninut à cause du ketiv. Le mot est écrit ani, sans vav : le pauvre.

Rachi : un vav aurait fait entendre oni, le deuil. Le ketiv n'a pas ce vav.

7
וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי: מִי קָרֵינַן ״עָנִי״! ״עֹונִי״ קָרֵינַן. וְרַבִּי עֲקִיבָא: הַאי דְּקָרֵינַן בֵּיהּ ״עֹונִי״, כְּדִשְׁמוּאֵל. דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: ״לֶחֶם עֹונִי״ — לֶחֶם שֶׁעוֹנִין עָלָיו דְּבָרִים הַרְבֵּה.

Et Rabbi Yossi haGelili : est-ce que nous lisons "ani" ? Nous lisons "oni".

Et Rabbi Akiva : ce que nous lisons "oni", c'est comme Shmuel. Car Shmuel a dit : "le'hem oni", un pain sur lequel on répond beaucoup de paroles.

📜 Rachi (1)
שֶׁעוֹנִין עָלָיו דְּבָרִים שֶׁגּוֹמְרִים עָלָיו אֶת הַהַלֵּל וְאוֹמְרִים עָלָיו הַגָּדָה:
Sur lequel on répond des paroles : on achève sur lui le Hallel, et l'on dit sur lui la Haggada.
🗂️ Tossefot (1)
עֹונִי קָרֵינַן בֵּיהּ וְהָא דְּגַבֵּי לוּלָב (סֻוכָּה דַּף לב.) כ"ע מוֹדוֹ דְּכַפַּת כְּתִיב וְלֹא אָמַר כָּפוּת קָרֵינַן וְיִצְטָרֵךְ שְׁנֵי לוּלָבִים לִיטֹּול אור"י מִשּׁוּם דְּהָתָם סָמְכִינַן אַקְּרָא פְּרִי עֵץ הָדָר דְּלָא מַשְׁמַע אֶלָּא חַד לְכָךְ מוֹדוֹ הָתָם כ"ע דְּדָרְשִׁינַן מָסֹורֶת:
On y lit oni. Or, au sujet du loulav (Souka 32a), tous reconnaissent que c'est kapat qui est écrit, et l'on ne dit pas : on lit kapot, ce qui obligerait à prendre deux loulavim. Le Ri dit : là-bas, on s'appuie sur le verset "un fruit d'arbre de splendeur", qui ne désigne qu'un seul. C'est pourquoi, là-bas, tous reconnaissent qu'on fait le derach selon la masoret.
💡 Explication

Rabbi Yossi haGelili répond par la kri : on lit oni, avec la voyelle de l'aninut, et non ani.

Rabbi Akiva donne une autre prise à cette lecture. Shmuel : le'hem oni, le pain sur lequel on répond beaucoup de choses. Rachi : on y achève le Hallel et l'on y dit la Haggada.

Tossefot : si l'on suit la lecture contre l'écrit, pourquoi, pour le loulav, personne ne lit kapot au pluriel ? Le Ri : le verset de l'etrog, pri etz hadar, ne parle que d'un. Là, tous derashent la masoret, la forme écrite.

🖼️ Schéma
Le'hem oni : deux lectures Rabbi Yossi haGelili On lit oni. Le pain se mange dans l'aninut. Un onen peut en manger. Le maaser sheni se mange dans la joie, à Jérusalem. Verset : je n'en ai pas mangé dans mon oni. Pas d'acquittement Rabbi Akiva Le ketiv est ani, sans vav. Pain du pauvre. Matzot, matzot : un ribuy. Exclu : pâte au vin, à l'huile et au miel. La lecture oni, selon Shmuel : on y répond beaucoup de paroles. Hallel et Haggada Tossefot : pour le loulav, tous suivent le ketiv kapat, un seul. Le verset pri etz hadar ne désigne qu'un. On fait le derach de la masoret.
Rabbi Yossi haGelili lit l'aninut et exclut le maaser sheni. Rabbi Akiva lit le pauvre, exclut la pâte riche, et rattache la lecture oni à Shmuel.
8
וְסָבַר רַבִּי עֲקִיבָא עִיסָּה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ לָא? וְהָתַנְיָא: אֵין לָשִׁין עִיסָּה בַּפֶּסַח בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ. וְאִם לָשׁ, רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: תִּשָּׂרֵף מִיָּד, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יֹאכַל. וְאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: שַׁבַּתִּי הָיְתָה אֵצֶל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, וְלַשְׁתִּי לָהֶם עִיסָּה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ, וְלֹא אָמְרוּ לִי דָּבָר.

Et Rabbi Akiva tient-il qu'une pâte pétrie au vin, à l'huile et au miel, non ? Or on a enseigné : on ne pétrit pas une pâte à Pessa'h au vin, à l'huile et au miel.

Et si l'on a pétri, Rabban Gamliel dit : qu'elle soit brûlée aussitôt. Et les Sages disent : qu'elle soit mangée.

Et Rabbi Akiva a dit : mon séjour était chez Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, et j'ai pétri pour eux une pâte au vin, à l'huile et au miel, et ils ne m'ont rien dit.

📜 Rachi (3)
אֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה שֶׁל מַצּוֹת בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ מִפְּנֵי שֶׁקְּרוֹבָה וּמְמַהֶרֶת לְהַחְמִיץ וְאֵין אָדָם יָכוֹל לְשָׁומְרָהּ לְפִיכָךְ אִם לָשׁ תִּשָּׂרֵף מִיָּד וּבַמּוֹעֵד קָאָמַר וְלֹא בְּיוֹם טוֹב דְּהַבְעָרָה שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ הִיא (וְלֵר' יוֹחָנָן) דְּאָמַר לְעֵיל מֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין לָא קַשְׁיָא הַךְ דְּאִיהוּ אֵין חַיָּיבִין עַל חִימּוּצוֹ כָּרֵת קָאָמַר וְלָא הָוֵי חָמֵץ גָּמוּר אֶלָּא חָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי כְּלוֹמַר רַע וְאוֹתוֹ חִימּוּץ הֵן מְמַהֲרִין לְהַחְמִיץ וְאִי אֶפְשָׁר לְשָׁומְרָן:
On ne pétrit pas la pâte : celle des matzot, au vin, à l'huile et au miel, parce qu'elle est proche du levain et qu'elle se hâte de lever, et qu'un homme ne peut la garder. C'est pourquoi, s'il a pétri, on la brûle aussitôt. Il parle du moëd, et non du jour de fête, car une combustion qui n'est pas un besoin est interdite. Et pour Rabbi Yo'hanan, qui a dit plus haut que les mei peirot ne font pas lever, ceci ne fait pas difficulté. Lui dit qu'on n'est pas passible de karet pour son hametz. Cela n'atteint pas le hametz complet. Le résultat est un hametz nukshe, un hametz mauvais. Ce levain, elles se hâtent de le produire, et l'on ne peut les garder.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים תֹּאכַל דְּקָסָבְרִי אֶפְשָׁר לְשָׁומְרָהּ וְהָכָא לָא גָּרְסִינַן מִיָּד דְּמִשֶּׁנֶּאֱפָה לֹא תַּחְמִיץ:
Et les Sages disent : qu'elle soit mangée. Ils tiennent qu'on peut la garder. Et ici on ne lit pas "aussitôt", car une fois cuite elle ne lèvera plus.
שַׁבְּתַי הָיְתָה שְׁבִיתָתִי הָיְתָה רֶגֶל פֶּסַח אֶחָד אֵצֶל ר' אֱלִיעֶזֶר וְר' יְהוֹשֻׁעַ:
Mon séjour était : mon séjour fut, lors d'un pèlerinage de Pessa'h, chez Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ עִיסָּה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ אֵין חַיָּיבִין עַל חִימּוּצָהּ כָּרֵת. וְאַסִּיקְנָא דְּטַעְמֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ מִשּׁוּם דְּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. מַשְׁמַע דר"ל כָּרֵת הוּא דְּלָא מִיחַייַּב מִשּׁוּם דְּלָא הָוֵי חָמֵץ גָּמוּר אֲבָל חָמֵץ נֻוקְשֶׁה מִיהָא הָוֵי וְלָקֵי עָלֶיהָ וְהָכִי נָמֵי אָמְרִינַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף לוֹ.) אֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּיַיִן שֶׁמֶן וּדְבַשׁ וְאִם לָשׁ תִּשָּׂרֵף מִיָּד וְקָשֶׁה דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף מ.) גַּבֵּי קְמָחִין דַּאֲבִישׁוּנָא אָמַר רָבָא שָׁרֵי מִשּׁוּם דְּמֵי פֵּירוֹת נִינְהוּ וּמֵי פֵירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. וְכֵן שָׁרֵי לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף לט.) וָתִיקָא בְּמִלְחָא וּמִשְׁחָא אַלְמָא מֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. וּפֵירֵשׁ רַבֵּינוּ תָּם דְּמֵי פֵּירוֹת בְּלֹא מַיִם אֵין מַחְמִיצִין כְּלָל. וְהָא דְּקָאָמְרִינַן הָכָא דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי וְכֵן הַהוּא דִּלְקַמָּן אֵין לָשִׁין וְכוּ' מַייְרֵי כְּשֶׁעָרַב בּוֹ מַיִם וְאָז מְמַהֶרֶת לְהַחְמִיץ. וְכֵן מוּכָח בְּפֶרֶק כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה (מְנָחוֹת דַּף נז.) מִדְּקָאָמַר הָתָם אֲשֶׁר תַּקְרִיבוּ לְרַבּוֹת מִנְחַת נְסָכִים לְחִימּוּץ דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וּפָרִיךְ מִנְחַת נְסָכִים מֵי פֵּירוֹת נִינְהוּ וּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ אוֹמֵר הָיָה רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי מִנְחַת נְסָכִים מְגַבְּלָהּ בְּמַיִם וּכְשֵׁירָה. אַלְמָא מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא דְּמֵי פֵּירוֹת בְּלֹא מַיִם אֵין מַחְמִיצִין וְעַל יְדֵי מַיִם מַחְמִיצִין וְהָא דְּקָאָמְרִינַן הָתָם דַּף נד. תַּפּוּחַ שֶׁרִיסְּקוֹ וּנְתָנוֹ לְתוֹךְ הָעִיסָּה וְחִימְּצָהּ דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי. הָתָם כְּבָר נִילּוֹשָׁה בְּמַיִם כִּי הַהִיא דְּרֵישׁ לָקִישׁ דְּהָכָא אוֹקֵימְנָא בְּשֶׁעֵירַב בּוֹ מַיִם וְקָאָמְרִינַן דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי. וְאֵין לוֹמַר דְּהַךְ דְּרֵישׁ לָקִישׁ אַיְירֵי בְּלֹא מַיִם וְאַפֵּ"ה סָבַר דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי וְלֵית לֵיהּ הַךְ דְּרָבָא לְקַמָּן דְּשָׁרֵי קִמְחָא דַּאֲבִישׁוּנָא. דְּא"כ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לר"ל לְמֵימַר דְּמִנְחַת נְסָכִים מְגַבְּלָהּ בְּמַיִם בְּלֹא גִּיבּוּל מַיִם נָמֵי אע"ג דְּלָא הָוֵי אֶלָּא חָמֵץ נֻוקְשֶׁה אִצְטְרִיךְ קְרָא לְאַזְהוֹרֵי שֶׁלֹּא תֹּאפֶה חָמֵץ דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה פָּסוּל לִמְנָחוֹת כִּדְמוֹכַח הַהִיא דְּתַפּוּחַ שֶׁרִיסְּקוֹ וּנְתָנוֹ לְתוֹךְ הָעִיסָּה. תַּנְיָא אֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ. וְאִם לָשׁ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר תִּשָּׂרֵף מִיָּד וַחֲכָמִים אוֹמְרִים תֹּאפֶה מִיָּד. אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא שַׁבַּתִּי הָיְתָה אֵצֶל ר' אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְלַשְׁתִּי לָהֶם עִיסָּה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ וְלֹא אָמְרוּ לִי דָּבָר. ואע"פ שֶׁאֵין לָשִׁין בָּהֶן מְקַטְּפִין בָּהֶן. אֲתַאן לְתַנָּא קַמָּא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵת שֶׁלָּשִׁין בּוֹ מְקַטְּפִין בּוֹ וְאֶת שֶׁאֵין לָשִׁין בּוֹ אֵין מְקַטְּפִין בּוֹ. וְשָׁוִין שֶׁאֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּפוֹשְׁרִין. הַךְ מַתְנִיתָא אוֹקֵימְנָא לָהּ בְּיוֹם שֵׁנִי. אֲבָל בְּיוֹם רִאשׁוֹן כְּלוֹמַר לַיְלָה הָרִאשׁוֹנָה לֹא וַאֲפִילּוּ לְר' עֲקִיבָא מִשּׁוּם דְּהָוְיָא מַצָּה עֲשִׁירָה וּמִסְתַּבְּרָא לָן דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּשָׁרֵי בְּיוֹם שֵׁנִי. דְּהָא ר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כְּוָותֵיהּ ס"ל דְּקָאָמַר לְהוּ לְבָנָיו יוֹמָא קַמָּא לָא תְּלוּשׁוּ לִי בְּדֻובְשָׁא מִכָּאן וְאֵילָךְ לוּשׁוּ לִי וּבְוַדַּאי הַךְ מַתְנֵי' בְּשֶׁמֶן עַל יְדֵי מַיִם הִיא שְׁנוּיָה דְּהָא קִיטּוּף שֶׁמֶן ע"י יְדֵי מַיִם הוּא שֶׁלָּשִׁין בְּמַיִם וְאַחַר כָּךְ מְקַטְּפִין ות"ק מַאי דְּאָסַר בְּלִישָׁה שָׁרִי בְּקִיטּוּף וְרַבָּנָן אָסְרִי בֵּין בְּלִישָׁה בֵּין בְּקִיטּוּף. וְאִי לָאו ר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי דְּהוּא אָמוֹרָא וַעֲבַד עֻובְדָּא כְּרַבִּי עֲקִיבָא הֲוָה אָמְרִי' הֲלָכָה כְּרַבָּנָן דְּאָסְרִי בְּלִישָׁה וּבְקִיטּוּף. דְּהָא קי"ל בְּכָל דֻּוכְתָּא דְּלָא אִיפְּסִיקָא הִלְכְתָא בְּהֶדְיָא דְּיָחִיד וְרַבִּים הֲלָכָה כְּרַבִּים. אֶלָּא הַשְׁתָּא כֵּיוָן דְּאַשְׁכְּחַן רִיבָּ"ל דְּהוּא בָּתְרָא דַּעֲבַד עֻובְדָּא כְּרַבִּי עֲקִיבָא שְׁמַע מִינָּה דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא. וְלָא מָצֵית לְמֵימַר דְּלֵית הִלְכְתָא כְּרִיבָּ"ל. חֲדָא דְּהָא לָא אַשְׁכְּחַן אָמוֹרָא דִּפְלִיג עָלֶיהָ. וְעוֹד דְּהָא גְּמָרָא אַיְּיתִי רְאָיָה מִינֵּיהּ וְאִי לָאו הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ הֵיכִי מַיְיתֵי רְאָיָה מִינֵּיהּ אֶלָּא וַדַּאי הִלְכְתָא הִיא. וְאַשְׁכְּחַן מִקְצָת רַבְּוָותָא דְּאָסְרִי בֵּין בְּלִישָׁה בֵּין בְּקִיטּוּף בֵּין בְּיוֹם רִאשׁוֹן בֵּין בְּיוֹם שֵׁנִי כְּרַבָּנָן. וְאִיכָּא מֵרַבְּוָותָא אַחֲרֵינִי דְּשָׁרוּ. וַאֲנַן כָּתְבִינַן מַאי דִּסְבִירָא לָן ע"כ יְסוֹד רַב אִלְפָּס זַ"ל וְהַשְׁתָּא לִדְבָרָיו אַפֵּי' מֵי פֵּירוֹת בְּתַעֲרֹובֶת מַיִם אֵין מַחְמִיצִין. וְקָשֶׁה לִדְבָרָיו מֵהַהִיא דִּלְקַמָּן דל"ט: דְּאָמְרִי' וָתִיקָא בְּמַיָּא וּמִילְחָא אֲסִירֵי בְּמִשְׁחָא וּמִילְחָא שָׁרֵי אַלְמָא מוּכָח בְּהֶדְיָא דְּמֵי פֵּירוֹת עִם הַמַּיִם מַחְמִיצִין. וְכֵן הַהִיא דְּמִנְחַת נְסָכִים כִּדְפֵרַשְׁתִּי לְעֵיל. הִלְכָּךְ נִרְאֶה לִי כְּרַבְּוָותָא דְּפָסְקִי כַּחֲכָמִים. וְעֻובְדָּא דְּר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אַיְירֵי בְּלֹא מַיִם וְלָא מִסְתַּיֵּיעַ מִינֵּהּ אֶלָּא דְּיֵשׁ חִילּוּק בֵּין יוֹם רִאשׁוֹן לְיוֹם שֵׁנִי. וְעוֹד נִרְאֶה לִי דְּלֵיתָא לְהַאי דִּיּוּקָא שֶׁדִּקְדֵּק רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּדֻומְיָא דְּשָׁרֵי רַבָּנָן בְּקִיטּוּף דְּהַייְנוּ ע"י מַיִם אָסְרִי בְּלִישָׁה. דְּאֶפְשָׁר דִּבְלִישָׁה אָסְרִי אֲפִילּוּ אֵין בּוֹ מַיִם דִּסְבִירָא לְהוּ דְּמֵי פֵּירוֹת מַחְמִיצִין אַף בְּלֹא מַיִם כִּדְאָמַר אַבַּיֵּי לְקַמָּן בְּפִירְקִין. וְקִיטּוּף שָׁרֵי אֲפִילּוּ עַל יְדֵי מַיִם מִשּׁוּם דְּקִיטּוּף דָּבָר מוּעָט הוּא וְאֵין מַחְמִיצִין. וְר' עֲקִיבָא דְּשָׁרֵי לָא שָׁרִי אֶלָּא מֵי פֵּירוֹת לְחוּדַייְהוּ בְּלֹא מַיִם. וּבִירוּשַׁלְמִי דְּשִׁילְהֵי פִּירְקִין מַשְׁמַע דְּמֵי פֵּירוֹת אַפֵּי' בִּפְנֵי עַצְמָן מַחְמִיצִין. דְּגָרְסִינַן הָתָם הֲלָכָה ז רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק הֲוָה לֵיהּ יַיִן תּוֹסֵס יְהַב בֵּיהּ שַׁעֲרֵי בְּגִין דִּיחַמַּע. אֲתָא שָׁיֵיל לְרַבִּי מְנָא. אֲמַר לֵיהּ צָרִיךְ אַתָּה לְבַעֵר. רַבִּי חֲנִינָא בְּרֵיהּ דָּר' פְּדַאי הֲוָה לֵיהּ דְּבַשׁ מְזֻוייָּף בְּסֹולֶת. אֲתָא שָׁייֵל לְרַבִּי אַמִּי. אֲמַר לֵיהּ צָרִיךְ אַתָּה לְבַעֵר. חֲדָא מִן אִילֵּין דְּרַבִּי פְּדַאי הֲוָה לֵיהּ גַּרְבָּא דְּמִשְׁחָא גּוֹ אוֹצְרָא דְּחִיטֵּי. שָׁייֵל לְרַבִּי בְּוַן. אֲמַר לֵיהּ זִיל גָּרוּף תְּחוֹתַאי. וְאֶפְשָׁר דְּכָל הָנֵי אָמוֹרָאֵי סָבְרִי כְּאַבַּיֵּי דְּאָסַר חַצְבָּא דַּאֲבִישׁוּנָא דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּמֵי פֵּירוֹת מְחַמְּצִין בִּפְנֵי עַצְמָהּ. וְקַייְמָא לָן כְּרָבָא דְּשָׁרֵי. וְרַשִׁ"י נִסְתַּפֵּק בְּמֵי בְּצִים אִי חֲשִׁיבִי כְּמֵי פֵּירוֹת אִי לֹא לְפִי שֶׁהוּא נִרְאֶה לָעֵינַיִם שֶׁהָעִיסָּה תּוֹפַחַת וְנַעֲשָׂה עָבָה יוֹתֵר מֵעַל יְדֵי הַמַּיִם. וְרַבֵּינוּ תָּם הָיָה נוֹהֵג בּוֹ הֶיתֵּר וְהָיָה נוֹהֵג לֶאֱכֹול בְּעֶרֶב הַפֶּסַח אַחַר אַרְבַּע שָׁעוֹת עִיסָּה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּבֵיצִים. אַף עַל גַּב דְּאָמְרִינַן הָאוֹכֵל מַצָּה בְּעֶרֶב הַפֶּסַח כְּאִילּוּ בָּא עַל אֲרוּסָתוֹ בְּבֵית חָמִיו הַיְינוּ דַּוְקָא בְּלֶחֶם עֹונִי שֶׁיָּכוֹל לָצֵאת בָּהּ הַלַּיְלָה. וּבִפְלוּגְתָּא דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וַחֲכָמִים הֵיכָא דְּלָשׁ כִּכָּר בְּמֵי פֵּירוֹת עִם מַיִם פָּסַק ה"ר יִצְחָק אֶבֶן גֵּאוּת זַ"ל כַּחֲכָמִים דְּאָמְרִי תֹּאפֶה מִיָּד. וּבַעַל הֲלָכוֹת כָּתַב דְּקָמוּ רַבָּנָן בְּסֵיפָא דְּבָרַיְיתָא אֶת שֶׁאֵין לָשִׁין בּוֹ אֵין מְקַטְּפִין בּוֹ וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל בַּחֲדָא שִׁיטְתָא וְתִישָּׂרֵף מִיָּד. וּדְבָרָיו נֶעֱלָמִים דְּלָא אַייְרֵי חֲכָמִים אֶלָּא לְכַתְּחִלָּה וּבְדִיעֲבַד פְּלִיגִי בָּהּ ר"ג וַחֲכָמִים וַהֲלָכָה כַּחֲכָמִים: תָּנוּ רַבָּנַן לֶחֶם עֹונִי פְּרָט לְחָלוּט וַאֲשִׁישָׁה. מַשְׁמַע הָכָא דְּחָלוּט הָוֵי לֶחֶם אֶלָּא דְּלָא הָוֵי לֶחֶם עֹונִי. וְקָשֶׁה דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף לז.) אָמְרִינַן דְּחָלוּט שֶׁל בַּעֲלֵי בָּתִּים פָּטוּר מִן הַחַלָּה אַלְמָא לָא הָוֵי לֶחֶם כְּלָל. וְי"ל דְּהָכָא מַיְירֵי בִּבְלִילָתוֹ עָבָה. וּמִיהוּ קָשֶׁה מֵהַהִיא דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת דַּף מ.) גַּבֵּי חָלוּט אע"ג דְּחַלְטֵיהּ מֵעִיקָּרָא כֵּיוָן דַּהֲדַר אַפְייֵהּ בְּתַנּוּר לֶחֶם קָרֵינָא בֵּיהּ וְאָדָם יוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּפֶסַח. וְי"ל דְּהָתָם מַיְירֵי בִּבְלִילָתוֹ רַכָּה דְּקֹודֶם אֲפִייָּתוֹ בַּתַּנּוּר אַפֵּי' לֶחֶם לָא הָוֵי וְאַחַר אֲפִיָּיתוֹ חֲשִׁיב לֶחֶם וַחֲשִׁיב נָמֵי לֶחֶם עֹונִי כֵּיוָן דִּבְלִילָתוֹ רַכָּה. וְהָכָא אַייְרֵי בִּבְלִילָתוֹ קָשֶׁה דְּלֶחֶם הָוֵי לְעִנְיַן חַלָּה וְלֶחֶם עֹונִי לָא הָוֵי ל"ש אֲפִיָּיה בָּתַר דְּחַלְטֵיהּ ול"ש לֹא אֲפִיָּיה. וְרַב הַאי פֵּירֵשׁ הַאי דְּחָלוּט הוּא לֶחֶם הֶעָשׂוּי בְּשֶׁמֶן כְּחָלוּט שֶׁל בַּעֲלֵי בָּתִּים הִלְכָּךְ אֵין יוֹצְאִין בּוֹ בַּלַּיְלָה הָרִאשׁוֹן לְפִי שֶׁהִיא מַצָּה עֲשִׁירָה וְחָלוּט שֶׁחֲלָטוֹ בְּרוֹתְחִין יוֹצְאִין בּוֹ אִם חָזַר וַאֲפָאוֹ. גַּם לְפִי' זֶה צ"ל דְּהָכָא אַיְּירִי בִּבְלִילָתוֹ קָשֶׁה וּלְקַמָּן בִּבְלִילָתוֹ רַכָּה דְּהָכָא קָרֵי לְחָלוּט שֶׁל בַּעֲלֵי בָּתִּים לֶחֶם אֶלָּא דְּלָא הָוֵי לְתָם עֹונִי וּלְקַמָּן אֲפִילּוּ לֶחֶם לָא הָוֵי.
Reish Lakish a dit : une pâte pétrie au vin, à l'huile et au miel, on n'est pas passible de karet pour son hametz. Et nous avons conclu que la raison de Reish Lakish est que les mei peirot (jus de fruits) ne font pas lever. Il en ressort que, pour Reish Lakish, c'est du karet qu'on n'est pas passible, parce qu'il n'y a pas de hametz complet. Un hametz nukshé (hametz imparfait), il y en a tout de même, et l'on reçoit des coups (malkot) pour lui. Et c'est aussi ce que nous disons plus loin (Pessahim 36a) : on ne pétrit pas la pâte au vin, à l'huile et au miel, et si l'on a pétri, on la brûle aussitôt. Difficulté : plus loin (Pessahim 40a), au sujet des farines d'avishona, Rava dit que c'est permis, parce que ce sont des mei peirot, et les mei peirot ne font pas lever. De même, plus loin (Pessahim 39a), la vatika (un mets) au sel et à l'huile est permise. Il en ressort que les mei peirot ne font pas lever. Rabbeinou Tam a expliqué : les mei peirot sans eau ne font pas lever du tout. Et ce que nous disons ici, qu'il y a un hametz nukshé, et de même plus loin, on ne pétrit pas, vise le cas où l'on y a mêlé de l'eau : alors elle se hâte de lever. C'est aussi prouvé dans le chapitre Kol ha-menahot baot matza (Menahot 57a), puisqu'il est dit là : "que vous offrirez", pour inclure la minhat nesakhim dans le hametz, paroles de Rabbi Yossi haGelili. On objecte : la minhat nesakhim, ce sont des mei peirot, et les mei peirot ne font pas lever. Reish Lakish a dit : Rabbi Yossi haGelili disait que la minhat nesakhim, on la pétrit avec de l'eau, et elle est valable. Il en ressort explicitement que les mei peirot sans eau ne font pas lever, et que par le moyen de l'eau ils font lever. Et ce que nous disons là, folio 54, une pomme qu'on a écrasée, mise dans la pâte, et qui l'a fait lever : c'est un hametz nukshé. Là, elle était déjà pétrie à l'eau, comme le cas de Reish Lakish ici, que nous établissons lorsqu'on y a mêlé de l'eau, et nous disons que c'est un hametz nukshé. Et l'on ne dira pas que le cas de Reish Lakish vise un cas sans eau, et que malgré cela il tient qu'il y a un hametz nukshé, et qu'il n'a pas l'enseignement de Rava plus loin, qui permet la farine d'avishona. Car s'il en était ainsi, pourquoi Reish Lakish aurait-il besoin de dire que la minhat nesakhim est pétrie à l'eau ? Même sans pétrissage à l'eau, bien qu'il n'y ait qu'un hametz nukshé, le verset serait nécessaire pour avertir de ne pas la cuire hametz, car le hametz nukshé est invalide pour les menahot, comme le prouve le cas de la pomme écrasée et mise dans la pâte. On a enseigné : on ne pétrit pas la pâte au vin, à l'huile et au miel. Et si l'on a pétri, Rabban Shimon ben Gamliel dit : qu'elle soit brûlée aussitôt, et les Sages disent : qu'elle soit cuite aussitôt. Rabbi Akiva a dit : mon séjour était chez Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, et j'ai pétri pour eux une pâte au vin, à l'huile et au miel, et ils ne m'ont rien dit. Et bien qu'on ne pétrisse pas avec eux, on en fait le kittuf (on enduit la surface). Nous en venons au premier tanna. Et les Sages disent : ce avec quoi l'on pétrit, on en fait le kittuf, et ce avec quoi l'on ne pétrit pas, on n'en fait pas le kittuf. Et tous s'accordent à ne pas pétrir la pâte à l'eau tiède. Cette baraïta, nous l'établissons au second jour. Mais au premier jour, c'est-à-dire la première nuit, non, même selon Rabbi Akiva, parce que c'est une matza ashira (matza riche). Et il nous paraît que la halakha suit Rabbi Akiva, qui permet le second jour. Car Rabbi Yehochoua ben Levi pense comme lui, puisqu'il dit à ses fils : le premier jour, ne me pétrissez pas au miel, à partir de là, pétrissez-moi. Et à coup sûr cette baraïta est enseignée au sujet de l'huile par le moyen de l'eau, car le kittuf d'huile se fait par le moyen de l'eau : on pétrit à l'eau, puis on fait le kittuf. Le premier tanna : ce qu'il interdit au pétrissage, il le permet au kittuf. Et les Sages interdisent aussi bien le pétrissage que le kittuf. Et s'il n'y avait pas Rabbi Yehochoua ben Levi, qui est un amora et qui a agi en pratique selon Rabbi Akiva, nous aurions dit que la halakha suit les Sages, qui interdisent le pétrissage et le kittuf. Car nous tenons en tout lieu où la halakha n'a pas été tranchée explicitement : un seul face à la majorité, la halakha suit la majorité. Mais maintenant, puisque nous trouvons Rabbi Yehochoua ben Levi, qui est postérieur, et qui a agi selon Rabbi Akiva, on en apprend que la halakha suit Rabbi Akiva. Et tu ne peux pas dire que la halakha ne suit pas Rabbi Yehochoua ben Levi. D'abord, nous ne trouvons pas d'amora en désaccord avec lui. Ensuite, la Guemara apporte une preuve à partir de lui : si la halakha n'était pas selon lui, comment apporterait-elle une preuve à partir de lui ? C'est donc à coup sûr la halakha. Et nous trouvons une partie des maîtres qui interdisent le pétrissage et le kittuf, le premier jour comme le second, selon les Sages. Et il y a d'autres maîtres qui permettent. Et nous, nous écrivons ce qui nous paraît. Jusqu'ici le fondement de Rav Alfas, de mémoire bénie. Et maintenant, selon ses paroles, même les mei peirot en mélange avec de l'eau ne font pas lever. Difficulté pour ses paroles, d'après ce qui est plus loin, folio 39b, où l'on dit : la vatika à l'eau et au sel est interdite, à l'huile et au sel elle est permise. Il en ressort explicitement que les mei peirot avec l'eau font lever. Et de même le cas de la minhat nesakhim, comme je l'ai expliqué plus haut. C'est pourquoi il me paraît juste de suivre les maîtres qui tranchent comme les Sages. Et le fait de Rabbi Yehochoua ben Levi vise un cas sans eau, et l'on n'en tire d'appui que ceci : il y a une distinction entre le premier jour et le second jour. Il me paraît encore que ce diyuk (cette déduction serrée) ne tient pas, ce diyuk que Rav Alfas, de mémoire bénie, a serré de près : sur le modèle de ce que les Sages permettent au kittuf, c'est-à-dire par le moyen de l'eau, ils interdiraient au pétrissage. Car il est possible qu'au pétrissage ils interdisent même lorsqu'il n'y a pas d'eau, puisqu'ils tiennent que les mei peirot font lever même sans eau, comme le dit Abaye plus loin dans notre chapitre. Et le kittuf est permis même par le moyen de l'eau, parce que le kittuf est une petite quantité, et ils ne font pas lever. Et Rabbi Akiva, quand il permet, ne permet que les mei peirot seuls, sans eau. Et dans le Yerushalmi, à la fin de notre chapitre, il ressort que les mei peirot, même seuls, font lever. Car nous lisons là, halakha 7 : Rav Shmuel bar Rav Yitzhak avait du vin en fermentation. Il y a mis de l'orge pour que cela devienne hametz. Il est allé demander à Rabbi Mana. Celui-ci lui a dit : tu dois le faire disparaître. Rabbi Hanina, fils de Rabbi Padaï, avait du miel coupé de solet (fleur de farine). Il est allé demander à Rabbi Ami. Celui-ci lui a dit : tu dois le faire disparaître. L'un de la maison de Rabbi Padaï avait une cruche d'huile dans un grenier de blé. Il a demandé à Rabbi Boun. Celui-ci lui a dit : va, ratisse ce qui est en dessous. Et il est possible que tous ces amoraim pensent comme Abaye, qui interdit la jarre d'avishona, car il tient que les mei peirot font lever par eux-mêmes. Et nous tenons comme Rava, qui permet. Et Rachi est resté dans le doute au sujet du liquide des œufs : compte-t-il comme des mei peirot, ou non, parce qu'on voit de ses yeux que la pâte gonfle et devient plus épaisse que par l'eau. Et Rabbeinou Tam avait coutume de le permettre, et il avait coutume de manger, la veille de Pessa'h après quatre heures, une pâte pétrie aux œufs. Bien que nous disions : celui qui mange de la matza la veille de Pessa'h, c'est comme s'il s'unissait à sa fiancée dans la maison de son beau-père, cela vise précisément le le'hem oni, avec lequel on peut s'acquitter la nuit. Et dans le désaccord de Rabban Gamliel et des Sages, là où l'on a pétri un pain avec des mei peirot et de l'eau, Rav Yitzhak ibn Ghiyyat, de mémoire bénie, a tranché comme les Sages, qui disent : qu'on la cuise aussitôt. Et le Baal Halakhot a écrit que les Sages se placent à la fin de la baraïta : ce avec quoi l'on ne pétrit pas, on n'en fait pas le kittuf, et Rabban Gamliel est dans une seule ligne, et qu'elle soit brûlée aussitôt. Ses paroles sont obscures. Les Sages ne parlent que lekhathila (de prime abord), et bediavad (une fois la chose faite) Rabban Gamliel et les Sages sont en désaccord là-dessus, et la halakha suit les Sages. Les Sages ont enseigné : le'hem oni, à l'exclusion du halut (pâte échaudée) et de l'ashisha (galette riche). Il ressort ici que le halut compte comme pain, et il ne compte pas comme le'hem oni. Difficulté : plus loin (Pessahim 37a) nous disons que le halut des particuliers est exempt de la halla. Il en ressort qu'il ne compte pas comme pain du tout. On peut répondre : ici, il s'agit d'un mélange épais. Toutefois, difficulté, d'après ce que nous disons dans le chapitre Ha-holetz (Yevamot 40a) au sujet du halut : même s'il l'a échaudé au départ, dès qu'il l'a ensuite cuit au four, nous l'appelons pain, et un homme s'en acquitte de son obligation à Pessa'h. On peut répondre : là, il s'agit d'un mélange fluide. Avant la cuisson au four, il ne compte même pas comme pain. Après la cuisson, il compte comme pain, et il compte aussi comme le'hem oni, puisque son mélange est fluide. Et ici, il s'agit d'un mélange ferme : il compte comme pain pour la halla, et il ne compte pas comme le'hem oni, qu'il y ait une cuisson après l'échaudage ou qu'il n'y ait pas de cuisson. Et Rav Haï a expliqué : ce halut est un pain fait à l'huile, comme le halut des particuliers. C'est pourquoi on ne s'en acquitte pas la première nuit, parce que c'est une matza ashira. Et un halut qu'on a échaudé à l'eau bouillante, on s'en acquitte si on l'a recuit. Selon cette explication aussi, il faut dire qu'ici il s'agit d'un mélange ferme, et plus loin d'un mélange fluide. Car ici il appelle le halut des particuliers un pain, sans qu'il soit le'hem oni, et plus loin il ne compte même pas comme pain.
💡 Explication

La question vise l'exclusion de Rabbi Akiva. S'il sort cette pâte du le'hem oni, comment a-t-il pétri ainsi pour Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua ?

La baraïta parle d'abord du risque de levain. Rabban Gamliel : on brûle aussitôt. Les Sages : on peut garder, et manger. Rachi place la combustion au hol ha-moëd, pas le jour de fête. Face aux mei peirot, il lit un hametz nukshe : pas de karet, et un levain qu'on ne peut pas garder.

Sheviti : Rachi, mon séjour, un pèlerinage de Pessa'h. Le Roch, sur ce segment, reprend mei peirot, kittuf, première nuit, et le halut.

9
וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין לָשִׁין, מְקַטְּפִין בּוֹ — אֲתַאן לְתַנָּא קַמָּא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶת שֶׁלָּשִׁין בּוֹ — מְקַטְּפִין בּוֹ. וְאֶת שֶׁאֵין לָשִׁין בּוֹ — אֵין מְקַטְּפִין בּוֹ. וְשָׁוִין שֶׁאֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּפוֹשְׁרִין!

Et bien qu'on ne pétrisse pas, on en fait le kittuf. Nous en venons au premier tanna.

Et les Sages disent : ce avec quoi l'on pétrit, on en fait le kittuf. Et ce avec quoi l'on ne pétrit pas, on n'en fait pas le kittuf.

Et tous s'accordent : on ne pétrit pas la pâte à l'eau tiède.

📜 Rachi (2)
מְקַטְּפִין טָחִין פָּנֶיהָ לְאַחַר עֲרִיכָתָהּ:
On en fait le kittuf : on en enduit la surface après l'avoir aplatie.
פּוֹשְׁרִין מְמַהֲרִין לְהַחְמִיץ:
L'eau tiède : elle hâte le levain.
💡 Explication

La baraïta continue. Kittuf : enduire la surface de la pâte déjà aplatie. La phrase "nous en venons au premier tanna" est le stam : cette clause revient à celui qui interdit le pétrissage.

Les Sages lient les deux gestes. Ce qu'on peut pétrir, on peut en enduire. Ce qu'on ne pétrit pas, on n'en enduit pas. Tous interdisent l'eau tiède, qui hâte le hametz.

10
לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן. הָא — בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי.

Sans difficulté. Ceci, au premier jour de fête.

Cela, au second jour de fête.

📜 Rachi (1)
יוֹם רִאשׁוֹן לַיְלָה הָרִאשׁוֹן שֶׁהַמַּצָּה חוֹבָה בָּעֵינַן לֶחֶם עֹונִי:
Le premier jour : la première nuit, où la matza est une obligation, et où il nous faut le le'hem oni.
💡 Explication

La Guemara sépare deux plans. L'exclusion de Rabbi Akiva vise le premier jour. Rachi : la première nuit, quand la matza est une obligation et qu'il faut le le'hem oni.

Le récit où il a pétri au vin, à l'huile et au miel vise le second jour. La mitsva de manger la matza ne s'impose plus. Reste l'interdit du hametz.

11
כְּדַאֲמַר לְהוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ לִבְנֵיהּ: יוֹמָא קַמָּא לָא תְּלוּשׁוּ לִי בַּחֲלָבָא, מִכָּאן וְאֵילָךְ לוּשׁוּ לִי בַּחֲלָבָא. וְהָתַנְיָא: אֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּחָלָב, וְאִם לָשׁ — כָּל הַפַּת אֲסוּרָה, מִפְּנֵי הֶרְגֵּל עֲבֵירָה. אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: יוֹמָא קַמָּא לָא תְּלוּשׁוּ לִי בְּדֻובְשָׁא, מִכָּאן וְאֵילָךְ — לוּשׁוּ לִי בְּדֻובְשָׁא.

Comme Rabbi Yehochoua l'a dit à ses fils : le premier jour, ne me pétrissez pas au lait. À partir de là, pétrissez-moi au lait.

Or on a enseigné : on ne pétrit pas la pâte au lait, et si l'on a pétri, tout le pain est interdit, à cause de l'habitude de la faute. Disons plutôt ainsi : le premier jour, ne me pétrissez pas au miel.

À partir de là, pétrissez-moi au miel.

📜 Rachi (1)
אֵין לָשִׁין עִיסָּה בְּחָלָב כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה שֶׁלֹּא יֹאכַל בָּשָׂר עִמָּהּ:
On ne pétrit pas une pâte au lait : tous les jours de l'année, afin qu'on n'en mange pas avec de la viande.
💡 Explication

La Guemara appuie le partage des jours sur une parole de Rabbi Yehochoua à ses fils. La version au lait bute sur une baraïta de toute l'année : pâte au lait, tout le pain est interdit, hergel aveira, l'habitude de la faute. Rachi : on finirait par en manger avec de la viande.

La leçon retenue remplace le lait par le miel. Premier jour, non. Ensuite, oui.

12
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: לְעוֹלָם בְּחַלְבָא, כִּדְאָמַר רָבִינָא: כְּעֵין תּוֹרָא — שָׁרֵי. הָכָא נָמֵי כְּעֵין תּוֹרָא.

Et si tu veux, dis : en réalité, au lait. Comme Ravina a dit : à la manière d'un bœuf, c'est permis.

Ici aussi, à la manière d'un bœuf.

📜 Rachi (1)
כְּעֵין תּוֹרָא מְעַט כְּעֵין שֶׁל שׁוֹר מֻותָּר לָלוּשׁ בְּחָלָב דְּאָכִיל לֵיהּ מִיָּד בְּבַת אַחַת וְלָא מַשְׁהֵי לֵיהּ דְּלִינְשֵׁי שֶׁנִּילּוֹשׁ בְּחָלָב:
À la manière d'un bœuf : un peu, à la manière d'un bœuf, il est permis de pétrir au lait, car on le mange aussitôt, d'un seul coup, et on ne le laisse pas attendre au point d'oublier qu'il a été pétri au lait.
💡 Explication

Autre lecture : Rabbi Yehochoua a bien parlé de lait. Ravina permet une petite quantité, ke-ein tora, à la manière d'un bœuf.

Rachi : on la mange aussitôt, en une fois. On ne la garde pas, et l'on n'oublie pas qu'elle a été pétrie au lait.

13
וְשָׁוִין שֶׁאֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּפוֹשְׁרִין. מַאי שְׁנָא מִמְּנָחוֹת, דִּתְנַן: כָּל הַמְּנָחוֹת נִילּוֹשׁוֹת בְּפוֹשְׁרִין, (וּמִשְׁתַּמְּרִין) שֶׁלֹּא יֵחָמְצוּ. אִם אָמְרוּ בִּזְרִיזִין, יֹאמְרוּ בְּשֶׁאֵין זְרִיזִין?

Et tous s'accordent : on ne pétrit pas la pâte à l'eau tiède. En quoi est-ce différent des menahot ?

Car nous avons enseigné : toutes les menahot sont pétries à l'eau tiède, et on les garde, afin qu'elles ne lèvent pas. S'ils l'ont dit pour des zerizim, le diraient-ils pour ceux qui ne sont pas des zerizim ?

📜 Rachi (2)
וּמַאי שְׁנָא מִמְּנָחוֹת דִּתְנַן בְּהוּ דְּבָאוֹת מַצּוֹת וַאֲפִילּוּ הָכֵי נִלּוֹשׁוֹת בְּפוֹשְׁרִין וּמְשַׁמְּרָן שֶׁלֹּא יַחֲמִיצוּ:
Et en quoi est-ce différent des menahot : car nous avons enseigné à leur sujet qu'elles viennent en matza, et malgré cela on les pétrit à l'eau tiède, et on les garde pour qu'elles ne lèvent pas.
הָכִי גָּרְסִינַן כֹּהֲנִים זְרִיזִין הֵם:
Voici comment nous lisons : les kohanim sont des zerizim.
💡 Explication

La clause sur l'eau tiède revient. Les menahot sont pourtant pétries à l'eau tiède, et on les garde du hametz.

Réponse : on l'a dit pour des zerizim, des gens vigilants. On ne le dit pas pour les autres. Rachi indique la leçon : les kohanim sont des zerizim.

🖼️ Schéma
Eau tiède : qui peut l'employer ? Matza de chacun Tous s'accordent. Pas de pétrissage à l'eau tiède. Les gens ne sont pas des zerizim. Interdit Menahot Pétrissage à l'eau tiède, et l'on garde. Dans la azara, lieu des zerizim. Le trempage, non : déjà de la solet Omer On trempe. On entasse. Korban du public. Tout se fait sur ordre du beit din. Le public est différent Deux conditions, puis l'exclusion du trempage Le pétrissage des menahot n'est pas fait par les kohanim. Verse et mélange sont valables par tout homme. Hors du mur de la azara, la minha est invalide. Le pétrissage est dans le lieu des zerizim. Le trempage n'y est pas, et les zerizim ne le font pas. Rachi écarte l'idée que l'entassage, à lui seul, empêcherait le levain.
L'eau tiède est interdite pour la matza de chacun. Elle est permise aux menahot, dans le lieu des zerizim, et le trempage de l'omer suit le public.
14
אִי הָכִי, מִילַתְּת נָמֵי לַתִּית! אַלְּמָה אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַבָּה בַּר יִרְמְיָה אָמַר שְׁמוּאֵל: חִיטִּין שֶׁל מְנָחוֹת אֵין לוֹתְתִין אוֹתָהּ! לִישָׁה בִּזְרִיזִין אִיתָא, לְתִיתָה לֵיתָא בִּזְרִיזִין.

S'il en est ainsi, qu'on les trempe aussi. Pourquoi Rabbi Zeira a-t-il dit, au nom de Rabba bar Yirmeya, au nom de Shmuel : le blé des menahot, on ne le trempe pas ?

Le pétrissage est chez les zerizim. Le trempage n'est pas chez les zerizim.

📜 Rachi (3)
לְתִיתָה לְשׁוּרָן בְּמַיִם מְעַט וּלְכָותְשָׁן בְּמַכְתֶּשֶׁת לְהָסִיר מֻורְסָנָן כְּדֵי שֶׁתְּהֵא סָולְתָּן נְקִיָּה:
Le trempage : les tremper un peu dans l'eau et les piler dans un mortier pour ôter leur son, afin que leur fleur de farine soit nette.
לְתִיתָה לֵיתָא בִּזְרִיזִין כְּשֶׁמְּבִיאָהּ הַזָּר כְּבָר הִיא סֹולֶת:
Le trempage n'est pas chez les zerizim : quand le non-kohen l'apporte, c'est déjà de la solet.
לִישָׁה כְּגוֹן מִנְחַת מַחֲבַת וּמַרְחֶשֶׁת וּמִנְחַת מַאֲפֵה תַּנּוּר שֶׁאוֹפִין אוֹתָהּ תְּחִילָּה עָשָׂר חַלּוֹת וְאַחַר כָּךְ פּוֹתְתִין אוֹתָן עַד שֶׁמַּחֲזִירָן לְסָלְתָּן כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ב׳:ו׳) פָּתוֹת אֹותָהּ פִּתִּים וְאַחַר כָּךְ נוֹתֵן שֶׁמֶן וּבוֹלְלָהּ וְיוֹצֵק וְקוֹמֵץ וּכְשֶׁאֲפָאָהּ תְּחִילָּה נִילּוֹשָׁה בְּפוֹשְׁרִין:
Le pétrissage : par exemple la minha de la plaque et de la poêle, et la minha cuite au four. On la cuit d'abord en dix galettes, puis on les émiette jusqu'à les ramener à leur fleur de farine, comme il est écrit (Vayikra 2, 6) : "tu l'émietteras en miettes". Ensuite on met l'huile, on mélange, on verse, et on prélève le kometz. Et quand on la cuit d'abord, elle a été pétrie à l'eau tiède.
💡 Explication

Si la vigilance des kohanim suffit, pourquoi ne pas tremper aussi le blé des menahot ? Shmuel l'interdit. Letita : un peu d'eau, puis le mortier, pour ôter le son et obtenir une solet nette.

Réponse : le pétrissage est fait chez les zerizim. Le trempage, non. Le non-kohen apporte le grain déjà en solet. Rachi détaille le pétrissage à l'eau tiède : plaque, poêle, four, dix galettes, puis l'émiettement.

15
וְלִישָׁה מִי אִיתָא בִּזְרִיזִין? וְהָכְתִיב: ״וְיָצַק עָלֶיהָ שֶׁמֶן וְגוֹ׳ וֶהֱבִיאָהּ אֶל הַכֹּהֵן״ — מִקְּמִיצָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהֻונָּה, לִימֵּד עַל יְצִיקָה וּבְלִילָה שֶׁכְּשֵׁירָה בְּכָל אָדָם!

Et le pétrissage, est-il chez les zerizim ? Or il est écrit : "il versera sur elle de l'huile", et la suite, "et il l'apportera au kohen".

Depuis le kometz et au-delà, c'est une mitsva de kehunah. Il a enseigné, au sujet de la versée et du mélange, qu'ils sont valables par tout homme.

📜 Rachi (1)
לִימֵּד עַל יְצִיקָה וּבְלִילָה כּוּ' וְהָנֵי בְּמִנְחַת מַאֲפֵה תַּנּוּר לְאַחַר לִישָׁה וַאֲפִיָּיה וּפְתִיתָה נִינְהוּ:
Cela enseigne sur la versée et le mélange, et la suite : ceux-ci, dans la minha cuite au four, viennent après le pétrissage, la cuisson et l'émiettement.
💡 Explication

Le verset place chez le kohen le travail depuis le kometz. La yetzika, la versée d'huile, et la belila, le mélange, sont valables par tout homme, même un non-kohen.

Le pétrissage ne serait donc pas réservé aux zerizim. Rachi : dans la minha cuite au four, versée et mélange viennent après pétrissage, cuisson et émiettement.

16
לִישָׁה, נְהִי דְּבִזְרִיזִין לֵיתָא, בִּמְקוֹם זְרִיזִין אִיתָא. דְּאָמַר מָר: בַּלַּיְלָה כְּשֵׁירָה בְּזָר, חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה — פְּסוּלָה. לְאַפּוֹקֵי לְתִיתָה — דְּאֵינָהּ בִּזְרִיזִין, וְלֹא בִּמְקוֹם זְרִיזִין.

Le pétrissage : admettons qu'il ne soit pas chez les zerizim, il est dans le lieu des zerizim. Car le maître a dit : le mélange est valable par un non-kohen.

Hors du mur de la azara, il est invalide. Pour exclure le trempage, qui n'est ni chez les zerizim, ni dans le lieu des zerizim.

📜 Rachi (1)
בִּמְקוֹם זְרִיזִים אִיתָא בָּעֲזָרָה שֶׁהַמַּחֲבַת וְהַמַּרְחֶשֶׁת כְּלֵי שָׁרֵת הֵן וְכֵן תַּנּוּר שֶׁל מִקְדָּשׁ וְכֵיוָן דְּבָעֲזָרָה אִיתָא חָזוּ לָהּ כֹּהֲנִים וּמְלַמְּדִין אוֹתוֹ לְהִיזָּהֵר בָּהּ:
C'est dans le lieu des zerizim : dans la azara, car la plaque et la poêle sont des klei sharet, et de même le four du sanctuaire. Et puisque c'est dans la azara, les kohanim la voient et lui apprennent à y faire attention.
🗂️ Tossefot (1)
בִּמְקוֹם זְרִיזִים אִיתָא וא"ת וְהָא הָכָא בְּמִנְחַת מַאֲפֵה תַּנּוּר מַיְירֵי שֶׁהָיְתָה נִילּוֹשָׁה בְּפוֹשְׁרִים וְאוֹתָהּ מִנָּלַן שֶׁנִּבְלֶלֶת בָּעֲזָרָה וּשְׁאָר מִנְחָה שֶׁנִּבְלֶלֶת בָּעֲזָרָה לְפִי שֶׁהַבְּלִילָה הָיְתָה בִּכְלִי שָׁרֵת וי"ל דְּגַם מַאֲפֵה תַּנּוּר הָיוּ לָשִׁין בָּעֲזָרָה סָמוּךְ לַתַּנּוּר שֶׁל קוֹדֶשׁ שֶׁלֹּא תַּחְמִיץ וְרַבֵּינוּ אֶפְרַיִם בַּר אֶפְרַיִם הַגִּבּוֹר מְפָרֵשׁ דע"כ הָיוּ לָשִׁין אוֹתָהּ בָּעֲזָרָה לְפִי שֶׁהָיוּ מוֹדְדִין אוֹתָהּ בְּעִשָּׂרוֹן שֶׁל קוֹדֶשׁ כְּדִתְנַן בְּפֶרֶק שְׁתֵּי מִדּוֹת (מְנָחוֹת פז.) עִשָּׂרוֹן מֶה הָיָה מְשַׁמֵּשׁ בּוֹ מוֹדֵד לְכָל הַמְּנָחוֹת:
C'est dans le lieu des zerizim. Et si tu dis : or ici il s'agit de la minha cuite au four, qui était pétrie à l'eau tiède, et d'où tenons-nous qu'on la mélange dans la azara ? Les autres menahot sont mélangées dans la azara parce que le mélange se faisait dans un keli sharet. On peut répondre : la minha cuite au four aussi, on la pétrissait dans la azara, près du four sacré, pour qu'elle ne lève pas. Et Rabbeinou Ephraim bar Ephraim ha-gibbor explique : nécessairement on la pétrissait dans la azara, parce qu'on la mesurait avec l'issaron sacré, comme la michna l'enseigne dans le chapitre Shtei midot (Menahot 87a) : l'issaron, à quoi servait-il ? On mesurait avec lui toutes les menahot.
💡 Explication

Le pétrissage n'est pas fait par les kohanim. Il se fait dans leur lieu, la azara. Un zar peut mélanger. Hors du mur de la cour, la minha est passoul.

Le trempage n'a aucune des deux prises : ni les zerizim, ni leur lieu. Tossefot : même la minha du four se pétrit dans la cour, près du four sacré, ou parce qu'on la mesure à l'issaron du sanctuaire.

🖼️ Schéma
Pétrissage : dans le lieu des zerizim Dans la azara Plaque, poêle, four : klei sharet. Un zar peut mélanger. Les kohanim voient et avertissent. Eau tiède possible Hors du mur Le mélange invalide la minha. Le trempage se fait dehors. Le zar apporte déjà la solet. Pas de trempage des menahot Tossefot : on pétrit aussi la minha du four dans la azara, près du four sacré.
Dans la azara, les kohanim voient le pétrissage. Hors du mur, la minha est invalide. Le trempage se fait dehors.
17
וּמַאי שְׁנָא מִמִּנְחַת הָעֹומֶר? דְּתַנְיָא: מִנְחַת הָעֹומֶר לוֹתְתִין אוֹתָהּ וְצוֹבְרִין אוֹתָהּ! צִיבּוּר שָׁאנֵי.

Et en quoi est-ce différent de la minhat ha-omer ? Car on a enseigné : la minhat ha-omer, on la trempe et on l'entasse.

Le public est différent.

📜 Rachi (2)
וּמַאי שְׁנָא שְׁאָר מְנָחוֹת דְּקָאָמַר שְׁמוּאֵל אֵין לוֹתְתִין אוֹתָם מִמִּנְחַת הָעֹומֶר דִּתְנַן בָּהּ לוֹתְתִין אוֹתָהּ וְצוֹבְרִין אוֹתָהּ שֶׁיָּזוּבוּ מֵימֶיהָ:
Et en quoi est-ce différent : les autres menahot, dont Shmuel a dit qu'on ne les trempe pas, de la minhat ha-omer, dont nous avons enseigné qu'on la trempe et qu'on l'entasse, pour que ses eaux s'écoulent.
צִיבּוּר שָׁאנֵי מִנְחַת הָעֹומֶר קָרְבַּן צִיבּוּר הִיא וְכָל עֲסָקִין שֶׁלָּהּ נַעֲשִׂין עַל פִּי בֵּית דִּין קְצִירָתָהּ וְהִיבְהוּב שֶׁלָּהּ וּלְתִיתָה הַכֹּל בְּבֵית דִּין וּבִזְרִיזִין הוּא וְאִיכָּא דְּאָמְרִי צִבּוּר שָׁאנֵי דְּהוֹאִיל וְצוֹבְרִין אוֹתָהּ מֵימֶיהָ זָבִין וְאֵין מַחְמִיצִין וְלָאו מִילְּתָא הִיא חֲדָא דְּבַתּוֹסֶפְתָּא קָתָנֵי לָהּ וְלָא קָתָנֵי וְצוֹבְרִין אֶלָּא וּבוֹרְרִין וְעוֹד אִי אִיכָּא תַּקַּנְתָּא בְּצִבּוּר (שֶׁל) חִיטִּים שֶׁל מְנָחוֹת נָמֵי לִילְתְּתִינְהוּ וְנִיצְבְּרִינְהוּ:
Le public est différent : la minhat ha-omer est un korban du public, et tout son travail se fait sur l'ordre du beit din. Sa moisson, son passage au feu, son trempage, tout est au beit din, et c'est entre les mains des zerizim. Et il y en a qui disent : le public est différent, parce qu'on l'entasse, ses eaux s'écoulent, et elles ne font pas lever. Cela ne tient pas. D'abord, la Tosefta l'enseigne, et elle n'enseigne pas "on l'entasse", mais "on la trie". Ensuite, s'il y avait un remède dans l'entassage, le blé des menahot aussi, qu'on le trempe et qu'on l'entasse.
💡 Explication

L'omer est trempé, et l'on entasse le grain. Shmuel interdit pourtant le trempage des autres menahot.

Tsibbur, le public, est différent. Rachi : korban du public, moisson, passage au feu et trempage se font sur ordre du beit din, par des zerizim.

Une autre lecture dirait que l'eau s'écoule et ne fait pas lever. Rachi l'écarte. La Tosefta dit qu'on trie, et si l'entassage suffisait, on tremperait aussi le blé des menahot.

18
תָּנוּ רַבָּנַן: יָכוֹל יוֹצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּבִכּוּרִים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּכֹל מוֹשְׁבֹותֵיכֶם תֹּאכְלוּ מַצּוֹת״ — מַצָּה הַנֶּאֱכֶלֶת בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם, יָצְאוּ בִּכּוּרִים שֶׁאֵין נֶאֱכָלִין בְּכָל מֹושְׁבֹותֵיכֶם אֶלָּא בִּירוּשָׁלַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי.

Les Sages ont enseigné : on pourrait penser qu'un homme s'acquitte de son obligation avec des bikkurim. Le verset enseigne : "dans toutes vos demeures vous mangerez des matzot".

Une matza qui se mange dans toutes vos demeures. Sont sortis les bikkurim, qui ne se mangent pas dans toutes vos demeures, mais à Jérusalem.

Paroles de Rabbi Yossi haGelili.

📜 Rachi (2)
בְּבִכּוּרִים כְּגוֹן כֹּהֵן שֶׁהֵבִיאוּ לוֹ חִיטִּין בִּכּוּרִים בִּירוּשָׁלַיִם:
Avec des bikkurim : par exemple un kohen à qui l'on a apporté du blé de bikkurim à Jérusalem.
בִּכּוּרִים אֵין נֶאֱכָלִין אֶלָּא בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁנֶּאֱמַר לֹא תוּכַל לֶאֱכֹול בִּשְׁעָרֶיךָ וְגוֹ' וְאָמַר מַר (מַכּוֹת דַּף יז.) וּתְרוּמַת יָדֶךָ אֵלּוּ בִּכּוּרִים:
Les bikkurim ne se mangent qu'à Jérusalem : car il est dit "tu ne pourras pas manger dans tes portes", et la suite. Et le maître a dit (Makot 17a) : "et le prélèvement de ta main", ce sont les bikkurim.
💡 Explication

Nouveau cas : des bikkurim de blé, par exemple apportés à un kohen à Jérusalem. On pourrait s'en acquitter, puisqu'il a le droit de les manger.

Rabbi Yossi haGelili lit "dans toutes vos demeures". La matza de la mitsva doit pouvoir se manger partout. Les bikkurim, seulement à Jérusalem.

19
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מַצָּה וּמָרוֹר; מַה מָרוֹר שֶׁאֵינוֹ בִּכּוּרִים, אַף מַצָּה שֶׁאֵינָהּ בִּכּוּרִים. אִי: מַה מָרוֹר שֶׁאֵין בְּמִינוֹ בִּכּוּרִים, אַף מַצָּה שֶׁאֵין בְּמִינָהּ בִּכּוּרִים!

Rabbi Akiva dit : matza et maror. De même que le maror n'est pas des bikkurim, de même la matza n'est pas des bikkurim.

Si l'on dit : de même que le maror est d'une espèce où il n'y a pas de bikkurim, de même la matza doit être d'une espèce où il n'y a pas de bikkurim.

📜 Rachi (2)
מַצָּה וּמָרוֹר הִקִּישָׁן הַכָּתוּב עַל מַצּוֹת וּמְרוֹרִים:
Matza et maror : le verset les a mis en regard, "sur des matzot et des merorim".
מָרוֹר אֵינוֹ בִּכּוּרִים דִּתְנַן (בִּכּוּרִים פ"א מ"ג) אֵין מְבִיאִין בִּכּוּרִים אֶלָּא מז' מִינִין דִּכְתִיב מֵאַרְצְךָ מְשַׁבֵּחַ אַרְצְךָ בִּמְנָחוֹת בְּפֶרֶק כָּל קָרְבָּנוֹת (מְנָחוֹת דַּף פד.) וּלְקַמָּן בְּמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ (פְּסָחִים דַּף נג.):
Le maror n'est pas des bikkurim : car nous avons enseigné (Bikkurim, chapitre 1, michna 3) qu'on n'apporte des bikkurim que des sept espèces, car il est écrit "de ton pays", la louange de ton pays. Dans Menahot, au chapitre Kol korbanot (Menahot 84a), et plus loin, dans Makom she-nahagu (Pessahim 53a).
🗂️ Tossefot (1)
מַה מָרוֹר שֶׁאֵין בִּיכּוּרִים וְלֵיכָּא לְמֵימַר מָרוֹר הַייְנוּ זַיִת שֶׁהוּא מַר כִּדְדָרְשִׁינַן (סַנְהֶדְרִין דַּף קח:) וְהִנֵּה עֲלֵה זַיִת טָרָף בְּפִיהָ אָמְרָה יוֹנָה יְהֵא מְזוֹנוֹתַי מְרוֹרִים כַּזַּיִת וְכוּ' דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף לט.) אָמַר מָרוֹר דֻּומְיָא דְּמַצָּה מַה מַצָּה מִין זְרָעִים אַף מָרוֹר כֵּן וְעוֹד שֶׁזַּיִת הָאִילָן מַר וְלֹא הַפְּרִי כִּדְמַשְׁמַע עֲלֵה זַיִת וְאָמְרִינַן נָמֵי (מְכִילְתָּא פ' בְּשַׁלַּח) וַיּוֹרֵהוּ ה' עֵץ זֶהוּ זַיִת שֶׁאֵין מַר בָּאִילָנוֹת כַּזַּיִת:
De même que le maror n'est pas des bikkurim. Et l'on ne peut pas dire que le maror, c'est l'olive, qui est amère, comme on le dérive (Sanhédrin 108b) : "et voici une feuille d'olivier arrachée dans son bec". La colombe a dit : que ma nourriture soit amère comme l'olive, et la suite. Car plus loin (Pessahim 39a) on dit : le maror est à la ressemblance de la matza. De même que la matza est une espèce de semences, de même le maror. De plus, l'arbre de l'olivier est amer, le fruit ne l'est pas, comme le laisse entendre "une feuille d'olivier". Et nous disons aussi (Mekhilta, paracha Beshalaḥ) : Hachem lui indiqua un arbre, c'est l'olivier, car rien n'est amer parmi les arbres comme l'olivier.
💡 Explication

Rabbi Akiva ne prend pas le verset des demeures. Il fait un hekesh entre matza et maror. Le maror n'entre pas dans les bikkurim. La matza des bikkurim non plus.

Rachi : on n'apporte les bikkurim que des sept espèces, la louange du pays. Le maror n'en est pas.

Le mot "si" pousse la comparaison d'un cran : une espèce qui n'a jamais de bikkurim. La page s'arrête sur cette poussée. Tossefot écartent l'olive : le maror suit la matza, une espèce de semences, et l'amertume citée est celle de l'arbre, pas du fruit.

🖼️ Schéma
Bikkurim : peut-on s'en acquitter en matza ? Rabbi Yossi haGelili Dans toutes vos demeures, vous mangerez des matzot. Les bikkurim ne se mangent qu'à Jérusalem. Exclus Rabbi Akiva Hekesh matza et maror. Le maror n'est pas des bikkurim. La matza non plus. Sept espèces seulement, louange du pays. Le pas de plus, laissé ouvert Si le maror est d'une espèce sans bikkurim, la matza devrait l'être aussi. Tossefot : le maror n'est pas l'olive. Le maror suit la matza, une espèce de semences.
Rabbi Yossi haGelili exclut les bikkurim par le verset des demeures. Rabbi Akiva les exclut par le maror. Le pas de plus reste ouvert.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).