Pesachim 36b - Bikkurim exclus, maaser sheni admis, pain de l'oni

Pesachim 36b

Sougya : La page poursuit la baraïta de 36a. Rabbi Akiva abandonne le hekesh matza-maror, qui aurait exclu le blé et l'orge, et il sort les bikkurim de "dans toutes vos demeures".

Le maaser sheni acquitte : devenu impur, on le rachète même à Jérusalem, selon Rabbi Eliezer, et il a donc une permission partout. Rabbi Yossi ha-Gelili suit Rabbi Shimon, qui permet les bikkurim à l'onen, et il garde "lechem oni" pour écarter le maaser sheni, mangé seulement dans la joie.

Une baraïta lit "lechem oni" contre le halut et l'ashisha, et "matzot" "matzot" admet même les matzot de Salomon. La page s'arrête sur Beit Shammai : pas de pain épais à Pessa'h.

Rabbi Akiva : du hekesh à la rétractation Hekesh : matza comme maror. Le maror n'est pas des bikkurim. Poussé à l'espèce : le blé et l'orge, espèces des bikkurim, sortiraient. Matzot, matzot : ribboui Le verset fait rentrer le blé et l'orge. Objection Le même ribboui ferait rentrer les bikkurim eux-mêmes. Rabbi Akiva se rétracte Il lâche le hekesh. Il apprend les bikkurim de : dans toutes vos demeures. Bikkurim : exclus Mangés seulement à Jérusalem. Aucune permission ailleurs, même devenus impurs. On ne s'en acquitte pas Maaser sheni : inclus Matzot, matzot le fait rentrer. Impur : rachat même à Jérusalem, selon Rabbi Eliezer. On s'en acquitte Qu'as-tu vu Le maaser sheni a une permission dans toutes les demeures. Les bikkurim, aucune. La baraïta qui tranche ainsi est Rabbi Akiva. Preuve qu'il s'est rétracté.
Le hekesh sortirait le blé et l'orge. Matzot, matzot les fait rentrer, et les bikkurim avec. Rabbi Akiva se rétracte : les bikkurim sortent de "dans toutes vos demeures". Le maaser sheni, qui a un heter, acquitte.
Bikkurim et onen : rabbins et Rabbi Shimon Rabbins Terumat yadekha : les bikkurim. Hekesh avec le maaser. Maaser interdit à l'onen. Bikkurim interdits à l'onen. Verset : tu ne mangeras pas dans tes portes. Rabbi Shimon Le Miséricordieux les nomme teruma. Teruma permise à l'onen. Bikkurim permis à l'onen. Le verset de la joie vise la saison de la récolte. Atséret à Soukot : on lit. Rabbi Yossi ha-Gelili Il tient comme Rabbi Shimon : l'onen peut manger les bikkurim. Lechem oni, pain mangé dans l'aninut, ne les sort donc pas. Il les sort de : dans toutes vos demeures. Le maaser sheni, mangé dans la joie, sort de lechem oni. Sans oni, le ribboui de matzot matzot aurait inclus le maaser sheni.
Rabbins : hekesh au maaser, bikkurim interdits à l'onen. Rabbi Shimon : nommés teruma, permis à l'onen. Rabbi Yossi le suit, et garde lechem oni pour le maaser sheni.
Lechem oni : ce que le verset écarte, ce qu'il laisse Écartés Halut Pain échaudé. Marque d'importance. Ashisha Grande galette. Pain de marque. Hava amina Seulement le pain hadraa. Tout l'éclat en est ôté. Pain kibar, pain grossier. Le verset matzot, matzot écarte cette limite. Admis Même les matzot de Salomon. Fleur de farine nette. Solet d'un homme délicat. La finesse n'empêche pas Ashisha, deux lectures du verset de David Rav Hanan bar Abba : eshpar, un sixième du taureau. Ashisha, un sixième de l'épha. Shmuel : ashisha, une cruche de vin. Verset : ceux qui aiment les ashishei de raisins. La baraïta suit la lecture d'un pain de marque. Shmuel lit une mesure de vin.
Lechem oni écarte le halut et l'ashisha. Le pain grossier n'est pas la seule matza : jusqu'à la fleur de Salomon. Rav Hanan lit l'ashisha comme un sixième d'épha. Shmuel, comme une cruche de vin.
1
אוֹצִיא חִיטִּין וּשְׂעֹורִין שֶׁיֵּשׁ בְּמִינָן בִּיכּוּרִים. תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִצְוֹת״ ״מִצְוֹת״ רִיבָּה. אִי ״מִצְוֹת״ ״מִצְוֹת״ רִיבָּה, אֲפִילּוּ בִּיכּוּרִים נָמֵי! הֲדַר בֵּיהּ רַבִּי עֲקִיבָא.

J'exclurais le blé et l'orge, qui ont des bikkurim dans leur espèce. Le verset dit : "matzot", "matzot", pour inclure.

Si "matzot", "matzot" inclut, même les bikkurim aussi ! Rabbi Akiva s'est rétracté.

📜 Rachi (1)
הָדַר בֵּיהּ ר' עֲקִיבָא מֵהַךְ הֶקֵּישָׁא דְּמַצָּה וּמָרוֹר וְיָלֵיף בִּיכּוּרִים מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם:
Il s'est rétracté de ce hekesh de la matza et du maror, et il apprend les bikkurim de "dans toutes vos demeures".
🗂️ Tossefot (2)
אוֹצִיא חִטִּין וּשְׂעֹורִין שֶׁיֵּשׁ בְּמִינָן בִּיכּוּרִים א"ל אִם כֵּן נוֹצִיא כָּל חֲמֵשֶׁת הַמִּינִין שֶׁיֵּשׁ בְּמִינָן בִּיכּוּרִים דְּאָנוּ לֶחֶם בָּעֵינַן דִּמְמַעֲטִינַן לְעֵיל אֹורֶז וְדֹוחַן:
On lui dit : si c'est ainsi, excluons les cinq espèces qui ont des bikkurim dans leur espèce, car nous exigeons du pain (lechem), puisque plus haut on a exclu le riz et le millet.
אִי מַצּוֹת מַצּוֹת רִיבָּה אַפֵּי' בִּיכּוּרִים נָמֵי תֵּימַהּ לר"י דְּנֵימָא אַהֲנֵי רִיבּוּי לְרַבּוֹת יֵשׁ בְּמִינוֹ בִּיכּוּרִים וְאַהֲנֵי מִיעוּט לְמַעֵט בִּיכּוּרֵי' וְיֵשׁ לוֹמַר דִּסְבָרָא הוּא אִי מִרַבֵּינַן הָא מִרַבֵּינַן נָמֵי הָא:
Le Ri s'étonne : disons que le ribboui sert à inclure ce dont l'espèce a des bikkurim, et que le miout sert à exclure les bikkurim. On peut répondre : c'est une sevara. Si l'on inclut ceci, l'on inclut aussi cela.
💡 Explication

Fin de 36a : le hekesh matza-maror, poussé à l'espèce, sortirait le blé et l'orge, seules céréales des sept espèces des bikkurim. "Matzot", "matzot" (Devarim 16, 3 et 8) les fait rentrer. La Guemara objecte : le même ribboui ferait rentrer les bikkurim eux-mêmes. Rabbi Akiva lâche le hekesh.

Rachi : il apprend désormais de "dans toutes vos demeures". Tossefot : exclure l'espèce viderait les cinq céréales, seul lechem une fois le riz et le millet écartés. Le Ri refuse de couper le verset : inclure l'espèce et exclure les bikkurim. La sevara lie les deux.

2
דְּתַנְיָא: יָכוֹל יֵצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּבִיכּוּרִים, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּכֹל מוֹשְׁבֹתֵיכֶם תֹּאכְלוּ מַצּוֹת״ — מַצָּה הַנֶּאֱכֶלֶת בְּכָל מוֹשָׁבוֹת, יָצְאוּ בִּיכּוּרִים שֶׁאֵינָן נֶאֱכָלִין בְּכָל מוֹשָׁבוֹת אֶלָּא בִּירוּשָׁלַיִם. יָכוֹל שֶׁאֲנִי מוֹצִיא אַף מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִצְוֹת״ ״מִצְוֹת״ רִיבָּה.

Car on a enseigné : on pourrait penser qu'un homme s'acquitte avec des bikkurim. Le verset dit : "dans toutes vos demeures vous mangerez des matzot" : une matza mangée dans toutes les demeures.

En sortent les bikkurim, qui ne se mangent pas dans toutes les demeures, seulement à Jérusalem. On pourrait penser que j'exclus aussi le maaser sheni.

Le verset dit : "matzot", "matzot", pour inclure.

📜 Rachi (1)
אַף מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם הוֹאִיל וְאֵינוֹ נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשָׁבוֹת מֵעַתָּה מִשֶּׁהֱבִיאוֹ לִירוּשָׁלַיִם שׁוּב אֵינוֹ יָכוֹל לְחַלֵּל לֶאֱכֹול בַּחוּץ כִּדְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת מַכּוֹת (דַּף כ.) מְחִיצָּה לִקְלֹוט מִדְּרַבָּנָן דְּמִשֶּׁקְּלָטוּהוּ מְחִיצּוֹת שׁוּב אֵינוֹ נִפְדֶּה:
Même le maaser sheni, à Jérusalem. Puisqu'il ne se mange pas dans toutes les demeures : une fois qu'on l'a introduit à Jérusalem, on ne peut plus le racheter pour le manger dehors. Comme on le dit dans Makkot (20a) : la cloison retient (mehitsa liklot), d'ordre rabbinique. Une fois que les cloisons l'ont retenu, il n'est plus racheté.
💡 Explication

Même baraïta, après la rétractation. "Dans toutes vos demeures" (Shemot 12, 20) : la matza de l'obligation se mange partout. Les bikkurim ne se mangent qu'à Jérusalem.

Le maaser sheni déjà entré à Jérusalem ne se rachète plus : mehitsa liklot, la cloison retient la sainteté, d'ordre rabbinique selon Rachi. On aurait pu l'exclure aussi. "Matzot", "matzot" le fait rentrer.

3
וּמֶה רָאִיתָ לְרַבּוֹת מַעֲשֵׂר שֵׁנִי וּלְהוֹצִיא בִּיכּוּרִים? מְרַבֶּה אֲנִי מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ הֶיתֵּר בְּכָל מוֹשָׁבוֹת, כִּדְרַבִּי (אֱלִיעֶזֶר), וּמוֹצִיא אֲנִי בִּיכּוּרִים שֶׁאֵין לָהֶן הֶיתֵּר בְּכָל מוֹשָׁבוֹת.

Et qu'as-tu vu, pour inclure le maaser sheni et exclure les bikkurim ? J'inclus le maaser sheni, qui a une permission dans toutes les demeures, selon Rabbi Eliezer, et j'exclus les bikkurim, qui n'ont pas de permission dans toutes les demeures.

📜 Rachi (1)
כַּר' אֱלִיעֶזֶר דְּאִם נִטְמָא פּוֹדִין אוֹתוֹ וְאוֹכְלִין אוֹתוֹ בְּכָל מָקוֹם הִלְכָּךְ כִּי לֹא נִיטְמָא נָמֵי וְלֹא נִפְדָּה נָפֵיק בֵּיהּ:
Selon Rabbi Eliezer : s'il est devenu impur, on le rachète et on le mange en tout lieu. Dès lors, même s'il n'est pas devenu impur et n'a pas été racheté, on s'en acquitte.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאָמַר ר' אֱלִיעֶזֶר נִרְאֶה לְרִ"י דְּהָא דְּאִיצְטְרִיךְ לְמֵימַר כַּר' אֱלִיעֶזֶר הַיְינוּ אִי מְחִיצָּה לִקְלֹוט דְּאוֹרָייְתָא אֲבָל אִי מְחִיצָּה לִקְלֹוט דְּרַבָּנָן לֹא צָרִיךְ דְּר' אֱלִיעֶזֶר דְּהָא נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשָׁבוֹת שֶׁיָּכוֹל לְהוֹצִיאוֹ חוּץ לִירוּשָׁלַיִם וְלִפְדּוֹתוֹ וּמִיהוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מָצֵי סָבַר מְחִיצָּה לִקְלֹוט דְּרַבָּנַן וְאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְנִטְמָא שֶׁיָּכוֹל לִפְדּוֹתוֹ אַפֵּי' בִּירוּשָׁלַיִם וְאִם תֹּאמַר וְהָא מַעֲשֵׂר שֵׁנִי נֶאֱכָל בְּכָל עָרֵי יִשְׂרָאֵל בְּנוֹב וּבְגִבְעוֹן כְּדִתְנַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִּזְבָחִים (דַּף קיב:) בָּאוּ לְנֹוב וְגִבְעוֹן הֻותְּרוּ הַבָּמוֹת קָדְשֵׁי קֳדָשִׁים נֶאֱכָלִין לִפְנִים מִן הַקְּלָעִים קָדָשִׁים קַלִּים וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי נֶאֱכָלִין בְּכָל עָרֵי יִשְׂרָאֵל וּלְקַמָּן חָשְׁבִינַן הָא נֶאֱכָלִין בְּכָל מוֹשָׁבוֹת גַּבֵּי חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר דְּקָאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר נֶאֱכָלִין בְּנֹוב וְגִבְעוֹן וּלְכָךְ מַפִּיק לְהוּ מִקְּרָא אַחַרְיַנָא מִוְּשַׁמְרַתָּם וְלָא מָצֵי מַפִּיק לְהוּ מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם וּבִיכּוּרִים נָמֵי נֶאֱכָלִין בְּנוֹב וְגִבְעוֹן וּבְכָל עָרֵי יִשְׂרָאֵל דְּמַאי שְׁנָא וְהֵיכִי מְמַעֲטִינַן לְהוּ מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָכָא לָא מְמַעֲטִינַן לְהוּ מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם אֶלָּא לִזְמַן בֵּית עוֹלָמִים וְלֹא לִזְמַן נוֹב וְגִבְעוֹן וּלְקַמָּן גַּבֵּי חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר אִיצְטְרִיךְ לְמִידְרַשׁ מִוְּשִׁמַּרְתֶּם לִזְמַן נוֹב וְגִבְעוֹן וְלֹא לִזְמַן בֵּית עוֹלָמִים:
Il apparaît au Ri que le besoin de dire "selon Rabbi Eliezer" vaut si la cloison retient d'ordre toranique. Si la cloison retient d'ordre rabbinique, on n'a pas besoin de Rabbi Eliezer : il se mange dans toutes les demeures, puisqu'on peut le sortir de Jérusalem et le racheter. Toutefois Rabbi Eliezer peut tenir que la cloison retient d'ordre rabbinique, et le verset est nécessaire pour celui qui est devenu impur : on peut le racheter même à Jérusalem. Et si tu dis : le maaser sheni se mange dans toutes les villes d'Israël, à Nov et à Givon, comme on l'enseigne au dernier chapitre de Zevahim (112b) : lorsqu'ils arrivèrent à Nov et à Givon, les bamot furent permises ; les kodshei kodashim se mangent en deçà des tentures ; les kodashim kalim et le maaser sheni se mangent dans toutes les villes d'Israël. Et plus loin, on compte cela comme mangé dans toutes les demeures au sujet des hallot de toda et des rekikei nazir, car Reish Lakish dit : les hallot de toda et les rekikei nazir se mangent à Nov et à Givon. C'est pourquoi il les fait sortir par un autre verset, "vous garderez" (u-shemartem), et il ne peut pas les faire sortir de "dans toutes vos demeures". Les bikkurim aussi se mangent à Nov et à Givon, et dans toutes les villes d'Israël. En quoi diffèrent-ils, et comment les exclut-on de "dans toutes vos demeures" ? On peut répondre : ici, on ne les exclut de "dans toutes vos demeures" que pour le temps du Temple permanent, et non pour le temps de Nov et de Givon. Et plus loin, pour les hallot de toda et les rekikei nazir, il faut dériver "vous garderez" pour le temps de Nov et de Givon, et non pour le temps du Temple permanent.
💡 Explication

Qu'as-tu vu demande pourquoi le ribboui va au maaser sheni et le miout aux bikkurim. Le maaser sheni a un heter : devenu tame, Rabbi Eliezer permet le rachat même à Jérusalem, et on le mange partout. Rachi : ce heter, même rare, suffit pour qu'on s'acquitte aussi quand il est resté pur. Les bikkurim n'ont aucun heter hors de Jérusalem.

Tossefot, le Ri : citer Rabbi Eliezer n'est nécessaire que si mehitsa liklot est de la Torah. D'ordre rabbinique, on sort le maaser et on le rachète dehors. Nov et Givon posent une autre borne : là, maaser sheni et bikkurim se mangeaient dans toutes les villes. Le miout de "vos demeures" vise le Beit Olamim, le Temple permanent. Les hallot de toda, plus loin, sortent par "vous garderez", pour le temps de Nov et de Givon.

4
דְּאָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): מִנַּיִן לְמַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁנִּטְמָא, שֶׁפּוֹדִין אוֹתוֹ אֲפִילּוּ בִּירוּשָׁלַיִם, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי לֹא תוּכַל שְׂאֵתוֹ״.

Car Rabbi Eliezer a dit : d'où [sait-on], pour un maaser sheni devenu impur, qu'on le rachète même à Jérusalem ? Le verset dit : "car tu ne pourras pas le porter" (ki lo tukhal se'eto).

📜 Rachi (1)
שְׂאֵתוֹ כְּשֶׁלֹּא תּוּכַל לְאָוכְלוֹ כְּגוֹן זֶה שֶׁנִּיטְמָא וְנָתַתָּ בְּכֶסֶף:
Se'eto : lorsque tu ne pourras pas le manger, comme celui-ci qui est devenu impur. Et tu le donneras contre de l'argent.
💡 Explication

Devarim 14, 24 : si le chemin est trop long et que tu ne peux pas se'eto. Rachi lit déjà le manger : quand l'impureté empêche de le manger, on le donne contre de l'argent, même dans Jérusalem.

5
וְאֵין ״שְׂאֵת״ אֶלָּא אֲכִילָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשָּׂא מַשְׂאֹת מֵאֵת פָּנָיו״.

Et "se'et" ne désigne que le manger, car il est dit : "et il leva des portions de devant lui" (va-yisa mas'ot me-et panav).

💡 Explication

Se'et et mas'et se rejoignent. Bereshit 43, 34 : Yosef envoie des portions, mas'ot, qui se mangent. "Tu ne pourras pas le porter" veut dire : tu ne pourras pas le manger. Le maaser sheni tame se rachète donc à Jérusalem.

6
מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי נָפֵיק בֵּיהּ? רַבִּי עֲקִיבָא, וְקָמְמַעֵיט לְהוּ לְבִיכּוּרִים ״מִבְּכָל מוֹשְׁבֹתֵיכֶם״, שְׁמַע מִינַּהּ הֲדַר בֵּיהּ.

Qui as-tu entendu dire qu'on s'acquitte avec le maaser sheni ? Rabbi Akiva.

Et il exclut les bikkurim de "dans toutes vos demeures". Apprends-en qu'il s'est rétracté.

📜 Rachi (1)
מַאן שָׁמְעַת לֵיהּ כו' ר' עֲקִיבָא לְעֵיל בַּבָּרַייְתָא קַמַּיְיתָא וְקָמְמַעֵט לְהוּ לְבִיכּוּרִים מִבְּכֹל מוֹשְׁבֹותֵיכֶם וְלֹא מֵהַקִּישׁ מַצָּה וּמָרוֹר:
Qui as-tu entendu, etc., Rabbi Akiva : plus haut, dans la première baraïta. Et il exclut les bikkurim de "dans toutes vos demeures", et non du hekesh de la matza et du maror.
🗂️ Tossefot (1)
מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר מַעֲשֵׂר שֵׁנִי נָפֵיק בֵּיהּ ר' עֲקִיבָא אע"ג דְּכַמָּה תַּנָּאֵי דָּרְשִׁי מָסֹורֶת וְלֹא מִקְּרָא וּלְדִידְהוּ נָפֵיק בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי דְּלָא דָּרְשִׁינַן אוֹנִי מ"מ אע"ג דס"ל דְּמָסֹורֶת עִיקָּר א"א דְּלָא דָּרְשִׁי הַמִּקְרָא לְשׁוּם דְּרָשָׁה:
Bien que plusieurs tannaïm exposent la masoret et non le mikra, et que selon eux on s'acquitte avec le maaser sheni, puisqu'on n'expose pas "oni" ; malgré cela, bien qu'ils tiennent que la masoret est l'essentiel, il est impossible qu'ils n'exposent pas le mikra pour une exposition quelconque.
💡 Explication

La baraïta qui inclut le maaser sheni et exclut les bikkurim par "vos demeures" est celle de Rabbi Akiva, la première de 36a. Il ne passe plus par le hekesh. Chema mina : il s'est rétracté.

Tossefot : d'autres tannaïm suivent la masoret, le ketiv "ani" (pauvre), et non le mikra, le kri "oni" (affliction). Eux aussi laisseraient le maaser sheni, puisqu'ils n'exposent pas oni. Réponse : même pour eux, le mikra doit servir à une exposition. On ne fait pas d'eux une opinion séparée. L'avis reste celui de Rabbi Akiva.

7
וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, תִּיפּוֹק לֵיהּ מִ״לֶחֶם עֹונִי״ — מִי שֶׁנֶּאֱכָל בְּאוֹנִי, יָצָא זֶה שֶׁאֵין נֶאֱכָל אֶלָּא בְּשִׂמְחָה?

Et Rabbi Yossi ha-Gelili : qu'il le fasse sortir de "lechem oni", ce qui se mange dans l'aninut. En sort ceci, qui ne se mange que dans la joie ?

📜 Rachi (1)
וְר' יוֹסֵי לָמָּה לֵיהּ לְמֵילַף בִּיכּוּרִים מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם תִּיפּוֹק לֵיהּ מִלֶּחֶם עֹונִי מֵהֵיכָא דְּנָפְקָא לֵיהּ מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּשְׁלָמָא ר' עֲקִיבָא לֹא פֵּירַשׁ אוֹנִי:
Et Rabbi Yossi : pourquoi apprendrait-il les bikkurim de "dans toutes vos demeures" ? Qu'il les fasse sortir de "lechem oni", de là même d'où sort le maaser sheni. Passe pour Rabbi Akiva : il n'a pas exposé "oni".
🗂️ Tossefot (1)
וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי תִּיפּוֹק לִי' שֶׁאֵינָן נֶאֱכָלִין לְאוֹנֵן וְאִם תֹּאמַר לְר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי מַעֲשֵׂר שֵׁנִי תִּיפּוֹק לֵיהּ מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם כְּמוֹ בִּיכּוּרִים וְי"ל דְּאִי לָאו עֹונִי הֵ"א דְּמוֹשְׁבוֹתֵיכֶם אֲתָא דַּוְקָא לְבִיכּוּרִים אֲבָל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁיָּכוֹל לִהְיוֹת לוֹ הֶיתֵּר בְּכָל מוֹשָׁבוֹת אִם נִטְמָא כר"א הֵ"א מִצְוֹת מִצְוֹת רִיבָּה:
Et si tu dis : selon Rabbi Yossi ha-Gelili, que le maaser sheni sorte de "dans toutes vos demeures", comme les bikkurim. On peut répondre : sans "oni", j'aurais dit que "vos demeures" vient précisément pour les bikkurim, tandis que le maaser sheni, qui peut avoir une permission dans toutes les demeures s'il est devenu impur, selon Rabbi Eliezer, j'aurais dit que "matzot", "matzot" l'inclut.
💡 Explication

Rabbi Yossi, en 36a, sort déjà le maaser sheni de lechem oni : pain mangé dans l'aninut, état de deuil aigu. Le maaser sheni ne se mange que dans la simha. Pourquoi un second verset pour les bikkurim, qui eux aussi se mangent dans la joie ?

Rachi : la question ne vise pas Rabbi Akiva, qui lit "ani" et n'expose pas "oni". Tossefot renverse : pourquoi Rabbi Yossi ne sort-il pas le maaser sheni, lui aussi, de "vos demeures" ? Sans oni, ce verset ne viserait que les bikkurim. Le maaser sheni, qui a un heter s'il est tame, rentrerait par matzot, matzot. Oni est donc nécessaire pour lui.

8
סָבַר לֵיהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. דְּתַנְיָא: בִּיכּוּרִים אֲסוּרִין לְאוֹנֵן, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר.

Il tient comme Rabbi Shimon. Car on a enseigné : les bikkurim sont interdits à l'onen, et Rabbi Shimon permet.

💡 Explication

Rabbi Yossi ha-Gelili suit Rabbi Shimon : l'onen peut manger les bikkurim. Lechem oni, qui demande un pain mangeable dans l'aninut, ne les exclut donc pas. Il lui reste "dans toutes vos demeures".

9
מַאי טַעְמָא דְּרַבָּנָן — דִּכְתִיב: ״לֹא תוּכַל לֶאֱכֹל בִּשְׁעָרֶיךָ״, וְאָמַר מַר: ״תְּרוּמַת יָדְךָ״ אֵלּוּ בִּיכּוּרִים, דְּאִיתַּקַּשׁ בִּיכּוּרִים לְמַעֲשֵׂר: מַה מַעֲשֵׂר אָסוּר לְאוֹנֵן — אַף בִּיכּוּרִים אָסוּר לְאוֹנֵן.

Quelle est la raison des rabbins ? Car il est écrit : "tu ne pourras pas manger dans tes portes".

Et le maître a dit : "la teruma de ta main", ce sont les bikkurim. Car les bikkurim sont mis en hekesh avec le maaser : de même que le maaser est interdit à l'onen, de même les bikkurim sont interdits à l'onen.

📜 Rachi (1)
וְאָמַר מַר בְּמַסֶּכֶת מַכּוֹת (דַּף יז.) אֵלּוּ בִּיכּוּרִים. דִּכְתִיב בְּהוּ יָד וְלָקַח הַכֹּהֵן הַטֶּנֶא מִיָּדֶךָ (דְּבָרִים כ״ו:ד׳):
Et le maître a dit : dans Makkot (17a), ce sont les bikkurim. Car "main" est écrit à leur sujet : "le kohen prendra la corbeille de ta main" (Devarim 26, 4).
💡 Explication

Devarim 12, 17 liste ce qu'on ne mange pas "dans tes portes", et finit par terumat yadekha. Le maître (Makkot 17a) : ce sont les bikkurim. Rachi : le mot "main" rejoint la corbeille prise "de ta main".

Le verset aligne bikkurim et maaser. Le maaser est interdit à l'onen. Les bikkurim le sont aussi. C'est l'avis des rabbins.

10
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן: ״תְּרוּמָה״ קְרִינְהוּ רַחֲמָנָא. כִּתְרוּמָה: מַה תְּרוּמָה מֻותֶּרֶת לְאוֹנֵן — אַף בִּיכּוּרִים מֻותָּר לְאוֹנֵן.

Et Rabbi Shimon : le Miséricordieux les a appelés teruma. Comme la teruma : de même que la teruma est permise à l'onen, de même les bikkurim sont permis à l'onen.

📜 Rachi (1)
תְּרוּמָה מֻותֶּרֶת לְאוֹנֵן בִּיבָמוֹת בְּהֵעָרֵל נָפְקָא לָן מוּכַל זָר יַתִּירְתָא זָרוּת אָמַרְתִּי לְךָ וְלֹא אֲנִינוּת:
La teruma est permise à l'onen : dans Yevamot, au chapitre Ha-arel, on le dérive d'un "tout étranger" supplémentaire. Je t'ai parlé de l'état d'étranger (zarut), et non de l'aninut.
🗂️ Tossefot (1)
מַה תְּרוּמָה מֻותֶּרֶת לְאוֹנֵן אַף בִּיכּוּרִים תֵּימַהּ לְרִ"י דִּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּמַכּוֹת (דַּף יז.) קָתָנֵי וּתְרוּמַת יָדְךָ אֵלּוּ הַבִּיכּוּרִים אָמַר ר' שִׁמְעוֹן וְכִי מַה בָּא זֶה לְלַמֶּדְךָ אִם לְאָכְלָן חוּץ לַחוֹמָה פֵּירוּשׁ דִּכְתִיב בְּרֵישָׁא דִּקְרָא לֹא תוּכַל לֶאֱכֹול בִּשְׁעָרֶיךָ קַל וָחֹומֶר מִמַּעֲשֵׂר הַקַּל וְכוּ' וְהַשְׁתָּא נֵימָא דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא דְּאִי לָאו קְרָא הֲוָה אָמֵינָא דְּלָא נֵילַף מִמַּעֲשֵׂר הַקַּל דִּתְרוּמָה קְרִינְהוּ רַחֲמָנָא כִּדְאָמְרִינַן הָכָא וְנִרְאֶה לְרַשְׁבָּ"א דִּלְעִנְיַן חוּץ לַחוֹמָה אִיכָּא לְמֵילַף מִמַּעֲשֵׂר טְפֵי לְפִי שֶׁשְּׁנֵיהֶן עִנְיָן אֶחָד הֵן שֶׁשְּׁנֵיהֶן טְעוּנִין קְרִיאָה וַהֲבָאַת מָקוֹם:
Le Ri s'étonne : au dernier chapitre de Makkot (17a) on enseigne : "et la teruma de ta main", ce sont les bikkurim. Rabbi Shimon a dit : et qu'est-ce que ceci vient t'apprendre ? Si c'est de les manger hors de la muraille. Explication : car il est écrit au début du verset "tu ne pourras pas manger dans tes portes". C'est un kal va-homer à partir du maaser, qui est plus léger, etc. À présent, disons que le verset est nécessaire : sans le verset, j'aurais dit qu'on n'apprend pas du maaser léger, puisque le Miséricordieux les a appelés teruma, comme on le dit ici. Et il apparaît au Rashba qu'au sujet de l'extérieur de la muraille, il y a davantage lieu d'apprendre du maaser, parce que les deux sont une seule affaire : tous deux exigent la lecture et l'apport au lieu.
💡 Explication

Rabbi Shimon lit le nom teruma. La teruma est permise à l'onen : Yevamot, Ha-arel, un "kol zar" de trop enseigne la zarut, l'interdit du non-kohen, et laisse l'aninut dehors. Même règle pour les bikkurim.

Le Ri confronte Makkot 17a. Là, Rabbi Shimon dit que le verset n'apprend pas l'interdit hors de la muraille : un kal va-homer depuis le maaser, plus léger, suffirait. Pourquoi, alors, ne dit-il pas que le verset est nécessaire, justement parce que le nom teruma empêcherait d'apprendre du maaser, comme ici ? Le Rashba : hors de la muraille, le rapprochement est plus fort. Bikkurim et maaser exigent tous deux la kri'a et l'hava'at makom, la lecture et l'apport au lieu.

11
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, נְהִי דְּהֶיקֵּישׁ לֵית לֵיהּ, שִׂמְחָה מִיהָא מִיכְתָּב כְּתִיבָא בְּהוּ. דִּכְתִיב: ״וְשָׂמַחְתָּ בְּכָל הַטּוֹב״?

Et Rabbi Shimon : soit, il n'a pas le hekesh. La joie, du moins, est écrite à leur sujet.

Car il est écrit : "et tu te réjouiras de tout le bien" ?

💡 Explication

Même sans le hekesh au maaser, Devarim 26, 11 écrit la simha sur les bikkurim. Un onen, hors de la joie, devrait en être écarté. La question reste posée à Rabbi Shimon.

12
הָהוּא לִזְמַן שִׂמְחָה הוּא דַּאֲתָא, דִּתְנַן: מֵעֲצֶרֶת וְעַד הֶחָג — מֵבִיא וְקוֹרֵא, מֵהֶחָג וְעַד חֲנֻוכָּה — מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא.

Celui-là vient pour le temps de la joie. Car on a enseigné : de l'Atséret jusqu'à la fête, il apporte et il lit.

De la fête jusqu'à 'Hanouka, il apporte et il ne lit pas.

📜 Rachi (5)
ה"ג שִׂמְחָה כְּתִיב בְּהוּ וְשָׂמַחְתָּ בְּכָל הַטּוֹב:
Voici la leçon : la joie est écrite à leur sujet, "et tu te réjouiras de tout le bien".
זְמַן שִׂמְחָה בִּזְמַן קְצִירָה וּלְקִיטָה שֶׁאָדָם לוֹקֵט תְּבוּאָתוֹ וְלִבּוֹ שָׂמֵחַ הִצְרִיכוֹ הַכָּתוּב קַרְיֵיהּ דַּאֲרַמִּי אוֹבֵד אָבִי:
Temps de joie : au temps de la moisson et de la cueillette, quand l'homme récolte sa récolte et que son cœur est en joie, le verset a exigé la lecture de "Arami oved avi".
מֵעֲצֶרֶת דִּתְנַן בִּמְנָחוֹת (דַּף סח:) אֵין מְבִיאִין בִּיכּוּרִים קֹודֶם לָעֲצֶרֶת שֶׁשְּׁתֵּי הַלֶּחֶם שֶׁל עֲצֶרֶת מַתִּירִין הֲבָאַת בִּיכּוּרִין דְּבִיכּוּרִים אִיַּקַּרוּ דִּכְתִיב וּבְיוֹם הַבִּיכּוּרִים בְּהַקְרִיבְכֶם מִנְחָה חֲדָשָׁה וְגוֹ':
De l'Atséret : car on enseigne dans Menahot (68b) : on n'apporte pas les bikkurim avant l'Atséret, car les deux pains de l'Atséret permettent l'apport des bikkurim. Ils sont appelés bikkurim, car il est écrit : "et au jour des bikkurim, quand vous offrirez une oblation nouvelle", etc.
וְעַד הֶחָג שֶׁבְּתוֹךְ הַזְּמַן הַזֶּה זְמַן לְקִיטָה וְשָׂמֵחַ בְּמַעֲשָׂיו:
Et jusqu'à la fête : car dans cet intervalle est le temps de la cueillette, et il se réjouit de ses travaux.
מֵהֶחָג וְעַד חֲנֻוכָּה אֵינוֹ זְמַן שִׂמְחָה וְאֵינוֹ קוֹרֵא וּמֵחֲנֻוכָּה וְאֵילָךְ אֵינוֹ זְמַן הֲבָאָה דְּתַנְיָא בְּסִפְרֵי אֲשֶׁר תָּבִיא מֵאַרְצְךָ כָּל זְמַן שֶׁמְּצֻוייָּן עַל פְּנֵי אַרְצְךָ שֶׁלֹּא כָּלוּ לַחַיָּה מִן הַשָּׂדֶה:
De la fête jusqu'à 'Hanouka : ce n'est pas le temps de la joie, et il ne lit pas. Et à partir de 'Hanouka, ce n'est plus le temps de l'apport. Car on enseigne dans le Sifrei : "que tu apporteras de ton pays", tout le temps qu'ils se trouvent sur la face de ton pays, tant qu'ils n'ont pas disparu du champ pour la bête sauvage.
💡 Explication

Rabbi Shimon lit "tu te réjouiras" comme la saison, non comme l'état de chacun. Michna : de l'Atséret (Shavuot) à la fête (Soukot), on apporte les bikkurim et on lit. De Soukot à 'Hanouka, on apporte, on ne lit pas.

Rachi : la lecture est Arami oved avi. Les shtei ha-le'hem, les deux pains de l'Atséret, ouvrent l'apport : avant eux, pas de bikkurim (Menahot 68b). Après 'Hanouka, le Sifrei ferme même l'apport : le produit n'est plus sur la face du pays.

🖼️ Schéma
Saison des bikkurim : apporter, lire Avant l'Atséret Les deux pains ne sont pas encore là. On n'apporte pas Atséret jusqu'à Soukot Temps de cueillette. Le cœur est dans la joie. Il apporte et il lit Soukot jusqu'à 'Hanouka Hors du temps de joie. Après 'Hanouka : plus d'apport. Il apporte, il ne lit pas Et tu te réjouiras de tout le bien : Rabbi Shimon y lit cette saison. La lecture est Arami oved avi. Les deux pains de l'Atséret ouvrent l'apport.
Avant l'Atséret, pas d'apport. Jusqu'à Soukot, apport et lecture. Jusqu'à 'Hanouka, apport sans lecture.
13
תָּנוּ רַבָּנַן: ״לֶחֶם עֹנִי״ — פְּרָט לְחָלוּט וְלַאֲשִׁישָׁה. יָכוֹל לֹא יֵצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ אֶלָּא בְּפַת הַדְרָאָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מַצּוֹת״ ״מִצְוֹת״ רִיבָּה, וַאֲפִילּוּ כְּמַצּוֹת שֶׁל שְׁלֹמֹה. אִם כֵּן, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״לֶחֶם עֹונִי״ — פְּרָט לְחָלוּט וְלַאֲשִׁישָׁה.

Les sages ont enseigné : "lechem ani", à l'exclusion du halut et de l'ashisha. On pourrait penser qu'un homme ne s'acquitte qu'avec un pain hadraa ?

Le verset dit : "matzot", "matzot", pour inclure, et même comme les matzot de Salomon. S'il en est ainsi, que vient dire "lechem oni" ?

À l'exclusion du halut et de l'ashisha.

📜 Rachi (4)
חָלוּט אישקלדי"ר וַחֲשִׁיבוּת הוּא:
Halut : échaudé (eschaldir), et c'est une marque d'importance.
אֲשִׁישָׁה גְּלֻוסְקָה גְּדוֹלָה:
Ashisha : une grande galette (gluska).
הֻדְרְאָה שֶׁנִּיטַּל כָּל הָדְרָה דְּהַיְינוּ פַּת קִיבָּר:
Hadraa : dont on a retiré tout l'éclat, c'est-à-dire un pain kibar.
שֶׁל שְׁלֹמֹה שֶׁהָיָה מְעֻונָּג כְּלוֹמַר סֹלֶת נְקִיָּיה:
De Salomon : car il était délicat, c'est-à-dire de la fleur de farine nette (solet nekiya).
🗂️ Tossefot (1)
פְּרָט לְחָלוּט מַשְׁמַע דְּחָלוּט הָוֵי לֶחֶם אֶלָּא דְּלָא הָוֵי לֶחֶם עֹונִי וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ מַאי חַלּוֹת הַמַּסְרֵת חָלוּט שֶׁל בַּעֲלֵי בָתִּים מַשְׁמַע דְּלָא הָוֵי לֶחֶם מִדְּפָטַר מִן הַחַלָּה לְקַמָּן מַיְירֵי בִּבְלִילָתוֹ רַכָּה כְּמוֹ שֶׁאֲפָרֵשׁ לְפָנִים אִי נָמֵי הָכָא בְּדַהֲדַר אֲפִיָּיה בַּתַּנּוּר אַךְ קָשֶׁה דְּאָמְרִי' בְּהַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת מ.) אע"ג דְּחַלְטֵיהּ מֵעִיקָּרָא כֵּיוָן דַּהֲדַר וַאֲפִייָּה בְּתַנּוּר אוֹ בְּאִילְפָּס לֶחֶם קָרֵי' בֵּיהּ וְאָדָם יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח וְאוֹמֵר רַבֵּינוּ תָּם דְּהָתָם נָמֵי מַיְירֵי בִּבְלִילָתוֹ רַכָּה דְּקֹודֶם אֲפִייָּה לָאו לֶחֶם הוּא כְּלָל וְאַחַר אֲפִייָּתוֹ הוּא דַּחֲשִׁיב לֶחֶם וַחֲשִׁיב נָמֵי לֶחֶם עֹונִי כֵּיוָן שֶׁבְּלִילָתוֹ רַכָּה:
Cela implique que le halut est du pain, mais qu'il n'est pas lechem oni. Or, ce qu'on dit tout près : qu'est-ce que les hallot ha-masret ? Le halut des maîtres de maison. Cela implique qu'il n'est pas du pain, puisqu'il est exempt de la halla. Plus loin, il s'agit d'un mélange mou, comme je l'expliquerai plus loin. Autre possibilité : ici, c'est lorsqu'il l'a ensuite cuit au four. Mais c'est difficile, car on dit dans Ha-holetz (Yevamot 40a) : même s'il l'a échaudé au départ, dès lors qu'il l'a ensuite cuit au four ou dans un ilpas, on l'appelle pain, et un homme s'en acquitte à Pessa'h. Et Rabbeinou Tam dit : là aussi, il s'agit d'un mélange mou, qui avant la cuisson n'est pas du pain du tout, et c'est après la cuisson qu'il compte comme pain, et il compte aussi comme lechem oni, puisque son mélange est mou.
💡 Explication

Nouvelle baraïta. Lechem ani écarte deux pains de marque : le halut, pâte échaudée, et l'ashisha, grande galette. Hava amina : seul le pain hadraa acquitterait, le pain kibar dont l'éclat est ôté. "Matzot", "matzot" inclut jusqu'aux matzot de Salomon, fleur de farine. Oni ne vise donc que halut et ashisha.

Tossefot : ici le halut reste du lechem, simplement hors de lechem oni. Les hallot ha-masret, plus loin, sont exemptes de halla : leur belila raka, mélange mou, n'est pas du pain. Yevamot 40a dit qu'une pâte échaudée puis cuite au four ou dans un ilpas acquitte à Pessa'h. Rabbeinou Tam : ce cas est le mélange mou. Avant cuisson, ce n'est pas du pain. Après cuisson, c'est du pain, et c'est lechem oni, parce que le mélange était mou.

14
וּמַאי מַשְׁמַע דְּהַאי אֲשִׁישָׁה לִישָּׁנָא דַחֲשִׁיבוּתָא, דִּכְתִיב: ״וַיְחַלֵּק לְכָל הָעָם לְכָל הֲמוֹן יִשְׂרָאֵל לְמֵאִישׁ וְעַד אִשָּׁה לְאִישׁ חַלַּת לֶחֶם אַחַת וְאֶשְׁפָּר אֶחָד וַאֲשִׁישָׁה אֶחָת וְגוֹ׳״.

Et d'où tient-on que cet ashisha est une expression d'importance ? Car il est écrit : "Et il partagea à tout le peuple, à toute la multitude d'Israël, à l'homme et jusqu'à la femme, à chacun une galette de pain, un eshpar et une ashisha", etc.

💡 Explication

II Samuel 6, 19 : David, en faisant monter l'arche, distribue à chacun une galette, un eshpar et une ashisha. Le mot figure dans un partage de fête. La baraïta y lit un pain de marque, écarté de lechem oni.

15
וְאָמַר רַב חָנָן בַּר אַבָּא: ״אֶשְׁפָּר״ — אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בַּפָּר, ״אֲשִׁישָׁה״ — אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בָּאֵיפָה. וּפְלִיגָא דִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: ״אֲשִׁישָׁה״ — גַּרְבָּא דְּחַמְרָא, דִּכְתִיב: ״וְאֹהֲבֵי אֲשִׁישֵׁי עֲנָבִים״.

Et Rav Hanan bar Abba a dit : "eshpar", un sixième du taureau ; "ashisha", un sixième de l'épha. Et cela diverge de Shmuel, car Shmuel a dit : "ashisha", une cruche de vin, car il est écrit : "et ceux qui aiment les ashishei de raisins".

📜 Rachi (1)
גַּרְבָּא דְּחַמְרָא אֵיפָה שֶׁל יַיִן:
Une cruche de vin : une épha de vin.
🪔 Ben Yehoyada (1)
'אֶשְׁפָּר', אַחַת מִשִּׁשָּׁה בַּפָּר. 'אֲשִׁישָׁה', אַחַת מִשִּׁשָּׁה בָּאֵיפָה. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּרֵישׁ נוֹטָרִיקוֹן א' ד' א שְׁפַר' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת אַחַת וְשִׁין דָּ'א ש פַּר' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת שִׁשָּׁה וְנִשְׁאַר ' פַּר ' וְכֵן ' א שִׁישָּׁה' אוֹת א' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת אֵיפָה וְנִשְׁאַר ' שִׁשָּׁה ' רוֹצֶה לוֹמַר שִׁשִּׁית הָאֵיפָה.
Eshpar : une part sur six du taureau. Ashisha : une part sur six de l'épha. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a exposé un notarikon. L'alef de eshpar : initiales du mot ahat (une). Le chin : initiales du mot shisha (six). Il reste par (le taureau). De même ashisha : la lettre alef, initiales du mot épha, et il reste shisha, c'est-à-dire le sixième de l'épha.
💡 Explication

Rav Hanan bar Abba compte des parts : l'eshpar, un sixième de taureau ; l'ashisha, un sixième d'épha de farine. C'est un gâteau important. Shmuel lit une cruche de vin, garba de-hamra. Rachi : une épha de vin. Preuve : Osée 3, 1, "ashishei de raisins".

La baraïta suit un pain : elle écarte l'ashisha de la matza. La lecture de Shmuel, une mesure de vin, ne donnerait pas un pain à exclure. Ben Yehoyada retrouve le compte de Rav Hanan dans les lettres : alef et chin, une et six, et le mot qui reste.

🖼️ Schéma
Eshpar et ashisha : Rav Hanan et Shmuel Rav Hanan bar Abba Eshpar : un sixième du taureau. Ashisha : un sixième de l'épha. Part de viande, part de pâte. L'ashisha est un pain de marque. Shmuel Ashisha : une cruche de vin. Rachi : une épha de vin. Osée : ceux qui aiment les ashishei de raisins. Ben Yehoyada : notarikon. Alef-chin de eshpar, une et six, et il reste par, le taureau.
Rav Hanan : parts de taureau et d'épha. Shmuel : cruche de vin, par le verset des raisins.
16
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין אוֹפִין פַּת עָבָה (בְּיוֹם טוֹב) בְּפֶסַח, דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי,

Les sages ont enseigné : on ne cuit pas de pain épais (le jour de fête) à Pessa'h. Paroles de Beit Shammai.

💡 Explication

La parenthèse est dans le texte : "le jour de fête". Beit Shammai : pas de pat ava, pain épais, à Pessa'h. Une pâte épaisse peut lever avant la fin de la cuisson. Beit Hillel répond au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).