Sougya : La page achève d'abord les hallot de toda : le mot "un" exige une pièce entière, et la cuisson à peine faite ressemble à un pain rompu. Rava enseigne qu'elle reste du pain.
Une baraïta oppose meissa et halita, Beit Shammai et Beit Hillel. Shmuel y voit une tevra : deux enseignements, chacun constant.
Les Sages, ilpas exempt et four obligé, visent Rabbi Yo'hanan. Rabbi Yehuda réserve le nom de pain à la cuisson au four dès l'origine, et Rava l'appuie sur "dans un seul four".
Rabba et Rav Yosef font porter à Oula deux cas limites, collé dedans. Rav Assi ferme sur la pâte de maaser sheni : Rabbi Meir l'exempte, les Sages l'obligent.
"un de chaque korban". "Un" : pour qu'il ne prenne pas un parus (morceau).
Et ici, c'est comme une perisa (pièce rompue). Cela nous l'apprend.
Fin du propos de 37a. Rava avait égalé les hallot de toda à la matza à peine cuite, celle dont aucun fil ne se tire. On objectait : ici et là, le verset dit lechem.
Vayikra 7, 14 : "un de chaque korban". Un exige une hallah entière pour le kohen, quatre espèces, dix hallot, une de chacune. Une cuisson inachevée ressemble à une perisa. Rava enseigne qu'à ce degré elle reste du pain, et la toda est recevable.
On objecte : la meissa, Beit Shammai exemptent, et Beit Hillel obligent. La halita, Beit Shammai obligent, et Beit Hillel exemptent.
Qu'est-ce que la meissa, et qu'est-ce que la halita ? La meissa : de la farine sur des muglashin.
La halita : des muglashin sur de la farine.
Nouvelle objection, sur la halla. Meissa : on verse la farine sur l'eau déjà bouillante. Halita : on verse l'eau bouillante sur la farine. Rachi : muglashin, c'est l'eau bouillante.
Beit Shammai et Beit Hillel s'inversent d'un cas à l'autre. L'exemption et l'obligation portent sur la halla.
Rabbi Yishmael fils de Rabbi Yossi dit au nom de son père : ceci et cela, pour l'exemption. Et certains disent : ceci et cela, pour l'obligation.
Et les Sages disent : l'un comme l'autre, s'il les a faits dans un ilpas, exempt ; au four, obligé.
Trois avis sur la meissa et la halita ensemble. Le père de Rabbi Yishmael : les deux exemptes. Une autre version : les deux obligées. Les Sages ne distinguent pas les deux pâtes. Ils distinguent le récipient : ilpas (marmite), exempt ; four, obligé.
Et le premier tanna, quelle différence entre la meissa et la halita ? Rav Yehuda a dit au nom de Shmuel, et de même Rav Yehuda a dit, et d'aucuns disent Rabbi Yehoshua ben Levi : comme le différend sur celle-ci, ainsi le différend sur celle-là.
Et c'est une tevra : celui qui a enseigné celle-ci n'a pas enseigné celle-là.
Le premier tanna fait s'inverser Beit Shammai et Beit Hillel. Shmuel, ou Rabbi Yehoshua ben Levi : chacun est constant. Obliger l'une, c'est obliger l'autre. La phrase qui renverse les avis est une tevra, deux baraïtot cousues. L'une enseigne les humrot de Beit Shammai, à partir de la halita. L'autre enseigne les humrot de Beit Hillel, à partir de la meissa.
Tossefot, le Ri : on aurait pu répondre par ilaa gavar et tataa gavar, dessus ou dessous. La baraïta tranche même pour un shiur de halla exact. Dans les deux versements, la zone de contact cuit un peu, et ce peu manque au shiur. Le dessus et le dessous ne sauvent pas la règle. D'où la tevra.
Rachi : ce retour sur la baraïta prépare l'objection contre Rabbi Yo'hanan, au segment suivant.
En tout cas, on enseigne : et les Sages disent, l'un comme l'autre, s'il les a faits dans un ilpas, exempt ; au four, obligé. Réfutation de Rabbi Yo'hanan !
Rabbi Yo'hanan te dirait : c'est un différend de tannaim. Car on a enseigné : on pourrait penser que la méissa et la haluta sont obligées en halla.
Le verset dit : "lechem".
Malgré la tévra, la phrase des Sages reste : ilpas exempt, four obligé. C'est une réfutation de Rabbi Yo'hanan, qui oblige le maaseh ilpas. Il répond : les tannaim divergent. Une baraïta écarte méissa et haluta par le mot lechem.
Tossefot : un tanna extérieur n'est utile que pour la version "les deux exemptes". Dans la version "les deux obligées", Rabbi Yishmael fils de Rabbi Yossi oblige l'ilpas. S'il n'obligeait que le four, son dire rejoindrait les Sages, qui exemptent l'ilpas.
Le Roch, sur lechem oni : hava amina, seul le pat hadraa acquitterait, le pain dont le hadar est ôté. Matzot, matzot inclut jusqu'aux matzot de Salomon. Lechem oni écarte halut, ashisha, pat hadraa et pat souvin. Le Rambam : on pétrit avec le son et le mourssan restés dans la farine. Le pain qui n'est que son ne porte pas le nom de pain, michna Halla 2, 6.
Rabbi Yehuda dit : il n'est de pain que ce qui est cuit au four. Rabbi Yehuda, c'est le premier tanna !
Sinon, n'est-ce pas que le maaseh ilpas est entre eux : le premier tanna tient que le maaseh ilpas est obligé, et Rabbi Yehuda tient que le maaseh ilpas est exempt.
La baraïta continue. Rabbi Yehuda : pain, c'est la cuisson au four. Son dire semble répéter le premier tanna, qui vient d'écarter méissa et halita par lechem.
Lecture proposée, que le segment suivant écarte. Le premier tanna n'écarte que la pâte échaudée avant le pétrissage. Le maaseh ilpas, cuit sur le feu, reste proche du four : obligé, même collé puis chauffé. Rabbi Yehuda exempte aussi l'ilpas.
Non. Tout le monde tient que le maaseh ilpas est exempt.
Et ici, ils divergent dans le cas où il l'a ensuite cuit au four. Le premier tanna tient : puisqu'il l'a ensuite cuit au four, on l'appelle pain.
Et Rabbi Yehuda tient : il n'est de pain que ce qui est cuit au four dès l'origine. Et puisque à l'origine il ne l'a pas cuit au four, ce n'est pas du pain.
La Guemara écarte la lecture précédente. Maaseh ilpas : tout le monde exempte, y compris le cas collé puis chauffé. L'écart entre le premier tanna et Rabbi Yehuda est le pain d'ilpas qu'on recuit au four. Le premier tanna l'appelle pain. Rabbi Yehuda exige le four dès l'origine. Ilpas puis four, ce sont deux cuissons. Rachi : un seul four, pas deux.
Tossefot, la halakha du maaseh ilpas. Rabbeinou Hananel suit Reish Lakish : exempt. Le Ri suit Rabbi Yo'hanan, car Yevamot 36a ne range pas ce cas parmi les trois où Reish Lakish l'emporte. Par un liquide, Rabbi Yo'hanan convient de l'exemption, et l'on ne dit pas hamotsi. Le Yerushalmi lie trois choses : halla, hamotsi, matza de Pessa'h, quand le feu passe dessous.
Rabbeinou Tam limite le différend à la belila rakka, pâte molle. La belila ava, pâte épaisse, doit la halla dès le galgul, même avec un liquide, et l'on dit hamotsi. La forme tranche : lefantzoli et panitelti, mezonot ; glatoni et yerbeli, hamotsi ; oflatki et grimezli, sans tourita de-nahama. La terita doit la halla et reçoit mezonot : simple govla, elle ne rassasie pas.
Rava dit : quelle est la raison de Rabbi Yehuda ? Car il est écrit : "Et dix femmes cuiront votre pain dans un seul four".
Le pain cuit dans un seul four est appelé pain. Et celui qui n'est pas cuit dans un seul four n'est pas appelé pain.
Rava donne le verset de Rabbi Yehuda. Vayikra 26, 26 : "elles cuiront votre pain dans un seul four". Un seul four donne le nom de lechem. Plusieurs récipients le retirent.
Tossefot, Rabbeinou Tam : le verset parle du pain qu'on cuit d'ordinaire au four, la belila kasha. C'est ainsi qu'on sépare pâte ferme et pâte molle, alors que les mots de Rabbi Yehuda ne nomment que le four.
Rabba et Rav Yosef étaient assis derrière Rabbi Zeira, et Rabbi Zeira était assis devant Oula. Rabba dit à Rabbi Zeira : demande-le à Oula.
S'il a collé à l'intérieur et fait chauffer par l'extérieur, qu'en est-il ? Il lui dit : que lui dirais-je ?
Si je le lui dis, il me dira : qu'est-ce donc que le maaseh ilpas !
Scène d'étude. Rabba veut faire demander à Oula : pâte collée dedans, feu dehors. Rabbi Zeira refuse. Oula renverra à la mahloket déjà connue, le maaseh ilpas de Rabbi Yo'hanan et de Reish Lakish. Rachi : c'est l'ilpas sur le feu, comme on fait, et la question est : est-ce du pain ?
Tossefot, le Ri : si ce cas est déjà l'ilpas, le différend de Rabbi Yo'hanan et de Reish Lakish ne porte plus que sur "collé dedans et chauffé dedans", et la question suivante de Rav Yosef, la torche, n'a plus de place. Le Ri lit un four : coller dans un four sort-il du maaseh ilpas ? Rabbeinou Hananel explique de même.
Rav Yosef dit à Rabbi Zeira : demande-le à Oula. S'il a collé à l'intérieur et qu'une torche est en face, qu'en est-il ?
Il lui dit : que lui dirais-je ? Si je le lui dis, il me dira : la plupart des pauvres font ainsi.
Deuxième question, de Rav Yosef. On colle la pâte dedans, et une avuka (torche) brûle en face. Rachi, dans la lecture de l'ilpas : le feu est au-dessus, la chaleur frappe la marmite et accélère la cuisson. Est-ce déjà un four ?
Rabbi Zeira refuse encore. Les pauvres, sans bois, cuisent tout le maaseh ilpas ainsi. Oula y verrait le même cas. Selon le Ri, au segment précédent : pâte collée dans un four qu'on n'a pas allumé, cuite par le feu d'en face.
Rav Assi dit : une pâte de maaser sheni, selon les paroles de Rabbi Meir, est exempte de la halla ; selon les paroles des Sages, elle est obligée en halla.
Nouveau fil. Rav Assi : la pâte faite de maaser sheni. Rabbi Meir tient que le maaser est mamon gavoah, bien du Ciel (Kidouchin 54b). La halla est dite sur arisoteikhem, vos pâtes, celles de l'homme. La pâte du Ciel en est exclue : exempte.
Les Sages tiennent le maaser sheni pour le bien de son maître. La pâte est à lui : elle doit la halla.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).