Pesachim 37b - Meissa, halita, et le pain qui doit la halla

Pesachim 37b

Sougya : La page achève d'abord les hallot de toda : le mot "un" exige une pièce entière, et la cuisson à peine faite ressemble à un pain rompu. Rava enseigne qu'elle reste du pain.

Une baraïta oppose meissa et halita, Beit Shammai et Beit Hillel. Shmuel y voit une tevra : deux enseignements, chacun constant.

Les Sages, ilpas exempt et four obligé, visent Rabbi Yo'hanan. Rabbi Yehuda réserve le nom de pain à la cuisson au four dès l'origine, et Rava l'appuie sur "dans un seul four".

Rabba et Rav Yosef font porter à Oula deux cas limites, collé dedans. Rav Assi ferme sur la pâte de maaser sheni : Rabbi Meir l'exempte, les Sages l'obligent.

Meissa et halita : l'inversion, puis la tevra Meissa Farine versée sur l'eau bouillante. Beit Shammai : exempt de halla. Beit Hillel : obligé en halla. Humra de Beit Hillel. Halita Eau bouillante versée sur la farine. Beit Shammai : obligé en halla. Beit Hillel : exempt de halla. Humra de Beit Shammai. Tevra : celui qui a enseigné l'une n'a pas enseigné l'autre Shmuel, et Rabbi Yehoshua ben Levi : le même avis vaut pour les deux pâtes. Tanna des humrot de Beit Shammai Il enseigne la halita. De même pour la meissa. Beit Shammai oblige les deux. Beit Hillel exempte les deux. Tanna des humrot de Beit Hillel Il enseigne la meissa. De même pour la halita. Beit Hillel oblige les deux. Beit Shammai exempte les deux.
Meissa : farine sur l'eau bouillante, humra de Beit Hillel. Halita : eau bouillante sur la farine, humra de Beit Shammai. Tevra : deux tannaim, chacun constant sur les deux pâtes.
Qu'appelle-t-on pain pour la halla Sages : meissa et halita Dans l'ilpas : exempt. Au four : obligé. Le mot lechem écarte la pâte échaudée avant le pétrissage. Lecture proposée Maaseh ilpas, collé sur le feu. Premier tanna : obligé. Proche du four, même collé puis chauffé. Rabbi Yehuda : exempt. Pain : cuit au four seulement. Lecture retenue Tout le monde : ilpas exempt. L'écart : on le recuit au four. Premier tanna : on l'appelle pain. Rabbi Yehuda : le four doit être la cuisson d'origine. Ilpas puis four : deux fours. Rava, raison de Rabbi Yehuda Vayikra 26, 26 : dix femmes cuiront votre pain dans un seul four. Cuit dans un seul four : pain. Cuit dans plusieurs récipients : le nom de pain manque. Rabbeinou Tam : le pain qu'on cuit d'ordinaire au four, c'est la pâte ferme. Réfutation, et réponse de Rabbi Yo'hanan Les Sages exemptent l'ilpas. Rabbi Yo'hanan, lui, oblige le maaseh ilpas. Il répond : les tannaim divergent. Le premier tanna de l'autre baraïta peut obliger l'ilpas. Rabbi Yehuda l'exempte.
Sages : ilpas exempt, four obligé. Lecture proposée : le maaseh ilpas sépare le premier tanna et Rabbi Yehuda. Lecture retenue : tout le monde exempte l'ilpas ; l'écart est la recuisson au four. Rava : un seul four.
Tossefot : pâte épaisse, pâte molle, liquide Belila ava, pâte épaisse Tout le monde : halla. Même par un liquide. La halla naît au galgul. Rabbeinou Tam : hamotsi, comme la pâte devenue pain. Belila rakka, pâte molle Rabbi Yo'hanan : l'ilpas en fait du pain. Halla. Reish Lakish : exempt. Le Ri : par un liquide, Rabbi Yo'hanan convient : exempt. Trois conséquences, Yerushalmi Halla Halla Hamotsi Matza de Pessa'h Rabbi Yo'hanan : les trois, si le feu passe dessous. Reish Lakish : aucun des trois. La forme décide la berakha Lefantzoli, panitelti : boré miné mezonot. Glatoni, yerbeli : hamotsi. Oflatki, grimezli : pas de forme de pain, pas de hamotsi. Terita : halla, et mezonot. Simple boule, elle ne rassasie pas. Ri : halakha comme Rabbi Yo'hanan. Rabbeinou Hananel : comme Reish Lakish.
Pâte épaisse : halla pour tous, hamotsi selon Rabbeinou Tam. Pâte molle : Rabbi Yohanan oblige, Reish Lakish exempte ; par un liquide, Rabbi Yohanan convient de l'exemption. La forme du pain décide hamotsi ou mezonot.
1
אֶחָד מִכָּל קָרְבָּן״, ״אֶחָד״ — שֶׁלֹּא יִטֹּול פָּרוּס, וְהָכָא כְּמַאן דִּפְרִיסָא דָּמְיָא, קָא מַשְׁמָע לַן.

"un de chaque korban". "Un" : pour qu'il ne prenne pas un parus (morceau).

Et ici, c'est comme une perisa (pièce rompue). Cela nous l'apprend.

📜 Rachi (1)
אֶחָד מִכָּל קָרְבָּן תְּרוּמָה לַה' לַכֹּהֵן הַזֹּורֵק וְגוֹ' אַרְבַּעַת מִינִין הָיוּ בָּהּ שֶׁל עֶשֶׂר עָשָׂר חַלּוֹת וּמִכָּל מִין וּמִין נוֹתֵן אֶחָד לַכֹּהֵן וְהַשְּׁאָר לַבְּעָלִים וּכְתִיב אֶחָד שֶׁלֹּא יִתֵּן לוֹ פְּרוּסָה:
Un prélèvement pour Hachem, au kohen qui jette le sang, etc. Il y avait quatre espèces, dix hallot de chacune. De chaque espèce, il en donne une au kohen, et le reste aux propriétaires. Il est écrit "un", pour qu'il ne lui donne pas une perusa (morceau).
💡 Explication

Fin du propos de 37a. Rava avait égalé les hallot de toda à la matza à peine cuite, celle dont aucun fil ne se tire. On objectait : ici et là, le verset dit lechem.

Vayikra 7, 14 : "un de chaque korban". Un exige une hallah entière pour le kohen, quatre espèces, dix hallot, une de chacune. Une cuisson inachevée ressemble à une perisa. Rava enseigne qu'à ce degré elle reste du pain, et la toda est recevable.

2
מֵיתִיבִי: הַמְּעִיסָּה — בֵּית שַׁמַּאי פּוֹטְרִין, וּבֵית הִלֵּל מְחַיְּיבִין. הַחֲלִיטָה — בֵּית שַׁמַּאי מְחַייְּבִין, וּבֵית הִלֵּל פּוֹטְרִין. אֵיזֶהוּ הַמְּעִיסָּה וְאֵיזֶהוּ הַחֲלִיטָה? הַמְּעִיסָּה — קֶמַח שֶׁעַל גַּבֵּי מֻוגְלָשִׁין, הַחֲלִיטָה — מֻוגְלָשִׁין שֶׁעַל גַּבֵּי קֶמַח.

On objecte : la meissa, Beit Shammai exemptent, et Beit Hillel obligent. La halita, Beit Shammai obligent, et Beit Hillel exemptent.

Qu'est-ce que la meissa, et qu'est-ce que la halita ? La meissa : de la farine sur des muglashin.

La halita : des muglashin sur de la farine.

📜 Rachi (3)
הַמְּעִיסָּה הַחֲלִיטָה:
La halita.
פּוֹטְרִין מִן הַחַלָּה:
De la halla.
מֻוגְלָשִׁין רוֹתְחִין:
De l'eau bouillante.
💡 Explication

Nouvelle objection, sur la halla. Meissa : on verse la farine sur l'eau déjà bouillante. Halita : on verse l'eau bouillante sur la farine. Rachi : muglashin, c'est l'eau bouillante.

Beit Shammai et Beit Hillel s'inversent d'un cas à l'autre. L'exemption et l'obligation portent sur la halla.

🖼️ Schéma
Deux façons d'échauder Meissa Farine, dessus Muglashin, dessous On verse la farine sur l'eau bouillante. Halita Muglashin, dessus Farine, dessous On verse l'eau bouillante sur la farine.
Meissa : farine sur l'eau bouillante. Halita : eau bouillante sur la farine.
3
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר מִשּׁוּם אָבִיו: זֶה וְזֶה לִפְטוֹר, וְאָמְרִי לָהּ: זֶה וְזֶה לְחִיּוּב, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה, עֲשָׂאָן בְּאִילְפָּס — פָּטוּר, בַּתַּנּוּר — חַיָּיב.

Rabbi Yishmael fils de Rabbi Yossi dit au nom de son père : ceci et cela, pour l'exemption. Et certains disent : ceci et cela, pour l'obligation.

Et les Sages disent : l'un comme l'autre, s'il les a faits dans un ilpas, exempt ; au four, obligé.

💡 Explication

Trois avis sur la meissa et la halita ensemble. Le père de Rabbi Yishmael : les deux exemptes. Une autre version : les deux obligées. Les Sages ne distinguent pas les deux pâtes. Ils distinguent le récipient : ilpas (marmite), exempt ; four, obligé.

4
וְתַנָּא קַמָּא, מַאי שְׁנָא הַמְּעִיסָּה וּמַאי שְׁנָא חֲלִיטָה? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל, וְכֵן אָמַר רַב יְהוּדָה וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כְּמַחֲלֹוקֶת בָּזוֹ כָּךְ מַחֲלֹוקֶת בְּזוֹ, וְתָבְרָא, מִי שֶׁשָּׁנָה זוֹ לֹא שָׁנָה זוֹ.

Et le premier tanna, quelle différence entre la meissa et la halita ? Rav Yehuda a dit au nom de Shmuel, et de même Rav Yehuda a dit, et d'aucuns disent Rabbi Yehoshua ben Levi : comme le différend sur celle-ci, ainsi le différend sur celle-là.

Et c'est une tevra : celui qui a enseigné celle-ci n'a pas enseigné celle-là.

📜 Rachi (3)
וְתַנָּא קַמָּא כו' בְּרֵישָׁא מַהְדַּר גְּמָרָא לְפֵירוּשָׁא דְּבָרַייְתָא דְּלָא תֶּהֱוֵי מְשַׁבַּשְׁתָּא וַהֲדַר מְסַיֵּים מִילְּתֵיהּ וּמוֹתֵיב תְּיוּבְתָּא מִינָּהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן:
D'abord la Guemara revient à l'explication de la baraïta, pour qu'elle ne soit pas une meshabsheta (leçon brouillée). Ensuite elle achève son propos, et elle en objecte contre Rabbi Yo'hanan.
כְּמַחֲלֹוקֶת בְּזוֹ כְּלוֹמַר הַמְחַיֵּיב בְּזוֹ מְחַייֵּב בְּזוֹ וְהַפּוֹטֵר בְּזוֹ פּוֹטֵר בְּזוֹ וְרֵישָׁא דְּמִפִּיךְ פְּלֻוגְתַּייְהוּ לָאו חֲדָא תַּנָּא אַמְרִינְהוּ וְקַשְׁייָן אַהֲדָדֵי וּמִי שֶׁשָּׁנָה זוֹ לֹא שָׁנָה זוֹ הַאי תַּנָּא אִית לִי' דְּמֵחוּמְרֵי בֵּית שַׁמַּאי וּמִקֻּולֵּי בֵּית הִלֵּל הִיא וּתְנָא חֲלִיטָה וְהוּא הַדִּין לִמְעִיסָּה וְהַאי אִית לֵיהּ דְּמִקֻּולֵּי בֵּית שַׁמַּאי וְחֻומְרֵי בֵּית הִלֵּל הִיא וּתְנָא הַמְּעִיסָּה וְהוּא הַדִּין לַחֲלִיטָה:
C'est-à-dire : celui qui oblige pour celle-ci oblige pour celle-là, et celui qui exempte pour celle-ci exempte pour celle-là. Le début, qui renverse leur différend : un seul tanna ne les a pas dits, et elles se contredisent. Celui qui a enseigné celle-ci n'a pas enseigné celle-là. Ce tanna tient que ce sont les humrot de Beit Shammai et les kulot de Beit Hillel. Il a enseigné la halita, et il en va de même pour la meissa. Et celui-là tient que ce sont les kulot de Beit Shammai et les humrot de Beit Hillel. Il a enseigné la meissa, et il en va de même pour la halita.
תַּבְרָא קַשְׁייָן אַהֲדָדֵי:
Elles se contredisent l'une l'autre.
🗂️ Tossefot (1)
וְתַנָּא קַמָּא מַאי שְׁנָא הַחֲלִיטָה תֵּימַהּ לְרִ"י מַאי קָבָעֵי מִינָּהּ נֵימָא דְּמַר סָבַר עִילָּאָה גָּבַר וּמַר סָבַר תַּתָּאָה גָּבַר וְתֵירֵץ ר"י דְּקָפְסִיק וְתָנֵי אע"ג דְּלֵית בֵּיהּ אֶלָּא שִׁיעוּר חַלָּה מְצֻומְצָם וּלְהָכִי קָבָעֵי מ"ש דְּבֵין עִילָּאָה גָּבַר וּבֵין תַּתָּאָה גָּבַר אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יִתְבַּשֵּׁל מְעַט מִמֶּנּוּ וְחָסֵר לֵיהּ מִשִּׁיעוּרֵיהּ:
Le Ri s'étonne : que demande-t-il ? Disons que l'un tient ilaa gavar (le dessus l'emporte), et l'autre tataa gavar (le dessous l'emporte). Le Ri répond : il tranche et enseigne même s'il n'y a que le shiur de halla au plus juste. C'est pourquoi il demande quelle différence : que le dessus l'emporte ou que le dessous l'emporte, il est impossible qu'un peu n'en cuise pas, et il manquerait à son shiur.
💡 Explication

Le premier tanna fait s'inverser Beit Shammai et Beit Hillel. Shmuel, ou Rabbi Yehoshua ben Levi : chacun est constant. Obliger l'une, c'est obliger l'autre. La phrase qui renverse les avis est une tevra, deux baraïtot cousues. L'une enseigne les humrot de Beit Shammai, à partir de la halita. L'autre enseigne les humrot de Beit Hillel, à partir de la meissa.

Tossefot, le Ri : on aurait pu répondre par ilaa gavar et tataa gavar, dessus ou dessous. La baraïta tranche même pour un shiur de halla exact. Dans les deux versements, la zone de contact cuit un peu, et ce peu manque au shiur. Le dessus et le dessous ne sauvent pas la règle. D'où la tevra.

Rachi : ce retour sur la baraïta prépare l'objection contre Rabbi Yo'hanan, au segment suivant.

5
קָתָנֵי מִיהַת: וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה שֶׁעֲשָׂאָן בְּאִילְפָּס — פָּטוּר, בְּתַנּוּר — חַייָּב, תְּיוּבְתָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן! אָמַר לָךְ רַבִּי יוֹחָנָן: תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: יָכוֹל יְהֵא מְעִיסָּה וַחֲלוּטָה חַייָּבִין בַּחַלָּה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֶחֶם״.

En tout cas, on enseigne : et les Sages disent, l'un comme l'autre, s'il les a faits dans un ilpas, exempt ; au four, obligé. Réfutation de Rabbi Yo'hanan !

Rabbi Yo'hanan te dirait : c'est un différend de tannaim. Car on a enseigné : on pourrait penser que la méissa et la haluta sont obligées en halla.

Le verset dit : "lechem".

🗂️ Tossefot (1)
אָמַר לָךְ רַבִּי יוֹחָנָן תַּנָּאֵי הִיא דְּתַנְיָא לֹא אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁכּוֹחֵי תַּנָּאֵי אֶלָּא לְלִישָּׁנָא דְּאָמְרִי לָהּ זֶה וְזֶה לִפְטוֹר אֲבָל לְלִישָּׁנָא דְּזֶה וְזֶה לְחִיּוּב אִיכָּא תַּנָּאֵי בְּהַךְ בָּרַיְיתָא גּוּפָא דע"כ הָא דִּמְחַיְּיבָא הַייְנוּ בְּאִילְפָּס דְּאִי בְּתַנּוּר אֲבָל בְּאִילְפָּס פָּטוּר א"כ ר' יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי הַיְינוּ חֲכָמִים:
Il n'était besoin de trouver des tannaim que pour la version "ceci et cela, pour l'exemption". Pour la version "ceci et cela, pour l'obligation", le différend de tannaim est déjà dans cette baraïta même. Car forcément, là où elle oblige, c'est dans l'ilpas. Si c'était au four, et que l'ilpas fût exempt, Rabbi Yishmael fils de Rabbi Yossi serait identique aux Sages.
⚖️ Rosh (1)
יָכוֹל לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ אֶלָּא בְּפַת הַדְרָאָה. ת"ל מִצְוֹת מִצְוֹת רִיבָּה הַכָּתוּב אַפֵּי' כְּמִצְוַת שֶׁל שְׁלֹמֹה. א"כ מַה ת"ל לֶחֶם עֹונִי פְּרָט לְחָלוּט וַאֲשִׁישָׁה פַּת הַדְרָאָה פַּת סֻובִּין וְכֵן פירש"י פַּת הַדְרָאָה שֶׁנִּיטַּל מִמֶּנָּה הָדְרָה. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל כָּתַב אֵין יוֹצְאִין לֹא בְּפַת סֻובִּין וְלֹא בְּפַת מֻורְסָן אֶלָּא לָשׁ הוּא אֶת הָעִיסָּה בְּסֻובִּין וּבְמֻורְסִין שֶׁבּוֹ וְיָצָא בּוֹ. וְכֵן י"ל דַּעַת רַב אִלְפָּס שֶׁכָּתַב פַּת סֻובִּין כְּלוֹמַר שֶׁלֹּא הוֹצִיא מִמֶּנּוּ הַסֻּובִּין דְּאִילּוּ פַּת סֻובִּין לָא מִיקְּרֵי לֶחֶם וּפָטוּר מֵחַלָּה כְּדִתְנַן בפ"ב מִשְׁנָה ו' דְּחַלָּה.
On pourrait penser qu'on ne s'acquitte de son obligation qu'avec le pat hadraa. Le verset dit matzot, matzot : l'Écrit inclut, même comme les matzot de Salomon. S'il en est ainsi, que vient enseigner lechem oni ? Il exclut le halut, l'ashisha, le pat hadraa et le pat souvin. Et Rachi explique ainsi : le pat hadraa, celui dont on a retiré le hadar (l'éclat). Le Rambam, de mémoire bénie, a écrit : on ne s'acquitte ni avec le pain de son, ni avec le pain de mourssan. On pétrit la pâte avec le son et le mourssan qui s'y trouvent, et l'on s'en acquitte. On peut dire de même l'avis de Rav Alfas, qui a écrit pat souvin : il veut dire qu'on n'en a pas sorti le son. Car le pain de son ne s'appelle pas pain, et il est exempt de la halla, comme l'enseigne la Michna, chapitre 2, michna 6 de Halla.
💡 Explication

Malgré la tévra, la phrase des Sages reste : ilpas exempt, four obligé. C'est une réfutation de Rabbi Yo'hanan, qui oblige le maaseh ilpas. Il répond : les tannaim divergent. Une baraïta écarte méissa et haluta par le mot lechem.

Tossefot : un tanna extérieur n'est utile que pour la version "les deux exemptes". Dans la version "les deux obligées", Rabbi Yishmael fils de Rabbi Yossi oblige l'ilpas. S'il n'obligeait que le four, son dire rejoindrait les Sages, qui exemptent l'ilpas.

Le Roch, sur lechem oni : hava amina, seul le pat hadraa acquitterait, le pain dont le hadar est ôté. Matzot, matzot inclut jusqu'aux matzot de Salomon. Lechem oni écarte halut, ashisha, pat hadraa et pat souvin. Le Rambam : on pétrit avec le son et le mourssan restés dans la farine. Le pain qui n'est que son ne porte pas le nom de pain, michna Halla 2, 6.

6
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין לֶחֶם אֶלָּא הָאָפוּי בְּתַנּוּר. רַבִּי יְהוּדָה הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא! אֶלָּא לָאו, מַעֲשֵׂה אִילְפָּס אִיכָּא בֵּינַייְהוּ, תַּנָּא קַמָּא סָבַר: מַעֲשֵׂה אִילְפָּס חַייָּבִין, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: מַעֲשֵׂה אִילְפָּס פְּטוּרִין.

Rabbi Yehuda dit : il n'est de pain que ce qui est cuit au four. Rabbi Yehuda, c'est le premier tanna !

Sinon, n'est-ce pas que le maaseh ilpas est entre eux : le premier tanna tient que le maaseh ilpas est obligé, et Rabbi Yehuda tient que le maaseh ilpas est exempt.

📜 Rachi (1)
תַּנָּא קַמָּא סָבַר מַעֲשֵׂה אִילְפָּס חַיָּיבִין וְהָכִי קָאָמַר יָכוֹל תְּהֵא הַמְּעִיסָּה וְהַחֲלִיטָה חַייָּבִין בְּחַלָּה ת"ל לֶחֶם וְהָנֵי לָאו לֶחֶם נִינְהוּ דְּקֹודֶם לִישָׁתָן מְבֻושָּׁלִין בְּרוֹתְחִין הֵן אֲבָל מַעֲשֵׂה אִילְפָּס שֶׁלֹּא נֶאֱפוּ אֶלָּא עַל הָאוּר קְרוֹבִין הֵן לְמַעֲשֵׂה תַּנּוּר וְלֶחֶם נִינְהוּ וְחַיָּיב וְאַפֵּי' הִדְבִּיק וּלְבַסּוֹף הִרְתִּיחַ וַאֲמַר לֵיהּ ר' יְהוּדָה מַעֲשֵׂה אִילְפָּס נָמֵי פְּטוּרִין דְּאֵין לֶחֶם אֶלָּא הָאָפוּי בְּתַנּוּר:
Voici ce qu'il dit : on pourrait penser que la méissa et la halita soient obligées en halla. Le verset dit lechem. Celles-ci ne sont pas du pain : avant leur pétrissage, elles sont cuites dans l'eau bouillante. Le maaseh ilpas, qui n'a été cuit que sur le feu, est proche du travail du four. C'est du pain, et c'est obligé, même si l'on a collé puis fait chauffer. Rabbi Yehuda lui dit : le maaseh ilpas aussi est exempt, car il n'est de pain que ce qui est cuit au four.
💡 Explication

La baraïta continue. Rabbi Yehuda : pain, c'est la cuisson au four. Son dire semble répéter le premier tanna, qui vient d'écarter méissa et halita par lechem.

Lecture proposée, que le segment suivant écarte. Le premier tanna n'écarte que la pâte échaudée avant le pétrissage. Le maaseh ilpas, cuit sur le feu, reste proche du four : obligé, même collé puis chauffé. Rabbi Yehuda exempte aussi l'ilpas.

7
לֹא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא מַעֲשֵׂה אִילְפָּס פְּטוּרִין, וְהָכָא כְּגוֹן שֶׁחָזַר וַאֲפָאוֹ בְּתַנּוּר קָא מִיפַּלְגִי. דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: כֵּיוָן שֶׁחָזַר וַאֲפָאוֹ בְּתַנּוּר — לֶחֶם קָרֵינַן בֵּיהּ, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: אֵין לֶחֶם אֶלָּא הָאָפוּי בְּתַנּוּר מֵעִיקָּרָא, וְכֵיוָן דְּמֵעִיקָּרָא לָאו בְּתַנּוּר אֲפִיָּיה — לָאו לֶחֶם הוּא.

Non. Tout le monde tient que le maaseh ilpas est exempt.

Et ici, ils divergent dans le cas où il l'a ensuite cuit au four. Le premier tanna tient : puisqu'il l'a ensuite cuit au four, on l'appelle pain.

Et Rabbi Yehuda tient : il n'est de pain que ce qui est cuit au four dès l'origine. Et puisque à l'origine il ne l'a pas cuit au four, ce n'est pas du pain.

📜 Rachi (2)
שֶׁחָזַר וַאֲפָאָן בַּתַּנּוּר לְמַעֲשֵׂה אִילְפָּס וְהָכִי קָאָמַר תַּנָּא קַמָּא ת"ל לֶחֶם וְהָנֵי לָאו לֶחֶם נִינְהוּ דִּמְבֻושָּׁלִים בְּמַיִם הֵן וְהוּא הַדִּין לְמַעֲשֵׂה אִילְפָּס נָמֵי שֶׁהִדְבִּיק וּלְבַסּוֹף הִרְתִּיחַ נָמֵי לָאו לֶחֶם נִינְהוּ אֲבָל חָזַר וַאֲפָאוֹ בַּתַּנּוּר לֶחֶם קָרֵינָא בֵיהּ:
Le maaseh ilpas. Voici ce que dit le premier tanna : le verset dit lechem, et ceux-ci ne sont pas du pain, car ils sont cuits dans l'eau. Il en va de même pour le maaseh ilpas : même collé puis chauffé, ce n'est pas du pain non plus. S'il l'a ensuite cuit au four, on l'appelle pain.
וְר' יְהוּדָה סָבַר אָפוּי בְּתַנּוּר אֶחָד בָּעֵינַן וְלֹא בִּשְׁנֵי תַּנּוּרִים כְּגוֹן אִילְפָּס וְתַנּוּר:
Il nous faut une cuisson dans un seul four, et non dans deux fours, comme un ilpas et un four.
🗂️ Tossefot (1)
דְּכֻולֵּי עָלְמָא מַעֲשֵׂה אִילְפָּס פְּטוּרִים פָּסַק ר"ח כר"ל מִדְּקָאָמַר דְּכֻולֵּי עָלְמָא מַעֲשֵׂה אִילְפָּס פְּטוּרִין וְעוֹד דְּיָתֵיב רַבָּה וְרַב יוֹסֵף אֲחוֹרֵיהּ דְּר' זֵירָא אַלִּיבָּא דר"ל מַייְרֵי ולר"י נִרְאֶה דְּכַר' יוֹחָנָן קיי"ל מִדְּלָא חֲשִׁיב לָהּ בְּהַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת לו.) בַּהֲדֵי ג' דַּהֲלָכָה כְּרֵישׁ לָקִישׁ לְגַבֵּי רַבִּי יוֹחָנָן וְאוֹמֵר ר"י דְּעַל יְדֵי מַשְׁקֶה מוֹדֶה ר' יוֹחָנָן דְּמַעֲשֵׂה אִילְפָּס פָּטוּר' וְאֵין מְבָרֵךְ עָלָיו הַמּוֹצִיא כִּדְמוֹכַח בִּירוּשַׁלְמִי דְּמַסֶּכֶת חַלָּה בְּפֶרֶק קַמָּא דְּחַלָּה אָמַר ר' יוֹחָנָן כָּל שֶׁהָאוּר מְהַלֵּךְ תַּחְתָּיו חַיָּיב בְּחַלָּה וּמְבָרְכִין עָלָיו הַמּוֹצִיא וְאָדָם יוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר אֵינוֹ חַייָּב בְּחַלָּה וְאֵין מְבָרְכִין עָלָיו הַמּוֹצִיא וְאֵין אָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח וְאָמַר ר' יוֹחָנָן וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא עַל יְדֵי מַשְׁקִין וְאוֹמֵר רַבֵּינוּ תָּם דְּדַוְוקָא בִּבְלִילָתוֹ רַכָּה פְּלִיגִי דְּר' יוֹחָנָן סָבַר אֲפִיָּיתוֹ בְּאִילְפָּס עוֹשֵׂהוּ לֶחֶם וְחַייָּב בְּחַלָּה ור"ל סָבַר אֵין עוֹשֵׂהוּ לֶחֶם וּפָטוּר אֲבָל בְּלִילָתוֹ עָבָה כֻּולֵּי עָלְמָא מוֹדוֹ דְּחַייָּב בְּחַלָּה אַפֵּי' עַל יְדֵי מַשְׁקֶה דְּהָא חִיּוּב חַלָּה הָוֵי מִשְּׁעַת גִּלְגּוּל כִּדְמוֹכַח בְּכַמָּה דֻּוכְתֵי וְכֵן מַשְׁמַע בְּמַס' חַלָּה (פ"א מ"ה) דִּתְנַן עִיסָּה שֶׁתְּחִלָּתָהּ וְסוֹפָהּ סֻופְגָּנִין פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה תְּחִלָּתָהּ סֻופְגָּנִין וְסוֹפָהּ עִיסָּה תְּחִלָּתָהּ עִיסָּה וְסוֹפָהּ סֻופְגָּנִין חַייֶּבֶת בְּחַלָּה וְנִרְאֶה לְרַבֵּינוּ תָּם דְּהָכִי נָמֵי מְבָרְכִין עָלָיו הַמּוֹצִיא וּמֵבִיא רְאָיָה מִמְּנָחוֹת (דַּף עה:) וּמִכֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת לז:) דְּאָמַר הָיָה עוֹמֵד וּמַקְרִיב מִנְחָה בִּירוּשָׁלַיִם אוֹמֵר שֶׁהֶחֱיָינוּ נְטָלוֹ לְאוֹכְלוֹ אוֹמֵר הַמּוֹצִיא וְקָפְסִיק וְתָנֵי כָּל הַמְּנָחוֹת אַפֵּי' מִנְחַת מַחֲבַת וּמַרְחֶשֶׁת אע"פ שֶׁמְּטֻוגֶּנֶת בְּשֶׁמֶן וְאֵין סְבָרָא לְחַלֵּק בֵּין מַיִם לְשֶׁמֶן א"כ עַל לפנצול"י ופניטלט"י אוֹמֵר בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת וְעַל גלטונ"י וירבל"י מְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא וְעַל אופלטק"י נִרְאֶה שֶׁאֵין מְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא אַף עַל פִּי שֶׁעוֹשִׂין אוֹתוֹ בְּלֹא מַשְׁקֶה דְּאֵין עֲלֵיהֶם תּוֹרִיתָא דְּנַהְמָא תֵּדַע שֶׁהֲרֵי אֵין מַפְרִישִׁין מִמֶּנּוּ חַלָּה אֲפִילּוּ יֵשׁ הַרְבֵּה בְּסַל אֶחָד כְּשִׁיעוּר חַלָּה אע"פ שֶׁהַסַּל מְצָרְפָן לְחַלָּה ואע"ג דִּטְרִיתָא אָמְרִינַן בְּכֵיצַד מְבָרְכִין (שָׁם) דְּחַיָּיב בְּחַלָּה וּמְבָרְכִין עָלָיו בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת הַהוּא כְּדִמְפָרֵשׁ הָתָם דְּגֻובְלָא בְּעָלְמָא הוּא וְאֵינוֹ סוֹעֵד הַלֵּב וְרַבֵּינוּ תָּם הָיָה אוֹמֵר דְּאַף עַל גרימזל"י אֵין מְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא דְּלֵית בְּהוּ תּוֹרִיתָא דְּנַהְמָא אַף עַל גַּב דְּמִסְּתָמָא חַיָּיב בְּחַלָּה:
Rabbeinou Hananel tranche comme Reish Lakish, puisque l'on dit que tout le monde tient le maaseh ilpas exempt. De plus, Rabba et Rav Yosef siégeaient derrière Rabbi Zeira : le propos suit Reish Lakish. Au Ri, il apparaît que la halakha suit Rabbi Yo'hanan, puisqu'on ne compte pas ce cas dans ha-holetz (Yevamot 36a) parmi les trois où la halakha suit Reish Lakish face à Rabbi Yo'hanan. Le Ri dit : par un liquide, Rabbi Yo'hanan convient que le maaseh ilpas est exempt, et l'on ne dit pas hamotsi sur lui, comme le montre le Yerushalmi du traité Halla, premier chapitre de Halla. Rabbi Yo'hanan a dit : tout ce sous quoi le feu passe est obligé en halla, on dit hamotsi, et un homme s'en acquitte à Pessa'h. Reish Lakish a dit : il n'est pas obligé en halla, on ne dit pas hamotsi, et un homme ne s'en acquitte pas à Pessa'h. Et Rabbi Yo'hanan a dit : à condition que ce soit par des liquides. Rabbeinou Tam dit : ils ne divergent que pour une belila rakka (pâte molle). Rabbi Yo'hanan tient : sa cuisson dans l'ilpas en fait du pain, et elle est obligée en halla. Reish Lakish tient : elle n'en fait pas du pain, et elle est exempte. Pour une belila ava (pâte épaisse), tout le monde convient qu'elle est obligée en halla, même par un liquide. Car l'obligation de halla existe dès le galgul (roulement de la pâte), comme on le voit en plusieurs endroits. De même dans le traité Halla (ch. 1, michna 5) : on enseigne, une pâte qui est soufganin au début et à la fin est exempte de la halla. Soufganin au début et pâte à la fin, pâte au début et soufganin à la fin : obligée en halla. Il apparaît à Rabbeinou Tam qu'on dit aussi hamotsi sur elle. Il en apporte la preuve de Menahot (75b) et de Keitsad mevarkhin (Berakhot 37b). On dit : s'il se tenait et offrait une minha à Jérusalem, il dit sheheheyanu. Il la prenait pour la manger : il dit hamotsi. Et cela tranche pour toutes les menahot, même la minha de mahavat et de marheshet, bien qu'elle soit frite dans l'huile. Il n'y a pas de sevara pour séparer l'eau et l'huile. Dès lors, sur lefantzoli et panitelti, on dit boré miné mezonot. Sur glatoni et yerbeli, on dit hamotsi. Sur oflatki, il apparaît qu'on ne dit pas hamotsi, bien qu'on les fasse sans liquide, car ils n'ont pas de tourita de-nahama (forme de pain). Sache-le : on n'en prélève pas la halla, même s'il y en a beaucoup dans un seul panier au shiur de la halla, bien que le panier les réunisse pour la halla. Et pour la terita, on dit dans Keitsad mevarkhin, au même endroit, qu'elle est obligée en halla et qu'on dit boré miné mezonot. Celle-là, comme on l'explique là-bas, n'est qu'une govla (boule), et elle ne rassasie pas le cœur. Et Rabbeinou Tam disait : même sur les grimezli, on ne dit pas hamotsi, car ils n'ont pas de tourita de-nahama, bien qu'en principe ils soient obligés en halla.
💡 Explication

La Guemara écarte la lecture précédente. Maaseh ilpas : tout le monde exempte, y compris le cas collé puis chauffé. L'écart entre le premier tanna et Rabbi Yehuda est le pain d'ilpas qu'on recuit au four. Le premier tanna l'appelle pain. Rabbi Yehuda exige le four dès l'origine. Ilpas puis four, ce sont deux cuissons. Rachi : un seul four, pas deux.

Tossefot, la halakha du maaseh ilpas. Rabbeinou Hananel suit Reish Lakish : exempt. Le Ri suit Rabbi Yo'hanan, car Yevamot 36a ne range pas ce cas parmi les trois où Reish Lakish l'emporte. Par un liquide, Rabbi Yo'hanan convient de l'exemption, et l'on ne dit pas hamotsi. Le Yerushalmi lie trois choses : halla, hamotsi, matza de Pessa'h, quand le feu passe dessous.

Rabbeinou Tam limite le différend à la belila rakka, pâte molle. La belila ava, pâte épaisse, doit la halla dès le galgul, même avec un liquide, et l'on dit hamotsi. La forme tranche : lefantzoli et panitelti, mezonot ; glatoni et yerbeli, hamotsi ; oflatki et grimezli, sans tourita de-nahama. La terita doit la halla et reçoit mezonot : simple govla, elle ne rassasie pas.

8
אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה, דִּכְתִיב: ״וְאָפוּ עֶשֶׂר נָשִׁים לַחְמְכֶם בְּתַנּוּר אֶחָד״. לֶחֶם הָאָפוּי בְּתַנּוּר אֶחָד — קָרוּי לֶחֶם, וְשֶׁאֵין אָפוּי בְּתַנּוּר אֶחָד — אֵין קָרוּי לֶחֶם.

Rava dit : quelle est la raison de Rabbi Yehuda ? Car il est écrit : "Et dix femmes cuiront votre pain dans un seul four".

Le pain cuit dans un seul four est appelé pain. Et celui qui n'est pas cuit dans un seul four n'est pas appelé pain.

🗂️ Tossefot (1)
לֶחֶם שֶׁאֵין אָפוּי בְּתַנּוּר אֶחָד וְאִם תֹּאמַר מִנָּלַן לְחַלֵּק בֵּין בְּלִילָה רַכָּה וּבֵין בַּלַּיְלָה קָשֶׁה וַהֲלֹא אֵינוֹ תְּלוּיָה לְר' יְהוּדָה אֶלָּא בְּאָפוּי בְּתַנּוּר אֶחָד וְאוֹמֵר רַבֵּינוּ תָּם דְּהָכִי פֵּירוּשׁוֹ לְר' יְהוּדָה לֶחֶם הָאָפוּי בְּתַנּוּר וְכוּ' לֶחֶם שֶׁרְגִילִין לֶאֱפוֹת בַּתַּנּוּר הַיְינוּ בְּלִילָתוֹ קָשֶׁה:
Et si tu dis : d'où tenons-nous de séparer une belila rakka (pâte molle) et une belila kasha (pâte ferme) ? Rabbi Yehuda ne fait dépendre la chose que de la cuisson dans un seul four. Rabbeinou Tam dit : voici le sens, selon Rabbi Yehuda. Le pain cuit au four, etc. : le pain qu'on a coutume de cuire au four, c'est celui dont la pâte est ferme.
💡 Explication

Rava donne le verset de Rabbi Yehuda. Vayikra 26, 26 : "elles cuiront votre pain dans un seul four". Un seul four donne le nom de lechem. Plusieurs récipients le retirent.

Tossefot, Rabbeinou Tam : le verset parle du pain qu'on cuit d'ordinaire au four, la belila kasha. C'est ainsi qu'on sépare pâte ferme et pâte molle, alors que les mots de Rabbi Yehuda ne nomment que le four.

9
יָתֵיב רַבָּה וְרַב יוֹסֵף אֲחוֹרֵיהּ דְּרַבִּי זֵירָא, וְיָתֵיב רַבִּי זֵירָא קַמֵּיהּ דְּעֻולָּא. אֲמַר לֵיהּ רַבָּה לְרַבִּי זֵירָא, בָּעֵי מִינֵּיהּ מֵעֻולָּא: הִדְבִּיק מִבִּפְנִים וְהִרְתִּיחַ מִבַּחוּץ, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֵימָא לֵיהּ? דְּאִי אָמֵינָא לֵיהּ, אָמַר לִי: הֵי נִיהוּ מַעֲשֵׂה אִילְפָּס!

Rabba et Rav Yosef étaient assis derrière Rabbi Zeira, et Rabbi Zeira était assis devant Oula. Rabba dit à Rabbi Zeira : demande-le à Oula.

S'il a collé à l'intérieur et fait chauffer par l'extérieur, qu'en est-il ? Il lui dit : que lui dirais-je ?

Si je le lui dis, il me dira : qu'est-ce donc que le maaseh ilpas !

📜 Rachi (4)
הִדְבִּיק מִבִּפְנִים הַלֶּחֶם בְּאִילְפָּס:
Le pain, dans l'ilpas.
וְהִרְתִּיחַ מִבַּחוּץ שֶׁנְּתָנָהּ עַל הָאוֹר כְּמוֹ שֶׁאָנוּ עוֹשִׂים:
Il l'a mis sur le feu, comme nous faisons.
מַהוּ מִי הָוֵי לֶחֶם:
Est-ce du pain ?
הֵי נִיהוּ אֵלּוּ הֵן מַעֲשֵׂה אִילְפָּס שֶׁנֶּחְלְקוּ בּוֹ חֲכָמִים ר' יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ:
Lesquels sont-ils : le maaseh ilpas sur lequel ont divergé les Sages, Rabbi Yo'hanan et Reish Lakish.
🗂️ Tossefot (1)
הִדְבִּיק מִבִּפְנִים וְהִרְתִּיחַ מִבַּחוּץ מַהוּ לְפֵ"ה דִּמְפָרֵשׁ דְּמַיְירֵי בְּאִילְפָּס תֵּימַהּ אִם כֵּן בְּמַאי סָבַר רַבָּה דִּפְלִיגִי רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ ע"כ בְּהִדְבִּיק מִבִּפְנִים וְהִרְתִּיחַ מִבִּפְנִים אִם כֵּן מַאי מִיבַּעְיָא לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף בָּתַר הָכִי הִדְבִּיקָהּ מִבִּפְנִים וַאֲבוּקָה כְּנֶגְדּוֹ מַהוּ וְנִרְאֶה לר"י דְּהָכָא בְּהִדְבִּיק בְּתַנּוּר מַיְירֵי וּמִיבַּעְיָא לֵיהּ כֵּיוָן דְּתַנּוּר הוּא לֹא חֲשִׁיב מַעֲשֵׂה אִילְפָּס אוֹ דִּילְמָא לָא שְׁנָא וּלְרַב יוֹסֵף מִיבַּעְיָא כְּשֶׁהִדְבִּיק בַּתַּנּוּר וְלֹא הִסִּיקוֹ אֶלָּא מִתְבַּשֵּׁל מֵהֶיסֵּק שֶׁכְּנֶגְדּוֹ וְכֵן פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל:
Selon l'explication de Rachi, qui explique qu'il s'agit d'un ilpas. C'est une difficulté : dans quel cas Rabba tient-il que Rabbi Yo'hanan et Reish Lakish divergent ? Forcément, quand on a collé à l'intérieur et fait chauffer à l'intérieur. Dès lors, que demande Rav Yosef ensuite : on a collé à l'intérieur et une torche en face, qu'en est-il ? Il apparaît au Ri qu'ici il s'agit d'avoir collé dans un four. Il demande : puisque c'est un four, cela ne compte pas comme un maaseh ilpas, ou bien c'est pareil. Et pour Rav Yosef, la question est : il a collé dans le four, il ne l'a pas allumé, et cela cuit par le feu d'en face. Et Rabbeinou Hananel explique de même.
💡 Explication

Scène d'étude. Rabba veut faire demander à Oula : pâte collée dedans, feu dehors. Rabbi Zeira refuse. Oula renverra à la mahloket déjà connue, le maaseh ilpas de Rabbi Yo'hanan et de Reish Lakish. Rachi : c'est l'ilpas sur le feu, comme on fait, et la question est : est-ce du pain ?

Tossefot, le Ri : si ce cas est déjà l'ilpas, le différend de Rabbi Yo'hanan et de Reish Lakish ne porte plus que sur "collé dedans et chauffé dedans", et la question suivante de Rav Yosef, la torche, n'a plus de place. Le Ri lit un four : coller dans un four sort-il du maaseh ilpas ? Rabbeinou Hananel explique de même.

🖼️ Schéma
Deux questions qu'on ne pose pas à Oula Rabba et Rav Yosef derrière Rabbi Zeira. Rabbi Zeira devant Oula. Rabba Collé à l'intérieur, chauffé par l'extérieur. Rabbi Zeira : Oula dira que c'est le maaseh ilpas de Rabbi Yo'hanan et de Reish Lakish. Rav Yosef Collé à l'intérieur, une torche en face. Rabbi Zeira : la plupart des pauvres font ainsi, faute de bois. Même cas connu. Rachi : les deux questions parlent de l'ilpas. Le Ri et Rabbeinou Hananel : on a collé dans un four.
Rabba : collé dedans, chauffé dehors. Rav Yosef : torche en face. Rabbi Zeira refuse les deux.
10
אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף לְרַבִּי זֵירָא, בָּעוּ מִינֵּיהּ מֵעֻולָּא: הִדְבִּיק מִבִּפְנִים וַאֲבוּקָה כְּנֶגְדּוֹ, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֵימָא לֵיהּ? דְּאִי אָמֵינָא לֵיהּ, אָמַר לִי: רֹוב עֲנִיִּים עוֹשִׂין כֵּן.

Rav Yosef dit à Rabbi Zeira : demande-le à Oula. S'il a collé à l'intérieur et qu'une torche est en face, qu'en est-il ?

Il lui dit : que lui dirais-je ? Si je le lui dis, il me dira : la plupart des pauvres font ainsi.

📜 Rachi (2)
וַאֲבוּקָה כְּנֶגְדּוֹ מִלְמַעְלָה וְחוֹם הָאֵשׁ לוֹהֵט בְּאִילְפָּס וּמְמַהֵר אֲפִייָּתוֹ מַהוּ מִי הָוֵי כְּעֵין תַּנּוּר אוֹ לֹא:
Par-dessus. La chaleur du feu brûle dans l'ilpas et hâte sa cuisson. Qu'en est-il : est-ce à la manière d'un four, ou non ?
רֹוב עֲנִיִּים עוֹשִׂין כָּל מַעֲשֵׂה אִילְפָּס כֵּן שֶׁאֵין לָהֶם עֵצִים וּבְכָךְ הוּא מְמַהֵר לֶאֱפוֹת:
Tout maaseh ilpas, ainsi. Ils n'ont pas de bois, et par là il hâte la cuisson.
💡 Explication

Deuxième question, de Rav Yosef. On colle la pâte dedans, et une avuka (torche) brûle en face. Rachi, dans la lecture de l'ilpas : le feu est au-dessus, la chaleur frappe la marmite et accélère la cuisson. Est-ce déjà un four ?

Rabbi Zeira refuse encore. Les pauvres, sans bois, cuisent tout le maaseh ilpas ainsi. Oula y verrait le même cas. Selon le Ri, au segment précédent : pâte collée dans un four qu'on n'a pas allumé, cuite par le feu d'en face.

11
אָמַר רַב אַסִּי: עִיסָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה, לְדִבְרֵי חֲכָמִים — חַיֶּיבֶת בְּחַלָּה.

Rav Assi dit : une pâte de maaser sheni, selon les paroles de Rabbi Meir, est exempte de la halla ; selon les paroles des Sages, elle est obligée en halla.

📜 Rachi (1)
לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר בְּפֶרֶק שֵׁנִי דְּקִדּוּשִׁין (דַּף נד:) מַעֲשֵׂר מָמוֹן גָּבוֹהַּ הוּא פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה כְּדִמְפָרֵשׁ דַּעֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּתִיב וְלֹא שֶׁל גָּבוֹהַּ:
Qui dit, au chapitre 2 de Kidouchin (54b), que le maaser est un bien du Ciel (mamon gavoah). Elle est exempte de la halla, comme on l'explique : il est écrit arisoteikhem (vos pâtes), et non celle du Ciel.
💡 Explication

Nouveau fil. Rav Assi : la pâte faite de maaser sheni. Rabbi Meir tient que le maaser est mamon gavoah, bien du Ciel (Kidouchin 54b). La halla est dite sur arisoteikhem, vos pâtes, celles de l'homme. La pâte du Ciel en est exclue : exempte.

Les Sages tiennent le maaser sheni pour le bien de son maître. La pâte est à lui : elle doit la halla.

🖼️ Schéma
Pâte de maaser sheni : halla ou non Rabbi Meir Le maaser est mamon gavoah, bien du Ciel. Kidouchin 54b. Arisoteikhem : vos pâtes. Exempte de la halla Sages Le maaser sheni est le bien de son maître. La pâte est la sienne. Obligée en halla Rav Assi aligne la halla sur le statut du maaser, mamon gavoah ou bien du propriétaire. Le verset parle des pâtes de l'homme, à l'exclusion de celles du Ciel.
Rabbi Meir : maaser, bien du Ciel, pâte exempte. Sages : bien du maître, pâte obligée.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).