Pesachim 38a - Matza de maaser sheni, halla, et le ho'il

Pesachim 38a

Sougya : La page ouvre sur la matza et l'etrog de maaser sheni. Rabbi Meir refuse qu'on s'en acquitte : le maaser est bien de la hauteur.

Les Sages l'accordent. Rav Pappa tient le verset pour la pâte et pour l'etrog, et le demande pour la matza.

Rava l'apprend par pain et pain, depuis la halla. Reish Lakish demande ensuite si la halla de ce maaser, à Jérusalem, acquitte.

Selon Rabbi Akiva, le heter dans les demeures et le "puisque" décident. Une autre version porte la question sur la halla achetée avec l'argent du maaser, selon Rabbi Yehuda, qui fait enterrer l'acheté impur.

Rava tient le nom de maaser pour un. La page ferme sur la halla de toda et les galettes du nazir : Rabba ouvre le verset.

Maaser sheni : à qui le verset le donne Rabbi Meir Sages Matza de Pessa'h Pas de mot "votre matza". Rava : pain et pain. On ne s'acquitte pas. On s'acquitte. Etrog, premier jour "Pour vous" : à vous. Rav Pappa l'accorde. On ne s'acquitte pas. On s'acquitte. Pâte, halla Arisoteikhem, deux fois. Rav Assi, fin de 37b. Exempte de halla. Obligée en halla. Rav Pappa : la pâte et l'etrog ont leur mot, "à vous". La matza n'a pas "votre matza". Rava comble par la gezera shava. Là-bas, pain du pays : à vous. Ici, le'hem oni : à vous.
Rabbi Meir et les Sages sur la matza, l'etrog et la pâte de maaser sheni. Rav Pappa accorde les versets de la pâte et de l'etrog. Rava apprend la matza par pain et pain.
Halla de maaser sheni à Jérusalem Reish Lakish : cette halla acquitte-t-elle comme matza ? Rabbi Yossi haGelili Le hullin est déjà exclu : il ne se mange pas dans l'aninut. La halla : on ne demande pas. Rabbi Akiva Il n'expose pas oni. Il exige un heter dans les demeures. Sans le "puisque" Hullin impur : on rachète, heter. On s'acquitte. Halla impure : combustion. Pas de heter. On ne s'acquitte pas. Avec le "puisque" Sans le nom de halla, l'impureté ouvrait le heter. Le nom n'ôte pas la matza. Maintenant aussi, on s'acquitte. Autre version : le "puisque" est acquis La question passe à la halla achetée avec l'argent du maaser. Sages : on rachète L'acheté impur saisit son pidyon. Même cas que le maaser. On ne demande pas. Rabbi Yehuda : on enterre Sainteté trop mince pour un pidyon. Un "puisque", ou deux ? Rava : le nom de maaser est un.
Reish Lakish : la halla de maaser sheni à Jérusalem. Rabbi Yossi haGelili ferme la question. Rabbi Akiva l'ouvre sur le heter, puis sur le "puisque". L'autre version passe à la halla achetée.
Un "puisque", ou deux Halla du maaser Un seul "puisque" : si l'on n'avait pas mis le nom. L'impureté, il peut la causer aussitôt. On le dit. Hullin acheté Un seul "puisque" : si ce n'était pas un achat. Le maaser d'origine a le heter. On le dit. Halla achetée Deux "puisque" : sans l'achat, et sans le nom. Rabbi Yehuda : l'impur s'enterre. Question ouverte. Rava : le nom de maaser est un On s'acquitte avec la halla comme avec le maaser. La halla achetée vient de lui. On ne la rend pas plus grave.
Un "puisque" pour la halla du maaser, un pour le hullin acheté. La halla achetée en demande deux. Rava : le nom de maaser est un, on s'acquitte.
1
מַצּוֹת שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — אֵין אָדָם יוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּפֶסַח, לְדִבְרֵי חֲכָמִים — יוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּפֶסַח.

Des matzot de maaser sheni : selon Rabbi Meir, on ne s'en acquitte pas de son obligation à Pessa'h ; selon les Sages, on s'en acquitte de son obligation à Pessa'h.

📜 Rachi (1)
וּמַצָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר כוּ' לְדִבְרֵי ר"מ אֵין אָדָם יוֹצֵא בָּהּ וַאֲפִילּוּ לָא דְּרֵישׁ עֹונִי לְשׁוֹן אֲנִינוּת בָּעֵינַן מַצָּה שֶׁלּוֹ וְלֹא שֶׁל גָּבוֹהַּ וּלְקַמָּן פָּרֵיךְ מִי כְּתִיב מַצַּתְכֶם:
Même s'il n'expose pas oni au sens d'aninut, il nous faut une matza à lui, et non celle de la hauteur. Plus loin, on objecte : est-il écrit "votre matza" ?
💡 Explication

Clause reprise ici. La matza faite de maaser sheni (seconde dîme). Rabbi Meir la tient pour un bien de la hauteur : on ne s'en acquitte pas à Pessa'h. Les Sages laissent cette matza acquitter.

Rachi : l'exigence d'une matza à soi tient même sans le derach de oni en aninut, le deuil du jour. L'objection vient plus loin : le verset ne dit pas "votre matza".

2
אֶתְרוֹג שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — אֵין יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב, לְדִבְרֵי חֲכָמִים — אָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב.

Un etrog de maaser sheni : selon Rabbi Meir, on ne s'en acquitte pas de son obligation le jour de fête ; selon les Sages, un homme s'en acquitte de son obligation le jour de fête.

💡 Explication

Même partage pour l'etrog de Soukot, le premier jour. Rabbi Meir : on ne s'en acquitte pas. Les Sages : on s'en acquitte. Le maaser sheni est le point commun des deux cas.

3
מַתְקִיף לַהּ רַב פָּפָּא: בִּשְׁלָמָא עִיסָּה, דִּכְתִיב ״עֲרִיסֹתֵיכֶם״ — מִשֶּׁלָּכֶם.

Rav Pappa l'attaque. Soit, pour la pâte : il est écrit "arisoteikhem", de ce qui est à vous.

💡 Explication

Rav Pappa attaque l'alignement de la matza sur la pâte et l'etrog. Pour la pâte, le verset de la halla dit arisoteikhem, vos pâtes : de ce qui est à vous. Si le maaser est bien de la hauteur, il sort de ce mot.

4
אֶתְרוֹג נָמֵי, דִּכְתִיב ״וּלְקַחְתֶּם לָכֶם״, ״לָכֶם״ — מִשֶּׁלָּכֶם יְהֵא. אֶלָּא מַצָּה, מִי כְּתִיב ״מַצַּתְכֶם״?

L'etrog aussi, car il est écrit "vous prendrez pour vous" : "pour vous", ce sera de ce qui est à vous. Mais la matza, est-il écrit "votre matza" ?

💡 Explication

L'etrog suit. Vayikra 23, 40 : ulkahtem lakhem. Lakhem veut dire : à vous. La matza n'a pas de mot pareil. Rav Pappa demande où est écrit matzatkhem.

5
אָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב יֵימַר בַּר שֶׁלֶמְיָא: אָתְיָא ״לֶחֶם״ ״לֶחֶם״. כְּתִיב הָכָא ״לֶחֶם עֹנִי״, וּכְתִיב הָתָם ״וְהָיָה בַּאֲכָלְכֶם מִלֶּחֶם הָאָרֶץ״. מַה לְהַלָּן — מִשֶּׁלָּכֶם, אַף כָּאן — מִשֶּׁלָּכֶם.

Rava dit, et certains disent Rav Yeimar bar Shelamya : cela s'apprend de "pain", "pain". Il est écrit ici "pain de pauvreté", et il est écrit là-bas "il arrivera, quand vous mangerez du pain du pays".

De même que là-bas, de ce qui est à vous, de même ici, de ce qui est à vous.

🗂️ Tossefot (1)
אָתְיָא לֶחֶם לֶחֶם הִקְשָׁה הר"י דאורלינ"ש כֵּיוָן דְּיָלְפִינַן לֶחֶם לֶחֶם דְּבָעֵינַן מַצָּה שֶׁלָּכֶם אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְעֵיל לִמְעוּטֵי שֶׁלֹּא יָצָא בְּטֶבֶל מִי שֶׁאִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם בַּל תֹּאכַל חָמֵץ כו' תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּבָעֵי' שֶׁלָּכֶם וְטֶבֶל אֵינוֹ שֶׁלָּכֶם דְּהָא אֶתְרוֹג שֶׁל דְּמַאי דְּמַכְשְׁרִי ב"ה בְּלוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף לה:) מְפָרֵשׁ הָתָם מִשּׁוּם דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר לְנִכְסֵיהּ וְהָוֵי עָנִי וַחֲזֵי לֵיהּ הַשְׁתָּא נָמֵי שֶׁלָּכֶם קָרֵינַן בֵּיהּ מַשְׁמַע דְּטֶבֶל גָּמוּר לָא חֲשִׁיב שֶׁלָּכֶם וְתַי' ר"י אֶתְרוֹג שֶׁל טֶבֶל לָא חֲשִׁיב שֶׁלּוֹ כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לִיתֵּן מִמֶּנּוּ לְכֹהֵן וּלְלֵוִי וּבָעֵינַן שֶׁיְּהֵא כָּל הָאֶתְרוֹג שֶׁלּוֹ אֲבָל מַצָּה שֶׁאִם אָכַל כָּל כָּךְ שֶׁאִם הָיָה נוֹתֵן מִמֶּנּוּ תְּרוּמָה אוֹ מַעֲשֵׂר מִמַּה שֶׁאָכַל אַכַּתִּי אָכַל שִׁיעוּר מַצָּה חֲשִׁיב שַׁפִּיר שֶׁלּוֹ וְרַשְׁבָּ"א תֵּירֵץ דְּאִיצְטְרִיךְ לְעֵיל קְרָא לְהֵיכָא שְׁמָהּ שֶׁיַּפְרִישׁ יִהְיֶה שֶׁלּוֹ כְּגוֹן אִם הוּא כֹּהֵן אוֹ לֵוִי אוֹ יִשְׂרָאֵל עָנִי וְנָטַל מִמֶּנּוּ כִּכָּר תְּרוּמָה וּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן דְּשֶׁלָּכֶם קָרֵינַן בֵּיהּ:
Le Ri d'Orléans objecte : puisque nous apprenons de pain à pain qu'il faut une matza "à vous", pourquoi a-t-il fallu, plus haut, un verset pour qu'on ne s'acquitte pas avec du tevel, celui dont l'interdit tient à "tu ne mangeras pas de hametz", etc. ? Qu'on le tire de l'exigence "à vous" : le tevel n'est pas "à vous". Car l'etrog de demai, que Beit Hillel valident dans le chapitre du loulav volé (Souka 35b), est expliqué là-bas : s'il le veut, il déclare ses biens hefker, il est pauvre, et cela lui est apte. Maintenant aussi, on l'appelle "à vous". Il en ressort que le tevel complet n'est pas tenu pour "à vous". Le Ri répond : un etrog de tevel n'est pas tenu pour sien, puisqu'il faut en donner au kohen et au lévi, et il nous faut que tout l'etrog soit à lui. Mais la matza : s'il a mangé assez pour que, en donnant de ce qu'il a mangé la teruma ou le maaser, il ait encore mangé la mesure de matza, elle compte bien comme sienne. Le Rashba répond : le verset d'en haut était nécessaire là où ce qu'il prélèvera sera à lui. Par exemple s'il est kohen, ou lévi, ou un Israël pauvre, et qu'il a pris de cela un pain de teruma et de premier maaser : on l'appelle "à vous".
💡 Explication

Rava, ou Rav Yeimar bar Shelamya, ferme le trou par une gezera shava (analogie de mots). Ici, le'hem oni. Là-bas, pour la halla, "quand vous mangerez du pain du pays". Pain et pain. Là-bas, la pâte doit être à vous. Ici, la matza aussi.

Tossefot, le Ri d'Orléans : si "à vous" écarte déjà ce qui n'est pas à soi, le verset du hametz qui sort le tevel (35b) semble de trop. L'etrog de demai, validé par Beit Hillel parce qu'on peut tout déclarer hefker, montre que le tevel complet n'est pas "à vous".

Le Ri sépare les cas. L'etrog doit être entier à soi : la part du kohen et du lévi l'empêche. La matza peut garder son shiur (mesure) après teruma et maaser. Le Rashba garde le verset pour le kohen, le lévi ou l'Israël pauvre, quand le prélèvement lui-même est à lui.

🖼️ Schéma
Gezera shava : pain et pain Ici : la matza "Pain de pauvreté" le'hem oni Devarim 16 Là-bas : la halla "Du pain du pays" de ce qui est à vous Bamidbar 15 le'hem / le'hem Même règle ici : la matza de la mitsva doit être à vous.
Pain et pain : la halla exige une pâte à vous. La matza de le'hem oni suit.
6
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: עִיסָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: חַיֶּיבֶת. לֵימָא מְסַיֵּיעַ?! הַייְנוּ הָךְ!

Disons que ceci l'appuie. Une pâte de maaser sheni est exempte de la halla, paroles de Rabbi Meir.

Et les Sages disent : elle y est obligée. Disons que ceci l'appuie ?

C'est cela même !

💡 Explication

La baraïta sur la pâte de maaser sheni répète Rav Assi, à la fin de 37b. Rabbi Meir exempte de la halla. Les Sages obligent. "Disons que ceci l'appuie" étonne : c'est le même enseignement.

7
הָכִי קָאָמַר (לֵיהּ): לֵימָא מִדִּפְלִיגִי בְּעִיסָּה, בְּהָנָךְ נָמֵי פְּלִיגִי. אוֹ דִּילְמָא, שָׁאנֵי הָתָם דִּכְתִיב ״עֲרִיסֹתֵיכֶם״ ״עֲרִיסֹתֵיכֶם״ תְּרֵי זִימְנֵי.

Voici ce qu'il dit. Disons que, puisqu'ils divergent sur la pâte, ils divergent aussi sur ceux-là.

Ou bien, là-bas le cas diffère, car il est écrit "arisoteikhem", "arisoteikhem", deux fois.

📜 Rachi (2)
הָכִי קָאָמַר לֵימָא מְסַייְּעָא הָא לְכָל מִילְּתֵיהּ דְּרַב אַסִּי דְּמִדֻּבַּהָא פְּלִיגִי בְּאֶתְרוֹג נָמֵי פְּלִיגִי:
Disons que ceci appuie toute la parole de Rav Assi : puisqu'ils divergent sur ceci, ils divergent aussi sur l'etrog.
תְּרֵי זִימְנֵי אֲבָל הָתָם לָכֶם לִמְעוּטֵי שָׁאוּל וְגָזוּל אֲבָל אֶתְרוֹג שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי הַאי דְּאִיתְיְהִיב לֵיהּ לַאֲכִילָה נָפֵיק בֵּיהּ וַאֲפִילּוּ לר"מ:
Mais là-bas, "pour vous" sert à exclure l'emprunté et le volé. Quant à l'etrog de maaser sheni, celui qui lui a été donné pour être mangé, on s'en acquitte avec lui, même selon Rabbi Meir.
💡 Explication

Le "disons" ne répète pas. Il étend. S'ils divergent sur la pâte, divergent-ils aussi sur la matza et l'etrog ? Rachi lit ainsi tout l'enseignement de Rav Assi.

Autre lecture : la pâte est à part. Arisoteikhem est écrit deux fois, et ce double mot exige une propriété pleine. Rachi, de ce côté : pour l'etrog, lakhem ne vise que l'emprunté et le volé. L'etrog de maaser sheni, donné à manger, acquitterait même selon Rabbi Meir.

8
בָּעֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַהוּ שֶׁיֵּצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּחַלָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם? אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי — לָא תִּיבָּעֵי לָךְ, הַשְׁתָּא בְּחֻולִּין לָא נָפֵיק, בְּחַלָּתוֹ מִיבַּעְיָא?! כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא.

Rabbi Shimon ben Lakish a demandé : un homme peut-il s'acquitter de son obligation avec la halla du maaser sheni à Jérusalem ? Selon Rabbi Yossi haGelili, ne le demande pas.

Maintenant que, avec le hullin, on ne s'acquitte pas, avec sa halla faudrait-il le demander ? Quand tu le demandes, c'est selon Rabbi Akiva.

📜 Rachi (3)
דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי דְּאָמַר לְעֵיל יָצָא זֶה שֶׁאֵינוֹ נֶאֱכָל בַּאֲנִינוּת:
Qui a dit plus haut : en sort celui qui ne se mange pas dans l'aninut.
בְּחֻולִּין לְאַחַר שֶׁנִּטְּלָה חַלָּתוֹ לָא נָפֵיק בְּחֻולִּין דִּידֵיהּ:
Après qu'on en a prélevé la halla, on ne s'acquitte pas avec son hullin à lui.
כִּי תִּיבָּעֵי לָךְ לר"ע דְּלָא דְּרֵישׁ אוֹנִי וּמִיהוּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת בָּעֵי כִּדְמִיעֵט לְעֵיל בִּכּוּרִים מֵהַאי טַעְמָא וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי רִיבָּה מִשּׁוּם דְּאִית בֵּיהּ הֶיתֵּר מוֹשָׁבוֹת אַפֵּי' לְאַחַר שֶׁנִּכְנַס לִירוּשָׁלַיִם אִם נִטְמָא כְּרַבִּי אֶלְעָזָר:
Qui n'expose pas oni. Toutefois il exige une permission dans les demeures, comme on a exclu plus haut les bikkurim pour cette raison. Le maaser sheni, il l'a inclus, parce qu'il y a en lui une permission dans les demeures, même après qu'il est entré à Jérusalem, s'il est devenu impur, selon Rabbi Elazar.
💡 Explication

Rabbi Shimon ben Lakish demande si la halla prélevée sur une pâte de maaser sheni, à Jérusalem, acquitte comme matza.

Selon Rabbi Yossi haGelili, la question ne s'ouvre pas. Le hullin du maaser, une fois la halla prise, est déjà exclu : il ne se mange pas dans l'aninut. La halla suit.

La question est celle de Rabbi Akiva. Il n'expose pas oni. Il exige un heter dans les demeures, celui qui a inclus le maaser sheni et exclu les bikkurim (36b). Rachi nomme Rabbi Elazar : devenu impur, le maaser se rachète même à Jérusalem.

9
בְּחֻולִּין הוּא דְּנָפֵיק — דְּאִי מִיטַּמּוּ יֵשׁ לָהֶן הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת. אֲבָל חַלָּה, דְּאִי מִטַּמְּיָא לֵית לַהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת, וְלִשְׂרֵיפָה אָזְלָא — לָא נָפֵיק.

C'est avec le hullin qu'on s'acquitte, car s'ils deviennent impurs, ils ont une permission dans les demeures. Mais la halla : si elle devient impure, elle n'a pas de permission dans les demeures, et elle va à la combustion.

On ne s'en acquitte pas.

📜 Rachi (1)
לִשְׂרֵיפָה אָזְלָה דִּתְרוּמָה טְמֵאָה אֲסוּרָה בַּאֲכִילָה וּבְעוֹדָהּ טְהוֹרָה אֵין לָהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת מִשּׁוּם דְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי הוּא וּבָתַר דִּקְלָטוּהָ מְחִיצּוֹת לֵית לֵיהּ פְּדִיָּיה:
Une teruma impure est interdite à manger. Et tant qu'elle est pure, elle n'a pas de permission dans les demeures, parce que c'est du maaser sheni. Et après que les cloisons l'ont retenue, il n'a plus de rachat.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל חַלָּתוֹ דְּאִי מְטַמְּיָא זוֹ הַסֻּוגְיָא כמ"ד (מַכּוֹת דַּף כ.) מְחִיצָּה לִקְלֹוט דְּאוֹרָייְתָא דְּאִי מִדְּרַבָּנָן יֵשׁ לָהּ הֶיתֵּר מוֹשָׁבוֹת דְּאִי יָצְאָה חוּץ לִמְחִיצָּה נִפְדֵּית אֲפִילּוּ טְהוֹרָה אִי נָמֵי כֵּיוָן דְּמִדְּרַבָּנָן אֵין לָהֶם פְּדִיָּיה לָא חֲשִׁיב נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשָׁבוֹת:
Cette sougya suit celui qui dit (Makkot 20a) que la cloison qui retient est d'ordre toranique. Si c'était d'ordre rabbinique, elle aurait une permission dans les demeures : si elle sortait hors de la cloison, elle se rachèterait même pure. Ou bien : puisque, d'ordre rabbinique, ils n'ont pas de rachat, on ne tient pas cela pour mangé dans toutes les demeures.
💡 Explication

Côté restrictif, selon Rabbi Akiva. Le hullin du maaser sheni acquitte : devenu impur, on le rachète, et il a un heter dans les demeures. La halla, devenue impure, ne se rachète pas. Une teruma impure se brûle.

Rachi : tant qu'elle est pure, les cloisons de Jérusalem l'ont retenue, mehitsa liklot. Plus de pidyon. Pas de heter. On ne s'en acquitte pas.

Tossefot : la sougya suit une retenue d'ordre toranique (Makkot 20a). Si elle n'était que rabbinique, sortir de la cloison ouvrirait le rachat même en état pur. Autre réponse : un rachat refusé par les rabbins ne compte pas comme mangé dans toutes les demeures.

🖼️ Schéma
Impur : hullin du maaser, ou sa halla Hullin Devenu impur : on rachète, même à Jérusalem. Heter dans les demeures. On s'acquitte. Halla Pure : les cloisons l'ont retenue. Plus de pidyon. Impure : elle va au feu. On ne s'acquitte pas. Autre côté : "puisque", sans le nom, le heter existait.
Le hullin impur se rachète et acquitte. La halla impure va au feu et n'acquitte pas.
10
אוֹ דִּילְמָא: אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִילּוּ לֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם וְאִיטַּמַּי — אִית לָהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת, וְנָפֵיק בָּהּ, הַשְׁתָּא נָמֵי נָפֵיק.

Ou bien, nous disons "puisque" : si l'on n'avait pas appelé sur elle le nom, et qu'elle était devenue impure, elle a une permission dans les demeures, et l'on s'en acquitte. Maintenant aussi, on s'en acquitte.

📜 Rachi (1)
אוֹ דִּילְמָא הוֹאִיל וְאִילּוּ לֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם חַלָּה אִית לָהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת אִם נִטְמָא וְנָפֵיק הָשְׁתָּא נָמֵי לֹא פָּקַע תּוֹרַת מַצָּה מִינָּהּ מִשּׁוּם קְרִיאַת שֵׁם חַלָּה דְּהָא חַלָּה בְּעָלְמָא לָא נָפְקָא מִכְּלַל מַצָּה כְּדִתְנַן מַתְנִיתִין וְהַכֹּהֲנִים בְּחַלָּה אֶלָּא הָא לְחוּדָהּ מִשּׁוּם דַּאֲסוּרָה לֵיהּ בְּמוֹשָׁבוֹת וְאָמְרִינַן הוֹאִיל וְנָפֵיק:
Si elle est devenue impure, et l'on s'en acquitte. Maintenant aussi, le statut de matza ne la quitte pas à cause de l'appel du nom de halla. Car une halla ordinaire ne sort pas de la catégorie de la matza, comme l'enseigne notre michna : "et les kohanim, avec la halla". Celle-ci seule, parce qu'elle lui est interdite dans les demeures. Et nous disons "puisque", et l'on s'acquitte.
🗂️ Tossefot (1)
אוֹ דִּילְמָא הוֹאִיל וְאִילּוּ לָא קָרֵי לָהּ שֵׁם תֵּימַהּ לר"י אִי אָמְרַתְּ הוֹאִיל א"כ בִּכּוּרִים נָמֵי נֶאֱכָלִין בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם הוֹאִיל וְלָא קָרֵי לֵיהּ שֵׁם וי"ל דְּלָא דָּמֵי דְּשֵׁם בִּכּוּרִים אֵינוֹ נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם אֲבָל הָכָא שֵׁם חַלָּה נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם וְכֵן שֵׁם מַעֲשֵׂר לְחוּדֵיהּ נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם הִלְכָּךְ בְּחַלַּת מַעֲשֵׂר אָמַר שַׁפִּיר הוֹאִיל וְלָא קָרֵי לָהּ שֵׁם וְעוֹד הִקְשָׁה אִי אָמְרַתְּ הוֹאִיל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי נָמֵי נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם הוֹאִיל וְלֹא הֶעֱלָהוּ לִירוּשָׁלַיִם וְאַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְאוֹקְמָא לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף לוֹ:) כְּרַבִּי אֶלְעָזָר וְי"ל דְּאִי לָאו מִשּׁוּם דְּר' אֶלְעָזָר לָא חֲשִׁיב שֵׁם מַעֲשֵׂר שֵׁנִי נֶאֱכָל בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם מִשּׁוּם דְּהוֹאִיל וְלֹא הֶעֱלָהוּ לִירוּשָׁלַיִם כְּמוֹ שֶׁאֵין לוֹמַר הוֹאִיל וְלֹא קָרָא לוֹ שֵׁם מַעֲשֵׂר:
Le Ri s'étonne : si tu dis "puisque", les bikkurim aussi se mangent dans toutes vos demeures, puisqu'on ne lui a pas appelé le nom. On répond : les cas diffèrent. Le nom de bikkurim ne se mange pas dans toutes vos demeures. Ici, le nom de halla se mange dans toutes vos demeures, et de même le nom de maaser à lui seul se mange dans toutes vos demeures. C'est pourquoi, pour la halla de maaser, on dit bien "puisque on ne lui a pas appelé le nom". Il objecte encore : si tu dis "puisque", le maaser sheni aussi se mange dans toutes vos demeures, puisqu'on ne l'a pas monté à Jérusalem. Pourquoi a-t-il fallu l'établir plus haut (Pessahim 36b) selon Rabbi Elazar ? On répond : sans Rabbi Elazar, on ne tient pas le nom de maaser sheni pour mangé dans toutes vos demeures au titre de "puisque on ne l'a pas monté à Jérusalem", comme on ne dit pas "puisque on ne lui a pas appelé le nom de maaser".
💡 Explication

Autre côté : le ho'il, "puisque". Si l'on n'avait pas nommé cette pâte halla, et qu'elle fût devenue impure, elle aurait le heter, et elle acquitterait. Le nom de halla n'ôte pas le statut de matza : la michna acquitte les kohanim avec une halla ordinaire. Seule l'absence de heter dans les demeures arrêtait. Le "puisque" la lève.

Tossefot, le Ri : on ne transporte pas ce "puisque" aux bikkurim. Leur nom ne se mange pas hors de Jérusalem. Le nom de halla, et le maaser seul, si. Second point : le maaser non monté à Jérusalem aurait aussi un "puisque". Sans Rabbi Elazar, ce "puisque" ne suffit pas, pas plus que "puisque on ne lui a pas donné le nom de maaser".

11
אִיכָּא דְאָמְרִי: הָא וַדַּאי לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, דְּוַדַּאי אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״. כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ חַלָּה הַלָּקוּחַ בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר שֵׁנִי.

Certains disent : ceci, certes, ne le demande pas, car nous disons certainement "puisque". Quand tu le demandes, c'est une halla achetée avec l'argent du maaser sheni.

📜 Rachi (1)
הַלָּקוּחַ בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם כְּדִכְתִיב וְנָתַתָּה הַכֶּסֶף בְּכֹל אֲשֶׁר תְּאַוֶּה נַפְשְׁךָ וְגוֹ':
À Jérusalem, comme il est écrit : "tu donneras l'argent pour tout ce que ton âme désire", etc.
💡 Explication

Autre version. Le "puisque" de la halla du maaser est tenu pour certain. La question se déplace : une halla achetée à Jérusalem avec l'argent du maaser sheni. Rachi cite le verset : tu donneras l'argent pour tout ce que ton âme désire.

12
וְאַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, כֵּיוָן דְּאָמְרִי יִפְדֶּה — הַייְנוּ מַעֲשֵׂר. כִּי תִּיבָּעֵי לָךְ, אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר — יִקָּבֵר.

Et selon les Sages, ne le demande pas. Puisqu'ils disent qu'on le rachète, c'est identique au maaser.

Quand tu le demandes, c'est selon Rabbi Yehuda, qui a dit : on l'enterrera.

📜 Rachi (2)
וְאַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה וְאָמְרִי לָקוּחַ בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר שֶׁנִּטְמָא יִפָּדֶה דְּאַלִּימָא לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנוֹ לָא תִּיבָּעֵי לָךְ דְּאַף עַל גַּב דְּהַךְ חַלָּה לֵית לַהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת דְּכָל זְמַן שֶׁלֹּא נִטְמָא אֵין לָהּ פְּדִיָּיה בִּירוּשָׁלַיִם וּמִשֶּׁנִּטְמָא שׁוּב אֵין לָהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה דְּהָא חַלָּה הִיא אֲפִילּוּ הָכֵי אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִילּוּ לֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם הֲוָה לָהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת עַל יְדֵי טֻומְאָה דְּנָפֵיק בָּהּ אַף בִּירוּשָׁלַיִם הַשְׁתָּא נָמֵי נָפֵיק כְּדַאֲמָרָן בְּמַעֲשֵׂר גּוּפֵיהּ:
Qui divergent de Rabbi Yehuda et disent : l'acheté avec l'argent du maaser, devenu impur, se rachètera, car il est fort pour saisir son rachat. Ne le demande pas. Même si cette halla n'a pas de permission dans les demeures, car tant qu'elle n'est pas devenue impure elle n'a pas de rachat à Jérusalem, et une fois devenue impure elle n'a plus de permission de manger, puisqu'elle est halla, malgré cela nous disons "puisque" : si l'on n'avait pas appelé sur elle le nom, elle aurait eu une permission dans les demeures par l'impureté, de sorte qu'on s'en acquitte même à Jérusalem. Maintenant aussi, on s'en acquitte, comme nous l'avons dit pour le maaser lui-même.
יִקָּבֵר כָּל לָקוּחַ בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁנִּטְמָא מִשּׁוּם דִּקְלִישָׁא קְדֻושְׁתֵּיהּ וְלָא אַלִּים לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנֵיהּ וְאִי נָמֵי לֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם חַלָּה לָא הֲוָה לֵיהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת:
Tout acheté avec l'argent du maaser sheni qui est devenu impur, parce que sa sainteté est mince, et il n'est pas fort pour saisir son rachat. Même si l'on n'avait pas appelé sur lui le nom de halla, il n'aurait pas de permission dans les demeures.
💡 Explication

Selon les Sages, pas de question. L'acheté devenu impur se rachète : il est assez fort pour saisir son pidyon. Le cas rejoint le maaser lui-même, et le "puisque" joue.

La question est Rabbi Yehuda : l'acheté devenu impur s'enterre. Sa sainteté est trop mince pour un second rachat. Même sans le nom de halla, pas de heter dans les demeures.

13
דִּתְנַן: הַלָּקוּחַ בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁנִּטְמָא — יִפְדֶּה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יִקָּבֵר.

Car nous avons appris : l'acheté avec l'argent du maaser sheni qui est devenu impur, on le rachètera. Rabbi Yehuda dit : on l'enterrera.

🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר יִקָּבֵר טַעְמֵיהּ דְּר' יְהוּדָה מִשּׁוּם דְּדָרֵישׁ כֶּסֶף רִאשׁוֹן וְלֹא כֶּסֶף שֵׁנִי וּלְכָךְ אֵינוֹ נִפְדֶּה לָקוּחַ טָהוֹר בְּרִחוּק מָקוֹם וה"ה שֶׁאֵין נִפְדֶּה טָמֵא בְּקָרוֹב מָקוֹם דְּתַרְוַייְהוּ מֵחַד קְרָא נָפְקִי מִלֹּא תּוּכַל שְׂאֵתוֹ וְרַבָּנָן לָא דָּרְשִׁי כֶּסֶף רִאשׁוֹן וְלֹא כֶּסֶף שֵׁנִי וְסָבְרִי דְּלָקוּחַ טָהוֹר נִפְדֶּה בְּרִחוּק מָקוֹם וה"ה טָמֵא בְּקָרוֹב מָקוֹם וְקָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דִּבְרֵישׁ אֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף מט.) פָּרִיךְ וְלֹא מָצִינוּ שֶׁטָּפֵל חָמוּר מִן הָעִיקָּר וַהֲרֵי מַעֲשֵׂר הוּא נִפְדֶּה וְלָקוּחַ אֵינוֹ נִפְדֶּה דִּתְנַן הַלָּקוּחַ שֶׁנִּטְמָא יִפְדֶּה נִטְמָא אִין לֹא נִטְמָא לָא וְהַיְינוּ בְּרִחוּק מָקוֹם דכה"ג מַעֲשֵׂר עַצְמוֹ נִפְדֶּה ובע"א לָא הָוֵי טָפֵל חָמוּר מִן הָעִיקָּר אַלְמָא לָקוּחַ לְרַבָּנָן נָמֵי אֵינוֹ נִפְדֶּה טָהוֹר בְּרִחוּק מָקוֹם וְתֵירֵץ רִ"י דְּהָתָם מַיְירֵי מִדְּרַבָּנָן:
La raison de Rabbi Yehuda : il expose "premier argent", et non "second argent". C'est pourquoi l'acheté pur ne se rachète pas loin du lieu, et de même l'impur ne se rachète pas près du lieu, car les deux sortent d'un seul verset, "tu ne pourras pas le porter". Les Sages n'exposent pas "premier argent et non second argent". Ils tiennent que l'acheté pur se rachète loin du lieu, et de même l'impur près du lieu. Le Rashba objecte. Au début de Ezehou mekoman (Zevahim 49a), on objecte : nous n'avons pas trouvé qu'un accessoire soit plus grave que le principal. Or le maaser se rachète, et l'acheté ne se rachète pas, car nous avons appris : l'acheté qui est devenu impur se rachètera. Devenu impur, oui ; non devenu impur, non. Et c'est loin du lieu, car dans un cas pareil le maaser lui-même se rachète, et autrement l'accessoire ne serait pas plus grave que le principal. Il en ressort que, selon les Sages aussi, l'acheté pur ne se rachète pas loin du lieu. Le Ri répond : là-bas, il s'agit d'un décret rabbinique.
💡 Explication

La michna de Maaser Sheni. L'acheté avec l'argent du maaser, devenu impur : les Sages, on le rachète. Rabbi Yehuda, on l'enterre.

Tossefot. Rabbi Yehuda expose kesef rishon, le premier argent, et non kesef sheni, l'argent d'un second rachat. L'acheté pur ne se rachète pas loin de Jérusalem. L'impur ne se rachète pas près. Les deux sortent de "tu ne pourras pas le porter". Les Sages ne font pas cette exposition : l'acheté pur se rachète loin, l'impur près.

Le Rashba cite Zevahim 49a : un accessoire plus grave que le principal. Là-bas, même les Sages semblent refuser le rachat de l'acheté pur loin du lieu. Le Ri : cette discussion parle d'ordre rabbinique.

14
מִי אָמְרִינַן: הוֹאִיל וְאִי לָא לָקוּחַ הָוֵי, וְהוֹאִיל וְלֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם וְאִיטַּמַּי — יֵשׁ לוֹ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת, וְנָפֵיק בֵּיהּ, הַשְׁתָּא נָמֵי נָפֵיק בֵּיהּ.

Disons-nous : puisque, s'il n'avait pas été un achat, et puisque, si l'on n'avait pas appelé sur lui le nom et qu'il était devenu impur, il a une permission dans les demeures, et l'on s'en acquitte avec lui. Maintenant aussi, on s'en acquitte avec lui.

📜 Rachi (1)
מַאי מִי אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִי לָאו לָקוּחַ הוּא כְּלוֹמַר הוֹאִיל וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי גּוּפֵיהּ דְּאָתֵי הַאי מֵחֲמָתֵיהּ וְקִיל הַאי מִינֵּיהּ נָפְקִינַן בְּמַצָּה דִּידֵיהּ דְּאִית לֵיהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת עַל יְדֵי טֻומְאָה וְהָא דְּלֵית לֵיהּ הֶיתֵּר לְהַאי לָאו חוּמְרָא הוּא לְגַבֵּיהּ אֶלָּא קֻולָּא הוּא מִשּׁוּם דְּלָא אַלִּים לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנוֹ הִלְכָּךְ לָא חֲמִיר כִּדְמֵעִיקָּרָא וְאִי מִשּׁוּם דְּחַלָּה הוּא וּבְלָאו לָקוּחַ נָמֵי לֵית לֵיהּ הֶיתֵּר הָכָא נָמֵי נֵימָא הוֹאִיל אַחַרְיַנָא הוֹאִיל וְאִילּוּ לֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם וְלֹא לָקוּחַ הוּא:
C'est-à-dire : puisque le maaser sheni lui-même, du fait duquel celui-ci vient, et que celui-ci est plus léger que lui, on s'acquitte avec sa matza à lui, qui a une permission dans les demeures par l'impureté. Et ce que celui-ci n'a pas de permission, c'est une koula à son égard, parce qu'il n'est pas fort pour saisir son rachat. Sa gravité ne dépasse donc pas celle de l'origine. Et si c'est parce qu'il est halla, et que même sans être un achat il n'a pas de permission, ici aussi nous dirons un autre "puisque" : puisque, si l'on n'avait pas appelé sur lui le nom, et qu'il n'était pas un achat.
💡 Explication

La question, selon Rabbi Yehuda. Deux ho'il s'empilent. Puisque, si ce n'était pas un achat : le maaser d'origine a un heter par l'impureté. Puisque, si l'on n'avait pas nommé la halla et que ce fût devenu impur : le heter existerait. Maintenant aussi, on s'en acquitterait.

Rachi : l'acheté est plus léger que le maaser dont il vient. L'absence de rachat est une koula (indulgence) : la sainteté est trop faible pour saisir un pidyon. Elle ne le charge pas au-delà de l'origine. Reste le nom de halla, qui demande un second "puisque".

15
אוֹ דִּילְמָא: חַד ״הוֹאִיל״ אָמְרִינַן, תְּרֵי ״הוֹאִיל״ לָא אָמְרִינַן? אָמַר רָבָא: מִסְתַּבְּרָא שֵׁם מַעֲשֵׂר חַד הוּא.

Ou bien : un seul "puisque", nous le disons ; deux "puisque", nous ne le disons pas ? Rava dit : il est logique que le nom de maaser soit un.

📜 Rachi (2)
אוֹ דִּילְמָא חַד הוֹאִיל אָמְרִינַן כְּגוֹן חַלַּת מַעֲשֵׂר גּוּפֵיהּ דְּלָא נָפְקִי בָּהּ אֶלָּא ע"י הוֹאִיל וְאִי לֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם אִי נָמֵי חֻולִּין שֶׁל לָקוּחַ לָא נָפְקִי בָּהּ אֶלָּא ע"י הוֹאִיל וְאִי לָאו לָקוּחַ הוּא הָתָם אָמְרִינַן הוֹאִיל וְשָׁרִי אֲבָל חַלַּת לָקוּחַ דְּבָעֵי תְּרֵי הוֹאִיל לָא אָמְרִי' וא"ת בְּחַלַּת מַעֲשֵׂר גּוּפֵיהּ נָמֵי תְּרֵי הוֹאִיל אִיכָּא הוֹאִיל וְאִי לֹא קָרָא עָלֶיהָ שֵׁם וְהוֹאִיל וְאִי מִיטַּמֵּא פָּרֵיק לָהּ וְאִית לֵיהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת הָכָא לָא קָרֵינָא הוֹאִיל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת לִגְרוֹם לָהּ טֻומְאָה מִיָּד וּפָרֵיק:
Par exemple la halla du maaser lui-même, avec laquelle on ne s'acquitte que par "puisque, si l'on n'avait pas appelé sur elle le nom". Ou bien le hullin de l'acheté, avec lequel on ne s'acquitte que par "puisque, s'il n'était pas un achat". Là, nous disons "puisque", et c'est permis. Mais la halla de l'acheté, qui demande deux "puisque", nous ne le disons pas. Et si tu dis : dans la halla du maaser lui-même aussi il y a deux "puisque", "puisque si l'on n'avait pas appelé sur elle le nom", et "puisque si elle devient impure on la rachète et elle a une permission dans les demeures". Ici nous n'appelons pas cela "puisque" : c'est une chose qu'il a en main de faire, provoquer aussitôt l'impureté, et racheter.
מִסְתַּבְּרָא שֵׁם מַעֲשֵׂר חַד הוּא וְכִי הֵיכִי דְּנָפֵיק בְּמַעֲשֵׂר גּוּפֵיהּ נָפֵיק בְּחַלָּתוֹ הוֹאִיל וְשֵׁם חַלָּה לָא נָפֵיק בְּעָלְמָא מִכְּלַל מַצָּה וְנָפֵיק נָמֵי בְּחַלַּת הַלָּקוּחַ דְּהָא מִכֹּחַ מַעֲשֵׂר בָּאָה וְלָא מַחְמְרִינַן לֵיהּ מִינֵּיהּ:
Et de même qu'on s'acquitte avec le maaser lui-même, on s'acquitte avec sa halla, puisque le nom de halla, en général, ne sort pas de la catégorie de la matza. On s'acquitte aussi avec la halla de l'acheté, car elle vient par la force du maaser, et nous ne la rendons pas plus grave que lui.
💡 Explication

Ou bien un seul "puisque" se dit, et deux ne se disent pas. La halla du maaser : un seul. Le hullin de l'acheté : un seul. La halla de l'acheté en demande deux.

Rachi : provoquer l'impureté et racheter est en son pouvoir, aussitôt. Il ne range pas cela parmi les ho'il. Rava : le nom de maaser est un. On s'acquitte avec la halla comme avec le maaser, et avec la halla de l'acheté, qui vient de lui. Le nom de halla, à lui seul, laisse la matza en place.

🖼️ Schéma
Un "puisque", ou deux Halla du maaser Un seul "puisque" : si l'on n'avait pas mis le nom. L'impureté, il peut la causer aussitôt. On le dit. Hullin acheté Un seul "puisque" : si ce n'était pas un achat. Le maaser d'origine a le heter. On le dit. Halla achetée Deux "puisque" : sans l'achat, et sans le nom. Rabbi Yehuda : l'impur s'enterre. Question ouverte. Rava : le nom de maaser est un On s'acquitte avec la halla comme avec le maaser. La halla achetée vient de lui. On ne la rend pas plus grave.
Un "puisque" se dit. Deux restent en question. Rava : un seul nom de maaser, on s'acquitte.
16
חַלַּת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר וְכוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבָּה: דְּאָמַר קְרָא

Halla de toda et galettes de nazir, etc. D'où ces paroles ?

Rabba dit : car le verset dit.

🗂️ Tossefot (1)
חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר נִרְאֶה לר"י כְּפֵ"ה דְּמַייְרֵי שֶׁלֹּא נִשְׁחַט עֲלֵיהֶם הַזֶּבַח וְלֹא הֻוקְדְּשׁוּ דְּאִי הֻוקְדְּשׁוּ תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּבָעֵינַן מַצַּתְכֶם דְּגָמְרִינַן לְעֵיל לֶחֶם לֶחֶם וְעוֹד דְּקָאָמַר לִמְכֹּור בַּשּׁוּק יוֹצְאִין בָּהֶן מַשְׁמַע דִּבְלֹא הֻוקְדְּשׁוּ מַייְרֵי וה"פ מַצָּה הַמִּשְׁתַּמֶּרֶת לְשֵׁם מַצָּה יָצְאָה זוֹ שֶׁמִּשְׁתַּמֶּרֶת לְשֵׁם זֶבַח כְּשֶׁיַּקְדִּישֶׁנָּה וְכֵן שֶׁאֵין נֶאֱכָלִין אֶלָּא לְיוֹם אֶחָד אַקְּרָא דְּמִשְׁתַּמֶּרֶת סְמִיךְ דְּבָעֵינַן שֶׁתְּהֵא נִשְׁמֶרֶת לְשֵׁם שִׁבְעָה וְהָא דְּפָרִיךְ וְתִיפּוֹק לֵיהּ שֶׁאֵין נֶאֱכָלִין בַּאֲנִינוּת וְשֶׁאֵין נֶאֱכָלִין בְּכָל מוֹשָׁבוֹת ה"פ שֶׁאֵין נַעֲשֶׂה לֶאֱכֹול בְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם וְלֶאֱכֹול בַּאֲנִינוּת וְהָא דְּלָא פָּרֵיךְ שֶׁאֵין נַעֲשֶׂה לִהְיוֹת מַצַּתְכֶם אֶלָּא לְגָבוֹהַּ כֵּיוָן דְּלָא כְּתַב בְּהֶדְיָא פָּסוּל דְּמַצַּתְכֶם לֹא שַׁיָּיךְ לְמִיפְרַךְ הָכִי:
Il apparaît au Ri, comme le commentaire, qu'il s'agit d'un cas où le sacrifice n'a pas été abattu pour elles, et où elles n'ont pas été consacrées. Si elles avaient été consacrées, on le tirerait déjà de ce qu'il nous faut "votre matza", que nous apprenons plus haut de pain à pain. De plus, il dit : pour vendre au marché, on s'en acquitte. Cela montre qu'il s'agit d'un cas où elles n'ont pas été consacrées. Voici le sens : une matza gardée pour le nom de matza. En sort celle-ci, gardée pour le nom du sacrifice, pour quand on la consacrera. De même, "qui ne se mangent qu'un jour" s'appuie sur le verset de "gardée" : il nous faut qu'elle soit gardée pour sept jours. Et ce qu'on objecte, "qu'on le tire de ce qu'elles ne se mangent pas dans l'aninut, et qu'elles ne se mangent pas dans toutes les demeures" : le sens est qu'elles ne sont pas faites pour être mangées dans toutes vos demeures, ni pour être mangées dans l'aninut. Et ce qu'on n'objecte pas, "elles ne sont pas faites pour être votre matza, mais pour la hauteur" : puisque l'invalidité de "votre matza" n'est pas écrite explicitement, il n'y a pas lieu d'objecter ainsi.
💡 Explication

Nouvelle clause de la michna. Halla de toda, galettes du nazir. D'où l'exclusion ? Rabba ouvre le verset. La suite est au daf suivant.

Tossefot, le Ri, avec Rachi : ces pains n'ont pas encore reçu l'abattage du sacrifice, et ils ne sont pas consacrés. S'ils l'étaient, "votre matza", appris de pain à pain, suffirait. La michna le montre : faits pour la vente au marché, ils acquittent.

Le sens : une matza gardée pour le nom de matza. En sort celle qui est gardée pour le sacrifice, le jour où on la consacrera. "Un seul jour" s'appuie sur le même mot : il la faut gardée pour sept jours. L'objection sur l'aninut et sur toutes les demeures vise ce pour quoi elles sont faites. L'invalidité de matzatkhem n'étant pas écrite en clair, l'objection "pour la hauteur" ne se pose pas.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).