Sougya : La page ouvre sur la matza et l'etrog de maaser sheni. Rabbi Meir refuse qu'on s'en acquitte : le maaser est bien de la hauteur.
Les Sages l'accordent. Rav Pappa tient le verset pour la pâte et pour l'etrog, et le demande pour la matza.
Rava l'apprend par pain et pain, depuis la halla. Reish Lakish demande ensuite si la halla de ce maaser, à Jérusalem, acquitte.
Selon Rabbi Akiva, le heter dans les demeures et le "puisque" décident. Une autre version porte la question sur la halla achetée avec l'argent du maaser, selon Rabbi Yehuda, qui fait enterrer l'acheté impur.
Rava tient le nom de maaser pour un. La page ferme sur la halla de toda et les galettes du nazir : Rabba ouvre le verset.
Des matzot de maaser sheni : selon Rabbi Meir, on ne s'en acquitte pas de son obligation à Pessa'h ; selon les Sages, on s'en acquitte de son obligation à Pessa'h.
Clause reprise ici. La matza faite de maaser sheni (seconde dîme). Rabbi Meir la tient pour un bien de la hauteur : on ne s'en acquitte pas à Pessa'h. Les Sages laissent cette matza acquitter.
Rachi : l'exigence d'une matza à soi tient même sans le derach de oni en aninut, le deuil du jour. L'objection vient plus loin : le verset ne dit pas "votre matza".
Un etrog de maaser sheni : selon Rabbi Meir, on ne s'en acquitte pas de son obligation le jour de fête ; selon les Sages, un homme s'en acquitte de son obligation le jour de fête.
Même partage pour l'etrog de Soukot, le premier jour. Rabbi Meir : on ne s'en acquitte pas. Les Sages : on s'en acquitte. Le maaser sheni est le point commun des deux cas.
Rav Pappa l'attaque. Soit, pour la pâte : il est écrit "arisoteikhem", de ce qui est à vous.
Rav Pappa attaque l'alignement de la matza sur la pâte et l'etrog. Pour la pâte, le verset de la halla dit arisoteikhem, vos pâtes : de ce qui est à vous. Si le maaser est bien de la hauteur, il sort de ce mot.
L'etrog aussi, car il est écrit "vous prendrez pour vous" : "pour vous", ce sera de ce qui est à vous. Mais la matza, est-il écrit "votre matza" ?
L'etrog suit. Vayikra 23, 40 : ulkahtem lakhem. Lakhem veut dire : à vous. La matza n'a pas de mot pareil. Rav Pappa demande où est écrit matzatkhem.
Rava dit, et certains disent Rav Yeimar bar Shelamya : cela s'apprend de "pain", "pain". Il est écrit ici "pain de pauvreté", et il est écrit là-bas "il arrivera, quand vous mangerez du pain du pays".
De même que là-bas, de ce qui est à vous, de même ici, de ce qui est à vous.
Rava, ou Rav Yeimar bar Shelamya, ferme le trou par une gezera shava (analogie de mots). Ici, le'hem oni. Là-bas, pour la halla, "quand vous mangerez du pain du pays". Pain et pain. Là-bas, la pâte doit être à vous. Ici, la matza aussi.
Tossefot, le Ri d'Orléans : si "à vous" écarte déjà ce qui n'est pas à soi, le verset du hametz qui sort le tevel (35b) semble de trop. L'etrog de demai, validé par Beit Hillel parce qu'on peut tout déclarer hefker, montre que le tevel complet n'est pas "à vous".
Le Ri sépare les cas. L'etrog doit être entier à soi : la part du kohen et du lévi l'empêche. La matza peut garder son shiur (mesure) après teruma et maaser. Le Rashba garde le verset pour le kohen, le lévi ou l'Israël pauvre, quand le prélèvement lui-même est à lui.
Disons que ceci l'appuie. Une pâte de maaser sheni est exempte de la halla, paroles de Rabbi Meir.
Et les Sages disent : elle y est obligée. Disons que ceci l'appuie ?
C'est cela même !
La baraïta sur la pâte de maaser sheni répète Rav Assi, à la fin de 37b. Rabbi Meir exempte de la halla. Les Sages obligent. "Disons que ceci l'appuie" étonne : c'est le même enseignement.
Voici ce qu'il dit. Disons que, puisqu'ils divergent sur la pâte, ils divergent aussi sur ceux-là.
Ou bien, là-bas le cas diffère, car il est écrit "arisoteikhem", "arisoteikhem", deux fois.
Le "disons" ne répète pas. Il étend. S'ils divergent sur la pâte, divergent-ils aussi sur la matza et l'etrog ? Rachi lit ainsi tout l'enseignement de Rav Assi.
Autre lecture : la pâte est à part. Arisoteikhem est écrit deux fois, et ce double mot exige une propriété pleine. Rachi, de ce côté : pour l'etrog, lakhem ne vise que l'emprunté et le volé. L'etrog de maaser sheni, donné à manger, acquitterait même selon Rabbi Meir.
Rabbi Shimon ben Lakish a demandé : un homme peut-il s'acquitter de son obligation avec la halla du maaser sheni à Jérusalem ? Selon Rabbi Yossi haGelili, ne le demande pas.
Maintenant que, avec le hullin, on ne s'acquitte pas, avec sa halla faudrait-il le demander ? Quand tu le demandes, c'est selon Rabbi Akiva.
Rabbi Shimon ben Lakish demande si la halla prélevée sur une pâte de maaser sheni, à Jérusalem, acquitte comme matza.
Selon Rabbi Yossi haGelili, la question ne s'ouvre pas. Le hullin du maaser, une fois la halla prise, est déjà exclu : il ne se mange pas dans l'aninut. La halla suit.
La question est celle de Rabbi Akiva. Il n'expose pas oni. Il exige un heter dans les demeures, celui qui a inclus le maaser sheni et exclu les bikkurim (36b). Rachi nomme Rabbi Elazar : devenu impur, le maaser se rachète même à Jérusalem.
C'est avec le hullin qu'on s'acquitte, car s'ils deviennent impurs, ils ont une permission dans les demeures. Mais la halla : si elle devient impure, elle n'a pas de permission dans les demeures, et elle va à la combustion.
On ne s'en acquitte pas.
Côté restrictif, selon Rabbi Akiva. Le hullin du maaser sheni acquitte : devenu impur, on le rachète, et il a un heter dans les demeures. La halla, devenue impure, ne se rachète pas. Une teruma impure se brûle.
Rachi : tant qu'elle est pure, les cloisons de Jérusalem l'ont retenue, mehitsa liklot. Plus de pidyon. Pas de heter. On ne s'en acquitte pas.
Tossefot : la sougya suit une retenue d'ordre toranique (Makkot 20a). Si elle n'était que rabbinique, sortir de la cloison ouvrirait le rachat même en état pur. Autre réponse : un rachat refusé par les rabbins ne compte pas comme mangé dans toutes les demeures.
Ou bien, nous disons "puisque" : si l'on n'avait pas appelé sur elle le nom, et qu'elle était devenue impure, elle a une permission dans les demeures, et l'on s'en acquitte. Maintenant aussi, on s'en acquitte.
Autre côté : le ho'il, "puisque". Si l'on n'avait pas nommé cette pâte halla, et qu'elle fût devenue impure, elle aurait le heter, et elle acquitterait. Le nom de halla n'ôte pas le statut de matza : la michna acquitte les kohanim avec une halla ordinaire. Seule l'absence de heter dans les demeures arrêtait. Le "puisque" la lève.
Tossefot, le Ri : on ne transporte pas ce "puisque" aux bikkurim. Leur nom ne se mange pas hors de Jérusalem. Le nom de halla, et le maaser seul, si. Second point : le maaser non monté à Jérusalem aurait aussi un "puisque". Sans Rabbi Elazar, ce "puisque" ne suffit pas, pas plus que "puisque on ne lui a pas donné le nom de maaser".
Certains disent : ceci, certes, ne le demande pas, car nous disons certainement "puisque". Quand tu le demandes, c'est une halla achetée avec l'argent du maaser sheni.
Autre version. Le "puisque" de la halla du maaser est tenu pour certain. La question se déplace : une halla achetée à Jérusalem avec l'argent du maaser sheni. Rachi cite le verset : tu donneras l'argent pour tout ce que ton âme désire.
Et selon les Sages, ne le demande pas. Puisqu'ils disent qu'on le rachète, c'est identique au maaser.
Quand tu le demandes, c'est selon Rabbi Yehuda, qui a dit : on l'enterrera.
Selon les Sages, pas de question. L'acheté devenu impur se rachète : il est assez fort pour saisir son pidyon. Le cas rejoint le maaser lui-même, et le "puisque" joue.
La question est Rabbi Yehuda : l'acheté devenu impur s'enterre. Sa sainteté est trop mince pour un second rachat. Même sans le nom de halla, pas de heter dans les demeures.
Car nous avons appris : l'acheté avec l'argent du maaser sheni qui est devenu impur, on le rachètera. Rabbi Yehuda dit : on l'enterrera.
La michna de Maaser Sheni. L'acheté avec l'argent du maaser, devenu impur : les Sages, on le rachète. Rabbi Yehuda, on l'enterre.
Tossefot. Rabbi Yehuda expose kesef rishon, le premier argent, et non kesef sheni, l'argent d'un second rachat. L'acheté pur ne se rachète pas loin de Jérusalem. L'impur ne se rachète pas près. Les deux sortent de "tu ne pourras pas le porter". Les Sages ne font pas cette exposition : l'acheté pur se rachète loin, l'impur près.
Le Rashba cite Zevahim 49a : un accessoire plus grave que le principal. Là-bas, même les Sages semblent refuser le rachat de l'acheté pur loin du lieu. Le Ri : cette discussion parle d'ordre rabbinique.
Disons-nous : puisque, s'il n'avait pas été un achat, et puisque, si l'on n'avait pas appelé sur lui le nom et qu'il était devenu impur, il a une permission dans les demeures, et l'on s'en acquitte avec lui. Maintenant aussi, on s'en acquitte avec lui.
La question, selon Rabbi Yehuda. Deux ho'il s'empilent. Puisque, si ce n'était pas un achat : le maaser d'origine a un heter par l'impureté. Puisque, si l'on n'avait pas nommé la halla et que ce fût devenu impur : le heter existerait. Maintenant aussi, on s'en acquitterait.
Rachi : l'acheté est plus léger que le maaser dont il vient. L'absence de rachat est une koula (indulgence) : la sainteté est trop faible pour saisir un pidyon. Elle ne le charge pas au-delà de l'origine. Reste le nom de halla, qui demande un second "puisque".
Ou bien : un seul "puisque", nous le disons ; deux "puisque", nous ne le disons pas ? Rava dit : il est logique que le nom de maaser soit un.
Ou bien un seul "puisque" se dit, et deux ne se disent pas. La halla du maaser : un seul. Le hullin de l'acheté : un seul. La halla de l'acheté en demande deux.
Rachi : provoquer l'impureté et racheter est en son pouvoir, aussitôt. Il ne range pas cela parmi les ho'il. Rava : le nom de maaser est un. On s'acquitte avec la halla comme avec le maaser, et avec la halla de l'acheté, qui vient de lui. Le nom de halla, à lui seul, laisse la matza en place.
Halla de toda et galettes de nazir, etc. D'où ces paroles ?
Rabba dit : car le verset dit.
Nouvelle clause de la michna. Halla de toda, galettes du nazir. D'où l'exclusion ? Rabba ouvre le verset. La suite est au daf suivant.
Tossefot, le Ri, avec Rachi : ces pains n'ont pas encore reçu l'abattage du sacrifice, et ils ne sont pas consacrés. S'ils l'étaient, "votre matza", appris de pain à pain, suffirait. La michna le montre : faits pour la vente au marché, ils acquittent.
Le sens : une matza gardée pour le nom de matza. En sort celle qui est gardée pour le sacrifice, le jour où on la consacrera. "Un seul jour" s'appuie sur le même mot : il la faut gardée pour sept jours. L'objection sur l'aninut et sur toutes les demeures vise ce pour quoi elles sont faites. L'invalidité de matzatkhem n'étant pas écrite en clair, l'objection "pour la hauteur" ne se pose pas.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).