Sougya : La page donne le verset de Rabba, ouvert en bas de 38a. "Vous garderez les matzot" exige une shimur (garde) pour le nom de la matza : les hallot de toda et les rekikei nazir, gardés pour un zevah, n'acquittent pas.
Rav Yosef lit "sept jours vous mangerez des matzot" : la matza de la mitsva doit pouvoir se manger sept jours, et ces pains ne valent qu'un jour et une nuit. Deux baraïtot appuient les deux avis.
La Guemara écarte ensuite le'hem oni, la matza ashira et "dans toutes les demeures". Rabbi Ilaï rapporte l'écart retenu : faites pour soi, elles n'acquittent pas ; faites pour le marché, elles acquittent, car le vendeur s'est réservé de s'en acquitter s'il ne vend pas.
"Vous garderez les matzot" : une matza gardée pour le nom de matza. En sort celle-ci, qui n'est pas gardée pour le nom de matza, mais pour le nom d'un zevah.
Le derach de Rabba s'ouvre en bas de 38a : d'où sait-on que les hallot de toda et les rekikei nazir n'acquittent pas la matza ? Le verset est Shemot 12, 17. Toute shimur contre le hamets doit viser la matza de la mitsva. Ces pains ont été gardés pour un zevah.
Rav Yosef a dit : le verset dit : "Sept jours vous mangerez des matzot" : une matza mangée pendant sept jours. En sort celle-ci, qui n'est pas mangée pendant sept jours, mais un jour et une nuit.
Rav Yosef lit Shemot 12, 15. La matza de l'obligation doit pouvoir se manger les sept jours. Les hallot de toda et les rekikei nazir sont des kodashim : leur temps est un jour et une nuit. Rachi, plus bas, précise le notar (reste interdit).
Une baraïta a été enseignée selon Rabba, et une baraïta a été enseignée selon Rav Yosef. Une baraïta a été enseignée selon Rabba : on pourrait penser qu'on s'acquitte avec des hallot de toda et des rekikei nazir.
Le verset dit : "Vous garderez les matzot" : une matza gardée pour le nom de matza. En sort celle-ci, qui n'est pas gardée pour le nom de matza, mais pour le nom d'un zevah.
Les deux avis ont chacun une baraïta. Ici, celle de Rabba. Yakhol : on aurait pu croire que ces pains acquittent. Le verset de la shimur les fait sortir, parce que la garde vise le sacrifice.
Une baraïta a été enseignée selon Rav Yosef : on pourrait penser qu'un homme s'acquitte avec des hallot de toda et des rekikei nazir. Le verset dit : "Sept jours vous mangerez des matzot" : une matza mangée pendant sept jours.
En sort celle-ci, qui n'est pas mangée pendant sept jours, mais un jour et une nuit.
Baraïta de Rav Yosef. Rachi serre le cas où le zevah n'a pas été abattu : les pains ont alors, sur le moment, un heter de sept jours. L'intention, à la fabrication, les vouait au passoul après un jour et une nuit. La shimur ne visait donc pas une matza des sept jours.
Rav Yosef tient aussi l'exigence de shimur pour la mitsva, et il l'appuie sur ce verset. Une intention double, toda et matza, ne suffit pas : la shimur doit valoir les sept jours. La parenthèse du Rachi imprimé nomme Rava. Sur 38a, la Guemara nomme Rabba.
Et qu'on le déduise de "le'hem oni" : ce qui se mange dans l'aninut. En sort celui-ci, qui ne se mange pas dans l'aninut, mais dans la simha !
Nouvelle question, aux deux avis. Le'hem oni (Devarim 16, 3) peut se lire : pain mangé dans l'aninut. L'onen ne mange pas les kodashim. Ces pains, mangés dans la simha, sortiraient déjà par là.
Rachi : le kal va-homer part du maaser, "je n'en ai pas mangé dans mon oni". La chair sainte est plus grave. Un verset de plus semble de trop. La réponse suit.
Il tient comme Rabbi Akiva, qui a dit : c'est "ani" (pauvre) qui est écrit.
Rabba et Rav Yosef suivent Rabbi Akiva. Le ketiv est ani, pauvre, sans le vav du deuil. L'exclusion par l'aninut ne joue pas pour eux. D'où, sur 36a, l'acquittement avec la matza de maaser sheni, interdite à l'onen.
Et qu'on le déduise de ce que c'est une matza ashira !
Deuxième question. Une fois ani lu comme pauvreté, ces pains pétris à l'huile sont une matza ashira. Ils sortiraient sans les versets de Rabba et de Rav Yosef. La réponse est la quantité d'huile.
Shmuel bar Rav Yitzhak a dit : c'est un reviit, et il se répartit entre plusieurs hallot.
Shmuel bar Rav Yitzhak : l'huile en jeu est un reviit (quart de log), réparti sur beaucoup de hallot. Rachi détaille le demi-log de la toda, coupé en deux, et le reviit unique du nazir, sans revukha.
Vingt hallot pour un reviit, sur sept issaron moins un tiers (un issaron est un dixième d'épha). Rachi conclut : pas d'osher. Ces pains ne sont pas une matza ashira. La question tombe.
Et qu'on le déduise de ce qu'elles ne se mangent pas dans toutes les demeures !
Troisième question, sur le modèle des bikkurim (36b). "Dans toutes vos demeures" : la matza de la mitsva se mange partout. Les kodashim kalim se mangent à Jérusalem, en deçà du mur. Sortis de leur mehitsa (enceinte), ils sont passoul, à la manière de la treifa du verset.
Si ce verset les excluait déjà, les derachot de Rabba et de Rav Yosef seraient de trop. Reish Lakish répond au segment suivant.
Reish Lakish a dit : cela revient à dire que les hallot de toda et les rekikei nazir se mangent à Nov et à Givon.
Zot omeret : si le tanna ne sort pas ces pains par "dans toutes les demeures", c'est qu'ils ont, pour lui, un heter partout. Ce heter existe à Nov et à Givon : les bamot sont permises, et les kodashim kalim se mangent dans toutes les villes d'Israël. On pouvait les emporter pendant leur temps. Le verset ne les exclut donc pas. Restent la shimur et les sept jours.
Rachi écarte deux avis. Rabbi Shimon (Meguila 9b) : à la bama gedola, seulement les pesahim et les hovot à temps fixe. Toda et nazir, sans échéance fixe, n'y entraient pas. L'autre avis (Zevahim 117a) : un particulier, sur grande ou petite bama, n'offre que l'ola et les shelamim. La suite de Rachi aligne les étapes : avant le Mishkan, Mishkan, Gilgal, Shilo, Nov, Givon.
Tossefot : la michna de Meguila, attribuée à Rabbi Shimon, semble faire offrir tout nider ve-nidav, donc la minha et le nazirut. Le Ri relit la règle : elle égalise les deux bamot, et laisse la minha et le nazirut en dehors des deux. Rabbeinou Nissim : les bikkurim ont un temps, de Shavuot à la fête. Réponse : le délai est trop long pour compter comme temps fixe. Le Rashba : sans fruits, on n'apporte pas, donc pas de temps fixe.
On a enseigné. Rabbi Ilaï a dit : j'ai interrogé Rabbi Eliezer : un homme peut-il s'acquitter avec des hallot de toda et des rekikei nazir ?
Il m'a dit : je n'ai pas entendu. Je suis allé et j'ai interrogé devant Rabbi Yehochoua.
Il m'a dit : voici ce qu'on a dit. Des hallot de toda et des rekikei nazir qu'on a faits pour soi : personne ne s'en acquitte.
Pour les vendre au marché : on s'en acquitte.
Baraïta de Rabbi Ilaï. Rabbi Eliezer n'a pas de tradition. Rabbi Yehochoua rapporte un écart : faits pour soi, ces pains n'acquittent pas ; faits pour le marché, ils acquittent. La raison vient après le retour chez Rabbi Eliezer.
Quand je suis venu et que j'ai exposé les paroles devant Rabbi Eliezer, il m'a dit : Alliance ! Ce sont bien les paroles qui furent dites à Moché au Sinaï.
Certains disent : Alliance ! Ce sont bien les paroles qui furent dites à Moché au Sinaï ?
Et cela n'exige pas une raison ?!
Brit : Rachi, un serment. Première leçon : Rabbi Eliezer confirme. L'écart de Rabbi Yehochoua est une tradition du Sinaï.
Autre leçon, sur le ton de l'étonnement. Une halakha le-Moché mi-Sinaï se passe de raison. Cet écart en demande une. La Guemara la donne ensuite.
Et quelle est la raison ? Rabba a dit : tout ce qui est pour le marché, on se consulte.
Il dit : si cela se vend, cela se vend ; si cela ne se vend pas, je m'en acquitterai, moi.
Rachi formule d'abord la question. Des pains faits pour une toda, même invendus, ont été gardés pour un zevah. Pourquoi acquittent-ils ?
Rabba : au marché, le vendeur se consulte. Vendu, le pain suit l'acheteur. Invendu, il s'en acquitte lui-même. La shimur pour la matza est donc déjà dans l'intention, à titre conditionnel. Rachi : l'acquittement est celui de l'obligation de matza.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).