Pesachim 38b - Hallot de toda et rekikei nazir pour la matza

Pesachim 38b

Sougya : La page donne le verset de Rabba, ouvert en bas de 38a. "Vous garderez les matzot" exige une shimur (garde) pour le nom de la matza : les hallot de toda et les rekikei nazir, gardés pour un zevah, n'acquittent pas.

Rav Yosef lit "sept jours vous mangerez des matzot" : la matza de la mitsva doit pouvoir se manger sept jours, et ces pains ne valent qu'un jour et une nuit. Deux baraïtot appuient les deux avis.

La Guemara écarte ensuite le'hem oni, la matza ashira et "dans toutes les demeures". Rabbi Ilaï rapporte l'écart retenu : faites pour soi, elles n'acquittent pas ; faites pour le marché, elles acquittent, car le vendeur s'est réservé de s'en acquitter s'il ne vend pas.

Deux versets pour écarter toda et nazir Rabba Vous garderez les matzot. Shimur pour le nom de matza. Ici, la garde vise le zevah. Baraïta à l'appui. Shemot 12, 17. Rav Yosef Sept jours, des matzot. Mangeable les sept jours. Ici, un jour et une nuit. Baraïta à l'appui. Shemot 12, 15. Trois déductions que la Guemara ne retient pas Le'hem oni, pain mangé dans l'aninut Les kodashim sont interdits à l'onen. Kal va-homer depuis le maaser. Rabba et Rav Yosef tiennent comme Rabbi Akiva : ani est écrit, pauvreté. Pessahim 36a : la matza de maaser sheni acquitte. Matza ashira, pétrie à l'huile Shmuel bar Rav Yitzhak : un reviit, réparti sur plusieurs hallot. Rachi : vingt grandes hallot, pas d'osher. Menahot 89a. Dans toutes les demeures Les kodashim kalim se mangent à Jérusalem, en deçà du mur. Reish Lakish : à Nov et à Givon, ils se mangeaient dans toutes les villes. Le verset ne les fait donc pas sortir. Il faut les deux derachot ci-dessus.
Rabba : shimur pour le nom de matza. Rav Yosef : matza mangeable sept jours. Lehem oni tombe avec Rabbi Akiva. L'huile est trop mince pour l'osher. Bekhol moshavot tombe si ces pains se mangeaient à Nov et à Givon.
L'huile : un reviit, trop peu pour l'osher Toda On apporte un demi-log d'huile. Moitié : un reviit 10 hallot et 10 rekikim Moitié : un reviit pour la revukha 20 hallot : sept issaron moins un tiers d'issaron. Pas d'osher Nazir Pas de revukha. Hallot et rekikim seulement. Un reviit en tout. Menahot 89a, même mesure. L'huile reste mince sur des hallot grandes. Pas d'osher Rachi : le reviit ne fait pas de ces pains une matza ashira. La question de l'huile tombe. Restent les deux derachot.
Toda : demi-log, un reviit pour vingt hallot et rekikim, un reviit pour la revukha. Nazir : un reviit, sans revukha. Rachi : pas d'osher, donc pas de matza ashira.
Bamot : de l'avant-Mishkan jusqu'à Givon Rachi sur Reish Lakish, d'après Zevahim 112b Avant le Mishkan Bamot permises. Service par les bekhorot. Mishkan dressé Bamot interdites. Service aux kohanim. Gilgal 7 ans de conquête. 7 ans de partage. Bamot permises. Shilo Après le partage. Mishkan fixé. Bamot interdites. Détruite aux jours d'Eli. Nov Maison de pierres. Autel de cuivre. Arche à Kiryat-Yearim, puis à Sion. Saül, le pain donné à David. Givon Autel de cuivre. Jusqu'au Temple de Salomon. Divrei HaYamim I, 21. À Nov et à Givon, les bamot sont permises Kodshei kodashim : en deçà des tentures. Kodashim kalim et maaser sheni : toutes les villes d'Israël. Les hallot de toda ont donc un heter dans toutes les demeures. Bekhol moshavot ne les fait pas sortir de la mitsva de matza.
Avant le Mishkan, bamot permises. Mishkan, bamot interdites. Gilgal, permises. Shilo, interdites. Nov et Givon : autel de cuivre, kodashim kalim dans toutes les villes.
1
״וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת״ — מַצָּה הַמִּשְׁתַּמֶּרֶת לְשֵׁם מַצָּה. יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵין מִשְׁתַּמֶּרֶת לְשֵׁם מַצָּה, אֶלָּא לְשׁוּם זֶבַח.

"Vous garderez les matzot" : une matza gardée pour le nom de matza. En sort celle-ci, qui n'est pas gardée pour le nom de matza, mais pour le nom d'un zevah.

📜 Rachi (2)
וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת עֲבִיד לָהּ שְׁמִירָה לְשֵׁם מַצָּה כָּל שִׁימּוּר שֶׁאַתָּה מְשַׁמְּרָהּ שֶׁלֹּא תַּחְמִיץ הִתְכַּוֵּון לְשֵׁם מַצָּה שֶׁל מִצְוָה:
Toute shimur par laquelle tu la préserves pour qu'elle ne devienne pas hamets, destiné-la à la matza de la mitsva.
יָצָאת כּוּ' דְּלָאו לְשֵׁם מַצָּה שֶׁל מִצְוַת פֶּסַח עֲבִיד לָהּ אֶלָּא לְשֵׁם מַצָּה שֶׁל זֶבַח:
La fabrication vise le nom de la matza d'un zevah (sacrifice), à l'exclusion du nom de la matza de la mitsva de Pessa'h.
💡 Explication

Le derach de Rabba s'ouvre en bas de 38a : d'où sait-on que les hallot de toda et les rekikei nazir n'acquittent pas la matza ? Le verset est Shemot 12, 17. Toute shimur contre le hamets doit viser la matza de la mitsva. Ces pains ont été gardés pour un zevah.

2
רַב יוֹסֵף אָמַר, אֲמַר קְרָא: ״שִׁבְעַת יָמִים מַצּוֹת תֹּאכֵלוּ״ — מַצָּה הַנֶּאֱכֶלֶת לְשִׁבְעַת יָמִים. יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת לְשִׁבְעַת יָמִים, אֶלָּא לְיוֹם וְלַיְלָה.

Rav Yosef a dit : le verset dit : "Sept jours vous mangerez des matzot" : une matza mangée pendant sept jours. En sort celle-ci, qui n'est pas mangée pendant sept jours, mais un jour et une nuit.

💡 Explication

Rav Yosef lit Shemot 12, 15. La matza de l'obligation doit pouvoir se manger les sept jours. Les hallot de toda et les rekikei nazir sont des kodashim : leur temps est un jour et une nuit. Rachi, plus bas, précise le notar (reste interdit).

3
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבָּה, וְתַנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף. תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבָּה: יָכוֹל יֵצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּחַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת״ — מַצָּה הַמִּשְׁתַּמֶּרֶת לְשֵׁם מַצָּה. יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵינָהּ מִשְׁתַּמֶּרֶת לְשֵׁם מַצָּה, אֶלָּא לְשׁוּם זֶבַח.

Une baraïta a été enseignée selon Rabba, et une baraïta a été enseignée selon Rav Yosef. Une baraïta a été enseignée selon Rabba : on pourrait penser qu'on s'acquitte avec des hallot de toda et des rekikei nazir.

Le verset dit : "Vous garderez les matzot" : une matza gardée pour le nom de matza. En sort celle-ci, qui n'est pas gardée pour le nom de matza, mais pour le nom d'un zevah.

💡 Explication

Les deux avis ont chacun une baraïta. Ici, celle de Rabba. Yakhol : on aurait pu croire que ces pains acquittent. Le verset de la shimur les fait sortir, parce que la garde vise le sacrifice.

4
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף: יָכוֹל יֵצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּחַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״שִׁבְעַת יָמִים מַצּוֹת תֹּאכֵלוּ״ — מַצָּה הַנֶּאֱכֶלֶת לְשִׁבְעָה. יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת לְשִׁבְעָה, אֶלָּא לְיוֹם וְלַיְלָה.

Une baraïta a été enseignée selon Rav Yosef : on pourrait penser qu'un homme s'acquitte avec des hallot de toda et des rekikei nazir. Le verset dit : "Sept jours vous mangerez des matzot" : une matza mangée pendant sept jours.

En sort celle-ci, qui n'est pas mangée pendant sept jours, mais un jour et une nuit.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת לְשִׁבְעָה דִּלְאַחַר יוֹם וָלַיְלָה הָוְיָא נוֹתָר כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ז׳:ט״ו) וּבְשַׂר זֶבַח תּוֹדַת שְׁלָמָיו בְּיוֹם קָרְבָּנוֹ וְגוֹ' וְהֵיכָא דְּלָא נִשְׁחַט עֲלֵיהֶן הַזֶּבַח אע"ג דְּעַכְשָׁיו יֵשׁ לָהּ הֶיתֵּר לְשִׁבְעָה מִיהוּ כִּי עָבְדָה לָאו לְשֵׁם מַצָּה הָרְאוּיָה לְמִצְוָה אִיתְכַּוַּון דְּכִי עֲבִידָה אַדַּעְתָּא לְאִיפְּסוֹלֵי בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה עָבְדָה וְאִית לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף הָא דְּרָשָׁה (דְּרָבָא) דְּבָעֵינַן שִׁימּוּר לְשֵׁם מִצְוָה וְאַהַהוּא קְרָא סְמִיךְ וּבְהָא פְּלִיג דְּאִי נָמֵי אִיכַּוֵּין לָהּ נָמֵי לְשִׁימּוּר מַצַּת מִצְוָה לְמִיפַּק בָּהּ מִשּׁוּם תּוֹדָה וּמִשּׁוּם מַצָּה לָא נָפֵיק דְּבָעֵינַן שִׁימּוּר לְשׁוּם מַצָּה כָּל שִׁבְעָה:
Après un jour et une nuit, elle devient notar, comme il est écrit (Vayikra 7, 15) : "Et la chair du sacrifice de toda de ses shelamim, le jour de son offrande, etc.". Là où l'on n'a pas abattu le zevah sur elles, elle a maintenant une permission de sept jours. Toutefois, au moment de la fabrication, l'intention n'a pas visé une matza apte à la mitsva. On l'a faite dans l'idée qu'elle deviendrait passoul au bout d'un jour et d'une nuit. Rav Yosef tient aussi ce derach (de Rava) : il faut une shimur pour le nom de la mitsva, et il s'appuie sur ce verset. La divergence est ici. Même si l'on a visé aussi la shimur de la matza de mitsva, pour s'acquitter par elle au titre de toda et au titre de matza, on ne s'acquitte pas. Il faut une shimur pour le nom de matza pendant les sept jours.
💡 Explication

Baraïta de Rav Yosef. Rachi serre le cas où le zevah n'a pas été abattu : les pains ont alors, sur le moment, un heter de sept jours. L'intention, à la fabrication, les vouait au passoul après un jour et une nuit. La shimur ne visait donc pas une matza des sept jours.

Rav Yosef tient aussi l'exigence de shimur pour la mitsva, et il l'appuie sur ce verset. Une intention double, toda et matza, ne suffit pas : la shimur doit valoir les sept jours. La parenthèse du Rachi imprimé nomme Rava. Sur 38a, la Guemara nomme Rabba.

🖼️ Schéma
Rav Yosef : zevah abattu et zevah non abattu Zevah abattu sur les pains Après un jour et une nuit : notar. Vayikra 7, 15. Chair de la toda, le jour de l'offrande. Zevah non abattu Permission actuelle : sept jours. Intention à la fabrication : passoul après un jour et une nuit. La shimur ne vise pas une matza apte aux sept jours. Double intention : toda et matza Rav Yosef tient aussi la shimur pour le nom de la mitsva. Il l'appuie sur ce verset. Il faut la shimur pour les sept jours entiers.
Zevah abattu : notar après un jour et une nuit. Zevah non abattu : permission de sept jours, mais l'intention de fabrication reste celle du passoul. La double intention ne suffit pas.
5
וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִ״לֶחֶם עֹנִי״ — מִי שֶׁנֶּאֱכָל בַּאֲנִינוּת. יָצָא זֶה שֶׁאֵינוֹ נֶאֱכָל בַּאֲנִינוּת, אֶלָּא בְּשִׂמְחָה!

Et qu'on le déduise de "le'hem oni" : ce qui se mange dans l'aninut. En sort celui-ci, qui ne se mange pas dans l'aninut, mais dans la simha !

📜 Rachi (1)
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּאֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת לְאוֹנֵן וְלָמָּה לִי קְרָא אַחַרְיַנָא דְּכָל קָדָשִׁים אֲסוּרִין לְאוֹנֵן בִּיבָמוֹת (דַּף עג:) אָתְיָא לָן בק"ו מַה מַעֲשֵׂר הַקַּל אָמְרָה תּוֹרָה לֹא אָכַלְתִּי בְאֹונִי בְּשַׂר קֹודֶשׁ חָמוּר לֹא כָּל שֶׁכֵּן:
Et qu'on le déduise de ce qu'elle ne se mange pas pour un onen. Pourquoi me faut-il un autre verset ? Tous les kodashim sont interdits à l'onen. Dans Yevamot (73b), nous l'apprenons par un kal va-homer : le maaser, qui est léger, la Torah a dit "je n'en ai pas mangé dans mon oni" (Devarim 26, 14). La chair de kodech, qui est plus grave, à plus forte raison.
💡 Explication

Nouvelle question, aux deux avis. Le'hem oni (Devarim 16, 3) peut se lire : pain mangé dans l'aninut. L'onen ne mange pas les kodashim. Ces pains, mangés dans la simha, sortiraient déjà par là.

Rachi : le kal va-homer part du maaser, "je n'en ai pas mangé dans mon oni". La chair sainte est plus grave. Un verset de plus semble de trop. La réponse suit.

6
סָבַר לָהּ כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאָמַר ״עָנִי״ כְּתִיב.

Il tient comme Rabbi Akiva, qui a dit : c'est "ani" (pauvre) qui est écrit.

📜 Rachi (1)
סָבַר לַהּ כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף לוֹ.) בְּמַצָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי נָפֵיק ואע"ג דְּאָסוּר לְאוֹנֵן דְּלָא דְּרֵישׁ עֹונִי לְשׁוֹן אוֹנִי אֶלָּא עָנִי כַּמָּסֹורֶת:
Plus haut (Pessahim 36a), avec la matza de maaser sheni on s'acquitte, bien qu'elle soit interdite à l'onen. Il ne fait pas de derach sur oni au sens d'onin. Il lit ani, selon la massoret.
💡 Explication

Rabba et Rav Yosef suivent Rabbi Akiva. Le ketiv est ani, pauvre, sans le vav du deuil. L'exclusion par l'aninut ne joue pas pour eux. D'où, sur 36a, l'acquittement avec la matza de maaser sheni, interdite à l'onen.

7
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּהָוֵה לֵיהּ מַצָּה עֲשִׁירָה!

Et qu'on le déduise de ce que c'est une matza ashira !

📜 Rachi (1)
וְתִיפּוֹק לֵיהּ כֵּיוָן דְּדָרֵישׁ עָנִי הָא לָאו מַצָּה עֲנִיָּיה הִיא דְּהָא נִילּוֹשָׁה בְּשֶׁמֶן:
Puisqu'il fait le derach de ani, celle-ci n'est pas une matza de pauvre : elle a été pétrie avec de l'huile.
💡 Explication

Deuxième question. Une fois ani lu comme pauvreté, ces pains pétris à l'huile sont une matza ashira. Ils sortiraient sans les versets de Rabba et de Rav Yosef. La réponse est la quantité d'huile.

8
אָמַר שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: רְבִיעִית הִיא, וּמִתְחַלֶּקֶת הִיא לְכַמָּה חַלּוֹת.

Shmuel bar Rav Yitzhak a dit : c'est un reviit, et il se répartit entre plusieurs hallot.

📜 Rachi (1)
רְבִיעִית הִיא חֲצִי לֹוג שֶׁמֶן מֵבִיא לְתוֹדָה וְחוֹצֵהוּ חֶצְיוֹ לְעֶשֶׂר חַלּוֹת וְעֶשֶׂר רְקִיקִין וְחֶצְיוֹ לִרְבוּכָה בְּמַסֶּכֶת מְנָחוֹת בְּפֶרֶק שְׁתֵּי מִדּוֹת (מְנָחוֹת דַּף פט.) וּבִנְזִירוּת לֹא הָיְתָה רְבוּכָה אֶלָּא חַלּוֹת וּרְקִיקִין וְלֹא הָיָה מֵבִיא אֶלָּא רְבִיעִית כִּדְאָמְרִינַן נָמֵי הָתָם הִלְכָּךְ רְבִיעִית שֶׁמֶן לְעֶשְׂרִים חַלּוֹת גְּדוֹלוֹת שֶׁנַּעֲשׂוֹת מִשֶּׁבַע עֶשְׂרוֹנוֹת פָּחוֹת שְׁלִישׁ עִשָּׂרוֹן שֶׁזֶּה הוּא שִׁיעוּרָן כִּדְאָמְרִינַן הָתָם בְּהַתּוֹדָה אֵין כָּאן עֹושֶׁר:
Pour la toda, on apporte un demi-log d'huile, et on le partage : une moitié pour dix hallot et dix rekikim, une moitié pour la revukha (galette ébouillantée). Dans Menahot, au chapitre Shtei midot (Menahot 89a). Dans le nazirut, il n'y avait pas de revukha, seulement des hallot et des rekikim, et l'on n'apportait qu'un reviit, comme on le dit aussi là-bas. Dès lors, un reviit d'huile pour vingt grandes hallot, faites de sept issaron moins un tiers d'issaron : tel est leur volume, comme on le dit là-bas. Pour la toda, il n'y a pas ici d'osher.
💡 Explication

Shmuel bar Rav Yitzhak : l'huile en jeu est un reviit (quart de log), réparti sur beaucoup de hallot. Rachi détaille le demi-log de la toda, coupé en deux, et le reviit unique du nazir, sans revukha.

Vingt hallot pour un reviit, sur sept issaron moins un tiers (un issaron est un dixième d'épha). Rachi conclut : pas d'osher. Ces pains ne sont pas une matza ashira. La question tombe.

9
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּאֵינָן נֶאֱכָלוֹת בְּכָל מוֹשָׁבוֹת!

Et qu'on le déduise de ce qu'elles ne se mangent pas dans toutes les demeures !

📜 Rachi (1)
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּאֵינָן נֶאֱכָלוֹת בְּכָל מוֹשָׁבוֹת אֶלָּא בִּירוּשָׁלַיִם דִּמְחִיצַּת קָדָשִׁים קַלִּים לִפְנִים מִן הַחוֹמָה כְּדִכְתִיב (דְּבָרִים י״ב:י״ז) וְאָכַלְתָּ לִפְנֵי ה' וְגוֹ' וְכָל נְדָרֶיךָ אֲשֶׁר תִּדֹּור וְאִם יָצְאוּ נִפְסָלִין דִּכְתִיב (שְׁמוֹת כ״ב:ל׳) וּבָשָׂר בַּשָּׂדֶה טְרֵפָה וְגוֹ' כֵּיוָן שֶׁיָּצָא בָּשָׂר חוּץ לִמְחִיצָתוֹ נֶאֱסָר:
Elles ne se mangent qu'à Jérusalem. L'enceinte des kodashim kalim est en deçà du mur, comme il est écrit (Devarim 12, 17) : "Tu mangeras devant ה', etc., et tous tes vœux que tu voueras". S'ils sortent, ils sont passoul, comme il est écrit (Shemot 22, 30) : "Et une chair déchirée dans le champ, etc.". Dès que la chair est sortie hors de son enceinte, elle est interdite.
💡 Explication

Troisième question, sur le modèle des bikkurim (36b). "Dans toutes vos demeures" : la matza de la mitsva se mange partout. Les kodashim kalim se mangent à Jérusalem, en deçà du mur. Sortis de leur mehitsa (enceinte), ils sont passoul, à la manière de la treifa du verset.

Si ce verset les excluait déjà, les derachot de Rabba et de Rav Yosef seraient de trop. Reish Lakish répond au segment suivant.

10
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: זֹאת אוֹמֶרֶת חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר נֶאֱכָלִין בְּנֹוב וְגִבְעוֹן.

Reish Lakish a dit : cela revient à dire que les hallot de toda et les rekikei nazir se mangent à Nov et à Givon.

📜 Rachi (1)
זֹאת אוֹמֶרֶת מִדְּלָא נָפְקָא לֵיהּ מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם קָסָבַר חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר נֶאֱכָלוֹת בְּנוֹב וְגִבְעוֹן וּדְלֹא כר"ש דְּאָמַר בפ"ק דִּמְגִילָּה (דַּף ט:) דְּלָא קָרֵב בְּנוֹב וְגִבְעוֹן דְּהַייְנוּ בָּמָה גְּדוֹלָה אֶלָּא פְּסָחִים וְחוֹבוֹת הַקָּבוּעַ לָהֶן זְמַן אֲבָל חוֹבוֹת שֶׁאֵין לָהֶן זְמַן קָבוּעַ לֹא וּדְלֹא כמ"ד בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִּזְבָחִים (דַּף קיז.) כָּאן וְכָאן בָּמָה גְּדוֹלָה דְּנוֹב וְגִבְעוֹן וּבְמַה קְטַנָּה שֶׁהָיָה עוֹשֶׂה בְּרֹאשׁ גַּגּוֹ לֹא קָרְבוּ לְיָחִיד אֶלָּא עוֹלָה וּשְׁלָמִים וְעַל אוֹתָן שֶׁקָּרְבוּ בְּנוֹב וְגִבְעוֹן הֻוצְרַךְ לְהָבִיא רְאָיָה מִוְּשַׁמְרַתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת וּמִמִּצְוַת תֹּאכֵלוּ וְגוֹ' דְּלָא נָפְקִי מִבְּכָל מוֹשְׁבוֹתֵיכֶם דְּאִית לְהוּ הֶיתֵּר בְּכָל מוֹשָׁבוֹת שֶׁהָיוּ יְכוֹלִין לְהוֹלִיכָן בְּכָל מָקוֹם שֶׁיִּרְצוּ בְּתוֹךְ זְמַן אֲכִילָתָן דִּתְנַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִּזְבָחִים (דַּף קיב:) בָּאוּ לְנֹוב וְגִבְעוֹן הֻותְּרוּ הַבָּמוֹת קָדְשֵׁי קֳדָשִׁים נֶאֱכָלִין לִפְנִים מִן הַקְּלָעִים קָדָשִׁים קַלִּים וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי בְּכָל עָרֵי יִשְׂרָאֵל עַד שֶׁלֹּא הוּקַם הַמִּשְׁכָּן הָיוּ בָּמוֹת מֻותָּרוֹת וַעֲבוֹדָה בִּבְכוֹרוֹת מִשֶּׁהוּקַם הַמִּשְׁכָּן עֲבוֹדָה בַּכֹּהֲנִים וְנֶאֶסְרוּ הַבָּמוֹת עָבְרוּ אֶת הַיַּרְדֵּן וְהֻוקְבְּעוּ בַּגִּלְגָּל ז' שֶׁכָּבְשׁוּ וְז' שֶׁחִילְּקוּ הָיוּ הַבָּמוֹת מֻותָּרוֹת בָּאוּ לְשִׁילֹה לְאַחַר שֶׁחִילְּקוּ וְהֻוקְבַּע מִשְׁכָּן שָׁם נֶאֶסְרוּ הַבָּמוֹת וְכוּלְּהוּ מְפָרֵשׁ מִקְּרָאֵי בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִּזְבָחִים חָרְבָה שִׁילֹה בִּימֵי עֵלִי כְּשֶׁנִּשְׁבָּה הָאָרוֹן בְּאֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים בָּאוּ לָהֶן לְנוֹב וְלֹא הָיָה שָׁם מִשְׁכָּן אֶלָּא בַיִת שֶׁל אֲבָנִים הָיָה וְהֻוקְבַּע שָׁם מִזְבַּח הַנְּחֹשֶׁת אֲבָל אָרוֹן לֹא הָיָה שָׁם שֶׁכְּשֶׁהֶחֱזִירוּהוּ פְּלִשְׁתִּים עָמַד בְּקִרְיַת יְעָרִים עֶשְׂרִים שָׁנָה עַד שֶׁמָּלַךְ דָּוִד וֶהֱבִיאוֹ לְצִיּוֹן וּבְצִיּוֹן עָמַד עַד שֶׁבָּנָה שְׁלֹמֹה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ כְּדִכְתִיב (מְלָכִים א ח׳:ו׳) וַיָּבִיאוּ הַכֹּהֲנִים אֶת אֲרוֹן בְּרִית ה' וְגוֹ' וּמִזְבַּח הַנְּחֹושֶׁת הָיָה בְּנוֹב כָּל יְמֵי שָׁאוּל וּשְׁמוּאֵל כְּדִכְתִיב (שְׁמוּאֵל א כ״א:ה׳) וַיֹּאמֶר אֵין לֶחֶם חֹול אֶל תַּחַת יָדִי כִּי אִם לֶחֶם קֹודֶשׁ [וְגוֹ'] הַמּוֹסְרִים מִלִּפְנֵי ה' חָרְבָה נֹוב עַל דָּבָר זֶה שֶׁהֲרָגָם שָׁאוּל מִפְּנֵי שֶׁנָּתְנוּ לֶחֶם לְדָוִד וּבָאוּ לָהֶם לְגִבְעוֹן וְנִיתַּן שָׁם מִזְבַּח הַנְּחֹשֶׁת עַד שֶׁבָּנָה שְׁלֹמֹה הַבַּיִת כְּדִכְתִיב בְּדִבְרֵי הַיָּמִים (א' כא):
Puisqu'il ne le fait pas sortir de "dans toutes vos demeures", il tient que les hallot de toda et les rekikei nazir se mangent à Nov et à Givon. Il s'écarte de Rabbi Shimon, qui a dit au premier chapitre de Meguila (9b) : à Nov et à Givon, c'est-à-dire sur la bama gedola, on n'offrait que les pesahim et les obligations à temps fixe. Les obligations sans temps fixe ne s'offraient pas. Il s'écarte aussi de celui qui dit, au dernier chapitre de Zevahim (117a) : ici comme là, sur la bama gedola de Nov et de Givon et sur la bama ketana qu'un particulier dressait sur son toit, un particulier n'offrait que l'ola et les shelamim. Pour celles qui étaient offertes à Nov et à Givon, il a fallu une preuve tirée de "vous garderez les matzot" et de "des matzot vous mangerez". On ne les fait pas sortir par "dans toutes vos demeures" : elles ont une permission dans toutes les demeures, car on pouvait les emporter en tout lieu, dans le temps de leur consommation. Nous avons appris, au dernier chapitre de Zevahim (112b) : lorsqu'ils arrivèrent à Nov et à Givon, les bamot furent permises. Les kodshei kodashim se mangent en deçà des tentures. Les kodashim kalim et le maaser sheni se mangent dans toutes les villes d'Israël. Avant que le Mishkan fût dressé, les bamot étaient permises, et le service se faisait par les bekhorot (premiers-nés). Une fois le Mishkan dressé, le service revient aux kohanim, et les bamot furent interdites. Ils passèrent le Jourdain et s'établirent à Gilgal. Pendant les sept années de conquête et les sept années de partage, les bamot étaient permises. Ils arrivèrent à Shilo après le partage, le Mishkan y fut fixé, les bamot furent interdites. Tout cela est expliqué par des versets au dernier chapitre de Zevahim. Shilo fut détruite aux jours d'Eli, quand l'arche fut emmenée captive au pays des Philistins. Ils allèrent à Nov. Il n'y avait pas là de Mishkan, mais une maison de pierres, et l'autel de cuivre y fut fixé. L'arche n'y était pas. Quand les Philistins rendirent l'arche, elle resta à Kiryat-Yearim vingt ans, jusqu'au règne de David, qui l'amena à Sion. À Sion elle resta jusqu'à ce que Salomon bâtît le Temple, comme il est écrit (I Rois 8, 6) : "Les kohanim amenèrent l'arche de l'alliance de ה', etc.". L'autel de cuivre fut à Nov tous les jours de Saül et de Samuel, comme il est écrit (I Samuel 21, 5) : "Il dit : il n'y a pas de pain profane sous ma main, seulement du pain saint, retiré de devant ה'". Nov fut détruite à cause de cela : Saül les tua, parce qu'ils avaient donné du pain à David. Ils allèrent à Givon, et l'autel de cuivre y fut placé jusqu'à ce que Salomon bâtît la Maison, comme il est écrit dans Divrei HaYamim (I, 21).
🗂️ Tossefot (2)
זֹאת אוֹמֶרֶת חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר פ"ה דְּלָא אָתֵי כר"ש דְּאָמַר בפ"ק דִּמְגִילָּה (דַּף ט:) לֹא קָרְבוּ אֶלָּא פְּסָחִים וְחוֹבוֹת הַקָּבוּעַ לָהֶם זְמַן אֲבָל שֶׁאֵין קָבוּעַ לָהֶם זְמַן לֹא וּכְפֵירוּשׁוֹ מַשְׁמַע בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִּזְבָחִים (דַּף קיז.) דְּתַנְיָא הָתָם כָּל הַנִּידָּר וְנִידָּב קָרֵב בְּבָמָה וְשֶׁאֵין נִידָּר וְכוּ' דִּבְרֵי ר' מֵאִיר וַחֲכָמִים אוֹמְרִים לֹא קֵרְבוּ אֶלָּא עוֹלוֹת וּשְׁלָמִים בִּלְבַד רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר אַף צִיבּוּר לֹא הִקְרִיבוּ אֶלָּא חוֹבוֹת הַקָּבוּעַ לָהֶן זְמַן מַשְׁמַע דְּמוֹדֶה ר' שִׁמְעוֹן לַחֲכָמִים דְּלָא קָרְבוּ מִנְחָה וּנְזִירוּת בְּבָמָה וְקָשֶׁה דבפ"ק דִּמְגִילָּה (דַּף ט:) תְּנַן אֵין בֵּין בָּמָה גְּדוֹלָה לְבָמָה קְטַנָּה אֶלָּא פֶּסַח זֶה הַכְּלָל כָּל שֶׁנִּידָּר וְנִידָּב קָרֵב בְּבָמָה שֶׁאֵין נִידָּר וְכוּ' וְאָמַר בַּגְּמָרָא מַנִּי ר"ש הִיא א"כ לְר' שִׁמְעוֹן קָרְבָה מִנְחָה בְּבָמָה דְּנִידָּר וְנִידָּב הוּא וּנְזִירוּת נָמֵי קָרֵב לְדִידֵיהּ בְּבָמָה דְּהָא ר"מ דְּקָתָנֵי בְּהַאי לִישָּׁנָא כָּל שֶׁנִּידָּר וְנִידָּב קָרֵב בְּבָמָה וְסָבַר רְקִיקֵי נָזִיר אִיכָּא בְּבָמָה דְּאָמַר הָתָם מַאי טַעְמָא דר"מ אָמַר קְרָא לֹא תַעֲשׂוּן כְּכֹל אֲשֶׁר אֲנַחְנוּ עֹושִׂים וְגוֹ' אָמַר לְהוּ מֹשֶׁה כִּי עַלִּיתוּן לָאָרֶץ יְשָׁרוֹת אַקְרִיבוּ חוֹבוֹת לָא אַקְרִיבוּ וּמִנְחָה וּנְזִירוּת יְשָׁרוֹת נִינְהוּ דִּנְזִירוּת גּוּפַיְיהוּ נִידָּר וְנִידָּב הוּא אע"ג דְּהַקָּרְבָּנוֹת חוֹבָה וְרַבָּנָן מְפָרֵשׁ הָתָם דְּסָבְרִי אֵין מִנְחָה בְּבָמָה וּנְזִירוּת אע"ג דְּנִידָּר הוּא מ"מ הַקָּרְבָּן חוֹבָה וְנִרְאֶה לר"י דה"פ דְּמַתְנִיתִין דִּמְגִילָּה דְּאֵין חִילּוּק בֵּין בָּמָה גְּדוֹלָה לְבָמָה קְטַנָּה אֶלָּא פְּסָחִים זֶה הַכְּלָל כֹּל הַנִּידָּר וְנִידָּב הַקָּרֵב בְּבָמָה גְּדוֹלָה קָרֵב בְּבָמָה קְטַנָּה וְכֹל שֶׁאֵין נִידָּר וְכוּ' וְלָא נְחִית אֶלָּא לְפָרֵשׁ מַה שֶׁשָּׁוָה הַגְּדוֹלָה לִקְטַנָּה אֲבָל יֵשׁ נִידָּר וְנִידָּב כְּמוֹ מִנְחָה וּנְזִירוּת שֶׁאֵינָן קְרֵיבִין לֹא בְּזוֹ וְלֹא בְּזוֹ:
Selon Rachi, cela s'écarte de Rabbi Shimon, qui a dit au premier chapitre de Meguila (9b) : on n'offrait que les pesahim et les obligations à temps fixe. Celles qui n'ont pas de temps fixe ne s'offraient pas. Selon son explication, tel est le sens au dernier chapitre de Zevahim (117a). On enseigne là-bas : tout ce qui est nider ve-nidav (vœu ou don volontaire) s'offre sur une bama, et ce qui n'est pas objet de vœu, etc. Paroles de Rabbi Meir. Les Sages disent : on n'offrait que des olot et des shelamim. Rabbi Shimon dit : même le public n'offrait que les obligations à temps fixe. Il en ressort que Rabbi Shimon convient aux Sages : la minha et le nazirut ne s'offraient pas sur une bama. Difficulté. Au premier chapitre de Meguila (9b), nous avons appris : il n'y a entre la bama gedola et la bama ketana que le pesah. Voici la règle : tout nider ve-nidav s'offre sur une bama, et ce qui n'est pas objet de vœu, etc. La Guemara dit : qui est l'auteur ? Rabbi Shimon. Dès lors, selon Rabbi Shimon, la minha s'offre sur une bama, car elle est nider ve-nidav. Le nazirut aussi s'offre, selon lui, sur une bama. Rabbi Meir, qui enseigne dans cette formulation "tout nider ve-nidav s'offre sur une bama", estime qu'il y a des rekikei nazir sur une bama. On dit là-bas : quelle est la raison de Rabbi Meir ? Le verset dit : "Vous ne ferez pas selon tout ce que nous faisons, etc." (Devarim 12, 8). Moché leur a dit : quand vous monterez au pays, les yashrot (offrandes facultatives), vous les offrirez ; les hovot (obligations), vous ne les offrirez pas. Or la minha et le nazirut sont des yashrot. Le nazirut lui-même est nider ve-nidav, bien que les korbanot soient une obligation. Les Sages, on explique là-bas qu'ils estiment : pas de minha sur une bama. Et le nazirut, bien qu'il soit un neder, le korban reste une obligation. Il apparaît au Ri que voici le sens de la michna de Meguila : il n'y a de différence entre la bama gedola et la bama ketana que les pesahim. Voici la règle : tout nider ve-nidav qui s'offre sur la bama gedola s'offre sur la bama ketana, et tout ce qui n'est pas objet de vœu, etc. Elle ne vient expliquer que ce en quoi la grande égale la petite. Il reste des nider ve-nidav, comme la minha et le nazirut, qui ne s'offrent ni sur l'une ni sur l'autre.
נֶאֱכָלִים בְּנוֹב וְגִבְעוֹן הִקְשָׁה רַבֵּינוּ נִסִּים א"כ הֵיכִי מְמַעֵט בִּיכּוּרִים מִבְּכָל מוֹשָׁבוֹת וְהָא בִּיכּוּרִים הָווּ חוֹבָה הַקָּבוּעַ לָהֶן זְמַן בִּזְמַן שִׂמְחָה דְּמֵעֲצֶרֶת עַד הֶחָג מֵבִיא וְקוֹרֵא א"כ קְרֵיבִים בְּנוֹב וְגִבְעוֹן כְּמוֹ פְּסָחִים שֶׁהָיוּ קְרֵיבִים לכ"ע וְיֵשׁ לוֹמַר דְּבִיכּוּרִים הוֹאִיל וְיֵשׁ לָהֶם זְמַן גָּדוֹל כָּל כָּךְ לָא חֲשִׁיב זְמַן קָבוּעַ וְרַשְׁבָּ"א מְפָרֵשׁ דְּמִשּׁוּם הָכִי הָווּ בִּיכּוּרִים חוֹבָה שֶׁאֵין לָהֶן זְמַן קָבוּעַ כֵּיוָן שֶׁאִם אֵין לוֹ פֵּירוֹת לֹא יָבִיא בִּיכּוּרִים:
Rabbeinou Nissim objecte : comment exclut-on alors les bikkurim par "dans toutes les demeures" ? Les bikkurim sont une obligation à temps fixe, au temps de la simha : de Shavuot jusqu'à la fête, on apporte et on lit. Ils s'offriraient donc à Nov et à Givon comme les pesahim, qui s'offraient selon tous. On peut dire : les bikkurim ont un délai si long que cela ne compte pas comme un temps fixe. Le Rashba explique : les bikkurim sont une obligation sans temps fixe, car sans fruits on n'apporte pas de bikkurim.
💡 Explication

Zot omeret : si le tanna ne sort pas ces pains par "dans toutes les demeures", c'est qu'ils ont, pour lui, un heter partout. Ce heter existe à Nov et à Givon : les bamot sont permises, et les kodashim kalim se mangent dans toutes les villes d'Israël. On pouvait les emporter pendant leur temps. Le verset ne les exclut donc pas. Restent la shimur et les sept jours.

Rachi écarte deux avis. Rabbi Shimon (Meguila 9b) : à la bama gedola, seulement les pesahim et les hovot à temps fixe. Toda et nazir, sans échéance fixe, n'y entraient pas. L'autre avis (Zevahim 117a) : un particulier, sur grande ou petite bama, n'offre que l'ola et les shelamim. La suite de Rachi aligne les étapes : avant le Mishkan, Mishkan, Gilgal, Shilo, Nov, Givon.

Tossefot : la michna de Meguila, attribuée à Rabbi Shimon, semble faire offrir tout nider ve-nidav, donc la minha et le nazirut. Le Ri relit la règle : elle égalise les deux bamot, et laisse la minha et le nazirut en dehors des deux. Rabbeinou Nissim : les bikkurim ont un temps, de Shavuot à la fête. Réponse : le délai est trop long pour compter comme temps fixe. Le Rashba : sans fruits, on n'apporte pas, donc pas de temps fixe.

🖼️ Schéma
Qui offre toda et nazir à Nov et à Givon Reish Lakish Les hallot se mangent à Nov et à Givon. Heter dans toutes les demeures. Bekhol moshavot ne les sort pas. Preuve : shimur, ou les sept jours. Zot omeret. Rabbi Shimon Bama gedola : pesahim, et hovot à temps fixe. Toda et nazir : sans temps fixe. Selon Rachi, ils ne s'offrent pas. Meguila 9b. Reish Lakish s'en écarte. Zevahim 117a Bama gedola et bama ketana. Un particulier : ola et shelamim. Rachi : Reish Lakish s'écarte aussi de cet avis. Toit du particulier : bama ketana. Tossefot, le Ri sur la michna de Meguila La michna égalise bama gedola et bama ketana, à part les pesahim. Tout nider ve-nidav offert sur la grande l'est sur la petite. Minha et nazirut restent en dehors des deux.
Reish Lakish : hallot mangées à Nov et à Givon, donc permises dans toutes les demeures. Rabbi Shimon et l'avis de Zevahim 117a limitent ce qu'on offre sur les bamot. Le Ri égalise grande et petite bama, et laisse minha et nazirut dehors.
11
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אִילְעַאי: שָׁאַלְתִּי אֶת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר — מַהוּ שֶׁיֵּצֵא אָדָם בְּחַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר? אָמַר לִי: לֹא שָׁמַעְתִּי. בָּאתִי וְשָׁאַלְתִּי לִפְנֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, אָמַר לִי: הֲרֵי אָמְרוּ, חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר שֶׁעֲשָׂאָן לְעַצְמוֹ — אֵין אָדָם יוֹצֵא בָּהֶן, לִמְכֹּור בַּשּׁוּק — יוֹצֵא בָּהֶן.

On a enseigné. Rabbi Ilaï a dit : j'ai interrogé Rabbi Eliezer : un homme peut-il s'acquitter avec des hallot de toda et des rekikei nazir ?

Il m'a dit : je n'ai pas entendu. Je suis allé et j'ai interrogé devant Rabbi Yehochoua.

Il m'a dit : voici ce qu'on a dit. Des hallot de toda et des rekikei nazir qu'on a faits pour soi : personne ne s'en acquitte.

Pour les vendre au marché : on s'en acquitte.

💡 Explication

Baraïta de Rabbi Ilaï. Rabbi Eliezer n'a pas de tradition. Rabbi Yehochoua rapporte un écart : faits pour soi, ces pains n'acquittent pas ; faits pour le marché, ils acquittent. La raison vient après le retour chez Rabbi Eliezer.

12
כְּשֶׁבָּאתִי וְהִרְצֵיתִי דְּבָרִים לִפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אָמַר לִי: בְּרִית! הֵן הֵן הַדְּבָרִים שֶׁנֶּאֶמְרוּ לוֹ לְמֹשֶׁה בְּסִינַי. אִיכָּא דְאָמְרִי: בְּרִית, הֵן הֵן הַדְּבָרִים שֶׁנֶּאֶמְרוּ לוֹ לְמֹשֶׁה בְּסִינַי? וְלָא טַעְמָא בָּעֲיָא?!

Quand je suis venu et que j'ai exposé les paroles devant Rabbi Eliezer, il m'a dit : Alliance ! Ce sont bien les paroles qui furent dites à Moché au Sinaï.

Certains disent : Alliance ! Ce sont bien les paroles qui furent dites à Moché au Sinaï ?

Et cela n'exige pas une raison ?!

📜 Rachi (2)
בְּרִית שְׁבוּעָה:
Alliance : un serment.
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי בִּתְמִיהַּ אֲמַר לֵיהּ וְכִי הֵן הַדְּבָרִים כו' דְּלָא בָּעֵי טַעְמָא כַּהֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי:
Selon cette leçon, il le lui dit avec étonnement : seraient-ce les paroles, etc., qui se passeraient d'une raison, comme une halakha le-Moché mi-Sinaï ?
💡 Explication

Brit : Rachi, un serment. Première leçon : Rabbi Eliezer confirme. L'écart de Rabbi Yehochoua est une tradition du Sinaï.

Autre leçon, sur le ton de l'étonnement. Une halakha le-Moché mi-Sinaï se passe de raison. Cet écart en demande une. La Guemara la donne ensuite.

13
וְטַעְמָא מַאי? אָמַר רַבָּה: כֹּל לַשּׁוּק אִימְּלוֹכֵי מִימְּלֵךְ. אָמַר: אִי מִזְדַּבַּן — מִזְדַּבַּן, אִי לָא מִזְדַּבַּן — אִיפּוֹק בְּהוּ אֲנָא.

Et quelle est la raison ? Rabba a dit : tout ce qui est pour le marché, on se consulte.

Il dit : si cela se vend, cela se vend ; si cela ne se vend pas, je m'en acquitterai, moi.

📜 Rachi (2)
וְטַעְמָא מַאי גְּמָרָא בָּעֵי לָהּ וְטַעֲמָא מַאי שֶׁעֲשָׂאָן לִמְכֹּור בַּשּׁוּק לְצָורְכֵי תּוֹדָה יוֹצֵא בָּהֶן אִם לֹא מְכָרָן הֲרֵי לֹא נִשְׁתַּמְּרָה לְשֵׁם מַצָּה אֶלָּא לְשֵׁם זֶבַח:
C'est la Guemara qui demande : quelle est la raison ? On les a faits pour les vendre au marché, pour les besoins d'une toda, et l'on s'en acquitte lorsqu'on ne les a pas vendus. Elles ont été gardées pour le nom d'un zevah, à l'exclusion du nom de matza.
אִיפּוֹק בְּהוּ אֲנָא יְדֵי חוֹבַת מַצָּה:
Je m'en acquitterai : de l'obligation de matza.
💡 Explication

Rachi formule d'abord la question. Des pains faits pour une toda, même invendus, ont été gardés pour un zevah. Pourquoi acquittent-ils ?

Rabba : au marché, le vendeur se consulte. Vendu, le pain suit l'acheteur. Invendu, il s'en acquitte lui-même. La shimur pour la matza est donc déjà dans l'intention, à titre conditionnel. Rachi : l'acquittement est celui de l'obligation de matza.

🖼️ Schéma
Pour soi, ou pour le marché Rabbi Yehochoua, raison de Rabba Faits pour soi Shimur pour son zevah. Le nom de matza manque. Personne ne s'acquitte Faits pour le marché Le vendeur se réserve. Si c'est vendu : vendu. Sinon : je m'en acquitte. On s'acquitte La shimur de matza est déjà dans l'intention, au cas où la vente manque. Rachi : l'acquittement visé est celui de l'obligation de matza.
Pour soi : shimur pour le zevah, pas d'acquittement. Pour le marché : le vendeur se réserve l'acquittement si la vente manque.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).