Pesachim 39a - Les légumes avec lesquels on s'acquitte du maror

Pesachim 39a

Sougya : La michna énumère les légumes avec lesquels on s'acquitte du maror à Pessa'h : frais ou secs, pas marinés ni cuits, qui se joignent pour un kezayit, y compris la tige, le demai et les dîmes rachetées. La Guemara identifie chaque nom, puis les baraitot ajoutent d'autres herbes.

Rabbi Yehouda, Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Aherim donnent les signes : sève blanche et face pâle. Rav Houna tranche comme Aherim.

La laitue (hazarat, hassa) est la mitsva choisie : le Miséricordieux a eu pitié, et l'Égypte, comme le maror, commence tendre et finit dur. On apprend ensuite, par ressemblance avec la matza, que le maror est une herbe de semence, un aliment, et de nombreuses espèces.

Rav dit qu'on les sème dans une seule plate-bande : selon leur règle, par couples, afin d'écarter les kilayim.

Les cinq herbes de la michna Michna Guemara Repère de Rachi hazarat hassa laitue olshin hindvi crespelle tamkha temakhta marrube harhavina atsuta dedikla fibre du palmier maror merirata amerfeuil La hazeret est nommée en tête. Rabbi Ochaya : la mitsva se fait avec elle.
Les cinq herbes de la michna, le nom que leur donne la Guemara, et le repère de Rachi. La hazeret, la laitue, est nommée en tête.
Maror, à la ressemblance de la matza Comme la matza Candidat écarté Ce qui reste Pousse du sol gidoulei karka Bile du poisson kufya merirata de kufya Une herbe du sol Espèce de semences min zeraïm Hardouf, l'arbre bois de Mara Une semence Argent du maaser un aliment Harzifou poison pour la bête Un aliment Beaucoup d'espèces comme les grains Un seul, ou seulement deux merorim est au pluriel Plusieurs herbes Préférence : hazeret, la laitue. Rav Aha se rétracte de la merirata.
Quatre hekeshim à la matza : pousse du sol, espèce de semences, aliment du maaser, beaucoup d'espèces. La hazeret reste la mitsva choisie.
Kilayim : couples, puis la plate-bande Couple : pas kilayim Hors du couple hazarat et hazeret galin olshin et olshin des champs poireau et poireau des champs coriandre et coriandre des champs moutarde et moutarde d'Égypte courge d'Égypte et remoutsa hazarat et olshin sont kilayim Rav : la michna enseigne par couples Rav : semés selon leur règle Une plate-bande de six sur six tefahim. Cinq semences, avec l'écart voulu. Ainsi elles ne se nourrissent pas l'une de l'autre. Michna citée par Rachi : Chabbat 84b. La suite du daf objecte : nous l'avons déjà enseignée.
La michna autorise chaque herbe avec sa pareille. Hazeret avec olshin reste kilayim. Rav parle d'un semis selon la règle, six sur six.
1
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ יְרָקוֹת שֶׁאָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח: בַּחֲזֶרֶת, בְּתַמְכָא, וּבְחַרְחֲבִינָא וּבָעֳולָשִׁין וּבְמָרוֹר. יוֹצְאִין בָּהֶן בֵּין לַחִין בֵּין יְבֵשִׁין, אֲבָל לֹא כְּבוּשִׁין וְלֹא שְׁלוּקִין וְלֹא מְבֻושָּׁלִין.

Michna. Et voici les légumes avec lesquels un homme s'acquitte de son obligation à Pessa'h : avec la hazeret, avec le tamkha, avec le harhavina, avec les olshin et avec le maror.

On s'en acquitte qu'ils soient frais ou qu'ils soient secs, mais pas s'ils sont marinés, ni trop cuits (shaluk), ni cuits.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' אֵלּוּ יְרָקוֹת שֶׁאָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּחֲזֶרֶת וּבְתַמְכָא וּבְעָולְשֵׁי' וּבְחַרְחֲבִינָא וּבְמָרוֹר כּוּלְּהוּ מְפָרֵשׁ בגמ':
La hazeret, le tamkha, les olshin, le harhavina et le maror : tous sont expliqués dans la Guemara.
כְּבוּשִׁין בְּחֹומֶץ:
Marinés : dans le vinaigre.
שֶׁלּוֹקִין מְבֻושָּׁלִין הַרְבֵּה מְאֹד עַד שֶׁנִּימּוֹחִין:
Shaluk : cuits très longuement, jusqu'à se défaire.
מְבֻושָּׁלִין כְּדֶרֶךְ בִּישּׁוּל:
Cuits : à la manière ordinaire de la cuisson.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' אֵין שׁוֹרִין אֶת הַמֻּורְסָן לְתַרְנְגוֹלִים אֲבָל חוֹלְטִין. כָּתַב רַב שְׁרִירָא זַ"ל אע"פ שֶׁחִלּוּט אֵין בָּא לִידֵי חִימּוּץ וּמֻוגְלָשִׁין עַל גַּבֵּי קֶמַח הוּא הַחְלָטוֹת לֹא שָׁמַעְנוּ בִּשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת שֶׁהִתִּירוּ זֶה אֶלָּא לְחַיָּה וּלְחוֹלֶה ע'"פ בְּקִיאִין וכ"כ רַב הַאי מַצָּה חֲלוּטָה בְּרוֹתְחִין מַצָּה הִיא אֲבָל דְּרַבָּנָן קַמָּאֵי אָמְרוּ לָא יָדְעִינַן חֲלִיטָה הֵיכָן הִיא וְכַמָּה חוֹלִים טָרְחוּ לְהַתִּיר לָהֶם מֵי שְׂעוֹרִים בַּחֲלִיטָה וְלֹא הִתִּירוּ הַגְּאוֹנִים אֶלָּא לְחוֹלֶה שֶׁהֻוקְשָׁה חָלְיוֹ עַל פִּי רוֹפְאִים. כָּתַב בַּאֲבִי הָעֶזְרִי מַעֲשֶׂה הָיָה שֶׁשָּׁרוּ מְעַט מֻורְסָן וְשַׁפְשְׁפוּ בָּהֶן אַווָּז בְּפֶסַח וְאָסְרוּ אַבָּא מָרִי מִשּׁוּם דְּאִית בָּעוֹר נִקְבֵי נִקְבֵי פָּרְצִי וְאָמְרִינַן בְּחֻולִּין דַּף קיב. וְאִי אִית בֵּיהּ פִּילֵי אָסוּר ע"כ.
Michna. On ne fait pas tremper le son (morsan) pour les poules, mais on le blanchit (holetin). Rav Sherira, de mémoire bénie, a écrit : même blanchi, il n'arrive pas à la fermentation (himutz). Et ce qu'on verse en le faisant glisser sur de la farine (muglashin al gabei kemah), c'est cela le blanchiment (haltot). Nous n'avons pas entendu, dans les deux académies, qu'on ait permis cela, sinon pour une accouchée (haya) et pour un malade, d'après des gens versés. Ainsi a écrit Rav Haï : une matza blanchie à l'eau bouillante est une matza. Mais les premiers rabbins ont dit : nous ne savons pas où se situe le blanchiment (halita). Et combien de malades ont peiné pour qu'on leur permette de l'eau d'orge par blanchiment. Les Gueonim ne l'ont permis qu'au malade dont la maladie s'est aggravée, sur l'avis des médecins. Il est écrit dans l'Avi haEzri : un fait s'est produit, on a fait tremper un peu de son et on en a frotté une oie à Pessa'h, et Abba Mari l'a interdit, parce que la peau a des pores béants. Et nous disons dans Houlin, folio 112 : s'il y a des fissures (pili), c'est interdit. Fin de la citation.
💡 Explication

Michna des légumes du maror. Cinq noms. On s'acquitte frais ou sec. Le mariné, le shaluk et le cuit sortent : l'amertume ou la forme du légume n'y est plus.

Rachi : mariné dans le vinaigre. Shaluk, cuit jusqu'à se défaire. Cuit, à la cuisson ordinaire. Les noms eux-mêmes sont dans la Guemara.

Le pesak du Roch cité ici porte sur la michna du son pour les volailles, qui vient après celle du maror : le blanchiment (halita), et le cas de l'oie frottée de son.

🖼️ Schéma
État du légume : on s'acquitte, ou non On s'acquitte Frais, ou sec Tige, le kelah Espèces jointes pour un kezayit Demai Maaser rishon, teruma prélevée Maaser sheni racheté Hekdesh racheté On ne s'acquitte pas Mariné, dans le vinaigre Shaluk, cuit jusqu'à se défaire Cuit à la manière ordinaire Tevel, Rachi Mitsva qui vient par une transgression
Frais, sec, tige, kezayit, demai et dîmes rachetées acquittent. Mariné, shaluk, cuit et tevel, non.
2
וּמִצְטָרְפִין לְכַזַּיִת, וְיוֹצְאִין בַּקֶּלַח שֶׁלָּהֶן. וּבִדְמַאי, וּבְמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁנִּטְּלָה תְּרוּמָתוֹ, וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁנִּפְדּוּ.

Ils se joignent pour un kezayit. On s'acquitte avec leur tige.

Et avec le demai, avec le maaser rishon dont on a prélevé la teruma, et le maaser sheni et le hekdesh qui ont été rachetés.

📜 Rachi (2)
וּמִצְטָרְפִין לְכַזַּיִת אִם אֵין לוֹ מֵאֶחָד מֵהֶן כַּזַּיִת אֲבָל יֵשׁ לוֹ מִזֶּה חֲצִי זַיִת וּמִזֶּה חֲצִי זַיִת מִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה כְּדֵי לָצֵאת יְדֵי חוֹבָתוֹ:
Ils se joignent pour un kezayit : s'il n'a pas, d'un seul d'entre eux, un kezayit, mais un demi-kezayit de celui-ci et un demi-kezayit de celui-là, ils se joignent l'un à l'autre pour qu'il s'acquitte de son obligation.
וּבִדְמַאי וּבְמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן כוּ' אֲבָל בְּטֶבֶל לֹא וְאַף עַל גַּב דְּמַעֲשֵׂר יָרָק דְּרַבָּנָן הָוְיָא לֵהּ מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה דֻּומְיָא דְּעָצִיץ שֶׁאֵינוֹ נָקוּב דַּאֲמָרָן בְּפִירְקִין:
Avec le demai et le maaser rishon, oui. Avec du tevel, non. Et même si la dîme des légumes n'est que rabbinique, ce serait une mitsva qui vient par une transgression, à la manière du pot non perforé dont nous avons parlé dans notre chapitre.
💡 Explication

Trois élargissements. Les espèces se joignent jusqu'au kezayit. La tige acquitte, comme la feuille. Le demai, le maaser rishon dont la teruma est prélevée, le maaser sheni et le hekdesh rachetés, acquittent.

Rachi ferme le tevel. La dîme des légumes est rabbinique, et manger du tevel reste une mitsva qui vient par une transgression, comme le pot non perforé vu plus haut dans le chapitre.

3
גמ׳ חֲזֶרֶת — חַסָּא. עֳולָשִׁין — הִינָּדְבִי. תַּמְכָא, אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: תְּמַכְתָּא שְׁמָהּ. חַרְחֲבִינָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אַצְוָותָא דְּדִיקְלָא. וּבְמָרוֹר — מָרִירְתָּא.

Guemara. Hazeret : hassa.

Olshin : hindvi. Tamkha : Rabba bar bar Hana a dit : son nom est temakhta.

Harhavina : Rabbi Shimon ben Lakish a dit : atsuta dedikla. Et maror : merirata.

📜 Rachi (5)
גמ' חַסָּא ליטוג"א (לייטוג"א: חָסָה):
Hassa : laitue.
הִינָּדֵיבִי עֵשֶׂב שֶׁקּוֹרִין קרישפל"א:
Hindvi : une herbe qu'on appelle crespelle.
תְּמַכְתָּא מרוביי"א:
Temakhta : marrube.
אַצְווָתָא דְּדִיקְלָא סִיב הַגָּדֵל וְנִכְרָךְ סָבִיב לַדֶּקֶל שֶׁקּוֹרִין ווידיל"א:
Atsuta dedikla : la fibre qui pousse et s'enroule autour du palmier, qu'on appelle videlle.
מְרָרְיָיתָא אמירפויי"ל וְהִיא פופר"ץ:
Merirata : amerfeuil, et c'est le poprats.
🗂️ Tossefot (1)
אַצְווָתָא דְּדִיקְלָא צ"ל דְּהָוֵי מִין זְרָעִים דְּהָא לְקַמָּן אָמְרִינַן מַה מַצָּה מִין זְרָעִים אַף מָרוֹר מִין זְרָעִים:
Atsuta dedikla : il faut dire que c'est une espèce de semences (min zeraïm). Plus loin, on dit : de même que la matza est une espèce de semences, de même le maror est une espèce de semences.
💡 Explication

La Guemara donne le nom araméen de chaque herbe de la michna. Hazeret est la hassa, la laitue. Olshin, le hindvi. Tamkha, temakhta, le marrube selon Rachi. Harhavina, l'atsuta dedikla, la fibre enroulée au palmier. Maror, la merirata.

Tossefot : cette fibre doit être un min zeraïm, une espèce de semences. Le hekesh de la fin du daf aligne le maror sur la matza, qui est une semence, et sort l'arbre.

4
תָּנֵי בַּר קַפָּרָא, אֵלּוּ יְרָקוֹת שֶׁאָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח: בָּעֳולָשִׁין, וּבְתַמְכָא, בְּחַרְחָלִין, בְּחַרְחָבִינִין, וּבְחִזְרִין. רַב יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף עֻולְשֵׁי שָׂדֶה וְעֻולְשֵׁי גִינָּה וַחֲזֶרֶת.

Bar Kappara enseigne : voici les légumes avec lesquels un homme s'acquitte de son obligation à Pessa'h : avec les olshin, avec le tamkha, avec les harhalin, avec les harhavinin et avec les hazrin. Rav Yehouda dit : même les olshin des champs, les olshin du jardin, et la hazeret.

📜 Rachi (3)
חַרְחֲלִין לָא אִיתְפְּרִישׁ שְׁמוֹ:
Harhalin : son nom n'a pas été expliqué.
וּבְחִזְרִין חֲזֶרֶת:
Hazrin : c'est la hazeret.
עָולְשֵׁי שָׂדֶה אע"ג דְּיֵשׁ לָהֶן שֵׁם לְוַוי הֲרֵי הֵן כְּעָולְשֵׁי גִּינָּה:
Olshin des champs : bien qu'ils aient un nom accompagné (shem levai), ils sont comme les olshin du jardin.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' אֵלּוּ יְרָקוֹת שֶׁאָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח בַּחֲזֶרֶת בְּעֻולְשִׁין וּבְתַמְכָא וּבְחַרְחֲבִינָא וּבְמָרוֹר יוֹצְאִין בָּהֶן בֵּין לַחִין בֵּין יְבֵשִׁין אֲבָל לֹא כְּבוּשִׁין וְלֹא שְׁלוּקִין וְלֹא מְבֻושָּׁלִין וּמִצְטָרְפִין לְכַזַּיִת יוֹצְאִין בַּקֶּלַח שֶׁלָּהֶן וּבִדְמַאי וּבְמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁנִּיטְּלָה תְּרוּמָתוֹ ובמע"ש וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁנִּפְדּוּ.
Michna. Voici les légumes avec lesquels un homme s'acquitte de son obligation à Pessa'h : la hazeret, les olshin, le tamkha, le harhavina et le maror. On s'en acquitte qu'ils soient frais ou secs, mais pas marinés, ni shaluk, ni cuits. Ils se joignent pour un kezayit. On s'acquitte avec leur tige, avec le demai, avec le maaser rishon dont on a prélevé la teruma, et avec le maaser sheni et le hekdesh qui ont été rachetés.
💡 Explication

Autre liste, celle de Bar Kappara. Il ajoute les harhalin, dont Rachi dit que le nom n'est pas expliqué, et les hazrin, qui sont la hazeret.

Rav Yehouda ajoute les olshin des champs, avec les olshin du jardin et la hazeret. Rachi : le shem levai, le qualificatif "des champs", ne les sort pas des olshin du jardin. La Guemara va reprendre cette formulation.

Le Roch reprend ici la michna elle-même comme pesak : les cinq herbes, fraîches ou sèches, le kezayit, la tige, le demai et les dîmes rachetées.

5
עָולְשֵׁי גִּינָּה וַחֲזֶרֶת? הָא תְּנָא לָהּ רֵישָׁא! הָכִי קָאָמַר: אַף עֻולְשֵׁי שָׂדֶה כְּעֻולְשֵׁי גִינָּה וַחֲזֶרֶת. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אַף עַסְווָס וְטוּרָא וּמָר יְרוֹאָר. אָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי: עַסְוָוס וְטוּרָא אֶחָד הוּא. וּמַר — זֶה הוּא יְרוֹאָר.

Les olshin du jardin et la hazeret ? Le début les a déjà enseignés !

Voici ce qu'il dit : même les olshin des champs sont comme les olshin du jardin et la hazeret. Rabbi Meir dit : même l'asvas, le tura et le mar yeroar.

Rabbi Yossi lui dit : l'asvas et le tura sont une seule chose. Et mar, c'est le yeroar.

📜 Rachi (1)
עַסְוָוס וְטוּרָא וּמַר יְרוּאָה מִינֵי יְרָקוֹת:
Asvas, tura et mar yeroeh : des espèces de légumes.
💡 Explication

La Guemara reprend Rav Yehouda. Les olshin du jardin et la hazarat sont déjà dans la première liste. Il veut dire : les olshin des champs valent les olshin du jardin et la hazeret.

Rabbi Meir ajoute trois noms : asvas, tura, mar yeroar. Rabbi Yossi les réduit : asvas et tura sont une seule plante, et mar est le yeroar. Rachi : ce sont des espèces de légumes.

6
תָּנֵי דְּבֵי (רַבִּי) שְׁמוּאֵל: אֵלּוּ יְרָקוֹת שֶׁאָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח: בַּחֲזֶרֶת, בָּעֳולָשִׁין, וּבְתַמְכָא, וּבְחֶרְבִינִין, וּבַחֲרַגִּינִין, וּבְהַרְדּוּפָנִין. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף חֲזֶרֶת יוּלִין וַחֲזֶרֶת גַּלִּין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן.

On enseigne dans la maison de (Rabbi) Shmouel : voici les légumes avec lesquels un homme s'acquitte de son obligation à Pessa'h : avec la hazeret, avec les olshin, avec le tamkha, avec les harvinin, avec les harginin et avec les hardofanin. Rabbi Yehouda dit : même la hazeret yolin et la hazeret galin, de même.

📜 Rachi (2)
הִירְדּוּפְנִין יֵשׁ מְפָרְשִׁין אלוישנ"א (לַעֲנָה) :
Hardofanin : certains expliquent aluyechna (absinthe, laana).
חֲזֶרֶת גַּלִּים שֵׁם לְווַי הוּא:
Hazeret galim : c'est un nom accompagné (shem levai).
💡 Explication

Troisième liste, l'école de Shmouel. La hazeret est encore en tête. S'ajoutent harvinin, harginin et hardofanin. Rachi : certains lisent ces hardofanin comme l'absinthe (laana). Plus loin, le hardouf sera l'arbre amer : Tossefot posera l'écart entre les deux.

Rabbi Yehouda ajoute hazeret yolin et hazarat galin. Rachi : "galin" est un shem levai, un qualificatif joint au nom.

7
רַבִּי אִילְעָא אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אַף עֲרַקְבָּלִים, וְחָזַרְתִּי עַל כָּל תַּלְמִידָיו וּבִקַּשְׁתִּי לִי חָבֵר, וְלֹא מָצָאתִי. וּכְשֶׁבָּאתִי לִפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב, הוֹדָה לִדְבָרַי.

Rabbi Ila dit au nom de Rabbi Eliezer : même les arkablim. J'ai fait le tour de tous ses disciples et j'ai cherché pour moi un compagnon, et je n'ai pas trouvé.

Et quand je suis venu devant Rabbi Eliezer ben Yaakov, il a reconnu mes paroles.

📜 Rachi (2)
עַרְקַבָּלִין מְפָרֵשׁ בְּסוֹף פ' שֵׁנִי דְּעֵירוּבִין אַצְווָתָא חַרְזְיָיתָא הוּא סִיב גָּדוֹל וָעָב וּמִין לְעַצְמוֹ הוּא:
Arkablin : on l'explique à la fin du deuxième chapitre d'Erouvin. C'est l'atsuta harzayta, une fibre grande et épaisse, et c'est une espèce à part.
וְחָזַרְתִּי עַל כָּל תַּלְמִידָיו שֶׁל ר' אֱלִיעֶזֶר וּבִקַּשְׁתִּי לִי חָבֵר לְסַייְּעֵנִי שֶׁשָּׁמַע דָּבָר זֶה מִפִּיו וְלֹא מָצָאתִי:
J'ai fait le tour de tous ses disciples, ceux de Rabbi Eliezer, et j'ai cherché un compagnon pour m'appuyer, qui aurait entendu cela de sa bouche, et je n'en ai pas trouvé.
💡 Explication

Rabbi Ila, au nom de Rabbi Eliezer, ajoute les arkablim. Rachi renvoie à Erouvin : une fibre épaisse, une espèce à elle seule, distincte de l'atsuta du palmier.

Il a cherché un autre disciple qui aurait entendu la même chose. Rabbi Eliezer ben Yaakov la lui confirme.

8
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ שָׂרָף. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: כָּל שֶׁפָּנָיו מַכְסִיפִין. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: [כָּל] יָרָק מַר יֵשׁ לוֹ שָׂרָף וּפָנָיו מַכְסִיפִין. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִדִּבְרֵי כֻּולָּן נִלְמַד, יָרָק מַר יֵשׁ לוֹ שָׂרָף וּפָנָיו מַכְסִיפִין. אָמַר רַב הוּנָא: הֲלָכָה כַּאֲחֵרִים.

Rabbi Yehouda dit : tout ce qui a de la sève. Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : tout ce dont la face pâlit.

Aherim disent : [tout] légume amer a de la sève et sa face pâlit. Rabbi Yo'hanan a dit : des paroles de tous on apprend qu'un légume amer a de la sève et que sa face pâlit.

Rav Houna a dit : la halakha est comme Aherim.

📜 Rachi (4)
כָּל יֶרֶק מַר תַּרְוַוייְהוּ אִית לֵיהּ יֵשׁ לוֹ שָׂרָף וּפָנָיו מַכְסִיפִין וְהֵן הֵן סִימָנֵי מָרוֹר:
Tout légume amer : il a les deux, de la sève et une face qui pâlit. Ce sont là les signes du maror.
שָׂרָף כְּשֶׁסּוֹחֲטִין אוֹתוֹ בִּמְקוֹם חִיתּוּכוֹ יוֹצֵא מִמֶּנּוּ שָׂרָף לָבָן כְּחָלָב וְקוֹרִין לייטו"ן:
Sève : quand on le presse à l'endroit de la coupe, il en sort une sève blanche comme du lait, qu'on appelle laiton.
מַכְסִיפִין אֵינוֹ יָרָק מְאֹד כְּכַרְתִּי אֶלָּא פלד"ש:
Makhsifin : son vert n'est pas prononcé comme celui du poireau. Il est pâle (faldesh).
מִדִּבְרֵי כֻּולָּן כָּל הַמְפָרְשִׁין שְׁמוֹת הַיְּרָקוֹת כְּגוֹן מַתְנֵי' וְתַנָּא דְּבַר קַפָּרָא וְרַבִּי יְהוּדָה וְר' מֵאִיר וְתַנָּא דְּבֵי שְׁמוּאֵל מִכֻּולָּן לָמַדְנוּ שֶׁהַמָּרוֹר יֵשׁ לוֹ שָׂרָף וּפָנָיו מַכְסִיפִין שֶׁבְּכָל הַיְּרָקוֹת הַלָּלוּ רוֹאִין אָנוּ בָּהֶן הַסִּימָנִין הָאֵלּוּ:
Des paroles de tous : tous ceux qui expliquent les noms des légumes, comme la michna, le tana de Bar Kappara, Rabbi Yehouda, Rabbi Meir et le tana de la maison de Shmouel. De tous nous apprenons que le maror a de la sève et que sa face pâlit, car dans tous ces légumes nous voyons ces signes.
💡 Explication

Après les listes de noms, les signes. Rabbi Yehouda : la sève blanche, le saraf. Rabbi Yo'hanan ben Beroka : la face pâle, makhsifin, un vert qui n'a pas le franc du poireau. Aherim : le légume amer a les deux ensemble.

Rabbi Yo'hanan relit toutes les listes : chaque herbe nommée porte ces deux signes. Rav Houna : la halakha est comme Aherim. On reconnaît donc le maror à la sève et à la face pâle, ensemble.

🖼️ Schéma
Les signes du maror Rabbi Yehouda Tout ce qui a de la sève saraf, blanc comme lait R. Yo'hanan b. Beroka Tout ce dont la face pâlit makhsifin, vert pâle Aherim Légume amer qui a les deux sève et face pâle Rabbi Yo'hanan : ces deux signes se voient dans toutes les listes de noms. Rav Houna : la halakha est comme Aherim.
Sève seule, face pâle seule, ou les deux. Rav Houna suit Aherim : les deux signes.
9
רָבִינָא אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא דַּהֲוָה מְהַדַּר אַמְּרִירָתָא. אֲמַר לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּיךְ, דְּמֵרִירִין טְפֵי? וְהָא חֲזֶרֶת תְּנַן. וְתַנָּא דְּבֵי שְׁמוּאֵל: חֲזֶרֶת, וְאָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: מִצְוָה בַּחֲזֶרֶת. וְאָמַר רָבָא: מַאי חֲזֶרֶת — חַסָּא.

Ravina trouva Rav Aha, fils de Rava, qui cherchait de la merirata. Il lui dit : quelle est ton idée, qu'elles sont plus amères ?

Or nous avons enseigné hazeret. Et le tana de la maison de Shmouel : hazeret.

Et Rabbi Ochaya a dit : la mitsva est avec la hazeret. Et Rava a dit : qu'est-ce que hazeret ?

Hassa.

📜 Rachi (4)
אַמְּרָרְיָיתָא פופר"ץ:
Merirata : poprats.
וְהָא אֲנַן רֵישָׁא דְּכוּלְּהוּ חֲזֶרֶת תְּנַן:
Or nous, en tête de tous, avons enseigné hazeret.
וְתַנָּא דְּבֵי שְׁמוּאֵל נָמֵי חֲזָרַת תַּנָּא בְּרֵישָׁא אַלְמָא הִיא קָדְמִי לְכוּלְּהוּ:
Le tana de la maison de Shmouel a lui aussi enseigné hazeret en tête. Elle passe donc avant toutes.
מִצְוָה בַּחֲזֶרֶת כְּדִמְפָרֵשׁ טַעְמָא כִּדְרָבָא וְר' יוֹנָתָן:
La mitsva est avec la hazeret, comme on en explique la raison d'après Rava et Rabbi Yonatan.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מַאי 'חֲזֶרֶת'? 'חַסָּא'. נִמְצָא הַיָּרָק שֶׁעוֹשִׂין בּוֹ זֵכֶר לְגָלוּת מִצְרַיִם נִקְרָא חֲזֶרֶת וְנִקְרָא חַסָּא וְשֵׁם חֲזֶרֶת מוֹרֶה שֶׁעָתִיד לַחֲזֹור עֲלֵיהֶם הַגָּלוּת עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (וַיִּקְרָא רַבָּה יג, ה) לָמָּה נִקְרָא חֲזִיר שֶׁעָתִיד לַחֲזֹור, וְכֵן כָּאן לֹא יָצְאוּ בִּזְמַנָּם אֶלָּא עֲתִידִין לְהַשְׁלִים הַמִּנְיָן בְּשִׁעְבּוּד מַלְכֻיוֹת וְלָכֵן אָמַר לוֹ אֱמֹור לָהֶם 'אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה' (שְׁמוֹת ג, יד) וְשֵׁם חַסָּא מוֹרֶה מַה שֶׁעָשָׂה בְּאֹופֶן זֶה לְהוֹצִיאָם קֹודֶם הַזְּמַן בִּשְׁבִיל שֶׁיַּחֲזֹור עֲלֵיהֶם הַגָּלוּת בְּשִׁעְבּוּד מַלְכֻיוֹת הַיְינוּ מִשּׁוּם דְּחָס רַחֲמָנָא עֲלַייְהוּ דְּאִם הָיוּ יוֹשְׁבִין כָּל סַךְ הַגָּלוּת בְּמִצְרַיִם הָיוּ נִטְמָעִין וְהוֹלְכִים וְלֹא יִזָּכֵר שֵׁם יִשְׂרָאֵל עוֹד.
Qu'est-ce que hazeret ? Hassa. Il se trouve que le légume avec lequel on fait mémoire de l'exil d'Égypte s'appelle hazeret et s'appelle hassa. Le nom hazeret enseigne que l'exil est destiné à revenir sur eux, à la manière de ce qu'ont dit nos maîtres (Vayikra Rabba 13, 5) : pourquoi l'appelle-t-on hazir ? Parce qu'il est destiné à revenir. De même ici : ils ne sont pas sortis en leur temps, ils sont destinés à compléter le compte dans l'asservissement des royaumes. C'est pourquoi Il lui a dit : dis-leur "Ehyeh acher ehyeh" (Je serai qui je serai), Exode 3, 14. Et le nom hassa enseigne pourquoi Il a agi de cette manière, pour les faire sortir avant le temps, afin que l'exil revienne sur eux dans l'asservissement des royaumes : c'est parce que le Miséricordieux a eu pitié d'eux. S'ils étaient restés en Égypte pour tout le compte de l'exil, ils se seraient assimilés peu à peu, et le nom d'Israël ne serait plus rappelé.
💡 Explication

Rav Aha cherche la merirata, l'herbe la plus amère. Ravina le ramène à la hazarat : elle ouvre la michna, elle ouvre la baraita de l'école de Shmouel, et Rabbi Ochaya dit que la mitsva se fait avec elle. Rava : hazeret, c'est la hassa, la laitue. La raison vient au segment suivant.

Le Ben Yehoyada lit les deux noms. Hazeret : l'exil est appelé à revenir, comme le hazir "destiné à revenir". La sortie d'Égypte laisse un compte à compléter dans les royautés. Hassa : le Miséricordieux a eu pitié, et les a fait sortir avant que le nom d'Israël se perde.

10
מַאי חַסָּא — דְּחָס רַחֲמָנָא עִילָּווַן. וְאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: לָמָּה נִמְשְׁלוּ מִצְרִיִּים כְּמָרוֹר? לוֹמַר לְךָ: מַה מָרוֹר זֶה שֶׁתְּחִילָּתוֹ רַךְ וְסוֹפוֹ קָשֶׁה — אַף מִצְרִיִּים תְּחִילָּתָן רַכָּה וְסוֹפָן קָשָׁה. אֲמַר לֵיהּ: הָדְרִי בֵּי.

Que signifie hassa ? Que le Miséricordieux a eu pitié d'eux.

Et Rabbi Shmouel bar Nahmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : pourquoi a-t-on comparé les Égyptiens au maror ? Pour te dire : de même que ce maror, son début est tendre et sa fin est dure, de même les Égyptiens, leur début est tendre et leur fin est dure.

Il lui dit : je me rétracte.

📜 Rachi (5)
מַאי חַסָּא מַאי טַעְמָא קָרֵינַן לֵיהּ חַסָּא מִשּׁוּם דְּזָכָר הוּא דְּחָס רַחֲמָנָא עֲלַן אַלְמָא לְהָכִי קַיְימָא:
Que signifie hassa : pourquoi l'appelons-nous hassa ? Parce que c'est un souvenir, le Miséricordieux a eu pitié de nous. C'est donc pour cela qu'elle est instituée.
לָמָּה נִמְשְׁלוּ כְּמָרוֹר דִּכְתִיב (שְׁמוֹת א׳:י״ד) וַיְמָרְרוּ אֶת חַיֵּיהֶם:
Pourquoi les a-t-on comparés au maror : car il est écrit (Exode 1, 14) : ils rendirent leur vie amère.
תְּחִילָּה רַכָּה בִּתְחִילָּה נִשְׁתַּעְבְּדוּ לָהֶן ע"י שָׂכָר שֶׁהָיוּ שׂוֹכְרִין אוֹתָן:
Tendre au début : au début, ils les ont asservis par un salaire, ils les embauchaient.
מָרוֹר סוֹפוֹ קָשֶׁה הַקֶּלַח שֶׁלּוֹ מִתְקַשֶּׁה כְּעֵץ:
Le maror, dur à la fin : sa tige durcit comme du bois.
הָדְרִי בֵּי לֹא אוֹסִיף עוֹד:
Je me rétracte : je n'en ajouterai plus.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תחלתו רך וסופו קשה. נראה לי בס"ד לכן ראש מ צרים מם פתוחה שהיא בסוד חמשה אותיות מנצפ"ך שהם חסדים, וסוף מצרי ם מם סתומה שהיא מן חמשה אותיות מנצפ"ך הגבורות. ועוד נראה לי קודם 'מצרים' יש 'לפקטל' [249] שעולים עם הכולל רך יהיה [250] ואחר אותיות מצרים יש אותיות 'נקשן' שהוא לשון קושי ולזה אמר תחלתו רך וסופן קשה. מט. בת כהן לישראל, ובת תלמיד חכם לעם־הארץ אין זווגן עולה יפה יש לדקדק הוה ליה למימר 'אין זווגן עולה טוב' כדנקיט קרא 'מצא אשה מצא טוב' (משלי יח, כב) ולמה נקיט לשון יפה? ונראה לי בס"ד דאיש ואשתו דוגמת חמה ולבנה וכמו דהלבנה קטנה מהחמה ומקבלת אורה ממנה כן האשה צריך שתראה עצמה קטנה מבעלה במעלה ולא תשתווה עמו. גם ידוע מה שאמרו 'זכר ונקבה בראם ויקרא את שמם אדם' (בראשית ה, ב) שהוא מספר שם הוי"ה במלוי אלפין שעולה 'אדם' [יו"ד ה"א וא"ו ה"א = 45] והזכר יונק ממספר כ"ו שהוא מספר אותיות הפשוט שבו והנקבה יונקת ממספר י"ט שהוא מספר המלוי שעולה מספר חוה [19] . וזהו שנאמר (ישעיה ל, כו) 'והיה אור הלבנה' הנקבה 'כאור החמה' הזכר בכף הדמיון שאינה שוה עמו ממש ואור החמה יש לו יתרון שבעתים שהזכר שהוא דוגמת אמה יונק ממספר כ"ו שהוא יתר שבעה על מספר המלוי. ולזה אמר (תהלים לא, כ) 'מה רב טובך אשר צפנת ליראיך' הם איש ואשתו שיניקתם היא מן מ"ה אורות דהזכר מן כ"ו והנקבה מן י"ט דהאשה צריכה להיות קטנה מבעלה. והנה אותיות מ"ה הרומזים על יניקת איש ואשתו אם תמלאם כזה מ"ם ה"י עולה מספרם צ"ה כמנין יפה [95] ולכן אמרו 'בת כהן לישראל, ובת תלמיד חכם לעם־הארץ אין זווגן עולה יפה' כי האשה צריך שתהיה קטנה מבעלה מפני שהוא יונק מן כ"ו אורות דמ"ה והיא יונקת מן י"ט אורות דמ"ה שהוא נרמז במספר 'יפה' כאמור, אבל זה הזווג מוכרח שהנקבה היא גדולה במעלה מן הזכר כי היא בת כהן והוא ישראל או בת תלמיד חכם והוא עם הארץ ואלו לא תהיה יניקתם מכוונת למספר מ"ה שהוא מספר יפה. ולזה אמר 'יפה כלבנה' (שיר השירים ו, י) שאם היא קטנה שאז היא כלבנה אז היניקה של הזווג היא בסוד יפה. נמצא זווג העולה יפה הוא כאשר תהיה האשה דוגמת לבנה שהיא קטנה והאיש דוגמת חמה שהיא גדולה, וזווג בת תלמיד חכם לעם הארץ הבעל הוא חסר ח' מן ח מה שאין בו חכמה הרמוזה באות ח' אלא אדרבה כבוד החכמה ישנו אצל האשה שהיא בת תלמיד חכם, ואם תוסיף אות ח' החסרה מן החמה שהוא הבעל על אותיות לבנה שהיא האשה אז יהיה בה צירוף חלבנה שריחה רע רמז שאין זווגם עולה יפה ונהפך מספר יפה שהוא צ"ה למספר חלבנה [95] שהוא צ"ה. נמצא האשה צריכה לראות עצמה כלבנה שהיא קטנה מחמה ואז הזווג עולה יפה. ובזה יובן בס"ד מה שכתוב בזוהר חדש (דף יח:) רבי יוסי בן רבי שמעון בן לקוניא, אתא למחמי לרבי אלעזר בן רבי שמעון, חתניה, נפקא ברתיה, ושקלא ידוהי לנשקא. אמר לה, לכי ומעטי את עצמך מקמי בעליך, דאיהו קדישא שמע ר' אלעזר, אמר כען אנא אדכרנא מלה חד, דאיהו מרגלא יקירא, דאיתמר על סיהרא, כדתנינן, דקודשא בריך הוא אמר לסיהרא, לכי ומעטי את עצמך, דחשבת סיהרא דלה אתייהיב שולטנא. אמר ליה חמוי, אנא כך שמענא, וכך הוא מתסדר בלבאי, בגין דלא אעבר על דעתוי דחברייא. והדבר יפלא מה שייכות יש לדברים אלו שאמר רבי יוסי לבתו בעת שבאה לנשוק ידיו דאז זכר רבי אלעזר דבר זה שנאמר ללבנה? וכפי האמור מובן היטב והוא דענין הנשיקה מורה על התקשרות ודבקות והתחברות הנשוק עם הנושק זה עם זה, ולכן הבן נושק ידי אביו ואמו להורות על התקשרותו ודבקותו עמהם, וכן התלמיד נושק ידי רבו גם כן יורה על זה כי התלמיד יש לו קשר ודבקות עם רבו כמו שיש לבן עם אביו. ולכן בעת שראה רבי יוסי שבאה בתו לנשוק ידו לפני בעלה שזו הנשיקה מורה על התקשרות ודבקות שיש לה עם אביה שהוא חכם בן חכם כי גם אביו של רבי יוסי היה תנא גדול חש פן מחמת התקשרות שיש לה עם אביה שהוא חכם בן חכם תבא לחשוב עצמה במעלה בהשוואה אחת עם בעלה שהוא חכם בן חכם וכמו אותה אשה שאמרה לבעלה אם אתה חכם בן חכם גם אני בתו של חכם בן חכם והריני שוה עמך! לכן כשראה רבי יוסי שבאה בתו לנשוק ידיו בפני בעלה שזו הנשיקה מורה על התקשרותה עמו שהוא חכם בן חכם חש פן תראה עצמה שוה במעלה כנגד בעלה, ולכך אמר לה אף על פי שאת בתי ואני חכם בן חכם 'לכי ומעטי את עצמך מקמי בעליך, דאיהו קדישא' דאיהו דייקא כלומר בודאי אין אתה בהשוואה אחת עמו, כי את אביך חכם בן חכם והוא אביו חכם בן חכם כי יוחאי אביו של רבי שמעון היה תנא גדול, אך רבי אלעזר הוא עצמו חכם וקדוש מה שאין כן את עצמיך אין לגופיך מעלה של קדושת החכמה שיש לו אלא את מקבלת שפע ואור מן קדושתו. ולכך כששמע רבי אלעזר שאמר רבי יוסי לבתו והזהירה שתהיה דוגמת הלבנה שצוה אותה הקב"ה שתתמעט עצמה כנגד החמה זכר הסוד שקיבל במאמר זה שצוה השם יתברך ללבנה. ובאופן אחר נראה לי בס"ד מאמר רבי יוחנן דאמר לשון 'יפה' ולא אמר 'טוב' כדנקיט קרא, והוא על פי מה שכתב הרב הקדוש מהרש"ם ז"ל בליקוטי שושנים כי 'אדם' [45] נחלק לשלשה חלקים כל חלק מספר י"ה [15] , וחוה כשאכלה מעץ הדעת הוסיפה על כל י"ה אות פ' ונעשה ג' פעמים 'פיה פיה פיה' בסוד מה שאמרו רבותינו ז"ל 'חוה הביאה מר לעולם'. והיינו ג' פעמים פ"ה [240=3x80] הוא מספר מר (בראשית כז, לה) בא אחיך במרמה וכו' 'במר מה' כי אלו המ"ר נעשו מן מ"ה שהוא מספר 'אדם' עיין שם. וזהו שנאמר 'ומוצא אני מר ממות את האשה' (קהלת ז, כו) . והנה נודע בנישואין יהיה תיקון פגם עון חוה באכילת עץ הדעת בפתוי הנחש שאמרה 'הנחש השיאני ואכל' (בראשית ג, יג) , ודרשו רבותינו ז"ל (שבת קמו.) 'השיאני' לשון נשואין שהטיל בה זוהמא. ונמצא בנישואין לשם שמים מתקן פגם פיה של חוה ונהפך צירוף פיה לצירוף יפה. ולכן כשהזווג אינו כהוגן שלא בחר בו השם יתברך אומר אין זווגם עולה יפה שאין זווג זה כדאי לתקן פגם פיה של חוה לעשות מן צירוף פיה צירוף יפה. ובזה פרשתי בס"ד טעם נכון מה שהקידושין נגמרים ביד ובפה שצריך ליתן בידו כסף קידושין ויאמר בפיו 'הרי את מקדשת לי' בזה כי ביד יש באצבעות ובכף ט"ו פרקים כמנין י"ה ועל ידי צירוף האמירה בפה מניח אות פ' בין אותיות י"ה ויהיה צירוף 'יפה' ובזה זווגם עולה יפה שיהפוך צירוף פיה לצירוף יפה .
Son début est tendre et sa fin est dure. Il me semble, avec l'aide du Ciel : c'est pourquoi la tête de Mitsrayim porte un mem ouvert, qui est dans le sod des cinq lettres menatsepakh, lesquelles sont les hassadim (bontés), et la fin de Mitsrayim porte un mem fermé, qui est parmi les cinq lettres menatsepakh des gevurot (rigueurs). Et encore, il me semble : avant Mitsrayim il y a lepaktal, qui vaut 249, lesquels avec le kolel (l'unité du mot) montent à rakh yihyeh, "il sera tendre", 250. Et après les lettres de Mitsrayim il y a les lettres nakshan, qui est une langue de dureté (koshi). C'est pour cela qu'il a dit : son début est tendre et leur fin est dure. Daf 49. Fille de kohen pour un Israël, et fille de talmid 'hakham pour un am haarets : leur union ne monte pas en yafé. Il y a à examiner : il aurait eu à dire "leur union ne monte pas en tov (bien)", comme le verset prend "il a trouvé une femme, il a trouvé le bien" (Proverbes 18, 22). Pourquoi prend-il la langue de yafé ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'homme et sa femme sont à l'image du soleil et de la lune. De même que la lune est plus petite que le soleil et reçoit de lui sa lumière, de même la femme doit se voir plus petite que son mari en degré, et ne pas s'égaler à lui. On connaît aussi ce qu'ils ont dit : "mâle et femelle Il les créa, et Il appela leur nom Adam" (Genèse 5, 2). C'est le nombre du Nom, ה', en remplissage par aleph (miloui alfin), lequel monte à Adam : yod-hé, hé-aleph, vav-aleph-vav, hé-aleph, soit 45. Le mâle tire sa yénika (ce qu'il reçoit) du nombre 26, qui est le nombre des lettres à l'état simple, et la femelle tire la sienne du nombre 19, qui est le nombre du remplissage, lequel monte au nombre de Hava, 19. Et c'est ce qui est dit (Isaïe 30, 26) : "et la lumière de la lune", la femelle, "sera comme la lumière du soleil", le mâle, avec le kaf de la comparaison : elle ne lui est pas égale tout à fait. Et la lumière du soleil a un avantage de sept fois, car le mâle, qui est à l'image du soleil, tire sa yénika du nombre 26, lequel dépasse de sept le nombre du remplissage. Et c'est pour cela qu'il est dit (Psaumes 31, 20) : "Qu'elle est grande Ta bonté, que Tu as cachée pour ceux qui Te craignent." Ce sont l'homme et sa femme, dont la yénika vient des lumières de mem-hé, 45 : le mâle des 26, la femelle des 19, car la femme doit être plus petite que son mari. Or les lettres mem-hé, qui font allusion à la yénika de l'homme et de sa femme, si on les remplit ainsi, mem-mem et hé-yod, leur nombre monte à 95, comme le compte de yafé, 95. C'est pourquoi ils ont dit : fille de kohen pour un Israël, et fille de talmid 'hakham pour un am haarets, leur union ne monte pas en yafé. Car la femme doit être plus petite que son mari, puisqu'il tire sa yénika des 26 lumières de mem-hé, et elle des 19 lumières de mem-hé, ce qui est indiqué dans le nombre yafé, comme on l'a dit. Mais cette union oblige la femelle à être plus grande en degré que le mâle, car elle est fille de kohen et lui un Israël, ou fille de talmid 'hakham et lui un am haarets. Alors leur yénika ne sera pas ajustée au nombre 45, qui est le nombre de yafé. Et c'est pour cela qu'il est dit "belle comme la lune" (Cantique des cantiques 6, 10) : si elle est petite, et qu'alors elle est comme la lune, la yénika de l'union est dans le sod de yafé. Il se trouve que l'union qui monte en yafé est quand la femme est à l'image de la lune, qui est petite, et l'homme à l'image du soleil, qui est grand. Dans l'union d'une fille de talmid 'hakham avec un am haarets, le mari est privé du het de hama (le soleil) : il n'a pas en lui la sagesse ('hokhma) indiquée par la lettre het. Au contraire, l'honneur de la sagesse est chez la femme, fille de talmid 'hakham. Si l'on ajoute la lettre het qui manque au soleil, lequel est le mari, sur les lettres de levana, laquelle est la femme, il s'y trouve la combinaison helbena, dont l'odeur est mauvaise : allusion à ce que leur union ne monte pas en yafé. Et le nombre de yafé, qui est 95, se retourne au nombre de helbena, qui est 95. Il se trouve que la femme doit se voir comme la lune, plus petite que le soleil, et alors l'union monte en yafé. Et par là on comprendra, avec l'aide du Ciel, ce qui est écrit dans le Zohar 'Hadach (folio 18b). Rabbi Yossi, fils de Rabbi Shimon ben Lakounya, vint voir Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, son gendre. Sa fille sortit et prit ses mains pour les baiser. Il lui dit : va, et diminue-toi devant ton mari, car lui est saint. Rabbi Elazar entendit. Il dit : maintenant je me souviens d'une parole, une perle précieuse, qui a été dite au sujet de la lune. Comme nous l'avons enseigné : le Saint, béni soit-Il, dit à la lune : va, et diminue-toi, car la lune pensait que la domination lui avait été donnée. Son beau-père lui dit : moi, c'est ainsi que je l'ai entendu, et c'est ainsi que cela s'ordonne dans mon cœur, afin que je ne passe pas sur l'avis des collègues. Et la chose étonne : quel lien ont ces paroles que Rabbi Yossi a dites à sa fille au moment où elle venait baiser ses mains, pour que Rabbi Elazar se soit alors souvenu de cette parole dite à la lune ? D'après ce qui a été dit, on comprend. Le baiser indique l'attachement, l'adhérence et la jonction de celui qu'on baise avec celui qui baise. C'est pourquoi le fils baise les mains de son père et de sa mère, pour montrer son attachement et son adhérence à eux. De même, le disciple qui baise les mains de son maître le montre : le disciple a un lien et une adhérence avec son maître, comme le fils avec son père. C'est pourquoi, quand Rabbi Yossi vit sa fille venir baiser sa main devant son mari, ce baiser montrant l'attachement et l'adhérence qu'elle a avec son père, lequel est un sage fils de sage, car le père de Rabbi Yossi aussi était un grand tana, il craignit que, du fait de cet attachement à son père, sage fils de sage, elle en vienne à se tenir, en degré, à égalité avec son mari, qui est sage fils de sage. Comme cette femme qui dit à son mari : si toi tu es sage fils de sage, moi aussi je suis la fille d'un sage fils de sage, et me voici égale à toi. Quand il vit donc sa fille venir baiser ses mains devant son mari, ce baiser montrant son attachement à lui, sage fils de sage, il craignit qu'elle se voie égale en degré face à son mari. Il lui dit donc, bien qu'elle soit sa fille et qu'il soit sage fils de sage : "Va, et diminue-toi devant ton mari, car lui est saint." "Lui", précisément : tu n'es pas dans une égalité avec lui. Ton père est sage fils de sage, et son père est sage fils de sage, car Yohaï, père de Rabbi Shimon, était un grand tana. Mais Rabbi Elazar, lui-même, est sage et saint, alors que toi, ton corps n'a pas le degré de sainteté de la sagesse qu'il a. Tu reçois l'influx (shefa) et la lumière de sa sainteté. C'est pourquoi, quand Rabbi Elazar entendit Rabbi Yossi parler ainsi à sa fille, et l'avertir d'être à l'image de la lune, à qui le Saint, béni soit-Il, a ordonné de se diminuer face au soleil, il se souvint du sod qu'il avait reçu dans cette parole, par laquelle le Nom, béni soit-Il, a ordonné à la lune. Et d'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, la parole qui dit yafé et ne dit pas tov, comme le verset le prend. C'est d'après ce qu'a écrit le rav saint Maharsham, de mémoire bénie, dans Likoutei Shoshanim : Adam, 45, se partage en trois parts, chaque part au nombre de yod-hé, 15. Hava, quand elle a mangé de l'arbre de la connaissance, a ajouté sur chaque yod-hé la lettre pe, et cela est devenu trois fois "piha, piha, piha", dans le sod de ce qu'ont dit nos maîtres : Hava a apporté l'amer (mar) dans le monde. C'est-à-dire trois fois peh, 240, soit 3 fois 80, ce qui est le nombre de mar. (Genèse 27, 35) "Ton frère est venu avec ruse (bemirma)", lu "bemar mah" : car ces mar ont été faits à partir de mah, qui est le nombre d'Adam. Voir là-bas. Et c'est ce qui est dit : "et je trouve plus amère que la mort, la femme" (Ecclésiaste 7, 26). Or il est connu : dans le mariage il y a la réparation (tikoun) de l'atteinte de la faute de Hava, dans la manducation de l'arbre de la connaissance, par la séduction du serpent. Elle a dit : "le serpent m'a induite (hishiani), et j'ai mangé" (Genèse 3, 13). Et nos maîtres ont exposé (Chabbat 146a) : hishiani est une langue de mariage (nissouin), car il a jeté en elle une impureté (zohama). Il se trouve que, dans un mariage pour le Nom du Ciel, on répare l'atteinte du piha de Hava, et la combinaison piha se retourne en la combinaison yafé. C'est pourquoi, quand l'union n'est pas convenable, que le Nom béni ne l'a pas choisie, on dit : leur union ne monte pas en yafé. Cette union ne suffit pas à réparer l'atteinte du piha de Hava, pour faire de la combinaison piha la combinaison yafé. Et par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, une raison ajustée de ce que les kidoushin s'achèvent par la main et par la bouche : il faut donner de sa main l'argent des kidoushin, et dire de sa bouche "te voici sanctifiée pour moi". En ceci : dans la main, aux doigts et à la paume, il y a quinze articulations, au nombre de yod-hé. Et par la jonction de la parole dans la bouche, on place la lettre pe entre les lettres yod et hé, et il y a la combinaison yafé. Par là leur union monte en yafé, car elle retourne la combinaison piha en la combinaison yafé.
💡 Explication

Suite du nom hassa. Rava : on l'appelle ainsi parce que le Miséricordieux a eu pitié (has). Rabbi Yonatan : l'Égypte est comparée au maror, "ils rendirent leur vie amère". La laitue est tendre au début, et sa tige durcit comme le bois. L'Égypte a d'abord payé un salaire, puis a durci la servitude. Ce parcours-là est celui de la hazeret. Rav Aha se rétracte : il ne cherchera plus la merirata de préférence.

Le Ben Yehoyada ouvre le sod du mem ouvert et du mem fermé de Mitsrayim, hassadim puis gevurot, et le compte des lettres qui entourent le mot. Au marqueur du daf 49, la glose passe à la formule "leur union ne monte pas en yafé", et au Zohar 'Hadach sur la lune invitée à se diminuer.

🖼️ Schéma
Tendre au début, dur à la fin La laitue Début : feuille tendre Fin : la tige durcit comme le bois L'Égypte Début : salaire, embauche Fin : servitude dure ils rendirent leur vie amère Hassa : le Miséricordieux a eu pitié. Rav Aha dit : je me rétracte.
La laitue et l'Égypte : tendres au début, dures à la fin. Hassa rappelle la pitié.
11
אֲמַר לֵיהּ רַב רְחוּמִי לְאַבָּיֵי: מִמַּאי דְּהַאי מָרוֹר מִין יָרָק הוּא? אֵימָא מָרִירְתָּא דְּכֻופְיָא? דֻּומְיָא דְּמַצָּה: מַה מַצָּה גִּידּוּלֵי קַרְקַע — אַף מָרוֹר גִּידּוּלֵי קַרְקַע. וְאֵימָא הִירְדּוּף? דֻּומְיָא דְּמַצָּה: מַה מַצָּה מִין זְרָעִים — אַף מָרוֹר מִין זְרָעִים.

Rav Rehumi dit à Abaye : d'où sait-on que ce maror est une espèce de légume ? Je dirais : la bile du kufya !

À la ressemblance de la matza : de même que la matza est une pousse du sol, de même le maror est une pousse du sol. Et je dirais : le hardouf !

À la ressemblance de la matza : de même que la matza est une espèce de semences, de même le maror est une espèce de semences.

📜 Rachi (3)
מָרִירְתָּא דְּכֻופְיָא מָרָה שֶׁל דָּג שֶׁשְּׁמוֹ כֵּן:
Merirata de kufya : la bile d'un poisson qui porte ce nom.
כִּי מַצָּה שֶׁהֲרֵי הֻוקְּשׁוּ:
Comme la matza : car on les a rapprochés (hekesh).
הִירְדּוּף עֵץ שֶׁהִמְתִּיק בּוֹ מֹשֶׁה אֶת מֵי מָרָה וְאָמְרִינַן (בְּסוֹטָה) (מְכִילְתָּא פָּרָשַׁת בְּשַׁלַּח) נֵס בְּתוֹךְ נֵס שֶׁהוּא הָיָה מַר וְהוּא הִירְדּוּף:
Le hardouf : l'arbre avec lequel Moché a adouci les eaux de Mara. Et nous disons (dans Sota) (Mekhilta, paracha Beshallah) : un miracle dans un miracle, car lui-même était amer, et c'est le hardouf.
🗂️ Tossefot (1)
וְאֵימָא הִירְדּוּף כִּי מַצָּה וְכוּ' בְּפָ' לוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף לב:) פָּרֵיךְ גַּבֵּי הֲדַס וְאֵימָא הִירְדּוּף אָמַר אַבָּיֵי דַּרְכֵי' דַּרְכֵי נֹועַם וּפֵ"ה דְּלָא הָוֵי נֹועַם כֵּיוָן דְּהָוֵי סַם הַמָּוֶת לִבְהֵמָה הָכָא נָמֵי ה"מ לְשַׁנּוֹיֵי הָכִי אֶלָּא דִּמְשַׁנֵּי שַׁפִּיר טְפֵי אֲבָל קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דִּלְעֵיל אָמַר דְּהִירְדּוּפְנִי כָּשֵׁר לְמָרוֹר וּבְפֶרֶק אֵלּוּ טְרֵפוֹת (חֻולִּין דַּף נח:) מַשְׁמַע דְּהָוֵי סַם הַמָּוֶת לִבְהֵמָה דְּאָמַר בְּהֵמָה שֶׁאָכְלָה הִירְדּוּפְנִי כְּשֵׁירָה וּפָרִיךְ הַייְנוּ הֲיִרְדְּפוּנִי הַייְנוּ סַם הַמָּוֶת וּמְשַׁנֵּי תְּרֵי גַּוְונֵי סַם הַמָּוֶת:
Et je dirais le hardouf, comme la matza, etc. Dans le chapitre Loulav hagazoul (Souka 32b), on objecte au sujet du myrte : et je dirais le hardouf ? Abaye dit : ses voies sont des voies d'agrément (darkhei noam). Et Rachi explique : il n'y a pas d'agrément, puisqu'il est un poison mortel pour la bête. Ici aussi, on aurait pu répondre ainsi, mais la réponse donnée est meilleure. Mais c'est difficile pour le Rashba : plus haut, on a dit que les hardofanin sont valides pour le maror, et dans le chapitre Elou terefot (Houlin 58b) il ressort que c'est un poison mortel pour la bête. On a dit : une bête qui a mangé des hardofanin est kachère. On objecte : hardofanin et poison mortel, c'est la même chose. Et on répond : il y a deux sortes de poison mortel.
💡 Explication

Rav Rehumi demande d'où l'on tient que le maror est un légume. La bile du poisson kufya est amère, elle aussi. Abaye répond par le hekesh à la matza : pousse du sol, donc le maror est pousse du sol.

Nouvelle tentative : le hardouf, l'arbre amer avec lequel Moché a adouci Mara, miracle dans un miracle, le bois lui-même étant amer. Réponse : la matza est un min zeraïm, une semence. Le maror aussi. L'arbre sort.

Tossefot : à Souka 32b, on écarte le hardouf du myrte par "des voies d'agrément", car c'est un poison. Ici la réponse par le min zeraïm est meilleure. Reste la tension avec les hardofanin déclarés valides plus haut, et avec Houlin 58b. La Guemara là-bas répond : deux sortes de poison mortel.

12
וְאֵימָא הַרְזִיפוּ! דֻּומְיָא דְּמַצָּה: מַה מַצָּה שֶׁנִּיקַּחַת בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר — אַף מָרוֹר שֶׁנִּיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר.

Et je dirais : le harzifou ! À la ressemblance de la matza : de même que la matza s'achète avec l'argent du maaser, de même le maror s'achète avec l'argent du maaser.

📜 Rachi (1)
הַרְזִיפוּ מִין זֶרַע וְסַם הַמָּוֶת לַבְּהֵמָה הוּא: הַרְזִיפוּ אֵינוֹ נִיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר דְּאֵינוֹ פְּרִי מַאֲכָל וַאֲנַן אוּכְלָא בָּעֵינַן דֻּומְיָא דְּיַיִן וְשֵׁכָר וּבָקָר וְצֹאן כְּדִכְתִיב (דְּבָרִים י״ד:כ״ו) וְנָתַתָּה הַכֶּסֶף בְּכֹל אֲשֶׁר תְּאַוֶּה נַפְשְׁךָ וְגוֹ':
Le harzifou est une espèce de semence, et un poison mortel pour la bête. Le harzifou ne s'achète pas avec l'argent du maaser, car ce n'est pas un fruit qui se mange. Or il nous faut un aliment, à la ressemblance du vin, du shekhar, du gros bétail et du petit bétail, comme il est écrit (Deutéronome 14, 26) : tu donneras l'argent pour tout ce que désirera ton âme, etc.
💡 Explication

Le harzifou est bien une semence, donc le hekesh précédent ne le sort pas. Il est un poison pour la bête. Nouveau hekesh : la matza s'achète avec l'argent du maaser, donc c'est un aliment. Le maror doit l'être aussi.

Rachi lit le verset du maaser sheni : vin, shekhar, gros et petit bétail, "tout ce que désirera ton âme". Le harzifou n'est pas de cette classe.

13
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה בַּר רַב חָנִין לְאַבָּיֵי: אֵימָא מָרוֹר חַד! ״מְרוֹרִים״ כְּתִיב. וְאֵימָא ״מְרוֹרִים״ תְּרֵי! דֻּומְיָא דְּמַצָּה: מַה מַצָּה מִינִין הַרְבֵּה — אַף מָרוֹר מִינִין הַרְבֵּה.

Rabba bar Rav Hanin dit à Abaye : je dirais un seul maror ! Il est écrit "merorim".

Et je dirais : "merorim", ce sont deux ! À la ressemblance de la matza : de même que la matza a beaucoup d'espèces, de même le maror a beaucoup d'espèces.

📜 Rachi (1)
וְאֵימָא מָרוֹר חַד מִינָא הוּא מֵהָנָךְ יְרָקוֹת וְלָאו כָּל הָנֵי אֶלָּא מַר שֶׁבְּכֻולָּן:
Et je dirais un seul maror : c'est une espèce parmi ces légumes, et non pas toutes celles-là, seulement la plus amère de toutes.
💡 Explication

Dernier resserrement. Rabba bar Rav Hanin : un seul maror, le plus amer. Abaye : le verset dit merorim, au pluriel. Reprise : le pluriel pourrait viser deux espèces seulement. Réponse : la matza se fait de beaucoup d'espèces de grains. Le maror aussi, de beaucoup d'herbes. D'où les listes de la michna et des baraitot.

14
אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב: יְרָקוֹת שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים שֶׁאָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח, כֻּולָּן נִזְרָעִין בַּעֲרוּגָה אַחַת. לְמֵימְרָא דְּלֵית בְּהוּ מִשּׁוּם כִּלְאַיִם?

Rabba bar Rav Houna a dit que Rav a dit : les légumes dont les Sages ont dit qu'un homme s'acquitte avec eux de son obligation à Pessa'h, tous se sèment dans une seule plate-bande. Est-ce à dire qu'il n'y a pas en eux d'interdit de kilayim ?

💡 Explication

Nouveau fil. Rav : toutes ces herbes du maror se sèment dans une seule plate-bande (arouga). La Guemara entend d'abord : elles ne sont pas kilayim l'une avec l'autre, tant elles se ressemblent. L'objection de Rava vient aussitôt.

15
מֵתִיב רָבָא: חֲזֶרֶת וַחֲזֶרֶת גַּלִּין, עֳולָשִׁין וְעָולְשֵׁי שָׂדֶה, כְּרֵישִׁין וּכְרֵישֵׁי שָׂדֶה, כֻּוסְבָּר וְכֻוסְבַּר שָׂדֶה, חַרְדָּל וְחַרְדָּל מִצְרִי, וּדְלַעַת הַמִּצְרִי וְהָרְמוּצָה — אֵינָם כִּלְאַיִם זֶה בָּזֶה. חֲזֶרֶת וַחֲזֶרֶת גַּלִּין — אִין, חֲזֶרֶת וָעֳולָשִׁין — לֹא!

Rava objecte : hazeret et hazeret galin, olshin et olshin des champs, kereishin et kereishin des champs, coriandre et coriandre des champs, moutarde et moutarde d'Égypte, et la courge d'Égypte et la remoutsa, ne sont pas kilayim l'un avec l'autre. Hazeret et hazeret galin, oui.

Hazeret et olshin, non !

📜 Rachi (3)
כְּרֵישִׁין כָּרְתִי כְּרֵישִׁין שֶׁל גִּינָּה:
Kereishin : poireau, les kereishin du jardin.
כְּרָשֵׁי שָׂדֶה שלוויי"ש:
Kereishin des champs : qu'on appelle chalive.
וְהָרְמוּצָה מִין דְּלַעַת הוּא וּבְמַסֶּכֶת נְדָרִים (דַּף נא.) מְפָ' קְרָא קַרְקוּזָאֵי:
Et la remoutsa : c'est une espèce de courge. Dans le traité Nedarim (folio 51a), on explique qu'on l'appelle karkouzai.
💡 Explication

Rava cite la michna des couples. Chaque plante va avec sa pareille : hazarat avec hazeret galin, olshin avec olshin des champs, et ainsi de suite. Le couple hazarat / hazeret galin n'est pas kilayim. Le croisement hazarat / olshin le reste. Donc "toutes dans une seule plate-bande" ne peut pas vouloir dire qu'elles sont toutes permises ensemble.

Rachi : kereishin, le poireau du jardin. Ceux des champs, chalive. Remoutsa, une courge, appelée karkouzai dans Nedarim 51a.

16
וְכִי תֵּימָא כֻּולְּהוּ בַּהֲדָדֵי קָתָנֵי לְהוּ. וְהָא אָמַר רַב: זוּגוֹת זוּגוֹת קָתָנֵי!

Et si tu dis : il les enseigne tous ensemble. Or Rav a dit : il enseigne par couples !

📜 Rachi (2)
וְכִי תֵּימָא כּוּלְּהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי קָתָנֵי דִּבְכָל הָנֵי קָאָמַר דְּאֵינָן כִּלְאַיִם זֶה בָּזֶה חֲזֶרֶת עֳולָשִׁין וּכְרֵישִׁין:
Et si tu dis qu'il les enseigne tous ensemble : il dirait de tous ceux-là qu'ils ne sont pas kilayim l'un avec l'autre, hazarat, olshin et kereishin.
זוּגוֹת זוּגוֹת חֲזֶרֶת וַחֲזָרַת גַּלִּין אוֹ עֳולָשִׁין וְעָולְשֵׁי שָׂדֶה וְכֵן כֻּולָּן שָׁנִינוּ דְּאֵין כִּלְאַיִם זֶה בָּזֶה אֲבָל חֲזֶרֶת בָּעֳולָשִׁין לֹא:
Par couples : hazeret et hazeret galin, ou olshin et olshin des champs, et ainsi de tous. Nous avons enseigné qu'il n'y a pas de kilayim l'un avec l'autre. Mais hazeret avec olshin, non.
💡 Explication

On pourrait lire la michna comme une seule liste : toutes ces plantes ensemble, sans kilayim. Rav lui-même a dit le contraire : elle est enseignée par couples. Chaque ligne autorise la plante avec sa pareille. Hazeret avec olshin reste interdit. La phrase de Rav sur la plate-bande demande donc un autre sens.

17
מַאי נִזְרָעִין דְּאָמַר רַב — נִזְרָעִין כְּהִלְכָתָן. כְּהִלְכָתָן? תְּנֵינָא:

Que signifie "ils se sèment", qu'a dit Rav ? Ils se sèment selon leur règle.

Selon leur règle ? Nous l'avons déjà enseigné :

📜 Rachi (1)
מַאי כֻּולָּן נִזְרָעִין בַּעֲרוּגָה אַחַת דְּאָמַר רַב לְעֵיל נִזְרָעִין כְּהִלְכָתָן קָא אָמַר כְּדֵי שֶׁלֹּא יִינְקוּ זֶה מִזֶּה כְּגוֹן חֲמִשָּׁה זֵרְעוֹנִין בַּעֲרוּגָה שֶׁל שִׁשָּׁה עַל שִׁשָּׁה טְפָחִים כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת (דַּף פד:):
Que signifie "tous se sèment dans une seule plate-bande", qu'a dit Rav plus haut : il dit qu'ils se sèment selon leur règle, afin qu'ils ne se nourrissent pas l'un de l'autre. Par exemple cinq semences dans une plate-bande de six sur six tefahim, comme nous l'enseignons dans le traité Chabbat (folio 84b).
💡 Explication

Résolution. "Ils se sèment" veut dire : selon leur règle (kehilkhatan). On peut les mettre dans une même plate-bande avec l'écart qui empêche que l'une se nourrisse de l'autre. Rachi : cinq semences dans six sur six tefahim, la michna de Chabbat 84b.

La Guemara objecte : cette règle est déjà enseignée. La citation ouvre le daf suivant.

🖼️ Schéma
Plate-bande de six sur six tefahim Cinq semences. L'écart empêche qu'elles se nourrissent l'une de l'autre. C'est le sens de "selon leur règle", kehilkhatan.
Cinq semences dans une plate-bande de six sur six tefahim, avec l'écart de la règle.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).