Pesachim 39b - Maror, plate-bande, et ce qui ne lève pas

Pesachim 39b

Sougya : La page achève l'enseignement de Rav : les légumes de maror se sèment dans une plate-bande de six sur six tefahim, cinq espèces, selon la règle des légumes. La hazeret, dont la tige finit par durcir, ne reçoit pas l'espace élargi qu'on donne au chou durci.

Rav Hisda limite le sec à la tige ; une baraïta oppose Rabbi Meir et les Sages, et tous écartent le mariné, le shaluk et le cuit. Rami bar Hama demande si le maror de maasser sheni acquitte à Jérusalem : selon Rabbi Akiva la question tombe, selon Rabbi Yossi le Galiléen Rava rapproche matza et maror.

La michna suivante interdit de faire tremper le son, et la Guemara suit ce qui n'arrive pas au levain : pain déjà cuit, halut, fuite continue, vatika à l'huile.

Plate-bande de six sur six tefahim Cinq espèces : quatre au milieu des côtés, une au centre 1 2 3 4 5 6 tefahim 6 tefahim 3 tefahim Pourquoi cinq, et pas neuf Trois rangées de trois resteraient aussi à 3 tefahim l'une de l'autre. Ri : le motif retenu est l'irbuv, le mélange une fois les plantes grandes. Les cinq viennent d'un verset, Chabbat 85a, bien que la yenika soit déjà écartée. Les quatre semis sont au milieu des côtés, pas aux angles.
Cinq espèces dans six sur six tefahim : quatre au milieu des côtés, une au centre, à trois tefahim. Ri retient l'irbuv : la règle s'arrête à cinq.
Avec quel état du maror s'acquitte-t-on ? Rav Hisda Tige sèche : oui. Le goût de maror reste. Feuilles sèches : non. Elles sont comme de la poussière. Feuilles fraîches : oui. Rabbi Meir Herbe et tige. Frais et sec : oui. La Guemara reporte le sec sur la tige. La michna qui valide le sec est la sienne. Les Sages Frais : oui. Sec : non. Accord avec Rabbi Meir : flétri, kemosh : oui. Dans cette baraïta. Autre baraïta, le flétri Avis anonyme : flétri, non. Rabbi Eliezer fils de Rabbi Tsadok : flétri, oui. Deux enseignements sur le kemosh. La règle du goût Goût de maror : on s'acquitte. Sans ce goût : non. Mariné, shaluk, cuit : non. Le shaluk dépasse la cuisson. La fin de la michna, "dans leur tige", explique le début. Frais ou sec vise la tige, comme le dit Rav Hisda. Laaz de Rachi sur kemoshin : palcedaou, flétri.
Rav Hisda : tige sèche oui, feuilles sèches non. Rabbi Meir : frais et sec, reporté sur la tige. Sages : frais seulement. Kemosh : accord dans une baraïta, débat dans l'autre.
Maror de maasser sheni à Jérusalem Question de Rami bar Hama Rabbi Akiva Matza de maasser sheni : oui. Obligation de la Torah. Si elle est impure, on la rachète, et elle a un heter partout. Maror : obligation rabbinique. La question ne se pose pas. Rabbi Yossi le Galiléen Matza de maasser sheni : non. Il faut un heter dans toutes les demeures. Côté 1 : le maror rabbinique, oui. Côté 2 : les Sages calquent la Torah. Donc non. Rava : matza et maror Ils sont rapprochés dans le verset. Matza au nom de maasser sheni : on ne s'en acquitte pas. Maror au nom de maasser sheni : on ne s'en acquitte pas. Rachi, autre version : matza de nos jours, de la Torah ; maror, rabbinique. Pessahim 115a.
Rabbi Akiva : la question du maror de maasser sheni ne se pose pas. Rabbi Yossi le Galiléen : elle se pose. Rava : matza et maror rapprochés, même règle.
1
עֲרוּגָה שֶׁהִיא שִׁשָּׁה עַל שִׁשָּׁה טְפָחִים — זוֹרְעִין בְּתוֹכָהּ חֲמִשָּׁה זֵרְעוֹנִין, אַרְבַּע — עַל אַרְבַּע רוּחוֹת הָעֲרוּגָה, וְאַחַת בָּאֶמְצַע. מַהוּ דְתֵימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּזָרְעִין, אֲבָל בִּירָקוֹת — לֹא, קָא מַשְׁמָע לַן.

Une plate-bande de six sur six tefahim : on y sème cinq semences, quatre sur les quatre côtés de la plate-bande, et une au milieu. On aurait dit : ces paroles valent pour des semences, mais pour des légumes, non.

Cela vient l'apprendre.

📜 Rachi (1)
אֲבָל בִּירָקוֹת לֹא דִּירָקוֹת יָנְקִי טְפֵי:
Mais pour des légumes, non : car les légumes tirent davantage.
🗂️ Tossefot (1)
עֲרוּגָה בַּת ו' טְפָחִים זוֹרְעִין לְתוֹכָהּ ה' זְרָעִים וא"ת הוֹאִיל וְרָחוֹק ג' טְפָחִים לָא יָנְקִי מְהֻדְּדֵי דְּהָא אֶמְצָעִית אֵינָהּ רְחוֹקָה מִן הָאֲחֵרוֹת אֶלָּא ג' טְפָחִים דִּבְפֶרֶק ר' עֲקִיבָא (שַׁבָּת דַּף פֶּה.) מַשְׁמַע דַּד' מֵאַרְבַּע רוּחוֹת הָעֲרוּגָה לֹא בַּקְּרָנוֹת אֶלָּא בְּאֶמְצַע הָרוּחוֹת א"כ יִזְרַע לְתוֹכָהּ ט' זְרָעִים ג' שׁוּרוֹת שֶׁל ג' ג' וִיהֵא רְחוֹקִים זֶה מִזֶּה ג' טְפָחִים וְאוֹמֵר רִ"י דְּהָכָא אֵינָהּ מִשּׁוּם יְנִיקָה אֶלָּא מִשּׁוּם עִירְבּוּב לְאַחַר שֶׁיִּהְיוּ גְּדוֹלִים וְלֹא רָצוּ חֲכָמִים לְהַתִּיר יוֹתֵר וְתֵדַע דְּאַפֵּי' חֲמִשָּׁה לֹא הָיוּ מַתִּירִים אִי לָאו דְּנָפְקָא לָן בְּשַׁבָּת בְּפֶרֶק ר' עֲקִיבָא (ג"ז שָׁם) בְּהֶדְיָא מִקְּרָא אע"ג דְּקִים לְהוּ לְרַבָּנָן דַּחֲמִשָּׁה בְּשִׁיתָא לָא יָנְקִי וְהַיְינוּ מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמִיחַשׁ לְעִרְבּוּבְיָא וְאִם תֹּאמַר וְאֵיךְ זוֹרְעִים בְּתוֹכָהּ חֲמִשָּׁה זֵרְעוֹנִים וְהָא אֵין רָחוֹק זֶה מִזֶּה שְׁלֹשָׁה טְפָחִים דְּהָא אִיכָּא מְקוֹם זְרִיעָה וְתֵירֵץ ר"ת דִּטְפָחִים שֶׁל כִּלְאַיִם שׂוֹחֲקוֹת כִּדְמוֹכַח בְּרֵישׁ עֵירוּבִין (דַּף ד.) ור"י אוֹמֵר דִּגְמִירִי דִּבְהָכִי לָא יָנְקִי אע"פ שֶׁיֵּשׁ מְקוֹם זְרָעִים:
Une plate-bande de six tefahim, on y sème cinq semences. Et si tu dis : puisqu'ils sont éloignés de trois tefahim, ils ne tirent pas l'un de l'autre, car celle du milieu n'est éloignée des autres que de trois tefahim ; et au chapitre de Rabbi Akiva (Chabbat 85a) il ressort que les quatre, sur les quatre côtés de la plate-bande, ne sont pas aux angles mais au milieu des côtés. Dès lors, qu'on y sème neuf semences, trois rangées de trois, et elles seront éloignées l'une de l'autre de trois tefahim. Ri dit : ici le motif est l'irbuv (mélange) une fois qu'elles seront grandes, et les Sages n'ont pas voulu permettre davantage. Sache-le : même cinq, ils ne les auraient pas permis, si nous ne le déduisions pas explicitement d'un verset à Chabbat, au chapitre de Rabbi Akiva (même passage), bien que les Sages tiennent pour acquis que cinq dans six ne tirent pas l'un de l'autre. Et cela, parce qu'il y a lieu de craindre le mélange. Et si tu dis : comment sème-t-on cinq semences, puisqu'elles ne sont pas éloignées l'une de l'autre de trois tefahim, car il y a l'emplacement du semis ? Rabbeinou Tam a répondu : les tefahim de kilayim sont des tefahim sohakot (mesurés larges), comme il est prouvé au début d'Erouvin (4a). Et Ri dit : nous tenons par tradition que dans cette mesure ils ne tirent pas, bien qu'il y ait l'emplacement des semences.
💡 Explication

Fin de 39a : Rav a dit que ces légumes se sèment kehilkhatan, selon leur règle. La michna de kilayim l'enseigne déjà pour une plate-bande de six sur six. L'enseignement reste utile : la mesure vaut aussi pour des légumes. Rachi : les légumes ont une yenika plus forte, une succion des racines plus grande.

Tossefot : à trois tefahim, la yenika ne joue plus. Neuf semis tiendraient. Ri retient l'irbuv, le mélange une fois les plantes grandes. Les cinq eux-mêmes ne tiennent que par un verset, Chabbat 85a. L'emplacement du grain réduit l'écart : Rabbeinou Tam répond par les tefahim sohakot ; Ri, par une tradition sur cette mesure.

2
לְמֵימְרָא דִּירָקוֹת אַלִּימָא מִזְּרָעִים? וְהִתְנָן: כָּל מִינֵי זְרָעִים אֵין זוֹרְעִין בַּעֲרוּגָה אַחַת, כָּל מִינֵי יְרָקוֹת זוֹרְעִין בַּעֲרוּגָה אַחַת! מַהוּ דְּתֵימָא הָנֵי מָרוֹר מִין זְרָעִים נִינְהוּ, קָא מַשְׁמָע לַן.

Est-ce à dire que les légumes sont plus forts que les semences ? Or nous avons appris : toutes les espèces de semences, on ne les sème pas dans une seule plate-bande ; toutes les espèces de légumes, on les sème dans une seule plate-bande.

On aurait dit : ces maror sont une espèce de semences. Cela vient l'apprendre.

📜 Rachi (3)
לְמֵימְרָא דִּירָקוֹת אַלִּימָא לִינֹק טְפֵי מִזְּרָעִים דְּאִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְמֵימַר דְּאַף יְרָקוֹת נִזְרָעִין חֲמִשָּׁה מִינִין בַּעֲרוּגָה שֶׁל שִׁשָּׁה:
Est-ce à dire que les légumes sont plus forts : à tirer davantage que les semences. C'est pourquoi il a dû dire que même des légumes se sèment, cinq espèces, dans une plate-bande de six.
כָּל מִינֵי זְרָעִים אֵין נִזְרָעִים בַּעֲרוּגָה אַחַת אֲפִילּוּ בַּשִּׁיעוּר הַזֶּה מִשּׁוּם דְּיָנְקִי טְפֵי וְהָא דִּתְנַן זוֹרְעִין בְּתוֹכָהּ חֲמִשָּׁה זֵרְעוֹנִין בִּירָקוֹת קָאָמַר דְּנִזְרָעִים כְּהִלְכָתָן:
Toutes les espèces de semences ne se sèment pas dans une seule plate-bande : même dans cette mesure, parce qu'elles tirent davantage. Et ce que la michna enseigne, on y sème cinq semences, elle parle de légumes, qui se sèment selon leur règle.
מַהוּ דְתֵימָא הָנֵי דְּמָרוֹר מִין זְרָעִים נִינְהוּ וְלֹא יִזְרְעוּ בַּעֲרוּגָה אַחַת קָמַשְׁמַע לַן רַב דְּמִין יְרָקוֹת נִינְהוּ וְנִזְרָעִים:
On aurait dit : ces maror sont une espèce de semences : et on ne les sèmerait pas dans une seule plate-bande. Rav vient apprendre qu'ils sont une espèce de légumes, et qu'on les sème.
💡 Explication

Si les légumes tirent plus, la règle des cinq serait plus stricte pour eux. Une michna va dans l'autre sens : les semences diverses ne partagent pas une plate-bande, les légumes divers la partagent.

Rachi accorde les deux : l'interdit vise les semences, même avec l'écart de six. Les cinq de la michna sont des légumes. Le point de Rav : ces maror sont des légumes, et ils se sèment selon cette règle.

3
זְרָעִים סָלְקָא דַעְתָּךְ? וְהָא תְנַן — יְרָקוֹת, וְתָנֵי בַּר קַפָּרָא — יְרָקוֹת, וְתָנֵי דְּבֵי שְׁמוּאֵל — יְרָקוֹת! חֲזֶרֶת אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ. סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: הוֹאִיל וְסוֹפָהּ לְהַקְשׁוֹת — נִיתֵּיב לַהּ רַווְחָא טְפֵי.

Des semences, cela te viendrait à l'esprit ? Or on a enseigné : des légumes.

Bar Kappara a enseigné : des légumes. Et l'école de Shmuel a enseigné : des légumes.

C'est la hazeret qui lui était nécessaire. On aurait dit : puisqu'elle finit par durcir, donnons-lui davantage d'espace.

📜 Rachi (3)
זְרָעִים סָלְקָא דַעְתָּךְ הֵיכִי תִּיסַּק אַדַּעְתִּין דִּזְרָעִים נִינְהוּ וְהָא כּוּלְּהוּ תַּנָּאֵי יְרָקוֹת קָרֵי לְהוּ:
Des semences, cela te viendrait à l'esprit : comment te viendrait-il à l'esprit que ce sont des semences, alors que tous les tannaïm les appellent légumes ?
חֲזֶרֶת אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּנִזְרַעַת כִּשְׁאָר יְרָקוֹת בַּעֲרוּגָה עִם אַרְבָּעָה זֵרְעוֹנִין:
La hazeret lui était nécessaire : pour apprendre qu'elle se sème comme les autres légumes, dans la plate-bande, avec quatre semences.
לְהַקְשׁוֹת קלח שֶׁלָּהּ נַעֲשֶׂה עָב:
Pour durcir : sa tige devient épaisse.
💡 Explication

Michna, bar Kappara et l'école de Shmuel nomment déjà ces plantes des légumes. Les ranger parmi les semences ne se soutenait pas.

Le point précis est la hazeret, la laitue. Sa tige finit par épaissir. On aurait pu lui donner plus d'écart, comme au chou durci.

4
לָאו אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא, קֶלַח שֶׁל כְּרוּב שֶׁהֻוקְשָׁה מַרְחִיבִין לוֹ בֵּית רֹובַע! אַלְמָא: כֵּיוָן דְּסוֹפוֹ לְהַקְשׁוֹת יָהֲבִינַן לֵיהּ רַווְחָא טְפֵי, הָכָא נָמֵי נִיתֵּיב לַהּ רַווְחָא טְפֵי, קָא מַשְׁמָע לַן.

Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina n'a-t-il pas dit : une tige de chou qui a durci, on lui élargit un beit rova. Il en ressort : puisqu'elle finira par durcir, nous lui donnons davantage d'espace.

Ici aussi, donnons-lui davantage d'espace. Cela vient l'apprendre.

📜 Rachi (2)
מַרְחִיבִין לוֹ מָקוֹם עַד בֵּית רֹובַע שֶׁלֹּא יִזְרְעוּ אֶצְלוֹ מִין אַחֵר:
On lui élargit : un emplacement jusqu'au beit rova, afin qu'on ne sème pas à côté une autre espèce.
בֵּית רֹובַע מְקוֹם זְרִיעַת רֹובַע הַקַּב חֲצַר הַמִּשְׁכָּן הָיָה שִׁיעוּר לְבֵית סָאתַיִם וְכָל בֵּית כּוֹר וּבֵית סְאָה וּבֵית רֹובַע שֶׁבַּגְּמָרָא לְפִי אוֹתוֹ חֶשְׁבּוֹן:
Beit rova : l'emplacement du semis d'un quart de kav. La cour du Mishkan était la mesure du beit seataim, et tout beit kor, beit sea et beit rova de la Guemara suit ce calcul.
💡 Explication

L'argument s'appuie sur le chou déjà durci : on lui réserve un beit rova, la surface où l'on sème un quart de kav, sans autre espèce à côté.

La hazeret durcira. On aurait étendu la même réserve. Rav apprend qu'elle reste dans l'écart ordinaire des légumes de la plate-bande.

🖼️ Schéma
Chou durci et hazeret Chou, Rabbi Yossi b. Rabbi Hanina La tige a déjà durci. On lui laisse un beit rova vide. Aucune autre espèce à côté. Surface d'un quart de kav. Hazeret, laitue de maror Sa tige finira par durcir. On aurait élargi l'écart. Rav : on la sème comme les autres légumes. Même écart que les cinq espèces de la plate-bande. Pas de beit rova. Le calcul du beit rova suit la cour du Mishkan, beit seataim.
Chou durci : un beit rova vide. Hazeret, qui durcira : l'écart des cinq espèces, sans élargir.
5
יוֹצְאִין בָּהֶן בֵּין לַחִין בֵּין יְבֵשִׁין כּוּ׳. אָמַר רַב חִסְדָּא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בַּקֶּלַח, אֲבָל בְּעָלִין, לַחִין — אִין, יְבֵשִׁין — לֹא.

On s'acquitte par eux, qu'ils soient frais ou secs, etc. Rav Hisda a dit : on ne l'a enseigné que pour la tige.

Mais pour les feuilles : fraîches, oui ; sèches, non.

📜 Rachi (1)
לֹא שָׁנוּ דְּיָבֵשׁ יֵשׁ לוֹ טַעַם מָרוֹר אֶלָּא קלח דְּמִתּוֹךְ שֶׁהוּא עָב אֵינוֹ מִתְיַיבֵּשׁ שֶׁיַּפְסִיד טַעְמוֹ אֲבָל עָלִין יְבֵשִׁין הֲרֵי הֵן כְּעָפָר בְּעָלְמָא:
On ne l'a enseigné : le sec n'a le goût de maror que pour la tige. Étant épaisse, elle ne sèche pas au point de perdre son goût. Mais des feuilles sèches sont comme de la simple poussière.
💡 Explication

La michna valide le maror frais ou sec. Rav Hisda restreint le sec à la tige. La tige épaisse garde l'amertume. La feuille sèche n'a plus de goût de maror.

6
וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא ״בְּקֶלַח שֶׁלָּהֶן״, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא עָלִין? פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ: כִּי קָתָנֵי בֵּין לַחִין בֵּין יְבֵשִׁין — אַקֶּלַח.

Or, puisque la fin enseigne "dans leur tige", il en résulte que le début porte sur les feuilles. Il explique : quand il enseigne, qu'ils soient frais ou secs, c'est sur la tige.

📜 Rachi (1)
מִכְּלָל דְּרֵישָׁא בְּעָלִין קָא פָּסֵיק וּתְנָא בְּהוּ בֵּין לַחִים בֵּין יְבֵשִׁים:
Il en résulte que le début porte sur les feuilles : et il tranche à leur sujet, aussi bien fraîches que sèches.
💡 Explication

La fin de la michna dit "dans leur tige". On en tirerait que le début, frais ou sec, parle des feuilles, y compris sèches. Cela heurte Rav Hisda.

Réponse : la fin explique le début. "Frais ou sec" vise déjà la tige.

7
מֵיתִיבִי: יוֹצְאִין בָּהֶן וּבַקֶּלַח שֶׁלָּהֶן, בֵּין לַחִין בֵּין יְבֵשִׁין, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לַחִין — יוֹצְאִין בָּהֶן, יְבֵשִׁין — אֵין יוֹצְאִין בָּהֶן. וְשָׁוִין שֶׁיּוֹצְאִין בָּהֶן כְּמוּשִׁין. אֲבָל לֹא כְּבוּשִׁין וְלֹא שְׁלוּקִין וְלֹא מְבֻושָּׁלִין.

On objecte : on s'acquitte par eux et par leur tige, qu'ils soient frais ou secs, paroles de Rabbi Meir. Et les Sages disent : frais, on s'acquitte par eux ; secs, on ne s'acquitte pas par eux.

Et ils s'accordent : on s'acquitte par eux flétris. Mais non marinés, ni échaudés, ni cuits.

📜 Rachi (1)
כְּמֻושִׂין פלצדא"ו:
Flétris : flétri (laaz : palcedaou).
🗂️ Tossefot (1)
לֹא שֶׁלּוֹקִין וְלֹא מְבֻושָּׁלִין מַשְׁמַע דִּשְׁלִיקָה הָוֵי טְפֵי מִבִּישּׁוּל דְּאִי לָאו הָכִי הָוֵי זוֹ וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר זוֹ וְכֵן מַשְׁמַע בְּכַמָּה דֻּוכְתִּין וְהָא דִּתְנַן בְּפֶרֶק ג' מִינִים (נָזִיר דַּף מה:) הָיָה מְבַשֵּׁל הַשְּׁלָמִים אוֹ שׁוֹלְקָן אע"ג דִּשְׁלִיקָה הָוֵי טְפֵי מִבִּישּׁוּל לָא הָוֵי הָתָם זוֹ וְאֵין צ"ל זוֹ דקמ"ל דְּבִשְׁלִיקָה אֵינוֹ יוֹצֵא מִתּוֹרַת בִּישּׁוּל:
Ni échaudés ni cuits. Il en ressort que la shlika est plus que la cuisson. Sans cela, ce serait "ceci, et il n'est pas besoin de dire cela". Il en ressort de même en plusieurs endroits. Et ce que la michna enseigne au chapitre des trois espèces (Nazir 45b) : il cuisait les shelamim ou les échaudait. Bien que la shlika soit plus que la cuisson, là ce n'est pas "ceci, et il n'est pas besoin de dire cela". Car cela apprend que, par la shlika, on ne sort pas de la catégorie de la cuisson.
💡 Explication

Baraïta. Rabbi Meir : herbe et tige, frais et sec. Sages : le frais seulement. Accord des deux : le kemosh, flétri, acquitte. Le mariné, le shaluk et le cuit, non.

Tossefot : citer le shaluk à part de la cuisson montre que l'échaudage prolongé va plus loin. À Nazir 45b, les deux mots restent utiles : le shaluk demeure dans la catégorie du bishul.

8
כָּלְלוּ שֶׁל דָּבָר: כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ טַעַם מָרוֹר — יוֹצְאִין בּוֹ, וְכֹל שֶׁאֵין בּוֹ טַעַם מָרוֹר — אֵין יוֹצְאִין בּוֹ. תַּרְגּוּמָא אַקֶּלַח. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין יוֹצְאִין בָּהֶן כְּמוּשִׁין. מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי צָדוֹק אָמְרוּ: יוֹצְאִין בָּהֶן כְּמֻושִׂין.

La règle de la chose : tout ce qui a le goût de maror, on s'en acquitte ; et tout ce qui n'a pas le goût de maror, on ne s'en acquitte pas. Interprète cela de la tige.

Les Sages ont enseigné : on ne s'acquitte pas par eux flétris. Au nom de Rabbi Eliezer fils de Rabbi Tsadok, ils ont dit : on s'acquitte par eux flétris.

📜 Rachi (2)
כָּלְלוּ שֶׁל דָּבָר כו' קָתָנֵי מָיָה' בָּדֶר' מֵאִיר יוֹצְאִין בָּהֶן וּבַקְּלָחִין שֶׁלָּהֶן בֵּין לַחִין בֵּין יְבֵשִׁין וּמַתְנִי' נָמֵי מִדְּמַכְשַׁר בִּיבֵשִׁים רַבִּי מֵאִיר הִיא וּשְׁמַע מִינָּהּ בְּעָלִין נָמֵי אַכְשַׁר:
La règle de la chose, etc. Il enseigne en tout cas, dans les paroles de Rabbi Meir : on s'acquitte par eux et par leurs tiges, frais ou secs. Notre michna aussi, puisqu'elle valide les secs, est de Rabbi Meir. Apprends-en que même les feuilles, il les a validées.
תַּרְגּוּמָא לְהָא דְּקָתָנֵי בָּדֶר' מֵאִיר יְבֵשִׁין אַקֶּלַח קָאָמַר:
Interprète : ce qu'il enseigne dans les paroles de Rabbi Meir, les secs, il le dit de la tige.
💡 Explication

La règle suit le goût. Rachi y lit l'objection : Rabbi Meir, et donc notre michna, validerait aussi les feuilles sèches.

Réponse, targuma a-kelah : le sec de Rabbi Meir vise la tige. Rav Hisda tient. Un second enseignement diverge sur le flétri : l'avis anonyme l'écarte, Rabbi Eliezer fils de Rabbi Tsadok l'admet.

9
בָּעֵי רָמֵי בַּר חָמָא: מַהוּ שֶׁיֵּצֵא אָדָם יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּמָרוֹר שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם? אַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא לָא תִּיבְּעֵי לָךְ: הַשְׁתָּא בְּמַצָּה דְּאוֹרָיְיתָא נָפֵיק, בְּמָרוֹר דְּרַבָּנָן מִיבַּעְיָא?

Rami bar Hama a demandé : un homme peut-il s'acquitter de son obligation avec du maror de maasser sheni à Jérusalem ? Selon l'avis de Rabbi Akiva, ne le demande pas.

Maintenant, avec la matza, qui est de la Torah, il s'acquitte ; avec le maror, qui est rabbinique, est-ce une question ?

📜 Rachi (2)
הַשְׁתָּא מַצָּה דְּמַעֲשֵׂר דִּידֵהּ דְּאוֹרָיְיתָא וְאִיכָּא לְמִיפַּסְלָה מִשּׁוּם דְּאֵין לָהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת קָאָמַר ר"ע דְּנָפֵיק הוֹאִיל וְאִי מְטַמְּיָא פָּרֵיק לָהּ וְאִית לָהּ הֶיתֵּר:
Maintenant, la matza : dont le maasser est de la Torah, et l'on pourrait l'invalider parce qu'elle n'a pas d'autorisation dans les demeures. Rabbi Akiva dit qu'il s'acquitte, puisque, si elle devient impure, il la rachète, et elle a une autorisation.
מָרוֹר דְּמַעֲשֵׂר יָרָק מִדְּרַבָּנָן הוּא וּמִדְּאוֹרַיְיתָּא אִית לֵיהּ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת מִיבַּעְיָא:
Le maror : dont le maasser du légume est rabbinique, et, de la Torah, il a une autorisation dans les demeures. Est-ce une question ?
💡 Explication

Maasser sheni se mange à Jérusalem. La matza doit pouvoir se manger dans toutes les demeures. Rabbi Akiva laisse la matza de maasser sheni acquitter : devenue impure, on la rachète, et elle a un heter partout.

Pour lui, le maror suit à plus forte raison. L'obligation de maror, sans le korban, est rabbinique. Le maasser des légumes l'est aussi : de la Torah, ce maror a déjà un heter dans les demeures.

10
כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, מַאי? בְּמַצָּה דְּאוֹרָיְיתָא הוּא דְּלָא נָפֵיק, אֲבָל מָרוֹר דְּרַבָּנַן נָפֵיק?

Quand tu dois le demander, c'est selon l'avis de Rabbi Yossi le Galiléen. Qu'en est-il ?

C'est pour la matza, qui est de la Torah, qu'il ne s'acquitte pas ; mais pour le maror, qui est rabbinique, il s'acquitte ?

💡 Explication

Selon Rabbi Yossi le Galiléen, la matza de maasser sheni n'acquitte pas. Premier côté de la question : cette réserve vise l'obligation de la Torah. Le maror rabbinique de maasser sheni acquitterait.

11
אוֹ דִּילְמָא: כֹּל דְּתַקִּינוּ רַבָּנָן — כְּעֵין דְּאוֹרָייְתָא תַּקּוּן. אָמַר רָבָא: מִסְתַּבְּרָא מַצָּה וּמָרוֹר.

Ou bien peut-être : tout ce que les Sages ont institué, ils l'ont institué sur le modèle de la Torah. Rava a dit : il est logique, matza et maror.

📜 Rachi (2)
כְּעֵין דְּאוֹרָיְיתָא תַּקּוּן וְאֵין לוֹ הֶיתֵּר בְּמוֹשָׁבוֹת וּמָרוֹר אִיתַּקַּשׁ לְמַצָּה מַה מַצָּה בָּעֵינַן נֶאֱכֶלֶת בְּכָל מוֹשָׁבוֹת אַף מָרוֹר נָמֵי בָּעֵינַן יֵשׁ לוֹ הֶיתֵּר. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא מַצָּה בִּזְמַן הַזֶּה דְּאוֹרָייְתָא וּמָרוֹר מִדְּרַבָּנָן בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף קטו.) וְזֶה שָׁמַעְתִּי וְקַשְׁיָא לִי בַּזְּמַן הַזֶּה מִי מַסְּקִי מַעֲשֵׂר שֵׁנִי לִירוּשָׁלַיִם וְאִי לְמָאֵן דְּאָמַר קְדֻושָּׁה רִאשׁוֹנָה קִידְּשָׁה לִשְׁעָתָהּ וְקִידְּשָׁה לֶעָתִיד לָבוֹא בְּהֶדְיָא אִיבְּעִי לֵיהּ לְפָרוּשֵׁי בַּזְּמַן הַזֶּה:
Sur le modèle de la Torah ils ont institué : et il n'a pas d'autorisation dans les demeures. Et le maror est rapproché de la matza. De même que, pour la matza, nous exigeons qu'elle se mange dans toutes les demeures, de même, pour le maror, nous exigeons qu'il ait une autorisation. Autre version : la matza de nos jours est de la Torah, et le maror est rabbinique, au dernier chapitre (115a). C'est ce que j'ai entendu, et cela me fait difficulté : de nos jours, élève-t-on le maasser sheni à Jérusalem ? Et selon celui qui dit que la première sainteté a sanctifié pour son temps et pour l'avenir, il aurait dû expliquer explicitement : de nos jours.
מַצָּה וּמָרוֹר הֻוקְּשׁוּ יַחַד וְכִי הֵיכִי דְּמַצָּה יֵשׁ עָלֶיהָ שֵׁם מַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְלָא נָפֵיק בֵּיהּ אַף מָרוֹר נָמֵי שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ שֵׁם מַעֲשֵׂר שֵׁנִי לָא נָפֵיק בֵּיהּ:
Matza et maror : ils ont été rapprochés ensemble. De même que la matza qui porte le nom de maasser sheni, on ne s'en acquitte pas, de même le maror qui porte le nom de maasser sheni, on ne s'en acquitte pas.
💡 Explication

Second côté : kol de-takinu rabbanan ke-ein deoraita takun. Ce que les Sages instituent, ils le calquent sur la Torah. Le maror rabbinique suivrait l'interdit de la matza de maasser sheni.

Rava retient le rapprochement, le hekesh, de matza et maror. Même nom de maasser sheni, même absence d'acquittement. Rachi rapporte une autre lecture, "de nos jours", et la difficulté : le maasser sheni monte-t-il encore à Jérusalem, et pourquoi la question ne le dit-elle pas ?

12
מַתְנִי׳ אֵין שׁוֹרִין אֶת הַמֻּורְסָן לְתַרְנְגוֹלִים, אֲבָל חוֹלְטִין. הָאִשָּׁה לֹא תִּשְׁרֶה אֶת הַמֻּורְסָן שֶׁתּוֹלִיךְ בְּיָדָהּ לַמֶּרְחָץ, אֲבָל שָׁפָה הִיא בִּבְשָׂרָהּ יָבֵשׁ. לֹא יִלְעֹוס אָדָם חִיטִּין וְיַנִּיחַ עַל מַכָּתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁהֵן מַחְמִיצוֹת.

Michna. On ne fait pas tremper le son pour les poules, mais on l'échaude.

La femme ne fera pas tremper le son qu'elle emportera dans sa main au bain. Mais elle le frotte sec sur sa chair.

Un homme ne mâchera pas du blé pour le poser sur sa plaie, parce qu'elles lèvent.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' חוֹלְטִין בְּרוֹתְחִין שֶׁאֵין מַנִּיחִין אוֹתוֹ לְהַחְמִיץ:
On échaude : dans de l'eau bouillante, car on ne le laisse pas lever.
לֹא תִּשְׁרֶה הַמֻּורְסָן לָשׁוּף בָּהּ בְּשָׂרָהּ מִפְּנֵי שֶׁמַּחְמִיץ בִּשְׁרִיָּיתוֹ:
Elle ne fera pas tremper le son : pour en frotter sa chair, parce qu'il lève par le trempage.
אֲבָל שָׂפָה הִיא מֻורְסָן יָבֵשׁ בִּבְשָׂרָהּ ואע"פ שֶׁמַּיִם טוֹפְחִין עַל בְּשָׂרָהּ:
Mais elle le frotte : du son sec sur sa chair, bien que de l'eau moite soit sur sa chair.
לֹא יִלְעֹוס לֹא יָכוֹס:
Il ne mâchera pas : il ne le rongera pas.
⚖️ Rosh (2)
מַתְנִי' אֵין שׁוֹרִין אֶת הַמֻּורְסָן לְתַרְנְגוֹלִים אֲבָל חוֹלְטִין. כָּתַב רַב שְׁרִירָא זַ"ל אע"פ שֶׁחִלּוּט אֵין בָּא לִידֵי חִימּוּץ וּמֻוגְלָשִׁין עַל גַּבֵּי קֶמַח הוּא הַחְלָטוֹת לֹא שָׁמַעְנוּ בִּשְׁתֵּי יְשִׁיבוֹת שֶׁהִתִּירוּ זֶה אֶלָּא לְחַיָּה וּלְחוֹלֶה ע'"פ בְּקִיאִין וכ"כ רַב הַאי מַצָּה חֲלוּטָה בְּרוֹתְחִין מַצָּה הִיא אֲבָל דְּרַבָּנָן קַמָּאֵי אָמְרוּ לָא יָדְעִינַן חֲלִיטָה הֵיכָן הִיא וְכַמָּה חוֹלִים טָרְחוּ לְהַתִּיר לָהֶם מֵי שְׂעוֹרִים בַּחֲלִיטָה וְלֹא הִתִּירוּ הַגְּאוֹנִים אֶלָּא לְחוֹלֶה שֶׁהֻוקְשָׁה חָלְיוֹ עַל פִּי רוֹפְאִים. כָּתַב בַּאֲבִי הָעֶזְרִי מַעֲשֶׂה הָיָה שֶׁשָּׁרוּ מְעַט מֻורְסָן וְשַׁפְשְׁפוּ בָּהֶן אַווָּז בְּפֶסַח וְאָסְרוּ אַבָּא מָרִי מִשּׁוּם דְּאִית בָּעוֹר נִקְבֵי נִקְבֵי פָּרְצִי וְאָמְרִינַן בְּחֻולִּין דַּף קיב. וְאִי אִית בֵּיהּ פִּילֵי אָסוּר ע"כ.
Michna : on ne fait pas tremper le son pour les poules, mais on l'échaude. Rav Sherira, de mémoire bénie, a écrit : bien que le halut n'arrive pas au levain, et que le mouglash versé sur de la farine soit l'échaudage, nous n'avons pas entendu, dans les deux yeshivot, qu'on ait permis cela, sinon pour une accouchée et un malade, sur l'avis de gens experts. Rav Haï a écrit de même : une matza échaudée à l'eau bouillante est une matza, mais les premiers maîtres ont dit : nous ne savons pas où est la halita, ni de combien. Et combien de malades se sont donné de la peine pour qu'on leur permette de l'eau d'orge par échaudage, et les gueonim ne l'ont permis qu'à un malade dont la maladie s'est aggravée, sur l'avis des médecins. Il est écrit dans l'Avi HaEzri : il est arrivé qu'on a fait tremper un peu de son et qu'on en a frotté une oie à Pessa'h, et Abba Mari l'a interdit, parce que la peau a des pores sur des pores, des fentes. Et nous disons à Houlin 112a : s'il y a des fissures, c'est interdit.
מַתְנֵי' לֹא יִלְעֹוס אָדָם חִיטִּין וְיִתֵּן עַל גַּבֵּי מַכָּתוֹ מִפְּנֵי שֶׁהֵן מַחְמִיצוֹת. וְכָתַב ה"ר אֶלְעָזָר מגרמייז"י בְּחִיבּוּרוֹ הַנִּקְרָא סֵפֶר הָרוֹקֵחַ סִי' רצ שַׂק מָלֵא קֶמַח הָיָה נָתוּן אֵצֶל הַחוֹמָה וְנִתְלַחְלַח מִזֵּיעַת הַחוֹמָה נִרְאֶה אע"פ דִּתְנַן בפ"ב דְּמַכְשִׁירִין זֵיעַת הַבָּתִּים בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת וְזֵיעַת אָדָם טְהוֹרָה פִּי' אֵין מַכְשִׁירִין מִיהוּ מַחְמִיצִים מִידִי דַּהֲוָה אַרוֹק שֶׁאַיֵּנ וּמַכְשִׁיר וְאַפֵּ"ה תְּנַן לֹא יִלְעֹוס הִלְכָּךְ אִם נָפַל מַיִם עַל קֶמַח אוֹ נִתְלַחְלַח הַשַּׂק יְרַקֵּד הַקֶּמַח וְהַשְּׁאָר מֻותָּר. שַׂק שֶׁיֵּשׁ בּוֹ קֶמַח וְיָשְׁבוּ תַּרְנְגוֹלִים עָלָיו וְנִתְלַחְלַח מִצּוֹאַת הַתַּרְנְגוֹלִים אָמַר בִּמְנָחוֹת דַּף סט. שְׂעוֹרִים שֶׁנִּמְצְאוּ בְּגֶלְלֵי בְּהֵמָה וְכוּ' אִי לִמְנָחוֹת הַקְרִיבֵהוּ נָא לְפֶחָתֶךָ וְאֵינוֹ אוֹסְרוֹ מִשּׁוּם חִימּוּץ מִיהוּ יְרַקְּדוּ הַבָּצֵק וְיַשְׁלִיכוּהוּ לַחוּץ וְהַשְּׁאָר מֻותָּר ע"כ לֹא יָדַעְתִּי לָמָּה דִּימָּה זֵיעַת בָּתִּים לָרֹוק וְלֹא נִדְמֶה לְזֵיעַת אָדָם שֶׁשְּׁנֵיהֶם אֵין מַכְשִׁירִין וְגַם מַה שֶׁכָּתַב דְּרוֹק אֵינוֹ מַכְשִׁיר הָא לֵיתָא דְּרוֹק מַכְשִׁיר כְּדִתְנַן בְּמַס' מַכְשִׁירִין פ"ו מ"ה וְגַם מַה שֶּׁכָּתַב אִם נָפַל מַיִם עַל קֶמַח שֶׁיְּרַקֵּד הַקֶּמַח וְהַשְּׁאָר מֻותָּר נ"ל דְּקֻולָּא גְּדוֹלָה הִיא לַעֲשׂוֹת כֵּן בְּתוֹךְ הַפֶּסַח דְּכֵיוָן דְּחָמֵץ בְּמַשֶּׁהוּ חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא יַעֲבֹור חָמֵץ כָּל שֶׁהוּא עִם הַקֶּמַח. וְרָאִיתִי מוֹרִים הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה שֶׁאוֹחֵז בְּיָדוֹ כָּל מָקוֹם הַמְלֻוחְלָח עַד שֶׁיִּזְרֹוק כָּל הַקֶּמַח שֶׁבַּשַּׂק וְהוּא עָדִיף טְפֵי:
Michna : un homme ne mâchera pas de blé pour le mettre sur sa plaie, parce qu'elles lèvent. Rabbi Elazar de Worms a écrit, dans son ouvrage appelé Sefer HaRokeah, siman 290 : un sac plein de farine était posé près du mur et s'est humidifié par la sueur du mur. Il semble que, bien que la michna enseigne au chapitre 2 de Makhshirin que la sueur des maisons, des citernes, des fosses et des cavernes, et la sueur de l'homme, est pure, c'est-à-dire qu'elle ne rend pas susceptible, néanmoins elle fait lever. C'est à la manière de la salive, qui ne rend pas susceptible, et pourtant la michna enseigne : il ne mâchera pas. Donc, si de l'eau est tombée sur de la farine, ou si le sac s'est humidifié, on tamisera la farine, et le reste est permis. Un sac qui contient de la farine, des poules s'y sont assises et il s'est humidifié par leurs fientes. Il a dit, à Menahot 69a : des orges trouvées dans les excréments d'une bête, etc. S'il s'agit de menahot, "offre-le donc à ton gouverneur", et cela ne l'interdit pas au titre du levain. Toutefois on tamisera la pâte, on la jettera dehors, et le reste est permis. Fin de la citation. Je ne sais pas pourquoi il a comparé la sueur des maisons à la salive, et ne l'a pas comparée à la sueur de l'homme, puisque les deux ne rendent pas susceptible. Et ce qu'il a écrit, que la salive ne rend pas susceptible, ne tient pas : la salive rend susceptible, comme la michna l'enseigne au traité Makhshirin, chapitre 6, michna 5. Et ce qu'il a écrit, si de l'eau est tombée sur de la farine, qu'on tamise la farine et que le reste est permis : il me semble que c'est une grande indulgence de le faire pendant Pessa'h. Puisque le hametz se prend au mashehu, la moindre quantité, nous craignons qu'un hametz, si minime soit-il, ne passe avec la farine. Et j'ai vu des décisionnaires, pour la pratique, qui tiennent dans la main tout l'endroit humidifié jusqu'à ce qu'on verse toute la farine du sac. Et cela vaut mieux.
💡 Explication

Trois cas. Le trempage laisse lever : son pour les poules, son emporté au bain, blé mâché sur une plaie. L'échaudage à l'eau bouillante, et le son frotté sec, restent permis.

Le Roch rapporte la retenue des gueonim sur la halita, réservée au malade, et le cas de l'oie frottée au son trempé : la peau fendue absorbe. Sur la farine humidifiée, il écarte le tamisage large du Rokeah pendant Pessa'h, à cause du hametz au mashehu.

🖼️ Schéma
Michna : trois contacts avec l'eau Poules Tremper le son : non. Échauder, holet : oui. L'eau bouillante ne laisse pas lever. Femme, au bain Tremper le son : non. Frotter le son sec : oui. Même si la chair est moite. Plaie Mâcher du blé et le poser : non. La salive le fait lever. Le levain vient du séjour dans l'eau, pas du seul contact sec. Rachi : holet, dans l'eau bouillante, sans laisser le temps de lever.
Son des poules : trempage interdit, échaudage permis. Au bain : son sec seulement. Blé mâché sur la plaie : interdit.
13
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין בָּאִין לִידֵי חִימּוּץ: הָאָפוּי, וְהַמְבֻושָּׁל, וְחָלוּט שֶׁחֲלָטוֹ בְּרוֹתְחִין. מְבֻושָּׁל? אַדִּמְבַשֵּׁל לֵיהּ, מְחַמַּע! אָמַר רַב פָּפָּא: הָאָפוּי שֶׁבִּישְּׁלוֹ קָאָמַר.

Guemara. Les Sages ont enseigné : voici les choses qui n'arrivent pas au levain : le cuit au four, le cuit à l'eau, et l'échaudé qu'on a échaudé à l'eau bouillante.

Cuit à l'eau ? Pendant qu'on le cuit, il lève.

Rav Papa a dit : il parle du cuit au four qu'on a ensuite cuit.

📜 Rachi (3)
גְּמ' הָאָפוּי לֶחֶם מִשֶּׁנֶּאֱפָה כָּל מַה שֶׁשּׁוֹרֵיהוּ בְּמַיִם אֵינוֹ מַחְמִיץ:
Le cuit au four : un pain, une fois cuit, tout ce qu'on en fait tremper dans l'eau ne lève pas.
אַדִּמְבַשֵּׁל לֵיהּ מְחַמַּע בְּעוֹד שֶׁהַמַּיִם פּוֹשְׁרִים קֹודֶם שֶׁיַּרְתִּיחוּ הוּא מַחְמִיץ וּבִדְשָׁדֵי לֵיהּ לְתוֹךְ רוֹתְחִין לֵיכָּא לְאוֹקוֹמֵהּ דְּהָא בְּהֶדְיָא תָּנֵי לָהּ וְחָלוּט שֶׁחֲלָטוֹ בְּרוֹתְחִין:
Pendant qu'on le cuit, il lève : tant que l'eau est tiède, avant qu'elle bouille, il lève. Et on ne peut pas l'établir comme jeté dans de l'eau bouillante, car il l'enseigne explicitement : et l'échaudé qu'on a échaudé à l'eau bouillante.
אָפוּי שֶׁבִּשְּׁלוֹ כְּלוֹמַר אָפוּי אֲפִילּוּ הוּא מְבַשְּׁלוֹ לְאַחַר אֲפִיָּיה אֵינוֹ מַחְמִיץ:
Cuit au four qu'on a cuit : c'est-à-dire le cuit au four, même s'il le cuit après la cuisson au four, ne lève pas.
💡 Explication

Trois états qui ne vont plus au himutz. La difficulté porte sur le cuit à l'eau : tant que l'eau est tiède, avant l'ébullition, la pâte lève. Le cas jeté dans l'eau déjà bouillante est le halut, enseigné à part.

Rav Papa : "cuit" vise un pain déjà cuit au four, qu'on fait ensuite cuire dans l'eau. La cuisson au four a déjà fermé le levain.

🖼️ Schéma
Ce qui n'arrive plus au levain Cuit au four Une fois cuit, le trempage ne lève plus. Même si on le recuit dans l'eau ensuite. Cuit à l'eau Pendant la chauffe, l'eau tiède fait lever. Rav Papa : le cas vise un pain déjà cuit au four. Halut Échaudé d'emblée à l'eau bouillante. Cas distinct : il est déjà enseigné. L'eau qui monte vers l'ébullition laisse un temps de levain. L'eau déjà bouillante, et le pain déjà cuit, sortent de ce temps.
Pain déjà cuit : le trempage ne lève plus. Cuisson dans l'eau tiède : elle lève. Halut : eau bouillante dès le début.
14
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: קֶמַח שֶׁנָּפַל לְתוֹכוֹ דֶּלֶף, אֲפִילּוּ כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ — אֵינוֹ בָּא לִידֵי חִימּוּץ, אָמַר רַב פָּפָּא: וְהוּא דַּעֲבִיד טִיף לַהֲדֵי טִיף.

On a enseigné : Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda dit : de la farine dans laquelle est tombée une fuite, même tout le jour, n'arrive pas au levain. Rav Papa a dit : et c'est lorsqu'elle fait goutte contre goutte.

📜 Rachi (3)
דֶּלֶף מִן הַגַּג:
Fuite : du toit.
אֵינוֹ בָּא לִידֵי חִימּוּץ שֶׁטֵּירוּד הַדֶּלֶף הַנּוֹפֵל תָּמִיד אֵינוֹ מַנִּיחוֹ לְהַחְמִיץ:
N'arrive pas au levain : le dérangement de la fuite qui tombe sans cesse ne la laisse pas lever.
טִיף לַהֲדֵי טִיף שֶׁנּוֹפְלִין טִיפָּה אַחַר טִיפָּה סָמוּךְ וְתֵכֶף וְאֵין שְׁהוּת בֵּינְתַיִם:
Goutte contre goutte : elles tombent goutte après goutte, aussitôt, sans intervalle entre elles.
⚖️ Rosh (1)
תַּנְיָא ר' יוֹסֵי ב"ר יְהוּדָה אוֹמֵר קֶמַח שֶׁנָּפַל עָלָיו דֶּלֶף אֲפִילּוּ כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ אֵין בָּא לִידֵי חִימּוּץ. אָמַר רַב פָּפָּא וְהוּא דְּעָבֵיד טִיף טִיף לְגַבֵּי טִיף טִיף וְהוּא שֶׁיְּאַפֶּנָּה מִיָּד כְּשֶׁיִּפְסֹוק הַדֶּלֶף. וְאִם סָפֵק אִם דֶּלֶף טוֹרֵד אִם לָאו סָפֵק דְּאוֹרָיְיתָא לְחוּמְרָא אֲבִי הָעֶזְרִי. הָאִשָּׁה לֹא תִּשְׁרֶה אֶת הַמֻּורְסָן שֶׁתּוֹלִיךְ בְּיָדָהּ לַמֶּרְחָץ. אֲבָל שָׁפָה הִיא עַל בְּשָׂרָהּ יָבֵשׁ אַפֵּי' הִיא נִכְנֶסֶת לַמֶּרְחָץ וּמַזִּיעָה. דְּלַחְלוּחִית הַזֵּיעָה אֵינָהּ מַחְמֶצֶת. ומ"ש בפירש"י אע"פ שֶׁהַמַּיִם טוֹפְחִים עַל בְּשָׂרָהּ נִרְאֶה הַזֵּיעָה קָאָמַר וְאֵין לוֹמַר מַיִם מַמָּשׁ קָאָמַר כְּגוֹן אַחַר שֶׁנִּשְׁתַּטְּפָה בְּחַמִּין אוֹ בְּצוֹנֵן דְּהָא נִרְאֶה דְּוַדַּאי אָסוּר כִּי נִשְׁאָרִין בְּתוֹךְ הַמַּיִם וּמַחֲמִיצִין אֶלָּא וַדַּאי מֵי זֵיעָה קָאָמַר וּצְרִיכָה לְהַעֲבִיר כָּל הַסֻּובִּין מִמֶּנָּה קֹודֶם שֶׁתִּשְׁתַּטֵּף בְּצוֹנֵן לָכֵן כָּתַב הר"י זַ"ל דְּהָאִידָּנָא אֵין הַנָּשִׁים בְּקִיאוֹת בָּזֶה וְיֵשׁ לְמוֹנְעָם מִלָּתֵת מֻורְסָן עַל בְּשָׂרָם אַפֵּי' יָבֵשׁ.
On a enseigné : Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda dit : de la farine sur laquelle est tombée une fuite, même tout le jour, n'arrive pas au levain. Rav Papa a dit : et c'est lorsqu'elle fait goutte goutte vis-à-vis de goutte goutte, et c'est à condition qu'on la cuise aussitôt que la fuite cesse. Et s'il y a doute si la fuite est continue ou non, un doute de la Torah se tranche vers la rigueur. Avi HaEzri. La femme ne fera pas tremper le son qu'elle emportera dans sa main au bain. Mais elle le frotte sec sur sa chair, même si elle entre au bain et sue. Car l'humidité de la sueur ne fait pas lever. Et ce qui est marqué dans le commentaire de Rachi, "bien que l'eau soit moite sur sa chair", il semble qu'il parle de la sueur. On ne dira pas qu'il parle d'eau véritable, par exemple après qu'elle s'est rincée à l'eau chaude ou à l'eau froide. Car il semble que c'est certainement interdit, puisqu'elles restent dans l'eau et lèvent. Donc il parle de l'eau de sueur. Et elle doit ôter d'elle tout le son avant de se rincer à l'eau froide. C'est pourquoi le Ri, de mémoire bénie, a écrit : de nos jours les femmes ne sont pas expertes en cela, et il faut les empêcher de mettre du son sur leur chair, même sec.
💡 Explication

Une fuite continue dérange la farine et l'empêche de lever. Rav Papa exige goutte sur goutte, sans pause. Le Roch ajoute : cuire dès que la fuite s'arrête. Un doute sur cette continuité est un doute de la Torah, tranché vers l'interdit.

Le même développement du Roch revient au son de la femme. La moiteur dont parle Rachi est la sueur, qui ne fait pas lever. De l'eau de rinçage, si. Le Ri, faute d'habitude sûre, écarte même le son sec sur la chair.

🖼️ Schéma
Fuite du toit sur la farine Goutte contre goutte Sans intervalle, tout le jour. Le dérangement empêche le levain. Dès que la fuite cesse : cuire. Pause, ou doute Une pause laisse lever. Doute sur la continuité : doute de la Torah, vers la rigueur. Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, et Rav Papa. Le Roch ajoute la cuisson immédiate. Avi HaEzri : le doute se tranche vers l'interdit.
Goutte sans pause : pas de levain, puis cuisson dès l'arrêt. Pause ou doute : interdit.
15
אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי שִׁילָא: וָתִיקָא שָׁרִי. וְהָתַנְיָא וָתִיקָא אָסוּר?! לָא קַשְׁיָא: הָא — דְּעַבְדֵיהּ בְּמִישְׁחָא וּמִילְחָא, הָא — דְּעַבְדֵיהּ בְּמַיָּא וּמִילְחָא.

On dit dans l'école de Rabbi Shila : la vatika est permise. Or on a enseigné : la vatika est interdite.

Il n'y a pas de difficulté : ici, il l'a faite avec de l'huile et du sel ; là, il l'a faite avec de l'eau et du sel.

📜 Rachi (2)
וָתִיקָא מַאֲכָל קֶמַח:
Vatika : un aliment de farine.
מִישְׁחָא וּמִילְחָא בְּקִימְחָא שָׁרֵי דְּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין:
Huile et sel : dans de la farine, c'est permis, car les mei perot ne font pas lever.
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' אָמְרִי דְּבֵי רַב שִׁילָא וָתִיקָא שָׁרִי. וְהָא תַּנְיָא וָתִיקָא אָסוּר לָא קַשְׁיָא הָא בְּמַיָּא וּמִלְחָא וְהָא בְּמִשְׁחָא וּמִלְחָא כֵּיוָן דְּלֵית בָּהּ מַיָּא אֶלָּא מִשְׁחָא מֵי פֵּירוֹת הֵן וּמֵי פֵירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. וָתִיקָא פִּי' קֶמַח מְבֻושָּׁל בְּמַיִם וּמֶלַח. לְפִי שִׁיטַת רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁכָּתַב לְעֵיל דַּהֲלָכָה כר"ע דְּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין אַפֵּי' יֵשׁ בּוֹ מַיִם צ"ל לְפִי דְּבָרָיו הָכָא כֵּיוָן דְּלֵית בֵּהּ מַיִם לְחוּד אֶלָּא מִשְׁחָא עִם הַמַּיִם אֵין מַחְמִיצִין וּבְאַשְׁכְּנַז נָהֲגוּ שֶׁלֹּא לִיתֵּן מֶלַח בְּעִיסַּת מַצָּה וְיֵשׁ נוֹתְנִים טַעַם לַמִּנְהָג מֵהָא דְּאָמְרִינַן שַׁבָּת דַּף עט. שָׁלֹשׁ עוֹרוֹת הֵן מַצָּה דְּלָא מָלִיחַ וְלָאו רְאָיָה הִיא דְּעוֹר שֶׁאֵינוֹ מְתֻוקָּן כְּהִלְכָתוֹ קָרֵי לֵיהּ מַצָּה כְּעִיסָּה שֶׁלֹּא נִגְמְרָה בְּחִימּוּץ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים מִשּׁוּם דִּמְלִיחָה כְּרוֹתֵחַ מִידִי דַּהֲוָה אַחַמֵּי חַמָּה שֶׁאֵין לָשִׁין בָּהֶם גַּם הָכָא נָמֵי הַמֶּלַח מְחַמֵּם קְצָת וְיֵשׁ מְבִיאִין רְאָיָה דְּמֶלַח אֵינוֹ גּוֹרֵם חִימּוּץ מֵהָכָא וָתִיקָא בְּמִילְחָא וּמִשְׁחָא שָׁרִי וְלָאו רְאָיָה הִיא דְּמֶלַח מְמַהֵר הַחִימּוּץ כְּשֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּמַיִם אֲבָל אִם נִילּוֹשָׁה בְּמֵי פֵּירוֹת הַמֶּלַח לְבַדּוֹ אֵינוֹ גּוֹרֵם הַחִימּוּץ. וְיֵשׁ מְבִיאִין רְאָיָה מֵהָא דִּתְנַן לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף לה.) חַלּוֹת תּוֹדָה וּרְקִיקֵי נָזִיר עֲשָׂאָן לִמְכֹּור בַּשּׁוּק יוֹצְאִין בָּהֶן אע"פ שֶׁבְּוַדַּאי יֵשׁ מֶלַח בָּהֶן כְּדִכְתִיב עַל כָּל קָרְבָּנְךָ תַּקְרִיב מֶלַח. וְטָעוּת הוּא בְּיָדָם דְּאֵין נִיתָּנִין מֶלַח אֶלָּא בְּדָבָר הַקָּרֵב עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ כְּגוֹן אֵבָרִים וּפְדָרִים וְקוֹמֵץ. תַּנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא יוֹצְאִין בְּמַצָּה הַמְתֻובֶּלֶת כָּתַב בְּסֵפֶר הָרוֹקֵחַ סִי' רפג גָּרְסִינַן בִּמְנָחוֹת פֶּרֶק הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף כג:) תְּבַלֶּה בְּקֶצַח בְּשֻׁומְשְׁמִין בְּכָל מִינֵי תַּבְלִין כְּשֵׁרָה הוֹאִיל וְיֵשׁ בָּהּ טַעַם מַצָּה מ"מ אֵין לִיתֵּן פִּלְפְּלִין בְּמַצָּה לְפִי שֶׁהוּא חַד וּמְחַמֵּץ הָעִיסָּה.
Guemara. On dit dans l'école de Rav Shila : la vatika est permise. Or on a enseigné : la vatika est interdite. Il n'y a pas de difficulté : ici, avec de l'eau et du sel ; là, avec de l'huile et du sel. Puisqu'il n'y a pas d'eau, seulement de l'huile, ce sont des mei perot, et les mei perot ne font pas lever. Vatika, explication : farine cuite dans de l'eau et du sel. Selon la méthode de Rav Alfas, de mémoire bénie, qui a écrit plus haut que la halakha suit Rabbi Akiva : les mei perot ne font pas lever même s'il y a de l'eau. Il faut dire, selon ses paroles, ici : puisqu'il n'y a pas d'eau seule, mais de l'huile avec l'eau, cela ne fait pas lever. En Ashkenaz, la coutume est de ne pas mettre de sel dans la pâte de matza. Certains donnent une raison à la coutume, à partir de ce que nous disons à Chabbat 79a : il y a trois peaux ; la matza est celle qui n'est pas salée. Cela ne prouve pas. Une peau qui n'est pas préparée selon sa règle, on l'appelle matza, comme une pâte qui n'a pas été menée jusqu'au levain. Certains disent : parce que le salage est comme bouillant, à la manière de l'eau chauffée au soleil, avec laquelle on ne pétrit pas. Ici aussi, le sel chauffe un peu. Certains apportent une preuve que le sel ne cause pas le levain, d'ici : la vatika au sel et à l'huile est permise. Cela ne prouve pas. Le sel hâte le levain lorsque la pâte est pétrie à l'eau. Lorsque la pâte est pétrie aux mei perot, le sel seul ne cause pas le levain. Certains apportent une preuve de la michna plus haut (Pessahim 35a) : les hallot de toda et les rekikei nazir, s'il les a faits pour les vendre au marché, on s'en acquitte, bien qu'il y ait certainement du sel en eux, comme il est écrit : sur toute ton offrande tu apporteras du sel. C'est une erreur de leur part. On ne met du sel que dans ce qui est offert sur l'autel, comme les membres, les graisses et le komets. On a enseigné dans la Tossefta : on s'acquitte avec une matza assaisonnée. Il est écrit dans le Sefer HaRokeah, siman 283 : nous lisons à Menahot, chapitre Ha-komets rabba (Menahot 23b) : s'il l'a assaisonnée de nigelle, de sésame, de toutes sortes d'épices, elle est valable, puisqu'elle a le goût de matza. En tout cas, on ne met pas de poivre dans la matza, parce qu'il est âcre et fait lever la pâte.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ עִיסָּה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ אֵין חַיָּיבִין עַל חִימּוּצָהּ כָּרֵת. וְאַסִּיקְנָא דְּטַעְמֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ מִשּׁוּם דְּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. מַשְׁמַע דר"ל כָּרֵת הוּא דְּלָא מִיחַייַּב מִשּׁוּם דְּלָא הָוֵי חָמֵץ גָּמוּר אֲבָל חָמֵץ נֻוקְשֶׁה מִיהָא הָוֵי וְלָקֵי עָלֶיהָ וְהָכִי נָמֵי אָמְרִינַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף לוֹ.) אֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּיַיִן שֶׁמֶן וּדְבַשׁ וְאִם לָשׁ תִּשָּׂרֵף מִיָּד וְקָשֶׁה דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף מ.) גַּבֵּי קְמָחִין דַּאֲבִישׁוּנָא אָמַר רָבָא שָׁרֵי מִשּׁוּם דְּמֵי פֵּירוֹת נִינְהוּ וּמֵי פֵירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. וְכֵן שָׁרֵי לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף לט.) וָתִיקָא בְּמִלְחָא וּמִשְׁחָא אַלְמָא מֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. וּפֵירֵשׁ רַבֵּינוּ תָּם דְּמֵי פֵּירוֹת בְּלֹא מַיִם אֵין מַחְמִיצִין כְּלָל. וְהָא דְּקָאָמְרִינַן הָכָא דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי וְכֵן הַהוּא דִּלְקַמָּן אֵין לָשִׁין וְכוּ' מַייְרֵי כְּשֶׁעָרַב בּוֹ מַיִם וְאָז מְמַהֶרֶת לְהַחְמִיץ. וְכֵן מוּכָח בְּפֶרֶק כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה (מְנָחוֹת דַּף נז.) מִדְּקָאָמַר הָתָם אֲשֶׁר תַּקְרִיבוּ לְרַבּוֹת מִנְחַת נְסָכִים לְחִימּוּץ דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וּפָרִיךְ מִנְחַת נְסָכִים מֵי פֵּירוֹת נִינְהוּ וּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ אוֹמֵר הָיָה רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי מִנְחַת נְסָכִים מְגַבְּלָהּ בְּמַיִם וּכְשֵׁירָה. אַלְמָא מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא דְּמֵי פֵּירוֹת בְּלֹא מַיִם אֵין מַחְמִיצִין וְעַל יְדֵי מַיִם מַחְמִיצִין וְהָא דְּקָאָמְרִינַן הָתָם דַּף נד. תַּפּוּחַ שֶׁרִיסְּקוֹ וּנְתָנוֹ לְתוֹךְ הָעִיסָּה וְחִימְּצָהּ דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי. הָתָם כְּבָר נִילּוֹשָׁה בְּמַיִם כִּי הַהִיא דְּרֵישׁ לָקִישׁ דְּהָכָא אוֹקֵימְנָא בְּשֶׁעֵירַב בּוֹ מַיִם וְקָאָמְרִינַן דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי. וְאֵין לוֹמַר דְּהַךְ דְּרֵישׁ לָקִישׁ אַיְירֵי בְּלֹא מַיִם וְאַפֵּ"ה סָבַר דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה הָוֵי וְלֵית לֵיהּ הַךְ דְּרָבָא לְקַמָּן דְּשָׁרֵי קִמְחָא דַּאֲבִישׁוּנָא. דְּא"כ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לר"ל לְמֵימַר דְּמִנְחַת נְסָכִים מְגַבְּלָהּ בְּמַיִם בְּלֹא גִּיבּוּל מַיִם נָמֵי אע"ג דְּלָא הָוֵי אֶלָּא חָמֵץ נֻוקְשֶׁה אִצְטְרִיךְ קְרָא לְאַזְהוֹרֵי שֶׁלֹּא תֹּאפֶה חָמֵץ דְּחָמֵץ נֻוקְשֶׁה פָּסוּל לִמְנָחוֹת כִּדְמוֹכַח הַהִיא דְּתַפּוּחַ שֶׁרִיסְּקוֹ וּנְתָנוֹ לְתוֹךְ הָעִיסָּה. תַּנְיָא אֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ. וְאִם לָשׁ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר תִּשָּׂרֵף מִיָּד וַחֲכָמִים אוֹמְרִים תֹּאפֶה מִיָּד. אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא שַׁבַּתִּי הָיְתָה אֵצֶל ר' אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְלַשְׁתִּי לָהֶם עִיסָּה בְּיַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ וְלֹא אָמְרוּ לִי דָּבָר. ואע"פ שֶׁאֵין לָשִׁין בָּהֶן מְקַטְּפִין בָּהֶן. אֲתַאן לְתַנָּא קַמָּא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵת שֶׁלָּשִׁין בּוֹ מְקַטְּפִין בּוֹ וְאֶת שֶׁאֵין לָשִׁין בּוֹ אֵין מְקַטְּפִין בּוֹ. וְשָׁוִין שֶׁאֵין לָשִׁין אֶת הָעִיסָּה בְּפוֹשְׁרִין. הַךְ מַתְנִיתָא אוֹקֵימְנָא לָהּ בְּיוֹם שֵׁנִי. אֲבָל בְּיוֹם רִאשׁוֹן כְּלוֹמַר לַיְלָה הָרִאשׁוֹנָה לֹא וַאֲפִילּוּ לְר' עֲקִיבָא מִשּׁוּם דְּהָוְיָא מַצָּה עֲשִׁירָה וּמִסְתַּבְּרָא לָן דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּשָׁרֵי בְּיוֹם שֵׁנִי. דְּהָא ר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כְּוָותֵיהּ ס"ל דְּקָאָמַר לְהוּ לְבָנָיו יוֹמָא קַמָּא לָא תְּלוּשׁוּ לִי בְּדֻובְשָׁא מִכָּאן וְאֵילָךְ לוּשׁוּ לִי וּבְוַדַּאי הַךְ מַתְנֵי' בְּשֶׁמֶן עַל יְדֵי מַיִם הִיא שְׁנוּיָה דְּהָא קִיטּוּף שֶׁמֶן ע"י יְדֵי מַיִם הוּא שֶׁלָּשִׁין בְּמַיִם וְאַחַר כָּךְ מְקַטְּפִין ות"ק מַאי דְּאָסַר בְּלִישָׁה שָׁרִי בְּקִיטּוּף וְרַבָּנָן אָסְרִי בֵּין בְּלִישָׁה בֵּין בְּקִיטּוּף. וְאִי לָאו ר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי דְּהוּא אָמוֹרָא וַעֲבַד עֻובְדָּא כְּרַבִּי עֲקִיבָא הֲוָה אָמְרִי' הֲלָכָה כְּרַבָּנָן דְּאָסְרִי בְּלִישָׁה וּבְקִיטּוּף. דְּהָא קי"ל בְּכָל דֻּוכְתָּא דְּלָא אִיפְּסִיקָא הִלְכְתָא בְּהֶדְיָא דְּיָחִיד וְרַבִּים הֲלָכָה כְּרַבִּים. אֶלָּא הַשְׁתָּא כֵּיוָן דְּאַשְׁכְּחַן רִיבָּ"ל דְּהוּא בָּתְרָא דַּעֲבַד עֻובְדָּא כְּרַבִּי עֲקִיבָא שְׁמַע מִינָּה דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא. וְלָא מָצֵית לְמֵימַר דְּלֵית הִלְכְתָא כְּרִיבָּ"ל. חֲדָא דְּהָא לָא אַשְׁכְּחַן אָמוֹרָא דִּפְלִיג עָלֶיהָ. וְעוֹד דְּהָא גְּמָרָא אַיְּיתִי רְאָיָה מִינֵּיהּ וְאִי לָאו הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ הֵיכִי מַיְיתֵי רְאָיָה מִינֵּיהּ אֶלָּא וַדַּאי הִלְכְתָא הִיא. וְאַשְׁכְּחַן מִקְצָת רַבְּוָותָא דְּאָסְרִי בֵּין בְּלִישָׁה בֵּין בְּקִיטּוּף בֵּין בְּיוֹם רִאשׁוֹן בֵּין בְּיוֹם שֵׁנִי כְּרַבָּנָן. וְאִיכָּא מֵרַבְּוָותָא אַחֲרֵינִי דְּשָׁרוּ. וַאֲנַן כָּתְבִינַן מַאי דִּסְבִירָא לָן ע"כ יְסוֹד רַב אִלְפָּס זַ"ל וְהַשְׁתָּא לִדְבָרָיו אַפֵּי' מֵי פֵּירוֹת בְּתַעֲרֹובֶת מַיִם אֵין מַחְמִיצִין. וְקָשֶׁה לִדְבָרָיו מֵהַהִיא דִּלְקַמָּן דל"ט: דְּאָמְרִי' וָתִיקָא בְּמַיָּא וּמִילְחָא אֲסִירֵי בְּמִשְׁחָא וּמִילְחָא שָׁרֵי אַלְמָא מוּכָח בְּהֶדְיָא דְּמֵי פֵּירוֹת עִם הַמַּיִם מַחְמִיצִין. וְכֵן הַהִיא דְּמִנְחַת נְסָכִים כִּדְפֵרַשְׁתִּי לְעֵיל. הִלְכָּךְ נִרְאֶה לִי כְּרַבְּוָותָא דְּפָסְקִי כַּחֲכָמִים. וְעֻובְדָּא דְּר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אַיְירֵי בְּלֹא מַיִם וְלָא מִסְתַּיֵּיעַ מִינֵּהּ אֶלָּא דְּיֵשׁ חִילּוּק בֵּין יוֹם רִאשׁוֹן לְיוֹם שֵׁנִי. וְעוֹד נִרְאֶה לִי דְּלֵיתָא לְהַאי דִּיּוּקָא שֶׁדִּקְדֵּק רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּדֻומְיָא דְּשָׁרֵי רַבָּנָן בְּקִיטּוּף דְּהַייְנוּ ע"י מַיִם אָסְרִי בְּלִישָׁה. דְּאֶפְשָׁר דִּבְלִישָׁה אָסְרִי אֲפִילּוּ אֵין בּוֹ מַיִם דִּסְבִירָא לְהוּ דְּמֵי פֵּירוֹת מַחְמִיצִין אַף בְּלֹא מַיִם כִּדְאָמַר אַבַּיֵּי לְקַמָּן בְּפִירְקִין. וְקִיטּוּף שָׁרֵי אֲפִילּוּ עַל יְדֵי מַיִם מִשּׁוּם דְּקִיטּוּף דָּבָר מוּעָט הוּא וְאֵין מַחְמִיצִין. וְר' עֲקִיבָא דְּשָׁרֵי לָא שָׁרִי אֶלָּא מֵי פֵּירוֹת לְחוּדַייְהוּ בְּלֹא מַיִם. וּבִירוּשַׁלְמִי דְּשִׁילְהֵי פִּירְקִין מַשְׁמַע דְּמֵי פֵּירוֹת אַפֵּי' בִּפְנֵי עַצְמָן מַחְמִיצִין. דְּגָרְסִינַן הָתָם הֲלָכָה ז רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק הֲוָה לֵיהּ יַיִן תּוֹסֵס יְהַב בֵּיהּ שַׁעֲרֵי בְּגִין דִּיחַמַּע. אֲתָא שָׁיֵיל לְרַבִּי מְנָא. אֲמַר לֵיהּ צָרִיךְ אַתָּה לְבַעֵר. רַבִּי חֲנִינָא בְּרֵיהּ דָּר' פְּדַאי הֲוָה לֵיהּ דְּבַשׁ מְזֻוייָּף בְּסֹולֶת. אֲתָא שָׁייֵל לְרַבִּי אַמִּי. אֲמַר לֵיהּ צָרִיךְ אַתָּה לְבַעֵר. חֲדָא מִן אִילֵּין דְּרַבִּי פְּדַאי הֲוָה לֵיהּ גַּרְבָּא דְּמִשְׁחָא גּוֹ אוֹצְרָא דְּחִיטֵּי. שָׁייֵל לְרַבִּי בְּוַן. אֲמַר לֵיהּ זִיל גָּרוּף תְּחוֹתַאי. וְאֶפְשָׁר דְּכָל הָנֵי אָמוֹרָאֵי סָבְרִי כְּאַבַּיֵּי דְּאָסַר חַצְבָּא דַּאֲבִישׁוּנָא דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּמֵי פֵּירוֹת מְחַמְּצִין בִּפְנֵי עַצְמָהּ. וְקַייְמָא לָן כְּרָבָא דְּשָׁרֵי. וְרַשִׁ"י נִסְתַּפֵּק בְּמֵי בְּצִים אִי חֲשִׁיבִי כְּמֵי פֵּירוֹת אִי לֹא לְפִי שֶׁהוּא נִרְאֶה לָעֵינַיִם שֶׁהָעִיסָּה תּוֹפַחַת וְנַעֲשָׂה עָבָה יוֹתֵר מֵעַל יְדֵי הַמַּיִם. וְרַבֵּינוּ תָּם הָיָה נוֹהֵג בּוֹ הֶיתֵּר וְהָיָה נוֹהֵג לֶאֱכֹול בְּעֶרֶב הַפֶּסַח אַחַר אַרְבַּע שָׁעוֹת עִיסָּה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּבֵיצִים. אַף עַל גַּב דְּאָמְרִינַן הָאוֹכֵל מַצָּה בְּעֶרֶב הַפֶּסַח כְּאִילּוּ בָּא עַל אֲרוּסָתוֹ בְּבֵית חָמִיו הַיְינוּ דַּוְקָא בְּלֶחֶם עֹונִי שֶׁיָּכוֹל לָצֵאת בָּהּ הַלַּיְלָה. וּבִפְלוּגְתָּא דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וַחֲכָמִים הֵיכָא דְּלָשׁ כִּכָּר בְּמֵי פֵּירוֹת עִם מַיִם פָּסַק ה"ר יִצְחָק אֶבֶן גֵּאוּת זַ"ל כַּחֲכָמִים דְּאָמְרִי תֹּאפֶה מִיָּד. וּבַעַל הֲלָכוֹת כָּתַב דְּקָמוּ רַבָּנָן בְּסֵיפָא דְּבָרַיְיתָא אֶת שֶׁאֵין לָשִׁין בּוֹ אֵין מְקַטְּפִין בּוֹ וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל בַּחֲדָא שִׁיטְתָא וְתִישָּׂרֵף מִיָּד. וּדְבָרָיו נֶעֱלָמִים דְּלָא אַייְרֵי חֲכָמִים אֶלָּא לְכַתְּחִלָּה וּבְדִיעֲבַד פְּלִיגִי בָּהּ ר"ג וַחֲכָמִים וַהֲלָכָה כַּחֲכָמִים: תָּנוּ רַבָּנַן לֶחֶם עֹונִי פְּרָט לְחָלוּט וַאֲשִׁישָׁה. מַשְׁמַע הָכָא דְּחָלוּט הָוֵי לֶחֶם אֶלָּא דְּלָא הָוֵי לֶחֶם עֹונִי. וְקָשֶׁה דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף לז.) אָמְרִינַן דְּחָלוּט שֶׁל בַּעֲלֵי בָּתִּים פָּטוּר מִן הַחַלָּה אַלְמָא לָא הָוֵי לֶחֶם כְּלָל. וְי"ל דְּהָכָא מַיְירֵי בִּבְלִילָתוֹ עָבָה. וּמִיהוּ קָשֶׁה מֵהַהִיא דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת דַּף מ.) גַּבֵּי חָלוּט אע"ג דְּחַלְטֵיהּ מֵעִיקָּרָא כֵּיוָן דַּהֲדַר אַפְייֵהּ בְּתַנּוּר לֶחֶם קָרֵינָא בֵּיהּ וְאָדָם יוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּפֶסַח. וְי"ל דְּהָתָם מַיְירֵי בִּבְלִילָתוֹ רַכָּה דְּקֹודֶם אֲפִייָּתוֹ בַּתַּנּוּר אַפֵּי' לֶחֶם לָא הָוֵי וְאַחַר אֲפִיָּיתוֹ חֲשִׁיב לֶחֶם וַחֲשִׁיב נָמֵי לֶחֶם עֹונִי כֵּיוָן דִּבְלִילָתוֹ רַכָּה. וְהָכָא אַייְרֵי בִּבְלִילָתוֹ קָשֶׁה דְּלֶחֶם הָוֵי לְעִנְיַן חַלָּה וְלֶחֶם עֹונִי לָא הָוֵי ל"ש אֲפִיָּיה בָּתַר דְּחַלְטֵיהּ ול"ש לֹא אֲפִיָּיה. וְרַב הַאי פֵּירֵשׁ הַאי דְּחָלוּט הוּא לֶחֶם הֶעָשׂוּי בְּשֶׁמֶן כְּחָלוּט שֶׁל בַּעֲלֵי בָּתִּים הִלְכָּךְ אֵין יוֹצְאִין בּוֹ בַּלַּיְלָה הָרִאשׁוֹן לְפִי שֶׁהִיא מַצָּה עֲשִׁירָה וְחָלוּט שֶׁחֲלָטוֹ בְּרוֹתְחִין יוֹצְאִין בּוֹ אִם חָזַר וַאֲפָאוֹ. גַּם לְפִי' זֶה צ"ל דְּהָכָא אַיְּירִי בִּבְלִילָתוֹ קָשֶׁה וּלְקַמָּן בִּבְלִילָתוֹ רַכָּה דְּהָכָא קָרֵי לְחָלוּט שֶׁל בַּעֲלֵי בָּתִּים לֶחֶם אֶלָּא דְּלָא הָוֵי לְתָם עֹונִי וּלְקַמָּן אֲפִילּוּ לֶחֶם לָא הָוֵי.
Reish Lakish a dit : une pâte pétrie au vin, à l'huile et au miel, on n'est pas passible de karet pour son levain. Et nous concluons que la raison de Reish Lakish est que les mei perot ne font pas lever. Il en ressort, pour Reish Lakish : on n'est pas passible de karet, parce que ce n'est pas un hametz complet. C'est tout de même un hametz nukshe, et l'on encourt les coups. Et c'est aussi ce que nous disons plus loin (Pessahim 36a) : on ne pétrit pas la pâte au vin, à l'huile et au miel, et si l'on a pétri, on la brûle aussitôt. Et c'est difficile. Plus loin (Pessahim 40a), au sujet des farines d'avishona, Rava a dit : c'est permis, parce que ce sont des mei perot, et les mei perot ne font pas lever. De même il permet plus loin (Pessahim 39) la vatika au sel et à l'huile. Il en ressort que les mei perot ne font pas lever. Rabbeinou Tam a expliqué : les mei perot sans eau ne font pas lever du tout. Et ce que nous disons ici, que c'est un hametz nukshe, et de même plus loin "on ne pétrit pas", etc., traite du cas où l'on y a mêlé de l'eau, et alors elle se hâte de lever. C'est aussi prouvé au chapitre "toutes les menahot viennent en matza" (Menahot 57a). Puisqu'il dit là : "que vous offrirez", pour inclure la minhat nesakhim dans le levain, paroles de Rabbi Yossi le Galiléen. Et l'on objecte : la minhat nesakhim, ce sont des mei perot, et les mei perot ne font pas lever. Reish Lakish a dit : Rabbi Yossi le Galiléen tenait que la minhat nesakhim se pétrit à l'eau, et elle est valable. Il en ressort explicitement que les mei perot sans eau ne font pas lever, et que par l'eau ils font lever. Et ce que nous disons là, folio 54 : une pomme qu'on a écrasée et mise dans la pâte, et elle l'a fait lever, c'est un hametz nukshe. Là, elle était déjà pétrie à l'eau, comme le cas de Reish Lakish ici, que nous établissons lorsqu'on y a mêlé de l'eau, et nous disons que c'est un hametz nukshe. Et l'on ne dira pas que ce cas de Reish Lakish traite sans eau, et que malgré cela il tient que c'est un hametz nukshe, et qu'il n'a pas cet enseignement de Rava, plus loin, qui permet la farine d'avishona. Car alors, pourquoi Reish Lakish a-t-il eu besoin de dire que la minhat nesakhim se pétrit à l'eau ? Même sans pétrissage à l'eau, bien que ce ne soit qu'un hametz nukshe, le verset serait nécessaire pour avertir qu'on ne la cuise pas en hametz, car le hametz nukshe est invalide pour les menahot, comme le prouve la pomme écrasée mise dans la pâte. On a enseigné : on ne pétrit pas la pâte au vin, à l'huile et au miel. Et si l'on a pétri, Rabban Shimon ben Gamliel dit : on la brûle aussitôt, et les Sages disent : on la cuit aussitôt. Rabbi Akiva a dit : j'ai passé le chabbat chez Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, j'ai pétri pour eux une pâte au vin, à l'huile et au miel, et ils ne m'ont rien dit. Et bien qu'on ne pétrisse pas avec eux, on en fait le kituf. Nous en venons au tanna kamma. Et les Sages disent : ce avec quoi l'on pétrit, on en fait le kituf ; ce avec quoi l'on ne pétrit pas, on n'en fait pas le kituf. Et ils s'accordent : on ne pétrit pas la pâte à l'eau tiède. Cette baraïta, nous l'établissons au second jour. Mais au premier jour, c'est-à-dire la première nuit, non, même selon Rabbi Akiva, parce que c'est une matza ashira. Et il nous paraît que la halakha suit Rabbi Akiva, qui permet au second jour. Car Rabbi Yehochoua ben Levi pense comme lui : il disait à ses fils : le premier jour, ne me pétrissez pas au miel ; à partir de là, pétrissez-moi. Et certainement cette baraïta est enseignée au sujet de l'huile par le moyen de l'eau. Car le kituf d'huile se fait par le moyen de l'eau : on pétrit à l'eau, puis on enduit. Le tanna kamma : ce qu'il interdit au pétrissage, il le permet au kituf. Les rabbins interdisent le pétrissage et le kituf. Et s'il n'y avait pas Rabbi Yehochoua ben Levi, qui est un amora et a agi selon Rabbi Akiva, nous dirions : la halakha suit les rabbins, qui interdisent le pétrissage et le kituf. Car nous tenons en tout lieu, lorsque la halakha n'a pas été tranchée explicitement : un seul et le grand nombre, la halakha suit le grand nombre. Mais maintenant, puisque nous trouvons Rabbi Yehochoua ben Levi, qui est postérieur, et qui a agi selon Rabbi Akiva, apprends-en que la halakha suit Rabbi Akiva. Et tu ne peux pas dire que la halakha ne suit pas Rabbi Yehochoua ben Levi. D'abord, nous ne trouvons pas d'amora qui diverge de lui. Ensuite, la Guemara apporte une preuve de lui ; si la halakha ne suivait pas son avis, comment en apporterait-elle une preuve ? Donc c'est la halakha. Et nous trouvons une partie des maîtres qui interdisent, au pétrissage comme au kituf, le premier jour comme le second, comme les rabbins. Et il y a d'autres maîtres qui permettent. Et nous, nous écrivons ce qui nous paraît juste. Fin du fondement de Rav Alfas, de mémoire bénie. Et maintenant, selon ses paroles, même des mei perot mêlés à de l'eau ne font pas lever. C'est difficile pour lui, à partir de plus loin, folio 39b, où nous disons : la vatika à l'eau et au sel est interdite, à l'huile et au sel elle est permise. Il en ressort explicitement que les mei perot avec l'eau font lever. Et de même la minhat nesakhim, comme je l'ai expliqué plus haut. C'est pourquoi il me paraît juste de suivre les maîtres qui tranchent comme les Sages. Et l'acte de Rabbi Yehochoua ben Levi traite d'un cas sans eau, et l'on en tire seulement qu'il y a une distinction entre le premier jour et le second jour. Et encore, il me semble que ne tient pas cette déduction serrée par Rav Alfas, de mémoire bénie : à la manière de ce que les rabbins permettent au kituf, c'est-à-dire par le moyen de l'eau, ils interdisent le pétrissage. Car il est possible qu'au pétrissage ils interdisent même sans eau, parce qu'ils tiennent que les mei perot font lever même sans eau, comme le dit Abaye plus loin dans notre chapitre. Et le kituf est permis même par le moyen de l'eau, parce que le kituf est une chose minime, et cela ne fait pas lever. Et Rabbi Akiva, qui permet, ne permet que les mei perot seuls, sans eau. Et dans le Yerushalmi, à la fin de notre chapitre, il ressort que les mei perot, même seuls, font lever. Car nous lisons là, halakha 7 : Rav Shmuel bar Rav Yitzhak avait du vin en fermentation. Il y a mis de l'orge pour qu'elle lève. Il est venu demander à Rabbi Mana. Il lui a dit : tu dois le détruire. Rabbi Hanina fils de Rabbi Padaï avait du miel falsifié avec de la fleur de farine. Il est venu demander à Rabbi Ami. Il lui a dit : tu dois le détruire. L'un de ceux de Rabbi Padaï avait une cruche d'huile dans un grenier de blé. Il a demandé à Rabbi Boun. Il lui a dit : va, racle en dessous. Et il est possible que tous ces amoraïm pensent comme Abaye, qui interdit le pot d'avishona, parce qu'il tient que les mei perot font lever par eux-mêmes. Et nous tenons comme Rava, qui permet. Rachi a été en doute sur l'eau des œufs : compte-t-elle comme mei perot, ou non, parce qu'on voit de ses yeux que la pâte gonfle et devient plus épaisse que par le moyen de l'eau. Rabbeinou Tam y pratiquait la permission, et il avait coutume de manger, la veille de Pessa'h après quatre heures, une pâte pétrie aux œufs. Bien que nous disions : celui qui mange de la matza la veille de Pessa'h est comme s'il venait auprès de sa fiancée dans la maison de son beau-père, cela ne vise que le le'hem oni, dont on peut s'acquitter la nuit. Et dans le désaccord de Rabban Gamliel et des Sages, lorsqu'on a pétri un pain aux mei perot avec de l'eau, Rabbi Yitzhak ibn Ghiyyat, de mémoire bénie, a tranché comme les Sages, qui disent : on la cuit aussitôt. Et le Baal Halakhot a écrit que les rabbins se tiennent à la fin de la baraïta : ce avec quoi l'on ne pétrit pas, on n'en fait pas le kituf, et Rabban Gamliel est dans une seule voie, et l'on brûlera aussitôt. Ses paroles restent obscures. Les Sages ne traitent que de l'idéal, lekhathila, et après coup Rabban Gamliel et les Sages divergent, et la halakha suit les Sages. Les Sages ont enseigné : pain de pauvreté, à l'exclusion du halut et de l'ashisha. Il en ressort ici que le halut est du pain, mais qu'il n'est pas un pain de pauvreté. Et c'est difficile. Plus loin (Pessahim 37a), nous disons que le halut des particuliers est exempt de la halla. Il en ressort que ce n'est pas du pain du tout. On peut répondre : ici, il s'agit d'un mélange épais. Toutefois c'est difficile, à partir de ce que nous disons au chapitre Ha-holetz (Yevamot 40a) au sujet du halut : bien qu'il l'ait échaudé au départ, une fois qu'il l'a recuit au four, nous l'appelons pain, et un homme s'en acquitte de son obligation à Pessa'h. On peut répondre : là, il s'agit d'un mélange mou. Avant la cuisson au four, ce n'est même pas du pain ; après la cuisson, il compte comme pain, et il compte aussi comme pain de pauvreté, puisque son mélange est mou. Et ici, il s'agit d'un mélange ferme : c'est du pain pour la halla, et ce n'est pas un pain de pauvreté, qu'il y ait cuisson après l'échaudage ou qu'il n'y en ait pas. Rav Haï a expliqué : ce halut est un pain fait à l'huile, comme le halut des particuliers. C'est pourquoi on ne s'en acquitte pas la première nuit, parce que c'est une matza ashira. Et un halut qu'on a échaudé à l'eau bouillante, on s'en acquitte si on l'a recuit. Selon cette explication aussi, il faut dire : ici, mélange ferme, et plus loin, mélange mou. Car ici il appelle le halut des particuliers un pain, mais ce n'est pas un pain de pauvreté ; et plus loin, ce n'est même pas du pain.
💡 Explication

Deux textes sur la vatika. Huile et sel : permis, ce sont des mei perot. Eau et sel : interdit, l'eau fait lever.

Le Roch déplie ensuite le sel dans la pâte, le poivre, puis le long débat des mei perot avec ou sans eau : Reish Lakish, Rabbeinou Tam, Rav Alfas, le kituf, le premier soir et les jours suivants. Il retient l'avis des Sages : les mei perot mêlés à l'eau font lever. Le halut fermé à la fin est du pain pour la halla lorsqu'il est ferme, et il reste hors du le'hem oni de la première nuit.

🖼️ Schéma
Vatika : huile ou eau Huile et sel École de Rabbi Shila : permis. Les mei perot ne font pas lever. Rachi : aliment de farine. Farine, huile, sel. Eau et sel Baraïta : interdit. L'eau fait lever la farine. Le sel, avec l'eau, hâte le levain. Seul, il ne le cause pas. Les deux enseignements parlent de deux préparations. Roch : farine cuite à l'eau et au sel, dans l'autre version du mot.
Vatika à l'huile et au sel : permise, mei perot. Vatika à l'eau et au sel : interdite.
16
אָמַר מַר זוּטְרָא: לָא לִימַחֵי אִינִישׁ קִדְרָא בְּקִמְחָא דַאֲבִישֻׁנָא, דִּילְמָא לָא בְּשִׁיל שַׁפִּיר, וְאָתֵי לִידֵי חִימּוּץ. אָמַר רַב יוֹסֵף: לָא לִיחְלוֹט אִינִישׁ

Mar Zutra a dit : qu'un homme n'épaississe pas un plat avec de la farine d'avishona, de peur qu'elle n'ait pas été bien rôtie, et qu'elle n'arrive au levain. Rav Yosef a dit : qu'un homme n'échaude pas

📜 Rachi (3)
לָא לִימַחֵי אִינִישׁ קִדְרָא שֶׁמְּעַבִּין תַּבְשִׁיל הַקְּדֵירָה עַל יְדֵי שֶׁמְּמַחִין קֶמַח לְתוֹכוֹ וַאֲפִילּוּ בְּקִמְחָא דַּאֲבִישׁוּנָא שֶׁנִּתְיַיבְּשָׁה וְנִיקְלֵית בְּתַנּוּר כְּשֶׁהִיא לַחָה עוֹשִׂין אוֹתָהּ קָלִי בַּתַּנּוּר וַהֲרֵי הִיא כַּאֲפוּיָה אֲפִילּוּ הָכֵי לָא לֶיעֱבֵיד:
Qu'un homme n'épaississe pas un plat : on épaissit le mets de la marmite en y écrasant de la farine. Même avec de la farine d'avishona, qui a séché et a été torréfiée au four pendant qu'elle était humide. On en fait un kali au four, et la voilà comme cuite. Malgré cela, qu'on ne le fasse pas.
דִּילְמָא לָא בְּשִׁיל שַׁפִּיר לֹא נַעֲשֵׂית קָלִי כָּל צָורְכָהּ בַּתַּנּוּר וּמַחְמֶצֶת בַּתַּבְשִׁיל וּכְשֶׁהוּא טוֹרְפָהּ בִּקְעָרָה הִיא מַחְמֶצֶת (וְעוֹד) שֶׁאֵין דֶּרֶךְ נְתִינָתָהּ לְתוֹךְ תַּבְשִׁיל רוֹתֵחַ:
De peur qu'elle n'ait pas été bien rôtie : elle n'a pas été faite kali comme il faut au four, et elle lève dans le mets. Et quand on la bat dans l'écuelle, elle lève. Et encore : on n'a pas coutume de la mettre dans un mets bouillant.
לָא לִיחְלוֹט בְּרוֹתְחִין:
Qu'il n'échaude pas : à l'eau bouillante.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר מָר זוּטְרָא לָא לִימַחֵי אִינָשׁ קִידְרָא בְּקִמְחָא דַּאֲבִישֻׁונָא דִּילְמָא לָא בְּשִׁיל שַׁפִּיר וְאָתֵי לִידֵי חִימּוּץ. פִּי' קִימְחָא דַּאֲבִישׁוּנָא שְׁתִיתָא דְּשֻׁובְּלֵי רְטִיבְתָּא. אָמַר אַבַּיֵּי לָא לִיחֲרִיךְ אִינִישׁ תַּרְתֵּי שִׁיבֳּלֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי דִּילְמָא נָפֵיק מֵהָא מַיָּא וּבָלַע הַאי. א"ל רָבָא אִי הָכִי אֲפִילּוּ חֲדָא נָמֵי לָא דִּילְמָא נָפֵיק מֵהַאי רֵישָׁא וּבָלַע אִידַּךְ רֵישָׁא. אֶלָּא אָמַר רָבָא מֵי פֵּירוֹת נִינְהוּ וּמֵי פֵירוֹת אֵין מַחְמִיצִין וקי"ל כְּרָבָא.
Mar Zutra a dit : qu'un homme n'épaississe pas une marmite avec de la farine d'avishona, de peur qu'elle n'ait pas été bien rôtie et qu'elle n'arrive au levain. Explication : la farine d'avishona, c'est la shatita d'épis humides. Abaye a dit : qu'un homme ne rôtisse pas deux épis ensemble, de peur que de l'eau ne sorte de l'un et que l'autre ne l'absorbe. Rava lui a dit : s'il en est ainsi, même un seul non plus, de peur que de l'eau ne sorte de ce bout et que l'autre bout ne l'absorbe. Mais Rava a dit : ce sont des mei perot, et les mei perot ne font pas lever. Et nous tenons comme Rava.
💡 Explication

Avishona : farine d'épis humides, séchée et torréfiée, un kali, comme un aliment déjà cuit. Mar Zutra interdit tout de même d'en épaissir le plat. Une partie peut n'être pas assez rôtie, et lever dans le mets, surtout si on la délaye hors du bouillon.

La phrase de Rav Yosef sur la halita s'ouvre ici et continue au daf suivant. Rachi : échauder à l'eau bouillante. Le Roch enchaîne sur les deux épis rôtis ensemble, et retient Rava : les mei perot ne font pas lever.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).