Pesachim 42a — Lemor qui fait un lav, eau du pétrissage, mélanges de céréale

Pesachim 42a

Sougya : La page ferme le chapitre Kol Cha'a et ouvre Elu ovrin. Rabbi Yehouda lit lemor comme un lav : un interdit tiré d'un asse devient passible de coups, et la baraita de 41b sur le Pessa'h rôti mangé de jour s'en réclame.

L'eau du boulanger se verse en pente ; dans un creux, seulement si elle est peu abondante. On pétrit avec de l'eau qui a passé la nuit, hors du soleil et de l'eau chaude ; si l'on a transgressé, Rav Achi interdit.

La michna liste sept mélanges de céréale : on transgresse un lav, sans karet. Le koutah babylonien bouche le cœur, aveugle et affaiblit.

Pesachim 42a : trois mouvements 1. Lemor Rabbi Yehouda un lav tiré d'un asse devient un vrai lav lo ne'emar ou lav emor Pessa'h rôti de jour passible de coups 2. Pétrissage eau du boulanger pente, ou creux si peu mayim shelanu pas de soleil pas d'eau chaude après coup : Rav Achi, interdit 3. Elu ovrin sept mélanges à base de céréale azhara : un lav sans karet koutah : cœur, yeux, corps Hadran : Kol Cha'a
Trois blocs : le lav tiré de lemor, les règles du pétrissage, la michna des sept mélanges.
Où verser l'eau du boulanger Eau qui a servi : un reste de pâte Pente (midron) On verse. L'eau s'écoule. Creux (ashboren) Fentes où l'eau séjourne Abondante elle stagne, lève on ne verse pas Peu abondante elle ne stagne pas on verse
Pente : on verse. Creux : interdit si l'eau abonde et stagne, permis si elle est peu abondante.
Les sept de la michna : chacun a une céréale Identifications du Roch, sur cette page Nom Ce qu'il contient Koutah babylonien petit-lait, sel, moisissure de pain Bière mède dattes, et un peu d'orge pour fermenter Vinaigre édomite on y jette de l'orge ; avec de l'eau Zitom égyptien tiers orge, tiers carthame, tiers sel Zoman des teinturiers eau de son Amidon des cuisiniers pain de grain pas mûr, sur la marmite Colle des scribes colle des cordonniers, pour les feuilles Règle : espèce de céréale, lav (azhara), sans karet
Les sept articles de Elu ovrin, identifiés par le Rosh : chacun contient une céréale.
1
רַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּתַנְיָא: ״שׁוֹר וָשֶׂה שָׂרוּעַ וְקָלוּט נְדָבָה תַּעֲשֶׂה אֹתוֹ״. אוֹתוֹ אַתָּה מַתְפִּיס לְבֶדֶק הַבַּיִת, וְאִי אַתָּה מַתְפִּיס תְּמִימִים לְבֶדֶק הַבַּיִת. מִכָּאן אָמְרוּ: כָּל הַמַּתְפִּיס תְּמִימִים לְבֶדֶק הַבַּיִת עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה.

C'est l'avis de Rabbi Yehouda. Car on a enseigné : Un bœuf et un agneau, étiré (saroa) ou à sabots clos (kalout), tu en feras une offrande volontaire.

Celui-là, tu le consacrés (matfis) pour l'entretien du Temple (bedek ha-bayit), et tu ne consacrés pas les animaux sans défaut (temimim) pour l'entretien du Temple. De là on a dit : quiconque consacre des temimim pour l'entretien du Temple transgresse un commandement positif (asse).

📜 Rachi (4)
רַבִּי יְהוּדָה הִיא דְּאָמַר לָאו הַבָּא מִכְּלָל לֵאמֹור לָאו הוּא:
Il dit qu'un lav issu du mot lemor est un lav.
שָׂרוּעַ הוּא שֶׁאַחַת מֵעֵינָיו גְּדוֹלָה וְאַחַת קְטַנָּה וְכֵן שְׁאָר אֵבָרִים:
C'est celui dont un œil est grand et l'autre petit, et de même pour les autres membres.
קָלוּט שֶׁפַּרְסוֹתָיו קְלוּטוֹת:
Ses sabots sont clos.
נְדָבָה תַּעֲשֶׂה אוֹתוֹ לְדָמָיו הַקְדִּישֵׁהוּ לְבֶדֶק הַבַּיִת וּלְנֵדֶר לְהַעֲלוֹת קָרְבָּן לֹא יִרְצֶה וְכָתַב אוֹתוֹ אוֹתוֹ בַּעַל מוּם אַתָּה מַתְפִּיס לִקְדֻושַּׁת בֶּדֶק הַבַּיִת וְאֵין אַתָּה מַתְפִּיס תְּמִימִים הָרְאוּיִין לַמִּזְבֵּחַ לְבֶדֶק הַבַּיִת:
Consacre-le, pour sa valeur, à l'entretien du Temple. Pour un vœu, le faire monter en sacrifice, il ne sera pas agréable. Et il est écrit oto : cet animal taré, tu le consacrés à la sainteté de l'entretien du Temple, et tu ne consacrés pas les temimim, aptes à l'autel, pour l'entretien du Temple.
💡 Explication

La sougya vient de 41b. Une baraita rend passible de coups celui qui mange le Pessa'h rôti de jour. La source est un asse : on le mange la nuit. Un lav ha-ba mi-klal aseh reste classé comme un asse, et les coups n'ont pas de prise.

Rav Hisda, à la fin de 41b, range cette baraita selon Rabbi Yehouda. La preuve est le verset du baal moum. On consacre le taré pour le bedek ha-bayit. Le tamim reste pour l'autel. Qui consacre un tamim pour l'entretien du Temple transgresse un asse. Rabbi Yehouda fait de cet asse un lav, par le mot lemor qui ouvre la section.

2
אֵין לִי אֶלָּא בַּעֲשֵׂה, בְּלֹא תַּעֲשֶׂה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וַיְדַבֵּר ה׳ אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר״, לִימֵּד עַל כָּל הַפָּרָשָׁה כֻּולָּהּ שֶׁיְּהֵא בְּלֹא תַעֲשֶׂה, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.

Je n'ai cela que comme commandement positif (asse). D'où un interdit négatif (lo taasse) ?

Le verset l'enseigne : Hachem parla à Moché, en disant (lemor). Il a enseigné, pour toute la section, qu'elle soit sous un interdit négatif.

Paroles de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (1)
וַיְדַבֵּר ה' וְגוֹ' בִּתְחִלַּת הַפָּרָשָׁה כְּתִיב:
C'est écrit au début de la section.
💡 Explication

Jusqu'ici, la transgression est un asse. Rabbi Yehouda cherche le lo taasse. Le mot lemor, en tête de la section des baalei moum, enseigne que toute la section porte un interdit négatif.

3
אָמַר לוֹ רַבִּי לְבַר קַפָּרָא: מַאי מַשְׁמַע?

Rabbi (Yehouda haNassi) lui dit, à Bar Kappara : d'où cela se laisse-t-il entendre ?

💡 Explication

Rabbi demande le pont entre le mot lemor et un interdit. La réponse vient au segment suivant, en deux lectures.

4
אָמַר לוֹ: דִּכְתִיב ״לֵאמֹר״ — לֹא נֶאֱמַר בִּדְבָרִים.

Il lui dit : car il est écrit lemor — lo ne'emar ba-devarim (un non est dit dans ces paroles).

📜 Rachi (1)
לֹא נֶאֱמַר בִּדְבָרִים נוֹטָרִיקוֹן לֵאמֹר:
Notarikon de lemor.
🗂️ Tossefot (1)
לֵאמֹר לִימֵּד עַל כָּל הַפָּרָשָׁה שֶׁהִיא בְּלָאו נִרְאֶה לְרִ"י דְּהַייְנוּ דַּוְקָא בְּהָנָךְ דְּבָרִים דְּאִית בְּהוּ לָאו הַבָּא מִכְּלַל עֲשֵׂה אֲבָל שְׁאָר דְּבָרִים לֹא:
Il paraît au Ri que cela vise seulement ces choses qui contiennent un lav issu d'un asse (lav ha-ba mi-klal aseh). Les autres choses restent en dehors.
💡 Explication

Bar Kappara découpe lemor en notarikon : lo, ne'emar, ba-devarim. Un non est énoncé dans les paroles qui suivent. Le Ri réserve cette deracha aux passages qui ont déjà un lav issu d'un asse. Le reste de la section ne bascule pas en lav par ce seul mot.

🖼️ Schéma
Deux lectures de lemor lemor, en tête de la section Bar Kappara lo ne'emar ba-devarim un non est dit dans ces paroles Maison de Rav lav emor énonce-leur un interdit
Bar Kappara lit lo ne'emar. La maison de Rav lit lav emor. Les deux font de lemor un interdit.
5
בֵּי רַב אָמְרִי: ״לֵאמֹר״ — לָאו אָמוּר.

Dans la maison de Rav on dit : lemor — lav emor (énonce un interdit).

📜 Rachi (1)
לָאו אָמוּר אֱמֹור לָהֶן שֶׁיֵּשׁ אִיסּוּר לָאו בִּדְבָרִים וְהָכָא גַּבֵּי פֶּסַח נָמֵי כְּתִיב בִּתְחִלַּת הַפָּרָשָׁה וַיֹּאמֶר ה' אֶל מֹשֶׁה וְאֶל אַהֲרֹן לֵאמֹר:
Énonce-leur qu'il y a un interdit de lav dans ces paroles. Et ici, pour le Pessa'h aussi, il est écrit au début de la section : Hachem dit à Moché et à Aharon, en disant (lemor).
💡 Explication

Autre découpage : lav emor, énonce un interdit. Rachi le branche sur le Pessa'h. La section de Chemot 12 s'ouvre aussi par lemor. Manger le rôti de jour, qui n'était qu'un asse tiré du verset de la nuit, devient un lav. Les coups de la baraita de 41b ont leur source.

6
מֵי תַּשְׁמִישׁוֹ שֶׁל נַחְתּוֹם וְכוּ׳. תָּנֵי חֲדָא: שׁוֹפְכִין בִּמְקוֹם מִדְרוֹן, וְאֵין שׁוֹפְכִין בִּמְקוֹם הָאֶישְׁבּוֹרֶן. וְתַנְיָא אִידָךְ: שׁוֹפְכִין בִּמְקוֹם הָאִישְׁבּוֹרֶן!

L'eau dont s'est servi le boulanger, etc. Une baraita enseigne : on verse à un endroit en pente (midron), et on ne verse pas à l'endroit du creux (ashboren).

Et l'autre baraita enseigne : on verse à l'endroit de l'ashboren !

📜 Rachi (1)
הָאִישְׁבּוֹרֶן לְשׁוֹן שְׁבִירָה שֶׁמִּשְׁתַּבֵּר הַקַּרְקַע וְיֵשׁ בְּקָעִים שֶׁהַמַּיִם נֶאֱסָפִים וְשׁוֹהִין בְּתוֹכָן וְאֵין נִבְלָעִין וּמַחְמִיצִין:
Du mot chevira, brisure. Le sol se brise, il y a des fentes où les eaux se rassemblent et sejourent. Elles ne sont pas absorbées, et elles font lever.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַב כָּהֲנָא מַחֲלֹוקֶת לְתוֹךְ הַחַרְדָּל אֲבָל לְתוֹךְ הַחֲרֹוסֶת דִּבְרֵי הַכֹּל יִשָּׂרֵף מִיָּד וַחֲכָמִים אוֹמְרִים יֵאָכֵל מִיָּד. אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי חֲכָמִים. מֵי תַּשְׁמִישׁוֹ שֶׁל נַחְתּוֹם יִשָּׁפְכוּ. תְּנָא חֲדָא שׁוֹפְכָן בִּמְקוֹם מִדְרוֹן וְאֵין שׁוֹפְכָן בִּמְקוֹם הָאֶשְׁבּוֹרֶן וְתַנְיָא אִידַּךְ שׁוֹפְכָן בִּמְקוֹם אַשְׁבֹּורֶן. לָא קַשְׁיָא הָא דִּנְפִישׁוֹ וְקָווּ וְהָא דְּלָא נְפִישׁוֹ וְלָא קָווּ. רַב אִלְפָּס זַ"ל לֹא הֵבִיא אֶלָּא בָּרַיְיתָא קַמַּייְתָא מִשּׁוּם דְּלָא בְּקִיאִין מַהוּ נְפִישִׁי:
Guemara. Rav Kahana a dit : le différend porte sur ce qu'on met dans la moutarde (hardal). Mais dans le harosset, tout le monde dit : on brûle immédiatement. Et les Sages disent : on mange immédiatement. Rav Houna, fils de Rav Yehouda, a dit au nom de Rav Nahman, au nom de Chemouel : la halakha suit les paroles des Sages. L'eau dont s'est servi le boulanger, on la verse. Une baraita enseigne : on la verse sur une pente, et on ne la verse pas à l'endroit de l'ashboren. Une autre baraita enseigne : on la verse à l'endroit de l'ashboren. Pas de difficulté : l'une, quand elles sont abondantes et stagnent ; l'autre, quand elles ne sont pas abondantes et ne stagnent pas. Rav Alfas, de mémoire bénie, n'a rapporté que la première baraita, parce qu'on ne sait pas bien ce que veut dire abondantes (nefishi).
💡 Explication

Retour à la michna : l'eau où le boulanger a refroidi ses mains contient un reste de pâte. Deux baraitot se contredisent sur le creux (ashboren), là où le sol se fend et l'eau séjourne. La pente, elle, est commune : on y verse.

Le Roch rappelle d'abord le psak sur la farine dans la moutarde et le harosset, puis cette eau. Le Rif ne garde que la baraita restrictive : la mesure de l'eau abondante reste trop floue pour servir de critère.

7
לָא קַשְׁיָא: הָא — דִּנְפִישִׁי, דְּקָווּ. הָא — דְּלָא נְפִישִׁי, דְּלָא קָווּ.

Pas de difficulté. L'une : quand elles sont abondantes, et elles stagnent.

L'autre : quand elles ne sont pas abondantes, et elles ne stagnent pas.

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרְסִינַן הָא דִּנְפִישִׁי דִּקְווּ הָא דְּלָא נְפִישִׁי דְּלָא קְווּ כְּשֶׁהֵן מְרֻובּוֹת הֵן נִקְווֹת אֶל מָקוֹם אֶחָד וְאֵין נִבְלָעוֹת מַהֵר וּמַחְמִיצוֹת וּכְשֶׁהֵן מוּעָטוֹת לָא קָווּ:
Voici notre leçon : ha de-nefishi de-kavu, ha de-lo nefishi de-lo kavu. Quand elles sont nombreuses, elles se rassemblent en un seul endroit, elles ne sont pas absorbées vite, et elles font lever. Quand elles sont peu nombreuses, elles ne stagnent pas.
💡 Explication

Les deux baraitot visent deux quantités. L'eau abondante reste dans les fentes, la farine qu'elle traîne lève. L'eau peu abondante s'enfonce avant de lever. Rachi fixe la leçon : d-kavu avec les abondantes, de-lo kavu avec les autres.

8
אָמַר רַב יְהוּדָה: אִשָּׁה לֹא תָּלוּשׁ אֶלָּא בְּמַיִם שֶׁלָּנוּ.

Rav Yehouda a dit : une femme ne pétrira qu'avec de l'eau qui a passé la nuit (mayim shelanu).

📜 Rachi (1)
שֶׁלָּנוּ בַּלַּיְלָה מִפְּנֵי שֶׁבִּימֵי נִיסָן הַמַּעְיָינוֹת חַמִּין שֶׁעֲדַייִן יְמוֹת הַגְּשָׁמִים הֵן כִּדְאָמְרִינַן בְּמִי שֶׁהָיָה (לְקַמָּן פְּסָחִים צַד:) בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים חַמָּה מְהַלֶּכֶת בְּשִׁיפּוּלוֹ שֶׁל רָקִיעַ לְפִיכָךְ כָּל הָעוֹלָם צוֹנֵן וּמַעְיָינוֹת חַמִּין הִלְכָּךְ מְלִינָן בַּלַּיְלָה וּמִצְטַנְּנִין:
La nuit. Car aux jours de Nissan les sources sont chaudes : c'est encore la saison des pluies. Comme nous le disons dans Mi she-haya (plus loin, Pessahim 94b) : pendant la saison des pluies, le soleil chemine dans le bas du firmament. Aussi le monde entier est froid, et les sources sont chaudes. On remplit donc la nuit, et elles refroidissent.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה הָאִשָּׁה לֹא תָּלוּשׁ אֶלָּא בְּמַיִם שֶׁלָּנוּ. פרש"י מִשּׁוּם שֶׁבִּימוֹת נִיסָן הַמַּעְיָינוֹת חַמִּין שֶׁעֲדַייִן הוּא יְמוֹת הַגְּשָׁמִים וְחַמָּה מְהַלֵּךְ בְּשִׁיפּוּלֵי רָקִיעַ הִלְכָּךְ מְמַלֵּא מִבְּעֶרֶב וּמִצְטַנֵּן עַד לְמָחָר. כָּתַב רַבֵּינוּ אֲבִי הָעֶזְרִי לְפִי טַעַם זֶה הַשּׁוֹאֵב בַּבֹּוקֶר וּמַנִּיחָן עַד הָעֶרֶב שַׁפִּיר דָּמֵי וְאִיכָּא לְמֵימַר דְּהָכִי עֲבִיד בְּפָפוּנְיָא. אִי נָמֵי שׁוֹאֲבָן מִן הַנְּהָרוֹת. אֲבָל ה"ר אֱלִיעֶזֶר ממי"ץ הָיָה מְפָרֵשׁ הַטַּעַם לְפִי שֶׁהַחַמָּה מְהַלֶּכֶת בַּלַּיְלָה תַּחַת הָאָרֶץ כְּחַכְמֵי או"ה וְאָמְרִינַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף צַד:) שֶׁנִּרְאִין דִּבְרֵיהֶן הִלְכָּךְ אֵין לָהֶם תַּקָּנָה אֶלָּא שֶׁלֹּא יְהוּ בַּלַּיְלָה בִּמְחֻובָּר וּלְפִי זֶה הַשּׁוֹאֲבָן בִּתְחִלַּת הַלַּיְלָה מֻותָּרִין מִיָּד. וְאָסוּר לְשׁוֹאֲבָן אַחַר תְּחִלַּת הַלַּיְלָה. וּמִנְהָג כָּשֵׁר שֶׁל הָרִאשׁוֹנִים שֶׁהָיוּ מְמַלְּאִין אוֹתָן מִן הַנְּהָרוֹת בִּתְחִלַּת לֵיל אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁהַמַּעֲיָינוֹת וּבוֹרוֹת רוֹתְחִין אֲבָל לֹא נְהָרוֹת דְּתַנְיָא בְּפֶרֶק מִי שֶׁהָיָה טָמֵא שָׁם בְּאַרְבָּעָה שְׁבִילִין הַחַמָּה מְהַלֶּכֶת נִיסָן וְאִייָּר וְסִיוָן הַחַמָּה מְהַלֶּכֶת בֶּהָרִים וְכוּ' אַלְמָא שֶׁבְּנִיסָן אֵינָהּ מְהַלֶּכֶת בְּמַיִם. וְכָתַב בִּתְשׁוּבַת רַשִׁ"י אֵין לָשִׁין אֶלָּא בְּמַיִם שֶׁלָּנוּ שֶׁחָשׁוּ חֲכָמִים לְרֹוב עֲייָרוֹת שֶׁאֵין לָהֶם אֶלָּא מֵי בּוֹרוֹת וּבְאֵרוֹת הַנּוֹבְעִין הֵן רוֹתְחִין וּמַשְׁמַע מִדְּבָרָיו דְּבִנְהָרוֹת לֵיכָּא לְמֵיחַשׁ מִידִי. וּמִיהוּ אֵין לִפְרֹוץ גָּדֵר שֶׁל הָרִאשׁוֹנִים עכ"ל: דָּרֵשׁ רָבָא אִשָּׁה לֹא תָּלוּשׁ לֹא בַּחַמָּה וְלֹא בְּחַמִּין וְלֹא בְּחַמֵּי חַמָּה וְלֹא בַּמַּיִם הַגְּרוּפִין פִּי' רַב אִלְפָּס מַיִם שֶׁנִּשְׁאֲבוּ בְּאוֹתוֹ הַיּוֹם. וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ הַגְּרוּפִּין מִן הַמּוֹלְייָרִין דּוֹד גָּדוֹל שֶׁנְּחוּשָׁתוֹ עָבָה וְאַפֵּי' כְּשֶׁאֵין שָׁם אוֹר מַיִם שֶׁבְּשׁוּלָיו חַמִּין.
Rav Yehouda a dit : la femme ne pétrira qu'avec de l'eau qui a passé la nuit. Rachi explique : aux jours de Nissan les sources sont chaudes, c'est encore la saison des pluies, et le soleil chemine dans le bas du firmament. On remplit donc dès la veille, et l'eau refroidit jusqu'au lendemain. Rabbeinou Avi ha-Ezri a écrit : selon cette raison, celui qui puise le matin et laisse l'eau jusqu'au soir, c'est valable. On peut dire que c'est ainsi qu'on procédait à Papounia. Autre lecture : on puise dans les rivières. Mais Rabbeinou Eliezer de Metz expliquait la raison ainsi : le soleil chemine la nuit sous la terre, selon les sages des nations, et nous disons plus loin (Pessahim 94b) que leurs paroles paraissent justes. Aussi le seul remède est qu'elles ne soient pas, la nuit, encore attachées à leur source (mehoubar). Selon cela, celui qui les puise au début de la nuit, elles sont permises aussitôt. Et il est interdit de les puiser après le début de la nuit. La coutume valable des premiers était de les remplir depuis les rivières au début de la nuit du quatorze. Car les sources et les citernes sont brûlantes, et les rivières ne le sont pas. On enseigne dans le chapitre Mi she-haya tame, là, au sujet des quatre chemins où chemine le soleil : Nissan, Iyar et Sivan, le soleil chemine dans les montagnes, etc. On en tire qu'en Nissan il ne chemine pas dans les eaux. Et il est écrit dans une réponse de Rachi : on ne pétrit qu'avec de l'eau qui a passé la nuit. Les Sages ont pris en compte la plupart des villes, qui n'ont que l'eau des citernes et des puits jaillissants : elles sont brûlantes. Il ressort de ses paroles que, pour les rivières, il n'y a rien à craindre. Toutefois on ne fera pas de brèche dans la clôture des premiers. Fin de la citation. Rava a exposé : une femme ne pétrira ni au soleil, ni avec de l'eau chaude, ni avec de l'eau chauffée par le soleil, ni avec de l'eau geroufin. Rav Alfas explique : de l'eau puisée le jour même. Et Rachi explique les geroufin comme venant des moulyarin : une grande chaudière dont le cuivre est épais ; même quand il n'y a pas de feu, l'eau du fond est chaude.
💡 Explication

Mayim shelanu : de l'eau puisée à l'avance et laissée reposer la nuit, pour qu'elle refroidisse. Rachi : en Nissan, saison des pluies, le soleil est bas, le monde est froid, les sources restent chaudes. L'eau chaude hâte le levain.

Le Roch ouvre deux raisons. Selon Rachi, puiser le matin et attendre le soir suffit, et l'eau des rivières pose moins de question. Selon Eliezer de Metz, le soleil chauffe la nuit ce qui est encore attaché au sol : on puise au début de la nuit, et ensuite on ne puise plus. La coutume des premiers tient les rivières, au début de la nuit du 14. Une réponse de Rachi relâche les rivières, et le Roch refuse de briser cette clôture.

9
דַּרְשַׁהּ רַב מַתְנָה בְּפַפּוֹנְיָא. לְמָחָר אַיְיתוֹ כֻּולֵּי עָלְמָא חַצְבַיְיהוּ וַאֲתוֹ לְגַבֵּיהּ, וְאָמְרוּ לֵיהּ: הַב לָן מַיָּא. אֲמַר לְהוּ: אֲנָא בְּמַיָּא דְּבִיתוּ אֲמַרִי.

Rav Matana l'exposa à Papounia. Le lendemain, tout le monde apporta ses cruches, vint vers lui, et lui dit : donne-nous de l'eau.

Il leur dit : je parlais de l'eau qui a séjourné (mayim de-vitu).

📜 Rachi (2)
דְּרָשָׁה רַב מַתָּנָה וּבִלְשׁוֹן הַקֹּודֶשׁ הָיוּ דּוֹרְשִׁין וּכְסִבּוּרִין הַשּׁוֹמְעִין שָׁמַיִם שֶׁלּוֹ הוּא אוֹמֵר:
On exposait en langue sainte, et les auditeurs croyaient qu'il disait : de l'eau qui est à lui.
דְּבֵיתוֹ תַּרְגּוּם שֶׁל לָנוּ (דְּבֵיתוֹ):
C'est le targoum de lanu : elles ont passé la nuit.
💡 Explication

Shelanu s'entend de deux façons : l'eau qui a passé la nuit, et l'eau qui est à nous. Rav Matana parlait en langue sainte. À Papounia, on a entendu la seconde, et l'on est venu avec des cruches. Il précise en araméen : mayim de-vitu. Devitu est le targoum de lanu, elles ont logé.

🖼️ Schéma
Mayim shelanu, à Papounia Ce qu'ils ont entendu shelanu = à nous l'eau du rav Donne-nous de l'eau Ce qu'il a dit shelanu = qui a logé mayim de-vitu eau repossee la nuit
Papounia entend shelanu comme l'eau du rav. Il visait l'eau qui a passé la nuit.
10
דָּרַשׁ רָבָא: אִשָּׁה לֹא תָּלוּשׁ בַּחַמָּה, וְלֹא בְּחַמֵּי חַמָּה, וְלֹא בַּמַּיִם הַגְּרוּפִין מִן הַמּוּלְיָיר, וְלֹא תַּגְבִּיהַּ יָדָהּ מִן הַתַּנּוּר עַד שֶׁתִּגְמֹור אֶת כָּל הַפַּת. וְצָרִיךְ שְׁנֵי כֵּלִים — אֶחָד שֶׁמְּקַטֶּפֶת בּוֹ, וְאֶחָד שֶׁמְּצַנֶּנֶת בּוֹ אֶת יָדֶיהָ.

Rava a exposé : une femme ne pétrira pas au soleil, ni avec de l'eau chauffée par le soleil (hamei hama), ni avec l'eau ratissée du moulyar. Et elle ne lèvera pas sa main du four jusqu'à ce qu'elle ait achevé tout le pain.

Et il faut deux récipients : l'un avec lequel elle lisse, et l'un dans lequel elle refroidit ses mains.

📜 Rachi (7)
לֹא בַּחַמָּה לְפִי שֶׁחֹום הַשֶּׁמֶשׁ מְחַמֶּמֶת:
Car la chaleur du soleil échauffe.
וְלֹא בְּחַמֵּי חַמָּה בְּמַיִם שֶׁהוּחַמּוּ בַּחַמָּה וכ"ש בְּחַמֵּי הָאוּר:
Avec de l'eau qui a été chauffée au soleil, et à plus forte raison avec de l'eau chauffée par le feu.
הַגְּרוּפִים מִן הַמּוּלְיָיר דּוֹד גָּדוֹל שֶׁל נְחֹושֶׁת וְתָלוּי עַל הָאוּר כָּל שָׁעָה וּנְחָושְׁתּוֹ עָבָה וְאַפֵּי' כְּשֶׁאֵין שָׁם אוֹר מַיִם שֶׁבְּשׁוּלָיו חַמִּים אוֹ פּוֹשְׁרִין:
Une grande chaudière de cuivre, suspendue sur le feu en permanence, et son cuivre est épais. Même quand il n'y a pas de feu, l'eau du fond est chaude ou tiède.
גְּרוּפִים לְשׁוֹן שִׁירַייִם שֶׁמְּמַצִּין מִנְּחָושְׁתּוֹ שֶׁל שׁוּלָיו:
Au sens de restes : on les vide du cuivre de son fond.
וְאַל תַּגְבִּיהַּ יָדָהּ מִן הַתַּנּוּר כְּלוֹמַר תְּהֵא עוֹסֶקֶת בַּבָּצֵק כָּל שָׁעָה:
Elle sera occupée à la pâte tout le temps.
שֶׁמְּקַטֶּפֶת בּוֹ טָחָה פְּנֵי הַחֲרָרָה בַּמַּיִם:
Elle enduit d'eau la face de la galette (harara).
שֶׁמְּצַנֶּנֶת בּוֹ יָדֶיהָ דְּאוֹתָן שֶׁמְּקַטֶּפֶת בָּהֶן מִתְחַמְּמוֹת מֵחֹום יָדֶיהָ וְהָעִיסָּה:
Celles avec lesquelles elle lisse s'échauffent par la chaleur de ses mains et de la pâte.
⚖️ Rosh (1)
וְלֹא תַּגְבִּיהַּ יָדָהּ מִן הַתַּנּוּר עַד שֶׁתִּגְמֹור הַפַּת כְּלוֹמַר שֶׁלֹּא תִּתְעַסֵּק בְּדָבָר אַחֵר וְתַנִּיחַ אֶת הָעִיסָּה וּצְרִיכָה שְׁנֵי כֵלִים אֶחָד שֶׁמְּקַטֶּפֶת בּוֹ וְאֶחָד שֶׁמְּצַנֶּנֶת בּוֹ אֶת הַיָּדַיִם. אִיבַּעְיָא לְהוּ עָבְרָה וְלָשָׁה מַאי מָר זוּטְרָא אָמַר מֻותָּר וְרַב אַשִּׁי אָמַר אָסוּר וקי"ל כְּרַב אַשִּׁי. ופרש"י עָבְרָה וְלָשָׁה בְּמַיִם חַמִּין וְלָאו דַּוְקָא בְּמַיִם חַמִּין אֶלָּא אָכַל הָנֵי דְּדָרֵישׁ רָבָא קָאֵי דְּכֻולָּן מִשּׁוּם חֲמִימוּת. ולפרש"י אִם עָבְרָה וְלָשָׁה בְּמַיִם שֶׁלֹּא לָנוּ מֻותָּר דִּבְהָא לָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ. וּבְלִישָּׁנָא דְּרַב יְהוּדָה מַשְׁמַע הָכֵי דְּקָאָמַר אִשָּׁה לֹא תָּלוּשׁ אֶלָּא בְּמַיִם שֶׁלָּנוּ וְלָא קָאָמַר לֹא תָּלוּשׁ בְּמַיִם שֶׁלֹּא לָנוּ דַּהֲוָה מַשְׁמַע לֹא תָּלוּשׁ בָּהֶן כְּלָל אֲבָל לֹא תָּלוּשׁ אֶלָּא בְּמַיִם שֶׁלָּנוּ מַשְׁמַע לְכַתְּחִלָּה אִם יֵשׁ לָהּ מַיִם שֶׁלָּנוּ לֹא תָּלוּשׁ בְּמַיִם שֶׁלֹּא לָנוּ אֲבָל אִם אֵין לָהּ מַיִם שֶׁלָּנוּ וְלָשָׁה בְּמַיִם שֶׁלֹּא לָנוּ מֻותָּר אֲבָל רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁפֵּירֵשׁ הַגְּרוּפִים שֶׁנִּשְׁאֲבוּ בּוֹ בַּיּוֹם אָז קָאֵי הַבַּעְיָא גַּם עֲלַייְהוּ. וְיוֹתֵר מַשְׁמַע כפירש"י דְּגֵרוּפִין מִלְּשׁוֹן מוֹלִייר הַגָּרוּף שַׁבָּת דַּף מא. אֲבָל לְרַב אִלְפָּס אַף אִם לְשׁוֹן גְּרוּפִים מַשְׁמַע שֶׁנִּגְרְפוּ וְנִשְׁאֲבוּ מִן הַנָּהָר אַכַּתִּי ה"ל לְפָרוֹשֵׁי בּוֹ בַּיּוֹם דְּעִיקַּר הָאִיסּוּר תָּלוּי בִּזְמַן הַגְּרִיפָה וְזֶה לֹא פִּי'. כָּתַב אֲבִי הָעֶזְרִי דַּוְקָא עָבְרָה וְלָשָׁה בְּמֵזִיד דֻּומְיָא דְּעָבַר וְאָפָה בְּפֶרֶק שֵׁנִי דְּמַסֶּכֶת יו"ט די"ז. וְעָבַר וְשָׁהָה בְּפֶרֶק כִּירָה (שַׁבָּת דַּף לח.) אֲבָל בְּשׁוֹגֵג לֹא. וּמִלְּשׁוֹן רַשִׁ"י מַשְׁמַע דַּאֲפִילּוּ בְּשׁוֹגֵג שֶׁפֵּירֵשׁ עָבְרָה וְלָשָׁה בְּחַמִּין אָסוּר דִּקְרוֹבָה לְמֵזִיד הִיא וְלָא דָּמֵי לִבְצֵקוֹת שֶׁל נָכְרִים דְּאָמַר הָתָם אָדָם מְמַלֵּא כְּרֵיסוֹ מֵהֶן דְּהָכָא בָּעֵינַן לְמִיקְנְסָא דְּעָבְרָה אַדְּרַבָּנָן. וְגַם מַשְׁמַע מִדְּבָרָיו דְּאָסוּר בַּאֲכִילָה מִשּׁוּם חִימּוּץ אַף אִם יֹאכַל כְּזַיִת מַצָּה בָּאַחֲרוֹנָה דְּגָרַע מִבְּצֵיקוֹ שֶׁל נָכְרִי. אֲבָל בַּעַל הָעִיטּוּר כָּתַב הָנֵי מִילֵּי לְמַצָּה מְשֻׁומֶּרֶת וּמַיִם שֶׁלָּנוּ נָמֵי לְמַצָּה מְשֻׁומֶּרֶת אֲבָל לַאֲכִילָה שָׁרִי דְּהָא קַייְמָא לַן בְּצֵקוֹת שֶׁל נָכְרִי וְכוּ' וְהוּא שֶׁאֵין בּוֹ סְדָקִין וְכֵן כָּתַב ה"ר יִצְחָק גֵּיאוּת זַ"ל. וְלָא נְהִירָא לִי דְּכָל הֵיכָא דְּאִיכָּא לְמִיחַשׁ מִשּׁוּם חִימּוּץ אֵין לְחַלֵּק בֵּין כְּזַיִת מַצָּה לִשְׁאָר אֲכִילָה הִלְכָּךְ נִרְאֶה כפרש"י. וְלָא מִיבְּעֵי מִיתָּב וּמֵילָשׁ בְּשִׁמְשָׁא הוּא דְּאָסוּר אֶלָּא אֲפִילּוּ לְמֵיתַב תּוּתֵי רָקִיעַ הוּא אָסוּר בְּיוֹמָא דְּעֵיבָא אע"ג דְּלָא נָפְלָה שִׁמְשָׁא בְּהַהוּא דֻּוכְתָּא מַאי טַעְמָא יוֹמָא דְּעֵיבָא כֻּולֵּי שִׁמְשָׁא וְכֵן יֵרָאֶה שֶׁאֵין נָכוֹן לָלוּשׁ קָרוֹב לַתַּנּוּר מִפְּנֵי חֹום הָאֵשׁ. הַדְרָן עֲלָךְ פֶּרֶק כָּל שָׁעָה
Et elle ne lèvera pas sa main du four jusqu'à ce qu'elle achève le pain : elle ne s'occupera pas d'autre chose en laissant la pâte. Et il lui faut deux récipients : l'un avec lequel elle lisse, et l'un dans lequel elle refroidit les mains. On a posé la question : si elle a transgressé et pétri, qu'en est-il ? Mar Zoutra a dit : permis. Rav Achi a dit : interdit. Et nous tenons comme Rav Achi. Rachi explique : elle a transgressé et pétri avec de l'eau chaude. Le cas couvre tous ceux qu'a exposés Rava, car tous viennent de la chaleur. L'eau chaude n'en est qu'un. Selon l'explication de Rachi, si elle a transgressé et pétri avec de l'eau qui n'a pas passé la nuit, c'est permis : la question ne portait pas sur ce cas. La formulation de Rav Yehouda va dans ce sens. Il a dit : une femme ne pétrira qu'avec de l'eau qui a passé la nuit. Il n'a pas dit : elle ne pétrira pas avec de l'eau qui n'a pas passé la nuit, ce qui aurait voulu dire qu'elle ne pétrirait pas du tout avec elle. Elle ne pétrira qu'avec de l'eau qui a passé la nuit veut dire : au départ (lekhathila), si elle a de l'eau qui a passé la nuit, elle ne pétrira pas avec de l'eau qui n'en a pas passé. Si elle n'en a pas, et qu'elle pétrit avec de l'eau qui n'a pas passé la nuit, c'est permis. Mais Rav Alfas, de mémoire bénie, explique les geroufim comme de l'eau puisée le jour même : alors la question porte aussi sur elles. Le sens penche vers l'explication de Rachi : geroufin vient de l'expression moulyar ha-garouf (Chabbat 41a). Selon Rav Alfas, même si le mot geroufim signifie qu'elles ont été ratissées et puisées du fleuve, il lui restait à préciser le jour même, car l'essentiel de l'interdit dépend du moment du ratissage, et cela il ne l'a pas expliqué. Avi ha-Ezri a écrit : seulement si elle a transgressé et pétri volontairement (bemezid), à la manière de il a transgressé et cuit au deuxième chapitre de Beitsa, daf 17, et de il a transgressé et a laissé au chapitre Kira (Chabbat 38a). Par inadvertance (bechogueg), non. De la langue de Rachi il ressort que même par inadvertance c'est interdit : il explique qu'elle a transgressé et pétri avec de l'eau chaude, car le cas est proche du volontaire. Et cela ne ressemble pas aux pâtes des non-Juifs, dont on dit là-bas qu'un homme peut s'en remplir le ventre. Ici, nous voulons la sanctionner, car elle a transgressé les paroles des Sages. Il ressort aussi de ses paroles que c'est interdit à la consommation à cause du levain (himouts), même si l'on mange ensuite un kezayit de matsa : cette pâte est plus grave que la pâte d'un non-Juif. Mais le Baal ha-Itour a écrit : ces paroles visent la matsa chemoura (gardée), et l'eau qui a passé la nuit vise aussi la matsa chemoura. Pour une simple consommation, c'est permis, puisque nous tenons la règle des pâtes du non-Juif, à condition qu'il n'y ait pas de fissures. Rabbeinou Yitshak ibn Guiat, de mémoire bénie, a écrit de même. Cela ne me paraît pas juste. Partout où il y a lieu de craindre le levain, on ne sépare pas un kezayit de matsa du reste de la consommation. L'avis de Rachi reste celui que je retiens. S'asseoir et pétrir au soleil est interdit. S'asseoir à ciel ouvert est interdit aussi, un jour nuageux, même si le soleil ne tombe pas à cet endroit. Quelle est la raison ? Un jour nuageux, c'est tout le soleil. De même, pétrir près du four ne convient pas, à cause de la chaleur du feu. Nous reviendrons vers toi, chapitre Kol Cha'a.
💡 Explication

Rava ferme les sources de chaleur. Soleil, eau chauffée au soleil — et à plus forte raison au feu —, eau du fond du moulyar, chaudière de cuivre épaisse qui garde la tiédeur. La main ne quitte pas le four : la pâte ne reste pas en attente. Deux eaux : une pour lisser la galette, une pour refroidir les mains que la pâte échauffe.

Le Roch tranche l'après-coup comme Rav Achi. Selon Rachi, l'eau qui n'a pas passé la nuit reste permise si l'on n'en a pas d'autre : la phrase de Rav Yehouda vise le départ. Le Rif, qui lit les geroufin comme l'eau du jour, étend la question à ce cas. Avi ha-Ezri limite l'interdit au mezid. Rachi l'étend au chogueg, proche du volontaire, et interdit même l'alimentation. Le Baal ha-Itour réserve cela à la matsa chemoura. Le Roch suit Rachi : dès qu'on craint le levain, manger et le kezayit de matsa vont ensemble.

🖼️ Schéma
Rava : ce qui échauffe la pâte Soleil la chaleur échauffe Hamei hama eau chauffée au soleil Moulyar fond de chaudière encore tiède La main rester au four jusqu'au bout Récipient 1 lisser la galette à l'eau Récipient 2 refroidir les mains
Quatre chaleurs interdites, et deux récipients : lisser la galette, refroidir les mains.
11
אִיבַּעְיָא לְהוּ: עָבְרָה וְלָשָׁה, מַהוּ? מַר זוּטְרָא אָמַר: מֻותָּר, רַב אַשִּׁי אָמַר: אָסוּר.

On leur a posé la question : si elle a transgressé et pétri, qu'en est-il ? Mar Zoutra a dit : permis.

Rav Achi a dit : interdit.

📜 Rachi (1)
עָבְרָה וְלָשָׁה בְּחַמִּין:
Avec de l'eau chaude.
💡 Explication

La question porte sur l'après-coup (bediavad). Rachi : elle a pétri à l'eau chaude. Mar Zoutra permet. Rav Achi interdit. Le Roch, au segment précédent, tient comme Rav Achi.

12
אָמַר מַר זוּטְרָא: מְנָא אֲמִינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: אֵין לוֹתְתִין הַשְּׂעוֹרִין בַּפֶּסַח. וְאִם לָתֵת, נִתְבַּקְּעוּ — אֲסוּרִים, לֹא נִתְבַּקְּעוּ — מֻותָּרִין.

Mar Zoutra a dit : d'où le dis-je ? Car on a enseigné : on ne fait pas tremper l'orge à Pessa'h (lotetin).

Et si l'on a trempé : elles se sont fendues — interdites ; elles ne se sont pas fendues — permises.

📜 Rachi (1)
לֹא נִתְבַּקְּעוּ מֻותָּרוֹת ואע"ג דִּתְנָא אֵין לוֹתְתִין הָכָא נָמֵי ל"ש הוֹאִיל וְאָנוּ רוֹאִין שֶׁלֹּא הֶחֱמִיץ שֶׁאֵין שָׁם לֹא סִימָנֵי שֶׁיֵּאוֹר וְלֹא סִימָנֵי סִידּוּק:
Bien que le tanna ait enseigné qu'on ne fait pas tremper, ici aussi il n'y a pas de différence : puisque nous voyons que cela n'a pas levé. Il n'y a là ni signe de siaor, ni signe de fissure (sidouk).
💡 Explication

Preuve de Mar Zoutra. Tremper l'orge est interdit au départ. Après coup, l'interdit ne tombe que si le grain s'est fendu, signe qu'il a levé. Sans fissure, ni siaor ni sidouk, c'est permis. Il étend cela à la pâte pétrie malgré l'interdit des Sages : on regarde si elle a vraiment levé.

13
וְרַב אַשִּׁי אָמַר: אַטּוּ כֻּולְּהוּ חֲדָא מְחִיתָא מְחִיתִינְהוּ?! הֵיכָא דְּאִיתְּמַר — אִיתְּמַר, וְהֵיכָא דְּלָא אִיתְּמַר — לָא אִיתְּמַר.

Et Rav Achi a dit : est-ce que tu les as tous tissés d'un seul tissage ?! Là où cela a été dit, cela a été dit.

Là où cela n'a pas été dit, cela n'a pas été dit.

📜 Rachi (2)
מַחִיתָא מְחִיתִינְהוּ כֻּולָּם אֲרִיגָה אַחַת אֲרִיגַת' מִשּׁוּם דְּבַחֲדָא אִיסּוּרָא דְּרַבָּנָן תְּנָא אִם עָבַר מֻותָּר בַּאֲכִילָה בָּעֵית לְמֵימַר נָמֵי בְּכוּלְּהוּ:
Tous, un seul tissage tu les as tissés. Parce que, pour un seul interdit rabbinique, le tanna a enseigné que si l'on a transgressé c'est permis à la consommation, tu veux le dire aussi pour tous.
הֵיכָא דְּאִתְּמַר בְּהֶדְיָא דְּלָא קָנְסִינַן לֵיהּ אִתְּמַר וְהֵיכָא דְּלָא אִתְּמַר לָא אִתְּמַר וְהִלְכָּךְ עָבְרָה וְלָשָׁה בְּחַמִּין קְרוֹבָה לְמֵזִיד הָיְתָה וְאָסוּר וְלָא דָּמֵי לִבְצֵיקוֹת שֶׁל נָכְרִים דְּאָמְרִינַן (לְעֵיל דַּף מ.) מְמַלֵּא אָדָם כְּרֵיסוֹ מֵהֶן דְּהָכָא בָּעֵינַן לְמִיקְנְסַהּ דְּעָבְרָה אַדְּרַבָּנָן. מַעֲשֵׂה אוֹרֵג מְתַרְגְּמִינַן עוֹבֵד מָחֵי (שְׁמוֹת כ״ח:ל״ב):
Explicitement, que nous ne le sanctionnons pas, cela a été dit. Et là où cela n'a pas été dit, cela n'a pas été dit. Aussi, elle a transgressé et pétri avec de l'eau chaude : elle était proche du volontaire, et c'est interdit. Et cela ne ressemble pas aux pâtes des non-Juifs, dont nous disons (plus haut, daf 40) qu'un homme s'en remplit le ventre. Ici, nous voulons la sanctionner, car elle a transgressé les paroles des Sages. Ouvrage de tisserand se traduit oved mehi (Chemout 28:32).
💡 Explication

Mehita : un tissage. La baraita de l'orge dit elle-même que, sans fissure, c'est permis. Rav Achi refuse d'étendre ce régime à chaque interdit rabbinique. Là où les Sages ont dit qu'ils ne sanctionnent pas, c'est dit. Le pétrissage à l'eau chaude reste non dit.

Rachi : le cas est proche du mezid. On applique un knas, une sanction. Les pâtes de non-Juif, au daf 40, restent mangeables à satiété. Ici la femme a passé sur les paroles des Sages, et l'on veut la sanctionner.

🖼️ Schéma
Elle a transgressé et pétri : après coup Mar Zoutra : permis Orge trempée à Pessa'h fendue : interdit non fendue : permis on voit que cela n'a pas levé même après la transgression Rav Achi : interdit un seul tissage ? non là où c'est dit, c'est dit l'eau chaude n'est pas dite proche du mezid : knas le Roch tient comme lui
Mar Zoutra étend la baraita de l'orge. Rav Achi refuse le tissage unique, et sanctionne l'eau chaude.
14
הָדְרָן עֲלָךְ כָּל שָׁעָה

Nous reviendrons vers toi, Kol Cha'a.

💡 Explication

Hadran : formule de clôture du chapitre. Kol Cha'a, tout moment où il est permis de manger le hamets, se termine ici. La michna suivante ouvre le chapitre Elu ovrin.

15
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ עוֹבְרִין בַּפֶּסַח: כּוּתָח הַבַּבְלִי, וְשֵׁכָר הַמָּדִי, וְחֹומֶץ הָאֲדוֹמִי, וְזֵיתוֹם הַמִּצְרִי, וְזוֹמָן שֶׁל צַבָּעִים, וַעֲמִילָן שֶׁל טַבָּחִים, וְקוֹלָן שֶׁל סוֹפְרִים.

Michna. Et voici ce sur quoi l'on transgresse à Pessa'h : le koutah babylonien, la bière mède, le vinaigre édomite, le zitom égyptien, le zoman des teinturiers, l'amidon des cuisiniers, et la colle des scribes.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' וְאֵלּוּ עוֹבְרִין עֲלֵיהֶן בְּבַל יֵרָאֶה וּבְבַל יִמָּצֵא וְכוּלְּהוּ מְפָרֵשׁ לְהוּ בַּגְּמָרָא זֵיתוֹם וְזוֹמָן וְקוֹלָן וַעֲמִילָן:
À leur sujet, par bal yerae et bal yimatse. Et la Guemara explique tous : zitom, zoman, kolan et amidon.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנִי' וְאֵלּוּ עוֹבְרִין בַּפֶּסַח פ"ה לַעֲבֹור עֲלֵיהֶן בְּבַל יֵרָאֶה וּבְבַל יִמָּצֵא וְגַם רִיבָ"א מְדַקְדֵּק מִלְּשׁוֹן עוֹבְרִים דְּמַשְׁמַע עוֹבְרִין מִן הָעוֹלָם וְאֵין נִרְאֶה לר"ת דְּמַשְׁמַע דְּכָל הָנָךְ מִרַבֵּינַן מִכָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹּאכֵלוּ וַאֲפִילּוּ בַּאֲכִילָה לָא הֲוָה מִיחַייַּב אִי לָאו דְּרַבְייָא קְרָא וּמֵהֵיכִי תַּיְתֵי בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וְנִרְאֶה לר"ת דְּאֵלּוּ עוֹבְרִין פִּי' הָאֳוכָלִין וְעוֹבְרִין הַיְינוּ מֵעַל הַשֻּׁולְחָן דְּלָאו בְּנֵי מֵיכַל נִינְהוּ אֲבָל בַּל יֵרָאֶה לֵיכָּא:
Le commentaire : pour transgresser à leur sujet par bal yerae et bal yimatse. Riva aussi le tire de la langue ovrin, qui signifie qu'ils passent du monde. Et cela ne paraît pas juste à Rabbeinou Tam. Car il ressort que tous ceux-là, nous les incluons depuis kol mahmetset lo tokhelou (toute chose fermentée, tu n'en mangeras pas). Même pour la consommation on ne serait pas passible si le verset ne les incluait pas. D'où alors viendraient bal yerae et bal yimatse ? Il paraît à Rabbeinou Tam que élu ovrin vise ceux qui mangent. Et ovrin signifie qu'ils passent de dessus la table : ils ne sont pas faits pour être mangés. Et il n'y a pas de bal yerae.
⚖️ Rosh (2)
אֵלּוּ עוֹבְרִין בְּפֶסַח כֻּותָּח הַבַּבְלִי וְשֵׁכָר הַמָּדִי וְחֹומֶץ הָאֲדוֹמִי וְזֵיתוֹם הַמִּצְרִי וְקוֹלָן שֶׁל סוֹפְרִים וְזוֹמָן שֶׁל צַבָּעִים וַעֲמִילָן שֶׁל טַבָּחִים. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אַף טִיפּוּלֵי נָשִׁים. זֶה הַכְּלָל כָּל שֶׁהוּא מִמִּין דָּגָן הֲרֵי זֶה עוֹבֵר בְּפֶסַח. הֲרֵי אֵלּוּ בָּאַזְהָרָה וְאֵין בָּהֶם מִשּׁוּם כָּרֵת. וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ אֵלּוּ עוֹבְרִין בְּבַל יֵרָאֶה וּבְבַל יִמָּצֵא וְגַם רִיבָ"א דִּקְדֵּק כֵּן מִלְּשׁוֹן דְּאֵלּוּ עוֹבְרִין דְּמַשְׁמַע שֶׁעוֹבְרִין מִן הָעוֹלָם מִדְּלָא תְּנָא עוֹבְרִין עֲלֵיהֶן. וְלָא נְהִירָא לְרַבֵּינוּ תָּם דְּהָא קָתָנֵי בְּסֵיפָא הֲרֵי אֵלּוּ בָּאַזְהָרָה וְאֵין בָּהֶן מִשּׁוּם כָּרֵת מַשְׁמַע דְּלִפְרוּשֵׁי אֵלּוּ עוֹבְרִין דְּרֵישָׁא אָתֵי וְאִי בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא קָאָמַר צְרִיכָא לְמֵימַר דְּלֵיכָּא כָּרֵת. וְעוֹד דְּתַעֲרוֹבוֹת חָמֵץ דְּמַתְנִיתִין מַפְּקִינַן בַּגְּמָרָא מִכָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹּאכֵלוּ וְהַיְינוּ דַּוְקָא לַאֲכִילָה דְּבַאֲכִילָה אַייְרֵי קְרָא. וַאֲפִילּוּ בַּאֲכִילָה לָא הָוֵי מִיחַייַּב אִי לָאו דְּרִבּוּיָיא. וְכִי אִתְרַבַּי נָמֵי דַּוְקָא לְלָאו אִתְרַבַּי וְלֹא לְכָרֵת וא"כ לְבַל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא דְּלֵיכָּא קְרָא מִנָּלַן דִּמְחַיֵּיב. וּפֵירֵשׁ רַבֵּינוּ תָּם אֵלּוּ עוֹבְרִין בְּפֶסַח הָאֳוכָלִין פִּי' עוֹבְרִין מֵעַל הַשֻּׁולְחָן דְּאֵין נֶאֱכָלִין כְּעֵין פֵּירֵשׁ רִיבָ"א שֶׁפֵּירֵשׁ שֶׁעוֹבְרִין מִן הָעוֹלָם. וְהַשְׁתָּא לְהַךְ טַעְמָא דִּמְפָרֵשׁ לְעֵיל בְּרֵישׁ מְכִילְתִּין דְּמַה שֶׁצָּרִיךְ לְבַעֵר אֶת הֶחָמֵץ מִן הַבַּיִת וְלָא סַגִּי לֵיהּ בְּבִיטּוּל מִשּׁוּם דְּחָמֵץ לָא בְּדִילִי אִינָשֵׁי מִינֵּיהּ אָסוּר לְהַשְׁהוֹת בַּבַּיִת כָּל הָנֵי דְּמַתְנִיתִין אַף לְפֵירוּשׁ רַבֵּינוּ תָּם שֶׁאֵינוֹ עוֹבֵר עֲלֵיהֶן בְּבַל יֵרָאֶה דְּחָיְישִׁינַן דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכַל מִינַּייְהוּ אֲבָל לְאִידָךְ טַעְמָא דְּפָרְשִׁינַן מִשּׁוּם דְּהֶחְמִירָה תּוֹרָה לַעֲבֹור עָלָיו בְּבַל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא הֵיכָא דְּלָא בִּיטְּלוֹ הֶחְמִירוּ חֲכָמִים לִבְדֹּוק וּלְהוֹצִיא מִן הַבַּיִת אע"פ שֶׁבִּטְּלוֹ הָיָה מֻותָּר לְהַשְׁהוֹת כָּל אֵלּוּ בַּבַּיִת כֵּיוָן דְּאֵין עוֹבֵר עֲלֵיהֶן בְּבַל יֵרָאֶה לְפֵירוּשׁ רַבֵּינוּ תָּם. וְשֵׁכָר שֶׁל שְׂעוֹרִין וְשֶׁל חִטִּין שֶׁעוֹשִׂין בְּאַשְׁכְּנַז וּבְצָרְפַת הָיָה אוֹמֵר רַבֵּינוּ תָּם דְּאָסוּר לְהַשְׁהוֹתוֹ בְּפֶסַח דְּדַוְקָא בְּשֵׁכָר הַמָּדִי הוּא דְּשָׁרוּ דְּעִיקָּרוֹ עָשׂוּי מִתְּמָרִים אוֹ מִדְּבָרִים אֲחֵרִים וְלֹא הָיוּ נוֹתְנִין בּוֹ אֶלָּא מְעַט שְׂעוֹרִין לְהַחְמִיצוֹ כִּדְמַשְׁמַע בַּגְּמָרָא דְּרָמוּ בִּי' שְׂעָרֵי. אֲבָל שֵׁכָר שֶׁלָּנוּ שֶׁעָקְרוּ מִשְּׂעוֹרִין לֹא וְכֵן מַשְׁמַע בַּגְּמָרָא דְּקָאָמַר דְּלָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּר' אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא בְּכוּתָח הַבַּבְלִי דְּלֵיכָּא כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס. וְשֵׁכָר הֶעָשׂוּי מִשְּׂעוֹרִין אִיכָּא הַרְבֵּה יוֹתֵר מִכַּזַּיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס. וְהָדִתְנַן שֵׁכָר הַמָּדִי וְחֹומֶץ הָאֲדוֹמִי בִּדְאִית בֵּיהּ מַיָּא עָסְקִינַן אֲבָל לֵית בֵּיהּ מַיָּא לָא דקי"ל מֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין. וּבַגְּמָרָא דִּבְנֵי מַעֲרָבָא אָמְרִינַן נָמֵי עֲלָהּ וְכֻולְּהוּ ע"י מַיִם. וּמַה שֶׁפָּסַק רַב אִלְפָּס לְעֵיל כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּמֵי פֵּירוֹת אֵין מַחְמִיצִין אֲפִילּוּ עַל יְדֵי מַיִם הַייְנוּ לְעִנְיַן לִישַׁת הָעִיסָּה דְּאֵינָהּ מְמַהֶרֶת לְהַחְמִיץ וְיָכוֹל לְשָׁומְרָהּ מֵחִימּוּץ כְּמוֹ שְׁאָר עִיסָּה אֲבָל בְּכִי הַאי גַּווְנָא שֶׁנּוֹתְנִין שְׂעוֹרִין בְּשֵׁכָר אוֹ בְּחֹומֶץ לְהַשְׁהוֹתָן בְּתוֹכוֹ מַחְמִיצִין אִם יֵשׁ בּוֹ מַיִם:
Voici ceux sur quoi l'on transgresse à Pessa'h : le koutah babylonien, la bière mède, le vinaigre édomite, le zitom égyptien, la colle des scribes, le zoman des teinturiers, et l'amidon des cuisiniers. Rabbi Eliezer dit : même les fards des femmes (tipouléi nachim). Voici la règle : tout ce qui est d'une espèce de céréale, on transgresse à son sujet à Pessa'h. Ceux-là sont sous un avertissement (azhara), et il n'y a pas en eux de karet. Rachi explique : élu ovrin, par bal yerae et bal yimatse. Riva aussi l'a tiré de la langue élu ovrin, qui signifie qu'ils passent du monde, puisque le tanna n'a pas enseigné on transgresse à leur sujet. Et cela ne paraît pas juste à Rabbeinou Tam. Car la fin enseigne : ceux-là sont sous un avertissement, et il n'y a pas en eux de karet. Cela vient expliquer le élu ovrin du début. Et s'il parlait de bal yerae et bal yimatse, aurait-il besoin de dire qu'il n'y a pas de karet ? De plus, le mélange de hamets de la michna, nous le tirons dans la Guemara de kol mahmetset lo tokhelou, et cela vise la consommation, car le verset parle de consommation. Même pour la consommation on ne serait pas passible sans une inclusion du verset. Et l'inclusion, quand elle a lieu, porte sur un lav, pas sur le karet. Dès lors, pour bal yerae et bal yimatse, où il n'y a pas de verset, d'où tenons-nous que l'on est passible ? Rabbeinou Tam explique : élu ovrin be-Pessa'h, ceux qui mangent. Le sens de ovrin : ils passent de dessus la table, car ils ne se mangent pas. C'est dans le genre de l'explication de Riva, qui explique qu'ils passent du monde. Maintenant, selon la raison expliquée plus haut au début du traité — il faut faire sortir le hamets de la maison, et l'annulation (bitoul) ne suffit pas, parce que les gens ne s'écartent pas du hamets — il est interdit de laisser subsister dans la maison tous ceux de la michna, même selon l'explication de Rabbeinou Tam, selon laquelle on ne transgresse pas à leur sujet par bal yerae. Car nous craignons que l'on vienne à en manger. Mais selon l'autre raison que nous avons expliquée — la Torah a été sévère, au point que l'on transgresse par bal yerae et bal yimatse quand on ne l'a pas annulé, et les Sages ont été sévères au point d'obliger à vérifier et à sortir le hamets de la maison même après l'annulation — il serait permis de laisser subsister tous ceux-là dans la maison, puisqu'on ne transgresse pas à leur sujet par bal yerae, selon l'explication de Rabbeinou Tam. Et la bière d'orge et de blé que l'on fait en Allemagne et en France : Rabbeinou Tam disait qu'il est interdit de la laisser subsister à Pessa'h. Car c'est seulement pour la bière mède qu'ils permettent : son principal est fait de dattes ou d'autres choses, et l'on n'y mettait qu'un peu d'orge pour la faire fermenter, comme il ressort de la Guemara, on y a jeté de l'orge. Mais notre bière, dont le principal est l'orge, non. Et la Guemara le montre aussi : les Sages ne divergent de Rabbi Eliezer que pour le koutah babylonien, où il n'y a pas un kezayit dans le temps d'une akhilat peras. Dans la bière faite d'orge, il y a beaucoup plus qu'un kezayit dans le temps d'une akhilat peras. Et ce que la michna enseigne, la bière mède et le vinaigre édomite : nous traitons du cas où il y a de l'eau dedans. S'il n'y a pas d'eau, non. Car nous tenons : les jus de fruits ne font pas lever. Et dans la Guemara des gens d'Occident on dit aussi à ce sujet : et tous, par le moyen de l'eau. Et ce que Rav Alfas a tranché plus haut comme Rabbi Akiva, que les jus de fruits ne font pas lever même avec de l'eau, cela vise le pétrissage de la pâte : elle ne lève pas vite, et l'on peut la garder du levain comme le reste de la pâte. Mais dans un cas comme celui-ci, où l'on met de l'orge dans la bière ou dans le vinaigre pour l'y laisser séjourner, cela lève s'il y a de l'eau.
גְּמ' מַתְנִיתִין דְּלָא כְּר' יְהוּדָה דְּאִי ר"י הָא אִיכָּא חָמֵשׁ דְּאֵינוֹ אוֹכֵל וּמַאֲכִיל וּכְבָר פָּסַק רַב לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף יג) הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה. הָא דְּקָתָנֵי בְּמָתְנֵי' מַאֲכִיל לִבְהֵמָה וְלַחַיָּה קָא עָבֵיד צְרִיכוּתָא בגמ'. דְּאִי תְּנָא בְּהֵמָה דְּאִי מְשַׁיְּירָא קָחָזֵי לֵיהּ. אֲבָל חַיָּה דְּאִי מְשַׁייְּרָא מַצְנַע לֵיהּ אֵימָא לָא קָמַשְׁמַע לַן דְּאַפֵּ"ה שָׁרִי. וְקָשֶׁה כֵּיוָן דְּמַצְנַע לֵיהּ הֵיאַךְ יָכוֹל לְהַאֲכִילָהּ הָא אָמַר לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף ט:) וּמַה שֶׁמְּשַׁיֵּיר יַנִּיחֶנּוּ בְּצִינְעָה שֶׁלֹּא תָּבֹא חֻולְדָּה וְתִטּוֹל בְּפָנָיו וִיהֵא צָרִיךְ בְּדִיקָה אַחֲרָיו וכ"ש שֶׁלֹּא יִתֵּן לָהּ לֶאֱכֹול וְהִיא תַּצְנִיעֵהוּ. וְדָחַק רַבֵּינוּ שִׁמְשׁוֹן לְפָרֵשׁ דְּמַיְירֵי בְּחַיָּה שֶׁכְּפוּתָה וה"ק דְּאִי מְשַׁייְּרָא לֵיהּ בְּשֶׁאֵינָהּ כְּפוּתָה הֵ"א דְּנִגְזַר כְּפוּתָה אַטּוּ שֶׁאֵינָהּ כְּפוּתָה. וְהַפֵּי' הַנָּכוֹן נ"ל וּמַאֲכִיל לִבְהֵמָה וְלַחַיָּה וּלְעוֹף וְהוּא עוֹמֵד עֲלֵיהֶם עַד שֶׁיֹּאכְלוּם וְלֹא יַעֲלִים עֵינָיו מֵהֶם עַד שֶׁיֹּאכְלוּם וִיבַעֵר הַמְשֻׁוייָּר. וּמַתְנִי' הֶיתֵּר הֲנָאָה אֲתָא לְאַשְׁמוֹעֵי' וּלְעוֹלָם צָרִיךְ לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא יַצְנִיעוּ וה"פ דְּאִי תְּנָא בְּהֵמָה דְּאִי מְשַׁיְּירָא קָחָזֵי לָהּ דְּאַף אִם מֵחֲמַת טִירְדָּא יַעֲלִים עֵינָיו מֵהֶם יַחֲזֹור וִיבַעֵר הַמְשֻׁוייָּר דְּהָא קָא חֲזִי לֵיהּ: וּמֻותָּר בַּהֲנָאָתוֹ פְּשִׁיטָא לָא צְרִיכָא שֶׁחֲרָכוֹ קֹודֶם זְמַנּוֹ וְכִדְרָבָא דְּאָמַר רָבָא חֲרָכוֹ קֹודֶם זְמַנּוֹ מֻותָּר בַּהֲנָאָתוֹ אַף לְאַחַר זְמַנּוֹ. וּכְגוֹן שֶׁנִּפְסַל מִלֶּאֱכֹול לְכֶלֶב דֻּומְיָא דְּפַת שֶׁעִיפְּשָׁה. יֵשׁ שֶׁרוֹצִים לוֹמַר לָאו דַּוְקָא הֲנָאָה דְּהוּא הַדִּין נָמֵי אֲכִילָה דְּעַפְרָא בְּעָלְמָא הוּא. וְלֹא מִסְתַּבֵּר דאע"פ דְּבָטְלָה דַּעַת הָאוֹכֵל אֵצֶל כָּל אָדָם מ"מ כֵּיוָן דְּאִיהוּ קָאֲכִיל לֵיהּ אָסוּר. וכ"כ הָרַב הַבַּרְצֵלוֹנִי זַ"ל וְזַ"ל והנ"מ דְּמֻותָּר בַּהֲנָאָה לְאַחַר זְמַנּוֹ אֲבָל בַּאֲכִילָה לֹא וּמֵהַאי טַעְמָא נָמֵי אָסוּר כּוּתָח הַבַּבְלִי כִּי אָכֵיל לֵיהּ דִּתְנַן דַּף מב אֵלּוּ עוֹבְרִין בְּפֶסַח כֻּותָּח הַבַּבְלִי וְכוּ'. וְיֵשׁ מִי שֶׁאוֹמְרִים הַמּוּרְיָיס שֶׁעוֹשִׂין הָאִידָּנָא שֶׁקּוֹרִין אלמר"י שֶׁמְּשִׂימִין בּוֹ לֶחֶם קָלוּי שֶׁמֻּותָּר אַחַר הַפֶּסַח חֲדָא שֶׁהֶחָמֵץ ע"י תַּעֲרוֹבוֹת שֶׁעָבַר עָלָיו הַפֶּסַח מֻותָּר בַּהֲנָאָה וְעוֹד שֶׁהֲרֵי חֲרָכוֹ קֹודֶם זְמַנּוֹ וּמֻותָּר בַּהֲנָאָה אַחַר זְמַנּוֹ. וַאֲנַן חָזֵינַן לְרַבְּווָתָא דֶּאֱסָרִין לֵיהּ לְאַחַר הַפֶּסַח. דְּלָא שָׁרֵי ר"ש אֶלָּא כְּגוֹן דְּעָרֵיב שֶׁלֹּא בְּכַווָּנָה אֲבָל לְעָרוֹבֵי וּלְשַׁהוֹיֵי לֹא וּמִשּׁוּם שֶׁחֲרָכוֹ נָמֵי לָא אֵימוֹר לֹא חֲרָכוֹ יָפֶה יָפֶה דְּלָא מַסִּיק אַדַּעְתִּי' פֶּסַח בִּשְׁעַת עֲשִׂיָּיתוֹ וְעוֹד לָא קָאָמְרִינַן חֲרָכוֹ קֹודֶם זְמַנּוֹ מֻותָּר בַּאֲכִילָתוֹ לְאַחַר זְמַנּוֹ אֶלָּא בַּהֲנָאָה קָאָמַר. דְּלָאו אוֹרְחָא דְּאַרְעָא לֶאֱכֹול פַּת חָרוּךְ כָּל צָרְכּוֹ אֲבָל גַּבֵּי מוּרְיָיס דְּאוֹרְחָא לְמֵיכַל הָכִי אָסוּר:
Guemara. La michna n'est pas selon Rabbi Yehouda. Car si c'était Rabbi Yehouda, il y a la cinquième heure, où il ne mange pas et où il fait manger. Et Rav a déjà tranché plus haut (Pessahim daf 13) : la halakha suit Rabbi Yehouda. Ce que la michna enseigne, il fait manger à la bête domestique et à la bête sauvage, la Guemara en fait une nécessité des deux cas. Si elle avait enseigné la bête domestique : s'il en reste, il le voit. Mais la bête sauvage, s'il en reste, elle le caché. J'aurais dit : non. Cela nous apprend que même ainsi c'est permis. Et c'est difficile : puisqu'elle le caché, comment peut-il le lui faire manger ? Car on a dit plus haut (Pessahim 9b) : ce qui reste, il le placera dans un endroit caché, pour qu'une belette ne vienne pas le prendre devant lui et qu'il doive vérifier après elle. À plus forte raison il ne le lui donnera pas à manger, et elle le cachera. Rabbeinou Chimchon s'est forcé à expliquer qu'il s'agit d'une bête sauvage attachée. Et voici ce qu'il dit : s'il en reste chez une bête qui n'est pas attachée, j'aurais dit que l'on décrète l'attachée à cause de celle qui ne l'est pas. Et l'explication juste, à mon avis : il fait manger à la bête domestique, à la bête sauvage et à l'oiseau, et il se tient près d'eux jusqu'à ce qu'ils mangent. Il ne détourne pas les yeux d'eux jusqu'à ce qu'ils mangent, et il brûle le reste. La michna vient nous apprendre la permission de jouissance. Et dans tous les cas il faut prendre garde qu'ils ne le cachent. Et voici le sens : si elle avait enseigné la bête domestique, c'est que s'il en reste, il le voit. Même si, à cause de la préoccupation, il détourne les yeux d'eux, il reviendra et brûlera le reste, puisqu'il le voit. Et sa jouissance est permise. C'est évident. La phrase est nécessaire pour le cas où on l'a calciné avant son temps, et selon Rava. Car Rava a dit : si on l'a calciné avant son temps, sa jouissance est permise même après son temps. Et par exemple s'il est devenu impropre à être mangé par un chien, à la manière du pain qui a moisi. Il y en a qui veulent dire que la jouissance n'est qu'un exemple, et qu'il en va de même pour la consommation, car ce n'est que de la poussière. Et cela ne se tient pas. L'avis de celui qui mange s'annule devant tout le monde, et puisqu'il le mange, c'est interdit. Le Rav de Barcelone, de mémoire bénie, a écrit ainsi, et voici ses mots : ces paroles, la jouissance est permise après son temps, et la consommation ne l'est pas. Et pour cette raison aussi le koutah babylonien est interdit quand on le mange, car la michna enseigne, daf 42 : voici ceux sur quoi l'on transgresse à Pessa'h, le koutah babylonien, etc. Et il y en a qui disent : le mouries que l'on fait de nos jours, que l'on appelle almuri, dans lequel on met du pain grillé, est permis après Pessa'h. D'une part, le hamets par mélange sur lequel Pessa'h est passé est permis de jouissance. D'autre part, on l'a calciné avant son temps, et la jouissance en est permise après son temps. Et nous, nous voyons les maîtres qui l'interdisent après Pessa'h. Car Rabbi Chimon ne permet que le cas où cela s'est mélangé sans intention. Mélanger pour laisser subsister, non. Et le calcinage non plus : peut-être ne l'a-t-on pas bien calciné, car Pessa'h ne lui est pas venu à l'esprit au moment de la fabrication. De plus, nous ne disons pas : si on l'a calciné avant son temps, sa consommation est permise après son temps. Il a parlé de la jouissance. Car ce n'est pas la manière du pays de manger du pain calciné autant qu'il le faut. Mais pour le mouries, où c'est la manière de manger ainsi, c'est interdit.
💡 Explication

Début du chapitre Élu ovrin. Sept préparations. Aucune n'est du pain, et chacune contient une céréale. Rachi et Riva lisent ovrin comme une sortie du monde : bal yerae et bal yimatse. Rabbeinou Tam lit ovrin comme une sortie de la table. L'interdit de manger vient de kol mahmetset lo tokhelou. La fin de la michna, azhara sans karet, explique le début : un interdit de possession n'aurait pas à écarter le karet.

Le Roch tire la nafka mina. Selon le taam du bitoul — les gens ne s'écartent pas du hamets — on ne laisse pas ces mélanges à la maison, même selon Rabbeinou Tam. La bière d'orge d'Allemagne et de France, dont l'orge est le principal, dépasse un kezayit dans le temps d'une akhilat peras : Rabbeinou Tam interdit de la garder. La bière mède, surtout des dattes et un peu d'orge, reste le cas de la michna. Sans eau, les jus de fruits ne font pas lever.

🖼️ Schéma
Élu ovrin : que transgresse-t-on ? Rachi et Riva ovrin : ils sortent du monde bal yerae bal yimatse possession interdite la langue ovrin, sans alehem Rabbeinou Tam ovrin : ils quittent la table kol mahmetset lo tokhelu lav de consommation pas de bal yerae la fin : azhara, sans karet
Rachi : possession, bal yerae et bal yimatse. Rabbeinou Tam : ils quittent la table, lav de manger, sans karet.
16
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַף תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים.

Rabbi Eliezer dit : même les parures des femmes.

📜 Rachi (1)
תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ:
La Guemara l'explique.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אַף תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים הַייְנוּ חָמֵץ נֻוקְשֶׁה וַאֲפִילּוּ הָוֵי חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבוֹת מ"מ מִדְּקָאָמַר אַף מַשְׁמַע דְּמוֹדֶה לת"ק וּבַגְּמָרָא אָמְרִי' דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ בְּלֹא כְלוּם לְכָךְ נִרְאֶה דְּגָרַס רַבִּי אֶלְעָזָר בְּחַד מִינַּייְהוּ אוֹ בְּמָתְנֵי' אוֹ בַּגְּמָרָא:
C'est du hamets noukché. Et même si c'était du hamets de céréale complet par le moyen d'un mélange, puisque il dit même (af), il ressort qu'il accorde au premier tanna. Et dans la Guemara nous disons que Rabbi Eliezer tient le noukché en lui-même, sans rien d'autre. C'est pourquoi il paraît que l'on lit Rabbi Elazar dans l'un des deux : ou dans la michna, ou dans la Guemara.
💡 Explication

Takhchitéi nachim : fards et parures où entre une céréale. Le mot af, même, montre que Rabbi Eliezer ajoute un cas à la liste du premier tanna, et qu'il l'accepte. La Guemara, plus loin, lui prête un avis où le hamets noukché seul est déjà interdit. Tossefot propose de lire Rabbi Elazar dans l'un des deux textes, michna ou Guemara, pour que les deux avis ne portent pas le même nom.

17
זֶה הַכְּלָל: כָּל שֶׁהוּא מִמִּין דָּגָן — הֲרֵי זֶה עוֹבֵר בְּפֶסַח. הֲרֵי אֵלּוּ בְּאַזְהָרָה, וְאֵין בָּהֶן מִשּׁוּם כָּרֵת.

Voici la règle : tout ce qui est d'une espèce de céréale, on transgresse à son sujet à Pessa'h. Ceux-là sont sous un avertissement (azhara), et il n'y a pas en eux de karet.

📜 Rachi (2)
מִין דָּגָן חֲמִשָּׁה מִינִין חִיטִּין וּשְׂעוֹרִין וְכֻוסְּמִין וְשִׁבֹּולֶת שׁוּעָל וְשִׁיפוֹן:
Les cinq espèces : blé, orge, épeautre (kousmin), avoine (chibolet choual) et seigle (chiphône).
וְאֵין בָּהֶן כָּרֵת אִם אֲכָלָן אֲבָל לָאו יֵשׁ בַּאֲכִילָתָן וּבַגְּמָרָא יָלֵיף לָהּ כֻּולָּהּ:
S'il les a mangés. Mais il y a un lav dans leur consommation. Et la Guemara dérive tout cela.
💡 Explication

La règle rassemble la liste. Dès qu'il y a une des cinq céréales, on transgresse. L'azhara est le lav, l'avertissement qui fonde les coups. Le karet reste réservé au hamets de céréale mangé dans les conditions que la Guemara va fixer. Rachi : manger ces mélanges porte un lav, pas un karet.

18
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים נֶאֱמָרִים בְּכֻותָּח הַבַּבְלִי: מְטַמְטֵם אֶת הַלֵּב, וּמִסַּמָּא אֶת הָעֵינַיִם, וּמַכְחִישׁ אֶת הַגּוּף.

Guemara. Les Sages ont enseigné : trois choses sont dites du koutah babylonien.

Il bouche le cœur, il aveugle les yeux, et il affaiblit le corps.

📜 Rachi (1)
גְּמ' מְטַמְטֵם לְשׁוֹן סְתִימָה:
Au sens de bouchage (setima).
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' כּוּתָח הַבַּבְלִי מִשּׁוּם קוּמְנִיתָא דְּאִית בֵּיהּ. חֹומֶץ הָאֲדוֹמִי דְּרָמוּ בֵּיהּ שְׂעָרֵי. זֵיתוֹם הַמִּצְרִי תָּנֵי רַב יוֹסֵף תִּילְתָּא שְׂעָרֵי וְתִילְתָּא קֻורְטְמֵי וְתִילְתָּא מִילְחָא. וְזוֹמָא שֶׁל צְבָעִים הָכִי תַּרְגֵּימוּ מַיָּא דְּחִיזְרָא. וַעֲמִילָן שֶׁל טַבָּחִים פַּת שֶׁל תְּבוּאָה שֶׁלֹּא הֵבִיאָה שְׁלִישׁ שֶׁמַּנִּיחִין אוֹתָהּ עַל פִּי הַקְּדֵירָה וְשׁוֹאֶבֶת הַזֻּוהֲמָא. וְקוֹלָן שֶׁל סוֹפְרִים הָכִי תַּרְגּוּמוֹ חֲרוּתָא דְּאֻושְׁכָּפֵי וְסוֹפְרִים נָמֵי מִדַּבְּקִי בְּהוּ נְיָירַייְהוּ. תָּנוּ רַבָּנַן כָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכֵלוּ לְרַבּוֹת כֻּותָּח הַבַּבְלִי וְשֵׁכָר הַמָּדִי וְחֹומֶץ הָאֲדוֹמִי יָכוֹל יְהֵא עָנוּשׁ כָּרֵת תַּלְמוּד לוֹמַר כִּי כָּל אֹוכֵל חָמֵץ וְנִכְרְתָה עַל חָמֵץ דָּגָן עָנוּשׁ כָּרֵת וְעַל עֵרוּבוֹ בְּלָאו דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וַחֲכָמִים אוֹמְרִים עַל חָמֵץ דָּגָן עָנוּשׁ כָּרֵת וְעַל עֵירוּבוֹ בִּוְלֹא כְּלוּם. ואע"ג דְּאָמְרִי רַבָּנָן עַל עֵירוּבוֹ בִּוְלֹא כְּלוּם מִילְקָא הוּא דְּלָא לָקֵי הָא אִיסּוּרָא אִיכָּא וְכִי אָמְרִי רַבָּנָן לָא לָקֵי הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלֵיכָּא כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס כְּגוֹן כּוּתָח הַבַּבְלִי וְשֵׁכָר הַמָּדִי וְכַיּוֹצֵא בּוֹ אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן חַייָּב. וּמִדְּפִי' רַב אִלְפָּס דִּבְרֵי חֲכָמִים מִכְּלָל דְּאִית לֵיהּ הֲלָכָה כַּחֲכָמִים. אַף עַל גַּב דִּסְתָם מַתְנֵי' דְּלָא כְּרַבָּנָן לָא חֲשִׁיב לֵיהּ סְתָמָא דִּתְנַן לְקַמָּן בְּפִרְקִין שִׂיאוּר יִשָּׂרֵף וְהָאוֹכְלוֹ פָּטוּר וְר' מֵאִיר פְּלִיג עֲלָהּ בַּבָּרַייְתָא דְּקָאָמַר דְּלוֹקֶה עַל שְׂאוֹר אֲבָל בְּמָתְנֵי' לָא פְּלִיג ואע"ג דְּרַב אִלְפָּס פָּסַק לְקַמָּן סוֹף סִימָן י' כְּרַבִּי מֵאִיר מִשּׁוּם דִּתְנָא לְמִילְּתֵיהּ בְּמַתְנִיתִין בִּלְשׁוֹן חֲכָמִים מִכָּל מָקוֹם בְּהָא דְּאָמַר ר"מ בַּבָּרַייְתָא דְּלוֹקֶה עַל שְׂאוֹר בְּהָא הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר הָאוֹכְלוֹ פָּטוּר כֵּיוָן דְּלָא תָּנֵי הָא דְּרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר בַּבָּרַייְתָא דְּלוֹקֶה בִּלְשׁוֹן חֲכָמִים דְּמַתְנִיתִין וא"כ רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה וּסְתָמָא דְּהָכָא הָוֵי סְתָם וְאַחַר כָּךְ מַחֲלֹוקֶת לְעִנְיַן חָמֵץ נֻוקְשֶׁה הִלְכָּךְ גַּם לְעִנְיַן עֵירוּבוֹ לָא חֲשִׁיבָא סְתָמָא זוֹ סְבָרַת רַב אִלְפָּס אֶלָּא שֶׁפָּסַק כַּחֲכָמִים.
Guemara. Le koutah babylonien, à cause de la moisissure (koumenita) qu'il contient. Le vinaigre édomite, car on y a jeté de l'orge. Le zitom égyptien : Rav Yossef a enseigné, un tiers d'orge, un tiers de carthame (kartam), un tiers de sel. Et le zoman des teinturiers, voici comment on le traduit : eau de son (maya de-hitzra). Et l'amidon des cuisiniers : un pain de céréale qui n'a pas atteint le tiers de sa maturité, que l'on place sur l'ouverture de la marmite, et il absorbe le gras (zohama). Et la colle des scribes, voici son targoum : la colle des cordonniers (harouta de-ouchkeféi). Les scribes aussi collent avec elle leurs feuilles. Les Sages ont enseigné : kol mahmetset lo tokhelou, pour inclure le koutah babylonien, la bière mède et le vinaigre édomite. On pourrait penser qu'il est passible de karet. Le verset dit : ki kol okhel hamets venikhréta. Sur le hamets de céréale, on est passible de karet. Sur son mélange, d'un lav. Paroles de Rabbi Eliezer. Et les Sages disent : sur le hamets de céréale, on est passible de karet. Sur son mélange, de rien du tout. Et bien que les Sages disent sur son mélange, de rien du tout, c'est des coups (malkout) qu'il ne reçoit pas. Un interdit, il y en a. Et quand les Sages disent qu'il ne reçoit pas de coups, ces paroles visent le cas où il n'y a pas un kezayit dans le temps d'une akhilat peras, comme le koutah babylonien, la bière mède, et ce qui leur ressemble. Là où il y a un kezayit dans le temps d'une akhilat peras, même selon les Sages, il est passible. Et puisque Rav Alfas explique les paroles des Sages, on en tire qu'il tient la halakha selon les Sages. Bien que la michna anonyme ne soit pas selon les Sages, il ne la compte pas comme un anonymat décisif. Car on enseigne plus loin dans le chapitre : le siaor, on le brûle, et celui qui le mange est quitte. Et Rabbi Meir diverge dans une baraita : il dit que l'on reçoit des coups pour le seor. Dans la michna, il ne diverge pas. Et bien que Rav Alfas tranche plus loin, à la fin du siman 10, comme Rabbi Meir, parce qu'il a enseigné sa parole dans la michna dans la langue des Sages, toutefois, sur ce que Rabbi Meir a dit dans la baraita, que l'on reçoit des coups pour le seor, la halakha suit Rabbi Yehouda, qui dit que celui qui le mange est quitte. Puisque l'on n'a pas enseigné, dans la langue des Sages de la michna, cette parole de Rabbi Meir dite dans la baraita, que l'on reçoit des coups. Dès lors, entre Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, la halakha suit Rabbi Yehouda. Et l'anonymat d'ici est un anonymat suivi d'une discussion (stam va-ahar kakh mahloket), pour le hamets noukché. Aussi, pour son mélange, cet anonymat ne compte pas. Tel est le raisonnement de Rav Alfas, et il a tranché comme les Sages.
💡 Explication

La Guemara quitte un moment l'interdit et décrit le koutah. Metamtem : il bouche, il obture le cœur. Trois effets, détaillés au segment suivant. Rachi glose le mot par setima, fermeture.

Le Roch donne ici la composition des sept articles, puis le verset kol mahmetset. Rabbi Eliezer : karet sur le hamets de céréale, lav sur le mélange. Les Sages : sur le mélange, pas de coups. Le Roch précise : l'interdit demeure, et les coups reviennent dès qu'il y a un kezayit dans une akhilat peras. Le Rif suit les Sages. La michna anonyme, qui semble autre, est un stam suivi d'une mahloket sur le hamets noukché : elle ne tranche pas contre eux.

19
מְטַמְטֵם אֶת הַלֵּב — מִשּׁוּם נַסְיוּבֵי דְּחַלְבָא. וּמִסַּמָּא אֶת הָעֵינַיִם — מִשּׁוּם מִילְחָא. וּמַכְחִישׁ אֶת הַגּוּף — מִשּׁוּם קוּמְנִיתָא דְּאוּמָא.

Il bouche le cœur, à cause du petit-lait (nisyouvei de-halba). Il aveugle les yeux, à cause du sel.

Il affaiblit le corps, à cause de la moisissure du pain (koumenita de-ouma).

📜 Rachi (3)
מְסָמָא אֶת הָעֵינַיִם מִשּׁוּם מִילְחָא מֶלַח סְדוֹמִית יֵשׁ שֶׁמְּסַמֵּא אֶת הָעֵינַיִם כְּשֶׁנּוֹגֵעַ בַּמֶּלַח וְחוֹזֵר וְנוֹגֵעַ בָּעַיִן:
Il y a du sel de Sodome, qui aveugle les yeux quand on touche le sel puis que l'on touche l'œil.
נַסְיוּבֵי דְּחַלְבָא מישג"א:
Petit-lait.
קוּמְנִיתָא דְּאוּמָא עִיפּוּשָׁא פַּת שֶׁמִּתְעַפֵּשׁ לְאַחַר זְמַן בְּתוֹךְ הַכּוּתָח:
La moisissure : un pain qui moisit au bout d'un temps à l'intérieur du koutah.
💡 Explication

Chaque effet à son ingrédient. Le petit-lait bouche le cœur. Le sel, Rachi précise le sel de Sodome, aveugle si la main passe du sel à l'œil. La moisissure du pain laissé dans le koutah affaiblit le corps. C'est cette part de pain qui rattache le koutah au hamets de la michna.

🖼️ Schéma
Koutah babylonien : effet et cause Bouche le cœur petit-lait nisyouvei de-halba Aveugle les yeux sel sel de Sodome, Rachi Affaiblit le corps moisissure du pain koumenita de-ouma
Trois ingrédients, trois effets : petit-lait, sel de Sodome, pain moisi.
20
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מַרְבִּין הַזֶּבֶל, וְכוֹפְפִין אֶת הַקּוֹמָה, וְנוֹטְלִין אֶחָד מֵחֲמֵשׁ מֵאוֹת מִמְּאוֹר עֵינָיו שֶׁל אָדָם, אֵלּוּ הֵן: פַּת קִיבָּר, וְשֵׁכָר חָדָשׁ, וְיָרָק חַי.

Les Sages ont enseigné : trois choses augmentent les déchets, courbent la taille, et ôtent un cinq-centième de la lumière des yeux de l'homme. Les voici : le pain grossier (pat kiber), la bière nouvelle, et le légume cru.

📜 Rachi (2)
וְכוֹפְפִין אֶת הַקּוֹמָה כְּלוֹמַר מַתִּישִׁין כּוֹחוֹ:
Ils épuisent sa force.
יָרָק חַי כְּגוֹן כְּרֵישִׁין וּבְצָלִים וְחִזְרִין כְּשֶׁאוֹכֵל מֵהֶן הַרְבֵּה תָּמִיד:
Par exemple poireaux, oignons et laitue (hazeret), quand on en mange beaucoup, en permanence.
💡 Explication

Suite des effets du corps, hors de l'interdit de Pessa'h. Trois aliments, trois suites : plus de déchets, la taille qui se courbe — Rachi : la force qui s'épuise —, et un cinq-centième de la vue, pour qui en mange beaucoup et souvent. Le légume cru : poireaux, oignons, laitue.

21
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מְמַעֲטִין אֶת הַזֶּבֶל, וְזוֹקְפִין אֶת הַקּוֹמָה, וּמְאִירִין אֶת הָעֵינַיִם, אֵלּוּ הֵן: פַּת נְקִיָּיה, בָּשָׂר שָׁמֵן, וְיַיִן יָשָׁן. פַּת נְקִיָּיה —

Les Sages ont enseigné : trois choses diminuent les déchets, redressent la taille, et éclairent les yeux. Les voici : le pain fin (pat nekiya), la viande grasse, et le vin vieux.

Le pain fin —

💡 Explication

Baraita inverse. Pain fin, viande grasse, vin vieux : moins de déchets, taille redressée, yeux éclairés. Le daf s'arrête sur les mots pat nekiya. L'explication de chacun commence en 42b.

🖼️ Schéma
Deux trios, effets inverses Augmentent, courbent, ternissent pain grossier (pat kiber) bière nouvelle légume cru 1/500 de la lumière des yeux Diminuent, redressent, éclairent pain fin (pat nekiya) viande grasse vin vieux l'explication du pain fin : 42b
Pain grossier, bière nouvelle, légume cru, face au pain fin, à la viande grasse et au vin vieux.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).