Sougya : La page ferme le chapitre Kol Cha'a et ouvre Elu ovrin. Rabbi Yehouda lit lemor comme un lav : un interdit tiré d'un asse devient passible de coups, et la baraita de 41b sur le Pessa'h rôti mangé de jour s'en réclame.
L'eau du boulanger se verse en pente ; dans un creux, seulement si elle est peu abondante. On pétrit avec de l'eau qui a passé la nuit, hors du soleil et de l'eau chaude ; si l'on a transgressé, Rav Achi interdit.
La michna liste sept mélanges de céréale : on transgresse un lav, sans karet. Le koutah babylonien bouche le cœur, aveugle et affaiblit.
C'est l'avis de Rabbi Yehouda. Car on a enseigné : Un bœuf et un agneau, étiré (saroa) ou à sabots clos (kalout), tu en feras une offrande volontaire.
Celui-là, tu le consacrés (matfis) pour l'entretien du Temple (bedek ha-bayit), et tu ne consacrés pas les animaux sans défaut (temimim) pour l'entretien du Temple. De là on a dit : quiconque consacre des temimim pour l'entretien du Temple transgresse un commandement positif (asse).
La sougya vient de 41b. Une baraita rend passible de coups celui qui mange le Pessa'h rôti de jour. La source est un asse : on le mange la nuit. Un lav ha-ba mi-klal aseh reste classé comme un asse, et les coups n'ont pas de prise.
Rav Hisda, à la fin de 41b, range cette baraita selon Rabbi Yehouda. La preuve est le verset du baal moum. On consacre le taré pour le bedek ha-bayit. Le tamim reste pour l'autel. Qui consacre un tamim pour l'entretien du Temple transgresse un asse. Rabbi Yehouda fait de cet asse un lav, par le mot lemor qui ouvre la section.
Je n'ai cela que comme commandement positif (asse). D'où un interdit négatif (lo taasse) ?
Le verset l'enseigne : Hachem parla à Moché, en disant (lemor). Il a enseigné, pour toute la section, qu'elle soit sous un interdit négatif.
Paroles de Rabbi Yehouda.
Jusqu'ici, la transgression est un asse. Rabbi Yehouda cherche le lo taasse. Le mot lemor, en tête de la section des baalei moum, enseigne que toute la section porte un interdit négatif.
Rabbi (Yehouda haNassi) lui dit, à Bar Kappara : d'où cela se laisse-t-il entendre ?
Rabbi demande le pont entre le mot lemor et un interdit. La réponse vient au segment suivant, en deux lectures.
Il lui dit : car il est écrit lemor — lo ne'emar ba-devarim (un non est dit dans ces paroles).
Bar Kappara découpe lemor en notarikon : lo, ne'emar, ba-devarim. Un non est énoncé dans les paroles qui suivent. Le Ri réserve cette deracha aux passages qui ont déjà un lav issu d'un asse. Le reste de la section ne bascule pas en lav par ce seul mot.
Dans la maison de Rav on dit : lemor — lav emor (énonce un interdit).
Autre découpage : lav emor, énonce un interdit. Rachi le branche sur le Pessa'h. La section de Chemot 12 s'ouvre aussi par lemor. Manger le rôti de jour, qui n'était qu'un asse tiré du verset de la nuit, devient un lav. Les coups de la baraita de 41b ont leur source.
L'eau dont s'est servi le boulanger, etc. Une baraita enseigne : on verse à un endroit en pente (midron), et on ne verse pas à l'endroit du creux (ashboren).
Et l'autre baraita enseigne : on verse à l'endroit de l'ashboren !
Retour à la michna : l'eau où le boulanger a refroidi ses mains contient un reste de pâte. Deux baraitot se contredisent sur le creux (ashboren), là où le sol se fend et l'eau séjourne. La pente, elle, est commune : on y verse.
Le Roch rappelle d'abord le psak sur la farine dans la moutarde et le harosset, puis cette eau. Le Rif ne garde que la baraita restrictive : la mesure de l'eau abondante reste trop floue pour servir de critère.
Pas de difficulté. L'une : quand elles sont abondantes, et elles stagnent.
L'autre : quand elles ne sont pas abondantes, et elles ne stagnent pas.
Les deux baraitot visent deux quantités. L'eau abondante reste dans les fentes, la farine qu'elle traîne lève. L'eau peu abondante s'enfonce avant de lever. Rachi fixe la leçon : d-kavu avec les abondantes, de-lo kavu avec les autres.
Rav Yehouda a dit : une femme ne pétrira qu'avec de l'eau qui a passé la nuit (mayim shelanu).
Mayim shelanu : de l'eau puisée à l'avance et laissée reposer la nuit, pour qu'elle refroidisse. Rachi : en Nissan, saison des pluies, le soleil est bas, le monde est froid, les sources restent chaudes. L'eau chaude hâte le levain.
Le Roch ouvre deux raisons. Selon Rachi, puiser le matin et attendre le soir suffit, et l'eau des rivières pose moins de question. Selon Eliezer de Metz, le soleil chauffe la nuit ce qui est encore attaché au sol : on puise au début de la nuit, et ensuite on ne puise plus. La coutume des premiers tient les rivières, au début de la nuit du 14. Une réponse de Rachi relâche les rivières, et le Roch refuse de briser cette clôture.
Rav Matana l'exposa à Papounia. Le lendemain, tout le monde apporta ses cruches, vint vers lui, et lui dit : donne-nous de l'eau.
Il leur dit : je parlais de l'eau qui a séjourné (mayim de-vitu).
Shelanu s'entend de deux façons : l'eau qui a passé la nuit, et l'eau qui est à nous. Rav Matana parlait en langue sainte. À Papounia, on a entendu la seconde, et l'on est venu avec des cruches. Il précise en araméen : mayim de-vitu. Devitu est le targoum de lanu, elles ont logé.
Rava a exposé : une femme ne pétrira pas au soleil, ni avec de l'eau chauffée par le soleil (hamei hama), ni avec l'eau ratissée du moulyar. Et elle ne lèvera pas sa main du four jusqu'à ce qu'elle ait achevé tout le pain.
Et il faut deux récipients : l'un avec lequel elle lisse, et l'un dans lequel elle refroidit ses mains.
Rava ferme les sources de chaleur. Soleil, eau chauffée au soleil — et à plus forte raison au feu —, eau du fond du moulyar, chaudière de cuivre épaisse qui garde la tiédeur. La main ne quitte pas le four : la pâte ne reste pas en attente. Deux eaux : une pour lisser la galette, une pour refroidir les mains que la pâte échauffe.
Le Roch tranche l'après-coup comme Rav Achi. Selon Rachi, l'eau qui n'a pas passé la nuit reste permise si l'on n'en a pas d'autre : la phrase de Rav Yehouda vise le départ. Le Rif, qui lit les geroufin comme l'eau du jour, étend la question à ce cas. Avi ha-Ezri limite l'interdit au mezid. Rachi l'étend au chogueg, proche du volontaire, et interdit même l'alimentation. Le Baal ha-Itour réserve cela à la matsa chemoura. Le Roch suit Rachi : dès qu'on craint le levain, manger et le kezayit de matsa vont ensemble.
On leur a posé la question : si elle a transgressé et pétri, qu'en est-il ? Mar Zoutra a dit : permis.
Rav Achi a dit : interdit.
La question porte sur l'après-coup (bediavad). Rachi : elle a pétri à l'eau chaude. Mar Zoutra permet. Rav Achi interdit. Le Roch, au segment précédent, tient comme Rav Achi.
Mar Zoutra a dit : d'où le dis-je ? Car on a enseigné : on ne fait pas tremper l'orge à Pessa'h (lotetin).
Et si l'on a trempé : elles se sont fendues — interdites ; elles ne se sont pas fendues — permises.
Preuve de Mar Zoutra. Tremper l'orge est interdit au départ. Après coup, l'interdit ne tombe que si le grain s'est fendu, signe qu'il a levé. Sans fissure, ni siaor ni sidouk, c'est permis. Il étend cela à la pâte pétrie malgré l'interdit des Sages : on regarde si elle a vraiment levé.
Et Rav Achi a dit : est-ce que tu les as tous tissés d'un seul tissage ?! Là où cela a été dit, cela a été dit.
Là où cela n'a pas été dit, cela n'a pas été dit.
Mehita : un tissage. La baraita de l'orge dit elle-même que, sans fissure, c'est permis. Rav Achi refuse d'étendre ce régime à chaque interdit rabbinique. Là où les Sages ont dit qu'ils ne sanctionnent pas, c'est dit. Le pétrissage à l'eau chaude reste non dit.
Rachi : le cas est proche du mezid. On applique un knas, une sanction. Les pâtes de non-Juif, au daf 40, restent mangeables à satiété. Ici la femme a passé sur les paroles des Sages, et l'on veut la sanctionner.
Nous reviendrons vers toi, Kol Cha'a.
Hadran : formule de clôture du chapitre. Kol Cha'a, tout moment où il est permis de manger le hamets, se termine ici. La michna suivante ouvre le chapitre Elu ovrin.
Michna. Et voici ce sur quoi l'on transgresse à Pessa'h : le koutah babylonien, la bière mède, le vinaigre édomite, le zitom égyptien, le zoman des teinturiers, l'amidon des cuisiniers, et la colle des scribes.
Début du chapitre Élu ovrin. Sept préparations. Aucune n'est du pain, et chacune contient une céréale. Rachi et Riva lisent ovrin comme une sortie du monde : bal yerae et bal yimatse. Rabbeinou Tam lit ovrin comme une sortie de la table. L'interdit de manger vient de kol mahmetset lo tokhelou. La fin de la michna, azhara sans karet, explique le début : un interdit de possession n'aurait pas à écarter le karet.
Le Roch tire la nafka mina. Selon le taam du bitoul — les gens ne s'écartent pas du hamets — on ne laisse pas ces mélanges à la maison, même selon Rabbeinou Tam. La bière d'orge d'Allemagne et de France, dont l'orge est le principal, dépasse un kezayit dans le temps d'une akhilat peras : Rabbeinou Tam interdit de la garder. La bière mède, surtout des dattes et un peu d'orge, reste le cas de la michna. Sans eau, les jus de fruits ne font pas lever.
Rabbi Eliezer dit : même les parures des femmes.
Takhchitéi nachim : fards et parures où entre une céréale. Le mot af, même, montre que Rabbi Eliezer ajoute un cas à la liste du premier tanna, et qu'il l'accepte. La Guemara, plus loin, lui prête un avis où le hamets noukché seul est déjà interdit. Tossefot propose de lire Rabbi Elazar dans l'un des deux textes, michna ou Guemara, pour que les deux avis ne portent pas le même nom.
Voici la règle : tout ce qui est d'une espèce de céréale, on transgresse à son sujet à Pessa'h. Ceux-là sont sous un avertissement (azhara), et il n'y a pas en eux de karet.
La règle rassemble la liste. Dès qu'il y a une des cinq céréales, on transgresse. L'azhara est le lav, l'avertissement qui fonde les coups. Le karet reste réservé au hamets de céréale mangé dans les conditions que la Guemara va fixer. Rachi : manger ces mélanges porte un lav, pas un karet.
Guemara. Les Sages ont enseigné : trois choses sont dites du koutah babylonien.
Il bouche le cœur, il aveugle les yeux, et il affaiblit le corps.
La Guemara quitte un moment l'interdit et décrit le koutah. Metamtem : il bouche, il obture le cœur. Trois effets, détaillés au segment suivant. Rachi glose le mot par setima, fermeture.
Le Roch donne ici la composition des sept articles, puis le verset kol mahmetset. Rabbi Eliezer : karet sur le hamets de céréale, lav sur le mélange. Les Sages : sur le mélange, pas de coups. Le Roch précise : l'interdit demeure, et les coups reviennent dès qu'il y a un kezayit dans une akhilat peras. Le Rif suit les Sages. La michna anonyme, qui semble autre, est un stam suivi d'une mahloket sur le hamets noukché : elle ne tranche pas contre eux.
Il bouche le cœur, à cause du petit-lait (nisyouvei de-halba). Il aveugle les yeux, à cause du sel.
Il affaiblit le corps, à cause de la moisissure du pain (koumenita de-ouma).
Chaque effet à son ingrédient. Le petit-lait bouche le cœur. Le sel, Rachi précise le sel de Sodome, aveugle si la main passe du sel à l'œil. La moisissure du pain laissé dans le koutah affaiblit le corps. C'est cette part de pain qui rattache le koutah au hamets de la michna.
Les Sages ont enseigné : trois choses augmentent les déchets, courbent la taille, et ôtent un cinq-centième de la lumière des yeux de l'homme. Les voici : le pain grossier (pat kiber), la bière nouvelle, et le légume cru.
Suite des effets du corps, hors de l'interdit de Pessa'h. Trois aliments, trois suites : plus de déchets, la taille qui se courbe — Rachi : la force qui s'épuise —, et un cinq-centième de la vue, pour qui en mange beaucoup et souvent. Le légume cru : poireaux, oignons, laitue.
Les Sages ont enseigné : trois choses diminuent les déchets, redressent la taille, et éclairent les yeux. Les voici : le pain fin (pat nekiya), la viande grasse, et le vin vieux.
Le pain fin —
Baraita inverse. Pain fin, viande grasse, vin vieux : moins de déchets, taille redressée, yeux éclairés. Le daf s'arrête sur les mots pat nekiya. L'explication de chacun commence en 42b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).