Pesachim 43a - Parures, siaor, lav du hamets mélangé

Pesachim 43a

Sougya : La page achève les parures des femmes : chaux, fleur de farine ou huile de myrrhe, selon la fortune. Rabbi Yehoshoua dit pourquoi la michna nomme les mélanges un par un : pour que l'on en connaisse le nom, comme l'homme de l'Ouest qui se retire en entendant koutah.

La Guemara cherche ensuite le tanna de l'avertissement sans karet. Rav Yehouda, au nom de Rav, l'attribue à Rabbi Meir, à partir du siaor.

Rav Nahman l'attribue à Rabbi Eliezer, à partir du mélange. Chacun refuse le kal va-homer de l'autre, car ils ne classent pas de la même façon le noukché et le mélange.

Une baraita sur kol mahmetset appuie Rav Yehouda. La fin du daf tire le lav du mélange du mot kol, et réserve un kol du verset de karet à l'inclusion des femmes.

Deux classements, deux kal va-homer Rav Yehouda au nom de Rav la michna est Rabbi Meir Plus grave : hamets complet en mélange à plus forte raison, même lav Noukché en soi = lav siaor de Rabbi Meir, quarante coups Rav Nahman la michna est Rabbi Eliezer Plus grave : noukché en soi à plus forte raison, même lav Mélange = lav baraita de Rabbi Eliezer Rav Nahman refuse Rabbi Meir n'a peut-être parle que du noukché Rav Yehouda refuse Rabbi Eliezer n'a peut-être parle que du mélange
Rav Yehouda met le mélange au-dessus du noukché, Rav Nahman l'inverse. Chacun bloque donc le kal va-homer de l'autre.
Siaor : deux stades, deux tannaim Stade de la pâte Rabbi Meir Rabbi Yehouda Face blanchie hikhssifou panav début de levée Siaor on brûle quarante coups Matsa jouissance permise on donne au chien Fentes fines karnei hagavim antennes de sauterelles Hamets complet karet si on le mange Siaor on brûle jouissance interdite Baraita : on brûle = le siaor de chacun selon lui Au chien = face blanchie, selon Rabbi Yehouda Quarante = retour à Rabbi Meir, sur cette même pâte
Face blanchie : siaor pour Rabbi Meir, matsa pour Rabbi Yehouda. Fentes en antennes de sauterelles : hamets complet pour Rabbi Meir, siaor pour Rabbi Yehouda.
Trois mots, trois derachot Lav kol mahmetset lo tokhelou inclut koutah, bière, vinaigre, zitom mélange : lav Karet ki kol okhel hamets vénikhréta hamets de céréale complet : karet mélange : lav seul Mot kol au lav : mélange selon R. Eliezer au karet : femmes mahmetset du karet : levé par autre chose Objection : ich o icha égalise déjà l'homme et la femme pour tous les châtiments. Réponse ouverte : itztrikh la suite est sur 43b
Kol mahmetset donne le lav du mélange. Le karet reste sur le hamets complet. Le mot kol du karet sert à inclure les femmes.
1
שֶׁהִגִּיעוּ לְפִרְקָן, וְלֹא הִגִּיעוּ לִשְׁנַיִם, בְּנוֹת עֲנִיִּים — טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּסִיד, בְּנוֹת עֲשִׁירִים — טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּסֹולֶת, בְּנוֹת מְלָכִים — בְּשֶׁמֶן הַמֹּור, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים בְּשֶׁמֶן הַמֹּור״.

qui ont atteint leur stade, et n'ont pas atteint les années. Les filles des pauvres, on les enduit de chaux.

Les filles des riches, on les enduit de fleur de farine. Les filles des rois, d'huile de myrrhe, ainsi qu'il est dit : six mois dans l'huile de myrrhe.

📜 Rachi (2)
שֶׁהִגִּיעוּ לְפִרְקָן וְלֹא הִגִּיעוּ לְשָׁנִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶן שְׂעָרוֹת כְּאִילּוּ הִגִּיעוּ לְפִרְקָן וְהֵן לֹא הִגִּיעוּ לִכְלַל שָׁנִים וּבוֹשׁוֹת עַל כָּךְ:
Elles ont des poils, comme si elles avaient atteint leur stade, et elles n'ont pas atteint le compte des années, et elles en ont honte.
עֲשִׁירוֹת טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּסֹולֶת וּמַשִּׁיר אֶת הַשֵּׂעָר:
Et cela fait tomber le poil.
💡 Explication

Suite des parures des femmes (takhchitei nachim), que Rabbi Eliezer ajoute à la liste de la michna. Il s'agit de filles qui ont les signes du corps, le pirkan, et qui n'ont pas encore les années de la majorité. Le poil les gêne. On l'ôte par un enduit.

Trois matières, selon la fortune. Chaux pour les pauvres, fleur de farine (solet) pour les riches, huile de myrrhe (shemen ha-mor) pour les filles de rois. Le verset d'Esther, six mois dans l'huile de myrrhe, sert de source au troisième cas. Rachi : la fleur de farine fait tomber le poil. C'est cette part de céréale qui rattache l'enduit au hamets.

🖼️ Schéma
Enduit qui fait tomber le poil filles au stade du corps, avant l'âge des années Pauvres Chaux sid Riches Fleur de farine solet Filles de rois Huile de myrrhe shemen ha-mor
Chaux, fleur de farine, huile de myrrhe : même fonction, retirer le poil.
2
מַאי ״שֶׁמֶן הַמֹּור״? רַב הוּנָא בַּר יִרְמְיָה אוֹמֵר: סְטָכַת. רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר: שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ.

Qu'est-ce que l'huile de myrrhe ? Rav Houna bar Yirmeya dit : setakhat.

Rav Yirmeya bar Abba a dit : huile d'olive qui n'a pas atteint le tiers.

📜 Rachi (1)
סְטָכַת לָא אִיתַּפְרַשׁ:
Cela n'a pas été expliqué.
💡 Explication

Deux identifications de shemen ha-mor. Rav Houna bar Yirmeya dit setakhat. Rachi laisse le mot sans explication. Rav Yirmeya bar Abba dit : huile d'olive qui n'a pas atteint le tiers de sa maturité. L'huile du fruit trop jeune est acide, et c'est elle qui fait tomber le poil.

3
תַּנְיָא רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַנְפִּיקָנִין — שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ, וְלָמָּה סָכִין אוֹתוֹ? מִפְּנֵי שֶׁמַּשִּׁיר אֶת הַשֵּׂיעָר וּמְעַדֵּן אֶת הַבָּשָׂר.

On a enseigné : Rabbi Yehouda dit : l'anpikinon est une huile d'olive qui n'a pas atteint le tiers. Et pourquoi s'en oint-on ?

Parce qu'elle fait tomber le poil et qu'elle affine la chair.

📜 Rachi (2)
אַנְפִּיקִינוֹן בִּמְנָחוֹת תְּנַן אַנְפְּקִינוֹן לֹא יָבִיא וּמְפָרֵשׁ ר' יְהוּדָה אַנְפְּקִינִין הוּא שֶׁמֶן זַיִת כו':
Dans Menahot on enseigne : de l'anpakinon, on n'en apportera pas. Et Rabbi Yehouda explique : l'anpikinon est de l'huile d'olive, et la suite.
וּמְעַדֵּן אֶת הַבָּשָׂר אשקלייר"א:
Vieux français esclairier : éclaircir la peau.
💡 Explication

La baraita de Rabbi Yehouda rejoint Rav Yirmeya. Anpikinon : huile d'olive avant le tiers. On s'en oint pour deux effets : elle fait tomber le poil, elle affine la chair. Rachi glose le second mot par le vieux français esclairier, éclaircir la peau.

La michna de Menahot interdit d'apporter cette huile pour une offrande. Le même produit, trop jeune pour l'autel, sert ici de parure.

4
זֶה הַכְּלָל כָּל שֶׁהוּא מִמִּין דָּגָן. תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: וְכִי מֵאַחַר שֶׁשָּׁנִינוּ כֹּל שֶׁהוּא מִין דָּגָן הֲרֵי זֶה עוֹבֵר בְּפֶסַח, לָמָּה מָנוּ חֲכָמִים אֶת אֵלּוּ? כְּדֵי שֶׁיְּהֵא רָגִיל בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן.

Voici la règle : tout ce qui est d'une espèce de céréale. On a enseigné : Rabbi Yehoshoua a dit : dès lors que nous avons enseigné que tout ce qui est d'une espèce de céréale, on transgresse à son sujet à Pessa'h, pourquoi les Sages ont-ils énuméré ceux-ci ?

Afin que l'on y soit habitué, ainsi qu'à leurs noms.

📜 Rachi (1)
שֶׁיְּהֵא בָּקִי בָּהֶן שֶׁיָּדַע מִמָּה הֵן עוֹשִׂין אוֹתוֹ שֶׁיְּהֵא נִזְהָר בָּהֶן כְּשֶׁיָּבִיאוּ לוֹ כּוּתָח יֵדַע שֶׁיֵּשׁ חָלָב וְיֵשׁ שָׁם חָמֵץ אִם פֶּסַח הוּא:
Qu'il sache de quoi on les fabrique, pour s'en garder. Quand on lui apporte du koutah, il sait qu'il y a du lait, et qu'il y a là du hamets si l'on est à Pessa'h.
🗂️ Tossefot (1)
לָמָּה מָנוּ חֲכָמִים אֶת אֵלּוּ תֵּימַהּ לְרַשְׁבָּ"א הָא אִיצְטְרִיךְ לִמְנוֹתָם לְאַשְׁמוֹעִינַן שֶׁהֵן בְּלָאו וְלֹא בְּכָרֵת וְתֵירֵץ ר"י דְּלָא הֲוָה לֵיהּ לְאַשְׁמוֹעִינַן אֶלָּא תְּרֵי מִינַּייְהוּ חַד לְנֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ וְחַד ע"י תַּעֲרֹובֶת וְעוֹד הִקְשָׁה דת"ק שֶׁמְּנָאָם לֵית לֵיהּ הַאי כְּלָלָא דְּהָא אִיכָּא תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים שֶׁהֵן מִין דָּגָן וְאֵין עוֹבֵר בְּפֶסַח אֶלָּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הוּא דְּקָאָמַר לָהּ:
Difficulté pour le Rachba : il fallait pourtant les énumérer, pour nous apprendre qu'ils sont sous un lav et non sous un karet. Le Ri a répondu : il n'aurait eu à nous apprendre que deux d'entre eux, un pour le noukché en lui-même, un par mélange. Il a encore objecté : le premier tanna qui les a énumérés ne tient pas cette règle, car il existe des parures de femmes qui sont d'une espèce de céréale, et l'on ne transgresse pas à Pessa'h à leur sujet. Rabbi Eliezer est celui qui dit cette règle.
💡 Explication

Lemma de la michna : ze ha-klal, tout ce qui est d'une espèce de céréale. Rabbi Yehoshoua demande pourquoi énumérer les articles, puisque la règle les couvre déjà. Réponse : pour que l'on connaisse la chose et son nom. Rachi : devant un koutah, on sait le lait, et le hamets si c'est Pessa'h.

Tossefot. Le Rachba : la liste enseigne le lav sans karet, elle n'est donc pas de trop. Le Ri : deux exemples suffiraient, un noukché en soi, un mélange. Suite : le premier tanna ne tient pas la règle générale, puisque les parures de femmes sont une céréale et qu'il ne les compte pas. La règle est la parole de Rabbi Eliezer.

5
כִּי הָא דְּהָהוּא בַּר מַעְרְבָא אִיקְּלַע לְבָבֶל, הֲוָה בִּישְׂרָא בַּהֲדֵיהּ, אֲמַר לְהוּ: קְרִיבוּ לִי מִתְּכֵילְתָּא. שְׁמַע דְּקָאָמְרִי: קְרִיבוּ לֵיהּ כּוּתָח. כֵּיוָן דְּשָׁמַע כּוּתָח — פֵּירֵשׁ.

Comme dans ce cas : un homme de l'Ouest arriva à Babylone. Il avait de la viande avec lui.

Il leur dit : apportez-moi un accompagnement. Il entendit qu'ils disaient : apportez-lui du koutah.

Dès qu'il entendit koutah, il se retira.

📜 Rachi (3)
מִתְּכֵילְתָּא שׁוּם לִפְתָּן לְלַפֵּת בּוֹ אֶת הַפַּת:
Un accompagnement quelconque, pour y tremper le pain.
כֵּיוָן דְּשָׁמַע שֶׁקָּרְאוּ שְׁמוֹ כּוּתָח:
Qu'ils en ont dit le nom : koutah.
פֵּירֵשׁ שֶׁבָּקִי הָיָה וְיָדַע שֶׁיֵּשׁ שָׁם חָלָב:
Il était expert, et il savait qu'il y a là du lait.
💡 Explication

Cas qui montre à quoi sert le nom. L'homme de l'Ouest (maarava, la terre d'Israël) demande un matkhilta, un accompagnement pour le pain. Il entend le mot koutah et se retire. Rachi : il sait qu'il y a du lait, et il a de la viande avec lui.

6
הֲרֵי אֵלּוּ בְּאַזְהָרָה.

Ceux-ci sont sous un avertissement.

💡 Explication

Lemma de la fin de michna. Azhara : l'avertissement du lav, qui fonde les coups. La Guemara va demander quel tanna met sous ce lav à la fois le hamets complet mélangé et le noukché en lui-même.

7
מַאן תַּנָּא דְּחָמֵץ דָּגָן גָּמוּר עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבוֹת, וְנֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ בְּלָאו?

Quel est le tanna pour qui le hamets de céréale complet, par le moyen d'un mélange, et le noukché en lui-même, sont sous un lav ?

📜 Rachi (1)
מַאן תְּנָא דְּמַתְנִי' דְּאִית לֵיהּ חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר שֶׁנִּתְעָרֵב בְּמִין אַחֵר וְאֵינוֹ בְּעַיִן שֶׁנִּימּוֹחַ אִי נָמֵי חָמֵץ נֻוקְשֶׁה רַע וְאִיתֵיהּ בְּעֵינֵיהּ מֻוזְהָרִין עַל אֲכִילָתוֹ בְּלָאו דְּקָתָנֵי מַתְנִיתִין כֻּותָּח הַבַּבְלִי וְשֵׁכָר הַמָּדִי חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר אֶלָּא שֶׁנִּתְעָרֵב בְּדָבָר אַחֵר וְתַכְשִׁיטֵי נָשִׁים בְּעֵינֵיהּ הוּא אֲבָל נֻוקְשֶׁה הוּא דְּאֵינוֹ רָאוּי לַאֲכִילָה וְקָתָנֵי בְּאַזְהָרָה דְּעוֹבֵר עֲלֵיהֶן בְּלָאו:
De notre michna, qui tient ceci. Un hamets de céréale complet qui s'est mélangé à une autre espèce, qui n'est plus visible, qui s'est dissous. Ou bien un hamets noukché, mauvais, qui est là en lui-même. On est averti sur leur consommation par un lav. Car la michna enseigne : le koutah babylonien et la bière mède sont un hamets de céréale complet, sinon qu'il s'est mélangé à autre chose. Et les parures des femmes sont en elles-mêmes, mais c'est du noukché, car il est impropre à être mangé. Et elle enseigne : sous un avertissement, car on transgresse à leur sujet par un lav.
🗂️ Tossefot (1)
מַאן תְּנָא חָמֵץ גָּמוּר ע"י תַּעֲרֹובֶת וְנֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ בְּלָאו מַשְׁמַע בִּשְׁמַעְתִּין דְּאִי לָאו דְּאִיתְּרַבִי חָמֵץ נֻוקְשֶׁה לְמַלְקוּת אֲפִילּוּ אִיסּוּר לֹא הָיָה בּוֹ וְתֵימַהּ לר"י דבפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף כג:) בָּעֵי רַבִּי זֵירָא הֲרֵי עָלַי לַחְמֵי תוֹדָה מִן הֶחָמֵץ אוֹ מִן הַמַּצָּה וְהֵבִיא שִׂיאוּר מַהוּ שֶׁיֵּאוֹר דְּמַאן אִי דר"מ לר"מ מִדְּלָקֵי עֲלֵיהּ חָמֵץ הוּא וְהַשְׁתָּא מְנָא לֵיהּ דְּהָוֵי חָמֵץ לְעִנְיַן תּוֹדָה דִּילְמָא שָׁאנֵי חָמֵץ בְּפֶסַח דְּרַבְייָה קְרָא לְמַלְקוּת (גְּרֵידָא) ואור"י דְּהָתָם נָמֵי אִיכָּא שׁוּם קְרָא דְּמִרַבֵּינַן מִינֵּיהּ חָמֵץ נֻוקְשֶׁה וְהָא דְּתַנְיָא בְּפֶרֶק כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה (מְנָחוֹת דַּף נג:) אֵין מַחְמִיצִין בְּתַפּוּחִים דְּהָוֵי חָמֵץ נֻוקְשֶׁה כִּדְמַשְׁמַע הָתָם הַיְינוּ לְכַתְּחִילָּה אֲבָל בְּדִיעֲבַד כָּשֵׁר:
Il ressort de notre sougya que, si le hamets noukché n'avait pas été inclus pour les coups, il n'y aurait pas même eu d'interdit en lui. Difficulté pour le Ri. Au premier chapitre de Houlin (23b), Rabbi Zeira demande : je m'oblige aux pains de la toda, du hamets ou de la matsa, et il a apporté du siaor, qu'en est-il ? Siaor de qui ? Si c'est de Rabbi Meir : pour Rabbi Meir, dès lors qu'on reçoit des coups pour lui, c'est du hamets. Dès lors, d'où sait-il que c'est du hamets pour la toda ? Peut-être que le hamets de Pessa'h est différent, car le verset l'a inclus pour les coups seulement. Et le Ri a dit : là-bas aussi, il y a un verset d'où l'on inclut le hamets noukché. Et ce qui est enseigné au chapitre Kol ha-menahot baot matsa (Menahot 53b) : on ne fait pas lever avec des pommes, car c'est du hamets noukché, comme il ressort là. Cela vise lekhathila. Bediavad, c'est kacher.
💡 Explication

Question d'attribution. La michna met sous un lav deux cas que Rachi sépare. Le koutah et la bière mède : hamets de céréale complet, dissous dans autre chose. Les parures : le produit est là en lui-même, mais c'est du noukché, impropre à manger. Qui tient les deux ?

Tossefot tire de la suite une conséquence forte : sans l'inclusion du noukché pour les coups, il n'y aurait pas d'interdit du tout. Le Ri objecte depuis Houlin 23b. Rabbi Zeira traite le siaor de Rabbi Meir comme du hamets pour les pains de toda, justement parce qu'on reçoit des coups pour lui. Si le verset de Pessa'h ne l'incluait que pour les coups, cela ne ferait pas de lui un hamets pour la toda. Réponse du Ri : là-bas aussi un verset inclut le noukché. Les pommes, qui donnent un hamets noukché, restent interdites lekhathila pour une minha. Bediavad, l'offrande est kacher.

8
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: רַבִּי מֵאִיר הִיא, דְּתַנְיָא: שֶׁיֵּאוֹר — יִשָּׂרֵף, וְנוֹתְנוֹ לְכַלְבּוֹ, וְהָאוֹכְלוֹ — בְּאַרְבָּעִים.

Rav Yehouda a dit que Rav a dit : c'est Rabbi Meir. Car on a enseigné : le siaor, on le brûle, et on le donne à son chien, et celui qui le mange, par quarante.

📜 Rachi (1)
שֶׁיֵּאוֹר שֶׁלֹּא נִתְחַמֵּץ כָּל צָורְכּוֹ שֶׁיֵּאוֹר פְּלִיגִי בְּמָתְנֵי' ר"מ קָרֵי שֶׁיֵּאוֹר אֶת שֶׁהִכְסִיפוּ פָּנָיו וְזֶהוּ תְּחִלַּת חִימּוּצוֹ וְלֵר' יְהוּדָה הָוֵי שֶׁיֵּאוֹר שֶׁהִתְחִיל לִיסָּדֵק כְּבָר סְדָקִין דַּקִּין כְּקַרְנֵי חֲגָבִים אֶחָד לְכָאן וְאֶחָד לְכָאן אֲבָל שֶׁהִכְסִיפוּ פָּנָיו לְרַבִּי יְהוּדָה מַצָּה הִיא ולר"מ קַרְנֵי חֲגָבִים חָמֵץ גָּמוּר הוּא וְהָכָא הָכִי קָאָמַר שִׂיאוּר יִשָּׂרֵף דְּאָסוּר בַּהֲנָאָה שֶׁיֵּאוֹר דר"מ הִכְסִיפוּ פָּנָיו יִשָּׂרֵף לר"מ וְשֶׁיְּאוֹר דְּרַבִּי יְהוּדָה יִשָּׂרֵף לְר' יְהוּדָה וְסֵיפָא דְּקָתָנֵי וְנוֹתְנוֹ לִפְנֵי כַּלְבּוֹ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה קָאָמַר לֵיהּ וְאַשֵּׂיאוּר דר"מ קָאֵי וְהָאוֹכְלוֹ בְּאַרְבָּעִים אֲתַאן לר"מ כְּלוֹמַר לר"מ הָאוֹכְלוֹ לְשֶׁיֵּאוֹר זֶה שֶׁרַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר בַּהֲנָאָה סוֹפֵג אֶת הָאַרְבָּעִים אַלְמָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְר"מ דְּאִית לֵיהּ חֲדָא מֵהָנֵי תַּרְתֵּי דְּמַתְנִי' דְּקָאָמַר נֻוקְשֶׁה בְּעֵינַי' בְּלָאו כְּגוֹן שֶׁיֵּאוֹר דְּנֻוקְשֶׁה הוּא דְּאֵינוֹ רָאוּי לַאֲכִילָה הוֹאִיל וְהֶחֱמִיץ קְצָת וְלֹא גָּמַר וּלְהַחְמִיץ עִיסּוֹת אֲחֵרוֹת כִּשְׂאוֹר נָמֵי לָא חֲזִי וְקָאָמַר בְּלָאו וכ"ש חָמֵץ גָּמוּר ע"י תַּעֲרֹובֶת דְּקָסָבַר רַב יְהוּדָה ע"י תַּעֲרֹובֶת חֲמִיר מִנֻּוקְשֶׁה בְּעַיִן וְהַאי לָאו דְּנֻוקְשֶׁה נָפְקָא לֵיהּ מִכָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכְלוּ כָל רִבּוּיָא הוּא כְּדִלְקַמָּן:
Qui n'a pas levé autant qu'il faut. Le siaor : ils divergent dans la michna. Rabbi Meir appelle siaor celui dont la face à blanchi, et c'est le début de sa levée. Pour Rabbi Yehouda, le siaor est celui qui a commencé à se fendre : déjà de fines fentes, comme les antennes des sauterelles, une d'un côté et une de l'autre. Celui dont la face à blanchi est, pour Rabbi Yehouda, de la matsa. Pour Rabbi Meir, les antennes de sauterelles sont du hamets complet. Et ici, voici ce que l'on dit. Le siaor, on le brûle, car la jouissance en est interdite : le siaor de Rabbi Meir, la face blanchie, on le brûle selon Rabbi Meir, et le siaor de Rabbi Yehouda, on le brûle selon Rabbi Yehouda. Et la fin, qui enseigne qu'on le donne devant son chien, est dite selon Rabbi Yehouda, et elle vise le siaor de Rabbi Meir. Et celui qui le mange, par quarante : nous revenons à Rabbi Meir. C'est-à-dire : pour Rabbi Meir, celui qui mange ce siaor dont Rabbi Yehouda permet la jouissance reçoit les quarante. Il en ressort que nous tenons de Rabbi Meir l'une de ces deux règles de la michna, celle qui dit : le noukché en lui-même est sous un lav. Par exemple le siaor, qui est du noukché : il n'est pas propre à être mangé, puisqu'il a un peu levé sans achever, et pour faire lever d'autres pâtes à la manière d'un seor il n'est pas non plus propre. Et il dit : un lav. À plus forte raison le hamets complet par mélange, car Rav Yehouda tient que le mélange est plus grave que le noukché en lui-même. Et ce lav du noukché, il le tire de kol mahmetset lo tokhelou : kol est une inclusion, comme plus loin.
💡 Explication

Rav Yehouda au nom de Rav : la michna est Rabbi Meir. Preuve, une baraita sur le siaor, pâte qui a commencé à lever sans aller au bout. Trois membres, qui semblent se contredire : on le brûle, on le donne au chien, quarante coups pour qui le mange. Rachi en donne déjà la clé, que la Guemara va déployer.

Deux définitions, dans la michna plus loin. Face blanchie : siaor pour Rabbi Meir, début de levée ; matsa pour Rabbi Yehouda. Fentes comme les antennes des sauterelles (karnei hagavim) : hamets complet pour Rabbi Meir ; siaor pour Rabbi Yehouda. Le siaor est du noukché : trop levé pour être mangé comme matsa, trop peu pour servir de seor. Rabbi Meir y met un lav. Rav Yehouda en tire un kal va-homer vers le hamets complet mélangé, qu'il tient pour plus grave.

9
הָא גוּפָא קַשְׁיָא, אֲמַרְתְּ ״שֶׁיֵּאוֹר יִשָּׂרֵף״, אַלְמָא אָסוּר בַּהֲנָאָה, וַהֲדַר תָּנֵי: וְנוֹתְנוֹ לִפְנֵי כַּלְבּוֹ, אַלְמָא מֻותָּר בַּהֲנָאָה!

Ceci même fait difficulté. Tu as dit : le siaor, on le brûle.

Il en ressort que la jouissance en est interdite. Et ensuite on enseigne : on le donne devant son chien.

Il en ressort que la jouissance en est permise.

💡 Explication

Contradiction interne, avant d'utiliser la baraita. On brûle : la jouissance (hanaa) est interdite. On donne devant son chien : la jouissance est permise. Le membre des quarante n'est pas encore en jeu.

10
הָכִי קָאָמַר: שֶׁיֵּאוֹר יִשָּׂרֵף — דְּרַבִּי מֵאִיר לְרַבִּי מֵאִיר, דְּרַבִּי יְהוּדָה לְרַבִּי יְהוּדָה. וְנוֹתְנוֹ לִפְנֵי כַּלְבּוֹ — דְּרַבִּי מֵאִיר לְרַבִּי יְהוּדָה.

Voici ce que l'on dit. Le siaor, on le brûle : celui de Rabbi Meir selon Rabbi Meir, celui de Rabbi Yehouda selon Rabbi Yehouda.

Et on le donne devant son chien : celui de Rabbi Meir selon Rabbi Yehouda.

🗂️ Tossefot (1)
וְנוֹתְנוֹ לִפְנֵי כַּלְבּוֹ דר"מ לְרַבִּי יְהוּדָה מִדְּאוֹרַייְתָּא אַפֵּי' בַּאֲכִילָה שָׁרִי כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף כג:) דְּמַצָּה מְעַלַּיְיתָא הִיא אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן אָסוּר:
De la Tora, même en consommation c'est permis, comme nous le disons au premier chapitre de Houlin (23b), car c'est une matsa de choix. L'interdit vient des rabbins.
💡 Explication

La baraita parle à deux voix. On brûle : chacun pour le siaor tel qu'il le définit. Devant le chien : la face blanchie, siaor de Rabbi Meir, que Rabbi Yehouda tient pour de la matsa, et dont il permet la jouissance.

Tossefot resserre. Selon Rabbi Yehouda, cette pâte est une matsa de choix. De la Tora, la manger est permis. L'interdit de la lui donner, ou de s'en servir, est rabbinique. Houlin 23b est la source de cette lecture.

11
וְהָאוֹכְלוֹ בְּאַרְבָּעִים — אֲתַאן לְרַבִּי מֵאִיר.

Et celui qui le mange, par quarante : nous voici revenus à Rabbi Meir.

💡 Explication

Troisième membre. Les quarante coups visent la face blanchie, celle dont Rabbi Yehouda permet la jouissance. Pour Rabbi Meir, la manger est un lav. C'est le noukché en lui-même.

12
שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי מֵאִיר נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ — בְּלָאו. וְכָל שֶׁכֵּן חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר עַל יְדֵי תַּעֲרֹובֶת.

Nous tenons de Rabbi Meir : le noukché en lui-même, sous un lav. Et à plus forte raison le hamets de céréale complet par le moyen d'un mélange.

💡 Explication

Bilan de Rav Yehouda. Rabbi Meir a le noukché en soi sous un lav : le siaor. Le kal va-homer passe au hamets complet mélangé, que Rav Yehouda classe au-dessus. Les deux cas de la michna sont donc couverts, et la michna peut être Rabbi Meir.

13
רַב נַחְמָן אָמַר: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא, דְּתַנְיָא: עַל חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר — עָנוּשׁ כָּרֵת, עַל עֵירוּבוֹ — בְּלָאו, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַל חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר — עָנוּשׁ כָּרֵת, עַל עֵירוּבוֹ — בְּלֹא כְלוּם. וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר עַל יְדֵי תַּעֲרֹובֶת — בְּלָאו, וְכָל שֶׁכֵּן נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ.

Rav Nahman a dit : c'est Rabbi Eliezer. Car on a enseigné : sur le hamets de céréale complet, on est puni de karet ; sur son mélange, d'un lav.

Paroles de Rabbi Eliezer. Et les Sages disent : sur le hamets de céréale complet, on est puni de karet ; sur son mélange, de rien du tout.

Et nous tenons de Rabbi Eliezer, qui a dit : le hamets de céréale complet par le moyen d'un mélange, sous un lav. Et à plus forte raison le noukché en lui-même.

📜 Rachi (1)
וְעַל עֵירוּבוֹ בְּלָאו מִכָּל מַחְמֶצֶת כְּדִלְקַמָּן:
De kol mahmetset, comme plus loin.
💡 Explication

Deuxième attribution. Rav Nahman : la michna est Rabbi Eliezer. Baraita : hamets de céréale complet, karet ; son mélange, lav. Les Sages : sur le mélange, rien du tout. Rabbi Eliezer a donc le mélange sous un lav.

Rav Nahman ajoute le kal va-homer inverse : à plus forte raison le noukché en soi. Il classe le noukché au-dessus du mélange. Rachi renvoie le lav du mélange à kol mahmetset, dérivé plus loin sur la page.

14
וְרַב נַחְמָן, מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַב יְהוּדָה?

Et Rav Nahman, quelle raison a-t-il de ne pas dire comme Rav Yehouda ?

📜 Rachi (1)
מ"ט לֹא אָמַר כִּדְרַב יְהוּדָה דְּמוּקִי מַתְנִיתִין כְּר"מ: רַב נַחְמָן ס"ל נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ חָמוּר מֵחָמֵץ גָּמוּר ע"י תַּעֲרֹובֶת:
Qui établit notre michna comme Rabbi Meir. Rav Nahman tient : le noukché en lui-même est plus grave que le hamets complet par mélange.
💡 Explication

Pourquoi Rav Nahman n'adopte pas Rabbi Meir. Rachi donne le classement : pour lui, le noukché en soi est plus grave que le hamets complet par mélange. Le lav connu sur le cas grave ne descend pas, par kal va-homer, vers le cas léger.

15
אָמַר לָךְ: דִּילְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר הָתָם אֶלָּא נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ, אֲבָל חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר עַל יְדֵי תַּעֲרֹובֶת — לֹא.

Il te dirait : peut-être Rabbi Meir n'a-t-il dit là que le noukché en lui-même. Mais le hamets de céréale complet par le moyen d'un mélange, non.

📜 Rachi (1)
רַב נַחְמָן ס"ל נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ חָמוּר מֵחָמֵץ גָּמוּר ע"י תַּעֲרֹובֶת:
Rav Nahman tient : le noukché en lui-même est plus grave que le hamets complet par mélange.
💡 Explication

La réponse tient en un ad kan : jusqu'ici seulement. Rabbi Meir a parlé du noukché. Le mélange, il ne l'a pas dit. Sans le classement de Rav Yehouda, on ne passe pas de l'un à l'autre. La michna, qui a les deux, ne se laisse donc pas fixer sur Rabbi Meir.

16
וְרַב יְהוּדָה מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַב נַחְמָן?

Et Rav Yehouda, quelle raison a-t-il de ne pas dire comme Rav Nahman ?

17
אָמַר לָךְ: עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָתָם אֶלָּא חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר עַל יְדֵי תַּעֲרֹובֶת. אֲבָל נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ — לֹא אָמַר.

Il te dirait : Rabbi Eliezer n'a dit là que le hamets de céréale complet par le moyen d'un mélange. Mais le noukché en lui-même, il ne l'a pas dit.

💡 Explication

Symétrie. Rav Yehouda classe le mélange au-dessus du noukché. Rabbi Eliezer n'a parlé que du mélange. Le noukché reste non dit. On ne peut donc pas faire porter la michna, qui inclut les parures, par Rabbi Eliezer seul.

18
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: ״כָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכֵלוּ״ — לְרַבּוֹת כֻּותָּח הַבַּבְלִי וְשֵׁכָר הַמָּדִי וְחֹומֶץ הָאֲדוֹמִי וְזֵיתוֹם הַמִּצְרִי. יָכוֹל יְהֵא עָנוּשׁ כָּרֵת? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי כָּל אֹכֵל חָמֵץ וְנִכְרְתָה״, עַל חָמֵץ דָּגָן גָּמוּר — עָנוּשׁ כָּרֵת, וְעַל עֵירוּבוֹ — בְּלָאו.

On a enseigné dans le sens de Rav Yehouda : kol mahmetset lo tokhelou, pour inclure le koutah babylonien, la bière mède, le vinaigre édomite et le zitom égyptien. Pourrait-on penser qu'il est puni de karet ?

Le verset dit : ki kol okhel hamets vénikhréta. Sur le hamets de céréale complet, on est puni de karet, et sur son mélange, d'un lav.

📜 Rachi (1)
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה דְּאָמַר חָמֵץ גָּמוּר בְּתַעֲרֹובֶת חָמוּר: לְעִנְיַן כָּרֵת לָא כְּתִיב כָּל מַחְמֶצֶת אֶלָּא כָּל אוֹכֵל חָמֵץ וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ לֵיהּ: כּוּתָח וְשֵׁכָר וְחֹומֶץ וְזֵיתוֹם כֻּולָּן חָמֵץ גָּמוּר מְעֹורָב בָּהֶן כּוּתָח אִיכָּא פַּת וּבְהָנָךְ תְּלָתָא אִיכָּא שְׂעָרֵי וְכֻולְּהוּ בְּנֵי אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה נִינְהוּ אֲבָל זוֹמָן וַעֲמִילָן וְקוֹלָן דְּנֻוקְשֶׁה הוּא וּבְעֵינֵיהּ הוֹאִיל וְלָאו בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ לָא תְּנִינְהוּ וְהַיְינוּ כִּדְרַב יְהוּדָה דְּאָמַר מוֹדֶה הָיָה ר"א בְּנֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ דְּפָטוּר:
Qui a dit que le hamets complet en mélange est le plus grave. Pour le karet, il n'est pas écrit kol mahmetset, mais kol okhel hamets, et plus loin il l'explique. Koutah, bière, vinaigre et zitom sont tous un hamets complet mélangé en eux : dans le koutah il y a du pain, et dans ces trois-là il y a de l'orge, et tous sont propres à être mangés ou bus. Mais le zoman, l'amidon et la colle, qui sont du noukché et en eux-mêmes, puisqu'ils ne sont pas propres à être mangés, on ne les a pas enseignés. Et cela va comme Rav Yehouda, qui a dit : Rabbi Eliezer convenait, pour le noukché en lui-même, que l'on est quitte.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' כּוּתָח הַבַּבְלִי מִשּׁוּם קוּמְנִיתָא דְּאִית בֵּיהּ. חֹומֶץ הָאֲדוֹמִי דְּרָמוּ בֵּיהּ שְׂעָרֵי. זֵיתוֹם הַמִּצְרִי תָּנֵי רַב יוֹסֵף תִּילְתָּא שְׂעָרֵי וְתִילְתָּא קֻורְטְמֵי וְתִילְתָּא מִילְחָא. וְזוֹמָא שֶׁל צְבָעִים הָכִי תַּרְגֵּימוּ מַיָּא דְּחִיזְרָא. וַעֲמִילָן שֶׁל טַבָּחִים פַּת שֶׁל תְּבוּאָה שֶׁלֹּא הֵבִיאָה שְׁלִישׁ שֶׁמַּנִּיחִין אוֹתָהּ עַל פִּי הַקְּדֵירָה וְשׁוֹאֶבֶת הַזֻּוהֲמָא. וְקוֹלָן שֶׁל סוֹפְרִים הָכִי תַּרְגּוּמוֹ חֲרוּתָא דְּאֻושְׁכָּפֵי וְסוֹפְרִים נָמֵי מִדַּבְּקִי בְּהוּ נְיָירַייְהוּ. תָּנוּ רַבָּנַן כָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכֵלוּ לְרַבּוֹת כֻּותָּח הַבַּבְלִי וְשֵׁכָר הַמָּדִי וְחֹומֶץ הָאֲדוֹמִי יָכוֹל יְהֵא עָנוּשׁ כָּרֵת תַּלְמוּד לוֹמַר כִּי כָּל אֹוכֵל חָמֵץ וְנִכְרְתָה עַל חָמֵץ דָּגָן עָנוּשׁ כָּרֵת וְעַל עֵרוּבוֹ בְּלָאו דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וַחֲכָמִים אוֹמְרִים עַל חָמֵץ דָּגָן עָנוּשׁ כָּרֵת וְעַל עֵירוּבוֹ בִּוְלֹא כְּלוּם. ואע"ג דְּאָמְרִי רַבָּנָן עַל עֵירוּבוֹ בִּוְלֹא כְּלוּם מִילְקָא הוּא דְּלָא לָקֵי הָא אִיסּוּרָא אִיכָּא וְכִי אָמְרִי רַבָּנָן לָא לָקֵי הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלֵיכָּא כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס כְּגוֹן כּוּתָח הַבַּבְלִי וְשֵׁכָר הַמָּדִי וְכַיּוֹצֵא בּוֹ אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן חַייָּב. וּמִדְּפִי' רַב אִלְפָּס דִּבְרֵי חֲכָמִים מִכְּלָל דְּאִית לֵיהּ הֲלָכָה כַּחֲכָמִים. אַף עַל גַּב דִּסְתָם מַתְנֵי' דְּלָא כְּרַבָּנָן לָא חֲשִׁיב לֵיהּ סְתָמָא דִּתְנַן לְקַמָּן בְּפִרְקִין שִׂיאוּר יִשָּׂרֵף וְהָאוֹכְלוֹ פָּטוּר וְר' מֵאִיר פְּלִיג עֲלָהּ בַּבָּרַייְתָא דְּקָאָמַר דְּלוֹקֶה עַל שְׂאוֹר אֲבָל בְּמָתְנֵי' לָא פְּלִיג ואע"ג דְּרַב אִלְפָּס פָּסַק לְקַמָּן סוֹף סִימָן י' כְּרַבִּי מֵאִיר מִשּׁוּם דִּתְנָא לְמִילְּתֵיהּ בְּמַתְנִיתִין בִּלְשׁוֹן חֲכָמִים מִכָּל מָקוֹם בְּהָא דְּאָמַר ר"מ בַּבָּרַייְתָא דְּלוֹקֶה עַל שְׂאוֹר בְּהָא הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר הָאוֹכְלוֹ פָּטוּר כֵּיוָן דְּלָא תָּנֵי הָא דְּרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר בַּבָּרַייְתָא דְּלוֹקֶה בִּלְשׁוֹן חֲכָמִים דְּמַתְנִיתִין וא"כ רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה וּסְתָמָא דְּהָכָא הָוֵי סְתָם וְאַחַר כָּךְ מַחֲלֹוקֶת לְעִנְיַן חָמֵץ נֻוקְשֶׁה הִלְכָּךְ גַּם לְעִנְיַן עֵירוּבוֹ לָא חֲשִׁיבָא סְתָמָא זוֹ סְבָרַת רַב אִלְפָּס אֶלָּא שֶׁפָּסַק כַּחֲכָמִים.
Guemara. Le koutah babylonien, à cause de la moisissure (koumenita) qu'il y a en lui. Le vinaigre édomite, car on y a jeté de l'orge. Le zitom égyptien : Rav Yossef a enseigné, un tiers d'orge, un tiers de carthame (kartam), un tiers de sel. Et le zoman des teinturiers, ainsi l'ont-ils traduit : eau de son (maya de-hitzra). Et l'amidon des cuisiniers : un pain de céréale qui n'a pas atteint le tiers, que l'on pose sur l'ouverture de la marmite, et il absorbe le gras (zohama). Et la colle des scribes, ainsi est son targoum : colle des cordonniers (harouta de-ouchkefei). Les scribes aussi y collent leurs feuilles. Les Sages ont enseigné : kol mahmetset lo tokhelou, pour inclure le koutah babylonien, la bière mède et le vinaigre édomite. On pourrait penser qu'il est puni de karet. Le verset dit : ki kol okhel hamets venikhreta. Sur le hamets de céréale, on est puni de karet. Sur son mélange, d'un lav. Paroles de Rabbi Eliezer. Et les Sages disent : sur le hamets de céréale, on est puni de karet. Sur son mélange, de rien du tout. Et bien que les Sages disent, sur son mélange, de rien du tout : c'est des coups qu'il est quitte, et l'interdit est là. Et quand les Sages disent qu'il ne reçoit pas de coups, ces paroles visent le cas où il n'y a pas un kezayit dans le temps d'une akhilat peras, comme le koutah babylonien, la bière mède, et ce qui leur ressemble. Là où il y a un kezayit dans le temps d'une akhilat peras, même selon les Sages, il est passible. Et du fait que Rav Alfas explique les paroles des Sages, il suit qu'il tient la halakha selon les Sages. Bien que la michna anonyme ne soit pas selon les Sages, il ne compte pas cet anonymat comme un anonymat qui tranche. Car on enseigne plus loin dans le chapitre : le siaor, on le brûle, et celui qui le mange est quitte. Et Rabbi Meir diverge là-dessus dans une baraita, car il dit que l'on reçoit des coups pour le seor. Dans la michna, il ne diverge pas. Et bien que Rav Alfas tranche plus loin, à la fin du siman 10, comme Rabbi Meir, parce que celui-ci a enseigné sa parole dans la michna dans la formule des Sages, toutefois, là où Rabbi Meir a dit dans la baraita que l'on reçoit des coups pour le seor, la halakha suit Rabbi Yehouda, qui dit que celui qui le mange est quitte. Car on n'a pas enseigné, dans la formule des Sages de la michna, cette parole de Rabbi Meir dite dans la baraita, que l'on reçoit des coups. Dès lors, entre Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, la halakha suit Rabbi Yehouda. Et l'anonymat d'ici est un anonymat suivi d'une discussion (stam va-ahar kakh mahloket) pour le hamets noukché. Aussi, pour son mélange, cet anonymat ne compte pas. Tel est le raisonnement de Rav Alfas. Il a tranché comme les Sages.
💡 Explication

Baraita dans le sens de Rav Yehouda. Kol mahmetset lo tokhelou inclut quatre articles : koutah, bière mède, vinaigre édomite, zitom. On aurait pu y mettre le karet. Le verset ki kol okhel hamets vénikhréta le réserve au hamets de céréale complet. Le mélange reste au lav.

Rachi lit l'appui à Rav Yehouda dans ce que la baraita tait. Les quatre sont un hamets complet mélangé, pain ou orge, et l'on peut les manger ou les boire. Zoman, amidon, colle sont du noukché en soi, impropres à manger : absents. Rabbi Eliezer convient donc que, sur le noukché en soi, on est quitte.

Le Roch rappelle d'abord la composition des sept, puis la même baraita avec les Sages : sur le mélange, rien du tout. Il précise : les Sages quittent des coups, l'interdit demeure. Les coups reviennent dès qu'il y a un kezayit dans le temps d'une akhilat peras. Le Rif suit les Sages. La michna anonyme, qui semble autre, est un stam suivi d'une mahloket sur le hamets noukché : elle ne tranche pas contre eux. Entre Rabbi Meir et Rabbi Yehouda sur le siaor, la halakha suit Rabbi Yehouda.

🖼️ Schéma
La baraita nomme quatre mélanges, tait trois noukché Nommés : hamets complet mélangé Koutah babylonien : du pain Bière mède : de l'orge Vinaigre édomite : de l'orge Zitom égyptien : de l'orge propres à manger ou à boire lav, et l'on écarte le karet Passés sous silence : noukché Zoman des teinturiers Amidon des cuisiniers Colle des scribes en eux-mêmes, impropres à manger Rabbi Eliezer ne les tient pas quitte, comme dit Rav Yehouda
Quatre mélanges dans la baraita, trois noukché laissés de côté : c'est l'appui à Rav Yehouda.
19
מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר עַל עֵירוּבוֹ בְּלָאו? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא, וְאִילּוּ נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ לָא קָאָמַר. שְׁמַע מִינָּה: נֻוקְשֶׁה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר לֵית לֵיהּ.

De qui tiens-tu qu'il dit : sur son mélange, un lav ? C'est Rabbi Eliezer.

Tandis que le noukché en lui-même, il ne l'a pas dit. Apprends-en : le noukché, Rabbi Eliezer ne le tient pas.

🗂️ Tossefot (1)
וְאִילּוּ נֻוקְשֶׁה בְּעֵינֵיהּ לָא קָתָנֵי וא"ת וְנֵימָא דְּמִשּׁוּם הָכִי לָא חֲשִׁיב לֵיהּ מִשּׁוּם דכ"ש הוּא כִּדְאָמַר רַב נַחְמָן וְי"ל דְּאִי כ"ש הוּא הֲוָה לֵיהּ לְמִיתְנֵי לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּלֵית בֵּיהּ כָּרֵת:
Et si tu dis : disons que, s'il ne l'a pas compté, c'est parce que c'est un kal va-homer, comme l'a dit Rav Nahman. On répond : si c'était un kal va-homer, il aurait fallu l'enseigner, pour nous apprendre qu'il n'y a pas de karet en lui.
💡 Explication

Lecture de la baraita. Le lav du mélange est la parole de Rabbi Eliezer. Le noukché en soi n'y figure pas. Conclusion : Rabbi Eliezer ne tient pas le noukché. C'est ce que Rav Yehouda attendait.

Tossefot écarte l'échappatoire de Rav Nahman. On aurait dit : le noukché est omis parce qu'il va de soi, par kal va-homer. Réponse : un kal va-homer qui interdit devrait quand même être enseigné, pour écarter le karet. L'omission veut dire quitte, et non pas un lav trop évident pour être dit.

20
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, עֵירוּבוֹ בְּלָאו מְנָא לֵיהּ? דִּכְתִיב: ״כָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכֵלוּ״.

Et Rabbi Eliezer, le mélange sous un lav, d'où le tient-il ? De ce qui est écrit : kol mahmetset lo tokhelou.

📜 Rachi (1)
ור"א עֵירוּבוֹ בְּלָאו מְנָא לֵיהּ פְּשִׁיטָא מִדָּאֳפָקֶיהָ בִּלְשׁוֹן מַחְמֶצֶת וְגַבֵּי כָּרֵת נָמֵי מַחְמֶצֶת כְּתִיב:
C'est évident, puisqu'il l'a formulé dans la langue de mahmetset. Et auprès du karet aussi, mahmetset est écrit.
💡 Explication

Source du lav selon Rabbi Eliezer : kol mahmetset lo tokhelou. Rachi : le mot mahmetset, ce qui fait lever, dépasse le pain hamets visible. Il note aussitôt que mahmetset est écrit aussi auprès du karet. C'est l'objection du segment suivant.

21
אִי הָכִי, כָּרֵת נָמֵי לְחַיֵּיב, דְּהָא כְּתִיב: ״כִּי כָּל אֹכֵל מַחְמֶצֶת וְנִכְרְתָה״!

S'il en est ainsi, qu'on le rende passible de karet aussi, car il est écrit : ki kol okhel mahmetset venikhreta.

💡 Explication

Si mahmetset inclut le mélange, le verset de karet qui dit ki kol okhel mahmetset devrait punir le mélange de karet. Le lav seul ne se justifierait plus.

22
הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא, (״מַחְמֶצֶת״) אֵין לִי אֶלָּא שֶׁנִּתְחַמֵּץ מֵאֵלָיו, מֵחֲמַת דָּבָר אַחֵר מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כֹּל ... מַחְמֶצֶת וְנִכְרְתָה״.

Celui-là, il en a besoin pour ce qui a été enseigné. Mahmetset : je n'ai que ce qui a levé de soi-même.

Par le fait d'une autre chose, d'où ? Le verset dit : kol ... mahmetset venikhreta.

📜 Rachi (1)
הַהוּא מַחְמֶצֶת דְּגַבֵּי כָּרֵת לָאו לְעֵירוּבוֹ אֲתָא אֶלָּא לְנִתְחַמֵּץ מֵחֲמַת דָּבָר אַחֵר:
Le mahmetset d'auprès du karet ne vient pas pour le mélange. Il vient pour ce qui a levé par le fait d'une autre chose.
💡 Explication

Le mahmetset du karet est déjà pris. La baraita : sans ce mot, on n'aurait que ce qui a levé de soi-même. Par une autre chose (mahmat davar aher), levain, jus, ou un agent étranger, on l'apprend de kol mahmetset venikhreta. Le mot ne reste pas libre pour le mélange. Rachi le dit en une ligne.

23
אִי הָכִי, דְּלָאו נָמֵי לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא!

S'il en est ainsi, celui du lav aussi, c'est pour cela qu'il vient.

📜 Rachi (1)
אִי הָכִי הַאי דְּגַבֵּי לָאו נָמֵי אֵימָא לְאַזְהוֹרֵי אַנִּתְחַמֵּץ מֵחֲמַת דָּבָר אַחֵר אֲתָא וְאַזְהָרָה דְּתַעֲרֹובֶת מְנָא לֵיהּ:
Celui d'auprès du lav aussi, dis qu'il vient pour avertir au sujet de ce qui a levé par le fait d'une autre chose. Et l'avertissement du mélange, d'où le tient-il ?
💡 Explication

Même mot, même emploi. Si mahmetset, au karet, vise ce qui a levé par autre chose, le mahmetset du lav vise la même chose. Il ne reste plus de source pour l'avertissement du mélange. Rachi formule la question qui reste ouverte.

24
אֶלָּא: טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מ״כל״.

Plutôt : la raison de Rabbi Eliezer vient du mot kol.

💡 Explication

Correction. Rabbi Eliezer ne s'appuie pas sur mahmetset, déjà pris par la levée due à autre chose. Il s'appuie sur le mot kol, inclusion, dans le verset du lav. Kol élargit jusqu'au mélange.

25
הָתָם נָמֵי, הַכְּתִיב ״כֹּל״? הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ — לְרַבּוֹת אֶת הַנָּשִׁים.

Là-bas aussi, n'est-il pas écrit kol ? Celui-là, il en a besoin pour inclure les femmes.

📜 Rachi (1)
הָתָם נָמֵי גַּבֵּי כָּרֵת הָא כְתִיב כָּל אֹוכֵל מַחְמֶצֶת וְנִכְרְתָה:
Auprès du karet, il est écrit : kol okhel mahmetset venikhreta.
🗂️ Tossefot (1)
הַהוּא כֹּל לַאֲתוּיֵי נָשִׁים תֵּימַהּ לְרִ"י הָא תְּרֵי כִּי כָּל כְּתִיבִי גַּבֵּי כָּרֵת כִּי כָּל אֹוכֵל חָמֵץ וְנִכְרְתָה וְכִי כָּל אוֹכֵל מַחְמֶצֶת וּנְרַבֵּינַן עֵירוּבוֹ לְכָרֵת וַאֲפִילּוּ לְרַבָּנָן דְּלָא דָּרְשִׁי כֹּל כִּי כָּל דָּרְשִׁי ואור"י דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ לַגְּמָרָא דַּאֲתָא לְשׁוּם דְּרָשָׁא:
Difficulté pour le Ri : deux ki kol sont écrits auprès du karet, ki kol okhel hamets venikhreta, et ki kol okhel mahmetset, et l'on inclurait son mélange pour le karet. Et même selon les Sages, qui ne font pas de derasha sur kol, ils font une derasha sur ki kol. Et le Ri a dit : il est évident pour la Guemara que cela vient pour une derasha.
💡 Explication

Le verset de karet a lui aussi un kol. S'il incluait le mélange, on retournerait au karet. Réponse : ce kol sert à inclure les femmes dans le karet du hamets.

Tossefot. Il y a deux ki kol auprès du karet, l'un sur hamets, l'un sur mahmetset. Même les Sages, qui ne font pas de derasha sur le mot kol seul, font une derasha sur ki kol. L'un pourrait viser les femmes, l'autre le mélange, et le karet du mélange reviendrait. Le Ri : la Guemara tient pour évident que le second est déjà pris par une derasha, celle de la levée par autre chose.

26
נָשִׁים מִדְּרַב יְהוּדָה אָמַר רַב נָפְקָא, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וְכֵן תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אֲמַר קְרָא ״אִישׁ אוֹ אִשָּׁה כִּי יַעֲשׂוּ מִכָּל חַטֹּאת הָאָדָם״, הִשְׁוָה הַכָּתוּב אִישׁ לְאִשָּׁה לְכָל עֳונָשִׁין שֶׁבַּתּוֹרָה.

Les femmes se tirent de ce que Rav Yehouda a dit que Rav a dit. Car Rav Yehouda a dit que Rav a dit, et de même a enseigné l'école de Rabbi Yichmael : le verset a dit : un homme ou une femme, quand ils font l'une des fautes de l'homme.

Le verset a égalise l'homme et la femme pour tous les châtiments de la Tora.

📜 Rachi (1)
לְכָל עֳונָשִׁין מִכָּאן שֶׁהַנָּשִׁים חַייָּבוֹת עַל כָּל לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה שֶׁהֲרֵי עָונְשָׁן מַלְקוּת:
De là, les femmes sont tenues à tout lo taase de la Tora, car leur châtiment est les coups.
💡 Explication

Objection. Les femmes sont déjà incluses, sans ce kol. Rav Yehouda au nom de Rav, et l'école de Rabbi Yichmael : ich o icha, un homme ou une femme. Le verset égalise l'homme et la femme pour tous les onchin, les châtiments de la Tora. Rachi : de là, les femmes sont tenues à chaque lo taase, puisque le châtiment en est les coups.

27
אִיצְטְרִיךְ,

C'est nécessaire,

💡 Explication

Itztrikh : le kol du karet reste nécessaire pour les femmes, malgré ich o icha. Le daf s'arrête sur ce mot. La raison est sur 43b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).