Pesachim 43b — Femmes, hamets et matsa ; le permis qui se joint à l'interdit

Pesachim 43b

Sougya : L'amoud reprend le mot kol du verset du karet sur le hamets, réservé en 43a aux femmes. On aurait lu le verset à l'envers : qui est tenu de manger la matsa est tenu de s'abstenir de hamets, et les femmes, exemptes d'une mitsva positive dont le temps est la cause, sortiraient aussi du hamets.

Le kol les y maintient. Rabbi Eliezer en tire qu'elles sont tenues, de la Torah, à la matsa.

La Guemara demande ensuite si ce mot inclut les femmes ou le mélange, oppose la derasha de la graisse, et laisse en difficulté le ki kol de Rabbi Eliezer. Rabbi Yo'hanan pose alors la règle : le permis ne complète pas la mesure de l'interdit, sauf chez le nazir.

Zeiri ajoute le levain qu'on ne fait pas monter en fumée sur l'autel.

Femmes, hamets et matsa Le verset joint les deux. On le lit d'abord dans un sens, puis dans l'autre. Hava amina Qui est dans la matsa est dans le hamets Femmes exemptes de la matsa Donc hors du hamets Mitsva positive, le temps en est la cause Le mot kol Verset du karet ki kol okhel hametz Inclut les femmes parmi les mangeurs Elles sont dans le hamets Sans ce mot, la hava amina tiendrait Rabbi Eliezer Qui est dans le hamets est dans la matsa Les femmes y sont tenues, de la Torah Koum ekhol matsa La première nuit, malgré le temps Même hekesh, deux lectures. Le kol du karet fixe les femmes dans le hamets, et la matsa suit.
Hava amina, kol du karet, puis Rabbi Eliezer : les femmes mangent la matsa de la Torah.
Kol et ki kol : femmes ou mélange Un mot de trop inclut une chose. Laquelle ? Avertissement kol mahmetzet lo tokhelu Rabbi Eliezer : le mélange, en lav Sages : on ne dérive pas kol Le mot porte sur l'aliment neekhalin, ce qui se mange Karet ki kol okhel hametz Inclut les femmes Le mélange reste dehors Le mot porte sur le mangeur okhlin, ceux qui mangent L'objection à Rabbi Eliezer kol du karet : les femmes. ki kol du karet : le mélange, et en karet. Il dérive déjà ki kol pour le levain de l'autel (seor, bal taktiru). La baraita : kol ajoute une partie, ki kol ajoute le mélange. Kashya. La difficulté reste ouverte.
Kol de l'avertissement et ki kol du karet. L'amoud s'arrête sur la difficulté.
Le permis complète-t-il la mesure ? Un demi-kazayit d'interdit et un demi-kazayit de permis, mangés ensemble. Règle Rabbi Yo'hanan Demi-kazayit de graisse et demi de viande Patour Tous les interdits de la Torah Nazir mot misheret Demi-kazayit de raisins et demi de pain Hayav Le pain a trempé dans le vin Zeiri seor, bal taktiru Demi-kazayit de levain et demi de matsa Hayav Comme Rabbi Eliezer qui dérive kol Le permis ne se joint à l'interdit que là où un verset le dit.
Le permis ne complète le kazayit que pour le nazir, et pour Zeiri sur l'autel.
1
סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: הוֹאִיל וּכְתִיב ״לֹא תֹאכַל עָלָיו חָמֵץ שִׁבְעַת יָמִים תֹּאכַל עָלָיו מַצּוֹת״, כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּקוּם אֱכֹול מַצָּה — יֶשְׁנוֹ בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ, וְהָנֵי נָשֵׁי, הוֹאִיל וְלֵיתַנְהוּ בְּקוּם אֱכֹול מַצָּה, דְּהָוְיָא לַיהּ מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא (הִיא) — אֵימָא בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ נָמֵי לֵיתַנְהוּ, קָא מַשְׁמָע לַן.

Il te serait venu à l'esprit de dire : puisqu'il est écrit : 'Tu ne mangeras pas sur lui de hamets ; sept jours tu mangeras sur lui des matsot', quiconque est dans 'lève-toi et mange de la matsa' est dans 'tu ne mangeras pas de hamets'. Et ces femmes, puisqu'elles ne sont pas dans 'lève-toi et mange de la matsa', car c'est une mitsva positive dont le temps est la cause, je dirais qu'elles ne sont pas non plus dans 'tu ne mangeras pas de hamets'.

Cela vient nous l'apprendre.

📜 Rachi (2)
מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא נָפְקָא לָן בְּפ"ק דְּקִידּוּשִׁין (דַּף כט.) דְּנָשִׁים פְּטוּרוֹת:
Nous l'apprenons au premier chapitre de Kiddoushin (29a) : les femmes en sont exemptes.
קמ"ל הַאי כֹּל דְּמֻוזְהָרוֹת עַל הֶחָמֵץ וְכֵיוָן דְּמֻוזְהָרוֹת עַל לָאו דְּחָמֵץ חַייָּבוֹת בַּעֲשֵׂה דַּאֲכִילַת מַצָּה לַיְלָה הָרִאשׁוֹן ואע"ג דִּזְמַן גְּרָמָא כַּר' אֱלִיעֶזֶר הוֹאִיל וְיֶשְׁנָן בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ דְּנָפְקָא לָן מִכָּל אוֹכֵל חָמֵץ יֶשְׁנָן בְּקוּם אֱכֹול מַצָּה:
Ce kol [enseigne] qu'elles sont averties au sujet du hamets. Et puisqu'elles sont averties sur le lav du hamets, elles sont tenues à la mitsva positive de manger de la matsa la première nuit, bien que le temps en soit la cause, comme Rabbi Eliezer. Puisqu'elles sont dans 'tu ne mangeras pas de hamets', ce que nous tirons de 'quiconque mange du hamets', elles sont dans 'lève-toi et mange de la matsa'.
🗂️ Tossefot (1)
סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּקוּם אֱכֹול מַצָּה תֵּימַהּ לְרִ"י הֵיכִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לְמִידְרַשׁ הָכִי אַדְּרַבָּה אִיפְּכָא יֵשׁ לִדְרֹושׁ דִּלְחֻומְרָא מַקְּשִׁינַן ואור"י דס"ד דְּאוֹרְחֵיהּ דִּקְרָא דְּסֵיפָא מְפָרֵשׁ לְרֵישֵׁיהּ מִשּׁוּם הָכִי אָמַר דְּבַאֲכִילַת מַצָּה תָּלוּי דִּכְתִיבָא בַּסּוֹף וְעוֹד יֵשׁ לוֹמַר דְּהָכָא יֵשׁ לִדְרֹושׁ יוֹתֵר הֶיתֵּר לְנָשִׁים מִשּׁוּם ג"ש דט"ו מֵחַג הַסֻּוכּוֹת וְהָווּ מִיפַּטְרִי מִמַּצָּה כְּמוֹ מִסֻּוכָּה דְּפָטַר לְהוּ בְּהֶדְיָא בְּפֶ' הַיָּשֵׁן (סֻוכָּה כח.) מֵהֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי יֵשׁ מַקְשִׁים לָמָּה נָשִׁים אֵין חַייָּבוֹת בְּצִיצִי' מִשּׁוּם דְּכֹל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בִּלְבִישַׁת שַׁעַטְנֵז יֶשְׁנוֹ בִּגְדִילִים כִּדְדָרְשִׁינַן בַּעֲרָכִין (דַּף ג:) גַּבֵּי כֹּהֲנִים וּלְפֵירוּשׁ ר"י דְּפִי' דְּמִסֵּיפָא לְרֵישָׁא סְבָרָא לִדְרוֹשׁ קָשֶׁה לְהֶפֶךְ שֶׁלֹּא יְהוּ נָשִׁים חַייָּבוֹת בְּכִלְאַיִם וְכִי תֵּימָא ה"נ וְהָא בפ"ק דְּבֵיצָה (דַּף יד:) מַשְׁמַע דְּכִלְאַיִם לָא חֲזוּ לְמִידִי:
C'est étonnant pour le Ri : comment cela te viendrait-il à l'esprit de dériver ainsi ? Au contraire, il y a lieu de dériver l'inverse, car on compare pour la rigueur (le-houmra makshinan). Le Ri a répondu : on aurait pensé que la manière du verset est que la fin explique le début. C'est pourquoi il dit que cela dépend de la consommation de la matsa, qui est écrite à la fin. On peut encore dire : ici il y a lieu de dériver plus encore une permission pour les femmes, à cause de la gezera shava (analogie verbale) de 'quinze' avec la fête de Soukkot. Elles seraient exemptes de la matsa comme de la soukka, dont il les exempte expressément dans le chapitre Ha-yachen (Soukka 28a), d'une halakha à Moché du Sinaï. Certains objectent : pourquoi les femmes ne sont-elles pas tenues aux tsitsit, du fait que quiconque est dans le port du chaatnez est dans les gedilim (franges), comme on le dérive dans Arakhin (3b) au sujet des cohanim ? Selon l'explication du Ri, qui explique que de la fin vers le début il y a une raison de dériver, la difficulté se retourne : que les femmes ne soient pas tenues au kilayim. Et si tu dis : ici aussi il en est ainsi, or au premier chapitre de Beitsa (14b) il ressort que le kilayim ne convient à aucun usage.
💡 Explication

La page précédente a réservé le mot kol du verset du karet pour les femmes. Ici, la Guemara dit pourquoi il faut ce mot. Le verset colle le lav du hamets et la mitsva de la matsa. On lirait la fin comme la clé du début : qui est tenu de manger la matsa est tenu de s'abstenir de hamets. La matsa est une mitsva positive dont le temps est la cause. Les femmes en sont exemptes (Kiddoushin 29a). On les sortirait alors du hamets.

Le kol écarte cette lecture. Elles restent averties sur le hamets. Rachi enchaîne avec Rabbi Eliezer : averties sur le lav, elles sont tenues à la matsa la première nuit.

Les Tossefot demandent pourquoi dériver vers la permission. D'ordinaire on compare le-houmra, vers la rigueur. Le Ri répond par la forme du verset : la fin, la matsa, explique le début. Autre piste : la gezera shava de 'quinze' avec Soukkot, où les femmes sont exemptes de la soukka.

2
וְהַשְׁתָּא דְּאִתְרַבּוּ לְהוּ בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ — אִיתְרַבִּי נָמֵי לַאֲכִילַת מַצָּה, כְּרַבִּי (אֱלִיעֶזֶר). דְּאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: נָשִׁים חַיָּיבוֹת בַּאֲכִילַת מַצָּה דְּבַר תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תֹאכַל עָלָיו חָמֵץ וְגוֹ׳״, כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ — יֶשְׁנוֹ בַּאֲכִילַת מַצָּה. וְהָנֵי נָשֵׁי נָמֵי, הוֹאִיל וְיֶשְׁנָן בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ — יֶשְׁנָן בְּקוּם אֱכֹול מַצָּה.

Et maintenant qu'elles ont été incluses dans 'tu ne mangeras pas de hamets', elles sont aussi incluses dans la consommation de la matsa, comme Rabbi Eliezer. Car Rabbi Eliezer a dit : les femmes sont tenues de manger de la matsa de par la Torah, car il est dit : 'Tu ne mangeras pas sur lui de hamets, etc.' Quiconque est dans 'tu ne mangeras pas de hamets' est dans la consommation de la matsa.

Et ces femmes aussi, puisqu'elles sont dans 'tu ne mangeras pas de hamets', elles sont dans 'lève-toi et mange de la matsa'.

💡 Explication

Le hekesh se lit dans l'autre sens. Qui est dans bal tokhal hamets est dans koum ekhol matsa. Rabbi Eliezer : les femmes, comprises dans l'interdit, sont tenues de manger la matsa de la Torah, alors que le temps est la cause de la mitsva.

3
וּמַאי חָזֵית דְּהַאי ״כֹּל״ לְרַבּוֹיֵי נָשִׁים, וּמִפָּקַת עֵירוּבוֹ? אֵימָא: לְרַבּוֹיֵי עֵירוּבוֹ!

Et qu'as-tu vu pour que ce 'kol' serve à inclure les femmes, et que tu en sortes son mélange ? Dis : à inclure son mélange !

💡 Explication

Le même kol ne porte qu'une inclusion. L'objection choisit le mélange (eirouv) de hamets, celui dont Rabbi Eliezer fait un lav, plutôt que les femmes.

4
מִסְתַּבְּרָא, קָאֵי בְּאוֹכְלִין מְרַבֵּה אוֹכְלִין. קָאֵי בְּאוֹכְלִין מְרַבֵּה נֶאֱכָלִין?

C'est logique. Il se tient chez ceux qui mangent, il inclut ceux qui mangent.

Il se tient chez ceux qui mangent, et il inclurait ce qui se mange ?

📜 Rachi (2)
קָאֵי בָּאֳוכָלִין כֹּל דְּגַבֵּי כָּרֵת בְּאוֹכְלֵי חָמֵץ כְּתִיב אֲבָל כֹּל דְּאַזְהָרָה בַּנֶּאֱכָל כְּתִיב כָּל מַחְמֶצֶת:
Le kol du karet est écrit au sujet de ceux qui mangent du hamets. Mais le kol de l'avertissement est écrit au sujet de ce qui se mange : 'tout levain' (kol mahmetzet).
קָאֵי בְּאוֹכְלִין מְרַבֵּה נֶאֱכָלִין בִּתְמִיהַּ:
Il se tient chez ceux qui mangent, et il inclurait ce qui se mange ? C'est une question étonnée.
💡 Explication

Réponse par le sujet du verset. Le kol du karet est écrit sur celui qui mange : les okhlin, les mangeurs. Il élargit les personnes. Le kol de l'avertissement, kol mahmetzet, est écrit sur l'aliment : les neekhalin, ce qui se mange. Rachi marque la seconde phrase comme une question étonnée.

5
מַתְקֵיף לַהּ רַב נָתָן אֲבוּהּ דְּרַב הוּנָא (בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן): וְכָל הֵיכָא דְּקָאֵי בְּאוֹכְלִין לָא מְרַבֵּה נֶאֱכָלִין? וְהָא תַּנְיָא: ״כִּי כָּל אֹכֵל חֵלֶב מִן הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר יַקְרִיב״, אֵין לִי אֶלָּא חֵלֶב תְּמִימִין שֶׁרָאוּי לִיקְרַב, חֵלֶב בַּעֲלֵי מוּמִין מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִן הַבְּהֵמָה״. חֵלֶב חֻולִּין מִנַּייִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי כֹּל״. וְהָא הָכָא דְּקָאֵי בְּאוֹכְלִין, וְקָא מַרְבֶּה נֶאֱכָלִין!

Rav Natan, père de Rav Houna, fils de Rav Natan, objecte : et partout où il se tient chez ceux qui mangent, il n'inclut pas ce qui se mange ? Or on a enseigné : 'Car quiconque mange de la graisse, de la bête dont on présentera une offrande'.

Je n'ai que la graisse des animaux sans défaut, propres à être offerts. La graisse des animaux atteints d'un défaut, d'où ?

Le verset le dit : 'de la bête'. La graisse des animaux profanes (houlin), d'où ?

Le verset le dit : 'car quiconque'. Or ici il se tient chez ceux qui mangent, et il inclut ce qui se mange !

📜 Rachi (1)
אֲשֶׁר יַקְרִיב מַשְׁמַע קָדָשִׁים וְשֶׁיִּהְיוּ תְּמִימִים:
'Dont on présentera une offrande' : cela signifie des sacrifices, et qu'ils soient sans défaut.
💡 Explication

Rav Natan prend le verset de la graisse (helev), Vayikra 7:25. Le verset parle de celui qui mange, et ses mots ajoutent pourtant des graisses : animaux sans défaut propres à l'offrande, puis animaux atteints d'un défaut (baalei moumin), puis animaux profanes (houlin).

🖼️ Schéma
Mangeurs ou aliments ? On inclut ce qui reste à inclure. Graisse (helev) Femmes déjà comprises dans tous les châtiments ki kol ajoute des graisses défaut, puis houlin Aliments, neekhalin Rav Yehouda, ish o isha Hamets Les femmes restent à inclure kol reste sur elles Le mélange attend Mangeurs, okhlin Réponse à Rav Natan
La graisse n'a plus de mangeur à inclure. Le hamets a encore les femmes.
6
הָתָם דְּלֵיכָּא אוֹכְלִין — מְרַבֶּה נֶאֱכָלִין. הָכָא דְּאִיכָּא אוֹכְלִין — לָא שָׁבֵיק לְהוּ לְאוֹכְלִין וּמְרַבֵּה נֶאֱכָלִין.

Là-bas, où il n'y a pas de mangeurs, il inclut ce qui se mange. Ici, où il y a des mangeurs, il ne les laisse pas pour inclure ce qui se mange.

📜 Rachi (3)
הָתָם דְּלֵיכָּא לְרַבּוֹיֵי אוֹכְלִין דְּהָא נָשִׁים מִדְּרַב יְהוּדָה נָפְקִי הִשְׁוָה הַכָּתוּב אִשָּׁה לְאִישׁ לְכָל עֳונָשִׁין שֶׁבַּתּוֹרָה:
Là-bas, où il n'y a pas de mangeurs à inclure : car les femmes sortent déjà de Rav Yehouda. L'Écriture a égale la femme à l'homme pour tous les châtiments de la Torah.
הָכָא דְּאִיכָּא לְרַבּוֹיֵי אוֹכְלִין דְּנָשִׁים בְּאִיסּוּר חָמֵץ דְּלָא נָפְקִי לָן מִדְּרַב יְהוּדָה כְּדַאֲמָרָן לְעֵיל לָא שָׁבֵיק אֳוכָלִין וּמַרְבֶּה נֶאֱכָלִין:
Ici, où il y a des mangeurs à inclure : les femmes, dans l'interdit du hamets, qui ne nous sortent pas de Rav Yehouda, comme nous l'avons dit plus haut. Il ne laisse pas les mangeurs pour inclure ce qui se mange.
וּפָרְכִינַן וְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי אדר"א בְּעֵירוּב דְּחָמֵץ כֵּיוָן דְּלֵית לְהוּ לָאו בְּעֵירוּב פְּשִׁיטָא כֹּל דִּכְתִיב גַּבֵּי אַזְהָרָה דְּכָל מַחְמֶצֶת לָא דָּרְשִׁי וְהַשְׁתָּא עַל כָּרְחָךְ כֹּל דְּגַבֵּי כָּרֵת לְרַבּוֹיֵי נָשִׁים נָמֵי לָא דָּרְשִׁי וְאֶלָּא נָשִׁים מְנָא לְהוּ:
Et nous objectons, au sujet des Sages qui divergent de Rabbi Eliezer sur le mélange de hamets : puisqu'ils n'ont pas de lav sur le mélange, il est clair qu'ils ne dérivent pas le kol écrit auprès de l'avertissement, celui de 'kol mahmetzet'. Et maintenant, nécessairement, le kol du karet pour inclure les femmes, eux non plus ne le dérivent pas. Mais alors, les femmes, d'où cela leur vient-il ?
💡 Explication

On inclut ce qui reste disponible. Pour la graisse, les femmes sont déjà dans tous les châtiments, par Rav Yehouda : l'Écriture a égale l'homme et la femme. Le mot passe aux aliments. Pour le hamets, les femmes restent à inclure, comme la page précédente l'a montré. Le mot reste sur elles.

Rachi ouvre déjà la suite : les Sages, qui n'ont pas de lav sur le mélange, ne dérivent pas ce kol. D'où tiennent-ils alors les femmes ?

7
וְרַבָּנַן דְּלֵית לְהוּ עֵירוּב, ״כֹּל״ לָא דָּרְשִׁי. אֶלָּא נָשִׁים מְנָא לְהוּ?

Et les Sages, qui ne tiennent pas le mélange, ne dérivent pas 'kol'. Mais alors, les femmes, d'où les tiennent-ils ?

📜 Rachi (1)
כָּל דְּגַבֵּי אַזְהָרָה דְּלָא כְּתִיב כִּי בַּהֲדֵיהּ לָא דָּרְשִׁינַן לְרַבּוֹיֵי נֶאֱכָלִין דְּעֵירוּבוֹ אֲבָל גַּבֵּי כָּרֵת דָּאֳוכָלִין כְּתִיב כִּי כָּל אֹוכֵל דָּרְשִׁינַן לֵיהּ:
Kol : celui de l'avertissement, auprès duquel 'ki' n'est pas écrit, nous ne le dérivons pas pour inclure ce qui se mange, son mélange. Mais auprès du karet, où il est écrit au sujet des mangeurs 'car quiconque mange', nous le dérivons.
💡 Explication

Les Sages ne mettent pas de lav sur le mélange. Le kol de l'avertissement reste sans derasha. Rachi prépare la distinction du segment suivant : au karet, la formule est ki kol, et celle-là, on la dérive.

8
״כֹּל״ — לָא דָּרְשִׁי, ״כִּי כֹּל״ — דָּרְשִׁי.

'Kol', ils ne le dérivent pas. 'Ki kol', ils le dérivent.

💡 Explication

Deux formules. Kol seul reste sans inclusion. Ki kol, 'car quiconque', au verset du karet, porte l'inclusion des femmes.

9
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אֵימָא: ״כֹּל״ — לְרַבּוֹת אֶת הַנָּשִׁים, ״כִּי כֹּל״ — לְרַבּוֹת אֶת עֵירוּבוֹ!

Et Rabbi Eliezer, dis : 'kol' pour inclure les femmes, 'ki kol' pour inclure son mélange !

📜 Rachi (1)
וּמַקְּשִׁינַן ור"א אֵימָא כָּל דְּכָרֵת לְרַבּוֹיֵי נָשִׁים כִּי כֹּל דְּכָרֵת לְרַבּוֹיֵי עֵירוּבוֹ נָמֵי לְכָרֵת דְּכֵיוָן דְּלֵיכָּא תּוּ אוֹכְלִין לְרַבּוֹיֵי מִרַבֵּינַן בֵּיהּ נֶאֱכָלִין כְּדַאֲמָרָן גַּבֵּי חֵלֶב וְאֵימָא עַל עֵירוּבוֹ בְּכָרֵת:
Et nous objectons : et Rabbi Eliezer, dis que le kol du karet inclut les femmes, et que le ki kol du karet inclut aussi son mélange, pour le karet. Puisqu'il n'y a plus de mangeur à inclure, on inclut par ce mot ce qui se mange, comme nous l'avons dit pour la graisse. Dis alors qu'il y a karet sur son mélange.
💡 Explication

Rabbi Eliezer a deux mots au verset du karet. Kol pour les femmes. Ki kol pour le mélange, cette fois en karet. Le modèle est celui de la graisse : quand il ne reste plus de mangeur, le mot passe à l'aliment.

10
וְכִי תֵּימָא ״כִּי כֹּל״ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לָא דָּרֵישׁ, וְהָתַנְיָא: שְׁאָר בַּל תַּקְטִירוּ — אֵין לִי אֶלָּא כֻּולּוֹ, מִקְצָתוֹ מִנַּייִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כָּל״. עֵירוּבוֹ מִנַּייִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי כֹּל״. מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּדָרֵישׁ ״כֹּל״ — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְקָא דְּרֵישׁ ״כִּי כֹּל״!

Et si tu dis que 'ki kol', Rabbi Eliezer ne le dérive pas : or on a enseigné, au sujet du levain : 'tu n'en feras pas monter en fumée'. Je n'ai que le tout.

Une partie, d'où ? Le verset le dit : 'kol'.

Son mélange, d'où ? Le verset le dit : 'ki kol'.

De qui as-tu entendu qu'il dérive 'kol' ? De Rabbi Eliezer.

Et il dérive 'ki kol' !

📜 Rachi (3)
אֵין לִי אֶלָּא כֻּולּוֹ בִּזְמַן שֶׁכָּל הַהֶקְטֵר מִן הַשְּׂאוֹר:
Je n'ai que le tout : lorsque toute la combustion (haktara) vient du levain.
מִקְצָתוֹ חֲצִי זַיִת שֶׁאֵינוֹ הֶקְטֵר שָׁלֵם דְּאֵין הַקְטָרָה פְּחוּתָה מִכַּזַּיִת:
Une partie : un demi-kazayit, qui n'est pas une combustion entière, car il n'y a pas de combustion de moins d'un kazayit.
עֵירוּבוֹ מִנַּיִין כְּשֶׁאֵינוֹ בְּעַיִן אֶלָּא מְעֹורָב וְנִבְלָל עִם מִנְחָה הוֹגֶנֶת שֶׁל מַצּוֹת לְאַחַר שֶׁפְּתָתָן דְּאֵינָן בְּעַיִן:
Son mélange, d'où : lorsqu'il n'est pas distinct à l'œil, mais mêlé et pétri avec une oblation (minha) valable de matsot, après qu'on les a émiettées, si bien qu'elles ne sont plus distinctes.
🗂️ Tossefot (2)
אֵין לִי אֶלָּא כֻּולּוֹ מִקְצָתוֹ מִנַּיִן בְּפֶרֶק כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה (מְנָחוֹת נח.) מְפָרֵשׁ אַבַּיֵּי אֵין לִי אֶלָּא כֻּולּוֹ דְּהַייְנוּ כַּזַּיִת מִקְצָתוֹ חֲצִי זַיִת מִנַּייִן וְרָבָא אָמַר הָתָם דה"ק אֵין לִי אֶלָּא קֹומֶץ כֻּולּוֹ מִקְצָת קֹומֶץ מִנַּייִן וּמַסִּיק הָתָם דְּאִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּאַבַּיֵּי סָבַר דְּיֵשׁ קֹומֶץ בְּפָחוֹת מב' זֵיתִים דְּהַיְינוּ כַּזַּיִת לְכָךְ מְפָרֵשׁ כֻּולּוֹ כַּזַּיִת וְסָבַר נָמֵי דְּיֵשׁ הַקְטָרָה בְּפָחוֹת מִזַּיִת ואע"ג דִּבְפֶ' כֵּיצַד צוֹלִין (לְקַמָּן פְּסָחִים עט.) א"ר יְהוֹשֻׁעַ כָּל הַזְּבָחִים שֶׁבַּתּוֹרָה שֶׁנִּשְׁתַּיֵּיר מֵהֶן כְּזַיִת בָּשָׂר וּכְזַיִת חֵלֶב זוֹרֵק אֶת הַדָּם מַשְׁמַע דְּאֵין הַקְטָרָה בְּפָחוֹת מִכְּזַיִת הָכָא הַיְינוּ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּסָבַר דְּיֵשׁ קֹומֶץ בְּפָחוֹת מב' זֵיתִים א"כ כְּשֶׁרִיבָּה הַכָּתוּב חֲצִי קֹומֶץ ע"כ רִיבָּה חֲצִי זַיִת וְרָבָא סָבַר אֵין קֹומֶץ בְּפָחוֹת מב' זֵיתִים וְאֵין הַקְטָרָה בְּפָחוֹת מִזַּיִת:
Dans le chapitre Kol ha-menahot baot matsa (Menahot 58a), Abaye explique : je n'ai que le tout, c'est-à-dire un kazayit ; une partie, un demi-kazayit, d'où ? Rava dit là-bas que voici le sens : je n'ai que le kometz tout entier ; une partie du kometz, d'où ? On conclut là-bas que voici ce qui les sépare : Abaye tient qu'il y a un kometz de moins de deux kazayit, c'est-à-dire un kazayit. C'est pourquoi il explique 'le tout' comme un kazayit. Il tient aussi qu'il y a une haktara de moins d'un kazayit. Et bien que dans le chapitre Keitsad tzolin (plus loin, Pesachim 79a) Rabbi Yehochoua ait dit : pour tous les sacrifices de la Torah dont il reste un kazayit de viande et un kazayit de graisse, on jette le sang, ce qui implique qu'il n'y a pas d'haktara de moins d'un kazayit, ici la raison est qu'il tient qu'il y a un kometz de moins de deux kazayit. Dès lors, quand le verset a inclus un demi-kometz, il a inclus un demi-kazayit. Rava tient qu'il n'y a pas de kometz de moins de deux kazayit, et pas d'haktara de moins d'un kazayit.
מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּדָרֵישׁ כָּל ר' אֱלִיעֶזֶר אַף עַל גַּב דר"ע נָמֵי דְּרֵישׁ כָּל בְּפֶ' הַתַּעֲרוֹבוֹת (זְבָחִים פב.) גַּבֵּי כָּל חַטָּאת לֹא קָשֶׁה דַּאֲפִילּוּ יְהֵא כר"ע מ"מ לָא מִישְׁתְּמִיט תַּנָּא לְמֵימַר (שֶׁיִּסְבֹּור) שֶׁיְּהֵא תַּעֲרֹובֶת חָמֵץ בְּכָרֵת וְעוֹד נִרְאֶה לְרִ"י דַּאֲפִילּוּ לְרַבָּנָן דְּלָא דָּרְשִׁי הָכָא כָּל דָּרְשִׁי בְּעָלְמָא בְּרֵישׁ מְרֻובֶּה (ב"ק סג.) דְּאָמַר כָּל רִבּוּיָא הוּא וּבְפֶ' שֵׁנִי דְּסֻוכָּה (דַּף כֹּח.) גַּבֵּי כָּל הָאֶזְרָח וְדַווְקָא הָכָא לָא דָּרְשִׁי בְּדָבָר שֶׁאֵין סְבָרָא לְרַבּוֹת כְּגוֹן עֵירוּבוֹ וּכְגוֹן נָשִׁים מִשּׁוּם הֶיקֵּשָׁא וּכְגוֹן מִקְצָת דְּבַל תַּקְטִירוּ וה"פ כְּמַאן כְּר"א דְּדָרֵישׁ כֹּל אֲפִילּוּ לְדָבָר שֶׁאֵין סְבָרָא לְרַבּוֹת כְּגוֹן עֵירוּבוֹ וּכְגוֹן נָשִׁים וְאַהָא קָאָמַר נָמֵי דְּרַבָּנָן לָא דָּרְשִׁי כֹּל:
Bien que Rabbi Akiva dérive lui aussi 'kol' dans le chapitre Ha-taarouvot (Zevahim 82a), au sujet de 'kol hatat', la difficulté tombe. Même si c'était selon Rabbi Akiva, aucun tanna n'a été amené à dire (qu'il tiendrait) qu'un mélange de hamets soit passible de karet. De plus, il semble au Ri que même les Sages, qui ne dérivent pas 'kol' ici, le dérivent ailleurs : au début de Merouba (Bava Kamma 63a), où il est dit que 'kol' est une inclusion (ribbouy), et au deuxième chapitre de Soukka (28a), au sujet de 'kol ha-ezrah'. Ici seulement ils ne le dérivent pas, là où il n'y a pas de raison d'inclure : son mélange, les femmes à cause du hekesh, et une partie dans 'tu n'en feras pas monter en fumée'. Et voici le sens : selon qui ? Selon Rabbi Eliezer, qui dérive 'kol' même là où il n'y a pas de raison d'inclure, comme son mélange et comme les femmes. Et c'est à ce sujet qu'on dit aussi que les Sages ne dérivent pas 'kol'.
💡 Explication

On ne répond pas que Rabbi Eliezer laisse ki kol sans derasha. La baraita de seor bal taktiru (Vayikra 2:11) aligne trois crans : le mot levain donne le tout, kol donne une partie, ki kol donne le mélange. Celui qui dérive kol est Rabbi Eliezer, et il dérive ki kol.

Rachi lit 'une partie' comme un demi-kazayit, sous la mesure d'une haktara. Les Tossefot rapportent Abaye et Rava (Menahot 58a) : kazayit entier, ou demi-kometz.

🖼️ Schéma
Seor, tu n'en feras pas monter en fumée Baraita. Chaque mot ajoute un cran. Rabbi Eliezer dérive les deux. Seor Le tout kulo kol Une partie miktzato ki kol Le mélange éirouvo Il dérive kol. La baraita lui fait dériver ki kol. On ne peut pas lui retirer ce mot.
Trois crans du verset du levain. Ki kol est bien dérivé par Rabbi Eliezer.
11
קַשְׁיָא.

Difficulté.

💡 Explication

Kashya : le point reste sans réponse sur cet amoud. Rabbi Eliezer dérive ki kol. Le mélange de hamets pourrait donc entrer dans le karet, et la Guemara laisse la question ouverte.

12
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל אִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה — אֵין הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר, חוּץ מֵאִיסּוּרֵי נָזִיר, שֶׁהֲרֵי אָמְרָה תּוֹרָה ״מְשָׁרֵת״.

Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : pour tous les interdits de la Torah, le permis ne se joint pas à l'interdit, sauf les interdits du nazir, car la Torah a dit 'misheret' (ce qui a trempé).

📜 Rachi (1)
אֵין הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר אָכַל חֲצִי זַיִת חֵלֶב וַחֲצִי זַיִת בָּשָׂר בְּבַת אַחַת אֵין הֶיתֵּר מַשְׁלִים אֶת שִׁיעוּר הָאִיסּוּר לְחַייְּבוֹ חוּץ מֵאִיסּוּרֵי נָזִיר שֶׁאִם אָכַל חֲצִי זַיִת עֲנָבִים וַחֲצִי זַיִת לֶחֶם בְּבַת אַחַת חַיָּיב שֶׁהֲרֵי אָמְרָה תּוֹרָה מִשְׁרַת עֲנָבִים לֹא יִשְׁתֶּה חַיָּיב עַל שְׁרִייַּת פִּתּוֹ בְּיַיִן וְאִי אִיכָּא מִיַּיִן לְחוּדָהּ כְּזַיִת לָמָּה לִי קְרָא וְכָל מְשָׁרֵת לָא גָּרְסִינַן וְאִית דְּגָרְסִי לֵיהּ וּמְפָרְשִׁי דַּאֲפִילּוּ לְרַבָּנָן דְּלָא דָּרְשִׁי כֹּל וְכֹל דָּרְשִׁי וְלֹא הִיא דְּהָא פָּרְכִינַן לְקַמָּן הַאי מִיבַּעְיָא לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא מִשְׁרַת לִיתֵּן טַעַם כְּעִיקָּר וְאִם אִיתָא נֵימָא לֵיהּ אֲנָא טַעְמָא דִּידִי מוּכָל אֶלָּא מִמַּשְׁמָעוּתָא דִּמְשָׁרֵת נָפְקָא לֵיהּ וְכֹל לָא דְּרֵישׁ:
S'il a mangé un demi-kazayit de graisse et un demi-kazayit de viande en une seule fois, le permis ne complète pas la mesure de l'interdit pour le rendre passible. Sauf les interdits du nazir : s'il a mangé un demi-kazayit de raisins et un demi-kazayit de pain en une fois, il est passible. Car la Torah a dit : 'il ne boira aucune trempe de raisins'. Il est passible pour avoir fait tremper son pain dans le vin. Et s'il y a du vin seul à hauteur d'un kazayit, à quoi sert le verset ? Nous ne lisons pas 've-khôl misheret'. Certains le lisent, et ils expliquent que même selon les Sages, qui ne dérivent pas 'kol', 've-khôl', eux, ils le dérivent. Cette lecture est écartée. Car nous objectons plus loin : ce mot est nécessaire pour ce qu'on a enseigné, 'misheret' vient donner le goût comme la substance (taam ke-ikkar). Et s'il en était ainsi, qu'il lui dise : moi, ma raison vient de 've-khôl'. C'est du sens de 'misheret' qu'il le tire, et 'kol', il ne le dérive pas.
🗂️ Tossefot (1)
חוּץ מֵאִיסּוּרֵי נָזִיר אע"ג דְּחַטָּאת נָמֵי קָאָמַר לְקַמָּן לְרַבִּי יוֹחָנָן הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר הָכָא לָא חֲשִׁיב חַטָּאת דִּבְקָדָשִׁים לָא קָמַיְירֵי:
Bien que, plus loin, pour le hatat aussi, Rabbi Yo'hanan dise que le permis se joint à l'interdit, ici il ne compte pas le hatat, car il ne traite pas des choses sacrées.
💡 Explication

Nouvelle règle, après les mélanges. Ein heter mitztaref le-issour : le permis ne complète pas la mesure de l'interdit. Un demi-kazayit de graisse avec un demi-kazayit de viande, en une fois, laisse patour.

Exception : les interdits du nazir. Le mot misheret rend passible le raisin mangé avec du pain. Rachi écarte la leçon 've-khôl misheret'. La halakha sort du sens du mot. Le même mot sert plus loin au taam ke-ikkar, le goût qui vaut comme la substance.

13
וּזְעֵירִי אָמַר: אַף שְׂאוֹר בַּל תַּקְטִירוּ.

Et Zeiri a dit : également le levain de 'tu n'en feras pas monter en fumée'.

📜 Rachi (1)
אַף שְׂאוֹר בַּל תַּקְטִירוּ נַמֵּי הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר חֲצִי זַיִת קֹומֶץ דִּשְׂאוֹר וַחֲצִי זַיִת דְּמַצָּה וְאֵינָן מְעֹורָבִין אֶלָּא כָּל אֶחָד נִיכָּר:
Également le levain de 'tu n'en feras pas monter en fumée' : là aussi, le permis se joint à l'interdit. Un demi-kazayit de la poignée (kometz) de levain et un demi-kazayit de matsa, et ils ne sont pas mélangés : chacun reste reconnaissable.
💡 Explication

Zeiri ajoute un second cas où le permis complète l'interdit : seor bal taktiru, l'interdiction de faire monter du levain sur l'autel. Rachi précise les mesures : un demi-kazayit de levain et un demi-kazayit de matsa, chacun restant reconnaissable.

14
כְּמַאן? כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּדָרֵישׁ ״כֹּל״.

Selon qui ? Selon Rabbi Eliezer, qui dérive 'kol'.

📜 Rachi (1)
כר"א דְּדָרֵישׁ כֹּל לְעֵיל וּמֵהָתָם נָפְקָא לֵיהּ כְּדַאֲמָרָן לְעֵיל מִקְצָתוֹ מִנַּייִן ת"ל כֹּל וּדְרֵישׁ לֵיהּ הָכִי מִקְצָתוֹ מִנַּיִין חֲצִי זַיִת שְׂאוֹר וַחֲצִי זַיִת מַצָּה עִמּוֹ:
Comme Rabbi Eliezer qui dérive 'kol', plus haut. Et de là il le tire, comme nous l'avons dit plus haut : une partie, d'où ? Le verset le dit : 'kol'. Et il le dérive ainsi : une partie, d'où ? Un demi-kazayit de levain, et un demi-kazayit de matsa avec lui.
🗂️ Tossefot (1)
כְּמַאן כְּר"א דְּדָרֵישׁ כָּל נִרְאֶה לר"י דִּזְעֵירִי מַשְׁמַע לֵיהּ דִּשְׂאוֹר הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר מִדְּקָתָנֵי עֵירוּבוֹ מִנַּייִן ת"ל כִּי כֹּל וּמִדְּרַבִּי עֵירוּבוֹ א"כ הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר וְהַייְנוּ כִּדְרָבָא דִּלְדִידֵיהּ ה"פ מִקְצָתוֹ מִנַּיִין הַייְנוּ זַיִת שָׁלֵם אֲבָל לְאַבַּיֵּי דִּמְפָרֵשׁ מִקְצָתוֹ מִנַּיִין חֲצִי זַיִת לֹא שַׁיָּיךְ הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר דְּאַמַּשֶּׁהוּ דְּאִיסּוּר לְחוּדֵיהּ מִיחַייַּב וְהָא דִּמְרַבֶּה עֵירוּבוֹ הַייְנוּ כְּשֶׁמִּתְעָרֵב לְגַמְרֵי וְלֹא אָמַר שֶׁיִּתְבַּטֵּל הָאִיסּוּר אַגַּב הַהֶיתֵּר וְהָא דְּקָאָמַר כְּמַאן כְּר"א דְּדָרֵישׁ כָּל מִשּׁוּם דִּלְרַבָּנָן אַף עַל גַּב דְּדָרְשִׁי כִּי כֹּל לָא מוֹקְמָא לֵיהּ לְרַבּוֹת עֵירוּבוֹ אֶלָּא לְרַבּוֹת מִקְצָתוֹ וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ דִּזְעֵירִי מַשְׁמַע לֵיהּ מִקְצָת הַיְינוּ חֲצִי זַיִת קֹומֶץ דִּשְׂאוֹר וַחֲצִי זַיִת דְּמַצָּה וְאֵין מְעֹורָבִין אֶלָּא כָּל אֶחָד נִיכָּר וק"ל לְפֵירוּשׁוֹ טוּבָא חֲדָא דְּלָא הָוֵי זְעֵירִי לָא כְּאַבַּיֵּי וְלָא כְּרָבָא וְעוֹד מַאי קָאָמַר כְּמַאן כר"א הָא כְּרַבָּנָן נָמֵי אָתְיָא דְּהָא כִּי כָּל דָּרְשִׁי וּמוֹקְמִינַן לֵיהּ אַמִּקְצָתוֹ דְּהַיְינוּ הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר לְפֵ"ה וְעוֹד בְּחָמֵץ מנ"ל תַּעֲרֹובֶת כֵּיוָן דְּצָרִיךְ קְרָא לְהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר וְעוֹד דִּלְפֵ"ה צ"ל מִקְצָתוֹ מִנַּיִין פִּי' חֲצִי זַיִת אִיסּוּר וַחֲצִי זַיִת הֶיתֵּר שֶׁאֵינָם מְעֹורָבִים יַחַד דְּאִי לָאו הָכִי הַיְינוּ עֵירוּב וּלְקַמָּן גַּבֵּי חַטָּאת מַשְׁמַע דְּאֵין הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר אִם לֹא שֶׁיִּתְעָרֵב הָאִיסּוּר וְהַהֶיתֵּר יַחַד דְּהָא אָמַר עַד שֶׁיִּבָּלַע בִּבְשָׂרָהּ:
Il semble au Ri que Zeiri comprend, pour le levain, que le permis se joint à l'interdit, de ce qui est enseigné : son mélange, d'où ? Le verset le dit : 'ki kol'. Du fait qu'il inclut son mélange, le permis se joint donc à l'interdit. Et cela va comme Rava. Car selon lui, voici le sens : une partie, d'où ? C'est un kazayit entier. Selon Abaye, qui explique 'une partie, d'où' comme un demi-kazayit, le permis qui se joint à l'interdit n'a pas sa place, car sur une quantité infime (mashehou) d'interdit seul il est déjà passible. Et ce qu'il inclut par 'son mélange', c'est lorsqu'il se mélange complètement. Il ne dit pas que l'interdit s'annule à cause du permis. Et ce qu'il dit 'selon qui ? selon Rabbi Eliezer qui dérive kol', c'est parce que les Sages, bien qu'ils dérivent 'ki kol', ne l'établissent pas pour inclure son mélange : ils l'établissent pour inclure une partie. Rachi a expliqué que Zeiri comprend 'une partie' comme un demi-kazayit de kometz de levain et un demi-kazayit de matsa, sans qu'ils soient mélangés : chacun reste reconnaissable. Son explication soulève une grande difficulté. D'abord, Zeiri ne s'accorderait ni avec Abaye ni avec Rava. Ensuite, que veut dire 'selon qui ? selon Rabbi Eliezer' ? Cela s'accorde aussi avec les Sages, car eux aussi dérivent 'ki kol', et on l'établit sur 'une partie', ce qui est, selon son explication, le permis qui se joint à l'interdit. Ensuite, pour le hamets, d'où tenons-nous le mélange, puisqu'il faut un verset pour que le permis se joigne à l'interdit ? Ensuite, selon son explication, il faut dire que 'une partie, d'où' signifie un demi-kazayit d'interdit et un demi-kazayit de permis qui ne sont pas mélangés ensemble, car sinon ce serait un mélange. Et plus loin, au sujet du hatat, il ressort que le permis se joint à l'interdit quand l'interdit et le permis se mélangent ensemble, car il dit : jusqu'à ce qu'il soit absorbé dans sa viande.
💡 Explication

La Guemara rattache Zeiri à Rabbi Eliezer, celui qui dérive kol. Rachi lit ce kol comme la 'partie' de la baraita : demi-kazayit de levain avec demi-kazayit de matsa.

Le Ri lit autrement. Zeiri vient du mélange de la baraita, le mot ki kol, et il va comme Rava : une partie, c'est un kazayit entier de levain. Le mélange, c'est l'interdit totalement mêlé au permis, sans annulation.

15
אִי הָכִי

Si c'est ainsi,

💡 Explication

L'amoud s'arrête sur l'ouverture de l'objection : si c'est ainsi. La suite se lit sur 44a.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).