Pesachim 44a - Le permis joint à l'interdit, ou un kezayit dans le temps d'un peras

Pesachim 44a

Sougya : La page répond d'abord pour le hamets de Pessa'h : le permis se joint à l'interdit, et la mention du siaor écarte Abaye, qui tenait une haktara même en dessous du kezayit. Rav Dimi énonce l'enseignement de Rabbi Yo'hanan : hors le nazir, le permis ne se joint pas à l'interdit.

Abaye objecte par la michna du plat épais de terouma touché par un tevoul yom, et par les coups qu'un zar reçoit pour un kezayit. Rav Dimi explique ces coups par un kezayit d'interdit mangé dans le temps d'un peras, mesure de quatre œufs.

Le koutah babylonien échappe à ce compte : raclé, l'intention sort de l'usage ; trempé, le hamets n'atteint pas le kezayit. Deux baraitot, mortiers d'épices puis corbeilles de grain, disent je dis, et laissent le houlin permis : épices rabbiniques, terouma de ce temps rabbinique.

La page rouvre enfin le mot michrat, réservé à une autre deracha.

Pourquoi le zar reçoit-il les coups pour un kezayit ? Lecture d'Abaye heter mitztaref le-issour le permis se joint à l'interdit Le houlin du plat compte avec la terouma Un kezayit du mélange suffit Réponse de Rav Dimi kezayit be-kedei akhilat peras olive d'interdit dans le temps d'un peras Seule la terouma est comptée Les bouchées se joignent dans le temps de 4 œufs Les deux lectures demandent pourquoi les rabbins contestent Rabbi Eliezer sur le koutah Réponse : le koutah n'offre pas ce kezayit de hamets
Abaye lit les coups par le joint du permis à l'interdit. Rav Dimi les lit par un kezayit de terouma mangé dans le temps d'un peras.
Koutah babylonien : deux manières de le manger Tel quel Il le racle et l'avalé Le kezayit de hamets arriverait dans le peras batla daato etzel kol adam intention annulée : hors de l'usage En trempette Il trempe, comme on mange Peu de koutah dans le temps d'un peras Pas de kezayit de hamets le condiment reste une faible part Dans les deux cas, pas de coups de la Torah pour le koutah
Koutah raclé : l'intention est annulée face à tout homme. Koutah en trempette : le hamets n'atteint pas un kezayit dans le peras.
Je dis : chacun est tombé dans son semblable Deux mortiers Épices : poivre, gingembre Tombées dans deux marmites houlin et terouma Terouma des épices : derabbanan Deux corbeilles Grain : terouma de la Torah Tombé dans deux sea houlin et terouma Terouma de ce temps : derabbanan Doute rabbinique : on attache à la permission, le houlin reste permis au zar De la Torah : prémices du grain, du vin et de l'huile
Mortiers d'épices et corbeilles de grain : on dit que chaque part est tombée dans son semblable, car la terouma en jeu est rabbinique.
1
לְעִנְיַן חָמֵץ בַּפֶּסַח נָמֵי.

De même pour le hamets à Pessa'h.

📜 Rachi (1)
אֲפִילּוּ חָמֵץ נָמֵי דְּהָא אָמְרִינַן עַל עֵירוּבוֹ בְּלָאו וְהַיְינוּ נַמֵּי הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר:
Même le hamets aussi : car nous disons, sur son mélange, un interdit (lav). Et cela aussi, c'est le permis qui se joint à l'interdit.
🗂️ Tossefot (1)
לְעִנְיַן חָמֵץ בַּפֶּסַח נָמֵי לְר' יוֹחָנָן לָא מָצֵי פָּרֵיךְ דְּאִיהוּ לָא דְּרֵישׁ כֹּל וְאִם תֹּאמַר וְהָא בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּיוֹמָא (דַּף עַד.) דְּרֵישׁ רַבִּי יוֹחָנָן מִכָּל חֵלֶב דַּחֲצִי שִׁיעוּר אָסוּר מִן הַתּוֹרָה ואור"י דְּלָא דָּרֵישׁ אֶלָּא לְאִיסּוּרָא אֲבָל לְהִתְחַייֵּב מַלְקוֹת כְּמוֹ בְּכַשִּׁיעוּר לֹא וְכֵן גַּבֵּי חָמֵץ:
De même pour le hamets à Pessa'h : on ne peut pas objecter cela à Rabbi Yo'hanan, car lui n'interprète pas le mot kol. Et si tu dis : dans le dernier chapitre de Yoma (74a), Rabbi Yo'hanan interprète de kol helev qu'un demi-volume (hatzi chiour) est interdit par la Torah ? Le RI répond : il ne le fait servir qu'à l'interdit. Pour être passible des coups comme pour le volume complet, il ne le fait pas servir. Et de même pour le hamets.
💡 Explication

Fin de la question ouverte sur la page précédente. Le nazir est le cas où le permis se joint à l'interdit. Rachi étend la même règle au hamets de Pessa'h : le mélange est déjà sous un lav, donc le permis qui s'y trouve se joint à l'interdit.

Tossefot ferme l'objection contre Rabbi Yo'hanan, qui n'interprète pas kol. Sa deracha de Yoma 74a, kol helev, ne porte que sur l'interdit du demi-volume. Elle ne rend pas passible des coups comme le volume entier. Le hamets suit la même limite.

2
אִין הָכִי נָמֵי. וּלְאַפּוֹקֵי מִדְּאַבַּיֵּי דְּאָמַר: יֵשׁ הַקְטָרָה לְפָחוֹת מִכְּזַיִת, קָמַשְׁמַע לַן דְּהַקְטָרָה לָאו לְפָחוֹת מִכְּזַיִת.

Oui, c'est bien ainsi. Et c'est pour écarter Abaye, qui a dit : il y a une haktara pour moins d'un kezayit.

Cela nous apprend que la haktara ne porte pas sur moins d'un kezayit.

📜 Rachi (1)
וּמְשַׁנֵּי אִין הָכִי נָמֵי דְּחָמֵץ בְּפֶסַח הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר וְהַאי דְּנָקֵיט שְׂאוֹר לְאַפּוֹקֵי מִדְּאַבַּיֵּי דְּאָמַר בִּמְנָחוֹת בְּפֶ' כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת יֵשׁ הַקְטָרָה בְּפָחוֹת מִכְּזַיִת וְחַיָּיב בְּהַקְטָרַת שְׂאוֹר כָּל דְּהוּ וְלָא בָּעֵי צֵירוּף וּמְתָרֵץ לַבָּרַייְתָא דִּלְעֵיל הָכִי אֵין לִי אֶלָּא כְּזַיִת חֲצִי זַיִת מִנַּיִן ת"ל כֹּל וְיָלֵיף מִינָּהּ דְּיֵשׁ הַקְטָרָה לְפָחוֹת מִכְּזַיִת קָא מַשְׁמַע לַן דְּאֵין הַקְטָרָה וְאִי אִיכָּא צֵירוּף אִין וְאִי לָא לָא:
Et il répond : oui, c'est bien ainsi. Pour le hamets à Pessa'h, le permis se joint à l'interdit. S'il a pris le siaor, c'est pour écarter Abaye, qui a dit dans Menahot, au chapitre Kol ha-menahot baot : il y a une haktara pour moins d'un kezayit, on est passible pour l'offrande d'un siaor en toute petite quantité, et l'on n'a pas besoin d'un joint. Il explique ainsi la baraita d'en haut : je n'ai que le kezayit, d'où le demi-kezayit ? Le verset dit kol. Il en déduit qu'il y a une haktara pour moins d'un kezayit. Cela nous apprend qu'il n'y a pas de haktara. S'il y a un joint, oui. S'il n'y en a pas, non.
💡 Explication

La Guemara admet le joint pour le hamets de Pessa'h. La baraita a parlé de siaor afin d'écarter Abaye.

Abaye, dans Menahot, tient qu'une haktara (montée sur l'autel) existe même en dessous du kezayit : offrir une quantité quelconque de siaor rend passible, sans avoir à compléter le volume par un joint. La baraita, lue par le mot kol, allait dans ce sens : du kezayit on passe au demi-kezayit. L'enseignement retient l'inverse. En dessous du kezayit, il n'y a pas de haktara. On n'est passible que là où un joint complète le volume.

3
יָתֵיב רַב דִּימֵי וְקָאָמַר לָהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: וְכָל אִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה אֵין הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר?

Rav Dimi était assis et il énonçait cet enseignement. Abaye dit à Rav Dimi : et pour tous les interdits de la Torah, le permis ne se joint pas à l'interdit ?

📜 Rachi (1)
לְהָא שְׁמַעְתָּא דְּר' יוֹחָנָן:
Cet enseignement : celui de Rabbi Yo'hanan.
💡 Explication

Rav Dimi rapporte l'enseignement de Rabbi Yo'hanan : en dehors du nazir, le permis ne se joint pas à l'interdit pour compléter le volume. Abaye demande si cette règle vaut pour tous les interdits de la Torah. L'objection qui suit est la michna du plat épais.

4
וְהִתְנָן: הַמִּקְפָּה שֶׁל תְּרוּמָה וְהַשּׁוּם וְהַשֶּׁמֶן שֶׁל חֻולִּין, וְנָגַע טְבוּל יוֹם בְּמִקְצָתָן — פָּסַל אֶת כֻּולָּן. הַמִּקְפָּה שֶׁל חֻולִּין וְהַשּׁוּם וְהַשֶּׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה, וְנָגַע טְבוּל יוֹם בְּמִקְצָתָן — לֹא פָּסַל אֶלָּא מְקוֹם מַגָּעוֹ בִּלְבַד.

Or nous avons appris : le plat épais de terouma, et l'ail et l'huile de houlin, et un tevoul yom en a touché une partie, il a invalidé le tout. Le plat épais de houlin, et l'ail et l'huile de terouma, et un tevoul yom en a touché une partie, il n'a invalidé que l'endroit de son contact.

📜 Rachi (2)
הַמִּקְפָּה תַּבְשִׁיל קָפוּי וָעָב שֶׁל תְּרוּמָה כְּגוֹן דַּייְסָא וְהַשּׁוּם וְהַשֶּׁמֶן הַנְּתוּנִין בּוֹ לְתַבְלִין הָיוּ שֶׁל חֻולִּין:
Le makpe : un mets figé et épais, de terouma, comme une bouillie. L'ail et l'huile qu'on y met comme assaisonnement étaient de houlin.
פָּסַל אֶת כָּל הַקְּדֵירָה דְּמִקְפָּה עִיקָּר וּטְבוּל יוֹם פּוֹסֵל אֶת הַתְּרוּמָה:
Il a invalidé : toute la marmite, car le plat épais est l'essentiel, et le tevoul yom invalide la terouma.
💡 Explication

Le tevoul yom s'est immergé le jour même : il attend le soir. Il invalide la terouma, il laisse le houlin intact.

Premier cas : le corps du plat (makpe) est terouma, l'ail et l'huile sont houlin. Un contact sur une partie invalide toute la marmite, parce que le plat est l'ikar, l'essentiel. Second cas : le plat est houlin, seuls l'ail et l'huile sont terouma. Seul l'endroit du contact est invalidé.

🖼️ Schéma
Michna : tevoul yom sur le plat épais Plat de terouma Ail et huile : houlin Contact sur une partie Tout le plat est invalidé le plat est l'essentiel le tevoul yom invalide la terouma Plat de houlin Ail et huile : terouma Contact sur une partie Seul l'endroit du contact l'assaisonnement est accessoire le reste du plat reste houlin
Plat de terouma : tout est invalidé. Ail et huile de terouma dans un plat de houlin : seul l'endroit touché.
5
וְהָוֵינַן בָּהּ: מְקוֹם מַגָּעוֹ אַמַּאי פְּסוּלָה? הָא בָּטְלִי לְהוּ תַּבְלִין בְּרֹוב! וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: מַה טַעַם — הוֹאִיל וְזָר לוֹקֶה עֲלֵיהֶן בִּכְזַיִת. הֵיכִי דָמֵי, לָאו מִשּׁוּם דְּהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר?

Et nous avons examiné la chose : l'endroit de son contact, pourquoi est-il invalidé ? Les assaisonnements sont annulés dans la majorité !

Et Rabba bar bar Hana a dit : quelle est la raison ? Puisqu'un zar reçoit pour eux les coups, pour un kezayit.

De quoi s'agit-il ? N'est-ce pas parce que le permis se joint à l'interdit ?

📜 Rachi (2)
מְקוֹם מַגָּעוֹ אַמַּאי פָּסַל הָא בָּטְלוּ לְהוּ תַּבְלִין בְּרֻובָּא דְּקָא ס"ד דִּימּוּעַ מִדְּרַבָּנָן הוּא דְּאָסוּר:
Pourquoi l'endroit de son contact est-il invalidé, alors que les assaisonnements sont annulés dans la majorité : car on pensait que le dimoua n'est interdit que par les rabbins.
וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה דִּימּוּעַ מִדְּאוֹרַייְתָּא הוּא וְזָר לוֹקֶה עָלָיו בִּכְזַיִת מִשּׁוּם דְּיֵשׁ שֵׁם תְּרוּמָה עֲלָהּ הִלְכָּךְ לְגַבֵּי טֻומְאָה נָמֵי שֵׁם תְּרוּמָה עֲלָהּ וּמִיהוּ לָא חֲמִירָא כִּתְרוּמָה עַצְמָהּ לִיפְסֹול אֶת כֻּולָּן ומ"ט זָר לוֹקֶה עָלָיו בִּכְזַיִת מִשּׁוּם זָרוּת הָא לֹא אָכַל כַּזַּיִת תְּרוּמָה לָאו מִשּׁוּם דְּהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר:
Et Rabba bar bar Hana a dit : le dimoua est de la Torah, et le zar en reçoit les coups pour un kezayit, parce que le nom de terouma repose sur le mets. Donc, pour l'impureté aussi, le nom de terouma repose sur lui. Toutefois il n'est pas aussi grave que la terouma elle-même, au point d'invalider le tout. Et pourquoi le zar reçoit-il les coups pour un kezayit à cause de sa qualité de zar, alors qu'il n'a pas mangé un kezayit de terouma ? N'est-ce pas parce que le permis se joint à l'interdit ?
🗂️ Tossefot (2)
(ה"ג רַשִׁ"י) מְקוֹם מַגָּעוֹ אַמַּאי פָּסַל הָא בְּטִיל בְּרֻובָּא וּפֵירֵשׁ דְּס"ד הַשְׁתָּא דְּדִימּוּעַ דְּרַבָּנַן וְקָשֶׁה לְרִיבָ"א דְּמַשְׁמַע שֶׁהַשּׁוּם וְהַשֶּׁמֶן בְּעַיִן מִדְּקָתָנֵי נָגַע בְּמִקְצָתָן וְלָא קָתָנֵי בְּמִקְצָתָהּ וְעוֹד דְּתָנֵי סֵיפָא אֵימָתַי בִּזְמַן שֶׁהֵן גּוּשׁ בַּקְּעָרָה אֲבָל אִם הָיָה מְפֻוזָּר טָהוֹר וְאִי פְּסִיל מְקוֹם מַגָּעוֹ מִשּׁוּם מְדֻומָּע אַדְּרַבָּה כִּי הָוֵי מְפֻוזָּר יֵשׁ לוֹ לִהְיוֹת מְדֻומָּע יוֹתֵר וְעוֹד אַמַּאי פְּסִיל מְקוֹם מַגָּעוֹ וְתוּ לָא כֵּיוָן דַּחֲשִׁיב כְּמוֹ כֻּולָּהּ תְּרוּמָה עַל יְדֵי דִּימּוּעַ יִפָּסֵל הַכֹּל אוֹ לֹא יִפָּסֵל אֲפִילּוּ מְקוֹם מַגָּעוֹ דִּבְהֶדְיָא אִיתָא הָא פְּלוּגְתָּא בְּמַסֶּכֶת טְבוּל יוֹם בְּעִיסָּה מְדֻומַּעַת וּמִי שֶׁפּוֹסְלָהּ פּוֹסְלָהּ לְגַמְרֵי וּמִי שֶׁמַּכְשִׁיר מַכְשִׁיר לְגַמְרֵי וְנִרְאֶה לר"י כְּפֵירוּשׁ ר"ת דְּפֵירֵשׁ דְּמַתְנִיתִין מַייְרֵי שֶׁהַשּׁוּם וְהַשֶּׁמֶן בְּעַיִן וְכִדְגָרֵס בְּכָל הַסְּפָרִים מְקוֹם מַגָּעוֹ אַמַּאי פָּסַל וְהָא לָא הָוֵי כְּבֵיצָה וְהוֹאִיל דְּלָא מְקַבֵּל טֻומְאָה אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן אִית לָן לְמֵימַר דְּבָטְלִי אַגַּב מִקְפָּה כִּדְפֵרֵישׁ בְּפֶרֶק כָּל שָׁעָה (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף לג:):
C'est la leçon de Rachi : pourquoi l'endroit de son contact est-il invalidé, il est annulé dans la majorité. Il explique qu'on pense ici que le dimoua est rabbinique. C'est difficile pour le Riva. Le texte montre que l'ail et l'huile sont reconnaissables (be-ayin), puisqu'il enseigne : il a touché une partie d'entre eux, et non : une partie d'elle. De plus, la fin enseigne : quand ? Lorsqu'ils forment un bloc dans l'écuelle. S'il était dispersé, c'est pur. Si l'endroit du contact était invalidé à cause du medouma, le mets dispersé devrait être medouma à plus forte raison. De plus, pourquoi invalider l'endroit du contact et rien d'autre ? Dès lors qu'on le compte comme tout terouma par le dimoua, on invaliderait le tout, ou bien on n'invaliderait pas même l'endroit du contact. Cette mahloket est explicite dans le traité Tevoul Yom, au sujet d'une pâte medouma : celui qui l'invalide l'invalide entièrement, celui qui la déclare pure la déclare pure entièrement. Il paraît au RI comme l'explication de Rabbenou Tam : la michna parle d'ail et d'huile reconnaissables. Et c'est la leçon de tous les livres : pourquoi l'endroit de son contact est-il invalidé, puisqu'il n'atteint pas le volume d'un œuf ? Puisqu'il ne reçoit l'impureté que par les rabbins, nous disons qu'ils s'annulent à côté du plat épais, comme il l'a expliqué au chapitre Kol cha'a (plus haut, Pessahim 33b).
לָאו מִשּׁוּם דְּהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר וּמִטַּעַם הוֹאִיל אִם הָיָה מְלַקֵּט מִן הַשּׁוּם אוֹ מִן הַשֶּׁמֶן כְּזַיִת וְיִלְקֶה עָלָיו לֵית לָן לְמֵימַר שֶׁלֹּא תִּבָּטֵל אַגַּב מִקְפָּה כֵּיוָן שֶׁאֵין דֶּרֶךְ אֲכִילָה בְּכָךְ:
N'est-ce pas parce que le permis se joint à l'interdit : et pour la raison du puisque, à savoir que s'il ramassait un kezayit de l'ail ou de l'huile il en recevrait les coups, nous n'avons pas à dire que cela ne s'annule pas à côté du plat épais, car ce n'est pas une manière de manger.
💡 Explication

La difficulté vise le second cas. L'ail et l'huile de terouma sont l'accessoire : ils devraient s'annuler dans la majorité de houlin, le bitoul be-rov. Pourquoi l'endroit touché reste-t-il invalidé ?

On pensait que le dimoua, mélange de terouma et de houlin, n'est interdit que par les rabbins. Rabba bar bar Hana répond : le dimoua est de la Torah. Un zar (non-cohen) reçoit les coups pour un kezayit de ce mets, car le nom de terouma y repose. Le même nom explique l'impureté. Le mets reste moins grave que la terouma pure : le contact n'invalide pas toute la marmite.

Abaye en tire son objection. Le zar n'a pas mangé un kezayit de terouma seule. S'il est pourtant passible, c'est que le permis se joint à l'interdit. Tossefot, avec Rabbenou Tam, lit une autre michna : l'ail et l'huile sont encore reconnaissables, et le volume touché n'atteint pas un œuf, seuil où l'aliment reçoit l'impureté.

6
לֹא, מַאי כַּזַּיִת — דְּאִיכָּא כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס.

Non. Que signifie kezayit ?

Qu'il y a un kezayit dans le temps de manger un peras.

📜 Rachi (1)
וּמְשַׁנֵּי מַאי לוֹקֶה בִּכְזַיִת דְּקָאָמַר כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס שֶׁאִם אָכַל פְּרָס מִמֶּנּוּ שִׁיעוּר אַרְבָּעָה בֵּיצִים יֵשׁ בּוֹ כַּזַּיִת תְּרוּמָה וקי"ל דְּכָל שִׁיעוּרֵי אֲכִילַת אִיסּוּר בֵּין כַּזַּיִת שֶׁל חֵלֶב וְדָם וּבֵין כּוֹתֶבֶת דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מִצְטָרְפִין אֲכִילַת הַשִּׁיעוּר בִּכְדֵי שְׁהִייָּה זוֹ שֶׁאִם אָכַל כְּחַרְדָּל חֵלֶב וְחָזַר וְאָכַל כְּחַרְדָּל עַד שֶׁהִשְׁלִים לְכַזַּיִת אִם אֵין מִתְּחִילַּת הָאֲכִילָה וְעַד סוֹפָהּ יוֹתֵר מִשְּׁהִייַּת כְּדֵי אֲכִילַת פְּרָס בַּאֲכִילָה בֵּינוֹנִית מִצְטָרֵף וְהָוֵי כְּמוֹ שֶׁאֲכָלוֹ בְּבַת אַחַת וְחַיָּיב וְהָכָא נָמֵי יֵשׁ כָּאן תְּרוּמָה כְּדֵי לְהִצְטָרֵף כַּזַּיִת בַּאֲכִילַת פְּרָס מִמֶּנּוּ:
Et il répond : que signifie, il reçoit les coups pour un kezayit, ce qu'il a dit ? Un kezayit dans le temps de manger un peras. Si l'on mange de ce mets un peras, mesure de quatre œufs, il s'y trouve un kezayit de terouma. Et nous tenons que toutes les mesures d'interdit mangé, le kezayit de helev et de sang comme la kotevet de Yom Kippour, joignent la mangeaison du volume dans cette durée. S'il a mangé du helev gros comme un grain de moutarde, puis encore autant, jusqu'à compléter un kezayit, et si du début de la mangeaison à sa fin il n'y a pas plus que le temps de manger un peras, en mangeaison moyenne, cela se joint. C'est comme s'il l'avait mangé d'un coup, et il est passible. Ici aussi, il y a assez de terouma pour qu'un kezayit se joigne dans la mangeaison d'un peras de ce mets.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאִיכָּא כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס מַקְשִׁין דִּבְהַשּׁוֹחֵט (חֻולִּין דַּף לד:) אָמְרִינַן הַנַּח לִנְזִיד הַדָּמַע דְּלֵית בֵּיהּ כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס מַשְׁמַע דְּבִסְתָמָא לָא הָוֵי כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָכָא קִים לֵיהּ דְּעָסְקִינַן בִּדְאִית בֵּיהּ כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס וּלְפֵירוּשׁ ר"ת דְּמוּקֵי שֶׁהַשּׁוּם וְהַשֶּׁמֶן בְּעַיִן אָתֵי שַׁפִּיר דְּאִי הָוֵי מְעֹורָב לָא הָוֵי כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס:
Qu'il y a un kezayit dans le temps de manger un peras. On objecte : dans Ha-chohèt (Houlin 34b), nous disons : laisse le potage medouma, car il n'y a pas en lui un kezayit dans le temps de manger un peras. Cela indique qu'en général il n'y a pas un kezayit dans le temps d'un peras. On peut répondre : ici, il tient pour établi que nous traitons d'un cas où il y a un kezayit dans le temps d'un peras. Et selon l'explication de Rabbenou Tam, qui établit que l'ail et l'huile sont reconnaissables, cela vient bien : s'ils étaient mélangés, il n'y aurait pas un kezayit dans le temps d'un peras.
💡 Explication

Rav Dimi refuse le joint du permis. Le kezayit dont parle Rabba bar bar Hana est un kezayit de terouma réparti dans le mets. Celui qui mange un peras, quatre œufs selon Rachi, avalé dans ce temps un kezayit d'interdit.

Règle générale des volumes : helev, sang, grosse datte (kotevet) de Yom Kippour. Des bouchées minimes se joignent si, du début à la fin, la durée ne dépasse pas le temps de manger un peras, en mangeaison moyenne. C'est alors une seule mangeaison, et l'on est passible. Le houlin mangé en même temps ne complète pas le volume : il sert de support au temps.

🖼️ Schéma
Kezayit d'interdit dans le temps d'un peras peras = 4 œufs, mangeaison moyenne, du début à la fin Temps pour manger un peras = 1 kezayit Bouchées d'interdit, même taille d'un grain de moutarde : elles se joignent comme une seule bouchée, et l'on est passible
Dans le temps de manger quatre œufs, les parcelles d'interdit s'additionnent jusqu'au kezayit.
7
וּכְזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס דְּאוֹרָיְיתָא הִיא? אֲמַר לֵיהּ: אִין.

Et un kezayit dans le temps de manger un peras, est-ce de la Torah ? Il lui dit : oui.

📜 Rachi (1)
וּכְזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס דְּאוֹרָיְיתָא בִּתְמִיהַּ הָא דַּאֲמוּר רַבָּנָן כַּזַּיִת מִצְטָרֵף כְּשִׁיעוּר שְׁהִייַּת אֲכִילַת פְּרָס מִי הָוֵי מִדְּאוֹרַיְיתָּא הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי כִּשְׁאָר שִׁיעוּרִין דְּקָא אָמְרַתְּ לוֹקֶה וּמְתָרֶצֶת מִשּׁוּם דְּאָכִיל כַּזַּיִת מֵאִיסּוּר בַּר מֵהֶיתֵּר:
Et un kezayit dans le temps de manger un peras, est-ce de la Torah ? C'est un étonnement. Ce que les rabbins ont dit, qu'un kezayit se joint selon le temps de manger un peras, est-ce de la Torah, une halakha à Moché du Sinaï, comme les autres mesures, pour que tu dises qu'il reçoit les coups ? Et tu réponds : parce qu'il a mangé un kezayit d'interdit, en dehors du permis.
💡 Explication

Abaye demande le rang de cette durée. Le joint des bouchées dans le temps d'un peras est-il de la Torah, au même titre que les autres chiourim, mesures reçues par halakha à Moché du Sinaï ? Rav Dimi répond : oui. Les coups viennent de ce que l'homme a bien mangé un kezayit d'interdit, à part le permis.

8
אִי הָכִי, אַמַּאי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּכֻותָּח הַבַּבְלִי?

S'il en est ainsi, pourquoi les rabbins sont-ils en désaccord avec Rabbi Eliezer au sujet du koutah babylonien ?

📜 Rachi (1)
אַמַּאי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּר' אֱלִיעֶזֶר בְּכוּתָח נְהִי נָמֵי דְּלָא דָּרְשִׁי כֹּל לְרַבּוֹת עֵירוּבוֹ הָא אָכִיל מִיהָא מֵאִיסּוּר כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס:
Pourquoi les rabbins sont-ils en désaccord avec Rabbi Eliezer au sujet du koutah : admettons qu'ils n'interprètent pas kol pour inclure son mélange. Il a pourtant mangé, de l'interdit, un kezayit dans le temps de manger un peras.
💡 Explication

Le koutah babylonien est un condiment qui contient de la farine, donc du hamets. Rabbi Eliezer rend passible celui qui en mange à Pessa'h. Les rabbins contestent : pas de coups de la Torah pour ce mélange.

Abaye retourne la réponse de Rav Dimi. Même si les rabbins n'interprètent pas kol pour inclure le mélange, le mangeur du koutah avalé un kezayit de hamets dans le temps d'un peras. À ce titre, il devrait être passible.

9
אֶלָּא מַאי, מִשּׁוּם דְּהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר? סוֹף סוֹף אַמַּאי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּכֻותָּח הַבַּבְלִי? אֶלָּא: הַנַּח לְכֻותָּח הַבַּבְלִי דְּלֵית בֵּיהּ כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס. אִי בְּעֵינֵיהּ דְּקָשָׂרֵיף וְקָאָכֵיל לֵיהּ, בָּטְלָה דַּעְתֵּיהּ אֵצֶל כָּל אָדָם. וְאִי מִשְׁטָר קָשָׁטַר וְאָכֵיל — לֵית בֵּיהּ כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס.

Alors quoi : parce que le permis se joint à l'interdit ? Au bout du compte, pourquoi les rabbins sont-ils en désaccord avec Rabbi Eliezer au sujet du koutah babylonien ?

Mais laisse le koutah babylonien, car il n'y a pas en lui un kezayit dans le temps de manger un peras. Si c'est tel quel, qu'il le racle et le mange, son intention est annulée face à tout homme.

Et s'il trempe, qu'il trempe et qu'il mange, il n'y a pas en lui un kezayit dans le temps de manger un peras.

📜 Rachi (7)
וְאֶלָּא מַאי סְבִירָא לָךְ הַאי לוֹקֶה דְּרַבָּה מִשּׁוּם דְּהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר וּבְחַד כַּזַּיִת קָאָמַר דְּלָקֵי:
Alors quoi : tu estimes que ces coups dont parle Rabba viennent de ce que le permis se joint à l'interdit, et qu'il a dit qu'on reçoit les coups pour un seul kezayit.
סוֹף סוֹף אַמַּאי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ יִצְטָרֵף הֶיתֵּר לְאִיסּוּר וְלִיחַייַּב:
Au bout du compte, pourquoi les rabbins sont-ils en désaccord avec lui : le permis se joindrait à l'interdit, et l'on serait passible.
אֶלָּא גָּרַס:
Mais : c'est la leçon.
הַנַּח לְכוּתָח הַבַּבְלִי דְּלָא אָכֵיל כְּזַיִת מִן הֶחָמֵץ כְּשִׁיעוּר שְׁהִייַּת אֲכִילַת פְּרָס דְּהָא כּוּתָח אֵינוֹ עָשׂוּי לֶאֱכֹול אֶלָּא לְטַבֵּל וְאִי מִתְרַמֵּי וְאָכִיל לֵיהּ מַמָּשׁ דְּהַשְׁתָּא אִיכָּא כַּזַּיִת מְמַהֵר לְהִצְטָרֵף כְּשִׁיעוּר אֲכִילַת פְּרָס מִמֶּנּוּ:
Laisse le koutah babylonien : car on ne mange pas un kezayit de hamets dans le temps de manger un peras. Le koutah n'est pas fait pour être mangé, il est fait pour tremper. Et s'il arrive qu'on le mange vraiment, alors il y a un kezayit, et il se joint vite dans le temps de manger un peras de ce koutah.
בָּטְלָה דַּעְתּוֹ וְלָאו אֲכִילָה הִיא לְחַיּוֹבֵי עֲלָהּ:
Son intention est annulée : et ce n'est pas une mangeaison pour laquelle on est passible.
וְאִי מִישְׁטָר קָא שְׁטָר מְטַבֵּל בְּתוֹכוֹ כְּדַרְכּוֹ לֵיכָּא כְּזַיִת מִן הֶחָמֵץ בִּכְדֵי שְׁהִיַּית אֲכִילַת פְּרָס שֶׁכְּשֶׁאָכַל כְּדֵי אֲכִילַת פְּרָס מִמַּה שֶׁטִּיבֵּל בְּתוֹכוֹ לֹא אָכַל מִן הַכּוּתָח אֶלָּא מְעַט אוֹ שְׁנֵי זֵיתִים אוֹ אַרְבָּעָה וּבְהַהוּא פֻּורְתָּא לֵיכָּא מִן הֶחָמֵץ כְּזַיִת וְשֵׁכָר הַמָּדִי נָמֵי אַף עַל גַּב דְּשָׁתֵי לֵיהּ בְּעֵינֵיהּ מִיהוּ אֵין לְךָ שׁוֹתֶה ב' וְג' כּוֹסוֹת שֶׁלֹּא יַפְסִיק וְיִשְׁהֶה בֵּינְתַיִים הִלְכָּךְ בִּכְדֵי שְׁהִייַּת אֲכִילַת פְּרָס לָא שְׁתֵּי כַּזַּיִת מִן הֶחָמֵץ לְבַד מִן הַמַּיִם וּשְׁאָר הַתַּעֲרֹובֶת שֶׁסְּתָם שֵׁכָר עִיקָּרוֹ מִן הַתְּמָרִים אוֹ מִתְּאֵנִים אֶלָּא שֶׁבְּמָדַי מְעָרֵב עִמָּהֶם מֵי שְׂעוֹרִין קְצָת:
Et s'il trempe : il trempe dedans selon son usage. Il n'y a pas un kezayit de hamets dans le temps de manger un peras. Car lorsqu'il a mangé, de ce qu'il a trempé, de quoi remplir le temps d'un peras, il n'a mangé du koutah qu'un peu, deux kezayit ou quatre. Dans ce peu, il n'y a pas un kezayit de hamets. La bière mède aussi : même s'il la boit telle quelle, personne ne boit deux ou trois coupes sans s'arrêter et attendre entre elles. Donc, dans le temps de manger un peras, il ne boit pas un kezayit de hamets à part l'eau et le reste du mélange. La bière ordinaire vient surtout des dattes ou des figues. En Médie, on y mélange un peu d'eau d'orge.
פְּרָס הוּא חֲצִי כִּכָּר שֶׁשִּׁיעֲרוּ בּוֹ עֵירוּבֵי תְּחוּמִים שֶׁהוּא מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת וְחֶצְיוֹ לַבַּיִת הַמְנֻוגָּע לְטַמֵּא בְּגָדִים אִם יִשְׁהֶה בּוֹ כְּדֵי אֲכִילָתוֹ שֶׁנָּתְנָה תּוֹרָה שִׁיעוּר שְׁהִייָּתוֹ כְּדֵי סְעוּדָה דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא י״ד:מ״ז) וְהָאֹוכֵל בַּבַּיִת יְכַבֵּס אֶת בְּגָדָיו וַהֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי דַּחֲצִי כִּכָּר שֶׁל שְׁמוֹנֶה בֵּיצִים הוּא סְעוּדָה:
Le peras est une demi-miche. C'est avec elle qu'on a mesuré les erouv tehoumin : elle est la nourriture de deux repas. Sa moitié sert pour la maison atteinte (beit ha-menouga), à rendre les vêtements impurs si l'on y séjourne le temps de la manger. La Torah a fixé ce séjour sur le temps d'un repas, ainsi qu'il est écrit (Vayikra 14, 47) : celui qui mange dans la maison lavera ses vêtements. Et une halakha à Moché du Sinaï : une demi-miche de huit œufs est un repas.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא מַאי הֶיתֵּר וְכוּ' נִרְאֶה דְּלָא גָּרֵס לֵיהּ דְּאִי גָּרֵס לֵיהּ א"כ מַאי ס"ד דְּאַבַּיֵּי לְאַקְשׁוֹיֵי כֵּיוָן דִּלְדִידֵיהּ נָמֵי קָשֶׁה אֶלָּא לְאַבַּיֵּי א"ש דִּפְלִיגִי עָלֶיהָ רַבָּנָן דלר"ע דַּוְוקָא אִית לֵיהּ הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר בְּכָל הַתּוֹרָה דְּגָמַר מִנָּזִיר אֲבָל לְרַבָּנָן דְּמוֹקְמִי מְשָׁרֵת לְטַעַם כְּעִיקָּר לֵית לְהוּ הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר בְּשׁוּם מָקוֹם וְעוֹד דִּבְנָזִיר בְּפֶ' ג' מִינִים (נָזִיר דַּף לז:) גָּרְסִינַן גַּבֵּי שְׁתֵּי קֻופּוֹת דִּבְסָמוּךְ בִּשְׁלָמָא לְדִידִי דְּאָמֵינָא הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר דִּנְפִישִׁי חֻולִּין פִּי' לְאַבַּיֵּי הָא דְּהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר הַייְנוּ כְּשֶׁיֵּשׁ מִן הָאִיסּוּר יוֹתֵר מִן הַהֶיתֵּר אוֹ שֶׁשְּׁנֵיהֶם בְּשָׁוֶה אֲבָל כְּשֶׁהֶיתֵּר רָבֶה עַל הָאִיסּוּר אֵין מִצְטָרֵף וּלְרַב דִּימֵי אֵין הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר בְּשׁוּם מָקוֹם כִּדְמַסִּיק לְקַמָּן דְּהָוֵי חַטָּאת וְנָזִיר שְׁנֵי כְּתוּבִים הַבָּאִים כְּאֶחָד וְאֵין מְלַמְּדִין וה"פ א"ה אַמַּאי פְּלִיגִי רַבָּנָן כו' בִּשְׁלָמָא לְדִידִי פְּלִיגִי רַבָּנָן מִשּׁוּם דְּר' אֱלִיעֶזֶר דְּרֵישׁ כֹּל וַאֲתָא כֹּל לְרַבּוֹת אֲפִילּוּ כְּשֶׁהָאִיסּוּר מוּעָט וְרַבָּנָן לָא דָּרְשִׁי כֹּל דִּכְשֶׁהָאִיסּוּר מוּעָט אֵין מִצְטָרֵף כְּמוֹ בְּעָלְמָא אֶלָּא לְדִידָךְ אַמַּאי פְּלִיגִי וְכֵן גַּבֵּי קֻופָּה וּמְדוֹכוֹת אָתֵי שַׁפִּיר לְאַבַּיֵּי:
Alors quoi, le permis, etc. Il paraît qu'on ne lit pas ces mots. Si on les lisait, quelle aurait été la première pensée d'Abaye pour objecter, puisque pour lui aussi la difficulté existe. Pour Abaye, il est cohérent que les rabbins soient en désaccord avec lui. Seul Rabbi Akiva tient que le permis se joint à l'interdit dans toute la Torah, car il l'apprend du nazir. Les rabbins, qui établissent michrat pour le goût équivalent à l'essentiel (taam ke-ikar), ne tiennent le joint du permis à l'interdit nulle part. De plus, dans Nazir, au chapitre Trois espèces (Nazir 37b), on lit au sujet des deux corbeilles qui suivent : il est bien selon moi, qui dis que le permis se joint à l'interdit, là où le houlin est abondant. Le sens : pour Abaye, le permis se joint à l'interdit lorsqu'il y a plus d'interdit que de permis, ou lorsque les deux sont égaux. Lorsque le permis dépasse l'interdit, il ne se joint pas. Pour Rav Dimi, le permis ne se joint à l'interdit nulle part, comme il conclut plus loin : le sacrifice hatat et le nazir sont deux versets qui viennent pour un même enseignement (chnei ketouvim ha-baïm ke-ehad), et ils n'enseignent pas ailleurs. Et voici le sens : s'il en est ainsi, pourquoi les rabbins sont-ils en désaccord, etc. Selon moi, les rabbins sont en désaccord parce que Rabbi Eliezer interprète kol, et kol vient inclure même le cas où l'interdit est la plus petite part. Les rabbins n'interprètent pas kol : lorsque l'interdit est la plus petite part, il ne se joint pas, comme partout ailleurs. Selon toi, pourquoi sont-ils en désaccord ? Et de même pour la corbeille et les mortiers, cela vient bien pour Abaye.
💡 Explication

Rav Dimi retourne d'abord la question. Si les coups venaient du joint du permis, les rabbins devraient eux aussi rendre passible pour le koutah, puisque le permis compléterait l'interdit. La sortie est ailleurs : on laisse le koutah.

Deux usages. Le manger tel quel, en le raclant, mettrait bien un kezayit de hamets dans le temps d'un peras. Cette façon sort de l'usage de tout homme : batla daato, l'intention est annulée, et ce n'est pas une mangeaison qui rend passible. Le manger en trempette suit l'usage, et la part de koutah reste trop faible : dans le temps d'un peras, le hamets n'atteint pas le kezayit. Rachi ajoute la bière mède, buvable telle quelle, mais coupée de pauses, et dont l'orge n'est qu'un appoint.

Tossefot propose de ne pas lire la reprise : alors quoi, parce que le permis se joint. Selon lui, Abaye peut expliquer le désaccord des rabbins : seul Rabbi Akiva étend le joint à toute la Torah, en l'apprenant du nazir. Les rabbins lisent michrat comme taam ke-ikar, le goût compte comme la substance, et ils n'ont le joint nulle part. Pour Abaye, le joint joue quand l'interdit est majoritaire ou égal au permis. Quand le permis domine, il n'y a pas de joint, comme dans le droit commun.

🖼️ Schéma
Koutah babylonien : deux manières de le manger Tel quel Il le racle et l'avalé Le kezayit de hamets arriverait dans le peras batla daato etzel kol adam intention annulée : hors de l'usage En trempette Il trempe, comme on mange Peu de koutah dans le temps d'un peras Pas de kezayit de hamets le condiment reste une faible part Dans les deux cas, pas de coups de la Torah pour le koutah
Racle, l'intention sort de l'usage. Trempe, le hamets reste sous le kezayit dans le temps du peras.
10
אַיְּתִיבֶיהָ: שְׁתֵּי קְדֵירוֹת, אַחַת שֶׁל חֻולִּין וְאַחַת שֶׁל תְּרוּמָה, וְלִפְנֵיהֶן שְׁתֵּי מְדוֹכוֹת, אַחַת שֶׁל חֻולִּין וְאַחַת שֶׁל תְּרוּמָה, וְנָפְלוּ אֵלּוּ לְתוֹךְ אֵלּוּ — מֻותָּרִין. שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: תְּרוּמָה לְתוֹךְ הַתְּרוּמָה נָפְלָה, וְחֻולִּין לְתוֹךְ חֻולִּין נָפְלוּ,

Il lui objecta : deux marmites, l'une de houlin et l'une de terouma, et devant elles deux mortiers, l'un de houlin et l'un de terouma, et ceux-ci sont tombés dans celles-là : ils sont permis. Car je dis : la terouma est tombée dans la terouma, et le houlin est tombé dans le houlin,

📜 Rachi (4)
שְׁתֵּי מְדוֹכוֹת שֶׁהַתַּבְלִין נִידּוֹכִין בְּתוֹכָן פִּלְפְּלִין וְזַנְגְּבִיל:
Deux mortiers : on y pile les épices, du poivre et du gingembre.
אֵלּוּ לְתוֹךְ אֵלּוּ מִמְּדוֹכוֹת לְתוֹךְ הַקְּדֵירוֹת:
Ceux-ci dans celles-là : des mortiers dans les marmites.
מֻותָּרִין קְדֵירוֹת חֻולִּין לְזָר:
Ils sont permis : les marmites de houlin, pour un zar.
הֵיכִי אָמְרִינַן שֶׁאֲנִי אוֹמֵר וְתָלֵינַן לְקֻולָּא בַּעֲוֹן מִיתָה וְדִילְמָא תְּרוּמָה לְתוֹךְ חֻולִּין נָפַל וְכִי אָכֵיל לָהּ אִיכָּא כַּזַּיִת תְּרוּמָה בַּאֲכִילַת פְּרָס אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה אִי נָמֵי וַדַּאי נָפַל לָא מִיחַייַּב מִשּׁוּם כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן וְכִי מְסַפְּקָא לָן תָּלֵינַן לְקֻולָּא:
Comment disons-nous : je dis ? Et nous attachons le doute au côté permis, dans une faute passible de mort ! Peut-être la terouma est-elle tombée dans le houlin, et lorsqu'on mange la marmite il y a un kezayit de terouma dans la mangeaison d'un peras. Apprends-en plutôt : même si elle était tombée à coup sûr, on ne serait pas passible à cause d'un kezayit dans le temps d'un peras, sinon par les rabbins. Et lorsque nous sommes dans le doute, nous attachons au côté permis.
💡 Explication

Baraita. Deux marmites, houlin et terouma. Deux mortiers d'épices, houlin et terouma. Les épices tombent dans les marmites, sans qu'on sache l'assortiment. On déclare permis, par le principe ani omer : je dis que la terouma est tombée dans la terouma, et le houlin dans le houlin.

Rachi serre l'objection. Manger de la terouma en zar est une faute passible de mort. Comment trancher le doute vers la permission, si un kezayit de terouma dans le temps d'un peras était de la Torah ? La suite en tire que, même en cas de chute certaine, ce kezayit ne rend passible que par les rabbins.

🖼️ Schéma
Deux marmites, deux mortiers, chute inconnue Marmite houlin Marmite terouma Mortier houlin Mortier terouma Les épices tombent dans les marmites, sans qu'on sache lesquelles Je dis : terouma dans terouma, houlin dans houlin la marmite de houlin reste permise au zar
Chute inconnue : on dit que chaque mortier est tombé dans la marmite de même statut.
11
וְאִי אָמְרַתְּ כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס דְּאוֹרָיְיתָא, אַמַּאי אָמְרִינַן ״שֶׁאֲנִי אוֹמֵר תְּרוּמָה לְתוֹךְ כּוּ׳״? אֲמַר לֵיהּ: הַנַּח לִתְרוּמַת תַּבְלִין דְּרַבָּנַן.

Et si tu dis qu'un kezayit dans le temps de manger un peras est de la Torah, pourquoi disons-nous : je dis, la terouma dans, et la suite ? Il lui dit : laisse la terouma des épices, qui est rabbinique.

📜 Rachi (1)
בְּמַסֶּכֶת נָזִיר גָּרְסִינַן וְאֶלָּא מַאי הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר הֵיכִי אָמַר שֶׁאֲנִי אוֹמֵר אֶלָּא הַנַּח לִתְרוּמַת תַּבְלִין דְּמִדְּרַבָּנָן דְּרֵאשִׁית דְּגָנְךָ תִּירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ כְּתִיב:
Dans le traité Nazir on lit : alors quoi, le permis se joint à l'interdit, comment dit-il : je dis ? Mais laisse la terouma des épices, qui est rabbinique. Car il est écrit : les prémices de ton grain, de ton vin et de ton huile.
🗂️ Tossefot (1)
הַנַּח לִתְרוּמַת תַּבְלִין דְּרַבָּנַן קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א כֵּיוָן דִּתְרוּמַת תַּבְלִין דְּרַבָּנָן גַּבֵּי שׁוּם אַמַּאי פָּסַל מְקוֹם מַגָּעוֹ וְיֵשׁ לְחַלֵּק:
Laisse la terouma des épices, qui est rabbinique. C'est difficile pour le Rachba : puisque la terouma des épices est rabbinique, pour l'ail, pourquoi invalide-t-il l'endroit de son contact ? Et l'on peut distinguer.
💡 Explication

Abaye formule l'objection. Si le kezayit dans le temps d'un peras était de la Torah, le principe je dis laisserait passer un interdit de la Torah. Rav Dimi répond : laisse la terouma des épices. Elle est derabbanan.

La Torah ne nomme que les prémices du grain, du vin et de l'huile. Poivre, gingembre, et selon la difficulté de Tossefot l'ail de la michna, sortent de ce verset. Sur un doute rabbinique, on attache à la permission. Tossefot, au nom du Rachba, demande alors pourquoi le contact sur l'ail invalide l'endroit touché, et répond seulement qu'on peut distinguer.

12
אַיְּתִיבֶיהָ: שְׁתֵּי קֻופּוֹת, אַחַת שֶׁל חֻולִּין וְאַחַת שֶׁל תְּרוּמָה, וְלִפְנֵיהֶם שְׁנֵי סְאִין, אַחַת שֶׁל חֻולִּין וְאַחַת שֶׁל תְּרוּמָה, וְנָפְלוּ אֵלּוּ לְתוֹךְ אֵלּוּ — מֻותָּרִין, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: חֻולִּין לְתוֹךְ חֻולִּין נָפְלוּ, תְּרוּמָה לְתוֹךְ תְּרוּמָה נָפְלָה. וְאִי אָמְרַתְּ כְּזַיִת בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס דְּאוֹרָיְיתָא — אַמַּאי אָמְרִינַן ״שֶׁאֲנִי אוֹמֵר״?

Il lui objecta : deux corbeilles, l'une de houlin et l'une de terouma, et devant elles deux sea, l'un de houlin et l'un de terouma, et ceux-ci sont tombés dans ceux-là : ils sont permis, car je dis : le houlin est tombé dans le houlin, la terouma est tombée dans la terouma. Et si tu dis qu'un kezayit dans le temps de manger un peras est de la Torah, pourquoi disons-nous : je dis ?

📜 Rachi (1)
קֻופּוֹת גְּדוֹלוֹת וּבְתוֹכָן דָּגָן דְּהָוְיָא תְּרוּמָה דְּאוֹרָיְיתָא:
Des corbeilles : elles sont grandes, et il y a en elles du grain, dont la terouma est de la Torah.
🗂️ Tossefot (1)
אַיְּתִיבֶיהָ שְׁתֵּי קֻופּוֹת וְאִם תֹּאמַר מַאי פָּרִיךְ אַמַּאי אָמְרִינַן שֶׁאֲנִי אוֹמֵר וְהָא פְּשִׁיטָא דִּבְכָל מָקוֹם מִדְּאוֹרַיְיתָּא מִין בְּמִינוֹ בָּטֵל בְּרֹוב וְהָכָא מַייְרֵי שֶׁרַבּוּ חֻולִּין עַל הַתְּרוּמָה כֵּיוָן דְּסָבַר הַשְׁתָּא דְּמַיְירֵי בִּתְרוּמָה דְּאוֹרָיְיתָא דִּבְאוֹרָייְתָא בָּעֵי רְבִייָּה אֲפִילּוּ לְר' יוֹחָנָן בְּהֵעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף פב.) ואור"י דְּבָעֵי לְמֵימַר בְּכָל עִנְיָן אֲפִילּוּ מִין בְּשֶׁאֵינוֹ מִינוֹ כְּגוֹן קֶמַח חִיטִּין בְּקֶמַח שְׂעוֹרִין שֶׁאֵינוֹ נִיכָּר:
Il lui objecta : deux corbeilles. Et si tu dis : que demande-t-il par pourquoi disons-nous : je dis ? C'est évident. Partout, de la Torah, une espèce dans son espèce (min be-mino) s'annule dans la majorité. Et ici l'on traite d'un cas où le houlin dépasse la terouma, puisqu'il tient maintenant que l'on traite de terouma de la Torah : pour un interdit de la Torah il faut une majorité, même selon Rabbi Yo'hanan dans Ha-arel (Yevamot 82a). Le RI dit : il veut parler de tout cas, même une espèce dans une autre espèce (min be-che-eino mino), comme de la farine de blé dans de la farine d'orge, qui ne se reconnaît pas.
💡 Explication

Deuxième baraita, même structure, autre matière. Deux corbeilles de grain, houlin et terouma, et devant elles deux sea. Chute inconnue, et pourtant permis, par je dis : chacun dans son semblable.

Ici la parade des épices ne tient plus. Rachi : le grain est une terouma de la Torah. Si le kezayit dans le peras était de la Torah, on ne pourrait pas lever le doute par je dis. Tossefot prévoit l'objection du bitoul be-rov, l'espèce annulée dans son espèce par la majorité, et répond au nom du RI : la question vise aussi le mélange d'espèces différentes, farine de blé dans farine d'orge, là où le mélange ne se voit pas.

13
אֲמַר לֵיהּ: הַנַּח לִתְרוּמָה בַּזְּמַן הַזֶּה דְּרַבָּנַן.

Il lui dit : laisse la terouma de ce temps-ci, qui est rabbinique.

💡 Explication

Réponse de Rav Dimi. Après l'exil, la terouma de ce temps ne s'applique que par les rabbins. Le doute des corbeilles reste donc un doute derabbanan, et le principe je dis peut trancher vers la permission. Le kezayit dans le temps d'un peras, lui, demeure affirmé comme règle de la Torah sur un interdit de la Torah.

14
וְהַאי ״מְשָׁרֵת״ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא? הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״מְשָׁרֵת״ —

Et ce michrat, est-ce pour cela qu'il vient ? Il faut qu'il serve à ce qu'on a enseigné : michrat.

💡 Explication

Retour au verset du nazir. Le mot michrat (ce qui est trempé) avait été pris pour enseigner le joint du permis à l'interdit, ou le goût équivalent à l'essentiel. La Guemara demande si ce mot est bien là pour cela. Il est déjà requis pour une autre baraita, qui s'ouvre sur le même mot. La suite est sur la page suivante.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).