Sougya : Rav Ashi achève sa réponse à Rav Aha : le nazir et le hatat sont deux versets pour un seul enseignement, et Rabbi Akiva n'étend pas la règle. La page cite le verset du hatat : la chair qui absorbe prend le statut du sacrifice, puis elle donne la lecture des Sages, où chaque verset reste nécessaire, le hatat pour le joint du permis dans les kodachim, mishéret pour le goût comme l'essentiel dans toute la Torah.
Rav Ashi demande ensuite pourquoi un verset enseigne encore que les interdits du nazir se joignent entre eux. Rav Kahana sépare les cas : permis et interdit en une seule fois, interdit et interdit l'un après l'autre.
La michna ouvre alors la pâte prise dans les fentes d'une pétrissoire, le kazayit à brûler et l'écran pour la touma. Chmouel a deux versions, l'une légère et l'autre sévère, et une baraita vient appuyer chacune.
Parce que le nazir et le hatat sont deux versets qui viennent pour un seul enseignement, et ils n'enseignent pas.
Suite de la réponse de Rav Ashi à Rav Aha, ouverte en fin de 44b. Rabbi Yo'hanan limite au nazir le permis qui se joint à l'interdit. La raison : le nazir et le hatat (sacrifice expiatoire) sont shnei ketouvim ha-baim ke-ehad, deux versets pour un seul enseignement. Une règle écrite deux fois sans besoin ne s'exporte pas.
Rachi réserve cette lecture à Rabbi Akiva. Les Sages affectent l'un des versets au taam ke-ikar, le goût qui vaut la substance : les deux écrits n'enseignent plus la même chose. Tossefot, au nom du Rachba, demande pourquoi la paire n'est pas le nazir et le hamets : Rabbi Akiva dérive aussi kol (tout) au chapitre des mélanges, Zevahim 82a.
Le nazir : c'est ce que nous avons dit. Le hatat, qu'est-ce ?
On a enseigné : Tout ce qui touchera sa chair sera consacré, etc. J'aurais pensé : même s'il ne l'a pas absorbée ?
Le verset dit : dans sa chair, sera consacré, jusqu'à ce qu'elle soit absorbée dans la chair.
Le cas du nazir a déjà été dit : mishéret, la trempe. Le cas du hatat vient d'une baraita sur Vayikra 6, 20 : tout ce qui touche sa chair sera consacré.
Le premier movement lirait un simple contact. Le verset reprend dans sa chair : la consécration attend une absorption. Rachi vise la chair de houlin ou de chelamim, dont le délai de consommation est plus long que celui du hatat.
Sera consacré : pour être comme elle. Si elle est invalide, celle-ci sera invalidée.
Si elle est valide, on la mangera selon la rigueur qui est en elle.
Yikdash donne à la chair le statut du hatat lui-même. Hatat passoul : la chair qui a absorbé est invalidée, pigoul compris. Hatat kacher : on ne la mange que dans les bornes du hatat, le parvis, les cohanim, un jour et une nuit.
Rachi en tire le joint. Deux espèces sont dans la même pièce, l'une permise à l'origine, l'autre plus grave. Le tout suit la grave : le permis se joint à l'interdit.
Et les Sages aussi : que le nazir et le hatat soient deux versets qui viennent pour un seul enseignement, et qu'ils n'enseignent pas !
Question sur les Sages. Eux aussi ont un verset au nazir et un verset au hatat. Pourquoi ces deux écrits ne fermeraient-ils pas la règle, sans l'étendre à toute la Torah ?
Tossefot rapporte la leçon de Rabbeinou Hananel sur la baraita précédente : ke-homer she-ba-hen, les rigueurs de l'un et de l'autre. Hatat absorbé dans des chelamim de la veille : on suit le délai des chelamim, pas la nuit. Hatat absorbé dans des chelamim du jour : on suit le délai du hatat, pas le lendemain. Il note aussi le va-et-vient de la baraita, du permis absorbé dans l'interdit vers l'interdit absorbé dans le permis.
Ils disent : ceux-là sont nécessaires.
Réponse brève : mitsrikh tserikhi, chacun des deux versets est nécessaire. Un écrit dont on avait besoin ne compte pas comme un double inutile. On peut donc en tirer une règle.
Tossefot, au nom du Ri, signale une autre page, Nazir 30a, où les Sages lisent les deux versets sur le taam ke-ikar. Notre sougya, elle, présente ce goût comme une loi de la Torah tirée du nazir, hors d'une simple asmakhta. Le Ri laisse la difficulté avec Houlin 108a et Avoda Zara 67b, expliquée là-bas.
Et Rabbi Akiva : en quoi sont-ils nécessaires ? Admettons : si le verset l'avait écrit au sujet du hatat, on n'en tirerait pas le nazir, car on ne dérive pas le houlin a partir des kodachim.
Mais que le verset l'écrive au sujet du nazir, et que le hatat vienne et s'en tire, puisque tous les interdits de la Torah, il les tire du nazir.
Rabbi Akiva demande où est la nécessité des deux versets. Écrit seulement au hatat, le verset ne donnerait pas le nazir : on ne dérive pas le houlin à partir des kodachim.
Écrit au nazir, il suffirait. Le hatat s'en tirerait, du même pas dont Rabbi Akiva tire du nazir tous les interdits de la Torah. Le second verset serait alors de trop, et les deux écrits n'enseigneraient plus ailleurs.
Et les Sages te disent : ils sont nécessaires. Le hatat, pour que le permis se joigne à l'interdit, et l'on ne dérive pas le houlin a partir des kodachim.
Et mishéret, pour poser que le goût est comme l'essentiel. Et d'ici tu raisonnes pour toute la Torah.
Les Sages séparent les deux versets. Le hatat enseigne le joint du permis à l'interdit, et ce joint reste dans les kodachim : un demi-kazayit de pigoul avec un demi-kazayit de permis, en une fois, rend passible. On n'emporte pas cette gravité vers le houlin.
Mishéret, chez le nazir, enseigne le taam ke-ikar. Les gioulei goyim, le goût laisse dans les ustensiles des non-Juifs, sont un 'hidouch : on n'en copie pas la règle. Le mot du nazir était donc requis, et de là on raisonne pour toute la Torah.
Chaque verset a son motif. Le double n'est plus un double inutile, et la règle s'exporte.
Et Rabbi Akiva : les deux viennent pour que le permis se joigne à l'interdit. Ils sont donc deux versets qui viennent pour un seul enseignement.
Et tous les deux versets qui viennent pour un seul enseignement n'enseignent pas.
Rabbi Akiva refuse le partage. Les deux versets enseignent le joint du permis. Le hatat pouvait se tirer du nazir : son verset est en trop. Ce sont des shnei ketouvim, et Rabbi Yo'hanan en déduit qu'on n'étend pas le joint aux autres interdits.
Rachi bloque l'autre découpage, mishéret pour le joint et hatat pour le goût. Rabbi Akiva ne tient pas les gioulei goyim pour un 'hidouch, et il n'a pas là un verset réservé au taam ke-ikar. S'il réservait le hatat à ce goût, le taam ke-ikar des autres interdits n'aurait plus de source : ni les gioulei, ni les kodachim.
Les Sages qui contestent Rabbi Eliezer sur le koutah babylonien lisent, eux, mishéret comme Rabbi Akiva, et ils tiennent le 'hidouch des gioulei. Dans Kol ha-basar, un avis dit le goût sans la substance, taamo ve-lo mamacho, de-rabbanan.
Rav Ashi dit à Rav Kahana : mais ce qu'on a enseigné, De tout ce qui se fait de la vigne du vin, des pépins jusqu'à la peau, cela a enseigné sur les interdits du nazir qu'ils se joignent l'un avec l'autre. Maintenant, selon Rabbi Akiva, l'interdit et le permis se joignent : l'interdit et l'interdit, est-ce encore à demander ?
Nouvelle question de Rav Ashi à Rav Kahana. Bamidbar 6, 4 rassemble pépins (hartzanim) et peaux (zag) dans une seule consommation. La baraita en tire que les interdits du nazir se joignent entre eux.
Selon Rabbi Akiva, le permis complète déjà l'interdit. Deux parts interdites qui se complètent semblent alors acquises, et le verset paraît sans emploi.
Il lui dit : l'interdit et le permis, en une seule fois ; l'interdit et l'interdit, l'un après l'autre.
Rav Kahana sépare les temps. Le permis et l'interdit ne se joignent que be-vat ahat, dans la même bouchée. Deux interdits du nazir se joignent aussi ze ahar ze, l'un après l'autre : un demi-kazayit de pépins, puis un demi-kazayit de peaux.
Le verset des pépins et des peaux garde donc son motif, même là où Rabbi Akiva joint déjà le permis à l'interdit.
Michna. De la pâte dans les fentes d'une pétrissoire : s'il y a un kazayit en un seul endroit, on est tenu de brûler ; sinon, elle est annulée dans sa petite quantité.
Nouvelle michna. De la pâte de hamets reste dans les fentes d'une pétrissoire (ariva). Un kazayit rassemblé en un seul endroit : hayav levar, on est tenu de l'éliminer. En dessous, batel be-miouto : elle est annulée du fait de sa petite quantité.
Et de même pour la touma : s'il est makpid à son égard, cela fait écran ; s'il veut son maintien, c'est comme la pétrissoire.
Le même morceau de pâte a un second registre, la touma. S'il est makpid, s'il tient à l'enlever, la pâte fait écran (hotsets) entre le récipient et l'eau. S'il veut son maintien, elle compte comme la pétrissoire elle-même.
Rachi renvoie l'explication à la Guemara. La baraita plus loin lie cet écran à l'immersion du récipient.
Guemara. Rav Yehouda a dit, Chmouel a dit : on n'a enseigné cela que là où elles ne sont pas faites pour renforcer ; mais là où elles sont faites pour renforcer, il n'est pas tenu de brûler.
Chmouel, rapporte par Rav Yehouda, limite le début de la michna. L'obligation de brûler un kazayit vise l'endroit qui ne renforce pas le récipient. Là où la pâte renforce, elle reste, et l'on n'est pas tenu de brûler.
Rachi place le renforcement au fond, là où l'on verse l'eau : la pâte aide à la retenir, elle est annulée et compte comme le bois. Sur les parois, elle ne renforce pas : le kazayit s'élimine.
Tossefot, au nom du Ri, lit le renforcement sur tout le récipient, au lieu du pétrissage comme en dehors. La sévérité monte quand deux motifs se rencontrent : le kazayit et le lieu du pétrissage, à cause du collage et du goût. Une petite quantité, même là, échappe au décret si elle renforce : on peut veiller à ne pas pétrir dessus.
On en infère : moins d'un kazayit, même dans un endroit qui n'est pas fait pour renforcer, il n'est pas tenu de brûler.
Inférence de la première version. Chmouel n'a eu à exempter que l'endroit qui renforce, et seulement à propos du kazayit. En dessous du kazayit, l'obligation tombe aussi là où la pâte ne renforce pas.
Rachi précise le compte. Plusieurs demi-kazayit dans des fentes séparées ne s'additionnent pas : hors d'un même endroit, ils ne font pas un volume qui oblige.
Certains l'enseignent sur la fin : et sinon, annulée dans sa petite quantité. Rav Yehouda a dit, Chmouel a dit : on n'a enseigné cela que dans l'endroit fait pour renforcer ; mais dans un endroit qui n'est pas fait pour renforcer, il est tenu de brûler.
On en infère : un kazayit, même dans l'endroit fait pour renforcer, il est tenu de brûler.
Seconde tradition : la phrase de Chmouel porte sur la fin de la michna, l'annulation de la petite quantité. Cette annulation ne vaut que là où la pâte renforce. Hors de là, on brûle même en dessous du kazayit.
L'inférence inverse la première version. Un kazayit en un seul endroit s'élimine même dans l'endroit qui renforce. Rachi : l'homme l'annule bien, et le volume compte encore. Cette lishna batra est plus sévère que la première.
Le Roch rapporte la suite halakhique, déjà sur la page suivante dans la Guemara. Rav Houna écarte la version légère. Rav Alfas tranche comme la seconde. Le Baal ha-Maor explique ce choix par Rabbi Chimon ben Elazar, dont la halakha ne suit pas l'avis, puis il préfère lui-même la conciliation d'Abaye, comme Rabbeinou Hananel. Le Roch note la pratique : on racle tout hamets, même un kol chehou, même sur les murs.
Une baraita est enseignée selon la première version, une baraita est enseignée selon la seconde version. Une baraita selon la première version : de la pâte dans les fentes d'une pétrissoire, dans l'endroit fait pour renforcer, elle ne fait pas écran et l'on ne transgresse pas ; dans l'endroit qui n'est pas fait pour renforcer, elle fait écran et l'on transgresse.
Quand cela est-il dit ? Pour un kazayit.
Mais pour moins d'un kazayit, même dans l'endroit qui n'est pas fait pour renforcer, elle ne fait pas écran et l'on ne transgresse pas.
Deux baraitot, une pour chaque version de Chmouel. Celle de la première version règle ensemble l'écran de la tevila et la transgression du hamets.
Endroit qui renforce : pas d'écran, pas de transgression. Endroit qui ne renforce pas : écran, et l'on transgresse. Ce partage vise le kazayit. En dessous, même hors renforcement : pas d'écran, pas de transgression.
Et une baraita est enseignée selon la seconde version : de la pâte dans les fentes d'une pétrissoire, dans l'endroit fait pour renforcer,
Ouverture de la baraita selon la seconde version. Elle commence, comme la première, par la pâte des fentes, dans l'endroit fait pour renforcer. L'amoud s'arrête sur ces mots. La suite du partage se lit sur 45b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).