Sougya : Abaye achève sa lecture du ve-khen : à Pessa'h la pâte se joint pour la touma parce que l'interdit du kazayit la rend importante, et le reste de l'année la kapida tranche. Rava objecte par le mot hotzetz et lit une tevila de la pétrissoire.
Rav Papa objecte par le mot touma et lit un sheretz posé sur la pâte. La michna du batzek ha-'herech fixe ensuite le himouts au temps d'un mil, de Migdal Nounaya à Tibériade, puis quatre mil pour le pétrisseur, la tefila, la netilat yadayim, et le tannage.
La page ouvre enfin la hala prélevée en touma le Yom Tov : Rabbi Eliezer diffère le nom jusqu'après la cuisson, Ben Beteira met la pâte dans l'eau froide, et Rabbi Yehochoua commence un avis qui se poursuit sur 46b.
En matière de jointure de touma à Pessa'h ; et le reste des jours de l'année, il y a une distinction.
Fin de la phrase d'Abaye, ouverte en bas de 45b. Il lit le ve-khen le-inyan touma de la pâte prise dans les fentes.
À Pessa'h, le partage suit le chiour. Le reste de l'année, il suit la kapida : tient-il à retirer cette pâte, ou veut-il qu'elle reste.
Quel est le cas ? Par exemple, il y a moins d'un kebeitza d'aliments, et ils ont touché cette pâte.
À Pessa'h, du fait que son interdit la rend importante, elle se joint. Le reste des jours de l'année, où la chose dépend de la kapida : s'il y tient, elle se joint ; s'il veut qu'elle demeure, la voilà comme la pétrissoire.
Cas du tzerouf. Des aliments impurs, sous le kebeitza, touchent la pâte, puis touchent des aliments purs. Le kebeitza est la mesure qui transmet la touma des aliments.
À Pessa'h, le kazayit de hamets a déjà un poids dans la reisha : il ne s'annule pas dans le récipient. Ce poids le fait compter aussi pour la touma, même quand le maître de maison laisse la pâte en place.
Le reste de l'année, seul le makpid lui donne le statut d'aliment, parce qu'il compte la retirer. S'il veut qu'elle reste, elle fait corps avec la pétrissoire.
Rava objecte : enseigne-t-on qu'elle se joint ? On enseigne qu'elle fait écran.
Rava dit donc : et de même pour faire monter la tahara vers la pétrissoire.
L'objection de Rava porte sur le mot. La seifa dit hotzetz, elle fait écran. Elle ne dit pas qu'elle se joint.
Il lit donc une tevila : faire monter la tahara sur une pétrissoire impure. Une pâte qui compte fait écran entre l'eau et le récipient, et l'immersion ne prend pas.
Quel est le cas ? Par exemple, cette pétrissoire est devenue impure, et il veut la tremper.
À Pessa'h, du fait que son interdit la rend importante, elle fait écran, et la tevila ne prend pas pour elle. Le reste des jours de l'année, la chose dépend de la kapida.
S'il y tient, elle fait écran. S'il veut qu'elle demeure, la voilà comme la pétrissoire.
Détail de la lecture de Rava. La pâte se tient entre l'eau du mikve et la paroi.
À Pessa'h, le kazayit interdit oblige à la retirer : elle fait écran, la tevila échoue. Le reste de l'année, la quantité ne tranche pas. Seul importe qu'il tienne à l'enlever, ou qu'il veuille la laisser.
Rav Papa objecte : enseigne-t-on, et de même en matière de tahara ? On enseigne : en matière de touma.
Rav Papa dit donc : et de même en matière de faire descendre la touma vers la pétrissoire.
Nouvelle objection de mot. Rava parlait de tahara, la montée de la tevila. La michna dit touma.
Rav Papa garde l'écran, et il en inverse le sens : la pâte peut empêcher une impureté de descendre jusqu'au récipient.
Quel est le cas ? Par exemple, un sheretz a touché cette pâte.
À Pessa'h, du fait que son interdit la rend importante, elle fait écran, et la touma ne descend pas vers elle. Le reste des jours de l'année, où cela dépend de la kapida : s'il y tient, elle fait écran ; s'il veut qu'elle demeure, la voilà comme la pétrissoire.
Lecture qui reste. Un sheretz touche la pâte, pas le bois du récipient.
Si la pâte a son poids propre, elle fait écran : la touma s'arrête à elle, le bol reste tahor. À Pessa'h, ce poids est le kazayit, même sans kapida. Sous le kazayit, l'écran ne joue que s'il est makpid.
S'il veut que la pâte reste, elle est le récipient. Toucher la pâte, c'est toucher la pétrissoire : tout le bol est tame.
Michna : la pâte 'herech (sourde). S'il y en a une semblable qui a levé, celle-ci est interdite.
Nouvelle michna. Batzek ha-'herech : une pâte dont le himouts ne se lit pas. Rachi donne d'abord l'image du sourd, qui a des oreilles sans qu'on sache s'il entend. L'autre formulation vise l'aspect : surface blanchie, sans la fissure qui signe le levain.
S'il existe une pâte témoin, pétrie à la même heure, et qu'elle a levé, la pâte 'herech est interdite elle aussi.
Guemara : s'il n'y a pas là de semblable, qu'en est-il ? Rabbi Abbahu a dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : le temps qu'un homme aille de Migdal Nounaya à Tibériade, un mil.
Sans pâte témoin, les Sages fixent une durée. Passé le temps d'aller de Migdal Nounaya à Tibériade, on tient la pâte pour levée.
Ce trajet vaut un mil, deux mille amot.
Et qu'il dise : un mil ! Cela nous apprend que le chiour d'un mil est comme de Migdal Nounaya jusqu'à Tibériade.
La question porte sur la formulation. Nommer le mil aurait suffi pour le himouts.
Le nom des deux lieux enseigne, au passage, la longueur du mil : Migdal Nounaya jusqu'à Tibériade.
Rabbi Abbahu a dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : pour le pétrisseur, pour la tefila et pour la netilat yadayim, quatre mil.
Second enseignement de Rech Lakich, toujours par Rabbi Abbahu. Trois démarches vont jusqu'à quatre mil.
Rachi : le gabel salarié va tremper au mikve les kelim impurs du maître de maison. Le voyageur, à l'heure de la prière du soir, gagne une synagogue située devant lui. Pour le repas, il avance jusqu'à l'eau de la netila.
Le Aroukh lit autrement le pétrisseur : le voyageur attend un gabel qui pétrira en tahara. Il lit aussi la tefila comme un lavage des mains. Tossefot gardent Rachi sur ce point : au moment de la prière, Berakhot 15a écarte celui qui part chercher de l'eau ; hors de ce moment, la limite de quatre mil n'aurait plus de motif.
Rav Nahman bar Yitzhak dit : Aivou l'a dite, et il en a dit quatre, et l'une d'elles est le tannage. Car nous avons appris : et tous ceux qu'on a tannés, ou sur lesquels on a marché le temps du travail, sont purs, sauf la peau de l'homme.
Et combien est le temps du travail ? Rabbi (Inia) a dit au nom de Rabbi Yannai : le temps d'une marche de quatre mil.
Rav Nahman bar Yitzhak déplace l'auteur et le compte. C'est Aivou, au nom de Rech Lakish, et les cas sont quatre. Le quatrième est l'iboud, le tannage.
Michna de Houlin, chapitre Ha-or ve-ha-rotev : certaines peaux souples sont impures comme la chair. Tannées, ou piétinées le temps du travail, elles deviennent du cuir et sont pures de ce chef. La peau humaine reste impure.
Rabbi Yannai fixe ce temps de piétinement à une marche de quatre mil. Le texte porte ici le nom Inia, entre parenthèses : Rachi lit Aivou.
Rabbi Yossi, fils de Rabbi Hanina, dit : on n'a enseigné cela que pour ce qui est devant lui. Pour ce qui est derrière lui, même un mil, il ne revient pas.
Rav Aha dit, et l'on en déduit : c'est un mil qu'il ne revient pas ; en dessous d'un mil, il revient.
Devant lui, dans le sens de la marche : jusqu'à quatre mil. Derrière lui : il ne rebrousse pas chemin, même pour un mil.
Rachi réserve cette limite au voyageur, netila et tefila. Le pétrisseur salarié n'a pas de trajet à perdre : il va jusqu'à quatre mil.
Rav Aha serre le mot. Rabbi Yossi a dit un mil. Sous le mil, derrière lui, il revient prendre l'eau.
Michna : comment sépare-t-on la hala en état de touma, le jour de fête ?
Troisième michna de la page. La pâte est tame. La hala qu'on en prélève ne se donne pas à manger au cohen. Il faudra la brûler, et le Yom Tov de Pessa'h bloque les issues ordinaires.
La cuire manque d'usage alimentaire. La laisser crue jusqu'au soir, elle lève. La brûler le jour même heurte l'interdit de brûler des kodachim un Yom Tov. Rachi joint à cela le fait de la donner aux chiens.
Rabbi Eliezer dit : elle ne lui donnera pas de nom avant qu'elle soit cuite. Ben Beteira dit : elle la jettera dans l'eau froide.
Rabbi Yehochoua dit :
Trois avis, le troisième coupé par la fin de l'amoud. Rabbi Eliezer : on ne nomme pas la hala avant la cuisson. Tant que le nom n'est pas posé, chaque pain reste consommable, et l'on peut le cuire. Après la cuisson, le sal qui reçoit les pains les joint, et l'on prélève une hala sur l'ensemble.
Ben Beteira : on sépare, et l'on met la part dans l'eau froide pour retenir le himouts. Tossefot : Eliezer et Yehochoua laissent cette eau efficace. Si le nom a déjà été donné, Rabbeinou Tam revient à ce tsonan.
Le long passage des Tossefot sur la cheifa explique pourquoi une terouma tame ne se brûle pas le Yom Tov pour la jouissance qu'on en tirerait : la combustion est une mitsva de biour. Le Ri permet la cheifa pour okhel nefech, et il décrète ce cas à cause du cas sans besoin.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).