Pesachim 46a - La pâte des fentes, le mil, et la hala en touma

Pesachim 46a

Sougya : Abaye achève sa lecture du ve-khen : à Pessa'h la pâte se joint pour la touma parce que l'interdit du kazayit la rend importante, et le reste de l'année la kapida tranche. Rava objecte par le mot hotzetz et lit une tevila de la pétrissoire.

Rav Papa objecte par le mot touma et lit un sheretz posé sur la pâte. La michna du batzek ha-'herech fixe ensuite le himouts au temps d'un mil, de Migdal Nounaya à Tibériade, puis quatre mil pour le pétrisseur, la tefila, la netilat yadayim, et le tannage.

La page ouvre enfin la hala prélevée en touma le Yom Tov : Rabbi Eliezer diffère le nom jusqu'après la cuisson, Ben Beteira met la pâte dans l'eau froide, et Rabbi Yehochoua commence un avis qui se poursuit sur 46b.

Ve-khen le-inyan touma : trois lectures Abaye : tzerouf joindre pour compléter le kebeitza Moins d'un kebeitza d'aliments touche la pâte de la fente Pessa'h : elle se joint issouro hachouv le kazayit la rend importante Année, makpid : elle se joint Il veut qu'elle reste : elle est la pétrissoire Le mot de la michna : hotzetz Rava : monter la tahara tevila de la pétrissoire Pétrissoire impure on veut la tremper Pessa'h : elle fait écran la tevila ne prend pas il doit retirer le kazayit Année, makpid : écran Il veut qu'elle reste : l'eau touche le récipient Le mot de la michna : touma Rav Papa : descendre la touma vers la pétrissoire Un sheretz touche la pâte collée au récipient Pessa'h : elle fait écran la touma ne descend pas le récipient reste tahor Année, makpid : écran Il veut qu'elle reste : le sheretz touche le bol Lecture qui reste sur la page Pessa'h : le chiour du kazayit. Reste de l'année : makpid, ou il veut que la pâte reste.
Abaye joint les parts. Rava lit l'écran d'une tevila. Rav Papa lit l'écran qui empêche la touma de descendre.
Mesures de marche : un mil, puis quatre Batzek ha-'herech Pas de pâte pétrie en même temps Migdal Nounaya jusqu'à Tibériade 1 mil le lieu enseigne la longueur du mil Rech Lakich : 4 mil Gabel : tremper les kelim au mikve Tefila : beit knesset devant lui Netilat yadayim : eau devant lui Rabbi Abbahu au nom de Rech Lakich Aivou ajoute un quatrième cas : iboud Peau souple, impure comme la chair (Ha-or ve-ha-rotev) Tannage, ou piétinement le temps de 4 mil : elle sort du statut de chair Sauf la peau de l'homme, qui reste impure Devant lui, ou derrière lui Devant : il va jusqu'à 4 mil. Derrière : un mil, il ne revient pas. Moins d'un mil derrière lui : il revient. Le pétrisseur, lui, va jusqu'à 4 mil.
Un mil pour le himouts sans pâte témoin. Quatre mil pour le pétrisseur, la prière, les mains, et le tannage.
Hala en touma le Yom Tov de Pessa'h La pâte est impure : la hala ne convient plus au cohen La cuire manque d'usage alimentaire. La garder jusqu'au soir : elle lève. La brûler le Yom Tov : on ne brûle pas les kodachim un jour de fête. Rabbi Eliezer Pas de nom de hala avant la cuisson Après, le sal joint les pains chaque pain était encore propre Ben Beteira Elle sépare la hala et la jette au tsonan L'eau froide retient le himouts nom déjà donné : Rabbeinou Tam Rabbi Yehochoua La michna le nomme et s'arrête ici Son avis se lit sur la page 46b la phrase reste ouverte Tossefot : Eliezer et Yehochoua laissent l'eau froide efficace. Nom déjà posé : on la met au tsonan.
Hala impure le Yom Tov : Rabbi Eliezer diffère le nom, Ben Beteira use d'eau froide, Rabbi Yehochoua poursuit sur 46b.
1
לְעִנְיַן צֵירוּף טֻומְאָה בַּפֶּסַח, וּבִשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה אִיכָּא פְּלֻוגְתָּא.

En matière de jointure de touma à Pessa'h ; et le reste des jours de l'année, il y a une distinction.

📜 Rachi (2)
לְעִנְיַן צֵירוּף טֻומְאָה כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל דִּבְפֶסַח תַּלְיָא מִילְּתָא בְּשִׁיעוּרֵיהּ:
En matière de jointure de touma : comme on l'explique en poursuivant. À Pessa'h, la chose dépend de sa mesure.
וּבִשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה אִיכָּא פְּלֻוגְתָּא חִילּוּק בֵּין מַקְפִּיד לְשֶׁאֵינוֹ מַקְפִּיד וְהַיְינוּ דִּתְנָא סֵיפָא אִם מַקְפִּיד עָלָיו:
Et le reste des jours de l'année, il y a une distinction : une différence entre celui qui y tient et celui qui n'y tient pas. C'est ce que le Tana enseigne dans la seifa : s'il y tient.
💡 Explication

Fin de la phrase d'Abaye, ouverte en bas de 45b. Il lit le ve-khen le-inyan touma de la pâte prise dans les fentes.

À Pessa'h, le partage suit le chiour. Le reste de l'année, il suit la kapida : tient-il à retirer cette pâte, ou veut-il qu'elle reste.

2
הֵיכִי דָמֵי, כְּגוֹן דְּאִיכָּא פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה אֳוכָלִין, וְנָגְעוּ בְּהַאי בָּצֵק. בְּפֶסַח, דְּאִיסּוּרוֹ חָשׁוּב — מִצְטָרֵף. בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה, דְּבִקְפִידָא תַּלְיָא מִילְּתָא, אִם מַקְפִּיד עָלָיו — מִצְטָרֵף, אִם רוֹצֶה בְּקִיּוּמוֹ — הֲרֵי הוּא כַּעֲרֵיבָה.

Quel est le cas ? Par exemple, il y a moins d'un kebeitza d'aliments, et ils ont touché cette pâte.

À Pessa'h, du fait que son interdit la rend importante, elle se joint. Le reste des jours de l'année, où la chose dépend de la kapida : s'il y tient, elle se joint ; s'il veut qu'elle demeure, la voilà comme la pétrissoire.

📜 Rachi (3)
דְּאִיכָּא פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה אֳוכָלִין דְּנָגְעוּ בְּהַאי בָּצֵק הַדָּבוּק בַּעֲרֵיבָה וְנָגְעָה בָּהֶן טֻומְאָה וְאִיטַּמִּי וַהֲדַר נָגְעוּ בָּהֶן אֳוכָלִים טְהוֹרִים:
Il y a moins d'un kebeitza d'aliments qui ont touché cette pâte : elle est collée à la pétrissoire. Une touma les a touchés, ils sont devenus impurs, puis des aliments purs les ont touchés.
בְּפֶסַח דְּאִיסּוּר חָמֵץ מְחַשְּׁבוֹ וְעוֹשֵׂהוּ חָשׁוּב הוֹאִיל וְכַזַּיִת הֻוזְכַּר לְהֵיחָשֵׁב לְעִנְיַן אִיסּוּר חָמֵץ דְּלָא בְּטִיל לְגַבֵּי עֲרֵיבָה כִּדְתַנְיָא רֵישָׁא הַשְׁתָּא לְעִנְיַן טֻומְאָה נָמֵי לָא בְּטִיל לְגַבֵּי עֲרֵיבָה וּמִצְטָרֵף לְהַשְׁלִים לְכַבֵּיצָה ואע"ג דְּאֵין מַקְפִּיד עָלָיו וּמְטַמֵּא אֶת אֲחֵרִים:
À Pessa'h : l'interdit du hamets le compte et le rend important, puisque le kazayit a été indiqué pour compter dans l'interdit du hamets, et qu'il ne s'annule pas face à la pétrissoire, comme l'enseigne la reisha. Dès lors, pour la touma aussi, il ne s'annule pas face à la pétrissoire. Il se joint pour compléter le kebeitza, même s'il n'y tient pas, et il rend les autres impurs.
בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה דְּלֵיכָּא לְמֵימַר אִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ בִּקְפִידָא תַּלְיָא מִילְּתָא אִם מַקְפִּיד עָלָיו מִצְטָרֵף דַּחֲשִׁיב אוּכְלָא הוֹאִיל וְסוֹפוֹ לִיטְלוֹ:
Le reste des jours de l'année : on ne peut pas dire que son interdit fasse son importance. La chose dépend de la kapida. S'il y tient, elle se joint, car elle compte comme aliment, puisqu'il finira par la retirer.
💡 Explication

Cas du tzerouf. Des aliments impurs, sous le kebeitza, touchent la pâte, puis touchent des aliments purs. Le kebeitza est la mesure qui transmet la touma des aliments.

À Pessa'h, le kazayit de hamets a déjà un poids dans la reisha : il ne s'annule pas dans le récipient. Ce poids le fait compter aussi pour la touma, même quand le maître de maison laisse la pâte en place.

Le reste de l'année, seul le makpid lui donne le statut d'aliment, parce qu'il compte la retirer. S'il veut qu'elle reste, elle fait corps avec la pétrissoire.

3
מַתְקִיף לַהּ רָבָא: מִי קָתָנֵי ״מִצְטָרֵף״? וְהָא ״חוֹצֵץ״ קָתָנֵי. אֶלָּא אָמַר רָבָא: וְכֵן לְהַעֲלוֹת טָהֳרָה לַעֲרֵיבָה.

Rava objecte : enseigne-t-on qu'elle se joint ? On enseigne qu'elle fait écran.

Rava dit donc : et de même pour faire monter la tahara vers la pétrissoire.

📜 Rachi (1)
וְכֵן לְהַעֲלוֹת לָהּ טָהֳרָה לַעֲרֵיבָה תַּלְיָא נָמֵי בְּשִׁיעוּרָא וְלָא שִׁיעוּרָא בְּפֶסַח וְאִם מַקְפִּיד עָלָיו קָאֵי אַשְּׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה כְּגוֹן דְּאִיטַּמִּי וְקָא מַטְבִּיל לָהּ וְקָאָמַר דִּבְפֶסַח הוֹאִיל וּבִכְזַיִת עוֹבֵר עָלֶיהָ וּבִדְפָנוֹת אִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ דְּעַל כָּרְחוֹ צָרִיךְ לִיטְלוֹ וְחָייֵץ דְּלָא הָוֵי כַּעֲרֵיבָה וְאַפֵּי' אֵינוֹ מַקְפִּיד עָלָיו:
Et de même pour lui faire monter la tahara, à la pétrissoire. Cela dépend aussi, à Pessa'h, de la mesure et de l'absence de mesure ; et s'il y tient vise le reste des jours de l'année. Par exemple, elle est devenue impure et il la trempe. Il dit qu'à Pessa'h, puisqu'on transgresse dès un kazayit, et que sur les parois son interdit fait son importance, car il doit la retirer de force, elle fait écran. Elle reste distincte de la pétrissoire, même s'il n'y tient pas.
💡 Explication

L'objection de Rava porte sur le mot. La seifa dit hotzetz, elle fait écran. Elle ne dit pas qu'elle se joint.

Il lit donc une tevila : faire monter la tahara sur une pétrissoire impure. Une pâte qui compte fait écran entre l'eau et le récipient, et l'immersion ne prend pas.

4
הֵיכִי דָמֵי, כְּגוֹן דְּאִיטַּמִּי הָךְ עֲרֵיבָה, וּבָעֵי לְאַטְבּוֹלֵי. בְּפֶסַח, דְּאִיסּוּרוֹ חָשׁוּב — חוֹצֵץ, וְלָא סָלְקָא לַהּ טְבִילָה. בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה בִּקְפִידָא תַּלְיָא מִילְּתָא. אִי מַקְפִּיד עָלָיו — חוֹצֵץ, וְאִם רוֹצֶה בְּקִיּוּמוֹ — הֲרֵי הוּא כַּעֲרֵיבָה.

Quel est le cas ? Par exemple, cette pétrissoire est devenue impure, et il veut la tremper.

À Pessa'h, du fait que son interdit la rend importante, elle fait écran, et la tevila ne prend pas pour elle. Le reste des jours de l'année, la chose dépend de la kapida.

S'il y tient, elle fait écran. S'il veut qu'elle demeure, la voilà comme la pétrissoire.

📜 Rachi (1)
אֲבָל בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה בֵּין מְרֻובֶּה בֵּין מוּעָט בִּקְפִידָא תַּלְיָא מִילְּתָא:
Mais le reste des jours de l'année : que ce soit beaucoup ou peu, la chose dépend de la kapida.
💡 Explication

Détail de la lecture de Rava. La pâte se tient entre l'eau du mikve et la paroi.

À Pessa'h, le kazayit interdit oblige à la retirer : elle fait écran, la tevila échoue. Le reste de l'année, la quantité ne tranche pas. Seul importe qu'il tienne à l'enlever, ou qu'il veuille la laisser.

5
מַתְקִיף לַהּ רַב פָּפָּא: מִי קָתָנֵי ״וְכֵן לְעִנְיַן טָהֳרָה״? הָא ״לְעִנְיַן טֻומְאָה״ קָתָנֵי! אֶלָּא אָמַר רַב פָּפָּא: וְכֵן לְעִנְיַן לְהוֹרִיד טֻומְאָה לַעֲרֵיבָה.

Rav Papa objecte : enseigne-t-on, et de même en matière de tahara ? On enseigne : en matière de touma.

Rav Papa dit donc : et de même en matière de faire descendre la touma vers la pétrissoire.

📜 Rachi (1)
וְכֵן לְהוֹרִיד טֻומְאָה לַעֲרֵיבָה עַל יְדֵי בָּצֵק זֶה תַּלְיָא נָמֵי בִּימוֹת הַפֶּסַח בְּשִׁיעוּרָא וְלָאו שִׁיעוּרָא וְאִם מַקְפִּיד עָלָיו אַשְּׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה קָאֵי:
Et de même pour faire descendre la touma vers la pétrissoire : par le moyen de cette pâte. Aux jours de Pessa'h aussi, cela dépend de la mesure et de l'absence de mesure ; et s'il y tient vise le reste des jours de l'année.
💡 Explication

Nouvelle objection de mot. Rava parlait de tahara, la montée de la tevila. La michna dit touma.

Rav Papa garde l'écran, et il en inverse le sens : la pâte peut empêcher une impureté de descendre jusqu'au récipient.

6
הֵיכִי דָמֵי, כְּגוֹן דְּנָגַע שֶׁרֶץ בְּהַאי בָּצֵק. בְּפֶסַח דְּאִיסּוּרוֹ חָשׁוּב — חוֹצֵץ, וְלָא נָחֲתָה לַהּ טֻומְאָה. בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה דְּבִקְפִידָא תַּלְיָא, אִם מַקְפִּיד עָלָיו — חוֹצֵץ, אִם רוֹצֶה בְּקִיּוּמוֹ — הֲרֵי הוּא כָּעֲרֵיבָה.

Quel est le cas ? Par exemple, un sheretz a touché cette pâte.

À Pessa'h, du fait que son interdit la rend importante, elle fait écran, et la touma ne descend pas vers elle. Le reste des jours de l'année, où cela dépend de la kapida : s'il y tient, elle fait écran ; s'il veut qu'elle demeure, la voilà comme la pétrissoire.

📜 Rachi (4)
ה"ג וְהֵיכִי דָּמֵי כְּגוֹן דְּנָגַע שֶׁרֶץ בְּהַאי בָּצֵק:
Voici la version : et quel est le cas ? Par exemple, un sheretz a touché cette pâte.
בְּפֶסַח דִּכְזַיִת אִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ חָייֵץ וְלָא הָוֵי כַּעֲרֵיבָה וְלָא נָחֲתָא לָהּ שׁוּם טֻומְאָה לַעֲרֵיבָה וַאֲפִילּוּ אֵין מַקְפִּיד עָלָיו וּבְפָחוֹת מִכְּזַיִת כִּי אֵינוֹ מַקְפִּיד עָלָיו לֹא:
À Pessa'h : pour un kazayit, son interdit fait son importance, il fait écran, il reste distinct de la pétrissoire, et aucune touma ne descend vers la pétrissoire, même s'il n'y tient pas. En dessous d'un kazayit, quand il n'y tient pas, non (pas d'écran).
וּבִשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה אִם מַקְפִּיד עָלָיו אֲפִילּוּ בְּפָחוֹת מִכַּזַּיִת חוֹצֵץ:
Et le reste des jours de l'année : s'il y tient, même en dessous d'un kazayit, elle fait écran.
וְאִם רוֹצֶה הוּא בְּקִיּוּמוֹ הֲרֵי הוּא כַּעֲרֵיבָה וְהָוֵי כְּאִלּוּ נָגַע שֶׁרֶץ בַּעֲרֵיבָה מַמָּשׁ:
Et s'il veut qu'elle demeure, la voilà comme la pétrissoire : c'est comme si le sheretz avait touché la pétrissoire elle-même.
💡 Explication

Lecture qui reste. Un sheretz touche la pâte, pas le bois du récipient.

Si la pâte a son poids propre, elle fait écran : la touma s'arrête à elle, le bol reste tahor. À Pessa'h, ce poids est le kazayit, même sans kapida. Sous le kazayit, l'écran ne joue que s'il est makpid.

S'il veut que la pâte reste, elle est le récipient. Toucher la pâte, c'est toucher la pétrissoire : tout le bol est tame.

🖼️ Schéma
Sheretz sur la pâte : écran, ou contact du bol pétrissoire pâte sheretz il touche la pâte Pâte importante : hotzetz Pessa'h, kazayit, même sans kapida Année : seulement s'il est makpid la touma ne descend pas au bol Il veut que la pâte reste Elle compte comme la pétrissoire Le sheretz touche le récipient lui-même tout le bol devient tame
Sheretz sur la pâte. Écran si elle compte à part. Contact du bol s'il veut qu'elle reste.
7
מַתְנֵי׳ בָּצֵק הַחֵרֵשׁ, אִם יֵשׁ כַּיּוֹצֵא בּוֹ שֶׁהֶחְמִיץ — הֲרֵי זֶה אָסוּר.

Michna : la pâte 'herech (sourde). S'il y en a une semblable qui a levé, celle-ci est interdite.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' בָּצֵק הַחֵרֵשׁ שֶׁאֵין נִיכָּר אִם הֶחֱמִיץ אִם לָאו שֶׁמְּשֻׁונֶּה הוּא כְּחֵרֵשׁ הַזֶּה שֶׁיֵּשׁ לוֹ אָזְנַיִם וְאֵינוֹ נִיכָּר אִם שׁוֹמֵעַ אִם לָאו דְּאֵין אָדָם עוֹמֵד עַל בֵּרוּרוֹ וְעַל דַּעְתּוֹ לִישָּׁנָא אַחְרִינָא בָּצֵק הַחֵרֵשׁ קָשֶׁה כְּחֵרֵשׁ וְאֵינוֹ נִיכָּר שֶׁהֶחְמִיץ ר"ל הִכְסִיפוּ פָּנָיו וְאֵין סִידּוּק לְסִימָן הַחִימּוּץ:
Michna, la pâte 'herech : on ne reconnaît pas si elle a levé ou non. Elle est insolite, comme ce sourd qui a des oreilles, et dont on ne reconnaît pas s'il entend ou non, car personne ne peut se fixer sur ce qui est clair chez lui ni sur sa pensée. Autre formulation : la pâte 'herech est dure comme un 'herech, et l'on ne reconnaît pas qu'elle a levé. Cela veut dire : sa surface a blanchi, et il n'y a pas de fissure pour signe du himouts.
אִם יֵשׁ כַּיּוֹצֵא בּוֹ שֶׁהֶחְמִיץ אִם יֵשׁ עִיסָּה אַחֶרֶת שֶׁנִּילּוֹשָׁה בִּשְׁעָתָהּ וּכְבָר הֶחֱמִיצָה:
S'il y en a une semblable qui a levé : s'il y a une autre pâte, pétrie en même temps qu'elle, et qui a déjà levé.
💡 Explication

Nouvelle michna. Batzek ha-'herech : une pâte dont le himouts ne se lit pas. Rachi donne d'abord l'image du sourd, qui a des oreilles sans qu'on sache s'il entend. L'autre formulation vise l'aspect : surface blanchie, sans la fissure qui signe le levain.

S'il existe une pâte témoin, pétrie à la même heure, et qu'elle a levé, la pâte 'herech est interdite elle aussi.

8
גְּמָ׳ אִם אֵין שָׁם כַּיּוֹצֵא בּוֹ מַהוּ? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: כְּדֵי שֶׁיֵּלֵךְ אָדָם מִמִּגְדַּל נוּנַיָּא לִטְבֶרְיָא מִיל.

Guemara : s'il n'y a pas là de semblable, qu'en est-il ? Rabbi Abbahu a dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : le temps qu'un homme aille de Migdal Nounaya à Tibériade, un mil.

📜 Rachi (1)
גְּמ' מִמִּגְדַּל נוּנַיָּא לִטְבֶרְיָא דְּהַייְנוּ מִיל:
Guemara. De Migdal Nounaya à Tibériade : c'est-à-dire un mil.
💡 Explication

Sans pâte témoin, les Sages fixent une durée. Passé le temps d'aller de Migdal Nounaya à Tibériade, on tient la pâte pour levée.

Ce trajet vaut un mil, deux mille amot.

9
וְנֵימָא מִיל! הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּשִׁיעוּרָא דְּמִיל כְּמִמִּגְדַּל נוּנַיָּא וְעַד טְבֶרְיָא.

Et qu'il dise : un mil ! Cela nous apprend que le chiour d'un mil est comme de Migdal Nounaya jusqu'à Tibériade.

💡 Explication

La question porte sur la formulation. Nommer le mil aurait suffi pour le himouts.

Le nom des deux lieux enseigne, au passage, la longueur du mil : Migdal Nounaya jusqu'à Tibériade.

10
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: לְגַבָּל וְלִתְפִלָּה וְלִנְטִילַת יָדַיִם — אַרְבָּעָה מִילִין.

Rabbi Abbahu a dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : pour le pétrisseur, pour la tefila et pour la netilat yadayim, quatre mil.

📜 Rachi (2)
לְגַבֵּל וְלִתְפִלָּה כּוּ' מִשּׁוּם דר' אֲבָהוּ אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ נְקַט לָהּ:
Pour le pétrisseur, pour la tefila, etc. : il cite cet enseignement parce que Rabbi Abbahu l'a dit au nom de Rech Lakich.
לְגַבֵּל הַמְגַבֵּל עִיסַּת אֲחֵרִים בְּשָׂכָר וּכְלֵי בַּעַל הַבַּיִת טְמֵאִים עַד אַרְבַּע מִילִין הִטְרִיחוּהוּ חֲכָמִים לֵילֵךְ לַמִּקְוֶה לִטְבֹּול כֵּלָיו וְכֵן לִתְפִלָּה אִם מְהַלֵּךְ אָדָם בַּדֶּרֶךְ וּבָא עֵת לָלוּן וּלְהִתְפַּלֵּל אִם יֵשׁ בֵּית הַכְּנֶסֶת לְפָנָיו בְּרִחוּק אַרְבַּע מִילִין הוֹלֵךְ וּמִתְפַּלֵּל שָׁם וְלָן שָׁם וְכֵן לִנְטִילַת יָדַיִם לַאֲכִילָה אִם עָתִיד לִמְצוֹא מַיִם לְפָנָיו בַּד' מִילִין הוֹלֵךְ לְשָׁם וְנוֹטֵל אֶת יָדָיו:
Pour le pétrisseur : celui qui pétrit la pâte d'autrui contre salaire, et les ustensiles du maître de maison sont impurs. Jusqu'à quatre mil, les Sages lui ont imposé d'aller au mikve pour tremper ses ustensiles. De même pour la tefila : si un homme marche en chemin, et que vient l'heure de s'arrêter pour la nuit et de prier, s'il y a une synagogue devant lui à une distance de quatre mil, il y va, il y prie et il y passe la nuit. De même pour la netilat yadayim du repas : s'il doit trouver de l'eau devant lui dans les quatre mil, il y va et il se lave les mains.
🗂️ Tossefot (2)
לַגֶּבֶר פִּי' בֶּעָרוּךְ דִּבְאָדָם הַמְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ מַייְרֵי דֻּומְיָא דִּתְפִלָּה דְּאִם יֵשׁ גַּבָּל הָעוֹשֶׂה עִיסָּתוֹ בְּטָהֳרָה בְּרִחוּק ד' מִילִין יַמְתִּין עַד שֶׁיַּגִּיעַ לְאוֹתוֹ גַּבָּל וְהַשְׁתָּא א"ש דְּלָא שָׁנוּ אֶלָּא לְפָנָיו קָאֵי אַכּוּלְּהוּ:
Pour le pétrisseur. Le Aroukh explique qu'il s'agit d'un homme qui marche en chemin, à l'image de la tefila. S'il y a un pétrisseur qui fait sa pâte en tahara à une distance de quatre mil, il attend jusqu'à arriver à ce pétrisseur. Dès lors, cela s'accorde : on n'a enseigné cela que pour ce qui est devant lui, et ce membre de phrase vise tous les cas.
וְלִתְפִלָּה נִרְאֶה כְּפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס וְלֹא כֶּעָרוּךְ דְּפֵירֵשׁ לִתְפִלָּה הַיְינוּ לִרְחֹוץ יָדָיו לְהִתְפַּלֵּל דְּהֵיכִי דָּמֵי אִי בְּעִידָּנָא דִּצְלוֹתָא הָא אָמְרִינַן בִּבְרָכוֹת (דַּף טו.) (אַבַּיֵּי) לָיֵיט אַמַּאן דִּמְהַדַּר אַמַּיָּא בְּעִידָּן צְלוֹתָא דְּכָתֵיב אֶרְחַץ בְּנִקָּיוֹן כַּפָּי וְאִי שֶׁלֹּא בִּזְמַן תְּפִלָּה מַאי אִירְיָא ד' מִילִין אַפֵּי' טוּבָא נָמֵי:
Et pour la tefila. L'explication du commentaire s'impose, face à celle du Aroukh. Celui-ci explique que pour la tefila veut dire se laver les mains afin de prier. Comment le cas se présente-t-il ? Si c'est au moment de la prière, nous disons à Berakhot (15a) qu'(Abaye) maudit celui qui cherche de l'eau au moment de la prière, car il est écrit : Je laverai dans la pureté mes paumes. Et si ce n'est pas le moment de la prière, pourquoi quatre mil en particulier ? Même bien davantage aussi.
💡 Explication

Second enseignement de Rech Lakich, toujours par Rabbi Abbahu. Trois démarches vont jusqu'à quatre mil.

Rachi : le gabel salarié va tremper au mikve les kelim impurs du maître de maison. Le voyageur, à l'heure de la prière du soir, gagne une synagogue située devant lui. Pour le repas, il avance jusqu'à l'eau de la netila.

Le Aroukh lit autrement le pétrisseur : le voyageur attend un gabel qui pétrira en tahara. Il lit aussi la tefila comme un lavage des mains. Tossefot gardent Rachi sur ce point : au moment de la prière, Berakhot 15a écarte celui qui part chercher de l'eau ; hors de ce moment, la limite de quatre mil n'aurait plus de motif.

🖼️ Schéma
Legabel : Rachi et le Aroukh Rachi Le pétrisseur salarié Kelim du maître de maison impurs Il va au mikve, jusqu'à 4 mil Tefila : la synagogue, pas le lavage Devant lui seulement : netila et tefila Aroukh Un homme en chemin Un gabel en tahara à 4 mil Il attend d'arriver chez lui Tefila : se laver les mains pour prier Devant lui viserait alors les trois cas Tossefot retiennent Rachi pour la tefila
Rachi : le pétrisseur va au mikve, la tefila est la synagogue. Le Aroukh : attendre un pétrisseur, et se laver pour prier.
11
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אַייְּבוּ אֲמָרָהּ, וְאַרְבָּעָה אָמַר בָּהּ, וַחֲדָא מִינַּייְהוּ עֲבוּד. דִּתְנַן: וְכֻולָּן שֶׁעִיבְּדָן, אוֹ שֶׁהִילֵּךְ בָּהֶן כְּדֵי עֲבוֹדָה — טְהוֹרִין, חוּץ מֵעוֹר הָאָדָם. וְכַמָּה כְּדֵי עֲבוֹדָה? אָמַר רַבִּי (אינייא) אָמַר רַבִּי יַנַּאי: כְּדֵי הִילּוּךְ אַרְבָּעָה מִילִין.

Rav Nahman bar Yitzhak dit : Aivou l'a dite, et il en a dit quatre, et l'une d'elles est le tannage. Car nous avons appris : et tous ceux qu'on a tannés, ou sur lesquels on a marché le temps du travail, sont purs, sauf la peau de l'homme.

Et combien est le temps du travail ? Rabbi (Inia) a dit au nom de Rabbi Yannai : le temps d'une marche de quatre mil.

📜 Rachi (5)
ר' אַייְּבוּ אֲמָרָהּ לְהָא מִילְּתָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ וְלֹא ר' אָבָהוּ אֲמָרָהּ:
Rabbi Aivou l'a dite : cette parole, au nom de Rech Lakish. Rabbi Abbahu ne l'a pas dite.
וְאַרְבָּעָה מִילֵּי אָמַר בָּהּ לְשִׁיעוּר אַרְבַּע מִילִין הַייְנוּ תְּלָת וַחֲדָא מוֹסִיף:
Et il a dit à son sujet quatre mil : pour le chiour de quatre mil. Ce sont les trois, et il en ajoute un.
וּמַאי הִיא עֲבוּד שִׁיעוּר עִבּוּד שֶׁל עוֹר רַךְ הַמְטַמֵּא כְּבָשָׂר כְּגוֹן הָנָךְ דְּחָשֵׁיב בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב אַרְבַּע מִילִין הוּא לְבַטְּלוֹ מִתּוֹרַת בָּשָׂר מֵחֲמַת עִיבּוּדוֹ:
Et laquelle est-ce ? Le tannage. Le chiour du tannage d'une peau souple qui rend impur comme la chair, comme ceux qu'on énumère dans Ha-or ve-ha-rotev. C'est quatre mil, pour la faire sortir du statut de chair du fait de son tannage.
כֻּולָּן כָּל אֵלּוּ שֶׁמָּנוּ חֲכָמִים בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב שֶׁעוֹרוֹתֵיהֶן מְטַמְּאִין כִּבְשָׂרָן מִפְּנֵי שֶׁהוּא רַךְ וְדַרְכּוֹ לֶאֱכֹול:
Tous : tous ceux que les Sages ont énumérés dans Ha-or ve-ha-rotev, dont les peaux rendent impur comme leur chair, parce qu'elle est souple et qu'on a coutume de la manger.
שֶׁהִילֵּךְ בָּהֶן דֶּרֶךְ עוֹרוֹת לְשָׁוטְחָן לִפְנֵי דְּרִיסַת רַגְלֵי אָדָם וְזֶהוּ תְּחִילַּת עִיבּוּדָן:
Sur lesquels on a marché : on a coutume d'étendre les peaux devant le piétinement des pieds de l'homme, et c'est le début de leur tannage.
💡 Explication

Rav Nahman bar Yitzhak déplace l'auteur et le compte. C'est Aivou, au nom de Rech Lakish, et les cas sont quatre. Le quatrième est l'iboud, le tannage.

Michna de Houlin, chapitre Ha-or ve-ha-rotev : certaines peaux souples sont impures comme la chair. Tannées, ou piétinées le temps du travail, elles deviennent du cuir et sont pures de ce chef. La peau humaine reste impure.

Rabbi Yannai fixe ce temps de piétinement à une marche de quatre mil. Le texte porte ici le nom Inia, entre parenthèses : Rachi lit Aivou.

12
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְפָנָיו, אֲבָל לְאַחֲרָיו — אֲפִילּוּ מִיל אֵינוֹ חוֹזֵר. אָמַר רַב אַחָא, וּמִינָּהּ: מִיל — הוּא דְּאֵינוֹ חוֹזֵר, הָא פָּחוֹת מִמִּיל — חוֹזֵר.

Rabbi Yossi, fils de Rabbi Hanina, dit : on n'a enseigné cela que pour ce qui est devant lui. Pour ce qui est derrière lui, même un mil, il ne revient pas.

Rav Aha dit, et l'on en déduit : c'est un mil qu'il ne revient pas ; en dessous d'un mil, il revient.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא לְפָנָיו אַנְּטִילַת יָדַיִם וְאַתְּפִלָּה דִּמְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ קָאֵי דְּאִילּוּ גַּבָּל יֵלֵךְ עַד ד' מִילִין דְּמַה יֵשׁ לוֹ לְהַפְסִיד:
Seulement devant lui : cela vise la netilat yadayim et la tefila, car on parle de celui qui marche en chemin. Quant au pétrisseur, il ira jusqu'à quatre mil : qu'a-t-il à perdre ?
וּמִינָּהּ מֵהָא דָּר' יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא דְּאָמַר בְּהֶדְיָא אַפֵּי' מִיל אֵינוֹ חוֹזֵר דַּוְקָא מִיל קָאָמַר הָא פָּחוֹת מִמִּיל חוֹזֵר:
Et l'on en déduit : de cet enseignement de Rabbi Yossi bar Hanina, qui dit explicitement que même un mil il ne revient pas. Il vise précisément un mil. En dessous d'un mil, il revient.
💡 Explication

Devant lui, dans le sens de la marche : jusqu'à quatre mil. Derrière lui : il ne rebrousse pas chemin, même pour un mil.

Rachi réserve cette limite au voyageur, netila et tefila. Le pétrisseur salarié n'a pas de trajet à perdre : il va jusqu'à quatre mil.

Rav Aha serre le mot. Rabbi Yossi a dit un mil. Sous le mil, derrière lui, il revient prendre l'eau.

13
מַתְנִי׳ כֵּיצַד מַפְרִישִׁין חַלָּה בְּטֻומְאָה בְּיוֹם טוֹב?

Michna : comment sépare-t-on la hala en état de touma, le jour de fête ?

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' כֵּיצַד מַפְרִישִׁין חַלָּה בְּטֻומְאָה שֶׁנִּטְמֵאת הָעִיסָּה וְשׁוּב אֵין חַלָּה הַנִּיטֶּלֶת מִמֶּנָּה רְאוּיָה לַאֲכִילַת כֹּהֵן כֵּיצַד מַפְרִישִׁין אוֹתָהּ בְּיוֹם טוֹב שֶׁל פֶּסַח הֲרֵי אֵין יָכוֹל לֶאֱפוֹתָהּ מֵאַחַר שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לַאֲכִילָה וּלְשַׁהוֹתָהּ לְשָׂורְפָהּ לָעֶרֶב אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא תַּחְמִיץ וּלְשָׂורְפָהּ אוֹ לְהַאֲכִילָהּ לִכְלָבִים אִי אֶפְשָׁר שֶׁאֵין שׂוֹרְפִין קָדָשִׁים בְּיוֹם טוֹב:
Michna : comment sépare-t-on la hala en état de touma. La pâte est devenue impure, et dès lors la hala qu'on en prélève n'est plus propre à être mangée par le cohen. Comment la sépare-t-on le Yom Tov de Pessa'h ? Il ne peut pas la cuire, puisqu'elle n'est pas propre à être mangée. La laisser jusqu'au soir pour la brûler est impossible : elle lèverait. La brûler, ou la donner aux chiens, est impossible : on ne brûle pas les kodachim le jour de fête.
💡 Explication

Troisième michna de la page. La pâte est tame. La hala qu'on en prélève ne se donne pas à manger au cohen. Il faudra la brûler, et le Yom Tov de Pessa'h bloque les issues ordinaires.

La cuire manque d'usage alimentaire. La laisser crue jusqu'au soir, elle lève. La brûler le jour même heurte l'interdit de brûler des kodachim un Yom Tov. Rachi joint à cela le fait de la donner aux chiens.

14
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: לֹא תִּקְרָא לָהּ שֵׁם עַד שֶׁתֵּאָפֶה. בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: תַּטִּיל בְּצוֹנֵן. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ:

Rabbi Eliezer dit : elle ne lui donnera pas de nom avant qu'elle soit cuite. Ben Beteira dit : elle la jettera dans l'eau froide.

Rabbi Yehochoua dit :

📜 Rachi (2)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר לֹא תִּקְרָא לָהּ שֵׁם חַלָּה:
Rabbi Eliezer dit : elle ne lui donnera pas de nom, de hala.
עַד שֶׁתֵּאָפֶה תְּחִלָּה דְּאַכַּתִּי כָּל חֲדָא וַחֲדָא חֲזִי לֵיהּ דְּמַפְרִישׁ מִכָּל חֲדָא פֻּורְתָּא וּלְאַחַר אֲפִייָּה אִם רָצָה יַפְרִישׁ חַלָּה שְׁלֵימָה עַל כֻּולָּן כִּדְתַנְיָא בַּגְּמָרָא דְּקָסָבַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַסַּל שֶׁהוּא רוֹדֶה מִן הַתַּנּוּר לְתוֹכוֹ מְצָרְפוֹ לְחַלָּה:
Jusqu'à ce qu'elle soit cuite, d'abord. Car chacune est encore propre pour lui : il prélève de chacune un peu. Et après la cuisson, s'il veut, il prélève une hala entière sur toutes, comme l'enseigne une baraita dans la Guemara. Car Rabbi Eliezer tient que le panier dans lequel on retire les pains du four les joint pour la hala.
🗂️ Tossefot (3)
לֹא תִּקְרָא לָהּ שֵׁם עַד שֶׁתֵּאָפֶה שֶׁאִם הָיָה קוֹרֵא לָהּ שֵׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לֶאֱפוֹתָהּ וְלֹא לְשָׂורְפָהּ דְּאֵין שׂוֹרְפִין קָדָשִׁים בְּיו"ט כִּדְיָלֵיף בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת כד:) וְהַיְינוּ נָמֵי טַעְמָא הָא דִּתְנַן הָתָם אֵין מַדְלִיקִין בְּשֶׁמֶן שְׂרֵיפָה ביו"ט וְתֵימַהּ בִּשְׁלָמָא פְּסוּל קוֹדֶשׁ אֵין שׂוֹרְפִין ביו"ט שֶׁאֵין יָכוֹל לֵהָנוֹת מִמֶּנָּה בִּשְׁעַת שְׂרֵיפָה אֲבָל תְּרוּמָה טְמֵאָה שֶׁיָּכוֹל לֵהָנוֹת מִמֶּנָּה בִּשְׁעַת שְׂרֵיפָה אַמַּאי אֵין שׂוֹרְפִים כְּמוֹ שֶׁמֻּותָּר לְהַדְלִיק בְּשֶׁמֶן שֶׁל חֻולִּין לַהֲנָאָתוֹ כָּךְ יִשְׂרֹוף תְּרוּמָה טְמֵאָה לַהֲנָאָתוֹ וְכִי מִפְּנֵי שֶׁמִּצְוָה לִשְׂרֹוף מִיגְרָע גָּרַע וְתֵירֵץ רִיבָ"א דְּשֶׁמֶן שֶׁל חֻולִּין מֻותָּר לְהַדְלִיק לַהֲנָאָתוֹ כְּמוֹ שֶׁמֻּותָּר לֶאֱכֹול אֲבָל תְּרוּמָה טְמֵאָה דַּאֲסוּרָה בְּכָל הַהֲנָאוֹת נִמְצָא שֶׁהַהַבְעָרָה אֵינָהּ לַהֲנָאָה אֶלָּא לְשֵׁם מִצְוַת שְׂרֵיפָה אֶלָּא שֶׁהַתּוֹרָה לֹא הִקְפִּידָה אִם יֵהָנֶה מִמֶּנָּה בִּשְׁעַת שְׂרֵיפָה לְכָךְ אֵין דּוֹחֶה יו"ט כִּשְׁאָר שְׂרֵיפַת קָדָשִׁים מִידִי דְּהָוֵי אַנְּדָרִים וּנְדָבוֹת לָמֶ"ד אֵין קְרֵבִים ביו"ט (בֵּיצָה דַּף יט.) אע"פ שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן הֶיתֵּר לַאֲכִילַת אָדָם כֵּיוָן דְּעִיקָּרוֹ לְגָבוֹהַּ וְכֹהֲנִים מִשֻּׁולְחַן גָּבוֹהַּ קָזָכוּ אָסוּר לְשׁוֹחֲטָן וְלָמֶ"ד קְרֵבִים קָסָבַר עִיקַּר שְׁחִיטָה לְצֹורֶךְ אָדָם אֲבָל שְׂרֵיפַת תְּרוּמָה טְמֵאָה אֵינָהּ לְשֵׁם הֲנָאָה מִדְּאָסַר כָּל שְׁאָר הֲנָאוֹת אֶלָּא וַדַּאי לְשֵׁם מִצְוַת בִּיעוּר הוּא ור"י פִּי' דְּוַדַּאי מֻותָּר לִשְׂרֹוף ביו"ט תְּרוּמָה לְצֹורֶךְ אֹוכֶל נֶפֶשׁ דְּלָא שַׁיָּיךְ לְמֵימַר מִשֻּׁולְחַן גָּבוֹהַּ קָא זָכוּ אֶלָּא דְּגָזְרִינַן לְצֹורֶךְ אַטּוּ שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ דְּשָׁלָא לְצֹורֶךְ אָסוּר מִן הַתּוֹרָה דְּגָמְרִינַן מִקָּדָשִׁים שֶׁאֵין שׂוֹרְפִין ביו"ט:
Elle ne lui donnera pas de nom avant qu'elle soit cuite. Car s'il lui donnait un nom, il ne pourrait pas la cuire, ni la brûler : on ne brûle pas les kodachim un jour de fête, comme on l'apprend dans le chapitre Bame madlikin (Chabbat 24b). C'est aussi la raison de ce qu'on enseigne là-bas : on n'allume pas avec de l'huile de cheifa un jour de fête. Il y a un étonnement. Pour un codech passoul, on admet qu'on ne le brûle pas un jour de fête, car on ne peut pas en jouir au moment de la combustion. Pour la terouma impure, dont on peut jouir au moment de la combustion, pourquoi ne la brûle-t-on pas ? Comme il est permis d'allumer de l'huile de houlin pour sa jouissance, qu'il brûle ainsi la terouma impure pour sa jouissance. Et parce qu'il y a une mitsva de la brûler, en serait-elle diminuée ? Le Riva répond. L'huile de houlin, il est permis de l'allumer pour sa jouissance, comme il est permis de la manger. La terouma impure est interdite pour toutes les jouissances. Il en résulte que la combustion se fait pour la mitsva de cheifa. La Torah n'a pas exigé qu'on s'abstienne d'en jouir au moment de la combustion. C'est pourquoi elle ne repousse pas le jour de fête, comme le reste des cheifot de kodachim. Il en va comme des nedarim et des nedavot, selon l'avis qu'ils ne sont pas offerts un jour de fête (Beitsa 19a). Il y a en eux une permission de consommation humaine. Leur principal va à Gavoah (le Haut), et les cohanim tiennent leur part de la table de Gavoah : il est interdit de les abattre. Selon l'avis qu'ils sont offerts, il tient que l'essentiel de la chehita est le besoin de l'homme. La combustion de la terouma impure vise la mitsva du biour, puisqu'elle interdit toutes les autres jouissances. Et le Ri explique. Il est permis de brûler un jour de fête de la terouma pour un besoin de okhel nefech, car on ne peut pas dire qu'ils tiennent leur part de la table de Gavoah. On décrète le cas du besoin à cause du cas sans besoin. Le cas sans besoin est interdit de la Torah : on l'apprend des kodachim, qu'on ne brûle pas un jour de fête.
עַד שֶׁתֵּאָפֶה אוֹמֵר רִ"י אֲנַן שָׁרֵינַן לִקְרוֹת לָהּ שֵׁם קֹודֶם אֲפִייָּה אע"ג דְּפָסְקִינַן כר"א דְּהָא אִי אִיכָּא כֹּהֵן קָטָן חַזְיָא לֵיהּ כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק עַד כַּמָּה (בְּכוֹרוֹת כז.) אֵין תְּרוּמַת ח"ל אֲסוּרָה אֶלָּא לְמִי שֶׁטֻּומְאָה יוֹצְאָה עָלָיו מִגּוּפוֹ וְכֵן פָּסַק בה"ג בְּסֵדֶר פֶּסַח בְּשֵׁם רַב כֹּהֵן צֶדֶק רֵישׁ מְתִיבְתָּא וְאַפֵּי' לֵיכָּא כֹּהֵן קָטָן אִי אִיכָּא כֹּהֵן גָּדוֹל שָׁרֵי דְּחַזְיָא לֵיהּ ע"י בִּיטּוּל בְּרוֹב כִּדְאָמַר הָתָם רַבָּה מְבַטֵּל לָהּ בְּרוֹב וְאָכִיל לָהּ בִּימֵי טֻומְאָה וא"ת וְאַמַּאי לָא שָׁרֵינַן לֶאֱפוֹת חַלָּה טְמֵאָה מִטַּעַם דְּאָמַר (ר"א בַּר' שִׁמְעוֹן) בפ"ב דְּבֵיצָה (דַּף יז.) אַף מְמַלְּאָה אִשָּׁה תַּנּוּר פַּת אע"פ שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה אֶלָּא לְכִכָּר אֶחָד מִפְּנֵי שֶׁהַפַּת נֶאֱפָה יָפָה כְּשֶׁהַתַּנּוּר מָלֵא וְאָמַר (רַבָּה) הָתָם הֲלָכָה כְּר"א בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וַאֲפִילּוּ נֹאמַר דְּאָסוּר לֶאֱפוֹת מִפְּנֵי שֶׁאָסוּר לְטַלְטְלָהּ מִכָּל מָקוֹם כִּי לֹא קָרָא לָהּ שֵׁם אַמַּאי צָרִיךְ לְטַעְמָא דְּהוֹאִיל ואור"י דְּטַעֲמָא [דְּאָמְרִינַן] בְּבֵיצָה לֹא שַׁיָּיךְ אֶלָּא בְּתַנּוּר אֲבָל כְּשֶׁאוֹפֶה תַּחַת גֶּחָלִים לֹא:
Jusqu'à ce qu'elle soit cuite. Le Ri dit : nous permettons de lui donner un nom avant la cuisson, bien que nous tranchions comme Rabbi Eliezer. Car s'il y a un petit cohen, elle lui est propre, comme on le dit au chapitre Ad kama (Bekhorot 27a) : la terouma de Houts la-Arets n'est interdite qu'à celui dont la touma sort de son corps. Le Bahag tranche ainsi dans le seder de Pessa'h, au nom de Rav Cohen Tsedek, chef de yechiva. Et même s'il n'y a pas de petit cohen, s'il y a un cohen adulte, c'est permis : elle lui est propre par un bitoul be-rov, comme Rabba le dit là-bas. Il l'annule dans la majorité et il la mange pendant ses jours de touma. Et si l'on demande : pourquoi ne permet-on pas de cuire une hala impure, d'après ce que dit (Rabbi Elazar berabbi Chimon) au second chapitre de Beitsa (17a) : une femme remplit aussi le four de pain, bien qu'elle n'ait besoin que d'une seule miche, parce que le pain cuit mieux quand le four est plein ; et (Rabba) dit là-bas : la halakha suit Rabbi Elazar berabbi Chimon. Et même si l'on dit qu'il est interdit de la cuire parce qu'il est interdit de la déplacer, de toute façon, quand il ne lui a pas donné de nom, pourquoi a-t-on besoin de la raison du ho'il ? Le Ri dit : la raison que l'on dit dans Beitsa ne vise que le four. Quand on cuit sous les braises, non.
תַּטִּיל בְּצוֹנֵן אור"י דר"א וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ לָא פְלִיגִי אַבֶּן בְּתֵירָא שֶׁלֹּא תּוֹעִיל הַטָּלֶה לְצוֹנֵן וְהֵיכָא שֶׁאֵירַע שֶׁקָּרָא לָהּ שֵׁם אור"ת תָּטִיל בְּצוֹנֵן:
Elle la jettera dans l'eau froide. Le Ri dit : Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua ne contestent pas Ben Beteira en affirmant que le jet dans l'eau froide resterait sans effet. Et là où il est arrivé qu'on lui a donné un nom, Rabbeinou Tam dit : on la jettera dans l'eau froide.
💡 Explication

Trois avis, le troisième coupé par la fin de l'amoud. Rabbi Eliezer : on ne nomme pas la hala avant la cuisson. Tant que le nom n'est pas posé, chaque pain reste consommable, et l'on peut le cuire. Après la cuisson, le sal qui reçoit les pains les joint, et l'on prélève une hala sur l'ensemble.

Ben Beteira : on sépare, et l'on met la part dans l'eau froide pour retenir le himouts. Tossefot : Eliezer et Yehochoua laissent cette eau efficace. Si le nom a déjà été donné, Rabbeinou Tam revient à ce tsonan.

Le long passage des Tossefot sur la cheifa explique pourquoi une terouma tame ne se brûle pas le Yom Tov pour la jouissance qu'on en tirerait : la combustion est une mitsva de biour. Le Ri permet la cheifa pour okhel nefech, et il décrète ce cas à cause du cas sans besoin.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).