Sougya : L'amoud ouvre sur la fin de la michna : comment prélever la halla en état d'impureté à Yom Tov. Rabbi Yehochoua laisse la pâte séparée jusqu'au soir : bal yerae et bal yimatse visent un hamets qui est à soi.
La Guemara écarte d'abord la tovat hanaa. Le point qui sépare Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua est le hoil : puisque, s'il veut, il demande à un sage d'annuler le nom de halla, la pâte redevient sienne.
De là, Rav Hisda et Rabba : cuire à Yom Tov pour un jour de semaine, la bête en danger, et la place de l'erouv tavshilin entre la Torah et le décret des Sages.
Celui-ci n'est pas le hamets au sujet duquel on est mis en garde par bal yerae et bal yimatse. Plutôt : elle la sépare et la laisse jusqu'au soir, et si elle a levé, elle a levé.
Fin de la michna, parole de Rabbi Yehochoua. La femme a déjà nommé la halla. Cette part sort de son bien. Bal yerae et bal yimatse visent le hamets qui reste à soi, le chelkha du verset. Elle sépare, elle pose jusqu'au soir. Si la pâte lève, l'interdit de possession ne la prend pas.
Le Roch aligne les trois tannaim. L'eau froide de Ben Beteira reste admise. L'écart d'Eliezer et de Yehochoua porte sur l'avertissement : est-on tenu sur le levain de la halla ? Eliezer préfère cuire avant le nom, pour éviter une veille trop faible. Si le nom a déjà été donné, Rabbeinou Tam revient à l'eau froide.
Guemara. Dirons-nous qu'ils divergent sur la tovat hanaa ?
Car Rabbi Eliezer estime : la tovat hanaa est un mamon. Et Rabbi Yehochoua estime : la tovat hanaa n'est pas un mamon.
Première lecture, une hava amina. La tovat hanaa est le droit de choisir le cohen, et d'en tirer un petit avantage : le sela de la baraita de Bekhorot. Si cet avantage compte comme un mamon, la halla reste sienne, et la laisser lever est une transgression. Rabbi Eliezer la fait donc cuire avant le nom.
Rabbi Yehochoua : l'avantage n'est pas un bien. Pas d'interdit. Pas non plus de pikadon (dépôt) tant que le cohen n'a rien reçu.
Non. Tout le monde estime que la tovat hanaa n'est pas un mamon, et ici ils divergent sur le hoil.
Car Rabbi Eliezer estime : on dit hoil, et s'il veut, il demande l'annulation à son sujet : c'est son bien. Et Rabbi Yehochoua estime : on ne dit pas hoil.
La Guemara écarte la tovat hanaa. Tout le monde la tient pour autre qu'un mamon. Le point de mahloket est le hoil (puisque). Rabbi Eliezer : une parole de consécration se déracine par une cheela devant un sage. Puisque cette voie existe, la halla peut revenir au tevel et redevenir sienne. La laisser lever est donc une transgression.
La cuisson sans nom, à Yom Tov, suit le même hoil : chaque pâte peut ne pas être la halla. Rabbi Yehochoua refuse ce hoil. Pas de transgression sur le levain. Transgression sur la cuisson, parce qu'une des pâtes, la halla, ne lui sert pas à manger.
Tossefot serre le hoil. Le Ri : quand on peut faire sans hoil, on ne passe pas par lui. Deux hoil de suite ne se disent pas. Un hoil rare, comme la cheela ou le rachat du le'hem ha-panim, ne sert pas à permettre. Le hoil tombe aussi quand le hekdech est déjà entre les mains du gizbar.
On a enseigné : celui qui cuit de Yom Tov pour un jour de semaine, Rav Hisda dit : il reçoit les coups. Rabba dit : il ne reçoit pas les coups.
À propos du hoil, une memra. L'homme a fini son repas. Ce qu'il cuit maintenant ne lui sert plus avant le soir, et le soir est un jour de semaine. Rav Hisda : coups, pour le lav lo ta'asse kol melakha. Rabba : pas de coups.
Tossefot borne le hoil. Le miel gâté, ou détaché au coucher du soleil, ne sert à aucun invité : là, Rabbi Eliezer frappe. Un cas qui n'arrive presque jamais, le malade en danger, ne rend pas permis tout travail de Chabbat.
Rav Hisda dit qu'il reçoit les coups : on ne dit pas hoil, puisque des invités peuvent lui arriver, cela lui est propre. Rabba dit qu'il ne reçoit pas les coups : on dit hoil.
Le hoil vise ici est précis : des oréhim peuvent arriver et avoir besoin de ce pain le jour même. Rabba compte alors la cuisson comme faite pour Yom Tov, même si personne ne vient. Rav Hisda refuse d'appuyer l'autorisation sur une arrivée qui n'a pas eu lieu.
Rabba dit à Rav Hisda : selon toi, qui dis qu'on ne dit pas hoil, comment cuit-on de Yom Tov pour Chabbat ? Il lui dit : à cause de l'erouv tavshilin.
Question de Rabba. Sans hoil, la cuisson de Yom Tov pour Chabbat devrait tomber, comme la cuisson pour un jour de semaine. Rav Hisda répond par l'erouv tavshilin : le mets cuit posé la veille, qui ouvre le droit de préparer pour Chabbat.
Et à cause de l'erouv tavshilin, permettrions-nous un interdit de la Torah ? Il lui dit : de la Torah, les besoins de Chabbat se font à Yom Tov.
Et ce sont les Sages qui ont décrété à ce sujet, un décret de peur qu'on dise : on cuit à Yom Tov même pour un jour de semaine. Et puisque les Sages ont exigé un erouv tavshilin, il a un heker.
Rabba serre la réponse : un erouv est une institution des Sages. Il n'ouvre pas à lui seul un interdit de la Torah. Rav Hisda sépare les deux niveaux. De la Torah, tsorkhei Chabbat na'asin be-Yom Tov : le verset akh acher ye'akhel le-khôl nefech couvre le lendemain, parce que Chabbat et Yom Tov portent le même nom de sainteté.
Les Sages ont ajouté un gezerah : sans signe, on en viendrait à cuire aussi pour la semaine. L'erouv est ce heker, la marque visible qui distingue Chabbat du jour ordinaire.
Il lui objecta : une bête en danger, on ne l'égorge que s'il peut en manger un kazayit rôti tant qu'il fait encore jour. Peut manger : même s'il ne veut pas manger.
Soit, selon moi, qui dis hoil : puisque, s'il veut manger, il peut manger. C'est pour cela qu'il égorge.
Mais selon toi, qui dis qu'on ne dit pas hoil, pourquoi égorgerait-il ?
Deuxième objection de Rabba, une baraita. La bête est mesoukenet : elle va mourir d'elle-même, et la viande serait perdue. On ne fait la chehita à Yom Tov que s'il reste, avant la nuit, le temps d'un kazayit tsali, un kazayit rôti. Le rôti est la préparation la plus courte.
Rabba lit yakhol le'ekhol au sens large : il peut manger, même s'il ne veut pas. Cela colle au hoil. Rav Hisda, qui refuse le hoil, reste sans raison : l'homme est déjà repu, il n'a besoin de rien.
Il lui dit : à cause de la perte de son bien. Et à cause de la perte de son bien, permettrions-nous un interdit de la Torah ?
Rav Hisda déplace la raison : hefssed mamono, la perte du bien. Rabba répond sur le même ton que pour l'erouv : un interdit de la Torah ne cède pas à une perte d'argent, prise seule.
Rachi déplie déjà la suite. L'homme sait que la chehita sans nourriture reste interdite. La perte le pousse à se forcer pour un kazayit. Ce kazayit, lui, est un besoin de Yom Tov, et il entraîne toute la bête.
Il lui dit : oui. À cause de la perte de son bien, il a décidé en son cœur de manger un kazayit, et un kazayit de viande est impossible sans chehita.
Rav Hisda tient les deux bouts. La perte ne permet pas à elle seule. Elle produit une décision : il mangera un kazayit, quitte à se forcer. Or un kazayit de viande ne s'obtient pas sans chehita de la bête entière. L'abattage est donc celui d'un homme qui a un besoin réel, le jour même.
Il lui objecta : le le'hem ha-panim.
Nouvelle objection de Rabba, ouverte seulement ici. Le le'hem ha-panim se cuit chaque semaine pour le Chabbat suivant. Rachi fixe le rythme : kol Chabbat ve-Chabbat. La suite du raisonnement est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).