Sougya : Rabba poursuit son objection par le lechem hapanim : il se mange le neuvième, le dixième ou le onzième jour de sa cuisson, parce que cette cuisson ne repousse ni le Chabbat ni le Yom Tov. Si les besoins de Chabbat se font le Yom Tov, pourquoi le Temple s'arrête-t-il ?
Rav Hisda répond par le chevout : le proche à été permis dans le Temple, le lointain non. Le premier Tana et Rabban Chimon ben Gamliel se séparent sur ce lointain.
Rav Mari objecte par les deux pains de Chavouot, et la Guemara lit lachem : pour vous, et non pour le Gavoha. Rabban Chimon ben Gamliel suit Abba Chaoul : pour vous, et non pour les non-Juifs.
Rav Hisda envoie alors à Rabba la question du ho'il, ouverte par le sillon aux huit interdits.
Il se mange le neuvième, le dixième, et le onzième : pas moins, et pas plus. Comment ?
Selon son cours, le neuvième. Il est cuit la veille de Chabbat : il se mange le Chabbat, le neuvième.
Un jour de fête tombe la veille de Chabbat : il se mange pour le Chabbat, le dixième. Les deux jours de fête de Roch Hachana : il se mange pour le Chabbat, le onzième, parce qu'il ne repousse ni le Chabbat ni le jour de fête.
Et si tu dis que les besoins de Chabbat se font le jour de fête, pourquoi ne repousse-t-il pas le jour de fête ?
Suite de l'objection de Rabba, ouverte en bas de 46b : lechem hapanim. Le compte est inclusif, du jour de la cuisson jusqu'au Chabbat où les cohanim le mangent.
Vendredi : 9. Yom Tov le vendredi : cuisson le jeudi, 10. Deux jours de Roch Hachana, jeudi et vendredi : cuisson le mercredi, 11. La cuisson ne repousse ni le Chabbat ni le Yom Tov.
Si les besoins de Chabbat se font le Yom Tov, et si dans le Temple on n'a pas décrété le chevout, la cuisson du pain de la semaine suivante devrait repousser le Yom Tov.
Il lui dit : un chevout proche, ils l'ont permis. Un chevout lointain, ils ne l'ont pas permis.
Rav Hisda répond à Rabba. Dans le Temple, on a levé le chevout quand le besoin est celui du jour : le Yom Tov lui-même, ou le Chabbat qui le suit aussitôt.
Le lechem hapanim se mange le Chabbat de la semaine d'après. Ce chevout-là est lointain : le Temple ne l'a pas permis.
Et selon Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit au nom de Rabbi Chimon ben ha-Segan : il repousse le jour de fête, et il ne repousse pas le jour du jeûne. Que peut-on dire ?
Rabban Chimon ben Gamliel, au nom de Rabbi Chimon fils du Segan, tient que la cuisson du lechem hapanim repousse le Yom Tov. Elle ne repousse pas Yom Kippour : là-bas, l'okhel nefech n'a pas été permis, c'est un interdit de la Torah.
Le Yom Tov, lui, a permis l'okhel nefech. Le besoin du Chabbat, dans les provinces, ne reste qu'un chevout. Dans le Temple, ce décret ne s'applique pas, même pour un Chabbat lointain.
Ils divergent sur ceci. L'un tient : un chevout proche, ils l'ont permis ; un chevout lointain, ils ne l'ont pas permis.
Et l'autre tient : un chevout lointain, ils l'ont permis aussi.
Le partage des Tanaim porte sur le chevout lointain dans le Temple.
Le premier Tana : seul le proche à été permis. La cuisson ne repousse donc pas le Yom Tov. Rabban Chimon ben Gamliel : le lointain a été permis aussi. Elle repousse le Yom Tov.
Les deux s'arrêtent devant le jour du jeûne, où l'interdit est de la Torah.
Rav Mari objecte : les deux pains ne se mangent pas en moins de deux jours, ni au-delà de trois. Comment ?
Ils sont cuits la veille du jour de fête : ils se mangent le jour de fête, pour deux. Le jour de fête tombe après le Chabbat : ils se mangent le jour de fête, pour trois, parce qu'elle ne repousse ni le Chabbat ni le jour de fête.
Et si tu dis que les besoins de Chabbat se font le jour de fête : maintenant que ce qui est du Chabbat est permis le jour de fête, ce qui est du jour de fête, le jour de fête, faut-il encore le demander ?
Les chtei ha-lechem, les deux pains d'Atseret. Cuisson la veille : on les mange le Yom Tov, jour 2. Yom Tov le dimanche : cuisson le vendredi, repas le dimanche, jour 3.
Rav Mari serre un kal va-homer. Si l'on cuit le Yom Tov pour le Chabbat de demain, cuire le Yom Tov pour le Yom Tov lui-même suit. Pourquoi ces pains ne repoussent-ils pas le jour de fête ?
Rachi lit déjà la limite du ho'il : à l'heure de la cuisson, les pains ne sont pas propres. Ils le deviennent quand on égorge les agneaux et qu'on asperge le sang.
Là, c'est différent, car le verset dit : pour vous. Pour vous, et non pour le Gavoha.
Le verset de l'okhel nefech (Chemot 12, 16) dit lachem, pour vous. La Guemara le lit : pour vous, et non pour le Gavoha, le culte.
Les deux pains sont un besoin du mizbeah. Leur cuisson n'entre pas dans la permission du jour de fête, même pour le jour même.
Et selon Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit au nom de Rabbi Chimon ben ha-Segan : il repousse le jour de fête. Que peut-on dire ?
Il tient comme Abba Chaoul, qui a dit : pour vous. Pour vous, et non pour les goyim (non-Juifs).
Pour les deux pains, Rabban Chimon ben Gamliel dit que la cuisson repousse le Yom Tov. Le membre sur le jour du jeûne ne se lit pas ici : Yom Kippour n'est pas voisin d'Atseret.
Il lit lachem comme Abba Chaoul : la permission vise Israël, et elle écarte les non-Juifs. Elle laisse le Gavoha. La cuisson du culte peut donc repousser le Yom Tov.
Rav Hisda envoya à Rabba, par la main de Rav Aha bar Rav Houna : dit-on ho'il (puisque) ? Or nous avons enseigné : il y a celui qui laboure un seul sillon, et l'on est passible à son sujet de huit interdits : celui qui laboure avec un bœuf et un âne, et ils sont consacrés, et des kilaim (mélanges) dans une vigne,
Rav Hisda fait porter sa question à Rabba par Rav Aha bar Rav Houna : tient-on le principe de ho'il, le puisque ? Il ouvre la michna : un seul sillon, huit lavim.
Rachi compte des interdits distincts. Bœuf et âne : lo taharoch. Bœuf consacré à l'autel : lo ta'avod, comme le bekhor. Âne du bedek ha-bayit : me'ila volontaire, apprise par het, het, de la terouma. Le recouvrement des kilaim ajoute des coups. Le Yom Tov est dans le compte. Le Chabbat n'y est pas : c'est l'avertissement d'une mort de beit din, sans malkout.
Tossefot discutent ce compte : la me'ila attend une perouta, et kilaim dans une vigne peut valoir deux lavim, semences et vigne. La liste de la michna continue sur 47b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).