Pesachim 47b — Le hoil, le sillon, et les cinq coups

Pesachim 47b

Sougya : L'amoud poursuit la question de Rav Hisda à Rabba : dit-on le hoil (puisque) ? La michna du sillon unique continue : chevi'it, Yom Tov, cohen et nazir sur un lieu d'impureté.

Si le hoil vaut, les coups du labour de Yom Tov tomberaient, puisque la terre peut couvrir le sang d'un oiseau. La Guemara serre le cas jusqu'à la metounta, terre humide qui se sème et ne donne pas de poussière.

Abaye objecte par les cinq séries de coups de celui qui cuit le gid ha-nache dans du lait à Yom Tov. Rabba retire l'embrasement et met les bois de mouktse, qu'il tient pour un interdit de la Torah.

Abaye reprend alors une question de Rabba : un agneau de prairie, égorgé en tamid le jour de Yom Tov.

Un sillon, la suite des interdits Déjà comptés au daf précédent : bœuf et âne, animaux consacrés, kilaim dans la vigne. Chevi'it Ton champ, tu ne le sèmeras pas Labour qui recouvre Yom Tov Travail du jour Cible du hoil sur cet amoud Cohen Cimetiere Il ne se rend pas impur Nazir Même lieu Il n'entre pas sur une âme morte Hoil de Rabba La terre ameublie peut couvrir le sang d'un oiseau ou d'une bête sauvage. Kisui ha-dam. Alors les coups du labour de Yom Tov ne tiendraient plus.
Quatre interdits ajoutés au sillon. Le hoil de Rabba vise les coups du labour de Yom Tov.
Quelle terre échappe au hoil ? Elle doit convenir au semis. Elle ne doit pas pouvoir couvrir le sang. 1. Pierres mekorzelot Rav Papa bar Chmouel Impropres à couvrir 2. On peut écraser Écraser à Yom Tov ? Kela'har yad : chevout 3. Tsounma Roche qu'on n'écrase pas Le hoil s'arrête 4. Roche dessus, meuble dessous La tsounma ne se sème pas seule La terre meuble ramène le hoil 5. Metounta Mar bar Rav Achi Humide : semis oui, poussière non Pourquoi la metounta tient Semis Terre humide propre à la semence Écrasement Elle colle elle se pétrit Kisui ha-dam Pas de poussière le hoil ne part pas Les coups du labour de Yom Tov restent, dans ce cas.
De la pierre à la metounta : la terre doit se semer, et ne pas couvrir le sang.
Gid ha-nache cuit dans du lait, à Yom Tov Cinq séries de coups. Le hoil vise seulement la cinquième. 1. Cuire le gid à Yom Tov cuisson non propre 2. Manger le gid interdit propre 3. Cuire viande et lait même en semaine 4. Manger viande et lait 5. Hav'ara embrasement travail à part Hoil d'Abaye : le feu lui sert pour un besoin licite. Les coups de l'embrasement tomberaient. Essai : gid de neveila Coups pour la bête morte Rabbi Hiya : 2 à la bouche 3 à la cuisson. Compte bloqué. Retenu : bois de mouktse Feu interdit de la Torah ve-hekhineu, puis lo ta'ase Le hoil ne part plus Suite d'Abaye : l'agneau de prairie offert en tamid. Le verset exclut bekhor, ma'asser, palgas.
Cinq coups. L'embrasement tombe devant le hoil. Rabba met à sa place les bois de mouktse.
1
וּשְׁבִיעִית, בְּיוֹם טוֹב, כֹּהֵן וְנָזִיר אַבֵּית הַטֻּומְאָה. וְאִי אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״ — אַחֲרִישָׁה לָא לִיחַייַּב, הוֹאִיל וְחָזֵי לְכִיסּוּי דַּם צִיפּוֹר.

Et la chevi'it, le jour de Yom Tov, un cohen et un nazir dans un lieu d'impureté. Et si nous disons hoil (puisque), pour le labour il ne serait pas passible, puisque c'est propre à couvrir le sang d'un oiseau.

📜 Rachi (4)
וּשְׁבִיעִית דְּעוֹבֵר מִשּׁוּם שָׂדְךָ לֹא תִזְרַע וְחוֹרֵשׁ תּוֹלָדָה דְּזוֹרֵעַ כְּגוֹן חוֹרֵשׁ לְכַסּוֹת אֶת הַזְּרִיעָה:
Car il transgresse à cause de : ton champ, tu ne le sèmeras pas. Et labourer est une toleda (travail dérivé) de semer, par exemple labourer pour couvrir la semence.
וְכֹהֵן וְנָזִיר אַבֵּית הַטֻּומְאָה שֶׁזֶּה בֵּית הַקְּבָרוֹת וְהוּא כֹּהֵן וְנָזִיר וְיֵשׁ כָּאן לָאו דְּכֹהֵן לְנֶפֶשׁ לֹא יִטַּמָּא וְלָאו דְּנָזִיר עַל נֶפֶשׁ מֵת לֹא יָבֹוא:
Car c'est un cimetière, et lui est cohen et nazir. Il y a ici l'interdit du cohen : pour un mort, il ne se rendra pas impur. Et l'interdit du nazir : sur une âme morte, il n'entrera pas.
אַחֲרִישָׁה מִשּׁוּם לָאו די"ט לָא לִילְקֵי:
Pour l'interdit de Yom Tov, il ne recevrait pas les coups.
דַּם צִפּוֹר הוֹאִיל וְאִי מִזְדַּמְּנֵי לֵיהּ צִפֳּרִים וְחַיּוֹת טוּבָא:
Puisque, s'il lui arrive beaucoup d'oiseaux et de bêtes sauvages.
🗂️ Tossefot (2)
וּשְׁבִיעִית לָמֶ"ד בפ"ק דְּמוֹעֵד קָטָן (דַּף ג.) חוֹרֵשׁ בַּשְּׁבִיעִית אֵינוֹ לוֹקֶה מוּקִי הַךְ דְּהָכָא בְּחוֹרֵשׁ וּמְחַפֶּה דִּמְחַפֶּה חַיָּיב מִשּׁוּם זוֹרֵעַ:
Selon l'avis, au premier chapitre de Moed Katan (3a), que celui qui laboure pendant la chevi'it ne reçoit pas les coups, on place ce cas-ci sur celui qui laboure et recouvre : celui qui recouvre est passible à titre de semeur.
אַחֲרִישָׁה לָא לִיחַייַּב הוֹאִיל וְחָזֵי לְכִיסּוּי דַּם צִיפּוֹר אִם הָיָה דַּם צִיפּוֹר בִּמְקוֹם חֲרִישָׁה ובכה"ג שֶׁאִם הָיָה מְבַקֵּשׁ עָפָר אַחֵר יְנַגֵּב הַדָּם אוֹ יִטַּשְׁטֵשׁ ע"י מַיִם וְלֹא יְקַיֵּים מִצְוַת כִּיסּוּי וְגַם מַייְרֵי שֶׁאֵין יָכוֹל לְקַפְּלוֹ וְלִיטְלוֹ דְּאִם לֹא כֵן לֹא שַׁיָּיךְ כָּאן דְּלִידְחֵי עֲשֵׂה לֹא תַעֲשֶׂה כִּדְאָמַר ר"ל [בְּשַׁבָּת] (דַּף קלב.) כָּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה אִם אַתָּה יָכוֹל לְקַיֵּים שְׁנֵיהֶם מוּטָב אִם לָאו יִדְחֶה עֲשֵׂה לֹא תַעֲשֶׂה:
S'il y avait du sang d'oiseau à l'endroit du labour, et dans un cas tel que, s'il allait chercher une autre terre, le sang sécherait, ou serait brouillé par l'eau, et il n'accomplirait pas le commandement de couvrir. Et l'on parle aussi d'un cas où il ne peut pas le plier et l'emporter. Sinon, il n'y aurait pas lieu ici qu'un asse (commandement positif) repousse un lo ta'asse (interdit), comme dit Reish Lakich (Chabbat 132a) : partout où tu trouves un asse et un lo ta'asse, si tu peux accomplir les deux, c'est préférable ; sinon, l'asse repousse le lo ta'asse.
💡 Explication

Suite de la michna du sillon unique. Quatre interdits de plus : chevi'it, Yom Tov, cohen, nazir, tous les deux sur une tombe. Rachi : le labour qui recouvre la semence est une toleda de semer, visée par ton champ, tu ne le sèmeras pas.

Le hoil de Rabba attaque les coups de Yom Tov. La terre du sillon peut servir au kisui ha-dam, le recouvrement du sang d'un oiseau ou d'une bête sauvage. Tossefot serre le cas : le sang sèche ou se brouille s'il cherche de la terre ailleurs, et il ne peut pas l'emporter. Alors les deux devoirs ne se tiennent plus ensemble.

🖼️ Schéma
Le hoil sur le labour de Yom Tov Sillon terre ameublie Kisui ha-dam oiseau, bête sauvage Hoil la terre sert Coups du labour ? Cas serré par Tossefot : le sang sèche ou se brouille s'il va chercher ailleurs.
Terre du sillon, kisui ha-dam, hoil, coups du labour.
2
אָמַר רַב פָּפָּא בַּר שְׁמוּאֵל: בַּאֲבָנִים מְקֻורְזָלוֹת.

Rav Papa bar Chmouel dit : avec des pierres mekorzelot.

📜 Rachi (1)
בַּאֲבָנִים דְּלָא חֲזוּ לְכִיסּוּי:
Qui ne sont pas propres à couvrir.
🗂️ Tossefot (1)
בַּאֲבָנִים מְקֻורְזָלוֹת פִּי' רַכּוֹת שֶׁהֵן רְאוּיוֹת לִזְרִיעָה מִיהוּ לָא חֲזִי לְכִיסּוּי עַד שֶׁיִּכְתֹּושׁ וְגַבֵּי בֵּית הַכִּסֵּא נָמֵי לְפִי שֶׁהֵן רַכּוֹת רְאוּיוֹת יוֹתֵר לְקִינּוּחַ מִכְּשֶׁהֵן קָשִׁים וְלֹא כְּפֵ"ה דְּפִי' הָתָם בְּפָ' כִּירָה (שַׁבָּת מג.) מְקֻורְזָלוֹת חֶדְוַת דְּהָכָא לָא א"ש וְרַשִׁ"י מְחָקוֹ כָּאן מִן הַסְּפָרִים:
Explication : molles, qui sont propres à la semence. Toutefois elles ne sont pas propres à couvrir tant qu'on ne les écrase pas. Et pour les latrines aussi : parce qu'elles sont molles, elles conviennent mieux à l'essuyage que lorsqu'elles sont dures. Et non comme le commentaire, qui explique là-bas, au chapitre Kira (Chabbat 43a), que mekorzelot signifie aiguës. Ici, cela ne se tient pas. Et Rachi l'a effacé ici des livres.
💡 Explication

Première réponse. Des pierres mekorzelot : Rachi imprime qu'elles ne couvrent pas le sang. Tossefot lit : pierres molles, bonnes à semer, encore impropres à couvrir avant d'être écrasées. La glose aiguës, donnée à Chabbat 43a pour les latrines, a été retirée ici par Rachi.

3
רְאוּיוֹת לְכָותְשָׁן! וּכְתִישָׁה בְּיוֹם טוֹב מִי שְׁרֵי?! רְאוּיוֹת לְכָותְשָׁן כִּלְאַחַר יָד! בְּצוּנָמָא.

Elles sont propres à être écrasées ! Et l'écrasement, le jour de Yom Tov, est-il permis ?!

Elles sont propres à être écrasées kela'har yad (d'une manière inhabituelle) ! Dans de la tsounma (roche dure).

📜 Rachi (2)
רְאוּיוֹת לְכָותְשָׁן קֻושְׁיָא הִיא:
C'est une objection.
כִּלְאַחַר יָד ע"י שִׁינּוּי דִּשְׁבוּת בְּעָלְמָא הוּא וְכֵיוָן דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא שָׁרִי פָּקַע לֵיהּ מַלְקוֹת:
Par un changement : ce n'est qu'un chevout (interdit des Sages). Et puisque, de la Torah, c'est permis, les coups tombent.
🗂️ Tossefot (1)
כְּתִישָׁה בי"ט מִי שָׁרִי הִקְשָׁה רִיבָ"א מַאי פָּרִיךְ הָא וַדַּאי שָׁרֵי כְּמוֹ חֲרִישָׁה דְּשָׁרֵי מִשּׁוּם הוֹאִיל הָכָא נָמֵי כְּתִישָׁה וְעוֹד תֵּימַהּ הֵיכִי פָּרֵיךְ הָכָא דִּלֵּיתִי עֲשֵׂה דְּכִיסּוּי וְיִדְחֶה לָאו די"ט הָא אֵין י"ט נִדְחֶה מִפְּנֵי עֲשֵׂה דְּהָא תְּנַן בִּכְיָצֹד צוֹלִין (לְקַמָּן פְּסָחִים פג:) אֵין שְׂרֵיפַת קָדָשִׁים דּוֹחָה י"ט וּבְפֶ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת כד:) יָלֵיף מִקְּרָאֵי אוֹ מִשּׁוּם כִּדְמַסִּיק רַב אַשִּׁי הָתָם די"ט עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה הוּא וְאֵין עֲשֵׂה דּוֹחֶה לֹא תַעֲשֶׂה וַעֲשֵׂה וּמְפָרֵשׁ רַשְׁבָּ"ם הוֹאִיל וְחָזֵי לְכִיסּוּי דַּם צִיפּוֹר לֹא מִשּׁוּם דְּחִיָּה קָאָמַר אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאָז לֹא צָרִיךְ לַחֲרִישָׁה אֶלָּא לַעֲפָרָהּ וּפָטוּר דְּהַחוֹפֵר גֻּומָּא וְאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא לַעֲפָרָהּ פָּטוּר מִשּׁוּם דְּהָוֵי מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ וְהַשְׁתָּא פָּרִיךְ שַׁפִּיר כְּתִישָׁה בי"ט מִי שָׁרֵי דִּכְתִישָׁה הָוֵי כִּטְחִינָה וּצְרִיכָה לְגוּפָהּ הוּא שֶׁמִּתְכַּוֵּון לַעֲשׂוֹת עָפָר לְכַסּוֹת וְלָא מִשְׁתְּרֵי לְצֹורֶךְ כִּיסּוּי דְּאֵין עֲשֵׂה דּוֹחֶה לֹא תַעֲשֶׂה וַעֲשֵׂה וְקָשֶׁה לר"י הָא דְּחוֹפֵר גֻּומָּא פָּטוּר הַייְנוּ דַּוְקָא בְּבַיִת דִּמְקַלְקֵל הוּא כִּדְמוֹכַח בפ"ק דַּחֲגִיגָה (דַּף י.) וְהָכָא בְּשָׂדֶה דְּלִזְרִיעָה קַיְימָא שֶׁמַּשְׁבִּיחַ אֶת הַשָּׂדֶה בַּחֲרִישָׁה וַאֲפִילּוּ אִי הֲוָה הָתָם דַּם צִיפּוֹר הֲוָה חַייָּב אִי חָרִישׁ בְּאַרְעָא דִּילֵיהּ וְאִי אָמְרַתְּ הוֹאִיל וְאִי הָוֵי מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ פָּטוּר הַשְׁתָּא נָמֵי פָּטוּר א"כ בִּיטַּלְתָּ כָּל מְלֶאכֶת שַׁבָּת ור"ת מְפָרֵשׁ דְּבַחֲרִישָׁה דְּכִלְאַיִם קָאֵי דְּלֵיכָּא אֶלָּא לָאו גְּרֵידָא אֲבָל אַיּוֹם טוֹב לָא קָאֵי וּכְגוֹן שֶׁאִם הָיָה הוֹלֵךְ לְבַקֵּשׁ עָפָר אַחֵר הָיָה הַדָּם נִבְלָע בַּקַּרְקַע וּמַסִּיק כְּתִישָׁה בי"ט מִי שָׁרֵי טְפֵי כֵּיוָן דְּמִשּׁוּם י"ט אָסוּר דְּמִשּׁוּם דְּאִית בֵּיהּ עֲשֵׂה וְלֹא תַּעֲשֶׂה גַּם מִשּׁוּם כִּלְאַיִם לֹא שַׁיָּיךְ לְמִיפְטַר בְּהוֹאִיל דַּאֲפִילּוּ אִם הָיָה שָׁם דַּם צִיפּוֹר אָסוּר וּבַתְּחִלָּה נַמֵּי הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי חֲרִישָׁה בי"ט מִי שָׁרֵי אֶלָּא דִּמְשַׁנֵּי לֵיהּ בע"א מִשּׁוּם יַגְדִּיל תּוֹרָה וְיַאְדִּיר:
Le Riva objecte : que demande-t-il ? C'est certes permis, comme le labour qui est permis à cause du hoil ; ici aussi l'écrasement. Et encore, c'est étonnant : comment demande-t-il ici que vienne le commandement positif du recouvrement et qu'il repousse l'interdit de Yom Tov ? Or Yom Tov n'est pas repoussé devant un commandement positif. Car nous avons appris dans Keitsad Tsolin (plus loin, Pesachim 83b) : la combustion des kodachim ne repousse pas Yom Tov. Et dans le chapitre Bame Madlikin (Chabbat 24b), il le dérive des versets, ou bien à cause de ce que Rav Achi conclut là-bas : Yom Tov est un commandement positif et un interdit, et un commandement positif ne repousse pas un interdit et un commandement positif. Le Rachbam explique : puisque c'est propre à couvrir le sang d'un oiseau, il ne le dit pas parce que cela repousserait. Il le dit parce qu'alors il n'a besoin du labour que pour sa terre, et il est quitte. Car celui qui creuse une fosse et n'a besoin que de sa terre est quitte, du fait que c'est une melakha che-eina tserikha le-goufa (travail dont on n'a pas besoin pour lui-même). Dès lors, la question est bien posée : l'écrasement, le jour de Yom Tov, est-il permis ? Car l'écrasement est comme la mouture, et on en a besoin pour lui-même : il a l'intention de faire de la terre pour couvrir. Et cela ne se permet pas pour le besoin du recouvrement, car un commandement positif ne repousse pas un interdit et un commandement positif. C'est difficile pour le Ri : que celui qui creuse une fosse soit quitte, c'est seulement dans une maison, ou il détériore, comme il ressort au premier chapitre de Haguiga (10a). Ici, c'est un champ destiné à la semence : il améliore le champ par le labour. Même s'il y avait là du sang d'oiseau, il serait passible s'il laboure sa propre terre. Et si tu dis : puisque, si c'était un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même, il serait quitte, maintenant aussi il est quitte, alors tu as annulé tout travail de Chabbat. Rabbeinou Tam explique que cela porte sur le labour des kilaim, ou il n'y a qu'un interdit seul, et que cela ne porte pas sur Yom Tov. Et c'est un cas où, s'il allait chercher une autre terre, le sang serait absorbé dans le sol. Et il conclut : l'écrasement le jour de Yom Tov, est-il permis davantage ? Puisque, à cause de Yom Tov, c'est interdit, du fait qu'il y a en lui un commandement positif et un interdit, pour les kilaim non plus il n'y a pas lieu d'être quitte par le hoil : même s'il y avait là du sang d'oiseau, ce serait interdit. Et au début aussi, il aurait pu répondre : le labour le jour de Yom Tov est-il permis ? Mais il répond d'une autre manière, afin que la Torah grandisse et soit magnifiée.
💡 Explication

Trois tours. On peut écraser les pierres et en faire une poussière de recouvrement. La Guemara répond : écraser à Yom Tov est interdit. Reprise : on peut écraser kela'har yad, avec un changement. Rachi : simple chevout. De la Torah, les coups tombent, le hoil reviendrait. Dernier mot de la ligne : tsounma, roche qu'on n'écrase pas.

Tossefot ouvre le sens du hoil. Le Rachbam : l'homme n'a besoin du labour que pour la terre. Creuser pour la terre seule est une melakha che-eina tserikha le-goufa. Il est quitte. Écraser est une mouture voulue pour la poussière. Yom Tov est un positif et un interdit : le recouvrement ne le repousse pas.

Le Ri : l'exemption de la fosse vaut dans la maison, là où l'on détériore. Au champ, le labour améliore. Étendre ce hoil viderait les travaux de Chabbat. Rabbeinou Tam : le hoil vise le labour des kilaim, interdit seul. Yom Tov reste dehors. L'écrasement y étant interdit, le hoil ne quitte pas les kilaim non plus.

🖼️ Schéma
Écraser à Yom Tov : trois lectures Tossefot sur : l'écrasement, le jour de Yom Tov, est-il permis ? Rachbam Hoil = terre seule Fosse pour sa terre : melakha non voulue pour elle-même Écraser = moudre voulu pour la poussière Yom Tov : positif + interdit Ri La fosse quitte seulement dans la maison là on détériore Au champ, le labour améliore la terre Ce hoil, étendu, viderait les travaux de Chabbat Rabbeinou Tam Le hoil vise les kilaim interdit seul Yom Tov reste à part positif et interdit Écraser y reste interdit le hoil ne quitte pas les kilaim non plus Réponse plus courte possible dès le début : le labour de Yom Tov est-il permis ?
Rachbam, Ri, Rabbeinou Tam sur l'écrasement à Yom Tov.
4
צוּנָמָא בַּר זְרִיעָה?! צוּנָמָא מִלְמַעְלָה, וְעָפָר תִּיחוּחַ מִלְּמַטָּה. וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם עָפָר תִּיחוּחַ!

La tsounma est-elle propre à la semence ?! De la tsounma par-dessus, et de la terre meuble par-dessous.

Et qu'il en soit quitte à cause de la terre meuble !

💡 Explication

Une roche ne se sème pas. La réponse déplie le sol : croûte dure au-dessus, terre meuble au-dessous, là où la graine peut entrer. La Guemara renverse : cette terre meuble est propre au kisui ha-dam. Le hoil revient, et les coups du labour tombent de nouveau.

5
אֶלָּא אָמַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי: בְּטִינָא. וְטִינָא בַּר זְרִיעָה הוּא?! בִּמְתוּנְתָּא.

Plutôt, Mar bar Rav Achi dit : dans de la tina (boue). Et la tina est-elle propre à la semence ?!

Dans de la metounta (terre humide).

📜 Rachi (2)
טִינָא טִיט לַח וּבָלוּל:
De la boue humide et mélangée.
מְתוּנְתָּא אֶרֶץ לַחָה רְאוּיָה לִזְרִיעָה וְאֵינָהּ נַעֲשֵׂית עָפָר אִם בָּא לְכָותְשָׁהּ הִיא מִדַּבֶּקֶת וְנִגְבֶּלֶת:
Une terre humide, propre à la semence. Elle ne devient pas de la poussière : si l'on vient l'écraser, elle colle et se pétrit.
💡 Explication

Mar bar Rav Achi sort de la roche. La tina, boue liquide, ne se sème pas : nouvelle objection. La metounta ferme la série. Elle est assez humide pour la semence. Écrasée, elle colle et se pétrit. Elle ne donne pas la poussière du recouvrement. Le hoil n'a plus de prise, les coups du labour restent.

6
אֵיתִיבֵיהּ אַבַּיֵּי: הַמְבַשֵּׁל גִּיד הַנָּשֶׁה בְּחָלָב בְּיוֹם טוֹב וְאוֹכְלוֹ — לוֹקֶה חָמֵשׁ. לוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל גִּיד בְּיוֹם טוֹב, וְלוֹקֶה מִשּׁוּם אוֹכֵל גִּיד, וְלוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל בָּשָׂר בְּחָלָב, וְלוֹקֶה מִשּׁוּם אוֹכֵל בָּשָׂר בְּחָלָב, וְלוֹקֶה מִשּׁוּם הַבְעָרָה. וְאִי אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״ — אַהַבְעָרָה לָא לִיחַייַּב, הוֹאִיל דַּחֲזֵי לֵיהּ לְצָרְכּוֹ!

Abaye lui objecta : celui qui cuit le gid ha-nache (nerf sciatique) dans du lait le jour de Yom Tov, et le mange, reçoit cinq fois les coups. Il reçoit les coups pour avoir cuit le gid le jour de Yom Tov, et il reçoit les coups pour avoir mangé le gid, et il reçoit les coups pour avoir cuit de la viande dans du lait, et il reçoit les coups pour avoir mangé de la viande dans du lait, et il reçoit les coups pour l'embrasement.

Et si nous disons hoil, pour l'embrasement il ne serait pas passible, puisque cela lui est propre pour son besoin !

📜 Rachi (2)
לוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל גִּיד בי"ט בִּישּׁוּל שֶׁאֵינוֹ רָאוּי וְלוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל בָּשָׂר בְּחָלָב אֲפִילּוּ הוּא חוֹל וְקָסָבַר יֵשׁ בַּגִּידִים בְּנוֹתֵן טַעַם וּבָשָׂר הֵם:
Une cuisson qui n'est pas propre. Et il reçoit les coups pour avoir cuit de la viande dans du lait, même un jour de semaine. Et il estime : les nerfs ont un noten ta'am (ils donnent un goût), et ils sont de la viande.
מִשּׁוּם הַבְעָרָה שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ דְּהַבְעָרָה מְלָאכָה לְעַצְמָהּ וּבִישּׁוּל מְלָאכָה לְעַצְמוֹ:
Sans besoin. Car l'embrasement est un travail à part, et la cuisson est un travail à part.
🗂️ Tossefot (2)
וְלוֹקֶה מִשּׁוּם הַבְעָרָה בְּפֵ"א דְּבֵיצָה (דַּף יב:) אָמַר הָא מַנִּי ב"ש הִיא דְּלֵית לְהוּ מִתּוֹךְ אֲבָל לְבֵית הִלֵּל שָׁרִי אע"ג דְּצָרִיךְ שֶׁיְּהֵא צֹורֶךְ הַיּוֹם הָא נָמֵי חֲשִׁיב צֹורֶךְ הַיּוֹם אע"פ שֶׁאֵין רָאוּי לְאָוכְלוֹ אֶלָּא בְּאִיסּוּר:
Au premier chapitre de Beitsa (12b), il dit : de qui est cet enseignement ? C'est Beit Chammai, qui n'ont pas le principe de mitokh (du fait que). Mais pour Beit Hillel, c'est permis. Bien qu'il faille que ce soit un besoin du jour, ceci aussi compte comme un besoin du jour, même si l'on ne peut le manger que dans l'interdit.
אַהַבְעָרָה לָא לִיחַיַּיב מִכָּאן מוֹכִיחַ רִיבָ"א דְּרַבָּה דְּאָמַר הוֹאִיל הַיְינוּ אֲפִילּוּ לְבֵית שַׁמַּאי אָמַר:
De là, le Riva prouve que Rabba, qui dit hoil, le dit même selon Beit Chammai.
💡 Explication

Nouvelle objection d'Abaye. Cinq lavin sur un seul plat : cuire le gid ha-nache à Yom Tov, le manger, cuire viande et lait, manger viande et lait, allumer. Rachi sépare l'hav'ara de la cuisson : deux travaux. Le gid cuit à Yom Tov est une cuisson qui n'est pas propre à être mangée. Les nerfs, ici, donnent un goût et comptent comme viande : d'où les coups du lait, même en semaine.

Le hoil : ce feu pourrait cuire un mets permis. Les coups de l'embrasement tomberaient. Tossefot : la baraita suit Beit Chammai, qui n'ont pas le mitokh. Pour Beit Hillel, cuire ce gid compte déjà comme un besoin du jour. Le Riva en tire que le hoil de Rabba est dit aussi selon Beit Chammai.

7
אֲמַר לֵיהּ: אַפֵּיק הַבְעָרָה, וְעַייֵּל גִּיד הַנָּשֶׁה שֶׁל נְבֵילָה.

Il lui dit : retire l'embrasement, et introduis le gid ha-nache d'une neveila (bête morte sans chehita valable).

📜 Rachi (1)
גִּיד הַנָּשֶׁה שֶׁל נְבֵלָה דְּלוֹקֶה עַל אֲכִילָתוֹ מִשּׁוּם נְבֵילָה:
Car il reçoit les coups pour l'avoir mangé, à titre de neveila.
💡 Explication

Rabba garde cinq coups, et sort l'hav'ara, seule visée par le hoil. À sa place : manger le gid d'une neveila. Les coups de la bête morte s'ajoutent à la bouche. Le feu n'est plus dans le compte.

8
וְהַתָּנֵי רַבִּי חַייָּא: לוֹקִין שְׁתַּיִם עַל אֲכִילָתוֹ, וְשָׁלֹשׁ עַל בִּישּׁוּלוֹ. וְאִי אִיתָא, שָׁלֹשׁ עַל אֲכִילָתוֹ מִיבְּעֵי לֵיהּ!

Et Rabbi Hiya a enseigné : on reçoit deux fois les coups pour l'avoir mangé, et trois fois pour l'avoir cuit. Et s'il en est ainsi, c'est trois fois pour l'avoir mangé qu'il fallait !

📜 Rachi (2)
שְׁתַּיִם עַל אֲכִילָתוֹ אוֹכֵל גִּיד וְאוֹכֵל בָּשָׂר בְּחָלָב:
Manger le gid, et manger de la viande dans du lait.
שָׁלֹשׁ עַל בִּישּׁוּלוֹ מִשּׁוּם הַבְעָרָה די"ט וּמִשּׁוּם בִּישּׁוּל די"ט וּמִשּׁוּם מְבַשֵּׁל בָּשָׂר בְּחָלָב אֲפִילּוּ בְּחוֹל:
À cause de l'embrasement de Yom Tov, à cause de la cuisson de Yom Tov, et à cause de celui qui cuit de la viande dans du lait, même en semaine.
💡 Explication

Rabbi Hiya fixe le partage : deux à la consommation, trois à la cuisson. Les trois de la cuisson sont l'embrasement, la cuisson de Yom Tov, et la cuisson viande-lait. Une neveila ajouterait un troisième coup à la bouche. Le compte de Rabbi Hiya refuse cet ajout. L'embrasement reste donc dans la baraita.

9
אֶלָּא: אַפֵּיק הַבְעָרָה, וְעָיֵיל עֲצֵי מֻוקְצֶה.

Plutôt : retire l'embrasement, et introduis des bois de mouktse.

📜 Rachi (1)
וְעָייֵל עֲצֵי מֻוקְצֶה דְּהַשְׁתָּא לֵיכָּא לְמֵימַר הוֹאִיל דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא אָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּאֵשׁ מֻוקְצֶה בי"ט:
Désormais, on ne peut pas dire hoil, car de la Torah il est interdit de se servir d'un feu de mouktse le jour de Yom Tov.
🗂️ Tossefot (1)
וְעָייֵל עֲצֵי מֻוקְצֶה תֵּימַהּ לר"י מ"מ לִיתְנֵי גִּיד הַנָּשֶׁה שֶׁל נְבֵילָה וְלִילְקֵי נָמֵי מִשּׁוּם נְבֵילָה:
Étonnement pour le Ri : en tout cas, qu'il enseigne le gid ha-nache d'une neveila, et qu'il reçoive aussi les coups à titre de neveila.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' תַּנְיָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה אֲנִי לֹא שָׁמַעְתִּי אֶלָּא סְעוּדַת אֵירוּסִין בִּלְבַד. א"ר יוֹסֵי אֲנִי שָׁמַעְתִּי סְעוּדַת אֵירוּסִין וְסִבְלוֹנוֹת. הָרַב הַבַּרְצֵלוֹנִי זַ"ל פָּסַק כְּר' יוֹסֵי וְכֵן בַּעַל הָעִיטּוּר וּסְעוּדַת הָאֵירוּסִין דְּמַתְנִיתִין שְׁתֵּיהֶן בִּכְלָל.
Guemara. On enseigne : Rabbi Yehouda dit : je n'ai entendu que le repas de fiançailles seulement. Rabbi Yosse dit : j'ai entendu le repas de fiançailles et les sivlonot (cadeaux envoyés à la fiancée). Le Rav de Barcelone, de mémoire bénie, a tranché comme Rabbi Yosse, et de même le Baal ha-Itour. Et le repas de fiançailles de la michna inclut les deux.
💡 Explication

Deuxième remplacement. Les bois de mouktse prennent la place de l'embrasement. Rachi : un feu alimenté par du mouktse est interdit de la Torah à Yom Tov. On ne dit plus : ce feu lui est propre pour son besoin. Le hoil s'arrête.

Le Ri laisse la question ouverte : la baraita pourrait nommer le gid d'une neveila et ajouter les coups de la neveila. La Guemara, elle, substitue les bois, pour rester sur le compte de Rabbi Hiya.

Le Roch, glose jointe ici par la source, tranche une autre baraita. Rabbi Yehouda n'a entendu que la seoudat eroussin. Rabbi Yosse y joint les sivlonot. Le Rav de Barcelone et le Baal ha-Itour suivent Rabbi Yosse. Les deux entrent dans le repas de fiançailles de la michna.

10
וּמֻוקְצֶה דְּאוֹרָייְתָא הוּא? אֲמַר לֵיהּ: אִין, דִּכְתִיב: ״וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ אֵת אֲשֶׁר יָבִיאוּ״. וְאַזְהָרָתָהּ מֵהָכָא, מ״לא תַּעֲשֶׂה כָּל מְלָאכָה״.

Et le mouktse est-il de la Torah ? Il lui dit : oui, car il est écrit : Et ce sera le sixième jour, et ils prépareront ce qu'ils apporteront.

Et son avertissement vient d'ici : Tu ne feras aucun travail.

📜 Rachi (2)
מֻוקְצֶה דְּאוֹרָיְיתָא בִּתְמִיהַּ:
Est-ce de la Torah ? C'est un étonnement.
וְהֵכִינוּ בִּמְזֻומָּן שֶׁמְּזַמֵּן כָּל צָורְכּוֹ הַיּוֹם וְיֹאמַר דָּבָר זֶה לְצֹורֶךְ הַיּוֹם דְּמִשּׁוּם טֹורַח מְלֶאכֶת שַׁבָּת לֹא צָרִיךְ דְּהָכְתִיב אֵת אֲשֶׁר תֹּאפוּ אֵפוּ וְאֵת אֲשֶׁר תְּבַשְּׁלוּ בַּשֵּׁלוּ וְכֵיוָן דְּלָאו מְזֻומָּן הוּא וְהַכָּתוּב קְרָאוֹ הֲכָנָה הָוְיָא לָהּ מְלָאכָה וְעוֹבֵר עָלֶיהָ מִשּׁוּם לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה:
Dans ce qui est préparé : il prépare aujourd'hui tout son besoin, et il dit : cette chose est pour le besoin du jour. Pour la peine du travail de Chabbat, ce verset n'est pas nécessaire, car il est écrit : ce que vous cuirez au four, cuisez-le, et ce que vous ferez bouillir, faites-le bouillir. Et puisqu'elle n'est pas préparée, et que le verset l'a appelée préparation, cela devient un travail, et il transgresse à son sujet à cause de : tu ne feras aucun travail.
💡 Explication

Abaye s'étonne : le mouktse porterait des coups de la Torah ? Rabba : oui. Vé-hekhineu (Chemoth 16, 5) exige une préparation la veille. Ce qui n'a pas été préparé, le verset le range dans un travail. L'azhara, l'avertissement qui fait un lav passible de coups, est : tu ne feras aucun travail (Chemoth 20, 10).

Rachi distingue. Ce que vous cuirez, cuisez-le parle de la peine des travaux, déjà écrite ailleurs. Vé-hekhineu ajoute la hakhana : désigner la chose pour le jour. Sans cette désignation, se servir du bois est un travail.

🖼️ Schéma
Mouktse de la Torah, deux versets Chemoth 16, 5 Le sixième jour, ils prépareront Hakhana : ce qui n'est pas prêt Chemoth 20, 10 Tu ne feras aucun travail Azhara : l'avertissement du lav Sans préparation, le verset appelle cela un travail. Les coups ont un avertissement.
Préparation le sixième jour, avertissement dans l'interdit du travail.
11
אֲמַר לֵיהּ, וְהָא אַתְּ הוּא דַּאֲמַרְתְּ: בְּעַאי מִינֵּיהּ מֵרַב חִסְדָּא, וְאָמְרִי לָהּ: בְּעַאי מִינֵּיהּ מֵרַב הוּנָא: הֵבִיא שֶׂה מֵאֲפָר, וּשְׁחָטוֹ תָּמִיד בְּיוֹם טוֹב, מַהוּ?

Il lui dit : et c'est toi qui as dit : j'ai interrogé là-dessus Rav Hisda, et d'autres disent : j'ai interrogé là-dessus Rav Houna : il a apporté un agneau de l'efer, et il l'a égorgé en tamid le jour de Yom Tov, qu'en est-il ?

📜 Rachi (4)
בְּעַאי שָׁאַלְתִּי:
J'ai interrogé.
מֵאֵפֶר אָחוּ וּמֻוקְצֶה הוּא שֶׁאֵינוֹ נִכְנָס לְיִישּׁוּב יָמִים רַבִּים:
D'un ahou (prairie). C'est du mouktse : il n'entre pas dans le lieu habité pendant de nombreux jours.
תָּמִיד עוֹלָה שֶׁל צִיבּוּר:
Un ola (holocauste) du public.
מַהוּ לִיקָּרֵב:
Peut-il être offert ?
💡 Explication

Abaye retourne une question de Rabba lui-même, posée à Rav Hisda, ou selon une autre version à Rav Houna. Un agneau pris dans l'ahou, la prairie : Rachi, il n'entre pas au village depuis longtemps, il est mouktse. On l'égorge comme tamid, olah du public, le jour de Yom Tov. Peut-il monter sur l'autel ?

12
וְאַתְּ אָמְרַתְּ לָן, (אָמַר לִי) עֲלָהּ: ״שֶׂה״ — וְלֹא הַבְּכוֹר.

Et tu nous as dit, (il m'a dit) à ce sujet : seh (un agneau) - et non le bekhor (premier-né).

📜 Rachi (2)
שֶׂה וְלֹא אֶת הַבְּכוֹר מַתְנִיתָא הִיא וּדְרָשָׁה קְרָא דִּיחֶזְקֵאל (מה) גַּבֵּי קָרְבָּנוֹת: וְשֶׂה אַחַת מִן הַצֹּאן מִן הַמָּאתַיִם מִמַּשְׁקֵה יִשְׂרָאֵל:
C'est une baraita. Et l'on derache le verset d'Ye'hezkel (45) au sujet des offrandes : et un agneau du troupeau, sur deux cents, de l'abreuvement d'Israël.
שֶׂה וְלֹא אֶת הַבְּכוֹר דְּשֶׂה מַשְׁמַע שֶׁיְּהֵא רָאוּי לִהְיוֹת בֵּין זָכָר בֵּין נְקֵבָה דְּכֻולָּן בִּכְלַל שֶׂה וּבְכוֹר אֵינוֹ אֶלָּא זָכָר:
Car seh implique qu'il soit propre à être aussi bien mâle que femelle, car tous entrent dans le terme seh. Et le bekhor n'est que mâle.
🗂️ Tossefot (2)
שֶׂה וְלֹא הַבְּכוֹר פֵּירֵשׁ בַּקְּוַנְט' דְּשֶׂה מַשְׁמַע בֵּין זָכָר וּבֵין נְקֵיבָה וְתֵימַהּ דְּהָא בְּעוֹלָה אַייְרֵי דְּאֵין בָּאָה נְקֵבָה וא"ת אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ קְרָא שֶׁאֵין תָּמִיד בָּא מִבְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר תִּיפּוֹק לֵיהּ שֶׁאֵין מַתְּנוֹתֵיהֶן שָׁווֹת וְי"ל דְּהָא אָמַר כָּל הֲנִיתַנִי' בְּמַתַּן ד' שֶׁנְּתָנוֹ בְּמַתָּנָה אַחַת כִּיפֵּר וע"ק הֵיאַךְ יַעֲשֶׂה תָּמִיד מִבְּכוֹר הָא קָעָבַר מִשּׁוּם כֹּל שֶׁמִּמֶּנּוּ לָאִשִּׁים הֲרֵי הוּא בְּבַל תַּקְטִירוּ (יְבָמוֹת דַּף ק.) וְי"ל כֵּיוָן דְּמַסִּיק לֵיהּ לְשֵׁם עוֹלָה דִּינוֹ כְּדִין עוֹלָה וּמֵהַאי טַעְמָא נָמֵי נִיחָא לְעִנְיַן מַתָּנָה ור"י פֵּירֵשׁ דְּהַאי קְרָא מִישְׁתַּעֵי בְּפֶסַח דִּכְתִיב בֵּיהּ שֶׂה תָּמִים וְקָאָמַר שֶׁלֹּא יְבִיאֶנּוּ לֹא דִּבְכוֹר וְלֹא דְּמַעֲשֵׂר וא"ש הַשְׁתָּא דְּמַתְּנוֹתֵיהֶן שָׁווֹת וְלָא תִּיקְשֵׁי כֹּל שֶׁמִּמֶּנּוּ לָאִשִּׁים:
Le commentaire explique que seh implique aussi bien le mâle que la femelle. C'est étonnant, car il s'agit d'une ola, qui ne vient pas en femelle. Et si tu dis : pourquoi le verset est-il nécessaire, pour que le tamid ne vienne pas d'un bekhor ni d'un ma'asser ? Qu'on le tire de ce que leurs applications du sang ne sont pas égales. On peut répondre : car il est dit que tout ce qui se donne en quatre applications, si on l'a donné en une seule application, il a expié. Et c'est encore difficile : comment ferait-on un tamid d'un bekhor ? Il transgresserait, car tout ce dont une part va aux feux, le voici sous bal taktirou (Yevamot 100a). On peut répondre : puisqu'il l'offre au nom d'une ola, son statut est le statut d'une ola. Et pour cette même raison, c'est aussi règle pour l'application. Le Ri explique que ce verset parle du Pessa'h, au sujet duquel il est écrit seh tamim (agneau entier), et il dit qu'il ne l'apportera ni d'un bekhor ni d'un ma'asser. Et maintenant cela se tient : leurs applications sont égales, et la difficulté de tout ce dont une part va aux feux ne se pose pas.
שֶׂה וְלֹא בְּכוֹר וא"ת בְּפֶרֶק קַמָּא דַּחֲגִיגָה (דַּף ח.) דְּנָפְקָא לָן מִבְּמַסַּת יָדְךָ דְּכָל דָּבָר שֶׁבָּא חוֹבָה אֵין בָּא אֶלָּא מִן הַחֻולִּין וְי"ל דְּהָכָא אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הִיא וּמִן הַמָּאתַיִם שֶׁעָרְלָה בְּטֵילָה בְּמָאתַיִם נָמֵי אַסְמַכְתָּא הִיא אַךְ קָשֶׁה דְּמִמַּשְׁקֵה יִשְׂרָאֵל מִן הַמֻּותָּר לְיִשְׂרָאֵל דְּרָשָׁה גְּמוּרָה הִיא דְּמֵהַאי קְרָא יָלֵיף בפ"ק דִּמְנָחוֹת (דַּף ה:) דִּטְרֵיפָה אֲסוּרָה לַגָּבוֹהַּ:
Et si tu dis : au premier chapitre de Haguiga (8a), nous dérivons de ke-matnat yadekha (selon le don de ta main) que toute chose qui vient en obligation ne vient que du houlin (profane). On peut répondre : ici, c'est une asmakhta (appui) seulement. Et min ha-matayim (sur deux cents), que l'orla est annulée dans deux cents, est aussi une asmakhta. Mais c'est difficile : mi-michke Israël (de l'abreuvement d'Israël), de ce qui est permis à Israël, est une deracha véritable. Car de ce verset il apprend, au premier chapitre de Menahot (5b), qu'une terefa est interdite pour le Gavoha (l'autel).
💡 Explication

La réponse que Rabba avait rapportée derache Ye'hezkel 45 : un agneau, un, du troupeau. Premier mot, seh : Rachi, le terme couvre le mâle et la femelle. Le bekhor n'est que mâle. Il sort.

Tossefot trouve cela étroit pour une ola, qui ne vient pas en femelle. L'écart des applications du sang ne suffit pas : une seule application expie la où quatre étaient prescrites. Reste bal taktirou : brûler à l'autel ce qui doit revenir aux cohanim. Réponse possible : offert au nom d'ola, il suit le droit de l'ola. Le Ri lit le verset sur le Pessa'h, où seh tamim est écrit, et où bekhor et ma'asser ont les mêmes applications.

Deuxième glose. À Haguiga, l'obligation vient du houlin, depuis ke-matnat yadekha. Ici, bekhor et ma'asser seraient une asmakhta, comme le chiffre deux cents pour l'orla. Mi-michke Israël, en revanche, est une deracha pleine : Menahot 5b en interdit la terefa sur l'autel.

🖼️ Schéma
Ye'hezkel 45 : trois exclusions du korban public Réponse rapportée par Rabba. Le mouktse n'y figure pas. seh et non le bekhor Seh : mâle ou femelle Bekhor : mâle seulement ahat et non le ma'asser Un, qui soit seul Le dixième sort d'un compte min ha-tson et non le palgas Du troupeau, pas tout Entre agneau et bélier Question d'Abaye : l'agneau de l'ahou, mouktse, égorgé en tamid. La réponse citée nomme trois autres exclusions.
Seh, ahat, min ha-tson : bekhor, ma'asser, palgas.
13
״אַחַת״ — וְלֹא מַעֲשֵׂר.

Ahat (une) - et non le ma'asser (dîme des bêtes).

📜 Rachi (1)
וְלֹא מַעֲשֵׂר דְּמַעְשַׂר בְּהֵמָה אֵינוֹ רָאוּי לְהַקְדִּישׁוֹ לְקָרְבָּן אַחֵר וְהָכִי מַשְׁמַע אֶחָד שֶׁיְּהֵא לְבַד וְלֹא זֶה שֶׁאֵינוֹ בָּא אֶלָּא מִכְּלַל עֲשָׂרָה:
Car le ma'asser behema n'est pas propre à être consacré pour une autre offrande. Et voici le sens : un, qui soit seul, et non celui-ci, qui ne vient que du compte de dix.
💡 Explication

Deuxième mot du verset : ahat, une. Le ma'asser behema n'existe que comme dixième d'un passage au compte. Il n'est pas une bête seule, et on ne le reconvertit pas en un autre korban. Il sort du tamid.

14
״מִן הַצֹּאן״ — וְלֹא הַפַּלְגָּס.

Min ha-tson (du troupeau) - et non le palgas.

📜 Rachi (1)
מִן הַצֹּאן וְלֹא כָּל הַצֹּאן מִיעוּטָא הוּא לְהוֹצִיא פַּלְגָּס יָצָא מִכְּלַל כֶּבֶשׂ וְלִכְלַל אַיִל לֹא בָּא וְהַיְינוּ כָּל חֹודֶשׁ שְׁלֹשָׁה עָשָׂר דְּכֶבֶשׂ בֶּן שָׁנָה הוּא וְאַיִל מִשֶּׁנִּכְנַס לְשָׁנָה שְׁנִיָּה חֹודֶשׁ שָׁלֵם וְהָכִי מְפָרֵשׁ לָהּ בְּמַס' פָּרָה (פ"א מִשְׁנָה ג):
Du troupeau, et non tout le troupeau : c'est une restriction, pour exclure le palgas. Il est sorti de la catégorie de l'agneau, et il n'est pas entré dans la catégorie du bélier. C'est tout le treizième mois. Car le keves (agneau) a un an, et l'ayil (bélier), dès qu'il entre dans la deuxième année, un mois entier. Et c'est ainsi qu'on l'explique dans le traité Para (chapitre 1, michna 3).
💡 Explication

Min ha-tson restreint : du troupeau, pas tout le troupeau. Sort le palgas. Rachi le place sur tout le treizième mois : plus un keves d'un an, pas encore un ayil, qui commence quand un mois plein de la deuxième année est entré. Para 1, 3.

L'amoud s'arrête sur ces trois exclusions. La question de l'agneau mouktse offert en tamid reste ouverte pour le daf suivant.

🖼️ Schéma
Palgas : le treizième mois Keves Dans sa première année Palgas Tout le mois treize Ayil Un mois plein de l'an 2 Sorti de l'agneau, pas encore entré chez le bélier. Para, chapitre 1, michna 3.
Keves, palgas, ayil : le mois qui sépare l'agneau du bélier.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).