Sougya : L'amoud poursuit la question de Rav Hisda à Rabba : dit-on le hoil (puisque) ? La michna du sillon unique continue : chevi'it, Yom Tov, cohen et nazir sur un lieu d'impureté.
Si le hoil vaut, les coups du labour de Yom Tov tomberaient, puisque la terre peut couvrir le sang d'un oiseau. La Guemara serre le cas jusqu'à la metounta, terre humide qui se sème et ne donne pas de poussière.
Abaye objecte par les cinq séries de coups de celui qui cuit le gid ha-nache dans du lait à Yom Tov. Rabba retire l'embrasement et met les bois de mouktse, qu'il tient pour un interdit de la Torah.
Abaye reprend alors une question de Rabba : un agneau de prairie, égorgé en tamid le jour de Yom Tov.
Et la chevi'it, le jour de Yom Tov, un cohen et un nazir dans un lieu d'impureté. Et si nous disons hoil (puisque), pour le labour il ne serait pas passible, puisque c'est propre à couvrir le sang d'un oiseau.
Suite de la michna du sillon unique. Quatre interdits de plus : chevi'it, Yom Tov, cohen, nazir, tous les deux sur une tombe. Rachi : le labour qui recouvre la semence est une toleda de semer, visée par ton champ, tu ne le sèmeras pas.
Le hoil de Rabba attaque les coups de Yom Tov. La terre du sillon peut servir au kisui ha-dam, le recouvrement du sang d'un oiseau ou d'une bête sauvage. Tossefot serre le cas : le sang sèche ou se brouille s'il cherche de la terre ailleurs, et il ne peut pas l'emporter. Alors les deux devoirs ne se tiennent plus ensemble.
Rav Papa bar Chmouel dit : avec des pierres mekorzelot.
Première réponse. Des pierres mekorzelot : Rachi imprime qu'elles ne couvrent pas le sang. Tossefot lit : pierres molles, bonnes à semer, encore impropres à couvrir avant d'être écrasées. La glose aiguës, donnée à Chabbat 43a pour les latrines, a été retirée ici par Rachi.
Elles sont propres à être écrasées ! Et l'écrasement, le jour de Yom Tov, est-il permis ?!
Elles sont propres à être écrasées kela'har yad (d'une manière inhabituelle) ! Dans de la tsounma (roche dure).
Trois tours. On peut écraser les pierres et en faire une poussière de recouvrement. La Guemara répond : écraser à Yom Tov est interdit. Reprise : on peut écraser kela'har yad, avec un changement. Rachi : simple chevout. De la Torah, les coups tombent, le hoil reviendrait. Dernier mot de la ligne : tsounma, roche qu'on n'écrase pas.
Tossefot ouvre le sens du hoil. Le Rachbam : l'homme n'a besoin du labour que pour la terre. Creuser pour la terre seule est une melakha che-eina tserikha le-goufa. Il est quitte. Écraser est une mouture voulue pour la poussière. Yom Tov est un positif et un interdit : le recouvrement ne le repousse pas.
Le Ri : l'exemption de la fosse vaut dans la maison, là où l'on détériore. Au champ, le labour améliore. Étendre ce hoil viderait les travaux de Chabbat. Rabbeinou Tam : le hoil vise le labour des kilaim, interdit seul. Yom Tov reste dehors. L'écrasement y étant interdit, le hoil ne quitte pas les kilaim non plus.
La tsounma est-elle propre à la semence ?! De la tsounma par-dessus, et de la terre meuble par-dessous.
Et qu'il en soit quitte à cause de la terre meuble !
Une roche ne se sème pas. La réponse déplie le sol : croûte dure au-dessus, terre meuble au-dessous, là où la graine peut entrer. La Guemara renverse : cette terre meuble est propre au kisui ha-dam. Le hoil revient, et les coups du labour tombent de nouveau.
Plutôt, Mar bar Rav Achi dit : dans de la tina (boue). Et la tina est-elle propre à la semence ?!
Dans de la metounta (terre humide).
Mar bar Rav Achi sort de la roche. La tina, boue liquide, ne se sème pas : nouvelle objection. La metounta ferme la série. Elle est assez humide pour la semence. Écrasée, elle colle et se pétrit. Elle ne donne pas la poussière du recouvrement. Le hoil n'a plus de prise, les coups du labour restent.
Abaye lui objecta : celui qui cuit le gid ha-nache (nerf sciatique) dans du lait le jour de Yom Tov, et le mange, reçoit cinq fois les coups. Il reçoit les coups pour avoir cuit le gid le jour de Yom Tov, et il reçoit les coups pour avoir mangé le gid, et il reçoit les coups pour avoir cuit de la viande dans du lait, et il reçoit les coups pour avoir mangé de la viande dans du lait, et il reçoit les coups pour l'embrasement.
Et si nous disons hoil, pour l'embrasement il ne serait pas passible, puisque cela lui est propre pour son besoin !
Nouvelle objection d'Abaye. Cinq lavin sur un seul plat : cuire le gid ha-nache à Yom Tov, le manger, cuire viande et lait, manger viande et lait, allumer. Rachi sépare l'hav'ara de la cuisson : deux travaux. Le gid cuit à Yom Tov est une cuisson qui n'est pas propre à être mangée. Les nerfs, ici, donnent un goût et comptent comme viande : d'où les coups du lait, même en semaine.
Le hoil : ce feu pourrait cuire un mets permis. Les coups de l'embrasement tomberaient. Tossefot : la baraita suit Beit Chammai, qui n'ont pas le mitokh. Pour Beit Hillel, cuire ce gid compte déjà comme un besoin du jour. Le Riva en tire que le hoil de Rabba est dit aussi selon Beit Chammai.
Il lui dit : retire l'embrasement, et introduis le gid ha-nache d'une neveila (bête morte sans chehita valable).
Rabba garde cinq coups, et sort l'hav'ara, seule visée par le hoil. À sa place : manger le gid d'une neveila. Les coups de la bête morte s'ajoutent à la bouche. Le feu n'est plus dans le compte.
Et Rabbi Hiya a enseigné : on reçoit deux fois les coups pour l'avoir mangé, et trois fois pour l'avoir cuit. Et s'il en est ainsi, c'est trois fois pour l'avoir mangé qu'il fallait !
Rabbi Hiya fixe le partage : deux à la consommation, trois à la cuisson. Les trois de la cuisson sont l'embrasement, la cuisson de Yom Tov, et la cuisson viande-lait. Une neveila ajouterait un troisième coup à la bouche. Le compte de Rabbi Hiya refuse cet ajout. L'embrasement reste donc dans la baraita.
Plutôt : retire l'embrasement, et introduis des bois de mouktse.
Deuxième remplacement. Les bois de mouktse prennent la place de l'embrasement. Rachi : un feu alimenté par du mouktse est interdit de la Torah à Yom Tov. On ne dit plus : ce feu lui est propre pour son besoin. Le hoil s'arrête.
Le Ri laisse la question ouverte : la baraita pourrait nommer le gid d'une neveila et ajouter les coups de la neveila. La Guemara, elle, substitue les bois, pour rester sur le compte de Rabbi Hiya.
Le Roch, glose jointe ici par la source, tranche une autre baraita. Rabbi Yehouda n'a entendu que la seoudat eroussin. Rabbi Yosse y joint les sivlonot. Le Rav de Barcelone et le Baal ha-Itour suivent Rabbi Yosse. Les deux entrent dans le repas de fiançailles de la michna.
Et le mouktse est-il de la Torah ? Il lui dit : oui, car il est écrit : Et ce sera le sixième jour, et ils prépareront ce qu'ils apporteront.
Et son avertissement vient d'ici : Tu ne feras aucun travail.
Abaye s'étonne : le mouktse porterait des coups de la Torah ? Rabba : oui. Vé-hekhineu (Chemoth 16, 5) exige une préparation la veille. Ce qui n'a pas été préparé, le verset le range dans un travail. L'azhara, l'avertissement qui fait un lav passible de coups, est : tu ne feras aucun travail (Chemoth 20, 10).
Rachi distingue. Ce que vous cuirez, cuisez-le parle de la peine des travaux, déjà écrite ailleurs. Vé-hekhineu ajoute la hakhana : désigner la chose pour le jour. Sans cette désignation, se servir du bois est un travail.
Il lui dit : et c'est toi qui as dit : j'ai interrogé là-dessus Rav Hisda, et d'autres disent : j'ai interrogé là-dessus Rav Houna : il a apporté un agneau de l'efer, et il l'a égorgé en tamid le jour de Yom Tov, qu'en est-il ?
Abaye retourne une question de Rabba lui-même, posée à Rav Hisda, ou selon une autre version à Rav Houna. Un agneau pris dans l'ahou, la prairie : Rachi, il n'entre pas au village depuis longtemps, il est mouktse. On l'égorge comme tamid, olah du public, le jour de Yom Tov. Peut-il monter sur l'autel ?
Et tu nous as dit, (il m'a dit) à ce sujet : seh (un agneau) - et non le bekhor (premier-né).
La réponse que Rabba avait rapportée derache Ye'hezkel 45 : un agneau, un, du troupeau. Premier mot, seh : Rachi, le terme couvre le mâle et la femelle. Le bekhor n'est que mâle. Il sort.
Tossefot trouve cela étroit pour une ola, qui ne vient pas en femelle. L'écart des applications du sang ne suffit pas : une seule application expie la où quatre étaient prescrites. Reste bal taktirou : brûler à l'autel ce qui doit revenir aux cohanim. Réponse possible : offert au nom d'ola, il suit le droit de l'ola. Le Ri lit le verset sur le Pessa'h, où seh tamim est écrit, et où bekhor et ma'asser ont les mêmes applications.
Deuxième glose. À Haguiga, l'obligation vient du houlin, depuis ke-matnat yadekha. Ici, bekhor et ma'asser seraient une asmakhta, comme le chiffre deux cents pour l'orla. Mi-michke Israël, en revanche, est une deracha pleine : Menahot 5b en interdit la terefa sur l'autel.
Ahat (une) - et non le ma'asser (dîme des bêtes).
Deuxième mot du verset : ahat, une. Le ma'asser behema n'existe que comme dixième d'un passage au compte. Il n'est pas une bête seule, et on ne le reconvertit pas en un autre korban. Il sort du tamid.
Min ha-tson (du troupeau) - et non le palgas.
Min ha-tson restreint : du troupeau, pas tout le troupeau. Sort le palgas. Rachi le place sur tout le treizième mois : plus un keves d'un an, pas encore un ayil, qui commence quand un mois plein de la deuxième année est entré. Para 1, 3.
L'amoud s'arrête sur ces trois exclusions. La question de l'agneau mouktse offert en tamid reste ouverte pour le daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).