Pesachim 48a — Nesakhim, bois du hekdech, ho'il, mesure de la pâte

Pesachim 48a

Sougya : La page poursuit le compte des coups de celui qui cuit le gid dans le lait un jour de fête. Abaye reprend la deracha du verset d'Ye'hezkel sur l'agneau : deux cents restés dans la cuve, et le breuvage permis à Israël.

Le mouktse en sort, parce que son interdit vient d'ailleurs, et parce qu'il n'y a pas de hilouk melakhot à Yom Tov. On retire alors la hav'ara, et le compte se referme sur les bois du hekdech.

Rami bar Hama range le débat de Rav Hisda et de Rabba sur le ho'il dans la michna de la halla en impureté : Rabbi Eliezer le dit, Rabbi Yehochoua ne le dit pas. Rav Papa et Rav Chicha limitent chacun un des deux avis.

La fin du daf fixe la mesure de pâte à Pessa'h, blé et orge, grain de choix et grain maigre.

Ye'hezkel 45, 15 : la suite de la deracha, puis le mouktse min ha-matayim Du surplus des deux cents restés dans la cuve Orla annulée dans deux cents. Nesakhim. mi-mashke Israël De ce qui est permis à Israël Pas de nesakhim tirés du tevel L'interdit est dans le corps du produit Tevel : on écarte Issour gufo L'interdit de son corps à cause le défaut Modèle de tout cas semblable Mouktse : on laisse Issour davar aher L'interdit vient du Chabbat Le corps, lui, reste permis Si c'était de la Torah, la distinction tombe Suite : à Yom Tov, pas de hilouk melakhot. Deux travaux ne font pas deux fois les coups.
Deux cents dans la cuve : orla annulée pour les nesakhim. Le breuvage permis écarte le tevel. Le mouktse reste, car l interdit vient du Chabbat.
À la place de la hav'ara : trois bois Baraïta : cinq coups. L'un d'eux est la hav'ara, l'allumage. On la retire. Quel lav entre à sa place, sans en ajouter un sixième ? Bois de mouktse Proposé en fin de 47b La deracha laisse le mouktse entrer Pas de hilouk melakhot à Yom Tov Tombe Bois d'achera Azhara : rien du herem ne collera à ta main Rav Aha, à Abaye : aussi lo tavi toeva Un lav de plus Tombe Bois du hekdech Leurs asherim, au feu Tu ne feras pas ainsi pour Hachem, ton D.ieu. Un seul avertissement Brûler pour détruire Le compte tient Le bois de mouktse supposait un mouktse de la Torah, et deux peines de Yom Tov. Le bois du hekdech garde cinq coups, avec un seul lav nouveau.
On retire la hav'ara. Le bois de mouktse et le bois d achera tombent. Le bois du hekdech fournit un seul lav.
Rami bar Hama : le ho'il est déjà dans la michna de la halla Rabbi Eliezer : on dit ho'il On ne nomme la halla qu'après cuisson On peut prendre un peu de chaque pain Chacun est donc propre à être mangé La cuisson de Yom Tov est permise Rami bar Hama : ainsi Rabba Rabbi Yehochoua : pas de ho'il À la fin, une part ira à la halla Cette part est impropre à la nourriture On ne permet pas la melakha par un puisque Tel hamets sort de l'avertissement Rami bar Hama : ainsi Rav Hisda Rav Papa limite Eliezer Au four, chaque pain est propre pour lui Ici, c'est propre pour des hôtes Pour lui, ce ne l'est pas Même Eliezer peut refuser le ho'il Rav Chicha limite Yehochoua Là-bas, une part n'est propre pour personne Ici, elle l'est au moins pour des hôtes Les hôtes sont fréquents, dit Rachi Même Yehochoua peut dire le ho'il Rabbi Yirmeya reçoit cet enseignement. Rabbi Zeira le refuse : Eliezer s'est tu devant lo taaseh. Réponse : un silence dans la michna peut avoir sa réplique dans une autre mekhilta.
Rami bar Hama : Eliezer dit le ho'il, Yehochoua non. Rav Papa et Rav Chicha limitent chacun un avis. Zeira attend encore la réplique.
1
״מִן הַמָּאתַיִם״ — מִמּוֹתַר שְׁתֵּי מֵאוֹת שֶׁנִּשְׁתַּייְּרוּ בַּבּוֹר. מִכָּאן לְעָרְלָה שֶׁבְּטֵילָה בְּמָאתַיִם.

De deux cents : du surplus de deux cents qui sont restés dans la cuve. De là, pour l'orla (fruit des trois premières années) qui s'annule dans deux cents.

📜 Rachi (2)
מִן הַמָּאתַיִם עַל כָּרְחָיךְ אַנְּסָכִים קָאֵי וְקָאָמַר הֵבִיאוּ הַנְּסָכִים עָלָיו מִן הַמָּאתַיִם שֶׁיִּשְׁתַּיְּירוּ מָאתַיִם בַּבּוֹר הַיַּיִן:
De deux cents. Tu es forcé de dire que cela porte sur les nesakhim (libations). Il dit : apportez les libations pour lui à partir des deux cents, de sorte que deux cents restent dans la cuve de vin.
מִכָּאן לְעָרְלָה שֶׁבְּטֵלָה בְּמָאתַיִם דְּאִי לָאו בְּשֶׁאִיסּוּר מְעֹורָב בּוֹ קָאֵי אַמַּאי מַצְרִיךְ מָאתַיִם וּבְעָלְמָא בְּסִיפְרֵי נָפְקָא לָן שַׁפִּיר דְּעָרְלָה וְכִלְאֵי הַכֶּרֶם בְּטֵילִין בְּמָאתַיִם וְהַאי מִכָּאן לָאו דַּוְקָא אֶלָּא אַף כָּאן אַתָּה יָכוֹל לִסְמֹוךְ קְצָת:
De là, pour l'orla qui s'annule dans deux cents. Car si cela ne portait pas sur un cas où un interdit est mélangé dedans, pourquoi exigerait-il deux cents ? Et en général, dans le Sifrei, nous dérivons bien que l'orla et les kilaï ha-kerem (mélanges de la vigne) s'annulent dans deux cents. Et ce de-là n'est pas à prendre au pied de la lettre. Même ici, tu peux t'appuyer quelque peu.
💡 Explication

Suite de la deracha d'Ye'hezkel 45, 15, ouverte en bas de 47b sur l'agneau du korban. Min ha-matayim : on ne prend les nesakhim que là où deux cents parts permises restent dans la cuve, face à l'orla mélangée.

Rachi rappelle que l'annulation de l'orla et des kilaï ha-kerem dans deux cents sort déjà du Sifrei. Le de-là de la baraïta est un appui, le texte ne le donne pas comme source unique.

2
״מִמַּשְׁקֵה יִשְׂרָאֵל״ — מִן הַמֻּותָּר לְיִשְׂרָאֵל. מִכָּאן אָמְרוּ: אֵין מְבִיאִין נְסָכִין מִן הַטֶּבֶל.

Du breuvage d'Israël : de ce qui est permis à Israël. De là, ils ont dit : on n'apporte pas de nesakhim (libations) tirés du tevel (produit non prélevé).

💡 Explication

Mi-mashke Israël est lu : de ce qui est permis à Israël. Le tevel, que l'on n'a pas le droit de manger, ne fournit pas le vin des libations.

3
יָכוֹל לֹא יָבִיא מִן הַמֻּוקְצֶה. אָמַרְתָּ: מַה טֶבֶל מְיֻוחָד שֶׁאִיסּוּר גּוּפוֹ גָּרַם לוֹ — אַף כֹּל שֶׁאִיסּוּר גּוּפוֹ גָּרַם לוֹ. יָצָא מֻוקְצֶה שֶׁאֵין אִיסּוּר גּוּפוֹ גָּרַם לוֹ, אֶלָּא אִיסּוּר דָּבָר אַחֵר גָּרַם לוֹ. וְאִי אָמְרַתְּ אִיסּוּר מֻוקְצֶה דְּאוֹרָייְתָא, מַה לִי אִיסּוּר גּוּפוֹ מַה לִי אִיסּוּר דָּבָר אַחֵר?

On pourrait penser : il n'apportera pas du mouktse (mis de côté). Tu dis : de même que le tevel est particulier, en ce que l'interdit de son corps l'a causé, de même tout ce que l'interdit de son corps a causé.

Sort le mouktse, que l'interdit de son corps n'a pas causé, et que l'interdit d'une autre chose a causé. Et si tu dis que l'interdit du mouktse est de la Torah, quelle différence pour moi entre l'interdit de son corps et l'interdit d'une autre chose ?

📜 Rachi (1)
אִיסּוּר דָּבָר אַחֵר שַׁבָּת:
L'interdit d'une autre chose : le Chabbat.
💡 Explication

La baraïta aurait pu écarter aussi l'animal mouktse. Elle ne le fait pas. Le tevel est écarté parce que l'issour gufo, l'interdit de son propre corps, le rend impropre. Le mouktse est interdit à cause d'autre chose : le Chabbat, dit Rachi. Son corps reste un animal permis.

Abaye serre la conséquence. Si le mouktse était un interdit de la Torah, la baraïta n'aurait pas de raison de séparer le corps et la chose extérieure. La distinction enseigne un mouktse rabbinique.

🖼️ Schéma
Quel interdit empêche d'apporter ? Issour gufo Tevel : le corps est interdit On n'apporte pas les nesakhim Tout cas du même type suit Issour davar aher Mouktse : le Chabbat interdit Le corps de la bête reste permis On peut apporter La distinction ne tient que si le mouktse est rabbinique.
Tevel : l'interdit est dans le corps. Mouktse : l'interdit vient du Chabbat. On n'apporte que le second.
4
וְעוֹד, הָא אַתְּ הוּא דְּאָמְרַתְּ: חִילּוּק מְלָאכוֹת לְשַׁבָּת, וְאֵין חִילּוּק מְלָאכוֹת לְיוֹם טוֹב.

Et de plus : c'est toi qui as dit : il y a division des travaux pour le Chabbat, et il n'y a pas division des travaux pour le jour de fête.

📜 Rachi (3)
הָא אַתְּ הוּא דְּאָמְרַתְּ בְּאֵלּוּ הֵן הַלּוֹקִין (מַכּוֹת דַּף כא:):
C'est toi qui as dit. Dans le chapitre Elou hen ha-loukin (Makot 21b).
חִילּוּק מְלָאכוֹת לְשַׁבָּת שֶׁאִם עָשָׂה שְׁתַּיִם בְּהֶעְלֵם אֶחָד אוֹ [אַחַת] בִּשְׁתֵּי הֶעְלֵמוֹת חַיָּיב שְׁתַּיִם:
Division des travaux pour le Chabbat : s'il a fait deux travaux dans une seule inadvertance, ou un travail dans deux inadvertances, il est passible de deux.
וְאֵין חִילּוּק מְלָאכוֹת לְיוֹם טוֹב שֶׁאִם עָשָׂה שְׁתֵּי מְלָאכוֹת בְּמֵזִיד אֵינוֹ לוֹקֶה שְׁתַּיִם וְהָכָא בְּיוֹם טוֹב קָיְימִינַן וּמְחַייֶּבֶת לֵיהּ מִשּׁוּם י"ט תַּרְתֵּי מִשּׁוּם מֻוקְצֶה וּמִשּׁוּם מְבַשֵּׁל גִּיד בְּיוֹם טוֹב:
Et il n'y a pas division des travaux pour le jour de fête : s'il a fait deux travaux volontairement, il ne reçoit pas deux fois les coups. Et ici nous traitons du jour de fête, et tu le rends passible, au titre du jour de fête, de deux : au titre du mouktse, et au titre de celui qui cuit le gid (nerf sciatique) le jour de fête.
💡 Explication

Second coup d'Abaye, toujours contre le bois de mouktse comme lav de plus. Hilouk melakhot : au Chabbat, deux travaux font deux peines. À Yom Tov, Rabba lui-même tient qu'il n'y a pas cette division.

Dès lors, mouktse et cuisson du gid le jour de fête ne donnent pas deux fois les coups. Le compte de la baraïta ne peut pas prendre le mouktse comme second interdit de Yom Tov.

5
אֶלָּא אַפֵּיק הַבְעָרָה, וְעָייֵל עֲצֵי אֲשֵׁירָה. וְאַזְהָרָה מֵהָכָא, ״וְלֹא יִדְבַּק בְּיָדְךָ מְאוּמָה מִן הַחֵרֶם״.

Alors, retire la hav'ara (allumage), et fais entrer les bois d'une achera (arbre d'idolâtrie). Et l'avertissement vient d'ici : Rien du herem ne collera à ta main.

💡 Explication

La hav'ara sort de la liste des cinq coups. À sa place : brûler avec le bois d'une achera. L'azhara, le verset qui formule le lav, est : rien du herem ne collera à ta main (Devarim 13, 18).

6
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְאַבָּיֵי: וְנַלְקֵי נָמֵי מִשּׁוּם ״וְלֹא תָבִיא תוֹעֵבָה אֶל בֵּיתֶךָ״.

Rav Aha fils de Rava dit à Abaye : qu'il reçoive les coups aussi au titre de : Tu n'introduiras pas une abomination dans ta maison.

💡 Explication

Le bois d'achera tombe sous un second verset : tu n'introduiras pas une toeva (abomination) dans ta maison (Devarim 7, 26). La liste gagnerait un lav. Le compte de cinq ne tient plus.

7
אֶלָּא: אַפֵּיק הַבְעָרָה, וְעָייֵל עֲצֵי הֶקְדֵּשׁ. וְאַזְהָרָה מֵהָכָא, ״וַאֲשֵׁרֵיהֶם תִּשְׂרְפוּן בָּאֵשׁ ... לֹא תַעֲשׂוּן כֵּן לַה׳ אֱ-לֹהֵיכֶם״.

Alors : retire la hav'ara (allumage), et fais entrer les bois du hekdech (bien consacré). Et l'avertissement vient d'ici : Leurs asherim, vous les brûlerez au feu... vous ne ferez pas ainsi pour Hachem, votre D.ieu.

💡 Explication

Dernier remplacement. Les bois du hekdech ont un seul avertissement : on brûle les asherim, et l'on ne fera pas ainsi pour Hachem (Devarim 12, 3-4). Brûler un consacré pour le détruire est un lav.

Le compte des cinq coups se referme sans la hav'ara, sans le bois de mouktse, et sans le lav supplémentaire de l'achera.

8
אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: הָא דְּרַב חִסְדָּא וְרַבָּה — מַחֲלֹוקֶת דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הִיא. דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר: אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ סָבַר: לָא אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״.

Rami bar Hama dit : ceci de Rav Hisda et de Rabba, c'est la discussion de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua. Car Rabbi Eliezer tient : nous disons ho'il (puisque).

Et Rabbi Yehochoua tient : nous ne disons pas ho'il.

📜 Rachi (3)
אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא הָא דְּרַבָּה וְרַב חִסְדָּא דְּאִיפְּלִיגוּ גַּבֵּי יוֹם טוֹב אִי שָׁרֵינַן לֵיהּ מִשּׁוּם הוֹאִיל אוֹ לֹא:
Rami bar Hama a dit : ceci de Rabba et de Rav Hisda. Ils ont divergé au sujet du jour de fête : le permet-on a cause du ho'il, ou non.
מַחֲלֹוקֶת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְר' יְהוֹשֻׁעַ הִיא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר אָמְרִינַן הוֹאִיל אע"ג דְּסוֹפוֹ לְהַפְרִישׁ אַחַת מֵהֶן לְחַלָּה וְנִמְצָא שֶׁטָּרַח בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לַאֲכִילָה אֲפִי' הָכִי אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִי בָּעֵי לָא מַפְרִישׁ חֲדָא לְחַלָּה אֶלָּא בָּצַע מִכָּל חֲדָא וַחֲדָא וְאִיכָּא לְמֵימַר בְּכָל חֲדָא חַזְיָא לֵיהּ וּמֻותָּר לֶאֱפוֹתָהּ:
C'est la discussion de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua. Rabbi Eliezer tient que l'on dit ho'il. Même si, à la fin, il en séparera une pour la halla, et qu'il se trouve s'être donné de la peine pour une chose qui n'est pas propre à être mangée, même ainsi on dit ho'il. Puisque, s'il veut, il ne sépare pas une seule pour la halla, mais il rompt de chacune : on peut dire de chacune qu'elle lui est propre, et il est permis de la cuire.
וְר' יְהוֹשֻׁעַ סָבַר לָא אָמְרִינַן הוֹאִיל כְּדֵי לְהַתִּיר מְלָאכוֹת יוֹם טוֹב וְאַהוֹאִיל וְאִי בָּעֵי מִיתְּשִׁיל עֲלָהּ דִּלְעֵיל לָא קָאֵי רָמֵי בַּר חָמָא אֶלָּא אַהוֹאִיל דְּאִיסּוּר מְלֶאכֶת יוֹם טוֹב:
Et Rabbi Yehochoua tient que l'on ne dit pas ho'il, de manière à permettre les travaux du jour de fête. Et sur le ho'il de : puisque, s'il veut, on l'interroge à son sujet, celui d'en haut, Rami bar Hama ne se tient pas. Il se tient sur le ho'il de l'interdit du travail de Yom Tov.
💡 Explication

Nouvelle sougya. La michna (46a) : comment sépare-t-on la halla en impureté, à Yom Tov ? La pâte est devenue impure, la part de halla n'est plus propre au kohen. Rabbi Eliezer : on ne lui donne le nom qu'après la cuisson. Rabbi Yehochoua tient l'autre côté.

Rami bar Hama y lit le débat de Rav Hisda et de Rabba. Eliezer dit le ho'il : puisque l'on peut prélever un peu de chaque pain, chacun reste mangeable, et la melakha est permise. Yehochoua ne s'en sert pas pour permettre un travail de Yom Tov.

Rachi écarte un autre ho'il, celui de la cheela (annulation par un sage), vu plus haut. Ici le puisque porte sur l'interdit de la melakha.

🖼️ Schéma
Pâte impure, Yom Tov : nommer la halla avant ou après le four pain pain pain un peu de chacun pain Rabbi Eliezer Chaque pain peut être mangé On dit ho'il On cuit, puis on nomme Rabbi Yehochoua Une part entière partira On ne dit pas ho'il On sépare, on brûle le soir
Eliezer : un peu de chaque pain, chacun reste propre, on cuit. Yehochoua : une part entière part à la halla.
9
אָמַר רַב פָּפָּא: וְדִילְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָתָם דְּאָמְרִינַן ״הוֹאִיל״, אֶלָּא דִּבְעִידָּנָא דְּקָא עָייְלִי לְתַנּוּרָא כָּל חֲדָא וַחֲדָא חַזְיָא לֵיהּ לְדִידֵיהּ. אֲבָל הָכָא, דִּלְאוֹרְחִין הוּא דַּחֲזֵי לְדִידֵיהּ לָא חֲזֵי — אֵימָא הָכִי נָמֵי דְּלָא אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״.

Rav Papa dit : peut-être Rabbi Eliezer n'a-t-il dit là-bas que l'on dit ho'il que parce qu'au moment où elles entrent au four, chacune est propre pour lui. Mais ici, où c'est pour des hôtes que c'est propre, et où pour lui ce n'est pas propre : dis de même que l'on ne dit pas ho'il.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא דִּבְעִידָּנָא דְּעָיְילִי לָהּ אִיכָּא לְמֵימַר בְּכָל חֲדָא וַחֲדָא חַזְיָא לֵיהּ בְּלָאו הוֹאִיל דִּבְכָל חֲדָא אִיכָּא לְמֵימַר זוֹ לֹא תְּהֵא לְחַלָּה:
Sinon, au moment où elles y entrent : on peut dire de chacune qu'elle lui est propre, sans ho'il, car pour chacune on peut dire : celle-ci ne sera pas pour la halla.
אֲבָל הָכָא דִּלְאוֹרְחִין הוּא דְּחַזְיָא וַהֲרֵי עֲדַיִין לֹא זִימֵּן לֵית לֵיהּ הוֹאִיל לְמִישְׁרְייֵהּ לְר' אֱלִיעֶזֶר:
Mais ici, où c'est pour des hôtes que c'est propre : et voici qu'il n'a pas encore invité. Rabbi Eliezer n'a pas le ho'il pour le permettre.
💡 Explication

Rav Papa empêche de transporter l'avis d'Eliezer jusqu'au pain cuit pour des hôtes. Dans la halla, au moment du four, chaque pain peut encore être le sien : on peut dire de chacun qu'il ne sera pas la halla. Rachi le dit même sans recourir au ho'il.

Le pain du jour de fête cuit pour des hôtes que l'on n'a pas invités est propre pour eux, et impropre pour lui. Là, même Eliezer peut refuser le puisque.

10
אָמַר רַב שִׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי: וְדִילְמָא לָא הִיא, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הָתָם דְּלָא אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״, אֶלָּא דְּאִיכָּא חֲדָא דְּלָא חַזְיָא לָא לְדִידֵיהּ וְלָא לְאוֹרְחִין. אֲבָל הָכָא, דַּחֲזֵי מִיהַת לְאוֹרְחִין — אֵימָא הָכִי נָמֵי אָמְרִינַן ״הוֹאִיל״.

Rav Chicha fils de Rav Idi dit : et peut-être qu'il n'en est pas ainsi. Rabbi Yehochoua n'a dit là-bas que l'on ne dit pas ho'il que parce qu'il y en a une qui n'est propre ni pour lui ni pour les hôtes.

Mais ici, où c'est propre au moins pour les hôtes : dis de même que l'on dit ho'il.

📜 Rachi (2)
דְּלָא חַזְיָא לָא לְדִידֵיהּ וְלָא לְאוֹרְחִים וַהֲרֵי סוֹפוֹ לִיטֹּול אַחַת לְחַלָּה שֶׁאֵין דֶּרֶךְ לִבְצֹועַ מִכָּל אַחַת:
Qui n'est propre ni pour lui ni pour les hôtes. Et voici qu'à la fin il prendra une pour la halla, car ce n'est pas la manière de rompre de chacune.
אֲבָל הָכָא דְּכֻולְּהוּ חֲזוּ לְאוֹרְחִין וְאוֹרְחִין שְׁכִיחֵי אָמְרִינַן הוֹאִיל לְמִישְׁרְייֵהּ וְאִי קַשְׁיָא הָא דְּאָמַר ר' יְהוֹשֻׁעַ לֹא זֶהוּ חָמֵץ שֶׁמֻּוזְהָרִין כו' אַלְמָא לֵית לֵיהּ הוֹאִיל וְאִי בָּעֵי מִיתְּשִׁל עֲלָהּ אֲפִילּוּ לְחוּמְרָא וְכָל שֶׁכֵּן הוֹאִיל דְּהָכָא לְקֻולָּא לָא דָּמֵי דְּהָשְׁתָּא מִיהָא לָאו דִּידֵיהּ הוּא וְכָךְ שָׁמַעְתִּי וּמְגַמְגֵּם לִבִּי עֲלָהּ וְנִרְאֶה בְּעֵינַי דְּאֵין הוֹאִיל בָּזֶה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ דְּנֵימָא הוֹאִיל וְאִי בָּעֵי מַיְיתֵי לֵיהּ בִּרְשׁוּתֵיהּ דְּאִם כֵּן הֶקְדֵּשׁ דְּקַייְמָא לָן אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל גָּבוֹהַּ וְלָא פְּלִיג ר"א הָא אִי בָּעֵי פָּרֵיק לֵיהּ וְהָוֵי דִּידֵיהּ וְאַף סוּגְיָא דִשְׁמַעְתָּא לָא מְיַיתְּבָא שַׁפִּיר וְכִמְדֻומֶּה דְּפֵירוּשׁ הַכָּתוּב בְּרֵישָׁא דִּשְׁמַעְתָּא הוֹאִיל וְאִי בָּעֵי מִיתְּשִׁיל עָלֶיהָ לָא גָּר' אֶלָּא הָכִי גָּר' ר' אֱלִיעֶזֶר סָבַר אָמְרִינַן הוֹאִיל וְר' יְהוֹשֻׁעַ סָבַר לָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְהָכִי פֵּירוּשָׁא ר' אֱלִיעֶזֶר סָבַר שָׁרִי לֶאֱפוֹתָהּ ואע"ג דְּסוֹף סוֹף אִיכָּא חֲדָא דְּלָא חַזְיָא לֵיהּ אֵין כָּאן אִיסּוּר מְלָאכָה הוֹאִיל וְכָל חֲדָא וַחֲדָא חַזְיָא לֵיהּ דְּמָצֵי לְמִשְׁקַל מִכָּל חֲדָא פֻּורְתָּא וְר' יְהוֹשֻׁעַ סָבַר לָא אָמְרִינַן הוֹאִיל דְּהָא סוֹפוֹ לִיטֹּול אַחַת מֵהֶן לְחַלָּה הִלְכָּךְ כֵּיוָן דְּטוֹבַת הֲנָאָה אֵינָהּ מָמוֹן וְלֹא עָבַר עֲלָהּ מִנְחָתָהּ עַד הָעֶרֶב וְיִשְׂרְפֶנָּה:
Mais ici : toutes sont propres pour les hôtes, et les hôtes sont fréquents. On dit ho'il pour le permettre. Et si ceci fait difficulté : ce que dit Rabbi Yehochoua, tel n'est pas le hamets au sujet duquel on est averti, etc. Il en sort qu'il ne tient pas le ho'il de : puisque, s'il veut, on l'interroge à son sujet, même pour une rigueur, et à plus forte raison le ho'il d'ici, qui est pour une légèreté. Le cas diffère : maintenant, en tout cas, ce n'est pas à lui. Et ainsi je l'ai entendu, et mon cœur balbutie là-dessus. Et il me paraît qu'il n'y a pas de ho'il en ceci, dans une chose qui n'est pas à lui, au point de dire : puisque, s'il veut, il l'amène dans son domaine. Car s'il en était ainsi, le hekdech, dont nous tenons : mais toi, tu vois celui du Gavoha. Et Rabbi Eliezer n'a pas divergé, alors que, s'il veut, il le rachète et cela devient sien. Et même le déroulement de la sougya ne se pose pas bien. Et il me semble que la version écrite au début de la sougya, ho'il, puisque s'il veut on l'interroge à son sujet, n'est pas la version. Voici plutôt la version : Rabbi Eliezer tient que l'on dit ho'il, et Rabbi Yehochoua tient que l'on ne dit pas ho'il. Et voici l'explication. Rabbi Eliezer tient qu'il est permis de la cuire. Même si, à la fin des fins, il y en a une qui ne lui est pas propre, il n'y a pas ici d'interdit de travail, puisque chacune lui est propre : il peut prendre un peu de chacune. Et Rabbi Yehochoua tient que l'on ne dit pas ho'il, car à la fin il prendra l'une d'elles pour la halla. Dès lors, puisque tovat hanaa (le bénéfice du droit de donner) n'est pas un bien, il ne transgresse pas à son sujet : il la laisse jusqu'au soir, et il la brûle.
💡 Explication

Rav Chicha fait le mouvement inverse. Yehochoua refuse le ho'il là où une part n'est mangeable pour personne : la halla impure, et l'on ne prélève pas d'ordinaire un peu de chaque pain. Le pain propre au moins pour des hôtes peut, même selon lui, entrer dans le puisque.

Rachi s'arrête sur une difficulté. Yehochoua dit que tel hamets sort de l'avertissement de bal yerae. Cela montre qu'il refuse aussi le ho'il de la cheela, et celui-là est une rigueur. Le ho'il des hôtes est une légèreté. Rachi répond d'abord : maintenant, la chose n'est pas à lui. Puis il dit que son cœur balbutie, et il propose une autre version du début de la sougya : le puisque d'Eliezer est seulement celui du prélèvement sur chaque pain.

🖼️ Schéma
Jusqu'où va chaque avis ? Rav Papa, sur Eliezer Halla : au four, propre pour lui Hôtes non invités : propre pour eux Là, même lui peut se taire Rav Chicha, sur Yehochoua Halla : impropre pour tous Hôtes : propre au moins pour eux Là, même lui peut dire ho'il Les deux ad kan découplent la michna du débat de Rabba et de Rav Hisda.
Rav Papa retient Eliezer au pain propre pour lui. Rav Chicha ouvre Yehochoua dès que des hôtes peuvent manger.
11
אַמְרוּהָ [רַבָּנַן] קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה וְרַבִּי זֵירָא. רַבִּי יִרְמְיָה קִיבְּלָהּ, רַבִּי זֵירָא לָא קַיבְּלַהּ. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: מִילְּתָא דְּקַשְׁיָא לַן וְאָתְיָא כַּמָּה שְׁנֵי בְּמַאי פְּלִיגִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, הַשְׁתָּא אַמְרוּהָ מִשְּׁמֵיהּ דְּגַבְרָא רַבָּה, וְלֹא נִיקְבְּלַהּ?

Ils l'ont dite, [les sages,] devant Rabbi Yirmeya et Rabbi Zeira. Rabbi Yirmeya l'a reçue.

Rabbi Zeira ne l'a pas reçue. Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : une parole qui nous était difficile, et qui est restée plusieurs années : sur quoi Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua divergent-ils ?

Maintenant on l'a dite au nom d'un grand homme, et nous ne la recevrions pas ?

📜 Rachi (2)
אֲמָרוּהָ לְהָא דְּרָמֵי בַּר חָמָא:
Ils l'ont dite : ceci de Rami bar Hama.
מִילְּתָא דְּקַשְׁיָא לָן כוּ' דִּבְטוֹבַת הֲנָאָה מָמוֹן לֵיכָּא לְאוֹקְמֵי פְּלֻוגְתַּייְהוּ לְחוּד דִּנְהִי נָמֵי דְּטוֹבַת הֲנָאָה מָמוֹן לְר' אֱלִיעֶזֶר אֲפִילּוּ הָכִי הַשְׁתָּא נָמֵי עוֹבֵר מִשּׁוּם לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה וּמוּטָב לַעֲבֹור עַל בַּל יֵרָאֶה מֵאֵלָיו וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה מַעֲשֶׂה בְּיָדַיִם מִלַּעֲבֹור עַל לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה וְעוֹשֶׂה מַעֲשֶׂה בְּיָדַיִם:
Une parole qui nous était difficile, etc. Car on ne peut pas faire tenir leur divergence sur le seul point que tovat hanaa est un bien. Même si tovat hanaa est un bien selon Rabbi Eliezer, même ainsi, maintenant aussi, il transgresse au titre de : tu ne feras aucun travail. Et il vaut mieux transgresser bal yerae de soi-même, sans faire un acte de ses mains, que de transgresser : tu ne feras aucun travail, en faisant un acte de ses mains.
💡 Explication

L'enseignement de Rami bar Hama est raporte devant Rabbi Yirmeya et Rabbi Zeira. Yirmeya le reçoit. La question ouverte depuis des années : quel est le point de partage entre Eliezer et Yehochoua ?

Rachi dit pourquoi tovat hanaa ne suffit pas à les séparer. Même si Eliezer tient que ce bénéfice est un bien, et que le hamets est donc le sien, cuire reste un acte de melakha. Mieux vaudrait laisser passer bal yerae sans geste, que de faire un travail de ses mains. Le ho'il répond à cela : selon Eliezer, la cuisson n'est pas une melakha interdite.

12
אֲמַר לֵיהּ: הֵיכִי אַקַּבָּלָה, דִּתְנֵינָא, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: לִדְבָרֶיךָ, הֲרֵי הוּא עוֹבֵר מִשּׁוּם ״לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה״, וּשְׁתֵיק לֵיהּ. וְאִי אִיתָא, לֵימָא לֵיהּ: טַעְמָא דִּידִי מִשּׁוּם ״הוֹאִיל״.

Il lui dit : comment la recevrais-je ? Car nous avons enseigné : Rabbi Yehochoua lui a dit : selon tes paroles, le voici qui transgresse au titre de : tu ne feras aucun travail.

Et il s'est tu. Et s'il en est ainsi, qu'il lui dise : mon motif, c'est le ho'il.

📜 Rachi (1)
טַעְמָא דִּידִי מִשּׁוּם הוֹאִיל וְאֵין כָּאן חִילּוּל:
Mon motif, c'est le ho'il : et il n'y a pas ici de profanation.
💡 Explication

Rabbi Zeira refuse. Dans la baraïta, Yehochoua objecte : selon toi, il transgresse lo taaseh kol melakha. Eliezer se tait. S'il disposait du ho'il, il répondrait : il n'y a pas de profanation du jour, dit Rachi.

13
אֲמַר לֵיהּ: וְלִיטַעֲמֵיךְ, הָא דִּתְנֵינָא בַּבָּרַייְתָא, אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: לִדְבָרֶיךָ, הֲרֵי הוּא עוֹבֵר מִשּׁוּם ״בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא״, וּשְׁתֵיק לֵיהּ. הָכִי נָמֵי דְּלָא אַהְדַּר לֵיהּ? הָא קָא מַהְדַּר לֵיהּ בְּמַתְנִיתִין? דִּתְנַן: לֹא זֶהוּ חָמֵץ שֶׁמֻּוזְהָרִין עָלָיו מִשּׁוּם ״בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא״, אֶלָּא: שְׁתֵיק לֵיהּ בַּבָּרַייְתָא, וּמַהְדַּר לֵיהּ בְּמַתְנִיתִין. הָכִי נָמֵי, אֵימוֹר שְׁתֵיק לֵיהּ בְּמַתְנִיתִין, וְאַהְדַּר לֵיהּ בִּמְכִילְתָּא אַחֲרִיתִי.

Il lui dit : et selon ton raisonnement, ceci que nous avons enseigné dans une baraïta : Rabbi Eliezer lui a dit : selon tes paroles, le voici qui transgresse au titre de bal yerae et de bal yimatse. Et il s'est tu.

Lui non plus ne lui aurait pas répondu ? Or il lui répond dans la michna.

Car nous avons enseigné : tel n'est pas le hamets au sujet duquel on est averti, au titre de bal yerae et de bal yimatse. Le sens est donc : il s'est tu dans la baraïta, et il lui répond dans la michna.

Ici de même : dis qu'il s'est tu dans la michna, et qu'il lui a répondu dans une autre mekhilta.

📜 Rachi (1)
אַהְדַּר לֵיהּ בִּמְכִילְתָּא אַחֲרִיתָא וְאִיכָּא לְמֵימַר דִּבְתַרְוַייְהוּ פְּלִיגִי ר' אֱלִיעֶזֶר סָבַר טוֹבַת הֲנָאָה מָמוֹן הִלְכָּךְ אִי מַחְמְצָה גַּבֵּיהּ עָבַר עֲלָהּ וְלֶאֱפוֹתָהּ קֹודֶם לָכֵן אֵין כָּאן אִיסּוּר דְּאָמְרִי' הוֹאִיל וְאִיכָּא לְמֵימַר בְּכָל חֲדָא חַזְיָא לֵיהּ וְר' יְהוֹשֻׁעַ סָבַר אֵינָהּ מָמוֹן הִלְכָּךְ לֹא זֶהוּ חָמֵץ שֶׁמֻּוזְהָרִין עָלָיו וְכִי אָפֵי לָהּ עָבַר עֲלָהּ דְּלָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְהָא דְּתָרֵיצְנָא לְעֵיל דְּכֻולֵּי עָלְמָא טוֹבַת הֲנָאָה אֵינָהּ מָמוֹן אַכַּתִּי לָא שְׁמִיעַ לַן הָא דְּאַהְדַּר לֵיהּ ר' אֱלִיעֶזֶר לֵר' יְהוֹשֻׁעַ הֲרֵי הוּא עוֹבֵר בְּבַל יֵרָאֶה:
Il lui a répondu dans une autre mekhilta. Et l'on peut dire qu'ils divergent sur les deux points. Rabbi Eliezer tient que tovat hanaa est un bien. Dès lors, si elle lève chez lui, il transgresse à son sujet. Et la cuire auparavant : il n'y a pas d'interdit, car nous disons ho'il, puisqu'on peut dire de chacune qu'elle lui est propre. Et Rabbi Yehochoua tient qu'elle n'est pas un bien. Dès lors : tel n'est pas le hamets au sujet duquel on est averti. Et lorsqu'il la cuit, il transgresse à son sujet, car nous ne disons pas ho'il. Et ce que nous avons résolu plus haut, que tout le monde tient que tovat hanaa n'est pas un bien : nous n'avions pas encore entendu ceci, que Rabbi Eliezer a répondu à Rabbi Yehochoua : le voici qui transgresse bal yerae.
💡 Explication

Rabbi Yirmeya répond par un parallèle. Eliezer objecte à Yehochoua : selon toi, il transgresse bal yerae et bal yimatse. La baraïta montre un silence. La michna donne pourtant la réplique de Yehochoua : tel hamets sort de cet avertissement.

Un silence dans un texte peut donc avoir sa réponse dans un autre. Eliezer a pu se taire dans la michna, et répondre par le ho'il dans une autre mekhilta.

Rachi ajoute que les deux peuvent diverger à la fois sur tovat hanaa et sur le ho'il. L'idée, vue plus haut, que tous tiennent que tovat hanaa n'est pas un bien, précédait cette réplique d'Eliezer sur bal yerae.

14
תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְרַבִּי יִצְחָק אָמַר: הֲלָכָה כְּבֶן בְּתֵירָא.

On a enseigné : Rabbi dit : la halakha est comme Rabbi Eliezer. Et Rabbi Yits'hak dit : la halakha est comme ben Beteira.

📜 Rachi (1)
הֲלָכָה כְּבֶן בְּתֵירָא תַּטִּיל לְצוֹנֵן:
La halakha est comme ben Beteira : elle la jettera dans l'eau froide.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי אוֹמֵר הֲלָכָה כַּר' אֱלִיעֶזֶר ה"ר יוֹסֵף פָּסַק כְּרַבִּי מִשּׁוּם דְּקַיְימָא לָן כְּוָותֵיהּ מֵחֲבֵירוֹ וְכֵן מִנְהָג ור"י דּוֹחֶה דְּשֶׁמָּא לָא קָאָמַר הָכָא כְּרַבִּי מֵחֲבֵירוֹ דְּהָא אִיפְּלִיגוּ רַבָּה וְרַב חִסְדָּא בְּהָכִי וְהָא דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי מֵחֲבֵירוֹ הַייְנוּ הֵיכָא דְּלֵיכָּא פְּלֻוגְתָּא דְּאָמוֹרָאֵי:
Rabbi dit : la halakha est comme Rabbi Eliezer. Rav Yossef a tranché comme Rabbi, parce que nous tenons comme lui contre son collègue, et telle est la coutume. Et le RI repousse : peut-être qu'ici l'on ne dit pas comme Rabbi contre son collègue, car voici que Rabba et Rav Hisda divergent là-dessus. Et la règle que la halakha est comme Rabbi contre son collègue vaut là où il n'y a pas de divergence d'Amoraïm.
💡 Explication

Rabbi (Rabbi Yehouda ha-Nassi) fixe la halakha comme Rabbi Eliezer : on cuit, puis on nomme la halla. Rabbi Yits'hak suit ben Beteira : on jette la pâte dans l'eau froide, pour qu'elle ne lève pas.

Tossefot : Rav Yossef suit Rabbi, par la règle halakha ke-Rabbi me-haveiro, et la coutume va dans ce sens. Le RI réserve la règle aux cas sans mahloket d'Amoraïm. Ici Rabba et Rav Hisda divergent sur le ho'il.

15
וְכַמָּה שִׁיעוּר עִיסָּה? רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: בְּחִיטִּין — קַבִּין. וּבִשְׂעוֹרִין — שְׁלֹשֶׁת קַבִּין. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: חִילּוּף הַדְּבָרִים.

Et quelle est la mesure de la pâte ? Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : pour le blé, deux kav ; pour l'orge, trois kav.

Rabbi Natan dit au nom de Rabbi Eliezer : l'inverse.

📜 Rachi (2)
שִׁיעוּר עִיסָּה לָלוּשׁ בְּפֶסַח וְלֹא יוֹתֵר שֶׁיָּכוֹל לְשָׁומְרָהּ מִידֵי חִימּוּץ:
Mesure de la pâte : pour pétrir à Pessa'h, et pas davantage, de sorte qu'il puisse la garder du himouts (le fait de lever).
חִילּוּף הַדְּבָרִים שֶׁהַשְּׂעוֹרִין קְרוֹבִין לְהַחְמִיץ יוֹתֵר מִן הַחִיטִּים:
L'inverse : car l'orge est plus proche de lever que le blé.
💡 Explication

Nouveau sujet : le chiour de pâte que l'on peut pétrir d'un coup à Pessa'h, sans qu'elle échappe à la garde contre le hamets.

Rabbi Yichmael : deux kav de blé, trois kav d'orge. Rabbi Natan, au nom de Rabbi Eliezer, renverse. Rachi : l'orge lève plus vite que le blé, d'où la mesure plus courte du côté de l'orge dans cette seconde version.

16
וְהָתַנְיָא, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: בְּחִטִּין — שְׁלֹשֶׁת קַבִּין, וּבִשְׂעוֹרִין — אַרְבָּעָה קַבִּין! לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּחַסִּיכָתָא, הָא — בִּמְעַלְּיָיתָא.

Or on a enseigné : Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : pour le blé, trois kav, et pour l'orge, quatre kav ! Pas de difficulté.

Celle-ci, dans le grain maigre (hassikhta) ; celle-là, dans le grain de choix (ma'alyata).

📜 Rachi (1)
הָא בְּחַסִּיכָתָא הָא בִּמְעַלְּיָיתָא קַמַּייְתָא בִּמְעַלְּיָיתָא בָּתְרָייְתָא בְּחַסִּיכָתָא שֶׁשָּׁלֹשׁ שֶׁלָּהֶן אֵינָן אֶלָּא קַבַּיִים טוֹבוֹת:
Celle-ci dans le grain maigre, celle-là dans le grain de choix. La première baraïta, dans le grain de choix ; la dernière, dans le grain maigre : car leurs trois ne font que deux kav de bon grain.
💡 Explication

Une autre baraïta donne des chiffres plus hauts, au nom du même tana. La Guemara départage par la qualité du grain. Rachi précise : la première baraïta (deux et trois) vise le grain de choix ; la seconde (trois et quatre) vise le grain maigre, plus chargé de son.

Trois kav maigres de blé ne rendent que la farine de deux kav de choix. La mesure porte sur la pâte que l'on peut garder, et le volume de grain change avec la qualité.

17
אָמַר רַב פָּפָּא: שְׁמַע מִינַּהּ גְּרִיעִין חִיטֵּי חַסִּיכָתָא מֵחִיטֵּי מְעַלְּייָתָא טְפֵי מִדִּגְרִיעָן שְׂעָרֵי חַסִּיכָתָא מִשְּׂעָרֵי מְעַלְּיָיתָא. דְּאִילּוּ הָתָם תִּילְתָּא, וְהָכָא רִיבְעָא.

Rav Papa dit : apprends de là que le blé maigre est inférieur au blé de choix davantage que l'orge maigre n'est inférieure à l'orge de choix. Car là-bas, un tiers ; et ici, un quart.

📜 Rachi (2)
שְׁמַע מִינָּה לְעִנְיַן מִקָּח וּמִמְכָּר:
Apprends de là : en matière d'achat et de vente.
גְּרִיעָן חִיטֵּי חַסִּיכָתָא מִמְּעַלְּייָתָא טְפֵי מִמַּאי דִּגְרִיעָן שַׁעֲרֵי חַסִּיכָתָא מִמְּעַלְּיָיתָא דְּאִילּוּ בְּחִיטֵּי קָתָנֵי בְּטוֹבוֹת קַבַּייִם וּבְרָעוֹת שְׁלֹשֶׁת קַבִּים אַלְמָא גָּרְעִי תִּילְתָּא וְאִילּוּ בִּשְׂעוֹרִין הַטּוֹבוֹת שְׁלֹשֶׁת קַבִּין וְהָרָעוֹת אַרְבָּעָה לֵיכָּא גְּרִיעוּתָא אֶלָּא רִיבְעָא:
Le blé maigre est inférieur au blé de choix davantage que l'orge maigre ne l'est au choix. Car pour le blé, il enseigne deux kav pour les bons, et trois kav pour les mauvais : il en sort qu'ils sont inférieurs d'un tiers. Tandis que pour l'orge, les bonnes sont trois kav et les mauvaises quatre : il n'y a d'infériorité que d'un quart.
💡 Explication

Rav Papa tire un écart de qualité. Au blé, le passage de 2 à 3 est un tiers. À l'orge, le passage de 3 à 4 est un quart. Le blé maigre s'éloigne de son grain de choix plus que l'orge maigre du sien.

Rachi place l'enseignement dans le mekah ou-mimkar, l'achat et la vente : de combien le grain maigre vaut moins que le grain de choix.

🖼️ Schéma
Mesure de pâte : choix et grain maigre, selon Rachi Grain Choix Maigre Écart Blé 2 kav 3 kav un tiers Orge 3 kav 4 kav un quart Rav Papa : le blé maigre décroche plus que l'orge maigre. Rachi : l'enseignement vaut pour l'achat et la vente. 3 maigres = 2 de choix.
Blé : 2 kav de choix, 3 kav maigres, écart d'un tiers. Orge : 3 et 4, écart d'un quart.
18
אָמַר רַב: קַבָּא מְלוֹגְנָאָה לְפִיסְחָא, וְכֵן לְחַלָּה. (וְהָתַנְיָא:)

Rav dit : un kav de Melogna pour Pessa'h, et de même pour la halla. (Et l'on a enseigné :)

📜 Rachi (3)
קַבָּא מְלוֹגְנָאָה קַב שֶׁל אוֹתוֹ מָקוֹם:
Un kav de Melogna : un kav de cet endroit.
לְפִיסְחָא שֶׁלֹּא לָלוּשׁ יוֹתֵר כְּדֵי שֶׁיּוּכַל לְשָׁומְרוֹ מִן הַחִימּוּץ:
Pour Pessa'h : afin de ne pas pétrir davantage, de sorte qu'il puisse le garder du himouts.
וְכֵן לְחַלָּה בְּהַךְ שִׁיעוּר עִיסָּה נָמֵי כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה לְהִתְחַיֵּיב בְּחַלָּה:
Et de même pour la halla : avec cette mesure de pâte, aussi tous les jours de l'année, pour devenir passible de la halla.
💡 Explication

Rav donne une mesure de lieu : le kav de Melogna. À Pessa'h, on ne pétrit pas au-delà, pour garder la pâte du himouts. La même quantité, le reste de l'année, fait entrer la pâte dans l'obligation de halla.

Le segment s'arrête sur l'ouverture d'une question, ve-hatanya. La suite est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).