Sougya : L'amoud achève la mesure de la halla : cinq quarts de farine, et le kav de Melogna. Rav Yossef rapporte l'usage de cuire à Pessa'h un kapiza à la fois.
Abaye y voit une houmera qui aboutit à une koula, car la pâte passe sous le shiour de la halla. Rav Yossef répond par Rabbi Eliezer : le panier réunit les pains après la cuisson.
La Guemara serre le cas, des miches qui se mordent jusqu'à la planche sans rebord, laissée en teikou. La michna règle ensuite le travail de trois femmes sur une pâte de matsa, puis définit le siour et le sidouk : ce qu'on brûle, et ce qui rend passible de karet.
Cinq quarts de farine, et encore : on est tenu à la halla. Voici ce qu'il dit : le kav de Mélogna, lui aussi, correspond à cette mesure.
La phrase ouvre sur le shiour de la halla : cinq quarts de farine, et encore un peu. Rav ne pose pas une autre mesure. Le kav de Mélogna, plus grand qu'un kav ordinaire, vaut ce shiour.
Rachi déroule le calcul. L'omer du désert est un dixième de l'epha : 7 quarts de kav, plus un œuf et un cinquième. Jérusalem agrandit les mesures d'un sixième par l'extérieur : l'omer y tient en 6 quarts. Tsippori agrandit encore d'un sixième : ces 6 quarts tiennent dans 5 quarts. À l'exact.
D'où le débat sur ve-od. Rachi peut omettre le mot. Rabbenou Tam le garde, avec Rabbi Yosse : une fois la halla prélevée, le reste doit encore atteindre la mesure des pétrins. Cinq quarts justes ne suffiraient plus après le prélèvement.
Rav Yossef dit : ces femmes de chez nous ont pour usage de cuire, pour Pessa'h, un kapiza à la fois. Abaye lui dit : quelle est ton idée, une houmera ?
C'est une houmera qui aboutit à une koula, car on la soustrait à la halla.
Le kapiza fait trois log, d'après Rachi. C'est sous les cinq quarts. Petites fournées : la pâte a moins le temps de lever. Houmera contre le himouts.
Abaye répond que la même limite fait tomber l'obligation de halla. Sévérité sur le hamets, indulgence sur le prélèvement.
La seconde glose donne l'usage qui répond à cela, pour la halla du feu, celle qu'on brûle. On cuit une petite galette avec une grande sans encore la nommer. Le récipient les réunit. On nomme la petite, et on la brûle après Yom Tov : on ne brûle pas de kodachim le jour même, et une pâte déjà nommée ne se cuit plus, car elle n'est pas faite pour être mangée.
Il lui dit : c'est qu'elles agissent selon Rabbi Eliezer. (Car on enseigne :) Rabbi Eliezer dit : celui qui retire du four et dépose dans le panier, le panier les réunit pour la halla.
Et Rav Yehouda dit que Chemouel dit : la halakha est selon Rabbi Eliezer.
Réponse de Rav Yossef. Les kapiza, pris un par un, restent sous le shiour. Une fois retirés du four et posés dans le panier, Rabbi Eliezer les compte ensemble pour la halla. Chemouel tranche comme lui. L'usage des femmes garde donc la houmera du himouts et le prélèvement.
Il lui dit : or n'a-t-on pas dit à ce sujet : Rabbi Yehochoua ben Levi dit : on n'a enseigné cela que pour les miches de Babel qui se mordent l'une l'autre ; mais les ke'akhin, non. N'a-t-on pas dit à ce sujet : Rabbi Hanina dit : même les ke'akhin.
Abaye serre la baraita. Rabbi Yehochoua ben Levi limite le panier aux miches de Babel qui se mordent : rondes, collées dans le four, un morceau de l'une vient avec l'autre. Les ke'akhin, pains longs à bouts pointus, cuits à part, restent dehors. Une matsa cuite seule serait dans ce cas.
Rav Yossef cite Rabbi Hanina : le panier réunit même les ke'akhin. La halakha de Rabbi Eliezer couvre alors les fournées séparées.
Tossefot confronte la michna Halla 2, 4. Le mot af (même) montre que Rabbi Eliezer ajoute le panier sans exiger le contact. Sans ce mot, on pourrait lui demander les deux : qu'elles se mordent, et qu'elles soient dans le panier.
Rabbi Yirmeya demande : une planche qui n'a pas de rebords, qu'en est-il ? Exigeons-nous l'intérieur du récipient, et il n'y en a pas ?
Ou bien : exigeons-nous l'air du récipient, et il y en a ? Teikou.
Le levizbezin est le rebord. Sans lui, la planche reçoit les pains, mais elle n'a pas de creux.
Deux lectures du keli qui réunit. Tokh kli : il faut un intérieur, un contenant. La planche plate ne l'a pas. Avir kli : il suffit de l'espace du récipient, l'air où les pains sont posés. Cet air est là.
Teikou : la Guemara laisse la question. On ne tranche ni pour la réunion, ni contre elle.
On enseigne : Rabbi Eliezer dit : le panier les réunit. Rabbi Yehochoua dit : le four les réunit.
Rabban Chimon ben Gamliel dit : les miches de Babel qui se mordent l'une l'autre se réunissent.
Trois seuils, du plus large au plus étroit. Rabbi Eliezer : le dépôt dans le panier suffit. Rabbi Yehochoua : le four suffit, dès la cuisson, sans panier. Rabban Chimon ben Gamliel : seules les miches qui se mordent comptent ensemble. Rachi : les ke'akhin restent à part.
Michna. Rabban Gamliel dit : trois femmes pétrissent ensemble, et cuisent dans un seul four, l'une après l'autre.
Nouvelle michna, sur le himouts pendant l'attente du four. Rabban Gamliel permet à trois femmes de pétrir en même temps, chacune une fournée complète, puis de cuire à la file dans le même four. L'attente de la troisième ne fait pas lever la pâte.
Et les Sages disent : trois femmes s'occupent de la pâte ensemble. L'une pétrie, l'une façonne, et l'une cuit.
Les Sages refusent les trois pétrins en parallèle. Le travail se partage : lasha (pétrir), orekhet (façonner), ofa (cuire). Chacune tient sa propre pâte, et aucune fournée ne reste posée.
Rachi place déjà l'ordre : la dernière pétrie, celle du milieu façonne, la première cuit. La baraita qui suit détaille la ronde.
Rabbi Akiva dit : ni toutes les femmes, ni tous les bois, ni tous les fours ne se valent. Voici la règle : si elle gonfle, qu'on la lisse à l'eau froide.
Rabbi Akiva retire le compte fixe. Femme lente, bois humide, four froid : le même délai fait lever. Femme rapide, bois sec, four chaud : le délai passe.
La règle se lit sur la pâte. Tafah : elle commence à gonfler dans la main. Tiltosh ba-tsonan : on mouille les mains à l'eau froide, on façonne, la pâte refroidit et le himouts s'arrête.
Guemara. Les Sages ont enseigné.
Elle pétrie : elle façonne, et sa compagne pétrie à sa suite. Elle façonne : elle cuit, sa compagne façonne à sa suite, et la troisième pétrie.
Elle cuit : elle pétrie, sa compagne cuit à sa suite, et la troisième façonne. Et l'on revient en tour.
Tant qu'elles s'occupent de la pâte, elle n'arrive pas au himouts.
La baraita décrit la ronde des Sages. Mekattefet, c'est l'arikha : façonner, arrondir. Dès qu'une tâche finit, la femme prend la suivante, et une autre prend la sienne.
Départ : A pétrie une fournée, de quoi remplir le petit four. Puis A façonne pendant que B pétrie. Puis A cuit, B façonne, C pétrie. Puis A revient pétrir, C façonne, B cuit. Chacune enchaîne pétrir, façonner, cuire.
La fin de la baraita donne la raison : tant que la pâte est en mains, elle n'arrive pas au himouts. Le danger est la pâte posée, pas le travail lui-même.
Rabbi Akiva dit : ni toutes les femmes, etc. On enseigne.
Rabbi Akiva dit : j'ai discuté devant Rabban Gamliel. Que notre maître nous enseigne : s'agit-il de femmes rapides, ou de femmes qui ne sont pas rapides ?
De bois humides, ou de bois secs ? D'un four chaud, ou d'un four froid ?
Il m'a dit : tu n'as que ce que les Sages ont enseigné. Voici la règle : si elle gonfle, qu'on la lisse à l'eau froide.
Rabbi Akiva demande à Rabban Gamliel sur quel cas porte sa michna. Trois variables : la femme (zeriza, rapide, ou non), le bois (humide ou sec), le four (chaud ou froid). Une règle chiffrée ne vaut que pour une combinaison.
Rabban Gamliel renvoie à la règle des Sages, celle que la michna place ensuite au nom de Rabbi Akiva : dès que la pâte gonfle, eau froide. Le signe est sur la pâte, pas sur un compte de femmes.
Michna. Le siour : on le brûle, et celui qui le mange est exempt.
Le sidouk : on le brûle, et celui qui le mange est passible de karet.
Autre michna. Deux stades du hamets, et les deux se brûlent. Le siour n'a pas fini de lever : le manger ne vaut pas karet. Le sidouk est fendu : le manger volontaire est un hamets de Pessa'h, passible de karet.
Quel est le siour ? Comme les cornes de sauterelles.
Le sidouk : des fentes qui se sont mêlées les unes aux autres. Paroles de Rabbi Yehouda.
Et les Sages disent : l'un et l'autre, celui qui le mange est passible de karet. Et quel est le siour ?
Tout ce dont le visage a pâli, comme un homme dont les cheveux se sont dressés.
Rabbi Yehouda place la frontière aux fentes mêlées. Les cornes de sauterelles, une fente de chaque côté, sont encore un siour : on brûle, on est exempt de karet. Le sidouk, fentes croisées, est le stade du karet.
Les Sages rendent passible de karet au stade des cornes. Leur siour, celui qu'on brûle sans karet, est plus tôt : le visage de la pâte a pâli, comme un homme saisi dont les cheveux se dressent. Pas encore de fente.
Guemara. Les Sages ont enseigné.
Quel est le siour ? Tout ce dont le visage a pâli, comme un homme dont les cheveux se sont dressés.
Le sidouk : comme les cornes de sauterelles. Paroles de Rabbi Meir.
Et les Sages disent : quel est le siour ? Comme les cornes de sauterelles.
Le sidouk : des fentes qui se sont mêlées les unes aux autres. Et l'un et l'autre, celui qui le mange est passible de karet.
La baraita renverse les noms. Rabbi Meir appelle siour le visage pâli, et sidouk les cornes de sauterelles. C'est la position des Sages de la michna : Rachi les identifie.
Les Sages de la baraita définissent comme Rabbi Yehouda : siour aux cornes, sidouk aux fentes mêlées. La baraita ajoute que l'un et l'autre rendent passible de karet. Le segment suivant lève ce heurt avec la michna.
Or nous, nous avons enseigné : le siour, on le brûle, et celui qui le mange est exempt. Paroles de Rabbi Yehouda.
Dis : selon Rabbi Meir, l'un et l'autre, celui qui le mange est passible de karet.
La baraita, lue telle quelle, met le karet sur les deux stades au compte des Sages, c'est-à-dire de Rabbi Yehouda. La michna dit l'inverse pour son siour : on brûle, et le mangeur est exempt, sans malkout et sans karet.
La Guemara déplace la phrase. Zeh va-zeh, l'un et l'autre passibles de karet, se lit pour Rabbi Meir. Chez lui, les cornes de sauterelles sont déjà un sidouk, au même titre que les fentes mêlées.
Rava dit : quelle est la raison de Rabbi Meir ? Il n'y a pas de fente en haut qui n'ait plusieurs fentes en bas.
Rava donne la raison de Rabbi Meir. Une fente en cornes de sauterelles, à la surface, s'accompagne de plusieurs fentes à l'intérieur. Le dessous a déjà l'aspect du sidouk, fentes mêlées.
Le signe visible est mince. L'intérieur de la pâte a déjà levé. Rabbi Meir rend donc passible de karet au stade des cornes de sauterelles.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).