Pesachim 48b — Petites fournées, trois femmes, siour et sidouk

Pesachim 48b

Sougya : L'amoud achève la mesure de la halla : cinq quarts de farine, et le kav de Melogna. Rav Yossef rapporte l'usage de cuire à Pessa'h un kapiza à la fois.

Abaye y voit une houmera qui aboutit à une koula, car la pâte passe sous le shiour de la halla. Rav Yossef répond par Rabbi Eliezer : le panier réunit les pains après la cuisson.

La Guemara serre le cas, des miches qui se mordent jusqu'à la planche sans rebord, laissée en teikou. La michna règle ensuite le travail de trois femmes sur une pâte de matsa, puis définit le siour et le sidouk : ce qu'on brûle, et ce qui rend passible de karet.

De l'omer du désert aux cinq quarts Rachi : la pâte du désert, un dixième de l'epha, un omer par tête. 1. Désert 3 sea = 18 kav = 72 log Dizieme de 70 log = 7 quarts 2 log restants = 12 œufs Leur dixième : 1 œuf + 1/5 7 quarts et un surplus 2. Jérusalem On ajoute un sixième dehors = un cinquième dedans 6 anciennes = 5 nouvelles Le surplus complète le 6e Omer = 6 quarts 3. Tsippori La sea dépasse Jérusalem d'un sixième par dehors Erouvin 83a 6 quarts de Jérusalem entrent dans 5 quarts Et le mot ve-od, et encore ? Guemara : cinq quarts et encore, on est tenu à la halla. Le kav de Mélogna vaut cette mesure. Rachi : cinq log de Tsippori, à l'exact, valent la pâte du désert. Sa version omet ve-od. Rabbenou Tam garde ve-od, comme Rabbi Yosse (Chabbat 15a) : après la halla, il faut encore arissoteikhem.
Omer du désert, quarts de Jérusalem, cinq quarts de Tsippori.
Qu'est-ce qui réunit les pains pour la halla ? Chaque fournée est sous le shiour. La réunion se fait après la cuisson. Rabbi Eliezer Le panier les réunit On retire du four, on dépose Halakha : Chemouel Rabbi Yehochoua Le four les réunit Même sans les mettre dans un panier Rabban Chimon b. Gamliel Miches de Babel Celles qui se mordent Les ke'akhin, non Rabbi Yehochoua ben Levi Le panier ne réunit que les miches larges qui se mordent dans le four Rabbi Hanina Même les ke'akhin, pains longs qui ne se mordent pas Rabbi Yirmeya : planche sans rebord. Teikou. Tokh kli, l'intérieur creux Il manque Avir kli, l'air du récipient Il est là
Panier, four, miches qui se mordent, et la planche sans rebord.
Siour et sidouk : qui est passible de karet ? Les deux font brûler la pâte. Le karet suit le stade que chacun appelle sidouk. Stade de la pâte Rabbi Yehouda Rabbi Meir Visage pâli cheveux dressés Hors de sa définition Son siour commence aux cornes Siour On brûle, exempt de karet Cornes de sauterelles une fente de chaque côté Siour On brûle, exempt de karet Sidouk Karet Fentes mêlées elles se croisent Sidouk Karet Sidouk Karet Rachi : les Sages de la baraita sont Rabbi Yehouda. Les Sages de la michna sont Rabbi Meir. Rava : toute fente du dessus a plusieurs fentes en dessous. Les cornes révèlent déjà un sidouk.
Rabbi Yehouda et Rabbi Meir : du visage pâli au karet.
1
חֲמֵשֶׁת רְבָעִים קֶמַח וְעוֹד — חַייָּבִין בְּחַלָּה. הָכִי קָאָמַר, קַבָּא מְלוֹגְנָאֵי נָמֵי אַהַאי שִׁיעוּרָא קָאֵי.

Cinq quarts de farine, et encore : on est tenu à la halla. Voici ce qu'il dit : le kav de Mélogna, lui aussi, correspond à cette mesure.

📜 Rachi (1)
חֲמֵשֶׁת רְבָעִים לֻוגִּין צִיפּוֹרִים שֶׁהֵן שִׁבְעָה וְעוֹד מִדְבָּרִיִּים שֶׁזֶּה הוּא שִׁיעוּר הָעֹומֶר שֶׁהָיְתָה עִיסַּת מִדְבָּר שֶׁנֶּאֱמַר גַּבֵּי חַלָּה (בַּמִּדְבָּר טו) רֵאשִׁית עֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּדֵי עֲרִיסוֹתֵיכֶם דְּהַיְינוּ עִיסַּת מִדְבָּר שֶׁהוּא עֹומֶר לַגֻּולְגֹּולֶת וְהוּא עֲשִׂירִית הָאֵיפָה וְהָאֵיפָה שָׁלֹשׁ סְאִין וּסְאָה שִׁשָּׁה קַבִּין מִדְבָּרִיּוֹת חָשׁוּב עִישּׂוּר שֶׁבָּהֶן וְתִמְצָא שִׁבְעַת רִבְעֵי קַב וּבֵיצָה וְחֹומֶשׁ בֵּיצָה כֵּיצַד חִלֵּק שָׁלֹשׁ סְאִין שֶׁהֵן שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה קַבִּין וְעָשָׂה מֵהֶן רִבְעֵי קַב הַיְינוּ לֻוגִּין וְתִמְצָא בָּהֶן שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם לֹוג טֹול עִישּׂוּר שֶׁל שִׁבְעִים הֲרֵי שִׁבְעָה וְהַשְּׁנַיִם הַנִּשְׁאָרִים שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה בֵּיצִים הֵן עִישּׂוּר שֶׁלָּהֶן בֵּיצָה וְחֹומֶשׁ בֵּיצָה הֲרֵי שִׁבְעַת רְבָעִים וְעוֹד דְּהוּא בֵּיצָה וְחֹומֶשׁ בֵּיצָה וּבִירוּשָׁלַיִם הוֹסִיפוּ עַל הַמִּדּוֹת שְׁתוּת מִלְּבַר שֶׁהוּא חֹומֶשׁ מָלְגוּ שֶׁנָּתְנוּ שִׁשָּׁה מִן הָרִאשׁוֹנִים בְּתוֹךְ חֲמִשָּׁה הָאַחֲרוֹנִים הֲרֵי שֵׁשֶׁת רְבָעִים הָרִאשׁוֹנִים נַעֲשׂוּ חֲמִשָּׁה וְהָרֹובַע וּבֵיצָה וְחֹומֶשׁ הַנִּשְׁאָרִים נַעֲשׂוּ רֹובַע שֶׁהָרֹובַע שֵׁשׁ בֵּיצִים עֲשֵׂה מֵהֶן חָמֵשׁ בֵּיצִים גְּדוֹלוֹת וְהַבֵּיצָה וְחֹומֶשׁ בֵּיצָה נַעֲשֵׂית בֵּיצָה גְּדוֹלָה שֶׁנִּיתְוַסֵּף עָלֶיהָ חוּמְשָׁא מָלְגוּ דְּהוּא שְׁתוּת מִלְּבַר הֲרֵי שֵׁשׁ בֵּיצִים גְּדוֹלוֹת דְּהוּא רֹובַע קַב גָּדוֹל הֲרֵי עֹומֶר הַמִּדְבָּר שִׁשָּׁה רְבָעִים יְרוּשַׁלְמִיִּים וּסְאָה צִיפּוֹרִית עוֹדֶפֶת עַל יְרוּשַׁלְמִית שְׁתוּת מִלְּבַר כִּדְאָמַר בְּעֵירוּבִין (דַּף פג.) הֲרֵי עֹומֶר שֶׁהָיָה שִׁשָּׁה רְבָעִים יְרוּשַׁלְמִיִּים נִכְנַס בְּחָמֵשׁ צִיפּוֹרִיִּים:
Des log de Tsippori, qui valent sept et un surplus, en mesures du désert. C'est la mesure de l'omer, qui était la pâte du désert. Car il est dit au sujet de la halla (Nombres 15) : les prémices de vos pétrins, à la mesure de vos pétrins, c'est-à-dire la pâte du désert, qui est un omer par tête. C'est un dixième de l'epha. L'epha fait trois sea, et la sea six kav du désert. Calcule leur dixième : tu trouves sept quarts de kav, plus un œuf et un cinquième d'œuf. Comment : prends trois sea, soit dix-huit kav, et fais-en des quarts de kav, c'est-à-dire des log : tu en trouves soixante-douze. Prends le dixième de soixante-dix : cela fait sept. Les deux qui restent font douze œufs ; leur dixième est un œuf et un cinquième d'œuf. Voilà sept quarts, et le surplus, qui est un œuf et un cinquième d'œuf. À Jérusalem, on a ajouté aux mesures un sixième par l'extérieur, qui est un cinquième par l'intérieur : on a placé six des premières dans cinq des dernières. Ainsi les six premiers quarts sont devenus cinq. Le quart qui restait, avec l'œuf et le cinquième, est devenu un quart. Car le quart vaut six œufs : on en fait cinq grands œufs, et l'œuf plus le cinquième d'œuf devient un grand œuf, auquel on a ajouté un cinquième par l'intérieur, soit un sixième par l'extérieur. Voilà six grands œufs, c'est-à-dire un quart de grand kav. Ainsi l'omer du désert fait six quarts de Jérusalem. Et la sea de Tsippori dépasse celle de Jérusalem d'un sixième par l'extérieur, comme il est dit dans Erouvin (83a). Ainsi l'omer, qui faisait six quarts de Jérusalem, entre dans cinq quarts de Tsippori.
🗂️ Tossefot (1)
חֲמֵשֶׁת רְבָעִים קֶמַח רַשִׁ"י לָא גָרֵס וְעוֹד מִשּׁוּם דַּחֲמִשָּׁה לֻוגִּין צִיפּוֹרִים בְּצִמְצוּם הָוֵי כְּעִיסַּת מִדְבָּר ור"ת מְפָרֵשׁ דְּהַייְנוּ כְּר' יוֹסֵי דְּאָמַר בפ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף טו.) חֲמִשָּׁה פְּטוּרִים חֲמִשָּׁה וְעוֹד חַיָּיבִין וְהַייְנוּ טַעְמָא דְּר' יוֹסֵי דִּלְאַחַר הַפְרָשַׁת חָלָה בָּעֵינַן שִׁיעוּר עֲרִיסוֹתֵיכֶם:
Rachi n'a pas dans sa version le mot ve-od (et encore), car cinq log de Tsippori équivalent, à l'exact, à la pâte du désert. Rabbenou Tam explique que cela suit Rabbi Yosse, qui dit au premier chapitre de Chabbat (15a) : à cinq, on est exempt ; à cinq et encore, on est tenu. Voici la raison de Rabbi Yosse : après le prélèvement de la halla, il faut la mesure de arissoteikhem (vos pétrins).
💡 Explication

La phrase ouvre sur le shiour de la halla : cinq quarts de farine, et encore un peu. Rav ne pose pas une autre mesure. Le kav de Mélogna, plus grand qu'un kav ordinaire, vaut ce shiour.

Rachi déroule le calcul. L'omer du désert est un dixième de l'epha : 7 quarts de kav, plus un œuf et un cinquième. Jérusalem agrandit les mesures d'un sixième par l'extérieur : l'omer y tient en 6 quarts. Tsippori agrandit encore d'un sixième : ces 6 quarts tiennent dans 5 quarts. À l'exact.

D'où le débat sur ve-od. Rachi peut omettre le mot. Rabbenou Tam le garde, avec Rabbi Yosse : une fois la halla prélevée, le reste doit encore atteindre la mesure des pétrins. Cinq quarts justes ne suffiraient plus après le prélèvement.

2
אָמַר רַב יוֹסֵף: הָנֵי נְשֵׁי דִּידַן נְהוּג לְמֵיפָא קְפִיזָא קְפִיזָא לְפִיסְחָא. אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: מַאי דַּעְתָּיךְ, לְחוּמְרָא? חֻומְרָא דְּאָתֵי לִידֵי קֻולָּא הוּא, דְּקָא מַפְקַע לַהּ מֵחַלָּה.

Rav Yossef dit : ces femmes de chez nous ont pour usage de cuire, pour Pessa'h, un kapiza à la fois. Abaye lui dit : quelle est ton idée, une houmera ?

C'est une houmera qui aboutit à une koula, car on la soustrait à la halla.

📜 Rachi (2)
נָהוּג לְמֵיפָא בְּפִיסְחָא קְפִיזָא קְפִיזָא שְׁלֹשֶׁת לֻוגִּין לְחוּמְרָא לְשָׁומְרוֹ מִן הַחִימּוּץ:
À Pessa'h, un kapiza par kapiza, trois log, en houmera, pour le garder du himouts.
אֲמַר לֵיהּ כַּר' אֱלִיעֶזֶר סְבִיר' לָן דְּהַסַּל מְצָרְפָן לְחַלָּה לְאַחַר אֲפִיָּיתָן וְהָאִידָּנָא קַייְמָא לַן כַּר' אֱלִיעֶזֶר בְּחַלָּה שֶׁל אוּר דְּאֵין שׂוֹרְפִין קָדָשִׁים בְּיוֹם טוֹב וּלְהַשְׁהוֹתָם אִי אֶפְשָׁר וּמִשֶּׁיִּקְרָא עָלֶיהָ שֵׁם אָסוּר לֶאֱפוֹתָהּ דְּהָא לָאו לַאֲכִילָה הִיא וְלָא קָרֵינַן עֲלָהּ שֵׁם אֶלָּא עוֹשֶׂה חֲרָרָה קְטַנָּה אֵצֶל גְּדוֹלָה וְאוֹפֶה שְׁתֵּיהֶן וּכְשֶׁהוּא רוֹדֶה נוֹתְנָן לַכְּלִי וְהוּא מְצָרְפָם וְנוֹטֵל הַקְּטַנָּה וְקוֹרֵא שֵׁם וּמְבָרֵךְ וּמַצְנִיעָהּ וְשׂוֹרְפָהּ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ אוֹ לְמָחָר וְכֵן הוֹרָה לָנוּ רַבֵּינוּ יַעֲקֹב בֶּן יָקָר:
Nous tenons comme Rabbi Eliezer : le panier les réunit pour la halla après leur cuisson. De nos jours, nous tenons comme Rabbi Eliezer pour la halla du feu : on ne brûle pas les kodachim le jour de Yom Tov, et on ne peut pas les laisser attendre. Dès qu'on a prononcé un nom sur elle, il est interdit de la cuire, car elle n'est pas destinée à être mangée. On ne prononce le nom que de cette manière : on fait une petite galette à côté d'une grande, et on cuit les deux. Quand on les retire, on les met dans un récipient, et il les réunit. On prend la petite, on prononce le nom, on bénit, on la met de côté, et on la brûle dès la nuit ou le lendemain. C'est ainsi que nous a instruit notre maître Yaakov ben Yakar.
💡 Explication

Le kapiza fait trois log, d'après Rachi. C'est sous les cinq quarts. Petites fournées : la pâte a moins le temps de lever. Houmera contre le himouts.

Abaye répond que la même limite fait tomber l'obligation de halla. Sévérité sur le hamets, indulgence sur le prélèvement.

La seconde glose donne l'usage qui répond à cela, pour la halla du feu, celle qu'on brûle. On cuit une petite galette avec une grande sans encore la nommer. Le récipient les réunit. On nomme la petite, et on la brûle après Yom Tov : on ne brûle pas de kodachim le jour même, et une pâte déjà nommée ne se cuit plus, car elle n'est pas faite pour être mangée.

3
אֲמַר לֵיהּ: דְּעָבְדָן כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, (דְּתַנְיָא,) רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הָרוֹדֶה וְנוֹתֵן לַסַּל — הַסַּל מְצָרְפָן לְחַלָּה. וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר.

Il lui dit : c'est qu'elles agissent selon Rabbi Eliezer. (Car on enseigne :) Rabbi Eliezer dit : celui qui retire du four et dépose dans le panier, le panier les réunit pour la halla.

Et Rav Yehouda dit que Chemouel dit : la halakha est selon Rabbi Eliezer.

💡 Explication

Réponse de Rav Yossef. Les kapiza, pris un par un, restent sous le shiour. Une fois retirés du four et posés dans le panier, Rabbi Eliezer les compte ensemble pour la halla. Chemouel tranche comme lui. L'usage des femmes garde donc la houmera du himouts et le prélèvement.

4
אֲמַר לֵיהּ: וְהָא אִיתְּמַר עֲלָהּ, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא כִּכָּרוֹת שֶׁל בָּבֶל שֶׁנּוֹשְׁכוֹת זוֹ מִזּוֹ, אֲבָל כְּעָכִין — לֹא. הָא אִיתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: אֲפִילּוּ כְּעָכִין.

Il lui dit : or n'a-t-on pas dit à ce sujet : Rabbi Yehochoua ben Levi dit : on n'a enseigné cela que pour les miches de Babel qui se mordent l'une l'autre ; mais les ke'akhin, non. N'a-t-on pas dit à ce sujet : Rabbi Hanina dit : même les ke'akhin.

📜 Rachi (2)
שֶׁנּוֹשְׁכוֹת זוֹ אֶת זוֹ שֶׁהֵן רְחָבוֹת וַעֲגֻולּוֹת כְּעֵין שֶׁלָּנוּ וּכְשֶׁמַּדְבִּיקִין זוֹ אֵצֶל זוֹ בַּתַּנּוּר נוֹשְׁכוֹת זוֹ מִזּוֹ הִלְכָּךְ חֲדָא הִיא:
Qui se mordent l'une l'autre : elles sont larges et rondes, à la façon des nôtres. Quand on les colle l'une à l'autre dans le four, elles se mordent. Dès lors, elles font une seule.
אֲבָל כְּעָכִין קויילו"ש (קילי"ש: יְתֵדוֹת (שֶׁל מְשַׂחֵק. וְכָאן, בְּהַשְּׁאֵלָה, לְחָמִים מֻואְרָכִים בַּעֲלֵי קְצָווֹת חַדִּים)) בְּלַעַז אֲרֻוכִּין וּקְצָרִין וְאֵין נוֹשְׁכִין זֶה מִזֶּה:
Mais les ke'akhin : quilles, en laaz. Ici, par extension, des pains allongés à bouts pointus. Longs et courts, et ils ne se mordent pas l'un l'autre.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא שָׁנוּ אֶלָּא כִּכָּרוֹת שֶׁנּוֹשְׁכוֹת זוֹ אֶת זוֹ תֵּימַהּ דְּלָא מַשְׁמַע הָכִי בְּמַסֶּכֶת חַלָּה (פ"ב מִשְׁנָה ד) דִּתְנַן הָעוֹשֶׂה עִיסָּתוֹ קַבִּין פָּטוּר מִן הַחַלָּה עַד שֶׁיִּשּׁוֹכוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אַף הָרוֹדֶה וְכוּ' אַלְמָא לָא בָּעֵי ר' אֱלִיעֶזֶר שֶׁיָּשֹׁוכּוּ וְאִי לֹא גָּרַס אַף אָתֵי שַׁפִּיר דְּמָצֵי לְמֵימַר דְּבָעֵי תַּרְתֵּי שֶׁיָּשֹׁוכּוּ וְיִתְּנֵם לַסַּל:
Étonnement, car le traité Halla (chapitre 2, michna 4) ne se lit pas ainsi. On y enseigne : celui qui fait sa pâte par kav est exempt de la halla jusqu'à ce qu'elles se touchent. Rabbi Eliezer dit : même celui qui retire, etc. On en tire que Rabbi Eliezer n'exige pas qu'elles se touchent. Et si l'on ne lit pas le mot af (même), cela se tient : on peut dire qu'il exige les deux, qu'elles se touchent et qu'on les mette dans le panier.
💡 Explication

Abaye serre la baraita. Rabbi Yehochoua ben Levi limite le panier aux miches de Babel qui se mordent : rondes, collées dans le four, un morceau de l'une vient avec l'autre. Les ke'akhin, pains longs à bouts pointus, cuits à part, restent dehors. Une matsa cuite seule serait dans ce cas.

Rav Yossef cite Rabbi Hanina : le panier réunit même les ke'akhin. La halakha de Rabbi Eliezer couvre alors les fournées séparées.

Tossefot confronte la michna Halla 2, 4. Le mot af (même) montre que Rabbi Eliezer ajoute le panier sans exiger le contact. Sans ce mot, on pourrait lui demander les deux : qu'elles se mordent, et qu'elles soient dans le panier.

5
בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה: טַבְלָא שֶׁאֵין לָהּ לְבִזְבְּזִין מַהוּ? תּוֹךְ כְּלִי בָּעֵינַן, וְהָא לֵיכָּא. אוֹ דִּילְמָא — אֲוִיר כְּלִי בָּעֵינַן, וְהָא אִיכָּא. תֵּיקוּ.

Rabbi Yirmeya demande : une planche qui n'a pas de rebords, qu'en est-il ? Exigeons-nous l'intérieur du récipient, et il n'y en a pas ?

Ou bien : exigeons-nous l'air du récipient, et il y en a ? Teikou.

📜 Rachi (2)
טַבְלָא שֶׁאֵין לָהּ לְבַזְבֵּז מִסְגֶּרֶת וְשָׂפָה סָבִיב לָהּ וְרָדָה פַּת לְתוֹכָהּ מִן הַתַּנּוּר:
Une planche qui n'a pas de rebord : un cadre et un bord tout autour. Et l'on y retire le pain du four.
מַהוּ שֶׁתִּצְטָרֵף לְר' אֱלִיעֶזֶר:
Qu'en est-il : qu'elle réunisse, selon Rabbi Eliezer.
💡 Explication

Le levizbezin est le rebord. Sans lui, la planche reçoit les pains, mais elle n'a pas de creux.

Deux lectures du keli qui réunit. Tokh kli : il faut un intérieur, un contenant. La planche plate ne l'a pas. Avir kli : il suffit de l'espace du récipient, l'air où les pains sont posés. Cet air est là.

Teikou : la Guemara laisse la question. On ne tranche ni pour la réunion, ni contre elle.

🖼️ Schéma
Planche sans levizbezin Planche plate Pas de bord Panier Bord, creux, air Tokh kli L'intérieur creux manque Avir kli L'air au-dessus est là Teikou La question reste en suspens
Planche plate : creux absent, air présent. Teikou.
6
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הַסַּל מְצָרְפָן. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: תַּנּוּר מְצָרְפָן. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר כִּכָּרוֹת שֶׁל בָּבֶל שֶׁנּוֹשְׁכוֹת זוֹ מִזּוֹ מִצְטָרְפוֹת.

On enseigne : Rabbi Eliezer dit : le panier les réunit. Rabbi Yehochoua dit : le four les réunit.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : les miches de Babel qui se mordent l'une l'autre se réunissent.

📜 Rachi (2)
תַּנּוּר מְצָרְפָן אַף תַּנּוּר מְצָרְפָן אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נְתָנָן לַסַּל:
Le four les réunit : le four aussi les réunit, même si on ne les a pas mises dans le panier.
כִּכָּרוֹת שֶׁל בָּבֶל כו' אֲבָל כְּעָכִין לֹא:
Les miches de Babel, etc. : mais les ke'akhin, non.
💡 Explication

Trois seuils, du plus large au plus étroit. Rabbi Eliezer : le dépôt dans le panier suffit. Rabbi Yehochoua : le four suffit, dès la cuisson, sans panier. Rabban Chimon ben Gamliel : seules les miches qui se mordent comptent ensemble. Rachi : les ke'akhin restent à part.

7
מַתְנִי׳ רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שָׁלֹשׁ נָשִׁים לָשׁוֹת כְּאַחַת וְאוֹפוֹת בְּתַנּוּר אֶחָד, זוֹ אַחַר זוֹ.

Michna. Rabban Gamliel dit : trois femmes pétrissent ensemble, et cuisent dans un seul four, l'une après l'autre.

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר שָׁלֹשׁ נָשִׁים לָשׁוֹת כְּאַחַת כָּל אַחַת מָלֵא הַתַּנּוּר וְאֵין כָּאן חִימּוּץ אַף עַל פִּי שֶׁהָאַחַת מַמְתֶּנֶת עַד שֶׁיֵּאָפוּ הַשְׁתַּיִם:
Michna. Rabban Gamliel dit : trois femmes pétrissent ensemble. Chacune, de quoi remplir le four. Il n'y a pas ici de himouts, même si l'une attend que les deux aient cuit.
💡 Explication

Nouvelle michna, sur le himouts pendant l'attente du four. Rabban Gamliel permet à trois femmes de pétrir en même temps, chacune une fournée complète, puis de cuire à la file dans le même four. L'attente de la troisième ne fait pas lever la pâte.

8
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: שָׁלֹשׁ נָשִׁים עוֹסְקוֹת בְּבָצֵק כְּאַחַת, אַחַת לָשָׁה, וְאַחַת עוֹרֶכֶת, וְאַחַת אוֹפָה.

Et les Sages disent : trois femmes s'occupent de la pâte ensemble. L'une pétrie, l'une façonne, et l'une cuit.

📜 Rachi (2)
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵין לְהָקֵל כָּל כָּךְ שֶׁיְּהוּ לָשׁוֹת כְּאַחַת אֶלָּא שָׁלֹשׁ נָשִׁים עוֹסְקוֹת כָּל אַחַת בַּבָּצֵק שֶׁלָּהּ:
Et les Sages disent : on n'allège pas à ce point qu'elles pétrissent ensemble. Trois femmes s'occupent, chacune de sa pâte.
אַחַת לָשָׁה הָאַחֲרוֹנָה לָשָׁה כְּשֶׁחֲבִירְתֵּהּ הָאֶמְצָעִית מְקַטֶּפֶת וְהַשְּׁלִישִׁית שְׁלֹשָׁה תְּחִלָּה אוֹפָה וְסִידְרָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
L'une pétrie : la dernière pétrie pendant que sa compagne du milieu façonne, et la troisième, qui a pétrie la première, cuit. L'ordre est expliqué dans la Guemara.
💡 Explication

Les Sages refusent les trois pétrins en parallèle. Le travail se partage : lasha (pétrir), orekhet (façonner), ofa (cuire). Chacune tient sa propre pâte, et aucune fournée ne reste posée.

Rachi place déjà l'ordre : la dernière pétrie, celle du milieu façonne, la première cuit. La baraita qui suit détaille la ronde.

9
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא כָּל הַנָּשִׁים וְלֹא כָּל הָעֵצִים וְלֹא כָּל הַתַּנּוּרִים שָׁוִין. זֶה הַכְּלָל: תָּפַח — תִּלְטֹושׁ בְּצוֹנֵן.

Rabbi Akiva dit : ni toutes les femmes, ni tous les bois, ni tous les fours ne se valent. Voici la règle : si elle gonfle, qu'on la lisse à l'eau froide.

📜 Rachi (3)
לֹא כָּל הַנָּשִׁים יֵשׁ עַצְלָנִיּוֹת וּמַחְמִיצוֹת אִם יִשְׁהוּ כָּל כָּךְ וְיֵשׁ תַּנּוּר שֶׁאֵינוֹ חַם מַהֵר וְיֵשׁ עֵצִים שֶׁאֵינָם נִבְעָרִים מַהֵר:
Ni toutes les femmes : il y a des lentes, et elles font lever si elles attendent autant. Il y a un four qui ne chauffe pas vite. Il y a des bois qui ne brûlent pas vite.
זֶה הַכְּלָל תפח הַבָּצֵק בְּיָדָהּ שֶׁהִיא רוֹאָה שֶׁרוֹצָה לַתַּפּוּחַ:
Voici la règle, si elle gonfle : la pâte est dans sa main, et elle voit qu'elle veut gonfler.
תִּלְטֹושׁ יָדֶיהָ בְּמַיִם צוֹנֵן וּתְקַטְּפֶנָּה וְתִצְטַנֵּן:
Qu'on la lisse : ses mains dans l'eau froide, qu'elle la façonne, et elle se refroidit.
💡 Explication

Rabbi Akiva retire le compte fixe. Femme lente, bois humide, four froid : le même délai fait lever. Femme rapide, bois sec, four chaud : le délai passe.

La règle se lit sur la pâte. Tafah : elle commence à gonfler dans la main. Tiltosh ba-tsonan : on mouille les mains à l'eau froide, on façonne, la pâte refroidit et le himouts s'arrête.

10
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן. לָשָׁה, הִיא מְקַטֶּפֶת, וַחֲבִירְתֵּהּ לָשָׁה תַּחְתֶּיהָ. מְקַטֶּפֶת, הִיא אוֹפָה, וַחֲבִירְתֵּהּ מְקַטֶּפֶת תַּחְתֶּיהָ, וְהַשְּׁלִישִׁית לָשָׁה. אוֹפָה הִיא, לָשָׁה, וַחֲבִירְתֵּהּ אוֹפָה תַּחְתֶּיהָ, וְהַשְּׁלִישִׁית מְקַטֶּפֶת, וְחוֹזֶרֶת חֲלִילָה. כָּל זְמַן שֶׁעוֹסְקוֹת בַּבָּצֵק — אֵינוֹ בָּא לִידֵי חִימּוּץ.

Guemara. Les Sages ont enseigné.

Elle pétrie : elle façonne, et sa compagne pétrie à sa suite. Elle façonne : elle cuit, sa compagne façonne à sa suite, et la troisième pétrie.

Elle cuit : elle pétrie, sa compagne cuit à sa suite, et la troisième façonne. Et l'on revient en tour.

Tant qu'elles s'occupent de la pâte, elle n'arrive pas au himouts.

📜 Rachi (3)
גְּמ' תְּנָא לָשָׁה הִיא מְקַטֶּפֶת אַדְּרַבָּנָן קָאֵי הָרִאשׁוֹנָה שֶׁקָּדְמָה לָלוּשׁ מְלֹא הַתַּנּוּר קָטָן שֶׁלָּהֶן תְּחִלָּה כְּשֶׁהִיא מְקַטֶּפֶת דְּהַיְינוּ עֲרִיכָה שֶׁקּוֹרִין אנטוורטי"ר (אינטורטי"ר: לְהַעְגִּיל (לְעַצֵּב מַאֲפֶה בְּצוּרָה עֲגֻולָּה)) וַחֲבֶרְתָּהּ מַתְחֶלֶת לָלוּשׁ עִיסָּה שֶׁלָּהּ:
Guemara. On enseigne : elle pétrie, elle façonne. Cela porte sur les Sages. La première, qui a commencé par pétrir de quoi remplir leur petit four, dès qu'elle façonne — c'est l'arikha, la mise en forme qu'on appelle entortir, arrondir la pâte — sa compagne commence à pétrir sa propre pâte.
מְקַטֶּפֶת הִיא אוֹפָה וְזוֹ הָרִאשׁוֹנָה שֶׁהָיְתָה מְקַטֶּפֶת עַכְשָׁיו וְגָמְרָה קִיטּוּפָהּ הִיא אוֹפָה וְנוֹתֶנֶת לַתַּנּוּר וַחֲבִירְתֵּהּ שֶׁהָיְתָה לָשָׁה מְקַטֶּפֶת תַּחְתֶּיהָ וְהַשְּׁלִישִׁית לָשָׁה וּכְשֶׁגָּמְרָה רִאשׁוֹנָה לֶאֱפוֹת גָּמְרָה אֶמְצָעִית לְקַטֵּף וְאַחֲרוֹנָה לָלוּשׁ הֲרֵי הָאֶמְצָעִית הַמְקַטֶּפֶת אוֹפָה וַחֲבִירְתֵּהּ הָאַחֲרוֹנָה מְקַטֶּפֶת תַּחְתֶּיהָ וְהָרִאשׁוֹנָה חוֹזֶרֶת וְלָשָׁה שֶׁהָיוּ תַּנּוּרִין קְטַנִּים וְלֹא הָיְתָה מַסְפֶּקֶת [אֶלָּא] כִּמְלֹא תַּנּוּר:
Elle façonne, elle cuit : celle-ci, la première, qui façonnait et a fini, cuit et met au four. Sa compagne qui pétrissait façonne à sa suite, et la troisième pétrie. Quand la première a fini de cuire, celle du milieu a fini de façonner et la dernière de pétrir. Alors celle du milieu cuit, la dernière façonne à sa suite, et la première revient pétrir. Les fours étaient petits, et elle ne fournissait que de quoi remplir le four.
וְכֵן חוֹזְרוֹת חֲלִילָה חָלִילָה לְשׁוֹן מָחוֹל סָבִיב סָבִיב:
Et ainsi elles reviennent en tour : halila a le sens d'une ronde, tour après tour.
💡 Explication

La baraita décrit la ronde des Sages. Mekattefet, c'est l'arikha : façonner, arrondir. Dès qu'une tâche finit, la femme prend la suivante, et une autre prend la sienne.

Départ : A pétrie une fournée, de quoi remplir le petit four. Puis A façonne pendant que B pétrie. Puis A cuit, B façonne, C pétrie. Puis A revient pétrir, C façonne, B cuit. Chacune enchaîne pétrir, façonner, cuire.

La fin de la baraita donne la raison : tant que la pâte est en mains, elle n'arrive pas au himouts. Le danger est la pâte posée, pas le travail lui-même.

🖼️ Schéma
Trois femmes, une pâte toujours en mains Pétrir Façonner Cuire Tour 1 C B A Tour 2 A C B Tour 3 B A C Chaque femme va de pétrir à façonner, puis à cuire, puis elle pétrie encore. Départ : A pétrie seule. Ensuite A façonne pendant que B commence à pétrir. Four petit : une fournée le remplit. Tant que les mains travaillent, pas de himouts.
A, B et C tournent entre pétrir, façonner et cuire.
11
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר לֹא כָּל הַנָּשִׁים וְכוּ׳. תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: דַּנְתִּי לִפְנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל, יְלַמְּדֵינוּ רַבֵּינוּ בְּנָשִׁים זְרִיזוֹת אוֹ בְּנָשִׁים שֶׁאֵין זְרִיזוֹת? בְּעֵצִים לַחִים אוֹ בְּעֵצִים יְבֵשִׁים? בְּתַנּוּר חַם אוֹ בְּתַנּוּר צוֹנֵן? אָמַר לִי: אֵין לְךָ אֶלָּא מַה שֶּׁשָּׁנוּ חֲכָמִים, זֶה הַכְּלָל: תָּפַח — תִּלְטֹושׁ בְּצוֹנֵן.

Rabbi Akiva dit : ni toutes les femmes, etc. On enseigne.

Rabbi Akiva dit : j'ai discuté devant Rabban Gamliel. Que notre maître nous enseigne : s'agit-il de femmes rapides, ou de femmes qui ne sont pas rapides ?

De bois humides, ou de bois secs ? D'un four chaud, ou d'un four froid ?

Il m'a dit : tu n'as que ce que les Sages ont enseigné. Voici la règle : si elle gonfle, qu'on la lisse à l'eau froide.

📜 Rachi (1)
דַּנְתִּי לִפְנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁהָיָה אוֹמֵר כְּלַל דָּבָר בְּכָל שָׁלֹשׁ נָשִׁים לָשׁוֹת כְּאַחַת וּמַמְתֶּנֶת הָאַחַת עַד שֶׁיֵּאָפוּ הַשְׁתַּיִם:
J'ai discuté devant Rabban Gamliel, lui qui disait une règle pour tous les cas : trois femmes pétrissent ensemble, et l'une attend que les deux aient cuit.
💡 Explication

Rabbi Akiva demande à Rabban Gamliel sur quel cas porte sa michna. Trois variables : la femme (zeriza, rapide, ou non), le bois (humide ou sec), le four (chaud ou froid). Une règle chiffrée ne vaut que pour une combinaison.

Rabban Gamliel renvoie à la règle des Sages, celle que la michna place ensuite au nom de Rabbi Akiva : dès que la pâte gonfle, eau froide. Le signe est sur la pâte, pas sur un compte de femmes.

12
מַתְנֵי׳ שֶׁיֵּאוֹר — יִשָּׂרֵף, וְהָאוֹכְלוֹ פָּטוּר. סִידּוּק — יִשָּׂרֵף, וְהָאוֹכְלוֹ חַיָּיב כָּרֵת.

Michna. Le siour : on le brûle, et celui qui le mange est exempt.

Le sidouk : on le brûle, et celui qui le mange est passible de karet.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' שֶׁיֵּאוֹר שֶׁלֹּא הֶחֱמִיץ כָּל צָרְכּוֹ:
Michna. Siour : qui n'a pas levé autant qu'il faut.
סִידּוּק כְּשֶׁהוּא מַחְמִיץ נַעֲשִׂין בּוֹ סְדָקִין:
Sidouk : quand il lève, des fentes s'y forment.
💡 Explication

Autre michna. Deux stades du hamets, et les deux se brûlent. Le siour n'a pas fini de lever : le manger ne vaut pas karet. Le sidouk est fendu : le manger volontaire est un hamets de Pessa'h, passible de karet.

13
אֵיזֶהוּ שֶׁיֵּאוֹר? כְּקַרְנֵי חֲגָבִים. סִידּוּק — שֶׁנִּתְעָרְבוּ סְדָקִין זֶה בָּזֶה, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: זֶה וְזֶה — הָאוֹכְלוֹ חַיָּיב כָּרֵת. וְאֵיזֶהוּ שֶׁיֵּאוֹר? כָּל שֶׁהִכְסִיפוּ פָּנָיו כְּאָדָם שֶׁעָמְדוּ שַׂעֲרוֹתָיו.

Quel est le siour ? Comme les cornes de sauterelles.

Le sidouk : des fentes qui se sont mêlées les unes aux autres. Paroles de Rabbi Yehouda.

Et les Sages disent : l'un et l'autre, celui qui le mange est passible de karet. Et quel est le siour ?

Tout ce dont le visage a pâli, comme un homme dont les cheveux se sont dressés.

📜 Rachi (3)
קַרְנֵי חֲגָבִים סֶדֶק לְכָאן וְסֶדֶק לְכָאן:
Cornes de sauterelles : une fente d'un côté, une fente de l'autre.
זֶה וְזֶה הָאוֹכְלוֹ בְּכָרֵת דְּקַרְנֵי חֲגָבִים נָמֵי סִידּוּק הָוֵי:
L'un et l'autre, celui qui le mange, par karet : car les cornes de sauterelles sont, elles aussi, un sidouk.
וְאֵיזֶהוּ שֶׁיֵּאוֹר שֶׁפָּטוּר זֶה שֶׁאֵין בּוֹ סֶדֶק אֲבָל הִכְסִיפוּ פָּנָיו כְּאָדָם שֶׁעָמְדוּ שַׂעֲרוֹתָיו וּמִתּוֹךְ פַּחַד וּרְתֵת פָּנָיו מַכְסִיפִין:
Et quel est le siour dont on est exempt : celui qui n'a pas de fente, mais dont le visage a pâli, comme un homme dont les cheveux se dressent, et dont le visage pâlit sous la peur et le tremblement.
💡 Explication

Rabbi Yehouda place la frontière aux fentes mêlées. Les cornes de sauterelles, une fente de chaque côté, sont encore un siour : on brûle, on est exempt de karet. Le sidouk, fentes croisées, est le stade du karet.

Les Sages rendent passible de karet au stade des cornes. Leur siour, celui qu'on brûle sans karet, est plus tôt : le visage de la pâte a pâli, comme un homme saisi dont les cheveux se dressent. Pas encore de fente.

14
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ שֶׁיֵּאוֹר? כָּל שֶׁהִכְסִיפוּ פָּנָיו כְּאָדָם שֶׁעָמְדוּ שַׂעֲרוֹתָיו. סִידּוּק — כְּקַרְנֵי חֲגָבִים, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵיזֶהוּ שֶׁיֵּאוֹר? כְּקַרְנֵי חֲגָבִים. סִידּוּק — שֶׁנִּתְעָרְבוּ סְדָקִין זֶה בָּזֶה. וְזֶה וְזֶה — הָאוֹכְלוֹ חַיָּיב כָּרֵת.

Guemara. Les Sages ont enseigné.

Quel est le siour ? Tout ce dont le visage a pâli, comme un homme dont les cheveux se sont dressés.

Le sidouk : comme les cornes de sauterelles. Paroles de Rabbi Meir.

Et les Sages disent : quel est le siour ? Comme les cornes de sauterelles.

Le sidouk : des fentes qui se sont mêlées les unes aux autres. Et l'un et l'autre, celui qui le mange est passible de karet.

📜 Rachi (2)
גמ' חֲכָמִים דְּבָרַייְתָא הוּא ר' יְהוּדָה דְּמַתְנִי' וַחֲכָמִים דְּמַתְנִי' הוּא ר' מֵאִיר:
Guemara. Les Sages de la baraita, c'est Rabbi Yehouda de la michna. Et les Sages de la michna, c'est Rabbi Meir.
ה"ג בַּבָּרַייְתָא וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵי זֶהוּ שִׂיאוּר כְּקַרְנֵי חֲגָבִים סִידּוּק שֶׁנִּתְעָרְבוּ סְדָקִין זֶה בָּזֶה וְזֶה וָזֶה הָאוֹכְלוֹ בְּכָרֵת:
Voici la version dans la baraita : et les Sages disent : quel est le siour ? Comme les cornes de sauterelles. Le sidouk : les fentes se sont mêlées les unes aux autres. Et l'un et l'autre, celui qui le mange, par karet.
💡 Explication

La baraita renverse les noms. Rabbi Meir appelle siour le visage pâli, et sidouk les cornes de sauterelles. C'est la position des Sages de la michna : Rachi les identifie.

Les Sages de la baraita définissent comme Rabbi Yehouda : siour aux cornes, sidouk aux fentes mêlées. La baraita ajoute que l'un et l'autre rendent passible de karet. Le segment suivant lève ce heurt avec la michna.

15
וְהָאֲנַן תְּנַן: שֶׁיֵּאוֹר יִשָּׂרֵף, וְהָאוֹכְלוֹ פָּטוּר, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. אֵימָא: לְרַבִּי מֵאִיר, זֶה וָזֶה הָאוֹכְלוֹ חַיָּיב כָּרֵת.

Or nous, nous avons enseigné : le siour, on le brûle, et celui qui le mange est exempt. Paroles de Rabbi Yehouda.

Dis : selon Rabbi Meir, l'un et l'autre, celui qui le mange est passible de karet.

📜 Rachi (2)
וְהָא אֲנַן תְּנַן דְּר' יְהוּדָה פָּטַר בְּשֶׁיְּאוֹר דִּידֵיהּ דְּאע"ג דְּאָמַר יִשָּׂרֵף לָא מִיחַייַּב עֲלָהּ לֹא מַלְקוּת וְלֹא כָּרֵת:
Or nous, nous avons enseigné : Rabbi Yehouda exempte pour son siour. Bien qu'il dise qu'on le brûle, on n'est passible à son sujet ni de malkout ni de karet.
אֵימָא לְרַבִּי מֵאִיר זֶה וָזֶה בֵּין שֶׁיֵּאוֹר דְּרַבִּי יְהוּדָה דְּקַרְנֵי חֲגָבִים בֵּין סִידּוּק חַייָּבִין כָּרֵת דְּתַרְוַייְהוּ לְרַבִּי מֵאִיר סִידּוּק נִינְהוּ:
Dis, selon Rabbi Meir, l'un et l'autre : le siour de Rabbi Yehouda, les cornes de sauterelles, et le sidouk, on est passible de karet pour les deux. Car les deux sont un sidouk pour Rabbi Meir.
💡 Explication

La baraita, lue telle quelle, met le karet sur les deux stades au compte des Sages, c'est-à-dire de Rabbi Yehouda. La michna dit l'inverse pour son siour : on brûle, et le mangeur est exempt, sans malkout et sans karet.

La Guemara déplace la phrase. Zeh va-zeh, l'un et l'autre passibles de karet, se lit pour Rabbi Meir. Chez lui, les cornes de sauterelles sont déjà un sidouk, au même titre que les fentes mêlées.

16
אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר — אֵין לָךְ כָּל סֶדֶק וָסֶדֶק מִלְּמַעְלָה שֶׁאֵין לוֹ כַּמָּה סְדָקִים מִלְּמַטָּה.

Rava dit : quelle est la raison de Rabbi Meir ? Il n'y a pas de fente en haut qui n'ait plusieurs fentes en bas.

📜 Rachi (1)
כַּמָּה סְדָקִין מִלְּמַטָּה בְּתוֹכוֹ הִלְכָּךְ כִּי הָוֵי לְמַעְלָה כְּקַרְנֵי חֲגָבִים הָוֵי לְמַטָּה כְּנִתְעָרְבוּ סְדָקִין:
Plusieurs fentes en bas : à l'intérieur. Dès lors, quand le dessus est comme des cornes de sauterelles, le dessous est comme des fentes mêlées.
💡 Explication

Rava donne la raison de Rabbi Meir. Une fente en cornes de sauterelles, à la surface, s'accompagne de plusieurs fentes à l'intérieur. Le dessous a déjà l'aspect du sidouk, fentes mêlées.

Le signe visible est mince. L'intérieur de la pâte a déjà levé. Rabbi Meir rend donc passible de karet au stade des cornes de sauterelles.

🖼️ Schéma
Rava : la fente du dessus en cache plusieurs Dessus Cornes de sauterelles une fente, deux pointes Dedans Fentes mêlées : sidouk Pour Rabbi Meir, les cornes du dessus sont déjà un sidouk.
Cornes en surface, fentes mêlées à l'intérieur.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).