Pesachim 49a — Biour le quatorze, voyageur, repas et alliance

Pesachim 49a

Sougya : Le quatorze Nissan tombe un Chabbat : Rabbi Meir fait le biour de tout dès la veille, les Sages le laissent à son heure, Rabbi Eliezer bar Tsadok sépare la terouma et le houlin. Un fait à Yavne, chez Rabban Gamliel, montre le biour à l'heure, ce Chabbat-là même.

La michna règle ensuite celui qui se rappelle son hamets en route : mitsva, sauvetage, ou séjour facultatif, puis la viande de kodech sortie de Yerouchalayim, avec les mesures de Rabbi Meir, de Rabbi Yehouda et des Sages. La Guemara lève la tension sur le repas de fiançailles, rechoute ou mitsva, premier repas ou sivlonot.

Elle poursuit par le repas sans mitsva, l'union d'une fille de cohen, et le conseil d'épouser la fille d'un talmid 'hakham.

14 Nissan un Chabbat : quand faire le biour Rabbi Meir Tout avant le Chabbat Terouma et houlin Sauf le repas de ce Chabbat Le feu est interdit le jour même Les Sages À son heure Le 14 lui-même même un Chabbat Terouma et houlin suivent la même heure R. Eliezer bar Tsadok Terouma : avant Houlin : a son heure Peu de gens mangent la terouma Le houlin trouvé beaucoup de mangeurs Yavne : Zounin annonce l'heure. Ils éliminent le hamets ce Chabbat-là.
Trois avis sur le biour quand le 14 tombe un Chabbat. Le fait de Yavne suit l'heure, pas l'avance de Rabbi Meir.
Il se rappelle le hamets en chemin : revenir ou annuler Mitsva, avec délai Abattre son Pessa'h Circoncire son fils Repas de fiançailles Il peut revenir puis reprendre Il revient et élimine Mitsva, sans délai Même trajet Le jour ne suffit plus pour revenir et reprendre Bitoul dans le cœur Sauvetage Goyim, fleuve Brigands Incendie, éboulement Même s'il reste du temps Bitoul dans le cœur La Torah se contente du bitoul Séjour facultatif Tehoum pour une affaire de rechoute Il revient aussitôt Séjour de mitsva : deuil ou fête, comme le Pessa'h Viande de kodech sortie de la ville : autre issue, la brûlure. Voir le schéma du segment.
Quatre trajets. Mitsva avec délai : il revient. Sans délai, ou sauvetage : bitoul. Séjour facultatif : retour immédiat.
Repas du talmid 'hakham, puis qui épouser Repas de mitsva Il peut en profiter Fiançailles, premier repas tout le monde : mitsva Sivlonot : mahloqet Repas de rechoute Il s'en abstient Rabbi Chimon Rabbi Its'hak : il finit en exil Repas partout Maison, femme, fils Étude oubliée Disputes, paroles sans écoute, mauvais nom Fille de sage Vendre tout pour l'épouser S'il meurt ou part, les fils restent sages Vigne avec vigne Fille d'am ha-arets Il s'en abstient S'il meurt ou part, les fils le deviennent Vigne avec séné chose laide Cohen et sage S'attacher à Aharon enrichit Torah et kehouna Fils ordonnés, ou la richesse Cohen et am ha-arets L'union échoue Veuve, divorcée, ou sans enfants Enterrement ou pauvreté
Le talmid hakham s'abstient d'un repas de rechoute. Pour l'alliance : fille de sage, vigne avec vigne ; fille d'am ha-arets, vigne avec séné.
1
מַתְנִי׳ אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — מְבַעֲרִין אֶת הַכֹּל מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בִּזְמַנּוֹ. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בַּר צָדוֹק אוֹמֵר: תְּרוּמָה — מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת, וְחֻולִּין — בִּזְמַנָּן.

Michna. Le quatorze qui tombe un Chabbat : on élimine tout avant le Chabbat, paroles de Rabbi Meir.

Et les Sages disent : à son heure. Rabbi Eliezer bar Tsadok dit : la terouma, avant le Chabbat ; et le houlin, a son heure.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' מְבַעֲרִין אֶת הַכֹּל בֵּין חֻולִּין בֵּין תְּרוּמָה חוּץ מִכְּדֵי אֲכִילָתוֹ לְשַׁבָּת אֲבָל כָּל מַה שֶּׁעָתִיד לְבַעֵר יְבַעֵר:
On élimine tout : le houlin comme la terouma, sauf de quoi manger pour le Chabbat. Tout ce qui doit être éliminé, on l'élimine.
תְּרוּמָה מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהַאֲכִילָהּ לֹא לְזָרִים וְלֹא לְבֶהֱמַת זָרִים וּלְהַשְׁהוֹתָהּ אִי אֶפְשָׁר אֲבָל חֻולִּין אֵין צָרִיךְ לְבַעֵר אֶלָּא בִּזְמַנּוֹ שֶׁיָּכוֹל לִמְצוֹא לָהֶן אֳוכָלִים הַרְבֵּה:
La terouma, avant le Chabbat : il ne peut la faire manger ni à des zarim, ni à la bête de zarim, et la laisser attendre est impossible. Le houlin, il n'a à l'éliminer qu'à son heure, car il peut lui trouver beaucoup de mangeurs.
💡 Explication

Le 14 Nissan est le jour du biour du hamets. S'il tombe un Chabbat, le feu de la brûlure est interdit ce jour-là.

Rabbi Meir avance tout à vendredi, terouma et houlin, hors le repas du Chabbat. Les Sages gardent l'heure du 14, même ce Chabbat. Rabbi Eliezer bar Tsadok coupe en deux : la terouma avant le Chabbat, le houlin a son heure.

Rachi : la terouma a peu de mangeurs, un zar (non-cohen) ne la mange pas, ni sa bête. Le houlin, on lui trouve des convives jusqu'à l'heure.

2
גְּמ׳ תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בַּר צָדוֹק אוֹמֵר: פַּעַם אַחַת שָׁבַת אַבָּא בְּיַבְנֶה, וְחָל אַרְבָּעָה עָשָׂר לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת. וּבָא זוּנִין מְמֻונֶּה שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְאָמַר: הִגִּיעַ עֵת לְבַעֵר אֶת הֶחָמֵץ, וְהָלַכְתִּי אַחֵר אַבָּא וּבִיעַרְנוּ אֶת הֶחָמֵץ.

Guemara. On enseigne : Rabbi Eliezer bar Tsadok dit : une fois, mon père passa le Chabbat à Yavne, et le quatorze tomba un Chabbat.

Zounin, l'intendant de Rabban Gamliel, vint et dit : le moment est venu d'éliminer le hamets. Je suivis mon père, et nous éliminâmes le hamets.

📜 Rachi (1)
גמ' שַׁבָּת נִשְׁתַּהָה שָׁם שַׁבָּת אַחַת:
Il passa le Chabbat : il s'y attarda un Chabbat.
💡 Explication

Le fait tranche pour l'heure du 14, même un Chabbat. Zounin, préposé de Rabban Gamliel, donne le signal à Yavne. Rabbi Tsadok et son fils font le biour sur place.

Rachi limite chavat : un seul Chabbat passé la-bas, celui du 14.

3
מַתְנִי׳ הַהוֹלֵךְ לִשְׁחוֹט אֶת פִּסְחוֹ, וְלָמוּל אֶת בְּנוֹ, וְלֶאֱכֹול סְעוּדַת אֵירוּסִין בְּבֵית חָמִיו, וְנִזְכַּר שֶׁיֵּשׁ לוֹ חָמֵץ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ. אִם יָכוֹל לַחֲזוֹר וּלְבַעֵר וְלַחֲזֹור לְמִצְוָתוֹ — יַחֲזֹור וִיבַעֵר, וְאִם לָאו — מְבַטְּלוֹ בְּלִבּוֹ.

Michna. Celui qui va abattre son Pessa'h, circoncire son fils, ou manger un repas de fiançailles dans la maison de son beau-père, et qui se rappelle qu'il a du hamets dans sa maison : s'il peut revenir, l'éliminer, et revenir à sa mitsva, il revient et l'élimine.

Sinon, il l'annule dans son cœur.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' הַהוֹלֵךְ בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר:
Celui qui va : le quatorze.
אִם יָכוֹל שֶׁיֵּשׁ שְׁהוּת בַּיּוֹם:
S'il peut : s'il reste du temps dans la journée.
💡 Explication

Trois trajets de mitsva : la chehita du Pessa'h, la mila, la seoudat eroussin chez le beau-père. Le hamets reste à la maison.

S'il reste du jour pour le biour et pour reprendre la mitsva, il revient. Le jour trop court : bitoul ba-lev, l'annulation dans le cœur.

4
לְהַצִּיל מִן הַגּוֹיִם, וּמִן הַנָּהָר, וּמִן הַלִּסְטִים, וּמִן הַדְּלֵיקָה, וּמִן הַמַּפֹּולֶת — יְבַטֵּל בְּלִבּוֹ. וְלִשְׁבֹּות שְׁבִיתַת הָרְשׁוּת — יַחְזֹור מִיָּד.

Pour sauver des goyim, du fleuve, des brigands, de l'incendie et de l'éboulement, il annule dans son cœur. Et pour établir une résidence de Chabbat facultative, il revient aussitôt.

📜 Rachi (3)
לְהַצִּיל מִן הַנָּכְרִים אֶת יִשְׂרָאֵל הַנִּרְדָּפִין:
Pour sauver des non-Juifs : des Israélites poursuivis.
יְבַטֵּל בְּלִבּוֹ וְלֹא יַחֲזֹור וְאַפֵּי' יֵשׁ שְׁהוּת דְּמִדְּאוֹרַיי' סַגִּי לֵיהּ בְּבִיטּוּל בְּעָלְמָא:
Il annule dans son cœur : et il ne revient pas, même s'il reste du temps, car de la Torah un simple bitoul lui suffit.
לִשְׁבּוֹת שְׁבִיתַת הָרְשׁוּת שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ לְהַחְשִׁיךְ עַל הַתְּחוּם לִקְנוֹת שְׁבִיתָה שָׁם כְּדֵי שֶׁיְּהֵא לוֹ מִשָּׁם וּלְהַלָּן אַלְפַּיִם לֵילֵךְ לְמָחָר שָׁם לִדְבַר הָרְשׁוּת יַחְזֹור מִיָּד אֲבָל לִקְנוֹת שְׁבִיתַת מִצְוָה כְּגוֹן שֶׁיֵּלֵךְ מָחָר חוּץ לַתְּחוּם לְבֵית הָאֵבֶל אוֹ לְבֵית הַמִּשְׁתֶּה הַיְינוּ כְּהוֹלֵךְ לִשְׁחוֹט אֶת פִּסְחוֹ:
Pour établir une résidence facultative : il allait faire nuit sur la limite du tehoum pour y acquérir une résidence, afin d'avoir, à partir de là, deux mille au-delà, pour aller le lendemain là-bas pour une affaire facultative : il revient aussitôt. Pour acquérir une résidence de mitsva, par exemple aller demain hors du tehoum à une maison de deuil ou à une maison de fête, c'est comme celui qui va abattre son Pessa'h.
🗂️ Tossefot (1)
לִשְׁבּוֹת שְׁבִיתַת הָרְשׁוּת פ"ה שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ לְהַחְשִׁיךְ עַל הַתְּחוּם לִקְנוֹת שְׁבִיתָה שָׁם וְלֵילֵךְ ד' אֲלָפִים לִדְבַר הָרְשׁוּת וְקָשֶׁה א"כ תִּיקְשֵׁי לָמֶ"ד בְּפָ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵרוּבִין לא.) אֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה וְנֵר' לר"י דה"פ לִשְׁבּוֹת שְׁבִיתַת הָרְשׁוּת שֶׁהוֹלֵךְ לִשְׂמֹוחַ בְּפֶסַח בְּבֵית אוֹהֲבוֹ אוֹ קְרוֹבוֹ:
Pour établir une résidence facultative. Selon Rachi, il allait faire nuit sur la limite du tehoum pour y acquérir une résidence, et marcher quatre mille pour une affaire facultative. Difficulté : on objecterait alors à celui qui dit, au chapitre Bekhol me'arvin (Erouvin 31a), qu'on ne fait un erouv que pour une affaire de mitsva. Il paraît au Ri que le sens est : établir une résidence facultative, celui qui va se réjouir à Pessa'h chez son ami ou son parent.
💡 Explication

Cinq sauvetages : poursuivis par des goyim, fleuve, listim (brigands), incendie, éboulement. Même avec du temps devant lui, il fait bitoul ba-lev. Rachi : de la Torah le bitoul suffit, on ne le ramène pas.

Chevitat ha-rechoute. Rachi : il fait nuit sur le tehoum pour gagner deux mille coudées de plus, en vue d'une affaire facultative. Il revient tout de suite. Une chevita de mitsva, deuil ou fête, se règle comme le Pessa'h.

Tossefot : cette lecture se heurte à Erouvin 31a, où l'on ne fait un erouv que pour une mitsva. Le Ri lit le cas autrement : il va se réjouir à Pessa'h chez un ami ou un parent.

5
וְכֵן מִי שֶׁיָּצָא מִירוּשָׁלַיִם וְנִזְכַּר שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ בְּשַׂר קֹדֶשׁ, אִם עָבַר צוֹפִים — שׂוֹרְפוֹ בִּמְקוֹמוֹ. וְאִם לָאו — חוֹזֵר וְשׂוֹרְפוֹ לִפְנֵי הַבִּירָה מֵעֲצֵי הַמַּעֲרָכָה.

Et de même, celui qui est sorti de Yerouchalayim et se rappelle qu'il a en main de la viande de kodech : s'il a dépassé Tsofim, il la brûle sur place. Sinon, il revient et la brûle devant la bira, avec le bois de la ma'arakha.

📜 Rachi (4)
שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ בְּשַׂר קֹודֶשׁ עִמּוֹ בַּדֶּרֶךְ וְנִפְסַל בְּיוֹצֵא שֶׁמְּחִיצַּת קָדָשִׁים קַלִּים חוֹמַת יְרוּשָׁלַיִם:
Qui a en main de la viande de kodech : avec lui en chemin, et elle est devenue passoul par la sortie, car la clôture des kodashim kalim est le mur de Yerouchalayim.
אִם עָבַר צוֹפִים שֵׁם כְּפָר שֶׁיָּכוֹל לִרְאוֹת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ מִשָּׁם:
S'il a dépassé Tsofim : nom d'un village d'où l'on peut voir le Temple.
שׂוֹרְפוֹ בִּמְקוֹמוֹ וְלֹא הִטְרִיחוּהוּ לַחֲזֹור:
Il la brûle sur place : on ne lui a pas imposé de revenir.
וְאִם לָאו חוֹזֵר וְשׂוֹרְפוֹ כו' כְּדַאֲמָרָן בְּכָל שָׁעָה (לְעֵיל פְּסָחִים כד.) בַּקֹּודֶשׁ בָּאֵשׁ תִּשָּׂרֵף דְּבִמְקוֹם אֲכִילָתוֹ שְׂרֵיפָתוֹ:
Et sinon, il revient et la brûle : comme nous l'avons dit à Bekhol cha'a (plus haut, Pesachim 24à) : dans le kodech, au feu elle sera brûlée, car on la brûle au lieu de sa consommation.
🗂️ Tossefot (3)
אִם עָבַר צוֹפִים פֵּי' בַּקּוּנְטְ' שֵׁם כְּפָר וְקָשֶׁה לר"י א"כ ה"ל לְמֵימַר וּכְמִדָּתוֹ לְכָל רוּחַ כִּדְתַנְיָא בְּפֶ' מִי שֶׁהָיָה טָמֵא (לְקַמָּן פְּסָחִים צג:) אֵיזֶהוּ דֶּרֶךְ רְחוֹקָה מִן הַמּוֹדִיעִין וְלַחוּץ וּכְמִדָּתָהּ לְכָל רוּחַ ואור"י דְּבַתּוֹסֶפְתָּא דִּמְכִילְתִּין מְפָרֵשׁ בְּהֶדְיָא אֵיזֶהוּ צוֹפִים הָרוֹאֶה וְאֵין מַפְסִיק פִּי' כָּל מָקוֹם סְבִיב יְרוּשָׁלַיִם שֶׁיָּכוֹל לִרְאוֹתוֹ מִשָּׁם:
S'il a dépassé Tsofim. Le commentaire explique : nom d'un village. Difficulté pour le Ri : il aurait alors fallu dire, et à sa mesure de chaque côté, comme on enseigne au chapitre Mi che-haya tamei (plus loin, Pesachim 93b) : quelle est la voie lointaine ? Depuis Modiin et au-delà, et à sa mesure de chaque côté. Le Ri dit : dans la Tossefta de notre traité, on explique explicitement : qu'est-ce que Tsofim ? Celui qui voit, et rien n'interrompt. Sens : tout lieu autour de Yerouchalayim d'où l'on peut le voir.
וְשׂוֹרְפוֹ לִפְנֵי הַבִּירָה פ"ה כִּדְאָמַר פֶּ' כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים דַּף כֹּד.) בַּקֹּודֶשׁ בָּאֵשׁ יִשָּׂרֵף בִּמְקוֹם אֲכִילָתוֹ שְׂרֵיפָתוֹ וְקָשֶׁה לר"י אִי דְּאוֹרָייְתָא הוּא מַה לִי עָבַר צוֹפִים ומ"ל לֹא עָבַר צוֹפִים וי"ל דְּמִן הַתּוֹרָה יָכוֹל לְשָׂורְפָהּ בכ"מ שֶׁיִּרְצֶה דִּבְפֶרֶק כָּל שָׁעָה (ג"ז שָׁם) לָא מִרַבֵּינַן אֶלָּא פְּסוּלֵי קָדְשֵׁי קָדָשִׁים וְאֵימוּרֵי קָדָשִׁים קַלִּים אֲבָל שְׁאָר קָדָשִׁים שֶׁנֶּאֱכָלִים לְזָרִים לָא מִרַבֵּינַן וּמַה שֶׁהִצְרִיכוּ חֲכָמִים לִשְׂרֹוף הָנֵי דְּהָכָא לִפְנֵי הַבִּירָה הַיְינוּ גְּזֵירָה אַטּוּ קָדְשֵׁי קָדָשִׁים:
Et il la brûle devant la bira. Selon Rachi, comme on a dit au chapitre Kol cha'a (Pesachim 24à) : dans le kodech, au feu on la brûlera, on la brûle au lieu de sa consommation. Difficulté pour le Ri : si c'est de la Torah, qu'il ait dépassé Tsofim ou non, le lieu serait le même. Réponse : de la Torah, il peut la brûler en tout lieu qu'il veut. Au chapitre Kol cha'a, à cet endroit, on n'inclut que les passoulim des kodshei kodashim et les emourim des kodashim kalim. Les autres kodashim, que des zarim mangent, on ne les inclut pas. Ce que les Sages ont exigé ici, de brûler devant la bira, est un décret à cause des kodshei kodashim.
לִפְנֵי הַבִּירָה בִּזְבָחִים בְּפֶ' טְבוּל יוֹם (זְבָחִים דַּף קד:) פְּלִיגִי מַאי בִּירָה אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן מָקוֹם יֵשׁ בְּהַר הַבַּיִת וּבִירָה שְׁמוֹ ר"ל אָמַר כָּל הַבַּיִת כֻּולּוֹ הָוֵי בִּירָה שֶׁנֶּאֱמַר אֶל הַבִּירָה אֲשֶׁר הֲכִינוֹתִי:
Devant la bira. À Zevahim, au chapitre Tevoul yom (Zevahim 104b), ils divergent : qu'est-ce que la bira ? Rabba bar bar Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il y a un lieu sur le Har ha-Bayit, et son nom est Bira. Reish Lakich dit : toute la Maison est une bira, car il est dit : vers la bira que j'ai préparée.
💡 Explication

Les kodashim kalim ont pour clôture le mur de Yerouchalayim. Sortis, ils sont passoul. Tsofim décide s'il revient.

Au-delà : brûlure sur place. En deçà : retour, brûlure devant la bira, bois de la ma'arakha. Rachi lit le verset : on brûle au lieu où l'on mange.

Tossefot : de la Torah, ces pièces-ci se brûlent partout. L'exigence de la bira est une gezeira à cause des kodshei kodashim. Tsofim, dans la Tossefta, est tout point d'où l'on voit la ville, sans écran. La bira : un lieu du Har ha-Bayit selon Rabbi Yo'hanan ; toute la Maison selon Reish Lakich.

🖼️ Schéma
Viande de kodech : où la brûler Yerouchalayim bira, ma'arakha Tsofim on voit encore la ville Au-delà de Tsofim il brûle sur place Pas encore Tsofim Il revient, brûle devant la bira avec le bois de la ma'arakha Tsofim dépassé On ne lui impose pas le retour La viande est déjà passoul : sortie de la ville
En deçà de Tsofim, retour et brûlure devant la bira. Au-delà, brûlure sur place.
6
וְעַד כַּמָּה הֵן חוֹזְרִין? רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: זֶה וְזֶה בְּכַבֵּיצָה, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: זֶה וְזֶה בִּכְזַיִת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בְּשַׂר קֹדֶשׁ — בִּכְזַיִת, וְחָמֵץ — בְּכַבֵּיצָה.

Et jusqu'à quelle mesure reviennent-ils ? Rabbi Meir dit : l'un et l'autre, pour un kebeitza.

Rabbi Yehouda dit : l'un et l'autre, pour un kazayit. Et les Sages disent : la viande de kodech, pour un kazayit ; le hamets, pour un kebeitza.

📜 Rachi (2)
זֶה וְזֶה חָמֵץ דַּאֲמַרַן לְעֵיל וְנִזְכַּר שֶׁיֵּשׁ לוֹ חָמֵץ בְּבֵיתוֹ וּבְשַׂר קוֹדֶשׁ שֶׁעִמּוֹ:
L'un et l'autre : le hamets dont on a parlé plus haut, il s'est rappelle qu'il a du hamets dans sa maison, et la viande de kodech qui est avec lui.
בְּכַבֵּיצָה אֲבָל בְּפָחוֹת גַּבֵּי חָמֵץ יְבַטֵּל בְּלִבּוֹ וְגַבֵּי בְּשַׂר קוֹדֶשׁ שׂוֹרְפוֹ בִּמְקוֹמוֹ:
Pour un kebeitza. En dessous, pour le hamets il annule dans son cœur, et pour la viande de kodech il la brûle sur place.
🗂️ Tossefot (1)
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים בְּשַׂר קֹודֶשׁ בִּכְזַיִת וְחָמֵץ בִּכְבֵיצָה אוֹמֵר רִיבָ"א דִּמְפָרֵשׁ בַּיְּרוּשַׁלְמִי מִשּׁוּם דְּבָשָׂר קוֹדֶשׁ לֵית לֵיהּ תַּקָּנָה בְּבִיטּוּל הֶחְמִירוּ בִּכְזַיִת אֲבָל חָמֵץ אִית לֵיהּ תַּקָּנָה בְּבִיטּוּל לֹא הֶחְמִירוּ עַד כַּבֵּיצָה:
Et les Sages disent : viande de kodech pour un kazayit, et hamets pour un kebeitza. Le Riva dit que le Yerouchalmi explique : la viande de kodech n'a pas de remède par le bitoul, on a été strict dès un kazayit. Le hamets a un remède par le bitoul, on n'a été strict qu'à partir d'un kebeitza.
💡 Explication

La question porte sur le chiour du retour, pour le hamets de la maison et pour la viande qu'il porte.

Rabbi Meir : kebeitza dans les deux cas. Rabbi Yehouda : kazayit dans les deux. Les Sages coupent : kazayit pour le kodech, kebeitza pour le hamets.

Sous la mesure, Rachi : bitoul pour le hamets, brûlure sur place pour la viande. Tossefot, d'après le Yerouchalmi : le kodech n'a pas de tikkoun par le bitoul, d'où le kazayit. Le hamets en a un, d'où le kebeitza.

🖼️ Schéma
À partir de quelle mesure il revient Avis Hamets Viande de kodech Rabbi Meir kebeitza kebeitza Rabbi Yehouda kazayit kazayit Les Sages kebeitza kazayit Sous la mesure : hamets, bitoul dans le cœur. Viande de kodech : il la brûle sur place.
Meir : kebeitza partout. Yehouda : kazayit partout. Les Sages : kazayit pour le kodech, kebeitza pour le hamets.
7
גְּמ׳ וּרְמִינְהוּ: הַהוֹלֵךְ לֶאֱכֹול סְעוּדַת אֵירוּסִין בְּבֵית חָמִיו, וְלִשְׁבֹּות שְׁבִיתַת הָרְשׁוּת — יַחְזֹור מִיָּד!

Guemara. Et l'on oppose : celui qui va manger un repas de fiançailles dans la maison de son beau-père, ou établir une résidence de Chabbat facultative, revient aussitôt.

💡 Explication

Une baraïta met le repas de fiançailles avec la chevitat ha-rechoute : retour immédiat. La michna, elle, le range avec le Pessa'h et la mila : on ne revient que s'il reste du temps.

8
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, לָא קַשְׁיָא: הָא — רַבִּי יְהוּדָה, הָא — רַבִּי יוֹסֵי. דְּתַנְיָא: סְעוּדַת אֵירוּסִין רְשׁוּת, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִצְוָה.

Rabbi Yo'hanan dit : pas de difficulté. Celle-ci, Rabbi Yehouda ; celle-là, Rabbi Yossi.

Car on enseigne : le repas de fiançailles est facultatif, paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossi dit : c'est une mitsva.

💡 Explication

Rabbi Yo'hanan départage par une mahloqet de tanaïm. Rabbi Yehouda : la seoudat eroussin est rechoute, d'où la baraïta, retour immédiat. Rabbi Yossi : c'est une mitsva, d'où la michna, retour seulement s'il reste du temps.

9
וְהַשְׁתָּא דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: מַחֲלֹוקֶת בִּסְעוּדָה שְׁנִיָּה, אֲבָל בִּסְעוּדָה רִאשׁוֹנָה דִּבְרֵי הַכֹּל מִצְוָה. אֲפִילּוּ תֵּימָא הָא וְהָא רַבִּי יְהוּדָה, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — בִּסְעוּדָה רִאשׁוֹנָה, הָא — בִּסְעוּדָה שְׁנִיָּה.

Et maintenant que Rav Hisda a dit : le désaccord porte sur le second repas, mais sur le premier repas tout le monde dit que c'est une mitsva. Même si tu dis que l'une et l'autre sont de Rabbi Yehouda, pas de difficulté : celle-ci, au premier repas ; celle-là, au second repas.

📜 Rachi (1)
גְּמ' סְעוּדָה שְׁנִיָּה כָּךְ הוּא דֶּרֶךְ הַחֲתָנִים לְאַחַר סְעוּדַת אֵירוּסִין חוֹזֵר וּמְשַׁגֵּר סִבְלוֹנוֹת לַאֲרוּסָתוֹ וְסוֹעֵד שָׁם:
Second repas : telle est la manière des fiancés. Après le repas de fiançailles, il envoie de nouveau des sivlonot à sa fiancée, et il y prend un repas.
💡 Explication

Rav Hisda resserre la mahloqet. Le premier repas est mitsva pour les deux. Le second, celui des sivlonot, reste en débat.

Dès lors, les deux textes peuvent être de Rabbi Yehouda : la michna vise le premier repas, la baraïta le second. Rachi : après les fiançailles, le fiancé renvoie des cadeaux et mange là-bas.

🖼️ Schéma
Rav Hisda : le désaccord vise le second repas Premier repas Seoudat eroussin Tout le monde : mitsva La michna : il revient s'il a encore le temps Second repas Sivlonot, cadeaux Yehouda : rechoute Yossi : mitsva aussi La baraïta : retour immédiat
Premier repas : mitsva pour tous. Second repas, les sivlonot : Yehouda et Yossi divergent.
10
תַּנְיָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֲנִי לֹא שָׁמַעְתִּי אֶלָּא סְעוּדַת אֵירוּסִין, אֲבָל לֹא סִבְלוֹנוֹת. אָמַר לוֹ רַבִּי יוֹסֵי: אֲנִי שָׁמַעְתִּי סְעוּדַת אֵירוּסִין וְסִבְלוֹנוֹת.

On enseigne. Rabbi Yehouda dit : je n'ai entendu que le repas de fiançailles, et non les sivlonot.

Rabbi Yossi lui dit : moi, j'ai entendu le repas de fiançailles et les sivlonot.

📜 Rachi (2)
אֲנִי לֹא שָׁמַעְתִּי שֶׁתְּהֵא מִצְוָה אֶלָּא סְעוּדַת אֵירוּסִין לְבַדָּהּ אֲבָל לֹא סְעוּדַת סִבְלוֹנוֹת:
Je n'ai entendu : que ce soit une mitsva, que le seul repas de fiançailles, et non le repas des sivlonot.
סִבְלוֹנוֹת דּוֹרוֹנוֹת כֵּלִים נָאִים:
Sivlonot : des cadeaux, de beaux ustensiles.
🗂️ Tossefot (1)
תַּנְיָא א"ר יְהוּדָה תֵּימַהּ אַמַּאי לָא מַייְתֵי תַּנְיָא נָמֵי הָכִי מֵהַךְ דְּהָכָא לְרַב חִסְדָּא:
On enseigne, Rabbi Yehouda a dit. Étonnement : pourquoi n'apporte-t-on pas, en appui de Rav Hisda, un tanya nami hakhi (on enseigne aussi ainsi) à partir de cette baraïta-ci ?
💡 Explication

La baraïta dit tout haut ce que Rav Hisda a posé. Rabbi Yehouda n'a reçu pour mitsva que la seoudat eroussin. Rabbi Yossi a reçu aussi les sivlonot.

Rachi glose sivlonot : doronot, de beaux ustensiles. Tossefot s'étonne qu'on ne cite pas cette baraïta comme appui formulé de Rav Hisda.

11
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כָּל סְעוּדָה שֶׁאֵינָהּ שֶׁל מִצְוָה — אֵין תַּלְמִיד חָכָם רַשַּׁאי לֵהָנוֹת מִמֶּנָּה.

On enseigne. Rabbi Chimon dit : tout repas qui n'est pas un repas de mitsva, un talmid 'hakham n'a pas le droit d'en profiter.

💡 Explication

De la question du repas de fiançailles, la Guemara passe à la règle générale. Rabbi Chimon : un talmid 'hakham s'abstient de tout repas dépourvu de mitsva.

12
כְּגוֹן מַאי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּגוֹן בַּת כֹּהֵן לְיִשְׂרָאֵל, וּבַת תַּלְמִיד חָכָם לְעַם הָאָרֶץ. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בַּת כֹּהֵן לְיִשְׂרָאֵל — אֵין זִוּוּגָן עוֹלֶה יָפֶה.

Par exemple, quoi ? Rabbi Yo'hanan dit : par exemple, une fille de cohen pour un Israël, et une fille de talmid 'hakham pour un am ha-arets.

Car Rabbi Yo'hanan a dit : une fille de cohen pour un Israël, leur union ne réussit pas.

📜 Rachi (2)
בַּת כֹּהֵן צְרִיכָה לְהִינָּשֵׂא לַכֹּהֲנִים וְלֹא לִפְגֹּום מִשְׁפַּחְתָּהּ לְהִינָּשֵׂא לְיִשְׂרָאֵל:
Fille de cohen : elle doit se marier à des cohanim. La marier à un Israël abaisse sa famille.
אֵין זִוּוּגָן עוֹלֶה יָפֶה בְּמַזַּל טוֹב:
Leur union ne réussit pas : sous un mazal tov.
💡 Explication

La question demande un repas qui a l'air d'une noce et qui sort pourtant de la mitsva. Rabbi Yo'hanan donne deux unions : fille de cohen avec un Israël, fille de talmid 'hakham avec un am ha-arets.

L'Israël, ici, est un non-cohen. Rachi : ce mariage abaisse la famille sacerdotale. Ein zivvougan oleh yafe : l'union ne monte pas sous une bonne étoile.

13
מַאי הִיא? אָמַר רַב חִסְדָּא: אוֹ ״אַלְמָנָה״, אוֹ ״גְּרוּשָׁה״, אוֹ ״זֶרַע אֵין לָהּ״. בְּמַתְנִיתָא תַּנָּא: קוֹבְרָהּ אוֹ קוֹבַרְתּוֹ, אוֹ מְבִיאָתוֹ לִידֵי עֲנִיּוּת.

Qu'est-ce ? Rav Hisda dit : ou bien veuve, ou bien divorcée, ou bien elle n'a pas de descendance.

Dans la baraïta on enseigne : elle l'enterre, ou il l'enterre, ou elle le mène à la pauvreté.

📜 Rachi (3)
מַאי הִיא מֶה עוֹלֶה בְּיָדָן:
Qu'est-ce : qu'en résulte-t-il pour eux ?
אוֹ אַלְמָנָה אוֹ גְּרוּשָׁה אוֹ זֶרַע אֵין לָהּ כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא כ״ב:י״ג) וּבַת כֹּהֵן כִּי תִהְיֶה לְאִישׁ זָר וּסְמִיךְ לֵיהּ וּבַת כֹּהֵן כִּי תִהְיֶה אַלְמָנָה וּגְרוּשָׁה וְזֶרַע אֵין לָהּ וְגוֹ':
Ou veuve, ou divorcée, ou sans descendance : comme il est écrit (Vayikra 22, 13) : et la fille d'un cohen, quand elle sera à un homme étranger. Et tout près : et la fille d'un cohen, quand elle sera veuve ou divorcée, et sans descendance, etc.
אוֹ קוֹבְרָהּ בְּלֹא זְמַן:
Ou elle l'enterre : avant l'heure.
🪔 Ben Yehoyada (1)
בְּמַתְנִיתָא תַּנָּא: אוֹ קוֹבְרָהּ, אוֹ קוֹבַרְתּוֹ, אוֹ מְבִיאָתוֹ לִידֵי עֲנִיּוּת. דַּע כִּי דְּבָרִים קָשִׁים אֵלֶּה דְּנָקֵיט בְּמַתְנִיתָא וְרַב חִסְדָּא לֹא נֶאֶמְרוּ אֶלָּא עַל זְמַן הַתַּנָּאִים וְאָמוֹרָאִים שֶׁהָיָה לָהֶם כֹּהֲנִים מְיֻוחָסִים וְעַמֵּי אֲרָצוֹת שֶׁהָיוּ בִּזְמַנָּם הָיוּ רָעִים וְחַטָּאִים כַּאֲשֶׁר דִּבְּרוּ עֲלֵיהֶם לְקַמָּן, אַךְ בַּזְּמַן הַזֶּה אֵין כֹּהֲנֵי יִחוּס אֶלָּא כֻּולָּם כֹּהֲנֵי חֲזָקָה דְּאֵין לָהֶם מַעֲלָה כְּכֹהֲנֵי יִחוּס וְגַם לֹא יִמָּצֵא בַּזְּמַן הַזֶּה עַמֵּי אֲרָצוֹת כְּאוֹתָם עַמֵּי אֲרָצוֹת שֶׁהָיוּ בִּזְמַנָּם, וּלְכָךְ כַּאֲשֶׁר יִזְדַּוְּוגוּ בַּת כֹּהֵן לְיִשְׂרָאֵל אוֹ בַּת תַּלְמִיד חָכָם לְעַם הָאָרֶץ לֹא יִתְקַייְּמוּ בָּהֶם דְּבָרִים קָשִׁים אֵלּוּ דְּאָמַר רַב חִסְדָּא וְגַם מַה שֶׁאָמְרוּ בְּמַתְנִיתָא, וְעִם כָּל זֶה טוֹב לְהִזָּהֵר בָּזֶה.
Sache que ces paroles dures, celles de la baraïta et celles de Rav Hisda, n'ont été dites que pour le temps des tanaïm et des amoraïm, où il y avait des cohanim de yihous, et les amei ha-arets de leur temps étaient mauvais et pécheurs, comme on en parlera plus bas. De nos jours, il n'y a pas de cohanim de yihous : tous sont des cohanim de hazaka, et ils n'ont pas le rang des cohanim de yihous. On ne trouve pas non plus, de nos jours, des amei ha-arets comme ceux de leur temps. Aussi, quand une fille de cohen s'unit à un Israël, ou une fille de talmid 'hakham à un am ha-arets, ces paroles dures dites par Rav Hisda, et ce qu'on a enseigné dans la baraïta, ne s'accomplissent pas en eux. Avec cela, il est bon de se garder la-dessus.
💡 Explication

Mai hi : que devient cette union. Rav Hisda lit les mots placés à côté du verset où la fille de cohen devient femme d'un étranger : almana, geroucha, ou zera ein lah.

La baraïta parle en actes : elle l'enterre, il l'enterre, avant l'heure selon Rachi, ou elle le mène à la pauvreté.

Le Ben Yehouyada limite ces paroles au temps des tanaïm et des amoraïm, cohanim de yihous et amei ha-arets de cette époque. De nos jours, cohanim de hazaka : ces issues ne s'appliquent pas. Il reste bon de se garder.

🖼️ Schéma
Fille de cohen et Israël : que veut dire l'échec Rav Hisda, mots du verset Veuve Divorcée Sans descendance Baraïta Elle l'enterre ou il l'enterre avant l'heure La baraïta ajoute une troisième issue : elle le mène à la pauvreté. Rachi : l'enterrement dont elle parle arrive avant l'heure.
Rav Hisda : veuve, divorcée, ou sans enfants. La baraïta : enterrement avant l'heure, où pauvreté.
14
אֵינִי?! וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָרוֹצֶה שֶׁיִּתְעַשֵּׁר יִדְבַּק בְּזַרְעוֹ שֶׁל אַהֲרֹן, כָּל שֶׁכֵּן שֶׁתּוֹרָה וּכְהֻונָּה מַעֲשַׁרְתָּן. לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּתַלְמִיד חָכָם, הָא — בְּעַם הָאָרֶץ.

Est-ce ainsi ? Or Rabbi Yo'hanan a dit : celui qui veut s'enrichir s'attachera à la descendance d'Aharon ; à plus forte raison la Torah et la kehouna les enrichissent.

Pas de difficulté : celle-ci, pour un talmid 'hakham ; celle-là, pour un am ha-arets.

📜 Rachi (1)
תַּלְמִיד חָכָם הוּא שֶׁבַח לוֹ אֲבָל עַם הָאָרֶץ וְאֵינוֹ כֹּהֵן גְּנַאי הוּא לוֹ לְאַהֲרֹן וְנֶעֱנָשִׁים:
Un talmid 'hakham : c'est un éloge pour lui. Un am ha-arets, et il n'est pas cohen : c'est une honte pour Aharon, et ils sont punis.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל שֶׁכֵּן שֶׁתּוֹרָה וּכְהֻנָּה מְעֻשַּׂרְתּוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד הַתּוֹרָה נִקְנֵית במ"ח מַעֲלוֹת וּכְהֻונָּה בכ"ד כִּדְאִיתָא בַּבָּרַייְתָא דְּאָבוֹת (מִשְׁנָה אָבוֹת פֶּרֶק ו) וְסָךְ הַכֹּל ע"ב [48+48=72] כְּמִנְיַן 'חֶסֶד' [72] וּכְמִנְיַן 'כָּל הַטּוֹב' [72] וְלָכֵן בְּצֵירוּף זְכוּת שְׁנֵיהֶם מִתְעַשֵּׂר וְאָז יִתְקַייֵּם בּוֹ (דְּבָרִים כו, יא) 'וְשָׂמַחְתָּ בְּכָל הַטּוֹב'.
À plus forte raison la Torah et la kehouna l'enrichissent. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la Torah s'acquiert par 48 degrés, et la kehouna par 24, comme il est dit dans la baraïta d'Avot (michna Avot, chapitre 6). Le total est 72, comme le compte de hesed (72) et comme le compte de kol ha-tov (72). Aussi, par la réunion du mérite des deux, il s'enrichit, et alors s'accomplit en lui (Devarim 26, 11) : et tu te réjouiras de tout le bien.
💡 Explication

La difficulté vient d'un autre dit de Rabbi Yo'hanan : s'attacher à la descendance d'Aharon enrichit, et le kal va-homer ajoute la Torah à la kehouna.

Le départage : le talmid 'hakham qui épouse une fille de cohen s'enrichit. L'am ha-arets qui l'épouse est le cas où l'union échoue. Rachi : le sage est un éloge pour Aharon ; l'am ha-arets, une honte, et ils sont punis.

Le Ben Yehouyada compte 48 degrés de la Torah et 24 de la kehouna, total 72, compte de hesed et de kol ha-tov.

15
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נְסֵיב כָּהֵנְתָּא, חַלָּשׁ. אָמַר: לָא נִיחָא לֵיהּ לְאַהֲרֹן דְּאֶדְבַּק בְּזַרְעֵיהּ, דְּהָוֵי לֵיהּ חַתְנָא כִּי אֲנָא.

Rabbi Yehochoua épousa une fille de cohen, et il tomba malade. Il dit : cela ne convient pas à Aharon que je m'attache à sa descendance, au point qu'il ait un gendre comme moi.

💡 Explication

Récit. Rabbi Yehochoua, malade après ce mariage, lit sa maladie ainsi : Aharon ne veut pas de lui pour gendre. Le ton est celui de sa propre modestie.

16
רַב אִידִי בַּר אָבִין נָסֵיב כָּהֵנְתָּא, נְפַקוּ מִינֵּיהּ תְּרֵי בְּנֵי סְמִיכִי: רַב שֵׁשֶׁת בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי. אָמַר רַב פָּפָּא: אִי לָא נָסֵיבְנָא כָּהֵנְתָּא, לָא אִיעַתַּרִי.

Rav Idi bar Avin épousa une fille de cohen. Il en sortit deux fils ordonnés : Rav Chechet fils de Rav Idi, et Rabbi Yehochoua fils de Rav Idi.

Rav Papa dit : si je n'avais pas épouse une fille de cohen, je ne me serais pas enrichi.

🪔 Ben Yehoyada (1)
רַב אִידִי בַּר אָבִין נָסֵיב כָּהֵנְתָּא, וְהָווּ לֵיהּ תְּרֵי בְּנֵי סְמִיכִי, רַב שֵׁשֶׁת בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי, וְרַב יְהוֹשֻׁעַ בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְמַאי הֻוצְרַךְ לוֹמַר בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי כֵּיוָן דְּבֵיהּ מִשְׁתַּעֵי וְאָמַר דְּהָווּ לֵיהּ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד לְלַמֶּדְךָ שֶׁיָּצְאוּ חֲכָמִים גְּדוֹלִים שֶׁדּוֹמִין לַאֲבִיהֶם רַב אִידִי שֶׁהָיָה גָּדוֹל בְּחָכְמָה וְיִרְאָה! וְזָכָה לִשְׁנַיִם, אֶחָד מִצַּד זְכוּת הַתּוֹרָה שֶׁל הַבַּעַל וְאֶחָד מִצַּד זְכוּת הַכְּהֻונָּה שֶׁל הָאִשָּׁה.
Rav Idi bar Avin épousa une fille de cohen, et il eut deux fils ordonnés, Rav Chechet fils de Rav Idi, et Rav Yehochoua fils de Rav Idi. On peut objecter : pourquoi a-t-il fallu dire fils de Rav Idi, puisqu'on parle de lui et qu'on dit qu'il en eut ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : pour t'apprendre qu'en sont sortis de grands sages, semblables à leur père Rav Idi, qui était grand en sagesse et en crainte. Il a mérité deux fils : l'un du côté du mérite de la Torah du mari, l'autre du côté du mérite de la kehouna de la femme.
💡 Explication

Deux issues du côté favorable, celui du sage. Rav Idi bar Avin a deux fils semikhim, aptes à trancher. Rav Papa rattache sa richesse à ce mariage.

Le Ben Yehouyada : répéter berih de-Rav Idi enseigne que les fils ressemblent au père, grand en sagesse et en crainte. Un fils vient du mérite de la Torah, l'autre de la kehouna.

17
אָמַר רַב כָּהֲנָא: אִי לָא נָסֵיבְנָא כָּהֵנְתָּא, לָא גְּלַאי. אָמְרוּ לֵיהּ: וְהָא לִמְקוֹם תּוֹרָה גְּלֵית! לָא גְלַאי כִּדְגָלֵי אִינָשֵׁי.

Rav Kahana dit : si je n'avais pas épouse une fille de cohen, je n'aurais pas été exilé. On lui dit : or tu as été exilé vers un lieu de Torah.

Je n'ai pas été exilé comme les gens sont exilés.

📜 Rachi (2)
לָא גְּלַאי רַב כָּהֲנָא גָּלָה מִבָּבֶל לא"י כִּדְאָמַר בְּהַגּוֹזֵל וּמַאֲכִיל (ב"ק קיז.):
Je n'aurais pas été exilé : Rav Kahana fut exilé de Babel en Erets Israël, comme on le dit à Ha-gozel ou-ma'akhil (Bava Kamma 117a).
לָא גְּלַאי כִּדְגָלוּ אִינָשֵׁי שְׁאָר תַּלְמִידִים יוֹצְאִים מִדַּעְתָּן וַאֲנִי יָצָאתִי עַל כָּרְחִי מֵחֲמַת מְרָדִין וְאֵימַת מַלְכוּת:
Je n'ai pas été exilé comme les gens sont exilés : les autres disciples sortent de leur gré, et moi je suis sorti malgré moi, à cause des poursuivants et de la crainte du pouvoir.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַב כָּהֲנָא אִי לָאו דִּנְסִיבִי כָּהֵנְתָּא לָא גְּלַאי שָׁמַע שֶׁלֹּא הָיָה כֹּהֵן וְהָא דְּאָמְרִינַן בפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף ח.) רַב כָּהֲנָא שְׁקַל סוּדָרָא בְּפִדְיוֹן הַבֵּן בִּשְׁבִיל אִשְׁתּוֹ הָיָה לוֹקֵחַ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶ' הַזְּרוֹעַ (חֻולִּין דַּף קלב.) רַב כָּהֲנָא הֲוָה אָכֵיל בִּשְׁבִיל אִשְׁתּוֹ וְהָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק עַרְבֵי פְּסָחִים (לְקַמָּן פְּסָחִים קיג.) א"ל רַב לְרַב כָּהֲנָא פְּשׁוֹט נְבֵילְתָּא בְּשׁוּקָא וּשְׁקוֹל אַגְרָא וְלָא תֵּימָא כָּהֲנָא [וְגַבְרָא] רַבָּא אֲנָא לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁהָיָה כֹּהֵן אֶלָּא שֶׁכָּךְ הָיָה שְׁמוֹ:
Rav Kahana dit : si je n'avais pas épouse une fille de cohen, je n'aurais pas été exilé. On en entend qu'il n'était pas cohen. Et ce qu'on dit au premier chapitre de Kiddouchin (folio 8a) : Rav Kahana prit un foulard pour le pidyone ha-ben, il le prenait pour sa femme, comme on dit au chapitre Ha-zeroa (Houlin folio 132a) : Rav Kahana mangeait pour sa femme. Et ce que Rav dit à Rav Kahana au chapitre Arvei Pesahim (plus loin, Pesachim 113a) : dépouille une nevela au marché et prends un salaire, et ne dis pas : kahana, [et] un grand homme, moi. Le mot kahana y désigne son nom.
💡 Explication

Autre issue, du même mariage : l'exil. Rav Kahana quitta Babel pour Erets Israël, Rachi le renvoie à Bava Kamma 117a.

On lui répond : le lieu est un lieu de Torah. Il répond : les disciples partent de leur gré ; lui est parti malgré lui, sous la poursuite et la crainte du pouvoir.

Tossefot en tire qu'il n'était pas cohen. Le foulard du pidyone ha-ben et les parts sacerdotales, il les prenait pour sa femme. Le titre kahana, dans la bouche de Rav, désigne son nom.

18
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כָּל הַנֶּהֱנֶה מִסְּעוּדַת הָרְשׁוּת לְסוֹף גּוֹלֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֹכְלִים כָּרִים מִצֹּאן וַעֲגָלִים מִתּוֹךְ מַרְבֵּק״, וּכְתִיב: ״לָכֵן עַתָּה יִגְלוּ בְּרֹאשׁ גֹּולִים״.

Rabbi Its'hak dit : quiconque profite d'un repas facultatif finit par être exilé, car il est dit : Et ils mangent des béliers du troupeau et des veaux du milieu de l'étable, et il est écrit : C'est pourquoi, maintenant, ils seront exilés à la tête des exilés.

💡 Explication

Rabbi Its'hak lie le repas de rechoute à l'exil par deux versets voisins d'Amos (6, 4 et 6, 7). Le premier décrit le festin, béliers et veaux d'étable. Le second enchaîne : ils partent en tête des exilés.

19
תָּנוּ רַבָּנַן: כָּל תַּלְמִיד חָכָם הַמַּרְבֶּה סְעֻודָּתוֹ בְּכָל מָקוֹם, סוֹף מַחֲרִיב אֶת בֵּיתוֹ, וּמְאַלְמֵן אֶת אִשְׁתּוֹ, וּמְייַתֵּם אֶת גּוֹזָלָיו, וְתַלְמוּדוֹ מִשְׁתַּכֵּחַ מִמֶּנּוּ, וּמַחְלוֹקוֹת רַבּוֹת בָּאוֹת עָלָיו, וּדְבָרָיו אֵינָם נִשְׁמָעִים, וּמְחַלֵּל שֵׁם שָׁמַיִם וְשֵׁם רַבּוֹ וְשֵׁם אָבִיו, וְגוֹרֵם שֵׁם רַע לוֹ וּלְבָנָיו וְלִבְנֵי בָנָיו עַד סוֹף כָּל הַדּוֹרוֹת.

Les Sages ont enseigné : tout talmid 'hakham qui multiplie ses repas en tout lieu finit par ruiner sa maison, par rendre sa femme veuve, par rendre orphelins ses petits, son étude s'oublie de lui, de nombreuses disputes viennent sur lui, ses paroles ne sont pas écoutées, il profane le Nom du Ciel, le nom de son maître et le nom de son père, et il cause un mauvais nom pour lui, pour ses fils et pour les fils de ses fils, jusqu'à la fin de toutes les générations.

📜 Rachi (4)
וּמְאַלְמֵן אֶת אִשְׁתּוֹ שֶׁמְּבַקֵּשׁ לִימּוּדוֹ וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ וְגוֹלֶה לִמְזוֹנוֹת וַהֲרֵי אִשְׁתּוֹ בְּאַלְמְנוּת חַיּוֹת:
Et il rend sa femme veuve : il cherche son étude et n'y arrive pas, il s'exile pour sa subsistance, et sa femme se trouve en veuvage de son vivant.
גּוֹזָלָיו יְתוֹמִין:
Ses petits : des orphelins.
וְתַלְמוּדוֹ מִשְׁתַּכֵּחַ שֶׁאֵינוֹ עָסוּק לַחֲזֹור עָלָיו:
Et son étude s'oublie : il ne s'occupe pas de la répéter.
וּמַחְלוֹקוֹת רַבּוֹת בָּאוֹת עָלָיו מֵחֲמַת שֶׁשָּׁכַח תַּלְמוּדוֹ אוֹ הַקָּפוֹת שֶׁמַּקִּיף מֵחֶנְוָנִין לִסְעֻודּוֹתָיו:
Et de nombreuses disputes viennent sur lui : parce qu'il a oublié son étude, ou à cause des crédits que les boutiquiers lui font pour ses repas.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל תַּלְמִיד חָכָם הַמַּרְבֶּה סְעֻודָּתוֹ בְּכָל מָקוֹם, לְסוֹף מַחֲרִיב אֶת בֵּיתוֹ. פֵּירוּשׁ כֵּיוָן שֶׁלָּמַד לִהְיוֹת זוֹלֵל וְסוֹבֵא בְּבָשָׂר וְיַיִן מְרֻובֶּה שֶׁצָּרִיךְ לוֹ הוֹצָאוֹת הַרְבֵּה לִפְעָמִים אֵין לוֹ מָעוֹת וְיִהְיֶה מֻוכְרָח לְהַחֲרִיב בֵּיתוֹ לִסְתּוֹר דְּלָתוֹת וְחַלּוֹנוֹת לְמָכְרָם כְּדֵי לִמְצוֹא מָעוֹת לִקְנוֹת בָּהֶם וְגַם מְכִירָה שֶׁל מִטַּלְטְלִין וְכֵלִים שֶׁל הַבַּיִת נִקְרָא חֻורְבַּן הַבַּיִת. וּמַה שֶׁאָמְרוּ ' וּמְאַלְמֵן אֶת אִשְׁתּוֹ, וּמְיַתֵּם אֶת גּוֹזָלָיו ' פֵּירוּשׁ מֵאַחַר שֶׁצָּרִיךְ לוֹ מָעוֹת הַרְבֵּה בַּעֲבוּר הַמּוֹתָרוֹת מוֹצִיא הַמָּעוֹת בַּעֲבוּרָם וְאֵינוֹ מֵבִיא פַּרְנָסָה לְאִשְׁתּוֹ וּבָנָיו וְנִמְצֵאת אִשְׁתּוֹ כְּאִלּוּ הִיא אַלְמָנָה שֶׁאֵין לָהּ בַּעַל הַחַיָּיב בִּמְזוֹנוֹתֶיהָ, וְכֵן גּוֹזָלָיו שֶׁהֵם הַקְּטַנִּים דְּחַיָּיב בְּפַרְנָסָתָם כְּאִילּוּ הֵם יְתוֹמִים שֶׁאֵין לָהֶם אָב לְפַרְנְסָם. וְקָרֵי לָהֶן גּוֹזָלָיו לְשׁוֹן גֶּזֶל שֶׁהוּא גּוֹזֵל אוֹתָם בָּזֶה שֶׁהוּא מוֹצִיא הַמָּעוֹת לְמוֹתָרוֹת וְלָהֶם לֹא יָבִיא אֲפִילּוּ חֲתִיכַת לֶחֶם! וְגַם מִמֵּילָא שׁוֹכֵחַ תַּלְמוּדוֹ כִּי לִבּוֹ טָרוּד בְּעִנְיַן הַהוֹצָאָה שֶׁרַבָּה עַל צַוָּארוֹ וּמֻוכְרָח לַעֲזֹוב תַּלְמוּדוֹ, וְגַם מַחֲלוֹקוֹת רַבּוֹת בָּאוֹת עָלָיו שֶׁאִם יִהְיֶה רִיב בֵּין שְׁנֵי אֲנָשִׁים עֲשִׁירִים זֶה יַחְשֹׁוד אוֹתוֹ שֶׁהוּא מְלַמֵּד טְעָנוֹת לְבַעַל דִּין שֶׁכְּנֶגְדּוֹ וּמְחַרְחֵר רִיב וְאוֹתוֹ שֶׁכְּנֶגְדּוֹ גַּם כֵּן חוֹשְׁדוֹ בְּכָךְ מֵאַחַר שֶׁהוּא נִכְנָס אֵצֶל זֶה וְאֵצֶל זֶה לֶאֱכֹול וְלִשְׁתּוֹת יָבֹא לִידֵי חֲשָׁדוֹת כָּאֵלֶּה וְאָז מַחֲלוֹקוֹת רַבּוֹת בָּאוֹת עָלָיו מִבַּעֲלֵי הָרִיב.
Tout talmid 'hakham qui multiplie ses repas en tout lieu finit par ruiner sa maison. Explication : puisqu'il a appris à être glouton et buveur, de beaucoup de viande et de vin, il lui faut de grandes dépenses. Parfois il n'a pas d'argent, et il sera forcé de ruiner sa maison, de démonter portes et fenêtres pour les vendre, afin de trouver de l'argent pour acheter. La vente des meubles et des ustensiles de la maison s'appelle aussi ruine de la maison. Et ce qu'ils ont dit, il rend sa femme veuve et rend orphelins ses petits : puisqu'il lui faut beaucoup d'argent pour le superflu, il dépense l'argent pour cela et n'apporte pas la subsistance à sa femme et à ses fils. Sa femme se trouve comme une veuve qui n'a pas de mari tenu à ses aliments. De même ses petits, les enfants auxquels il doit la subsistance, comme des orphelins qui n'ont pas de père pour les nourrir. Il les appelle gozalav, de la langue de gezel : il les vole en cela, car il dépense l'argent pour le superflu, et à eux il n'apporte même pas un morceau de pain. Et de soi-même il oublie son étude, car son cœur est occupé par la dépense, nombreuse, sur son cou, et il est forcé de quitter son étude. De nombreuses disputes viennent aussi sur lui : s'il y a une querelle entre deux hommes riches, l'un le soupçonnera d'enseigner des arguments à la partie adverse et d'attiser la querelle, et celui d'en face le soupçonne de même, puisqu'il entre chez l'un et chez l'autre pour manger et boire. Il en vient à de tels soupçons, et alors de nombreuses disputes lui viennent des parties au litige.
💡 Explication

La baraïta liste la suite, pour le talmid 'hakham qui multiplie les repas bekhol makom, en tout lieu.

Rachi lit le veuvage comme un almenout hayout : il s'exile pour vivre, l'étude lui échappe, la femme reste sans lui de son vivant. Les gozalim sont les enfants. L'oubli vient du manque de révision. Les disputes viennent de l'oubli, ou des hakafot, les crédits des boutiquiers.

Chem Chamayim : le Nom du Ciel, avec le nom du maître et celui du père.

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מַאי הִיא? אָמַר אַבַּיֵּי: קָרוּ לֵיהּ בַּר מַחֵים תַּנּוּרֵי. רָבָא אָמַר: בַּר מְרַקֵּיד בֵּי כֻובֵּי. רַב פָּפָּא אָמַר: בַּר מְלַחֵיךְ פִּינְכֵי. רַב שְׁמַעְיָה אָמַר: בַּר מָךְ רָבַע.

Qu'est-ce ? Abaye dit : on l'appelle fils de celui qui chauffe les fours.

Rava dit : fils de celui qui danse dans les auberges. Rav Papa dit : fils de celui qui lèche les plats.

Rav Chemaya dit : fils de celui qui plie et se couche.

📜 Rachi (5)
קָרוּ לֵיהּ לִבְנוֹ:
On l'appelle : son fils.
מְרַקֵּיד בֵּי כּוּבֵי כְּדֶרֶךְ הַלֵּיצָנִים שֶׁמְּשַׂחֲקִין וּמְרַקְּדִין בַּחֲנוּיוֹת לְהַשְׁקוֹתָן בִּשְׂכָרָן:
Qui danse dans les auberges : à la manière des bouffons qui jouent et dansent dans les boutiques, pour qu'on les fasse boire en salaire.
מְלַחֵיךְ פִּינְכֵי קְעָרוֹת:
Qui lèche les plats : des ecueilles.
מָךְ רֹבַע מְקַפֵּל לְבוּשׁוֹ וְרוֹבֵץ וְיָשַׁן דֶּרֶךְ הַמִּשְׁתַּכְּרִין אֵינוֹ מַסְפִּיק לֵילֵךְ לְבֵיתוֹ וְלִשְׁכַּב עַל מִטָּתוֹ אֶלָּא מְקַפֵּל לְבוּשׁוֹ תַּחְתָּיו וְיָשַׁן:
Qui plie et se couche : il plie son vêtement, se couche et dort, à la manière des ivres. Il ne parvient pas à aller chez lui et à se coucher sur son lit : il plie son vêtement sous lui et dort.
מָךְ כְּמוֹ בַּר חַמָּרָא מוּךְ שַׂקָּיךָ וּגְנִי (תַּעֲנִית דַּף ו:):
Makh : comme dans fils du vin, plie ton sac et dors (Ta'anit 6b).
🪔 Ben Yehoyada (1)
אָמַר אַבַּיֵּי: קָרוּ לֵיהּ: "בַּר מֵיחַם תַּנּוּרֵי". נִרְאֶה לִי כָּל אֶחָד מִן הַחֲכָמִים נָקֵיט לְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם הָרָגִיל וּמָצוּי בְּעִירוֹ וּבִזְמַנּוֹ, וְהֵבִיא הַשַּׁ"ס דִּבְרֵי כֻּולָּם. וְהָא דְּאָמַר מַרְבֶּה סְעֻודָּתוֹ בְּכָל מָקוֹם הַכַּווָּנָה שֶׁהוֹלֵךְ בְּיוֹם אֶחָד לְכַמָּה סְעוּדוֹת שֶׁנִּכְנַס לְבַיִת אֶחָד וְכַאֲשֶׁר גָּמְרוּ הוֹלֵךְ לְבַיִת שֵׁנִי וְשׁוֹתֶה שָׁם וְגַם אֵלּוּ כְּשֶׁגּוֹמְרִין הוֹלֵךְ לְבַיִת אַחֵר.
Abaye dit : on l'appelle fils de celui qui chauffe les fours. Il me semble : chacun des sages prend la langue des gens, celle qui est habituelle et courante dans sa ville et à son époque, et le Talmud rapporte les paroles de tous. Et ce qu'on a dit, qui multiplie ses repas en tout lieu, vise celui qui va, en un seul jour, à plusieurs repas : il entre dans une maison, et quand ils ont fini il va dans une seconde maison et y boit, et quand ceux-là aussi ont fini il va dans une autre maison.
💡 Explication

Mai hi vise le mauvais nom. Quatre formules, chacune sur le fils, bar.

Abaye : bar mahim tanourei, celui qui chauffe les fours. Rava : bar markid bei kouvei, celui qui danse dans les auberges. Rav Papa : bar malhik pinkhei, celui qui lèche les ecueilles. Rav Chemaya : bar makh rêva, celui qui plie son vêtement et s'endort, comme l'ivre.

Rachi rapproche makh de la formule de Ta'anit 6b. Le Ben Yehouyada : chaque sage parle la langue de sa ville. Multiplier les repas, c'est en faire plusieurs le même jour.

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תָּנוּ רַבָּנַן: לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם, שֶׁאִם מֵת אוֹ גוֹלֶה — מֻובְטָח לוֹ שֶׁבָּנָיו תַּלְמִידֵי חֲכָמִים. וְאַל יִשָּׂא בַּת עַם הָאָרֶץ, שֶׁאִם מֵת אוֹ גוֹלֶה — בָּנָיו עַמֵּי הָאָרֶץ.

Les Sages ont enseigné : toujours, un homme vendra tout ce qu'il a et épousera la fille d'un talmid 'hakham. Car s'il meurt ou s'il est exilé, il tient pour assuré que ses fils seront des talmidei hakhamim.

Et qu'il n'épouse pas la fille d'un am ha-arets : car s'il meurt ou s'il est exilé, ses fils seront des amei ha-arets.

🪔 Ben Yehoyada (1)
לְעוֹלָם יִמְכֹּר אָדָם כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ, וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם. כְּלוֹמַר אַף עַל פִּי דִּסְתָם תַּלְמִיד חָכָם אֵין לוֹ מָעוֹת לְהוֹצִיא נְדוּנְיָא חֲשׁוּבָה לְבִתּוֹ וְלָכֵן מֻוכְרָח שֶׁהַבַּעַל יַעֲשֶׂה לָהּ תַּכְשִׁיטִין וּלְבוּשִׁין יִמָּכֵר כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ וְיִקָּחֶנָּה וְיַעֲשֶׂה לָהּ מִכִּיסוֹ. וְכֵן בְּהַשְּׂאֵת בִּתּוֹ לְתַלְמִיד חָכָם דְּמִסְּתָמָא אֵין לוֹ מָעוֹת וְצָרִיךְ אָבִיהָ לְהַרְבּוֹת לוֹ בִּנְדוּנְיָיא כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ הַמָּעוֹת אַחַר כָּךְ עֵזֶר לְפַרְנָסָתָם. וְאוֹמְרוֹ 'לְעוֹלָם' כְּלוֹמַר אֲפִילּוּ בְּזִוּוּג שֵׁנִי שֶׁהוּא לְפִי מַעֲשָׂיו יִשְׁתַּדֵּל בְּכָךְ. אוֹ הַכַּוָּונָה אֲפִילּוּ אִם נִמְצָא לוֹ אִשָּׁה מִקְּרוֹבָיו דְּרָאוּי לְיִקָּחֶנָּה כְּפִי נִימוּס הָעוֹלָם עִם כָּל זֶה יִשְׁתַּדֵּל לִישָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם.
Toujours, un homme vendra tout ce qu'il a et épousera la fille d'un talmid 'hakham. C'est-à-dire : un talmid 'hakham ordinaire n'a pas d'argent pour donner une dot importante à sa fille, et le mari doit donc lui faire bijoux et vêtements. Qu'il vende tout ce qu'il a, qu'il la prenne, et qu'il le fasse de sa poche. De même pour marier sa fille à un talmid 'hakham : en principe celui-ci n'a pas d'argent, et le père doit augmenter la dot, afin que cet argent aide ensuite à leur subsistance. Et quand il dit toujours, c'est même pour une seconde union, qui suit ses actes : il s'y emploiera. Ou bien le sens est : même s'il se trouve pour lui une femme parmi ses parents, qu'il conviendrait de prendre selon l'usage du monde, il s'emploiera malgré cela à épouser la fille d'un talmid 'hakham.
💡 Explication

La baraïta passe de l'interdit du repas à l'alliance. Vendre tout pour la fille d'un talmid 'hakham : s'il meurt ou part en exil, les fils restent des sages, par la mère. La fille d'un am ha-arets : dans le même cas, les fils le deviennent.

Le Ben Yehouyada lit le'olam de deux façons : même un second zivoug, qui suit les actes ; ou même face à une parente que l'usage donnerait à épouser.

22
תָּנוּ רַבָּנַן: לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם, וְיַשִּׂיא בִּתּוֹ לְתַלְמִיד חָכָם, מָשָׁל לְעִנְבֵי הַגֶּפֶן בְּעִנְבֵי הַגֶּפֶן, דָּבָר נָאֶה וּמִתְקַבֵּל. וְלֹא יִשָּׂא בַּת עַם הָאָרֶץ, מָשָׁל לְעִנְבֵי הַגֶּפֶן בְּעִנְבֵי הַסְּנֶה, דָּבָר כָּעוּר

Les Sages ont enseigné : toujours, un homme vendra tout ce qu'il a, il épousera la fille d'un talmid 'hakham, et il mariera sa fille à un talmid 'hakham. Parabole : des raisins de la vigne avec des raisins de la vigne, chose belle et reçue.

Et qu'il n'épouse pas la fille d'un am ha-arets. Parabole : des raisins de la vigne avec des baies du séné, chose laide

🪔 Ben Yehoyada (1)
מָשָׁל לְעִנְבֵי הַגֶּפֶן בְּעִנְבֵי הַגֶּפֶן, דָּבָר נָאֶה וּמִתְקַבֵּל. פֵּירוּשׁ יֵשׁ עֲנָבִים עוֹשִׂים יַיִן שֶׁמַּרְאֵהוּ אָדֹום הַרְבֵּה וְיֵשׁ עוֹשִׂים יַיִן שֶׁמַּרְאֵהוּ נוֹטֶה לְלֹובֶן וּכְשֶׁמִּתְעָרְבִים זֶה עִם זֶה יִהְיֶה הַמַּרְאֶה נָאֶה. וְיֵשׁ עֲנָבִים שֶׁעוֹשִׂין יַיִן מָתוֹק הַרְבֵּה וְאֵינוֹ מִתְקַבֵּל כָּל כָּךְ מֵחֲמַת רֹוב הַמְּתִיקוּת וְיֵשׁ עֲנָבִים עוֹשִׂין יַיִן מַר הַרְבֵּה וְכַאֲשֶׁר יִתְעָרְבוּ זֶה עִם זֶה יִהְיֶה מִתְקַבֵּל עַל הָאָדָם. אַךְ תַּעֲרֹובֶת עִנְבֵי הַגֶּפֶן עִם עִנְבֵי הַסְּנֶה אֵינוֹ מִתְקַבֵּל כִּי עִנְבֵי הַסְּנֶה עוֹשִׂין מַשְׁקֶה חִמּוּץ הַרְבֵּה וַהֲרֵי זֶה מְקַלְקֵל גַּם יַיִן שֶׁל עִנְבֵי הַגֶּפֶן בְּתַעֲרוּבָתָם עִמּוֹ וְגַם הַמַּרְאֶה יִהְיֶה מְכֹועָר.
Parabole : des raisins de la vigne avec des raisins de la vigne, chose belle et reçue. Explication : il y a des raisins qui font un vin de couleur très rouge, et il y en a qui font un vin dont la couleur tire vers le blanc ; quand ils se mélangent, la couleur sera belle. Il y a des raisins qui font un vin très doux, peu reçu à cause de l'excès de douceur, et des raisins qui font un vin très amer ; quand ils se mélangent, il sera reçu par l'homme. Le mélange des raisins de la vigne avec les baies du séné n'est pas reçu : les baies du séné font une boisson très aigre, cela gâte aussi le vin des raisins de la vigne dans leur mélange, et la couleur sera laide.
💡 Explication

Seconde baraïta, même conseil, avec un second volet : marier sa fille à un talmid 'hakham. Le mashal : raisins de vigne avec raisins de vigne, davar nae u-mitkabel. Vigne avec baies du séné, davar kaour.

Le segment s'arrête sur ce mot. La suite est au daf suivant. Le Ben Yehouyada développe le mélange des vins : rouge et blanc, doux et amer, face à l'aigre du séné.

🖼️ Schéma
Le mashal des raisins Vigne avec vigne Fille de sage, ou fille donnée à un sage Chose belle et reçue Vigne avec séné Fille d'un am ha-arets Chose laide La suite du mashal est au daf suivant
Vigne avec vigne : chose belle et reçue. Vigne avec séné : chose laide. Le segment s'arrête là.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).