Sougya : L'amoud ferme la parabole : unir la fille d'un talmid 'hakham à un am ha-arets est laid, et les auditeurs ne le reçoivent pas. Une baraita ordonne ensuite les alliances, de la fille du talmid 'hakham jusqu'à la fille des maîtres d'enfants, et écarte la fille de l'am ha-arets.
La Guemara enchaîne des formules très dures sur l'am ha-arets : la viande, le chemin, la morsure, le lion, la haine, puis six règles (témoignage, secret, apotropos, route, objet perdu). Elle revient à la michna : celui qui est sorti de Jérusalem.
Rabbi Meir et Rabbi Yehouda divergent sur le shiour, ke-beitsa ou ke-zayit. Rabbi Yo'hanan propose d'inverser les opinions.
Abaye refuse : là-bas, le zimoun, la dispute porte sur les versets ; ici, le retour, elle porte sur un raisonnement, le retour calque sur la touma.
et il n'est pas reçu.
Fin de la parabole ouverte sur l'amoud précédent. Marier la fille d'un talmid 'hakham à un am ha-arets, c'est joindre les raisins de la vigne aux raisins du buisson : chose laide, et les auditeurs ne la reçoivent pas.
Les Sages ont enseigné : que l'homme vende toujours tout ce qu'il possède, et qu'il épouse la fille d'un talmid 'hakham. S'il n'a pas trouvé la fille d'un talmid 'hakham, qu'il épouse la fille des grands de la génération.
S'il n'a pas trouvé la fille des grands de la génération, qu'il épouse la fille des chefs de synagogues. S'il n'a pas trouvé la fille des chefs de synagogues, qu'il épouse la fille des collecteurs de tsedaka.
S'il n'a pas trouvé la fille des collecteurs de tsedaka, qu'il épouse la fille des maîtres d'enfants. Et qu'il n'épouse pas la fille d'un am ha-arets, parce qu'eux sont un shekets, que leurs femmes sont un sherets, et qu'au sujet de leurs filles il dit : Maudit celui qui couche avec toute bête.
Baraita de priorité. On vend tout pour la fille d'un talmid 'hakham. À défaut, on descend : grands de la génération, chefs de synagogues, collecteurs de tsedaka, maîtres d'enfants. La fille de l'am ha-arets est exclue.
Trois mots visent trois personnes. Les hommes : shekets. Leurs femmes : sherets, parce qu'elles ne veillent pas aux mitsvot. Leurs filles : le verset de la bête, parce qu'elles n'ont pas de cœur pour comprendre.
Tossefot accordent ce rang avec Bava Batra 8b. L'éclat du firmament, les collecteurs, dépasse l'éclat des étoiles, les maîtres.
On a enseigné : Rabbi dit : il est interdit à un am ha-arets de manger de la viande (d'une bête), car il est dit : Voici la torah de la bête et de l'oiseau. Quiconque s'occupe de Torah, il lui est permis de manger de la viande de bête et d'oiseau ; et quiconque ne s'occupe pas de Torah, il lui est interdit de manger de la viande de bête et d'oiseau.
Deracha de Rabbi sur Lévitique 11, 46 : zot torat ha-behema ve-ha-of, voici la torah de la bête et de l'oiseau. Le droit de manger la viande est lié à l'occupation de la Torah. Qui ne s'en occupe pas n'a pas ce droit.
Le mot torah du verset porte les deux : l'enseignement des signes de la bête, et l'étude qui ouvre le repas de viande.
Rabbi Elazar a dit : il est permis de percer un am ha-arets le jour de Kippour qui tombe un Chabbat. Ses disciples lui ont dit : Maître, dis : de l'abattre !
Il leur a dit : ceci exige une berakha, et cela n'exige pas de berakha.
Nehira : on perce, sans le rite de la chehita. La chehita d'une bête exige une berakha. La nehira n'en exige pas. Rabbi Elazar refuse le mot de ses élèves, qui rendrait l'acte honorable.
Le registre de ces phrases, sur cet amoud, est celui de la guzma. Tossefot et le Roch, plus loin, resserrent le cas : un homme qui connaît et renie pour provoquer, brigand suspect de meurtre. Le Ben Yehouada lit aussi la nehira comme une figure.
Rabbi Elazar a dit : il est interdit de s'associer en chemin avec un am ha-arets, car il est dit : car elle est ta vie et la longueur de tes jours. Sur sa vie il n'a pas épargné ; sur la vie de son prochain, à plus forte raison.
Le verset dit de la Torah : elle est ta vie. Qui ne l'étudie pas montre qu'il ne ménage pas sa propre vie. Le kal va-homer porte sur la vie d'autrui. D'où l'interdit de prendre la route avec lui.
Rabbi Chemouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il est permis de déchirer un am ha-arets comme un poisson. Rabbi Chemouel bar Yitshak a dit : et par le dos.
Déchirer comme un poisson : la coupe par le dos atteint la moelle. Houlin 21b : cette déchirure rend impur sous la tente aussitôt, même si le corps palpite encore. Même registre de guzma que la nehira.
On a enseigné : Rabbi Akiva a dit : lorsque j'étais un am ha-arets, je disais : qui me donnera un talmid 'hakham, et je le mordrai comme un âne. Ses disciples lui ont dit : Maître, dis : comme un chien !
Il leur a dit : celui-ci mord et brise l'os, et celui-ci mord et ne brise pas l'os.
L'âne mord et brise l'os. Le chien mord sans briser l'os. Rabbi Akiva garde le premier mot : la haine qu'il portait, lorsqu'il était am ha-arets, visait à briser.
On a enseigné : Rabbi Meir disait : quiconque marie sa fille à un am ha-arets, c'est comme s'il la ligotait et la plaçait devant un lion. De même que le lion déchire et mange, et qu'il n'a pas de honte au visage, de même l'am ha-arets frappe et cohabite, et il n'a pas de honte au visage.
Le lion déchire et mange, sans honte. Rabbenou Tam : il n'attend pas la mort de la proie. De même l'am ha-arets frappe et cohabite sans attendre que sa femme soit apaisée.
On a enseigné : Rabbi Eliezer dit : si nous n'avions pas besoin d'eux pour le négoce, ils nous tueraient.
Rabbi Eliezer pose le massa ou-matan, le négoce, comme ce qui retient leur main. Rachi glose : leurs vivres et leur aide. Le besoin mutuel tient lieu de garde.
Rabbi Hiya a enseigné : quiconque s'occupe de Torah devant un am ha-arets, c'est comme s'il cohabitait avec sa fiancée devant lui, car il est dit : Moche nous a commandé la Torah, un héritage. Ne lis pas : un héritage, mais : une fiancée.
Al tikrei : on ne lit pas moracha, héritage, mais méourassa, fiancée. Rachi : fiancée de toutes les communautés de Yaakov. Étudier la Torah devant l'am ha-arets, c'est la prendre devant lui : on le couvre de honte.
Grande est la haine que les amei ha-arets portent à un talmid 'hakham, plus que la haine que les nations du monde portent à Israël, et leurs femmes plus qu'eux. On a enseigné : il a étudié et s'est écarté, plus que tous.
Trois degrés. La haine de l'am ha-arets pour le talmid 'hakham dépasse celle des nations pour Israël. Les femmes des amei ha-arets dépassent leurs maris. Celui qui a étudié et s'est écarté dépasse tous : il connaît le mépris, et il l'a quitté.
Les Sages ont enseigné : six choses ont été dites au sujet des amei ha-arets. On ne leur confie pas un témoignage.
On n'accepte pas de témoignage de lui. On ne leur révèle pas un secret.
On ne les nomme pas apotropos sur les orphelins. On ne les nomme pas apotropos sur une caisse de tsedaka.
On ne s'associe pas avec eux en chemin. Et il y en a qui disent : on ne proclame même pas son objet perdu.
Six règles, plus une septième selon les yech omrim. Le témoignage se refuse dans les deux sens : on ne le prend pas pour témoin, on n'accepte pas le sien. L'apotropos est écarté parce qu'il est suspect de vol. Le chemin reprend l'interdit de Rabbi Elazar.
Les yech omrim dispensent de la hakhraza de son objet perdu : il n'est pas ton frère, au sens de l'acte de ton peuple. Tossefot limitent le cas connu : une caravane d'amei ha-arets, on a vu l'objet tomber d'eux. Voler de ses mains reste interdit.
Le Roch, sur ce segment, reprend tout le chapitre, puis serre deux lectures. Celle du Rif : l'am ha-arets d'ici est suspect, et la nehira vise le rodef. Celle de Rabbenou Yitshak : plus haut, il s'agit de celui qui connaît et renie pour provoquer, brigand suspect de meurtre. L'objet perdu, lui, vise une autre sorte d'am ha-arets.
Et le tanna kamma ? Parfois il en sort une descendance de valeur, et elle le consomme, car il est dit : il prépare, et le juste revêtira.
Le tanna kamma maintient la proclamation. Raison : un fils de valeur peut sortir de lui et consommer ce bien. Verset de Job : le méchant prépare, le tsadik revêt.
Et de même, celui qui est sorti, etc.
Retour à la michna. Et de même, celui qui est sorti : sorti de Jérusalem avec du hamets, ou avec de la viande de kodech, il doit revenir. La suite du débat, sur cet amoud, porte sur la mesure de ce retour.
Est-ce à dire que Rabbi Meir estime que c'est à la mesure d'un œuf que cela compte, et que Rabbi Yehouda estime que la mesure d'une olive compte aussi ? On oppose : jusqu'à quelle mesure invite-t-on ?
Jusqu'à la mesure d'une olive. Et Rabbi Yehouda dit : jusqu'à la mesure d'un œuf !
Contradiction de shiour. Ici, pour le retour, Rabbi Meir ne compte que le ke-beitsa, et Rabbi Yehouda compte aussi le ke-zayit. À Berakhot, pour le zimoun, l'opinion non signée va jusqu'au ke-zayit, et Rabbi Yehouda exige le ke-beitsa.
Rabbi Yo'hanan a dit : la méthode est inversée.
Mohlefet ha-shita : on inverse l'attribution des opinions dans l'une des deux sources, afin que chaque maître reste sur une seule mesure.
Abaye a dit : en fait, n'inverse pas. Là-bas, ils divergent sur des versets ; ici, ils divergent par un raisonnement.
Là-bas, ils divergent sur des versets. Rabbi Meir estime : et tu mangeras, c'est le manger ; et tu seras rassasié, c'est le boire ; et le manger est à la mesure d'une olive.
Et Rabbi Yehouda estime : et tu mangeras et tu seras rassasié, un manger où il y a satiété. Et lequel est-ce ?
À la mesure d'un œuf.
Abaye refuse l'inversion. Deux terrains. Pour le zimoun, la dispute porte sur Deutéronome 8, 10. Rabbi Meir coupe : va-akhalta, le manger, mesure du ke-zayit ; ve-savata, le boire. Rabbi Yehouda lit les deux mots ensemble : un manger où il y a satiété, le ke-beitsa.
Tossefot : ces mesures sont une asmakhta. De la Torah, la berakha exige une satiété complète. Le ke-zayit de Rabbi Chimon ben Chetah se résout ainsi : un mineur ne décharge pas une obligation de la Torah ; un adulte le peut, même sans avoir mangé.
Ici, ils divergent par un raisonnement. Rabbi Meir estime : son retour est comme sa touma.
De même que sa touma est à la mesure d'un œuf, de même son retour est à la mesure d'un œuf. Et Rabbi Yehouda estime : son retour
Ici, pour le retour du kodech et du hamets, la dispute est une sevara. Rabbi Meir : hazara comme touma. La touma des aliments commence au ke-beitsa ; le devoir de revenir aussi.
Rabbi Yehouda ouvre par son retour. La phrase s'arrête sur cet amoud ; la suite est au daf suivant. Rachi : ce retour est rabbinique, et l'on a pris appui sur la mesure de la touma.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).