Pesachim 49b — Qui épouser, l'am ha-arets, et le retour du kodesh

Pesachim 49b

Sougya : L'amoud ferme la parabole : unir la fille d'un talmid 'hakham à un am ha-arets est laid, et les auditeurs ne le reçoivent pas. Une baraita ordonne ensuite les alliances, de la fille du talmid 'hakham jusqu'à la fille des maîtres d'enfants, et écarte la fille de l'am ha-arets.

La Guemara enchaîne des formules très dures sur l'am ha-arets : la viande, le chemin, la morsure, le lion, la haine, puis six règles (témoignage, secret, apotropos, route, objet perdu). Elle revient à la michna : celui qui est sorti de Jérusalem.

Rabbi Meir et Rabbi Yehouda divergent sur le shiour, ke-beitsa ou ke-zayit. Rabbi Yo'hanan propose d'inverser les opinions.

Abaye refuse : là-bas, le zimoun, la dispute porte sur les versets ; ici, le retour, elle porte sur un raisonnement, le retour calque sur la touma.

Qui épouser : l'ordre de la baraita On vend tout pour le premier rang. On descend seulement à défaut. 1. Fille d'un talmid 'hakham Vendre tout ce qu'on possède 2. Fille des grands de la génération Rachi : hommes d'action et justes 3. Fille des chefs de synagogues 4. Fille des collecteurs de tsedaka Nommés seulement s'ils sont probes 5. Fille des maîtres d'enfants Tossefot : sous les collecteurs Fille d'un am ha-arets : on ne l'épouse pas Eux : shekets. Leurs femmes : sherets. Leurs filles : le verset de la bête. Rachi : les femmes ne veillent pas aux mitsvot. Les filles n'ont pas de cœur pour comprendre.
Cinq rangs d'alliance, puis l'exclusion de la fille de l'am ha-arets.
Six choses dites sur l'am ha-arets Baraita. La septième règle reste en discussion. 1. Témoignage confié On ne l'invite pas à entendre 2. Témoignage reçu On n'accepte pas le sien 3. Secret Il va en médisance et révèle 4. Orphelins Pas apotropos : suspect de vol 5. Caisse de tsedaka Pas apotropos sur la caisse 6. Chemin On ne s'associe pas avec lui Yech omrim On ne proclame pas son objet perdu Rachi : il n'est pas ton frère Il ne fait pas l'acte de ton peuple Tossefot : voler de ses mains reste interdit Tanna kamma On proclame quand même Parfois un fils de valeur en sort et consomme ce bien Job : il prépare, le juste revêt
Six règles de la baraita, et la proclamation de l'objet perdu.
Ke-zayit et ke-beitsa : les mesures sont croisées Retour du kodech ici. Zimoun à Berakhot. Deux issues. Ici : le retour Rabbi Meir : seul le ke-beitsa compte Rabbi Yehouda : le ke-zayit compte aussi Volume d'un œuf / volume d'une olive Là-bas : le zimoun Avis non signé : jusqu'au ke-zayit Rabbi Yehouda : jusqu'au ke-beitsa Berakhot. Trois qui ont mangé ensemble Rabbi Yo'hanan Mohlefet ha-shita On inverse l'attribution des avis Abaye : on n'inverse pas Zimoun : dispute sur les versets Retour : dispute de sevara La sevara de Rabbi Meir, sur cet amoud Son retour est comme sa touma. Touma des aliments : ke-beitsa. Donc retour : ke-beitsa. Rachi : ce retour est rabbinique. On l'a appuyé sur la mesure de la touma. Rabbi Yehouda ouvre par son retour. La phrase continue au daf suivant.
Mesures croisées du retour et du zimoun, puis Rabbi Yohanan et Abaye.
1
וְאֵינוֹ מִתְקַבֵּל.

et il n'est pas reçu.

📜 Rachi (1)
וְאֵינוֹ מִתְקַבֵּל לַשּׁוֹמְעִים:
Aux auditeurs.
💡 Explication

Fin de la parabole ouverte sur l'amoud précédent. Marier la fille d'un talmid 'hakham à un am ha-arets, c'est joindre les raisins de la vigne aux raisins du buisson : chose laide, et les auditeurs ne la reçoivent pas.

2
תָּנוּ רַבָּנַן: לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ, וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם. לֹא מָצָא בַּת תַּלְמִיד חָכָם — יִשָּׂא בַּת גְּדוֹלֵי הַדּוֹר. לֹא מָצָא בַּת גְּדוֹלֵי הַדּוֹר — יִשָּׂא בַּת רָאשֵׁי כְנֵסִיּוֹת. לֹא מָצָא בַּת רָאשֵׁי כְנֵסִיּוֹת — יִשָּׂא בַּת גַּבָּאֵי צְדָקָה. לֹא מָצָא בַּת גַּבָּאֵי צְדָקָה — יִשָּׂא בַּת מְלַמְּדֵי תִּינוֹקוֹת. וְלֹא יִשָּׂא בַּת עַמֵּי הָאָרֶץ, מִפְּנֵי שֶׁהֵן שֶׁקֶץ, וּנְשׁוֹתֵיהֶן שֶׁרֶץ, וְעַל בְּנוֹתֵיהֶן הוּא אוֹמֵר: ״אָרוּר שֹׁוכֵב עִם כָּל בְּהֵמָה״.

Les Sages ont enseigné : que l'homme vende toujours tout ce qu'il possède, et qu'il épouse la fille d'un talmid 'hakham. S'il n'a pas trouvé la fille d'un talmid 'hakham, qu'il épouse la fille des grands de la génération.

S'il n'a pas trouvé la fille des grands de la génération, qu'il épouse la fille des chefs de synagogues. S'il n'a pas trouvé la fille des chefs de synagogues, qu'il épouse la fille des collecteurs de tsedaka.

S'il n'a pas trouvé la fille des collecteurs de tsedaka, qu'il épouse la fille des maîtres d'enfants. Et qu'il n'épouse pas la fille d'un am ha-arets, parce qu'eux sont un shekets, que leurs femmes sont un sherets, et qu'au sujet de leurs filles il dit : Maudit celui qui couche avec toute bête.

📜 Rachi (4)
גְּדוֹלֵי הַדּוֹר אַנְשֵׁי מַעֲשֶׂה וְצַדִּיקִים:
Des hommes d'action et des justes.
בַּת גַּבַּאי צְדָקָה שֶׁאֵין מְמַנִּין אֶלָּא אִם כֵּן טוֹבִים וְנֶאֱמָנִין:
Car on ne nomme que s'ils sont bons et dignes de confiance.
נְשׁוֹתֵיהֶן שֶׁרֶץ שֶׁאֵינָן זְהִירוֹת בַּמִּצְוֹת:
Car elles ne sont pas vigilantes dans les mitsvot.
עִם כָּל בְּהֵמָה שֶׁדּוֹמוֹת לִבְהֵמָה שֶׁאֵין לָהֶן לֵב לְהָבִין:
Car elles ressemblent à une bête qui n'a pas de cœur pour comprendre.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא מָצָא בַּת גַּבָּאֵי צְדָקָה יִשָּׂא בַּת מְלַמְּדֵי תִּינוֹקוֹת מַשְׁמַע דְּגַבָּאֵי צְדָקָה עֲדִיפֵי מִמְּלַמְּדֵי תִּינוֹקוֹת וְהָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק הַשֻּׁותָּפִין (ב"ב ח:) וְהַמַּשְׂכִּילִים יַזְהִירוּ כְּזֹוהַר הָרָקִיעַ אֵלּוּ גַּבָּאֵי צְדָקָה וּמַצְדִּיקֵי הָרַבִּים כַּכּוֹכָבִים אֵלּוּ מְלַמְּדֵי תִּינוֹקוֹת צ"ל דְּזֹוהַר הָרָקִיעַ עָדִיף מִזֹּוהַר כּוֹכָבִים:
Cela implique que les collecteurs de tsedaka sont préférables aux maîtres d'enfants. Or ce qui est dit au chapitre Ha-choutafin (Bava Batra 8b) : Les sages brilleront comme l'éclat du firmament, ce sont les collecteurs de tsedaka ; et ceux qui amènent le grand nombre à la justice, comme les étoiles, ce sont les maîtres d'enfants. Il faut dire que l'éclat du firmament est supérieur à l'éclat des étoiles.
🪔 Ben Yehoyada (2)
וְלֹא יִשָּׂא בַּת עַמֵּי הָאָרֶץ, מִפְּנֵי שֶׁהֵם שֶׁקֶץ וּנְשׁוֹתֵיהֶם שֶׁרֶץ. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דְּקָרֵי לְזָכָר שֶׁקֶץ וְלִנְקֵבָה שֶׁרֶץ , דְּאִיתָא בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ פָּרָשַׁת בְּרֵאשִׁית (זֹהַר חֵלֶק א' ב, ב) ק"ר אַתָּוָון דְּאִתְחֲזִיאוּ עַל סִטְרָא בִּישָׁא אִינּוּן יְעֻויַּן שָׁם. וְהִקְשׁוּ וַהֲלֹא בַּגְּמָרָא אָמְרוּ (שַׁבָּת קד.) קוֹף קָדוֹשׁ, רֵישׁ רָשָׁע? וְתֵרְצוּ כִּי 'קוֹף' [186] בְּמִילּוֹאוֹ מוֹרֶה עַל קָדוֹשׁ כִּי בְּמִילּוֹאוֹ הוּא מִסְפַּר 'מָקוֹם' [186] וְהוּא שְׁמוֹ שֶׁל הקב"ה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּתִיקּוּנִים אֲבָל ק' בְּלֹא מִלּוּי רוֹמֵז 'לסט"א' [100] עכ"ד. נִמְצָא לְפִי דִּבְרֵי זֹוהַר הַקָּדוֹשׁ אוֹתִיּוֹת ק"ר הֵם אַתָּווָן דְּאִתְחֲזִיאוּ עַל סִטְרָא בִּישָׁא. וּפֵרַשְׁנוּ הָעִנְיָן בס"ד דְּאוֹת ק' הוּא מִצַּד פְּלוֹנִי יַעַן כִּי פְּלוֹנִי אוֹתִיּוֹת ס"מ [100] הֵם חֵלֶק הָרַע שֶׁבּוֹ וְאוֹתִיּוֹת א"ל הֵם חֵלֶק הַטּוֹב שֶׁבּוֹ וּלְעָתִיד יִתְבַּעֵר הָרַע שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת ס"מ וְיִשָּׁאֵר בּוֹ אוֹתִיּוֹת א"ל דַּוְקָא. נִמְצָא הָרַע שֶׁל קְלִיפַּת הַזָּכָר הוּא אוֹתִיּוֹת ס"מ שֶׁהֵם מִסְפַּר ק ' בְּלֹא מִלּוּי, אָמְנָם הָרַע שֶׁבְּשֵׁם הַנְּקֵבָה שֶׁהִיא 'לִילִית' הוּא בְּאוֹתִיּוֹת לֵילֵי, כְּמוֹ שֶׁכָּתַב מָהָרָ"ם גָּלַאנְטִי זַ"ל שֶׁקְּלִיפָה זוֹ הִיא יְלָלָה וְעִיקַּר שְׁמָהּ 'לֵילֵי' וְאוֹתִיּוֹת אֵלּוּ שֶׁהֵם 'לָמֶ"ד יוֹ"ד לָמֶ"ד יו"ד' מִסֵּפֶר קפ"ח [188] וְעִם הַכּוֹלֵל י"ב אוֹתִיּוֹת הֵם מִסְפַּר ר' [200] , וּלְפִי זֶה נִמְצָא הָרַע שֶׁל הַנְּקֵבָה הוּא ר ' וּלְכָךְ אָמְרוּ בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ ק " ר אַתָּווָן דְּאִתְחֲזִיאוּ עַל סִטְרָא בִּישָׁא שֶׁהֵם זו"ן [זָכָר וּנְקֵבָה] דִּקְלִיפָּה פְּלוֹנִי וּפְלוֹנִית. וְלָכֵן אֵלּוּ הָעִמִּי הָאֲרָצוֹת שֶׁנִּבְדְּלוּ מִן הַקְּדֻושָּׁה וּפֵירְשׁוּ מִן הַתּוֹרָה וְנִדְבְּקוּ בְּסִטְרָא בִּישָׁא קָרְאוּ לָהֶם שֵׁם לְזָכָר שֶׁקֶץ שֶׁהוּא שָׁץ ק' וְלִנְקֵבָה שֶׁרֶץ שֶׁהוּא שָׁץ ר' כִּי הַזָּכָר דָּבֵק בְּזָכָר דִּקְלִיפָּה שֶׁהֵרַע שֶׁלּוֹ ק' וְהַנְּקֵבָה דְּבֵקָה בַּנְּקֵבָה דִּקְלִיפָּה שֶׁהֵרַע שֶׁלָּהּ ר' וּבִשְׁנֵיהֶם יֵשׁ שָׁץ שֶׁהוּא לְשׁוֹן כְּרִיתָה כִּי תַּרְגּוּם 'כִּי יַכְרִית ה' אֱ-לֹהֶיךָ' (דְּבָרִים יט, א) הוּא 'אֲרִי יְשָׁצֵי יְיָ אֱלָהָךְ'. גַּם הַזָּכָר נִקְרָא שֶׁקֶץ [490] מִסְפַּר 'אִישׁ קִטֵּעַ' [490] וְהַנְּקֵבָה שֶׁרֶץ [590] הוּא 'אִשָּׁה פֶּרֶד' [590] .
Et qu'il n'épouse pas la fille d'un am ha-arets, parce qu'eux sont un shekets et que leurs femmes sont un sherets. Il me semble, avec l'aide du Ciel, la raison pour laquelle il appelle le mâle shekets et la femelle sherets. Il est dit dans le Zohar hakadosh, paracha Bereshit (Zohar, partie I, 2b) : les lettres kouf-rech sont des lettres qui apparaissent du côté de la sitra bicha ; qu'on y regarde. On a objecté : or la Guemara a dit (Chabbat 104a) : kouf, saint ; rech, méchant ? Ils ont répondu : le mot kouf, en miloui, indique le saint, car en miloui son nombre est celui de makom, 186, et c'est un nom du Saint, béni soit-Il, comme ils l'ont dit dans les Tikounim ; mais le kouf sans miloui fait allusion à la sitra, 100. Fin de leur propos. Il en résulte, selon les paroles du Zohar hakadosh, que les lettres kouf-rech sont des lettres qui apparaissent du côté de la sitra bicha. Nous avons expliqué le sujet, avec l'aide du Ciel : la lettre kouf vient du côté de ploni, car chez ploni les lettres samekh-mem, 100, sont la part mauvaise qui est en lui, et les lettres aleph-lamed sont la part bonne qui est en lui. Dans l'avenir, le mal, qui est les lettres samekh-mem, sera consumé, et il ne restera en lui que les lettres aleph-lamed. Il en résulte que le mal de la kelipa du mâle, ce sont les lettres samekh-mem, dont le nombre est le kouf sans miloui. En revanche, le mal qui est dans le nom de la femelle, qui est Lilit, se trouve dans les lettres Lili, comme l'a écrit le Maharam Galanti, de mémoire bénie : cette kelipa est une plainte, et l'essentiel de son nom est Lili. Ces lettres, lamed-youd, lamed-youd, en miloui, font le nombre 188 ; avec le kollel des douze lettres, elles font le nombre du rech, 200. Selon cela, le mal de la femelle est le rech. C'est pourquoi ils ont dit dans le Zohar hakadosh : kouf-rech, des lettres qui apparaissent du côté de la sitra bicha, et ce sont le zoun, mâle et femelle, de la kelipa, ploni et plonit. C'est pourquoi ces amei ha-arets, qui se sont séparés de la kedoucha, qui se sont écartés de la Torah et qui se sont attachés à la sitra bicha, on leur a donné ce nom : au mâle, shekets, qui est chets-kouf, et à la femelle, sherets, qui est chets-rech. Car le mâle s'attache au mâle de la kelipa, dont le mal est kouf, et la femelle s'attache à la femelle de la kelipa, dont le mal est rech. Dans les deux il y a chets, qui est une langue de retranchement, car le targoum de quand Il retranchera, Hachem ton D.ieu (Deutéronome 19, 1), est : quand Il détruira, par le verbe yachatsi. Le mâle est aussi appelé shekets, 490, nombre de ich kata, homme mutilé, 490 ; et la femelle, sherets, 590, c'est icha pared, femme-mule, 590.
וְעַל בְּנוֹתֵיהֶם הוּא אוֹמֵר: (דְּבָרִים כז, כא) "אָרוּר שֹׁכֵב עִם כָּל בְּהֵמָה". הָא דְּקָרָא לְהוּ בְּשֵׁם 'בְּהֵמָה' נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי לַאֲבִיהֶם קָרְאוּ שֶׁקֶץ וּלְאֻמָּם קְרָאָהּ שֶׁרֶץ. וְהִנֵּה אוֹתִיּוֹת שֶׁקֶץ כָּזֶה ש י "ן ק וְ "ף צ דְּ "י אוֹתִיּוֹת הַקֶּרֶב שֶׁהֵם הָאֶמְצָעִים הֵמָּה יוֹ"ד וְעִם כּוֹלֵל ג' אוֹתִיּוֹת וְכוֹלֵל הַכֹּל הֵם מִסְפַּר כ"ד, וְזֶה בְּאָבִיהָ אַךְ בְּאַמָּה שֶׁנִּקְרֵאת שֶׁרֶץ שֶׁהוּא ש י "ן ר י ש צ ד י הַקֶּרֶב שֶׁלָּהּ הוּא מִסְפַּר כ"ד וְעִם הַכּוֹלֵל ג' אוֹתִיּוֹת וְכוֹלֵל הַכֹּל הֲרֵי כ"ח נִמְצָא סַךְ הַכֹּל [28+24=52] קָרַב הַשֶּׁקֶץ וְקָרַב הַשֶּׁרֶץ הוּא מִסְפַּר בְּהֵמָה [52] לָכֵן בְּנוֹתֵיהֶם שֶׁיֵּצְאוּ מִקִּרְבָּם שֶׁל שֶׁקֶץ וְשֶׁרֶץ נִקְרָאִים בְּשֵׁם בְּהֵמָה . וְהָא דְּלָא אָמַר עַל בְּנֵיהֶם כְּלוּם? מִפְּנֵי כִּי הַבָּנִים שֶׁהֵם זְכָרִים אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים שֶׁיִּזְדַּמֵּן לָהֶם אָדָם שֶׁיְּלַמְּדֵם תּוֹרָה מִקַּטְנוּתָם וִיבִיאֵם לַמּוּטָב וּפוֹרְשִׂים מִמִּנְהַג אֲבִיהֶם וְיִהְיוּ חֲבֵרִים וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ לְקַמָּן: וְתַנָּא קַמָּא? זִמְנִין דְּנָפֵיק בְּרָא מְעַלְּיָא מִינֵּיהּ, וְאָכִיל לֵיהּ וּמִיָּקִים בֵּיהּ מַה שֶׁנֶּאֱמַר: (אִיּוֹב כז, יז) 'יָכִין וְצַדִּיק יִלְבָּשׁ', מַה שֶׁאֵין כֵּן הַבָּנוֹת שֶׁהֵם נֶעְצָרִים בַּבַּיִת עִם הַשֶּׁקֶץ וְהַשֶּׁרֶץ וַדַּאי יִשָּׁאֲרוּ בְּמִנְהָגָם וְיִהְיוּ כִּבְהֵמָה שֶׁאֵין לָהֶם הֶיכֵּר לְהַבְדִּיל בֵּין טוֹב לְרָע כִּי מִי יְבִינֵם וּמִי יַבְדִּילֵם?! וְהָא דְּאָמַר עִם כָּל בְּהֵמָה וְלֹא אָמַר עִם בְּהֵמָה כִּי זֹאת הַבַּת כֻּולָּהּ בְּהֵמָה הֵן מִצַּד הָאָב וְהֵן מִצַּד הָאֵם.
Et au sujet de leurs filles il dit (Deutéronome 27, 21) : Maudit celui qui couche avec toute bête. Qu'il les appelle du nom de behema, il me semble, avec l'aide du Ciel, que voici pourquoi. Leur père, on l'a appelé shekets, et leur mère, on l'a appelée sherets. Or les lettres de shekets, ainsi : chin, kouf, tsadi. Les lettres du milieu, qui sont les lettres centrales, sont youd ; avec le kollel des trois lettres et le kollel du tout, elles font le nombre 24. Cela concerne le père. Mais chez la mère, appelée sherets, soit chin, rech, tsadi, son milieu fait le nombre 24 ; avec le kollel des trois lettres et le kollel du tout, cela fait 28. Le total, 28 plus 24, soit 52, du milieu du shekets et du milieu du sherets, est le nombre de behema, 52. C'est pourquoi leurs filles, sorties du sein du shekets et du sherets, sont appelées du nom de behema. Et pourquoi n'a-t-il rien dit au sujet de leurs fils ? Parce que les fils, qui sont des mâles, peuvent être bons : il peut se présenter un homme qui leur enseignera la Torah dès leur enfance, les ramènera au bien ; ils se séparent de la conduite de leur père et deviennent des haverim. Comme ils l'ont dit plus loin : et le tanna kamma ? Parfois il en sort un fils de valeur, celui-ci le consomme, et se réalise en lui ce qui est dit (Job 27, 17) : il prépare, et le juste revêtira. Il en va autrement des filles : elles sont retenues à la maison avec le shekets et le sherets ; elles resteront dans leur conduite, et elles seront comme une bête qui n'a pas de signe pour distinguer le bien du mal, car qui les fera comprendre, et qui les séparera ? Et pourquoi a-t-il dit avec toute bête, et non avec une bête ? Parce que cette fille est bête tout entière, du côté du père comme du côté de la mère.
💡 Explication

Baraita de priorité. On vend tout pour la fille d'un talmid 'hakham. À défaut, on descend : grands de la génération, chefs de synagogues, collecteurs de tsedaka, maîtres d'enfants. La fille de l'am ha-arets est exclue.

Trois mots visent trois personnes. Les hommes : shekets. Leurs femmes : sherets, parce qu'elles ne veillent pas aux mitsvot. Leurs filles : le verset de la bête, parce qu'elles n'ont pas de cœur pour comprendre.

Tossefot accordent ce rang avec Bava Batra 8b. L'éclat du firmament, les collecteurs, dépasse l'éclat des étoiles, les maîtres.

3
תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: עַם הָאָרֶץ אָסוּר לֶאֱכֹול בְּשַׂר, (בְּהֵמָה) שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף״: כָּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה מֻותָּר לֶאֱכֹול בְּשַׂר בְּהֵמָה וְעוֹף, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק בַּתּוֹרָה אָסוּר לֶאֱכֹול בָּשָׂר בְּהֵמָה וְעוֹף.

On a enseigné : Rabbi dit : il est interdit à un am ha-arets de manger de la viande (d'une bête), car il est dit : Voici la torah de la bête et de l'oiseau. Quiconque s'occupe de Torah, il lui est permis de manger de la viande de bête et d'oiseau ; et quiconque ne s'occupe pas de Torah, il lui est interdit de manger de la viande de bête et d'oiseau.

🪔 Ben Yehoyada (2)
עַם הָאָרֶץ אָסוּר לֶאֱכֹל בְּשַׂר. נִרְאֶה לִי לָאו אִיסּוּרָא מַמָּשׁ קָאָמַר כִּשְׁאָר אִיסּוּרִים שֶׁצָּרִיךְ לְהַפְרִישׁוֹ מֵהֶם בְּחֶזְקַת הַיָּד אֶלָּא הַכַּווָּנָה רוֹצֶה לוֹמַר 'אֵינוֹ רָאוּי שֶׁיֹּאכַל בָּשָׂר' וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה פֵּירֵשׁ הָרָ"ן זַ"ל [עַל הָרִי"ף] סוֹף פֶּרֶק קַמָּא דַּעֲבוֹדָה זָרָה עַל מַה שֶּׁאָמְרוּ אָסוּר לַעֲשׂוֹת שֻׁותָּפוּת עִם הַגּוֹי ד' אֲפִילּוּ אִיסּוּרָא דְרַבָּנָן לֵיכָּא אֶלָּא מִמִּידַּת חֲסִידוּת הִיא דְּאָסוּר ' יְעַייֵּן שָׁם. וְעַל פִּי הַפְּשָׁט נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם שֶׁרָאוּי לִמְנֹועַ עַם הָאָרֶץ מֵאֲכִילַת הַבָּשָׂר מִפְּנֵי דַּאֲכִילַת הַבָּשָׂר תְּלוּיָה בְּכַמָּה הֲלָכוֹת שֶׁל שְׁחִיטָה וְטַרְפֻיּוֹת וְאִם עַם הָאָרֶץ יֹאכַל בָּשָׂר וְיַרְגִּיל בּוֹ אָז כַּאֲשֶׁר יִזְדַּמֵּן בְּמָקוֹם שֶׁאֵין שָׁם שׁוֹחֵט יִשְׂרָאֵל כְּגוֹן בִּסְפִינָה אוֹ בַּמִּדְבָּר הוּא אֵינוֹ יָכוֹל לִכְבֹּושׁ תַּאֲוָתוֹ וְרוֹצֶה הָרֶגֶל שֶׁלּוֹ וְאָז אוֹכֵל בְּשַׂר נְבֵילָה וּטְרֵיפָה שֶׁל גּוֹיִם דְּמֵאַחַר שֶׁאֵין לוֹ תּוֹרָה אֵינוֹ יָכוֹל לִכְבֹּושׁ תַּאֲוָתוֹ , וּלְכָךְ טוֹב לוֹ שֶׁלֹּא יֹאכַל בָּשָׂר גַּם בְּמָקוֹם שֶׁמָּצוּי לוֹ בָּשָׂר כְּשֵׁרָה כְּדֵי שֶׁלֹּא יַרְגִּיל תַּאֲוָתוֹ בּוֹ, כָּךְ יָאוּת לוֹ. וְנָפְקָא מִינָּהּ לְדִידַן אִם אֶפְשָׁר לָנוּ שֶׁלֹּא נַרְגִּיל אוֹתוֹ בַּאֲכִילַת הַבָּשָׂר כְּגוֹן שֶׁהוּא כָּבוּשׁ תַּחַת יָדֵינוּ כָּךְ יָאוּת לַעֲשׂוֹת לוֹ. וְכָל זֶה כָּתַבְתִּי לְפִי הַפְּשָׁט, אָמְנָם רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר טַעֲמֵי הַמִּצְוֹת פָּרָשַׁת עֵקֶב, פֵּירֵשׁ הַסִּיבָּה שֶׁרָאוּי לִמְנֹועַ לְעַם הָאָרֶץ מֵאֲכִילַת הַבָּשָׂר מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְתַקֵּן לְבָרֵר נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה מִן הַבָּשָׂר בַּאֲכִילָתוֹ אוֹתוֹ, יְעַיֵּין שָׁם הַטַּעַם בְּאֹורֶךְ וּבְרֹוחַב. וְעוֹד כָּתַב טַעַם אַחֵר כְּדֵי שֶׁלֹּא יִדְבְּקוּ בּוֹ הַסִּיגִים שֶׁיֵּשׁ בַּבָּשָׂר, וּנְפָשׁוֹת הָרָעוֹת שֶׁמְּגֻולְגָּלִים בּוֹ מִפְּנֵי שֶׁאֵין לוֹ תּוֹרָה כְּדֵי שֶׁיּוּכַל לִדְחוֹתָם יְעַייֵּן שָׁם. וּלְפִי דִּבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל יוּבָן בס"ד הַטַּעַם מַה שֶׁלֹּא נִזְכַּר בְּדִבְרֵי רַבִּי מְנִיעָה מִבְּשַׂר דָּגִים , כִּי הַדָּגִים אֵין בָּהֶם סִיגִים הַרְבֵּה דְּלָכֵן אֲסִיפָתָם מַתִּירָתָן, וְדוֹק: וּבְדֶרֶךְ דְּרָשׁ נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דְּ'עַם הָאָרֶץ אָסוּר לֶאֱכֹל בָּשָׂר' כִּי יַעֲקֹב וְעָשׂוּ חֶלְקוֹ הָעוֹלָמוֹת וְלָכֵן אֵין לְזֶרַע יַעֲקֹב בָּעוֹלָם הַזֶּה הַמּוֹתָרוֹת שֶׁהוּא בָּשָׂר אֶלָּא רַק מַאֲכַל קִיּוּם הַנֶּפֶשׁ, בְּרַם הֵם זוֹכִים בְּבָשָׂר וּבְכָל מוֹתָרוֹת מִכֹּחַ עֵסֶק הַתּוֹרָה הַמְקַיֵּים עוֹלָם הַזֶּה, וַהֲוָה לֵיהּ כְּמַצִּיל מִזּוֹטוֹ שֶׁל יָם, וְעַל כֵּן עַם הָאָרֶץ שֶׁאֵין לוֹ תּוֹרָה אֵין לוֹ זְכִיָּה בְּבָשָׂר שֶׁהוּא מֻותָּרוֹת, דְּנִמְצָא אוֹכֵל מֵחֵלֶק עֵשָׂו.
Un am ha-arets, il lui est interdit de manger de la viande. Il me semble qu'il ne vise pas un interdit au sens propre, comme les autres interdits dont il faudrait l'écarter par la force. L'intention est : il n'est pas convenable qu'il mange de la viande. Dans le même sens, le Ran, de mémoire bénie, sur le Rif, à la fin du premier chapitre d'Avoda Zara, explique ce qu'ils ont dit : il est interdit de faire société avec le non-Juif. Même un interdit rabbinique, il n'y en a pas ; c'est une mesure de hassidout qui l'interdit. Qu'on y regarde. Selon le péchât, il me semble, avec l'aide du Ciel, la raison pour laquelle il convient d'empêcher l'am ha-arets de manger de la viande : manger de la viande dépend de nombreuses halakhot de chehita et de trefot. Si l'am ha-arets mange de la viande et s'y habitue, alors, lorsqu'il se trouvera dans un lieu où il n'y a pas de chohet israël, par exemple sur un bateau ou dans le désert, il ne pourra pas maîtriser son appétit, il voudra son habitude, et il mangera de la viande nevela et trefa des non-Juifs. Puisqu'il n'a pas de Torah, il ne peut pas maîtriser son appétit. C'est pourquoi il lui est bon de ne pas manger de viande même dans un lieu où de la viande kachère lui est accessible, afin de ne pas habituer son appétit. Ainsi cela lui convient. Conséquence pour nous : s'il nous est possible de ne pas l'habituer à manger de la viande, par exemple lorsqu'il est sous notre main, il convient d'agir ainsi envers lui. Tout cela, je l'ai écrit selon le péchât. Cependant notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans Chaar Taamei ha-mitsvot, paracha Ekev, explique la cause pour laquelle il convient d'empêcher l'am ha-arets de manger de la viande : il ne peut pas réparer ni trier, par cette nourriture, les nitsotsot de kedoucha qui sont dans la viande. Qu'on y regarde la raison en longueur et en largeur. Il a encore écrit une autre raison : afin que ne s'attachent pas à lui les scories qui sont dans la viande, et les âmes mauvaises qui y sont en gilgoul, parce qu'il n'a pas de Torah pour pouvoir les repousser. Qu'on y regarde. Selon les paroles de notre maître l'Ari, de mémoire bénie, on comprend, avec l'aide du Ciel, pourquoi les paroles de Rabbi ne mentionnent pas une abstention de la viande des poissons : les poissons n'ont pas en eux beaucoup de scories, c'est pourquoi leur rassemblement vaut déjà permission. Qu'on soit précis. Par voie de derach, il me semble, avec l'aide du Ciel, la raison de : il est interdit à l'am ha-arets de manger de la viande. Yaakov et Essav se sont partagé les mondes. C'est pourquoi la descendance de Yaakov n'a pas, dans ce monde-ci, le superflu, qui est la viande, mais seulement la nourriture qui maintient l'âme. Cependant ils méritent la viande et tout superflu par la force de l'occupation de la Torah, qui maintient ce monde-ci ; cela revient à sauver du flot de la mer. C'est pourquoi l'am ha-arets, qui n'a pas de Torah, n'a pas de droit sur la viande, qui est un superflu : il mange alors de la part d'Essav.
עַכְשָׁיו שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּם, אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּיַיִן. קָשֶׁה וְכִי עַכְשָׁיו אֵין אוֹכְלִים בָּשָׂר וְלָמָּה הַיַּיִן מִילֵּא מְקוֹם שִׂמְחַת הַבָּשָׂר שֶׁל שְׁלָמִים שֶׁל זְמַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וְאֵין הַבָּשָׂר שֶׁל חֻולִּין שֶׁאוֹכְלִין עַתָּה מְמַלֵּא מְקוֹם שִׂמְחַת הַבָּשָׂר שֶׁל זְמַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהַשִּׂמְחָה צָרִיךְ שֶׁתִּהְיֶה שְׁלֵימָה לַנֶּפֶשׁ וְלַגּוּף דְּהַייְנוּ שֶׁהַגּוּף נֶהֱנֶה מִן אֲכִילַת הַבָּשָׂר וְהַנֶּפֶשׁ נֶהֱנֵית מִן בֵּירוּר נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה הַנַּעֲשֶׂה בַּאֲכִילַת הַבָּשָׂר וְלָכֵן בַּאֲכִילַת שְׁלָמִים הָיְתָה שִׂמְחָה שְׁלֵימָה דַּאֲפִילּוּ עַם הָאָרֶץ עוֹשֶׂה בֵּירוּר שָׁלֵם בַּאֲכִילַת בְּשַׂר שְׁלָמִים שֶׁיִּהְיֶה לוֹ עֵזֶר מִצַּד קְדֻושַּׁת הַבָּשָׂר וּמִצַּד קְדֻושַּׁת הַמָּקוֹם וְלָכֵן כְּתִיב בַּאֲכִילַת הַשְּׁלָמִים (דְּבָרִים טז, יא) 'וְשָׂמַחְתָּ לִפְנֵי ה' אֱ-לֹהֶיךָ', אָמְנָם כְּשֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קִים צָרִיךְ גֶּבֶר בְּגֻובְרִין לְבָרֵר נִיצוֹצוֹת קְדֻושָּׁה מִן אֲכִילַת הַבָּשָׂר, שֶׁלָּכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (פְּסָחִים מט:) 'עַם הָאָרֶץ אָסוּר לֶאֱכֹול בָּשָׂר' מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְבָרֵר בַּאֲכִילָתוֹ, וְלָכֵן אֵין שִׂמְחָה שְׁלֵימָה לַנֶּפֶשׁ בַּאֲכִילַת הַבָּשָׂר, אַךְ הַיַּיִן בֵּירוּר שֶׁלּוֹ הוּא יוֹתֵר נָקֵל מִן הַבָּשָׂר לָכֵן יֵשׁ בּוֹ שִׂמְחָה גַּם לַנֶּפֶשׁ. אוֹ יוּבָן בס"ד בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם אֵין דַּאֲגוֹת בַּלֵּב לְכָךְ הַשִּׂמְחָה בְּבָשָׂר לְבַדּוֹ וְאֵין צְרִיכִין לְיַיִן לְהָסִיר דַּאֲגוֹת שֶׁבַּלֵּב, אַךְ בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם שֶׁהַדְאָגוֹת מְצוּיִים הַרְבֵּה אֵצֶל כָּל אָדָם אֵין שִׂמְחָה בְּבָשָׂר מֵאַחַר כִּי הָאוֹרֵב הִיא הַדְּאָגָה בְּחֶדֶר שֶׁל הַלֵּב לְכָךְ אֵין שִׂמְחָה אֶלָּא בְּיַיִן שֶׁטָּבְעוּ לְהַעֲבִיר הַדְאָגוֹת וּמִמֵּילָא תִּתְעוֹרֵר הַשִּׂמְחָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ שֶׁפַע הָאֲכִילָה נִמְשָׁךְ מִן אוֹתִיּוֹת י"ה שֶׁבַּשֵּׁם שֶׁהֵם חו"ב [חָכְמָה וּבִינָה] וְשֶׁפַע הַשְּׁתִיָּה נִמְשָׁךְ מִן אוֹתִיּוֹת ו"ה שֶׁבַּשֵּׁם שֶׁהֵם תו"מ [תִּפְאֶרֶת וּמַלְכוּת] בְּסוֹד (שִׁיר הַשִּׁירִים ה, א) 'אִכְלוּ רֵעִים שְׁתוּ וְשִׁכְרוּ דּוֹדִים' וְלָכֵן בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים הַהַשְׁפָּעָה עֶלְיוֹנָה יִתְרַבֶּה הַשֶּׁפַע בַּאֲכִילָה שֶׁנִּמְשַׁךְ מִן אוֹתִיּוֹת י"ה וּלְכָךְ הַשִּׂמְחָה תִּהְיֶה בְּבָשָׂר שֶׁהוּא אֲכִילָה אֲבָל כְּשֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם דְּאֵין הַשְׁפָּעָה עֶלְיוֹנָה לֹא יִתְרַבֶּה הַשֶּׁפַע בַּאֲכִילָה אֶלָּא רַק בִּשְׁתִיָּה בִּלְבַד שֶׁהִיא תַּחְתּוֹנָה, וְלָכֵן הַשִּׂמְחָה בְּיַיִן שֶׁהוּא שְׁתִיָּה וְלָכֵן נֵס הַפּוּרִים שֶׁהָיָה בְּחוּץ לָאָרֶץ הַשִּׂמְחָה שֶׁלּוֹ הִיא בִּשְׁתִיָּה שֶׁהִיא תַּחְתּוֹנָה. וּבָזֶה יוּבָן (יְשַׁעְיָהוּ סו, כג) 'יָבוֹא כָל בָּשָׂר לְהִשְׁתַּחֲוֹ‍ת לְפָנַי אָמַר ה' וְלֹא אָמַר יָבֹא כָּל אָדָם אֶלָּא כִּינָּה אוֹתָם בְּשֵׁם בָּשָׂר כִּי בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַייָּם יִהְיֶה לָהֶם הַשְׁפָּעָה עֶלְיוֹנָה שֶׁהִיא בְּבָשָׂר שֶׁהוּא אֲכִילָה. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד (מִשְׁלֵי ט, א) 'חָכְמוֹת בָּנְתָה בֵיתָהּ חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה' כִּי הַיָּמִים טוֹבִים בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הֵם שִׁבְעָה בְּכָל הַשָּׁנָה כֻּולָּהּ שֶׁהֵם ב' יָמִים שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה שֶׁגַּם בִּזְמַן הַבַּיִת הָיוּ עוֹשִׂין ב' יָמִים וְיוֹם רִאשׁוֹן דְּסֻוכּוֹת וְיוֹם שְׁמִינִי עֲצֶרֶת וְיוֹם רִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח וְיוֹם ז' שֶׁל פֶּסַח וְיוֹם רִאשׁוֹן דִּשְׁבוּעוֹת הֲרֵי שִׁבְעָה יָמִים טוֹבִים, וְיָדוּעַ יִשְׂרָאֵל נִקְרְאוּ (דְּבָרִים ד, ו) 'עַם חָכָם וְנָבוֹן' וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר 'חָכְמוֹת בָּנְתָה בֵּיתָהּ' הוּא בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אָז 'חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה' הֵם שְׂבֵעַת יָמִים טוֹבִים וּבְאוֹתָם הַיָּמִים יֵשׁ לָהֶם שִׂמְחָה בְּבָשָׂר וּבַיַּיִן וְזֶהוּ (מִשְׁלֵי ט, ב) 'טְבָחָהּ טְבָחָהּ' זֶה הַבָּשָׂר וְאַגַּב נָמֵי 'מָסְכָה יֵינָהּ'.
Maintenant que le Temple n'est plus debout, il n'y a de joie que dans le vin. Difficulté : et maintenant, ne mange-t-on pas de viande ? Pourquoi le vin a-t-il pris la place de la joie de la viande des chelamim du temps du Temple, et pourquoi la viande de houlin que l'on mange à présent ne prend-elle pas la place de la joie de la viande du temps du Temple ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : la joie doit être complète pour l'âme et pour le corps. Le corps jouit de manger la viande, et l'âme jouit du tri des nitsotsot de kedoucha qui se fait en mangeant la viande. C'est pourquoi, en mangeant les chelamim, la joie était complète : même un am ha-arets fait un tri complet en mangeant la viande des chelamim, car il a une aide du côté de la kedoucha de la viande et du côté de la kedoucha du lieu. C'est pourquoi il est écrit, au sujet du repas des chelamim (Deutéronome 16, 11) : tu te réjouiras devant Hachem, ton D.ieu. En revanche, quand le Temple n'est plus debout, il faut un homme parmi les hommes pour trier les nitsotsot de kedoucha qui viennent de manger la viande. C'est pourquoi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Pesachim 49b) : il est interdit à un am ha-arets de manger de la viande, parce qu'il ne peut pas trier par son repas. C'est pourquoi il n'y a pas de joie complète pour l'âme dans le repas de viande. Mais le vin, son tri est plus aisé que celui de la viande ; c'est pourquoi il y a en lui une joie aussi pour l'âme. Ou bien on comprendra, avec l'aide du Ciel : au temps où le Temple est debout, il n'y a pas de soucis dans le cœur ; c'est pourquoi la joie est dans la viande seule, et l'on n'a pas besoin du vin pour retirer les soucis du cœur. Mais au temps où le Temple n'est pas debout, les soucis sont fréquents chez tout homme ; il n'y a pas de joie dans la viande, puisque l'embuscade, c'est le souci, dans la chambre du cœur. C'est pourquoi il n'y a de joie que dans le vin, dont la nature est d'éloigner les soucis, et la joie s'éveille d'elle-même. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel : on sait que le flux du manger se tire des lettres Youd-Hé du Nom, qui sont 'hokhma et bina, et que le flux du boire se tire des lettres Vav-Hé du Nom, qui sont tiferet et malkhout, dans le sod de (Cantique 5, 1) : mangez, compagnons, buvez et enivrez-vous, bien-aimés. C'est pourquoi, au temps où le Temple est debout, l'influence d'en haut multiplie le flux dans le manger, qui se tire des lettres Youd-Hé ; la joie sera donc dans la viande, qui est un manger. Mais quand le Temple n'est pas debout, puisqu'il n'y a pas d'influence d'en haut, le flux ne se multiplie pas dans le manger, seulement dans le boire, qui est inférieur. C'est pourquoi la joie est dans le vin, qui est un boire. C'est pourquoi le miracle de Pourim, qui eut lieu hors de la Terre, a sa joie dans le boire, qui est inférieur. Par là on comprend (Isaie 66, 23) : toute chair viendra se prosterner devant Moi, dit Hachem. Il n'a pas dit : tout homme viendra, il les a nommés du nom de chair, car au temps où le Temple est debout, ils auront l'influence d'en haut, qui est dans la chair, c'est-à-dire le manger. Par là on comprend, avec l'aide du Ciel (Proverbes 9, 1) : la Sagesse a bâti sa maison, elle a taillé ses sept colonnes. Car les jours de fête en Terre d'Israël sont sept dans toute l'année : les deux jours de Roch Hachana, que l'on faisait aussi deux jours au temps du Temple ; le premier jour de Soukot ; le jour de Chemini Atseret ; le premier jour de Pesach ; le septième jour de Pesach ; et le premier jour de Chavouot. Voilà sept jours de fête. Et l'on sait qu'Israël sont appelés (Deutéronome 4, 6) un peuple sage et avisé. C'est ce qui est dit : la Sagesse a bâti sa maison, c'est le Temple ; alors elle a taillé ses sept colonnes, ce sont les sept jours de fête. En ces jours, ils ont une joie dans la viande et dans le vin. C'est (Proverbes 9, 2) : elle a abattu son abattage, c'est la viande ; et du même coup : elle a mélangé son vin.
💡 Explication

Deracha de Rabbi sur Lévitique 11, 46 : zot torat ha-behema ve-ha-of, voici la torah de la bête et de l'oiseau. Le droit de manger la viande est lié à l'occupation de la Torah. Qui ne s'en occupe pas n'a pas ce droit.

Le mot torah du verset porte les deux : l'enseignement des signes de la bête, et l'étude qui ouvre le repas de viande.

4
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עַם הָאָרֶץ מֻותָּר לְנָוחֳרוֹ בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבִּי, אֱמֹור לְשׁוֹחֲטוֹ! אָמַר לָהֶן: זֶה טָעוּן בְּרָכָה, וְזֶה אֵינוֹ טָעוּן בְּרָכָה.

Rabbi Elazar a dit : il est permis de percer un am ha-arets le jour de Kippour qui tombe un Chabbat. Ses disciples lui ont dit : Maître, dis : de l'abattre !

Il leur a dit : ceci exige une berakha, et cela n'exige pas de berakha.

🪔 Ben Yehoyada (1)
עם־הארץ, מתר לנוחרו ביום הכפורים שחל להיות בשבת. הנה לפי פשוטן של דברים הוא דנאמר זה בדרך הגזמה כלומר ראוי לעשות לו כך אם היה מותר לנו וכיוצא בזה נאמר בדברי דוד המלך ע"ה שאמר על הגונב את הכבשה 'חי ה' כי בן מות האיש העשה זאת' (שמואל ב' יב, ה) דאמר כן בלשון הגזמה דודאי אין חיוב מיתה בעבור ממון! אלא רוצה לומר ראוי הוא לכך אם היה מותר להרגו, ואמרו רבותינו ז"ל (חולין צ:) דברה תורה בלשון גוזמא, דברו חכמים בלשון גוזמא. והרי"ף ז"ל ביאר המאמר הזה בלשון אחר יעיין שם. ונראה לי בס"ד כי רבותינו ז"ל דברו בזה בדרך רמז ובלשון חכמה ומליצה והוא כי אי אפשר לעם הארץ בלתי היות בו תערובת נצוצי קדושה והוא לרוב רשעתו ושנאתו לבעלי תורה לא יש תקוה להחזירו למוטב ולתקנו בתשובה על כן תקנתו היא למשוך ממנו חלקים הטובים שבו, ולסילוק והמשכת חלק הטוב מקרבו מכנה אותו בשם נחירה שמושך זה ממנו בעודו חי, ואמר אפילו ביום הכפורים שחל בשבת שקדושתו יתירה והוא יום המיוחד לתשובה יותר מכל ימות השנה ויש בו סיוע לאדם מכח הארת עצומו של יום לקבלת התשובה, עם כל זה אין תקוה שזה העם הארץ יחזור בתשובה ולכן אין תקנה אל חלק הטוב שבו אלא על ידי נחירה שצריך לעשות כונות ויחודים אשר על ידם ימשוך ויסלק חיות הקדוש של חלק הטוב שיש בקרבו. ואמרו לו תלמידיו : רבי אמר : ' לשוחטו '! שהם הבינו כונת רבם דלא איירי לעשות נחירה בידים לגופו להרגו אלא הבינו כונתו לנוחרו על ידי כונות ויחודים שהם מתוקנים למשוך בהם חיות האדם של חלק הטוב שבו דלזה קרי לה בשם נחירה ולכן אמר לו יותר נכון למנקט לשון לשוחטו שהוא לשון המשכה כמו זהב שחוט (מלכים א' י, טז) שתמשוך ממנו חלק הטוב שבו על ידי כונות ויחודים, וכמו שאמרו גורי האר"י ז"ל על מאמר ' קם רבה, שחטיה לרבי זירא ' (מגילה ז:) דהכוונה לא שחטו ממש אלא משך ממנו חיות גופו על ידי סודות וכונות וכאן הוה ליה למימר לשוחטו. והשיב להם הן אמת כי יצדק על זה לשון שחיטה יותר עם כל זה תפסתי לשון נחירה כדי לגנותם כי בעלמא הנחירה הממשית היא מגונית משחיטה ממשית יען שבשחיטה יש ברכה אך בנחירה תהיה נבלה ואין בה ברכה לכן כניתי ההמשכה של חיותו בשם נחירה כדי לגנותו כי הנחירה היא לשון גנאי בעלמא. וגם רבי שמואל בר נחמני שאמר ' מתר לקרעו כדג ' הוא כונתו על דרך זה דהרשע מתלבש בבגד טומאה מכף רגלו ועד קדקדו וכמו שאמרו בזוהר הקדוש על פסוק 'בבגדו בה' (שמות כא, ח) ותוך הלבוש הזה שהוא קליפה יש נצוצי קדושה אסורים ובלועים שם כנשמה בתוך הגוף, ולזה בגד הטמא צריך לקרעו בשם קר " ע שט " ן כדי להוציא את בלעו ממנו הם נצוצי הקדושה וכאשר אומרים בבקשות בשם קר"ע 'קרע ממלכת הרשעה כולה' והניצוצות המה יעשו ער"ק וכו'. ולזה אמר רבי שמואל בר יצחק: ומגבו והיינו דכל אדם יש לו פנים ואחור והסטרא אחרא תלביש הרשע מלפניו ומאחריו ולזה אמר ' והסר שטן מלפנינו ומאחרינו ' אך ידוע דהקליפות יתאחזו באחור יותר ולזה אמר ומגבו רוצה לומר הקריעה של בגד הטמא הנזכר תהיה מגבו מצד האחור ששם הקליפה קשה ביותר ומשם יקרענו על ידי כונות שמות הקודש להוציא ניצוצות קדושה. ודע כי אחד אפיקורוס שהתריס במאמרים אלו נחה דעתו במ"ש על מאמר 'מתר להרגו' שהוא לשון גוזמא רוצה לומר ראוי להיות לו כך אם היה מותר לנו, אך בדברי רבי שמואל בר נחמני שאמר 'לקרעו כדג' ובדברי רבי שמואל בר יצחק שאמר 'ומגבו' לא נחה דעתו. ואמרתי בס"ד פשט נכון בזה דרבי שמואל בר נחמני מיירי בחולה שמת בחליו ודרך הרופאים לקרוע בטן החולה אחר שמת כדי לידע סיבת מחלתו ומה ענינו על כן ודאי במת ישראל לא ניתן להם רשות בכך משום ניוול ובזיון ועל זה אמר רבי שמואל בר נחמני דעם הארץ שמת 'מתר לקרעו כדג' מראשו ועד רגלו כדי להתלמד בו דבר בחכמת הרפואה ולא חיישינן לבזיון דידיה דיהיה לו כפרה בכך. והוסיף רבי שמואל בר יצחק לומר שרי לקרעו 'מגבו' אף על גב דהוי ניוול טפי כשקורעו מגבו. ודברים אלו היו נמצאים בדורות הראשונים דמצינו בגמרא דתלמידי רבי עקיבא שלקו זונה אחת ומצאו בה רנ"ב איברים נמצא גם בזמן התנאים היו עוסקים בחכמת הניתוח לדעת ולראות באיברים הפנימים ולא רצו לעשות ניוול אלא רק לזונה כי באמת חכמת הניתוח וחכמת הרפואה היתה נמצאת אצל ישראל גם כן מזמן קדמון ואי אפשר להשיג חכמות אלו על בוריין אלא אם כן יעשו קריעה בגוף האדם שכבר מת ובהכי איירי הכא, ולא נפלאת ולא רחקה כוונה מן המאמר הזה ובכך הודה אותו אפקרוס ונסתם פיו.
Un am ha-arets, il est permis de le percer le jour de Kippour qui tombe un Chabbat. Voici : selon le sens obvie des paroles, ceci est dit par voie de guzma. C'est-à-dire : il serait convenable de lui faire ainsi si cela nous était permis. Du même genre est dit dans les paroles de David le roi, sur lui la paix, qui a dit au sujet de celui qui vole la brebis : par la vie de Hachem, l'homme qui a fait cela est passible de mort (Samuel II 12, 5). Il l'a dit en langue de guzma, car il n'y a certes pas d'obligation de mort pour un bien. L'intention est : il mériterait cela si il était permis de le tuer. Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Houlin 90b) : la Torah a parlé en langue de guzma, les Sages ont parlé en langue de guzma. Et le Rif, de mémoire bénie, a expliqué cet enseignement en d'autres termes ; qu'on y regarde. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que nos maîtres, de mémoire bénie, ont parlé ici par voie d'allusion, en langue de sagesse et de figure. Voici : il est impossible qu'un am ha-arets soit dépourvu d'un mélange de nitsotsot de kedoucha. Et lui, à cause de l'abondance de sa méchanceté et de sa haine pour les hommes de Torah, il n'y a pas d'espoir de le ramener au bien et de le réparer par la techouva. C'est pourquoi sa réparation est de tirer de lui les parts bonnes qui sont en lui. Pour le retrait et le tirage de la part bonne de son sein, il le désigne du nom de nehira, car on tire cela de lui tandis qu'il est encore vivant. Et il a dit : même le jour de Kippour qui tombe un Chabbat, dont la kedoucha est plus grande, et qui est le jour réservé à la techouva plus que tous les jours de l'année, et où il y a une aide pour l'homme, par l'éclat de l'essence du jour, pour recevoir la techouva. Malgré tout cela, il n'y a pas d'espoir que cet am ha-arets revienne en techouva. C'est pourquoi il n'y a de réparation pour la part bonne qui est en lui que par la nehira : il faut faire des kavvanot et des yihoudim par lesquels on tirera et on retirera la vitalité sainte de la part bonne qui est en son sein. Ses disciples lui ont dit : Maître, dis : de l'abattre. Ils avaient compris l'intention de leur maître : il ne s'agissait pas de faire une nehira de ses mains sur son corps pour le tuer. Ils avaient compris son intention : le percer par des kavvanot et des yihoudim disposés pour tirer par eux la vitalité humaine de la part bonne qui est en lui. C'est à cela qu'il donne le nom de nehira. C'est pourquoi ils lui ont dit qu'il est plus juste de prendre la langue de l'abattre, qui est une langue de tirage, comme l'or battu, zahav chahout (Rois I 10, 16) : que tu tires de lui la part bonne qui est en lui par des kavvanot et des yihoudim. Comme l'ont dit les disciples de l'Ari, de mémoire bénie, sur l'enseignement : Rava se leva et égorgea Rabbi Zeira (Meguila 7b). L'intention est qu'il ne l'a pas égorgé au sens propre ; il a tiré de lui la vitalité de son corps par des secrets et des kavvanot. Ici aussi, il aurait dû dire : de l'abattre. Il leur a répondu : il est vrai que la langue de chehita convient mieux à cela. Malgré tout, j'ai saisi la langue de nehira afin de les dénigrer. Car dans le monde, la nehira effective est plus infamante que la chehita effective, puisque dans la chehita il y a une berakha, tandis que dans la nehira ce sera une nevela, et il n'y a pas en elle de berakha. C'est pourquoi j'ai désigné le tirage de sa vitalité du nom de nehira, afin de le dénigrer, car la nehira est une langue d'opprobre dans le monde. Rabbi Chemouel bar Nahmani aussi, qui a dit : il est permis de le déchirer comme un poisson, vise de cette voie. Le méchant se vêt d'un vêtement d'impureté, de la plante du pied jusqu'au sommet de la tête, comme ils l'ont dit dans le Zohar hakadosh sur le verset bevigdo vah (Exode 21, 8). À l'intérieur de ce vêtement, qui est une kelipa, il y a des nitsotsot de kedoucha, liés et engloutis là comme une nechama dans le corps. C'est pourquoi le vêtement impur doit être déchiré au nom de kera satan, afin d'en faire sortir ce qu'il a englouti, ce sont les nitsotsot de kedoucha, comme on dit dans les supplications, au nom de kera : Déchire toute la royauté de la méchanceté. Et les étincelles deviennent erek, etc. C'est pourquoi Rabbi Chemouel bar Yitshak a dit : et par le dos. Voici : tout homme a un devant et un derrière, et la sitra ahara vêt le méchant par devant et par derrière. C'est à cela que vise : et écarte le satan de devant nous et de derrière nous. Mais on sait que les kelipot s'attachent davantage par derrière. C'est pourquoi il a dit : et par le dos. L'intention : la déchirure du vêtement impur dont on a parlé se fera par son dos, du côté de derrière, la où la kelipa est la plus dure, et de là on le déchirera par des kavvanot des noms saints, afin de faire sortir les nitsotsot de kedoucha. Sache qu'un apikoros qui s'était braqué contre ces enseignements s'est apaisé par ce que l'on a écrit sur l'enseignement il est permis de le tuer : c'est une langue de guzma, l'intention est qu'il mériterait qu'il en soit ainsi si cela nous était permis. Mais dans les paroles de Rabbi Chemouel bar Nahmani, qui a dit de le déchirer comme un poisson, et dans les paroles de Rabbi Chemouel bar Yitshak, qui a dit et par le dos, il ne s'est pas apaisé. J'ai dit, avec l'aide du Ciel, un péchât juste en cela. Rabbi Chemouel bar Nahmani parle d'un malade qui est mort de sa maladie. La voie des médecins est de déchirer le ventre du malade après sa mort, afin de connaître la cause de sa maladie et de quoi il s'agit. C'est pourquoi, certes, sur un mort d'Israël, on ne leur a pas donné permission de le faire, à cause de l'avilissement et de l'outrage. C'est à ce sujet que Rabbi Chemouel bar Nahmani a dit : un am ha-arets qui est mort, il est permis de le déchirer comme un poisson, de la tête aux pieds, afin d'y apprendre quelque chose dans la sagesse de la médecine, et nous ne craignons pas son outrage, car il y aura pour lui une kapara par cela. Rabbi Chemouel bar Yitshak a ajouté : il est permis de le déchirer par le dos, même si l'avilissement est plus grand quand on le déchire par le dos. Ces choses se trouvaient dans les premières générations. Nous trouvons dans la Guemara que les disciples de Rabbi Akiva ont frappé une femme de mauvaise vie et ont trouvé en elle 252 membres. Il en résulte qu'au temps des tannaïm aussi ils s'occupaient de la sagesse de l'ouverture du corps, pour connaître et voir les organes internes. Ils n'ont pas voulu faire un avilissement, seulement à cette femme. Car en vérité la sagesse de l'ouverture et la sagesse de la médecine se trouvaient aussi chez Israël depuis un temps ancien, et il est impossible d'atteindre ces sagesses dans leur fond si l'on ne fait pas une déchirure dans le corps d'un homme déjà mort. C'est de cela qu'il s'agit ici. L'intention de cet enseignement n'est ni lointaine ni cachée. Par cela, cet apikoros a reconnu, et sa bouche s'est fermée.
💡 Explication

Nehira : on perce, sans le rite de la chehita. La chehita d'une bête exige une berakha. La nehira n'en exige pas. Rabbi Elazar refuse le mot de ses élèves, qui rendrait l'acte honorable.

Le registre de ces phrases, sur cet amoud, est celui de la guzma. Tossefot et le Roch, plus loin, resserrent le cas : un homme qui connaît et renie pour provoquer, brigand suspect de meurtre. Le Ben Yehouada lit aussi la nehira comme une figure.

5
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עַם הָאָרֶץ אָסוּר לְהִתְלַוּוֹת עִמּוֹ בַּדֶּרֶךְ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי הִיא חַיֶּיךָ וְאֹורֶךְ יָמֶיךָ״, עַל חַיָּיו לֹא חָס, עַל חַיֵּי חֲבֵירוֹ — לֹא כָל שֶׁכֵּן.

Rabbi Elazar a dit : il est interdit de s'associer en chemin avec un am ha-arets, car il est dit : car elle est ta vie et la longueur de tes jours. Sur sa vie il n'a pas épargné ; sur la vie de son prochain, à plus forte raison.

📜 Rachi (2)
כִּי הִיא חַיֶּיךָ וְאֹורֶךְ יָמֶיךָ עַל חַיָּיו לֹא חָס לִלְמֹוד תּוֹרָה וְלִחְיוֹת:
Pour étudier la Torah et vivre.
עַל חַיֵּי חֲבֵרוֹ לֹא כָּל שֶׁכֵּן וְיֵשׁ לִדְאֹג שֶׁמָּא יַהַרְגֶנּוּ:
Et il y a lieu de craindre qu'il ne le tue.
💡 Explication

Le verset dit de la Torah : elle est ta vie. Qui ne l'étudie pas montre qu'il ne ménage pas sa propre vie. Le kal va-homer porte sur la vie d'autrui. D'où l'interdit de prendre la route avec lui.

6
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַם הָאָרֶץ מֻותָּר לְקָורְעוֹ כְּדָג. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק: וּמִגַּבּוֹ.

Rabbi Chemouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il est permis de déchirer un am ha-arets comme un poisson. Rabbi Chemouel bar Yitshak a dit : et par le dos.

📜 Rachi (1)
וּמִגַּבּוֹ דְּתוּ לָא חָיֵי כִּדְאָמְרִינַן בִּשְׁחִיטַת חֻולִּין (דַּף כא:) קְרָעוֹ כַּדָּג מְטַמֵּא בְּאֹהֶל מִיָּד וְאַף עַל גַּב שֶׁמְּפַרְפֵּר וְאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק וּמִגַּבּוֹ:
Car alors il ne vit plus, comme nous le disons dans Chehitat Houlin (21b) : s'il l'a déchiré comme un poisson, il rend impur sous la tente aussitôt, même s'il palpite encore. Et Rabbi Chemouel bar Rav Yitshak a dit : et par le dos.
💡 Explication

Déchirer comme un poisson : la coupe par le dos atteint la moelle. Houlin 21b : cette déchirure rend impur sous la tente aussitôt, même si le corps palpite encore. Même registre de guzma que la nehira.

7
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: כְּשֶׁהָיִיתִי עַם הָאָרֶץ אָמַרְתִּי: מִי יִתֵּן לִי תַּלְמִיד חָכָם וַאֲנַשְּׁכֶנּוּ כַּחֲמוֹר. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבִּי, אֱמֹור כַּכֶּלֶב! אָמַר לָהֶן: זֶה נוֹשֵׁךְ וְשׁוֹבֵר עֶצֶם, וְזֶה נוֹשֵׁךְ וְאֵינוֹ שׁוֹבֵר עֶצֶם.

On a enseigné : Rabbi Akiva a dit : lorsque j'étais un am ha-arets, je disais : qui me donnera un talmid 'hakham, et je le mordrai comme un âne. Ses disciples lui ont dit : Maître, dis : comme un chien !

Il leur a dit : celui-ci mord et brise l'os, et celui-ci mord et ne brise pas l'os.

🪔 Ben Yehoyada (1)
אמר רבי עקיבא: כשהייתי עם־הארץ, אמרתי: "מי יתן לי תלמיד חכם ואנשכנו כחמור". נראה לי בס"ד טעם לדברים אלו על פי מה שכתב רבינו האר"י ז"ל בביאור מדרש הנעלם ברות, דרבי עקיבא היה שרשו מיששכר יעוין שם. והנה ביששכר כתיב (בראשית מט, יד) 'יששכר חמר גרם' ודרשו רבותינו ז"ל (עבודה זרה ה:) שקיבל עליו עול תורה כחמור למשוי שאינו קץ בריבוי עול תלמודו, לכן רבי עקיבא שהיה שרשו מיששכר בהיותו עם הארץ שעדיין לא שיבר הקליפה היה רוצה לעשות הדמיון של החמור בענין המזיק שהוא הנשיכה לעמלי תורה ואחר כך כששבר הקליפה ולמד תורה קיים בעצמו הדמיון של החמור בענין טוב שקבל עול תורה כחמור למשוי. ובאמת אמרו (בראשית רבה שלהי פר' נג ועוד) ' זרוק חוטרא אאוירא אעיקרא קאי ' כי שרשו יששכר. והנה נודע כי הוא היה עם הארץ ארבעים שנה וארבעים למד וארבעים לימד, נמצא לפי זה הוא היה אומר כן בארבעים הראשונים, אך בשמנים שנה הבאים אחריהם שהיה לו אהבה עצומה בתורה ולומדיה ודאי נהפכה אצלו הנשיכה לנשיקה כי במקום השנאה נעשה אהבה. וההפרש בין זה לזה כאן כ' וכאן ק' שהפרש במספר הוא שמונים, רמז כי באותם השמונים שנה היתה נשי ק ה במקום נשי כ ה.
Rabbi Akiva a dit : lorsque j'étais un am ha-arets, je disais : qui me donnera un talmid 'hakham, et je le mordrai comme un âne. Il me semble, avec l'aide du Ciel, une raison à ces paroles, selon ce qu'a écrit notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans l'explication du Midrach ha-neelam de Ruth : la racine de Rabbi Akiva était de Yissakhar ; qu'on y regarde. Or, au sujet de Yissakhar, il est écrit (Genèse 49, 14) : Yissakhar est un âne aux os forts. Nos maîtres, de mémoire bénie, ont derache (Avoda Zara 5b) qu'il a pris sur lui le joug de la Torah comme un âne pour un fardeau, et qu'il ne se lasse pas de l'abondance du joug de son étude. C'est pourquoi Rabbi Akiva, dont la racine était de Yissakhar, tandis qu'il était am ha-arets et qu'il n'avait pas encore brisé la kelipa, voulait faire la ressemblance de l'âne dans le registre nuisible, qui est la morsure, envers ceux qui peinent dans la Torah. Ensuite, quand il a brisé la kelipa et appris la Torah, il a réalisé en lui-même la ressemblance de l'âne dans le registre bon : il a pris le joug de la Torah comme un âne pour un fardeau. En vérité ils ont dit (Bereschit Rabba, fin de la section 53, et ailleurs) : jette un bâton en l'air, il retombe sur sa racine. Car sa racine est Yissakhar. Et l'on sait qu'il fut am ha-arets quarante ans, qu'il apprit quarante ans, et qu'il enseigna quarante ans. Selon cela, il disait ainsi pendant les quarante premières années. Mais pendant les quatre-vingts années qui les ont suivies, où il avait un amour immense pour la Torah et pour ceux qui l'étudient, la morsure s'est certes retournée chez lui en baiser, car à la place de la haine s'est faite l'amour. La différence entre ceci et cela : ici kaf, et ici kouf. L'écart en nombre est quatre-vingts. Allusion : pendant ces quatre-vingts années, il y eut nechika, le baiser, à la place de nechikha, la morsure.
💡 Explication

L'âne mord et brise l'os. Le chien mord sans briser l'os. Rabbi Akiva garde le premier mot : la haine qu'il portait, lorsqu'il était am ha-arets, visait à briser.

8
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כָּל הַמַּשִּׂיא בִּתּוֹ לְעַם הָאָרֶץ, כְּאִילּוּ כּוֹפְתָהּ וּמַנִּיחָהּ לִפְנֵי אֲרִי. מָה אֲרִי דּוֹרֵס וְאוֹכֵל, וְאֵין לוֹ בֹּושֶׁת פָּנִים — אַף עַם הָאָרֶץ מַכֶּה וּבוֹעֵל, וְאֵין לוֹ בֹּושֶׁת פָּנִים.

On a enseigné : Rabbi Meir disait : quiconque marie sa fille à un am ha-arets, c'est comme s'il la ligotait et la plaçait devant un lion. De même que le lion déchire et mange, et qu'il n'a pas de honte au visage, de même l'am ha-arets frappe et cohabite, et il n'a pas de honte au visage.

🗂️ Tossefot (1)
מָה אֲרִי דּוֹרֵס וְאוֹכֵל פר"ת דּוֹרֵס וְאוֹכֵל וְאֵין מַמְתִּין עַד שֶׁתָּמוּת אַף עַם הָאָרֶץ אֵינוֹ מַמְתִּין עַד שֶׁתִּתְפַּיֵּיס:
Rabbenou Tam explique : il déchire et mange, et il n'attend pas qu'elle meure. De même l'am ha-arets n'attend pas qu'elle soit apaisée.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כל המשיא בתו לעם־הארץ, כאלו כופתה ונותנה לפני ארי. נראה לי בס"ד בארי יש שבח מצד גבורתו שהיא בפנימיותו, ולזה נדמו החכמים לאריות, ויש גרעון שהוא דורס ואוכל ואין לו בשת פנים, ולזה נדמה עם הארץ, וזה הדמיון על הנבלה שהיא לפני הארי, ולכן אמר הכתוב (במדבר כג, כד) 'הן עם כלביא יקום' שדימה אותם ללביא אך לא לדמיון הגרעון אלא 'כארי יתנשא' דמיון שיש בו התנשאות.
Quiconque marie sa fille à un am ha-arets, c'est comme s'il la ligotait et la donnait devant un lion. Il me semble, avec l'aide du Ciel : dans le lion il y a un éloge, du côté de sa force, qui est dans son intérieur ; c'est pourquoi les sages ont été comparés à des lions. Et il y a un défaut : il déchire et mange, et il n'a pas de honte au visage ; c'est à cela que l'am ha-arets est comparé. Cette ressemblance porte sur la nevela qui est devant le lion. C'est pourquoi le verset a dit (Nombres 23, 24) : voici, un peuple, comme une lionne il se lève. Il les a comparés à la lionne, et non à la ressemblance du défaut, mais : comme un lion il se dresse, ressemblance où il y a élévation.
💡 Explication

Le lion déchire et mange, sans honte. Rabbenou Tam : il n'attend pas la mort de la proie. De même l'am ha-arets frappe et cohabite sans attendre que sa femme soit apaisée.

9
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִילְמָלֵא אָנוּ צְרִיכִין לָהֶם לְמַשָּׂא וּמַתָּן, הָיוּ הוֹרְגִין אוֹתָנוּ.

On a enseigné : Rabbi Eliezer dit : si nous n'avions pas besoin d'eux pour le négoce, ils nous tueraient.

📜 Rachi (1)
אִילְמָלֵא צְרִיכִין אָנוּ לָהֶם לִמְזוֹנוֹתֵיהֶן וּלְעֶזְרָתָם הָיוּ הוֹרְגִין אוֹתָנוּ:
Pour leurs vivres et pour leur aide, ils nous tueraient.
💡 Explication

Rabbi Eliezer pose le massa ou-matan, le négoce, comme ce qui retient leur main. Rachi glose : leurs vivres et leur aide. Le besoin mutuel tient lieu de garde.

10
תְּנָא רַבִּי חַייָּא: כָּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה לִפְנֵי עַם הָאָרֶץ, כְּאִילּוּ בּוֹעֵל אֲרוּסָתוֹ בְּפָנָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תּוֹרָה צִוָּה לָנוּ מֹשֶׁה מוֹרָשָׁה״. אַל תִּקְרֵי: ״מֻורְשֶׁה״, אֶלָּא: מְאֹורָסָה.

Rabbi Hiya a enseigné : quiconque s'occupe de Torah devant un am ha-arets, c'est comme s'il cohabitait avec sa fiancée devant lui, car il est dit : Moche nous a commandé la Torah, un héritage. Ne lis pas : un héritage, mais : une fiancée.

📜 Rachi (2)
כְּאִילּוּ בָּא עַל אֲרוּסָתוֹ בְּפָנָיו שֶׁמְּבַיְּישׁוֹ:
Car il le couvre de honte.
מְאֹורָסָה לְכָל קְהִילּוֹת יַעֲקֹב:
Pour toutes les communautés de Yaakov.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כל העוסק בתורה בפני עם־הארץ, כאלו בועל ארוסתו בפניו. יש להקשות למה קורא את התורה ארוסתו של עם הארץ כאילו שלו ולא של התלמיד חכם, וכי יגרע ח"ו התלמיד חכם ממנו?! ואם חושב את התורה ארוסה לכל ישראל בשותפות, אין מציאות כזו במשל ד'אתתא לבי תרי לא חזיא'! ונראה לי בס"ד דכל אחד מישראל יש לו חלק מסויים בתורה כפי כוחו ושורשו ובמעמד הר סיני כל אחד מישראל קבל את חלקו ונעשה חלקו שם בסוג אשה ארוסה ואחר שיבא לעולם הזה ויעסוק בה אז אותו החלק שלו שהיה בסיני בסוג ארוסה יהיה לו עתה בסוג אשה נשואה. ולכן עם הארץ שלא למד בה נשאר אצלו חלקו בסוג ארוסה אבל אצל תלמיד חכם נעשה חלקו בסוג נשואה, ולזה אמר 'כאלו בועל ארוסתו' כי עם הארץ אין לו בתורה חלק שהוא בסוג נשואה אלא הוא בסוג ארוסה דוקא.
Quiconque s'occupe de Torah devant un am ha-arets, c'est comme s'il cohabitait avec sa fiancée devant lui. Il y a lieu d'objecter : pourquoi appelle-t-il la Torah la fiancée de l'am ha-arets, comme si elle était à lui et non au talmid 'hakham ? Le talmid 'hakham serait-il moindre que lui ? Et si l'on pense que la Torah est fiancée à tout Israël en société, cette figure n'existe pas, car une femme ne convient pas à deux. Il me semble, avec l'aide du Ciel : chacun en Israël a une part déterminée dans la Torah, selon sa force et sa racine. Au rassemblement du mont Sinaï, chacun en Israël a reçu sa part, et sa part y a été faite dans la catégorie d'une femme fiancée. Ensuite, quand il vient en ce monde-ci et qu'il s'en occupe, cette part qui était au Sinaï dans la catégorie de fiancée devient pour lui maintenant dans la catégorie d'une femme mariée. C'est pourquoi l'am ha-arets, qui n'a pas étudié en elle, sa part reste chez lui dans la catégorie de fiancée ; mais chez le talmid 'hakham, sa part est devenue dans la catégorie de mariée. C'est à cela qu'il a dit : comme s'il cohabitait avec sa fiancée. Car l'am ha-arets n'a pas dans la Torah une part qui soit dans la catégorie de mariée ; elle est dans la catégorie de fiancée, précisément.
💡 Explication

Al tikrei : on ne lit pas moracha, héritage, mais méourassa, fiancée. Rachi : fiancée de toutes les communautés de Yaakov. Étudier la Torah devant l'am ha-arets, c'est la prendre devant lui : on le couvre de honte.

11
גְּדוֹלָה שִׂנְאָה שֶׁשּׂוֹנְאִין עַמֵּי הָאָרֶץ לְתַלְמִיד חָכָם יוֹתֵר מִשִּׂנְאָה שֶׁשּׂוֹנְאִין אֻומּוֹת הָעוֹלָם אֶת יִשְׂרָאֵל, וּנְשׁוֹתֵיהֶן יוֹתֵר מֵהֶן. תַּנָּא שָׁנָה וּפֵירֵשׁ, יוֹתֵר מִכֻּולָּן.

Grande est la haine que les amei ha-arets portent à un talmid 'hakham, plus que la haine que les nations du monde portent à Israël, et leurs femmes plus qu'eux. On a enseigné : il a étudié et s'est écarté, plus que tous.

📜 Rachi (1)
שָׁנָה וּפֵירֵשׁ תַּלְמִיד שֶׁשָּׁנָה וּפֵירַשׁ מִן הַתּוֹרָה וְיוֹדֵעַ כַּמָּה תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מְגַנִּים אֶת עַמֵּי הָאָרֶץ וְכַמָּה הֵם שְׁפָלִים בְּעֵינֵיהֶם שׂוֹנֵא יוֹתֵר מִכֻּולָּם:
Un disciple qui a étudié et s'est écarté de la Torah, et qui sait combien les talmidei hakhamim dénigrent les amei ha-arets et combien ceux-ci sont bas à leurs yeux, hait plus que tous.
💡 Explication

Trois degrés. La haine de l'am ha-arets pour le talmid 'hakham dépasse celle des nations pour Israël. Les femmes des amei ha-arets dépassent leurs maris. Celui qui a étudié et s'est écarté dépasse tous : il connaît le mépris, et il l'a quitté.

12
תָּנוּ רַבָּנַן: שִׁשָּׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בְּעַמֵּי הָאָרֶץ: אֵין מוֹסְרִין לָהֶן עֵדוּת. וְאֵין מְקַבְּלִין מִמֶּנּוּ עֵדוּת. וְאֵין מְגַלִּין לָהֶן סוֹד. וְאֵין מְמַנִּין אוֹתָן אַפּוֹטְרוֹפּוֹס עַל הַיְּתוֹמִים. וְאֵין מְמַנִּין אוֹתָן אַפּוֹטְרוֹפּוֹס עַל קֻופָּה שֶׁל צְדָקָה. וְאֵין מִתְלַוִּין עִמָּהֶן בַּדֶּרֶךְ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף אֵין מַכְרִיזִין עַל אֲבֵידָתוֹ.

Les Sages ont enseigné : six choses ont été dites au sujet des amei ha-arets. On ne leur confie pas un témoignage.

On n'accepte pas de témoignage de lui. On ne leur révèle pas un secret.

On ne les nomme pas apotropos sur les orphelins. On ne les nomme pas apotropos sur une caisse de tsedaka.

On ne s'associe pas avec eux en chemin. Et il y en a qui disent : on ne proclame même pas son objet perdu.

📜 Rachi (4)
אֵין מוֹסְרִין לוֹ עֵדוּת אֵין מְזַמְּנִין אוֹתוֹ לִשְׁמֹועַ דָּבָר לְהָעִיד עָלָיו:
On ne l'invite pas à entendre une chose pour en témoigner.
וְאֵין מְגַלִּין לוֹ סוֹד שׁוּם דָּבָר סָתַר לְפִי שֶׁהוֹלֵךְ רָכִיל וּמְגַלֶּה:
Aucune chose cachée, parce qu'il va en médisance et révèle.
עַל הַיְתוֹמִין שֶׁחָשׁוּד עַל הַגֶּזֶל:
Car il est suspect de vol.
הַמּוֹצֵא אֲבֵידָה חַייָּב לְהַכְרִיז כִּדְאָמְרִי' בְּאֵלּוּ מְצִיאוֹת (ב"מ כא.) וְעַם הָאָרֶץ לָאו אָחִיךָ הוּא דְּאֵינוֹ עוֹשֶׂה מַעֲשֵׂה עַמְּךָ:
Celui qui trouve un objet perdu est tenu de le proclamer, comme nous le disons dans Elou metsiot (Bava Metsia 21a). Et l'am ha-arets n'est pas ton frère, car il ne fait pas l'acte de ton peuple.
🗂️ Tossefot (1)
וְיֵשׁ אוֹמְרִים אַף אֵין מַכְרִיזִין עַל אֲבֵידָתוֹ וא"ת מֵאַיִן יוֹדֵעַ שֶׁהִיא שֶׁל ע"ה ואור"י כְּגוֹן שֶׁשָּׁייְרָא שֶׁל ע"ה עוֹבֶרֶת וְרָאִינוּ שֶׁנָּפַל מֵהֶם וְהַשְׁתָּא מַשְׁמַע דְּדַוְקָא אֵין מַכְרִיזִין עַל אֲבֵידָתוֹ אֲבָל לִגְזוֹל בְּיָדַיִם לֹא אע"ג דְּלֵית לֵיהּ הַאי סְבָרָא דִּבְסָמוּךְ אֶפְשָׁר דְּנָפֵיק מִינֵּיהּ בְּרָא מְעַלְּיָא וְתֵימַהּ לר"י אַמַּאי מָמוֹנוֹ אָסוּר הַשְׁתָּא גּוּפוֹ מֻותָּר שֶׁמֻּותָּר לְקָורְעוֹ כְּדָג מָמוֹנוֹ לֹא כָּל שֶׁכֵּן דכה"ג אָמַר בְּהַגּוֹזֵל בָּתְרָא (ב"ק קיט.) ובע"ז (דַּף כו.) גַּבֵּי מוֹסֵר לְמָאֵן דְּלֵית לֵיהּ סְבָרָא דְּאֶפְשָׁר דְּנָפֵיק מִינֵּיהּ בְּרָא מְעַלְּיָא וְנֵר' לר"י דִּלְעֵיל מַייְרֵי בְּמַכִּיר וְכוֹפֵר לְהַכְעִיס דה"ל הֲרִיגָתוֹ כְּמוֹ פִּיקּוּחַ נֶפֶשׁ שֶׁהוּא לִסְטִין וְחָשׁוּד עַל הַדָּמִים דְּאִי לָאו הָכִי הֵיאַךְ מֻותָּר לְהָורְגוֹ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת הֲלֹא אֲפִילּוּ נָכְרִי אָסוּר וְכֵן מַשְׁמַע הַלָּשׁוֹן עַל חַיָּיו אֵינוֹ חַס דְּמַכִּיר וְכוֹפֵר דְּיֵשׁ הַרְבֵּה עִנְיְנֵי ע"ה כִּדְמוֹכַח בְּסוֹטָה בְּפֶ' הָיָה נוֹטֵל (סוֹטָה דַּף כב.) ואור"י דְּמַה שֶׁאָנוּ מְקַבְּלִים עֵדוּת מע"ה כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק חֹומֶר בַּקֹּדֶשׁ (חֲגִיגָה כב.) כְּמַאן מְקַבְּלִים הָאִידָּנָא סָהֲדוּתָא מע"ה כְּרַבִּי יוֹסֵי:
Et si tu dis : d'où sait-on qu'il appartient à un am ha-arets ? Rabbenou Yitshak dit : par exemple une caravane d'amei ha-arets passe, et nous avons vu que l'objet est tombé d'eux. Dès lors, cela implique que c'est seulement sur son objet perdu que l'on ne proclame pas, mais le voler de ses mains, non. Et cela, même s'il n'a pas la considération qui suit : peut-être en sortira-t-il un fils de valeur. Et c'est un étonnement pour Rabbenou Yitshak : pourquoi son bien est-il interdit ? Dès lors que son corps est permis, puisqu'il est permis de le déchirer comme un poisson, son bien à plus forte raison. Car c'est ainsi qu'il est dit dans Ha-gozel batra (Bava Kamma 119a) et dans Avoda Zara (26a) au sujet d'un délateur, pour celui qui n'a pas la considération : peut-être en sortira-t-il un fils de valeur. Il apparaît à Rabbenou Yitshak que plus haut il s'agit de celui qui connaît et renie pour provoquer. Le tuer est comme un sauvetage de vie, car il est un brigand et suspect de meurtre. Sinon, comment serait-il permis de le tuer le jour de Kippour qui tombe un Chabbat ? Même un non-Juif, il est interdit. La langue l'implique aussi : sur sa vie il n'épargne pas, c'est celui qui connaît et renie. Car il y a beaucoup de sortes d'am ha-arets, comme il est prouvé dans Sota, au chapitre Haya notel (Sota 22a). Et Rabbenou Yitshak dit : ce que nous acceptons un témoignage d'un am ha-arets, comme il est dit au chapitre Houmer ba-kodech (Haguiga 22a) : selon qui accepte-t-on aujourd'hui un témoignage d'un am ha-arets ? Selon Rabbi Yosse.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף אֵין מַכְרִיזִין עַל אֲבֵדָתוֹ. הִקְשׁוּ הַתּוֹסְפוֹת 'מֵאַיִן יוֹדֵעַ שֶׁהִיא שֶׁל עַם הָאָרֶץ?' עַיֵּין שָׁם. וְנִרְאֶה לִי כְּגוֹן שֶׁמָּצְאָה בַּמָּבוֹי שֶׁכָּל חֲצֵרוֹת שֶׁבּוֹ דָּרִים בָּהֶם עַמֵּי הָאָרֶץ דְּרֹוב הָעוֹבְרִים שָׁם הֵם עַמֵּי הָאָרֶץ.
Et il y en a qui disent : on ne proclame même pas son objet perdu. Les Tossefot ont objecté : d'où sait-on qu'il appartient à un am ha-arets ? Qu'on y regarde. Il me semble : par exemple il l'a trouvé dans une ruelle dont toutes les cours sont habitées par des amei ha-arets, car la plupart de ceux qui passent là sont des amei ha-arets.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ וְיִשָּׂא בַּת ת"ח שֶׁאִם מֵת אוֹ גּוֹלֶה מֻובְטָח לוֹ שֶׁבָּנָיו תַּלְמִידֵי חֲכָמִים. וְאַל יִשָּׂא בַּת עַם הָאָרֶץ שֶׁאִם מֵת אוֹ גּוֹלֶה בָּנָיו עַמֵּי הָאָרֶץ. תָּנוּ רַבָּנַן לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם. וְיַשִּׂיא בִּתּוֹ לְתַלְמִיד חָכָם. מָשָׁל לְעִנְבֵי הַגֶּפֶן בְּעִנְבֵי הַגֶּפֶן דָּבָר נָאֶה וּמִתְקַבֵּל. וְאַל יַשִּׁיא בַּת תַּלְמִיד חָכָם לְעַם הָאָרֶץ מָשָׁל לְעִנְבֵי הַגֶּפֶן בְּעִנְבֵי הַסְּנֶה דָּבָר כָּעוּר וְאֵינוֹ מִתְקַבֵּל. תָּנוּ רַבָּנַן לְעוֹלָם יִמְכֹּור אָדָם כָּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם. לֹא מָצָא בַּת תַּלְמִיד חָכָם יִשָּׂא בַּת גְּדוֹלֵי הַדּוֹר. לֹא מָצָא בַּת גְּדוֹלֵי הַדּוֹר יִשָּׂא בַּת רָאשֵׁי כְנֵסִיּוֹת. לֹא מָצָא בַּת רָאשֵׁי כְּנֵסִיּוֹת יִשָּׂא בַּת גַּבָּאֵי צְדָקָה. לֹא מָצָא בַּת גַּבָּאֵי צְדָקָה יִשָּׂא בַּת מְלַמְּדֵי תִּינוֹקוֹת. וְאַל יִשָּׂא בַּת יְהוּדִי ע"ה מִפְּנֵי שֶׁהֵן שֶׁקֶץ וּנְשׁוֹתֵיהֶן שֶׁרֶץ. וְעַל בְּנוֹתֵיהֶם נֶאֱמַר אָרוּר שׁוֹכֵב עִם בְּהֵמָה. תַּנְיָא רַבִּי אוֹמֵר ע"ה אָסוּר לֶאֱכֹול בָּשָׂר שֶׁנֶּאֱמַר זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה כָּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה מֻותָּר לֶאֱכֹול בְּשַׂר וְשֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק בַּתּוֹרָה אָסוּר לֶאֱכֹול בָּשָׂר. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר יְהוּדִי עַם הָאָרֶץ מֻותָּר לְנָוחֳרוֹ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו רַבִּי אֱמֹור לְשָׁוחְטוֹ. אָמַר לָהֶן זֶה טָעוּן בְּרָכָה וְזֶה לֹא טָעוּן בְּרָכָה. וְאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא עַם הָאָרֶץ אָסוּר לְהִתְלַוּוֹת עִמּוֹ בַּדֶּרֶךְ שֶׁנֶּאֱמַר כִּי הוּא חַיֶּיךָ וְאֹורֶךְ יָמֶיךָ עַל חַיָּיו לֹא חָס עַל חַיֵּי חֲבֵירוֹ לֹא כָּל שֶׁכֵּן אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן עַם הָאָרֶץ מֻותָּר לְקָרְעוֹ כְּדָג אָמַר שְׁמוּאֵל וּמִגַּבּוֹ. תַּנְיָא אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא כְּשֶׁהָיִיתִי עַם הָאָרֶץ הָיִיתִי אוֹמֵר מִי יִתֵּן לִי ת"ח וַאֲנַשְּׁכֶנּוּ כַּחֲמוֹר. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו רַבִּי אֱמֹור כְּכֶלֶב. אָמַר לָהֶם זֶה נוֹשֵׁךְ וְשׁוֹבֵר הָעֶצֶם וְזֶה נוֹשֵׁךְ וְאֵין שׁוֹבֵר הָעֶצֶם. תַּנְיָא הָיָה ר"מ אוֹמֵר כָּל הַמַּשִּׂיא בִּתּוֹ לְעַם הָאָרֶץ כְּאִילּוּ כּוֹפְתָהּ וּמַנִּיחָתָהּ לִפְנֵי הָאֲרִי מָה אֲרִי דּוֹרֵס וְאוֹכֵל אַף עַם הָאָרֶץ מַכֶּה וּבוֹעֵל וְאֵין לוֹ בֹּושֶׁת פָּנִים. תַּנְיָא אִידָךְ אִלְמָלֵא צְרִיכִין אָנוּ לָהֶם לְמַשָּׂא וּלְמַתַּן הָיוּ הוֹרְגִין אוֹתָנוּ. תַּנְיָא א"ר אֶלְעָזָר כָּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה בִּפְנֵי עַם הָאָרֶץ כְּאִלּוּ בּוֹעֵל אֲרוּסָתוֹ בְּפָנָיו שֶׁנֶּאֱמַר תּוֹרָה צִוָּה לָנוּ מֹשֶׁה מוֹרָשָׁה קְהִלַּת יַעֲקֹב אַל תִּקְרֵי מוֹרָשָׁה אֶלָּא מְאֹורָסָה. גְּדוֹלָה שִׂנְאָה שֶׁשּׂוֹנְאִין עַמֵּי הָאֲרָצוֹת אֶת תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מִשִּׂנְאָה שֶׁשּׂוֹנְאִים עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים אֶת יִשְׂרָאֵל וּנְשׁוֹתֵיהֶם יוֹתֵר מֵהֶן. תָּנָא שָׁנָה וּפֵירַשׁ יוֹתֵר מֵהֶם. תְּנָא שִׁשָּׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בְּעַם הָאָרֶץ אֵין מוֹסְרִין לוֹ עֵדוּת. וְאֵין מְקַבְּלִין מִמֶּנּוּ עֵדוּת. וְאֵין מְגַלִּין לוֹ אֶת הַסּוֹד וְאֵין מְמַנִּין אוֹתוֹ אַפּוֹטְרוֹפּוֹס עַל הַיְּתוֹמִים וְאֵין מוֹסְרִין לוֹ קֻופָּה שֶׁל צְדָקָה. וְאֵין מִתְלַוִּין עִמּוֹ בַּדֶּרֶךְ. וי"א אַף אֵין מַכְרִיזִין עַל אֲבֵידָתוֹ. וְתַנָּא קַמָּא אַמַּאי לָא תָּנֵי עַל אֲבֵידָתוֹ. סָבַר זִימְנִין דְּנָפֵיק מִינֵּיהּ זַרְעָא מְעַלְּיָא וְאָכֵיל לֵיהּ וּמְקַיֵּים בֵּיהּ יָכִין רָשָׁע וְצַדִּיק יִלְבַּשׁ. וְאִי קַשְׁיָא לָךְ הָא דַּאֲמָרָן חֲגִיגָה דַּף כב. כְּמַאן מְקַבְּלִין סָהֲדוּתָא מֵעַם הָאָרֶץ כְּמַאן כְּר' יוֹסֵי. הַהוּא ע"ה דְּהָתָם לָאו כְּעַם הָאָרֶץ דְּהָכָא. דְּאִלּוּ הָתָם לֵיתָא בַּמִּקְרָא וּבַמִּשְׁנָה אֲבָל בְּדֶרֶךְ אֶרֶץ וּבַמִּצְוֹת אִיתֵיהּ כְּגוֹן דְּלָא חֲשִׁיד אַשְּׁבוּעֲתָא וְאַגַּזְלָנוּתָא וְלָא אֶחָד מֵאַנְפֵּי פְּסִלְנוּתָא. אֲבָל עַם הָאָרֶץ דְּהָכָא דַּחֲשִׁיד אָכַל הָנֵי דַּאֲמָרָן הוּא דַּחֲשִׁיד עַל הַשְּׁבוּעָה וְעַל הַגְּנֵיבָה לְפִיכָךְ אֵין מְמַנִּין אוֹתוֹ אַפּוֹטְרוֹפּוֹס. וְחָשׁוּד נָמֵי אַשְּׁפִיכוּת דָּמִים וּלְפִיכָךְ אֵין מִתְלַוִּין עִמּוֹ בַּדֶּרֶךְ. וְעוֹד שֶׁהוּא חָשׁוּד עַל הָעֲרָיוֹת כִּדְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מֻותָּר לְנָוחֳרוֹ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים כְּגוֹן שֶׁהָיָה רָץ אַחַר הַזְּכוּר אוֹ אַחַר נַעֲרָה הַמְאֹורָסָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁמֻּותָּר לְהַצִּיל בְּנַפְשׁוֹ כְּדִתְנַן סַנְהֶדְרִין דַּף עג: וְאֵלּוּ שֶׁמַּצִּילִין אוֹתָן בְּנַפְשׁוֹתֵיהֶן. וְלָא יָדַעְנָא מֶה הָיָה קָשֶׁה לוֹ לְרַב אִלְפָּס מֵהַהוּא דַּחֲגִיגָה דְּקָאָמַר כְּמַאן מְקַבְּלִינַן סָהֲדוּתָא מֵעַם הָאָרֶץ דְּאַדְּרַבָּה מֵהָתָם מוּכָח שֶׁפָּסוּל לְעֵדוּת כִּדְאָמַר הָכָא דְּאֵין מְקַבְּלִין מִמֶּנּוּ עֵדוּת אֶלָּא שֶׁצְּרִיכִין אָנוּ לְהַכְשִׁירָן וּלְקַבֵּל מֵהֶן עֵדוּת שֶׁאִם הָיִינוּ מֶרְחַקִּים אוֹתָן בְּיוֹתֵר הָיוּ עוֹשִׂין דָּת לְעַצְמָם וּמְמַנִּין לָהֶם דַּיָּינִים מִתּוֹכָם. כִּדְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי הָתָם חֲגִיגָה שָׁם מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ הַכֹּל נֶאֱמָנִים עַל טָהֳרַת יַיִן וָשֶׁמֶן כָּל הַשָּׁנָה כֻּולָּהּ כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא כָּל אֶחָד וְאֶחָד הוֹלֵךְ וּבוֹנֶה בָּמָה לְעַצְמוֹ וְשׂוֹרֵף פָּרָה אֲדֻומָּה לְעַצְמוֹ. וְאַהָא קָאָמַר רַב פָּפָּא כְּמַאן מְקַבְּלִין סָהֲדוּתָא הָאִידָּנָא מע"ה כְּרַבִּי יוֹסֵי. מַשְׁמַע אע"פ שֶׁמִּן הַדִּין לֹא הָיָה לָנוּ לְקַבֵּל עֵדוּת מע"ה צְרִיכִין לְמִיחַשׁ לְמַאי דְּחָייֵשׁ רַבִּי יוֹסֵי. וְאִי מַייְרֵי הָתָם בְּעַם הָאָרֶץ שֶׁאֵין בּוֹ שׁוּם פְּסוּל כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל לָמָּה יְהֵא פָּסוּל לְעֵדוּת. אֶלָּא וַדַּאי פָּסוּל הוּא וּצְרִיכִין לְהַכְשִׁירוֹ מִשּׁוּם דְּרַבִּי יוֹסֵי. וְעוֹד תֵּימַהּ הוּא מַה שֶּׁכָּתַב דְּהָא דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר דְּמֻותָּר לְנוֹחֲרוֹ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מַייְרֵי כְּגוֹן שֶׁהָיָה רָץ אַחַר הַזְּכוּר אוֹ אַחַר נַעֲרָה הַמְאֹורָסָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים דְּמֻותָּר לְהַצִּילוֹ בְּנַפְשׁוֹ וא"כ הוּא כִּדְבָרָיו מַאי אִירְיָא עַם הָאָרֶץ אַפֵּי' תַּלְמִיד חָכָם נָמֵי. אֶלָּא כדפר"י דְּעַם הָאָרֶץ דִּלְעֵיל מַייְרֵי בְּמַכִּיר וְכוֹפֵר כְּדֵי לְהַכְעִיס וְהוּא רַע לַשָּׁמַיִם וְרַע לַבְּרִיּוֹת דְּהָוְיָא הֲרִיגָתוֹ פִּיקּוּחַ נֶפֶשׁ כִּי הוּא לִסְטִים וְחָשׁוּד עַל שְׁפִיכוּת דָּמִים וַהֲרִיגָתוֹ בְּכָל עֵת מִצְוָה הִיא וְהַצָּלַת נְפָשׁוֹת כֵּיוָן שֶׁהוּא רָגִיל בְּכָךְ אע"פ שֶׁאֵין עוֹשֶׂה כְּלוּם בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. וְעַם הָאָרֶץ דְּהָכָא דְּקָאָמְרִינַן עֲלָהּ דְּאֵין מַכְרִיזִין עַל אֲבֵידָתוֹ מַשְׁמַע דַּוְקָא עַל אֲבֵידָתוֹ אֵין מַכְרִיזִין אֲבָל אָסוּר לִגְזוֹל מָמוֹנוֹ לָא מַיְירֵי בְּאוֹתוֹ עַם הָאָרֶץ דְּאַייְרֵי בּוֹ ר' אֶלְעָזָר כֵּיוָן דְּמֻותָּר לְאַבֵּד גּוּפוֹ כ"ש מָמוֹנוֹ כָּל כַּמָּה דְּלָא יָדַע יָכִין רָשָׁע וְצַדִּיק יִלְבַּשׁ כִּדְפֵירֵשׁ בב"ק דַּף קיט ובע"ז דַּף כו: לְמָאֵן דְּלֵית לֵיהּ זִימְנִין דְּנָפֵיק מִינֵּיהּ זַרְעָא מְעַלְּיָא הַשְׁתָּא גּוּפוֹ מֻותָּר מָמוֹנוֹ לֹא כָּל שֶׁכֵּן. אֶלָּא בְּעַם הָאָרֶץ אַחֵר אַייְרֵי. דְּכַמָּה מִינֵי עַם הָאָרֶץ יֵשׁ כִּדְאִיתָא בְּפֶ' שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת דַּף מז:) ומ"מ אע"פ שֶׁאֵין חָשׁוּד בְּוַדַּאי עַל שְׁפִיכוּת דָּמִים אֵין טוֹב לְהִתְלַוּוֹת עִמּוֹ. וְהָיָה בַּיּוֹם הַהוּא לֹא יִהְיֶה אוֹר יְקָרוֹת וְקִפָּאוֹן זֶה אוֹר שֶׁהָיָה יָקָר וְחִמּוּד הוּא בעוה"ז וְקִפָּאוֹן הֵן לעוה"ב. ר' יוֹחָנָן אָמַר אֵלּוּ נְגָעִים וְאֹהָלוֹת שֶׁיְּקָרוֹת הֵן בָּעוֹלָם הַזֶּה וְקִפָּאוֹן הֵן לָעוֹלָם הַבָּא. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁיְּקָרִין הֵן בעוה"ז וְקִפָּאוֹן הֵן לָעוֹלָם הַבָּא. כִּי הָא דְּר' יוֹסֵי בְּרֵיהּ דְּרִיבָּ"ל חַלָּשׁ וְאִינְּגִיד אֲמַר לֵיהּ מַאי חֲזֵית. אֲמַר לֵיהּ עוֹלָם הָפוּךְ רָאִיתִי עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה וְתַחְתּוֹנִים לְמַעְלָה. אֲמַר לֵיהּ בְּנִי עוֹלָם בָּרוּר רָאִיתָ וַאֲנַן הֵיכִי הָוְייָן. כִּי הֵיכִי דַּחֲשִׁבִינַן הָכָא חֲשִׁבִינַן נָמֵי הָתָם. וּמַה שָׁמְעַת לְהוּ דְּאָמְרִי אַשְׁרֵי מִי שֶׁבָּא לְכָאן וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ. וְשָׁמַעְתִּי שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים הֲרוּגֵי מַלְכוּת אֵין כָּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמֹוד בִּמְחִיצָתָן. מַאן נִינְהוּ. אִילֵּימָא ר"ע וַחֲבֵירָיו מִשּׁוּם הֲרוּגֵי מַלְכוּת וְתוּ לָא. אֶלָּא הֲרוּגֵי לוֹד: הַדְרָן עֲלָךְ פֶּרֶק אֵלּוּ עוֹבְרִין
Les Sages ont enseigné : que l'homme vende toujours tout ce qu'il possède et qu'il épouse la fille d'un talmid 'hakham, car s'il meurt ou s'il est exilé, il a l'assurance que ses fils seront des talmidei hakhamim. Et qu'il n'épouse pas la fille d'un am ha-arets, car s'il meurt ou s'il est exilé, ses fils seront des amei ha-arets. Les Sages ont enseigné : que l'homme vende toujours tout ce qu'il possède et qu'il épouse la fille d'un talmid 'hakham, et qu'il marie sa fille à un talmid 'hakham. Parabole : des raisins de la vigne avec des raisins de la vigne, chose belle et qui est reçue. Et qu'il ne marie pas la fille d'un talmid 'hakham à un am ha-arets. Parabole : des raisins de la vigne avec des raisins du buisson, chose laide et qui n'est pas reçue. Les Sages ont enseigné : que l'homme vende toujours tout ce qu'il possède et qu'il épouse la fille d'un talmid 'hakham. S'il n'a pas trouvé la fille d'un talmid 'hakham, qu'il épouse la fille des grands de la génération. S'il n'a pas trouvé la fille des grands de la génération, qu'il épouse la fille des chefs de synagogues. S'il n'a pas trouvé la fille des chefs de synagogues, qu'il épouse la fille des collecteurs de tsedaka. S'il n'a pas trouvé la fille des collecteurs de tsedaka, qu'il épouse la fille des maîtres d'enfants. Et qu'il n'épouse pas la fille d'un Juif am ha-arets, parce qu'eux sont un shekets et que leurs femmes sont un sherets, et qu'au sujet de leurs filles il est dit : Maudit celui qui couche avec une bête. On a enseigné : Rabbi dit : il est interdit à un am ha-arets de manger de la viande, car il est dit : Voici la torah de la bête. Quiconque s'occupe de Torah, il lui est permis de manger de la viande ; et celui qui ne s'occupe pas de Torah, il lui est interdit de manger de la viande. Rabbi Elazar a dit : un Juif am ha-arets, il est permis de le percer le jour de Kippour qui tombe un Chabbat. Ses disciples lui ont dit : Maître, dis : de l'abattre. Il leur a dit : ceci exige une berakha, et cela n'exige pas de berakha. Et Rabbi Akiva a dit : il est interdit de s'associer en chemin avec un am ha-arets, car il est dit : car elle est ta vie et la longueur de tes jours. Sur sa vie il n'a pas épargné ; sur la vie de son prochain, à plus forte raison. Rabbi Chemouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : il est permis de déchirer un am ha-arets comme un poisson. Chemouel a dit : et par le dos. On a enseigné : Rabbi Akiva a dit : lorsque j'étais un am ha-arets, je disais : qui me donnera un talmid 'hakham, et je le mordrai comme un âne. Ses disciples lui ont dit : Maître, dis : comme un chien. Il leur a dit : celui-ci mord et brise l'os, et celui-ci mord et ne brise pas l'os. On a enseigné : Rabbi Meir disait : quiconque marie sa fille à un am ha-arets, c'est comme s'il la ligotait et la plaçait devant le lion. De même que le lion déchire et mange, de même l'am ha-arets frappe et cohabite, et il n'a pas de honte au visage. On a enseigné dans une autre source : si nous n'avions pas besoin d'eux pour le négoce, ils nous tueraient. On a enseigné : Rabbi Elazar a dit : quiconque s'occupe de Torah devant un am ha-arets, c'est comme s'il cohabitait avec sa fiancée devant lui, car il est dit : Moche nous a commandé la Torah, un héritage, l'assemblée de Yaakov. Ne lis pas : un héritage, mais : une fiancée. Grande est la haine que les amei ha-arets portent aux talmidei hakhamim, plus que la haine que les serviteurs des astres portent à Israël, et leurs femmes plus qu'eux. On a enseigné : il a étudié et s'est écarté, plus qu'eux. On a enseigné : six choses ont été dites au sujet de l'am ha-arets. On ne lui confie pas un témoignage. On n'accepte pas de témoignage de lui. On ne lui révèle pas le secret. On ne le nomme pas apotropos sur les orphelins. On ne lui remet pas une caisse de tsedaka. On ne s'associe pas avec lui en chemin. Et il y en a qui disent : on ne proclame même pas son objet perdu. Et le tanna kamma, pourquoi n'enseigne-t-il pas au sujet de son objet perdu ? Il estime : parfois il en sort une descendance de valeur, elle le consomme, et se réalise en elle : le méchant prépare, et le juste revêtira. Et si cela t'est difficile, ce que nous avons dit à Haguiga 22a : selon qui accepte-t-on un témoignage d'un am ha-arets ? Selon qui ? Selon Rabbi Yosse. Cet am ha-arets de là-bas n'est pas comme l'am ha-arets d'ici. Là-bas, il n'est pas dans le Mikra ni dans la Michna, mais il est dans la derekh erets et dans les mitsvot, par exemple il n'est pas suspect de serment ni de vol, ni d'aucune des faces de l'invalidité. Mais l'am ha-arets d'ici, qui est suspect de tout ce que nous avons dit, est suspect du serment et du vol ; c'est pourquoi on ne le nomme pas apotropos. Il est aussi suspect de meurtre ; c'est pourquoi on ne s'associe pas avec lui en chemin. Et de plus il est suspect des relations interdites, comme l'a dit Rabbi Elazar : il est permis de le percer le jour de Kippour, par exemple s'il courait après le mâle, ou après une jeune fille fiancée, le jour de Kippour, car il est permis de sauver au prix de sa vie, comme on l'enseigne à Sanhédrin 73b : et voici ceux que l'on sauve au prix de leur vie. Et je ne sais pas ce qui faisait difficulté au Rav Alfas à partir de ce passage de Haguiga, où il dit : selon qui acceptons-nous un témoignage d'un am ha-arets. Au contraire, de là-bas il est prouvé qu'il est passoul pour le témoignage, comme on le dit ici : on n'accepte pas de témoignage de lui. Seulement, nous devons les rendre valides et accepter d'eux un témoignage, car si nous les écartions trop, ils se feraient une loi pour eux-mêmes et se nommeraient des juges parmi eux. Comme l'a dit Rabbi Yosse là-bas, à Haguiga, au même endroit : pourquoi a-t-on dit que tous sont crus sur la pureté du vin et de l'huile pendant toute l'année ? Afin que chacun n'aille pas se bâtir un autel pour lui-même et brûler une vache rousse pour lui-même. Et c'est à ce sujet que Rav Papa a dit : selon qui accepte-t-on aujourd'hui un témoignage d'un am ha-arets ? Selon Rabbi Yosse. Cela implique : bien que, selon le droit strict, nous n'aurions pas à accepter un témoignage d'un am ha-arets, nous devons tenir compte de ce que craint Rabbi Yosse. Et si la-bas il s'agissait d'un am ha-arets en qui il n'y a aucune invalidité, comme l'a écrit Rav Alfas, de mémoire bénie, pourquoi serait-il passoul pour le témoignage ? C'est donc qu'il est passoul, et qu'il faut le rendre valide à cause de Rabbi Yosse. Autre étonnement sur ce qu'il a écrit : ce que Rabbi Elazar a dit, qu'il est permis de le percer le jour de Kippour, viserait le cas où il courait après le mâle ou après une jeune fille fiancée le jour de Kippour, car il est permis de le sauver au prix de sa vie. S'il en est comme ses paroles, pourquoi spécialement un am ha-arets ? Même un talmid 'hakham aussi. C'est donc comme l'a expliqué Rabbenou Yitshak : l'am ha-arets de plus haut vise celui qui connaît et renie afin de provoquer. Il est mauvais envers le Ciel et mauvais envers les créatures. Le tuer est un sauvetage de vie, car il est un brigand et suspect de meurtre. Le tuer en tout temps est une mitsva et un sauvetage de vies, puisqu'il a cette habitude, même s'il ne fait rien à cette heure-là. Et l'am ha-arets d'ici, au sujet duquel nous disons qu'on ne proclame pas son objet perdu, cela implique que c'est seulement sur son objet perdu que l'on ne proclame pas, mais qu'il est interdit de voler son bien. Il ne s'agit pas de cet am ha-arets dont parle Rabbi Elazar. Puisqu'il est permis de détruire son corps, à plus forte raison son bien, tant que l'on ne tient pas le verset : le méchant prépare, et le juste revêtira, comme il l'explique à Bava Kamma 119 et à Avoda Zara 26b, pour celui qui n'a pas la considération : parfois il en sort une descendance de valeur. Dès lors que son corps est permis, son bien à plus forte raison. Il s'agit donc d'un autre am ha-arets. Car il y a plusieurs sortes d'am ha-arets, comme il est établi au chapitre Chelocha che-akhlou (Berakhot 47b). Quoi qu'il en soit, même s'il n'est pas certainement suspect de meurtre, il n'est pas bon de s'associer avec lui en chemin. Et il arrivera en ce jour-là : il n'y aura pas de lumière, de choses précieuses ni de gel. C'est une lumière qui était précieuse et désirée ; elle est dans ce monde-ci, et elles sont un gel pour le monde à venir. Rabbi Yo'hanan a dit : ce sont les nega'im et les Ohalot, qui sont précieux dans ce monde-ci et un gel pour le monde à venir. Rech Lakich a dit : ce sont les hommes qui sont précieux dans ce monde-ci et un gel pour le monde à venir. Comme ce cas de Rabbi Yosse, fils de Rabbi Yehochoua ben Levi : il fut malade, et son âme fut tirée. Il lui dit : qu'as-tu vu ? Il lui dit : j'ai vu un monde inverse, les supérieurs en bas et les inférieurs en haut. Il lui dit : mon fils, tu as vu un monde clair. Et nous, comment y sommes-nous ? Comme nous comptons ici, nous comptons aussi là-bas. Et qu'as-tu entendu qu'ils disaient ? Heureux celui qui arrive ici et dont l'étude est dans sa main. Et j'ai entendu qu'ils disaient : les tués par le pouvoir, aucune créature ne peut se tenir dans leur enceinte. Qui sont-ils ? Si tu dis Rabbi Akiva et ses compagnons : est-ce parce qu'ils sont des tués du pouvoir, et rien de plus ? C'est donc les tués de Lod. Nous retournerons vers toi, chapitre Elou ovrin.
💡 Explication

Six règles, plus une septième selon les yech omrim. Le témoignage se refuse dans les deux sens : on ne le prend pas pour témoin, on n'accepte pas le sien. L'apotropos est écarté parce qu'il est suspect de vol. Le chemin reprend l'interdit de Rabbi Elazar.

Les yech omrim dispensent de la hakhraza de son objet perdu : il n'est pas ton frère, au sens de l'acte de ton peuple. Tossefot limitent le cas connu : une caravane d'amei ha-arets, on a vu l'objet tomber d'eux. Voler de ses mains reste interdit.

Le Roch, sur ce segment, reprend tout le chapitre, puis serre deux lectures. Celle du Rif : l'am ha-arets d'ici est suspect, et la nehira vise le rodef. Celle de Rabbenou Yitshak : plus haut, il s'agit de celui qui connaît et renie pour provoquer, brigand suspect de meurtre. L'objet perdu, lui, vise une autre sorte d'am ha-arets.

13
וְתַנָּא קַמָּא? זִמְנִין דְּנָפֵיק מִינֵּיהּ זַרְעָא מְעַלְּיָא וְאָכֵיל לֵיהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יָכִין וְצַדִּיק יִלְבָּשׁ״.

Et le tanna kamma ? Parfois il en sort une descendance de valeur, et elle le consomme, car il est dit : il prépare, et le juste revêtira.

💡 Explication

Le tanna kamma maintient la proclamation. Raison : un fils de valeur peut sortir de lui et consommer ce bien. Verset de Job : le méchant prépare, le tsadik revêt.

14
וְכֵן מִי שֶׁיָּצָא וְכוּ׳.

Et de même, celui qui est sorti, etc.

💡 Explication

Retour à la michna. Et de même, celui qui est sorti : sorti de Jérusalem avec du hamets, ou avec de la viande de kodech, il doit revenir. La suite du débat, sur cet amoud, porte sur la mesure de ce retour.

15
לְמֵימְרָא דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר כְּבֵיצָה הוּא דַּחֲשִׁיב, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר כְּזַיִת נָמֵי חֲשִׁיב. וּרְמִינְהִי: עַד כַּמָּה הֵן מְזַמְּנִין? עַד כַּזַּיִת, וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עַד כַּבֵּיצָה!

Est-ce à dire que Rabbi Meir estime que c'est à la mesure d'un œuf que cela compte, et que Rabbi Yehouda estime que la mesure d'une olive compte aussi ? On oppose : jusqu'à quelle mesure invite-t-on ?

Jusqu'à la mesure d'une olive. Et Rabbi Yehouda dit : jusqu'à la mesure d'un œuf !

📜 Rachi (1)
מְזַמְּנִין שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ כְּאַחַת דִּתְנַן חַיָּיבִין לְזַמֵּן וְאֵין רַשָּׁאִין לֵיחָלֵק:
Trois qui ont mangé ensemble, car on a enseigné : ils sont tenus d'inviter, et ils n'ont pas le droit de se séparer.
💡 Explication

Contradiction de shiour. Ici, pour le retour, Rabbi Meir ne compte que le ke-beitsa, et Rabbi Yehouda compte aussi le ke-zayit. À Berakhot, pour le zimoun, l'opinion non signée va jusqu'au ke-zayit, et Rabbi Yehouda exige le ke-beitsa.

16
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מֻוחְלֶפֶת הַשִּׁיטָה.

Rabbi Yo'hanan a dit : la méthode est inversée.

💡 Explication

Mohlefet ha-shita : on inverse l'attribution des opinions dans l'une des deux sources, afin que chaque maître reste sur une seule mesure.

17
אַבַּיֵּי אָמַר: לְעוֹלָם לָא תֵּיפוֹךְ. הָתָם — בִּקְרָאֵי פְּלִיגִי, הָכָא — בִּסְבָרָא פְּלִיגִי. הָתָם בִּקְרָאֵי פְּלִיגִי, רַבִּי מֵאִיר סָבַר: ״וְאָכַלְתָּ״ — זוֹ אֲכִילָה, ״וְשָׂבָעְתָּ״ — זוֹ שְׁתִיָּה, וַאֲכִילָה בִּכְזַיִת. וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: ״וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ״ — אֲכִילָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׂבִיעָה, וְאֵיזוֹ זוֹ? בְּכַבֵּיצָה.

Abaye a dit : en fait, n'inverse pas. Là-bas, ils divergent sur des versets ; ici, ils divergent par un raisonnement.

Là-bas, ils divergent sur des versets. Rabbi Meir estime : et tu mangeras, c'est le manger ; et tu seras rassasié, c'est le boire ; et le manger est à la mesure d'une olive.

Et Rabbi Yehouda estime : et tu mangeras et tu seras rassasié, un manger où il y a satiété. Et lequel est-ce ?

À la mesure d'un œuf.

📜 Rachi (1)
וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ מֵהַאי קְרָא נָפְקָא לָן בִּרְכַּת (הַזִּימּוּן) בִּבְרָכוֹת (דַּף מח:):
De ce verset nous dérivons la bénédiction du zimoun, dans Berakhot (48b).
🗂️ Tossefot (1)
וְאָכַלְתָּ זוֹ אֲכִילָה נִרְאֶה דְּהָנֵי שִׁיעוּרֵי כַּזַּיִת וְכַבֵּיצָה דְּלָא הָוֵי אֶלָּא אַסְמַכְתָּא וְכֵן פ"ה בְּפֶרֶק מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת כ:) גַּבֵּי הָא דְּאָמַר בֵּן מְבָרֵךְ לְאָבִיו וּמוּקֵי לָהּ כְּגוֹן דְּאָכַל הָאָב שִׁיעוּר דְּרַבָּנָן וּפֵ"ה שָׁם דְּהַייְנוּ כַּזַּיִת וְכַבֵּיצָה דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא בָּעֵינַן שְׂבִיעָה גְּמוּרָה וְכֵן מוּכָח הָתָם דְּקָאָמַר לֹא אֶשָּׂא פָּנִים לְיִשְׂרָאֵל שֶׁכָּתַבְתִּי לָהֶם וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ וּבֵרַכְתָּ וְהֵן מְדַקְדְּקִים עַל עַצְמָם בְּכַזַּיִת וְכַבֵּיצָה וְקָשֶׁה דִּבְפֶרֶק ג' שֶׁאָכְלוּ (שָׁם מח.) אָמַר יַנַּאי מַלְכָּא וּמַלְכְּתָא כָּרְכִי רִיפְתָּא בַּהֲדֵי הֲדָדֵי אֲמַר מַאן יָהֵיב לַן גַּבְרָא דִּמְבָרֵךְ לַן אַייְּתוּהוּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן שֶׁטַח וְכוּ' שָׁתָה וּבָרֵיךְ לְהוּ וְקָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן שָׁטַח לְגַרְמֵיהּ הוּא דַּעֲבַד דִּלְעוֹלָם אֵינוֹ מוֹצִיא אֲחֵרִים יְדֵי חוֹבָה עַד שֶׁיֹּאכַל כְּזַיִת דָּגָן מַשְׁמַע דְּאִם אָכַל כַּזַּיִת דָּגָן הָיָה מוֹצִיא אֲחֵרִים וְאִי כַּזַּיִת דְּרַבָּנָן הֵיכִי מַפִּיק לְהוּ הָא אָמַר דְּלָא אָתֵי דְּרַבָּנַן וּמַפֵּיק דְּאוֹרָייְתָא ואור"י דְּהַייְנוּ דַּוְקָא קָטָן אֵינוֹ מוֹצִיא אוֹתוֹ שֶׁאָכַל שִׁיעוּר דְּאוֹרָייְתָא אֲבָל גָּדוֹל אֲפִילּוּ לָא אָכְלִי כְּלָל יָכוֹל לְהוֹצִיא אֲחֵרִים מִדְּאוֹרַיְיתָּא:
Il apparaît que ces mesures, le ke-zayit et le ke-beitsa, ne sont qu'une asmakhta. De même Rachi au chapitre Mi chemeto (Berakhot 20b), au sujet de ce qu'on a dit : le fils bénit pour son père, et l'on explique le cas où le père a mangé la mesure rabbinique. Rachi là-bas : c'est le ke-zayit et le ke-beitsa, car de la Torah il faut une satiété complète. C'est aussi ce qui est prouvé là-bas, puisqu'il dit : Je ne ferai pas acception de personne à Israël, car Je leur ai écrit : tu mangeras, tu seras rassasié, et tu béniras, et eux se montrent stricts envers eux-mêmes pour un ke-zayit et un ke-beitsa. Difficulté : au chapitre Chelocha che-akhlou (là-bas, 48a), il dit : le roi Yannaï et la reine mangeaient du pain ensemble. Il dit : qui nous donnera un homme qui bénira pour nous ? On amena Rabbi Chimon ben Chetah, etc. Il but et bénit pour eux. Et Rabbi Chimon ben Chetah dit à son sujet : c'est pour lui-même qu'il a agi, car jamais on ne fait sortir les autres de leur obligation tant qu'on n'a pas mangé un ke-zayit de grain. Cela implique que, s'il avait mangé un ke-zayit de grain, il aurait fait sortir les autres. Et si le ke-zayit est rabbinique, comment les fait-il sortir ? Or il est dit qu'un statut rabbinique ne vient pas faire sortir d'une obligation de la Torah. Rabbenou Yitshak dit : c'est seulement un mineur qui ne fait pas sortir celui qui a mangé la mesure de la Torah ; mais un adulte, même s'il n'a rien mangé du tout, peut faire sortir les autres au niveau de la Torah.
💡 Explication

Abaye refuse l'inversion. Deux terrains. Pour le zimoun, la dispute porte sur Deutéronome 8, 10. Rabbi Meir coupe : va-akhalta, le manger, mesure du ke-zayit ; ve-savata, le boire. Rabbi Yehouda lit les deux mots ensemble : un manger où il y a satiété, le ke-beitsa.

Tossefot : ces mesures sont une asmakhta. De la Torah, la berakha exige une satiété complète. Le ke-zayit de Rabbi Chimon ben Chetah se résout ainsi : un mineur ne décharge pas une obligation de la Torah ; un adulte le peut, même sans avoir mangé.

🖼️ Schéma
Zimoun : comment lire va-akhalta ve-savata Deutéronome 8, 10. Abaye : dispute sur les versets. Rabbi Meir : deux membres Va-akhalta : le manger Mesure du manger : ke-zayit Ve-savata : le boire Le zimoun suit le ke-zayit Rabbi Yehouda : un seul bloc Va-akhalta ve-savata ensemble Un manger où il y a satiété Cette satiété : ke-beitsa Le zimoun suit le ke-beitsa
Rabbi Meir sépare manger et boire. Rabbi Yehouda exige un manger rassasiant.
18
הָכָא בִּסְבָרָא פְּלִיגִי, דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר חֲזָרָתוֹ כְּטֻומְאָתוֹ: מַה טֻומְאָתוֹ בְּכַבֵּיצָה, אַף חֲזָרָתוֹ בְּכַבֵּיצָה. וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר חֲזָרָתוֹ

Ici, ils divergent par un raisonnement. Rabbi Meir estime : son retour est comme sa touma.

De même que sa touma est à la mesure d'un œuf, de même son retour est à la mesure d'un œuf. Et Rabbi Yehouda estime : son retour

📜 Rachi (1)
חֲזָרָתוֹ וּמִדְּרַבָּנָן הִיא וְאַשִּׁיעוּר טֻומְאָתוֹ אַסְמְכוּהָ וְטֻומְאַת אוֹכְלִין בְּכַבֵּיצָה:
Et c'est rabbinique, et ils l'ont appuyé sur la mesure de sa touma. La touma des aliments est à la mesure d'un œuf.
💡 Explication

Ici, pour le retour du kodech et du hamets, la dispute est une sevara. Rabbi Meir : hazara comme touma. La touma des aliments commence au ke-beitsa ; le devoir de revenir aussi.

Rabbi Yehouda ouvre par son retour. La phrase s'arrête sur cet amoud ; la suite est au daf suivant. Rachi : ce retour est rabbinique, et l'on a pris appui sur la mesure de la touma.

🖼️ Schéma
Retour : Rabbi Meir calque la hazara sur la touma Touma Aliments : ke-beitsa Comme hazara ke-toumata Retour ke-beitsa Rachi : la hazara est de-rabbanan. L'appui est la mesure de la touma. Rabbi Yehouda : son retour. La suite est sur le daf suivant.
Rabbi Meir : la mesure du retour suit la touma des aliments.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).