Pesachim 50a — Le retour au ke-zayit, Jérusalem à venir, et le shem

Pesachim 50a

Sougya : L'amoud achève la mesure du retour : Rabbi Yehouda la fixe au ke-zayit, comme l'interdit ; Rabbi Natan propose deux œufs, et les Sages ne le suivent pas. La Guemara ouvre alors Zacharie 14 : yekarot ve-kippaon, la lumière, Negaim et Ohalot, puis les gens précieux et le monde inversé vu par Rav Yossef, fils de Rabbi Yehoshoua ben Levi.

Elle explique metzilot ha-sous : l'agrandissement de Jérusalem, les clochettes du cheval, le butin, puis kenaani, l'unité de Hachem et de Son nom, écrit en yod-hé et lu en alef-dalet. Après le hadran du chapitre, la michna nouvelle règle le travail la veille de Pessa'h selon la coutume du lieu, et impose au voyageur les houmrim des deux endroits.

Yekarot ve-kippaon : trois lectures Zacharie 14, 6. Yakar : précieux. Kafouy : léger. Rabbi Elazar La lumière du soleil Précieuse ici Légère dans l'avenir Rachi : kafouy, ce qui flotte Rabbi Yo'hanan Negaim et Ohalot Lourds à étudier ici Aisés dans l'avenir Traités difficiles R. Yehoshoua b. Levi Les gens précieux Importants ici Légers là-bas Rachi : riches, sans mérite Rav Yossef fils de R. Yehoshoua b. Levi Il expire Monde inversé Monde clair Haut en bas, bas en haut. Les talmidei hakhamim : comme ici, ainsi là-bas. Heureux qui arrive avec son étude en main. Tués du pouvoir : les tués de Lod, et non Rabbi Akiva et ses compagnons.
Trois sens de yekarot ve-kippaon, puis le monde inversé et les tués de Lod.
Metzilot ha-sous : trois derachot Zacharie 14, 20. Puis marmites, et kenaani. R. Yehoshoua b. Levi Jérusalem s'étend Le cheval court jusqu'à ce que son ombre soit sous lui : midi Matsil : l'ombre Rabbi Elazar Clochettes du cheval entre les yeux deviendront kodech pour Hachem Rachi : ornement qui tinte Rabbi Yo'hanan Butin pris jusqu'à midi apporte en don au Temple Même mesure : le cheval Seul ce sens porte les versets Les marmites comme les bassins Butin : vaisselle d'or pour le hekdesh Les deux autres : Israël s'enrichit et donne Plus de kenaani Butin : plus besoin de commerçant Rabbi Yirmeya : ein kan ani, pas de pauvre Kenaani = marchand Yehouda n'a pas épouse une Cananéenne. Resh Lakish : fille d'un tagar. Osée 12, 8 et Isaie 23, 8.
Trois sens de metzilot ha-sous, puis les marmites et le kenaani.
Hachem un, et Son nom un Zacharie 14, 9. Puis Exode 3, 15 : le'alem, à dissimuler. Ce monde-ci Bonne nouvelle : ha-tov ve-ha-metiv Mauvaise nouvelle : dayan ha-émet Shem écrit en yod-hé Lu en alef-dalet Monde à venir Tout : ha-tov ve-ha-metiv Aucune mauvaise nouvelle Lu en yod-hé Écrit en yod-hé Rabbi Avina : le'alem et zekher Je suis écrit en yod-hé. Je suis lu en alef-dalet. Rava ne le derach pas au pirka. Michna : travail la veille de Pessa'h Selon la coutume jusqu'à midi. Le voyageur prend les houmrim des deux lieux.
Unité du nom, écriture et lecture, puis la coutume du travail la veille de Pessah.
1
כְּאִיסּוּרוֹ: מָה אִיסּוּרוֹ בִּכְזַיִת, אַף חֲזָרָתוֹ בִּכְזַיִת.

comme son interdit : de même que son interdit est au ke-zayit (volume d'une olive), de même son retour est au ke-zayit.

📜 Rachi (1)
כְּאִיסּוּרוֹ שֶׁל חָמֵץ וּבְשַׂר קוֹדֶשׁ נָמֵי מִשֶּׁנִּפְסַל בְּיוֹצֵא אָסוּר בַּאֲכִילָה:
Comme son interdit : celui du hamets, et la viande du kodech aussi, une fois qu'elle est devenue passoul (invalide) par la sortie, est interdite à la consommation.
💡 Explication

Suite de Rabbi Yehouda, ouverte à la fin de 49b. Il calque la hazara (retour) sur l'issour (interdit). L'interdit du hamets et de la viande de kodech sortie commence au ke-zayit ; le devoir de revenir aussi.

2
תַּנְיָא, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: זֶה וְזֶה כִּשְׁתֵּי בֵיצִים, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים.

Une baraita enseigne : Rabbi Natan dit : l'un et l'autre sont à la mesure de deux œufs, et les Sages ne lui ont pas donné raison.

💡 Explication

Troisième mesure. Pour Rabbi Natan, hamets et kodech suivent deux œufs, au-dessus du ke-beitsa de Rabbi Meir et du ke-zayit de Rabbi Yehouda. Les Sages ne retiennent pas cet avis.

🖼️ Schéma
Mesure du retour, suite de Rabbi Yehouda Rabbi Yehouda Interdit : ke-zayit Retour : ke-zayit Hamets et viande de kodech sortis Rabbi Natan L'un et l'autre : deux œufs Les Sages ne le suivent pas Baraita. Mesure rejetée
Rabbi Yehouda : ke-zayit. Rabbi Natan : deux œufs, avis non suivi.
3
״וְהָיָה בַּיּוֹם הַהוּא לֹא יִהְיֶה אוֹר יְקָרוֹת וְקִפָּאוֹן״. מַאי ״יְקָרוֹת וְקִפָּאוֹן״?

Et il arrivera en ce jour-là : il n'y aura pas de lumière, yekarot ve-kippaon. Que signifie yekarot ve-kippaon ?

📜 Rachi (1)
יְקָרוֹת וְקִפָּאוֹן אַיְּידֵי דְּאַייְּרִי בִּירוּשָׁלַיִם בִּיצִיאוֹת שְׁעָרֶיהָ דְּקָתָנֵי וְכֵן מִי שֶׁיָּצָא מִירוּשָׁלַיִם כו' פָּתַח בְּהָא פָּרַשְׁתָּא דְּבָעֵינַן לְמֵימַר קַמַּן שֶׁעָתִיד הקב"ה לְהוֹסִיף עַל יְרוּשָׁלַיִם:
Yekarot ve-kippaon : comme il traitait de Jérusalem, des sorties de ses portes, puisque la michna enseigne : et de même celui qui est sorti de Jérusalem, etc., il a ouvert ce passage, car nous voulons dire plus loin que le Saint, béni soit-Il, ajoutera un jour à Jérusalem.
💡 Explication

Passage de Zacharie 14, 6, amené parce que la michna parlait de sortir de Jérusalem. La suite dira que Jérusalem sera agrandie. D'abord : le sens de yekarot ve-kippaon.

4
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: זֶה אוֹר שֶׁיָּקָר בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְקָפוּי לָעוֹלָם הַבָּא.

Rabbi Elazar dit : c'est la lumière qui est précieuse dans ce monde-ci, et légère dans le monde à venir.

📜 Rachi (1)
אוֹר שֶׁיָּקָר בָּעוֹלָם הַזֶּה כְּשֶׁחַמָּה מְאִירָה בִּגְבוּרָתָהּ וְאוֹרָהּ גָּדוֹל אוֹתוֹ אוֹר חָשׁוּב וַיִּקָּר שֶׁלָּהּ יְהֵא קָפוּי וְקַל לְעוֹלָם הַבָּא כָּל דָּבָר קַל קֶרִי קָפוּי צָף עַל הַמַּיִם וַיָּצֶף הַבַּרְזֶל מְתַרְגְּמִינַן וּקְפָא פַּרְזְלָא (מְלָכִים ב ו׳:ו׳) :
Une lumière précieuse dans ce monde-ci : quand le soleil brille de toute sa force et que sa lumière est grande, cette lumière importante et précieuse sera légère et faible dans le monde à venir. Tout ce qui est léger est appelé kafouy : il flotte sur l'eau. Et le fer surnagea, on traduit : ve-kafa parzela (II Rois 6, 6).
🪔 Ben Yehoyada (1)
זֶה אוֹר שֶׁיָּקָר בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְקָפוּי הוּא לָעוֹלָם הַבָּא. פֵּירוּשׁ דְּאוֹר הַחַמָּה שֶׁל עַתָּה יִהְיֶה שִׁבְעָתַיִם לֶעָתִיד לָבוֹא דִּכְתִיב (יְשַׁעְיָה ל, כו) 'וְאוֹר הַחַמָּה יִהְיֶה שִׁבְעָתַיִם' ומ"ש אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁיְּקָרִים בָּעוֹלָם הַזֶּה יוּבָן עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (בֵּיצָה לב:) 'כָּל הַמְצַפֶּה עַל שֻׁלְחַן אֲחֵרִים עוֹלָם חָשַׁךְ בַּעֲדוֹ' נִמְצָא אוֹר כִּינּוּי לַעֲשִׁירִים.
C'est la lumière qui est précieuse dans ce monde-ci, et elle est légère dans le monde à venir. Explication : la lumière du soleil d'à présent sera septuple dans l'avenir, car il est écrit (Isaie 30, 26) : et la lumière du soleil sera septuple. Et ce qu'il dit, ces gens qui sont précieux dans ce monde-ci, se comprend d'après ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Beitsa 32b) : quiconque compte sur la table d'autrui, le monde est obscur pour lui. Il en résulte que la lumière est une appellation des riches.
💡 Explication

Premier sens. Yakar : précieux. Kafouy : léger, comme ce qui flotte. La grande lumière du soleil d'ici sera comptée pour peu dans le monde à venir. Rachi tire kafouy du targoum de II Rois 6, 6.

5
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵלּוּ נְגָעִים וַאֲהָלוֹת, שֶׁיְּקָרִין הֵן בָּעוֹלָם הַזֶּה, וּקְפוּיִין הֵן לָעוֹלָם הַבָּא.

Rabbi Yo'hanan dit : ce sont les Negaim et les Ohalot, qui sont précieux dans ce monde-ci, et légers dans le monde à venir.

💡 Explication

Deuxième sens. Negaim (plaies) et Ohalot (tentes) sont des traités lourds dans ce monde-ci. Dans le monde à venir, ils seront aisés.

6
וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁיְּקָרִין הֵן בָּעוֹלָם הַזֶּה, וּקְפוּיִין הֵן לָעוֹלָם הַבָּא. כִּי הָא דְּרַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי חֲלַשׁ וְאִיתְנְגִיד, כִּי הָדַר, אֲמַר לֵיהּ אַבֹּוהַּ: מַאי חֲזֵית? אֲמַר לֵיהּ: עוֹלָם הָפוּךְ רָאִיתִי, עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה, וְתַחְתּוֹנִים לְמַעְלָה. אָמַר לוֹ: בְּנִי, עוֹלָם בָּרוּר רָאִיתָ. וַאֲנַן הֵיכִי הָתָם? כִּי הֵיכִי דְּאִיתוּ אֲנַן הָכָא, הָכִי אַיְּתֵינַן הָתָם.

Et Rabbi Yehoshoua ben Levi dit : ce sont les gens qui sont précieux dans ce monde-ci, et légers dans le monde à venir. Comme ce cas de Rav Yossef, fils de Rabbi Yehoshoua ben Levi : il tomba malade et expira.

Quand il revint, son père lui dit : qu'as-tu vu ? Il lui dit : j'ai vu un monde inversé, les supérieurs en bas et les inférieurs en haut.

Il lui dit : mon fils, tu as vu un monde clair. Et nous, comment sommes-nous là-bas ?

Comme nous sommes ici, ainsi nous sommes là-bas.

📜 Rachi (4)
בְּנֵי אָדָם שֶׁיְּקָרִים עֲשִׁירִים וַחֲשׁוּבִים וְאֵינָן טוֹבִים לַמָּקוֹם:
Des gens précieux : riches et importants, et ils ne sont pas bons envers le Lieu.
אִיתְנְגִיד גָּוַע וּפָרְחָה רוּחוֹ:
Il expira : il rendit l'âme, et son souffle s'envola.
עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה אוֹתָן שֶׁהָיוּ כָּאן חֲשׁוּבִים רָאִיתִי קַלִּים:
Les supérieurs en bas : ceux qui étaient importants ici, je les ai vus légers.
וַאֲנַן תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הֵיכִי אַיְּתֵינַן הָתָם:
Et nous : les talmidei hakhamim, comment sommes-nous là-bas ?
🪔 Ben Yehoyada (1)
עוֹלָם הָפוּךְ רָאִיתִי, עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה וְתַחְתּוֹנִים לְמַעְלָה. רָאִיתִי לְרַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּסֵפֶר מְבוֹא שְׁעָרִים (ש"ה ח"א פֶּרֶק י"ב) וְזַ"ל וְזֶהוּ סוֹד מַה שֶׁאָמְרוּ בִּבְרִיָּה דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי דְּאִתְנְגִיד וְאַתַּעַר וְאָמַר 'עוֹלָם הָפוּךְ רָאִיתִי עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה וְתַחְתּוֹנִים לְמַעְלָה' וּפֵרְשׁוּהָ הַגְּאוֹנִים שֶׁרָאָה לְרַב יְהוּדָה לְמַעְלָה מִשְּׁמוּאֵל רַבּוֹ, וְסוֹד הָעִנְיָן כַּמָּה שֶׁהוֹדַעְתִּיךָ בְּשַׁעַר רוּחַ הַקֹּודֶשׁ כִּי כָּל הָאָמוֹרָאִים הֵם מִבְּחִינַת אֱלֹקִים דְּקַטְנוּת, וְלָכֵן מִי שֶׁשָּׁרְשׁוֹ בַּמֹּוחִין שֶׁבָּרֹאשׁ דְּקַטְנוּת וְהוּא עֶלְיוֹן יוֹרֵד לְמַטָּה עַד הַיְּסוֹד, וּמִי שֶׁהוּא מֵהַדַּעַת הַמִּתְפַּשֵּׁט לְמַטָּה דו"ק עוֹמֵד שָׁם בִּמְקוֹמוֹ לְמַעְלָה מִן הָעֶלְיוֹנִים שֶׁיָּרְדוּ בַּיְּסוֹד, עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ יְעַייֵּן שָׁם. ועט"ר הָרַב מוֹר אָבִי זלה"ה בְּסִפְרוֹ מִדְרַשׁ אֵלִיָּהוּ (דַּף צה) 'רָאִיתִי עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה' דנה"י [נֶצַח, הוֹד, יְסוֹד] שֶׁל פַּרְצוּף הָעֶלְיוֹן הֵם חַבָּ"ד [חָכְמָה, בִּינָה, דַּעַת] לְמַטָּה בַּפַּרְצוּף הַתַּחְתּוֹן וְתַחְתּוֹנִים שֶׁהֵם חַבָּ"ד שֶׁל הַתַּחְתּוֹן הֵם לְמַעְלָה רוֹצֶה לוֹמַר נה"י שֶׁל הָעֶלְיוֹן, אוֹ הַכַּוָּונָה כָּךְ חַבָּ"ד שֶׁהֵם עֶלְיוֹנִים בַּפַּרְצוּף הַתַּחְתּוֹן הֵם לְמַטָּה רוֹצֶה לוֹמַר הֵם נה"י שֶׁהֵם תַּחְתּוֹנִים בַּפַּרְצוּף הָעֶלְיוֹן וְתַחְתּוֹנִים שֶׁהֵם הנה"י יִהְיוּ לְמַעְלָה רוֹצֶה לוֹמַר יִהְיוּ חג"ת [חֶסֶד, גְּבוּרָה, תִּפְאֶרֶת] שֶׁהֵם לְמַעְלָה מִן נה"י. וְעוֹד פֵּירֵשׁ שָׁם (בְּדַף צו:) עַל מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ זַ"ל בִּדְרוּשׁ הַתְּפִילִּין שַׁעַר ג' שֶׁבַּלַּיְלָה מוֹחִין דז"א [זְעֵיר אַנְפִּין] מִסְתַּלְּקִים לְגַמְרֵי עַל רֹאשׁוֹ, אֲבָל מוֹחִין שֶׁל הַמַּלְכוּת נִיתָּנִים בְּתוֹךְ חָזֶה דז"א וְכָתַב לָכֵן בַּלַּיְלָה הִיא יְתֵירָה עָלָיו לְפִי שֶׁרִשֵּׁימוּ דְּמוֹחִין שֶׁלָּהּ נִשְׁאַר קַייָּם בְּחָזֶה שֶׁלּוֹ וּמֵאִיר אֵלֶיהָ עַד כָּאן דְּבָרָיו יְעַיֵּין שָׁם. וּבָזֶה יוּבָן (זֹוהַר חֵלֶק ג קסח, א) 'מַאן דְּאִיהוּ זְעֵיר אִיהוּ רַב וּמַאן דְּאִיהוּ רַב אִיהוּ זְעֵיר'. וּבְנִי יְדִידִי כה"ר יַעֲקֹב נר"ו פֵּירֵשׁ עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר הַפְּסוּקִים בִּיחֶזְקֵאל וְזַ"ל: וְהִנֵּה קַיִן וְהֶבֶל הֵם גְּבוּרוֹת וַחֲסָדִים כַּנּוֹדָע, וּמִן הָרָאוּי הָיָה שֶׁהַגְּבוּרוֹת שֶׁהֵם קַיִן הַבְּכוֹר הֵם מְעֻולּוֹת מֵהַחֲסָדִים כַּמְבֹואָר אֶצְלֵינוּ בְּסוֹד (מִשְׁלֵי יב, ד) 'אֵשֶׁת חַיִל עֲטֶרֶת בַּעְלָהּ' שֶׁהַגְּבוּרוֹת הֵם נְקֵבוֹת, וְכֵן הַלְּוִיִּם שֶׁהֵם מִן הַגְּבוּרוֹת שֶׁל קַיִן הָיָה רָאוּי שֶׁהֵם יִהְיוּ כֹּהֲנִים כִּי לָהֶם כֶּתֶר הַכְּהֻונָּה שֶׁהֵם הַבְּכוֹרוֹת, וְהַכֹּהֲנִים שֶׁהֵם מִשֹּׁורֶשׁ הֶבֶל יִהְיוּ לְוִיִּם אֶלָּא שֶׁבְּחֶטְאוֹ שֶׁל קַיִן נֶהְפַּךְ הָעִנְיָן עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁנּוֹדַע וְכוּ'. וְהִנֵּה בָּעוֹלָם הַזֶּה שֶׁשֹּׁורֶשׁ הֶבֶל לִהְיוֹתָם מִן חֲסָדִים הֵם יוֹתֵר נְקִיִּים וְרֻובָּם טוֹב וּמִיעוּטָם רַע, הָיוּ עַתָּה כֹּהֲנִים, אֲבָל לֶעָתִיד לָבוֹא שֶׁנְּשָׁמוֹת קַיִן נִטְהֲרוּ מִן הַקְּלִיפּוֹת וְנִתַּקְּנוּ יַחְזֹור קַיִן וְיִטֹּול בְּכוֹרָתוֹ הָרְאוּיָה לוֹ וּמַה שֶׁעַתָּה הָיוּ כֹּוהֲנִים עוֹבְדִים יִהְיוּ אָז הַלְּוִיִּם עוֹבְדִים בִּכְהֻונָּה בְּאֹופֶן שֶׁהַכֹּהֲנִים יַחְזְרוּ לִהְיוֹתָם לְוִיִּם וְהַלְוִיִּם יִהְיוּ כֹּהֲנִים, וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר (יְחֶזְקֵאל מד, טו) וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק וְכוּ' עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ יְעַייֵּן שָׁם. וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר 'עוֹלָם הָפוּךְ רָאִיתִי עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה וְתַחְתּוֹנִים לְמַעְלָה' שֶׁרָאָה הַכֹּהֲנִים לְמַטָּה מִן הַלְוִיִּם וְהַלְוִיִּם לְמַעְלָה מִן הַכֹּהֲנִים וְאָמַר לוֹ עוֹלָם בָּרוּר רָאִיתָ! כִּי כֵן יִהְיֶה לֶעָתִיד לָבוֹא. עַד כָּאן דְּבָרָיו נר"ו.
J'ai vu un monde inversé, les supérieurs en bas et les inférieurs en haut. J'ai vu chez notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans le livre Mavo Shearim (porte 5, partie 1, chapitre 12), et voici ses mots : et voici le sod de ce qu'ils ont dit au sujet du fils de Rabbi Yehoshoua ben Levi, qu'il expira, se réveilla, et dit : j'ai vu un monde inversé, les supérieurs en bas et les inférieurs en haut. Les gaonim l'ont expliqué : il a vu Rav Yehouda au-dessus de Chemouel, son maître. Et le sod de la chose est comme je te l'ai fait savoir dans la porte de roua'h ha-kodech : tous les amoraim relèvent de l'aspect d'Elokim de la katnout. C'est pourquoi celui dont la racine est dans les mohin de la tête de la katnout, et qui est supérieur, descend en bas jusqu'au yesod ; et celui qui vient de la daat qui se déploie vers le bas de Zeir Anpin reste là, à sa place, au-dessus des supérieurs descendus dans le yesod. Jusqu'ici ses mots ; qu'on y regarde. Et la couronne, notre maître mon père, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, dans son livre Midrach Eliyahou (folio 95) : j'ai vu les supérieurs en bas, car netsa'h, hod et yesod du partsouf supérieur sont 'hokhma, bina et daat en bas, dans le partsouf inférieur ; et les inférieurs, qui sont 'hokhma, bina et daat de l'inférieur, sont en haut, c'est-à-dire netsa'h, hod et yesod du supérieur. Ou bien l'intention est celle-ci : 'hokhma, bina et daat, qui sont supérieurs dans le partsouf inférieur, sont en bas, c'est-à-dire qu'ils sont netsa'h, hod et yesod, inférieurs dans le partsouf supérieur ; et les inférieurs, qui sont netsa'h, hod et yesod, seront en haut, c'est-à-dire 'hessed, gevoura et tiferet, qui sont au-dessus de netsa'h, hod et yesod. Et il a encore expliqué là (folio 96b) ce que notre maître, de mémoire bénie, a écrit dans le drouch des tefillin, porte 3 : la nuit, les mohin de Zeir Anpin se retirent tout à fait au-dessus de sa tête, mais les mohin de la malkhout sont placés dans la poitrine de Zeir Anpin. Il a écrit : c'est pourquoi, la nuit, elle a un avantage sur lui, car la reshima de ses mohin reste en place dans sa poitrine et éclaire vers elle. Jusqu'ici ses mots ; qu'on y regarde. Par là on comprend (Zohar, partie III, 168a) : celui qui est petit est grand, et celui qui est grand est petit. Et mon fils bien-aimé, l'honorable rav Yaakov, que sa lumière brille, a expliqué d'après ce qu'a écrit notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans Chaar ha-pesoukim sur Ye'hezkel, et voici ses mots : or Kain et Hevel sont gevourot et hassadim, comme on le sait. Il aurait convenu que les gevourot, qui sont Kain l'aîné, soient au-dessus des hassadim, comme cela est expliqué chez nous dans le sod de (Proverbes 12, 4) : une femme vaillante est la couronne de son mari, car les gevourot sont féminines. De même les leviim, qui viennent des gevourot de Kain, auraient dû être cohanim, car la couronne de la kehouna leur revient, eux qui sont les premiers-nés ; et les cohanim, qui viennent de la racine de Hevel, auraient été leviim. Mais par le péché de Kain la chose s'est inversée, selon ce qui est connu, etc. Or dans ce monde-ci, la racine de Hevel, parce qu'ils viennent des hassadim, est plus pure : la plupart sont bons, la minorité est mauvaise, et ils sont maintenant cohanim. Mais dans l'avenir, quand les nechamot de Kain auront été purifiées des kelipot et réparées, Kain reprendra le droit d'aînesse qui lui revient. Ceux qui sont maintenant des cohanim officiants seront alors des leviim officiant dans la kehouna, de sorte que les cohanim redeviendront leviim et les leviim seront cohanim. C'est ce qui est dit (Ye'hezkel 44, 15) : et les cohanim, les leviim, fils de Tsadok, etc. Jusqu'ici ses mots ; qu'on y regarde. Et c'est ce qui est dit : j'ai vu un monde inversé, les supérieurs en bas et les inférieurs en haut : il a vu les cohanim au-dessous des leviim, et les leviim au-dessus des cohanim. Et il lui dit : tu as vu un monde clair, car il en sera ainsi dans l'avenir. Jusqu'ici les paroles de celui dont la lumière brille.
💡 Explication

Troisième sens, appuyé par un fait. Rav Yossef expire (itnaggid) et revient. Le rang d'ici est renversé la-bas : c'est un monde clair, où la place suit le mérite. Les talmidei hakhamim gardent la-bas le rang qu'ils ont ici.

Rachi : les gens précieux sont les riches importants qui ne sont pas bons envers le Lieu.

7
וְשָׁמַעְתִּי שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: אַשְׁרֵי מִי שֶׁבָּא לְכָאן וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ. וְשָׁמַעְתִּי שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: הֲרוּגֵי מַלְכוּת אֵין אָדָם יָכוֹל לַעֲמֹוד בִּמְחִיצָתָן.

Et j'ai entendu qu'ils disaient : heureux celui qui arrive ici et dont l'étude est dans sa main. Et j'ai entendu qu'ils disaient : les tués par le pouvoir, personne ne peut se tenir dans leur enceinte.

🪔 Ben Yehoyada (2)
אַשְׁרֵי מִי שֶׁבָּא לְכָאן וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד יֵשׁ לִימּוּד תּוֹרָה שֶׁלּוֹ וּמִצְוֹתָיו שְׁלֵמִים שֶׁיּוּכַל לַעֲלוּתָם לְשָׁרְשָׁם לְמַעְלָה בִּלְתִּי עֵזֶר וְסִיּוּעַ מִצַּדִּיקִים אֲחֵרִים, וְיֵשׁ שֶׁהֵם חֲלוּשִׁים מְאֹד וְאֵין יְכוֹלִים לַעֲלוֹת אֶלָּא עַל יְדֵי הִצְטָרְפוּת תַּלְמוּד תּוֹרָה שֶׁל צַדִּיקִים אֲחֵרִים. וְלָזֶה אָמַר ' אַשְׁרֵי מִי שֶׁבָּא לְכָאן וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ ' כְּלוֹמַר אֵינוֹ צָרִיךְ לְכֹחַ צַדִּיקִים אֲחֵרִים לְתָמְכוֹ אֶלָּא תַּלְמוּדוֹ תָּלוּי בְּכֹוחוֹ וְעֹוצֶם יָדוֹ דַּוְקָא. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ בְּשֵׁם הַגָּאוֹן הַשְּׁלָ"ה זַ"ל ד' אֶצְבָּעוֹת הַיָּדַיִם הֵם כְּנֶגֶד עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת '. וּפֵרַשְׁתִּי בס"ד הַטַּעַם שֶׁעָשָׂה הקב"ה עֶשֶׂר אֶצְבָּעוֹת בְּיָדַיִם כְּנֶגֶד עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת, מִפְּנֵי כִּי יָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ הַמְפָרְשִׁים זַ"ל דְּכָל תרי"ג מִצְוֹת רְמוּזִים וּכְלוּלִים בְּעֶשֶׂר הַדִּבְּרוֹת וּכְדֵי שֶׁלֹּא יֹאמַר הָאָדָם דַּי לִי לְקַיֵּים תרי"ג מִצְוֹת כֻּולָּם בְּדִיבּוּר וּבְמַחֲשָׁבָה בִּלְבַד וְאֵין צָרִיךְ מַעֲשֶׂה לְכָךְ קִבְעָם בְּאֶצְבְּעוֹת הַיָּדַיִם לִרְמֹוז לָאָדָם שֶׁחַיָּיב לְקַייֵּם כָּל תרי"ג מִצְוֹת שֶׁהֵם כְּלוּלִים וּרְמוּזִים בַּעֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת בְּמַעֲשֶׂה, דְּיָדוּעַ שֶׁהַמַּעֲשֶׂה תִּתְיַיחֵס לַיָּדַיִם וְלָכֵן כְּמוֹ שֶׁאִם נַעֲשָׂה בְּיָדַיִם אֶצְבַּע יְתֵירָה אוֹ אֶצְבַּע חֲסֵירָה הָוֵי מוּם כֵּן בְּתַרְיָ"ג מִצְוֹת נֶאֱמַר לֹא תֹוסִיפוּ עַל הַדָּבָר הַזֶּה וְלֹא תִּגְרְעוּ מִמֶּנּוּ. וְזֶהוּ שֶׁאָמַר ' אַשְׁרֵי מִי שֶׁבָּא לְכָאן וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ ' רוֹצֶה לוֹמַר תַּלְמוּדוֹ הֵבִיאוּ לִידֵי מַעֲשֶׂה כַּאֲשֶׁר רָמוּז בְּיָדוֹ שֶׁלֹּא הוֹסִיף וְלֹא גָּרַע. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ חַכְמֵי הַמּוּסָר דְּהֶעָשִׁיר הַמַּחֲזִיק בְּיַד תַּלְמִיד חָכָם יִתְּנוּ לוֹ שָׂכָר עַל כָּל מַה שֶׁלָּמַד וְכַאֲשֶׁר יָבֹא לֶעָתִיד לִיקַּח שְׂכָרוֹ יֹאמְרוּ לוֹ טֹול שָׂכָר זֶה בַּעֲבוּר מַסֶּכְתָּא פְּלוֹנִי וּמִדְרָשׁ פְּלוֹנִי וְהוּא אוֹמֵר מֵעוֹלָם לֹא לָמַדְתִּי גְּמָרָא וְלֹא מִדְרָשׁ וְאוֹמְרִים לוֹ אֱמֶת שֶׁלֹּא לָמַדְתָּ אַתָּה בְּעַצְמְךָ אֶלָּא הֶחֱזַקְתָּ בְּיַד תַּלְמִיד חָכָם פְּלוֹנִי שֶׁהוּא לָמֵד מַסֶּכְתּוֹת אֵלֶּה וְלָכֵן אַתָּה תִּטֹּול שָׂכָר בַּעֲבוּרָם! עַד כָּאן דִּבְרֵיהֶם. וְהִנֵּה יָדוּעַ הֲגַם דְּנוֹתְנִים שָׂכָר לַמַּחֲזִיקִים עִם כָּל זֶה אֵינוֹ דּוֹמֶה לִשְׂכַר תַּלְמִיד חָכָם עַצְמָן שֶׁלָּמְדוּ וְטָרְחוֹ בְּלִימּוּדָם כִּי הַמַּחֲזִיק רַק הָיָה סִיבָּה לָזֶה וְלָכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (בְּרָכוֹת לד:) כָּל הַנְּבִיאִים לֹא נִתְנַבְּאוּ אֶלָּא לַמַּחֲזִיקִים בְּיַד תַּלְמִיד חָכָם אֲבָל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים עַצְמָן 'עַיִן לֹא רָאָתָה אֱ-לֹהִים זוּלָתְךָ' (יְשַׁעְיָה סד, ג) וְזֶהוּ שֶׁאָמַר ' אַשְׁרֵי מִי שֶׁבָּא לְכָאן וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ ' תַּלְמוּדוֹ דַּייְקָא מַה שֶׁלָּמַד הוּא בְּעַצְמוֹ וְלֹא מִמַּה שֶׁלָּמְדוּ אֲחֵרִים שֶׁהָיָה מַחֲזִיק בְּיָדָם דְּאֵינוֹ דּוֹמֶה זֶה לָזֶה שֶׁזֶּה אַשְׁרָיו שֶׁשְּׂכָרוֹ 'עַיִן לֹא רָאֲתָה'. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (עֲבוֹדָה זָרָה יט.) בַּפָּסוּק 'בְּתוֹרַת ה' חֶפְצוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יֶהְגֶּה' בַּתְּחִלָּה תּוֹרַת ה' אַךְ אַחַר שֶׁעָסַק בָּהּ וְהָיָה לוֹ לֵב מֵבִין לְחַדֵּשׁ בָּהּ חִדּוּשֵׁי תּוֹרָה נִקְרֵאת תּוֹרָתוֹ. וְזֶהוּ שֶׁאָמַר ' וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ ' רוֹצֶה לוֹמַר שֶׁזָּכָה לְחִדּוּשֵׁי תּוֹרָה שֶׁאָז נִקְרָא תַּלְמוּדוֹ עַל שְׁמוֹ. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל פִּי הַמַּעֲשֶׂה שֶׁל הַפִילוֹסוֹף שֶׁהֵבִיא הַגָּאוֹן חִידָ"א בְּחוֹמַת אֲנָךְ בִּישַׁעְיָה בַּפָּסוּק (יְשַׁעְיָה ג, ט) 'הַכָּרַת פְּנֵיהֶם עָנְתָה בָּם לֹא כִּחֲדוּ', דְּיֵשׁ אָדָם טִבְעוֹ כַּעֲסָן וְגָאָה וְחַמְסָן וְגַזְלָן אַךְ כּוֹפֶה יִצְרוֹ וּמְשַׁנֶּה טִבְעוֹ וְיֵשׁ טִבְעוֹ נָח וְשֶׁקֶט וְנֶאֱמָן וְיָשָׁר מִצַּד מִזְגּוֹ וְחָומְרוֹ וְזֶהוּ שֶׁאָמַר וְתַלְמוּדוֹ דַּייְקָא בְּיָדוֹ. אוֹ קָרוֹב לָזֶה יֵשׁ נַעֲשֶׂה צַדִּיק וְטוֹב מֵחֲמַת מוֹלִידָיו וְיֵשׁ מִצַּד עַצְמוֹ וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר וְתַלְמוּדוֹ דַּיְיקָא בְּיָדוֹ . אוֹ יוּבָן בס"ד יֵשׁ לוֹקֵחַ זְכִיּוֹת מֵאֲחֵרִים וְיֵשׁ אֵינוֹ רוֹצֶה לֵיהָנוֹת וּמַחֲזִיר הַכֹּל כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּבֵיאוּר בִּרְכַּת 'עַל הַצַּדִּיקִים' בְּאוֹמְרוֹ וְשִׂים חֶלְקֵנוּ עִמָּהֶם יְעַיֵּין שָׁם, וְזֶהוּ שֶׁאָמַר וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ שֶׁלּוֹ וְלֹא שֶׁל אֲחֵרִים.
Heureux celui qui arrive ici et dont l'étude est dans sa main. Il me semble, avec l'aide du Ciel : il y a une étude de la Torah qui est la sienne, et ses mitsvot sont entières, de sorte qu'il peut les faire monter à leur racine en haut sans aide ni soutien d'autres tsadikim ; et il y en a qui sont très faibles et ne peuvent monter que par l'adjonction de l'étude de la Torah d'autres tsadikim. C'est pourquoi il a dit : heureux celui qui arrive ici et dont l'étude est dans sa main, c'est-à-dire qu'il n'a pas besoin de la force d'autres tsadikim pour le soutenir : son étude dépend de sa force et de la puissance de sa main, précisément. Ou bien on le comprend, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'ils ont dit au nom du gaon le Shelah, de mémoire bénie : les doigts des mains correspondent aux dix paroles. Et j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, pourquoi le Saint, béni soit-Il, a fait dix doigts aux mains en face des dix paroles : parce qu'on sait, d'après les commentateurs de mémoire bénie, que les 613 mitsvot sont toutes allusionnées et comprises dans les dix paroles. Afin que l'homme ne dise : il me suffit d'accomplir les 613 mitsvot toutes ensemble par la parole et par la pensée seulement, et l'acte n'est pas requis, Il les a fixées dans les doigts des mains, pour faire allusion à l'homme qu'il est tenu d'accomplir par l'acte toutes les 613 mitsvot comprises et allusionnées dans les dix paroles. Car on sait que l'acte se rattache aux mains. C'est pourquoi, de même que si l'on fait à la main un doigt de trop ou un doigt en moins, c'est un mum (défaut), de même, au sujet des 613 mitsvot, il est dit : vous n'ajouterez rien à cette parole, et vous n'en retrancherez rien. Et c'est ce qu'il a dit : heureux celui qui arrive ici et dont l'étude est dans sa main, c'est-à-dire que son étude, il l'a amenée jusqu'à l'acte, selon l'allusion de sa main : il n'a ni ajouté ni retranché. D'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'ont dit les sages de la moussar : au riche qui tient de sa main un talmid 'hakham, on donnera un salaire pour tout ce que celui-ci a étudié. Quand il viendra, dans l'avenir, prendre son salaire, on lui dira : prends ce salaire pour tel traité et tel midrach. Et lui dit : je n'ai jamais étudié ni la Guemara ni le midrach. On lui dit : il est vrai que tu n'as pas étudié toi-même, mais tu as tenu de ta main tel talmid 'hakham, qui a étudié ces traités ; c'est pourquoi tu prendras le salaire pour eux. Jusqu'ici leurs mots. Or on sait que, bien qu'on donne un salaire à ceux qui soutiennent, ce salaire ne ressemble pas à celui des talmidei hakhamim eux-mêmes, qui ont étudié et peiné dans leur étude, car celui qui soutient n'a été qu'une cause. C'est pourquoi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Berakhot 34b) : tous les prophètes n'ont prophétisé que pour ceux qui tiennent de leur main un talmid 'hakham ; mais les talmidei hakhamim eux-mêmes : un œil n'a pas vu, Elokim, en dehors de Toi (Isaie 64, 3). Et c'est ce qu'il a dit : heureux celui qui arrive ici et dont l'étude est dans sa main : son étude, précisément, ce qu'il a étudié lui-même, et non ce qu'ont étudié d'autres qu'il tenait de sa main, car l'un ne ressemble pas à l'autre : celui-ci est heureux, et son salaire est : un œil n'a pas vu. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Avoda Zara 19a), sur le verset : dans la Torah de Hachem est son désir, et dans sa Torah il médite. Au début, c'est la Torah de Hachem ; après qu'il s'en est occupé et qu'il a eu un cœur qui comprend, pour y produire des hidoushei Torah, elle est appelée sa Torah. Et c'est ce qu'il a dit : et son étude dans sa main, c'est-à-dire qu'il a mérité des hidoushei Torah, et alors son étude porte son nom. Ou bien on le comprend, avec l'aide du Ciel, d'après le récit du philosophe rapporté par le gaon le Hida dans Houmat Anakh sur Isaie, au verset (Isaie 3, 9) : l'aspect de leur visage témoigne contre eux, ils n'ont pas dissimulé. Il y a un homme dont la nature est coléreuse, orgueilleuse, violente et rapace, mais il plie son yetser et change sa nature ; et il y a celui dont la nature est aisée, calme, fidèle et droite, du côté de son tempérament et de sa matière. Et c'est ce qu'il a dit : et son étude, précisément, dans sa main. Ou bien, proche de cela : il y a celui qui devient tsadik et bon à cause de ceux qui l'ont engendré, et il y a celui qui l'est de son propre fait. Et c'est ce qui est dit : et son étude, précisément, dans sa main. Ou bien on le comprend, avec l'aide du Ciel : il y a celui qui prend des mérites d'autrui, et il y a celui qui ne veut pas en jouir et rend tout, comme l'a écrit notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans l'explication de la bénédiction sur les tsadikim, lorsqu'il dit : et place notre part avec eux ; qu'on y regarde. Et c'est ce qu'il a dit : et son étude dans sa main, la sienne, et non celle d'autrui.
וְשָׁמַעְתִּי שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: "אַשְׁרֵי הֲרוּגֵי מַלְכוּת שֶׁאֵין כָּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמֹד בְּמֶחֱצָתָן". יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה נָקֵיט וְשָׁמַעְתִּי פַּעַם שֵׁנִית וְהָיָה לוֹ לְעָרֵב חֲלֻוקָּה זוֹ עִם הָרִאשׁוֹנָה לוֹמַר 'וְאַשְׁרֵי הֲרוּגֵי מַלְכוּת'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאֶפְשָׁר כָּרוֹז רִאשׁוֹן שָׁמַע אוֹתוֹ בְּעֵת שֶׁנִּכְנַס לְגַן עֵדֶן וְכָרוֹז שֵׁנִי בְּעֵת שֶׁיָּצָא וְלָכֵן פַּלְגִינְהוּ וְאָמַר וְשָׁמַעְתִּי פַּעַם שֵׁנִית.
Et j'ai entendu qu'ils disaient : heureux les tués par le pouvoir, car aucune créature ne peut se tenir dans leur enceinte. Il y a lieu d'objecter : pourquoi reprend-il et j'ai entendu une seconde fois ? Il aurait pu joindre cette part à la première et dire : et heureux les tués par le pouvoir. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il est possible que le premier appel, il l'ait entendu en entrant au Gan Éden, et le second appel en sortant. C'est pourquoi il les a séparés et a dit : et j'ai entendu, une seconde fois.
💡 Explication

Deux paroles entendues là-bas. La première : arriver avec le talmoud en main. La seconde : les harougei malkhout, ceux que le pouvoir a mis à mort, ont une enceinte où nul ne se tient.

8
(וּמַאן) נִינְהוּ? אִילֵימָא רַבִּי עֲקִיבָא וַחֲבֵירָיו — מִשּׁוּם הֲרוּגֵי מַלְכוּת וְתוּ לָא?! אֶלָּא: הֲרוּגֵי לוֹד.

Qui sont-ils ? Si tu dis Rabbi Akiva et ses compagnons : parce qu'ils sont des tués par le pouvoir, et rien de plus ?!

Plutôt : les tués de Lod.

📜 Rachi (2)
הֲרוּגֵי מַלְכוּת וְתוּ לָא לֹא הָיְתָה בָּהֶן מַעֲלָה אַחֶרֶת שֶׁיַּחְשְׁבוּ עָלֶיהָ אֶלָּא זוֹ בִּלְבַד:
Des tués par le pouvoir, et rien de plus : il n'y avait en eux aucune autre élévation pour laquelle on les compterait, sinon celle-là seulement.
הֲרוּגֵי לוֹד שְׁנֵי אַחִים הָיוּ שֶׁמָּסְרוּ עַצְמָן עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁהוֹדוּ עַל עַצְמָן הֲרִיגַת בַּת מֶלֶךְ שֶׁהָיוּ מְטִילִין אוֹתָהּ עַל כָּל יִשְׂרָאֵל:
Les tués de Lod : c'étaient deux frères. Ils se sont livrés pour Israël : ils ont avoué sur eux-mêmes le meurtre de la fille du roi, qu'on imputait à tout Israël.
🪔 Ben Yehoyada (2)
מִשּׁוּם דַּהֲרוּגֵי מַלְכוּת וְתוּ לָא. קָשֶׁה וַהֲלֹא מִדִּבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל (בְּעֵץ חַיִּים שַׁעַר מִיַּיִן נֻוקְבִּין וּמִיַּיִן דְּכוּרִין) וּבְסֵפֶר הַכַּוָּנוֹת מְפֹורָשׁ כִּי מַעֲלָה גְּדוֹלָה הָיָה לָהֶם בְּדָבָר זֶה שֶׁהָיוּ הֲרוּגֵי מַלְכוּת וּמַאי קַשְׁיָא לֵיהּ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי עִנְיָן זֶה שֶׁל עֲשָׂרָה הֲרוּגֵי מַלְכוּת מְפֹורָשׁ בְּדִבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל (בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי רַשְׁבִּ"י פָּרָשַׁת פְּקוּדֵי דַּף כ"ד) בְּאֹורֶךְ וּבְרֹוחַב יוֹתֵר וְשָׁם מְפֹורָשׁ שֶׁשְּׁנֵי מַעֲלוֹת נִשְׂגָּבוֹת הָיָה לְרַבִּי עֲקִיבָא וַחֲבֵירָיו הָא' מִצַּד הַנְּשָׁמוֹת שֶׁלָּהֶם שֶׁהָיָה לָהֶם כֹּחַ עַל יְדֵי צִדְקָתָם לְהַעֲלוֹת מ"ן [מִיַּיִן נֻוקְבִּין] שֶׁל הַבִּינָה הָעֶלְיוֹנָה וְזוֹ הַמַּעֲלָה הִיא הַיּוֹתֵר גְּדוֹלָה שֶׁאֵין כָּמוֹהָ. וּמַעֲלֶה הַב' מִצַּד הַגּוּפִים שֶׁלָּהֶם שֶׁעַל יְדֵי הַהֲרִיגָה הָיָה לָהֶם כֹּחַ בָּזֶה לְהַעֲלוֹת מ"ן שֶׁל הַמַּלְכוּת יְעַיֵּין שָׁם. וּלְפִי זֶה כַּאֲשֶׁר יְשַׁבְּחוּם בְּגַן עֵדֶן בְּתֹואַר הֲרוּגֵי מַלְכוּת בְּאָומְרָם אַשְׁרֵי הֲרוּגֵי מַלְכוּת וְכוּ', נִמְצָא מְשַׁבְּחִים אוֹתָם בְּמַעֲלָה הַב' שֶׁל הַעֲלָאַת מ"ן שֶׁל הַמַּלְכוּת כִּי זֶה בָּא לָהֶם עַל יְדֵי הֱיוֹתָם הֲרוּגֵי מַלְכוּת שֶׁגּוּפָם נִמְסַר לְמָלְכוֹ אַחֲרָא וְעַל שֵׁם זֶה נִקְרָאִים הֲרוּגֵי מַלְכוּת, וּבֶאֱמֶת עוֹד מַעֲלָה אַחֶרֶת גְּדוֹלָה מִזּוֹ יֵשׁ לָהֶם בְּהַעֲלָאַת מ"ן שֶׁל הַבִּינָה הָעֶלְיוֹנָה שֶׁזֹּאת אֵינָהּ עַל יְדֵי הֲרִיגַת גּוּפָם אֶלָּא הָיְתָה עַל יְדֵי קְדֻושַּׁת נִשְׁמָתָם וּלְהָכִי מַקְשֵׁי הַשַּׁ"ס מִשּׁוּם דַּהֲרוּגֵי מַלְכוּת וְתוּ לָא?! וְזֶה נָכוֹן וּבָרוּר בעזה"י.
Parce qu'ils sont des tués par le pouvoir, et rien de plus. C'est difficile : or, d'après les paroles de notre maître l'Ari, de mémoire bénie (dans Ets 'Hayim, porte des mayin nukvin et des mayin dukhrin), et dans le livre des kavvanot, il est expliqué qu'ils avaient une grande élévation en cela même qu'ils étaient des tués par le pouvoir. Où est donc la difficulté ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : ce sujet des dix tués par le pouvoir est expliqué plus longuement et plus largement dans les paroles de notre maître l'Ari, de mémoire bénie (dans Chaar maamarei Rashbi, paracha Pekoudei, folio 24), et là il est expliqué que Rabbi Akiva et ses compagnons avaient deux élévations sublimes. La première, du côté de leurs nechamot : par leur justice, ils avaient la force de faire monter les mayin nukvin de la bina supérieure, et cette élévation est la plus grande, sans pareille. La seconde, du côté de leurs corps : par la mise à mort, ils avaient la force de faire monter les mayin nukvin de la malkhout ; qu'on y regarde. Selon cela, quand on les loue au Gan Éden du titre de tués par le pouvoir, en disant heureux les tués par le pouvoir, etc., on les loue dans la seconde élévation, la montée des mayin nukvin de la malkhout, car celle-ci leur est venue de ce qu'ils étaient des tués par le pouvoir : leur corps a été livré à un roi étranger, et de là vient le nom de tués par le pouvoir. En vérité, ils ont encore une autre élévation, plus grande que celle-ci : la montée des mayin nukvin de la bina supérieure. Celle-ci ne vient pas de la mise à mort de leur corps ; elle venait de la sainteté de leur nechama. C'est pourquoi la Guemara objecte : parce qu'ils sont des tués par le pouvoir, et rien de plus ?! Cela est juste et clair, avec l'aide de Hachem.
אֶלָּא הֲרוּגֵי לד. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת עֲדַייִן קָשֶׁה אֵיךְ שְׁלַל בְּכָרוֹז 'אֵין כָּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמֹד בְּמֶחֱצָתָן' וַהֲלֹא אִיכָּא רַבִּי עֲקִיבָא וַחֲבֵירָיו שֶׁהָיוּ גְּדוֹלִים מֵהֶם בְּוַדַּאי! וְעוֹד וַדַּאי אִיכָּא עוֹד צַדִּיקִים וּנְבִיאִים שֶׁהָיוּ גְּדוֹלִים מֵהֶם. וְעוֹד הָא אִיכָּא 'שִׁבְעָה כּוֹרְתֵי בְּרִית' [אַבְרָהָם, יִצְחָק, יַעֲקֹב, יוֹסֵף, מֹשֶׁה, אַהֲרֹן וְדָוִד] ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהַכְּרוּז קָאֵי עַל צַדִּיקִים שֶׁבְּדוֹרָם אִי נָמֵי קָאֵי עַל צַדִּיקִים אֲשֶׁר בַּשֹּׁורֶשׁ שֶׁלָּהֶם דַּוְקָא עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּמַאֲמַר תַּיְתֵי אַתְּ וְדָרָךְ לְעָלְמָא דְּאָתֵי, דְּאָמְרָה בַּת קוֹל לְרַבִּי פְּרִידָא כַּנִּזְכָּר לְעֵיל בַּגְּמָרָא דְּעֵירוּבִין. וְעוֹד נִרְאֶה לִי דְּבָא הַכָּרוֹז לִשְׁלֹול רַק אוֹתָם שֶׁלֹּא זָכוּ אֶלָּא לנר"ן [נֶפֶשׁ, רוּחַ, נְשָׁמָה] מִן בי"ע [בְּרִיאָה,יְצִירָה, עֲשִׂיָּה] וּכְבָר יָדוּעַ מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָרָשָׁ"שׁ זַ"ל בְּבֵיאוּר 'אִם כְּבָנִים אִם כַּעֲבָדִים' שֶׁאוֹמְרִים בְּמוּסָף רֹאשׁ הַשָּׁנָה. וְרָאִיתִי בְּשַׁעַר הַגִּלְגּוּלִים (דַּף כז) דַּהֲרוּגֵי לוֹד הָיוּ מִבְּחִינַת זִוּוּג דְּמִנְחָה שֶׁהוּא בְּחִינַת דִּינִים קָשִׁים מְאֹד יְעַיֵּין שָׁם. וְהָשְׁתָּא לְפִי זֶה נִרְאֶה לִי מַה שֶׁאָמַר הַכָּרוֹז 'אֵין כָּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמֹד בְּמֶחֱצָתָן' לָאו מִשּׁוּם מַעֲלָה עַצְמִייִּת אֶלָּא לִהְיוֹתָם מִבְּחִינַת זִוּוּג דְּמִנְחָה שֶׁהוּא בְּחִינַת דִּינִים קָשִׁים מְאֹד אֵין כָּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמֹד בְּדִינִים קָשִׁים הָהֵם וְזֶהוּ שִׁבְחָן שֶׁנִּתְגַּבְּרוּ וְעָמְדוּ בְּצִדְקָתָם וּקְדֻושָּׁתָם עַד שֶׁמָּסְרוּ עַצְמָן עַל קִדּוּשׁ הַשֵּׁם וְלֹא יָכְלוּ הַקְּלִיפּוֹת לְהִתְאַחֵז בָּהֶם לְהַחֲטִיאָם אַף עַל פִּי שֶׁהָיוּ מִבְּחִינַת דִּינִים קָשִׁים, וְהָעוֹמֵד בִּבְחִינָה זוֹ צָרִיךְ לוֹ כֹּחַ וְתִגְבֹּורֶת גְּדוֹלָה כְּנֶגֶד הַקְּלִיפּוֹת וְהֵם נִתְגַּבְּרוּ וְנִצְּחוֹ, זיע"א.
Plutôt : les tués de Lod. Il y a encore lieu d'objecter : comment l'appel exclut-il en disant qu'aucune créature ne peut se tenir dans leur enceinte, alors qu'il y a Rabbi Akiva et ses compagnons, qui étaient certainement plus grands qu'eux ? Et encore, il y a certainement d'autres tsadikim et des prophètes plus grands qu'eux. Et encore, il y a les sept qui ont tranché l'alliance : Avraham, Its'hak, Yaakov, Yossef, Moché, Aharon et David. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'appel porte sur les tsadikim de leur génération ; ou bien il porte sur les tsadikim qui sont dans leur racine, précisément, à la manière de ce qu'a dit notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans l'enseignement : viens, toi, et prends le chemin du monde à venir, qu'une bat kol adressa à Rabbi Preida, comme il est mentionné plus haut dans la Guemara d'Erouvin. Et encore, il me semble que l'appel n'est venu exclure que ceux qui n'ont mérité que nefech, roua'h et nechama, des mondes de Beria, Yetsira et Assia. On sait déjà ce qu'a écrit notre maître le Rashash, de mémoire bénie, dans l'explication de : si comme des fils, si comme des serviteurs, qu'on dit au moussaf de Roch Hachana. Et j'ai vu dans Chaar ha-gilgoulim (folio 27) que les tués de Lod relèvent de l'aspect du zouvg de minha, qui est un aspect de dinim très durs ; qu'on y regarde. Dès lors, selon cela, il me semble que ce que l'appel a dit : aucune créature ne peut se tenir dans leur enceinte, vient de ce qu'ils relèvent de l'aspect du zouvg de minha, aspect de dinim très durs : aucune créature ne peut se tenir dans ces dinim durs. Tel est leur éloge : ils se sont fortifiés et sont restés dans leur justice et leur sainteté, jusqu'à se livrer pour la sanctification du Nom, et les kelipot n'ont pas pu s'attacher à eux pour les faire pécher, bien qu'ils fussent de l'aspect de dinim durs. Celui qui se tient dans cet aspect a besoin d'une force et d'une vigueur grandes face aux kelipot ; eux se sont fortifiés et ont vaincu. Que Hachem nous aide, amen.
💡 Explication

La Guemara refuse d'appliquer la parole à Rabbi Akiva et à ses compagnons : leur rang ne tiendrait pas seulement au supplice. Elle vise les harougei Lod. Rachi : deux frères ont pris sur eux la mort de la fille du roi, pour épargner Israël.

9
״בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה עַל מְצִלּוֹת הַסּוּס קֹדֶשׁ לַה׳״. מַאי ״מְצִלּוֹת הַסּוּס״?

En ce jour-là, il y aura sur les metzilot du cheval : saint pour Hachem. Que signifie metzilot ha-sous ?

💡 Explication

Suite de Zacharie 14, 20. Metzilot ha-sous peut se lire de plusieurs manières : ombre du cheval, ou clochettes suspendues au cheval. Trois amoraim vont donner trois sens, et les versets suivants serviront d'épreuve.

10
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהוֹסִיף עַל יְרוּשָׁלַיִם עַד שֶׁהַסּוּס רָץ וּמֵצֵיל.

Rabbi Yehoshoua ben Levi dit : le Saint, béni soit-Il, ajoutera un jour à Jérusalem, jusqu'à ce que le cheval coure et fasse ombre.

📜 Rachi (1)
עַד שָׁעָה שֶׁהַסּוּס רָץ וּמֵצֵיל כְּשִׁיעוּר מְרוּצַת הַסּוּס עַד חֲצִי הַיּוֹם וּלְשׁוֹן מַצִּיל שֶׁצִּילּוֹ תַּחְתָּיו שֶׁכָּל שְׁעוֹת הַיּוֹם חַמָּה נוֹטָה לִצְדָדִין וְצֵל הָאָדָם וְצֵל הַבְּהֵמָה נוֹטָה לְצִידּוֹ כְּשֶׁחַמָּה בַּמִּזְרָח צֵל הָאָדָם לַמַּעֲרָב אֲבָל בַּחֲצִי הַיּוֹם חַמָּה עוֹמֶדֶת בְּאֶמְצַע הָרָקִיעַ בְּרֹאשׁ כָּל הָאָדָם וְצֵל הַסּוּס תַּחְתָּיו בְּפִי' ר' מַכִּיר זצ"ל מָצָאתִי:
Jusqu'à l'heure où le cheval court et fait ombre : à la mesure de la course du cheval jusqu'à midi. Et le mot matsil : son ombre est sous lui. Car à toutes les heures du jour le soleil incline d'un côté, et l'ombre de l'homme et l'ombre de la bête inclinent de son côté : quand le soleil est à l'est, l'ombre de l'homme est à l'ouest ; mais à midi le soleil se tient au milieu du firmament, au-dessus de la tête de chaque homme, et l'ombre du cheval est sous lui. Je l'ai trouvé dans l'explication de Rabbi Makhir, que le souvenir du juste soit en bénédiction.
💡 Explication

Matsil : il fait de l'ombre. Jérusalem s'étendra autant qu'un cheval court depuis le matin jusqu'à l'heure où son ombre tombe sous lui, c'est-à-dire midi. Rachi tient ce détail de Rabbi Makhir.

🖼️ Schéma
Jusqu'où le cheval court et fait ombre Matin Soleil à l'est Ombre vers l'ouest Midi Soleil au zénith Ombre sous le cheval Rachi, d'après Rabbi Makhir : la course va jusqu'à cette heure. Jérusalem future à cette étendue. Rabbi Yo'hanan : le butin, jusqu'à la même heure.
Midi : le soleil est au-dessus, l'ombre du cheval est sous lui.
11
רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: כָּל מְצִילּוֹת שֶׁתּוֹלִין לַסּוּס בֵּין עֵינָיו — יִהְיֶה קֹדֶשׁ לָה׳.

Rabbi Elazar dit : toutes les clochettes qu'on suspend au cheval entre ses yeux seront saintes pour Hachem.

📜 Rachi (2)
כָּל מַצִּילוֹת כְּלוֹמַר שֶׁתּוֹלִין לַסּוּס לְנוֹי וּלְקַשְׁקֵשׁ לְשׁוֹן מְצִלְתַּיִם (ד"ה א יג):
Toutes les metzilot : c'est-à-dire ce qu'on suspend au cheval pour l'ornement et pour le faire tinter, au sens de metziltayim (I Chroniques 13).
יִהְיֶה קֹודֶשׁ לָהּ' שֶׁיִּתְנַדְּבוּ יִשְׂרָאֵל נִדְבוֹתֵיהֶן לַמִּקְדָּשׁ:
Ce sera saint pour Hachem : Israël consacrera ses dons au Temple.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל מְצֹלוֹת שֶׁתּוֹלִין לוֹ לַסּוּס בֵּין עֵינָיו יִהְיֶה קֹדֶשׁ לַה'. לְפִי פְּשׁוּטוֹ תֵּימַהּ לָמָּה פֵּרֵט הַכָּתוּב דָּבָר זֶה דַּוְקָא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁרָמַז בְּהֶקְדֵּשׁ תַּכְשִׁיט זֶה עַל הַתְמָדַת יִשְׂרָאֵל בְּעֵסֶק הַתּוֹרָה שֶׁלֹּא יִבְלוּ יְמֵיהֶם בְּטִיּוּלִים יַעַן כִּי מִנְהָגוֹ שֶׁל עוֹלָם מִי שֶׁאוֹהֵב הַטִּיּוּל קוֹנֶה סוּס לִרְכֹּוב עָלָיו רְכִיבָה שֶׁל טִיּוּל בְּכָל יוֹם וְזֶה הַסּוּס דַּרְכָּם לַעֲשׂוֹת לוֹ תַּכְשִׁיט בֵּין עֵינָיו לְכָבוֹד, אַךְ לֶעָתִיד כָּל יִשְׂרָאֵל נֶעְצָרִים לִפְנֵי בֵּית הַמִּדְרָשׁ לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה וְלֹא יִרְכְּבוּ עַל סוּס רְכִיבָה שֶׁל טִיּוּל, וְלָכֵן מַקְדִּישִׁים אֶת תַּכְשִׁיט שֶׁל הַסּוּס הֶעָשׂוּי לְטִיּוּל כֵּיוָן דְּאֵין רוֹכְבִים עַל הַסּוּס לְטַיֵּיל וְרַק מַנִּיחִים הַסּוּס אֶצְלָם כַּאֲשֶׁר יִצְטָרְכוּ לָלֶכֶת מֵעִיר לָעִיר לִרְכֹּוב עָלָיו וּבִרְכִיבָה זוֹ שֶׁל עוֹבְרֵי דְּרָכִים אֵין דַּרְכָּם לְקַשֵּׁט הַסּוּס בְּתַכְשִׁיט כֶּסֶף וְזָהָב. וְאִם כֵּן הֶקְדֵּשׁ זֶה מִבְחָן שֶׁמָּאֲסוּ בְּטִיּוּל וּלְכָךְ פֵּרֵט הֶקְדֵּשׁ שֶׁל תַּכְשִׁיט זֶה דַּוְקָא. אוֹ יוּבָן דֶּרֶךְ רֶמֶז הַסּוּס רֶמֶז לַגּוּף שֶׁהוּא כְּמוֹ סוּס שֶׁהַנֶּפֶשׁ רוֹכֶבֶת עָלָיו וְכֹחַ הַתַּאֲוָה הוּא תַּכְשִׁיט שֶׁל הַגּוּף, וְהוּא מֻונָּח בֵּין עֵינָיו, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (בְּרֵאשִׁית ג, ו) 'וְכִי תַּאֲוָה הוּא לָעֵינַיִם'. וּלְעָתִיד בְּכֹחַ הַתַּאֲוָה הַזֶּה יִשְׁתַּמֵּשׁ בַּעֲבוֹדַת הַקֹּודֶשׁ וְלֹא בְּעִנְיָנִים הַגּוּפָנִיִּים.
Toutes les clochettes qu'on suspend au cheval entre ses yeux seront saintes pour Hachem. Selon le sens simple, on s'étonne : pourquoi le verset a-t-il précise cette chose-là ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a fait allusion, par la consécration de ce bijou, à la constance d'Israël dans l'étude de la Torah, pour qu'ils ne passent pas leurs jours en promenades. Car l'usage du monde est que celui qui aime la promenade achète un cheval pour le monter chaque jour en promenade, et l'usage est de faire à ce cheval un bijou entre les yeux, en son honneur. Mais dans l'avenir, tout Israël sera retenu devant la maison d'étude pour s'occuper de Torah, et l'on ne montera plus à cheval pour se promener. C'est pourquoi l'on consacre le bijou du cheval fait pour la promenade : on ne monte plus le cheval pour se promener ; on ne le garde auprès de soi que lorsqu'il faudra aller de ville en ville. Et pour cette monte des voyageurs, l'usage n'est pas d'orner le cheval d'un bijou d'argent et d'or. Dès lors, cette consécration est l'épreuve qu'ils ont quitté la promenade, et c'est pourquoi il a précisé la consécration de ce bijou-là. Ou bien on le comprend par allusion : le cheval fait allusion au corps, semblable à un cheval sur lequel la nefech est montée, et la force du désir est le bijou du corps ; il est placé entre ses yeux, comme il est dit (Genèse 3, 6) : et qu'il était désirable pour les yeux. Dans l'avenir, on emploiera cette force du désir au service du sacré, et l'on cessera de l'employer aux affaires du corps.
💡 Explication

Deuxième sens. Metzilot : grelots d'ornement, de la même racine que les cymbales. Ils seront kodech, don au Temple. Rachi : Israël apportera ses offrandes volontaires.

12
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כָּל בִּיזָּה שֶׁבּוֹזְזִין יִשְׂרָאֵל עַד שָׁעָה שֶׁהַסּוּס רָץ וּמֵצֵיל — יִהְיֶה קֹדֶשׁ לָה׳.

Et Rabbi Yo'hanan dit : tout butin que Israël prendra, jusqu'à l'heure où le cheval court et fait ombre, sera saint pour Hachem.

🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל בִּזָּה שֶׁבָּזְזוּ יִשְׂרָאֵל עַד שָׁעָה שֶׁהַסּוּס רָץ וּמֵצֵל, יִהְיֶה קֹדֶשׁ לָה'. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מַה טַעַם יֵשׁ בְּשִׁיעוּר זֶה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּגַם רַבִּי יוֹחָנָן מוֹדֶה בְּהַךְ דְּרָשָׁה דְּהוֹסָפַת יְרוּשָׁלַיִם דְּדָרֵישׁ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי וּסְבִירָא לֵיהּ לְכָךְ מַקְדִּישִׁין הַבִּיזָּה שֶׁבָּזְזוּ כְּשִׁיעוּר זֶה שֶׁהַסּוּס רָץ וּמַצִּיל, בַּעֲבוּר הַחֶסֶד שֶׁעָשָׂה הקב"ה עִמָּהֶם לְהוֹסִיף עַל יְרוּשָׁלַיִם עַד שָׁעָה שֶׁהַסּוּס רָץ וּמֵצֵל. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁכָּתְבוּ הַמְפָרְשִׁים בְּשִׁיעוּר זֶה שֶׁל 'רָץ וּמִצֵּל' שֶׁהוּא חֲצִי יוֹם, הִנֵּה הוּא שִׁיעוּר יוֹם אֶחָד בְּלֹא רִיצָה. וְיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ חֲזַ"ל עַל פָּסוּק (יִרְמְיָהוּ ו, ד) 'אוֹי לָנוּ כִּי פָנָה הַיּוֹם' כִּי בְּעֵת הַחֻורְבָּן נָתַן לָהֶם הָאוֹיֵב הַרְווָחָה מַה שֶׁיְּכוֹלִים לָצֵאת בְּשַׁעַר אֶחָד מִשַּׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַיִם בְּיוֹם אֶחָד כֻּולּוֹ יִהְיוּ הַיּוֹצְאִים הָאֵלֶּה מֻוצְלִים וּבָזֶה הָיָה שְׁאֵרִית הַפְּלֵיטָה וְלָכֵן מַקְדִּישִׁים שִׁיעוּר מַהֲלַךְ יוֹם אֶחָד בַּעֲבוּר הַחֶסֶד הַזֶּה שֶׁנָּתַן הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בְּלֵב הָאוֹיֵב לַעֲשׂוֹת לָהֶם הַרְוָוחָה זוֹ.
Tout butin qu'Israël a pris, jusqu'à l'heure où le cheval court et fait ombre, sera saint pour Hachem. Il y a lieu d'objecter : quelle raison y a-t-il dans cette mesure ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que Rabbi Yo'hanan aussi admet le derach de l'ajout à Jérusalem derach par Rabbi Yehoshoua ben Levi, et il estime que l'on consacre le butin pris selon cette mesure, celle où le cheval court et fait ombre, à cause de la 'hessed que le Saint, béni soit-Il, a faite envers eux en ajoutant à Jérusalem jusqu'à l'heure où le cheval court et fait ombre. Ou bien on le comprend, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'ont écrit les commentateurs sur cette mesure de il court et fait ombre, qui est une demi-journée : c'est la mesure d'un jour entier sans course. Et l'on sait ce qu'ont dit nos maîtres sur le verset (Jérémie 6, 4) : malheur à nous, car le jour a décliné. Au moment de la destruction, l'ennemi leur a laissé un relâchement : ceux qui pouvaient sortir par une seule des portes de Jérusalem pendant un jour entier seraient épargnés, et par là il resta un reste de rescapés. C'est pourquoi l'on consacre la mesure d'une marche d'un jour, à cause de cette 'hessed que le Nom, béni soit-Il, a placée dans le cœur de l'ennemi pour leur accorder ce relâchement.
💡 Explication

Troisième sens. Le butin pris jusqu'à midi sera hekdesh. La mesure est la même que chez Rabbi Yehoshoua ben Levi, mais elle porte sur le butin, non sur l'étendue de la ville.

13
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר כָּל בִּיזָּה שֶׁבָּזְזוּ יִשְׂרָאֵל, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְהָיָה הַסִּירוֹת בְּבֵית ה׳ כַּמִּזְרָקִים לִפְנֵי הַמִּזְבֵּחַ״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בְּהָנָךְ תַּרְתֵּי, מַאי ״וְהָיָה הַסִּירוֹת בְּבֵית ה׳״? מִילְּתָא אַחֲרִיתִי קָאָמַר, דְּמִתְעַתְּרִי יִשְׂרָאֵל וּמִתְנַדְּבִי וּמַיְיתִי.

C'est bien selon celui qui dit : tout butin qu'Israël a pris, car c'est ce qui est écrit : et les marmites dans la maison de Hachem seront comme les bassins devant l'autel. Mais selon celui qui dit ces deux autres explications, que signifie : et les marmites seront dans la maison de Hachem ?

Il dit une autre chose : Israël s'enrichira, fera des dons, et les apportera.

📜 Rachi (4)
כָּל בִּיזָּה שֶׁיָּבֹוזּוּ יִשְׂרָאֵל מִן הַנָּכְרִים בְּיוֹם אֶחָד עַד חֲצוֹת יִהְיוּ קוֹדֶשׁ לָהּ' שֶׁיְּבִיאוּם נְדָבָה לַמִּקְדָּשׁ:
Tout butin qu'Israël prendra : des non-Juifs, en un seul jour jusqu'à midi, sera saint pour Hachem, car on l'apportera en don au Temple.
הַסִּירוֹת כַּמִּזְרָקִים אַף הַסִּירוֹת יִהְיוּ שֶׁל כֶּסֶף וְשֶׁל זָהָב שֶׁתְּהֵא שָׁם בִּיזָּה רַבָּה לַהֶקְדֵּשׁ:
Les marmites comme les bassins : même les marmites seront d'argent et d'or, car il y aura là un butin abondant pour le hekdesh.
מַאי וְהָיָה הַסִּירוֹת כַּמִּזְרָקִים הָא בִּמְצִילּוֹת הַסּוּס לֵיכָּא הֶקְדֵּשׁ כֻּולֵּי הַאי:
Que signifie : et les marmites seront comme les bassins : or, dans les clochettes du cheval, il n'y a pas une consécration de cette ampleur.
דְּמִיתְעַתְּרִי יִשְׂרָאֵל יִתְעַשְּׁרוּ יִשְׂרָאֵל וּבְשׂוֹרָה אַחֶרֶת הִיא:
Qu'Israël s'enrichira : Israël deviendra riche, et c'est une autre annonce.
💡 Explication

Épreuve par le verset suivant. Selon Rabbi Yo'hanan, les marmites deviennent comme les bassins d'or, à cause du butin. Selon les deux autres, le verset annonce autre chose : Israël sera riche et apportera des dons.

14
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר בִּיזָּה, הַייְנוּ דִּכְתִיב: ״וְלֹא יִהְיֶה כְנַעֲנִי עוֹד בְּבֵית ה׳ צְבָאוֹת״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר הָנָךְ תַּרְתֵּי, מַאי ״וְלֹא יִהְיֶה כְּנַעֲנִי״? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: אֵין כָּאן עָנִי.

C'est bien selon celui qui dit le butin, car c'est ce qui est écrit : et il n'y aura plus de kenaani dans la maison de Hachem Tsevaot. Mais selon celui qui dit ces deux autres, que signifie : et il n'y aura plus de kenaani ?

Rabbi Yirmeya dit : il n'y a ici aucun pauvre.

📜 Rachi (1)
כְּנַעֲנִי לֹא יִהְיוּ צְרִיכִין גִּזְבָּרִין לַעֲשׂוֹת סְחוֹרָה בְּנִכְסֵי הֶקְדֵּשׁ לְפִי שֶׁיְּהֵא שָׁם עֹושֶׁר גָּדוֹל מִן הַבִּיזָּה:
Kenaani : ils n'auront pas besoin de trésoriers pour faire commerce des biens du hekdesh, parce qu'il y aura là une grande richesse venue du butin.
💡 Explication

Deuxième épreuve, Zacharie 14, 21. Selon le sens du butin, plus de kenaani : plus besoin d'un marchand pour les biens du hekdesh. Rabbi Yirmeya lit le mot comme ein kan ani : il n'y a ici aucun pauvre. Ce sens convient aux deux autres avis.

15
וּכְנַעֲנִי מְנָלַן דְּאִיקְּרִי תַּגָּר? דִּכְתִיב: ״וַיַּרְא שָׁם יְהוּדָה בַּת אִישׁ כְּנַעֲנִי״. מַאי ״כְּנַעֲנִי״? אִילֵּימָא כְּנַעֲנִי מַמָּשׁ, אֶפְשָׁר בָּא אַבְרָהָם וְהִזְהִיר אֶת יִצְחָק, בָּא יִצְחָק וְהִזְהִיר אֶת יַעֲקֹב, וִיהוּדָה אָזֵיל וְנָסֵיב?! אֶלָּא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: בַּת גַּבְרָא תִּגְרָא, דִּכְתִיב: ״כְּנַעַן בְּיָדוֹ מֹאזְנֵי מִרְמָה״. וְאִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״אֲשֶׁר סֹוחֲרֶיהָ שָׂרִים כִּנְעָנֶיהָ נִכְבַּדֵּי אָרֶץ״.

Et un kenaani, d'où tenons-nous qu'on l'appelle marchand ? Car il est écrit : et Yehouda vit là la fille d'un homme kenaani.

Que signifie kenaani ? Si tu dis un Kenaani au sens propre : est-il possible qu'Avraham soit venu et ait averti Its'hak, qu'Its'hak soit venu et ait averti Yaakov, et que Yehouda aille et prenne une femme ?!

Plutôt, Rabbi Chimon ben Lakish a dit : la fille d'un homme marchand, car il est écrit : Kenaan, dans sa main des balances de tromperie. Et si tu veux, dis-le à partir d'ici : ses commerçants sont des princes, ses kenaanim sont les honorés de la terre.

📜 Rachi (2)
בָּא אַבְרָהָם וְהִזְהִיר אֶת יִצְחָק שֶׁהִשְׁבִּיעַ לֶאֱלִיעֶזֶר לֹא תִקַּח אִשָּׁה לִבְנִי מִבְּנוֹת הַכְּנַעֲנִי (בְּרֵאשִׁית כ״ד:ג׳) :
Avraham est venu et a averti Its'hak : car il a fait jurer à Eliezer : tu ne prendras pas une femme pour mon fils parmi les filles du Kenaani (Genèse 24, 3).
וְיִצְחָק אֶת יַעֲקֹב לֹא תִקַּח אִשָּׁה מִבְּנוֹת כְּנָעַן (שָׁם כח) :
Et Its'hak a averti Yaakov : tu ne prendras pas une femme parmi les filles de Kenaan (ibid. 28).
💡 Explication

Kenaani signifie marchand (tagar). Preuve : la femme de Yehouda. Un Cananéen au sens propre est exclu, car Avraham puis Its'hak ont interdit cette alliance. Resh Lakish lit donc : fille d'un marchand. Deux versets à l'appui : Osée 12, 8 et Isaie 23, 8.

16
״וְהָיָה ה׳ לְמֶלֶךְ עַל כָּל הָאָרֶץ בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה ה׳ אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד״. אַטּוּ הָאִידָּנָא לָאו אֶחָד הוּא?

Et Hachem sera roi sur toute la terre. En ce jour-là, Hachem sera un, et Son nom un.

Est-ce qu'à présent Il n'est pas un ?

💡 Explication

Zacharie 14, 9. La question porte sur Hachem sera un : l'unité est déjà vraie maintenant. La réponse va distinguer la manière de Le bénir.

17
אָמַר רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא: לֹא כָּעוֹלָם הַזֶּה הָעוֹלָם הַבָּא. הָעוֹלָם הַזֶּה, עַל בְּשׂוֹרוֹת טוֹבוֹת אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״, וְעַל בְּשׂוֹרוֹת רָעוֹת אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ דַּיַּין הָאֱמֶת״. לָעוֹלָם הַבָּא, כֻּולּוֹ ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״.

Rabbi Aha bar Hanina dit : le monde à venir ne ressemble pas à ce monde-ci. Ce monde-ci, sur les bonnes nouvelles on dit : béni soit Celui qui est bon et qui fait le bien, et sur les mauvaises nouvelles on dit : béni soit le Juge de vérité.

Dans le monde à venir, tout est : Celui qui est bon et qui fait le bien.

📜 Rachi (1)
כֻּולּוֹ הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב שֶׁאֵין שָׁם בְּשׂוֹרָה רָעָה:
Tout est Celui qui est bon et qui fait le bien : car il n'y a là aucune mauvaise nouvelle.
🪔 Ben Yehoyada (1)
עַל שְׁמוּעוֹת טוֹבוֹת אוֹמֵר: "הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב". יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר עַל שְׁמוּעָה טוֹבָה לְשׁוֹן יָחִיד יְבָרֵךְ הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב? וְעוֹד מָה עִנְיַן כֶּפֶל 'הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד יֵשׁ דָּבָר שֶׁנַּעֲשָׂה בּוֹ הָעֵדֶר הַנֶּזֶק בִּלְבַד אֲבָל לֹא יֵשׁ רִיוַּח וְיֵשׁ דָּבָר שֶׁנַּעֲשָׂה בּוֹ הָעֵדֶר הַנֶּזֶק וְגַם רִיוַּח, וְנִמְצָא שְׁמוּעָה אַחַת אַךְ נֶחֱלֶקֶת לִשְׁתֵּי שְׁמוּעוֹת שֶׁל הָעֵדֶר הַנֶּזֶק וְהָרֶיוַח וִיבָרֵךְ הַטּוֹב בִּשְׁבִיל הָעֵדֶר הַנֶּזֶק וְהַמֵּטִיב בִּשְׁבִיל הַשָּׂגַת הֲרִיוַּח. וּמַה שֶׁאָמַר ' לָעוֹלָם הַבָּא כֻּלּוֹ טוֹב ' נִרְאֶה לִי בס"ד מִשּׁוּם הָכִי 'בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה ה' אֶחָד' (זְכַרְיָה יד, ט) 'הַהוּא' עוֹלֶה מִסְפַּר 'טוֹב' [17] רוֹצֶה לוֹמַר בַּיּוֹם שֶׁכֻּולּוֹ טוֹב יִהְיֶה ה' אֶחָד, בַּפְּעֻולָּה שֶׁפֹּועַל רַק טוֹב וְגַם הַהוֹדָאָה שֶׁמּוֹדִים אֵלָיו תִּהְיֶה אֶחָד. וְנִרְאֶה לִי בס"ד 'הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב' עוֹלֶה מִסְפַּר צַד [94] וּבָזֶה יוּבָן 'עַל צַד תִּנָּשֵׂאוּ וְעַל בִּרְכַּיִם תְּשַׁעְשְׁעוּ' (יְשַׁעְיָה סו, יב) , וְכֵן הוּא אוֹמֵר (יְשַׁעְיָה ס, ד) 'וּבְנֹתֶיךָ עַל צַד תֵּאָמַנָה'. לֹא כְּהָעוֹלָם הַזֶּה הָעוֹלָם הַבָּא, הָעוֹלָם הַזֶּה נִכְתָּב בְּיוּ"ד הֵ"א וְנִקְרָא בְּאָלֶ"ף דָּלֶ"ת , [ אֲבָל ] הָעוֹלָם הַבָּא , [ כֻּלּוֹ אֶחָד ], נִכְתַּב בְּיוּ"ד הֵ"א וְנִקְרָא בְּיוּ"ד הֵ"א [נ.] נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם לָזֶה כִּי עַתָּה מָצוּי הַשֶּׁקֶר בָּעוֹלָם שֶׁהָאָדָם מְדַבֵּר בְּפִיו מַה שֶׁלֹּא רָאָה בְּעֵינָיו, וְכֵן נִמְצָא הָאָדָם שׁוֹמֵעַ בְּאָזְנָיו אַזְהָרָה מִפִּי חָכָם וְעוֹשֶׂה מַעֲשֶׂה בְּיָדָיו לְהֵפֶךְ. וּלְכָךְ אֵין זוֹכִים שֶׁיּוֹצִיאוּ בְּפִיהֶם הָאַזְכָּרָה כְּפִי מַה שֶׁרוֹאִין בְּעֵינֵיהֶם בְּסֵפֶר תּוֹרָה, וְאֵין שׁוֹמְעִין בְּאָזְנֵיהֶם הָאַזְכָּרָה כְּפִי מַה שֶׁכָּתְבָה הַיָּד בְּסֵפֶר תּוֹרָה כִּי הַיָּד כְּתֻבָּה יוֹ"ד הֵ"א, וְאָזְנֵיהֶם תִּשְׁמַע אָלֶ"ף דָּלֶ"ת, וְכֵן עֵינֵיהֶם רוֹאֶה בְּסֵפֶר תּוֹרָה יוֹ"ד הֵ"א וּבְפִיהֶם מוֹצִיאִים אָלֶ"ף דָּלֶ"ת. אֲבָל לֶעָתִיד 'שְׂפַת אֱמֶת תִּכּוֹן לָעַד' (מִשְׁלֵי יב, יט) וְיִתְבַּטֵּל הַשֶּׁקֶר לְגַמְרֵי אָז זוֹכִים לִקְרוֹת בַּפֶּה אֶת הַשֵּׁם בַּתּוֹרָה כְּפִי מַה שֶׁרוֹאִין כָּתוּב לְעֵינֵיהֶם, וְשׁוֹמְעִין אֶת הַשֵּׁם בְּאָזְנֵיהֶם כְּפִי מַה שֶׁכָּתְבוּ בִּידֵיהֶם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד לוֹמַר סִימָן אַחֵר לָזֶה כִּי עַתָּה אֵין חֶצְיוֹ אַחֲרוֹן שֶׁל שֵׁם דּוֹמֶה לַחֲצִי הָרִאשׁוֹן לְכָךְ לֹא יִשְׁתַּוּוּ הָעֵינַיִם עִם הַפֶּה וְלֹא הָאָזְנַיִם עִם הַיָּדַיִם, אַךְ לֶעָתִיד יִשְׁתַּוֶּה חֲצִי הָאַחֲרוֹן עִם הָרִאשׁוֹן שֶׁיְּהִי הַשֵּׁם בְּסוֹד 'יִהְיֶה' אָז גַּם זֶה יִשְׁתַּוֶּה וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר 'עַיִן רָאָה וְאֹזֶן שָׁמְעַת ה' עָשָׂה גַּם שְׁנֵיהֶם' (מִשְׁלֵי כ, יב) בְּהַשְׁוָואָה אַחַת. אָמְנָם צָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה נִקְרָא בְּשֵׁם אדנ"י וְהָיָה רָאוּי שֶׁיְּהֵא נִקְרָא בְּשֵׁם אהי"ה דְּרֻובּוֹ שֶׁל שֵׁם שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת הָיָה יֵשׁ בּוֹ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד מִפְּנֵי כִּי אוֹתִיּוֹת דְּאַחַר שֵׁם הֲוָיָ"ה שֶׁהֵם דְּבוּקִים בַּשֵּׁם הֵמָּה אוֹתִיּוֹת כּוּז " ו שֶׁעוֹלִים מִסְפַּר ט"ל [39] וְעִם מִסְפַּר הָוֵי " ה [26] הַמְחֻובָּר בָּהֶם הֵמָּה עוֹלִים ס"ה כְּמִנְיַן שֵׁם אֲדָנ " י [65] לְכָךְ נִקְרָא בְּשֵׁם אדנ"י. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד רָמַז הַכָּתוּב בִּישַׁעְיָה (יְשַׁעְיָה מא, ד) ' אֲנִי ה' רִאשׁוֹן וְאֶת אַחֲרֹנִים אֲנִי הוּא ' פֵּירוּשׁ שֵׁם זֶה רִאשׁוֹן לְכָל הַשֵּׁמוֹת אַךְ אֵינוֹ נִקְרָא שֵׁם זֶה בַּפֶּה אֶלָּא אֶת אַחֲרֹנִים, רוֹצֶה לוֹמַר עִם אוֹתִיּוֹת הָאַחֲרוֹנִים אֲנִי הוּא כִּי אֶת רוֹצֶה לוֹמַר עַם, וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר (הוֹשֵׁעַ יא, י) ' אַחֲרֵי ה' יֵלְכוּ כְּאַרְיֵה יִשְׁאָג ' פֵּירוּשׁ אֵימָתַי אַחֲרֵי ה' יֵלְכוּ שֶׁלֹּא לִקְרוֹת שֵׁם הֲוָיָ"ה כִּכְתָבוֹ, אֶלָּא יֵלְכוּ לְצָרְפוֹ עִם אוֹתִיּוֹת שֶׁלְּאַחֲרָיו הוּא בִּזְמַן כְּאַרְיֵה יִשְׁאַג מִכֹּחַ חֶסְרוֹן הַתִּיקּוּן. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם קָרוֹב לָזֶה מַה שֶׁנִּקְרָא בְּשֵׁם אדנ"י מִפְּנֵי דְּשֵׁם הוי"ה יִתְמַלֵּא בְּאַרְבַּע מִילּוּאִים ע"ב ס"ג מ"ה ב"ן שֶׁהֵם ט"ל אוֹתִיּוֹת. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד רָמַז הַכָּתוּב (שִׁיר הַשִּׁירִים ה, ב) ' שֶׁרָאשֵׁי נִמְלָא טַל ' פֵּירוּשׁ שֵׁם הֲוָיָ"ה שֶׁהוּא רָאשֵׁי נִמְלָא ט"ל אוֹתִיּוֹת, וְאִם תְּצָרֵף מִסְפַּר שֵׁם הֲוָיָ"ה שֶׁעוֹלֶה כ"ו עִם אוֹתִיּוֹת הַמִּילּוּאִים שֶׁלּוֹ שֶׁהֵם ט"ל עוֹלֶה מִסְפַּר שֵׁם אדנ"י לְכָךְ נִקְרָא בְּשֵׁם אדנ"י. נ:
Sur les bonnes nouvelles on dit : Celui qui est bon et qui fait le bien. Il y a lieu d'objecter : il aurait dû dire, au singulier, sur une bonne nouvelle, il bénira Celui qui est bon et qui fait le bien. Et encore : que vient faire le double, Celui qui est bon et qui fait le bien ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : il y a une chose où se produit seulement l'absence du dommage, sans gain ; et il y a une chose où se produisent l'absence du dommage et aussi le gain. On a donc une seule nouvelle, mais elle se partage en deux nouvelles, l'absence du dommage et le gain : on bénit Celui qui est bon pour l'absence du dommage, et Celui qui fait le bien pour l'obtention du gain. Et ce qu'il a dit : dans le monde à venir, tout est bon, il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est pour cela qu'il est dit : en ce jour-là, Hachem sera un (Zacharie 14, 9). Le mot ha-hou monte au nombre de tov, 17. C'est-à-dire : au jour qui est tout entier bon, Hachem sera un, dans l'acte qui n'accomplit que le bien, et l'action de grâce qu'on Lui rendra sera une. Et il me semble, avec l'aide du Ciel : Celui qui est bon et qui fait le bien monte au nombre de tsad, 94. Par là on comprend : sur le côté vous serez portés, et sur les genoux on vous caressera (Isaie 66, 12) ; et de même il dit (Isaie 60, 4) : et tes filles seront portées sur le côté. Le monde à venir ne ressemble pas à ce monde-ci. Ce monde-ci, on l'écrit en yod-hé et on le lit en alef-dalet. Mais le monde à venir, tout un, on l'écrit en yod-hé et on le lit en yod-hé. Il me semble, avec l'aide du Ciel, la raison : maintenant le mensonge se trouve dans le monde. L'homme dit de sa bouche ce que son œil n'a pas vu, et l'on trouve l'homme qui entend de son oreille un avertissement de la bouche d'un sage et fait de ses mains l'acte contraire. C'est pourquoi l'on ne mérite pas de faire sortir de sa bouche l'évocation selon ce que les yeux voient dans le sefer Torah, et l'on n'entend pas de ses oreilles l'évocation selon ce que la main a écrit dans le sefer Torah : la main a écrit yod-hé, et l'oreille entend alef-dalet ; de même l'œil voit dans le sefer Torah yod-hé, et la bouche fait sortir alef-dalet. Mais dans l'avenir, une lèvre de vérité sera affermie pour toujours (Proverbes 12, 19), et le mensonge sera aboli tout à fait. Alors on méritera de lire de la bouche le shem dans la Torah selon ce que les yeux voient écrit, et d'entendre le shem de ses oreilles selon ce que les mains ont écrit. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel, un autre signe : maintenant la seconde moitié du shem ne ressemble pas à la première ; c'est pourquoi les yeux ne s'égalent pas à la bouche, ni les oreilles aux mains. Mais dans l'avenir, la seconde moitié s'égalera à la première, le shem étant dans le sod du mot yihye ; alors ceci aussi s'égalera. Et c'est ce qui est dit : l'œil qui voit et l'oreille qui entend, Hachem les a faits l'un et l'autre (Proverbes 20, 12), dans une seule égalité. Toutefois il faut comprendre pourquoi on le lit du nom Adnout, alors qu'il aurait convenu de le lire du nom Eheye, puisque la plus grande part de ce nom, les lettres hé-yod-hé, s'y trouve. Il me semble, avec l'aide du Ciel : parce que les lettres qui suivent le shem et qui sont attachées au nom sont les lettres kaf, vav, zayin, vav, lesquelles montent au nombre de tal, 39 ; et avec le nombre du shem, 26, qui leur est joint, elles montent à 65, comme le nombre du nom Adnout, 65. C'est pourquoi on le lit du nom Adnout. Par là on comprend, avec l'aide du Ciel, l'allusion du verset en Isaie (Isaie 41, 4) : Je suis Hachem, le premier, et avec les derniers, Je suis Lui. Explication : ce nom est le premier de tous les noms, mais on ne lit pas ce nom de la bouche ; on le lit avec les derniers, c'est-à-dire : avec les lettres qui viennent après, Je suis Lui, car et signifie avec. Et c'est ce qui est dit (Osée 11, 10) : ils marcheront derrière Hachem, Il rugira comme un lion. Explication : quand marchent-ils derrière Hachem, sans lire le shem tel qu'il est écrit, et vont-ils le joindre aux lettres qui le suivent ? C'est au temps où il rugit comme un lion, à cause du manque du tiqoun. Et encore, il me semble, avec l'aide du Ciel, une raison proche de celle-ci pour laquelle on le lit du nom Adnout : parce que le shem se remplit de quatre milouim, av 72, sag 63, mah 45, ban 52, qui font 39 lettres. Par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, l'allusion du verset (Cantique 5, 2) : ma tête est remplie de rosée. Explication : le shem, qui est ma tête, se remplit de 39 lettres. Si tu joins le nombre du shem, qui monte à 26, aux lettres de ses milouim, qui sont 39, cela monte au nombre du nom Adnout. C'est pourquoi on le lit du nom Adnout.
💡 Explication

Réponse à : Hachem sera un. Ici, deux berakhot selon la nouvelle. Ha-tov ve-ha-metiv sur le bien. Dayan ha-émet sur le mal. Dans le monde à venir, une seule formule, car Rachi : aucune mauvaise nouvelle.

🖼️ Schéma
Deux formules ici, une seule dans l'avenir Bonne nouvelle ha-tov ve-ha-metiv Mauvaise nouvelle dayan ha-émet Monde à venir seulement ha-tov ve-ha-metiv Rabbi Aha bar Hanina. Rachi : là-bas, aucune mauvaise nouvelle.
Deux bénédictions dans ce monde-ci, une seule dans le monde à venir.
18
״וּשְׁמוֹ אֶחָד״. מַאי ״אֶחָד״? אַטּוּ הָאִידָּנָא לָאו שְׁמוֹ אֶחָד הוּא?

Et Son nom, un. Que signifie un ?

Est-ce qu'à présent Son nom n'est pas un ?

💡 Explication

Deuxième membre du verset : ou-shemo ehad. La question reprend : le nom est déjà un. La réponse portera sur l'écart entre l'écriture et la lecture.

19
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לֹא כָּעוֹלָם הַזֶּה הָעוֹלָם הַבָּא. הָעוֹלָם הַזֶּה, נִכְתַּב בְּיוֹד הֵי וְנִקְרָא בְּאֶלֶף דָּלֶת. אֲבָל לָעוֹלָם הַבָּא כֻּולּוֹ אֶחָד, נִקְרָא בְּיוֹד הֵי וְנִכְתַּב בְּיוֹד הֵי.

Rav Nahman bar Its'hak dit : le monde à venir ne ressemble pas à ce monde-ci. Ce monde-ci, on l'écrit en yod-hé, et on le lit en alef-dalet.

Mais dans le monde à venir, tout est un : on le lit en yod-hé, et on l'écrit en yod-hé.

💡 Explication

Yod-hé : les lettres de l'écriture du shem. Alef-dalet : les lettres par lesquelles on le lit. Maintenant, écriture et lecture diffèrent. Dans l'avenir, les deux seront en yod-hé. C'est le sens de : Son nom sera un.

🖼️ Schéma
Écriture et lecture du shem Écrit yod-hé Quatre lettres. Le'alem : on dissimule Lu alef-dalet Nom de la lecture, enseigné à part Dans l'avenir, lecture et écriture seront l'une et l'autre en yod-hé.
Maintenant : écrit yod-hé, lu alef-dalet. Dans l'avenir, les deux en yod-hé.
20
סְבַר רָבָא לְמִדְרְשַׁהּ בְּפִירְקָא, אֲמַר לֵיהּ הָהוּא סָבָא: ״לְעֹלָם״ כְּתִיב.

Rava pensa à en faire le derach dans le pirka. Un certain vieillard lui dit : le'alem est écrit.

📜 Rachi (2)
לְמִידְרְשֵׁיהּ בְּפִירְקָא קַרְייֵהּ דְּיוּ"ד ה"י דְּאַרְבַּע אוֹתִיּוֹת דַּרְשֵׁיהּ וְטַעְמֵיהּ הַתְּלוּיִים בּוֹ:
Pour en faire le derach dans le pirka : la lecture en yod-hé des quatre lettres, son derach et les te'amim qui en dépendent.
לְעָלַם כְּתִיב זֶה שְּׁמִי לְעֹלָם חָסֵר וָי"ו לְשׁוֹן הַעֲלָמָה:
Le'alem est écrit : ceci est Mon nom, le'alem, sans vav, langue de ha'alama (dissimulation).
💡 Explication

Rava veut enseigner en public, au pirka, la lecture du shem. Le vieillard l'arrête par Exode 3, 15 : le'olam est écrit le'alem, sans vav, au sens de cacher.

21
רַבִּי אֲבִינָא רָמֵי: כְּתִיב ״זֶה שְׁמִי לְעֹלָם״ — ״וְזֶה זִכְרִי לְדֹור דֹּור״. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: לֹא כְּשֶׁאֲנִי נִכְתָּב, אֲנִי נִקְרָא. נִכְתָּב אֲנִי בְּיוֹד הֵא, וְנִקְרָא אֲנִי בְּאֶלֶף דָּלֶת.

Rabbi Avina oppose deux écrits : il est écrit : ceci est Mon nom, le'alem ; et : ceci est Mon souvenir, de génération en génération. Le Saint, béni soit-Il, a dit : Je ne suis pas lu selon que Je suis écrit.

Je suis écrit en yod-hé, et Je suis lu en alef-dalet.

📜 Rachi (2)
כְּתִיב זֶה שְּׁמִי לְעֹלָם בְּהַעֲלָמָה וּכְתִיב זֶה זִכְרִי דְּמַשְׁמַע קַרְייָה וְלֹא הַעֲלָמָה לָשׁוֹן אַחֵר כֵּיוָן דְּכָתַב זֶה שְׁמִי פְּשִׁיטָא דְּזֶה זִכְרִי הֵיאַךְ יִקְרָא אֶלָּא בִּשְׁמוֹ:
Il est écrit : ceci est Mon nom, le'alem : dans la dissimulation. Et il est écrit : ceci est Mon souvenir, ce qui implique une lecture, et non une dissimulation. Autre langue : des lors qu'il a écrit : ceci est Mon nom, il est évident que ceci est Mon souvenir ; comment le lira-t-on, sinon par Son nom ?
לֹא כְּשֶׁאֲנִי נִכְתָּב שְׁנֵי שֵׁמוֹת לִימְּדוּ שֵׁם הַכְּתִיבָה וְשֵׁם הַקַּרְיָיה:
Non selon que Je suis écrit : Il lui a enseigné deux noms, le nom de l'écriture et le nom de la lecture.
💡 Explication

Rabbi Avina tient les deux bouts du verset. Le'alem : cacher. Zikhri : faire souvenir, donc lire. La conciliation : deux noms. L'écriture est yod-hé. La lecture est alef-dalet. Rachi donne aussi une seconde lecture de la tension du verset.

22
הַדְרָן עֲלָךְ אֵלּוּ עוֹבְרִין

Nous reviendrons vers toi, Elou ovrin.

💡 Explication

Hadran : formule de clôture du chapitre Elou ovrin. Le chapitre suivant s'ouvre aussitôt.

23
מַתְנִי׳ מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בְּעַרְבֵי פְסָחִים עַד חֲצוֹת — עוֹשִׂין. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת — אֵין עוֹשִׂין. הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם שֶׁעוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין, אוֹ מִמָּקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁעוֹשִׂין — נוֹתְנִין עָלָיו חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם וְחֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם.

Michna. Un lieu où l'on a coutume de faire un travail les veilles de Pessa'h jusqu'à midi : on en fait.

Un lieu où l'on a coutume de ne pas en faire : on n'en fait pas. Celui qui va d'un lieu où l'on en fait vers un lieu où l'on n'en fait pas, ou d'un lieu où l'on n'en fait pas vers un lieu où l'on en fait : on lui impose les houmrim (sévérités) du lieu d'où il est sorti, et les houmrim du lieu où il est allé.

📜 Rachi (2)
עַד חֲצוֹת חֲצִי הַיּוֹם:
Jusqu'à midi : la moitié du jour.
שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא טָרוּד בַּמְּלָאכָה וְיִשְׁכַּח בִּיעוּר חֲמֵצוֹ וּשְׁחִיטַת הַפֶּסַח וְתִקּוּן מַצָּה לְצֹורֶךְ הַלַּיְלָה דְּמִצְוָה לִטְרֹוחַ מִבְּעוֹד יוֹם כְּדֵי לְהָסֵב מַהֵר כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף קט:) חוֹטְפִין מַצָּה בְּלֵילֵי פְּסָחִים בִּשְׁבִיל תִּינוֹקוֹת שֶׁלֹּא יִשְׁנוּ:
De ne pas en faire : afin qu'il ne soit pas pris par le travail et qu'il n'oublie le biour de son hamets, la chehita du pesah, et la préparation de la matsa pour la nuit. Car c'est une mitsva de se donner de la peine dès le jour, afin de s'installer vite au repas, comme il est dit dans le dernier chapitre (daf 109b) : on happe la matsa les nuits de Pessa'h à cause des enfants, pour qu'ils ne s'endorment pas.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ אור"י בְּשֵׁם רִיבָ"א דִּמְפָרֵשׁ בִּירוּשַׁלְמִי מַאי שְׁנָא עַרְבֵי פְּסָחִים מִשְּׁאָר י"ט מִשּׁוּם דִּזְמַן הַפֶּסַח מֵחֲצוֹת וְאֵילָךְ וְאַף יָחִיד קָאָמַר הָתָם בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה בְּיוֹם שֶׁמֵּבִיא קָרְבָּן אָסוּר בִּמְלָאכָה וּפָרִיךְ אִם כֵּן יְהֵא כָּל הַיּוֹם אָסוּר כְּמוֹ יָחִיד שֶׁמֵּבִיא קָרְבָּן וּמְפָרֵשׁ הָתָם מִשּׁוּם דְּרָאוּי לְהַקְרִיב מִשַּׁחֲרִית אֲבָל פֶּסַח אֵינוֹ יָכוֹל לְהַקְרִיבוֹ אֶלָּא אַחַר חֲצוֹת כִּדְנָפְקָא לָן מִבֵּין הָעַרְבַּיִם וּפָרִיךְ אִם כֵּן קָרְבָּן תָּמִיד שֶׁהוּא לְכָל יִשְׂרָאֵל וְקָרֵב בְּכָל יוֹם יְהֵא בְּכָל יוֹם אָסוּר בִּמְלָאכָה וּמְשַׁנֵּי שָׁאנֵי תָּמִיד שֶׁהַתּוֹרָה הוֹצִיאָה מִן הַכְּלָל דִּכְתִיב וְאָסַפְתָּ דְּגָנְךָ וְאִם כָּל יִשְׂרָאֵל יוֹשְׁבִים וּבְטֵלִים מִי יֶאֱסֹוף לָהֶן דָּגָן וּמַשְׁמַע הָתָם דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא אֲסוּרָה וְנִרְאֶה דְּאַף בַּזְּמַן הַזֶּה דְּלֵיכָּא הַקְרָבָה כֵּיוָן שֶׁנֶּאֱסַר אָז אָסוּר לְעוֹלָם:
Michna : un lieu où l'on a coutume. Le Ri dit au nom du Riva qu'il explique dans le Yerushalmi : en quoi les veilles de Pessa'h diffèrent-elles des autres jours de fête ? Parce que le temps du pesah est depuis midi et au-delà. Et même un particulier : il dit là-bas que, les autres jours de l'année, le jour où il apporte un korban, le travail lui est interdit. On objecte : s'il en est ainsi, tout le jour devrait être interdit, comme pour un particulier qui apporte un korban. Et il explique là-bas : parce qu'il est apte à être offert dès le matin ; mais le pesah, on ne peut l'offrir qu'après midi, comme nous l'apprenons de bein ha-arbayim. On objecte : s'il en est ainsi, le korban tamid, qui est pour tout Israël et qui est offert chaque jour, devrait interdire le travail chaque jour. On répond : le tamid est différent, car la Torah l'a sorti de la règle, puisqu'il est écrit : et tu recueilleras ton blé. Et si tout Israël reste assis et desœuvre, qui recueillera le blé pour eux ? Et l'on comprend là-bas que l'interdit vient de la Torah. Et il semble que même maintenant, où il n'y a pas d'offrande, dès lors que l'interdit à été posé alors, il reste pour toujours.
💡 Explication

Nouvelle michna, chapitre suivant. Le travail la veille de Pessa'h jusqu'à hatsot suit la coutume du lieu. Le voyageur reçoit les houmrim du lieu qu'il quitte et ceux du lieu où il arrive.

Rachi : on se garde libre pour le biour, la chehita du pesah et la matsa. Tossefot, d'après le Yerushalmi : l'interdit se rattache à l'heure du korban, après midi ; le tamid quotidien est excepté par le verset de la moisson.

🖼️ Schéma
Veille de Pessa'h : la coutume, puis le voyageur On travaille jusqu'à hatsot moitié du jour On ne travaille pas coutume du lieu on s'abstient Voyageur houmrim du départ et houmrim de l'arrivée Rachi : rester libre pour le biour, la chehita du pesah, la matsa. Tossefot : le Yerushalmi rattache l'interdit à l'heure du korban, dès midi. Le tamid de chaque jour est sorti de la règle par : tu recueilleras ton blé. Le Ri : l'interdit demeure là où il n'y a plus d'offrande.
Coutume locale jusqu'à midi, et houmrim des deux lieux pour le voyageur.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).