Sougya : L'amoud achève la mesure du retour : Rabbi Yehouda la fixe au ke-zayit, comme l'interdit ; Rabbi Natan propose deux œufs, et les Sages ne le suivent pas. La Guemara ouvre alors Zacharie 14 : yekarot ve-kippaon, la lumière, Negaim et Ohalot, puis les gens précieux et le monde inversé vu par Rav Yossef, fils de Rabbi Yehoshoua ben Levi.
Elle explique metzilot ha-sous : l'agrandissement de Jérusalem, les clochettes du cheval, le butin, puis kenaani, l'unité de Hachem et de Son nom, écrit en yod-hé et lu en alef-dalet. Après le hadran du chapitre, la michna nouvelle règle le travail la veille de Pessa'h selon la coutume du lieu, et impose au voyageur les houmrim des deux endroits.
comme son interdit : de même que son interdit est au ke-zayit (volume d'une olive), de même son retour est au ke-zayit.
Suite de Rabbi Yehouda, ouverte à la fin de 49b. Il calque la hazara (retour) sur l'issour (interdit). L'interdit du hamets et de la viande de kodech sortie commence au ke-zayit ; le devoir de revenir aussi.
Une baraita enseigne : Rabbi Natan dit : l'un et l'autre sont à la mesure de deux œufs, et les Sages ne lui ont pas donné raison.
Troisième mesure. Pour Rabbi Natan, hamets et kodech suivent deux œufs, au-dessus du ke-beitsa de Rabbi Meir et du ke-zayit de Rabbi Yehouda. Les Sages ne retiennent pas cet avis.
Et il arrivera en ce jour-là : il n'y aura pas de lumière, yekarot ve-kippaon. Que signifie yekarot ve-kippaon ?
Passage de Zacharie 14, 6, amené parce que la michna parlait de sortir de Jérusalem. La suite dira que Jérusalem sera agrandie. D'abord : le sens de yekarot ve-kippaon.
Rabbi Elazar dit : c'est la lumière qui est précieuse dans ce monde-ci, et légère dans le monde à venir.
Premier sens. Yakar : précieux. Kafouy : léger, comme ce qui flotte. La grande lumière du soleil d'ici sera comptée pour peu dans le monde à venir. Rachi tire kafouy du targoum de II Rois 6, 6.
Rabbi Yo'hanan dit : ce sont les Negaim et les Ohalot, qui sont précieux dans ce monde-ci, et légers dans le monde à venir.
Deuxième sens. Negaim (plaies) et Ohalot (tentes) sont des traités lourds dans ce monde-ci. Dans le monde à venir, ils seront aisés.
Et Rabbi Yehoshoua ben Levi dit : ce sont les gens qui sont précieux dans ce monde-ci, et légers dans le monde à venir. Comme ce cas de Rav Yossef, fils de Rabbi Yehoshoua ben Levi : il tomba malade et expira.
Quand il revint, son père lui dit : qu'as-tu vu ? Il lui dit : j'ai vu un monde inversé, les supérieurs en bas et les inférieurs en haut.
Il lui dit : mon fils, tu as vu un monde clair. Et nous, comment sommes-nous là-bas ?
Comme nous sommes ici, ainsi nous sommes là-bas.
Troisième sens, appuyé par un fait. Rav Yossef expire (itnaggid) et revient. Le rang d'ici est renversé la-bas : c'est un monde clair, où la place suit le mérite. Les talmidei hakhamim gardent la-bas le rang qu'ils ont ici.
Rachi : les gens précieux sont les riches importants qui ne sont pas bons envers le Lieu.
Et j'ai entendu qu'ils disaient : heureux celui qui arrive ici et dont l'étude est dans sa main. Et j'ai entendu qu'ils disaient : les tués par le pouvoir, personne ne peut se tenir dans leur enceinte.
Deux paroles entendues là-bas. La première : arriver avec le talmoud en main. La seconde : les harougei malkhout, ceux que le pouvoir a mis à mort, ont une enceinte où nul ne se tient.
Qui sont-ils ? Si tu dis Rabbi Akiva et ses compagnons : parce qu'ils sont des tués par le pouvoir, et rien de plus ?!
Plutôt : les tués de Lod.
La Guemara refuse d'appliquer la parole à Rabbi Akiva et à ses compagnons : leur rang ne tiendrait pas seulement au supplice. Elle vise les harougei Lod. Rachi : deux frères ont pris sur eux la mort de la fille du roi, pour épargner Israël.
En ce jour-là, il y aura sur les metzilot du cheval : saint pour Hachem. Que signifie metzilot ha-sous ?
Suite de Zacharie 14, 20. Metzilot ha-sous peut se lire de plusieurs manières : ombre du cheval, ou clochettes suspendues au cheval. Trois amoraim vont donner trois sens, et les versets suivants serviront d'épreuve.
Rabbi Yehoshoua ben Levi dit : le Saint, béni soit-Il, ajoutera un jour à Jérusalem, jusqu'à ce que le cheval coure et fasse ombre.
Matsil : il fait de l'ombre. Jérusalem s'étendra autant qu'un cheval court depuis le matin jusqu'à l'heure où son ombre tombe sous lui, c'est-à-dire midi. Rachi tient ce détail de Rabbi Makhir.
Rabbi Elazar dit : toutes les clochettes qu'on suspend au cheval entre ses yeux seront saintes pour Hachem.
Deuxième sens. Metzilot : grelots d'ornement, de la même racine que les cymbales. Ils seront kodech, don au Temple. Rachi : Israël apportera ses offrandes volontaires.
Et Rabbi Yo'hanan dit : tout butin que Israël prendra, jusqu'à l'heure où le cheval court et fait ombre, sera saint pour Hachem.
Troisième sens. Le butin pris jusqu'à midi sera hekdesh. La mesure est la même que chez Rabbi Yehoshoua ben Levi, mais elle porte sur le butin, non sur l'étendue de la ville.
C'est bien selon celui qui dit : tout butin qu'Israël a pris, car c'est ce qui est écrit : et les marmites dans la maison de Hachem seront comme les bassins devant l'autel. Mais selon celui qui dit ces deux autres explications, que signifie : et les marmites seront dans la maison de Hachem ?
Il dit une autre chose : Israël s'enrichira, fera des dons, et les apportera.
Épreuve par le verset suivant. Selon Rabbi Yo'hanan, les marmites deviennent comme les bassins d'or, à cause du butin. Selon les deux autres, le verset annonce autre chose : Israël sera riche et apportera des dons.
C'est bien selon celui qui dit le butin, car c'est ce qui est écrit : et il n'y aura plus de kenaani dans la maison de Hachem Tsevaot. Mais selon celui qui dit ces deux autres, que signifie : et il n'y aura plus de kenaani ?
Rabbi Yirmeya dit : il n'y a ici aucun pauvre.
Deuxième épreuve, Zacharie 14, 21. Selon le sens du butin, plus de kenaani : plus besoin d'un marchand pour les biens du hekdesh. Rabbi Yirmeya lit le mot comme ein kan ani : il n'y a ici aucun pauvre. Ce sens convient aux deux autres avis.
Et un kenaani, d'où tenons-nous qu'on l'appelle marchand ? Car il est écrit : et Yehouda vit là la fille d'un homme kenaani.
Que signifie kenaani ? Si tu dis un Kenaani au sens propre : est-il possible qu'Avraham soit venu et ait averti Its'hak, qu'Its'hak soit venu et ait averti Yaakov, et que Yehouda aille et prenne une femme ?!
Plutôt, Rabbi Chimon ben Lakish a dit : la fille d'un homme marchand, car il est écrit : Kenaan, dans sa main des balances de tromperie. Et si tu veux, dis-le à partir d'ici : ses commerçants sont des princes, ses kenaanim sont les honorés de la terre.
Kenaani signifie marchand (tagar). Preuve : la femme de Yehouda. Un Cananéen au sens propre est exclu, car Avraham puis Its'hak ont interdit cette alliance. Resh Lakish lit donc : fille d'un marchand. Deux versets à l'appui : Osée 12, 8 et Isaie 23, 8.
Et Hachem sera roi sur toute la terre. En ce jour-là, Hachem sera un, et Son nom un.
Est-ce qu'à présent Il n'est pas un ?
Zacharie 14, 9. La question porte sur Hachem sera un : l'unité est déjà vraie maintenant. La réponse va distinguer la manière de Le bénir.
Rabbi Aha bar Hanina dit : le monde à venir ne ressemble pas à ce monde-ci. Ce monde-ci, sur les bonnes nouvelles on dit : béni soit Celui qui est bon et qui fait le bien, et sur les mauvaises nouvelles on dit : béni soit le Juge de vérité.
Dans le monde à venir, tout est : Celui qui est bon et qui fait le bien.
Réponse à : Hachem sera un. Ici, deux berakhot selon la nouvelle. Ha-tov ve-ha-metiv sur le bien. Dayan ha-émet sur le mal. Dans le monde à venir, une seule formule, car Rachi : aucune mauvaise nouvelle.
Et Son nom, un. Que signifie un ?
Est-ce qu'à présent Son nom n'est pas un ?
Deuxième membre du verset : ou-shemo ehad. La question reprend : le nom est déjà un. La réponse portera sur l'écart entre l'écriture et la lecture.
Rav Nahman bar Its'hak dit : le monde à venir ne ressemble pas à ce monde-ci. Ce monde-ci, on l'écrit en yod-hé, et on le lit en alef-dalet.
Mais dans le monde à venir, tout est un : on le lit en yod-hé, et on l'écrit en yod-hé.
Yod-hé : les lettres de l'écriture du shem. Alef-dalet : les lettres par lesquelles on le lit. Maintenant, écriture et lecture diffèrent. Dans l'avenir, les deux seront en yod-hé. C'est le sens de : Son nom sera un.
Rava pensa à en faire le derach dans le pirka. Un certain vieillard lui dit : le'alem est écrit.
Rava veut enseigner en public, au pirka, la lecture du shem. Le vieillard l'arrête par Exode 3, 15 : le'olam est écrit le'alem, sans vav, au sens de cacher.
Rabbi Avina oppose deux écrits : il est écrit : ceci est Mon nom, le'alem ; et : ceci est Mon souvenir, de génération en génération. Le Saint, béni soit-Il, a dit : Je ne suis pas lu selon que Je suis écrit.
Je suis écrit en yod-hé, et Je suis lu en alef-dalet.
Rabbi Avina tient les deux bouts du verset. Le'alem : cacher. Zikhri : faire souvenir, donc lire. La conciliation : deux noms. L'écriture est yod-hé. La lecture est alef-dalet. Rachi donne aussi une seconde lecture de la tension du verset.
Nous reviendrons vers toi, Elou ovrin.
Hadran : formule de clôture du chapitre Elou ovrin. Le chapitre suivant s'ouvre aussitôt.
Michna. Un lieu où l'on a coutume de faire un travail les veilles de Pessa'h jusqu'à midi : on en fait.
Un lieu où l'on a coutume de ne pas en faire : on n'en fait pas. Celui qui va d'un lieu où l'on en fait vers un lieu où l'on n'en fait pas, ou d'un lieu où l'on n'en fait pas vers un lieu où l'on en fait : on lui impose les houmrim (sévérités) du lieu d'où il est sorti, et les houmrim du lieu où il est allé.
Nouvelle michna, chapitre suivant. Le travail la veille de Pessa'h jusqu'à hatsot suit la coutume du lieu. Le voyageur reçoit les houmrim du lieu qu'il quitte et ceux du lieu où il arrive.
Rachi : on se garde libre pour le biour, la chehita du pesah et la matsa. Tossefot, d'après le Yerushalmi : l'interdit se rattache à l'heure du korban, après midi ; le tamid quotidien est excepté par le verset de la moisson.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).