Pesachim 50b — Minhag, siman berakha, et la coutume des pères

Pesachim 50b

Sougya : L'amoud reprend la michna au milieu : on ne change pas de minhag à cause de la mahloket, puis le biour des fruits de cheviit transportés d'un lieu à un autre. La Guemara demande pourquoi la veille de Pessa'h se distingue des veilles de Chabbat et de yom tov : ici l'interdit commence à midi, et l'on frappe aussi de shamta.

Des baraitot énumèrent ensuite qui ne voit jamais de siman berakha : le travail aux seuils du Chabbat, le zariz et le shafel, le salaire de l'épouse et du moulin, roseaux et cruches, bétail menu, quatre peroutot, et les sofrim de stam, sauf s'ils travaillent lishma. Deux coutumes closent la page : Beit Shean, que Rabbi Yo'hanan maintient par le verset de la moussar du père, et Hozai, où l'on prélève la hala sur le riz.

Veille de Pessa'h : où s'arrête le minhag Michna, puis la question de la Guemara Jusqu'à midi Selon le minhag On travaille où l'on s'abstient Le lieu décide Dès midi Partout interdit Le minhag ne tient plus Temps du korban Pessa'h Roch : dès hatsot Celui qui voyage Humrot du lieu quitté et du lieu où il arrive Al yeshane à cause de la mahloket Deux différences avec la veille de Chabbat Veille de Chabbat et de yom tov Interdit dès la minha Avant la minha : permis Pas de shamta. Perte du siman berakha Veille de Pessa'h Interdit dès midi Plus tôt que la minha Shamta en plus du siman berakha
Jusqu'à midi le minhag décide. Dès midi, l'interdit est général. Le voyageur prend les humrot des deux lieux.
Zariz et shafel, lishma et shelo lishma La semaine entière, puis la veille de Chabbat Ne travaille pas la veille Travaille la veille Travaille la semaine Zariz qui gagne Actif, et il garde la veille Zariz qui perd Actif, mais il travaille la veille Ne travaille pas la semaine Shafel qui gagne Inactif, et il garde la veille Shafel qui perd Inactif, et il travaille la veille Mehoza Oisives tous les jours Par mefankouta Shafel qui gagne Shelo lishma Hesed jusqu'aux cieux Tehilim 57, 11 Rav : de là on arrive au lishma Tossefot : sans visée mauvaise Lishma Hesed au-dessus des cieux Tehilim 108, 5 Rachi : il fait du moins la mitsva Berakhot 17a visé un autre shelo lishma
Quatre figures du travail, puis les deux mesures du hesed : jusqu'aux cieux, et au-dessus.
Où le siman berakha manque Baraitot de l'amoud. Le lishma des sofrim reste à part. Seuils du Chabbat Dès la minha, et à la sortie Nidnoud aveira, taanit tsibour Salaire mince Épouse : matkulta Moulin : loyer Volume et regard Roseaux, cruches L'œil domine On s'étonne Simta, bétail menu Arbres, belle part Quatre peroutot Metourgueman : air de sekhar Chabbat Orphelins : pas de mehila Outre-mer : le ness n'est pas quotidien Scribes : vingt-quatre jeûnes Pour qu'ils n'abandonnent pas l'écriture S'ils travaillent lishma Sofrim, marchands, marchands des marchands Vendeurs de tekhelet Ils voient un siman berakha La mitsva reste là pour qui en a besoin Beit Shean Pas de marché Tsor-Sidon la veille Les pères ont déjà accepté Moussar du père, torah de la mère Hozai Hala prélevée sur le riz Rav Yossef : un zar la mange devant eux Abaye objecte. Suite au daf suivant
Ce qui reste sans siman berakha, la sortie lishma des sofrim, et les deux minhagim de la fin.
1
וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחֲלֹוקֶת. כַּיּוֹצֵא בוֹ: הַמּוֹלִיךְ פֵּירוֹת שְׁבִיעִית מִמָּקוֹם שֶׁכָּלוּ לִמְקוֹם שֶׁלֹּא כָּלוּ, אוֹ מִמָּקוֹם שֶׁלֹּא כָּלוּ לְמָקוֹם שֶׁכָּלוּ — חַיָּיב לְבַעֵר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: צֵא וְהָבֵא לְךָ אַף אַתָּה.

Et qu'un homme ne change pas à cause de la mahloket. De même : celui qui achemine des fruits de cheviit d'un lieu où ils ont disparu vers un lieu où ils n'ont pas disparu, ou d'un lieu où ils n'ont pas disparu vers un lieu où ils ont disparu, est tenu de faire le biour.

Rabbi Yehouda dit : Sors, et apporte-toi toi aussi.

📜 Rachi (4)
וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם בַּגְּמָרָא פָּרִיךְ מִמָּקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁעוֹשִׂין וְאִיהוּ נָמֵי אַל יְשַׁנֶּה וְלֵיעָבֵד וְהָא אָמְרַתְּ נוֹתְנִין עָלָיו חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם:
Dans la Guemara on objecte : d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille, lui aussi, qu'il ne change pas, et qu'il travaille. Or tu as dit : on lui impose les humrot du lieu d'où il est sorti.
הַמּוֹלִיךְ פֵּירוֹת שְׁבִיעִית מִמָּקוֹם שֶׁכָּלוּ לַחַיָּה מִן הַשָּׂדֶה וְחַייָּבִין בְּנֵי הַמָּקוֹם לְבַעֲרָן מִן הַבַּיִת וְהוֹלִיכָן זֶה לְמָקוֹם שֶׁלֹּא כָּלוּ וּבְנֵי אוֹתוֹ מָקוֹם עֲדַיִין אוֹכְלִין הַכִּנּוּסִין בַּבַּיִת:
Disparus pour la bête sauvage dans le champ : les gens du lieu sont tenus de les éliminer de la maison. Celui-ci les a transportés vers un lieu où ils n'ont pas disparu, et les gens de ce lieu mangent encore ce qui a été rentré à la maison.
חַייָּב לְבַעֵר מִשּׁוּם חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם:
À cause des humrot du lieu d'où il est sorti.
צֵא וְהָבֵא לְךָ אַף אַתָּה מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Expliqué dans la Guemara.
⚖️ Rosh (1)
מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בְּעַרְבֵי פְּסָחִים עַד חֲצוֹת עוֹשִׂין. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת אֵין עוֹשִׂין. הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם שֶׁעוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין אוֹ מִמָּקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁעוֹשִׂין נוֹתְנִין לוֹ חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם וְחֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחֲלֹוקֶת. עַד חֲצוֹת תָּלְיָא בְּמִנְהָגָא מִכָּאן וְאֵילָךְ בְּכָל מָקוֹם אָסוּר וְהָיָה רִיבָ"א אוֹמֵר דְּבִירֻושַּׁל' הֲלָכָה א' מְפָרֵשׁ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּאַף יָחִיד בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה אָסוּר לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בַּיּוֹם שֶׁמֵּבִיא קָרְבָּן וְדִייֵּק הָתָם א"כ כָּל הַיּוֹם אָסוּר כְּמוֹ יָחִיד שֶׁמַּקְרִיב קָרְבָּן. וּמְפָרֵשׁ הָתָם מִשּׁוּם דְּיָחִיד שֶׁמַּקְרִיב קָרְבָּן רָאוּי לְהַקְרִיב כָּל הַיּוֹם. אֲבָל פֶּסַח זְמַנּוֹ מֵחֲצוֹת וְאֵילָךְ. וְהַשְׁתָּא נָמֵי אע"פ שֶׁאֵין הַפֶּסַח קָרֵב כֵּיוָן דְּבִזְמַן הַפֶּסַח הָיָה אָסוּר הַשְׁתָּא נָמֵי אָסוּר כִּדְאִיתָא בִּמְגִילַּת תַּעֲנִית פֶּרֶק ה וּמַיְיתִי לָהּ בְּשִׁילְהֵי בְּכָל מְעָרְבִין דַּף מא. אר"א בַּר צָדוֹק אֲנִי מִמִּשְׁפַּחַת סְנָאָב בֶּן בִּנְיָמִין וּפַעַם אַחַת חָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת וְנִדְחָה עַד לְאַחַר הַשַּׁבָּת וְהִתְעַנִּינוּ בּוֹ וְלֹא הִשְׁלַמְנוּהוּ מִפְּנֵי שי"ט שֶׁלָּנוּ הָיָה פֵּירוּשׁ שֶׁאֲבוֹתָיו הָיוּ מַקְרִיבִין קָרְבַּן עֵצִים בּוֹ בַּיּוֹם כִּדְאִיתָא בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּתַעֲנִית דַּף כו. בַּעֲשָׂרָה בְּאָב בְּנֵי סְנָאָב בֶּן בִּנְיָמִין וְרַבִּי אֶלְעָזָר ב"ר צָדוֹק אַחַר חֻורְבָּן הָיָה אֶלָּא כֵּיוָן שֶׁאֲבוֹתָיו הָיוּ מַקְרִיבִין קָרְבָּן בּוֹ בַּיּוֹם וְעָשׂוּ בּוֹ יוֹם טוֹב כָּל מִשְׁפְּחוֹתָיו נוֹהֲגִין בּוֹ יו"ט לְעוֹלָם.
Lieu où l'on a coutume de travailler les veilles de Pessa'h jusqu'à midi : on travaille. Lieu où l'on a coutume de ne pas travailler : on ne travaille pas. Celui qui va d'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on ne travaille pas, ou d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille : on lui applique les humrot du lieu d'où il est sorti et les humrot du lieu où il est allé, et qu'un homme ne change pas à cause de la mahloket. Jusqu'à midi, cela dépend du minhag ; à partir de là, en tout lieu, c'est interdit. Riva disait que le Yerouchalmi, halakha 1, en donne la raison : même un particulier, les autres jours de l'année, a interdiction de travailler le jour où il apporte un korban. On y précise : s'il en est ainsi, toute la journée serait interdite, comme pour un particulier qui offre un korban. Et l'on y explique : un particulier qui offre un korban est apte à offrir toute la journée, tandis que le temps du Pessa'h va de midi et au-delà. Maintenant aussi, bien que le korban Pessa'h ne soit plus offert, puisque au temps du Pessa'h c'était interdit, maintenant aussi c'est interdit, comme il est porté dans la Megilat Taanit, chapitre 5, et on le cite à la fin de Bekhol mearvin, page 41. Rabbi Elazar bar Tsadok a dit : Je suis de la famille de Senaav ben Binyamin. Une fois, le neuf Av est tombé un Chabbat et a été reporté après le Chabbat. Nous avons jeûné ce jour-là et nous ne l'avons pas achevé, parce que c'était notre yom tov. Explication : ses pères offraient le korban ets im ce jour-là, comme il est dit au dernier chapitre de Taanit, page 26 : le dix Av, les fils de Senaav ben Binyamin. Rabbi Elazar ben Rabbi Tsadok vivait après la destruction ; mais puisque ses pères offraient un korban ce jour-là et en ont fait un yom tov, toutes ses familles y observent un yom tov pour toujours.
💡 Explication

Fin de la michna ouverte sur l'amoud précédent. Deux règles. On ne change pas de pratique à cause de la mahloket. Et pour les fruits de cheviit : dès qu'une espèce a disparu des champs pour la bête, les gens du lieu doivent le biour de ce qui reste à la maison.

Le transport dans les deux sens ramène les humrot des deux lieux : il est hayav levar. Rabbi Yehouda répond : tsé ve-have lekha af ata. Rachi renvoie le sens de cette phrase à la Guemara. Le Roch, par le Yerouchalmi, rattache l'heure de midi au temps du korban Pessa'h : un particulier s'abstient le jour de son korban, et le Pessa'h ne commence qu'à hatsot.

🖼️ Schéma
Fruits de cheviit transportés : le biour Lieu où ils ont disparu Plus rien aux champs Biour déjà dû dans la maison Transport Dans les deux sens Humrot des deux lieux Hayav levar Tanna kamma Il doit faire le biour Rabbi Yehouda Tsé ve-have lekha af ata : sors, et apporte-toi toi aussi Rachi : la Guemara explique cette réponse
Les deux sens du transport obligent au biour. Rabbi Yehouda répond par une autre phrase.
2
גְּמָ׳ מַאי אִירְיָא עַרְבֵי פְסָחִים? אֲפִילּוּ עַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים נָמֵי! דְּתַנְיָא: הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם! הָתָם, מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה הוּא דְּאָסוּר, סָמוּךְ לַמִּנְחָה — לֹא. הָכָא — מֵחֲצוֹת. אִי נָמֵי: הָתָם, סִימָן בְּרָכָה הוּא דְּלָא חָזֵי, אֲבָל שַׁמּוֹתֵי לָא מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ. הָכָא — שַׁמּוֹתֵי נָמֵי מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ.

Guemara. Pourquoi spécialement les veilles de Pessa'h ?

Même les veilles de Chabbat et les veilles de yamim tovim aussi ! Car on a enseigné : celui qui fait un travail les veilles de Chabbat et de yamim tovim, à partir de la minha et au-delà, ne voit jamais un signe de berakha.

Là-bas, c'est à partir de la minha et au-delà que c'est interdit ; proche de la minha, non. Ici, à partir de midi.

Ou encore : là-bas, c'est un signe de berakha qu'il ne voit pas, mais on ne le frappe pas de shamta. Ici, on le frappe aussi de shamta.

📜 Rachi (3)
גְּמָ' מַאי אִירְיָא עַרְבֵי פְסָחִים דְּקָתָנֵי עַד חֲצוֹת בְּמִנְהָגָא מִכְּלָל דְּמֵחֲצוֹת וּלְהַלָּן אָסוּר וְלָמָּה לֵיהּ לְמִיתְנֵי חֲצוֹת לְאַשְׁמְעִינַן הַךְ דִּיּוּקָא הָא כָּל עַרְבֵי יָמִים טוֹבִים אֲסִירִי:
Puisque l'on enseigne jusqu'à midi selon le minhag, il en ressort qu'à partir de midi c'est interdit. Pourquoi enseigner midi pour faire entendre cette déduction, alors que toutes les veilles de yamim tovim sont interdites ?
מִן הַמִּנְחָה תֵּשַׁע שָׁעוֹת וּמֶחֱצָה:
Neuf heures et demie.
סָמוּךְ לַמִּנְחָה קֹודֶם לָכֵן:
Avant cela.
🗂️ Tossefot (1)
הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתוֹת אור"י דְּאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי הָכִי הָנֵי נָשֵׁי דִּנְהִיגִי דְּלָא לְמֶעְבַּד עֲבִידְתָּא בְּאִפּוּקֵי שַׁבְּתָא לָאו מִנְהָגָא עַד דְּתִיתְפַּנִּי סִידְרָא מִנְהָגָא פִּי' שֶׁיַּשְׁלִים הַתְּפִלָּה מִנְהָג כָּשֵׁר וּבְהָא אַיְירֵי נָמֵי הָכָא:
Rabbenou Yitshak : il y a ainsi dans le Yerouchalmi : ces femmes qui ont coutume de ne pas faire de travail à la sortie du Chabbat, cela ne compte pas comme minhag ; jusqu'à ce que le seder soit achevé, c'est un minhag. Explication : qu'il achève la tefila, c'est un minhag valable. Et c'est de cela qu'il s'agit aussi ici.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. צָרִיךְ לְהָבִין מָה עִנְיַן סִימָן דְּנָקְטִי בָּזֶה, וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'אֵינוֹ רוֹאֶה בְּרָכָה'? וְדָבָר זֶה הוּא רָגִיל בְּפוּם רַבָּנָן בְּכָל מָקוֹם לוֹמַר 'סִימַן בְּרָכָה' וַהֲלֹא דָּבָר הוּא! וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ ' בְּרָכָה ' גֵּימַטְרְיָא ' זָכָר ' [227] וְיָדוּעַ דְּכָל מַשְׁפִּיעַ נִקְרָא בְּשֵׁם זָכָר וְכָל נִשְׁפָּע נִקְרָא בְּשֵׁם נְקֵבָה וְלָכֵן בְּרָכָה וְזָכָר מִסְפָּרָם שָׁוֶה, לְהוֹרוֹת מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בְּרָכָה אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיֶה זָכָר דְּהַיְינוּ מַשְׁפִּיעַ לְזוּלָתוֹ וְנִמְצָא הַסִּימָן שֶׁל בְּרָכָה הוּא זָכָר שֶׁאִם אַתָּה רוֹאֵהוּ זָכָר רוֹצֶה לוֹמַר מַשְׁפִּיעַ וַדַּאי יֵשׁ לוֹ בְּרָכָה דְּאִם אֵין לוֹ אֵיךְ הָיָה יָכוֹל לְהַשְׁפִּיעַ?! מִיהוּ יֵשׁ אָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ בְּרָכָה שֶׁמַּרְוִיחַ הַרְבֵּה אַךְ אֵינוֹ יָכוֹל לִהְיוֹת זָכָר שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהַשְׁפִּיעַ יַעַן כִּי נוֹפֵל לוֹ מְאֵרָה בְּרִיוַּח שֶׁלּוֹ שֶׁיִּרְבּוּ יְצִיאוֹתָיו עַל חַד עֲשָׂרָה וְתָמִיד כִּיסוֹ רֵיקָן וְלֹוֶה מֵאֲחֵרִים גַּם כֵּן, וּכְשֶׁיָּבֹא לוֹ רִיוַּח הוּא פּוֹרֵעַ לַאֲחֵרִים וְכִיסּוּ רֵיקָם שֶׁאֵין לוֹ מָעוֹת יְתֵרִים בְּטֵלִים אֶצְלוֹ כְּדֵי שֶׁיַּעֲשֶׂה בָּהֶם גְּמִילוּת חֲסָדִים שֶׁעַל יְדֵי כָּךְ יִהְיֶה בְּסוּג זָכָר, וּלְפִי זֶה הַסִּימָן שֶׁל הַבְּרָכָה שֶׁהוּא זָכָר אֵין לוֹ. וְלָכֵן מַרְגְּלָא בְּפֻומַּייְהוּ דְּרַבָּנָן לִמְנַקַּט בְּהַאי לִישָּׁנָא ד' אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה ' דְּאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בְּרָכָה שֶׁהוּא הֲרִיוַּח שֶׁיָּבֹא לְיָדוֹ, עִם כָּל זֶה סִימָן שֶׁל הַבְּרָכָה שֶׁהוּא לִהְיוֹת הוּא בְּסוּג זָכָר אֵין לוֹ זֶה.
Il ne voit jamais un signe de berakha. Il faut comprendre quel est ce signe qu'ils retiennent ici : la formule attendue serait : il ne voit pas de berakha. Or cette tournure est habituelle dans la bouche des Sages en tout lieu : signe de berakha. La chose mérite qu'on s'y arrête. Il me semble, avec l'aide du Ciel : on sait que berakha a pour guematria zakhar, 227. On sait que tout mashpia est appelé du nom de zakhar, et que tout ce qui reçoit l'influence est appelé du nom de nekeva. C'est pourquoi berakha et zakhar ont le même nombre : pour enseigner que celui qui a une berakha peut être un zakhar, c'est-à-dire influer vers autrui. Il en résulte que le signe de la berakha est le zakhar. Si tu le vois zakhar, c'est-à-dire mashpia, il a une berakha : sans elle, il ne pourrait pas influer. Il y a pourtant un homme qui a une berakha, qui gagne beaucoup, et qui ne peut pas être zakhar, qui ne peut pas influer : une meera tombe sur son gain, ses dépenses se multiplient onze pour un, sa bourse est toujours vide, et il emprunte aussi à d'autres. Quand un gain lui arrive, il rembourse les autres, et sa bourse est vide : il n'a pas d'argent en surplus, inemployé auprès de lui, pour en faire de la guemilout hassadim, par laquelle il entrerait dans la catégorie de zakhar. Selon cela, le signe de la berakha, qui est le zakhar, lui manque. C'est pourquoi il est courant dans la bouche des Sages de retenir cette formulation : il ne voit pas un signe de berakha. Il a une berakha, le gain qui arrive entre ses mains ; le signe de la berakha, qui est d'être lui-même dans la catégorie de zakhar, celui-là lui manque.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' מַאי אִירְיָא עַרְבֵי פְּסָחִים אֲפִילּוּ עַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים נָמֵי דְּתַנְיָא כָּל הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה אֵין רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. הָתָם מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה הוּא דְּאָסוּר סָמוּךְ לַמִּנְחָה שָׁרִי הָכָא מֵחֲצוֹת. אִי נָמֵי הָתָם סִימָן בְּרָכָה הוּא דְּלָא חָזֵי שַׁמּוֹתֵי לָא מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ. הָכָא שַׁמּוֹתֵי נָמֵי מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ. תַּנְיָא הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וּבְעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתוֹת וּבְמוֹצָאֵי יָמִים טוֹבִים וּבְכָל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ נִדְנוּד עֲבֵירָה לְאֵיתוֹיֵי ת"צ אֵין רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. גָּרְסִי' בִּירוּשַׁלְמִי הֵל' א' הָנֵי נָשֵׁי דִּנְהִיגִי דְּלָא לְמֶיעְבַּד עֲבִידְתָּא בְּרֵישׁ יַרְחָא מִנְהָגָא בְּאִפּוּקֵי שַׁבְּתָא לָא מִנְהָגָא עַד דְּתִתְפַּנִּי סִידְרָא מִנְהָגָא פֵּירוּשׁ עַד שֶׁיַּשְׁלִימוּ סֵדֶר תְּפִלָּה. כָּתַב רַבֵּינוּ אֲבִי הָעֶזְרִי זַ"ל דַּוְקָא הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה לְהִשְׂתַּכֵּר אֲבָל מְתַקֵּן הוּא כֵּלָיו וּבְגָדָיו לְשַׁבָּת וְיוֹם טוֹב וְכֵן מִי שֶׁכּוֹתֵב לְעַצְמוֹ סְפָרִים דֶּרֶךְ לִימּוּדוֹ מֻותָּר כָּל הַיּוֹם:
Guemara. Pourquoi spécialement les veilles de Pessa'h ? Même les veilles de Chabbat et de yamim tovim aussi. Car on a enseigné : quiconque fait un travail les veilles de Chabbat et de yamim tovim, à partir de la minha et au-delà, ne voit jamais un signe de berakha. Là-bas, c'est à partir de la minha et au-delà que c'est interdit ; proche de la minha, c'est permis. Ici, à partir de midi. Ou encore : là-bas, c'est un signe de berakha qu'il ne voit pas ; on ne le frappe pas de shamta. Ici, on le frappe aussi de shamta. On a enseigné : celui qui fait un travail les veilles de Chabbat et les veilles de yamim tovim à partir de la minha et au-delà, à la sortie des Chabbatot, à la sortie des yamim tovim, et en tout lieu où il y a un nidnoud d'aveira, pour inclure un taanit tsibour, ne voit jamais un signe de berakha. Nous lisons dans le Yerouchalmi, halakha 1 : ces femmes qui ont coutume de ne pas faire de travail à Roch Hodesh, c'est un minhag ; à la sortie du Chabbat, cela ne compte pas comme minhag ; jusqu'à ce que le seder soit achevé, c'est un minhag. Explication : jusqu'à ce qu'on achève l'ordre de la tefila. Rabbenou Avi ha-Ezri, que sa mémoire soit une bénédiction, a écrit : cela vise celui qui fait un travail pour gagner. Celui qui répare ses outils et ses vêtements pour le Chabbat et le yom tov, et de même celui qui écrit pour lui-même des livres dans le cours de son étude, est permis toute la journée.
💡 Explication

La michna a laissé le travail de la veille de Pessa'h au minhag jusqu'à hatsot. On en tire qu'après midi l'interdit vaut partout. La Guemara demande pourquoi fixer cette heure : une baraita interdit déjà le travail des veilles de Chabbat et de yom tov dès la minha.

Deux écarts. Là-bas, l'interdit commence à la minha, neuf heures et demie ; avant, il ne tient pas. Ici, il commence à midi. Là-bas, on perd le siman berakha ; on ne frappe pas de shamta. Ici, la shamta s'ajoute. Le Roch, au nom de Avi ha-Ezri, limite l'interdit au travail fait pour gagner : réparer ses affaires pour le Chabbat, ou écrire pour son étude, reste permis toute la journée.

🖼️ Schéma
Deux réponses : l'heure, puis la shamta L'heure Chabbat et yom tov : dès la minha Rachi : neuf heures et demie Avant cela : pas d'interdit Pessa'h : dès midi La sanction Là-bas : pas de siman berakha On ne frappe pas de shamta Ici : shamta aussi Oi nami : seconde réponse
Minha ou midi. Perte du siman berakha, ou shamta en plus.
3
גּוּפָא: הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וּבְעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה, וּבְמוֹצָאֵי שַׁבָּת וּבְמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב וּבְמוֹצָאֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים, וּבְכָל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ שָׁם נִידְנוּד עֲבֵירָה, לַאֲתוּיֵי תַּעֲנִית צִיבּוּר — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם.

Le corps de la baraita : celui qui fait un travail les veilles de Chabbat et les veilles de yamim tovim à partir de la minha et au-delà, à la sortie du Chabbat, à la sortie du yom tov et à la sortie de Yom Kippour, et en tout lieu où il y a un nidnoud d'aveira, pour inclure un taanit tsibour, ne voit jamais un signe de berakha.

📜 Rachi (3)
נִידְנוּד עֲבֵירָה רֶמֶז עֲבֵירָה:
Un indice d'aveira.
תַּעֲנִית צִבּוּר אָסוּר בִּמְלָאכָה בְּמַסֶּכֶת תַּעֲנִית (דַּף יב:) כְּשֶׁהָיוּ מִתְעַנִּין עַל הַגְּשָׁמִים אֲבָל שְׁאָר תַּעֲנִית צִיבּוּר לֹא כִּדְאָמַר שְׁמוּאֵל אֵין חֹומֶר תַּעֲנִית צִיבּוּר בְּבָבֶל (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף נד:):
Le travail y est interdit, traité Taanit (12b), lorsqu'on jeûnait pour les pluies. Les autres taanit tsibour, non, comme l'a dit Chemouel : il n'y a pas la humra du taanit tsibour en Babylonie (plus loin, Pesachim 54b).
בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתוֹת מִשּׁוּם כְּבוֹד שַׁבָּת שֶׁמּוֹסִיפִין מֵחֹול עַל הַקֹּדֶשׁ:
À cause de l'honneur du Chabbat : on ajoute du hol sur le kodech.
💡 Explication

Goufa : la baraita entière. Le travail est visé aux seuils où une erreur d'heure ferait tomber dans l'interdit : veille de Chabbat et de yom tov dès la minha, sortie de Chabbat, de yom tov et de Yom Kippour.

Rachi, pour la sortie : honneur du Chabbat, on ajoute du hol sur le kodech. Nidnoud aveira : un indice d'interdit. Cela inclut le taanit tsibour pour la pluie. Les autres jeûnes publics restent dehors. Chemouel : cette humra ne s'applique pas en Babylonie.

4
תָּנוּ רַבָּנַן: יֵשׁ זָרִיז וְנִשְׂכָּר, וְיֵשׁ זָרִיז וְנִפְסָד. יֵשׁ שָׁפֵל וְנִשְׂכָּר, וְיֵשׁ שָׁפֵל וְנִפְסָד. זָרִיז וְנִשְׂכָּר — דַּעֲבִיד כֻּולֵּי שַׁבְּתָא, וְלָא עָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. זָרִיז וְנִפְסָד — דַּעֲבִיד כֻּולֵּי שַׁבְּתָא, וַעֲבִיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. שָׁפֵל וְנִשְׂכָּר — דְּלָא עָבֵיד כֻּולֵּי שַׁבְּתָא, וְלָא עָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. שָׁפָל וְנִפְסָד — דְּלָא עָבֵיד כֻּולֵּי שַׁבְּתָא, וַעֲבִיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אָמַר רָבָא: הָנֵי נָשֵׁי דְּמָחוֹזָא, אַף עַל גַּב דְּלָא עָבְדָן עֲבִידְתָּא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא — מִשּׁוּם מְפַנְקוּתָא הוּא, דְּהָא כָּל יוֹמָא נָמֵי לָא קָא עָבְדָן. אֲפִילּוּ הָכֵי — שָׁפָל וְנִשְׂכָּר קָרֵינַן לְהוּ.

Les Sages ont enseigné : il y a un zariz qui gagne, et il y a un zariz qui perd. Il y a un shafel qui gagne, et il y a un shafel qui perd.

Zariz qui gagne : celui qui travaille toute la semaine et ne travaille pas la veille de Chabbat. Zariz qui perd : celui qui travaille toute la semaine et travaille la veille de Chabbat.

Shafel qui gagne : celui qui ne travaille pas toute la semaine et ne travaille pas la veille de Chabbat. Shafel qui perd : celui qui ne travaille pas toute la semaine et travaille la veille de Chabbat.

Rava a dit : ces femmes de Mehoza, bien qu'elles ne fassent pas de travail la veille de Chabbat, c'est par mefankouta, car les autres jours non plus elles ne travaillent pas. Même alors, nous les appelons shafel qui gagne.

📜 Rachi (3)
זָרִיז בַּעַל מְלָאכָה:
Un homme de métier.
שָׁפָל וְנִשְׂכָּר דְּלָא עָבֵיד כֻּולָּהּ שַׁבְּתָא וְלָא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא ואע"ג דְּלָאו לְשׁוּם מִצְוָה מִיכַּוֵּין מִצְוָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ מִיהָא הָוְיָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן יַעֲסֹוק אָדָם בְּמִצְוָה וַאֲפִילּוּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ:
Bien qu'il ne vise aucune mitsva, c'est du moins une mitsva shelo lishma, car nous disons plus loin : que l'homme s'occupe d'une mitsva même shelo lishma.
ה"ג ואע"ג דְּהַאי דְּלָא קָעָבְדָן כו':
Voici la version : Et bien qu'elles ne travaillent pas, etc.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הָנֵי נָשֵׁי דְּמָחוֹזָא, אַף עַל גַּב דְּהָא דְּלָא עָבְדָן עֲבִידְתָּא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא וְכוּ'. הִקְשָׁה הָרִי"ף זַ"ל הַיְינוּ מַה שֶׁאָמְרוּ בַּבָּרַיְיתָא וּמַאי מֵחָדָשׁ? עַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּבָרַיְיתָא אַייְרֵי בְּאָדָם שֶׁהוּא בָּטֵל אַף עַל גַּב שֶׁהוּא צָרִיךְ לִמְלָאכָה וּלְהָכִי קָרֵי לֵיהּ 'שָׁפָל' מֵאַחַר שֶׁהוּא נִצְרָךְ וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה, אַךְ נְשֵׁי דְּמָחוֹזָא אַף עַל גַּב דְּהֵם בְּטֵלִים אֵינָם נִצְרָכִים לִמְלָאכָה שֶׁל עַצְמָם דְּיֵשׁ לָהֶם עֲבָדִים וּמְשָׁרְתִים רַבִּים לַעֲשׂוֹת כָּל צָרְכָם. וְאֵלּוּ אַף עַל גַּב דְּאֵינָם בִּכְלַל זְרִיזִים לֹא יִקְרְאוּ 'שָׁפָל'. וְלָכֵן בָּא רָבָא לְלַמְּדֵינוּ דְּגַם אֵלּוּ בִּכְלַל שָׁפֵל דְּנָקֵיט בַּבָּרַייְתָא הֵם יַעַן כִּי לֹא נָאוָה הַבַּטָּלָה לְנָשִׁים וְיִהְיֶה לָהֶם הֶיזֵּק מִמֶּנָּה וְלָכֵן הֵם בִּכְלַל 'שָׁפֵל'. וְהָא דְּאָמַר הַמְצַפֶּה לִשְׂכַר אִשְׁתּוֹ אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה הַיְינוּ כִּי הַבְּרָכָה מְצוּיָה בַּעֲבוּר אִשְׁתּוֹ וְזֶה שֶׁאֵינוֹ חָס עַל כְּבוֹדָהּ וּמַנִּיחָהּ לְהִתְבַּזּוֹת כֻּולֵּי הַאי עַל דָּבָר מוּעָט לָכֵן לֹא יַגִּיעַ לוֹ בְּרָכָה בַּעֲבוּרָהּ.
Ces femmes de Mehoza, bien que le fait qu'elles ne fassent pas de travail la veille de Chabbat, etc. Le Rif, que sa mémoire soit une bénédiction, a objecté : c'est déjà ce que la baraita a dit ; qu'est-ce que Rava ajoute ? Voir là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la baraita parle d'un homme oisif alors qu'il a besoin du travail. On l'appelle shafel parce qu'il est dans le besoin et qu'il ne fait pas. Les femmes de Mehoza, bien qu'oisives, n'ont pas besoin du travail pour elles-mêmes : elles ont de nombreux esclaves et serviteurs pour tout ce qui leur est nécessaire. Celles-là, bien qu'elles soient hors de la catégorie des zarizim, ne recevraient pas le nom de shafel. Rava vient donc enseigner qu'elles entrent elles aussi dans le shafel retenu par la baraita : l'oisiveté ne convient pas aux femmes, et elles en reçoivent un dommage ; elles entrent donc dans shafel. Et ce qui a été dit : celui qui compte sur le salaire de sa femme ne voit pas de signe de berakha, c'est que la berakha se trouve à cause de sa femme ; celui qui ne ménage pas son honneur et la laisse s'avilir à ce point pour une chose mince, la berakha ne lui parvient pas par elle.
💡 Explication

Quatre figures, selon le travail de la semaine et celui de la veille. Zariz : l'homme de métier, Rachi. Shafel : l'inactif. Gagner, ici, c'est s'abstenir la veille. Perdre, c'est travailler cette veille-là.

Les femmes de Mehoza s'abstiennent par mefankouta, délicatesse : elles ne travaillent aucun jour. Rava les compte quand même parmi le shafel qui gagne. Rachi : même sans viser la mitsva, il reste une mitsva shelo lishma.

🖼️ Schéma
Zariz et shafel, lishma et shelo lishma La semaine entière, puis la veille de Chabbat Ne travaille pas la veille Travaille la veille Travaille la semaine Zariz qui gagne Actif, et il garde la veille Zariz qui perd Actif, mais il travaille la veille Ne travaille pas la semaine Shafel qui gagne Inactif, et il garde la veille Shafel qui perd Inactif, et il travaille la veille Mehoza Oisives tous les jours Par mefankouta Shafel qui gagne Shelo lishma Hesed jusqu'aux cieux Tehilim 57, 11 Rav : de là on arrive au lishma Tossefot : sans visée mauvaise Lishma Hesed au-dessus des cieux Tehilim 108, 5 Rachi : il fait du moins la mitsva Berakhot 17a visé un autre shelo lishma
Les quatre cases, et les femmes de Mehoza dans le shafel qui gagne.
5
רָבָא רָמֵי: כְּתִיב ״כִּי גָדֹל עַד שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ״, וּכְתִיב ״כִּי גָדֹל מֵעַל שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ״. הָא כֵיצַד? כָּאן בְּעוֹשִׂין לִשְׁמָהּ, וְכָאן בְּעוֹשִׂין שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ. וְכִדְרַב יְהוּדָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסֹוק אָדָם בַּתּוֹרָה וּמִצְוֹת אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ.

Rava oppose deux versets. Il est écrit : Car ton hesed est grand jusqu'aux cieux.

Et il est écrit : Car ton hesed est grand au-dessus des cieux. Comment cela ?

Ici, pour ceux qui agissent lishma ; ici, pour ceux qui agissent shelo lishma. Et comme Rav Yehouda.

Car Rav Yehouda a dit au nom de Rav : que l'homme s'occupe toujours de Torah et de mitsvot, même shelo lishma, car à partir du shelo lishma on arrive au lishma.

📜 Rachi (1)
עוֹשִׂין לִשְׁמָהּ מֵעַל שָׁמַיִם וְשֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ עַד לַשָּׁמַיִם דְּמִצְוָה מִיהָא קָא עֲבִיד כִּדְרַב יְהוּדָה:
Lishma : au-dessus des cieux. Shelo lishma : jusqu'aux cieux. Car il accomplit du moins une mitsva, comme Rav Yehouda.
🗂️ Tossefot (1)
וְכָאן בְּעוֹשִׂים שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ וְכִדְרַב יְהוּדָה תֵּימַהּ (דְּרַב) גּוּפֵיהּ אָמַר בפ"ב דִּבְרָכוֹת (ד' יז.) כָּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ נוֹחַ לוֹ שֶׁלֹּא נִבְרָא ואור"י דְּהָתָם מַיְירֵי כְּגוֹן שֶׁלּוֹמֵד כְּדֵי לְהִתְיַהֵר וּלְקַנְטֵר וּלְקַפֵּחַ אֶת חֲבֵירָיו בַּהֲלָכָה וְאֵינוֹ לוֹמֵד ע"מ לַעֲשׂוֹת אֲבָל הָכָא מַיְירֵי דֻּומְיָא דְּהַהִיא דִּלְעֵיל יֵשׁ שָׁפָל וְנִשְׂכָּר דְּלָא עָבֵיד כּוּלֵּיהּ שַׁבְּתָא וְלָא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא שֶׁאֵין מִתְכַּווֵּן לְשׁוּם רָעָה אֶלָּא מִתּוֹךְ עַצְלוּת אַפֵּ"ה גָּדוֹל עַד שָׁמַיִם חַסְדּוֹ:
Difficulté : Rav lui-même a dit au deuxième chapitre de Berakhot (17a) : quiconque s'occupe de Torah shelo lishma, mieux vaudrait pour lui ne pas avoir été créé. Rabbenou Yitshak : là-bas, il s'agit par exemple de celui qui étudie pour se vanter, pour provoquer et pour faire échouer ses collègues dans la halakha, et qui n'étudie pas en vue d'agir. Ici, il s'agit d'un cas semblable à celui d'en haut, il y a un shafel qui gagne, qui ne travaille pas toute la semaine ni la veille de Chabbat : il ne vise aucun mal, c'est par paresse. Même alors, son hesed est grand jusqu'aux cieux.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּאן בְּעוֹשִׂין לִשְׁמָהּ, כָּאן בְּעוֹשִׂין שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ. נִרְאֶה לִי בס"ד יָדוּעַ שְׁלֵימוֹת הַמִּצְוֹת הוּא בְּאַרְבָּעָה שֶׁהֵם מַעֲשֶׂה בְּהֵ"א אַחֲרוֹנָה וְדִבּוּר בְּאוֹת וָא"ו וְכַווָּנָה בְּהֵ"א רִאשׁוֹנָה וּמַחְשָׁבָה בְּאוֹת יוּ"ד וְהָעוֹשֶׂה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ יֵשׁ לוֹ בְּחֵי' הֵ"א אַחֲרוֹנָה וּבְחַי' וָא"ו דְּשֶׁמָּא קַדִּישָׁא וְחָסֵר מִמֶּנּוּ כַּוָּונָה וּמַחְשָׁבָה כִּי הוּא כַּווָּנָתוֹ וּמַחֲשַׁבְתּוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, אֲבָל הָעוֹשֶׂה לִשְׁמָהּ יֵשׁ לוֹ בְּחִינַת הַשֵּׁם כֻּולּוֹ וְיָדוּעַ דְּאוֹת וָא"ו דְּשֶׁמָּא קַדִּישָׁא נִקְרָא שָׁמַיִם. לָכֵן בָּזֶה כְּתִיב (תְּהִלִּים נז, יא) 'עַד שָׁמַיִם' וְעַד בִּכְלָל וּבָזֶה כְּתִיב 'מֵעַל שָׁמַיִם' (תְּהִלִּים קח, ה) שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁלֵימוֹת כַּווָּנָה וּמַחְשָׁבָה שֶׁהֵם בְּאוֹתִיּוֹת י"ה שֶׁהוּא לְמַעְלָה מִן הַשָּׁמַיִם שֶׁהוּא סוֹד וָא"ו דְּשֶׁמָּא קַדִּישָׁא.
Ici pour ceux qui agissent lishma, ici pour ceux qui agissent shelo lishma. Il me semble, avec l'aide du Ciel. On sait que l'intégralité des mitsvot tient en quatre niveaux : le maase dans le hé final, la dibbour dans la lettre vav, la kavana dans le hé initial, et la mahshava dans la lettre yod. Celui qui agit shelo lishma a le niveau du hé final et le niveau du vav du chema kadisha ; la kavana et la mahshava lui manquent, car sa kavana et sa mahshava sont shelo lishma. Celui qui agit lishma a le niveau du Nom tout entier. On sait que la lettre vav du chema kadisha est appelée cieux. C'est pourquoi, dans un cas, il est écrit (Tehilim 57, 11) : jusqu'aux cieux, et ad est inclusif ; et dans l'autre cas il est écrit : au-dessus des cieux (Tehilim 108, 5), car il a l'intégralité de la kavana et de la mahshava, qui sont dans les lettres yod et hé, au-dessus des cieux, sod du vav du chema kadisha.
⚖️ Rosh (1)
רָבָא רָמֵי כְּתִיב כִּי גָדוֹל מֵעַל שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ וּכְתִיב כִּי גָדֹול עַד שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ הָא כֵּיצַד כָּאן לְעוֹשִׂין לִשְׁמָהּ כָּאן לְעוֹשִׂין שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ כִּדְרַב דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב לְעוֹלָם יַעֲסֹוק אָדָם בַּתּוֹרָה וּבְמִצְוֹת אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ וְהָא דְּאָמַר רָבָא גּוּפֵיהּ בְּפֶרֶק שֵׁנִי דִּבְרָכוֹת (דַּף יז.) כָּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ נוֹחַ לוֹ שֶׁלֹּא נִבְרָא. הָתָם מַיְירֵי שֶׁלּוֹמֵד לְהִתְיַהֵר וּלְהִתְפָּאֵר וּלְקַנְתֵּר חֲבֵירָיו וּלְקַפְּחָם בַּהֲלָכוֹת וְאֵין לוֹמֵד עַל מְנָת לַעֲשׂוֹת וְהָכָא מַיְירֵי דֻּומְיָא דְּאַיְירֵי בֵּיהּ לְעֵיל שָׁפָל וְנִשְׂכָּר דְּלָא עָבֵיד כּוֹלָּא שַׁבְּתָא וְלָא עָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא שֶׁעוֹשֶׂה מִצְוָה שֶׁלֹּא בְּכַווָּנָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ וכה"ג אָמְרִי' בִּירוּשַׁלְמִי (מִשְׁנָה ד' פ"ק דִּבְרָכוֹת) לָא מוֹדֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי שֶׁמַּפְסִיקִין לַעֲשׂוֹת סֻוכָּה לַעֲשׂוֹת לוּלָב וְלֵית לֵיהּ לְר' שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי הַמְלַמֵּד שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת נוֹחַ לוֹ שֶׁנֶּהְפְּכָה שְׁלִיָּיתוֹ עַל פָּנָיו. וְלֹא יָצָא לַאֲוִיר הָעוֹלָם.
Rava oppose : il est écrit : Car ton hesed est grand au-dessus des cieux, et il est écrit : Car ton hesed est grand jusqu'aux cieux. Comment cela ? Ici pour ceux qui agissent lishma, ici pour ceux qui agissent shelo lishma, comme Rav. Car Rav Yehouda a dit au nom de Rav : que l'homme s'occupe toujours de Torah et de mitsvot, même shelo lishma, car à partir du shelo lishma on arrive au lishma. Et ce que Rava lui-même a dit au deuxième chapitre de Berakhot (17a) : quiconque s'occupe de Torah shelo lishma, mieux vaudrait pour lui ne pas avoir été créé. Là-bas, il s'agit de celui qui étudie pour se vanter, pour se glorifier, pour provoquer ses collègues et les faire échouer dans les halakhot, et qui n'étudie pas en vue d'agir. Ici, il s'agit d'un cas semblable à celui dont on a parlé plus haut, le shafel qui gagne, qui ne travaille pas toute la semaine et ne travaille pas la veille de Chabbat : il fait une mitsva sans kavana, shelo lishma. De la même façon on dit dans le Yerouchalmi (michna 4, premier chapitre de Berakhot) : Rabbi Chimon ben Yohaï n'admet-il pas qu'on interrompt pour faire une souka, pour faire un loulav ? Et Rabbi Chimon ben Yohaï ne tiendrait-il pas : celui qui enseigne sans viser la pratique, mieux vaudrait que sa sheliya se retourne sur son visage et qu'il ne sorte pas à l'air du monde.
💡 Explication

Deux versets. Tehilim 57, 11 : le hesed jusqu'aux cieux. Tehilim 108, 5 : le hesed au-dessus des cieux. Lishma prend la mesure haute. Shelo lishma s'arrête aux cieux. Rav Yehouda au nom de Rav : on s'occupe toujours de Torah et de mitsvot, même shelo lishma, parce que de là on arrive au lishma.

Tossefot sépare ce shelo lishma de Berakhot 17a. Là-bas : étudier pour se vanter, provoquer, faire échouer les autres, sans viser la pratique. Ici : le shafel qui gagne, sans visée mauvaise. Le Roch attribue la phrase de Berakhot a Rava lui-même, et cite le Yerouchalmi : on interrompt l'étude pour faire la souka et le loulav ; la formule dure vise celui qui enseigne sans viser l'acte.

🖼️ Schéma
Rava : deux mesures du hesed Jusqu'aux cieux Tehilim 57, 11 Shelo lishma La mitsva est faite Le hesed arrive aux cieux Rav Yehouda au nom de Rav Même shelo lishma De là on vient au lishma Au-dessus des cieux Tehilim 108, 5 Lishma Mesure haute
Shelo lishma jusqu'aux cieux. Lishma au-dessus. Le passage de l'un à l'autre est la phrase de Rav.
6
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְצַפֶּה לִשְׂכַר אִשְׁתּוֹ וְרֵיחַיִם — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. שְׂכַר אִשְׁתּוֹ — מַתְקוּלְתָּא. רִיחְייָא — אִגַּרְתָּא. אֲבָל עֲבָדָהּ וּמְזַבְּנָה — אִישְׁתַּבּוֹחֵי מִשְׁתַּבַּח בָּהּ קְרָא דִּכְתִיב: ״סָדִין עָשְׂתָה וְתִמָּכֵר״.

Les Sages ont enseigné : celui qui compte sur le salaire de sa femme et sur un moulin ne voit jamais un signe de berakha. Le salaire de sa femme : la matkulta.

Le moulin : l'agrata. Mais si elle travaille et qu'elle vend, le verset la loue, car il est écrit : Elle a fait un sadin et l'a vendu.

📜 Rachi (2)
מַתְקוּלְתָּא נוֹטֶלֶת מֹאזְנַיִם בְּיָדָהּ וּמְהַלֶּכֶת בַּשּׁוּק לְהַשְׂכִּירָן לְכָל הַצְּרִיכִין דְּשָׂכָר מוּעָט הוּא וּמִתְבַּזָּה אִשְׁתּוֹ עַל שָׂכָר מוּעָט:
Elle prend une balance en main et va au marché la louer à tous ceux qui en ont besoin. Le salaire est mince, et sa femme s'avilit pour un salaire mince.
אִגַּרְתָּא שְׂכַר רֵיחַייִם שֶׁמַּשְׂכִּירִין טֹורַח גָּדוֹל וְשָׂכָר מוּעָט אֲבָל קוֹנֶה רֵיחַייִם וּמוֹכְרָן הֲרֵי הוּא כִּשְׁאָר פְּרַקְמַטְיָא:
Le loyer d'un moulin que l'on donne en location : grande peine, salaire mince. Celui qui achète des moulins et les vend, c'est comme tout autre commerce.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְקוּלְתָּא מַטְוֶה לְכָךְ קוֹרֵא אוֹתָהּ מַתְקוּלְתָּא לְפִי שֶׁנִּשְׂכֶּרֶת לְשִׁיעוּר מִשְׁקַל מַטְוֶה כְּדִתְנַן בִּכְתֻובּוֹת (ד' סד:) כַּמָּה הִיא עוֹשָׂה לוֹ מִשְׁקַל ה' סְלָעִים ופר"ח שֶׁהִיא מִתְבַּזֶּה עַל כָּךְ שֶׁהִיא מְגַלָּה זְרוֹעוֹתֶיהָ בִּשְׁעַת טְוִויָּה:
Un filage. C'est pourquoi on l'appelle matkulta : elle est payée à la mesure du poids du fil, comme nous l'avons enseigné à Ketoubot (64b) : combien fait-elle pour lui ? Un poids de cinq sela. Et Rabbenou Hananel : elle s'avilit en cela, car elle découvre ses bras au moment du filage.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲבָל עֲבָדָהּ וּמְזַבַּנָּא, אִשְׁתַּבּוֹחֵי מִשְׁתַּבַּח בָּהּ קְרָא. פֵּירוּשׁ עָבְדָא הִיא וּמְזַבְּנָא הִיא בְּעַצְמָהּ לֵיכָּא בָּזֶה בִּזָּיוֹן דְּהָא אִשְׁתַּבּוֹחֵי מִשְׁתַּבַּח בָּהּ קְרָא בְּכִפְלַיִם שֶׁאָמַר (מִשֶּׁלִּי לֹא, כד) 'סָדִין עָשְׂתָה' זוֹ אַחַת וְעוֹד 'וְתִמָּכֵר' בְּיָדֶיהָ זֶה עִנְיָן שֵׁנִי.
Mais si elle travaille et vend, le verset la loue. Explication : c'est elle qui travaille, et c'est elle-même qui vend. Il n'y a pas d'avilissement en cela, car le verset la loue en double. Il dit (Michlei 31, 24) : Elle a fait un sadin, c'est un premier point ; et encore : elle l'a vendu, de ses mains, c'est un second sujet.
💡 Explication

Deux gains sans siman berakha. Le salaire de l'épouse : la matkulta. Rachi : elle porte une balance au marché pour la louer, gain mince et avilissement. Tossefot, avec Rabbenou Hananel : filage payé au poids, et elle découvre ses bras. Ketoubot 64b fixe ce poids à cinq sela.

Le moulin : l'agrata, le loyer. Grande peine, petit gain. Acheter des moulins pour les revendre reste un commerce ordinaire. Si elle fabrique et vend elle-même, le verset la loue : sadin asseta va-timkor.

7
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמִּשְׂתַּכֵּר בְּקָנִים וּבְקַנְקַנִּים — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דִּנְפִישׁ אַפְחָזַיְיהוּ — שָׁלְטָא בְּהוּ עֵינָא. תָּנוּ רַבָּנַן: תַּגָּרֵי סִימְטָא, וּמְגַדְּלֵי בְּהֵמָה דַּקָּה, וְקוֹצְצֵי אִילָנוֹת טוֹבוֹת, וְנוֹתְנִין עֵינֵיהֶן בְּחֵלֶק יָפֶה — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם, מַאי טַעְמָא? דְּתֹהוּ בֵּיהּ אִינָשֵׁי.

Les Sages ont enseigné : celui qui gagne sa vie avec des roseaux et des cruches ne voit jamais un signe de berakha. Quelle est la raison ?

Puisque leur volume est grand, l'œil les domine. Les Sages ont enseigné : les marchands du simta, ceux qui élèvent le bétail menu, ceux qui coupent de beaux arbres, et ceux qui portent leurs yeux sur la belle part, ne voient jamais un signe de berakha.

Quelle est la raison ? Parce que les gens s'étonnent à son sujet.

📜 Rachi (6)
בְּקָנִים כָּל מַקְלוֹת דַּקִּים קָרֵי קָנִים שֶׁעוֹשִׂין מֵהֶן גְּדֵרוֹת וּמְחִיצּוֹת:
Tous les bâtons minces sont appelés kanim. On en fait des clôtures et des cloisons.
אַפְחָזַיְיהוּ נֶפַח שֶׁלָּהֶן:
Leur volume.
תַּגָּרֵי סִימְטָא יוֹשְׁבִין וּמוֹכְרִין בַּשּׁוּק וְעַיִן שׁוֹלֶטֶת בָּהֶן:
Ils siègent et vendent au marché, et l'œil les domine.
וּמְגַדְּלֵי בְּהֵמָה דַּקָּה הַכֹּל צוֹוְחִין עֲלֵיהֶן:
Tout le monde crie contre eux.
וְקוֹצְצֵי אִילָנוֹת טוֹבוֹת לְמָוכְרָן לְעֵצִים הַכֹּל תְּמֵיהִים וּמַלְעִיזִין עֲלֵיהֶם וּמִתּוֹךְ כָּךְ עַיִן שׁוֹלֶטֶת בָּהֶן וְצַעֲקַת בְּנֵי אָדָם:
Pour les vendre comme bois. Tout le monde s'étonne et les calomnie ; de là, l'œil les domine, et le cri des gens.
וְנוֹתְנִין עֵינֵיהֶם בְּחֵלֶק יָפֶה כְּשֶׁחוֹלְקִים עִם אֲחֵרִים תָּמִיד מַקְפִּידִין לִיטֹּול חֵלֶק יָפֶה:
Quand ils partagent avec d'autres, ils tiennent toujours à prendre la belle part.
🗂️ Tossefot (1)
וּמְגַדְּלֵי בְּהֵמָה וְקָשֶׁה לר"ת דְּאָמַר (בְּחֻולִּין ד' פד:) הָרוֹצֶה שֶׁיִּתְעַשֵּׁר יַעֲסֹוק בִּבְהֵמָה דַּקָּה וְאָמַר נָמֵי עַשְׁתָּרוֹת שֶׁמְּעַשְּׁרוֹת אֶת בַּעֲלֵיהֶן וְי"ל דְּהָתָם בָּחֳורָשִׁין:
Difficulté pour Rabbenou Tam. On a dit (Houlin 84b) : celui qui veut s'enrichir s'occupera de bétail menu. On a dit aussi : ashtarot, qui enrichissent leurs propriétaires. Il faut dire : là-bas, dans les forêts.
💡 Explication

Roseaux et cruches : le volume, apahzayhu, est grand, et l'ayin les domine. Rachi : les kanim sont les bâtons minces des clôtures. Quatre activités où les gens s'étonnent : marchands du simta, élevage de behema daka, coupe de beaux arbres pour en vendre le bois, et celui qui, au partage, vise toujours la belle part.

Tossefot : Houlin 84b promet la richesse par le bétail menu, et le jeu ashtarot / meashrot, les troupeaux qui enrichissent. Rabbenou Tam : la-bas, dans les horashin, les forêts, là où le troupeau ne porte pas sur le champ d'autrui.

8
תָּנוּ רַבָּנַן, אַרְבַּע פְּרוּטוֹת אֵין בָּהֶן סִימָן בְּרָכָה לְעוֹלָם: שְׂכַר כּוֹתְבִין, וּשְׂכַר מְתֻורְגְּמָנִין, וּשְׂכַר יְתוֹמִים, וּמָעוֹת הַבָּאוֹת מִמְּדִינַת הַיָּם.

Les Sages ont enseigné : quatre peroutot n'ont jamais en elles un signe de berakha : le salaire des scribes, le salaire des metourguemanin, le gain des orphelins, et l'argent qui vient d'une province d'outre-mer.

📜 Rachi (1)
מְתֻורְגְּמָנִין שֶׁעוֹמְדִין לִפְנֵי הֶחָכָם בְּשַׁבָּתוֹת וְשׁוֹמְעִין מִפִּיו וּמַשְׁמִיעִין לָרַבִּים:
Ils se tiennent devant le 'hakham les Chabbatot, entendent de sa bouche, et font entendre au public.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תָּנוּ רַבָּנַן: אַרְבַּע פְּרוּטוֹת אֵין בָּהֶם סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. הָא דְּאָמַר פְּרוּטוֹת וְלֹא אָמַר דִּינָרִים לְלַמֶּדְךָ כֵּיוָן דְּאֵין בָּהֶם סִימַן בְּרָכָה אָז אֲפִילּוּ אִם יִהְיוּ דְּנֵרֵי זָהָב נֶחְשָׁבִים פְּרוּטוֹת כִּי יִמְעֲטוּ וְלֹא יִשָּׁאֵר מֵהֶם מְאוּמָה. וְנִרְאֶה ד' הַנִּזְכָּרִים שֶׁהֵם ' מ תֻּרְגְּמָנִין, כ וְתָבִין, י תֻּומִּים, מ דִּינַת הַיָּם' הֵם רָאשֵׁי תֵּיבוֹת מַכִּים , אוֹ ' מ תֻּרְגְּמָנִין, ס וּפָרִים, י תֻּומִּים, מ דִּינַת הַיָּם' סוֹפְרִים יְתוֹמִים מְדִינַת הַיָּם רָאשֵׁי תֵּיבוֹת מִסִּים שֶׁהֵם כְּמוֹ דְּמֵי מִסִּים מִסִּים שֶׁאֵין בָּהֶם סִימַן בְּרָכָה.
Les Sages ont enseigné : quatre peroutot n'ont jamais en elles un signe de berakha. S'il a dit peroutot et n'a pas dit dinarim, c'est pour t'enseigner : puisqu'il n'y a pas en elles de signe de berakha, même des dinars d'or se comptent comme des peroutot, car elles diminuent et il n'en reste rien. Il me semble que les quatre cités, metourguemanin, kotvin, yetomim, medinat ha-yam, sont les initiales de makim. Ou bien : metourguemanin, sofrim, yetomim, medinat ha-yam, initiales de missim. Ils sont comme le prix d'impôts, des impôts où il n'y a pas de signe de berakha.
💡 Explication

Quatre sommes, appelées peroutot, sans siman berakha : salaire des kotvin, salaire des metourguemanin, gain tiré des yetomim, argent venu de medinat ha-yam. Rachi décrit le metourgueman : le Chabbat, il se tient devant le 'hakham, écoute, et répète pour le public. La Guemara va donner la raison des trois derniers, puis celle des scribes.

9
בִּשְׁלָמָא שְׂכַר מְתֻורְגְּמָנִין — מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כִּשְׂכַר שַׁבָּת. וּמְעוֹת יְתוֹמִים נָמֵי — לָאו בְּנֵי מְחִילָה נִינְהוּ. מָעוֹת הַבָּאוֹת מִמְּדִינַת הַיָּם — מִשּׁוּם דְּלָאו כָּל יוֹמָא מִתְרְחִישׁ נִיסָּא.

Soit, le salaire des metourguemanin : parce que cela a l'apparence d'un salaire de Chabbat. L'argent des orphelins aussi : ils ne sont pas aptes à la mehila.

L'argent qui vient d'outre-mer : parce qu'un ness ne se produit pas chaque jour.

📜 Rachi (2)
וּמְעוֹת יְתוֹמִין לְמַחֲצִית שָׂכָר:
À moitié du gain.
מִמְּדִינַת הַיָּם מְשַׁלֵּחַ סְפִינוֹתָיו תָּמִיד בִּמְקוֹם סַכָּנָה:
Il envoie toujours ses bateaux dans un lieu de danger.
💡 Explication

Bishlama : ces trois raisons passent. Le metourgueman travaille le Chabbat ; sa paie a l'air d'un sekhar Chabbat. Les orphelins : association le-mahetsit sakhar. Un mineur ne fait pas mehila. L'outre-mer : des bateaux envoyés dans le danger. Le ness ne se renouvelle pas chaque jour. Reste la question des scribes.

10
אֶלָּא שְׂכַר כּוֹתְבִין מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע תַּעֲנִיּוֹת יָשְׁבוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה עַל כּוֹתְבֵי סְפָרִים תְּפִילִּין וּמְזוּזוֹת שֶׁלֹּא יִתְעַשְּׁרוּ, שֶׁאִילְמָלֵי מִתְעַשְּׂרִין — אֵין כּוֹתְבִין. תָּנוּ רַבָּנַן: כּוֹתְבֵי סְפָרִים תְּפִילִּין וּמְזוּזוֹת, הֵן, וְתַגָּרֵיהֶן, וְתַגָּרֵי תַּגָּרֵיהֶן, וְכָל הָעוֹסְקִין בִּמְלֶאכֶת שָׁמַיִם, לְאֵיתוֹיֵי מוֹכְרֵי תְּכֵלֶת — אֵינָן רוֹאִין סִימָן בְּרָכָה לְעוֹלָם. וְאִם עוֹסְקִין לִשְׁמָהּ — רוֹאִין.

Mais le salaire des scribes, quelle est la raison ? Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : les hommes de la Knesset ha-Guedola ont tenu vingt-quatre jeûnes au sujet des scribes de sefarim, de tefilin et de mezouzot, afin qu'ils ne s'enrichissent pas ; car s'ils s'enrichissaient, ils n'écriraient plus.

Les Sages ont enseigné : les scribes de sefarim, de tefilin et de mezouzot, eux, leurs marchands, les marchands de leurs marchands, et tous ceux qui s'occupent de la melakhet shamayim, pour inclure les vendeurs de tekhelet, ne voient jamais un signe de berakha. Et s'ils s'en occupent lishma, ils en voient.

📜 Rachi (4)
תְּכֵלֶת לְצִיצִית:
Pour les tsitsit.
אֵינָן רוֹאִין כְּדַאֲמָרָן שֶׁאִם יִתְעַשְּׁרוּ לֹא יְהוּ עֲסוּקֵין:
Comme nous l'avons dit : s'ils s'enrichissaient, ils ne s'en occuperaient plus.
וְאִם עוֹסְקִין לִשְׁמָהּ לִהְיוֹת הַמִּצְוָה מְצוּיָה לַצְּרִיכִין לָהּ:
Pour que la mitsva soit disponible à ceux qui en ont besoin.
רוֹאִין דְּהוֹאִיל וְלִשְׁמָהּ עוֹשִׂין לֹא יַנִּיחוּ בִּשְׁבִיל עָשְׁרָן:
Puisqu'ils agissent lishma, ils n'abandonneront pas à cause de leur richesse.
🗂️ Tossefot (1)
כּוֹתְבֵי סְפָרִים אור"י בְּשֵׁם רִיבָ"א דְּדַוְקָא הַכּוֹתְבִים כְּדֵי לִמְכֹּור עֲלֵיהֶן בִּקְּשׁוּ דִּלְעוֹלָם יִמְצְאוּ לוֹקְחִין כִּדְקָתָנֵי הֵן וְתַגָּרֵיהֶם אֲבָל עַל הַמַּשְׂכִּירִים עַצְמָן לְבַעֲלֵי בָּתִּים לֹא בִּקְּשׁוּ שֶׁלֹּא הָיוּ מְקַפְּחִים פַּרְנָסָתָן שֶׁלֹּא יִמְצְאוּ כָּל כָּךְ לְהִשְׂתַּכֵּר:
Rabbenou Yitshak au nom de Riva : c'est seulement pour ceux qui écrivent afin de vendre qu'ils ont demandé ces jeûnes, car ils trouvent toujours des acheteurs, comme on enseigne : eux et leurs marchands. Pour ceux qui se louent à des baalei batim, ils n'ont pas demandé : on n'aurait pas coupé leur parnassa, car ils ne trouveraient pas autant de quoi gagner.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כּוֹתְבֵי סְפָרִים, תְּפִלִּין וּמְזוּזוֹת, הֵן וְתַגָּרֵיהֶן וְתַגָּרֵי תַגָּרֵיהֶן, וְכָל הָעוֹסְקִים בִּמְלֶאכֶת שָׁמַיִם. נִרְאֶה לִי הַטַּעַם דְּנָקֵיט שְׁלֹשָׁה חֲלוּקוֹת אֵלּוּ לִרְבוּתָא דְּהַתּוֹרָה נִקְרֵאת 'אוֹרְיָין תְּלִיתַאי' וְרָאוּי שֶׁתַּגִּיעַ הַבְּרָכָה בַּעֲבוּרָהּ לְהַסּוֹפֵר שֶׁכָּתְבָה וּלְהַקּוֹנָה מִמֶּנּוּ וּלְהַקּוֹנָה מִן הַקּוֹנֶה וְעִם כָּל זֶה אֵין בְּרָכָה לִשְׁלֹשָׁה אֵלּוּ מֵחֲמַת הַתְּפִלָּה שֶׁל אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה. מִיהוּ יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת בִּשְׁלָמָא סוֹפְרִין עַצְמָן אִם יִתְעַשְּׁרוּ לֹא יִכְתְּבוּ מֵחֲמַת טֹורַח וְקֹושִׁי הַיְּגִיעָה שֶׁל הַכְּתִיבָה אֲבָל עֹושֶׁר הַתַּגָּרִים אֵיךְ יִהְיֶה סִבָּה לְבִיטּוּל כְּתִיבַת סת"ם [סְפָרִים, תְּפִילִּין, מְזוּזוֹת] ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהִנֵּה תַּגָּרִים וְתַגָּרֵי תַּגָּרִים דְּנָקֵיט הָכָא הַייְנוּ אוֹתָם שֶׁקּוֹנִים מִן הַסּוֹפְרִים וּמוֹלִיכִים אוֹתָם לַעֲייָרוֹת קְטַנּוֹת וּרְחוֹקוֹת דְּמוֹכְרִים אוֹתָם בְּיָדָם וְאִם יִתְעַשְּׁרוּ לֹא יֵלְכוּ לִמְכֹּור שָׁם וּמִי יָבִיא לָהֶם דְּמִקֹּודֶם לֹא הָיָה דַּרְכָּם לִשְׁלֹוחַ סת"ם מִמָּקוֹם לְמָקוֹם לִידֵי שָׁלִיחַ שֶׁקּוֹרִין פאטו"ר לִמְכֹּור בִּשְׁאָר סְחוֹרוֹת. אִי נָמֵי נִרְאֶה לִי אִם יִתְעַשְּׁרוּ הַתַּגָּרִים יַעֲשׂוּ בסת"ם כְּמִנְהַג אוֹצְרֵי פֵּירוֹת שֶׁיִּקְנוּ כָּל הסת"ם מִן הַסּוֹפְרִים וְיַאַצְרוּם אֶצְלָם וְלֹא יִמְכְּרוּ אֶלָּא בְּעֵרֶךְ יָתֵר לְכָךְ לֹא יִתְעַשְּׁרוּ אֶלָּא הֵם דַּלִּים תָּמִיד כְּדֵי שֶׁיִּמְכְּרוּ בִּמְהֵרָה בְּהַרְוָוחָה מוּעֶטֶת. וְהָא דְּהִתְעַנּוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע תַּעֲנִיּוֹת בַּעֲבוּר זֶה נִרְאֶה לִי בס"ד, כִּי מִקֹּודֶם הָיוּ כּוֹתְבִים כָּל כ"ד שֶׁהֵם תַּנַ"ך וּלְכָךְ הֻוצְרְכוּ לכ"ד תַּעֲנִיּוֹת שֶׁלֹּא תָּגֵין עֲלֵיהֶם כְּתִיבָה שֶׁל כ"ד וְאַחַר שֶׁהִתְעַנּוּ נַעֲשׂוּ הַסּוֹפְרִים כָּל אֶחָד דָּךְ וְדַל כִּי דָּךְ אוֹתִיּוֹת כ"ד. וְהִנֵּה רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ס פָּרִים, ת פָּלְיָן, מ זוזות סֵת " ם רֶמֶז שֶׁסָּתְמוּ לָהֶם שַׁעַר הַבְּרָכָה כְּדֵי שֶׁיִּכְתְּבוּ. גַּם סוֹפֵר גֵּימַטְרְיָא רָצוֹן [346] שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת לוֹ רָצוֹן בִּמְלַאכְתּוֹ וְיִכְתֹּוב בִּרְעוּתָא דְּלִיבָּא שֶׁעַל יְדֵי כָּךְ לֹא יִשְׁכַּח מִלְּקַדֵּשׁ וּשְׁאָר דְּבָרִים הַצְּרִיכִים לִמְלַאכְתּוֹ.
Les scribes de sefarim, de tefilin et de mezouzot, eux, leurs marchands et les marchands de leurs marchands, et tous ceux qui s'occupent de la melakhet shamayim. Il me semble : la raison pour laquelle il retient ces trois catégories est une ribouy. La Torah est appelée orayan telitaei, et il conviendrait que la berakha parvienne par elle au sofer qui l'a écrite, à celui qui achète de lui, et à celui qui achète de l'acheteur. Malgré cela, ces trois-là restent sans berakha, à cause de la tefila des hommes de la Knesset ha-Guedola. On peut objecter : soit, les sofrim eux-mêmes, s'ils s'enrichissent, n'écriront plus, à cause de la peine et de la dureté de l'effort d'écrire. Mais la richesse des marchands, comment serait-elle une cause d'arrêt de l'écriture du stam, sefarim, tefilin, mezouzot ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : les marchands et les marchands des marchands retenus ici sont ceux qui achètent aux sofrim et portent les pièces vers de petites villes éloignées, où ils les vendent de leur main. S'ils s'enrichissent, ils n'iront plus vendre la-bas ; et qui apportera ? Car auparavant on n'avait pas coutume d'envoyer du stam d'un lieu à un autre par un envoyé qu'on appelle facteur, pour le vendre parmi les autres marchandises. Autre approche, il me semble : si les marchands s'enrichissent, ils agiront avec le stam comme les amasseurs de fruits. Ils achèteront tout le stam aux sofrim, le stockeront chez eux, et ne vendront qu'à un prix plus élevé. C'est pourquoi ils ne s'enrichissent pas : ils restent toujours pauvres, afin de vendre vite, avec un bénéfice mince. Et le fait que les hommes de la Knesset ha-Guedola ont jeûné vingt-quatre jeûnes pour cela, il me semble, avec l'aide du Ciel : auparavant on écrivait l'ensemble des vingt-quatre, qui sont le Tanakh. Il a donc fallu vingt-quatre jeûnes, pour que l'écriture des vingt-quatre ne les protège pas. Après ces jeûnes, chaque sofer est devenu dakh et dal, car dakh vaut les lettres de vingt-quatre. Les initiales de sefarim, tefilin, mezouzot font stam : allusion à ce qu'on leur a bouché, satam, la porte de la berakha, afin qu'ils écrivent. De même, sofer a pour guematria ratson, 346 : il doit avoir un ratson dans son travail, et écrire avec un reouta de-liba. Par là, il n'oubliera pas de sanctifier ni le reste de ce qu'exige son métier.
💡 Explication

Les scribes : les hommes de la Knesset ha-Guedola ont tenu vingt-quatre jeûnes pour que les écrivains de sefarim, tefilin et mezouzot ne s'enrichissent pas. S'ils s'enrichissaient, ils cesseraient d'écrire. La baraita étend la chose : eux, leurs marchands, les marchands de leurs marchands, et toute la melakhet shamayim, y compris les vendeurs de tekhelet pour les tsitsit.

S'ils travaillent lishma, pour que la mitsva reste disponible, ils voient un siman berakha : la richesse ne les fait pas quitter le travail. Tossefot : les jeûnes visent ceux qui écrivent pour vendre. Celui qui se loue à un baal ha-bayit reste dehors : on ne coupe pas sa parnassa.

🖼️ Schéma
Stam : la chaîne, et la sortie par le lishma Sofrim Sefarim, tefilin mezouzot Leurs marchands Puis les marchands de leurs marchands Pas de berakha 24 jeûnes Knesset ha-Guedola Tekhelet inclus S'ils s'en occupent lishma, ils voient un siman berakha Rachi : la mitsva reste disponible. Ils ne quittent pas le métier pour la richesse.
Sofrim, marchands, marchands des marchands : pas de siman berakha, sauf le lishma.
11
בְּנֵי בַּייְשָׁן נְהוּג דְּלָא הֲווֹ אָזְלִין מִצֹּור לְצִידוֹן בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אֲתוֹ בְּנַיְיהוּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, אָמְרוּ לוֹ: אֲבָהָתִין אֶפְשָׁר לְהוּ, אֲנַן לָא אֶפְשָׁר לַן. אֲמַר לְהוּ: כְּבָר קִיבְּלוּ אֲבוֹתֵיכֶם עֲלֵיהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְאַל תִּטֹּושׁ תּוֹרַת אִמֶּךָ״.

Les gens de Beit Shean avaient coutume de ne pas aller de Tsor à Sidon la veille de Chabbat. Leurs fils vinrent devant Rabbi Yo'hanan.

Ils lui dirent : Pour nos pères, c'était possible ; pour nous, cela ne se peut pas. Il leur dit : Vos pères l'ont déjà accepté sur eux, car il est dit : Écoute, mon fils, la moussar de ton père, et n'abandonne pas la torah de ta mère.

📜 Rachi (2)
מָצוֹר לְצִידוֹן יוֹם הַשּׁוּק שֶׁל צִידוֹן בע"ש וְהֵם מַחְמִירִים עַל עַצְמָן שֶׁלֹּא לְהִיבָּטֵל מִצָּרְכֵי שַׁבָּת:
Le jour de marché de Sidon est la veille de Chabbat, et ils s'imposent une humra pour ne pas se dérober aux besoins du Chabbat.
הֲוָה אֶפְשָׁר לְהוּ לְהִמָּנַע מִן הַשּׁוּק שֶׁעֲשִׁירִים הָיוּ:
De s'abstenir du marché, car ils étaient riches.
⚖️ Rosh (1)
בְּנֵי בְּיָשֵׁן נְהוּגֵין דְּלָא אָזְלִי מָצוֹר לְצִידֹן בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא אֲתוֹ בְּנַיְיהוּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן אֲמַרוּ אֲנַן מַאי אֲבָהָתַנָא הֲוָה אֶפְשָׁר לְהוּ אֲנַן לָא אֶפְשָׁר לַן אֲמַר לְהוּ כְּבָר קִבְּלוּ עֲלֵיהֶם אֲבוֹתֵיכֶם וּכְתִיב שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְגוֹ'. תַּנְיָא דְּבָרִים הַמֻּותָּרִים וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בָּהֶן אִיסּוּר אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּירָם בִּפְנֵיהֶם. אָמַר רַב חִסְדָּא בְּכוּתָאֵי מִשּׁוּם דִּמְסָרְכִי וּמְדַמֵּי מִילְּתָא לְמִילְּתָא וְאָתוּ לְמִישְׁרֵי אִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא וְלָא כּוּתָאֵי בִּלְחוּד הוּא דְּאָסוּר לְמִישְׁרֵי לְהוּ אֶלָּא בכ"מ שֶׁאֵינָן בְּנֵי תּוֹרָה כִּדְתַנְיָא רוֹחֲצִין שְׁנֵי אַחִין כא' וְאֵין רוֹחֲצִין ב' אַחִין כא' בְּכָבוּל. וּמַעֲשֶׂה בִּיהוּדָה וְהִלֵּל בְּנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁרָחֲצוּ שְׁנֵיהֶם כְּאַחַת בְּכָבוּל וְלָעֲזוּ עֲלֵיהֶם בְּנֵי מְדִינָה וְאָמְרוּ מִיָּמֵינוּ לֹא רָאִינוּ כָּךְ וְנִשְׁמַט הִלֵּל וְיָצָא לַבַּיִת הַחִיצוֹן וְלֹא אָמַר לָהֶם מֻותָּרִין אַתֶּם. תַּנְיָא עִם כָּל אָדָם רוֹחֲצִין חוּץ מִבְּאָבִיו וְחָמִיו וּבַעַל אֲחוֹתוֹ. ר' יְהוּדָה מַתִּיר בְּאָבִיו מִשּׁוּם כְּבוֹד אָבִיו. וְק' הֵיאַךְ הִתִּיר ר' בֵּית שְׁאָן בפ"ק דְּחֻולִּין דַּף ו: מִשּׁוּם שֶׁהֵעִיד עַל ר' מֵאִיר שֶׁאָכַל שָׁם עָלֶה שֶׁל יָרָק בְּלֹא מַעֲשֵׂר מִכָּל מָקוֹם בְּנֵי הַמָּקוֹם נָהֲגוּ בּוֹ אִיסּוּר. וּפִי' רַבֵּינוּ נִסִּים בִּמְגִילַּת סְתָרִים דַּוְקָא דְּבָרִים שֶׁיָּדוּעַ לָהֶן שֶׁהֵן מֻותָּרִין וְנוֹהֲגִין בָּהֶן אִיסּוּר לְפִי שֶׁרוֹצִים לְהַחְמִיר עַל עַצְמָן אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּירָן בִּפְנֵיהֶם אֲבָל אִם נוֹהֲגִין מֵחֲמַת טָעוּת שֶׁסִּבּוּרִין שֶׁהוּא אָסוּר וְהוּא מֻותָּר יָכוֹל לְהַתִּירָן לִפְנֵיהֶם. וּלְפִי זֶה נִיחָא הַךְ עֻובְדָּא דְּבֵית שְׁאָן דְּטָעוּת הָיָה שֶׁהָיוּ סִבּוּרִין שֶׁהוּא א"י. וְהָכִי אִיתָא בְּהֶדְיָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי הֵל' א' ר' יוֹסֵי ב"ר בּוֹן אָמַר כָּל דָּבָר שֶׁאֵין יָדוּעַ בּוֹ שֶׁהוּא מֻותָּר וְהוּא טוֹעֶה וְנוֹהֵג בּוֹ אִיסּוּר נִשְׁאָל וּמַתִּירִין לוֹ וְכָל דָּבָר שֶׁיָּדוּעַ בּוֹ שֶׁהוּא מֻותָּר וְהוּא טוֹעֶה וְנוֹהֵג בּוֹ אִיסּוּר נִשְׁאָל וְאֵין מַתִּירִין לוֹ. כְּלוֹמַר אִם בָּא לְחָכָם לִישָּׁאֵל אִם יָכוֹל לְזַלְזֵל בַּמִּנְהָג שֶׁנָּהֲגוּ בּוֹ אֲבוֹתָיו כְּהַהִיא דִּבְנֵי בְּיָשֵׁן לֹא יַתִּיר לוֹ הֶחָכָם וְכֵן נָמֵי אָדָם שֶׁנָּהַג אִיסּוּר בְּדָבָר הַמֻּותָּר לִסְייָג וְלִפְרִישׁוּת לֹא יַתִּיר לוֹ הֶחָכָם הַמִּנְהָג הַהוּא מִמֵּילָא דְּהָוֵי כְּמוֹ נֶדֶר כִּדְאִיתָא בפ"ב דִּנְדָרִים ד' טו: תַּנְיָא דְּבָרִים הַמֻּותָּרִים וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בּוֹ אִיסּוּר אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּירָן לִפְנֵיהֶם מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר לֹא יַחֵל דְּבָרוֹ אֲבָל הֶחָכָם יָכוֹל לְהַתִּיר לָהֶם בַּחֲרָטָה כְּמוֹ שְׁאָר דְּבָרִים וְיִפְתַּח בַּחֲרָטָה שֶׁהֵם מִתְחָרְטִים שֶׁנָּהֲגוּ כֵּן לְשֵׁם נֶדֶר. וְהָא דְּאָמַר הָכָא דְּדַוְקָא בְּכוּתָאֵי אוֹ בְּנֵי מְדִינָה אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּירָן בִּפְנֵיהֶם אֲבָל שֶׁלֹּא בִּפְנֵיהֶם אוֹ בִּפְנֵי ת"ח אַתָּה רַשַּׁאי לִנְהֹוג בּוֹ הֶיתֵּר קַשְׁיָא אַמַּאי וְהָאֲנַן תְּנַן נוֹתְנִין עָלָיו חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם וְהָוֵי לֵיהּ לְאַקְשׁוּיֵי מִמַּתְנִיתִין אַהַךְ בָּרַיְיתָא כִּדְפָרִיךְ לְקַמָּן מִמַּתְנִי' אַרַבָּה בַּר בַּר חַנָּה דְּאָכַל תַּרְבָּא דְּאַיִּיתְרָא. הִילְכָּךְ צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁיֵּשׁ חִילּוּק בַּמִּנְהָגִים דְּמַתְנִיתִין אַייְרֵי בְּמִנְהָג חָשׁוּב שֶׁנָּהֲגוּ בְּנֵי הַמָּקוֹם עַל פִּי ת"ח וְתַלְמִיד חָכָם נָהַג עִמָּהֶם. אֲבָל מִנְהָג גָּרוּעַ שֶׁל בְּנֵי הַמְּדִינָה שֶׁנָּהֲגוּ מֵעַצְמָם דָּבָר אֶחָד מֻותָּר לְהַתִּירָן שֶׁלֹּא בִּפְנֵיהֶם כְּגוֹן כָּל הָנֵי דְּחָשֵׁיב בַּבָּרַייְתָא רְחִיצַת שְׁנֵי אַחִין וִיצִיאַת קוּנְדִּיקִיסוּן וִישִׁיבַת סַפְסַלֵּי נָכְרִים בְּשַׁבָּת. וּדְאַיִּיתְרָא מִנְהָג חָשׁוּב הֲוָה ע"פ תַּלְמִיד חָכָם.
Les gens de Beit Shéan avaient coutume de ne pas aller de Tsor à Sidon la veille de Chabbat. Leurs fils vinrent devant Rabbi Yo'hanan. Ils dirent : Nous, qu'en est-il ? Pour nos pères, c'était possible ; pour nous, cela ne se peut pas. Il leur dit : Vos pères l'ont déjà accepté sur eux, et il est écrit : Écoute, mon fils, la moussar de ton père, etc. On a enseigné : des choses permises, que d'autres ont prises en usage comme interdites, tu n'es pas autorisé à les leur permettre en leur présence. Rav Hisda a dit : cela vise les Koutim, parce qu'ils tirent des conséquences et comparent une chose à une chose, et qu'ils en viendraient à permettre un issour de la Torah. L'interdit de permettre vise les Koutim, et aussi tout lieu où ils ne sont pas benei Torah. Comme on a enseigné : on se lave, deux frères ensemble ; et l'on ne se lave pas, deux frères ensemble, à Kévoul. Un fait : Yehouda et Hillel, fils de Rabban Gamliel, se lavèrent tous deux ensemble à Kévoul. Les gens du pays les raillèrent et dirent : De nos jours, nous n'avons jamais vu cela. Hillel se retira et sortit vers la pièce extérieure, et il ne leur dit pas : Vous êtes autorisés. On a enseigné : on se lave avec tout homme, sauf avec son père, son beau-père et le mari de sa sœur. Rabbi Yehouda permet avec son père, à cause de l'honneur du père. Difficulté : comment Rabbi a-t-il permis Beit Shéan, au premier chapitre de Houlin, page 6b, parce qu'on a témoigné au sujet de Rabbi Meir qu'il y avait mangé une feuille de légume sans maasser ? De toute façon, les gens du lieu y avaient pris l'usage de l'interdit. Rabbenou Nissim a expliqué dans la Megilat Setarim : seulement des choses dont on sait qu'elles sont permises, et que l'on traite comme interdites parce qu'on veut s'imposer une humra, tu n'es pas autorisé à les permettre en leur présence. S'ils ont cet usage par erreur, croyant la chose interdite alors qu'elle est permise, on peut la leur permettre en leur présence. Selon cela, le cas de Beit Shéan s'éclaire : c'était une erreur, ils croyaient que c'était Erets Yisrael. Et c'est dit explicitement dans le Yerouchalmi, halakha 1. Rabbi Yossi ben Rabbi Boun a dit : toute chose dont on ne sait pas qu'elle est permise, où l'on se trompe et où l'on prend l'usage de l'interdit : on interroge, et on la lui permet. Et toute chose dont on sait qu'elle est permise, où l'on se trompe et où l'on prend l'usage de l'interdit : on interroge, et on ne la lui permet pas. C'est-à-dire : s'il vient chez le 'hakham demander s'il peut traiter légèrement un minhag que ses pères ont observé, comme le cas des gens de Beit Shéan, le 'hakham ne le lui permettra pas. De même, un homme qui a pris l'usage de l'interdit dans une chose permise, comme syag et comme perishout : le 'hakham ne lui permettra pas ce minhag de lui-même, car c'est comme un neder, comme il est dit au deuxième chapitre de Nedarim, page 15b. On a enseigné : des choses permises, que d'autres ont prises en usage comme interdites, tu n'es pas autorisé à les leur permettre en leur présence, parce qu'il est dit : Il ne profanera pas sa parole. Mais le 'hakham peut leur permettre par harata, comme pour les autres choses, et il ouvre par la harata : ils regrettent d'avoir pris cet usage à titre de neder. Et ce qu'on dit ici : c'est devant les Koutim ou les gens du pays que tu n'es pas autorisé à les leur permettre en leur présence ; hors de leur présence, ou devant un talmid 'hakham, tu es autorisé à y pratiquer l'heter. Difficulté : pourquoi ? Or nous avons enseigné dans la michna : on lui impose les humrot du lieu où il est allé. Il aurait fallu objecter de la michna à cette baraita, comme on objecte plus loin, depuis la michna, à Rabba bar bar Hana, qui a mangé la graisse de l'ayitara. Il faut donc dire qu'il y a une distinction entre les minhagim. La michna parle d'un minhag important, que les gens du lieu ont observé selon un talmid 'hakham, et que le talmid 'hakham a observé avec eux. Un minhag inférieur des gens du pays, qu'ils ont pris d'eux-mêmes, on peut le permettre hors de leur présence : comme tous ceux que la baraita énumère, le bain de deux frères, la sortie en kondikison, et le fait de s'asseoir sur les bancs des non-Juifs le Chabbat. Et l'ayitara était un minhag important, selon un talmid 'hakham.
💡 Explication

Minhag des gens de Beit Shean : ne pas aller de Tsor à Sidon la veille de Chabbat. Rachi : le marché de Sidon tombe ce jour-là ; ils ne veulent pas perdre les préparatifs du Chabbat. Ils étaient riches, l'abstention leur était possible. Leurs fils demandent à Rabbi Yo'hanan de les en délier. Il refuse : les pères ont déjà accepté. Verset : la moussar du père, et la torah de la mère.

Le Roch ouvre ici le dossier des choses permises qu'un minhag traite comme interdites. Minhag important, fixé selon un talmid 'hakham : la michna en impose les humrot. Minhag que les gens ont pris seuls : on peut le permettre hors de leur présence. Erreur, comme Beit Shean cru à tort en Erets Yisrael : le 'hakham peut permettre.

12
בְּנֵי חוֹזָאֵי נָהֲגִי דְּמַפְרְשִׁי חַלָּה מֵאָרוֹזָא, אֲתוֹ וַאֲמַרוּ לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף. אֲמַר לְהוּ: נִיכְּלָה זָר בְּאַפַּייְהוּ. אֵיתִיבֵיהּ אַבַּיֵּי: דְּבָרִים הַמֻּותָּרִים וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בָּהֶן אִיסּוּר —

Les gens de Hozai avaient coutume de prélever la hala sur le riz. Ils vinrent et le dirent à Rav Yossef.

Il leur dit : Qu'un zar la mange en leur présence. Abaye lui objecta : Des choses permises, et que d'autres ont prises en usage comme interdites —

📜 Rachi (1)
מֵאֲרוּזָא אֹורֶז:
Du riz.
💡 Explication

Les gens de Hozai séparent la hala sur une pâte de riz. Le riz est hors des cinq céréales : ce prélèvement n'a pas de kedousha de hala. Rav Yossef : qu'un zar la mange devant eux, pour montrer l'heter sur place. Abaye objecte par la baraita des choses permises que d'autres traitent comme interdites. La phrase s'arrête ici ; la suite est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).