Pesachim 4b — Hazaka de la bedika, mekah ta'out, heure de l'interdit

Pesachim 4b

Sougya : La guemara répond à la question ouverte en 4a : pourquoi croit-on femmes, esclaves et mineurs sur la bedika du hamets. Le tanna tient que tous sont des haverim pour cette bedika, sur le modèle du haver dont les fruits restent en règle.

Le cas utile est celui où l'on sait que le propriétaire n'a pas vérifié : leur parole est reçue, parce que la bedika est de-rabbanan et que, de la Tora, le bitoul suffit. Puis : une location remise dans la hazaka d'être vérifiée, et trouvée non vérifiée, est-elle un mekah ta'out ?

Abaye écarte cette annulation : l'homme tient à accomplir la mitsva, par son corps où par son argent. Le daf ouvre enfin l'heure : Rabbi Meir et Rabbi Yehouda s'accordent sur l'interdit à partir de six heures, et Abaye inclut le quatorze dans le biour par deux versets.

Pourquoi les croit-on sur la bedika ? Femmes, esclaves, mineurs : tous croyables Proposition Hazaka : la maison est vérifiée Tous sont haverim pour la bedika Autre piste Leur parole seule ferait foi Leur témoignage n'a pas de poids S'il fallait la parole, la baraita aurait dit : toutes les maisons sont, le 14, dans la hazaka d'être vérifiées. Tenue La hazaka existe. Cas où l'on sait qu'il n'a pas vérifié, et eux disent : nous l'avons vérifiée. Bedika de-rabbanan. De la Tora, le bitoul suffit. On les croit.
La hazaka tient. Leur parole ne sert que la où l'on sait déjà que le propriétaire n'a pas vérifié.
Location dite vérifiée, trouvée non vérifiée Le locataire veut-il annuler ? Mekah ta'out, où la location tient ? Sans salaire Chacun vérifie sa maison Mitsva par le corps Avec salaire On paie un verificateur Mitsva par l'argent Abaye : dans les deux lieux, la location tient. Le Rachba place le cas le 13.
Abaye : accomplir la mitsva, par le corps où par l'argent, empêche d'annuler la location.
Le 14 nissan, du lever du soleil Heures 1 à 4 Heure 5 Début de la 6e Début de la 7e Rabbi Meir mange mange brûle interdit R. Yehouda mange toulin bête oui, lui non brûle interdit Les deux : à partir de six heures et au-delà, interdit de la Tora. Rachi : des le début de la 7e. On brûle plus tôt, l'homme se trompe d'heure.
Meir mange jusqu'à la fin de la 5e. Yehouda suspend des la 5e. Les deux brûlent au début de la 6e.
1
לָאו מִשּׁוּם דְּחֶזְקָתוֹ בָּדוּק, דְּקָסָבַר: הַכֹּל חֲבֵרִים הֵם אֵצֶל בְּדִיקַת חָמֵץ. דְּתַנְיָא: חָבֵר שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ מְגוּרָה מְלֵיאָה פֵּירוֹת, אֲפִילּוּ הֵן בְּנֵי יוֹמָן — הֲרֵי הֵן בְּחֶזְקַת מְתֻוקָּנִים.

N'est-ce pas parce que sa hazaka est d'être vérifiée ? Car il tient : tous sont des haverim (gens fiables) pour la bedika du hamets.

Comme on l'enseigne : un haver qui est mort et à laissé une magoura (grenier) pleine de fruits, même s'ils datent du jour même, les voici dans la hazaka d'être metoukanim (en règle, dîmes prélevées).

📜 Rachi (3)
דְּקָסָבַר הַאי תַּנָּא:
Ce tanna.
הַכֹּל חֲבֵירִין אֵצֶל בְּדִיקָה וַאֲפִילּוּ עַם הָאָרֶץ וּבְדָבָר שֶׁהוּא מֻוחְזָק חָבֵר מַחְזְקִינַן לֵיהּ שֶׁלֹּא עָבַר זְמַנּוֹ עַד שֶׁעֲשָׂאוּהוּ:
Même un am ha-arets (homme non fiable pour les dîmes). La où il est tenu pour haver, nous le tenons pour n'avoir pas laisse passer l'heure avant d'avoir fait la chose.
דְּתַנְיָא חָבֵר הַנֶּאֱמָן עַל הַמַּעַשְׂרוֹת וּמֵת וְהִנִּיחַ מְגוּרָה מְלֵיאָה פֵּירוֹת אֲפִילּוּ הֵן בְּנֵי יוֹמָן שֶׁנִּתְמָרְחוּ הַיּוֹם הֲרֵי הֵן בְּחֶזְקַת מְתֻוקָּנִים דְּוַדַּאי לֹא יָצָא מִתַּחַת יָדוֹ עַד שֶׁגָּמַר כָּל מִצְוָתוֹ וְהָכָא נָמֵי כֵּיוָן דְּאַף עַמֵּי הָאָרֶץ חֲבֵירִין הֵן עַל הַבְּדִיקָה חֶזְקָתָן שֶׁבְּדָקוּהוּ:
Celui qui est fiable pour les dîmes. Il est mort et à laissé un grenier plein de fruits, même s'ils datent du jour, c'est-à-dire qu'ils ont été lisses aujourd'hui : ils sont dans la hazaka d'être en règle. Il ne les a certes pas laissés sortir de sa main avant d'avoir achevé toute sa mitsva. Ici de même : puisque même les amei ha-arets sont des haverim pour la bedika, leur hazaka est qu'ils l'ont vérifiée.
🗂️ Tossefot (1)
לָאו מִשּׁוּם דְּחֶזְקָתוֹ בָּדוּק תֵּימַהּ מַאי ס"ד דְּאִי בְּחֶזְקָתוֹ בָּדוּק אִם כֵּן מַה צָרִיךְ לַאֲמִירָה דְּהָנֵי כְּלָל וְאוֹמֵר רִ"י דְּמַיְירֵי כְּגוֹן שֶׁבַּעַל הַבַּיִת בָּעִיר אע"ג דְּחֶזְקָתוֹ בָּדוּק כֵּיוָן דְּאִיתֵיהּ בָּעִיר צָרִיךְ לִישָּׁאֵל הֵימֶנּוּ וּלְהָכִי מְהַנֵּי אֲמִירָה דְּהָנֵי דְּלָא שָׁאֲלִינַן אע"ג דְּגַבֵּי טֶבֶל סָמְכִינַן אַחֶזְקַת חָבֵר וְאֵין צָרִיךְ אֲפִילּוּ לִישָּׁאֵל הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּכֵיוָן שֶׁשּׁוֹלֵחַ לוֹ לֶאֱכֹול מִסְּתָמָא תִּיקְּנָהּ שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי מִכְשׁוֹל אֲבָל גַּבֵּי בְּדִיקָה אֲפִילּוּ לֹא יִהְיֶה בָּדוּק לֹא יִהְיֶה כָּל כָּךְ מִכְשׁוֹל לְכָךְ צָרִיךְ לִישָּׁאֵל אִם הוּא בָּעִיר וּמַסִּיק אִי חֶזְקָתוֹ בָּדוּק כָּל הַבָּתִּים בְּחֶזְקַת בְּדוּקִין מִיבְּעֵי לֵיהּ וּמִמֵּילָא יָדְעִינַן דַּאֲמִירָה דְּהָנֵי מְהַנֵּי וְאֵין צָרִיךְ לִישָּׁאֵל הֵימֶנּוּ אֲפִילּוּ אִם הוּא בָּעִיר וְעוֹד פֵּירֵשׁ רִ"י דס"ד דְּאַייְרֵי דְּאָמְרִי הָנֵי לֹא הָיָה בָּדוּק וַאֲנַן בָּדַקְנוּ דְּאִי חֶזְקָתוֹ בָּדוּק מְהֵימְנֵי מִגּוֹ דְּאִי בָּעֵי שָׁתְקִי אֲבָל אִי אֵין חֶזְקָתוֹ בָּדוּק אַמַּאי מְהֵימְנֵי וּפָרִיךְ אִי הָכִי כָּל הַבָּתִּים בְּחֶזְקַת בְּדוּקִין מִיבְּעֵי לֵיהּ דְּמִמֵּילָא יָדְעִינַן דִּמְהֵימְנֵי בְּמִגּוֹ:
Cela étonne : qu'aurait-on pense ? Si sa hazaka est d'être vérifiée, quel besoin à-t-on encore de la parole de ceux-ci ? Le Ri dit : le cas vise un propriétaire qui se trouve en ville. Même avec la hazaka qu'elle est vérifiée, puisqu'il est en ville il faut le lui demander. La parole de ceux-ci sert donc à ce que l'on ne demande pas. Pour le tevel, on s'appuie sur la hazaka du haver et l'on n'a même pas à demander : puisqu'il le lui envoie à manger, il l'a sans doute mis en règle, pour qu'il ne vienne pas à trébucher. Pour la bedika, même non faite, le trébucher est moindre : on doit donc demander, s'il est en ville. La guemara conclut : si la hazaka est qu'elle est vérifiée, il fallait enseigner que toutes les maisons sont dans la hazaka d'être vérifiées, et l'on saurait de soi que la parole de ceux-ci sert, et qu'il n'est pas besoin de le lui demander, même s'il est en ville. Le Ri explique encore une lecture : on aurait pensé que ceux-ci disent : elle n'était pas vérifiée, et nous l'avons vérifiée. Si la hazaka est qu'elle est vérifiée, on les croit par un migo (puisqu'ils auraient pu se taire). Si cette hazaka manque, pourquoi les croirait-on ? On objecte : s'il en est ainsi, il fallait enseigner que toutes les maisons sont dans la hazaka d'être vérifiées, et l'on saurait de soi qu'on les croit par un migo.
💡 Explication

Suite de 4à. La baraita déclare croyables des gens que l'on n'admet pas d'ordinaire au témoignage. La raison proposée : une hazaka. Le tanna tient que tout Israël est un haver pour la bedika. Modèle : le haver mort le jour même où ses fruits sont devenus soumis à la dîme. On les tient pour metoukanim, dîmes faites. Ici, on tient la maison pour vérifiée.

Rachi : même un am ha-arets est présumé avoir fait la bedika avant la fin du temps. Le Ri demande pourquoi, des lors, la baraita parle de leur parole. Deux lectures. Le propriétaire est en ville : la hazaka ne dispense pas de lui demander, leur parole en tient lieu. Ou bien ils disent avoir vérifie eux-mêmes une maison que l'on tenait déjà pour vérifiée : on les croit par migo, le silence aurait laissé la hazaka en place.

2
וּמִמַּאי? דִּילְמָא שָׁאנֵי הָכָא, מִשּׁוּם דְּקָאָמְרִי הָנֵי. אַטּוּ אֲמִירָה דְּהָנֵי מִידֵּי מְשָׁשָׁא אִית בֵּיהּ?

Et d'où le tient-on ? Peut-être qu'ici c'est autre chose, parce que ceux-ci l'ont dit.

Est-ce à dire que la parole de ceux-ci à quelque poids ?

📜 Rachi (1)
וּמִמַּאי דְּהָא דְּקָתָנֵי נֶאֱמָנִין טַעְמָא מִשּׁוּם דְּהַכֹּל חֲבֵירִים הֵם אֵצֶל בְּדִיקָה דִּלְמָא אֵין עַמֵּי הָאָרֶץ חֲבֵירִים עַל כָּךְ וְטַעְמָא מִשּׁוּם דְּקָאָמְרִי הָנֵי אָנוּ רָאִינוּ שֶׁבָּדְקוּ:
Que la raison de ce que l'on enseigné « ils sont croyables » soit que tous sont des haverim pour la bedika. Peut-être les amei ha-arets ne sont-ils pas des haverim en cela, et la raison est que ceux-ci ont dit : nous avons vu qu'ils ont vérifie.
💡 Explication

La preuve par le haver et ses fruits ne force pas encore la hazaka de la bedika. Ici, femmes, esclaves et mineurs ont parlé. Leur parole, pourtant, n'est pas un témoignage reçu. La hazaka reste donc la raison pour laquelle on tient la maison pour vérifiée.

3
אֶלָּא מַאי — דְּחֶזְקָתוֹ בָּדוּק? הַאי ״הַכֹּל נֶאֱמָנִים״, ״כָּל הַבָּתִּים בְּחֶזְקַת בְּדוּקִין בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!

Alors, quoi : parce que sa hazaka est d'être vérifiée ? Ce « tous sont croyables », il fallait dire : « toutes les maisons, le quatorze, sont dans la hazaka d'être vérifiées ».

📜 Rachi (1)
כָּל הַבָּתִּים בְּחֶזְקַת בְּדוּקִים מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמִיתְנֵי וְלָא הֲוָה לְמִיתַּלְיָה בַּאֲמִירָה דְּהָנֵי וּמַקְּשִׁינַן אֶלָּא מִדִּתְלָא בַּאֲמִירָה וַדַּאי אִיכָּא לְמֵידַק הָא לָא אָמְרִי לֹא אִם כֵּן מַאי קָא מִיבַּעְיָא לְךָ תִּיפְשׁוֹט מִינֵּהּ דְּאֵין חֶזְקָתוֹ בָּדוּק וּמְשַׁנֵּי מֵהָא לֵיכָּא לְמֵידַק לְמִיפְשַׁט מִידֵּי דְּאִיכָּא לְאוֹקְמָא לְהָא כְּגוֹן דְּמֻוחְזָק לָן בְּהַאי דְּלָא בָּדַק כְּגוֹן שֶׁרְאִינוּהוּ טָרוּד אוֹ יָצָא מִבְּעוֹד יוֹם לַדֶּרֶךְ וְאָמְרִי הָנֵי אֲנַחְנוּ בְּדַקְינוּהוּ:
Il fallait l'enseigner, et il ne fallait pas suspendre la règle à la parole de ceux-ci. On objecte : du fait qu'il la suspend à la parole, on peut certes déduire que, s'ils n'ont pas parle, la réponse est non. Dès lors, que demandes-tu ? Tranché à partir de la que sa hazaka n'est pas d'être vérifiée. On répond : de la, rien ne se tranche. On peut poser le cas la où il est établi pour nous que celui-ci n'a pas vérifié, par exemple nous l'avons vu occupe, où il est parti en route des le jour, et ceux-ci disent : nous l'avons vérifiée.
💡 Explication

Si la raison était la hazaka, la baraita parlerait des maisons, et la parole des femmes, des esclaves et des mineurs serait de trop. Rachi déploie déjà l'échange des deux segments suivants, jusqu'à la réponse : le cas vise est celui où l'on sait que le propriétaire n'a pas vérifié.

4
אֶלָּא מַאי — מִשּׁוּם אֲמִירָה דְּהָנֵי, הָא לָא אָמְרִי הָנֵי — לֹא? תִּפְשׁוֹט מִינֵּיהּ דְּאֵין חֶזְקָתוֹ בָּדוּק.

Alors, quoi : à cause de la parole de ceux-ci ; s'ils ne l'ont pas dit, non ? Tranché à partir de la que sa hazaka n'est pas d'être vérifiée.

💡 Explication

Si la baraita ne parle que de leur parole, le silence laisserait la maison non vérifiée. La question posée à Rav Nahman bar Yitshak en 4a serait alors tranchée : il n'y a pas de hazaka de bedika. Le segment suivant refuse cette lecture.

5
לֹא, לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ חֶזְקָתוֹ בָּדוּק, וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — דְּמֻוחְזָק לַן דְּלָא בְּדַק, וְקָאָמְרִי הָנֵי: בִּדְקִינֵּיהּ. מַהוּ דְתֵימָא: לָא לְהֵימְנִינְהוּ רַבָּנָן, קָא מַשְׁמָע לַן: כֵּיוָן דִּבְדִיקַת חָמֵץ מִדְּרַבָּנַן הוּא, דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא בְּבִיטּוּל בְּעָלְמָא סַגִּי לֵיהּ — הֵימְנוּהוּ רַבָּנָן בִּדְרַבָּנָן.

Non. En vérité, je te dis : sa hazaka est d'être vérifiée.

Et ici, de quel cas s'agit-il ? D'un cas où il est établi pour nous qu'il n'a pas vérifié, et ceux-ci disent : nous l'avons vérifiée.

Tu aurais pu dire : les Sages ne les croient pas. Cela nous apprend : puisque la bedika du hamets est de-rabbanan, car de la Tora un simple bitoul (annulation en parole) lui suffit, les Sages les ont crus dans une matière de-rabbanan.

📜 Rachi (2)
בְּבִיטּוּל בְּעָלְמָא דִּכְתִיב תַּשְׁבִּיתוּ וְלָא כְּתִיב תְּבַעֲרוּ וְהַשְׁבָּתָה דְּלֵב הִיא הַשְׁבָּתָה:
Car il est écrit tashbitu (tu feras cesser), et il n'est pas écrit tivaerou (tu brûleras). Une cessation du cœur est une cessation.
בִּדְרַבָּנָן הֵימְנוּהוּ רַבָּנָן בְּחִיּוּבָא דְּלֵיתָא אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן דְּהֵם הִצְרִיכוּ וְהֵם הִתִּירוּ לִסְמֹוךְ בַּאֲמִירָתָן שֶׁל אֵלּוּ וְכֹחַ בִּידֵיהֶם לְהַאֲמִינָם בְּמִידֵּי דְּלָאו דְּאוֹרָיְיתָא:
Les Sages les ont crus pour une obligation qui n'existe que de-rabbanan. Eux l'ont exigée, eux ont permis de s'appuyer sur la parole de ceux-ci. Ils ont le pouvoir de les croire dans une matière qui n'est pas de la Tora.
🗂️ Tossefot (2)
מִדְּאוֹרַיְיתָּא בְּבִיטּוּל בְּעָלְמָא סַגִּי פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס מִדִּכְתִיב תַּשְׁבִּיתוּ וְלָא כְּתִיב תְּבַעֲרוּ אַלְמָא הַשְׁבָּתָה בַּלֵּב הִיא וְקָשֶׁה לר"י דְּהַאי הַשְׁבָּתָה הַבְעָרָה הִיא וְלֹא בִּיטּוּל דְּתַנְיָא בִּשְׁמַעְתִּין רע"א אֵין צָרִיךְ הֲרֵי הוּא אוֹמֵר תַּשְׁבִּיתוּ וּמָצִינוּ לַהַבְעָרָה שֶׁהִיא אַב מְלָאכָה וְעוֹד דְּתַשְׁבִּיתוּ אָמְרִינַן לְקַמָּן מַאךְ חִלֵּק שֶׁהוּא מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה וְאַחַר אִיסּוּרָא לָא מְהַנֵּי בִּיטּוּל וְאוֹמֵר ר"י דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא בְּבִיטּוּל בְּעָלְמָא סַגִּי מִטַּעַם דְּמֵאַחַר שֶׁבִּיטְּלוֹ הָוֵי הֶפְקֵר וְיָצָא מֵרְשׁוּתוֹ וּמֻותָּר מִדְּקָאָמְרִינַן אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ וְהָא דְּאָמְרִינַן בִּנְדָרִים (דַּף מה.) הֶפְקֵר בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה מִדְּאוֹרַיְיתָּא אֵין צָרִיךְ:
Rachi explique : puisqu'il est écrit tashbitu et qu'il n'est pas écrit tivaerou, la cessation est celle du cœur. Le Ri y voit une difficulté : ce tashbitu désigne la hev'era (combustion), la où Rachi lisait un bitoul. On enseigné dans notre sugya, au renvoi marque dans la glose : on n'en a pas besoin, car voici qu'il dit tashbitu, et nous trouvons que la combustion est un av melakha (travail principal). De plus, tashbitu, on le dit plus loin à partir de akh qui vient partager : cela vise depuis six heures et au-delà, et après l'interdit le bitoul ne sert plus. Le Ri dit : de la Tora, un simple bitoul suffit, parce qu'une fois annule, le hamets est hefker (bien abandonne), il est sorti de sa reshout, et il est permis, de ce que l'on dit : le tien, tu ne le vois pas ; celui des autres et celui du sanctuaire (gavoha), tu le vois. Et ce que l'on dit dans Nedarim (45a), que le hefker se fait devant trois personnes : de la Tora, ces trois ne sont pas requis.
הֵימְנוּהוּ רַבָּנָן בִּדְרַבָּנָן אַף עַל גַּב דְּכָל דָּבָר שֶׁהוּא בְּיָדָם מְהֵימְנִינַן לְהוּ לְנָשִׁים וַעֲבָדִים וַאֲפִילּוּ מִדְּאוֹרַיְיתָּא דְּמַעֲשִׂים בְּכָל יוֹם שֶׁאָנוּ מַאֲמִינִים לְאִשָּׁה וְעֶבֶד עַל הַשְּׁחִיטָה וְעַל הַנִּיקּוּר וּבְפֶ' הַמַּדִּיר (כְּתֻובּוֹת עב. וְשָׁם) גַּבֵּי מֵאֲכִילָתוֹ שֶׁאֵינוֹ מְעֻושָּׂר מַשְׁמַע שֶׁסּוֹמֵךְ עָלֶיהָ לְעִנְיַן חַלָּה וּמַעֲשֵׂר מִכָּל מָקוֹם גַּבֵּי בְּדִיקַת חָמֵץ אע"ג דִּבְיָדָם מ"מ אִי הָוֵי מִדְּאוֹרַייְתָּא לָא מְהֵימְנִינַן לְהוּ מִשּׁוּם דְּאִיכָּא טִירְחָא יַתִּירְתָא וְצָרִיךְ דִּקְדּוּק גָּדוֹל כִּדְמוֹכַח בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁמְּפָרֵשׁ מִפְּנֵי שֶׁנָּשִׁים עַצְלָנִיּוֹת הֵן וּתְחוּמִין דְּרַבָּנָן מְהֵימְנִינַן לְהוּ לְאִשָּׁה וְעֶבֶד וְלֹא קָטָן מִדְּתַנְיָא בְּפֶ' כֵּיצַד מְעַבְּרִין (עֵירוּבִין נח: וְשָׁם) אֲפִילּוּ עֶבֶד וַאֲפִילּוּ שִׁפְחָה נֶאֱמֶנֶת לוֹמַר עַד כָּאן תְּחוּם שַׁבָּת אֲבָל קְטַנִּים לָא דִּגְרִיעִי טְפֵי מִדַּחֲשִׁיב לְהוּ בִּשְׁמַעְתִּין בַּסּוֹף וּבְפֶרֶק שֵׁנִי דִּכְתֻובּוֹת (דַּף כֹּח. וְשָׁם) אֵלּוּ נֶאֱמָנִים לְהָעִיד בְּגָודְלָן מַה שֶּׁרָאוּ בְּקָוטְנָן עַד כָּאן הָיִינוּ מְהַלְּכִין בְּשַׁבָּת מַשְׁמַע אֲבָל בְּקָוטְנָן לֹא הַייְנוּ מִשּׁוּם דִּתְחוּמִין אֵין בְּיָדָם כְּלָל לְכָךְ אֵין נֶאֱמָנִים כְּמוֹ בִּבְדִיקַת חָמֵץ:
Bien que, pour toute chose qui est en leur pouvoir, on croie les femmes et les esclaves, même de la Tora : chaque jour on croit une femme et un esclave pour la chehita (abattage) et pour le nikour (retrait des graisses et nerfs interdits). Au chapitre Ha-madir (Ketoubot 72a, et la-bas), à propos de « il lui donne à manger ce qui n'est pas dîme », on entend qu'il s'appuie sur elle pour la hala et la dîme. Malgré cela, pour la bedika du hamets, bien que la chose soit en leur pouvoir, si elle était de la Tora on ne les croirait pas : il y a une peine en plus, et il faut une grande précision, comme le montre le Yerouchalmi, qui explique que les femmes sont negligeantes. Pour les tehoumin (limites de Chabbat), qui sont de-rabbanan, on croit la femme et l'esclave, et l'on ne croit pas le mineur. On enseigné au chapitre Keitsad meabrin (Erouvin 58b, et la-bas) : même un esclave, même une servante, est croyable pour dire « jusqu'ici est le tehoum de Chabbat » ; les mineurs, non, car ils sont plus faibles. C'est qu'on les compte à la fin de notre sugya. Et au second chapitre de Ketoubot (28a, et la-bas) : ceux-ci sont croyables pour témoigner, une fois grands, de ce qu'ils ont vu mineurs : « jusqu'ici nous marchions le Chabbat ». On entend : mineurs, non. C'est que les tehoumin ne sont pas du tout en leur pouvoir. Ils ne sont donc pas croyables, comme pour la bedika du hamets.
⚖️ Rosh (1)
תַּנְיָא הַכֹּל נֶאֱמָנִים עַל בְּדִיקַת בִּיעוּר חָמֵץ אֲפִילּוּ נָשִׁים אֲפִילּוּ עֲבָדִים וַאֲפִילּוּ קְטַנִּים מִשּׁוּם דִּבְדִיקַת חָמֵץ. דְּרַבָּנָן וְהֵימְנִינְהוּ רַבָּנָן בִּדְרַבָּנָן וּבִירֻושַּׁל' פְּלִיגִי אִיכָּא מ"ד לָא תִּתְּנִי נָשִׁים לְפִי שֶׁהֵן עַצְלָנִיּוֹת וְהֵן בּוֹדְקוֹת כָּל שֶׁהוּא.
On enseigné : tous sont croyables sur la bedika du biour du hamets, même les femmes, même les esclaves, même les mineurs. Parce que la bedika du hamets est de-rabbanan, et les Sages les ont crus dans une matière de-rabbanan. Dans le Yerouchalmi, ils divergent. Il y a un maître qui dit : n'enseigne pas les femmes, parce qu'elles sont negligeantes, et elles ne vérifient qu'un minimum (kol che-hou).
💡 Explication

La hazaka reste debout pour une maison ordinaire. La baraita vise un cas où cette hazaka est déjà tombée : on a vu le propriétaire occupe, où parti en route de jour. Ceux-ci disent alors : nous avons vérifie. On les croit, parce que la bedika est une institution des Sages. De la Tora, le bitoul suffit.

Rachi lit tashbitu comme une cessation du cœur, sans brûlure. Le Ri : dans la sugya, tashbitu désigne la combustion, et après l'heure de l'interdit le bitoul ne sert plus. De la Tora, le bitoul suffit pour une autre raison : le hamets annule est hefker, sorti de sa reshout. Le hefker devant trois personnes est une exigence que la Tora ne pose pas.

Deuxième Tossefot : femme et esclave sont crus, de la Tora, pour ce qui est en leur main, chehita et nikour. La bedika demande une peine et une précision que le Yerouchalmi refuse aux femmes si la chose était de la Tora. Le mineur est encore en dessous : pour les tehoumin, de-rabbanan, on croit la femme et l'esclave, et l'on attend que le mineur soit grand pour recevoir son témoignage.

🖼️ Schéma
Cas où la parole de ceux-ci porte On sait il n'a pas vérifié Ils disent nous l'avons vérifiée On les croit matière de-rabbanan De la Tora, un bitoul en parole suffit. Les Sages ont exige la bedika, ils peuvent s'en remettre à eux.
On sait qu'il n'a pas vérifié. Eux disent l'avoir fait. On les croit, la bedika étant de-rabbanan.
6
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵירוֹ בְּחֶזְקַת בָּדוּק, וּמְצָאוֹ שֶׁאֵינוֹ בָּדוּק, מַהוּ? מִי הָוֵי כְּמִקָּח טָעוּת, אוֹ לָא?

On a posé la question : celui qui loue une maison à son prochain dans la hazaka qu'elle est vérifiée, et il la trouve non vérifiée, qu'en est-il ? Est-ce comme un mekah ta'out (acquisition fondée sur une erreur), où non ?

📜 Rachi (1)
מִי הָוֵי מֶקַח טָעוּת וְאִם בָּא הַשּׂוֹכֵר לַחֲזֹור בּוֹ עַל יְדֵי עֲלִילוֹתָיו וְלוֹמַר לֹא כָּךְ שָׂכַרְתִּי וְאֵין תְּנַאי שֶׁלָּנוּ קַיָּים מַהוּ לַחֲזֹור:
Si le locataire vient se rétracter par ses griefs, et dit : je ne l'ai pas louée ainsi, et notre condition ne tient pas, qu'en est-il de cette rétractation ?
🗂️ Tossefot (1)
הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵירוֹ בְּחֶזְקַת שֶׁהוּא בָּדוּק נִרְאֶה לְרַשְׁבָּ"א דְּבִשְׁלֹשָׁה עָשָׂר אַייְרֵי דִּבְאַרְבָּעָה עָשָׂר עַל הַמַּשְׂכִּיר לִבְדֹּוק:
Il paraît au Rachba que l'on parle du treize. Le quatorze, c'est au bailleur de vérifier.
⚖️ Rosh (1)
אִיבְּעִי' לְהוּ הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵירוֹ בְּחֶזְקַת בָּדוּק וּמְצָאוֹ שֶׁאֵינוֹ בָּדוּק מַהוּ מִי הָוֵי מֶקַח טָעוּת אוֹ לָא וּפְשִׁיט אַבַּיֵּי דְּלָא הָוֵי מֶקַח טָעוּת בֵּין בְּאַתְרָא דְּיָהֲבִי אַגְרָא וּבָדְקִי בֵּין בְּאַתְרָא דְּבָדְקִי אִינְהוּ גּוּפַיְיהוּ. מ"ט נִיחָא לֵיהּ לְאִינִישׁ לְקַיּוֹמֵי מִצְוָה בֵּין בְּגוּפֵיהּ בֵּין בְּמָמוֹנֵיהּ. תְּנַן הָתָם ר"מ אוֹמֵר אוֹכְלִין כָּל חָמֵשׁ וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אוֹכְלִין כָּל ד' וְתוֹלִין כָּל חָמֵשׁ וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ. דְּכֻולֵּי עָלְמָא חָמֵץ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה צָרִיךְ לְבַעֲרוֹ מִן הַבַּיִת מִנָּלַן אָמַר רָבָא לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ דַּם זִבְחִי לֹא תִּשְׁחַט אֶת הַפֶּסַח וַעֲדַיִין חָמֵץ קַייָּם. וּזְמַן שְׁחִיטַת הַפֶּסַח בֵּין הָעַרְבַּיִם מִכִּי יִנָּטוּ צִלְלֵי עֶרֶב וְהַיְינוּ בִּתְחִלַּת שֶׁבַע. וְאֵימָא כָּל חַד וְחַד כִּי שָׁחֵיט זְמַן שְׁחִיטָה קָאָמַר רַחֲמָנָא. תָּנוּ רַבָּנַן שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם מַה תַּלְמוּד לוֹמַר וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ. לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ. שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים תַּלְמוּד לוֹמַר לֹא יִמָּצֵא. אֵין לִי אֶלָּא בְּנָכְרִי שֶׁלֹּא כִּבַּשְׁתּוֹ וְאֵין שָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר. נָכְרִי שֶׁכִּבַּשְׁתּוֹ וְשָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר מִנַּיִן. ת"ל לֹא יִמָּצֵא. אֵין לִי אֶלָּא בְּבָתִּים. בְּבוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת מִנַּיִן ת"ל בְּכָל גְּבוּלְךָ. וַעֲדַיִין אֲנִי אוֹמֵר בַּבָּתִּים עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים וּבַגְּבוּלִים שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. מִנַּיִן לִיתֵּן אֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה וְשֶׁל זֶה בָּזֶה. ת"ל שְׂאוֹר שְׂאוֹר לג"ש. נֶאֱמַר שְׂאוֹר בַּבָּתִּים וְנֶאֱמַר שְׂאוֹר בְּגִבּוּלִין מַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין כֵּן. וּמַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים כֵּן. אָמַר מָר יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים ת"ל לֹא יִמָּצֵא וְהָאָמְרַתְּ שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. לָא קַשְׁיָא הָא דְּקַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת הָא דְּלָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת. אִי קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחֲרָיוּת אָסוּר דַּהֲוָה לֵיהּ כְּדִידֵיהּ. כִּדְאָמַר לְהוּ רָבָא לִבְנֵי מָחוֹזָא בַּעִירוּ חֲמִירָא דִּבְנֵי חֵילָא מִבָּתַּיְיכוּ כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִיתְבַּד אוֹ מִיגְנָב בִּרְשׁוּתַייְכוּ קָאֵי וּבָעִיתוּ לְשַׁלּוֹמֵי כְּדִידְכוּ דָּמֵי. וְאִי לָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת שָׁרִי. יֵשׁ אוֹמְרִים דַּוְקָא ש"ש דְּחַיָּיב בִּגְנֵיבָה וַאֲבֵידָה אֲבָל ש"ח לֹא וְדָיְיקִינַן מִלִּישָּׁנָא דְּאִילּוּ מִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד וְכֵן כָּתַב ר"י. ובה"ג כָּתַב דְּאַפֵּי' ש"ח נָמֵי. וּמִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד בִּפְשִׁיעָה קָאָמַר. וּמִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמֵימַר וּבְעֵיתוּ לְשַׁלּוֹמֵי הֻוצְרַךְ לוֹמַר מִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פ"ד מֹהַל' חָמֵץ וּמַצָּה הֵל' ד' כָּתַב שֶׁאִם הַנָּכְרִי אַלָּם וְכוֹפֵהוּ לְשַׁלֵּם אע"פ שֶׁלֹּא קִבֵּל עָלָיו אַחֲרָיוּת כְּדִידֵיהּ דָּמֵי וְאָסוּר. יֵשׁ מִן הַגְּאוֹנִים שֶׁאָמְרוּ יִשְׂרָאֵל שֶׁהִפְקִיד חֲמֵצוֹ אֵצֶל נָכְרִי אוֹ אֵצֶל יִשְׂרָאֵל חֲבֵירוֹ וְקִבֵּל הַנִּפְקָד עָלָיו אַחֲרָיוּת הַנִּפְקָד חַיָּיב בְּבִיעוּרוֹ וְלֹא הַמַּפְקִיד אע"פ שֶׁהוּא שֶׁלּוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ בִּרְשׁוּתוֹ. וְהֵבִיאוּ רְאָיָה מִמְּכִילְתָּא דְּתָנֵי הָתָם בְּבָתֵּיכֶם לָמָּה נֶאֱמַר. לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר בְּכָל גְּבוּלְךָ שׁוֹמֵעַ אֲנִי כִּפְשׁוּטוֹ. ת"ל בְּבָתֵּיכֶם מַה בֵּיתְךָ בִּרְשׁוּתְךָ אַף גְּבוּלְךָ בִּרְשׁוּתֵךְ. יָצָא חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי בִּרְשׁוּת יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּא בְּבֵיתוֹ וְאֵינוֹ יָכוֹל לְבַעֲרוֹ. יָצָא חֲמֵצוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל בִּרְשׁוּת הַנָּכְרִי שֶׁהוּא שֶׁלּוֹ וְאֵין בִּרְשׁוּתוֹ. וה"ר יוֹנָה זַ"ל הָיָה אוֹמֵר דִּלְעוֹלָם בִּרְשׁוּת הַמַּפְקִיד הוּא וְחַיָּיב לְבַעֲרוֹ מִן הַתּוֹרָה. כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶ' מְרֻובֶּה (בָּבָא קַמָּא דַּף עו.) וְגוֹנֵב מִבֵּית הָאִישׁ. וְלֹא מִבֵּית הֶקְדֵּשׁ. כָּךְ מָצָאתִי בְּשֵׁם ה"ר יוֹנָה זַ"ל וְלֹא הֵבַנְתִּי רְאָייָתוֹ. וְגַם לֹא כָּתַב לְפָרֵשׁ הָא דִּמְכִילְתָּא שֶׁהֵבִיאוּ מִמֶּנָּה רְאָיָה. ונ"ל דְּדָבָר פָּשׁוּט הוּא דאע"פ שֶׁהַנִּפְקָד קִבֵּל עָלָיו אַחְרָיוּת מ"מ עִיקַּר הַמָּמוֹן שֶׁל הַבְּעָלִים הוּא וְכֵיוָן שֶׁהִשְׁאִילוֹ הַנִּפְקָד בֵּיתוֹ לִשְׁמִירַת מָמוֹנוֹ קָרֵינָא בֵיהּ בֵּיתוֹ. וְהַהִיא דִּמְכִילְתָּא מַייְרֵי בְּנָכְרִי שֶׁהִלְוָה לְיִשְׂרָאֵל עַל חֲמֵצוֹ כְּדִתְנַן בְּפֶ' כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים ד' לא.).
On leur a posé la question : celui qui loue une maison à son prochain dans la hazaka qu'elle est vérifiée, et il la trouve non vérifiée, qu'en est-il ? Y a-t-il mekah ta'out, où non ? Abaye tranche qu'il n'y a pas de mekah ta'out, aussi bien dans un endroit où l'on donne un salaire et où l'on fait vérifier, que dans un endroit où ils vérifient eux-mêmes. Pourquoi ? Il plaît à l'homme d'accomplir la mitsva, par son corps comme par son argent. On enseigné la-bas : Rabbi Meir dit : on mange pendant les cinq heures, et on brûle au début de la sixième. Rabbi Yehouda dit : on mange pendant les quatre, on laisse en suspens pendant la cinquième, et on brûle au début de la sixième. De l'avis de tous, le hamets, à partir de six heures et au-delà, doit être élimine de la maison. D'où ? Rava à dit : « Tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de Mon sacrifice » : tu n'égorgeras pas le Pessa'h tant que du hamets subsiste. L'heure de la chehita du Pessa'h est bein ha-arbayim (entre les soirs), des que les ombres du soir s'inclinent, c'est-à-dire au début de la septième heure. Et dis : chacun, au moment où il égorgé, le Miséricordieux appelle cela l'heure de la chehita. Les Sages ont enseigné : « Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons ». Que vient enseigner le verset ? N'est-il pas déjà dit : « on ne verra pas chez toi de seor », et « on ne verra pas chez toi de hamets » ? Parce qu'il est dit « on ne verra pas chez toi de seor » et « on ne verra pas chez toi de hamets » : le tien, tu ne le vois pas ; celui des autres et celui du sanctuaire (gavoha), tu le vois. On pourrait dire : il le cachera, et il recevra des dépôts (pikadonot) des non-Juifs. Le verset enseigné : « il ne se trouvera pas ». Je n'ai cela que pour un non-Juif que tu n'as pas soumis et qui ne réside pas avec toi dans la cour. Un non-Juif que tu as soumis et qui réside avec toi dans la cour, d'où ? Le verset enseigné : « il ne se trouvera pas ». Je n'ai cela que pour les maisons. Les fosses, les rigoles et les cavernes, d'où ? Le verset enseigné : « dans tout ton territoire ». Je dis encore : dans les maisons, on transgresse bal yerae (on ne le verra pas), bal yimatse (on ne le trouvera pas), l'interdiction de le cacher et celle de recevoir des dépôts des non-Juifs ; dans les territoires, le tien tu ne le vois pas, celui des autres et celui du sanctuaire tu le vois. D'où reporter ce qui est dit de l'un sur l'autre, et de l'autre sur l'un ? Le verset dit « seor », « seor », pour une gezera shava. « Seor » est dit pour les maisons, « seor » est dit pour les territoires. De même que le seor dit pour les maisons fait transgresser bal yerae, bal yimatse, l'interdiction de cacher et celle de recevoir des dépôts des non-Juifs, de même le seor dit pour les territoires. Et de même que le seor dit pour les territoires : le tien tu ne le vois pas, celui des autres et celui du sanctuaire tu le vois, de même le seor dit pour les maisons. Le maître à dit : on pourrait dire qu'il cachera et recevra des dépôts des non-Juifs, le verset enseigné « il ne se trouvera pas ». Or tu as dit : le tien tu ne le vois pas, celui des autres et celui du sanctuaire tu le vois. Pas de difficulté. Un cas : il à accepté l'ahariout (responsabilité). L'autre cas : il ne l'a pas acceptée. S'il à accepté l'ahariout, c'est interdit : cela équivaut au sien. Comme Rava l'a dit aux gens de Mahoza : faites sortir de vos maisons le hamira (levain) des soldats. Dès lors que, s'il se perd où s'il est volé, il reste dans votre reshout et vous devez payer, il équivaut au votre. S'il n'a pas accepté l'ahariout, c'est permis. Certains disent : cela ne vise que le chômer sakhar (gardien salarié), qui répond du vol et de la perte. Le chômer hinam (gardien gratuit) reste dehors. On le serre de la formule « s'il est volé où s'il se perd ». Le Ri l'a écrit ainsi. Le Bahag à écrit : même le chômer hinam. « Volé où perdu » parle d'une pechia (négligence). Et parce qu'il voulait dire « et vous devez payer », il à du dire « volé où perdu ». Le Rambam, de mémoire bénie, chapitre 4 des lois du hamets et de la matsa, halakha 4, à écrit : si le non-Juif est un homme de force et le contraint à payer, même sans qu'il ait accepté l'ahariout, cela équivaut au sien, et c'est interdit. Certains Gueonim ont dit : un Juif qui a déposé son hamets chez un non-Juif, où chez un Juif son prochain, et le dépositaire à accepté l'ahariout, c'est le dépositaire qui est tenu du biour, et non le déposant, bien que le hamets soit à lui, puisqu'il n'est pas dans sa reshout. Ils en ont apporté une preuve de la Mekhilta. On enseigné la-bas : « dans vos maisons », pourquoi est-ce dit ? Parce qu'il est dit « dans tout ton territoire », j'entendrais le sens simple. Le verset enseigné : « dans vos maisons ». De même que ta maison est dans ta reshout, de même ton territoire est dans ta reshout. Est exclu le hamets d'un non-Juif qui est dans la reshout d'un Juif : il est dans sa maison, et il ne peut pas l'éliminer. Est exclu le hamets d'un Juif qui est dans la reshout d'un non-Juif : il est à lui, et il n'est pas dans sa reshout. Rabbeinou Yona, de mémoire bénie, disait : dans tous les cas, il reste dans la reshout du déposant, et celui-ci est tenu de l'éliminer de la Tora. Comme on le dit au chapitre Merouba (Bava Kama 76a) : « et il volé de la maison de l'homme », et non de la maison du hekdech (bien consacré). Ainsi ai-je trouve au nom de Rabbeinou Yona, de mémoire bénie, et je n'ai pas compris sa preuve. Il n'a pas non plus écrit pour expliquer le passage de la Mekhilta dont ils tirent une preuve. Il me semble que la chose est simple. Même si le dépositaire à accepté l'ahariout, le fond du bien appartient aux propriétaires. Et puisque le dépositaire lui à prêté sa maison pour la garde de son bien, on y lit « sa maison ». Ce passage de la Mekhilta parle d'un non-Juif qui a prêté à un Juif sur son hamets, comme la michna l'enseigne au chapitre Kol cha'a (Pesahim 31a).
💡 Explication

Nouvelle question, distincte de celle des clés en 4a. La maison à été louée comme déjà vérifiée. Le locataire la trouve non vérifiée. Peut-il revenir sur la location, au titre d'un mekah ta'out ? Rachi : il dit que la condition convenue ne tient pas. Le Rachba situe le cas le 13 : le 14, l'obligation de bedika pèse déjà sur le bailleur, et le litige ne se pose pas de la même façon.

Le Roch enchaîne, dans le même siman, le pesak d'Abaye, puis l'heure de l'interdit selon Rava, puis tout le midrach de bal yerae et bal yimatse : dépôts des non-Juifs, ahariout, chômer sakhar et chômer hinam, Rambam, Gueonim, Mekhilta, et la réponse de l'auteur du Roch à Rabbeinou Yona. C'est le registre de décision, plus large que la seule question de la location.

7
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר אַבַּיֵּי: לָא מִיבַּעְיָא בְּאַתְרָא דְּלָא יָהֲבִי אַגְרָא וּבְדַקוּ — דְּנִיחָא לֵיהּ לְאִינִישׁ לְקַיּוֹמֵי מִצְוָה בְּגוּפֵיהּ. אֶלָּא אֲפִילּוּ בְּאַתְרָא דְּיָהֲבִי אַגְרָא וּבְדַקוּ — דְּנִיחָא לֵיהּ לְאִינִישׁ לְקַיּוֹמֵי מִצְוָה בְּמָמוֹנֵיהּ.

Viens et entends, car Abaye à dit : il n'est pas besoin de le dire dans un endroit où l'on ne donne pas de salaire et où l'on vérifie, car il plaît à l'homme d'accomplir la mitsva par son corps. Même dans un endroit où l'on donne un salaire et où l'on fait vérifier, car il plaît à l'homme d'accomplir la mitsva par son argent.

📜 Rachi (2)
לָא מִבָּעֲיָא הֵיכָא דְּלָא יָהֲבִי אַגְרָא לַאֲחֵרִים וּבָדְקִי אֶלָּא כָּל אִישׁ וָאִישׁ בּוֹדֵק אֶת בֵּיתוֹ דְּלָא מָצֵי לְמֵימַר לֵיהּ מֶקַח טָעוּת דְּאִם הָיִיתִי יוֹדֵעַ שֶׁאֵינוֹ בָּדוּק לֹא הָיִיתִי שׂוֹכְרוֹ דְּוַדַּאי נִיחָא לְאִינִישׁ לְמֶעְבַּד מִצְוָה בְּגוּפֵיהּ וְאִי נָמֵי הֲוָה יָדַע דְּלָא בְּדִיק לֹא הָיָה מַנִּיחוֹ בְּכָךְ:
La où l'on ne donne pas de salaire à d'autres pour qu'ils vérifient, et où chaque homme vérifie sa maison. Il ne peut pas lui dire : mekah ta'out, car si j'avais su qu'elle n'est pas vérifiée je ne l'aurais pas louée. Il plaît certes à l'homme de faire la mitsva par son corps. Même s'il avait su qu'elle n'est pas vérifiée, il ne l'aurait pas laissée ainsi.
אֶלָּא אֲפִילּוּ בְּאַתְרָא דִּנְהִיגִי כָּל בְּנֵי הָעִיר לִשְׂכֹּור בּוֹדְקִין כָּל אִישׁ בְּבֵיתוֹ דְּאִיכָּא הַשְׁתָּא חֶסְרוֹן כִּיס אֲפִילּוּ הָכֵי אִי יָדַע בֵּיהּ אֶתְמוֹל דְּלָא בְּדִיק לָא הָוֵי הָדַר בֵּיהּ דְּנִיחָא לֵיהּ כּוּ' וְהַאי דְּקָא הָדַר בֵּיהּ מִשּׁוּם מִלְּתָא אַחֲרִיתִי הִיא דְּאַשְׁכַּח בֵּיתָא אַחֲרִיתִי דְּשַׁפִּירָא מִינָּהּ:
La où tous les gens de la ville ont coutume de louer des verificateurs, chacun pour sa maison, de sorte qu'il y a maintenant une perte d'argent. Même ainsi, s'il avait su la veille qu'elle n'est pas vérifiée, il ne se serait pas rétracté, car cela lui plaît. Et celui qui se rétracte le fait pour une autre raison : il à trouvé une autre maison, plus belle que celle-ci.
💡 Explication

Abaye ferme la question. La où chacun fait la bedika lui-même, le locataire tient à la mitsva par son corps : savoir que la maison n'était pas vérifiée ne l'aurait pas fait renoncer. La où l'on paie un verificateur, il y a une dépense, et il tient quand même à la mitsva par son argent. Rachi : s'il revient sur la location, c'est qu'il à trouvé une plus belle maison. Le motif avance, le hamets non vérifie, ne porte pas l'annulation.

🖼️ Schéma
Location dite vérifiée, trouvée non vérifiée Le locataire veut-il annuler ? Mekah ta'out, où la location tient ? Sans salaire Chacun vérifie sa maison Mitsva par le corps Avec salaire On paie un verificateur Mitsva par l'argent Abaye : dans les deux lieux, la location tient. Le Rachba place le cas le 13.
Sans salaire : mitsva par le corps. Avec salaire : mitsva par l'argent. Les deux, la location tient.
8
תְּנַן הָתָם, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אוֹכְלִין כָּל חָמֵשׁ, וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אוֹכְלִין כָּל אַרְבַּע, וְתוֹלִין כָּל חָמֵשׁ, וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ. דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִיהָא חָמֵץ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה אָסוּר, מִנָּלַן?

On enseigné la-bas. Rabbi Meir dit : on mange pendant toutes les cinq heures, et on brûle au début de la sixième.

Rabbi Yehouda dit : on mange pendant toutes les quatre, on laisse en suspens pendant toute la cinquième, et on brûle au début de la sixième. De l'avis de tous, en tout cas, le hamets à partir de six heures et au-delà est interdit.

D'où le savons-nous ?

📜 Rachi (5)
תְּנַן הָתָם גָּרְסִינַן וְאַף עַל גַּב דִּבְפִירְקִין הִיא:
C'est ainsi que l'on lit, bien que la michna soit dans notre chapitre.
וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ וְלֹא יַמְתִּין עַד תְּחִלַּת שֶׁבַע שֶׁהוּא אָסוּר מִן הַתּוֹרָה לְפִי שֶׁאָדָם טוֹעֶה בְּשָׁעוֹת:
Et il n'attendra pas le début de la septième, qui est interdit de la Tora, parce qu'un homme se trompe dans les heures.
ר' יְהוּדָה אוֹמֵר טוֹעֶה אָדָם יוֹתֵר מִכָּאן וְצָרִיךְ לְהִתְרַחֵק מִן הָעֲבֵירָה יוֹתֵר וְלֹא יֹאכַל מִסּוֹף אַרְבַּע וּלְמַעְלָה:
Un homme se trompe plus que cela. Il doit s'éloigner davantage de la transgression, et il ne mangera pas depuis la fin de la quatrième et au-delà.
תּוֹלִין לֹא אוֹכְלִין וְלֹא שׂוֹרְפִין כְּלוֹמַר אֵין צָרִיךְ לִשְׂרֹוף וּמַאֲכִיל הוּא לִבְהֶמְתּוֹ כָּל חָמֵשׁ אֲבָל הוּא לֹא יֹאכַל:
On ne mange pas et on ne brûle pas. C'est-à-dire : on n'a pas à brûler, et il le donne à manger à sa bête pendant toute la cinquième ; lui, il ne mangera pas.
דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִיהָא חָמֵץ מִשֵּׁשֶׁת שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה אָסוּר מִן הַתּוֹרָה דְּאִי לָא מִיתְּסַר עַד אֻורְתָּא לָא הָווּ גָּזְרִי בֵּיהּ דְּבֵין יְמָמָא לְלֵילְיָא לָא טָעוּ אִינָשֵׁי:
De la Tora. Car si l'interdit n'arrivait qu'à la nuit, ils n'auraient pas décrété à son sujet : entre le jour et la nuit, les gens ne se trompent pas.
💡 Explication

La michna est dans ce chapitre ; la guemara dit « la-bas » selon sa formule. Rabbi Meir : manger les cinq premières heures, brûler au début de la sixième. Rabbi Yehouda : manger quatre heures seulement. La cinquième est en toulin : ni repas pour lui, ni obligation de brûler ; la bête peut encore en manger.

Les deux s'accordent : à partir de six heures et au-delà, le hamets est interdit de la Tora. Rachi fixe l'heure : le début de la septième. On brûle des le début de la sixième, parce que l'on se trompe dans le compte des heures. Si l'interdit de la Tora n'était qu'à la nuit, les Sages n'auraient pas avance la clôture : personne ne confond le jour et la nuit. La question « d'où ? » reçoit sa réponse au segment suivant.

🖼️ Schéma
Le 14 nissan, du lever du soleil Heures 1 à 4 Heure 5 Début de la 6e Début de la 7e Rabbi Meir mange mange brûle interdit R. Yehouda mange toulin bête oui, lui non brûle interdit Les deux : à partir de six heures et au-delà, interdit de la Tora. Rachi : des le début de la 7e. On brûle plus tôt, l'homme se trompe d'heure.
Meir mange la 5e heure. Yehouda la suspend et peut nourrir la bête. Brûlure au début de la 6e. Interdit de la Tora au début de la 7e.
9
אָמַר אַבַּיֵּי: תְּרֵי קְרָאֵי כְּתִיבִי, כְּתִיב: ״שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם״, וּכְתִיב: ״אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שְּׂאֹור מִבָּתֵּיכֶם״. הָא כֵיצַד? לְרַבּוֹת אַרְבָּעָה עָשָׂר לְבִיעוּר.

Abaye à dit : deux versets sont écrits. Il est écrit : « Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons ».

Et il est écrit : « Mais le premier jour, tu feras cesser le seor de vos maisons ». Comment cela ?

Pour inclure le quatorze dans le biour.

📜 Rachi (2)
שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם אֲפִילּוּ שָׁעָה אַחַת בְּתוֹךְ הַשְׁבָּעַת יָמִים וּכְתִיב אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ הֲרֵי שָׁהָה בּוֹ שָׁעָה אַחַת:
Même une heure à l'intérieur des sept jours. Et il est écrit : « Mais le premier jour, tu feras cesser ». Voici qu'il l'y aurait laissé une heure.
הָא כֵיצַד לְרַבּוֹת כּוּ' דְּעַל כְּרִחְיָךְ הַאי הָרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן קֹודֶם לְכָל שִׁבְעָה קָאָמַר דְּהַיְינוּ אַרְבָּעָה עָשָׂר:
Car, de force, ce « premier » désigne le premier qui précède tous les sept, c'est-à-dire le quatorze.
🗂️ Tossefot (1)
וּכְתִיב אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ פֵּי' הַקּוּנְטְרֵס מִדִּמְחֻייָּב בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן לְהַשְׁבִּית מִכְּלָל דְּמִקְצָתוֹ מֻותָּר וְאֵין נִרְאֶה לְרִ"י דְּהָא תַּשְׁבִּיתוּ הַבְעָרָה הִיא וְלֹא צִוָּה הַכָּתוּב לְשָׂורְפוֹ אֶלָּא לְאַחַר אִיסּוּרוֹ וְעוֹד אִי מִמַּשְׁמָעוּת דְּיוֹם רִאשׁוֹן מַשְׁמַע מִקְצָת מֻותָּר מַה צָרִיךְ לָאךְ חִלֵּק מִיהוּ לְלִישָּׁנָא שֵׁנִי שֶׁפֵּירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס דא"ך ח"ץ באח"ס בט"ע אָתֵי שַׁפִּיר וְנִרְאֶה לר"י דְּמִיִּיתּוּרָא דִּקְרָא קָדָרֵישׁ וְעוֹד מִדִּכְתִיב אַךְ וְדָרְשִׁינַן לְקַמָּן אַךְ חִלֵּק פָּרִיךְ:
Rachi explique : du fait qu'il oblige, le premier jour, à faire cesser, il suit qu'une partie du jour est permise. Cela ne paraît pas au Ri. Ce tashbitu est une combustion, et le verset n'a commandé de le brûler qu'après son interdit. De plus, si le sens de « premier jour » implique déjà qu'une partie est permise, quel besoin d'un akh qui vient partager ? Toutefois, selon la seconde version que Rachi à expliquée, le siman akh-hets ba-ahas ba-ta, cela s'arrange. Il paraît au Ri qu'il dérive de la lettre en trop dans le verset. Et encore : puisque akh est écrit, et que plus loin on dérive « akh vient partager », il objecte.
💡 Explication

Abaye répond au « d'où ? ». « Sept jours, du seor ne se trouvera pas » ne laisse pas une heure de hamets dans les sept jours de la fête. « Le premier jour, tu feras cesser » semblerait permettre d'attendre ce premier jour, donc de garder le hamets une heure. Le « premier » est alors le jour qui précède les sept : le 14, jour du biour.

Rachi : laisser le hamets jusqu'au 15, ce serait le garder une heure dans les sept jours, ce que le premier verset refuse. Le Ri discute la lecture de Rachi. Si « premier jour » voulait déjà dire qu'une partie du jour reste permise, le mot akh, dérive plus loin comme mot qui partage, serait de trop. Le Ri rattache la dérivation à une lettre disponible dans le verset. La suite, la nuit du 15, est au segment suivant.

🖼️ Schéma
Deux versets, un biour des le 14 Sept jours aucun seor dans les maisons Le premier jour tu feras cesser le seor Abaye : inclure le 14 dans le biour Le premier jour est le jour d'avant les sept
Sept jours sans seor, et un premier jour où l'on fait cesser : ce premier jour est le 14.
10
וְאֵימָא לְרַבּוֹת לֵילֵי חֲמִשָּׁה עָשָׂר לְבִיעוּר, דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״יָמִים״ כְּתִיב, יָמִים — אִין, לֵילוֹת — לֹא, קָא מַשְׁמַע לַן אֲפִילּוּ לֵילוֹת! הָהוּא לָא אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ,

Et dis : pour inclure la nuit du quinze dans le biour. Car il te serait venu à l'esprit de dire : « jours » est écrit, les jours, oui, les nuits, non.

Cela nous apprend : même les nuits. Celui-là, il n'en avait pas besoin,

📜 Rachi (1)
וְאֵימָא לְרַבּוֹת לֵיל חֲמִשָּׁה עָשָׂר שֶׁלֹּא יַמְתִּין עַד הַבֹּוקֶר וְהָכִי קָאָמַר אַךְ בִּכְנִיסַת יוֹם הָרִאשׁוֹן מִיָּד תַּשְׁבִּיתוּ דְּאִי מִשִּׁבְעַת יָמִים הֲוָה אֲמִינָא יָמִים אִין לֵילוֹת לָא:
Qu'il n'attende pas le matin. Et voici ce que dit le verset : mais à l'entrée du premier jour, tout de suite, tu feras cesser. Car, de « sept jours », j'aurais dit : les jours, oui, les nuits, non.
🗂️ Tossefot (1)
וְאֵימָא לְרַבּוֹת לֵיל חֲמִשָּׁה עָשָׂר לְבִיעוּר הָוֵי מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי בַּיּוֹם כְּתִיב כְּדִמְשַׁנֵּי בְּסָמוּךְ וְכִי נָמֵי מְשַׁנֵּי דְּאִיתַּקַּשׁ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ לֹא צָרִיךְ לִקְרָא דְּמַיְיתִי שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא דְּמִדְּאִיתַּקַּשׁ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ יָכוֹל לִדְרֹושׁ הַכֹּל כְּמוֹ שֶׁדּוֹרֵשׁ רַבִּי יוֹסֵי (הַגְּלִילִי) לְקַמָּן:
Il aurait pu répondre : « de jour » est écrit, comme il répond tout à côté. Et même quand il répond que la cessation du seor est mise en regard de la consommation du hamets, il n'a pas besoin du verset qu'il apporte, « sept jours, du seor ne se trouvera pas ». Du rapprochement entre la cessation du seor et la consommation du hamets, il peut tout dériver, comme le dérive Rabbi Yossi le Galiléen plus loin.
💡 Explication

Autre lecture écartée : le verset viendrait inclure la nuit du 15, pour qu'on n'attende pas le matin. Sans lui, « jours » aurait pu laisser les nuits dehors. La guemara répond que cette halakha n'avait pas besoin de ce verset. La phrase s'arrête ici ; la source de cette autre dérivation est au daf suivant.

Rachi : « à l'entrée du premier jour, aussitôt, tu feras cesser ». Tossefot : on pouvait répondre plus court, « de jour » est écrit, comme la guemara le fait juste après. Une fois la cessation du seor rapprochée de l'interdiction de manger le hamets, le verset « sept jours, du seor ne se trouvera pas » n'est plus nécessaire pour ce point : Rabbi Yossi le Galiléen, plus loin, tire déjà l'ensemble de ce rapprochement.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).