Pesachim 5à — L'heure où le seor doit cesser

Pesachim 5a

Sougya : Le daf fixe l'heure de la hashbata du seor. Un hekesh aligne cette cessation sur l'interdit de manger du hamets, et cet interdit sur la matsa, que l'on mange le soir.

Le mot akh partage le jour : une moitié permise, une moitié interdite. Le rishon de « tu feras cesser » vise le 14, veille de la fête.

Trois autres rishon, ceux des convocations saintes et du loulav, servent à l'enseignement de l'école de Rabbi Yishmael : la descendance d'Essav, le Beth ha-Mikdach, le nom du Machiah. Rava lit la même heure dans « tu n'égorgeras pas le Pessa'h sur le hamets » : le temps de la chehita, au début de la septième heure.

Une baraita rapproche Rabbi Yishmael, Rabbi Akiva et Rabbi Yossi.

Hekesh, puis horaire du 14 nissan Hashbata du seor faire cesser le levain houkash Manger le hamets interdit, karet houkash Manger la matsa le soir : be-erev tokhelu matsot Les trois temps partent de la nuit où la matsa commence. Nuit du 14 ba-yom est écrit la nuit reste hors du biour Matin akh partage moitié du jour permise Fin de la 6e midi hamets à faire cesser Début de la 7e chehitat ha-Pessa'h lo tishhat al hametz Nuit du 15 matsa interdit plein par le hekesh Rava : le hamets à cessé avant le temps fixe de la chehita, le même pour tout Israël.
Le hekesh cale hashbata, interdit du hamets et matsa sur la nuit. Akh coupe le 14 : permis le matin, cesse à la fin de la sixième, avant la chehita.
Baraita : le yom rishon de tashbitu Rabbi Yishmael lo tishhat al hametz On n'égorgé pas le Pessa'h tant que le hamets est la Le biour précède bein ha-arbayim Donc : erev yom tov Rabbi Akiva hav'ara = av melakha Brûler le hamets à yom tov est un travail she-lo le-tsorekh kol melakha lo ta'asu ferme yom tov Donc : le 14 Rabbi Yossi akh holek Une part du jour reste permise À yom tov le hekesh ferme tout le jour Donc : la veille Les trois lisent yom rishon comme la veille. Rabbi Yossi ajoute : akh ne se lit que si une moitié de ce jour-la reste permise.
Rabbi Yishmael, Rabbi Akiva et Rabbi Yossi lisent le jour rishon comme la veille. Leurs versets différent.
Le mot rishon : veille, où nom de récompense akh ba-yom ha-rishon tashbitu École de Rabbi Yishmael le 14 est appelé rishon Rav Nahman bar Yitshak rishon = antérieur au reste Le hé de ha-rishon enseigné la veille Conclusion : le 14 Trois rishon des fêtes mikra kodech de Pessa'h mikra kodech de Souccot prise du loulav en récompense, trois rishon Essav, le Mikdach, le Machiah ils portent le nom rishon sans fixer l'heure du biour Le hé du loulav et du jour de repos exclut le hol ha-moed.
Ha-rishon de tashbitu vise le 14. Les trois rishon des fêtes portent la récompense dite par l'école de Rabbi Yishmael.
1
דְּהָא אִיתַּקַּשׁ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ, וַאֲכִילַת חָמֵץ לַאֲכִילַת מַצָּה.

Puisque la hashbata du seor est mise en regard de la consommation du hamets, et la consommation du hamets de la consommation de la matsa.

📜 Rachi (1)
הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ מִשָּׁעָה שֶׁהִזְהִיר שֶׁלֹּא לֶאֱכֹול חָמֵץ צִוָּה לְהַשְׁבִּית הַשְּׂאוֹר דִּכְתִיב שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם כִּי כָּל אֹוכֵל (חָמֵץ):
Dès l'heure où il à été défendu de manger du hamets, il à été ordonné de faire cesser le seor, ainsi qu'il est écrit : « du seor ne se trouvera pas dans vos maisons, car quiconque mange (du hamets) ».
🗂️ Tossefot (1)
דְּהָא אִיתַּקַּשׁ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ וְכוּ' בְּפֶרֶק כָּל שָׁעָה (לְקַמָּן פְּסָחִים כח:) יָלֵיף ר' יְהוּדָה לְאוֹכֵל חָמֵץ מו' שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה שֶׁהוּא בְּלֹא תַּעֲשֶׂה וְר' שִׁמְעוֹן פְּלִיג עָלֶיהָ וּמֵהָכָא לָא מָצֵי לְמֵילַף מִידִי דְּלָא הֻוקְשָׁה אֲכִילַת חָמֵץ לְהַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר שֶׁמִּשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה אֶלָּא לְהַשְׁבָּחַת שְׂאוֹר שֶׁל שְׂבֵעַת יָמִים וְקָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א אַמַּאי לָא יָלֵיף כָּרֵת לְהַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר מִדְּאִיתַּקַּשׁ לַאֲכִילַת חָמֵץ:
Au chapitre Kol sha'à (plus loin, Pesachim 28b), Rabbi Yehouda apprend que celui qui mange du hamets à partir de six heures et au-delà tombe sous un lo ta'ase. Rabbi Chimon diverge. D'ici on ne peut rien tirer pour l'heure des six : ce hekesh cale la consommation du hamets sur la hashbata du seor des sept jours. La hashbata à partir de six heures reste hors de ce verset. Le Rachba trouve cela difficile : pourquoi n'apprend-on pas le karet pour la hashbata du seor, de ce qu'elle est mise en regard de la consommation du hamets ?
💡 Explication

Le daf s'ouvre au milieu du raisonnement. Trois lois sont calees l'une sur l'autre par hekesh : faire cesser le seor, s'abstenir de manger le hamets, manger la matsa. L'heure de l'une donne l'heure des autres.

Les Tossefot bloquent un transfert trop large. Au chapitre Kol sha'à, Rabbi Yehouda tire de la Tora un lav des six heures. Ce hekesh-ci vise les sept jours, non cette heure-la. Le Rachba laisse ouverte la question du karet sur la hashbata elle-même.

2
הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ, דִּכְתִיב: ״שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹר לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם כִּי כָּל אֹכֵל מַחְמֶצֶת וְנִכְרְתָה״.

La hashbata du seor est mise en regard de la consommation du hamets, ainsi qu'il est écrit : « Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons, car quiconque mange de ce qui est fermenté, et il sera retranche ».

💡 Explication

Le verset (Chemoth 12, 19) pose les deux dans la même phrase : lo yimatze pour le seor, et le karet pour celui qui mange le hamets. Le voisinage des mots fait le hekesh.

3
וַאֲכִילַת חָמֵץ לַאֲכִילַת מַצָּה, דִּכְתִיב: ״כָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכֵלוּ בְּכֹל מוֹשְׁבֹתֵיכֶם תֹּאכְלוּ מַצּוֹת (וְגוֹ׳)״, וּכְתִיב בֵּיהּ בְּמַצָּה: ״בָּעֶרֶב תֹּאכְלוּ מַצּוֹת״.

Et la consommation du hamets est mise en regard de la consommation de la matsa, ainsi qu'il est écrit : « Tout ce qui est fermenté, vous n'en mangerez pas ; dans toutes vos demeures vous mangerez des matsot (etc.) ». Et il est écrit au sujet de la matsa : « Le soir vous mangerez des matsot ».

📜 Rachi (1)
וַאֲכִילַת חָמֵץ לַאֲכִילַת מַצָּה מִשָּׁעָה שֶׁחַיָּיב לֶאֱכֹול מַצָּה הִזְהִיר שֶׁלֹּא לֶאֱכֹול חָמֵץ דִּכְתִיב כָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכֵלוּ בְּכֹל מוֹשְׁבֹותֵיכֶם תֹּאכְלוּ מַצּוֹת וּכְתִיב בְּעֶרֶב תֹּאכְלוּ מַצּוֹת אַלְמָא זְמַן אֲכִילַת מַצָּה וְאִיסּוּר חָמֵץ וְהַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה:
Dès l'heure où l'on est tenu de manger de la matsa, il à été défendu de manger du hamets. Ainsi qu'il est écrit : « Tout ce qui est fermenté, vous n'en mangerez pas ; dans toutes vos demeures vous mangerez des matsot », et il est écrit : « Le soir vous mangerez des matsot ». Il en ressort que le temps de manger la matsa, l'interdit du hamets et la hashbata du seor commencent des la tombée de la nuit.
💡 Explication

Deuxième maille (Chemoth 12, 20 et 12, 18). Be-erev fixe la matsa à la nuit. Rachi en tire trois débuts ensembles : matsa, interdit du hamets, hashbata du seor, mi-she-tehshakh.

4
וְאֵימָא לְרַבּוֹת לֵיל אַרְבָּעָה עָשָׂר לְבִיעוּר? ״בַּיּוֹם״ כְּתִיב.

Et si l'on dit : pour inclure la nuit du quatorze dans le biour ? Il est écrit « le jour ».

💡 Explication

Tentative : le verset « le jour rishon vous ferez cesser » ajouterait la nuit du 14 à l'obligation d'éliminer. Ba-yom parle du jour. La nuit du 14 sort de ce verset.

5
וְאֵימָא מִצַּפְרָא! ״אַךְ״ חִלֵּק.

Et si l'on dit : des le matin ? « Akh » partage.

📜 Rachi (1)
אַךְ חָלַק אָכֵין וְרַקִּין מִיעוּטִין אַלְמָא מִקְצָת הַיּוֹם מֻותָּר וּמִקְצָתוֹ אָסוּר וּמֵעַתָּה יֵשׁ לָנוּ לְחַלֵּק חֶצְיוֹ לְאִיסּוּר וְחֶצְיוֹ לְהֶיתֵּר וְאִיכָּא דְּאָמַר אַךְ הוּא חֵץ בְּגֵימַטְרְיָא דאח"ס בט"ע גי"ף דְּכַ"ץ וְתוֹפֵס ח' תַּחַת אָלֶ"ף וְצָדִ"י בְּמָקוֹם כ':
Les akhin et les rakin sont des mioutim. Il en ressort qu'une partie du jour est permise et une partie interdite. Dès lors, nous partageons : une moitié pour l'interdit, une moitié pour la permission. Et il y en a qui dit : akh vaut hets en guematria, selon le chiffre alef-het-samekh, bet-têt-ayin, guimel-yod-peh, dalet-kaf-tsadi. On prend het à la place de alef, et tsadi à la place de kaf.
💡 Explication

Akh et rak restreignent. Le jour du biour n'est donc pas interdit d'un bout à l'autre. On le coupe en deux : permission, puis interdit. La seconde lecture de Rachi fait d'akh le mot hets, la coupure, par le chiffre où alef devient het et kaf devient tsadi.

🖼️ Schéma
akh partage le jour du biour Moitié permise du matin jusqu'à midi akh, rak : des mioutim Moitié interdite de midi jusqu'à la nuit akh vaut hets, la coupure Le matin entier est écarte : ba-yom et akh tiennent ensemble.
Akh coupe le jour du biour : une moitié permise, une moitié interdite.
6
דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תַּנָּא: מָצִינוּ אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁנִּקְרָא רִאשׁוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרִאשׁוֹן בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: רִאשׁוֹן — דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע, דְּאָמַר קְרָא: ״הָרִאשׁוֹן אָדָם תִּוָּלֵד״.

L'école de Rabbi Yishmael à enseigné : nous trouvons que le quatorze est appelé rishon, ainsi qu'il est dit : « Au rishon, le quatorzième jour du mois ». Rav Nahman bar Yitshak à dit : rishon signifie ce qui est antérieur, car le verset dit : « Le rishon, es-tu ne, toi, un homme ? ».

📜 Rachi (2)
רִאשׁוֹן דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע בְּלָאו רוּמְיָא דִּקְרָא אַהֲדָדֵי מַשְׁמַע רִאשׁוֹן בְּמַשְׁמָעוּת דִּקְרָא שֶׁהוּא יוֹם קֹודֶם לְכָל שִׁבְעָה דִּקְרָא כֵּיוָן דִּכְתִיב שִׁבְעַת יָמִים מַצּוֹת תֹּאכֵלוּ אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן קֹודֶם לְמַעֲשֶׂה קָאָמַר:
Même sans opposer les versets l'un à l'autre, rishon se lit dans le sens du verset : le jour antérieur à tous les sept. Puisqu'il est écrit « sept jours vous mangerez des matsot, mais le jour rishon », rishon dit : antérieur à l'acte.
הָרִאשׁוֹן אָדָם תִּוָּלֵד הַקּוֹדֵם לָאָדָם הָרִאשׁוֹן נוֹלַדְתָּ:
Es-tu ne comme celui qui précède Adam ha-Rishon ?
💡 Explication

Deux appuis pour lire yom ha-rishon comme le 14, veille des sept jours. L'école de Rabbi Yishmael cité Chemoth 12, 18, où rishon est glose par « le quatorzième jour ». Rav Nahman lit le mot lui-même : rishon veut dire antérieur, comme dans Iyov 15, 7, où Rachi comprend « ne avant Adam ».

7
אֶלָּא מֵעַתָּה, ״וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן״, הָכִי נָמֵי רִאשׁוֹן דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע?

Dès lors, « vous prendrez pour vous le jour rishon », la aussi rishon signifierait-il ce qui est antérieur ?

💡 Explication

Objection depuis Souccot (Vayikra 23, 40). Si rishon veut dire « la veille », le loulav se prendrait le 14 tichri. La suite va distinguer les versets.

8
שָׁאנֵי הָתָם, דִּכְתִיב: ״וּשְׂמַחְתֶּם לִפְנֵי ה׳ אֱ-לֹהֵיכֶם שִׁבְעַת יָמִים״, מַה ״שְׁבִיעִי״ — שְׁבִיעִי לֶחָג, אַף ״רִאשׁוֹן״ — רִאשׁוֹן לֶחָג.

La-bas, le cas se distingue, car il est écrit : « vous vous réjouirez devant Hachem, votre D.ieu, sept jours ». De même que « septième » est le septième de la fête, de même « rishon » est le rishon de la fête.

💡 Explication

Le verset du loulav enchaîne sur sept jours de joie devant Hachem. Le septième de ces jours est le septième de Souccot. Le rishon du même compte est donc le premier jour de la fête, le 15 tichri.

9
הָכָא נָמֵי כְּתִיב: ״אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שִׁבְעַת יָמִים מַצּוֹת תֹּאכֵלוּ״! אִם כֵּן, נִכְתּוֹב קְרָא ״רִאשׁוֹן״, ״הָרִאשׁוֹן״ לָמָּה לִי? שְׁמַע מִינָּה לִכְדַאֲמָרָן.

Ici aussi il est écrit : « Mais le jour rishon vous ferez cesser ; sept jours vous mangerez des matsot ». S'il en est ainsi, que le verset écrive « rishon ».

Pourquoi ai-je besoin de « ha-rishon » ? Apprends-en ce que nous avons dit.

📜 Rachi (1)
הָכָא נָמֵי הָא כְתִיב בְּהַאי קְרָא גּוּפֵיהּ שְׂבֵעַת יָמִים וּדְרוּשׁ נָמֵי רִאשׁוֹן דֻּומְיָא דִּשְׁבִיעִי:
Dans ce verset même il y a « sept jours ». Derache aussi rishon sur le modèle du septième.
💡 Explication

La même figure existe à Pessa'h : tashbitu est écrit à côté de « sept jours vous mangerez des matsot » (Chemoth 12, 15). On voudrait donc un rishon interne à la fête. Réponse : le hé de ha-rishon est de trop si le mot ne fait que compter le premier des sept. Ce hé enseigné la lecture de Rav Nahman : le jour antérieur.

10
אִי הָכִי הָתָם נָמֵי, ״הָרִאשׁוֹן״ לָמָּה לִי? וְתוּ, הָתָם דִּכְתִיב: ״בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן שַׁבָּתוֹן וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי שַׁבָּתוֹן״, אֵימַר ״רִאשׁוֹן״ דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע? שָׁאנֵי הָתָם דְּאָמַר קְרָא: ״וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי שַׁבָּתוֹן״, מַה ״שְׁמִינִי״ — שְׁמִינִי דְּחַג, אַף ״רִאשׁוֹן״ — רִאשׁוֹן דְּחַג.

S'il en est ainsi, la-bas aussi, pourquoi ai-je besoin de « ha-rishon » ? Et encore, la-bas où il est écrit : « Le jour rishon, repos, et le jour huitième, repos », dirait-on que rishon signifie ce qui est antérieur ?

La-bas, le cas se distingue, car le verset dit : « et le jour huitième, repos ». De même que « huitième » est le huitième de la fête, de même « rishon » est le rishon de la fête.

📜 Rachi (1)
הָתָם נָמֵי גַּבֵּי לוּלָב ה' דְּהָרִאשׁוֹן לָמָּה לִי:
Au sujet du loulav : le hé de ha-rishon, pourquoi en ai-je besoin ?
💡 Explication

Deux relances. Le loulav à lui aussi un ha-rishon : à quoi sert son hé, si le mot veut déjà dire le premier jour de la fête ? Et Vayikra 23, 39, « jour rishon, repos, et jour huitième, repos », pourrait se lire comme une veille. Réponse locale : shemini est le huitième de la fête, donc rishon est le premier de la fête.

11
״הָרִאשׁוֹן״ לָמָּה לִי? לְמַעוֹטֵי חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד. חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד מִ״רִאשׁוֹן״ וְ״שְׁמִינִי״ נָפְקָא!

Pourquoi ai-je besoin de « ha-rishon » ? Pour exclure le hol ha-moed.

Le hol ha-moed s'apprend déjà de « rishon » et de « huitième » !

📜 Rachi (1)
מֵרִאשׁוֹן וּשְׁמִינִי נָפְקָא מִדִּכְתִיב בְּהָנְהוּ שַׁבָּתוֹן מִכְּלָל דְּאִינָךְ לָאו שַׁבָּתוֹן נִינְהוּ:
Puisqu'il est écrit « repos » à leur sujet, on en tire que les autres jours ne sont pas un repos.
🗂️ Tossefot (1)
לְמַעוֹטֵי חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד אַתַּרְוַוייְהוּ קָאֵי דְּלוּלָב אֵינוֹ נִיטָּל בַּמְּדִינָה אֶלָּא יוֹם אֶחָד:
Cela vise les deux. Le loulav ne se prend, en province, qu'un seul jour.
💡 Explication

Le hé servirait à sortir le hol ha-moed du repos et, pour le loulav, des jours où on le prend. La Guemara répond que « rishon » et « huitième » suffisent déjà : le repos n'est écrit qu'à ces deux jours. Rachi : les jours du milieu ne sont pas chabbaton. Les Tossefot : l'exclusion porte sur les deux sujets, et le loulav en médina ne dure qu'un jour.

12
אִיצְטְרִיךְ: סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא, הוֹאִיל דְּכָתַב רַחֲמָנָא: ״וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי״, וָיו מוֹסִיף עַל עִנְיָן רִאשׁוֹן, דַּאֲפִילּוּ בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד, קָא מַשְׁמָע לַן.

C'était nécessaire. On aurait pu se dire : puisque le Miséricordieux a écrit « et le jour huitième », le vav ajoute au sujet précédent, et cela vaudrait même le hol ha-moed.

Cela vient nous l'apprendre.

📜 Rachi (1)
עַל עִנְיָן רִאשׁוֹן עַל יָמִים הַקְּדוּמִים לוֹ דְּהַיְינוּ חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד:
Sur les jours qui le précédent, c'est-à-dire le hol ha-moed.
💡 Explication

Le vav de « et le huitième jour » pourrait tirer les jours d'avant dans le même repos. Rachi : ces jours précédents sont le hol ha-moed. Le hé de ha-rishon vient couper cette lecture.

🖼️ Schéma
Vav et hé sur le jour de repos Vav de u-vayom ha-shemini le vav ajoute au sujet précédent hava amina : hol ha-moed inclus Hé de ha-rishon le hé restreint hol ha-moed exclu Même exclusion pour le loulav : en province, un seul jour.
Le vav étendrait le repos au hol ha-moed. Le hé de ha-rishon l'en retire.
13
וְלָא לִכְתֹּוב רַחֲמָנָא לָא וָיו וְלָא הֵא?! וְתוּ, הָתָם דִּכְתִיב: ״בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן מִקְרָא קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם״ — רִאשׁוֹן דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע?!

Et que le Miséricordieux n'écrive ni le vav ni le hé ? Et encore, la-bas où il est écrit : « Le jour rishon, il y aura pour vous une convocation sainte », rishon signifierait-il ce qui est antérieur ?

📜 Rachi (1)
לֹא לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא לֹא וָי"ו דְּמַשְׁמַע רִיבּוּיָא דְּתוּ אִיצְטְרִיךְ הֵ"א לְמִיעוּט:
Le vav signifie un ribouy. Ensuite le hé à été nécessaire pour un miout.
💡 Explication

Si le vav inclut et le hé exclut, les deux lettres s'annulent. Rachi : on écrit le vav, qui élargit, et le hé devient nécessaire pour restreindre. Deuxième objection : à Pessa'h aussi, « le jour rishon, convocation sainte » (Vayikra 23, 7). Ce rishon viserait-il la veille, où le travail est permis ?

14
אֶלָּא, הָנֵי שְׁלֹשָׁה ״רִאשׁוֹן״ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתָנֵי דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. דִּתְנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: בִּשְׂכַר שְׁלֹשָׁה ״רִאשׁוֹן״, זָכוּ לִשְׁלֹשָׁה ״רִאשׁוֹן״: לְהַכְרִית זַרְעוֹ שֶׁל עֵשָׂו, לְבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, וְלִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ.

Plutôt, ces trois « rishon » sont nécessaires pour ce qu'enseigné l'école de Rabbi Yishmael. Car l'école de Rabbi Yishmael à enseigné : en récompense de trois « rishon », ils ont mérité trois « rishon » : retrancher la descendance d'Essav, la construction du Beth ha-Mikdach, et le nom du Machiah.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא מְהַנֵּי שְׁלֹשָׁה רִאשׁוֹן דִּכְתִיב בְּמִקְרָא קֹודֶשׁ דְּפֶסַח וּמִקְרָא קֹודֶשׁ דְּסֻוכּוֹת וּמִצְוַת לוּלָב לָא תּוֹתָב לְרַב נַחְמָן דְּהָנֵי רִאשׁוֹן דִּכְתִיב בְּהוּ לָאו לְמַשְׁמָעוּתַיְיהוּ קָאָתוּ אֶלָּא שֶׁמָּא בְּעָלְמָא הוּא דְּנִקְרְאוּ רִאשׁוֹן וּכְתַנָּא דְּבֵי ר' יִשְׁמָעֵאל:
Ceux qui sont écrits dans la convocation sainte de Pessa'h, dans la convocation sainte de Souccot, et dans la mitsva du loulav. On n'objectera pas contre Rav Nahman : ces rishon qui y sont écrits ne viennent pas pour leur sens. Ils sont appelés rishon à titre de nom, selon l'enseignement de l'école de Rabbi Yishmael.
בְּשָׂכָר ג' רִאשׁוֹן שְׁבִיתַת הָרֶגֶל דְּפֶסַח וּשְׁבִיתַת הָרֶגֶל דְּחַג וּנְטִילַת לוּלָב שֶׁנִּקְרְאוּ רִאשׁוֹנִים זָכוּ לִשְׁלֹשָׁה רִאשׁוֹן:
Le repos du regel de Pessa'h, le repos du regel de la fête, et la prise du loulav, qui sont appelés rishonim : ils ont mérité trois rishon.
🗂️ Tossefot (1)
כְּדִתְנָא דְּבֵי ר' יִשְׁמָעֵאל אע"ג דִּכְתִיבִי טוּבָא בְּהָנָךְ ג' מִצְוֹת כְּתִיבִי כּוּלְּהוּ וְכָל הַכָּתוּב בְּמִצְוָה אֶחָד חֲשִׁיבִי חֲדָא וְאֵין לְהַקְשׁוֹת מִנָּלַן דִּמְהַנֵּי ג' רִאשׁוֹן דָּרְשִׁינַן וְאַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן לְכִדְדָרְשִׁינַן דִּילְמָא הַהוּא אִיכְּתִיב לְהַךְ דְּרָשָׁא דְּמִסְתַּבְּרָא דְּמֵהָנֵי דִּכְתִיבִי בְּמִקְרָא קֹודֶשׁ דָּרְשִׁי' כּוּלְּהוּ לְהַךְ דְּרָשָׁא:
Bien qu'il y en ait beaucoup d'écrits, tous sont écrits dans ces trois mitsvot, et tout ce qui est écrit dans une seule mitsva compte pour un. On n'objectera pas : d'où savons-nous que nous derachons ces trois rishon, et que « mais le jour rishon » va pour la deracha que nous faisons ? Peut-être celui-là à-t-il été écrit pour cette deracha. Il est raisonnable que ceux qui sont écrits dans une convocation sainte, nous les derachions tous pour cette deracha.
🪔 Ben Yehoyada (1)
בִּשְׂכַר שְׁלֹשָׁה "רִאשׁוֹן" זָכוּ לִשְׁלֹשָׁה "רִאשׁוֹן". נִרְאֶה לִי בס"ד שְׁלֹשָׁה 'רִאשׁוֹן' הֵם: חַג הַפֶּסַח דִּכְתִיב בֵּיהּ 'וּבַיּוֹם הָרִאשׁוֹן' (שְׁמוֹת יב, טז) שֶׁהוּא בט"ו לַחֹודֶשׁ וְאֶחָד חַג הַסֻּוכּוֹת דִּכְתִיב בֵּיהּ 'בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן' (וַיִּקְרָא כג, לט) שֶׁהוּא ט"ו לַחֹודֶשׁ, וְאֶחָד מִצְוַת לוּלָב וּמִינָיו דִּכְתִיב בֵּיהּ 'וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן' (וַיִּקְרָא כג, מ) שֶׁהוּא גַּם כֵּן בט"ו לַחֹודֶשׁ וְג' פְּעָמִים ט"ו שָׁלֹשׁ זְמַנִּים הַנִּזְכָּרִים הֵם מִסְפַּר 'אָדָם' [15×3=45] שֶׁנִּקְרְאוּ בּוֹ יִשְׂרָאֵל דַּוְקָא שֶׁהוּא מִסְפַּר שֵׁם הֲוָיָ"ה בְּמִלּוּי אלפי"ן [יוֹ"ד הֵ"א וָא"ו הֵ"א=45] וְלָכֵן זָכוּ יִשְׂרָאֵל בִּשְׁלָשְׁתָּם. וּבָרִאשׁוֹן שֶׁל הַפֶּסַח הָיְתָה הַגְּאֻולָּה מִפַּרְעֹה לָכֵן בִּשְׂכַר חַג זֶה תִּהְיֶה הַגְּאֻלָּה מֵאֱדוֹם שֶׁהוּא עֲמָלֵק שֶׁהוּא עֵשָׂו הָרָמוּז בְּתוֹךְ שֵׁם פַּרְעֹה כִּי פַּרְעֹה בְּמִלּוּי כָּזֶה פ" ה ר י " ש עַי" ן הַ" א הַמִּלּוּי הוּא מִסְפַּר עֵשָׂו. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד רָמַז הַכָּתוּב 'לְמַעַן שִׁתִי אֹתֹתַי אֵלֶּה בְּקִרְבּוֹ' (שְׁמוֹת י, א) רֶמֶז עַל אוּמַת עֵשָׂו הָרָמוּז בְּקֶרֶב פַּרְעֹה דִּכְתִיב בַּגְּאֻולָּה הָעֲתִידָה לִהְיוֹת מֵאֻומָּתוֹ שֶׁל עֵשָׂו כִּימֵי צֵאתְךָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם אַרְאֶנּוּ נִפְלָאוֹת (מִיכָה ז טו) , לָכֵן בִּזְכוּת חַג הַפֶּסַח שֶׁהוּא בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן נִזְכֶּה לִגְאוּלָּה מֵעֵשָׂו הוּא אֱדוֹם דִּכְתִיב בֵּיהּ וְיָצָא הָרִאשׁוֹן (בְּרֵאשִׁית כה, כה) כִּי עָשׂוּ רָמוּז בְּתוֹךְ פַּרְעֹה וַעֲמָלֵק וְעֵשָׂו חַד הוּא. וּבִשְׂכַר חַג הַסֻּוכּוֹת דִּכְתִיב בֵּיהּ 'הָרִאשׁוֹן' (וַיִּקְרָא כג, לט) נִזְכֶּה לְבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ דִּכְתִיב בֵּיהּ 'רִאשׁוֹן' כִּי בַּסֻּוכָּה יִהְיֶה יִחוּד שֵׁם הֲוָיָ"ה וְשֵׁם אדנ"י [26+65=91] הָרְמוּזִים בְּאוֹתִיּוֹת סֻוכָּה כ"ו ה"ס [26+65=91] , וּבְבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בַּיִת שְׁלִישִׁי יִהְיֶה יִחוּד הוי"ה אדנ"י בְּתַכְלִית הַמַּעֲלָה וְהַשְּׁלֵימוּת בְּסוֹד שְׁנֵי מְלָכִים בְּכֶתֶר אֶחָד. וְיָדוּעַ כִּי בַּיִת שְׁלִישִׁי נִקְרָא 'רִאשׁוֹן' בְּבִנְיַן מַעֲשֵׂה שָׁמַיִם שֶׁאֵינוֹ מִתְעָרֵב עִם מִקָּדָשִׁים שֶׁקָּדְמוּ שֶׁהֵם מַעֲשֵׂה אָדָם. וּבִשְׂכַר לוּלָב וּמִינָיו דִּכְתִיב בָּהֶם 'רִאשׁוֹן' (וַיִּקְרָא כג, מ) נִזְכֶּה לִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ דִּכְתִיב בֵּיהּ 'רִאשׁוֹן' (יְשַׁעְיָהוּ מא, כז) וְהַייְנוּ כִּי בִּשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ נִרְמַז שֵׁם קָדוֹשׁ מִשֵּׁמוֹת ע"ב שֶׁל 'וַיִּסַּע וַיָּבֹא וַיֵּט' שֶׁהוּא נִקְרָא 'כְּלִי' וְהוּא שֵׁם הי"ח שבע"ב שֵׁמוֹת הַנִּזְכָּרִים וְהוּא נִרְמַז בְּשֵׁם 'מָשִׁיחַ' שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת ש"ם י"ח, וּבְשֵׁם זֶה יִהְיֶה קַבָּלַת הַשֶּׁפַע שֶׁל כָּל יִשְׂרָאֵל כִּי כִשְׁמוֹ כֶּן הוּא שֶׁהוּא נִקְרָא 'כְּלִי' וּלְקִיבּוּל הַשֶּׁפַע צָרִיךְ כְּלִי וְלֹא יִזְכּוּ יִשְׂרָאֵל לְקַבָּלַת הַשֶּׁפַע בַּכְּלִי הַנִּזְכָּר אֶלָּא אִם כֵּן יִהְיוּ כֻּולָּם בְּאַחְדוּת וְשָׁלוֹם יַעַן שֶׁהֵם שְׁלֹשָׁה מַדְרֵגוֹת, כ הַנִּים ל וְיֵים י שֶׁרֵאָלִים דְּרָאשֵׁי תֵּיבוֹת שֶׁלָּהֶם הוּא 'כְּלִי', וְאִם יִהְיוּ נִפְרָדִים זֶה מִזֶּה נִמְצָא הֵם 'שִׁבְרֵי כְּלִי' וְלֹא יִזְכּוּ לְקַבָּלַת הַשֶּׁפַע בְּשֵׁם הַקָּדוֹשׁ הַנִּזְכָּר הַנִּקְרָא 'כְּלִי' אֲבָל אִם יִהְיוּ בְּאַחְדוּת אַחַת כֻּולָּם אָז הֵם 'כְּלִי שָׁלֵם' יִזְכּוּ לְקַבָּלַת הַשֶּׁפַע וְהַבְּרָכָה בְּשֵׁם הַקָּדוֹשׁ הַנִּזְכָּר. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (מִשְׁנָה עֻוקְצִין ג, יב) לֹא מָצָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כְּלִי מַחֲזִיק בְּרָכָה לְיִשְׂרָאֵל אֶלָּא הַשָּׁלוֹם , פֵּירוּשׁ שֵׁם הַקָּדוֹשׁ הַנִּזְכָּר הַנִּקְרָא 'כְּלִי' שֶׁהוּא מַחֲזִיק בְּרָכָה לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיִּהְיֶה בּוֹ קַבָּלַת הַשֶּׁפַע וְהַבְּרָכָה אֶלָּא עַל יְדֵי הַשָּׁלוֹם שֶׁיִּהְיֶה בֵּינֵיהֶם שֶׁאָז הֵם יִהְיוּ כְּלִי שָׁלֵם. וְהִנֵּה בְּוַדַּאי אַחְדוּת וְחִיבּוּר שֶׁל יִשְׂרָאֵל זֶה עִם זֶה יִהְיֶה בִּשְׁלֵימוּת בִּימֵי מֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ שֶׁאָז יִהְיוּ תָּמִיד הֵמָּה כְּלִי שָׁלֵם וְלָכֵן הֵם זוֹכִים תָּמִיד לְקַבָּלַת הַשֶּׁפַע בְּשֵׁם הַקָּדוֹשׁ הַנִּקְרָא כְּלִי הָרָמוּז בִּשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת ש"ם י"ח. וְיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בְּלוּלָב וּמִינָיו שֶׁהֵם בַּאֲגֻודָּה רוֹמְזִים לְהִתְחַבְּרוּת כָּל יִשְׂרָאֵל שֶׁהֵם אַרְבָּעָה מִינִים בַּאֲגֻודָּה אַחַת. וְלָכֵן בִּשְׂכַר מִצְוַת הַלּוּלָב וּמִינָיו הָרוֹמֶזֶת לְחִיבּוּר יִשְׂרָאֵל נִזְכֶּה לִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ שֶׁמְּקַבֵּל שֶׁפַע וּבְרָכָה בְּשֵׁם הַקָּדוֹשׁ 'כְּלִי' שֶׁהוּא רָמוּז בִּשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד מַה שֶׁאָמְרוּ לִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ כִּי בִּשְׁמוֹ רָמוּז מַעֲלָה וְהַשָּׂגָה גְּדוֹלָה שֶׁתִּהְיֶה לוֹ לֶעָתִיד אֲשֶׁר גַּם אֲנַחְנוּ יַגִּיעַ לָנוּ הֶאָרָה מִזֶּה וְהוּא שֶׁיִּהְיֶה מוֹרַח וַדָּאִין דִּכְתִיב (יְשַׁעְיָה יא ג) 'וַהֲרִיחוֹ בְּיִרְאַת ה'' וְאִם תְּשַׁבֵּר שִׁי"ן שֶׁל מ ש יח לִשְׁנֵי שְׁלִישִׁים וּשְׁלִישׁ יִהְיֶה מִמֶּנָּה אוֹתִיּוֹת 'קַר' וְעִם אוֹתִיּוֹת 'מִיח' שֶׁבִּשְּׂמוֹ יִהְיֶה מִזֶּה צֵירוּף 'קָם רֵיחַ' שֶׁיִּהְיֶה לוֹ הַשָּׂגָה וְקִימָה בְּרֵיחַ, וּמִמֵּילָא גַּם אֲנַחְנוּ נַשִּׂיג חָכְמָה גְּדוֹלָה מִשָּׁם שֶׁאָז יִתְקַיֵּים (יִרְמְיָה לא, לג) כוּלָּם יֵדְעוּ אוֹתִי לְמִקְטַנָּם וְעַד גְּדוֹלָם נְאֻם ה' כִּי אֶסְלַח לַעֲוֹ‍נָם וּלְחַטָּאתָם לֹא אֶזְכָּר עוֹד כִּי אֶסְלַח לַעֲוֹ‍נָם וּלְחַטָּאתָם לֹא אֶזְכָּר עוֹד. וְהָא דְּקָרֵי לְמָשִׁיחַ בְּשֵׁם 'רִאשׁוֹן' כִּי הוּא יִזְכֶּה לִיחִידָה מִן הַכֶּתֶר שֶׁהוּא רִאשׁוֹן לִי' סְפִירוֹת וְזוֹ הַיְחִידָה רְמוּזָה בִּשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ, יִחֲדָהּ בְּחַד יוּ"ד דהחיר"ק יְשַׁמֵּשׁ בִּמְקוֹם יוּ"ד אִם תְּמַלֶּאנָה כָּזֶה 'יוֹ"ד חֵי"ת דָּלֶ"ת ה"א' [878] עוֹלִים מִסְפַּר מָשִׁיחַ בְּמִילּוֹאָם 'מֵ"ם שִׁי"ן יוֹ"ד חי"ת' [878] וְלָזֶה אָמַר שֶׁנִּזְכֶּה לִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ כְּלוֹמַר לְהֶאָרָה וְשֶׁפַע מִן הַיְחִידָה הָרְמוּזָה בִּשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ. אוֹ יוּבָן אוֹמְרָם לִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ הַמְפָרְשִׁים דְּ'מָשִׁיחַ' [358] עוֹלֶה מִסְפַּר 'ה' מֶלֶךְ ה' מֶלֶךְ ה' יִמָּלֵךְ' [358] נִמְצָא מַלְכוּתוֹ יִתְבָּרֵךְ בִּשְׁלֵימוּת רְמוּזָה בִּשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ וְלָכֵן אָמַר שֶׁנִּזְכֶּה לִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ שֶׁתִּתְגַּלֶּה וְתִרְאֶה מַלְכוּתוֹ עָלֵינוּ בִּשְׁלֵימוּת כַּאֲשֶׁר רְמוּזָה בִּשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד, הָרִאשֹׁנוֹת הִנֵּה בָאוּ וַחֲדָשׁוֹת אֲנִי מַגִּיד בְּטֶרֶם תִּצְמַחְנָה אַשְׁמִיעַ אֶתְכֶם (יְשַׁעְיָה מב, ט) פֵּירוּשׁ הָרִאשֹׁנוֹת הֵם שְׁלֹשָׁה דִּכְתִיב בְּהוּ רִאשׁוֹן הִנֵּה בָּאוּ וּבִשְׂכָרָם חֲדָשׁוֹת אֲנִי מַגִּיד הֵם שְׁלֹשָׁה הַנִּזְכָּרִים בְּטֶרֶם תִּצְמַחְנָה הַחֲדָשׁוֹת אַשְׁמִיעַ אֶתְכֶם מִלְּשׁוֹן וַיְשַׁמַּע שָׁאוּל אֶת הָעָם (שְׁמוּאֵל א' טו, ד) רוֹצֶה לוֹמַר אֲקַבֵּץ אֶתְכֶם.
En récompense de trois « rishon », ils ont mérité trois « rishon ». Il me semble, avec l'aide du Ciel : les trois « rishon » sont la fête de Pessa'h, où il est écrit « et le jour rishon » (Chemoth 12, 16), le 15 du mois ; la fête de Souccot, où il est écrit « le jour rishon » (Vayikra 23, 39), le 15 du mois ; et la mitsva du loulav et de ses espèces, où il est écrit « vous prendrez pour vous le jour rishon » (Vayikra 23, 40), le 15 du mois aussi. Trois fois quinze, pour ces trois temps, font le nombre d'Adam [45], nom par lequel Israël seuls sont appelés, et ce nombre est celui du shem Havaya en miloui alefin [45]. C'est pourquoi Israël ont mérité par ces trois-la. Au rishon de Pessa'h eut lieu la geoula hors de la main de Paro. En récompense de cette fête viendra donc la geoula hors d'Edom, qui est Amalek, qui est Essav, en remez dans le nom de Paro. Car Paro, dans ce miloui : pe-hé, reish, ayin, hé-alef. Le miloui à le nombre d'Essav. Par la, j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, le remez du verset « afin que je place mes signes au milieu de lui » (Chemoth 10, 1) : remez de la nation d'Essav, marquée au milieu de Paro. Car il est écrit, pour la geoula à venir de la nation d'Essav : « comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, je lui ferai voir des merveilles » (Mikha 7, 15). C'est pourquoi, par le mérite de la fête de Pessa'h, qui est au jour rishon, nous mériterons la geoula hors d'Essav, qui est Edom, au sujet duquel il est écrit « le rishon sortit » (Berechit 25, 25). Car Essav est en remez à l'intérieur de Paro, et Amalek et Essav sont un. En récompense de la fête de Souccot, où il est écrit « ha-rishon » (Vayikra 23, 39), nous mériterons la construction du Beth ha-Mikdach, où il est écrit « rishon ». Car dans la soucca aura lieu le yihoud du shem Havaya et du shem Adnout [26 et 65, ensemble 91], en remez dans les lettres de soucca : kaf-vav vaut 26, hé-samekh vaut 65. Dans la construction du Beth ha-Mikdach, le troisième Temple, le yihoud de Havaya et d'Adnout sera au comble de l'élévation et de la perfection, dans le sod de deux rois dans une seule couronne (keter). Il est connu que le troisième Temple est appelé « rishon » : un bâtiment œuvre du Ciel, qui ne se mêle pas aux sanctuaires précédents, œuvre de l'homme. En récompense du loulav et de ses espèces, où il est écrit « rishon » (Vayikra 23, 40), nous mériterons le nom du Machiah, où il est écrit « rishon » (Yeshayahou 41, 27). Dans le nom du Machiah est en remez un shem kadoch parmi les noms des soixante-douze, tirés de « va-yissa, va-yavo, va-yet », nom appelé « keli ». C'est le dix-huitième de ces soixante-douze noms, et il est en remez dans le nom Machiah, dont les lettres se lisent chem et yod-het. Par ce nom se fera la réception du shefa de tout Israël. Tel son nom, tel il est : il est appelé keli. Pour recevoir le shefa, il faut un keli. Israël mériteront de recevoir le shefa dans ce keli s'ils sont tous dans l'unité et le chalom. Ils sont trois degrés : kohanim, leviim, israelim, et leurs initiales font keli. S'ils sont séparés les uns des autres, les voici shevrei keli, et la réception du shefa par ce shem kadoch appelé keli leur manque. S'ils sont tous dans une seule unité, les voici un keli chalem, et ils reçoivent le shefa et la berakha par ce shem kadoch. Par la, j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, ce qu'ont dit nos maîtres, leur mémoire en bénédiction (Michna Ouktsin 3, 12) : le Saint, béni soit-Il, à trouvé pour Israël un keli qui tienne la berakha, le chalom. Explication : ce shem kadoch appelé keli, qui tient la berakha pour Israël afin qu'il y ait en lui réception du shefa et de la berakha, tient par le chalom qui sera entre eux : alors ils sont un keli intact. L'unité et la jonction d'Israël les uns aux autres seront dans leur perfection aux jours du roi Machiah. Alors ils seront toujours un keli intact. C'est pourquoi ils reçoivent toujours le shefa par le shem kadoch appelé keli, en remez dans le nom du Machiah, lettres chem et yod-het. Il est connu ce qu'ont dit nos maîtres du loulav et de ses espèces : liés en une agouda, ils sont en remez de la jonction de tout Israël, quatre espèces en une seule agouda. C'est pourquoi, en récompense de la mitsva du loulav et de ses espèces, remez de la jonction d'Israël, nous mériterons le nom du Machiah, qui reçoit shefa et berakha par le shem kadoch keli, en remez dans le nom du Machiah. D'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, leur parole « au nom du Machiah ». Dans son nom est en remez une élévation et une grande atteinte qui sera la sienne pour l'avenir, et dont une hé'ara nous parviendra aussi. Il sera moreah ve-dayan, ainsi qu'il est écrit (Yeshayahou 11, 3) : « il flairera dans la crainte de ה' ». Si l'on brisé le chin de Machiah en deux tiers et un tiers, il en sort les lettres kouf et resh ; avec les lettres mem, yod, het de son nom, l'assemblage donne « kam reiah » : il aura une atteinte et une stature dans le reiah. Par la, nous aussi nous atteindrons une grande sagesse de ce nom, car alors s'accomplira (Yirmeyahou 31, 33) : « tous me connaîtront, du plus petit au plus grand, parole de ה', car je pardonnerai leur faute, et leur péché je ne mentionnerai plus ». On appelle le Machiah du nom « rishon » parce qu'il méritera la ye'hida issue du keter, qui est rishon parmi les dix sefirot. Cette ye'hida est en remez dans le nom du Machiah. Yehidah, et dans ehad : le yod du hirik tient lieu de yod. Si on les remplit ainsi : yod-vav-dalet, het-yod-tav, dalet-lamed-tav, hé-alef [878], cela monte au nombre de Machiah en miloui : mem-mem, chin-yod-nun, yod-vav-dalet, het-yod-tav [878]. C'est pourquoi il à dit que nous mériterons le nom du Machiah, soit l'hé'ara et le shefa de la ye'hida en remez dans le nom du Machiah. On comprend aussi « au nom du Machiah » selon les commentateurs : Machiah [358] monte au nombre de « ה' melech, ה' malakh, ה' yimlokh » [358]. Sa malkhout, béni soit-Il, dans sa plénitude, est donc en remez dans le nom du Machiah. C'est pourquoi il à dit que nous mériterons le nom du Machiah : que sa malkhout se découvre et se voie sur nous dans sa plénitude, telle qu'elle est en remez dans le nom du Machiah. Par la se comprend, avec l'aide du Ciel : « Les premières, les voici venues, et des nouvelles j'annonce ; avant qu'elles ne poussent, je vous ferai entendre » (Yeshayahou 42, 9). Explication : les premières sont les trois où il est écrit rishon ; les voici venues. En leur récompense, « des nouvelles j'annonce » : ce sont les trois mentionnées. « Avant qu'elles ne poussent, je vous ferai entendre », dans la langue de « Chaoul fit entendre le peuple » (I Samuel 15, 4) : je vous rassemblerai.
💡 Explication

Les objections tombent ensemble. Les trois rishon des fêtes, mikra kodech de Pessa'h, mikra kodech de Souccot et loulav, portent la deracha de récompense. Ils fonctionnent comme un nom. Le verset de la hashbata reste libre pour le 14. Rachi nomme les trois mitsvot. Les Tossefot : plusieurs occurrences dans une même mitsva comptent pour un seul rishon, et les rishon du mikra kodech vont à cette deracha.

Le Ben Yehoyada déploie le sod de la récompense : trois fois le 15 font 45, nombre d'Adam et du shem Havaya en miloui alefin ; Pessa'h et Essav, Souccot et le Temple, loulav et le nom du Machiah.

15
לְהַכְרִית זַרְעוֹ שֶׁל עֵשָׂו, דִּכְתִיב: ״וַיֵּצֵא הָרִאשׁוֹן אַדְמוֹנִי כֻּלּוֹ כְּאַדֶּרֶת שֵׂעָר״. וּלְבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, דִּכְתִיב: ״כִּסֵּא כָבוֹד מָרוֹם מֵרִאשׁוֹן מְקוֹם מִקְדָּשֵׁנוּ״. וְלִשְׁמוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ, דִּכְתִיב: ״רִאשׁוֹן לְצִיּוֹן הִנֵּה הִנָּם״.

Pour retrancher la descendance d'Essav, ainsi qu'il est écrit : « Le rishon sortit, roux, tout entier comme un manteau de poil ». Et pour la construction du Beth ha-Mikdach, ainsi qu'il est écrit : « Trône de gloire, hauteur des l'origine, lieu de notre sanctuaire ».

Et pour le nom du Machiah, ainsi qu'il est écrit : « Rishon pour Tsion, les voici ».

💡 Explication

Trois versets où le mot rishon porte la récompense. Essav : Berechit 25, 25. Le sanctuaire : Yirmeyahou 17, 12, merishon. Le Machiah : Yeshayahou 41, 27, rishon le-Tsion.

16
רָבָא אָמַר, מֵהָכָא: ״לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ דַּם זִבְחִי״ — לֹא תִּשְׁחַט הַפֶּסַח וַעֲדַיִן חָמֵץ קַיָּים.

Rava à dit, d'ici : « Tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de mon sacrifice » : tu n'égorgeras pas le Pessa'h tant que le hamets existe encore.

📜 Rachi (1)
לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ וְגוֹ' וּשְׁחִיטַת פֶּסַח זְמַנָּהּ מִתְּחִלַּת שֶׁבַע שֶׁהוּא בֵּין הָעַרְבַּיִם שֶׁכְּבָר נוֹטָה חַמָּה לְצַד שְׁקִיעָתָהּ וְהָכִי אָמְרִינַן בְּפֶ' אָמַר לָהֶן הַמְמֻונֶּה (יוֹמָא כח:) צְלוֹתֵיהּ דְּאַבְרָהָם מִכִּי מַשְׁחֲרִי כֻּותְלֵי דְּהַייְנוּ מֵחֲצוֹת וְאֵילָךְ וְגָמְרִינַן מִינָּהּ דִּשְׁחִיטַת הַתָּמִיד מִתְּחִלַּת שֶׁבַע וְקַשְׁיָא לָן הָתָם מַתְנֵי' דְּתָמִיד נִשְׁחָט בְּשֵׁשׁ שָׁעוֹת וּמֶחֱצָה וּמְשַׁנֵּי לָן שָׁאנֵי כָּותְלֵי בֵּית הַמִּקְדָּשׁ דְּלָא מְכַווְּנִי רְחָבִין תַּחְתֵּיהֶן מְאֹד וְלָא מִשְׁתַּחֲרִי עַד שֵׁשׁ וּמֶחֱצָה:
Le temps de la chehita du Pessa'h commence au début de la septième heure, qui est bein ha-arbayim, quand le soleil penche déjà vers son coucher. C'est ainsi que nous disons au chapitre Amar lahen ha-memoune (Yoma 28b) : la prière d'Avraham, des que les murs blanchissent, soit depuis midi et au-delà. Nous en apprenons que la chehita du tamid commence au début de la septième. La michna nous fait difficulté la-bas : le tamid est égorgé à six heures et demie. On répond : les murs du Beth ha-Mikdach sont particuliers, ils ne sont pas d'aplomb, leur base est très large, et ils ne blanchissent qu'à six heures et demie.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא תִּשְׁחַט אֶת הַפֶּסַח וַעֲדַיִין חָמֵץ קַיָּים הִקְשָׁה רַשְׁבָּ"א הֵיכִי יָלֵיף מֵהָכָא דְּחָמֵץ אָסוּר מו' שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה וְהָא זְמַן שְׁחִיטַת הַפֶּסַח אַחַר הַתָּמִיד הָוֵי וְתָמִיד שֶׁשְּׁחָטוֹ לִפְנֵי חֲצוֹת פָּסוּל וא"כ זְמַן שְׁחִיטָה לָא הָוֵי מִיָּד אַחַר חֲצוֹת עַד כְּדֵי שְׁהִיַּית הַקְרָבַת תָּמִיד וְי"ל כֵּיוָן דְּדִיעֲבַד אִם שָׁחַט הַפֶּסַח קֹודֶם תָּמִיד כָּשֵׁר כְּדִתְנַן הָתָם חֲשִׁיב זְמַן שְׁחִיטָה מֵחֲצוֹת וְאֵילָךְ:
Le Rachba à objecte : comment apprend-on d'ici que le hamets est interdit à partir de six heures et au-delà ? Le temps de la chehita du Pessa'h vient après le tamid, et un tamid égorgé avant midi est passoul. Dès lors le temps de la chehita attend le délai de l'offrande du tamid, et ne commence pas des la sortie de midi. On peut dire : à posteriori, s'il à égorgé le Pessa'h avant le tamid, c'est kacher, comme la michna l'enseigne la-bas. On compte donc le temps de la chehita depuis midi et au-delà.
💡 Explication

Deuxième source, celle de Rava (Chemoth 34, 25). Le Pessa'h ne s'égorgé que lorsque le hamets à déjà cesse. Rachi cale bein ha-arbayim sur le début de la septième heure : les murs qui blanchissent à midi, et le décalage d'une demi-heure pour les murs du Mikdach, trop larges à la base. Les Tossefot : le tamid passe d'abord, mais un Pessa'h égorgé avant lui reste kacher be-diavad. L'heure de Tora compte donc des midi.

17
וְאֵימָא: כָּל חַד וְחַד כִּי שָׁחֵיט! זְמַן שְׁחִיטָה אָמַר רַחֲמָנָא.

Et si l'on dit : chacun au moment où il égorgé ? Le Miséricordieux a parlé du temps de la chehita.

📜 Rachi (2)
וְאֵימָא כָּל חַד וְחַד יְבַעֵר סָמוּךְ לִשְׁחִיטָתוֹ מְעַט וְאִם שָׁהָה עַד תֵּשַׁע יְבַעֲרֶנּוּ בְּתֵשַׁע:
Qu'il élimine peu avant sa propre chehita. S'il à tardé jusqu'à la neuvième heure, qu'il élimine à la neuvième.
זְמַן שְׁחִיטָה קָאָמַר רַחֲמָנָא לֹא חֲלָקָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל לָזֶה זְמַנּוֹ וְלָזֶה זְמַנּוֹ הוֹאִיל וְקָבַע לוֹ זְמַן וְאִיסּוּרוֹ שָׁוֶה בְּכָל לְכֻולָּם זְמַן אֶחָד קָבַע:
La Tora n'a pas partage Israël en donnant à celui-ci son temps et à celui-là son temps. Puisqu'elle à fixé un temps, et que l'interdit est le même pour tous, elle à fixé un seul temps pour tous.
🗂️ Tossefot (1)
זְמַן שְׁחִיטָה קָאָמַר רַחֲמָנָא אע"ג דֶּאֱמֶת הוּא דְּלָא תִּשְׁחַט עַל חָמֵץ כָּל חַד וְחַד כִּי שָׁחֵיט דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק תָּמִיד נִשְׁחָט (לְקַמָּן פְּסָחִים סג. וְשָׁם) הַשּׁוֹחֵט אֶת הַפֶּסַח עַל הֶחָמֵץ עוֹבֵר בְּלָאו מ"מ כֵּיוָן דְּאַשְׁכְּחַן דְּהִזְהִיר עַל הַהַשְׁבָּתָה וְהִזְהִיר שֶׁלֹּא לִשְׁחֹוט פֶּסַח עַל חָמֵץ סְבָרָא הוּא שֶׁבִּזְמַן שְׁחִיטָה הִזְהִיר עַל הַשְׁבָּתָה:
Il est vrai que « tu n'égorgeras pas sur le hamets » vise chacun au moment où il égorgé. Nous disons au chapitre Tamid nishhat (plus loin, Pesachim 63à et la) : celui qui égorge le Pessa'h sur le hamets transgresse un lav. Avec cela, puisque l'avertissement porte sur la hashbata et porte aussi sur le fait de ne pas égorger le Pessa'h sur le hamets, il est logique que l'avertissement de la hashbata vise le temps de la chehita.
💡 Explication

Lecture possible : chacun fait cesser le hamets juste avant d'égorger le sien. Un homme qui égorge à la neuvième heure attendrait la neuvième. Réponse : le verset parle du zman shehita, une heure unique. Les Tossefot gardent les deux plans. Le lav de celui qui égorge sur le hamets suit chaque chehita. La hashbata, elle, est fixée à l'ouverture de ce temps, pour tout le monde.

🖼️ Schéma
Qui doit avoir fait cesser le hamets, et à quelle heure Lecture écartée chacun au moment où il égorgé le sien un retardataire irait jusqu'à la 9e Tenue : zman shehita un seul temps pour tous début de la septième heure l'interdit est le même partout Le lav de celui qui égorge sur le hamets reste, une personne à la fois.
La hashbata suit l'heure de la chehita, une seule pour tout Israël, non l'heure où chacun égorgé.
18
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שְּׂאֹר מִבָּתֵּיכֶם״ — מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּיוֹם טוֹב עַצְמוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ דַּם זִבְחִי״ — לֹא תִּשְׁחַט אֶת הַפֶּסַח וַעֲדַיִין חָמֵץ קַייָּם, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל.

On enseigné aussi ainsi dans une baraita : « Mais le jour rishon vous ferez cesser le seor de vos maisons », des la veille de yom tov. Ou bien cela viserait-il yom tov lui-même ?

Le verset dit : « Tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de mon sacrifice » : tu n'égorgeras pas le Pessa'h tant que le hamets existe encore. Paroles de Rabbi Yishmael.

🗂️ Tossefot (1)
דִּבְרֵי ר' יִשְׁמָעֵאל תֵּימַהּ לר"י דְּתַנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל נָפְקָא לֵיהּ מִקְּרָא אַחֲרִינָא וּבְכַמָּה דֻּוכְתִּין פָּרִיךְ מַר' יִשְׁמָעֵאל אַתַּנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל:
C'est étonnant pour le Ri : l'école de Rabbi Yishmael le tire d'un autre verset, et en plusieurs endroits on objecte de Rabbi Yishmael à l'école de Rabbi Yishmael.
💡 Explication

La baraita reprend la lecture de la veille. Rabbi Yishmael écarte yom tov par lo tishhat. Les Tossefot notent l'écart : plus haut, l'école de Rabbi Yishmael avait lu le 14 dans « au rishon, le quatorzième jour ». Ailleurs, la Guemara confronte le maître et son école.

19
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שְּׂאֹר מִבָּתֵּיכֶם״, וּכְתִיב: ״כָּל מְלָאכָה לֹא (תַּעֲשׂוּ)״, וּמָצִינוּ לַהַבְעָרָה שֶׁהִיא אַב מְלָאכָה.

Rabbi Akiva dit : il n'en a pas besoin. Voici qu'il dit : « Mais le jour rishon vous ferez cesser le seor de vos maisons », et il est écrit : « Aucun travail vous ne (ferez) », et nous trouvons que l'allumage est un av melakha.

📜 Rachi (1)
שֶׁהִיא אַב מְלָאכָה וְזוֹ הַבְעָרָה שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ הִיא וְהַכָּתוּב אָסַר מְלָאכָה ביו"ט הִלְכָּךְ הַאי רִאשׁוֹן בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר קָאָמַר:
Et cet allumage est she-lo le-tsorekh. Le verset à interdit le travail à yom tov. Par conséquent, ce rishon parle du quatorze.
🗂️ Tossefot (1)
(וְאוֹמֵר) כָּל מְלָאכָה לֹא תַעֲשׂוּ אע"ג דִּכְשֶׁיִּשָּׂרֵף וְיַעֲשֶׂה גֶּחָלִים הֲנָאָתוֹ מֻותָּר כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק כָּל שָׁעָה (לְקַמָּן פְּסָחִים כו:) גַּבֵּי עָרְלָה בִּישְּׁלָהּ עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים דִּבְרֵי הַכֹּל הַפַּת מֻותָּר וה"ה חָמֵץ וְהָא דִּתְנַן בְּפֶ' כָּל שָׁעָה (ד כא.) לֹא יַסִּיק בּוֹ תַּנּוּר וְכִירַיִם הַייְנוּ מִדְּרַבָּנָן אור"י דִּסְבָרָא הוּא דִּקְרָא דְּתַשְׁבִּיתוּ מַיְירֵי בְּכָל עִנְיָן אֲפִילּוּ אֵינוֹ צָרִיךְ לְגַחַלְתּוֹ אִי נָמֵי כֵּיוָן דְּמִתְּחִלַּת הַבְעָרָה אֵינוֹ יָכוֹל לֵהָנוֹת מִמֶּנּוּ אע"ג שֶׁיְּהֵא לוֹ הֲנָאָה מִמֶּנּוּ אַחַר כָּךְ אָסוּר כְּמוֹ נְדָרִים וּנְדָבוֹת שֶׁאֵין קְרֵיבִין בי"ט לָמֶ"ד (בֵּיצָה דַּף יט כ.) אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן מַאֲכַל הֶדְיוֹט לְבַסּוֹף וּמַאן דְּשָׁרֵי שָׁרֵי מִלְּהַנּוֹת:
Lorsque cela brûle et devient des braises, la jouissance en est permise, comme on le dit au chapitre Kol sha'à (plus loin, Pesachim 26b) au sujet de l'orla : si l'on a cuit sur des braises, de l'avis de tous le pain est permis, et il en va de même pour le hamets. Et ce que la michna enseigné au chapitre Kol sha'à (21à), « on n'allumera pas avec lui un four ni un réchaud », est de-rabbanan. Le Ri à dit : il est logique que le verset de tashbitu parle dans tous les cas, même la où l'on n'a pas besoin des braises. Autre lecture : des le début de l'allumage on ne peut pas en jouir ; même si une jouissance vient ensuite, c'est interdit. Ainsi des nedarim et des nedavot, qui ne sont pas offerts à yom tov selon l'opinion rapportée (Beitsa 19b), bien qu'il y ait en eux, à la fin, une nourriture de simple particulier. Et celui qui permet, permet d'en jouir.
💡 Explication

Rabbi Akiva se passe du verset de la chehita. Faire cesser le hamets par le feu est une hav'ara, et la hav'ara est un av melakha. À yom tov, « aucun travail » est écrit. Rachi : ce feu est she-lo le-tsorekh, hors du besoin de la fête. Le rishon du verset est donc le 14.

Les Tossefot répondent à une objection : une fois le hamets en braises, la jouissance est permise, comme pour l'orla. Le Ri tient malgré cela l'interdit de Tora. Soit tashbitu vise aussi celui qui n'a pas besoin des braises. Soit l'allumage, inutile à son début, reste interdit, sur le modèle des nedarim et nedavot à yom tov.

20
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שְּׂאֹר מִבָּתֵּיכֶם״ — מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּיוֹם טוֹב — תַּלְמוּד לוֹמַר ״אַךְ״, חִלֵּק. וְאִי בְּיוֹם טוֹב עַצְמוֹ, מִי שָׁרֵי? הָא אִיתַּקַּשׁ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ, וַאֲכִילַת חָמֵץ לַאֲכִילַת מַצָּה! אָמַר רָבָא:

Rabbi Yossi dit : il n'en a pas besoin. Voici qu'il dit : « Mais le jour rishon vous ferez cesser le seor de vos maisons », des la veille de yom tov.

Ou bien cela viserait-il yom tov ? Le verset dit « akh », qui partage.

Et si c'était yom tov lui-même, cela serait-il permis ? Or la hashbata du seor est mise en regard de la consommation du hamets, et la consommation du hamets de la consommation de la matsa.

Rava à dit :

📜 Rachi (1)
אַךְ חָלַק הִתִּיר לְךָ הַכָּתוּב לְשַׁהוֹתוֹ מִקְצָת יוֹם בִּיעוּרוֹ וְאִי יוֹם בִּיעוּרוֹ בְּיוֹם טוֹב מִי שְׁרֵי לְשִׁהוּיָיהּ כְּלָל הָא אִיתַּקַּשׁ כו' וַאֲכִילַת מַצָּה מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה וְעַל כָּרְחֲךָ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר כְּשֶׁתֶּחְשַׁךְ וְאִם כֵּן לָא מַשְׁכַּחַת אַךְ חִלֵּק דְּאִי לָאו אַךְ אִיכָּא לְמֵימַר בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁהוּא הַתְחָלַת הַיּוֹם אֲבָל הַשְׁתָּא עַל כָּרְחָךְ בְּתוֹךְ יוֹם בִּיעוּרוֹ שָׁרֵי לֵיהּ קְרָא לְשִׁהוּיָיהּ:
Le verset t'a permis de le laisser subsister une partie du jour de son élimination. Si le jour de son élimination était yom tov, serait-il permis d'en laisser subsister la moindre part ? Or il y a le hekesh, etc. La matsa se mange des la tombée de la nuit, et par force la hashbata du seor est à la nuit. Dès lors, « akh partage » ne se trouve plus. Si le mot akh manquait, on pourrait lire « le jour rishon » comme le bein ha-shemashot, début du jour. Avec akh, par force, au cours du jour de son élimination, le verset à permis de le laisser subsister.
⚖️ Rosh (1)
אִיבְּעִי' לְהוּ הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵירוֹ בְּחֶזְקַת בָּדוּק וּמְצָאוֹ שֶׁאֵינוֹ בָּדוּק מַהוּ מִי הָוֵי מֶקַח טָעוּת אוֹ לָא וּפְשִׁיט אַבַּיֵּי דְּלָא הָוֵי מֶקַח טָעוּת בֵּין בְּאַתְרָא דְּיָהֲבִי אַגְרָא וּבָדְקִי בֵּין בְּאַתְרָא דְּבָדְקִי אִינְהוּ גּוּפַיְיהוּ. מ"ט נִיחָא לֵיהּ לְאִינִישׁ לְקַיּוֹמֵי מִצְוָה בֵּין בְּגוּפֵיהּ בֵּין בְּמָמוֹנֵיהּ. תְּנַן הָתָם ר"מ אוֹמֵר אוֹכְלִין כָּל חָמֵשׁ וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אוֹכְלִין כָּל ד' וְתוֹלִין כָּל חָמֵשׁ וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ. דְּכֻולֵּי עָלְמָא חָמֵץ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה צָרִיךְ לְבַעֲרוֹ מִן הַבַּיִת מִנָּלַן אָמַר רָבָא לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ דַּם זִבְחִי לֹא תִּשְׁחַט אֶת הַפֶּסַח וַעֲדַיִין חָמֵץ קַייָּם. וּזְמַן שְׁחִיטַת הַפֶּסַח בֵּין הָעַרְבַּיִם מִכִּי יִנָּטוּ צִלְלֵי עֶרֶב וְהַיְינוּ בִּתְחִלַּת שֶׁבַע. וְאֵימָא כָּל חַד וְחַד כִּי שָׁחֵיט זְמַן שְׁחִיטָה קָאָמַר רַחֲמָנָא. תָּנוּ רַבָּנַן שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם מַה תַּלְמוּד לוֹמַר וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ. לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ. שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים תַּלְמוּד לוֹמַר לֹא יִמָּצֵא. אֵין לִי אֶלָּא בְּנָכְרִי שֶׁלֹּא כִּבַּשְׁתּוֹ וְאֵין שָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר. נָכְרִי שֶׁכִּבַּשְׁתּוֹ וְשָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר מִנַּיִן. ת"ל לֹא יִמָּצֵא. אֵין לִי אֶלָּא בְּבָתִּים. בְּבוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת מִנַּיִן ת"ל בְּכָל גְּבוּלְךָ. וַעֲדַיִין אֲנִי אוֹמֵר בַּבָּתִּים עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים וּבַגְּבוּלִים שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. מִנַּיִן לִיתֵּן אֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה וְשֶׁל זֶה בָּזֶה. ת"ל שְׂאוֹר שְׂאוֹר לג"ש. נֶאֱמַר שְׂאוֹר בַּבָּתִּים וְנֶאֱמַר שְׂאוֹר בְּגִבּוּלִין מַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין כֵּן. וּמַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים כֵּן. אָמַר מָר יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים ת"ל לֹא יִמָּצֵא וְהָאָמְרַתְּ שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. לָא קַשְׁיָא הָא דְּקַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת הָא דְּלָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת. אִי קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחֲרָיוּת אָסוּר דַּהֲוָה לֵיהּ כְּדִידֵיהּ. כִּדְאָמַר לְהוּ רָבָא לִבְנֵי מָחוֹזָא בַּעִירוּ חֲמִירָא דִּבְנֵי חֵילָא מִבָּתַּיְיכוּ כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִיתְבַּד אוֹ מִיגְנָב בִּרְשׁוּתַייְכוּ קָאֵי וּבָעִיתוּ לְשַׁלּוֹמֵי כְּדִידְכוּ דָּמֵי. וְאִי לָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת שָׁרִי. יֵשׁ אוֹמְרִים דַּוְקָא ש"ש דְּחַיָּיב בִּגְנֵיבָה וַאֲבֵידָה אֲבָל ש"ח לֹא וְדָיְיקִינַן מִלִּישָּׁנָא דְּאִילּוּ מִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד וְכֵן כָּתַב ר"י. ובה"ג כָּתַב דְּאַפֵּי' ש"ח נָמֵי. וּמִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד בִּפְשִׁיעָה קָאָמַר. וּמִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמֵימַר וּבְעֵיתוּ לְשַׁלּוֹמֵי הֻוצְרַךְ לוֹמַר מִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פ"ד מֹהַל' חָמֵץ וּמַצָּה הֵל' ד' כָּתַב שֶׁאִם הַנָּכְרִי אַלָּם וְכוֹפֵהוּ לְשַׁלֵּם אע"פ שֶׁלֹּא קִבֵּל עָלָיו אַחֲרָיוּת כְּדִידֵיהּ דָּמֵי וְאָסוּר. יֵשׁ מִן הַגְּאוֹנִים שֶׁאָמְרוּ יִשְׂרָאֵל שֶׁהִפְקִיד חֲמֵצוֹ אֵצֶל נָכְרִי אוֹ אֵצֶל יִשְׂרָאֵל חֲבֵירוֹ וְקִבֵּל הַנִּפְקָד עָלָיו אַחֲרָיוּת הַנִּפְקָד חַיָּיב בְּבִיעוּרוֹ וְלֹא הַמַּפְקִיד אע"פ שֶׁהוּא שֶׁלּוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ בִּרְשׁוּתוֹ. וְהֵבִיאוּ רְאָיָה מִמְּכִילְתָּא דְּתָנֵי הָתָם בְּבָתֵּיכֶם לָמָּה נֶאֱמַר. לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר בְּכָל גְּבוּלְךָ שׁוֹמֵעַ אֲנִי כִּפְשׁוּטוֹ. ת"ל בְּבָתֵּיכֶם מַה בֵּיתְךָ בִּרְשׁוּתְךָ אַף גְּבוּלְךָ בִּרְשׁוּתֵךְ. יָצָא חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי בִּרְשׁוּת יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּא בְּבֵיתוֹ וְאֵינוֹ יָכוֹל לְבַעֲרוֹ. יָצָא חֲמֵצוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל בִּרְשׁוּת הַנָּכְרִי שֶׁהוּא שֶׁלּוֹ וְאֵין בִּרְשׁוּתוֹ. וה"ר יוֹנָה זַ"ל הָיָה אוֹמֵר דִּלְעוֹלָם בִּרְשׁוּת הַמַּפְקִיד הוּא וְחַיָּיב לְבַעֲרוֹ מִן הַתּוֹרָה. כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶ' מְרֻובֶּה (בָּבָא קַמָּא דַּף עו.) וְגוֹנֵב מִבֵּית הָאִישׁ. וְלֹא מִבֵּית הֶקְדֵּשׁ. כָּךְ מָצָאתִי בְּשֵׁם ה"ר יוֹנָה זַ"ל וְלֹא הֵבַנְתִּי רְאָייָתוֹ. וְגַם לֹא כָּתַב לְפָרֵשׁ הָא דִּמְכִילְתָּא שֶׁהֵבִיאוּ מִמֶּנָּה רְאָיָה. ונ"ל דְּדָבָר פָּשׁוּט הוּא דאע"פ שֶׁהַנִּפְקָד קִבֵּל עָלָיו אַחְרָיוּת מ"מ עִיקַּר הַמָּמוֹן שֶׁל הַבְּעָלִים הוּא וְכֵיוָן שֶׁהִשְׁאִילוֹ הַנִּפְקָד בֵּיתוֹ לִשְׁמִירַת מָמוֹנוֹ קָרֵינָא בֵיהּ בֵּיתוֹ. וְהַהִיא דִּמְכִילְתָּא מַייְרֵי בְּנָכְרִי שֶׁהִלְוָה לְיִשְׂרָאֵל עַל חֲמֵצוֹ כְּדִתְנַן בְּפֶ' כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים ד' לא.).
On a posé une question : celui qui loue une maison à son prochain dans la présomption qu'elle est vérifiée (be-hezkat badouk), et il la trouve non vérifiée, qu'en est-il ? Y a-t-il mekah ta'out, où non ? Abaye tranche : il n'y a pas mekah ta'out, aussi bien dans un lieu où l'on paie un salaire et où l'on fait vérifier, que dans un lieu où l'on vérifie soi-même. Quelle est la raison ? Il convient à l'homme d'accomplir une mitsva, par son corps où par son bien. On enseigné la-bas : Rabbi Meir dit : on mange pendant toute la cinquième heure, et l'on brûle au début de la sixième. Rabbi Yehouda dit : on mange pendant toute la quatrième, on suspend pendant toute la cinquième, et l'on brûle au début de la sixième. Pour tout le monde, le hamets, à partir de six heures et au-delà, doit être élimine de la maison. D'où le savons-nous ? Rava à dit : « Tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de mon sacrifice » : tu n'égorgeras pas le Pessa'h tant que le hamets existe encore. Le temps de la chehita du Pessa'h est bein ha-arbayim, des que les ombres du soir penchent, soit le début de la septième heure. Et si l'on dit : chacun au moment où il égorgé ? Le Miséricordieux a parlé du temps de la chehita. Nos maîtres ont enseigné : « Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons. » Que vient enseigner le verset ? Il est déjà dit : « on ne verra pas chez toi de seor » et « on ne verra pas chez toi de hamets ». Puisqu'il est dit « on ne verra pas chez toi de seor » et « on ne verra pas chez toi de hamets », le tien, tu ne le vois pas, et tu vois celui des autres et celui du gavoha. On pourrait le cacher et recevoir des dépôts des non-Juifs. Le verset dit : « il ne se trouvera pas ». Je n'ai ce cas que pour un non-Juif que tu n'as pas soumis et qui ne réside pas avec toi dans la cour. Un non-Juif que tu as soumis et qui réside avec toi dans la cour, d'où ? Le verset dit : « il ne se trouvera pas ». Je n'ai ce cas que pour les maisons. Les fosses, les citernes et les cavernes, d'où ? Le verset dit : « dans tout ton territoire ». Je dis encore : dans les maisons, on transgresse pour bal yerae, bal yimatze, l'interdit de cacher et l'interdit de recevoir des dépôts des non-Juifs ; et dans les territoires, le tien tu ne le vois pas, et tu vois celui des autres et du gavoha. D'où appliquer ce qui est dit de l'un à l'autre, et de l'autre à l'un ? Le verset dit seor, seor, pour une gezera shava. Seor est dit pour les maisons, seor est dit pour les territoires. De même que le seor dit pour les maisons fait transgresser bal yerae, bal yimatze, l'interdit de cacher et l'interdit de recevoir des dépôts des non-Juifs, de même le seor dit pour les territoires. De même que le seor dit pour les territoires, le tien tu ne le vois pas et tu vois celui des autres et du gavoha, de même le seor dit pour les maisons. Le maître à dit : on pourrait le cacher et recevoir des dépôts des non-Juifs ; le verset dit « il ne se trouvera pas ». Or tu as dit : le tien tu ne le vois pas, et tu vois celui des autres et du gavoha. La chose se résout ainsi : ici il à accepté l'ahariout, la il ne l'a pas acceptée. S'il à accepté l'ahariout, c'est interdit : cela compte comme le sien. Comme Rava l'a dit aux gens de Mahoza : faites disparaître de vos maisons le hamets des soldats. Puisque, s'il est perdu où volé, il reste sous votre responsabilité et vous devez payer, il compte comme le votre. S'il n'a pas accepté l'ahariout, c'est permis. Il y en a qui disent : cela vise le shomer sakhar, responsable du vol et de la perte ; le shomer hinam reste hors de cette mesure. On le tire de la langue « s'il est volé où perdu ». Ainsi à écrit le Ri. Le Bahag à écrit : le shomer hinam aussi. « Volé où perdu » vise un cas de peshia. Comme il voulait dire « et vous devez payer », il à eu besoin de dire « volé où perdu ». Le Rambam, sa mémoire en bénédiction, au chapitre 4 des lois du hamets et de la matsa, halakha 4, à écrit : si le non-Juif est violent et le force à payer, même sans qu'il ait accepté l'ahariout, cela compte comme le sien, et c'est interdit. Parmi les Gueonim, certains ont dit : un Israël qui a déposé son hamets chez un non-Juif, où chez un Israël son prochain, et le dépositaire à accepté l'ahariout, c'est le dépositaire qui est tenu de l'éliminer, le déposant en est quitte, bien que le hamets soit à lui, puisqu'il n'est pas dans son reshout. Ils en apportent une preuve de la Mekhilta, où l'on enseigné : « dans vos maisons », pourquoi est-ce dit ? Puisqu'il est dit « dans tout ton territoire », j'entendrais le sens simple. Le verset dit « dans vos maisons » : de même que ta maison est dans ton reshout, de même ton territoire est dans ton reshout. En est exclu le hamets d'un non-Juif qui est dans le reshout d'un Israël : il est dans sa maison, et il ne peut pas l'éliminer. En est exclu le hamets d'un Israël qui est dans le reshout d'un non-Juif : il est à lui, et il n'est pas dans son reshout. Rabbeinou Yona, sa mémoire en bénédiction, disait : il reste toujours dans le reshout du déposant, et celui-ci est tenu de l'éliminer de la Tora. Comme on le dit au chapitre Merouba (Bava Kama 76a) : « et il volé de la maison de l'homme », et la maison du hekdesh est hors du verset. Ainsi ai-je trouve au nom de Rabbeinou Yona, sa mémoire en bénédiction, et je n'ai pas compris sa preuve. Il n'a pas non plus écrit d'explication du passage de la Mekhilta dont ils tirent la preuve. Il me semble que la chose est claire : même lorsque le dépositaire à accepté l'ahariout, le fond du bien reste aux propriétaires. Puisque le dépositaire à prêté sa maison pour la garde de ce bien, on y lit « sa maison », celle du propriétaire. Ce passage de la Mekhilta parle d'un non-Juif qui a prêté à un Israël sur son hamets, comme la michna l'enseigne au chapitre Kol sha'à (Pesachim 31à).
💡 Explication

Rabbi Yossi revient au mot akh. Il partage le jour : une part où le hamets peut encore rester. Ce partage ne tient pas à yom tov. Le hekesh du début du daf cale la hashbata sur la matsa de la nuit : des la nuit, plus rien ne reste permis. Rachi : sans akh, on aurait lu un bein ha-shemashot, simple début du jour. Avec akh, le verset laisse une vraie part du jour de l'élimination.

Rava à dit ouvre la suite, au daf suivant. Le Roch attaché ici rassemble le pesak : location be-hezkat badouk, heures de Rabbi Meir et de Rabbi Yehouda, dérivation de Rava, puis la baraita de bal yerae et de bal yimatze, dépôts, ahariout, et le débat des Gueonim sur le déposant.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).