Sougya : Le daf fixe l'heure de la hashbata du seor. Un hekesh aligne cette cessation sur l'interdit de manger du hamets, et cet interdit sur la matsa, que l'on mange le soir.
Le mot akh partage le jour : une moitié permise, une moitié interdite. Le rishon de « tu feras cesser » vise le 14, veille de la fête.
Trois autres rishon, ceux des convocations saintes et du loulav, servent à l'enseignement de l'école de Rabbi Yishmael : la descendance d'Essav, le Beth ha-Mikdach, le nom du Machiah. Rava lit la même heure dans « tu n'égorgeras pas le Pessa'h sur le hamets » : le temps de la chehita, au début de la septième heure.
Une baraita rapproche Rabbi Yishmael, Rabbi Akiva et Rabbi Yossi.
Puisque la hashbata du seor est mise en regard de la consommation du hamets, et la consommation du hamets de la consommation de la matsa.
Le daf s'ouvre au milieu du raisonnement. Trois lois sont calees l'une sur l'autre par hekesh : faire cesser le seor, s'abstenir de manger le hamets, manger la matsa. L'heure de l'une donne l'heure des autres.
Les Tossefot bloquent un transfert trop large. Au chapitre Kol sha'à, Rabbi Yehouda tire de la Tora un lav des six heures. Ce hekesh-ci vise les sept jours, non cette heure-la. Le Rachba laisse ouverte la question du karet sur la hashbata elle-même.
La hashbata du seor est mise en regard de la consommation du hamets, ainsi qu'il est écrit : « Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons, car quiconque mange de ce qui est fermenté, et il sera retranche ».
Le verset (Chemoth 12, 19) pose les deux dans la même phrase : lo yimatze pour le seor, et le karet pour celui qui mange le hamets. Le voisinage des mots fait le hekesh.
Et la consommation du hamets est mise en regard de la consommation de la matsa, ainsi qu'il est écrit : « Tout ce qui est fermenté, vous n'en mangerez pas ; dans toutes vos demeures vous mangerez des matsot (etc.) ». Et il est écrit au sujet de la matsa : « Le soir vous mangerez des matsot ».
Deuxième maille (Chemoth 12, 20 et 12, 18). Be-erev fixe la matsa à la nuit. Rachi en tire trois débuts ensembles : matsa, interdit du hamets, hashbata du seor, mi-she-tehshakh.
Et si l'on dit : pour inclure la nuit du quatorze dans le biour ? Il est écrit « le jour ».
Tentative : le verset « le jour rishon vous ferez cesser » ajouterait la nuit du 14 à l'obligation d'éliminer. Ba-yom parle du jour. La nuit du 14 sort de ce verset.
Et si l'on dit : des le matin ? « Akh » partage.
Akh et rak restreignent. Le jour du biour n'est donc pas interdit d'un bout à l'autre. On le coupe en deux : permission, puis interdit. La seconde lecture de Rachi fait d'akh le mot hets, la coupure, par le chiffre où alef devient het et kaf devient tsadi.
L'école de Rabbi Yishmael à enseigné : nous trouvons que le quatorze est appelé rishon, ainsi qu'il est dit : « Au rishon, le quatorzième jour du mois ». Rav Nahman bar Yitshak à dit : rishon signifie ce qui est antérieur, car le verset dit : « Le rishon, es-tu ne, toi, un homme ? ».
Deux appuis pour lire yom ha-rishon comme le 14, veille des sept jours. L'école de Rabbi Yishmael cité Chemoth 12, 18, où rishon est glose par « le quatorzième jour ». Rav Nahman lit le mot lui-même : rishon veut dire antérieur, comme dans Iyov 15, 7, où Rachi comprend « ne avant Adam ».
Dès lors, « vous prendrez pour vous le jour rishon », la aussi rishon signifierait-il ce qui est antérieur ?
Objection depuis Souccot (Vayikra 23, 40). Si rishon veut dire « la veille », le loulav se prendrait le 14 tichri. La suite va distinguer les versets.
La-bas, le cas se distingue, car il est écrit : « vous vous réjouirez devant Hachem, votre D.ieu, sept jours ». De même que « septième » est le septième de la fête, de même « rishon » est le rishon de la fête.
Le verset du loulav enchaîne sur sept jours de joie devant Hachem. Le septième de ces jours est le septième de Souccot. Le rishon du même compte est donc le premier jour de la fête, le 15 tichri.
Ici aussi il est écrit : « Mais le jour rishon vous ferez cesser ; sept jours vous mangerez des matsot ». S'il en est ainsi, que le verset écrive « rishon ».
Pourquoi ai-je besoin de « ha-rishon » ? Apprends-en ce que nous avons dit.
La même figure existe à Pessa'h : tashbitu est écrit à côté de « sept jours vous mangerez des matsot » (Chemoth 12, 15). On voudrait donc un rishon interne à la fête. Réponse : le hé de ha-rishon est de trop si le mot ne fait que compter le premier des sept. Ce hé enseigné la lecture de Rav Nahman : le jour antérieur.
S'il en est ainsi, la-bas aussi, pourquoi ai-je besoin de « ha-rishon » ? Et encore, la-bas où il est écrit : « Le jour rishon, repos, et le jour huitième, repos », dirait-on que rishon signifie ce qui est antérieur ?
La-bas, le cas se distingue, car le verset dit : « et le jour huitième, repos ». De même que « huitième » est le huitième de la fête, de même « rishon » est le rishon de la fête.
Deux relances. Le loulav à lui aussi un ha-rishon : à quoi sert son hé, si le mot veut déjà dire le premier jour de la fête ? Et Vayikra 23, 39, « jour rishon, repos, et jour huitième, repos », pourrait se lire comme une veille. Réponse locale : shemini est le huitième de la fête, donc rishon est le premier de la fête.
Pourquoi ai-je besoin de « ha-rishon » ? Pour exclure le hol ha-moed.
Le hol ha-moed s'apprend déjà de « rishon » et de « huitième » !
Le hé servirait à sortir le hol ha-moed du repos et, pour le loulav, des jours où on le prend. La Guemara répond que « rishon » et « huitième » suffisent déjà : le repos n'est écrit qu'à ces deux jours. Rachi : les jours du milieu ne sont pas chabbaton. Les Tossefot : l'exclusion porte sur les deux sujets, et le loulav en médina ne dure qu'un jour.
C'était nécessaire. On aurait pu se dire : puisque le Miséricordieux a écrit « et le jour huitième », le vav ajoute au sujet précédent, et cela vaudrait même le hol ha-moed.
Cela vient nous l'apprendre.
Le vav de « et le huitième jour » pourrait tirer les jours d'avant dans le même repos. Rachi : ces jours précédents sont le hol ha-moed. Le hé de ha-rishon vient couper cette lecture.
Et que le Miséricordieux n'écrive ni le vav ni le hé ? Et encore, la-bas où il est écrit : « Le jour rishon, il y aura pour vous une convocation sainte », rishon signifierait-il ce qui est antérieur ?
Si le vav inclut et le hé exclut, les deux lettres s'annulent. Rachi : on écrit le vav, qui élargit, et le hé devient nécessaire pour restreindre. Deuxième objection : à Pessa'h aussi, « le jour rishon, convocation sainte » (Vayikra 23, 7). Ce rishon viserait-il la veille, où le travail est permis ?
Plutôt, ces trois « rishon » sont nécessaires pour ce qu'enseigné l'école de Rabbi Yishmael. Car l'école de Rabbi Yishmael à enseigné : en récompense de trois « rishon », ils ont mérité trois « rishon » : retrancher la descendance d'Essav, la construction du Beth ha-Mikdach, et le nom du Machiah.
Les objections tombent ensemble. Les trois rishon des fêtes, mikra kodech de Pessa'h, mikra kodech de Souccot et loulav, portent la deracha de récompense. Ils fonctionnent comme un nom. Le verset de la hashbata reste libre pour le 14. Rachi nomme les trois mitsvot. Les Tossefot : plusieurs occurrences dans une même mitsva comptent pour un seul rishon, et les rishon du mikra kodech vont à cette deracha.
Le Ben Yehoyada déploie le sod de la récompense : trois fois le 15 font 45, nombre d'Adam et du shem Havaya en miloui alefin ; Pessa'h et Essav, Souccot et le Temple, loulav et le nom du Machiah.
Pour retrancher la descendance d'Essav, ainsi qu'il est écrit : « Le rishon sortit, roux, tout entier comme un manteau de poil ». Et pour la construction du Beth ha-Mikdach, ainsi qu'il est écrit : « Trône de gloire, hauteur des l'origine, lieu de notre sanctuaire ».
Et pour le nom du Machiah, ainsi qu'il est écrit : « Rishon pour Tsion, les voici ».
Trois versets où le mot rishon porte la récompense. Essav : Berechit 25, 25. Le sanctuaire : Yirmeyahou 17, 12, merishon. Le Machiah : Yeshayahou 41, 27, rishon le-Tsion.
Rava à dit, d'ici : « Tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de mon sacrifice » : tu n'égorgeras pas le Pessa'h tant que le hamets existe encore.
Deuxième source, celle de Rava (Chemoth 34, 25). Le Pessa'h ne s'égorgé que lorsque le hamets à déjà cesse. Rachi cale bein ha-arbayim sur le début de la septième heure : les murs qui blanchissent à midi, et le décalage d'une demi-heure pour les murs du Mikdach, trop larges à la base. Les Tossefot : le tamid passe d'abord, mais un Pessa'h égorgé avant lui reste kacher be-diavad. L'heure de Tora compte donc des midi.
Et si l'on dit : chacun au moment où il égorgé ? Le Miséricordieux a parlé du temps de la chehita.
Lecture possible : chacun fait cesser le hamets juste avant d'égorger le sien. Un homme qui égorge à la neuvième heure attendrait la neuvième. Réponse : le verset parle du zman shehita, une heure unique. Les Tossefot gardent les deux plans. Le lav de celui qui égorge sur le hamets suit chaque chehita. La hashbata, elle, est fixée à l'ouverture de ce temps, pour tout le monde.
On enseigné aussi ainsi dans une baraita : « Mais le jour rishon vous ferez cesser le seor de vos maisons », des la veille de yom tov. Ou bien cela viserait-il yom tov lui-même ?
Le verset dit : « Tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de mon sacrifice » : tu n'égorgeras pas le Pessa'h tant que le hamets existe encore. Paroles de Rabbi Yishmael.
La baraita reprend la lecture de la veille. Rabbi Yishmael écarte yom tov par lo tishhat. Les Tossefot notent l'écart : plus haut, l'école de Rabbi Yishmael avait lu le 14 dans « au rishon, le quatorzième jour ». Ailleurs, la Guemara confronte le maître et son école.
Rabbi Akiva dit : il n'en a pas besoin. Voici qu'il dit : « Mais le jour rishon vous ferez cesser le seor de vos maisons », et il est écrit : « Aucun travail vous ne (ferez) », et nous trouvons que l'allumage est un av melakha.
Rabbi Akiva se passe du verset de la chehita. Faire cesser le hamets par le feu est une hav'ara, et la hav'ara est un av melakha. À yom tov, « aucun travail » est écrit. Rachi : ce feu est she-lo le-tsorekh, hors du besoin de la fête. Le rishon du verset est donc le 14.
Les Tossefot répondent à une objection : une fois le hamets en braises, la jouissance est permise, comme pour l'orla. Le Ri tient malgré cela l'interdit de Tora. Soit tashbitu vise aussi celui qui n'a pas besoin des braises. Soit l'allumage, inutile à son début, reste interdit, sur le modèle des nedarim et nedavot à yom tov.
Rabbi Yossi dit : il n'en a pas besoin. Voici qu'il dit : « Mais le jour rishon vous ferez cesser le seor de vos maisons », des la veille de yom tov.
Ou bien cela viserait-il yom tov ? Le verset dit « akh », qui partage.
Et si c'était yom tov lui-même, cela serait-il permis ? Or la hashbata du seor est mise en regard de la consommation du hamets, et la consommation du hamets de la consommation de la matsa.
Rava à dit :
Rabbi Yossi revient au mot akh. Il partage le jour : une part où le hamets peut encore rester. Ce partage ne tient pas à yom tov. Le hekesh du début du daf cale la hashbata sur la matsa de la nuit : des la nuit, plus rien ne reste permis. Rachi : sans akh, on aurait lu un bein ha-shemashot, simple début du jour. Avec akh, le verset laisse une vraie part du jour de l'élimination.
Rava à dit ouvre la suite, au daf suivant. Le Roch attaché ici rassemble le pesak : location be-hezkat badouk, heures de Rabbi Meir et de Rabbi Yehouda, dérivation de Rava, puis la baraita de bal yerae et de bal yimatze, dépôts, ahariout, et le débat des Gueonim sur le déposant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).