Pesachim 5b — Biour par le feu, gezera shava, hamets d'un goy

Pesachim 5b

Sougya : La guemara tire de Rabbi Akiva trois halakhot : le biour du hamets ne se fait que par serifa, la havara est sortie du verset pour diviser les avot melakha, et le feu permis à yom tov pour un besoin ne l'est pas hors de ce besoin. Une baraita déploie ensuite lo yimatse et lo yerae : lekha laisse voir le hamets d'autrui et du Haut, lo yimatse interdit de cacher le sien et de recevoir un dépôt.

Une gezera shava seor-seor fait passer ces régimes des maisons aux territoires, et l'inverse. Abaye et Rava discutent le goy soumis qui habite la cour.

Avec aharayut, le hamets dépose est comme le tien, comme Rava l'ordonné aux gens de Mehoza pour le pain des soldats.

Trois halakhot tirées de Rabbi Akiva Le premier jour est la veille : on ne brûle pas le hamets à yom tov Biour = serifa Rabbi Yehouda Appris du notar Autre moyen : chiens, mer. On pourrait alors attendre yom tov pour éliminer Havara le-halek Rabbi Natan C'est un av melakha Chaque av se compte seul L'autre avis : elle est sortie pour un lav Feu borne au besoin Feu permis pour un besoin okhel nefech Brûler le hamets reste hors de ce besoin donc interdit à yom tov
Rabbi Akiva place le biour la veille, parce que le feu est interdit à yom tov. Trois halakhot en sortent.
Gezera shava : seor des maisons, seor des territoires Maisons Territoires Avant : lo yimatse bal yerae, bal yimatse cacher, recevoir un dépôt pas de lekha : autrui est inclus Avant : lo yerae lekha le tien seul est interdit autrui et le Haut : permis fosses, tranchées, cavernes seor / seor : gezera shava Maisons, après reçoivent le lekha autrui et le Haut : permis Territoires, après reçoivent les quatre interdits voir, trouver, cacher, dépôt
Avant la gezera shava, maisons et territoires n'ont pas le même régime. Seor / seor fait passer chaque régime dans l'autre lieu.
Hamets d'un goy dans la maison Sans aharayut Tu ne paies ni vol ni perte Le hamets reste au goy permis Avec aharayut Volé où perdu : tu paies Il compte comme le tien interdit Mehoza : Rava fait retirer le hamets des soldats La troupe impose ses vivres. Perte où vol : les habitants paient. Abaye : inverse L'interdit vise d'abord le goy soumis Rava : ne renverse pas La phrase porte sur la permission
Dépôt d'un goy : l'aharayut le rend comme le tien. Abaye et Rava lisent autrement le goy soumis qui habite la cour.
1
שְׁמַע מִינַּהּ מִדְּרַבִּי עֲקִיבָא תְּלָת. שְׁמַע מִינָּה: אֵין בִּיעוּר חָמֵץ אֶלָּא שְׂרֵיפָה, וּשְׁמַע מִינָּהּ: הַבְעָרָה לְחַלֵּק יָצָאת, וּשְׁמַע מִינָּהּ: לָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְהֻותְּרָה הַבְעָרָה לְצֹורֶךְ — הֻותְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ.

On en apprend trois choses de Rabbi Akiva. On en apprend : il n'y a de biour (élimination) du hamets que par serifa (brûlage).

On en apprend : la havara (allumage) est sortie pour diviser. On en apprend : nous ne disons pas : puisque la havara à été permise pour un besoin, elle à aussi été permise sans besoin.

📜 Rachi (2)
ש"מ מִדְּלָא נָפְקָא לֵיהּ דְּהַאי יוֹם הָרִאשׁוֹן עֶרֶב יוֹם טוֹב הוּא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאָסוּר לְהַבְעִיר בְּיוֹם טוֹב שְׁמַע מִינַּהּ סְבִירָא לֵיהּ כְּר' יְהוּדָה דְּאָמַר לְקַמָּן בְּפֶרֶק כָּל שָׁעָה [פְּסָחִים כא. וְכָז:] אֵין בִּיעוּר חָמֵץ אֶלָּא שְׂרֵיפָה וְיָלֵיף לָהּ מִנּוֹתָר דְּאִי הַשְׁבָּתָתוֹ בְּכָל דָּבָר סְבִירָא לֵיהּ לוֹקֶמְיָה ביו"ט וִיבַעֲרֶנּוּ בְּדָבָר אַחֵר יַאֲכִילֶנּוּ לִכְלָבִים אוֹ יַשְׁלִיכֶנּוּ לַיָּם:
Du fait qu'il ne tire que ceci, que ce premier jour est la veille de yom tov, parce qu'il est interdit d'allumer à yom tov, on en apprend qu'il tient comme Rabbi Yehouda, qui dit plus loin au chapitre Kol Sha'à (Pesachim 21à et 27b) : il n'y a de biour du hamets que par serifa, et il l'apprend du notar (reste de sacrifice). Car s'il tenait que sa hashbata (mise hors d'usage) se fait par n'importe quel moyen, qu'il place ce jour à yom tov, et qu'il l'élimine par un autre moyen : qu'il le fasse manger aux chiens, où qu'il le jette à la mer.
וש"מ מִדְּקָאָמַר שֶׁהוּא אַב מְלָאכָה סְבִירָא לֵיהּ כַּר' נָתָן דְּאָמַר הַבְעָרָה לְחַלֵּק יְצָאַתָּה דְּתַנְיָא (שַׁבָּת דַּף ע.) הַבְעָרָה לְלָאו יָצָאת שֶׁהָיְתָה בִּכְלַל לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה חָזַר וְהוֹצִיאָהּ מִכְּלָלוֹ וּפְרָט בָּהּ לָאו לְעַצְמָהּ לוֹמַר לָךְ שֶׁאֵינָהּ בְּמִיתַת בֵּית דִּין כִּשְׁאָר מְלָאכוֹת אֶלָּא בְּלָאו זֶה לְבַדּוֹ ר' נָתָן אוֹמֵר לְחַלֵּק יְצָאַתָּה שֶׁלֹּא תֹּאמַר הָעוֹשֶׂה אַרְבָּעָה אוֹ חֲמִשָּׁה אֲבוֹת מְלָאכוֹת בְּשׁוֹגֵג בְּשַׁבָּת אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת דְּהָא חַד לָאו אִיכָּא בְּכוּלְּהוּ וְחַד כָּרֵת לְפִיכָךְ פֵּרֵט בָּהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ לְהַקִּישׁ אֵלֶיהָ מַה הִיא מְיֻוחֶדֶת שֶׁהִיא אַב מְלָאכָה וְחַייָּבִין עָלֶיהָ לְעַצְמָהּ כו' אַלְמָא לְר' יוֹסֵי לָאו אַב מְלָאכָה הִיא:
Du fait qu'il dit que c'est un av melakha (travail principal), il tient comme Rabbi Natan, qui dit : la havara est sortie pour diviser. Car on enseigné (Chabbat 70à) : la havara est sortie pour un lav (interdit négatif). Elle était dans le klal (ensemble) de : tu ne feras aucun travail. On l'a retirée de cet ensemble, et on a détaille pour elle un lav à part, pour te dire qu'elle n'entraîne pas la mort par le tribunal comme les autres melakhot, mais ce lav seul. Rabbi Natan dit : elle est sortie pour diviser, afin que tu ne dises pas : celui qui fait quatre ou cinq avot melakha par shegaga (inadvertance) le chabbat n'est hayav (redevable) que d'une seule, puisqu'il n'y a qu'un seul lav pour toutes et un seul karet. C'est pourquoi on l'a détaillée à part, pour comparer à elle : de même qu'elle est à part, étant un av melakha, et qu'on est hayav pour elle à part, etc. Il en ressort que pour Rabbi Yossi, elle n'est pas un av melakha.
🗂️ Tossefot (2)
לְחַלֵּק יָצָאת מִדְּקָרֵי לָהּ אַב מְלָאכָה וְעוֹד אוֹמֵר רִיבָ"א דְּלָמֶ"ד לְלָאו יְצָאַתָּה לֹא הָיָה אָסוּר ביו"ט כֵּיוָן דְּאֵין שֵׁם מְלָאכָה עָלֶיהָ:
Du fait qu'il l'appelle av melakha. Le Riva dit encore : selon l'avis pour qui elle est sortie pour un lav, elle ne serait pas interdite à yom tov, puisqu'elle ne porte pas le nom de melakha.
לָא אָמְרִינַן מִתּוֹךְ דְּאִי אָמְרִינַן מִתּוֹךְ שָׁרִי אע"ג דְּבָעֵינַן צֹורֶךְ הַיּוֹם קְצָת הָכָא מַה שֶׁמְּבַעֵר הָוֵי צֹורֶךְ:
Car si nous disions mitokh (puisque c'est permis pour un besoin, c'est permis aussi sans ce besoin), ce serait permis, bien que nous exigions un peu de tsorekh ha-yom (besoin du jour) : ici, ce qu'il elimime est un besoin.
💡 Explication

Suite de 5à. Rabbi Akiva ne place le premier jour du verset, celui où l'on fait cesser le seor, qu'à la veille de yom tov. La raison : allumer est interdit le jour de fête. De ce seul point, la guemara sort trois halakhot.

Le biour ne se fait que par serifa. C'est Rabbi Yehouda, qui l'apprend du notar. Si un autre moyen suffisait, chiens où mer, on pourrait garder le hamets jusqu'à yom tov et l'éliminer sans feu. La havara est un av melakha sorti du verset le-halek, pour diviser : chaque av se compte à part. C'est Rabbi Natan. L'autre avis la sort pour un lav seul, hors du karet et de la mort. Enfin, le feu permis pour l'okhel nefech reste dans ce besoin. Brûler le hamets en sort : on écarte le ho'il, que Tossefot nomment mitokh.

2
תָּנוּ רַבָּנַן: ״שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹר לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם״. מַה תַּלְמוּד לוֹמַר? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹר [וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ] בְּכָל גְּבֻלֶךָ״!

Les Sages ont enseigné : Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons. Que vient enseigner le verset ?

N'est-il pas déjà dit : On ne verra pas chez toi de seor, et on ne verra pas chez toi de hamets, dans tout ton territoire !

📜 Rachi (1)
וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור בְּכָל גְּבוּלְךָ הֲרֵי בָּתִּים בַּמַּשְׁמָע:
Les maisons sont déjà comprises.
💡 Explication

Nouvelle baraita. Le verset lo yimatse (il ne se trouvera pas) dans les maisons semble déjà couvert par lo yerae (on ne verra pas) dans tout le territoire. Rachi : gevoul (territoire) inclut les maisons. Le verset des maisons à donc un autre objet. La suite le dit.

3
לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹר״ — שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה, אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַגּוֹי — תַּלְמוּד לוֹמַר ״לֹא יִמָּצֵא״.

Parce qu'il est dit : On ne verra pas chez toi de seor. Le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut.

On pourrait : qu'il le caché, et qu'il reçoive des dépôts du goy. Le verset enseigné : il ne se trouvera pas.

📜 Rachi (4)
לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ דְּמִדְּכָתַב לְךָ מַשְׁמַע מִינָּהּ שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה בְּגִבּוּלִין שֶׁל אֲחֵרִים כְּגוֹן נָכְרִי וְשֶׁל גָּבוֹהַּ אִם הִקְדִּישָׁם לְבֶדֶק הַבַּיִת:
Du fait qu'il est écrit lekha (chez toi), on en tire : le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois, dans les territoires, celui des autres, par exemple un nokhri (non-juif), et celui du Haut, si tu les as consacrés au bedek ha-bayit (entretien du Temple).
יָכוֹל נִלְמוֹד מִמִּקְרָא זֶה שֶׁיַּטְמִין אֶת שֶׁלּוֹ בַּיָּד שֶׁלֹּא יִרְאֶנּוּ וְדַיּוֹ דְּהָא לֹא יֵרָאֶה כְּתִיב:
Nous apprendrions de ce verset qu'il caché le sien de sa main, pour ne pas le voir, et que cela suffit, puisqu'il est écrit : on ne verra pas.
וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִי דְּהָא כְּתִיב לְךָ:
Puisqu'il est écrit lekha.
ת"ל לֹא יִמָּצֵא אָסַר לְךָ הַטְמָנָה שֶׁאַף הִיא בִּכְלַל מְצִיאָה וְאָסַר לְךָ שֶׁל אֲחֵרִים דְּהָכָא לָא כְּתִיב לְךָ:
Il t'interdit la hatmana (dissimulation), car elle aussi entre dans le fait de se trouver. Et il t'interdit celui des autres, car ici lekha n'est pas écrit.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ הִקְשָׁה הָרַב ר' יַעֲקֹב דאורליי"נש דְּהָכָא לָא מַצְרִיךְ תְּרֵי קְרָאֵי לִמְעוּטֵי נָכְרִי וְגָבוֹהַּ דְּמֵחַד לְךָ מְמַעֲטִינַן תַּרְוַייְהוּ אע"ג דִּתְלָתָא לְךָ כְּתִיבִי וּבְפֶ' כָּל שָׁעָה (לְקַמָּן פְּסָחִים כג.) מַשְׁמַע דִּצְרִיכִי כּוּלְּהוּ וּבִמְנָחוֹת בְּפֶרֶק רַבִּי יִשְׁמָעֵאל (מְנָחוֹת דַּף סז. וְשָׁם) קָאָמַר תְּרֵי עֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּתִיבִי חַד לִמְעוּטֵי נָכְרִי וְחַד לִמְעוּטֵי הֶקְדֵּשׁ וּמִיהוּ בִּסְפָרִים מְדֻויָּקִים גָּרַס חַד כְּדֵי עֲרִיסוֹתֵיכֶם פֵּירוּשׁ כְּשִׁיעוּר עִיסַּת מִדְבָּר וְחַד לְעִיסַּת הֶקְדֵּשׁ וְכֵן נִרְאֶה דִּבְרֵאשִׁית הַגֵּז (חֻולִּין קַלָּה:) דָּרְשִׁינַן מֵעֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּדֵי עִיסַּתְכֶם:
Rav Yaakov d'Orléans objecte : ici, on n'exige pas deux versets pour exclure le nokhri et le Haut. D'un seul lekha, nous excluons les deux, bien que lekha soit écrit trois fois. Au chapitre Kol Sha'à (plus loin, Pesachim 23à), il ressort qu'ils sont tous nécessaires. À Menahot, au chapitre Rabbi Yishmael (Menahot 67a, et la-bas), il dit : vos pâtes est écrit deux fois, un pour exclure le nokhri, un pour exclure le heqdesh. Toutefois, dans les livres précis, la leçon est : un pour la mesure de vos pâtes, c'est-à-dire la quantité de la pâte du désert, et un pour la pâte du heqdesh. Il paraît ainsi, car à reishit ha-gez (Chullin 135b) nous derashons de vos pâtes : la mesure de votre pâte.
💡 Explication

Lekha limite l'interdit au hamets qui t'appartient. Celui d'un goy et celui du Haut (gavoha, heqdesh, ici le bedek ha-bayit) peuvent rester visibles. De la, deux permissions trop larges : cacher le sien, puisque la vue seule est interdite, et recevoir un pikadon (dépôt) d'un goy, puisque ce hamets n'est pas lekha.

Lo yimatse ferme les deux. La cachette reste une présence : le hamets se trouve. Et ce verset n'a pas de lekha : le hamets d'autrui dans la maison est aussi vise. Tossefot notent qu'ici un seul lekha exclut à la fois le nokhri et le Haut, alors que d'autres sugyot semblent exiger un verset par exclusion.

4
אֵין לִי אֶלָּא בְּגוֹי שֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ, וְאֵין שָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר. גּוֹי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ, וְשָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם״.

Je n'ai appris cela que pour un goy que tu n'as pas soumis, et qui ne réside pas avec toi dans la cour. Un goy que tu as soumis, et qui réside avec toi dans la cour, d'où ?

Le verset enseigné : il ne se trouvera pas dans vos maisons.

📜 Rachi (2)
אֵין לִי מִלֹּא יִמָּצֵא דְּאָסוּר אֶלָּא נָכְרִי שֶׁלֹּא כִּבַּשְׁתּוֹ תַּחַת יָדֶיךָ וְאֵינוֹ שָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר וּלְקַמֵּיהּ פָּרִיךְ אִיפְּכָא מִסְתַּבְּרָא:
De lo yimatse, ce qui est interdit : seulement un nokhri que tu n'as pas soumis sous ta main, et qui ne réside pas avec toi dans la cour. Plus loin, on objecte : l'inverse est plus logique.
נָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ תַּחַת יָדְךָ דְּהָוֵי מָמוֹנוֹ כְּמָמוֹנְךָ אוֹ שֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ אֲבָל שָׁרוּי בַּחֲצֵרְךָ מִנַּיִן תַּלְמוּד לוֹמַר לֹא יִמָּצֵא לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ לָהּ:
Son bien est comme ton bien. Ou bien tu ne l'as pas soumis, mais il réside dans ta cour : d'où ? Le verset enseigné : il ne se trouvera pas. Plus loin, il l'explique.
💡 Explication

La baraita lit lo yimatse comme un élargissement. Le cas déjà connu : un goy que tu n'as pas soumis (hors de ta domination) et qui vit hors de ta cour. Le cas à prouver : le goy soumis, qui habite ta cour. Rachi coupe en deux cas : soumis, son bien ressemble au tien ; où non soumis, mais présent dans ta cour.

L'ordre étonne. Le soumis, proche de toi, semble le cas le plus évident. La guemara le reprend plus bas : kelapei laya.

5
אֵין לִי אֶלָּא שֶׁבְּבָתֵּיכֶם. בְּבוֹרוֹת בְּשִׁיחִין וּבִמְעָרוֹת מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״בְּכָל גְּבֻלֶךָ״.

Je n'ai appris cela que pour ce qui est dans vos maisons. Les borot (fosses), les shihin (tranchées) et les me'arot (cavernes), d'où ?

Le verset enseigné : dans tout ton territoire.

📜 Rachi (2)
וְאֵין לִי אֶלָּא בְּבָתִּים כְּלוֹמַר וְאִם נֶאֱמַר זֶה וְלֹא נֶאֱמַר וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור הָיִיתִי אוֹמֵר אֵין לִי שֶׁאָסוּר לִשְׁהוֹת חָמֵץ אֶלָּא בַּבָּתִּים מִפְּנֵי שֶׁהוּא מָצוּי אֶצְלוֹ תָּמִיד דְּהָא בְּהַאי קְרָא בָּתִּים הוּא דִּכְתִיב:
C'est-à-dire : si celui-ci était dit, et que on ne verra pas chez toi de seor n'était pas dit, je dirais : je n'ai d'interdit de laisser subsister du hamets que dans les maisons, parce qu'il se trouve constamment auprès de lui. Dans ce verset, ce sont les maisons qui sont écrites.
תַּלְמוּד לוֹמַר בְּכָל גְּבֻולֶךָ בִּקְרָא דְּלָא יֵרָאֶה כְּתִיב:
C'est écrit dans le verset de on ne verra pas.
💡 Explication

Deuxième élargissement, de lieu. Lo yimatse ne nomme que les maisons. Fosses, tranchées et cavernes viennent de be-khôl gevulekha, dans tout ton territoire, qui est le verset de lo yerae.

6
וַעֲדַייִן אֲנִי אוֹמֵר: בַּבָּתִּים עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַגּוֹי. בַּגִּבּוּלִין — שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה, אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. מִנַּיִין לִיתֵּן אֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה וְשֶׁל זֶה בָּזֶה?

Et je dis encore : dans les maisons, on transgresse pour bal yerae (on ne verra pas), bal yimatse (il ne se trouvera pas), bal yatmin (on ne cachera pas) et bal yekabel pikdonot (on ne recevra pas de dépôts) du goy. Dans les territoires : le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut.

D'où donner ce qui est dit de l'un à l'autre, et de l'autre à l'un ?

📜 Rachi (1)
וַעֲדַיִין אע"פ שֶׁנֶּאֱמַר שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לִי לוֹמַר בְּבָתִּים עוֹבֵר בְּכָל אֵלּוּ דְּהָא לֹא יִמָּצֵא דְּמַשְׁמַע אֲפִילּוּ הַטְמָנָה לֹא כָּתַב אֶלָּא בְּבָתִּים וְלֹא כְּתַב בְּהוּ נַמֵּי לְךָ לְהוֹצִיא שֶׁל אֲחֵרִים אֲבָל בְּגִבּוּלִין בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת כָּתַב לְךָ וַאֲנִי אוֹמֵר אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה בָּהֶן שֶׁל אֲחֵרִים מִנַּיִן לִיתֵּן קוֹלוֹ שֶׁל זֶה בָּזֶה וְחָומְרוֹ שֶׁל זֶה בָּזֶה ת"ל כּוּ' וּלְקַמֵּיהּ פָּרֵיךְ מַאי קָאָמַר דְּמַייְתִי לָהּ שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ לְאִיסּוּרָא וּלְהֶתֵּירָא הָכָא וְהָכָא:
Bien que les deux soient dits, j'ai à dire : dans les maisons, on transgresse pour tous ceux-là. Car lo yimatse, qui vise même la hatmana, n'est écrit que pour les maisons, et lekha n'y est pas écrit non plus pour en sortir celui des autres. Mais dans les territoires, fosses, tranchées et cavernes, lekha est écrit, et je dis : tu y vois celui des autres. D'où donner le koul (côté léger) de l'un à l'autre, et le houmer (côté rigoureux) de l'un à l'autre ? Le verset enseigné, etc. Plus loin, on objecte : que dit-il, lui qui amène celui des autres et celui du Haut, à l'interdit et au permis, ici et la ?
💡 Explication

Les deux versets, lus chacun à sa place, ne se recouvrent pas. Les maisons portent le houmer : quatre interdits, et pas de lekha pour sortir le hamets d'autrui. Les gevulin portent le koul : lekha, donc seul le tien est interdit, celui des autres et du Haut reste permis. La question demande de faire passer chaque régime dans l'autre lieu.

7
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״שְׂאוֹר״ ״שְׂאוֹר״ לִגְזֵירָה שָׁוָה. נֶאֱמַר שְׂאוֹר בַּבָּתִּים: ״שְׂאֹר לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם״, וְנֶאֱמַר שְׁאֵר בְּגִבּוּלִין: ״לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹר״. מַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים — עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַגּוֹיִם, אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין — עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַגּוֹיִם.

Le verset enseigné : seor, seor, pour une gezera shava (analogie verbale). Seor est dit pour les maisons : du seor ne se trouvera pas dans vos maisons.

Et seor est dit pour les territoires : on ne verra pas chez toi de seor. De même que le seor dit pour les maisons, on transgresse pour bal yerae, bal yimatse, bal yatmin et bal yekabel pikdonot des goyim, de même le seor dit pour les territoires, on transgresse pour bal yerae, bal yimatse, bal yatmin et bal yekabel pikdonot des goyim.

💡 Explication

Premier sens de la gezera shava. Le mot seor est commun aux deux versets. Le régime des maisons, les quatre interdits, passe aux territoires : fosses, tranchées et cavernes reçoivent bal yerae, bal yimatse, l'interdiction de cacher et celle de recevoir un dépôt.

🖼️ Schéma
Gezera shava : seor des maisons, seor des territoires Maisons Territoires Avant : lo yimatse bal yerae, bal yimatse cacher, recevoir un dépôt pas de lekha : autrui est inclus Avant : lo yerae lekha le tien seul est interdit autrui et le Haut : permis fosses, tranchées, cavernes seor / seor : gezera shava Maisons, après reçoivent le lekha autrui et le Haut : permis Territoires, après reçoivent les quatre interdits voir, trouver, cacher, dépôt
Seor / seor : les quatre interdits passent aux territoires, et le lekha passe aux maisons.
8
וּמַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין — שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה, אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ, אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים — שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה, אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ.

Et de même que le seor dit pour les territoires : le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut, de même le seor dit pour les maisons : le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut.

💡 Explication

Sens inverse. Le lekha des territoires passe aux maisons. Dans la maison aussi, le hamets d'autrui et celui du Haut peuvent être vus. Ce koul revient sur la permission du début, et la guemara s'en sert plus bas pour la question des dépôts.

9
אָמַר מַר: אֵין לִי אֶלָּא בְּגוֹי שֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ, וְאֵין שָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר. גּוֹי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ, וְשָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לֹא יִמָּצֵא״.

Le maître à dit : je n'ai appris cela que pour un goy que tu n'as pas soumis, et qui ne réside pas avec toi dans la cour. Un goy que tu as soumis, et qui réside avec toi dans la cour, d'où ?

Le verset enseigné : il ne se trouvera pas.

⚖️ Rosh (1)
אִיבְּעִי' לְהוּ הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵירוֹ בְּחֶזְקַת בָּדוּק וּמְצָאוֹ שֶׁאֵינוֹ בָּדוּק מַהוּ מִי הָוֵי מֶקַח טָעוּת אוֹ לָא וּפְשִׁיט אַבַּיֵּי דְּלָא הָוֵי מֶקַח טָעוּת בֵּין בְּאַתְרָא דְּיָהֲבִי אַגְרָא וּבָדְקִי בֵּין בְּאַתְרָא דְּבָדְקִי אִינְהוּ גּוּפַיְיהוּ. מ"ט נִיחָא לֵיהּ לְאִינִישׁ לְקַיּוֹמֵי מִצְוָה בֵּין בְּגוּפֵיהּ בֵּין בְּמָמוֹנֵיהּ. תְּנַן הָתָם ר"מ אוֹמֵר אוֹכְלִין כָּל חָמֵשׁ וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אוֹכְלִין כָּל ד' וְתוֹלִין כָּל חָמֵשׁ וְשׂוֹרְפִין בִּתְחִלַּת שֵׁשׁ. דְּכֻולֵּי עָלְמָא חָמֵץ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה צָרִיךְ לְבַעֲרוֹ מִן הַבַּיִת מִנָּלַן אָמַר רָבָא לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ דַּם זִבְחִי לֹא תִּשְׁחַט אֶת הַפֶּסַח וַעֲדַיִין חָמֵץ קַייָּם. וּזְמַן שְׁחִיטַת הַפֶּסַח בֵּין הָעַרְבַּיִם מִכִּי יִנָּטוּ צִלְלֵי עֶרֶב וְהַיְינוּ בִּתְחִלַּת שֶׁבַע. וְאֵימָא כָּל חַד וְחַד כִּי שָׁחֵיט זְמַן שְׁחִיטָה קָאָמַר רַחֲמָנָא. תָּנוּ רַבָּנַן שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם מַה תַּלְמוּד לוֹמַר וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ. לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ. שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים תַּלְמוּד לוֹמַר לֹא יִמָּצֵא. אֵין לִי אֶלָּא בְּנָכְרִי שֶׁלֹּא כִּבַּשְׁתּוֹ וְאֵין שָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר. נָכְרִי שֶׁכִּבַּשְׁתּוֹ וְשָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר מִנַּיִן. ת"ל לֹא יִמָּצֵא. אֵין לִי אֶלָּא בְּבָתִּים. בְּבוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת מִנַּיִן ת"ל בְּכָל גְּבוּלְךָ. וַעֲדַיִין אֲנִי אוֹמֵר בַּבָּתִּים עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים וּבַגְּבוּלִים שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. מִנַּיִן לִיתֵּן אֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה וְשֶׁל זֶה בָּזֶה. ת"ל שְׂאוֹר שְׂאוֹר לג"ש. נֶאֱמַר שְׂאוֹר בַּבָּתִּים וְנֶאֱמַר שְׂאוֹר בְּגִבּוּלִין מַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים עוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא וּבַל יַטְמִין וּבַל יְקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין כֵּן. וּמַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִין שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים כֵּן. אָמַר מָר יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַנָּכְרִים ת"ל לֹא יִמָּצֵא וְהָאָמְרַתְּ שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. לָא קַשְׁיָא הָא דְּקַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת הָא דְּלָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת. אִי קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחֲרָיוּת אָסוּר דַּהֲוָה לֵיהּ כְּדִידֵיהּ. כִּדְאָמַר לְהוּ רָבָא לִבְנֵי מָחוֹזָא בַּעִירוּ חֲמִירָא דִּבְנֵי חֵילָא מִבָּתַּיְיכוּ כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִיתְבַּד אוֹ מִיגְנָב בִּרְשׁוּתַייְכוּ קָאֵי וּבָעִיתוּ לְשַׁלּוֹמֵי כְּדִידְכוּ דָּמֵי. וְאִי לָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת שָׁרִי. יֵשׁ אוֹמְרִים דַּוְקָא ש"ש דְּחַיָּיב בִּגְנֵיבָה וַאֲבֵידָה אֲבָל ש"ח לֹא וְדָיְיקִינַן מִלִּישָּׁנָא דְּאִילּוּ מִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד וְכֵן כָּתַב ר"י. ובה"ג כָּתַב דְּאַפֵּי' ש"ח נָמֵי. וּמִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד בִּפְשִׁיעָה קָאָמַר. וּמִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמֵימַר וּבְעֵיתוּ לְשַׁלּוֹמֵי הֻוצְרַךְ לוֹמַר מִיגְנָב אוֹ מִיתְבַּד. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פ"ד מֹהַל' חָמֵץ וּמַצָּה הֵל' ד' כָּתַב שֶׁאִם הַנָּכְרִי אַלָּם וְכוֹפֵהוּ לְשַׁלֵּם אע"פ שֶׁלֹּא קִבֵּל עָלָיו אַחֲרָיוּת כְּדִידֵיהּ דָּמֵי וְאָסוּר. יֵשׁ מִן הַגְּאוֹנִים שֶׁאָמְרוּ יִשְׂרָאֵל שֶׁהִפְקִיד חֲמֵצוֹ אֵצֶל נָכְרִי אוֹ אֵצֶל יִשְׂרָאֵל חֲבֵירוֹ וְקִבֵּל הַנִּפְקָד עָלָיו אַחֲרָיוּת הַנִּפְקָד חַיָּיב בְּבִיעוּרוֹ וְלֹא הַמַּפְקִיד אע"פ שֶׁהוּא שֶׁלּוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ בִּרְשׁוּתוֹ. וְהֵבִיאוּ רְאָיָה מִמְּכִילְתָּא דְּתָנֵי הָתָם בְּבָתֵּיכֶם לָמָּה נֶאֱמַר. לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר בְּכָל גְּבוּלְךָ שׁוֹמֵעַ אֲנִי כִּפְשׁוּטוֹ. ת"ל בְּבָתֵּיכֶם מַה בֵּיתְךָ בִּרְשׁוּתְךָ אַף גְּבוּלְךָ בִּרְשׁוּתֵךְ. יָצָא חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי בִּרְשׁוּת יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּא בְּבֵיתוֹ וְאֵינוֹ יָכוֹל לְבַעֲרוֹ. יָצָא חֲמֵצוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל בִּרְשׁוּת הַנָּכְרִי שֶׁהוּא שֶׁלּוֹ וְאֵין בִּרְשׁוּתוֹ. וה"ר יוֹנָה זַ"ל הָיָה אוֹמֵר דִּלְעוֹלָם בִּרְשׁוּת הַמַּפְקִיד הוּא וְחַיָּיב לְבַעֲרוֹ מִן הַתּוֹרָה. כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶ' מְרֻובֶּה (בָּבָא קַמָּא דַּף עו.) וְגוֹנֵב מִבֵּית הָאִישׁ. וְלֹא מִבֵּית הֶקְדֵּשׁ. כָּךְ מָצָאתִי בְּשֵׁם ה"ר יוֹנָה זַ"ל וְלֹא הֵבַנְתִּי רְאָייָתוֹ. וְגַם לֹא כָּתַב לְפָרֵשׁ הָא דִּמְכִילְתָּא שֶׁהֵבִיאוּ מִמֶּנָּה רְאָיָה. ונ"ל דְּדָבָר פָּשׁוּט הוּא דאע"פ שֶׁהַנִּפְקָד קִבֵּל עָלָיו אַחְרָיוּת מ"מ עִיקַּר הַמָּמוֹן שֶׁל הַבְּעָלִים הוּא וְכֵיוָן שֶׁהִשְׁאִילוֹ הַנִּפְקָד בֵּיתוֹ לִשְׁמִירַת מָמוֹנוֹ קָרֵינָא בֵיהּ בֵּיתוֹ. וְהַהִיא דִּמְכִילְתָּא מַייְרֵי בְּנָכְרִי שֶׁהִלְוָה לְיִשְׂרָאֵל עַל חֲמֵצוֹ כְּדִתְנַן בְּפֶ' כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים ד' לא.).
On a posé la question : celui qui loue une maison à son prochain dans la hazaka qu'elle est beduka (vérifiée), et qui la trouve non vérifiée, qu'en est-il ? Y a-t-il mekah ta'out (marche fonde sur une erreur), où non ? Abaye tranche : il n'y a pas mekah ta'out, que ce soit dans un lieu où l'on donne un salaire et où l'on fait vérifier, où dans un lieu où ils vérifient eux-mêmes. Quelle est la raison ? Il convient à l'homme d'accomplir la mitsva, par son corps comme par son argent. On enseigné la-bas : Rabbi Meir dit : on mange pendant toutes les cinq heures, et l'on brûle au début de la sixième. Rabbi Yehouda dit : on mange pendant toutes les quatre, on suspend pendant toute la cinquième, et l'on brûle au début de la sixième. Pour tout le monde, le hamets, à partir de six heures et au-delà, doit être élimine de la maison. D'où ? Rava à dit : Tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de Mon sacrifice : tu n'égorgeras pas le pesah tant que le hamets subsiste. Le temps de la shehita du pesah est bein ha-arbayim, des que les ombres du soir penchent, c'est-à-dire au début de la septième heure. Et je dirais : chacun, au moment où il égorgé, c'est l'heure de la shehita que dit le Miséricordieux. Les Sages ont enseigné : sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons. Que vient enseigner le verset ? N'est-il pas déjà dit : on ne verra pas chez toi de seor, et on ne verra pas chez toi de hamets. Parce qu'il est dit : on ne verra pas chez toi de seor, et on ne verra pas chez toi de hamets. Le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut. On pourrait : qu'il le caché, et qu'il reçoive des dépôts des nokhrim. Le verset enseigné : il ne se trouvera pas. Je n'ai appris cela que pour un nokhri que tu n'as pas soumis, et qui ne réside pas avec toi dans la cour. Un nokhri que tu as soumis, et qui réside avec toi dans la cour, d'où ? Le verset enseigné : il ne se trouvera pas. Je n'ai appris cela que pour les maisons. Fosses, tranchées et cavernes, d'où ? Le verset enseigné : dans tout ton territoire. Et je dis encore : dans les maisons, on transgresse pour bal yerae, bal yimatse, bal yatmin et bal yekabel pikdonot des nokhrim, et dans les territoires, le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut. D'où donner ce qui est dit de l'un à l'autre, et de l'autre à l'un ? Le verset enseigné : seor, seor, pour une gezera shava. Seor est dit pour les maisons, et seor est dit pour les territoires. De même que le seor dit pour les maisons, on transgresse pour bal yerae, bal yimatse, bal yatmin et bal yekabel pikdonot des nokhrim, de même le seor dit pour les territoires. Et de même que le seor dit pour les territoires, le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut, de même le seor dit pour les maisons. Le maître à dit : on pourrait cacher et recevoir des dépôts des nokhrim, le verset enseigné : il ne se trouvera pas. Mais tu as dit : le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut. Pas de difficulté : ici, il à accepté sur lui l'aharayut, la, il ne l'a pas acceptée. S'il à accepté l'aharayut, c'est interdit, car c'est comme le sien. Comme Rava le dit aux gens de Mehoza : enlevez le hamets des soldats de vos maisons. Puisque, s'il était perdu où volé, il se tient dans votre reshut et vous devez payer, il compte comme le votre. Et s'il n'a pas accepté l'aharayut, c'est permis. Certains disent : seulement un shomer sakhar (gardien payé), redevable pour le vol et la perte, et un shomer hinam (gardien gratuit), non. Nous le tirons du langage : s'il était volé où perdu. Ainsi à écrit le Ri. Le Bahag à écrit : même un shomer hinam. Et volé où perdu vise une peshia (négligence). Parce qu'il voulait dire : et vous devez payer, il à eu besoin de dire : volé où perdu. Le Rambam, chapitre 4 des lois du hamets et de la matsa, halakha 4, à écrit : si le nokhri est un alem (violent) et le force à payer, bien qu'il n'ait pas accepté l'aharayut, cela compte comme le sien, et c'est interdit. Certains Gueonim ont dit : un Israël qui a déposé son hamets chez un nokhri, où chez un autre Israël, et le dépositaire à accepté l'aharayut, le dépositaire est tenu du biour, et le déposant ne l'est pas, bien que le hamets soit à lui, puisqu'il n'est pas dans sa reshut. Ils en apportent la preuve de la Mekhilta, où l'on enseigné : dans vos maisons, pourquoi est-ce dit ? Parce qu'il est dit : dans tout ton territoire, j'entendrais le sens simple. Le verset enseigné : dans vos maisons. De même que ta maison est dans ta reshut, de même ton territoire est dans ta reshut. En sort le hamets du nokhri qui est dans la reshut d'un Israël : il est dans sa maison, et il ne peut pas l'éliminer. En sort le hamets d'un Israël qui est dans la reshut du nokhri : il est à lui, et il n'est pas dans sa reshut. Rabbeinou Yona disait : il reste toujours dans la reshut du déposant, et celui-ci est tenu de l'éliminer de la Tora. Comme nous disons au chapitre Meruba (Bava Kamma 76a) : et il volé de la maison de l'homme, et non de la maison du heqdesh. Ainsi ai-je trouve au nom de Rabbeinou Yona, et je n'ai pas compris sa preuve. Il n'a pas non plus écrit d'explication de ce passage de la Mekhilta dont ils tirent la preuve. Il me semble que la chose est simple : bien que le dépositaire ait accepté l'aharayut, le fond du bien appartient aux propriétaires. Puisque le dépositaire à prêté sa maison pour la garde de leur bien, nous y lisons : sa maison. Et ce passage de la Mekhilta parle d'un nokhri qui a prêté à un Israël sur son hamets, comme la mishna l'enseigne au chapitre Kol Sha'à (Pesachim 31).
💡 Explication

La guemara reprend la phrase sur le goy soumis pour l'examiner. Le Roch, sur ce passage, rassemble d'abord le pesak de la location beduka, puis l'heure du biour, puis toute la baraita, et il tranche le dépôt : aharayut, interdit ; sans aharayut, permis. Il distingue ensuite shomer sakhar et shomer hinam, le nokhri violent du Rambam, et le débat des Gueonim avec Rabbeinou Yona sur qui doit faire le biour d'un hamets dépose.

10
כְּלַפֵּי לְייָא! אָמַר אַבַּיֵּי: אִיפּוּךְ.

Kelapei laya (cela penche à l'envers) ! Abaye dit : inverse.

📜 Rachi (3)
כְּלַפֵּי לְיָיא שְׁתֵּי מִלּוֹת כְּלַפֵּי הֵיכָן נוֹטֶה דָּבָר זֶה הָא אִיפְּכָא מִסְתַּבְּרָא נָכְרִי שֶׁכִּבַּשְׁתּוֹ מִסְתַּבְּרָא דְּאָסוּר טְפֵי:
Deux mots : vers où cette chose penche-t-elle ? L'inverse est plus logique. Un nokhri que tu as soumis, il est plus logique qu'il soit davantage interdit.
לְיָיא הֵיכָן וַחֲבֵירוֹ בִּבְרָכוֹת בְּפֶרֶק הָרוֹאֶה (בְּרָכוֹת דַּף נח.) חַצְבֵי לְנַהְרָא כַּגְנֵי לְיָיא חֲרָסִים שְׁבוּרִים לְהֵיכָן הוֹלְכִין:
Ou. Son pareil est à Berakhot, au chapitre Ha-roe (Berakhot 58a) : hatzbei le-nahara kagnei laya, des tessons brisés, vers où vont-ils ?
אִיפּוּךְ אֵין לִי דְּאָסוּר אֶלָּא בְּנָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ דְּהָוֵי דֻּומְיָא דְּשֶׁלְּךָ נָכְרִי שֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ מִנַּייִן תַּלְמוּד לוֹמַר לֹא יִמָּצֵא וְלֹא כְּתַב לֹא תִּמָּצֵא אֲבָל לֹא יִמָּצֵא לְגַמְרֵי מַשְׁמַע:
Je n'ai d'interdit que pour le nokhri que tu as soumis, qui ressemble au tien. Le nokhri que tu n'as pas soumis, d'où ? Le verset enseigné : il ne se trouvera pas. Il n'est pas écrit : tu ne trouveras pas. Lo yimatse (il ne se trouvera pas) vise tout à fait.
💡 Explication

Kelapei laya : l'ordre de la baraita va à rebours du raisonnement. Le goy soumis, dont le bien ressemble au tien, est le cas déjà compris. Le goy libre, hors de ta cour, est celui qu'un verset doit encore inclure.

Abaye renverse la phrase. L'interdit connu vise le soumis. Lo yimatse, et non lo timatse (tu ne trouveras pas), étend l'interdit jusqu'au bout : même le hamets du goy que tu n'as pas soumis ne doit pas se trouver.

🖼️ Schéma
Goy soumis, goy non soumis Baraita, tel quel Déjà su : non soumis, hors de la cour À apprendre : soumis, dans la cour Verset : lo yimatse Abaye : inverse Déjà su : le soumis, semblable au tien À apprendre : celui que tu n'as pas soumis lo yimatse vise tout Rava : permission La phrase commente tu vois celui d'autrui Déjà permis : non soumis Le soumis : d'où permis ? lo yimatse + lekha
Abaye renverse l'ordre de l'interdit. Rava, au segment suivant, lit la même phrase comme une permission.
11
רָבָא אָמַר: לְעוֹלָם לָא תֵּיפוֹךְ, וְאַרֵישָׁא קָאֵי: שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה, אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ. אֵין לִי אֶלָּא בְּגוֹי שֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ, וְאֵין שָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר. גּוֹי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ, וְשָׁרוּי עִמְּךָ בֶּחָצֵר, מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לֹא יִמָּצֵא״.

Rava dit : en réalité, ne renverse pas. Cela porte sur le début : le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut.

Je n'ai appris cela que pour un goy que tu n'as pas soumis, et qui ne réside pas avec toi dans la cour. Un goy que tu as soumis, et qui réside avec toi dans la cour, d'où ?

Le verset enseigné : il ne se trouvera pas.

📜 Rachi (1)
וְאַרֵישָׁא קָאֵי לְהֶיתֵּירָא אֵין לִי דְּמֻותָּר לִרְאוֹת שֶׁל אֲחֵרִים בִּדְלָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחֲרָיוּת כְּדִלְקַמֵּיהּ אֶלָּא שֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ נָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ מִנַּיִן דְּמֻותָּר ת"ל לֹא יִמָּצֵא:
Pour la permission : je n'ai de permis de voir celui des autres, la où il n'a pas accepté sur lui l'aharayut, comme plus loin, que pour celui que tu n'as pas soumis. Un nokhri que tu as soumis, d'où est-il permis ? Le verset enseigné : il ne se trouvera pas.
💡 Explication

Rava laisse le texte dans son ordre, et le rattache à la reisha, la permission : tu vois celui des autres et celui du Haut. Cette permission, d'abord, ne couvre que le goy non soumis, hors de la cour, et la où il n'y a pas d'aharayut. Pour le goy soumis qui habite avec toi, la permission vient de lo yimatse. La difficulté suit : ce verset, lu seul, est un verset d'interdit.

12
וְהַאי תַּנָּא מְיהַדַּר אַהֶיתֵּירָא, וְנָסֵיב לֵהּ קְרָא לְאִיסּוּרָא?! מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר ״לְךָ״ ״לְךָ״ תְּרֵי זִימְנֵי.

Et ce tanna cherche une permission, et il prend pour elle un verset d'interdit ?! Parce qu'il est dit lekha, lekha, deux fois.

📜 Rachi (1)
וּפָרְכִינַן לְרָבָא תַּנָּא מְהַדַּר אַהֶיתֵּירָא וְנָסֵיב לֵהּ לְמִילְּתֵיהּ קְרָא לְאִיסּוּרָא וּמְשַׁנֵּי לְהֶיתֵּירָא קָא נָסֵיב לָהּ מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר בַּגִּבּוּלִין בִּשְׂאוֹר לֵךְ לְךָ תְּרֵי זִימְנֵי לֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור בְּכָל גְּבֻולְךָ שִׁבְעַת יָמִים בְּפָרָשַׁת רָאָה וּכְתִיב לֹא יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ וְלֹא יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹור בְּכָל גְּבוּלְךָ בְּפָרָשַׁת בָּא וְאִם אֵינוֹ עִנְיָן לְהַאי לְךָ בַּגִּבּוּלִין גַּבֵּי רְאִיָּיה דְּהָא כְּבָר אָמוּר תְּנֵיהוּ עִנְיָן לְלֹא יִמָּצֵא וּדְרוֹשׁ בֵּיהּ לֹא יִמָּצֵא לְךָ אַף בַּמָּצוּי אֶצְלְךָ וְהַייְנוּ שָׁרוּי עִמְּךָ קָאָמֵינָא לָךְ דְּאֵין חָמֵץ אָסוּר אֶלָּא אִם כֵּן שֶׁלְּךָ אֲבָל אַתָּה מוֹצֵא אֶת שֶׁלּוֹ וְהַהִיא לְךָ דְּחָמֵץ לָא קָחֲשִׁיב דִּשְׂאוֹר וְחָמֵץ מִיצְרָךְ צְרִיכִי כִּדְאָמַר בְּבֵיצָה (דַּף ז:) דְּחַד מֵחַבְרֵיהּ לָא יָלֵיף:
Nous objectons à Rava : le tanna cherche une permission, et il prend pour son propos un verset d'interdit. On répond : c'est pour la permission qu'il le prend. Parce que, pour les territoires, au sujet du seor, lekha, lekha est dit deux fois : on ne verra pas chez toi de seor dans tout ton territoire pendant sept jours, dans la paracha Reeh, et il est écrit : on ne verra pas chez toi de hamets, et on ne verra pas chez toi de seor, dans tout ton territoire, dans la paracha Bo. Si ce lekha n'a pas d'objet pour les territoires au sujet de la vision, puisqu'elle est déjà dite, place-le comme objet de lo yimatse, et derashe : il ne se trouvera pas chez toi, même dans ce qui se trouve auprès de toi, c'est-à-dire qui réside avec toi. Je te dis : le hamets n'est interdit que s'il est tien, mais tu trouves le sien. Ce lekha du hamets, il ne le compte pas : seor et hamets sont nécessaires l'un et l'autre, comme il est dit à Beitsa (7b), car l'un ne s'apprend pas de l'autre.
🗂️ Tossefot (1)
מִשּׁוּם דִּכְתִיב לֵךְ לְךָ תְּרֵי זִימְנֵי פ"ה כֵּיוָן דִּמְיַיתַּר לְךָ שַׁדְייֵהּ אֶלָּא יִמָּצֵא וְקָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּמִיִּתּוּרָא דִּלְּךָ גּוּפֵיהּ אֲפִילּוּ בְּלֹא [לֹא] יִמָּצֵא מָצִינוּ לִמְעוּטֵי נָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ ואור"י דְּאִי לָאו מִלֹּא יִמָּצֵא מֶלֶךְ לָא מְמַעֲטִינַן נָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ דְּהַהוּא נָמֵי לְךָ חֲשִׁיבָא וְהֵ"א דְּאָתֵי לִדְרָשָׁה אַחֲרִינָא אֲבָל הַשְׁתָּא דְּשָׁדֵינָא אֶלָּא יִמָּצֵא מְמֻשְׁמְעוֹתֶיהָ מְמַעֲטִינַן נָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ דְּלָא יִמָּצֵא לְךָ מַשְׁמַע אֲפִילּוּ בַּמָּצוּי בָּעֵינָא לְךָ אֲבָל עוֹד קָשֶׁה לוֹ כֵּיוָן דְּשָׁדֵינָא אֶלָּא יִמָּצֵא אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְעֵיל לְמִדְרַשׁ מַה שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּגְּבוּלִים וְכוּ' אַף שְׂאוֹר הָאָמוּר בַּבָּתִּים שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה וְכוּ' וְתֵירֵץ רִ"י דְּאִי לָאו דְּרָשָׁה דִּשְׂאוֹר שְׂאוֹר הֲוָה מוּקִי לָהּ לִמְעוּטֵי שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ בַּבָּתִּים כְּמוֹ בַּגְּבוּלִים וְלָא לִמְעוּטֵי נָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ וְדֹוחַק הִקְשָׁה רַבֵּינוּ תָּם דִּבְשׁוּם דֻּוכְתָּא לָא מִצְּרִיכְנָא תְּרֵי קְרָאֵי לְכִיבָשְׁתּוֹ וְשֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ בְּרֵאשִׁית הַגֵּז (חֻולִּין קַלָּה:) גַּבֵּי בֵּיתְךָ דְּגָנְךָ שָׂדְךָ וְטוּבָא דְּמַייְתִי הָתָם בְּכוּלְּהוּ לָא מַצְרִיךְ אֶלָּא חַד קְרָא לְכִיבָשְׁתּוֹ וּלְשֶׁלֹּא כִּיבַּשְׁתּוֹ וְתַי' רַשְׁבָּ"א דְּכֵיוָן דְּגַלִּי לָן הָכָא נָכְרִי שֶׁכִּיבַּשְׁתּוֹ לָא חֲשִׁיב שֶׁלְּךָ בְּשׁוּם דֻּוכְתָּא תּוּ לָא צָרִיךְ תְּרֵי קְרָאֵי וּמְמַעֲטִינַן תַּרְוַייְהוּ מֵחַד קְרָא וְכֵן יֵשׁ לְתָרֵץ מַה שֶׁהִקְשָׁה ה"ר יַעֲקֹב דאורליינ"ש מֵעֲרִיסוֹתֵיכֶם:
Commentaire de Rachi : puisque lekha est en trop, jette-le sur lo yimatse. Difficulté pour le Rashba : du surplus de lekha lui-même, même sans lo yimatse, nous pouvons exclure le nokhri que tu as soumis. Le Ri dit : sans lo yimatse, de lekha nous n'excluons pas le nokhri que tu as soumis, car celui-là aussi compte comme lekha, et j'aurais dit qu'il vient pour une autre derasha. Maintenant que nous le jetons sur lo yimatse, de son sens nous excluons le nokhri que tu as soumis : lo yimatse lekha vise même ce qui est matzui (présent), j'exige lekha. Autre difficulté pour lui : puisque nous le jetons sur lo yimatse, pourquoi à-t-il eu besoin, plus haut, de derasher : de même que le seor dit pour les territoires, etc., de même le seor dit pour les maisons, le tien tu ne le vois pas, etc. ? Le Ri répond : sans la derasha seor-seor, on aurait place ce lekha pour exclure celui des autres et celui du Haut dans les maisons comme dans les territoires, et non pour exclure le nokhri que tu as soumis. Et c'est force. Rabbeinou Tam objecte : en aucun endroit nous n'exigeons deux versets pour celui que tu as soumis et celui que tu n'as pas soumis. À reishit ha-gez (Chullin 135b), pour ta maison, ton grain, ton champ, et les nombreux cas cités la, pour tous on n'exige qu'un seul verset, pour le soumis et pour celui qui ne l'est pas. Le Rashba répond : puisque ici il nous est révélé que le nokhri que tu as soumis ne compte comme tien en aucun endroit, on n'a plus besoin de deux versets, et nous excluons les deux d'un seul verset. On répond ainsi à l'objection de Rav Yaakov d'Orléans sur vos pâtes.
💡 Explication

Rava fait servir lo yimatse, verset d'interdit, à une permission. La réponse : lekha est écrit deux fois pour le seor des territoires, en Bo et en Reeh. Un des deux est en trop pour la vision. On le reporte sur lo yimatse, et l'on lit : il ne se trouvera pas chez toi. L'interdit ne vise que le tien, y compris ce qui se trouve auprès de toi, le goy qui réside dans ta cour. Le lekha du hamets ne compte pas dans ce double : seor et hamets ont chacun leur derasha, comme à Beitsa 7b.

Tossefot : le Ri refuse d'exclure le goy soumis par lekha seul, car son hamets ressemble déjà à lekha. C'est le rapport sur lo yimatse qui produit l'exclusion. Rabbeinou Tam demande pourquoi, ailleurs, un seul verset suffit pour le soumis et le non-soumis. Le Rashba : une fois la règle révélée ici, elle vaut partout, et un seul verset exclut les deux.

🖼️ Schéma
Deux lekha, un seul besoin pour la vision lekha, lekha Bo et Reeh, sur le seor Un lekha est en trop la vision est déjà dite On le jette sur lo yimatse lo yimatse lekha : seul le tien est interdit, même ce qui se trouve chez toi
Un lekha en trop quitte la vision et se pose sur lo yimatse : seul le tien est interdit.
13
אָמַר מַר: יָכוֹל יַטְמִין וִיקַבֵּל פִּקְדוֹנוֹת מִן הַגּוֹיִם, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא יִמָּצֵא״. הָא אָמַרְתָּ רֵישָׁא: שֶׁלְּךָ אִי אַתָּה רוֹאֶה, אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים וְשֶׁל גָּבוֹהַּ!

Le maître à dit : on pourrait le cacher et recevoir des dépôts des goyim. Le verset enseigné : il ne se trouvera pas.

Mais tu as dit au début : le tien, tu ne le vois pas, mais tu vois celui des autres et celui du Haut !

💡 Explication

Deuxième examen de la baraita. Lo yimatse interdit cachette et dépôt d'un goy. La reisha, elle, permet de voir le hamets des autres et celui du Haut. Les deux phrases parlent du hamets qui n'est pas le tien. La suite partage les cas.

14
לָא קַשְׁיָא: הָא — דְּקַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת, הָא — דְּלָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ אַחְרָיוּת.

Pas de difficulté : ici, il à accepté sur lui l'aharayut (responsabilité), la, il n'a pas accepté sur lui l'aharayut.

💡 Explication

Le partage : aharayut, il s'est engagé à payer si le hamets est perdu. Ce hamets compte alors comme le sien, et lo yimatse l'interdit. Sans aharayut, il reste au goy où au Haut, et la reisha le laisse visible. Le segment suivant montre le cas où l'on paie.

🖼️ Schéma
Deux lectures de lo yimatse Il à accepté l'aharayut Cachette et dépôt : interdits Le hamets compte comme le sien Il n'a pas accepté Tu vois celui des autres et celui du Haut
Même dépôt d'un goy : l'aharayut décide si lo yimatse s'applique.
15
כִּי הָא דְּאָמַר לְהוּ רָבָא לִבְנֵי מָחוֹזָא: בַּעִירוּ חֲמִירָא דִבְנֵי חֵילָא מִבָּתַּיְיכוּ. כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִיגְּנֵב וְאִילּוּ מִיתְּבִיד בִּרְשׁוּתַייְכוּ קָאֵי וּבָעִיתוּ לְשַׁלּוֹמֵי — כִּדְיֵלֵכוּן דָּמֵי, וְאָסוּר.

Comme ce cas que Rava dit aux gens de Mehoza : enlevez le hamets des soldats de vos maisons. Puisque, s'il était volé, où s'il était perdu, il se tient dans votre reshut (domaine) et vous devez payer, il compte comme le votre, et c'est interdit.

📜 Rachi (2)
מָחוֹזָא עִירוֹ שֶׁל רָבָא:
La ville de Rava.
דִּבְנֵי חֵילָא גַּייִס שֶׁל בֵּית הַמֶּלֶךְ וּמְטִילִין תִּיקּוּן טֹורַח מְזוֹנוֹתֵיהֶן עַל הָעֲיָירוֹת:
Une troupe de la maison du roi. Ils imposent aux villes la charge de leurs vivres.
💡 Explication

Cas vécu. À Mehoza, ville de Rava, les benei haila, soldats du roi, font porter leurs vivres par les habitants. La farine reste chez eux. Vol où perte : ils paient. Cette aharayut rend le hamets comme le leur. Rava leur ordonné de l'enlever avant Pessa'h.

16
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר דָּבָר הַגּוֹרֵם לְמָמוֹן — כְּמָמוֹן דָּמֵי. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לָאו כְּמָמוֹן דָּמֵי, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?

Cela va selon celui qui dit : un davar ha-gorem le-mamon (chose qui entraîne un bien) à le statut d'un bien. Mais selon celui qui dit : il n'a pas le statut d'un bien, que dire ?

📜 Rachi (2)
הַנִּיחָא הָא דְּאָמְרִינַן דְּמִשּׁוּם אַחְרָיוּת אָסוּר:
Ce que nous disons : à cause de l'aharayut, c'est interdit.
לְמָאֵן דְּאָמַר כּוּ' רַבִּי שִׁמְעוֹן קָאָמַר לֵיהּ בְּבָבָא קַמָּא (דַּף עא:) קָדָשִׁים שֶּׁחַיָּיב בְּאַחֲרָיוּתָן חַיָּיב:
Rabbi Shimon le dit à Bava Kamma (71b) : des kodashim (biens sacrés) dont il porte l'aharayut, il est hayav.
💡 Explication

Davar ha-gorem le-mamon : l'objet, à lui seul, peut ne rien valoir comme bien à toi, mais sa perte t'oblige à payer. Pour l'avis qui lui donne le statut d'un bien, l'aharayut de Mehoza suffit à interdire le hamets. Rachi renvoie à Rabbi Shimon, Bava Kamma 71b : des kodashim que l'on doit remplacer, le responsable est hayav.

L'autre avis refuse ce statut. L'engagement de payer ne fait pas du hamets le tien. La guemara doit alors une autre raison.

17
שָׁאנֵי הָכָא, דְּאָמַר ״לֹא יִמָּצֵא״.

Ici, c'est différent, car il à dit : il ne se trouvera pas.

💡 Explication

Réponse pour l'avis où le davar ha-gorem le-mamon n'a pas le statut d'un bien. Lo yimatse parle du fait que le hamets se trouve, et cette formulation couvre un lien plus faible que la propriété pleine. À Pessa'h, le hamets des soldats reste interdit dans la maison, même si l'aharayut ne le rend pas un bien.

18
אִיכָּא דְאָמְרִי: הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר דָּבָר הַגּוֹרֵם לְמָמוֹן — לָאו כְּמָמוֹן דָּמֵי,

Certains disent : cela va selon celui qui dit : un davar ha-gorem le-mamon n'a pas le statut d'un bien,

💡 Explication

Autre version, ika de-amrei. Elle fait partir l'explication de l'avis pour qui la chose qui entraîne un bien n'a pas le statut d'un bien. La phrase s'arrête ici et continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).