Pesachim 6à — Arnona, hamets d'autrui, et les trente jours

Pesachim 6a

Sougya : Le daf achève la discussion ouverte en 5b : lo yimatze reste nécessaire même selon l'avis que davar ha-gorem le-mamon compte comme un bien, parce que la pâte revient entière à son maître. On demande ensuite à Rava si la bête de l'arnona, part du roi, est soumise à la bekhora, et si la pâte de l'arnona est soumise à la halla.

Une baraïta règle le hamets d'un non-Juif dans la cour, en dépôt, où dans une pièce réservée ; Rav Papa et Rav Ashi placent le verset, et la Guemara demande si la location acquiert. Rav, via Rav Yehouda, enseigné comment couvrir un hamets trouvé à yom tov, comment signaler celui d'un non-Juif, et quand le voyageur où celui qui fait de sa maison un grenier doit éliminer, dans la fenêtre des trente jours où l'on étudie déjà les halakhot de Pessa'h.

Arnona : bekhora de la bête, halla de la pâte Première version de Rava Il peut payer le roi en pièces tenu à la bekhora le non-Juif n'a rien acquis Il ne peut pas payer en pièces quitte de la bekhora c'est le doute pose à Rava Baraïta : tenue Rava : elle vise le cas où le rachat en pièces reste ouvert Il en est qui disent Bête quitte, même s'il peut payer tant qu'il n'a pas payé, la main du roi reste Pâte tenue à la halla, même sans rachat Raison : le kol la bête se sait ; la pâte, non sans halla, on le soupçonnerait le Rif tranche comme cette version Tosafot : le tson barzel venu d'un non-Juif reste à lui faute d'argent. L'arnona part du troupeau du Juif : s'il peut payer, la bête n'entre pas chez le roi. Autre girsa : la bête n'est quitte que lorsqu'on ne peut pas payer. La Tossefta (tenue) vise alors l'autre cas.
Deux versions de Rava sur la bête et la pâte d'arnona. Le kol sépare bekhora et halla. Le Rif suit la seconde.
Pâte d'un non-Juif chez un Juif En main, dans la cour il entre et ressort pas de biour on ne chasse pas le non-Juif tu vois celui des autres Dépôt chez le Juif ahariout acceptée biour Rav Papa : le verset porte sur ce membre Pièce réservée yihad lo bayit pas de biour Rav Ashi : lo yimatze be-vateikhem, chez lui Objection Si la location acquiert, l'idole entre dans sa maison. Michna AZ : même la où l'on loue, pas pour une habitation. Réponse Le hamets à sa formule : lo yimatze, ce qui est en ta main. Le coin remis au non-Juif en sort. L'idole, elle, reste un autre interdit. Rabbi Tam : même avec ahariout, une place réservée sort le hamets de ta maison. Rachi : il n'a pas accepté l'ahariout, il à dit : pose-la dans un coin.
Trois cas pour la pâte d'un non-Juif. Rav Papa et Rav Ashi placent lo yimatze. La location n'acquiert pas hors du hamets.
Voyageur et grenier : la barre des trente jours Roch Hachana départ très tôt avant les trente jours 30 jours avant Pessa'h on étudie déjà Pessa'h Abaye Dans les 30 jours : biour seulement s'il compte revenir S'il ne revient pas, pas de biour, même dans les 30 jours Rava Avant 30 jours : pas de biour seulement s'il ne revient pas S'il compte revenir, biour même depuis Roch Hachana Même barre pour l'otsar : grain pose sur du hamets, comme un éboulement. Avant 30 jours et sans projet de vider : pas de biour. Projet de vider : biour, même avant. Les 30 jours : chaalin ve-dorchin. Rabban Chimon ben Gamliel : deux semaines.
Abaye limite l'obligation des trente jours. Rava limite la dispense d'avant les trente jours. L'otsar suit Rava.
1
הַייְנוּ דְּאִיצְטְרִיךְ ״לֹא יִמָּצֵא״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כְּמָמוֹן דָּמֵי — ״לֹא יִמָּצֵא״ לָמָּה לִי? אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: הוֹאִיל וְכִי אִיתֵיהּ הָדַר בְּעֵינֵיהּ — לָאו בִּרְשׁוּתֵיהּ קָאֵי, קָמַשְׁמַע לַן.

C'est pour cela qu'il fallait « il ne se trouvera pas ». Mais selon celui qui dit que cela compte comme un bien, pourquoi « il ne se trouvera pas » ?

Il le fallait. On aurait pu penser : puisque, lorsqu'il est là, il revient dans son état, il ne se tient pas dans son domaine.

Le verset nous l'apprend.

📜 Rachi (2)
לְהָכִי אִיצְטְרִיךְ לֹא יִמָּצֵא מִשּׁוּם דִּבְעָלְמָא לָאו כְּמָמוֹן דָּמֵי אִיצְטְרִיךְ קְרָא לְמֵימַר דְּגַבֵּי חָמֵץ מִיהָא מִתְּסַר:
Comme en général cela ne compte pas comme un bien, le verset est nécessaire pour dire qu'au moins pour le hamets, c'est interdit.
הוֹאִיל וְכִי אִיתֵיהּ הָדַר הוּא גּוּפֵיהּ לְמָרֵיהּ בְּעֵינֵיהּ וְזֶה עֲדַייִן לֹא נֶאֱבַד וְכִי אֲמָרָהּ ר' שִׁמְעוֹן לְהַהוּא הֵיכָא דְּאֵינוֹ בְּעַיִן כְּגוֹן גַּבֵּי גּוֹנֵב קָדָשִׁים שֶׁהָיוּ הַבְּעָלִים חַיָּיבִין בְּאַחְרָיוּתָן אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן אַף עַל פִּי שֶׁאֵין כֶּפֶל לְהֶקְדֵּשׁ דִּכְתִיב לְרֵעֵהוּ וְלֹא לְהֶקְדֵּשׁ הָכָא חַיָּיב דְּכֵיוָן דְּזֶה חַייָּב בְּאַחְרָיוּתָן רֵעֵהוּ קָרֵינָא בֵיהּ דְּהָא גָּרַם לוֹ לְהִתְחַיֵּיב מָמוֹן:
L'objet lui-même revient à son maître dans son état, et celui-ci n'est pas encore perdu. Et ce que Rabbi Chimon à dit là vise le cas où l'objet n'est plus en nature, par exemple celui qui vole des kodachim dont les propriétaires étaient tenus à l'ahariout. Rabbi Chimon à dit : bien qu'il n'y ait pas de kefel (double paiement) pour le hekdesh, car il est écrit « à son prochain » et non pour le hekdesh, ici il est tenu, puisque celui-ci est tenu à leur ahariout : on l'appelle « son prochain », car il lui à causé une obligation d'argent.
💡 Explication

Le daf reprend la seconde version, en fin de 5b. Selon l'avis que davar ha-gorem le-mamon (une chose qui entraîne une dette) ne compte pas comme un bien, le verset lo yimatze est indispensable : l'ahariout du Juif sur le hamets d'un non-Juif, à elle seule, ne l'interdit pas.

Selon l'avis kemamon dami, le verset enseigné encore. On aurait pu limiter ce principe au cas où l'objet à disparu et où il ne reste qu'une dette, comme le voleur de kodachim chez Rabbi Chimon. Ici la pâte revient entière à son maître. Le verset enseigné que le hamets se tient malgré cela dans le reshout du Juif.

2
בָּעוּ מִינֵּיהּ מֵרָבָא: בֶּהֱמַת אַרְנוֹנָא חַיֶּיבֶת בִּבְכוֹרָה, אוֹ אֵין חַייֶּבֶת בִּבְכוֹרָה? כֹּל הֵיכָא דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ בְּזוּזֵי — לָא קָא מִיבַּעְיָא לַן דְּחַיָּיב.

On a demandé à Rava : une bête de l'arnona est-elle tenue à la bekhora, où n'y est-elle pas tenue ? Partout où il peut l'écarter avec des pièces, nous ne posons pas la question : il est tenu.

📜 Rachi (4)
אַרְנוֹנָא הַמֶּלֶךְ נוֹטֵל עִישּׂוּר מִן הַבְּהֵמָה וּמִן הַתְּבוּאָה:
Le roi prélève un dixième sur la bête et sur le grain.
חַייֶּבֶת בִּבְכוֹרָה דְּקַייְמָא לָן כֹּל שֶׁיַּד נָכְרִי בָּאֶמְצַע פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה שֶׁנֶּאֱמַר (בַּמִּדְבָּר ג׳:י״ג) לִי כָל בְּכוֹר בְּיִשְׂרָאֵל אֲבָל לֹא בַּאֲחֵרִים וְעֵדֶר זֶה שֶׁעִישּׂוּרוֹ שֶׁל מֶלֶךְ בְּתוֹכוֹ חַייֶּבֶת בִּבְכוֹרָה לָתֵת לַכֹּהֵן הַבְּכוֹרוֹת שֶׁלָּהֶם אוֹ לֹא:
Nous tenons : partout où la main d'un non-Juif est au milieu, elle est quitte de la bekhora, car il est dit (Bamidbar 3, 13) : « À Moi tout premier-né en Israël », et non chez les autres. Et ce troupeau, qui contient le dixième du roi : est-il tenu à la bekhora, pour donner leurs premiers-nés au kohen, où non ?
דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ לְנָכְרִי בְּמָעוֹת:
Le non-Juif, avec de l'argent.
לָא תִּיבְּעֵי לָן כֵּיוָן דְּאַכַּתִּי לֹא זָכָה נָכְרִי בָּהֶן וְדִינוֹ אֵינוֹ קָבוּעַ בָּהֶן יוֹתֵר מִמָּעוֹת אִיכָּא לְמֵימַר לֹא יִתֵּן לוֹ בְּהֵמוֹת אֶלָּא מָעוֹת:
Puisque le non-Juif ne les a pas encore acquis, et que son droit sur elles n'est pas plus fixé que sur de l'argent, on peut dire qu'il lui donnera des pièces, à la place des bêtes.
🗂️ Tossefot (1)
הָתָם דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ הַק' ר"י דִּבְפֶ' אֵיזֶהוּ נֶשֶׁךְ (בּ"מ דַּף ע: וְשָׁם) אָמַר דְּהַמְקַבֵּל צֹאן בַּרְזֶל מִן הַנָּכְרִי הַוְּולָדוֹת פְּטוּרִים מִן הַבְּכוֹרָה אַף עַל גַּב דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ לְנָכְרִי בְּזוּזֵי כִּדְאָמַר הָתָם כֵּיוָן דְּאִלּוּ בָּעֵי נָכְרִי זוּזֵי וְלָא מַשְׁכַּח שְׁקוֹל בְּהֵמָה וְתַי' רִ"י דְּשָׁאנֵי הָתָם שֶׁמִּתְּחִלָּה הָיְתָה הַבְּהֵמָה שֶׁל נָכְרִי וְכֵיוָן דְּאִי בָּעֵי זוּזֵי וְלָא מַשְׁכַּח שְׁקִיל בְּהֵמָה לָא נָפְקָא מֵרְשׁוּתֵיהּ אֲבָל כְּשֶׁהַבְּהֵמָה שֶׁל יִשְׂרָאֵל וּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ לְנָכְרִי בְּזוּזֵי לֹא נִכְנְסָה לִרְשׁוּתוֹ:
Le Ri objecte : au chapitre Eizehou neshekh (Bava Metsia 70b) on dit que celui qui reçoit un tson barzel (bétail de fer) d'un non-Juif, les petits sont quittes de la bekhora, bien qu'il puisse écarter le non-Juif avec des pièces, comme on le dit là-bas : si le non-Juif veut des pièces et n'en trouve pas, il prend la bête. Le Ri répond : là, c'est différent, car au départ la bête appartenait au non-Juif, et puisqu'il prend la bête s'il veut des pièces et n'en trouve pas, elle n'est pas sortie de son domaine. Mais lorsque la bête appartient au Juif et qu'il peut écarter le non-Juif avec des pièces, elle n'est pas entrée dans le domaine du non-Juif.
💡 Explication

L'arnona est la part du roi, un dixième des bêtes et des grains. Une part de non-Juif dans une bête la dispense de la bekhora. Si le Juif peut remplacer la bête par de l'argent, le roi n'a rien acquis : la bekhora s'applique.

Les Tossefot distinguent le tson barzel reçu d'un non-Juif. Là les petits sont quittes de la bekhora même si l'on peut payer en pièces, parce que la bête était d'abord au non-Juif et qu'il peut la reprendre faute d'argent. L'arnona part du troupeau du Juif.

3
כִּי קָא מִיבַּעְיָא לַן — הֵיכָא דְּלָא מָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ בְּזוּזֵי, מַאי? אֲמַר לְהוּ: פְּטוּרָה. וְהָתַנְיָא: חַיֶּיבֶת! הָתָם דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ.

Là où nous posons la question, c'est lorsqu'il ne peut pas l'écarter avec des pièces. Qu'en est-il ?

Il leur a dit : elle est quitte. Mais on enseigné dans une baraïta : elle est tenue !

Là-bas, c'est qu'il peut l'écarter.

💡 Explication

Le doute vise le cas où le roi exige la bête elle-même. Rava la déclare quitte de la bekhora. La baraïta qui dit « tenue » parle, répond-il, du cas où le rachat en pièces reste possible.

4
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רָבָא: בֶּהֱמַת אַרְנוֹנָא פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה, וְאַף עַל גַּב דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ. עִיסַּת אַרְנוֹנָא חַייֶּבֶת בְּחַלָּה, וְאַף עַל גַּב דְּלָא מָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ.

Il en est qui disent : Rava à dit : la bête de l'arnona est quitte de la bekhora, même s'il peut l'écarter. La pâte de l'arnona est tenue à la halla, même s'il ne peut pas l'écarter.

📜 Rachi (2)
ואע"ג דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ דְּכָל כַּמָּה דְּלָא סַלְּקֵיהּ יָדוֹ שַׁייְכָא בַּבְּהֵמוֹת:
Tant qu'il ne l'a pas écarté, sa main reste attachée aux bêtes.
עִיסַּת אַרְנוֹנָא חַיֶּיבֶת ואע"ג דְּעִיסַּת נָכְרִי פְּטוּרָה וְאוֹכֵל יִשְׂרָאֵל בְּלֹא חַלָּה דְּהָא עֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּתִיב זוֹ חַייֶּבֶת דְּלֵית לָהּ קָלָא וְהָרוֹאֶה אוֹמֵר שֶׁלּוֹ הִיא וְאוֹכְלָהּ בְּלֹא חַלָּה אֲבָל בִּבְהֵמָה אִית לָהּ קָלָא וְהָדְתַנְיָא חַיֶּיבֶת בְּעִיסָּה הוּא דְּתַנְיָא:
Bien que la pâte d'un non-Juif soit quitte, et qu'un Juif la mange sans halla, car il est écrit « vos pétrins ». Celle-ci est tenue, car elle n'a pas de publicité : celui qui voit dit qu'elle est à lui, et il la mange sans halla. Mais une bête à une publicité. Et ce que la baraïta enseigne « tenue », c'est au sujet de la pâte qu'elle l'enseigne.
🗂️ Tossefot (1)
בֶּהֱמַת אַרְנוֹנָא פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה אע"ג דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ וְהָא דְּתַנְיָא חַייֶּבֶת פ"ה דְּגַבֵּי עִיסָּה תַּנְיָא וְק' לְרַשְׁבָּ"א דְּהָא גַּבֵּי בְּהֵמָה תַּנְיָא בְּהֶדְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דְּחַיֶּיבֶת בִּבְכוֹרָה וְכֵן גַּבֵּי עִיסָּה תַּנְיָא עִיסַּת אַרְנוֹנָא חַייֶּבֶת בְּחַלָּה אע"ג דְּלָא מָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ וְאִית סְפָרִים דְּגָרְסִי בֶּהֱמַת אַרְנוֹנָא פְּטוּרָה וְהוּא דְּלָא מָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ וּלְפִי זֶה מִתְייַשְּׁבוֹת שְׁתֵּי הַבָּרָיְיתוֹת:
Et ce que la baraïta enseigne « tenue », Rachi l'explique comme enseigné au sujet de la pâte. C'est difficile pour le Rachba : au sujet de la bête, la Tossefta enseigné explicitement qu'elle est tenue à la bekhora, et au sujet de la pâte aussi la Tossefta enseigné : la pâte de l'arnona est tenue à la halla, même s'il ne peut pas l'écarter. Il y a des livres qui lisent : la bête de l'arnona est quitte, et c'est lorsqu'il ne peut pas l'écarter. Selon cette leçon, les deux baraïtot s'accordent.
💡 Explication

Autre version de Rava. La bête d'arnona est quitte même quand le rachat est possible : tant que le roi n'est pas payé, sa main reste sur le troupeau. La pâte d'arnona est tenue à la halla même quand le rachat est impossible.

Rachi rattache la baraïta « tenue » à la pâte. Le Rachba objecte : la Tossefta dit que la bête est tenue à la bekhora, et que la pâte est tenue à la halla même sans rachat possible. Certains livres lisent : la bête est quitte seulement lorsqu'on ne peut pas écarter le roi par de l'argent. Les deux sources se rejoignent alors.

5
מַאי טַעְמָא: בְּהֵמָה אִית לַהּ קָלָא, עִיסָּה לֵית לַהּ קָלָא.

Quelle est la raison ? Une bête à une publicité.

Une pâte n'a pas de publicité.

💡 Explication

La différence tient au kol, la publicité. Une bête prise par le roi, tout le monde la connaît : personne ne soupçonne le Juif d'avoir laissé passer la bekhora. Une pâte n'a pas ce renom. Qui voit le Juif manger sans halla le soupçonne. On l'oblige donc à prélever.

🖼️ Schéma
Le kol : pourquoi la bête et la pâte divergent Bête : à un kol on sait qu'elle est au roi pas de soupçon sur la bekhora Pâte : pas de kol qui la voit croit qu'elle est à lui sans halla, le soupçon reste
Le kol de la bête écarte le soupçon. La pâte, sans kol, reste soumise à la halla.
6
תָּנוּ רַבָּנַן: גּוֹי שֶׁנִּכְנַס לַחֲצֵירוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל וּבְצֵיקוֹ בְּיָדוֹ — אֵין זָקוּק לְבַעֵר. הִפְקִידוֹ אֶצְלוֹ — זָקוּק לְבַעֵר. יִחֵד לוֹ בַּיִת — אֵין זָקוּק לְבַעֵר, שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא יִמָּצֵא״.

Les maîtres ont enseigné : un non-Juif qui entre dans la cour d'un Juif, sa pâte à la main, on n'est pas tenu de l'éliminer. S'il la lui à déposée, on est tenu de l'éliminer.

S'il lui à réservé une maison, on n'est pas tenu de l'éliminer, car il est dit : « il ne se trouvera pas ».

📜 Rachi (2)
יִחֵד לוֹ בַּיִת כְּלוֹמַר לֹא קִיבְּלוֹ עָלָיו אֶלָּא אָמַר לֵיהּ הֲרֵי הַבַּיִת לְפָנֶיךָ הַנַּח בְּאַחַת מִן הַזָּוִיּוֹת אֵין זָקוּק לְבַעֵר:
C'est-à-dire : il ne l'a pas acceptée sur lui, il lui à seulement dit : voici la maison devant toi, pose-la dans l'un des coins. On n'est pas tenu de l'éliminer.
אֵין זָקוּק לְבַעֵר לָא הִזְקִיקוּהוּ לְהוֹצִיא אֶת הַנָּכְרִי מִן הַבַּיִת כְּדַאֲמָרָן אֲבָל אַתָּה רוֹאֶה שֶׁל אֲחֵרִים:
On ne l'a pas obligé à faire sortir le non-Juif de la maison, comme nous l'avons dit : tu vois celui des autres.
🗂️ Tossefot (1)
יִחֵד לוֹ בַּיִת פ"ה דְּלָא קִיבֵּל עָלָיו אַחְרָיוּת אֶלָּא אָמַר לֵיהּ הֲרֵי הַבַּיִת לְפָנֶיךָ וְק' לר"י מַאי אִירְיָא יַחַד אֲפִילּוּ לֹא יִחֵד נָמֵי וְהָכִי נָמֵי מַסִּיק בְּסָמוּךְ לְמֵימַר דִּשְׂכִירוּת קָנְיָא ופר"ת דַּאֲפִילּוּ בְּאַחְרָיוּת מַיְירֵי וּמִשּׁוּם הָכִי מַפִּיק מִלֹּא יִמָּצֵא דְּלָא חֲשִׁיב מָצוּי כֵּיוָן שֶׁיִּחֵד לוֹ בַּיִת וְרַב פָּפָּא אִית לֵיהּ מִסְּבָרָא כֵּיוָן שֶׁיִּחֵד לוֹ בַּיִת הָוֵי כְּאִלּוּ קִיבֵּל עָלָיו אַחְרָיוּת עַל חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי בְּבֵיתוֹ שֶׁל נָכְרִי:
Rachi explique qu'il n'a pas accepté l'ahariout sur lui, il lui à seulement dit : voici la maison devant toi. C'est difficile pour le Ri : pourquoi précisément « il à réservé » ? Même sans réserver, ce serait pareil. Et c'est bien ainsi que la Guemara conclut tout près, pour dire que la location acquiert. Rabbi Tam expliqué : cela parle même d'un cas d'ahariout, et c'est pour cela qu'il le tire de « il ne se trouvera pas » : cela ne compte pas comme se trouvant, puisqu'il lui à réservé une maison. Et Rav Papa le tient par raisonnement : puisqu'il lui à réservé une maison, c'est comme s'il avait accepté l'ahariout sur le hamets d'un non-Juif dans la maison du non-Juif.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר נָכְרִי שֶׁנִּכְנַס לַחֲצַר יִשְׂרָאֵל וּבָצֵק בְּיָדוֹ אֵין זָקוּק לְבַעֵר. הִפְקִידוֹ אֶצְלוֹ זָקוּק לְבַעֵר. מִכָּאן רְאָיָה דְּשַׁ"ח חַיָּיב לְבַעֵר דִּסְתָם פִּקָּדוֹן שׁוֹמֵר חִנָּם הוּא. ייִחֵד לוֹ בַּיִת אֵין זָקוּק לְבַעֲרוֹ שֶׁנֶּאֱמַר לֹא יִמָּצֵא. פרש"י לֹא קִבֵּל עָלָיו אַחְרָיוּת אֶלָּא אָמַר לוֹ הֲרֵי הַבַּיִת לְפָנֶיךָ. וְקָשֶׁה דְּא"כ אַמַּאי נְקַט יִיחֵד לוֹ בַּיִת אַפֵּי' בְּלֹא ייִחֵד לוֹ בַּיִת נָמֵי. וְעוֹד הֵיכִי מְדַקְדֵּק מִכָּאן דִּשְׂכִירוּת קָנְיָא דְּכֵיוָן שֶׁלֹּא קִבֵּל עָלָיו אַחֲרָיוּת אַפֵּי' לֹא קָנָה הַנָּכְרִי הַמָּקוֹם שָׁרִי. וּפִי' ר"ת זַ"ל דְּאַפֵּי' בְּאַחְרָיוּת שָׁרִי כֵּיוָן דְּיִיחֵד לוֹ מָקוֹם לָא קָרֵינָא בֵיהּ מָצוּי בְּבֵיתְךָ. וְרַב פַּפָּא דִּמְפָרֵשׁ קְרָא אַרֵישָׁא יָדַע לֵיהּ מִסְּבָרָא דְּכֵיוָן דְּייִחֵד לוֹ בַּיִת הָוֵי כְּמוֹ קִבֵּל עָלָיו אַחְרָיוּת עַל חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי בְּבֵיתוֹ שֶׁל נָכְרִי וְכֵן פִּי' הָרָאָבָ"ד זַ"ל:
Les maîtres ont enseigné : un non-Juif qui entre dans la cour d'un Juif, de la pâte à la main, on n'est pas tenu d'éliminer. S'il la lui à déposée, on est tenu d'éliminer. De là une preuve que le chômer hinam est tenu d'éliminer, car un dépôt sans précision est un gardien gratuit. S'il lui à réservé une maison, on n'est pas tenu de l'éliminer, car il est dit « il ne se trouvera pas ». Rachi explique : il n'a pas accepté l'ahariout, il lui à dit : la maison est devant toi. Difficulté : s'il en est ainsi, pourquoi préciser « il lui à réservé une maison » ? Même sans lui réserver une maison, ce serait pareil. En outre, comment en déduire d'ici que la location acquiert ? Puisqu'il n'a pas accepté l'ahariout, même si le non-Juif n'a pas acquis l'endroit, c'est permis. Rabbi Tam, sa mémoire en bénédiction, expliqué : même avec ahariout, c'est permis, puisqu'il lui à réservé une place : on n'y lit pas « se trouvant dans ta maison ». Et Rav Papa, qui explique le verset sur la reisha, le sait par raisonnement : puisqu'il lui à réservé une maison, c'est comme s'il avait accepté l'ahariout sur le hamets d'un non-Juif dans la maison du non-Juif. Ainsi à aussi expliqué le Raavad, sa mémoire en bénédiction.
💡 Explication

Trois cas pour la pâte d'un non-Juif chez un Juif. En main, dans la cour : pas de biour. En dépôt : biour. Une pièce réservée : pas de biour. Le verset lo yimatze reste à placer.

Rachi lit « une maison réservée » comme un refus d'ahariout : « la maison est devant toi, pose-la dans un coin ». Rabbi Tam : même avec ahariout, une place réservée sort le hamets de « il se trouvera dans ta maison ». Le Roch tire du dépôt, chômer hinam par défaut, que ce gardien doit éliminer.

7
מַאי קָאָמַר? אָמַר רַב פָּפָּא: אַרֵישָׁא קָאֵי, וְהָכִי קָאָמַר: הִפְקִידוֹ אֶצְלוֹ — זָקוּק לְבַעֵר, שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא יִמָּצֵא״.

Que dit-il ? Rav Papa à dit : cela porte sur la reisha, et voici ce qu'il dit : s'il la lui à déposée, on est tenu de l'éliminer, car il est dit : « il ne se trouvera pas ».

📜 Rachi (2)
מַאי קָאָמַר הֵיכִי יָלֵיף מִלֹּא יִמָּצֵא:
Comment le tire-t-il de « il ne se trouvera pas » ?
הִפְקִידוֹ אֶצְלוֹ וְקַבֵּיל עָלֶיהָ אַחְרָיוּת כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל זָקוּק לְבַעֵר:
Et il à accepté l'ahariout, comme la suite l'explique : on est tenu de l'éliminer.
💡 Explication

Rav Papa rattache le verset au premier membre, le dépôt. Lo yimatze fonde l'obligation d'éliminer quand le Juif à accepté l'ahariout.

8
רַב אַשִּׁי אָמַר: לְעוֹלָם אַסֵּיפָא קָאֵי, וְהָכִי קָאָמַר: יִחֵד לוֹ בַּיִת — אֵין זָקוּק לְבַעֵר, שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם״, וְהָא לָאו דִּידֵיהּ הוּא, דְּגוֹי כִּי קָא מְעַיֵּיל — לְבֵיתָא דְנַפְשֵׁיהּ קָא מְעַיֵּיל.

Rav Ashi à dit : en réalité, cela porte sur la seifa, et voici ce qu'il dit : s'il lui à réservé une maison, on n'est pas tenu de l'éliminer, car il est dit : « il ne se trouvera pas dans vos maisons », et celle-ci n'est pas à lui, car le non-Juif, quand il l'introduit, l'introduit dans sa propre maison.

📜 Rachi (1)
לְעוֹלָם אַסֵּיפָא וְלֹא יִמָּצֵא מַשְׁמַע הַמָּצוּי בְּיָדְךָ לְכָל חֶפְצְךָ הַיְינוּ דְּקַבֵּיל עָלֶיהָ אַחְרָיוּת דְּהָוֵי כְּדִידֵיהּ:
Et « il ne se trouvera pas » vise ce qui se trouve en ta main pour tout ce que tu veux, c'est-à-dire qu'il à accepté l'ahariout : cela compte comme à lui.
💡 Explication

Rav Ashi rattache le verset au dernier membre. Lo yimatze be-vateikhem vise vos maisons. La pièce réservée au non-Juif est sa maison : il y entre chez lui. D'où l'absence de biour.

9
לְמֵימְרָא דִּשְׂכִירוּת קָנְיָא?! וְהִתְנָן: אַף בְּמָקוֹם שֶׁאָמְרוּ לְהַשְׂכִּיר — לֹא לְבֵית דִּירָה אָמְרוּ, מִפְּנֵי שֶׁמַּכְנִיסִין לְתוֹכוֹ עֲבוֹדַת גִּלּוּלִים. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ דִּשְׂכִירוּת קָנְיָא, כִּי קָא מְעַיֵּיל — לְבֵיתֵיהּ דְּנַפְשֵׁיהּ קָא מְעַיֵּיל?

Cela revient-il à dire que la location acquiert ? Mais nous avons appris : même à l'endroit où ils ont dit de louer, ils ne l'ont pas dit pour une habitation, parce qu'on y introduit un culte d'idoles.

Et si tu penses que la location acquiert, quand il l'introduit, c'est dans sa propre maison qu'il l'introduit ?

📜 Rachi (1)
אַף בְּמָקוֹם שֶׁאָמְרוּ לְהַשְׂכִּיר בפ"ק דע"א תְּנַן אֵין מַשְׂכִּירִין בָּתִּים לְנָכְרִים בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל אֲבָל בְּסוּרְיָא מַשְׂכִּירִין וְכָל שֶׁכֵּן בְּחוּצָה לָאָרֶץ וְאַף בְּמָקוֹם שֶׁהִתִּירוּ לְהַשְׂכִּיר לֹא לְבֵית דִּירָה הִתִּיר אֶלָּא לְהַעֲמִיד בּוֹ בְּהֵמוֹת וְעֵצִים וְלֹא שֶׁיָּדוּר הוּא בָּהּ:
Au premier chapitre d'Avoda Zara nous avons appris : on ne loue pas de maisons à des non-Juifs en Erets Israël, mais en Syrie on loue, et à plus forte raison hors du pays. Et même à l'endroit où ils ont permis de louer, ils n'ont pas permis une habitation : seulement d'y placer des bêtes et du bois, et qu'il n'y habite pas.
💡 Explication

Si réserver une pièce rend la maison au non-Juif, la sekhirout acquiert. La michna d'Avoda Zara s'y oppose : même là où l'on peut louer à un non-Juif, on ne loue pas pour qu'il y habite, car il y introduit un culte d'idoles. Si la location lui donnait la maison, l'idole entrerait chez lui.

🖼️ Schéma
La location acquiert-elle ? Rav Ashi la pièce réservée est sa maison sekhirout kanya Michna AZ location oui, habitation non à cause des idoles Hamets seul lo yimatze = en ta main le coin en est sorti Syrie : on loue. Erets Israël : on ne loue pas. Hors du pays : à plus forte raison on loue. Jamais pour habiter.
Rav Ashi traité la pièce réservée comme la maison du non-Juif. La michna d'Avoda Zara refuse la location pour habiter. Le hamets seul sort par lo yimatze.
10
שָׁאנֵי הָכָא, דָּאֳפָקֶיהָ רַחֲמָנָא בִּלְשׁוֹן ״לֹא יִמָּצֵא״ — מִי שֶׁמָּצוּי בְּיָדְךָ, יָצָא זֶה שֶׁאֵינוֹ מָצוּי בְּיָדְךָ.

Ici, c'est différent, car Hachem l'a exprimé dans les mots « il ne se trouvera pas » : ce qui se trouve en ta main. Est exclu ceci, qui ne se trouve pas en ta main.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵין מָצוּי בְּיָדְךָ שֶׁהֲרֵי אוֹתָהּ זָוִית מְסוּרָה לְנָכְרִי:
Car ce coin est remis au non-Juif.
💡 Explication

Le hamets à sa formule. Lo yimatze vise ce qui est matsouï en ta main, à ta disposition. Le coin remis au non-Juif en sort. Les autres interdits, dont le culte d'idoles dans une maison louée, restent sur celui qui a loué.

11
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הַמּוֹצֵא חָמֵץ בְּבֵיתוֹ בְּיוֹם טוֹב — כּוֹפֶה עָלָיו אֶת הַכְּלִי. אָמַר רָבָא: אִם שֶׁל הֶקְדֵּשׁ הוּא — אֵינוֹ צָרִיךְ. מַאי טַעְמָא — מִיבְדָּל בְּדִילִי מִינֵּיהּ.

Rav Yehouda à dit au nom de Rav : celui qui trouve du hamets dans sa maison à yom tov retourne un ustensile dessus. Rava à dit : s'il est du hekdesh, il n'en a pas besoin.

Quelle est la raison ? On s'en écarte.

📜 Rachi (2)
כּוֹפֶה עָלָיו אֶת הַכְּלִי דְּהָא לָא חֲזִי לְטִלְטוּלֵי וְאִפּוּקֵי וּמִיהוּ בְּבַל יֵרָאֶה לֹא עָבַר דְּהָא בַּטְּלֵיהּ בְּלִיבֵּיהּ מֵאֶתְמוֹל כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל בְּלִבּוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁלֹּא יִשְׁכַּח וְיֹאכְלֶנּוּ צָרִיךְ כְּפִיַּית כְּלִי:
Car il n'est pas apte à être déplacé et sorti. Cependant il ne transgresse pas bal yerae, car il l'a annulé dans son cœur depuis la veille, comme nous le disons plus loin : celui qui vérifie doit annuler dans son cœur. Mais pour qu'il n'oublie pas et ne le mange, il faut retourner un ustensile.
מִיבְדָּל בְּדִילִי מִינֵּיהּ אֲפִילּוּ בְּחוֹל לִמּוּד הוּא לִפְרֹושׁ מִמֶּנּוּ:
Même en semaine, il est habitué à s'en éloigner.
🗂️ Tossefot (1)
כּוֹפֶה עָלָיו כְּלִי אע"ג דְּאִיכָּא לָמֶ"ד בְּפֶ' כִּירָה (שַׁבָּת מג.) אֵין כְּלִי נִיטָּל אֶלָּא לְדָבָר הַנִּיטָּל אִיכָּא לְאוֹקְמֵי בְּצָרִיךְ לִמְקוֹמוֹ אִי נָמֵי הָכָא שָׁרֵי מִשּׁוּם דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכְלֵיהּ:
Bien qu'il y ait un avis, au chapitre Kira (Chabbat 43à), selon lequel on ne déplace un ustensile que pour une chose que l'on peut déplacer, on peut poser le cas comme celui qui a besoin de sa place. Ou bien, ici, c'est permis, de crainte qu'il en vienne à le manger.
⚖️ Rosh (2)
אָמַר רָבָא בֶּהֱמַת אַרְנוֹנָא פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה ואע"ג דְּמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ בְּזוּזֵי. עִיסַּת אַרְנוֹנָא חַייֶּבֶת בְּחַלָּה ואע"ג דְּלָא מָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ בְּזוּזֵי. מ"ט בְּהֵמָה אִית לַהּ קָלָא דִּלְנָכְרִי הִיא. עִיסָּה לֵית לַהּ קָלָא. וּבַתּוֹסֶפְתָּא חַלָּה פ"א בְּכוֹרוֹת פ"ב קָתָנֵי בְּתַרְוַוייְהוּ חַייֶּבֶת. לְלִישָּׁנָא קַמָּא דְּרָבָא נִיחָא דְּמַייְרֵי בִּדְמָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ בְּזוּזֵי. וְאַפֵּ"ה פָּסַק רַב אִלְפָּס כִּדְאִיכָּא דְּאָמְרִי וְכֵן מַשְׁמַע נָמֵי בִּירוּשַׁלְמִי דְּגָרְסִינַן אַהַךְ מַתְנֵי' הָעוֹשֶׂה עִיסָּה עִם הַנָּכְרִי אִם אֵין בְּשֶׁל יִשְׂרָאֵל כַּשִּׁיעוּר פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה. וּמַה בִּינָה לְעִיסַּת אַרְנוֹנָא שֶׁהִיא חַייֶּבֶת בְּחַלָּה. תַּמָּן בִּרְשׁוּת יִשְׂרָאֵל עוֹמֶדֶת שֶׁמָּא יִמָּלֵךְ הַנָּכְרִי שֶׁלֹּא לִיטְּלָה. הָכָא בְּדַעַת הַנָּכְרִי הִיא תְּלוּיָה. וְלִישָּׁנָא מַשְׁמַע אע"ג דְּלָא מָצֵי מְסַלֵּק לֵיהּ מִדְּקָאָמַר שֶׁמָּא יִמָּלֵךְ הַנָּכְרִי שֶׁלֹּא לִיטְּלָה. וּמַשְׁמַע נָמֵי אֲפִי' אֵין שִׁיעוּר חַלָּה בְּשֶׁל יִשְׂרָאֵל חַיָּיב.
Rava à dit : la bête de l'arnona est quitte de la bekhora, même s'il peut l'écarter avec des pièces. La pâte de l'arnona est tenue à la halla, même s'il ne peut pas l'écarter avec des pièces. Quelle est la raison ? Une bête à une publicité : elle est au non-Juif. Une pâte n'a pas de publicité. Et dans la Tossefta, Halla chapitre 1, Bekhorot chapitre 2, on enseigné pour les deux : tenue. Selon la première version de Rava, cela s'explique : elle parle du cas où il peut l'écarter avec des pièces. Malgré cela, Rav Alfas à tranché comme « il en est qui disent », et le Talmud de Jérusalem va dans le même sens. On y lit, sur cette michna : celui qui fait une pâte avec le non-Juif, si la part du Juif n'atteint pas la mesure, elle est quitte de la halla. Quelle différence avec la pâte d'arnona, qui est tenue à la halla ? Là-bas, elle se tient dans le domaine du Juif, de crainte que le non-Juif se ravise et ne la prenne pas. Ici, elle dépend de la volonté du non-Juif. Et la formulation indique que c'est même s'il ne peut pas l'écarter, puisqu'il dit « de crainte que le non-Juif se ravise et ne la prenne pas ». Elle indique aussi : même s'il n'y a pas la mesure de halla dans la part du Juif, il est tenu.
א"ר יְהוּדָה אָמַר רַב הַמּוֹצֵא חָמֵץ ביו"ט בְּפֶסַח כּוֹפֶה עָלָיו אֶת הַכְּלִי ואר"י אָמַר רַב חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי עוֹשֶׂה לוֹ מְחִיצָּה י' טְפָחִים מִשּׁוּם הֶיכֵּרָא:
Rav Yehouda à dit au nom de Rav : celui qui trouve du hamets à yom tov de Pessa'h retourne un ustensile dessus. Et Rav Yehouda à dit au nom de Rav : le hamets d'un non-Juif, on lui fait une cloison de dix tefahim, pour un signe.
💡 Explication

Hamets trouvé chez soi le premier jour de Pessa'h : on ne le déplace pas. On retourne un ustensile dessus, pour ne pas l'oublier et le manger. Bal yerae ne joue pas : le bitoul à été fait la veille, au moment de la bedika. Du hekdesh, on s'écarte déjà, à cause du meila : le couvercle est inutile.

Les Tossefot lèvent l'interdit de mouvoir un ustensile pour un objet qu'on ne peut pas mouvoir (Chabbat 43à). Ou bien on a besoin de la place de l'ustensile. Ou bien le risque de manger le hamets autorise le geste.

🖼️ Schéma
Couvrir, où cloisonner Trouvé à yom tov ustensile retourne un seul jour la nuit, on brûle bitoul déjà fait Hamets du non-Juif cloison de 10 tefahim le 14, pour un heker sept jours : l'ustensile serait repris Hekdesh ni couvercle ni cloison on s'en écarte déjà même en semaine
À yom tov, un ustensile pour un jour. Pour le hamets du non-Juif, une cloison de dix tefahim dès le 14. Le hekdesh dispense des deux.
12
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: חֲמֵצוֹ שֶׁל גּוֹי, עוֹשֶׂה לוֹ מְחִיצָה עֲשָׂרָה טְפָחִים מִשּׁוּם הֶיכֵּר. וְאִם שֶׁל הֶקְדֵּשׁ הוּא — אֵינוֹ צָרִיךְ. מַאי טַעְמָא? מִיבְדָּל בְּדִילִי אִינָשֵׁי מִינֵּיהּ.

Et Rav Yehouda à dit au nom de Rav : le hamets d'un non-Juif, on lui fait une cloison de dix tefahim, pour un signe. Et s'il est du hekdesh, il n'en a pas besoin.

Quelle est la raison ? Les gens s'en écartent.

📜 Rachi (2)
חֲמֵצוֹ שֶׁל נָכְרִי הַמֻּופְקָד אֶצְלוֹ וְלֹא קִיבֵּל עָלָיו אַחֲרָיוּת דְּמֻותָּר לְשַׁהוֹתוֹ:
Déposé chez lui, et il n'en a pas accepté l'ahariout, de sorte qu'il est permis de le laisser.
עוֹשֶׂה לוֹ מְחִיצָּה בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר מִשּׁוּם הֶיכֵּר שֶׁלֹּא יִשְׁכַּח וְיֹאכְלֶנּוּ וְלָא סַגִּי לֵיהּ בִּכְפִיַּית כְּלִי כָּל שִׁבְעָה שֶׁהַכְּלִי נִיטָּל לְצֹורֶךְ וּמִיהוּ הַהוּא דִּלְעֵיל לֹא אֶפְשָׁר לֵיהּ בִּמְחִיצָּה וּמִשּׁוּם חַד יוֹמָא סַגִּי לֵיהּ בִּכְפִיַּית כְּלִי וּבַלַּיְלָה יְבַעֲרֶנּוּ:
Le quatorze, pour un signe, afin qu'il n'oublie pas et ne le mange. Retourner un ustensile ne lui suffit pas pour les sept jours, car l'ustensile est repris dès qu'on en a besoin. Mais le cas précédent ne peut pas se faire par une cloison, et pour un seul jour retourner un ustensile lui suffit ; la nuit, il l'éliminera.
💡 Explication

Hamets d'un non-Juif qu'on a le droit de laisser, dépôt sans ahariout : le 14 nissan, une cloison de dix tefahim sert de heker. Un ustensile retourné ne tient pas les sept jours : on le reprend dès qu'on en a besoin. Le cas de yom tov dure un jour : le couvercle suffit, et la nuit on brûle.

13
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הַמְפָרֵשׁ, וְהַיּוֹצֵא בְּשֶׁיִּירָא, קֹודֶם שְׁלֹשִׁים יוֹם — אֵין זָקוּק לְבַעֵר, תּוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם — זָקוּק לְבַעֵר. אָמַר אַבַּיֵּי: הָא דְּאָמְרַתְּ תּוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם — זָקוּק לְבַעֵר, לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁדַּעְתּוֹ לַחֲזוֹר, אֲבָל אֵין דַּעְתּוֹ לַחֲזוֹר — אֵין זָקוּק לְבַעֵר.

Et Rav Yehouda à dit au nom de Rav : celui qui prend la mer, et celui qui part en caravane, avant trente jours, n'est pas tenu d'éliminer ; dans les trente jours, il est tenu d'éliminer. Abaye à dit : ce que tu as dit, dans les trente jours il est tenu d'éliminer, nous ne l'avons dit que s'il à l'intention de revenir ; mais s'il n'a pas l'intention de revenir, il n'est pas tenu d'éliminer.

📜 Rachi (4)
הַמְפָרֵשׁ מִן הַיַּבָּשָׁה לַיָּם:
De la terre vers la mer.
בְּשֶׁיִּירָא לְמָקוֹם רָחוֹק:
Vers un endroit éloigné.
קֹודֶם שְׁלֹשִׁים יוֹם לְפֶסַח וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ כְּנֶגֶד שֶׁשּׁוֹאֲלִין בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח קֹודֶם הַפֶּסַח שְׁלֹשִׁים יוֹם וּמֵאָז חָל עָלָיו לְהִיזָּהֵר בְּצָרְכֵי הַפֶּסַח:
Avant Pessa'h. Plus loin, on explique : en regard de ce que l'on interroge sur les halakhot de Pessa'h trente jours avant Pessa'h. À partir de là, il lui incombe de veiller aux besoins de Pessa'h.
דַּעְתּוֹ לַחֲזֹור בִּימֵי הַפֶּסַח:
Pendant les jours de Pessa'h.
💡 Explication

Qui part en mer où en caravane avant les trente jours précédant Pessa'h n'élimine pas. Dans ces trente jours, il élimine. Abaye limite cette obligation à celui dont la daat est de revenir pour la fête. S'il ne revient pas, même dans les trente jours, pas de biour.

14
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְאִי דַּעְתּוֹ לַחֲזֹור, אֲפִילּוּ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה נָמֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא: הָא דְּאָמְרַתְּ קֹודֶם שְׁלֹשִׁים יוֹם אֵין זָקוּק לְבַעֵר, לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ לַחֲזוֹר, אֲבָל דַּעְתּוֹ לַחֲזֹור — אֲפִילּוּ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה זָקוּק לְבַעֵר.

Rava lui à dit : et s'il à l'intention de revenir, même depuis Roch Hachana aussi ! Rava à dit alors : ce que tu as dit, avant trente jours il n'est pas tenu d'éliminer, nous ne l'avons dit que s'il n'a pas l'intention de revenir ; mais s'il à l'intention de revenir, même depuis Roch Hachana, il est tenu d'éliminer.

📜 Rachi (1)
אֲפִילּוּ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה נָמֵי דְּכִי הָדַר בֵּיהּ בִּימֵי הַפֶּסַח עָבַר עָלֶיהָ וְהַהִיא שַׁעְתָּא לָאו בִּרְשׁוּתֵיהּ הִיא דְּלִיבַטְּלֵיהּ שֶׁהֲרֵי אִיסּוּר הֲנָאָה הוּא וְאֵינוֹ שֶׁלּוֹ וּכְשֶׁרָאָהוּ עוֹבֵר עָלֶיהָ:
Car lorsqu'il revient pendant les jours de Pessa'h, il transgresse à son sujet, et à cette heure-là ce n'est pas dans son domaine pour qu'il l'annule, puisque c'est un issour hanaa et que ce n'est pas à lui ; et lorsqu'il le voit, il transgresse à son sujet.
💡 Explication

Rava renverse la limite. Si l'intention de revenir oblige, elle oblige même pour un départ à Roch Hachana, bien avant les trente jours. La dispense « avant trente jours » ne vaut donc que sans intention de revenir. Avec cette intention, le biour s'impose dès Roch Hachana.

Rachi : au retour pendant Pessa'h, le hamets est déjà issour hanaa. Il n'est plus à lui, le bitoul ne peut plus se faire. Le voir, c'est transgresser.

15
וְאַזְדָּא רָבָא לְטַעְמֵיהּ. דְּאָמַר רָבָא: הָעוֹשֶׂה בֵּיתוֹ אוֹצָר, קֹודֶם שְׁלֹשִׁים יוֹם — אֵין זָקוּק לְבַעֵר. תּוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם — זָקוּק לְבַעֵר.

Et Rava suit son raisonnement. Car Rava à dit : celui qui fait de sa maison un grenier, avant trente jours, n'est pas tenu d'éliminer ; dans les trente jours, il est tenu d'éliminer.

📜 Rachi (3)
אוֹצָר שֶׁהִכְנִיס שָׁם תְּבוּאָה וְתַחְתֶּיהָ חָמֵץ וְאָמְרִינַן לְקַמָּן חָמֵץ שֶׁנָּפְלָה עָלָיו מַפּוֹלֶת הֲרֵי הוּא כִּמְבֹועָר:
Il y a rentré du grain, et dessous du hamets. Et nous disons plus loin : un hamets sur lequel un éboulement est tombé compte comme éliminé.
תּוֹךְ שְׁלֹשִׁים זָקוּק לְבַעֵר דִּלְכַתְּחִלָּה לֹא זֶהוּ בִּיעוּרוֹ:
Car au départ, ce n'est pas là son élimination.
קֹודֶם שְׁלֹשִׁים לֹא חָלָה חוֹבַת בִּיעוּר עָלָיו וְכִי מָטֵי הַהִיא שַׁעְתָּא לֹא מְחֻוייָּב כְּדַאֲמָרָן דְּהָא נָפְלָה עָלָיו מַפֹּולֶת:
Le devoir d'élimination ne lui incombait pas encore, et quand cette heure arrive il n'est pas tenu, comme nous l'avons dit, car un éboulement est tombé dessus.
💡 Explication

Même logique pour celui qui transforme sa maison en otsar : du grain recouvre du hamets. Plus loin, un hamets sous un éboulement compte comme éliminé. Avant trente jours, le devoir de biour n'a pas commencé : au moment où il commencerait, l'éboulement à déjà fait le travail. Dans les trente jours, recouvrir le hamets n'est pas, au départ, un biour : il faut l'éliminer.

16
וְקֹודֶם שְׁלֹשִׁים נָמֵי, לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ לְפַנּוֹתוֹ, אֲבָל דַּעְתּוֹ לְפַנּוֹתוֹ — אֲפִילּוּ קֹודֶם שְׁלֹשִׁים יוֹם נָמֵי זָקוּק לְבַעֵר.

Et même avant trente jours, nous ne l'avons dit que s'il n'a pas l'intention de le vider ; mais s'il à l'intention de le vider, même avant trente jours, il est aussi tenu d'éliminer.

💡 Explication

Même avant trente jours, s'il compte vider le grenier avant Pessa'h, il doit éliminer maintenant. Le hamets redeviendra accessible avant la fête.

17
הָנֵי שְׁלֹשִׁים יוֹם, מַאי עֲבִידְתַּייְהוּ? כִּדְתַנְיָא: שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח קֹודֶם הַפֶּסַח שְׁלֹשִׁים יוֹם. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת. מַאי טַעְמָא דְּתַנָּא קַמָּא —

Ces trente jours, quel est leur office ? Comme on l'enseigne : on interroge et on expose les halakhot de Pessa'h trente jours avant Pessa'h.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : deux semaines. Quelle est la raison du premier tanna ?

💡 Explication

Les trente jours suivent la baraïta : on étudie les halakhot de Pessa'h trente jours avant la fête. Rabban Chimon ben Gamliel raccourcit à deux semaines. La Guemara demande la source du tanna kama ; la suite est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).