Pesachim 6b — Trente jours où deux semaines, puis le bitoul du hamets

Pesachim 6b

Sougya : La baraita de 6à demandé quand on commence à interroger et à enseigner les halakhot de Pessa'h : trente jours avant, ou deux semaines selon Rabban Shimon ben Gamliel. La preuve des trente jours est Moché au Pessa'h rishon, qui avertit déjà du Pessa'h sheni.

Rabban Shimon ben Gamliel s'appuie sur Roch Hodesh Nissan, et une gezera shava midbar-midbar fixe ce jour au 1er. De la, Rav enseigne qu'il n'y a pas d'ordre antérieur-postérieur dans la Torah entre deux inyanim, tandis que dans un seul inyan l'ordre écrit reste l'ordre réel, pour que klal et prat tiennent.

Nouvelle sougya : Rav exige le bitoul après la bedika. Les miettes ne comptent pas.

Rava decree à cause d'une belle galette. Après l'interdit, le hamets est hors de la reshut, et aux 4e et 5e heures on craint la peshia.

Quand commence-t-on les halakhot de Pessa'h ? Tana kama : 30 jours Moché au Pessa'h rishon 14 Nissan avertit du Pessa'h sheni 14 Iyar Versets : en son temps, puis les hommes impurs Rabban Shimon : 2 semaines Moché à Roch Hodesh Nissan Ce mois-ci, tête des mois Le 10 : prendre l'agneau Le Pessa'h est le 14 Il écarte les 30 jours : déjà dans Pessa'h, il achève tout Gezera shava midbar / midbar : la parole du premier mois est, elle aussi, au 1er du mois
Trente jours : du 14 Nissan au 14 Iyar. Deux semaines : de Rosh Hodesh Nissan au Pessah. La gezera shava fixe la parole au 1er du mois.
Ein mukdam u-meuhar : deux inyanim, où un seul Deux inyanim Pas d'ordre chronologique Nisan est dit avant Iyar Iyar est écrit en tête du livre Pessa'h est dans Behaalotkha Un seul inyan L'ordre écrit est l'ordre réel Avant dans le verset : avant Après dans le verset : après Sauf derasha où raison, dit Tossefot Klal puis prat Le klal se réduit au prat Prat puis klal Le klal ajoute, même le dissemblable Sans ordre fixe, les deux règles tombent Klal et prat éloignés Avis : on ne drash pas Avis : on drash Même cet avis : un seul inyan Deux inyanim : on ne drash pas
Entre deux inyanim, la Torah ne suit pas le temps. Dans un seul inyan, l'ordre écrit reste fixe, et klal u-prat peut s'appliquer.
Pourquoi le bitoul, et à quel moment Miettes ? Elles ne comptent pas La garde de la maison ne les rend pas hashuv Preuve : figues Garde pour les raisins S'il n'y tient pas : hefker, pas de maaser Rava : gezeira Belle galette Sa pensée est sur elle Elle ne tombe pas seule Moment Nuit de la bedika 4e et 5e : peshia Après issur : trop tard Deux choses hors de sa reshut, et le verset le rend hayav comme si elles y étaient Puits dans le reshut ha-rabim Hefker, et nezek à sa charge Hamets des six heures et au-delà Plus à lui, et bal yerae demeure Trouvé après l'interdit : il ne peut plus annuler
Les miettes ne demandent pas le bitoul. Rava decree pour une galette à laquelle on tient. Le moment retenu est la nuit de la bedika.
1
שֶׁהֲרֵי מֹשֶׁה עוֹמֵד בְּפֶסַח רִאשׁוֹן, וּמַזְהִיר עַל הַפֶּסַח שֵׁנִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיַעֲשׂוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַפָּסַח בְּמוֹעֲדוֹ״, וּכְתִיב: ״וַיְהִי אֲנָשִׁים אֲשֶׁר הָיוּ טְמֵאִים לְנֶפֶשׁ אָדָם״.

Puisque Moché se tient au premier Pessa'h, et avertit au sujet du second Pessa'h, comme il est dit : Les enfants d'Israël feront le Pessa'h en son temps. Et il est écrit : Il y eut des hommes qui étaient impurs par un mort.

📜 Rachi (1)
שֶׁהֲרֵי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ עוֹמֵד בְּפֶסַח רִאשׁוֹן וְדוֹרֵשׁ לָהֶן בְּהִלְכוֹת פֶּסַח הַשֵּׁנִי דְּהַייְנוּ שְׁלֹשִׁים יוֹם שֶׁהוּא בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר בְּאִיָּיר:
Et il leur exposé les halakhot du second Pessa'h, c'est-à-dire trente jours, lequel est le quatorze Iyar.
🗂️ Tossefot (2)
שֶׁנֶּאֱמַר וַיְהִי אֲנָשִׁים וְהָא דְּאָמַר בְּהַנִּיזָּקִין (גִּיטִּין ד' ס. וְשָׁם) שְׁמֹונֶה פָּרָשִׁיּוֹת נֶאֶמְרוּ בַּיּוֹם שֶׁהוּקַם הַמִּשְׁכָּן וְהַייְנוּ בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ נִיסָן פָּרָשַׁת טְמֵאִים לֹא כְּפֵ"ה דְּפִי' פָּרָשַׁת טְמֵאִים וַיְהִי אֲנָשִׁים דְּזוֹ הַפָּרָשָׁה נֶאֶמְרָה בְּעֶרֶב הַפֶּסַח כִּדְמַשְׁמַע הָכָא אֶלָּא פָּרָשַׁת טְמֵאִים טֻומְאַת תְּרוּמָה וְקָדָשִׁים:
Et ce qui est dit à Ha-nizakin (Gittin 60a, et la-bas) : huit parashiot ont été dites le jour où le Mishkan à été dresse, c'est-à-dire à Roch Hodesh Nissan. Rachi explique Parashat Temeim par : il y eut des hommes. Cette paracha à été dite la veille de Pessa'h, comme il ressort d'ici. Parashat Temeim vise l'impureté de la teruma et des kodashim.
וּמַזְהִיר עַל פֶּסַח שֵׁנִי אע"ג שֶׁעַל יְדֵי שְׁאֵילָתוֹ הֻוזְקַק לוֹמַר לָהֶן מ"מ לֹא הָיָה צָרִיךְ לְהַאֲרִיךְ אֶלָּא אַל תַּעֲשׂוּ פֶּסַח וְתוּ לָא:
Bien que leur question l'ait amène à le leur dire, il n'avait pas à s'étendre. Il suffisait : ne faites pas le Pessa'h, et rien de plus.
💡 Explication

Suite de la baraita de 6à. Le tana kama fixe l'étude des halakhot de Pessa'h à trente jours. Preuve : au Pessa'h rishon, le 14 Nissan, Moché avertit déjà du Pessa'h sheni, le 14 Iyar. Les hommes impurs par un mort viennent ce jour-la, et la halakha du second Pessa'h leur est dite.

Tossefot : la réponse pouvait s'arrêter à l'interdit de faire le Pessa'h. Le développement des halakhot montre qu'on enseigné à l'avance. À Gittin 60a, la paracha des impurs dite le jour de l'érection du Mishkan vise la touma de la teruma et des kodashim. Le verset des hommes impurs, lui, est de la veille de Pessa'h.

2
וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אָמַר לָךְ: אַיְּידֵי דְּאַיְירִי בְּמִילֵּי דְפִסְחָא, מַסִּיק לְהוּ לְכָל מִילֵּי דְפִסְחָא.

Et Rabban Shimon ben Gamliel peut te dire : puisqu'il était occupé des paroles de Pessa'h, il fait monter toutes les paroles de Pessa'h.

💡 Explication

Rabban Shimon ben Gamliel écarte la preuve. Moché traitait déjà de Pessa'h. Il achève alors tout le sujet, y compris le second Pessa'h. On ne tire pas de cet enchaînement un délai de trente jours.

3
מַאי טַעְמָא דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל? שֶׁהֲרֵי מֹשֶׁה עוֹמֵד בְּרֹאשׁ הַחֹדֶשׁ, וּמַזְהִיר עַל הַפֶּסַח, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם רֹאשׁ חֳדָשִׁים״, וּכְתִיב: ״דַּבְּרוּ אֶל כָּל עֲדַת יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר בֶּעָשֹׂר לַחֹדֶשׁ הַזֶּה וְיִקְחוּ לָהֶם אִישׁ שֶׂה לְבֵית אָבֹות וְגוֹ׳״.

Quelle est la raison de Rabban Shimon ben Gamliel ? Puisque Moché se tient à Roch Hodesh, et avertit au sujet du Pessa'h, comme il est dit : Ce mois-ci est pour vous la tête des mois.

Et il est écrit : Parlez à toute la communauté d'Israël pour dire : au dix de ce mois, ils prendront pour eux chacun un agneau pour la maison des pères, etc.

💡 Explication

Sa preuve à lui vise deux semaines. À Roch Hodesh Nissan, au verset de ce mois-ci, Moché avertit déjà : le 10, chaque maison prend l'agneau du Pessa'h. Du 1er au 14, le délai est de deux semaines, les shtei chabbatot de la baraita.

4
מִמַּאי דִּבְרֵישׁ יַרְחָא קָאֵי? דִּילְמָא בְּאַרְבְּעָה בְּיַרְחָא אוֹ בְּחַמְשָׁה בְּיַרְחָא קָאֵי?

D'où tient-on qu'il se tient au début du mois ? Peut-être se tient-il au quatre du mois, où au cinq du mois ?

🗂️ Tossefot (1)
מִמַּאי דִּבְרֵישׁ יַרְחָא קָאֵי תֵּימַהּ דִּבְשַׁבָּת בפ"ר עֲקִיבָא (דַּף פּוֹ: וְשָׁם) קָאָמַר (רַבָּה) דכ"ע בר"ח אֲתוֹ לְמִדְבָּר סִינַי כְּתִיב הָכָא בַּיּוֹם הַזֶּה בָּאוּ מִדְבַּר סִינָי וּכְתִיב הָתָם הַחֹדֶשׁ הַזֶּה וְגוֹ' מַה לְהַלָּן ר"ח אַף כָּאן רֹאשׁ חֹדֶשׁ אַלְמָא פְּשִׁיטָא דְּהַחֹדֶשׁ הַזֶּה נֶאֱמַר לוֹ בר"ח וְהַיְינוּ מִשּׁוּם דְּאָמַר בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת כט.) שֶׁנִּתְקַשָּׁה מֹשֶׁה רַבֵּינוּ בִּרְאִייַּת הַלְּבָנָה עַד שֶׁאָמַר לוֹ הקב"ה כָּזֶה רְאֵה וְקַדֵּשׁ וְתַי' ר"ת אע"ג שֶׁאָמַר הקב"ה לְמֹשֶׁה בְּרֵישׁ יַרְחָא דִּילְמָא מֹשֶׁה לֹא אָמַר לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל אֶלָּא בַּג' אוֹ בַּד' בְּיַרְחָא וּמַסִּיק דְּיָלֵיף מִדָּבָר מִמִּדְבָּר דִּבְהָהִיא דִּבְאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי אֲמִירַת הקב"ה וַאֲמִירַת מֹשֶׁה הָוֵי בְּרֵישׁ יַרְחָא דִּכְתִיב בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי וַיִּתְיַלְדוּ וְגוֹ' ור"י מְפָרֵשׁ אע"ג דְּהַחֹדֶשׁ הַזֶּה הֲוָה בְּרֵישׁ יַרְחָא מִיהוּ דִּילְמָא הָא דְּקָאָמַר דַּבְּרוּ אֶל כָּל עֲדַת יִשְׂרָאֵל לָא הֲוָה בְּרֵישׁ יַרְחָא וְאִם תֹּאמַר אַמַּאי לָא יָלֵיף הָתָם מִדָּבָר מִבְּמִדְבָּר כִּי הָכָא וְי"ל דְּמִדְבָּר מִבְּמִדְבָּר לָא יָלְפִינַן:
Difficulté. À Chabbat, au chapitre Rabbi Akiva (86b, et la-bas), on dit (Rabba) que tout le monde tient : ils sont arrivés au désert du Sinaï à Roch Hodesh. Il est écrit ici : en ce jour ils sont arrivés au désert du Sinaï. Et il est écrit la-bas : ce mois-ci, etc. De même que la-bas c'est Roch Hodesh, de même ici c'est Roch Hodesh. Il en ressort donc comme une évidence que ce mois-ci lui à été dit à Roch Hodesh. Et cela, parce qu'il est dit à Ha-komets rabba (Menahot 29a) que Moché Rabbénou à eu de la peine à voir la lune, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, lui dise : tel que tu vois, sanctifie. Rabbeinou Tam répond : bien que le Saint, béni soit-Il, l'ait dit à Moché au début du mois, il se peut que Moché ne l'ait dit à Israël qu'au trois où au quatre du mois. Et la guemara conclut qu'on l'apprend, midbar de midbar. Car dans le passage du premier du second mois, la parole du Saint, béni soit-Il, et la parole de Moché, ont eu lieu au début du mois, puisqu'il est écrit : au premier du second mois, et ils se firent recenser, etc. Le Ri explique : bien que ce mois-ci ait été au début du mois, il se peut que le verset parlez à toute la communauté d'Israël n'ait pas été au début du mois. Et si tu demandes : pourquoi la-bas n'apprend-on pas midbar de be-midbar, comme ici ? On répond : on n'apprend pas midbar de be-midbar.
💡 Explication

Le verset du 10 ne date pas la parole. Elle peut avoir eu lieu le 4 où le 5. Le délai tomberait alors au-dessous de deux semaines, et la preuve de Rabban Shimon ben Gamliel ne tiendrait plus.

Tossefot : à Chabbat 86b, la gezera shava de ce jour-ci et de ce mois-ci tient l'arrivée au Sinaï pour un Roch Hodesh, et Menahot 29a placé la vision de la lune, ke-zeh rée ve-kadesh, à ce jour. Rabbeinou Tam sépare la parole dite à Moché et la parole dite à Israël. Le Ri sépare ce mois-ci et l'ordre de prendre l'agneau. La forme midbar ne s'apprend pas de be-midbar.

5
אֶלָּא אָמַר רַבָּה בַּר שִׁימִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבִינָא, מֵהָכָא: ״וַיְדַבֵּר ה׳ אֶל מֹשֶׁה בְמִדְבַּר סִינַי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן״, וּכְתִיב: ״וְיַעֲשׂוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַפָּסַח בְּמוֹעֲדוֹ״. הָכָא נָמֵי, מִמַּאי דִּבְרֵישׁ יַרְחָא קָאֵי? דִּילְמָא בְּאַרְבְּעָה בְּיַרְחָא אוֹ בְּחַמְשָׁה בְּיַרְחָא קָאֵי?

Plutôt, Rabba bar Shimi à dit au nom de Ravina, d'ici : Hachem parla à Moché dans le désert du Sinaï, en la seconde année, au premier mois. Et il est écrit : Les enfants d'Israël feront le Pessa'h en son temps.

Ici aussi : d'où tient-on qu'il se tient au début du mois ? Peut-être se tient-il au quatre du mois, où au cinq du mois ?

💡 Explication

Autre source, Nombres 9. La parole est placée au premier mois de la seconde année, et le verset suivant ordonné le Pessa'h en son temps. On a donc un enseignement avant la fête. La même question revient : le premier mois peut désigner le 4 ou le 5, et non le 1er.

6
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אָתְיָא ״מִדְבָּר״ מִ״מִדְבָּר״. כְּתִיב הָכָא: ״בְּמִדְבַּר סִינַי״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיְדַבֵּר ה׳ אֶל מֹשֶׁה בְּמִדְבַּר סִינַי בְּאֹהֶל מוֹעֵד בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי״. מַה לְהַלָּן בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ — אַף כָּאן בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ.

Rav Nahman bar Yitshak à dit : cela s'apprend, midbar de midbar. Il est écrit ici : dans le désert du Sinaï.

Et il est écrit la-bas : Hachem parla à Moché dans le désert du Sinaï, dans la Tente d'assignation, le premier du second mois. De même que la-bas c'est à Roch Hodesh, de même ici c'est à Roch Hodesh.

📜 Rachi (1)
מַה לְהַלָּן רֹאשׁ חֹדֶשׁ דִּכְתִיב בֵּיהּ בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי:
Car il y est écrit : le premier du second mois.
💡 Explication

Gezera shava. Le mot midbar du premier mois (Nombres 9) est lu sur le mot midbar du recensement (Nombres 1). La-bas, le verset date la parole : le premier du second mois. Ici, la parole de Pessa'h est donc aussi au premier du mois. Le délai de deux semaines est fixe.

🖼️ Schéma
Gezera shava : midbar de midbar Ici : Pessa'h Dans le désert du Sinaï Premier mois Nombres 9, 1 même mot : midbar La-bas : recensement Dans le désert du Sinaï Le 1er du second mois Nombres 1, 1
Midbar du premier mois prend la date de midbar du second mois : le 1er.
7
וְנִיכְתּוֹב בְּרֵישָׁא דְּחֹדֶשׁ רִאשׁוֹן, וַהֲדַר נִיכְתּוֹב דְּחֹדֶשׁ שֵׁנִי. אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בַּר תַּחְלִיפָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: זֹאת אוֹמֶרֶת אֵין מֻוקְדָּם וּמְאֻוחָר בַּתּוֹרָה.

Qu'on écrive d'abord ce qui est du premier mois, et ensuite qu'on écrive ce qui est du second mois. Rav Menashya bar Tahlifa à dit au nom de Rav : cela enseigne qu'il n'y a pas d'antérieur et de postérieur dans la Torah.

📜 Rachi (2)
וְנִיכְתֹּוב בְּרֵישָׁא כו' לָא אַשְּׁמַעְתִּין פָּרִיךְ אֶלָּא אַסֵּדֶר פָּרָשִׁיּוֹת קֻפְרִיךְ מִכְּדֵי פָּרָשַׁת פֶּסַח נֶאֶמְרָה תְּחִלָּה שֶׁהֲרֵי בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן נֶאֱמַר כְּדִכְתִיב בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן לֵאמֹר וּפָרָשַׁת פְּקוּדִים נֶאֶמְרָה בְּאִיָּיר וּמַאי טַעְמָא אַקְדְּמָהּ לְהַאי בְּרֹאשׁ הַסֵּפֶר וּפָרָשַׁת זוֹ בְּפָרָשַׁת בְּהַעֲלוֹתְךָ:
Il n'objecte pas contre notre enseignement. Il objecte contre l'ordre des parashiot. Puisque la paracha de Pessa'h à été dite d'abord, car elle l'a été au premier mois, comme il est écrit : au premier mois, pour dire. Et la paracha des dénombrements à été dite en Iyar. Pourquoi à-t-on avance celle-ci en tête du livre, et cette paracha se trouve-t-elle dans Behaalotkha ?
אֵין מֻוקְדָּם וּמְאֻוחָר בַּתּוֹרָה לֹא הִקְפִּידָה תּוֹרָה עַל סֵדֶר מֻוקְדָּם וּמְאֻוחָר וּפָרָשִׁיּוֹת דְּנֶאֶמְרוּ תְּחִלָּה הִקְדִּימוּ הַמְאֻוחָרוֹת לָהּ:
La Torah n'a pas exige l'ordre de l'antérieur et du postérieur. Dès parashiot dites d'abord, les postérieures ont pris place avant elles.
💡 Explication

Si la parole de Nombres 9 est du 1er Nissan, et le recensement du 1er Iyar, l'ordre du livre est inverse : Iyar ouvre Bamidbar, Nissan est dans Behaalotkha. Rav, par Rav Menashya bar Tahlifa : ein mukdam u-meuhar ba-Torah. La Torah ne range pas les parashiot selon le temps où elles ont été dites.

8
אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּתְרֵי עִנְיָינֵי, אֲבָל בְּחַד עִנְיָינָא, מַאי דְּמֻוקְדָּם — מֻוקְדָּם, וּמַאי דִּמְאֻוחָר — מְאֻוחָר. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, ״כְּלָל וּפְרָט — אֵין בַּכְּלָל אֶלָּא מַה שֶׁבַּפְּרָט״, דִּילְמָא פְּרָט וּכְלָל הוּא!

Rav Papa à dit : nous ne l'avons dit que pour deux inyanim (sujets). Mais dans un seul inyan, ce qui est antérieur est antérieur, et ce qui est postérieur est postérieur.

Car sans cela, un klal et un prat : le klal ne contient que ce qui est dans le prat, peut-être est-ce un prat et un klal !

📜 Rachi (3)
בִּתְרֵי עִנְיְינֵי בִּשְׁתֵּי פָּרָשִׁיּוֹת:
Dans deux parashiot.
בְּחַד עִנְיָינָא בְּמִקְרָאוֹת הַסְּדוּרוֹת בְּפָרָשָׁה אַחַת:
Dans des versets rangés dans une seule paracha.
דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי דִּבְסֵדֶר כְּתִיבָתָן נֶאֶמְרוּ הָא דְּקַייְמָא לָן כָּל כְּלָל וּפְרָט אֵין בַּכְּלָל אֶלָּא מַה שֶׁהוּא בִּפְרָט לְפִי שֶׁבָּא הַפְּרָט וּפְרָט שֶׁזֶּהוּ הַכְּלָל הֵיכִי סָמְכִינַן עֲלָהּ דִּילְמָא פְּרָט וּכְלָל הוּא:
Qu'elles ont été dites dans l'ordre de leur écriture. Ce qui est acquis pour nous : tout klal et prat, le klal ne contient que ce qui est dans le prat, parce que le prat vient et précise que tel est le klal. Comment nous y fier ? Peut-être est-ce un prat et un klal.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל בְּחַד עִנְיָינָא מַאי דְּמֻוקְדָּם מֻוקְדָּם הַייְנוּ דַּוְקָא הֵיכָא דְּלֵיכָּא דְּרָשָׁה וְטַעַם דְּהָא תְּנַן בְּפֶ' נִגְמַר הַדִּין (סַנְהֶדְרִין מה. וְשָׁם) דִּדְחִיַּית הַנִּסְקָל קֹודֶם לִסְקִילָתוֹ אע"ג דִּסְקִילָה כְּתִיב בְּרֵישָׁא דִּכְתִיב כִּי סָקַל יִסָּקֵל אוֹ יָרֹה יִיָּרֶה הַיְינוּ מִשּׁוּם דִּכְתִיב בְּמָקוֹם אַחֵר סְקִילָה בִּגְמַר מִיתָה דִּכְתִיב וּסְקַלְתֶּם בָּאֲבָנִים וָמֵתוּ:
Cela vise seulement l'endroit où il n'y a ni derasha ni raison. Car nous avons appris au chapitre Nigmar ha-din (Sanhédrin 45a, et la-bas) que la projection de celui qu'on lapidé précède sa lapidation, bien que la lapidation soit écrite en premier, puisqu'il est écrit : car on le lapidera, on le lapidera, où on le jettera, on le jettera. C'est parce qu'il est écrit ailleurs la lapidation à l'achèvement de la mort, comme il est écrit : vous les lapiderez de pierres, et ils mourront.
💡 Explication

Rav Papa borne la règle. Deux inyanim : l'ordre du livre ne dit pas l'ordre du temps. Un seul inyan : le verset écrit avant à été dit avant, le verset écrit après à été dit après.

Sinon, la mida klal u-prat ne tiendrait plus. Elle réduit le général au particulier seulement parce que le prat vient après le klal. Inverse, ce serait un prat suivi d'un klal, et la mida change. Tossefot : la où une derasha où une raison réordonne, l'écrit cède. Exemple : à Sanhédrin 45a, on précipité le lapidé avant de le lapider, bien que la lapidation soit écrite d'abord, à cause du verset où la lapidation achève la mort.

9
וְתוּ, ״פְּרָט וּכְלָל נַעֲשֶׂה כְּלָל מוּסָף עַל הַפְּרָט״, דִּילְמָא כְּלָל וּפְרָט הוּא!

Et encore : un prat et un klal, le klal devient un ajout au prat. Peut-être est-ce un klal et un prat !

📜 Rachi (1)
נַעֲשֶׂה כְּלָל מוּסָף עַל הַפְּרָט שֶׁלֹּא תֹּאמַר אֵין כָּאן אֶלָּא פְּרָט אוֹ כַּיּוֹצֵא בוֹ נָבִיא בְּדִינוֹ בְּבִנְיַן אָב לָכֵן הוֹסִיף הַכָּתוּב כְּלָל אַחֲרָיו לְהָבִיא כָּל דָּבָר וַאֲפִילּוּ אֵינוֹ דּוֹמֶה לִפְרָט:
Pour que tu ne dises pas : il n'y a ici que le prat, ou ce qui lui ressemble, que l'on ferait venir dans son din par un binian av. C'est pourquoi le verset à ajoute un klal après lui, pour faire venir toute chose, même ce qui ne ressemble pas au prat.
💡 Explication

Deuxième mida, en miroir. Prat u-klal : le klal qui suit élargit, jusqu'à ce qui ne ressemble pas au prat. Rachi : sans ce klal, on n'aurait que le prat et son semblable, par binian av. Si l'ordre interne n'était pas fixe, ce klal pourrait être lu comme venant avant, et la mida se renverserait en klal u-prat.

10
אִי הָכִי, אֲפִילּוּ בִּתְרֵי עִנְייָנֵי נָמֵי! הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר ״כְּלָל וּפְרָט הַמְרֻוחָקִין זֶה מִזֶּה — אֵין דָּנִין אוֹתוֹ בִּכְלָל וּפְרָט״, שַׁפִּיר, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר ״דָּנִין״, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?

S'il en est ainsi, même pour deux inyanim ! Cela se tient selon celui qui dit : un klal et un prat éloignés l'un de l'autre, on ne les juge pas en klal et prat.

C'est bien. Mais selon celui qui dit : on les juge, que dire ?

📜 Rachi (3)
אִי הָכִי קַשְׁיָא לָךְ אֲפִילּוּ בִּתְרֵי עִנְיָינֵי תִּיקְשֵׁי לָךְ דְּהָא דָּייְנִינַן כְּלָל וּפְרָט כְּשֶׁנֶּאֱמַר אֶחָד מֵהֶן בְּפָרָשָׁה זוֹ וְאֶחָד מֵהֶן בְּפָרָשָׁה אַחֶרֶת:
La difficulté te reste même pour deux inyanim. Car nous jugeons un klal et un prat quand l'un est dit dans cette paracha et l'autre dans une autre paracha.
הָא נִיחָא דְּלָא קַשְׁיָא לָךְ:
La difficulté ne te reste pas.
לְמַאן דְּאָמַר כְּלָל וּפְרָט הַמְרֻוחָקִין אֵין דָּנִין כו' וּפְלוּגְתָּא הִיא בִּמְנָחוֹת בְּפֶרֶק כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה (מְנָחוֹת דַּף נה:) וּבְבָבָא קַמָּא בְּהַחוֹבֵל (בָּבָא קַמָּא דַּף פֹּה.):
Et c'est une mahloket à Menahot, au chapitre Kol ha-menahot baot matsa (Menahot 55b), et à Bava Kamma, au chapitre Ha-hovel (Bava Kamma 85a).
💡 Explication

L'objection retourne l'argument. Si l'absence d'ordre empêche klal u-prat, elle l'empêche aussi entre deux inyanim, des que les versets sont dans deux parashiot. Selon l'avis qui refuse de drasher un klal et un prat éloignés, la difficulté tombe : ces versets-la ne font pas l'objet de la mida. Selon l'avis qui les drash, la question reste ouverte. Rachi situe la mahloket à Menahot 55b et Bava Kamma 85a.

11
אֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּאָמַר ״דָּנִין״, הָנֵי מִילֵּי — בְּחַד עִנְייָנָא. אֲבָל בִּתְרֵי עִנְיָינֵי — אֵין דָּנִין.

Même selon celui qui dit : on les juge, ces paroles visent un seul inyan. Mais pour deux inyanim, on ne les juge pas.

🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל בִּתְרֵי עִנְיָינֵי אֵין דָּנִין וְהָא דְּפָרִיךְ בְּסוֹף הַפָּרָה (ב"ק ד' נד: וְשָׁם) וְאֵימָא בְּהֶמְתְּךָ דְּדִבְּרוֹת רִאשׁוֹנוֹת כָּלַל שׁוֹר וַחֲמוֹר פָּרַט בְּהֶמְתֶּךָ דְּדִבְּרוֹת הָאַחֲרוֹנוֹת חָזַר וְכָלַל אע"ג דִּמְרֻוחָקִין טוּבָא הַייְנוּ מִשּׁוּם דַּעֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת חֲשִׁיבִי כְּחַד עִנְיָינָא דִּבְדִיבּוּר אֶחָד נֶאֶמְרוּ:
Et ce qu'on objecte à la fin de Ha-parah (Bava Kamma 54b, et la-bas) : je dirais que ta bête, dans les premières paroles, est un klal, bœuf et âne un prat, ta bête dans les dernières paroles revient et fait klal, bien qu'ils soient très éloignés. C'est parce que les dix paroles comptent comme un seul inyan, car elles ont été dites en une seule parole.
💡 Explication

Réponse. L'avis qui drash des versets éloignés ne le fait que dans un seul inyan, même si les versets sont séparés dans le livre. Deux inyanim : pas de klal u-prat, puisque l'ordre du temps n'est pas celui de l'écrit.

Tossefot : à Bava Kamma 54b, on enchaîne klal, prat et klal d'une table des dix paroles à l'autre, malgré l'éloignement. Les dix paroles restent un seul inyan : elles ont été dites be-dibur ehad, en une seule parole.

12
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל. מַאי טַעְמָא, אִי נֵימָא מִשּׁוּם פֵּירוּרִין — הָא לָא חֲשִׁיבִי.

Rav Yehouda à dit au nom de Rav : celui qui fait la bedika doit annuler. Quelle est la raison ?

Si l'on dit : à cause des miettes, les voici qui ne comptent pas.

📜 Rachi (2)
הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל בְּלִבּוֹ סָמוּךְ לַבְּדִיקָה מִיָּד וְאוֹמֵר כָּל חֲמִירָא דְּאִיכָּא בְּבֵיתָא הַדִּין לִיבַטֵּיל:
Dans son cœur, aussitôt, à côté de la bedika, et il dit : tout hamira qui se trouve dans cette maison, qu'il soit annulé.
מַאי טַעְמָא הֲרֵי מְבַעֵר כָּל הַנִּמְצָא:
Voici qu'il élimine tout ce qui est trouvé.
💡 Explication

Nouvelle sougya. Après la bedika (recherche du hamets), Rav exige le bitoul : annuler dans son cœur, et le dire. Rachi donne la formule courte : tout hamira de cette maison, qu'il soit annulé.

La première raison proposée, les perurin (miettes) laissées par la recherche, ne tient pas. Elles ne sont pas hashuv (assez importantes pour compter). La suite examine si la garde de la maison les rend importantes.

13
וְכִי תֵּימָא: כֵּיוָן דִּמְינַטַּר לְהוּ אַגַּב בֵּיתֵיהּ — חֲשִׁיבִי, וְהָתַנְיָא: סוֹפֵי תְּאֵנִים, וּמְשַׁמֵּר שָׂדֵהוּ מִפְּנֵי עֲנָבִים. סוֹפֵי עֲנָבִים, וּמְשַׁמֵּר שָׂדֵהוּ מִפְּנֵי מִקְשָׁאוֹת וּמִפְּנֵי מִדְלָעוֹת,

Et si tu dis : puisqu'il les garde du fait de sa maison, elles comptent. Or on a enseigné : fins de figues, et il garde son champ à cause des raisins.

Fins de raisins, et il garde son champ à cause des champs de concombres et à cause des courges.

📜 Rachi (4)
וְכִי תֵּימָא כֵּיוָן דִּמְנַטַּר לְהוּ אַגַּב בֵּיתֵיהּ עִם שְׁאָר מָמוֹנוֹ הוּא מְשַׁמְּרָן שֶׁכְּשֶׁהוּא נוֹעֵל בֵּיתוֹ לְשָׁומְרוֹ נִמְצָא מְשַׁמֵּר כָּל מַה שֶּׁבְּתוֹכוֹ הִלְכָּךְ חֲשִׁיבִי וְשִׁימּוּר דְּלָאו אַדַּעְתָּא דִּידֵיהּ הוּא מִי מַחְשְׁבִי לֵיהּ:
Avec le reste de son bien il les garde. Quand il ferme sa maison pour la garder, il se trouve garder tout ce qui est dedans. Elles comptent donc. Et une garde qui ne vise pas elles, leur donne-t-elle de l'importance ?
וְהָתַנְיָא סוֹפֵי תְּאֵנִים סוֹף לְקִיטַת תְּאֵנִים נִמְצָאִים בַּתְּאֵנָה תְּאֵנִים שֶׁאֵינָן מִתְבַּשְּׁלוֹת כָּל צָרְכָן עוֹלָמִית:
Fin de la cueillette des figues : il reste sur le figuier des figues qui n'achèvent jamais leur maturation.
וּמְשַׁמֵּר שָׂדֵהוּ מִפְּנֵי עֲנָבִים וּבַעַל הַבַּיִת זֶה מְשַׁמֵּר שָׂדֶה זוֹ שֶׁלֹּא יִכָּנְסוּ בְּנֵי אָדָם לְתוֹכָהּ וְאֵין דַּעְתּוֹ מִפְּנֵי הַתְּאֵנִים אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהּ עֲנָבִים שֶׁעֲדַייִן לֹא הִגִּיעַ עֵת הַבָּצִיר אוֹ סוֹפֵי עֲנָבִים שֶׁלֹּא יִתְבַּשְּׁלוּ עוֹלָמִית וּבַעַל הַבַּיִת מְשַׁמֵּר שָׂדֵהוּ זוֹ שֶׁהֵן בְּתוֹכָהּ וְלֹא בִּשְׁבִילָן אֶלָּא מִפְּנֵי מִדְלָעוֹת וּמִקְשָׁאוֹת שֶׁבָּהּ:
Et ce propriétaire garde ce champ pour que des gens n'y entrent pas. Son intention ne porte pas sur les figues, mais sur les raisins qui s'y trouvent et dont le temps de la vendange n'est pas encore venu. Ou bien : fins de raisins, qui n'achèvent jamais leur maturation, et le propriétaire garde ce champ où elles se trouvent, non à cause d'elles, mais à cause des courges et des champs de concombres qui s'y trouvent.
מִקְשָׁאוֹת וּמִדְלָעוֹת קָרֵי כָּל הָאִילָנוֹת:
Il nomme ainsi tous les arbres.
💡 Explication

Reprise possible : les miettes sont gardées agav beiteh, du fait de la maison. Fermer la maison garde tout ce qui est dedans. Cela suffirait à les rendre hashuv.

La baraita répond par les sofei te'enim, les dernières figues, restées crues. Le maître garde le champ pour les raisins, puis, en fin de raisins, pour les concombres et les courges. Rachi : une shemira qui ne vise pas le fruit lui-même ne le rend pas important. Il lit makshaot et dle'uot comme un nom pour tous les arbres du champ.

14
בִּזְמַן שֶׁבַּעַל הַבַּיִת מַקְפִּיד עֲלֵיהֶן — אֲסוּרִין מִשּׁוּם גָּזֵל, וְחַיָּיבִין בְּמַעֲשֵׂר. בִּזְמַן שֶׁאֵין בַּעַל הַבַּיִת מַקְפִּיד עֲלֵיהֶן — מֻותָּרִין מִשּׁוּם גֶּזֶל, וּפְטוּרִין מִשּׁוּם מַעֲשֵׂר.

Quand le propriétaire y tient, ils sont interdits à cause du vol, et soumis à la dîme. Quand le propriétaire n'y tient pas, ils sont permis du côté du vol, et exempts du côté de la dîme.

📜 Rachi (2)
וְחַייָּבִין בְּמַעֲשֵׂר אִם לִיקְּטָן בַּעַל הַבַּיִת אוֹ נְתָנָן לְאַחֵר:
S'il les a cueillis, le propriétaire, où s'il les a donnés à un autre.
וּפְטוּרִין מִן הַמַּעֲשֵׂר דְּהֶפְקֵר פָּטוּר מִן הַמַּעֲשֵׂר:
Car le hefker est exempt de la dîme.
💡 Explication

Le critère est le kapda, le fait que le maître y tienne. S'il y tient : gezel (vol) de les prendre, et maaser (dîme) s'il les cueille où les donne. S'il n'y tient pas : pas de vol, et pas de dîme, parce que c'est du hefker.

La garde du champ pour un autre fruit ne change pas ce statut. De même, fermer la maison ne rend pas les miettes hashuv. Le bitoul ne se justifie donc pas par elles.

🖼️ Schéma
Fins de figues : la garde vise autre chose Champ garde pour les raisins, où les courges Il n'y tient pas permis, exempt de maaser Il y tient vol, et maaser du Même règle pour les miettes fermées avec la maison Une garde qui ne vise pas elles ne les rend pas hashuv
La garde pour un autre fruit ne rend pas les restes importants. Seul le fait d'y tenir créé vol et dîme.
15
אָמַר רָבָא: גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִמְצָא גְּלוּסְקָא יָפָה וְדַעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ. וְכִי מַשְׁכַּחַתְּ לֵיהּ לְבַטְּלֵיהּ!

Rava à dit : un décret, de crainte qu'il trouve une belle galette, et que sa pensée soit sur elle. Et quand tu la trouves, annule-la !

📜 Rachi (1)
וְדַעְתּוֹ עָלֶיהָ חֲשׁוּבָה הִיא בְּעֵינָיו וְחָס עָלֶיהָ לְשָׂורְפָהּ וּמַשְׁהֶה אֲפִילּוּ רֶגַע אֶחָד וְנִמְצָא עוֹבֵר עֲלֵיהּ בְּבַל יֵרָאֶה וּבְבַל יִמָּצֵא אֲבָל מִשֶּׁבִּטְּלָהּ אֵינוֹ עוֹבֵר דְּלָא כָּתַב אֶלָּא תַּשְׁבִּיתוּ:
Elle compte à ses yeux, et il la ménage au moment de la brûler. Il diffère même un seul instant, et il transgresse sur elle bal yerae et bal yimatse. Une fois qu'il l'a annulée, il ne transgresse plus : il n'est écrit que tashbitu (vous ferez cesser).
🗂️ Tossefot (1)
וְדַעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ פֵּירוּשׁ וְלֹא בָּטֵל מֵאֵילָיו כְּמוֹ פֵּירוּרִין וְעַל פ"ה קָשֶׁה מַאי פָּרֵיךְ כִּי מַשְׁכַּחַת לֵיהּ נִיבְטְלָה הָא פִּי' וְדַעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ שֶׁחָס עָלֶיהָ לְבַטְּלָהּ:
Explication : elle ne s'annule pas d'elle-même comme les miettes. Sur le commentaire de Rachi, une difficulté : que vient-il objecter, quand tu la trouves annule-la ? Le sens de sa pensée est sur elle, selon lui, est qu'il la ménage et refuse de l'annuler.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל מִיָּד אַחַר בְּדִיקָתוֹ. הֵיכִי מְבַטֵּל דְּאָמַר הָכִי כָּל חֲמִירָא דְּאִיכָּא בִּרְשׁוּתִי דְּלָא חֲזִיתֵיהּ וְלָא בַּעַרְתֵּיהּ לִיבַטֵּיל וְלַחֲשִׁיב כְּעַפְרָא דְּאַרְעָא וְהָוֵי הֶפְקֵר וְלָאו דִּידֵיהּ וְלֹא עוֹבֵר עָלָיו בְּבַל יֵרָאֶה ומ"ט צָרִיךְ בִּיטּוּל וַהֲלֹא בָּדַק וּפִינָּה כָּל הֶחָמֵץ שֶׁנִּמְצָא אִי נֵימָא מִשּׁוּם פֵּירוּרִין דְּקִים (לָן) שֶׁלֹּא מָצָא בַּבְּדִיקָה וְנִשְׁאֲרוּ וְעוֹבֵר עָלָיו בְּבַל יֵרָאֶה ואע"פ שֶׁאֵינוֹ רוֹאֶה דְּהָא לָא כְּתִיב לֹא תִּרְאֶה חָמֵץ אֶלָּא לֹא יֵרָאֶה מַשְׁמַע לֹא יְהֵא לְךָ חָמֵץ בְּמָקוֹם הָרָאוּי לִרְאָיָה ואע"פ שֶׁאֵין יוֹדֵעַ שֶׁהֵם בְּבֵיתוֹ מ"מ בַּל יֵרָאֶה אִיכָּא וּלְכָךְ צָרִיךְ שֶׁיְּבַטֵּל וְשׁוּב אֵין כָּאן אִיסּוּר בַּל יֵרָאֶה. וּפָרִיךְ וְהָא לָא חֲשִׁיבִי וּמִשּׁוּם פֵּירוּרִין לֹא צָרִיךְ בִּיטּוּל דְּמִמֵּילָא בְּטִילִי וְהָוֵי הֶפְקֵר וְאֵין עוֹבֵר עֲלֵיהֶן. אָמַר רָבָא גְּזֵרָה שֶׁמָּא יִמְצָא גְּלוּסְקָא יְפֵיפִיָּה דְּדַעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ כְּלוֹמַר חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא בְּאַחַת מִן הַזָּוִיּוֹת הָיְתָה גְּלוּסְקָא יְפֵיפִיָּה שֶׁדַּעְתּוֹ עִילָּוֵיהּ וְלֹא בִּטְּלָה מִמֵּילָא וּלְכָךְ צָרִיךְ לְבַטֵּל וְכִי מַשְׁכַּח לִיבַטְּלֵיהּ וְלָמָּה הִצְרִיכוּ לְבַטֵּל בִּשְׁעַת הַבְּדִיקָה דִּילְמָא מַשְׁכַּח לֵיהּ לְבָתַר אִיסּוּרֵיהּ וְלָא מָצֵי לְבַטֵּל לֵיהּ דְּלָאו בִּרְשׁוּתֵיהּ קָייְמָא. דְּאָמַר ר' אֶלְעָזָר מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל שְׁנֵי דְּבָרִים אֵינָן בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁל אָדָם וַעֲשָׂאָן הַכָּתוּב כְּאִלּוּ הֵן בִּרְשׁוּתוֹ. וְאֵלּוּ הֵן בּוֹר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים. וְחָמֵץ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה. וְנִבַטְּלֵיהּ בְּשֵׁית כֵּיוָן דְּאִיסּוּרָא דְרַבָּנַן עִילָּוֵיהּ לָא מָצֵי מְבַטֵּל לֵיהּ דְּלָא בִּרְשׁוּתֵיהּ קָאֵי. דְּאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב הַמְקַדֵּשׁ אִשָּׁה בְּחָמֵץ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה אֲפִילּוּ בְּחִיטֵּי קוּרְדִּנְייָתָא דִּשְׁרִירָן וִיבֵישִׁין אֵין חוֹשְׁשִׁין לְקִידּוּשִׁין דְּאִיסּוּרֵי הֲנָאָה נִינְהוּ. וְנִיבַטְּלֵיהּ בְּאַרְבַּע וְנִיבַטְּלֵיהּ בְּחָמֵשׁ כֵּיוָן דְּלָאו זְמַן אִיסּוּרָא וְלָאו זְמַן בִּיעוּרָא הוּא דִּילְמָא מִיפְשָׁע וְלָא מְבַטֵּל לֵיהּ. כָּתַב בִּתְשׁוּבַת רַשִׁ"י מִיָּד בַּלַּיְלָה יְבַטֵּל וְיֵשׁ שֶׁנּוֹהֲגִין לְבַטֵּל בִּתְחִלַּת שָׁעָה שִׁשִּׁית בִּשְׁעַת שְׂרֵיפָה. וְאוֹמֵר אֲנִי שֶׁשְּׁנֵיהֶם כְּאֶחָד טוֹבִים מִדְּאָמַר דְּלָאו זְמַן אִיסּוּרָא וְלָאו זְמַן בֵּיעוּרָא מַשְׁמַע אִי הֲוָה בִּזְמַן אִיסּוּרֵיהּ אוֹ בִּזְמַן בֵּיעוּרֵיהּ שֶׁהוּא זְמַן קָבוּעַ וְלֹא פָּשַׁע שַׁפִּיר דָּמֵי וְכֵן הָיָה אוֹמֵר ריצב"א וְהַטַּעַם לְפִי שֶׁרְגִילִין לִקְנוֹת פַּת בַּיּוֹם וְגַם בְּפַת שֶׁיְּבַטֵּל בַּלַּיְלָה הוּא חוֹזֵר וְזוֹכֶה וְגַם לֹא בִּטֵּל בַּלַּיְלָה אֶלָּא הֶחָמֵץ שֶׁלֹּא רָאָה וְשֶׁמָּא יִשָּׁאֵר מִמֶּנּוּ כַּזַּיִת. וּמַה שֶׁכָּתַב בִּתְשׁוּבַת רַשִׁ"י בִּתְחִלַּת שָׁעָה שִׁשִּׁית רְצוֹנוֹ לוֹמַר סוֹף חֲמִישִׁית קֹודֶם שֶׁיַּתְחִיל אִיסּוּרֵיהּ. וְהָא דְּתַנְיָא הָיָה יוֹשֵׁב בבהמ"ד וְנִזְכַּר שֶׁיֵּשׁ לוֹ חָמֵץ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ מְבַטְּלוֹ בְּלִבּוֹ אֶחָד שַׁבָּת וְאֶחָד יו"ט הַךְ דְּשַׁבָּת מַשְׁכַּחַת לָהּ בי"ד שֶׁחָל בְּשַׁבָּת. וְהַךְ דיו"ט בְּתַלְמִיד הַיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ וְנִזְכַּר שֶׁיֵּשׁ לוֹ עִיסָּה מְגֻולְגֶּלֶת בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ וּמִתְייָרֵא שֶׁמָּא תַּחֲמִיץ דְּקָדַם וּבְטִיל לֵיהּ מִקַּמֵּי דְּתַחְמִיץ אֲבָל לְבָתַר דְּאַחְמִיצָהּ לָא מָצֵי מְבַטֵּל לֵהּ:
Rav Yehouda à dit au nom de Rav : celui qui fait la bedika doit annuler, aussitôt après sa bedika. Comment annule-t-il ? Il dit ainsi : tout hamira qui se trouve dans ma reshut, que je n'ai pas vu et que je n'ai pas élimine, qu'il soit annulé et qu'il compte comme la poussière de la terre. Il devient hefker, il n'est plus à lui, et il ne transgresse pas sur lui bal yerae. Et pourquoi le bitoul est-il requis ? N'a-t-il pas vérifié et enlève tout le hamets trouve ? Si l'on dit : à cause des miettes fines qu'il n'a pas trouvées à la bedika et qui sont restées, et qu'il transgresse sur elles bal yerae bien qu'il ne les voie pas. Car il n'est pas écrit : tu ne verras pas de hamets, mais : il ne sera pas vu. Cela signifie : tu n'auras pas de hamets dans un lieu propre à la vue, et même si l'on ne sait pas qu'il est dans la maison, il y a tout de même bal yerae. C'est pourquoi il faut qu'il annule, et alors il n'y a plus ici d'interdit de bal yerae. On objecte : elles ne comptent pas. À cause des miettes, pas besoin de bitoul : elles s'annulent d'elles-mêmes, elles sont hefker, et l'on ne transgresse pas sur elles. Rava à dit : un décret, de crainte qu'il trouve une belle galette sur laquelle sa pensée repose. C'est-à-dire : nous craignons que dans un des coins se trouve une belle galette sur laquelle sa pensée repose, et qu'elle ne s'annule pas d'elle-même. C'est pourquoi il faut annuler. Et quand il la trouve, qu'il l'annule. Pourquoi ont-ils exige d'annuler au moment de la bedika ? De crainte qu'il la trouve après son interdit, et qu'il ne puisse plus l'annuler, car elle ne se tient plus dans sa reshut. Car Rabbi Elazar à dit au nom de Rabbi Yishmael : deux choses ne sont pas dans la reshut de l'homme, et le verset les a faites comme si elles étaient dans sa reshut. Les voici : un puits dans le domaine public, et le hamets à partir de six heures et au-delà. Et qu'il l'annule à la sixième. Puisque l'interdit rabbinique repose déjà sur lui, il ne peut plus l'annuler, car il ne se tient plus dans sa reshut. Car Rav Guidel a dit au nom de Rav : celui qui fiancé une femme avec du hamets à partir de six heures et au-delà, même avec du blé de Kurdanaya dur et sec, on ne tient pas compte des kidouchin, car ce sont des issurei hanaa. Et qu'il l'annule à la quatrième, et qu'il l'annule à la cinquième. Puisque ce n'est ni le temps de l'interdit ni le temps du biour, il se peut qu'il négligé et qu'il n'annule pas. Il est écrit dans une réponse de Rachi : aussitôt, la nuit, il annule. Et il y en a qui ont l'usage d'annuler au début de la sixième heure, au moment de la serifa. Et je dis que les deux à la fois sont bons. Du fait qu'il dit : ce n'est ni le temps de l'interdit ni le temps du biour, on tire : si c'était au temps de son interdit où au temps de son biour, temps fixe, et qu'il n'a pas négligé, c'est valable. Ainsi disait le Ritsba. La raison : on a coutume d'acheter du pain dans la journée. Et aussi, le pain qu'il à annulé la nuit, il y revient et le réacquiert. Et aussi, la nuit il n'a annulé que le hamets qu'il n'a pas vu, et il se peut qu'il en reste un kazayit. Et ce qu'écrit la réponse de Rachi, au début de la sixième heure, son intention est la fin de la cinquième, avant que son interdit commence. Et ce qu'enseigné la baraita : il était assis au beth ha-midrach et s'est souvenu qu'il à du hamets dans sa maison, il l'annule dans son cœur, aussi bien chabbat que yom tov. Le cas de chabbat se trouve quand le quatorze tombe un chabbat. Le cas de yom tov : un élève assis devant son maître, qui se souvient qu'il à une pâte roulée dans sa maison et craint qu'elle ne fermenté. Il devancé et l'annule avant qu'elle fermenté. Après qu'elle à fermenté, il ne peut plus l'annuler.
💡 Explication

Raison retenue, Rava : une gezeira. On craint une geluska yafa, une belle galette, oubliée dans un coin, à laquelle il tient. Elle ne tombe pas d'elle-même au hefker, comme les miettes. Rachi : il la ménage au moment de la brûler, diffère un instant, et passe sur bal yerae et bal yimatse. Le bitoul fait cesser, et le verset n'a écrit que tashbitu.

La guemara objecte : qu'il annule au moment où il la trouve. Tossefot : selon Rachi, sa pensée sur elle signifie qu'il refuse de l'annuler. L'objection de la guemara suppose au contraire qu'il peut encore l'annuler à ce moment-la. Le Roch rassemble ici toute la sougya, la formule kol hamira, l'heure de la sixième, les kidouchin par du blé de Kurdanaya, et le minhag : bitoul la nuit et bitoul au moment de la serifa, les deux ensemble.

16
דִּילְמָא מַשְׁכַּחַתְּ לֵיהּ לְבָתַר אִיסּוּרָא, וְלָאו בִּרְשׁוּתֵיהּ קַייְמָא, וְלָא מָצֵי מְבַטֵּיל. דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שְׁנֵי דְּבָרִים אֵינָן בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁל אָדָם, וַעֲשָׂאָן הַכָּתוּב כְּאִילּוּ בִּרְשׁוּתוֹ, וְאֵלּוּ הֵן: בּוֹר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, וְחָמֵץ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה.

Il se peut que tu la trouves après l'interdit. Elle ne se tient plus dans sa reshut, et il ne peut plus annuler.

Car Rabbi Elazar à dit : deux choses ne sont pas dans la reshut de l'homme, et le verset les a faites comme si elles étaient dans sa reshut. Les voici : un puits dans le domaine public, et le hamets à partir de six heures et au-delà.

📜 Rachi (3)
דְּלָאו בִּרְשׁוּתֵיהּ הוּא אֵינוֹ שֶׁלּוֹ:
Il ne lui appartient pas.
דְּאָמַר ר' אֶלְעָזָר ב' דְּבָרִים אֵינָן שֶׁלּוֹ וַעֲשָׂאָן הַכָּתוּב כְּאִילּוּ הֵן בִּרְשׁוּתוֹ לְהִתְחַייֵּב עֲלֵיהֶן:
Pour qu'il soit hayav à leur sujet.
בּוֹר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים הַפּוֹתְחוֹ חַיָּיב בְּנִיזָּקִין וְאֵין הַבּוֹר שֶׁלּוֹ אֶלָּא שֶׁל הֶפְקֵר שֶׁהֲרֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים הוּא וְאַף עַל פִּי שֶׁכָּרָהוּ אֵין רְשׁוּת הָרַבִּים קְנוּיָה לוֹ:
Celui qui l'ouvre est hayav des dommages. Le puits est hefker, puisqu'il est dans le domaine public. Même s'il l'a creusé, le domaine public ne lui est pas acquis.
🗂️ Tossefot (1)
מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה פ"ה מִתְּחִלַּת שֵׁשׁ וְלָא נְהִירָא לר"ת דע"כ הָא דְּאָמַר לְעֵיל חָמֵץ מו' שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה אָסוּר הַיְינוּ מִסּוֹף שֵׁשׁ ופר"ת דְּמִסּוֹף שֵׁשׁ קָאָמַר וּמַיְיתִי רְאָיָה מֵחִיטֵּי קוּרְדִּנְייָתָא שֶׁהֵן קָשִׁין וַהֲוָה חָמֵץ נֻוקְשֶׁה שֶׁאֵינוֹ אָסוּר נָמֵי אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן:
Commentaire de Rachi : des le début de la sixième. Cette lecture ne tient pas pour Rabbeinou Tam. Nécessairement, ce qui est dit plus haut, le hamets à partir de six heures et au-delà est interdit, vise la fin de la sixième. Rabbeinou Tam expliqué qu'il parle ici de la fin de la sixième. Il en apporte la preuve des blés de Kurdanaya, qui sont durs : c'est un hamets noukche, lequel n'est interdit, lui aussi, que de-rabbanan.
💡 Explication

Réponse. Il peut trouver la galette le-batar issura, une fois l'interdit déjà la. À ce moment le hamets lav bi-reshutei : il n'est plus dans son domaine au sens où le bitoul exige un bien à lui. Il ne peut plus l'annuler.

Rabbi Elazar : deux choses que l'homme ne possède pas, et que le verset lui impute comme si elles étaient dans sa reshut, pour le rendre hayav. Un bor dans le reshut ha-rabim : le puits est hefker, et celui qui l'a ouvert paie les nezek. Le hamets des six heures et au-delà : il ne vaut plus rien pour lui, et bal yerae demeure. Tossefot : Rachi lit des le début de la sixième heure. Rabbeinou Tam lit la fin de la sixième, et s'appuie sur le blé dur de Kurdanaya, hamets noukche, interdit seulement de-rabbanan.

17
וְנִיבְטָלֶיהָ בְּאַרְבַּע, וְנִיבְטָלֶיהָ בְּחָמֵשׁ? כֵּיוָן דְּלָאו זְמַן אִיסּוּרָא הוּא וְלָאו זְמַן בִּיעוּרָא הוּא, דִּילְמָא פָּשַׁע וְלָא מְבַטֵּל לֵיהּ.

Qu'il annule à la quatrième, et qu'il annule à la cinquième. Puisque ce n'est ni le temps de l'interdit, ni le temps du biour, il se peut qu'il fasse peshia et qu'il n'annule pas.

📜 Rachi (2)
וְנִיבְטָלֶיהָ בְּאַרְבַּע כְּלוֹמַר לָמָּה הִוצְרַכְתּוֹ לְבַטֵּל בַּלַּיְלָה לִיתַקְּנוּ רַבָּנָן לְכָל אָדָם שֶׁיְּבַטֵּל קֹודֶם אִיסּוּרוֹ:
Autrement dit : pourquoi l'as-tu oblige à annuler la nuit ? Que les Sages instituent pour tout homme qu'il annule avant son interdit.
פָּשַׁע יִשְׁכַּח וְיָבֹא לִידֵי פְּשִׁיעָה שֶׁעַל יְדֵי מַה יִזָּכֵר אֲבָל עַכְשָׁיו שֶׁעָסוּק בִּבְדִיקָתוֹ יִזָּכֵר:
Il oubliera, et il en viendra à la peshia. Par quoi se souviendrait-il ? Maintenant qu'il est occupé à sa bedika, il se souviendra.
💡 Explication

Dernière objection. La 4e et la 5e heure du 14 sont encore avant l'interdit et avant le biour. On pourrait fixer le bitoul la, pour chacun, plutôt qu'à la nuit de la bedika.

Réponse : ces heures n'ont pas de repère. Ni l'interdit ni l'élimination ne les marquent. On craint la peshia : il oublié. À la bedika, il est occupé du hamets, et c'est cette occupation qui le fait se souvenir d'annuler.

🖼️ Schéma
14 Nissan : où placer le bitoul Nuit Bedika Il est occupé Il se souvient 4e heure Ni issur Ni biour Peshia 5e heure Ni issur Ni biour Peshia Dès 6 heures Issur Hors de sa reshut Bitoul impossible Le bitoul est fixe à la bedika, la où l'occupation elle-même le lui rappelle
La nuit de la bedika est le moment où il se souvient. Aux 4e et 5e heures, rien ne le marque. Dès six heures, le bitoul ne prend plus.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).