Sougya : Le daf ferme d'abord l'heure du bitoul : à la sixième heure l'interdit rabbinique compte déjà comme un interdit de la Torah, le hamets à quitté le domaine, et l'annulation ne porte plus. La preuve passe par les kiddouchin de Rav Guidel.
Une baraïta sur celui qui se souvient d'un hamets au beit hamidrach distingue le Chabbat, hamets déjà fait quand le 14 tombe ce jour-là, et le yom tov, pâte roulée annulée avant qu'elle ne lève. Vient ensuite le pain moisi : majorité, dernier dépôt, jours de matsa, avec la michna des pièces trouvées à Jérusalem.
Le daf s'achève sur la berakha de la bedika, le-vaer hamets où al biour hamets.
Et qu'il l'annule à la sixième ! Puisqu'un interdit rabbinique repose sur lui, il compte comme un interdit de la Torah, il ne se tient pas dans son domaine, et il ne peut pas annuler.
La Guemara refuse le bitoul au début de la sixième heure. Dès la fin de la cinquième, un issour de-rabbanan de jouissance pèse sur le hamets. On le traité comme un issour de-Oraïta : il à quitté son rechout, et l'annulation dans le cœur ne porte plus.
Rachi note que le moment serait pourtant bon : l'homme est occupé à brûler, le rappel est là. L'interdit rabbinique bloque déjà. S'il retient le hamets un instant, il transgresse.
Car Rav Guidel a dit que Rabbi Hiya bar Yossef à dit que Rav à dit : celui qui fiancé à partir de la sixième heure et au-delà, même avec du blé kordanita, on ne tient pas compte du kiddouchin.
Preuve que l'interdit rabbinique de la sixième heure à la force d'un issour hanaa. Dès kiddouchin faits à partir de cette heure avec du hamets, même du blé kordanita, ne sont pas retenus.
Rachi : ce blé pousse dans les montagnes d'Ararat, il est très dur, et l'eau peut quand même le faire lever. L'interdit rabbinique arraché ici un kiddouchin de la Torah, parce que celui qui fiancé le fait adaata de-rabbanan, et le hefker beit din est un hefker.
Et après l'interdit, il ne pourrait pas l'annuler ? Or on a enseigné : celui qui était assis au beit hamidrach et s'est souvenu qu'il y a du hamets dans sa maison l'annule dans son cœur, que ce soit un Chabbat où un yom tov.
Passe pour le Chabbat : on trouve le cas, par exemple lorsque le quatorze tombe un Chabbat. Mais le yom tov, c'est après l'interdit !
Difficulté. Une baraïta : assis au beit hamidrach, il se souvient d'un hamets chez lui, il l'annule dans son cœur, le Chabbat comme à yom tov. Le Chabbat se comprend : le 14 nissan tombe ce jour-là, et l'annulation précède l'interdit. À yom tov, la fête à commencé : on est déjà batar issoura.
Rav Aha bar Yaakov à dit : ici, nous traitons d'un disciple assis devant son maître, qui s'est souvenu qu'il y a une pâte roulée dans sa maison, et qui craint qu'elle ne lève. Il prend les devants et l'annule avant qu'elle ne lève.
Rav Aha bar Yaakov : le cas de yom tov vise un disciple assis devant son maître. Il se souvient d'une issa megouleget, une pâte déjà roulée, qui n'a pas encore levé. L'honneur du maître l'empêche de rentrer la cuire. Il annule avant le levain. Après le levain, le bitoul ne porte plus.
La formulation est précise aussi, puisqu'on enseigné : il était assis dans le beit hamidrach. Apprends-le de là.
La formule 'assis au beit hamidrach' confirme. Pour un hamets déjà fait, être libre où retenu ne change rien : le biour du cœur suffit, et la mention du beit hamidrach serait de trop. La formule vise un cas qu'il pourrait encore réparer en cuisant. Le membre 'Chabbat' reste un hamets achevé, le 14 qui tombe un Chabbat.
Rabba bar Rav Houna à dit que Rav à dit : le pain qui a moisi, dès que la matsa est devenue majoritaire, est permis. Quel est le cas ?
Si tu dis qu'il sait de lui que c'est du hamets, dès que la matsa est majoritaire, qu'est-ce que cela fait ?
Nouvelle sougya. Rabba bar Rav Houna au nom de Rav : un pain moisi, dès que la matsa est majoritaire, est permis. Premier essai : il sait que ce pain est du hamets. La majorité de matsa ne change rien à un pain identifié.
Le cas est donc que nous ne savons pas de lui s'il est hamets où s'il est matsa. Pourquoi précisément lorsque la matsa est majoritaire ?
Même lorsque la matsa n'est pas majoritaire, suivons le dernier.
Deuxième essai : on ignore si c'est du hamets où de la matsa. Pourquoi exiger une majorité de matsa ? Même sans majorité, on suivrait le batra, le dernier mis dans le coffre. En Pessa'h, le dernier est de la matsa.
N'avons-nous pas appris : des pièces trouvées devant les marchands de bêtes, toujours du maasser. Sur le mont du Temple, du houlin.
Preuve du principe 'on suit le dernier', par les pièces trouvées. Devant les marchands de bêtes, à Jérusalem : toujours maasser cheni. Sur le Har ha-Bayit : toujours houlin.
Rachi : toute l'année, la viande de Jérusalem s'achète en maasser cheni, via les chelamim et le tovat hanaa laissé aux gens de la ville. Un doute d'interdit se tranche pour la houmra. Les Tossefot : les acheteurs font la majorité, plusieurs personnes sur une seule bête. Sur le mont du Temple, les pièces nouées dans le vêtement ne sont interdites qu'en public.
À Jérusalem, au moment de la fête, du maasser ; le reste des jours de l'année, du houlin.
Dans le reste de Jérusalem : pendant le regel, maasser ; le reste de l'année, houlin. La suite donne la raison : les marchés sont balayés chaque jour, donc la date de la chute dépend du lieu.
Et Rav Chemaya bar Zeira a dit : quelle est la raison ? Puisque les marchés de Jérusalem sont faits pour être balayés chaque jour.
On voit que nous disons : les premiers sont partis, et ceux-ci sont d'autres, les derniers. Ici aussi, disons : le premier est parti, et celui-ci est d'aujourd'hui.
Rav Chemaya bar Zeira : les marchés de Jérusalem sont faits pour être balayés chaque jour. Les premières pièces sont parties. Celles qu'on trouve sont les dernières. Pour le pain moisi, on dirait de même : les premiers sont partis, celui-ci est d'aujourd'hui, donc de la matsa.
Les Tossefot limitent. À Nidda 56b, un chérets gros comme une lentille, dans une ruelle, n'a de hazaka d'avoir été balayé que par une vérification. Les pièces, plus visibles, partent avec le balayage.
C'est différent ici, car sa moisissure prouve sur lui. Si sa moisissure prouve sur lui, lorsque la matsa est majoritaire, qu'est-ce que cela fait ?
Rabba à dit : ne dis pas que la matsa à été majoritaire, dis : que les jours de matsa ont été majoritaires sur lui.
Rejet. Ici la moisissure prouve sur le pain : il est là depuis longtemps, donc c'est du hamets. Une majorité de matsa ne sert plus. Rabba reformule : la majorité porte sur les jours de matsa passés sur le pain. Plusieurs jours de Pessa'h ont passé, et un pain de matsa à eu le temps de moisir.
S'il en est ainsi, c'est évident ! Cela n'est nécessaire que lorsque sa moisissure est abondante.
On aurait pu dire : puisque sa moisissure est abondante, la chose est révélée, c'est sûrement un hamets véritable. Il nous l'apprend.
Si plusieurs jours de matsa ont passé, le permis semble évident : la bedika de la veille à déjà retiré le hamets, et ce pain est de la matsa. L'enseignement vise une moisissure abondante. On aurait dit : une moisissure forte révèle un hamets véritable, d'avant la fête. Rav enseigne que le doute reste.
Puisque les jours de matsa ont été majoritaires sur lui, nous disons : chaque jour il à cuit un pain chaud, l'a jeté dessus, et il à moisi davantage.
Raison du doute. Chaque jour il à cuit un pain chaud et l'a posé sur les matsot précédentes. Chaleur et humidité font moisir plus vite. Une forte moisissure peut dater des seuls jours de Pessa'h.
Et suivons-nous le dernier ? Or on a enseigné, Rabbi Yossi bar Yehouda dit : un coffre dont on s'est servi pour des pièces de houlin et des pièces de maasser, si la majorité est du houlin, c'est du houlin ; si la majorité est du maasser, c'est du maasser.
Et pourquoi ? Que l'on suive le dernier !
Le principe du batra est-il général ? Rabbi Yossi bar Yehouda : un coffre où l'on a mis des pièces de houlin et des pièces de maasser, on suit la majorité d'usage. La Guemara demande pourquoi on ne suit pas le dernier dépôt.
Rav Nahman bar Yits'hak à dit : ici, de quoi traitons-nous ? Par exemple, on s'en est servi pour des pièces de houlin et des pièces de maasser, et l'on ne sait pas lequel des deux fut le dernier.
Rav Zevid à dit : par exemple, on s'en est servi par tas et par tas. Rav Papa à dit : par exemple, elle à été trouvée dans une anfractuosité.
Trois lectures, pour un cas où le batra ne se laisse pas saisir. Rav Nahman bar Yits'hak : on ne sait pas lequel des deux à été le dernier. Rav Zevid : des tas et des tas, maasser dans un coin, houlin dans l'autre, le même jour. Rav Papa : la pièce est dans une gouma, une anfractuosité. Les dernières ont été retirées ; celle-ci à pu rester cachée depuis un usage ancien.
Rav Yehouda à dit : celui qui vérifie doit bénir. Que bénit-il ?
Rav Pappi à dit au nom de Rava : (il dit) 'le-vaer hamets'. Rav Papa à dit au nom de Rava : 'al biour hamets'.
Sur 'le-vaer', tout le monde est d'accord : cela signifie certainement pour l'avenir.
Celui qui fait la bedika bénit. Rav Pappi au nom de Rava : le-vaer hamets. Rav Papa au nom de Rava : al biour hamets. Sur le-vaer, l'accord est entier : la formule vise l'avenir, et la berakha précède l'acte.
Les Tossefot en tirent la bénédiction du père à la mila, le-hakhnisso. Rabbeinou Tam : à Chabbat 137b elle se dit après la mila. Elle loue Hachem pour la mitsva quand elle se présente, et elle fait savoir que cette mila est au nom du Créateur. On ne bénit over la-assiyato que lorsque l'auteur de l'acte est l'auteur de la berakha. La berakha des fiançailles se dit après les fiançailles.
Le Roch, sur cette ligne, attribue al biour à Rav Pappi et le-vaer à Rav Papa, et tranche al biour hamets, pour enseigner que al vise aussi l'avenir. La berakha de la bedika couvre tout le biour, jusqu'à la cinquième heure.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).