Sougya : Rav Papi et Rav Papa divergent sur le libellé al biur hametz : l'un y lit un acte déjà fait, l'autre un acte à venir. La Guemara éprouve ce libellé par la mila, la shehita, le loulav et la soucca.
La halakha retient al biur hametz. Tous s'accordent pour bénir avant la mitsva : over le-assiyatan, formule de Shmouel, éclaircie par trois versets.
La seule exception retenue est la tevila. Nouvelle sougya : la bedika du hametz se fait à la lumière du ner.
Rav Hisda enchaîne metzia, hippous, nerot et ner. La baraita de Rabbi Yishmael appelle cela un zecher.
Le dernier verset écarte une lecture indulgente de Tsephania.
C'est sur al biur qu'ils divergent. L'un tient : cela signifie le passé (meikara).
L'autre tient : cela signifie l'avenir (le-haba).
La mahloket de Rav Papi et de Rav Papa, ouverte au daf précédent, porte ici sur le seul libellé al biur. L'un y entend un acte déjà fait : la berakha viendrait après la mitsva. L'autre y entend l'acte encore à faire.
Rachi : biour et bedika sont ici le même geste, et la berakha se dit avant de vérifier. Tossefot, Rabbeinou Tam : le sens passe est le plus fort, et un sens d'avenir demeure. Un libellé qui ne viserait que le passé serait un faux, et l'on ne le garderait pas faute d'en trouver un autre.
On objecte : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al ha-mila (concernant la circoncision) !
La berakha de la mila est al ha-mila, et on la dit avant le geste. Si al signifiait seulement le passé, ce libellé serait déplace ici. L'objection vise l'avis qui lit al biur comme un acte déjà fait.
La-bas, comment dirions-nous ? Dirions-nous lemol (pour circoncire) ?
Cela n'irait-il pas sans que ce soit lui qui circoncise ? Le père de l'enfant, qu'y a-t-il à dire ?
Oui, il en est bien ainsi.
Le libellé lemol suppose que celui qui bénit est lui-même l'oblige. Le mohel de la ville ne l'est pas : la mitsva est sur le père (Kiddoushin). On garde donc le libellé large, al ha-mila. Quand le père circoncit lui-même, il dit lemol.
Rachi rapproche le hametz : la bedika repose sur chaque détenteur, donc le-vaer reste possible, et al biur ne s'impose pas de la même façon. Tossefot : la mila d'un ger suit le même régime que celle du père, lemol et ha-gerim.
On objecte : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al ha-shehita (concernant l'abattage) ! La-bas aussi, comment dirions-nous ?
Dirions-nous lishhot (pour abattre) ? Cela n'irait-il pas sans que ce soit lui qui abatte ?
Même structure que pour la mila. La berakha ordinaire de la shehita est al ha-shehita, dite avant le geste. Le libellé lishhot exigerait que celui qui bénit soit personnellement l'oblige d'abattre.
Pour un animal ordinaire, l'abattage préparé la viande : il n'y a pas une mitsva d'abattre cet animal-la. Le libellé reste donc al ha-shehita. Le cas du Pessa'h et des kodashim vient au segment suivant.
Le Pessa'h et les kodashim (offrandes), qu'y a-t-il à dire ? Oui, il en est bien ainsi.
Ici l'abattage est une mitsva sur les propriétaires : semikha et shehita (Vayikra 1, 4). Le libellé lishhot à donc sa place. Quand on abat le Pessa'h où un autre korban, on dit : qui nous à ordonné d'abattre.
On objecte : celui qui fait un loulav pour lui-même bénit : sheheheyanou, ve-kiyemanou, ve-higianou la-zeman ha-ze (qui nous à fait vivre, nous à maintenus, et nous à fait parvenir à ce temps). Quand il le prend pour s'acquitter par lui, il dit : qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al netilat loulav (concernant la prise du loulav) !
C'est différent la-bas : au moment où il le soulève, il s'en acquitte.
Nouvelle objection. Au moment de la prise, le libellé est al netilat loulav, et non litol. La réponse : des qu'il le soulève, l'obligation de la Torah est déjà remplie. Al convient alors à un acte passe. Rachi : il bénit sur ce qui est déjà fait.
Tossefot : la règle over le-assiyatan demande une berakha avant l'acte. Le Ri : après le soulèvement il reste dans la mitsva, parce que le naanoua (agitation) du Hallel fait encore partie du geste.
S'il en est ainsi : latset bo (pour s'en acquitter) ? Yatsa bo (il s'en est acquitté) aurait fallu !
Oui, il en est bien ainsi. Et parce qu'il veut enseigner la seifa : leishev ba-soucca (pour s'asseoir dans la soucca), il à enseigné aussi dans la reisha : latset bo.
Si le soulèvement acquitte déjà, la baraita devrait dire yatsa, passe, et non latset, qui vise encore l'acte. La Guemara l'accorde. Le tanna aligne le mot sur la seifa, leishev ba-soucca, où l'avenir est le vrai temps de la berakha.
Tossefot gardent un cas où latset est exact : loulav retourne, donc pas dans le sens de sa croissance, où prise faite sans intention de s'acquitter. Le Ri : en pratique on ne retourne pas le loulav, à cause du naanoua, où parce que cette première prise n'est pas celle de la yetsia.
Car la seifa enseigné : celui qui fait une soucca pour lui-même dit : Béni sois-Tu, Hachem... sheheheyanou, ve-kiyemanou, ve-higianou la-zeman ha-ze. Quand il entre pour s'y asseoir, il dit : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné leishev ba-soucca.
Et la halakha : al biur hametz.
La seifa de la soucca emploie leishev, lamed d'avenir : en entrant, il n'est pas encore assis. Aucune des objections ne tranche. La halakha fixe le libellé al biur hametz. Rachi : al signifie aussi l'avenir, et al ha-mila équivaut à lemol, pour le père comme pour un autre.
Tossefot : où bien tout al vise aussi l'avenir, où bien al biur hametz à une raison à part. Le Ri ne généralise pas. Le Roch rassemble ici la berakha de la bedika, l'heure de la cinquième, l'absence de sheheheyanou, le hesek dans la bedika, le matbea al où lamed, et la tevila du ger.
Tout le monde, en tout cas, exige de bénir au préalable. D'où le tenons-nous ?
Car Rav Yehouda à dit au nom de Shmouel : toutes les mitsvot, on bénit sur elles over le-assiyatan (avant leur accomplissement).
Quel que soit le libellé, al où lamed, la berakha se dit avant la mitsva. Source : Shmouel, over le-assiyatan. Le mot over sera prouve au segment suivant. Rachi le glose déjà : précéder, comme Ahimaatz qui devancé le Koushi avant qu'on apprenne la mort d'Avshalom.
D'où tient-on que ce over est une langue de precedence ? Rav Nahman bar Yitzhak à dit, car le verset dit : Ahimaatz courut par le chemin de la plaine, et il dépassa le Koushi.
Abaye à dit, d'ici : Et lui passa devant eux. Et si tu veux, dis d'ici : Leur roi passa devant eux, et Hachem à leur tête.
Trois versets montrent que avar / over signifie passer devant, donc précéder. Ahimaatz dépasse le Koushi (II Samuel 18, 23). Yaakov passe devant les siens (Bereshit 33, 3). Leur roi passe devant eux, Hachem en tête (Mikha 2, 13). Rachi sur ce dernier : il va le premier.
La berakha over le-assiyatan est donc dite en passant devant l'acte, avant de l'accomplir.
Dans la maison de Rav on dit : sauf la tevila et le shofar. Soit pour la tevila : l'homme n'est pas encore apte.
Mais le shofar, quelle est la raison ? Et si tu dis : parce que la tekiya risque d'être ratée.
S'il en est ainsi, la shehita et la mila aussi !
Be Rav retire deux mitsvot de la règle de Shmouel. La tevila : tant qu'il n'est pas immergé, le gavra n'est pas apte à bénir. Rachi vise le baal keri, selon le takana d'Ezra, et de la toutes les tevilot ont leur berakha à la fin.
Le shofar : on proposerait la crainte d'une tekiya ratée, qui laisserait une berakha en l'air. La Guemara rejette : shehita et mila comportent le même risque d'échec, et l'on bénit avant.
Mais Rav Hisda à dit : c'est sauf la tevila seule qui a été enseigné. Une baraita l'enseigne aussi : il s'est immergé et il est monté ; en montant, il dit : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al ha-tevila.
Rav Hisda rétrécit la tradition de be Rav : l'exception enseignée est la tevila seule. La baraita le confirme : il bénit al ha-tevila en sortant de l'eau.
Tossefot, Gaon : cela vise le ger, encore nokhri avant l'immersion, donc incapable de dire ve-tsivanou. Les autres tevilot se bénissent avant. Le Ri : on ne reprend pas les femmes qui bénissent après, pour ne pas distinguer du ger. Autre lecture : avant l'eau, crainte qu'il renonce ; dans l'eau, il est nu.
À la lumière du ner, etc. D'où ces paroles ?
Rav Hisda à dit : nous avons appris metzia de metzia, metzia de hippous, hippous de hippous, hippous de nerot, et nerot de ner.
Retour à la michna : or ha-ner. Rav Hisda construit une chaîne. Metzia du hametz (Shemot 12, 19) s'apprend de la metzia de la coupe de Binyamin. Cette metzia est collée au hippous du même verset. Ce hippous s'apprend du hippous de Yerouchalayim, fait be-nerot. Nerot s'apprend d'un ner unique.
Tossefot : dire hippous de ner aurait mieux collé. Le hippous du verset de Mishlei ne porte pas sur le mot ner. Il faut donc le verset des nerot, puis le ner unique. Le Roch ajoute la pratique : trous et fentes, crainte du feu, et le minhag d'Ashkenaz, ner de cire.
Metzia de metzia : il est écrit ici : Sept jours, du levain ne se trouvera pas dans vos maisons. Et il est écrit la-bas : Il fouilla, en commençant par l'aîné et en finissant par le plus jeûne, et il trouva.
Et la metzia, de son propre hippous.
Premier maillon, écrit. Lo yimatse du hametz (Shemot 12, 19) et va-yimatse de la coupe (Bereshit 44, 12) : gezera shava sur la trouvaille. Dans ce second verset, le hippous et la metzia se suivent : la trouvaille du hametz passe donc, elle aussi, par une fouille.
Et le hippous, des nerot, car il est écrit : En ce temps-la, je fouillerai Yerouchalayim aux lampes. Et les nerot, du ner, car il est écrit : Un ner de Hachem, l'âme de l'homme, fouille toutes les chambres du ventre.
Deuxième maillon. Le hippous de la coupe s'apprend du hippous de Yerouchalayim be-nerot (Tsephania 1, 12). Nerot, pluriel, s'apprend d'un ner au singulier (Mishlei 20, 27), qui fouille toutes les chambres intérieures : une bedika qui va jusqu'au fond.
Rachi annonce la suite : ce dernier verset à un rôle propre, que la Guemara va dire. Le verset de Tsephania, à lui seul, pourrait se lire autrement.
On a enseigné dans la maison de Rabbi Yishmael : la nuit du quatorze, on vérifie le hametz à la lumière du ner. Bien qu'il n'y ait pas de preuve de la chose, il y a un zecher de la chose.
Car il est dit : Sept jours, du levain ne se trouvera pas. Et il dit : Il fouilla, en commençant par l'aîné et en finissant par le plus jeûne.
Et il dit : En ce temps-la, je fouillerai Yerouchalayim aux lampes. Et il dit : Un ner de Hachem, l'âme de l'homme, fouille.
La baraita de la maison de Rabbi Yishmael reprend la même chaîne, et elle la qualifie : zecher la-davar, une allusion, et non une preuve qui tiendrait seule. Rachi : asmakhta. Le verset de Torah (le hametz) est appuyé sur des versets de Neviim et de Ketouvim.
Que vient faire ce ve-omer (et il dit) ?
Le dernier ve-omer, celui de Mishlei, semble de trop. Le verset de Tsephania dit déjà : je fouillerai aux lampes. Pourquoi ajouter le ner de l'âme ?
Et si tu dis : ce en ce temps-la, c'est une koula que dit le Miseriordieux : je ne fouille pas Yerouchalayim à la lumière d'une abouka, dont la lumière est très grande, mais à la lumière d'une sheraga, dont la lumière est plus petite, de sorte qu'une grande faute se trouve, et qu'une petite faute ne se trouve pas. Viens entendre : Un ner de Hachem, l'âme de l'homme.
Le verset de Tsephania pourrait être une koula : une petite lampe, pour que la grande faute paraisse et que la petite reste cachée. On n'en apprendrait pas une bedika du hametz qui aille au fond. Rachi : ce verset, lu ainsi, ne sert pas à alléger la bedika.
Ta chema : Mishlei 20, 27. Le ner fouille toutes les chambres du ventre. C'est une bedika meleia. Le ner du hametz est donc celui d'une fouille complète. Le Ben Yehoyada lit abouka et sheraga sur les olamot, beria, yetsira, assiya, et les fautes sur nefech, roua'h, nechama.
Les Sages ont enseigné : on ne vérifie ni à la lumière du soleil, ni à la lumière de la lune, ni à la lumière de l'abouka, mais à la lumière du ner,
La baraita pose la halakha pratique. Trois lumières sont écartées : hamma, levana, abouka. La bedika se fait au ner. La phrase continue au daf suivant : la lumière du ner est celle qui convient à la fouille.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).