Pesachim 7b — Al biur où le-vaer, puis la bedika à la lumière du ner

Pesachim 7b

Sougya : Rav Papi et Rav Papa divergent sur le libellé al biur hametz : l'un y lit un acte déjà fait, l'autre un acte à venir. La Guemara éprouve ce libellé par la mila, la shehita, le loulav et la soucca.

La halakha retient al biur hametz. Tous s'accordent pour bénir avant la mitsva : over le-assiyatan, formule de Shmouel, éclaircie par trois versets.

La seule exception retenue est la tevila. Nouvelle sougya : la bedika du hametz se fait à la lumière du ner.

Rav Hisda enchaîne metzia, hippous, nerot et ner. La baraita de Rabbi Yishmael appelle cela un zecher.

Le dernier verset écarte une lecture indulgente de Tsephania.

Al biur : passe où avenir ? Rav Papi au nom de Rava al biur = meikara (passe) Libelle d'un acte déjà accompli Rav Papa al biur = le-haba (avenir) Libelle dit avant l'acte Quatre épreuves du libellé al Mila al ha-mila avant l'acte lemol : le père qui circoncit lui-même Shehita al ha-shehita animal ordinaire Pessa'h, kodashim : lishhot Loulav al netilat loulav des le soulèvement la mitsva de la Torah est déjà acquittée Soucca leishev ba-soucca libellé d'avenir la seifa fixe le mot latzet Halakha : al biur hametz Le libellé al vise aussi l'avenir Sur le-vaer, les deux avis s'accordent
Rav Papi lit al biur au passé. Rav Papa le lit à l'avenir. La halakha retient al biur hametz.
Over le-assiyatan : bénir avant l'acte Shmouel : toutes les mitsvot, berakha avant Tevila : exception retenue gavra la hazi Il bénit en montant : al ha-tevila Shofar : exception écartée Crainte d'une tekiya ratée Shehita et mila ont le même risque Rav Hisda : sauf la tevila seule Be Rav avait dit : tevila et shofar. La baraita ne retient que la tevila. Over = passer devant, donc précéder l'acte
Shmouel : la berakha précède l'acte. Rav Hisda ne laisse d'exception que la tevila.
D'où le ner de la bedika ? 1. Metzia du hametz Shemot 12, 19 lo yimatse 2. Metzia de la coupe Bereshit 44, 12 va-yimatse 3. Hipous du verset même verset va-yehapesh 4. Hipous de Yerouchalayim Tsephania 1, 12 : be-nerot lecture possible : une koula 5. Ner unique Mishlei 20, 27 fouille toutes les chambres Bedika du 14 au soir, à la lumière d'un ner Soleil, lune, abouka : écartés. Le ner entre dans les fentes.
Rav Hisda : metzia, hippous, nerot, ner. La bedika du hametz se fait au ner.
1
כִּי פְּלִיגִי ב״על בִּיעוּר״. מַר סָבַר: מֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע, וּמַר סָבַר: לְהַבָּא מַשְׁמַע.

C'est sur al biur qu'ils divergent. L'un tient : cela signifie le passé (meikara).

L'autre tient : cela signifie l'avenir (le-haba).

📜 Rachi (1)
מֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע עַל בִּיעוּר שֶׁבִּיעַרְתִּי וַהֲרֵי עֲדַייִן לֹא בְּדִיק דְּהָא בְּרָכָה קֹודֶם בְּדִיקָה הִיא בִּיעוּר הַייְנוּ נָמֵי בְּדִיקָה:
Cela signifie le passé : al biur, ce que j'ai déjà élimine. Or il n'a pas encore vérifie, puisque la berakha est avant la bedika. Le biour, c'est aussi la bedika.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי פְּלִיגִי בְּעַל בִּיעוּר מָר סָבַר לְשֶׁעָבַר מַשְׁמַע פֵּירֵשׁ ר"ת לְשֶׁעָבַר מַשְׁמַע טְפֵי מִלְּהָבֵא אֲבָל מ"מ מַשְׁמַע נָמֵי קְצָת לְהַבָּא דְּאִי לָא מַשְׁמַע כְּלָל לְהַבָּא אֶלָּא לְשֶׁעָבַר א"כ הֵיכִי קָאָמַר בְּסָמוּךְ נֵימָא לָמוּל לָא סַגִּי דְּלָאו אִיהוּ מְהִיל וְכִי בִּשְׁבִיל שֶׁאֵין אָנוּ יוֹדְעִין לְתַקֵּן יֹאמַר שֶׁקֶר:
C'est sur al biur qu'ils divergent. L'un tient que cela signifie le passé. Rabbeinou Tam expliqué : cela signifie le passé davantage que l'avenir. Toutefois cela signifie aussi un peu l'avenir. Car si cela ne signifiait en rien l'avenir, et seulement le passé, comment dirait-il juste après : dirions-nous lemol, cela n'irait pas sans que ce soit lui qui circoncise ? Et parce que nous ne savons pas comment corriger, irait-il dire un mensonge ?
💡 Explication

La mahloket de Rav Papi et de Rav Papa, ouverte au daf précédent, porte ici sur le seul libellé al biur. L'un y entend un acte déjà fait : la berakha viendrait après la mitsva. L'autre y entend l'acte encore à faire.

Rachi : biour et bedika sont ici le même geste, et la berakha se dit avant de vérifier. Tossefot, Rabbeinou Tam : le sens passe est le plus fort, et un sens d'avenir demeure. Un libellé qui ne viserait que le passé serait un faux, et l'on ne le garderait pas faute d'en trouver un autre.

2
מֵיתִיבִי: ״בָּרוּךְ ... אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַמִּילָה״!

On objecte : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al ha-mila (concernant la circoncision) !

💡 Explication

La berakha de la mila est al ha-mila, et on la dit avant le geste. Si al signifiait seulement le passé, ce libellé serait déplace ici. L'objection vise l'avis qui lit al biur comme un acte déjà fait.

3
הָתָם, הֵיכִי נֵימָא? נֵימָא ״לָמוּל״ — לָא סַגִּיא דְּלָאו אִיהוּ מָהֵיל? אֲבִי הַבֵּן מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אִין הָכִי נָמֵי.

La-bas, comment dirions-nous ? Dirions-nous lemol (pour circoncire) ?

Cela n'irait-il pas sans que ce soit lui qui circoncise ? Le père de l'enfant, qu'y a-t-il à dire ?

Oui, il en est bien ainsi.

📜 Rachi (4)
נֵימָא לָמוּל בִּתְמִיהַּ מַשְׁמַע דְּאוֹתוֹ רוֹפֵא הַמָּל אֶת כָּל בְּנֵי הָעִיר (צֻוָּוה) לָמוּל אֶת הַתִּינוֹק הַזֶּה:
Dirions-nous lemol ? En ton d'étonnement. Cela signifierait que ce médecin qui circoncit tous les enfants de la ville à reçu l'ordre de circoncire cet enfant.
וְכִי לָא סַגִּי דְּלָאו אִיהוּ מְהִיל עָלָיו הַמִּצְוָה מֻוטֶּלֶת וַהֲלֹא עַל אָבִיו מֻוטָּל כְּדַאֲמַרַן בְּקִדּוּשִׁין פֶּרֶק קַמָּא (קָרוֹב לְסוֹפוֹ) אֲבָל בִּיעוּר מִצְוָה עַל בַּעַל הֶחָמֵץ מֻוטֶּלֶת וְכָל אִישׁ וְאִישׁ בּוֹדֵק בֵּיתוֹ וְהֵיכָא דְּיָכוֹל לוֹמַר לְבַעֵר לָא נֵימָא עַל בִּיעוּר:
Et cela n'irait-il pas sans que ce soit lui qui circoncise ? La mitsva reposerait-elle sur lui ? Elle repose sur son père, comme nous l'avons dit dans Kiddoushin, premier chapitre, près de la fin. Mais le biour : la mitsva repose sur le détenteur du hametz, et chaque homme vérifie sa maison. La où l'on peut dire le-vaer, on ne dira pas al biur.
וּפָרְכִינַן אֲבִי הַבֵּן מַאי אִיכָּא לְמֵימַר אִי עַל הַמִּילָה לְשֶׁעָבַר מַשְׁמַע וְזֶה אֶפְשָׁר לוֹ לוֹמַר לָמוּל מַאי אִיכָּא לְמֵימַר הֵיכִי שָׁרֵינַן לֵיהּ לְמֵימַר עַל הַמִּילָה:
Et nous objectons : le père de l'enfant, qu'y a-t-il à dire ? Si al ha-mila signifie le passé, et que celui-ci peut dire lemol, qu'y a-t-il à dire ? Comment lui permet-on de dire al ha-mila ?
אִין הָכִי נָמֵי צָרִיךְ לוֹמַר לָמוּל:
Oui, il en est bien ainsi : il doit dire lemol.
🗂️ Tossefot (1)
לָא סַגִּי דְּלָאו אִיהוּ מְהִיל דְּעַל הָאָב מוּטָל כִּדְפֵירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס אֲבָל הַמָּל גֵּרִים מְבָרֵךְ לָמוּל אֶת הַגֵּרִים שֶׁהַמְּבָרֵךְ חַיָּיב לָמוּל כְּמוֹ הָאָב הַמָּל:
Cela n'irait pas sans que ce soit lui qui circoncise. Car cela repose sur le père, comme l'a expliqué le commentaire. Celui qui circoncit des gerim (convertis) bénit lemol et ha-gerim : celui qui bénit est obligé de circoncire, comme le père qui circoncit.
💡 Explication

Le libellé lemol suppose que celui qui bénit est lui-même l'oblige. Le mohel de la ville ne l'est pas : la mitsva est sur le père (Kiddoushin). On garde donc le libellé large, al ha-mila. Quand le père circoncit lui-même, il dit lemol.

Rachi rapproche le hametz : la bedika repose sur chaque détenteur, donc le-vaer reste possible, et al biur ne s'impose pas de la même façon. Tossefot : la mila d'un ger suit le même régime que celle du père, lemol et ha-gerim.

4
מֵיתִיבִי: ״בָּרוּךְ ... אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַשְּׁחִיטָה״! הָתָם נָמֵי, הֵיכִי נֵימָא? נֵימָא ״לִשְׁחוֹט״ — לָא סַגִּיא דְּלָאו אִיהוּ שָׁחֵט?

On objecte : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al ha-shehita (concernant l'abattage) ! La-bas aussi, comment dirions-nous ?

Dirions-nous lishhot (pour abattre) ? Cela n'irait-il pas sans que ce soit lui qui abatte ?

💡 Explication

Même structure que pour la mila. La berakha ordinaire de la shehita est al ha-shehita, dite avant le geste. Le libellé lishhot exigerait que celui qui bénit soit personnellement l'oblige d'abattre.

Pour un animal ordinaire, l'abattage préparé la viande : il n'y a pas une mitsva d'abattre cet animal-la. Le libellé reste donc al ha-shehita. Le cas du Pessa'h et des kodashim vient au segment suivant.

5
פֶּסַח וְקָדָשִׁים מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אִין הָכִי נָמֵי.

Le Pessa'h et les kodashim (offrandes), qu'y a-t-il à dire ? Oui, il en est bien ainsi.

📜 Rachi (1)
פֶּסַח וְקָדָשִׁים הַבְּעָלִים נִצְטַוּוּ דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא א׳:ד׳) וְסָמַךְ יָדוֹ וְשָׁחַט:
Le Pessa'h et les kodashim : les propriétaires ont reçu l'ordre, car il est écrit (Vayikra 1, 4) : il appuiera sa main, et il abattra.
💡 Explication

Ici l'abattage est une mitsva sur les propriétaires : semikha et shehita (Vayikra 1, 4). Le libellé lishhot à donc sa place. Quand on abat le Pessa'h où un autre korban, on dit : qui nous à ordonné d'abattre.

6
מֵיתִיבִי: הָעוֹשֶׂה לוּלָב לְעַצְמוֹ, מְבָרֵךְ: ״שֶׁהֶחֱייָנוּ וְקִיְּמָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה״. נְטָלוֹ לָצֵאת בּוֹ, אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל נְטִילַת לוּלָב״! שָׁאנֵי הָתָם, דִּבְעִידָּנָא דְּאַגְבְּהֵהּ נְפַק בֵּיהּ.

On objecte : celui qui fait un loulav pour lui-même bénit : sheheheyanou, ve-kiyemanou, ve-higianou la-zeman ha-ze (qui nous à fait vivre, nous à maintenus, et nous à fait parvenir à ce temps). Quand il le prend pour s'acquitter par lui, il dit : qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al netilat loulav (concernant la prise du loulav) !

C'est différent la-bas : au moment où il le soulève, il s'en acquitte.

📜 Rachi (1)
נְפַק בֵּיהּ וּמְבָרֵךְ עַל שֶׁעָבַר:
Il s'en acquitte, et il bénit sur ce qui est passé.
🗂️ Tossefot (1)
בְּעִידָּנָא דְּאַגְבְּהֵהּ נָפֵיק בֵּיהּ וְא"ת כֵּיוָן דִּנְפַק הֵיאַךְ יְבָרֵךְ וַהֲלֹא צָרִיךְ לְבָרֵךְ עוֹבֵר לַעֲשִׂייָּתוֹ וְאוֹמֵר ר"י אע"ג דִּנְפַק אַכַּתִּי עוֹסֵק בְּמִצְוָה שֶׁצָּרִיךְ לְנַעְנֵעַ בִּקְרִיאַת הַלֵּל (סֻוכָּה לז:):
Au moment où il le soulève, il s'en acquitte. Si l'on dit : puisqu'il s'en est acquitté, comment bénira-t-il ? Il faut bénir over le-assiyatan (avant l'accomplissement). Le Ri dit : même après s'en être acquitté, il est encore occupe à la mitsva, car il doit l'agiter à la lecture du Hallel (Soukka 37b).
💡 Explication

Nouvelle objection. Au moment de la prise, le libellé est al netilat loulav, et non litol. La réponse : des qu'il le soulève, l'obligation de la Torah est déjà remplie. Al convient alors à un acte passe. Rachi : il bénit sur ce qui est déjà fait.

Tossefot : la règle over le-assiyatan demande une berakha avant l'acte. Le Ri : après le soulèvement il reste dans la mitsva, parce que le naanoua (agitation) du Hallel fait encore partie du geste.

🖼️ Schéma
Loulav déjà acquis, soucca encore à venir Loulav Il le soulève : yatsa Berakha : al netilat loulav Le mot latzet aligne la reisha sur la seifa de la soucca Soucca Fabrication : sheheheyanou Entrée : leishev ba-soucca Il n'est pas encore assis Le lamed vise l'avenir
Le loulav est acquis des le soulèvement. La soucca se bénit leishev, parce qu'il va s'asseoir.
7
אִי הָכִי: ״לָצֵאת בּוֹ״? ״יָצָא בּוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אִין הָכִי נָמֵי, וּמִשּׁוּם דְּקָא בָּעֵי לְמִיתְנָא סֵיפָא: ״לֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה״, תְּנָא רֵישָׁא נָמֵי ״לָצֵאת בּוֹ״.

S'il en est ainsi : latset bo (pour s'en acquitter) ? Yatsa bo (il s'en est acquitté) aurait fallu !

Oui, il en est bien ainsi. Et parce qu'il veut enseigner la seifa : leishev ba-soucca (pour s'asseoir dans la soucca), il à enseigné aussi dans la reisha : latset bo.

🗂️ Tossefot (1)
לָצֵאת יָצָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לָצֵאת מַשְׁמַע שֶׁלֹּא יָצָא עֲדַייִן בְּאוֹתָהּ נְטִילָה וּמַשְׁכַּחַת לָהּ כְּשֶׁהֲפָכוֹ כִּדְאָמְרִי' בְּסֻוכָּה (ד' מב.) דְּאֵינוֹ יוֹצֵא אֶלָּא דֶּרֶךְ גְּדִילָתוֹ אוֹ שֶׁנְּטָלוֹ שֶׁלֹּא לָצֵאת בּוֹ בְּאוֹתָהּ נְטִילָה וּכְשֶׁאָדָם נוֹטֵל לוּלָב אֵין צָרִיךְ לְהָופְכוֹ כִּדְפֵי' רִ"י כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לְנַעְנֵעַ בְּהַלֵּל אוֹ מִשּׁוּם שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לָצֵאת בְּאוֹתָהּ נְטִילָה:
Latset : yatsa aurait fallu. Latset signifie qu'il ne s'est pas encore acquitte par cette prise. On trouve le cas quand il l'a retourne, comme nous disons dans Soukka (42à) : on ne s'acquitte que dans le sens de sa croissance. Ou bien il l'a pris sans intention de s'acquitter par cette prise. Quand un homme prend le loulav, il n'a pas à le retourner, comme l'a expliqué le Ri, puisqu'il doit l'agiter au Hallel. Ou bien parce qu'il ne veut pas s'acquitter par cette prise.
💡 Explication

Si le soulèvement acquitte déjà, la baraita devrait dire yatsa, passe, et non latset, qui vise encore l'acte. La Guemara l'accorde. Le tanna aligne le mot sur la seifa, leishev ba-soucca, où l'avenir est le vrai temps de la berakha.

Tossefot gardent un cas où latset est exact : loulav retourne, donc pas dans le sens de sa croissance, où prise faite sans intention de s'acquitter. Le Ri : en pratique on ne retourne pas le loulav, à cause du naanoua, où parce que cette première prise n'est pas celle de la yetsia.

8
דְּקָתָנֵי סֵיפָא: הָעוֹשֶׂה סֻוכָּה לְעַצְמוֹ, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ ... שֶׁהֶחֱייָנוּ וְקִיְּמָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה״. נִכְנַס לֵישֵׁב בָּהּ, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ ... אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה״. וְהִלְכְתָא: ״עַל בִּיעוּר חָמֵץ״.

Car la seifa enseigné : celui qui fait une soucca pour lui-même dit : Béni sois-Tu, Hachem... sheheheyanou, ve-kiyemanou, ve-higianou la-zeman ha-ze. Quand il entre pour s'y asseoir, il dit : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné leishev ba-soucca.

Et la halakha : al biur hametz.

📜 Rachi (1)
וְהִלְכְתָא עַל בִּיעוּר נָמֵי לְהַבָּא מַשְׁמַע וְגַבֵּי מִילָה נָמֵי לָא שְׁנָא אֲבִי הַבֵּן מֵאִינָשׁ דְּעָלְמָא דְּהָא לְהַבָּא מַשְׁמַע וְעַל הַמִּילָה נָמֵי כְּלָמוּל דָּמֵי:
Et la halakha, al biur : cela signifie aussi l'avenir. Pour la mila aussi, le père de l'enfant et un homme quelconque sont au même régime, puisque cela signifie l'avenir, et al ha-mila équivaut aussi à lemol.
🗂️ Tossefot (1)
וְהִלְכְתָא עַל בִּיעוּר חָמֵץ יָכוֹל הוּא לוֹמַר כֵּן שֶׁאַף זֶה הַלָּשׁוֹן מַשְׁמַע לְהַבָּא אוֹ שֶׁמָּא דַּוְקָא עַל בִּיעוּר חָמֵץ וְיֵשׁ טַעַם בִּבְרָכוֹת ור"י לֹא מָצָא טַעַם לְכָל הַבְּרָכוֹת:
Et la halakha, al biur hametz. Il peut dire ainsi, car cette langue aussi signifie l'avenir. Ou peut-être al biur hametz en particulier, et il y a une raison dans les berakhot. Le Ri n'a pas trouvé de raison qui vaille pour toutes les berakhot.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב הַבּוֹדֵק צָרִיךְ שֶׁיְּבָרֵךְ. דְּלָא תֵּימָא אֵינָהּ כָּל כָּךְ מִצְוָה כֵּיוָן דְּאֵינָהּ אֶלָּא לְבַעֵר אֶת הֶחָמֵץ מִן הַבַּיִת. וּמַה שֶׁאֵין מְבָרְכִין עַל בִּיעוּר בְּשָׁעָה חֲמִישִׁית בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מוֹצִיא הֶחָמֵץ מִן הַבַּיִת וְהוּא מִצְוָה מִן הַתּוֹרָה כְּדִכְתִיב בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שְּׂאֹור מִבָּתֵּיכֶם וְדָרְשִׁינַן לְעֵיל דְּבַיּוֹם הָרִאשׁוֹן הַייְנוּ בי"ד. אוֹמֵר אֲנִי דְּהוֹצָאַת חָמֵץ מִן הַבַּיִת קֹודֶם זְמַן אִיסּוּרֵיהּ לָא נָפֵיק מִתַּשְׁבִּיתוֹ דְּהָא אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא לְעֵיל (פְּסָחִים דַּף ה:) תַּשְׁבִּיתוּ הַיְינוּ שְׂרֵיפָה. וְלֹא צִוְּתָה תּוֹרָה לְשָׂורְפוֹ אֶלָּא אַחַר שֶׁכְּבָר נֶאֱסַר. מִידִי דַּהֲוָה אַנּוֹתָר. לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף כז:) אֲבָל בְּעוֹד שֶׁהוּא מֻותָּר בַּאֲכִילָה לֹא יִשְׂרְפֶנּוּ וּמַה שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִן הַבַּיִת הַיְינוּ שֶׁלֹּא יַעֲבֹור עָלָיו בְּבַל יֵרָאֶה וְאֵין מְפֹורָשׁ בּוֹ מִצְוַת עֲשֵׂה מִן הַתּוֹרָה שֶׁיְּהֵא מִצְוָה לְבָרֵךְ עָלָיו. וּמִן הָרָאוּי שֶׁיְּבָרֵךְ קֹודֶם בְּדִיקָה עַל בְּדִיקַת חָמֵץ וְתִקְּנוּ לוֹמַר עַל בִּיעוּר חָמֵץ לְפִי שֶׁלְּאַחַר הַבְּדִיקָה מִיָּד הוּא מְבַטֵּל וְהַיְינוּ בִּיעוּר לְחָמֵץ שֶׁאֵינוֹ יָדוּעַ לוֹ וּמַצְנִיעַ אֶת הַיָּדוּעַ לוֹ וְאוֹכֵל מִמֶּנּוּ עַד שָׁעָה חֲמִישִׁית וְאָז מְבַעֲרוֹ מִן הַבַּיִת וְעַל עֵסֶק זֶה נִגְרְרָה הַבְּרָכָה שֶׁל בְּדִיקָה שֶׁהִיא תְּחִלַּת הַבִּיעוּר וְנִגְמַר בְּשָׁעָה חֲמִישִׁית. וְהָא דְּלָא מְבָרְכִין עֲלָהּ שֶׁהֶחֱייָנוּ אע"ג דְּבָאָה מִזְּמַן לִזְמַן. נ"ל כֵּיוָן דְּמִצְוָה זוֹ אֵינָהּ אֶלָּא לְצֹורֶךְ הָרֶגֶל לְתַקֵּן הַבַּיִת וּלְבַעֵר הֶחָמֵץ מִתּוֹכוֹ לְצֹורֶךְ הַמּוֹעֵד סָמְכִינַן לָהּ אַזְּמַן דְּרֶגֶל מִידִי דַּהֲוָה אַעוֹשֶׂה סֻוכָּה וְלוּלָב לְעַצְמוֹ דִּמְחֻויָּב לְבָרֵךְ שֶׁהֶחֱיָינוּ בַּעֲשִׂייָּתוֹ אֶלָּא סָמְכִי' לֵיהּ אַזְּמַן דְּרֶגֶל פ' לוּלָב וַעֲרָבָה ס"ס לז. וי"א שֶׁאֵין לְבוֹדֵק לְדָבָר עַד שֶׁיִּגְמֹור הַבְּדִיקָה וְיֵשׁ מוֹסִיפִין עוֹד יוֹתֵר וְאוֹמְרִים שֶׁאִם סָח בִּדְבָרִים דְּעָלְמָא שֶׁלֹּא מֵעֵין הַבְּדִיקָה שֶׁצָּרִיךְ לַחֲזֹור וְלִבְדֹּוק וּלְבָרֵךְ וְכָל זֶה אֵין נִרְאֶה לִי אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא יַסִּיחַ בֵּין בְּרָכָה לִתְחִלַּת הַבְּדִיקָה וְאַחַר שֶׁהִתְחִיל לָא הָוְיָא שִׂיחָה הֶפְסֵק מִידִי דַּהֲוָה אַיְּשִׁיבַת סֻוכָּה וּכְאָדָם הַמְדַבֵּר בְּתוֹךְ סְעֻודָּתוֹ דְּלָא הָוְיָא שִׂיחָה הֶפְסֵק לְהַצְרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ עַל הַסֻּוכָּה וּבִרְכַּת הַמּוֹצִיא דְּלָא מָצִינוּ דְּשִׂיחָה הָוֵי הֶפְסֵק אֶלָּא בֵּין תְּפִילִּין לִתְפִילִּין מִשּׁוּם דִּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה קָיְימָא נָמֵי אַהַנָּחַת תְּפִילִּין שֶׁל רֹאשׁ וְאִם סָח צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם אַחֶרֶת לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין לפר"ת וּלְרַשִׁ"י נָמֵי כֵּיוָן דִּתְרֵי מִצְוֹת נִינְהוּ וְלָא מְעַכְּבִי אַהֲדָדֵי וְאִם לֹא סָח אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל מִצְוַת תְּפִילִּין א"כ הָוֵי הֶיסַּח הַדַּעַת. וּמִיהוּ לְכַתְּחִלָּה טוֹב לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא יַעֲסֹוק בְּשִׂיחָה בְּטֵילָה עַד שֶׁיִּגְמֹור כָּל הַבְּדִיקָה כֻּולָּהּ כְּדֵי שֶׁיָּשִׂים אֶל לִבּוֹ לִבְדֹּוק בַּחֲדָרִים וּבָעֲלִיּוֹת וּבְכָל מָקוֹם שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ חָמֵץ. וְאִם בע"ה אֵינוֹ יָכוֹל לִטְרֹוחַ לִבְדֹּוק בְּכָל הַמְּקוֹמוֹת שֶׁבַּבַּיִת יַעֲמִיד מִבְּנֵי בֵּיתוֹ אֶצְלוֹ בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מְבָרֵךְ לִבְדֹּוק וְיִתְפַּזְּרוּ לִבְדֹּוק אִישׁ אִישׁ לִמְקוֹמוֹ עַל סְמַךְ הַבְּרָכָה שֶׁיְּבָרֵךְ בע"ה כִּדְתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּבְרָכוֹת פ"ו עֲשָׂרָה שֶׁעוֹשִׂין מִצְוָה אַחַת אֶחָד מְבָרֵךְ לְכֻולָּם. מַאי מְבָרֵךְ רַב פַּפֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר עַל בִּיעוּר חָמֵץ. רַב פָּפָּא אָמַר לְבַעֵר חָמֵץ . וְהִלְכְתָא עַל בִּיעוּר חָמֵץ פֵּירוּשׁ גַּם עַל בִּיעוּר חָמֵץ אע"ג דִּבְלַבְעַר כ"ע מוֹדוֹ וּבַעַל בִּיעוּר פְּלִיגִי מִשּׁוּם דְּאָמַר בְּמַס' בְּרָכוֹת דַּף נ. מִבִּרְכוֹתָיו שֶׁל אָדָם נִיכָּר שֶׁתַּלְמִיד חָכָם הוּא וְהַמְּבָרֵךְ עַל בִּיעוּר נִיכָּר שֶׁתַּלְמִיד חָכָם הוּא וְיוֹדֵעַ דְּעַל בִּיעוּר נָמֵי לְהַבָּא מַשְׁמַע כִּדְאָמַר בְּפֶ' כֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף לח:) מִשְׁתַּבְּחִין רַבָּנַן לֵר' זֵירָא אֶת בַּר רַב זְבִיד דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא וּבָקִי בִּבְרָכוֹת הוּא אָמַר לָהֶם לִכְשֶׁיָּבֹא לְיֶדְכֶם הֲבִיאוּהוּ לְיָדִי כִּי אֲתָא קְרִיבוּ לֵיהּ תַּכָּא וְאַפִּיקוּ לֵיהּ רִיפְתָּא א"ל לִטְעֹום מַר מִידִי אֲמַר לוֹ לִישְׁרֵי לָן מַר וּפָתַח וְאָמַר מוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ אָמַר זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים עָלָיו אָדָם גָּדוֹל הוּא בִּשְׁלָמָא אִי אֲמַר לָן הַמּוֹצִיא אָמַר לָן טַעְמָא וְאַשְׁמְעִינַן הִלְכְתָא אֶלָּא אָמַר מוֹצִיא מַאי קמ"ל בְּמוֹצִיא כ'"ע לָא פְלִיגִי אַלְמָא שֶׁצָּרִיךְ לְהַשְׁמִיעֵנוּ חִדּוּשׁ בְּבִרְכוֹתָיו וּלְכָךְ נָהֲגוּ לְבָרֵךְ עַל בִּיעוּר חָמֵץ לְאַשְׁמְעִינַן דְּגַם זֶה לְהַבָּא מַשְׁמַע וְשֶׁלֹּא יִטְעוּ לוֹמַר דְּעַל בִּיעוּר לְשֶׁעָבַר וְאִם בֵּירֵךְ כָּךְ לֹא יָצָא. וּמַה שֶׁחִלְּקוּ בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת יֵשׁ מֵהֶן שֶׁתִּיקְּנוּ בַּעַל וְיֵשׁ מֵהֶן שֶׁתִּיקְּנוּ בְּלָמֶ"ד ר"ת זַ"ל הָיָה נוֹתֵן טַעַם לַדָּבָר דְּכָל מִצְוֹת דְּנַעֲשׂוֹת מִיָּד שַׁיָּיךְ לְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עַל כְּגוֹן עַל מִקְרָא מְגִילָּה עַל הַטְּבִילָה עַל נְטִילַת יָדַיִם עַל הַפְרָשַׁת תְּרוּמָה עַל אֲכִילַת מַצָּה עַל אֲכִילַת מָרוֹר אֲבָל לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין לְהִתְעַטֵּף בְּצִיצִית וְלֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה יֵשׁ בָּהֶן שִׁיהוּי וְהַלָּשׁוֹן מוֹרֶה עַל כָּךְ לִהְיוֹת מְעֻוטָּר בִּתְפִילִּין וְלִהְיוֹת עָטוּף בְּצִיצִית וְלֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה לֶאֱכֹול וּלְטַייֵּל כָּל הַיּוֹם וּלְהַדְלִיק נֵר חֲנֻוכָּה יֵשׁ שִׁיהוּי בְּמִצְוָתָהּ כִּדְאָמְרִינַן בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין דַּף כא: מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק. וְכֵן לִשְׁמֹועַ קוֹל שׁוֹפָר יֵשׁ שִׁיהוּי לְהַפְסָקָה בֵּין הַתְּקִיעוֹת דְּעִיקַּר מִצְוַת שׁוֹפָר עַל סֵדֶר הַבְּרָכוֹת. וּמַה שֶׁאֵין מְבָרְכִין עַל קְרִיאַת הַלֵּל וְאָנוּ מְבָרְכִין עַל מִקְרָא מְגִילָּה הַייְנוּ טַעְמָא לְפִי שֶׁקּוֹרְאִים אֶת הַמְּגִילָּה בְּלֹא הֶפְסֵק אֲבָל בִּקְרִיאַת הַהַלֵּל מַפְסִיקִין וְהַצִּבּוּר עוֹנִין רָאשֵׁי הַפְּסוּקִים. וְעוֹד דְּאָמְרִינַן בִּפְסָחִים דַּף קיז. דְּעִיקַּר קְרִיאַת הַלֵּל תִּקְּנוּ נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים לִקְרוֹתוֹ עַל כָּל צָרָה שֶׁלֹּא תָבֹא עַל הַצִּבּוּר לִכְשֶׁיִּגָּאֲלוּ גּוֹמְרִין אֶת הַלֵּל הִלְכָּךְ שַׁיָּיךְ בֵּיהּ הַאי לִישָּׁנָא לִקְרוֹת אֶת הַלֵּל דְּכָל מִצְוָה שֶׁאֵינָהּ חוֹבָה תָּמִיד לֹא שַׁיָּיךְ בֵּיהּ עַל וּמַה שֶׁמְּבָרְכִין לְהַכְנִיסוֹ וְכוּ' מִשּׁוּם דִּבְרָכָה זוֹ לֹא נִתְקְנָה לְגַמְרֵי עַל מִצְוָה זוֹ תֵּדַע דְּהָא מְבָרְכִין אוֹתָהּ לְאַחַר הַמִּילָה אֶלָּא נִתְקְנָה לְהוֹדוֹת וּלְהַלֵּל וּלְשַׁבֵּחַ להקב"ה שֶׁצִּוָּה לַעֲשׂוֹת מִצְוָה זוֹ בְּכָל פַּעַם שֶׁתָּבֹא לְיָדֵינוּ. וּמַה שֶׁמְּבָרְכִין בִּתְפִילִּין שֶׁל יָד לְהַנִּיחַ וְעַל שֶׁל רֹאשׁ עַל מִצְוַת מִשּׁוּם דְּלָא רָצוּ חֲכָמִים לְתַקֵּן שְׁתֵּי בְּרָכוֹת זוֹ אַחַר זוֹ בְּמִצְוָה אַחַת שָׁווֹת וְתִקְּנוּ בְּשֶׁל רֹאשׁ עַל מִצְוַת שֶׁהִיא גְּמַר הַמִּצְוָה. וְרִיבָ"א הָיָה מְחַלֵּק דְּמִצְוָה דְּאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת ע"י שָׁלִיחַ מְבָרֵךְ עַל אֲבָל מִצְוָה שֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ צָרִיךְ לַעֲשׂוֹתָהּ צָרִיךְ לְבָרֵךְ בְּלָמֶ"ד וְזוֹ הִיא קְצָת סְבָרַת הַשַּׁ"ס דִּלְמוּל מַשְׁמַע דְּלָא סַגִּי דְּלָאו אִיהוּ מְהִיל וְעַל שׁוֹפָר אָנוּ מְבָרְכִים לִשְׁמֹועַ בְּקוֹל שׁוֹפָר דְּלָא סַגִּי דְּלָאו אִיהוּ שׁוֹמֵעַ וְלִקְרֹוא אֶת הַלֵּל אע"פ דְּשׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה כְּמוֹ גַּבֵּי מִקְרָא מְגִילָּה מ"מ מִצְוָה לַעֲנוֹת בְּרָאשֵׁי הַפִּרְקֵי' אע"פ דְּשׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה. וְעַל הַטְּבִילָה אע"ג דִּטְבִילַת טְמֵאִים א"א לַעֲשׂוֹת ע"י שָׁלִיחַ כֵּיוָן דִּטְבִילַת כֵּלִים אֶפְשָׁר לְקַיֵּים ע"י שָׁלִיחַ לָא פְּלוּג. וְגַם מִשּׁוּם דִּטְבִילַת גֵּרִים שֶׁהִיא לְאַחַר הַטְּבִילָה. וְעַל נְטִילַת לוּלָב לְפִי שֶׁפְּעָמִים מְבָרֵךְ אַחַר שֶׁיָּצָא בּוֹ שֶׁכְּבָר נָטַל לֹא שַׁיָּיךְ לְבָרֵךְ לִיטֹּול מִשּׁוּם דִּלְהַבָּא מַשְׁמַע וְהַייְנוּ נָמֵי טַעְמָא דְּעַל נט"י. וּלְהַדְלִיק נֵר שֶׁל חֲנֻוכָּה אע"ג דְּאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת ע"י שָׁלִיחַ אוֹרְחָא דְמִילְּתָא הוּא שֶׁכָּל אָדָם מַדְלִיק בְּבֵיתוֹ מִפְּנֵי חֲבִיבוּת הַנֵּס וְכֵן נֵר שֶׁל שַׁבָּת וְעַל סְפִירַת הָעֹומֶר לְפִי שֶׁנָּהֲגוּ שש"צ מְבָרֵךְ לְהוֹצִיא אֶת מִי שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ לְבָרֵךְ לְכָךְ מְבָרְכִין עַל. וּבִתְפִילִּין נִמְצָא בִּסְפָרִים מְדֻויָּקִים בְּמִצְוַת תְּפִילִּין וְכֵן כָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל. וְעַל הַתּוֹרָה מְבָרְכִין בְּאַשְׁכְּנַז לַעֲסֹוק בְּדִבְרֵי תּוֹרָה. וּלְפִי טַעַם זֶה מְבָרְכִין לֶאֱכֹול מַצָּה וְלֶאֱכֹול מָרוֹר: וּמִיבְעֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ לְבָרוֹכֵי בְּרֵישָׁא וַהֲדַר בְּדִיק. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל כָּל הַמִּצְוֹת כֻּולָּן מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עוֹבֵר לַעֲשִׂייָּתָן. אָמַר רַב חִסְדָּא חוּץ מִן הַטְּבִילָה. מ"ט דְּאַכַּתִּי גַּבְרָא לָא חֲזֵי. ת"ר טָבַל וְעָלָה בַּעֲלִייָּתוֹ אוֹמֵר בא"י אמ"ה אקב"ו עַל הַטְּבִילָה וּמְפָרְשִׁי לָהּ רַבָּנָן דְּבִטְבִילַת גֵּר בִּלְבַד קָאָמַר דְּלָא מָצֵי לְמֵימַר קֹודֶם טְבִילָה אקב"ו אֲבָל שְׁאָר חַייָּבֵי טְבִילוֹת מְבָרְכִין וְאַחַ"כּ טוֹבְלִים דְּהָא קי"ל נִדָּה קוֹצָה לָהּ חַלָּה וּמְחַייְּבָא לְבָרוֹכֵי לְהַפְרִישׁ חַלָּה. וּתְנַן נָמֵי (בְּרָכוֹת כו.) גַּבֵּי זָב שֶׁרָאָה קֶרִי וְנִדָּה שֶׁפָּלְטָה שִׁכְבַת זֶרַע צְרִיכִין טְבִילָה טַעְמָא דְּרָאָה קֶרִי וּפָלְטָה שִׁכְבַת זֶרַע צְרִיכִין טְבִילָה הָא לֹא רָאָה קֶרִי וְלֹא פָּלְטָה ש"ז קוֹרֵא וּמִתְפַּלֵּל וְאֵין צְרִיכִין טְבִילָה. ור"י מְפָרֵשׁ דְּאֵין לִמְחוֹת בְּנָשִׁים שֶׁמְּבָרְכוֹת אַחַר טְבִילָה וְלֹא קֹודֶם כֵּיוָן דְּאִיכָּא גֵּר דְּלָא מָצֵי לְבָרֵךְ עַד לְאַחַר הַטְּבִילָה לָא פְּלוּג. וְהַאי טַעְמָא נָמֵי שַׁיָּיךְ בִּנְטִילַת יָדַיִם שֶׁנָּהֲגוּ לְבָרֵךְ אַחַר הַנְּטִילָה לְפִי שֶׁבַּבָּקָר כְּשֶׁיָּדָיו מְלֻוכְלָכוֹת לָא מָצֵי לְבָרוֹכֵי עַד אַחַר הַנְּטִילָה לְכָךְ נָהֲגוּ לַעֲשׂוֹת כֵּן אַף בִּנְטִילָה דִּסְעוּדָה. וְעוֹד יֵשׁ טַעַם אַחֵר בִּנְטִילָה כֵּיוָן דִּמְבָרֵךְ קֹודֶם נִיגּוּב גַּם זוֹ מִצְוַת נְטִילָה כִּדְאָמְרִינַן בְּסוֹטָה (דַּף ד:) כָּל הָאוֹכֵל פַּת בְּלֹא נִיגּוּב כְּאִילּוּ אוֹכֵל לֶחֶם טָמֵא:
Rav Yehouda à dit au nom de Rav : celui qui fait la bedika doit bénir. Afin que l'on ne dise pas que ce serait peu une mitsva, du moment qu'elle ne vise qu'à éliminer le hametz de la maison. Sur ce que l'on ne bénit pas al biur à la cinquième heure, au moment où il sort le hametz de la maison, alors que c'est une mitsva de la Torah, comme il est écrit : le premier jour vous ferez cesser le levain de vos maisons, et nous avons drashe plus haut que le premier jour, c'est le 14. Je dis : sortir le hametz de la maison avant le temps de son interdit ne remplit pas tashbitu. Car Rabbi Akiva à dit plus haut (Pesachim 5b) : tashbitu, c'est la serifa. La Torah n'a ordonné de le brûler qu'une fois qu'il est déjà interdit, à la manière du notar. Plus bas (Pesachim 27b). Tant qu'il reste permis à la consommation, il ne le brûlera pas. Ce que l'on le sort de la maison vise à ne pas transgresser sur lui bal yerae. Il n'y a pas la, en clair, une mitsvat asse de la Torah sur laquelle il y aurait mitsva de bénir. Il conviendrait qu'il bénisse, avant la bedika : al bedikat hametz. Ils ont institué de dire al biur hametz, parce qu'aussitôt après la bedika il fait le bitoul, et c'est le biour du hametz qui ne lui est pas connu. Il met de côté celui qui lui est connu, il en mange jusqu'à la cinquième heure, puis il l'élimine de la maison. Sur cet ensemble s'est attachée la berakha de la bedika, début du biour, lequel s'achève à la cinquième heure. Sur ce que l'on ne bénit pas sheheheyanou sur elle, bien qu'elle revienne de temps en temps. Il me semble : cette mitsva ne vise que le besoin de la fête, préparer la maison et en éliminer le hametz pour le mo'ed. On la rattache au zeman de la fête. À la manière de celui qui fait une soucca et un loulav pour lui-même : il est tenu de bénir sheheheyanou à leur fabrication, et l'on rattache cela au zeman de la fête, chapitre Loulav va-arava, fin du feuillet 37. Certains disent que celui qui vérifie ne parlera pas jusqu'à la fin de la bedika. Certains ajoutent : s'il à parlé de choses ordinaires, hors du sujet de la bedika, il doit revenir vérifier et bénir. Tout cela ne me semble pas juste. Il faut veiller à ne pas interrompre entre la berakha et le début de la bedika. Une fois qu'il à commencé, la parole n'est pas un hesek. À la manière de la yechiva dans la soucca, et d'un homme qui parle au milieu de son repas : la parole n'est pas un hesek qui obligerait à bénir de nouveau sur la soucca et sur le hamotsi. Nous n'avons trouvé la parole comme hesek qu'entre tefillin et tefillin, parce que la première berakha vaut aussi pour la pose des tefillin de la tête. S'il à parlé, il doit bénir une autre fois le-haniah tefillin, selon Rabbeinou Tam. Selon Rachi aussi : ce sont deux mitsvot, et elles ne s'empêchent pas l'une l'autre. S'il n'a pas parle, il n'a pas à bénir al mitsvat tefillin. C'est donc un hesseh ha-daat. Toutefois, le-khathila, il est bon de ne pas s'occuper de parole vaine jusqu'à la fin de toute la bedika, afin de mettre son cœur à vérifier les pièces, les étages, et tout lieu où l'on introduit du hametz. Si le baal ha-bayit ne peut vérifier tous les endroits de la maison, il placera des gens de sa maison auprès de lui au moment où il bénit pour vérifier. Ils se disperseront, chacun vers son endroit, en s'appuyant sur la berakha du baal ha-bayit. Comme enseigné la Tossefta de Berakhot, chapitre 6 : dix qui font une seule mitsva, l'un bénit pour eux tous. Que bénit-il ? Rav Papi au nom de Rava à dit : al biur hametz. Rav Papa à dit : le-vaer hametz. Et la halakha : al biur hametz. Explication : al biur hametz aussi. Sur le-vaer, tous s'accordent. Sur al biur, ils divergent. Parce qu'il est dit dans Berakhot 50a : aux berakhot d'un homme on reconnaît qu'il est talmid 'hakham. Celui qui bénit al biur se reconnaît talmid 'hakham : il sait que al biur signifie aussi l'avenir. Comme il est dit au chapitre Keitsad mevarkhin (Berakhot 38b) : les rabbins vantaient auprès de Rabbi Zeira bar Rav Zavid, homme grand, expert en berakhot. Il leur dit : quand il viendra chez vous, amenez-le-moi. Quand il vint, on approcha une table et on sortit du pain. Il lui dit : que le maître goûte quelque chose. L'autre dit : que le maître nous acquitte. Il ouvrit et dit : motsi le'hem min ha-arets. Il dit : voilà celui dont on dit qu'il est un grand homme. Soit : s'il nous avait dit ha-motsi, il nous aurait dit la raison et enseigné la halakha. Il à dit motsi : que nous apprend-il ? Sur motsi, tous s'accordent. Il en ressort qu'il faut faire entendre une nouveauté dans ses berakhot. C'est pourquoi l'usage est de bénir al biur hametz : pour enseigner que ce libellé aussi signifie l'avenir, et pour qu'on ne se trompe pas en disant que al biur vise le passé, au point que celui qui aurait béni ainsi ne se serait pas acquitté. Sur le partage du matbea des berakhot : certaines ont été instituées avec al, certaines avec le lamed. Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, en donnait la raison. Toute mitsva accomplie sur-le-champ se bénit avec al : al mikra megilla, al ha-tevila, al netilat yadayim, al hafrashat terouma, al akhilat matsa, al akhilat maror. Le-haniah tefillin, le-hitatef ba-tsitsit et leishev ba-soucca comportent une durée, et la langue le dit : être couronne des tefillin, être enveloppe du tsitsit, s'asseoir dans la soucca pour manger et aller et venir toute la journée. Le-hadlik ner 'Hanouka à une durée dans sa mitsva, comme nous disons dans Bame madlikin 21b : sa mitsva va du coucher du soleil jusqu'à ce que le pied quitte le marché. De même lishmoa kol shofar à une durée, à cause de la pause entre les tekot : l'essentiel de la mitsva du shofar suit l'ordre des berakhot. On ne bénit pas al keriat ha-Hallel, et l'on bénit al mikra megilla, parce qu'on lit la megilla sans coupure, tandis qu'au Hallel on coupe, et le public répond les têtes des versets. En outre, nous disons dans Pesachim 117à que l'essentiel du Hallel, les premiers prophètes l'ont institué pour le dire sur toute détresse qui viendrait sur le public ; quand ils sont délivrés, ils achèvent le Hallel. Le libellé likrot et ha-Hallel lui convient donc. Toute mitsva qui n'est pas une obligation constante ne reçoit pas le libellé al. On bénit le-hakhniso, etc., parce que cette berakha n'a pas été instituée tout entière sur cette mitsva. La preuve : on la dit après la mila. Elle à été instituée pour remercier, louer et célébrer le Saint, béni soit-Il, qui a ordonné cette mitsva chaque fois qu'elle arrive entre nos mains. Pour les tefillin de la main on bénit le-haniah, et pour ceux de la tête al mitsvat, parce que les Sages n'ont pas voulu fixer deux berakhot égales l'une après l'autre dans une seule mitsva. Ils ont fixé pour ceux de la tête al mitsvat, qui est l'achèvement de la mitsva. Le Riva distinguait : une mitsva que l'on peut faire par un shaliah se bénit avec al. Une mitsva qu'il doit faire lui-même se bénit avec le lamed. C'est un peu le raisonnement du Talmud : lemol signifie que cela n'irait pas sans que ce soit lui qui circoncise. Sur le shofar on bénit lishmoa be-kol shofar, car cela n'irait pas sans que ce soit lui qui entende. Likro et ha-Hallel : celui qui entend est comme celui qui répond, comme pour la lecture de la megilla, et il reste une mitsva de répondre aux têtes des chapitres. Al ha-tevila : la tevila des impurs ne se fait pas par un shaliah. La tevila des kelim, elle, peut s'accomplir par un shaliah : on n'a pas distingué. Il y a aussi la tevila des gerim, dont la berakha vient après l'immersion. Al netilat loulav : parfois il bénit après s'en être acquitté, le loulav étant déjà pris. Litol signifierait l'avenir, et ne convient pas. C'est aussi la raison de al netilat yadayim. Le-hadlik ner shel 'Hanouka : on peut le faire par un shaliah, et la voie ordinaire est que chacun allume chez soi, à cause de la cherté du nés. De même le ner de Chabbat. Al sefirat ha-omer : l'usage est que le shaliah tsibbour bénisse pour acquitter celui qui ne sait pas bénir, et l'on dit donc al. Pour les tefillin, des livres précis portent be-mitsvat tefillin. Ainsi à écrit Rav Alfas, de mémoire bénie. Sur la Torah, en Ashkenaz, on bénit la-assok be-divrei Torah. Selon cette raison, on bénit le-ekhol matsa et le-ekhol maror. L'homme doit bénir d'abord, puis vérifier. Car Rav Yehouda à dit au nom de Shmouel : toutes les mitsvot, on bénit sur elles over le-assiyatan. Rav Hisda à dit : sauf la tevila. Quelle est la raison ? L'homme n'est pas encore apte. Les Sages ont enseigné : il s'est immergé et il est monté. En montant il dit : Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al ha-tevila. Les rabbins expliquent que cela ne vise que la tevila d'un ger : avant la tevila il ne peut pas dire qui nous à ordonné, car il est encore nokhri. Les autres astreints à une tevila bénissent, puis s'immergent. Car nous tenons qu'une nidda coupe sa halla et doit bénir pour la séparer. Nous avons aussi appris (Berakhot 26a), au sujet d'un zav qui a vu un keri et d'une nidda qui a rejeté une semence : ils ont besoin d'une tevila. La raison en est ce keri et cette semence. Donc, sans keri et sans semence rejetée, il lit et il prie, et ils n'ont pas besoin de tevila. Le Ri explique qu'il ne faut pas protester contre les femmes qui bénissent après la tevila, plutôt qu'avant : puisqu'il y a le ger, qui ne peut bénir qu'après la tevila, on n'a pas distingué. La même raison vaut pour la netilat yadayim. L'usage est de bénir après la netila : le matin, les mains souillées, il ne peut bénir qu'après les avoir lavées. On fait de même pour la netila du repas. Autre raison : il bénit avant le nigouv, et l'essuyage fait partie de la mitsva de netila. Comme nous disons dans Sota 4b : quiconque mange du pain sans essuyer ses mains est comme quelqu'un qui mange un pain tame.
💡 Explication

La seifa de la soucca emploie leishev, lamed d'avenir : en entrant, il n'est pas encore assis. Aucune des objections ne tranche. La halakha fixe le libellé al biur hametz. Rachi : al signifie aussi l'avenir, et al ha-mila équivaut à lemol, pour le père comme pour un autre.

Tossefot : où bien tout al vise aussi l'avenir, où bien al biur hametz à une raison à part. Le Ri ne généralise pas. Le Roch rassemble ici la berakha de la bedika, l'heure de la cinquième, l'absence de sheheheyanou, le hesek dans la bedika, le matbea al où lamed, et la tevila du ger.

9
דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִיהָא, מֵעִיקָּרָא בָּעֵינַן לְבָרוֹכֵי, מִנָּלַן? דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל הַמִּצְוֹת מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן.

Tout le monde, en tout cas, exige de bénir au préalable. D'où le tenons-nous ?

Car Rav Yehouda à dit au nom de Shmouel : toutes les mitsvot, on bénit sur elles over le-assiyatan (avant leur accomplissement).

📜 Rachi (1)
עוֹבֵר קֹודֶם כְּמוֹ וַיַּעֲבֹר אֶת הַכּוּשִׁי קְדָמוֹ בְּמִיתַת אַבְשָׁלוֹם:
Over : avant. Comme : il dépassa le Koushi. Il l'a précédé au moment de la mort d'Avshalom.
💡 Explication

Quel que soit le libellé, al où lamed, la berakha se dit avant la mitsva. Source : Shmouel, over le-assiyatan. Le mot over sera prouve au segment suivant. Rachi le glose déjà : précéder, comme Ahimaatz qui devancé le Koushi avant qu'on apprenne la mort d'Avshalom.

10
מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״עוֹבֵר״ לִישָּׁנָא דְּאַקְּדוּמֵי הוּא? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, דְּאָמַר קְרָא: ״וַיָּרָץ אֲחִימַעַץ דֶּרֶךְ הַכִּכָּר וַיַּעֲבֹר אֶת הַכּוּשִׁי״. אַבַּיֵּי אָמַר, מֵהָכָא: ״וְהוּא עָבַר לִפְנֵיהֶם״. וְאִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״וַיַּעֲבֹר מַלְכָּם לִפְנֵיהֶם וַה׳ בְּרֹאשָׁם״.

D'où tient-on que ce over est une langue de precedence ? Rav Nahman bar Yitzhak à dit, car le verset dit : Ahimaatz courut par le chemin de la plaine, et il dépassa le Koushi.

Abaye à dit, d'ici : Et lui passa devant eux. Et si tu veux, dis d'ici : Leur roi passa devant eux, et Hachem à leur tête.

📜 Rachi (1)
וַיַּעֲבֹר מַלְכָּם לִפְנֵיהֶם יַקְדִּים לֵילֵךְ בָּרֹאשׁ:
Et leur roi passa devant eux : il avancera en tête.
💡 Explication

Trois versets montrent que avar / over signifie passer devant, donc précéder. Ahimaatz dépasse le Koushi (II Samuel 18, 23). Yaakov passe devant les siens (Bereshit 33, 3). Leur roi passe devant eux, Hachem en tête (Mikha 2, 13). Rachi sur ce dernier : il va le premier.

La berakha over le-assiyatan est donc dite en passant devant l'acte, avant de l'accomplir.

11
בֵּי רַב אָמְרִי: חוּץ מִן הַטְּבִילָה וְשׁוֹפָר. בִּשְׁלָמָא טְבִילָה — דְּאַכַּתִּי גַּבְרָא לָא חֲזֵי. אֶלָּא שׁוֹפָר מַאי טַעְמָא? וְכִי תֵּימָא מִשּׁוּם דִּילְמָא מִיקַּלְקְלָא תְּקִיעָה. אִי הָכִי, אֲפִילּוּ שְׁחִיטָה וּמִילָה נָמֵי!

Dans la maison de Rav on dit : sauf la tevila et le shofar. Soit pour la tevila : l'homme n'est pas encore apte.

Mais le shofar, quelle est la raison ? Et si tu dis : parce que la tekiya risque d'être ratée.

S'il en est ainsi, la shehita et la mila aussi !

📜 Rachi (1)
דְּאַכַּתִּי גַּבְרָא לָא חֲזֵי כְּגוֹן טְבִילַת בַּעֲלֵי קֶרִי דְּקַייְמָא לָן בִּבְרָכוֹת (ד' כ:) שֶׁאָסוּר בְּדִבְרֵי תּוֹרָה וּבִבְרָכָה דְּעֶזְרָא תִּיקֵּן טְבִילָה לְבַעֲלֵי קְרָיִין לְדִבְרֵי תּוֹרָה וּמִשּׁוּם הַהוּא טְבִילָה תִּקּוּן בְּכָל הַטְּבִילוֹת בִּרְכָתָן לְבַסּוֹף:
Car l'homme n'est pas encore apte. Par exemple la tevila d'un baal keri. Car nous tenons dans Berakhot (20b) qu'il est interdit pour les paroles de Torah et pour une berakha : Ezra à institué une tevila aux baalei keri pour les paroles de Torah. À cause de cette tevila, on a institué pour toutes les tevilot que leur berakha vient à la fin.
💡 Explication

Be Rav retire deux mitsvot de la règle de Shmouel. La tevila : tant qu'il n'est pas immergé, le gavra n'est pas apte à bénir. Rachi vise le baal keri, selon le takana d'Ezra, et de la toutes les tevilot ont leur berakha à la fin.

Le shofar : on proposerait la crainte d'une tekiya ratée, qui laisserait une berakha en l'air. La Guemara rejette : shehita et mila comportent le même risque d'échec, et l'on bénit avant.

12
אֶלָּא אָמַר רַב חִסְדָּא: חוּץ מִן הַטְּבִילָה בִּלְבַד אִיתְּמַר. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: טָבַל וְעָלָה, בַּעֲלִיָּיתוֹ אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ ... אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַטְּבִילָה״.

Mais Rav Hisda à dit : c'est sauf la tevila seule qui a été enseigné. Une baraita l'enseigne aussi : il s'est immergé et il est monté ; en montant, il dit : Béni... qui nous à sanctifiés par Ses mitsvot et nous à ordonné al ha-tevila.

🗂️ Tossefot (1)
עַל הַטְּבִילָה אוֹמֵר ר"ח בְּשֵׁם הַגָּאוֹן דַּוְקָא בִּטְבִילַת גֵּר דְּלָא חֲזִי קֹודֶם טְבִילָה דְּלָא מָצֵי לְמֵימַר וְצִוָּנוּ דְּאַכַּתִּי נָכְרִי הוּא אֲבָל שְׁאָר חַיָּיבֵי טְבִילָה כְּגוֹן בַּעַל קֶרִי וְכַיּוֹצֵא בּוֹ מֻותָּר לְבָרֵךְ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶ' מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת ד' כב.) נְהוּג עָלְמָא כִּתְלָתָא סָבֵי כְּר' יְהוּדָה בְּבַעַל קֶרִי שֶׁיָּכוֹל לְהִתְפַּלֵּל וּלְבָרֵךְ וְלִלְמֹוד קֹודֶם טְבִילָה אעפ"כ אוֹמֵר רִ"י דְּאֵין לִגְעֹור בְּנָשִׁים שֶׁמְּבָרְכוֹת אַחַר הַטְּבִילָה כֵּיוָן דְּאִיכָּא טְבִילַת גֵּר דְּלָא מָצֵי לְבָרֵךְ לֹא חִילְּקוּ וְכֵן בִּנְטִילַת יָדַיִם לֹא חִילְּקוּ בֵּין נְטִילָה שֶׁל אַחַר בֵּית הַכִּסֵּא דְּלָא מָצֵי לְבָרֵךְ קֹודֶם מִיהוּ בִּנְטִילָה יֵשׁ טַעַם אַחֵר לְבָרֵךְ אַחַר נְטִילָה קֹודֶם נִיגּוּב כִּדְאָמְרִינַן (סוֹטָה ד' ד:) הָאוֹכֵל לֶחֶם בְּלֹא נִיגּוּב יָדַיִם כְּאִילּוּ אוֹכֵל לֶחֶם טָמֵא וי"מ דִּבְכָל טְבִילוֹת קָאָמַר דְּגַבְרָא לָא חָזֵי דְּקֹודֶם שֶׁיָּרַד לַמַּיִם אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ דִּילְמָא מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דָּמְיָא מִימְּנַע וְלָא טְבִיל וְאַחַר שֶׁיּוֹרֵד אָז הוּא עָרֹום וְאָסוּר לְבָרֵךְ מִשּׁוּם דְּלִבּוֹ רוֹאֶה אֶת הָעֶרְוָה:
Al ha-tevila. Rabbeinou Hananel dit au nom du Gaon : cela vise en propre la tevila d'un ger. Avant la tevila il n'est pas apte : il ne peut pas dire ve-tsivanou, car il est encore nokhri. Les autres astreints à une tevila, comme le baal keri et ses semblables, peuvent bénir. Comme nous disons au chapitre Mi she-meto (Berakhot 22a) : le monde suit les trois vieillards, selon Rabbi Yehouda, pour le baal keri : il peut prier, bénir et étudier avant la tevila. Toutefois le Ri dit qu'il ne faut pas reprendre les femmes qui bénissent après la tevila : puisqu'il y a la tevila du ger, où il ne peut pas bénir avant, on n'a pas distingué. De même pour la netilat yadayim, on n'a pas distingué d'avec la netila d'après les latrines, où il ne peut pas bénir avant. Pour la netila, il y a une autre raison de bénir après le lavage, avant l'essuyage. Comme nous disons (Sota 4b) : celui qui mange du pain sans essuyer ses mains est comme quelqu'un qui mange du pain tame. Certains expliquent que la Guemara parle de toutes les tevilot, et que l'homme n'est pas apte : avant de descendre à l'eau, il n'a pas à bénir, de crainte que la peur de l'eau le retienne et qu'il ne s'immerge pas. Une fois descendu, il est nu, et il est interdit de bénir, parce que son cœur voit la erva.
💡 Explication

Rav Hisda rétrécit la tradition de be Rav : l'exception enseignée est la tevila seule. La baraita le confirme : il bénit al ha-tevila en sortant de l'eau.

Tossefot, Gaon : cela vise le ger, encore nokhri avant l'immersion, donc incapable de dire ve-tsivanou. Les autres tevilot se bénissent avant. Le Ri : on ne reprend pas les femmes qui bénissent après, pour ne pas distinguer du ger. Autre lecture : avant l'eau, crainte qu'il renonce ; dans l'eau, il est nu.

13
לְאוֹר הַנֵּר וְכוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב חִסְדָּא: לָמַדְנוּ מְצִיאָה מִמְּצִיאָה, וּמְצִיאָה מֵחִיפּוּשׂ, וְחִיפּוּשׂ מֵחִיפּוּשׂ, וְחִיפּוּשׂ מִנֵּרוֹת, וְנֵרוֹת מִנֵּר.

À la lumière du ner, etc. D'où ces paroles ?

Rav Hisda à dit : nous avons appris metzia de metzia, metzia de hippous, hippous de hippous, hippous de nerot, et nerot de ner.

📜 Rachi (3)
לָמַדְנוּ מְצִיאָה הָאֲמוּרָה בְּחָמֵץ מִמְּצִיאָה הָאֲמוּרָה בְּגָבִיעַ דְּבִנְיָמִין:
Nous avons appris la metzia dite au sujet du hametz, de la metzia dite au sujet de la coupe de Binyamin.
וּמְצִיאָה מֵחִיפּוּשׂ כְּלוֹמַר וְאוֹתָהּ מְצִיאָה שֶׁל בִּנְיָמִין מֵחִיפּוּשׂ הָאָמוּר אֶצְלָהּ דְּמַה מְצִיאָה שֶׁל גָּבִיעַ ע"י חִיפּוּשׂ אַף מְצִיאַת חָמֵץ ע"י חִיפּוּשׂ:
Et la metzia, du hippous. C'est-à-dire : cette metzia de Binyamin, du hippous dit à côté d'elle. De même que la metzia de la coupe se fait par un hippous, de même la metzia du hametz se fait par un hippous.
וְחִיפּוּשׂ מֵחִיפּוּשׂ וְחִיפּוּשׂ מִנֵּרוֹת לְאַחַר שֶׁלָּמַדְתָּ שֶׁהִיא ע"י חִיפּוּשׂ חֲזֹור וְלִמּוּד זֶה הַחִיפּוּשׂ מֵחִיפּוּשׂ שֶׁכָּתוּב בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁהוּא בְּנֵרוֹת כְּדִכְתִיב בָּעֵת הַהִיא אֲחַפֵּשׂ אֶת יְרוּשָׁלִַים בַּנֵּרוֹת:
Et hippous de hippous, et hippous de nerot. Après avoir appris que c'est par un hippous, reviens apprendre ce hippous du hippous écrit au sujet de Yerouchalayim, lequel se fait aux nerot, comme il est écrit : en ce temps-la je fouillerai Yerouchalayim aux lampes.
🗂️ Tossefot (1)
וְנֵרוֹת מִנֵּר וְקָשֶׁה דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר חִיפּוּשׂ מִנֵּר וְלֹא נֵרוֹת מִנֵּר וי"ל דְּחִיפּוּשׂ לָא קָאֵי אַנֵּר לְכָךְ יֵשׁ לְפָרֵשׁ דְּיָלֵיף חִיפּוּשׂ דְּנֵר מֵחִיפּוּשׂ דִּירוּשָׁלַיִם שֶׁהִיא בְּנֵרוֹת וְאוֹתָן נֵרוֹת מִנֵּר וְאָתֵי שַׁפִּיר דְּהַשְׁתָּא צָרִיךְ לַאֲתוּיֵי קְרָא דְּחִיפּוּשׂ נֵרוֹת וְלָא סַגִּי בִּקְרָא דְּנֵר ה' נִשְׁמַת אָדָם וְגוֹ':
Et nerot, de ner. Difficulté : la formule attendue était hippous, de ner. Il à dit : nerot, de ner. On peut répondre : le hippous ne porte pas sur le ner. Il faut donc expliquer qu'il apprend le hippous du ner à partir du hippous de Yerouchalayim, lequel se fait aux nerot, et ces nerot à partir du ner. Cela se tient : il à besoin d'apporter le verset du hippous aux nerot, et le verset ner Hachem nishmat adam, etc., ne suffit pas à lui seul.
⚖️ Rosh (1)
בּוֹדְקִין אֶת הֶחָמֵץ לְאוֹר הַנֵּר כו' מִפְּנֵי שֶׁאוֹר הַנֵּר יָפֶה לַבְּדִיקָה. ת"ר אֵין בּוֹדְקִין לֹא לְאוֹר הַחַמָּה וְלֹא לְאוֹר הַלְּבָנָה וְלֹא לְאוֹר הָאֲבוּקָה אֶלָּא לְאוֹר הַנֵּר מִפְּנֵי שֶׁאוֹר הַנֵּר יָפֶה לַבְּדִיקָה אע"פ שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר זֵכֶר לַדָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹור לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם וְאוֹמֵר וַיְחַפֵּשׂ בַּגָּדוֹל הֵחֵל וּבַקָּטֹן כִּלָּה וַיִּמָּצֵא וְאוֹמֵר בָּעֵת הַהִיא אֲחַפֵּשׂ אֶת יְרוּשָׁלִַים בַּנֵּרוֹת וְאוֹמֵר נֵר ה' נִשְׁמַת אָדָם חֹופֵשׂ. וְאַכְסַדְרָה דִּנְפִישָׁא נְהוֹרָא נִבְדֶּקֶת לְאוֹרָהּ אִם הָיָה טָרוּד וְלֹא בָּדַק בַּלַּיְלָה כִּדְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי הֵל' א וְכִי יֵשׁ חַמָּה בַּלַּיְלָה תִּיפָּתֵר בְּשֶׁלֹּא בָּדַק כְּדִתְנַן לֹא בָּדַק אוֹר אַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדֵק אַרְבָּעָה עָשָׂר שַׁחֲרִית הָדָא אָמַר אֲפִילּוּ בַּיּוֹם צָרִיךְ לִבְדֹּוק לְאוֹר הַנֵּר וַאֲפִילּוּ בְּבַיִת שֶׁיֵּשׁ בּוֹ אוֹרָה. וְלֹא לְאוֹר הָאֲבוּקָה ואע"ג דַּאֲבוּקָה נְפִישׁ נְהוֹרָא דִּידָּה דְּאָמַר רָבָא אֲבוּקָה לְהַבְדָּלָה מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר אֲפִילּוּ הָכֵי אֵין בּוֹדְקִין לְאוֹרָהּ מִפְּנֵי שֶׁאֵין יָכוֹל לְהַכְנִיסוֹ לְחוֹרִין וְלִסְדָקִין וְגַם מִשּׁוּם דְּבָעֵית שֶׁמָּא יִשְׂרֹוף הַבַּיִת וְנָהֲגוּ בְּאַשְׁכְּנַז שֶׁאֵין בּוֹדְקִין אֶלָּא בְּנֵר שֶׁל שַׁעֲוָה אֲבָל לֹא בְּנֵר שֶׁל חֵלֶב שֶׁהוּא יָרֵא שֶׁמָּא יַטִּיף עַל הַכֵּלִים וְגַם לֹא בְּנֵר שֶׁל שֻׁומָּן שֶׁהוּא יָרֵא שֶׁמָּא יַטִּיף עַל כְּלֵי הַחֵלֶב וְגַם לֹא בְּנֵר שֶׁל שֶׁמֶן שֶׁהוּא מִתְייָרֵא שֶׁמָּא יַטִּיף עַל הַבְּגָדִים וִיטַנְּפֵם וְגַם אֵין יָכוֹל לְהַכְנִיסוֹ לְחוֹרִין וְלִסְדָקִין.
On vérifie le hametz à la lumière du ner, etc., parce que la lumière du ner est bonne pour la bedika. Les Sages ont enseigné : on ne vérifie ni à la lumière du soleil, ni à la lumière de la lune, ni à la lumière de l'abouka, mais à la lumière du ner, parce que la lumière du ner est bonne pour la bedika. Bien qu'il n'y ait pas de preuve de la chose, il y a un zecher de la chose, comme il est dit : sept jours, du levain ne se trouvera pas dans vos maisons. Et il dit : il fouilla, en commençant par l'aîné et en finissant par le plus jeûne, et il trouva. Et il dit : en ce temps-la je fouillerai Yerouchalayim aux lampes. Et il dit : ner Hachem, nishmat adam, fouille. Une eksedra dont la lumière est abondante se vérifie à sa propre lumière, s'il était occupé et n'a pas vérifié la nuit, comme il est dans le Yerushalmi, halakha 1. Y a-t-il du soleil la nuit ? Le cas se résout ainsi : il n'a pas vérifié, comme la michna enseigné : s'il n'a pas vérifié le soir du quatorze, il vérifie le quatorze au matin. Cela enseigne : même de jour, il faut vérifier à la lumière du ner, même dans une maison où il y a de la lumière. Et non à la lumière de l'abouka. La lumière de l'abouka est abondante, et Rava à dit : une abouka pour la havdala est la mitsva choisie. Même ainsi, on ne vérifie pas à sa lumière, parce qu'on ne peut pas l'introduire dans les trous et les fentes, et aussi parce qu'on craint de brûler la maison. En Ashkenaz, l'usage est de ne vérifier qu'avec un ner de cire. Pas avec un ner de suif : on craint qu'il ne goutte sur les ustensiles. Pas avec un ner de graisse : on craint qu'il ne goutte sur les ustensiles de lait. Pas avec un ner d'huile : on craint qu'il ne goutte sur les vêtements et les salisse, et on ne peut pas non plus l'introduire dans les trous et les fentes.
💡 Explication

Retour à la michna : or ha-ner. Rav Hisda construit une chaîne. Metzia du hametz (Shemot 12, 19) s'apprend de la metzia de la coupe de Binyamin. Cette metzia est collée au hippous du même verset. Ce hippous s'apprend du hippous de Yerouchalayim, fait be-nerot. Nerot s'apprend d'un ner unique.

Tossefot : dire hippous de ner aurait mieux collé. Le hippous du verset de Mishlei ne porte pas sur le mot ner. Il faut donc le verset des nerot, puis le ner unique. Le Roch ajoute la pratique : trous et fentes, crainte du feu, et le minhag d'Ashkenaz, ner de cire.

14
מְצִיאָה מִמְּצִיאָה — כְּתִיב הָכָא: ״שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹר לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיְחַפֵּשׂ בַּגָּדוֹל הֵחֵל וּבַקָּטֹן כִּלָּה וַיִּמָּצֵא״. וּמְצִיאָה מֵחִיפּוּשׂ דִּידֵיהּ.

Metzia de metzia : il est écrit ici : Sept jours, du levain ne se trouvera pas dans vos maisons. Et il est écrit la-bas : Il fouilla, en commençant par l'aîné et en finissant par le plus jeûne, et il trouva.

Et la metzia, de son propre hippous.

💡 Explication

Premier maillon, écrit. Lo yimatse du hametz (Shemot 12, 19) et va-yimatse de la coupe (Bereshit 44, 12) : gezera shava sur la trouvaille. Dans ce second verset, le hippous et la metzia se suivent : la trouvaille du hametz passe donc, elle aussi, par une fouille.

15
וְחִיפּוּשׂ מִנֵּרוֹת, דִּכְתִיב: ״בָּעֵת הַהִיא אֲחַפֵּשׂ אֶת יְרוּשָׁלִַים בַּנֵּרוֹת״, וְנֵרוֹת מִנֵּר, דִּכְתִיב: ״נֵר (אֱ-לֹהִים) [ה׳] נִשְׁמַת אָדָם חֹפֵשׂ כָּל חַדְרֵי בָטֶן״.

Et le hippous, des nerot, car il est écrit : En ce temps-la, je fouillerai Yerouchalayim aux lampes. Et les nerot, du ner, car il est écrit : Un ner de Hachem, l'âme de l'homme, fouille toutes les chambres du ventre.

📜 Rachi (1)
וְנֵרוֹת מִנֵּר דִּכְתִיב בְּנֵר יְחִידִי נֵר (אֱ-לֹהִים) נִשְׁמַת אָדָם חֹופֵשׂ כָּל חַדְרֵי בָטֶן וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ הָא לָמָּה לִי:
Et les nerot, du ner. Car il est écrit au sujet d'un ner unique : un ner de Hachem, l'âme de l'homme, fouille toutes les chambres du ventre. Plus loin, on explique pourquoi ce verset est requis.
💡 Explication

Deuxième maillon. Le hippous de la coupe s'apprend du hippous de Yerouchalayim be-nerot (Tsephania 1, 12). Nerot, pluriel, s'apprend d'un ner au singulier (Mishlei 20, 27), qui fouille toutes les chambres intérieures : une bedika qui va jusqu'au fond.

Rachi annonce la suite : ce dernier verset à un rôle propre, que la Guemara va dire. Le verset de Tsephania, à lui seul, pourrait se lire autrement.

16
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: לֵילֵי אַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹדְקִים אֶת הֶחָמֵץ לְאוֹר הַנֵּר. אַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹר לֹא יִמָּצֵא״, וְאוֹמֵר: ״וַיְחַפֵּשׂ בַּגָּדוֹל הֵחֵל וּבַקָּטֹן כִּלָּה״, וְאוֹמֵר: ״בָּעֵת הַהִיא אֲחַפֵּשׂ אֶת יְרוּשָׁלִַים בַּנֵּרוֹת״, וְאוֹמֵר: ״נֵר (אֱ-לֹהִים) [ה׳] נִשְׁמַת אָדָם חַפֵּשׁ״.

On a enseigné dans la maison de Rabbi Yishmael : la nuit du quatorze, on vérifie le hametz à la lumière du ner. Bien qu'il n'y ait pas de preuve de la chose, il y a un zecher de la chose.

Car il est dit : Sept jours, du levain ne se trouvera pas. Et il dit : Il fouilla, en commençant par l'aîné et en finissant par le plus jeûne.

Et il dit : En ce temps-la, je fouillerai Yerouchalayim aux lampes. Et il dit : Un ner de Hachem, l'âme de l'homme, fouille.

📜 Rachi (1)
זֵכֶר לַדָּבָר כִּדְפָרְשִׁינַן וְהַשְׁתָּא מְפָרֵשׁ קְרָאֵי הֵיכָא וּרְאָיָה מַמָּשׁ לֵיתָא אֶלָּא אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא דְּדִבְרֵי תּוֹרָה מִדִּבְרֵי קַבָּלָה נִינְהוּ:
Zecher la-davar : comme nous l'avons expliqué. Et maintenant il situe les versets. Une preuve au sens strict, il n'y en a point : une asmakhta seulement. Car des paroles de Torah sont ici tirées de paroles de kabbala (Prophètes et Écrits).
💡 Explication

La baraita de la maison de Rabbi Yishmael reprend la même chaîne, et elle la qualifie : zecher la-davar, une allusion, et non une preuve qui tiendrait seule. Rachi : asmakhta. Le verset de Torah (le hametz) est appuyé sur des versets de Neviim et de Ketouvim.

17
מַאי ״וְאוֹמֵר״?

Que vient faire ce ve-omer (et il dit) ?

💡 Explication

Le dernier ve-omer, celui de Mishlei, semble de trop. Le verset de Tsephania dit déjà : je fouillerai aux lampes. Pourquoi ajouter le ner de l'âme ?

18
וְכִי תֵּימָא: הַאי ״בָּעֵת הַהִיא״ — קֻולָּא הוּא דְּקָאָמַר רַחֲמָנָא: לָא בָּדֵיקְנָא לַהּ בִּירוּשָׁלַיִם בִּנְהוֹרָא דַאֲבוּקָה — דִּנְפִישׁ נְהוֹרָא טוּבָא, אֶלָּא בִּנְהוֹרָא דִּשְׁרָגָא — דְּזוּטָר נְהוֹרָא טְפֵי, דְּעָוֹן רַבָּה מִשְׁתְּכַח וְעָוֹן זוּטַר לָא מִשְׁתְּכַח, תָּא שְׁמַע: ״נֵר ה׳ נִשְׁמַת אָדָם״.

Et si tu dis : ce en ce temps-la, c'est une koula que dit le Miseriordieux : je ne fouille pas Yerouchalayim à la lumière d'une abouka, dont la lumière est très grande, mais à la lumière d'une sheraga, dont la lumière est plus petite, de sorte qu'une grande faute se trouve, et qu'une petite faute ne se trouve pas. Viens entendre : Un ner de Hachem, l'âme de l'homme.

📜 Rachi (2)
קֻולָּא הוּא דְּאַקִּיל רַחֲמָנָא גַּבֵּי יְרוּשָׁלַיִם דְּלָא נִבְדָּקֶיהָ בַּאֲבוּקָה אֶלָּא בְּאוֹר קָטָן הִילְכָּךְ לָא יָלְפִינַן חָמֵץ מִינֵּיהּ לְהָקֵל:
C'est une koula. Le Miseriordieux allégerait pour Yerouchalayim : Il ne la fouillerait pas à l'abouka, mais à une petite lumière. Dès lors, on n'apprend pas le hametz de ce verset pour alléger.
תָּא שְׁמַע מֵהַאי קְרָא דִּבְדִיקָה מְעַלַּיְיתָא הִיא דִּכְתִיב חֹופֵשׂ כָּל חַדְרֵי בָטֶן:
Viens entendre. De ce verset : c'est une bedika excellente, car il est écrit : fouille toutes les chambres du ventre.
🪔 Ben Yehoyada (2)
בִּנְהוֹרָא דַּאֲבוּקָה, דִּנְפִישׁ נְהוֹרֵיהּ טוּבָא וְכוּ'.. נִרְאֶה לִי בס"ד ' נְהוֹרָא דַּאֲבוּקָה ' רוֹצֶה לוֹמַר בְּעֵרֶךְ הַיְּצִירָה וְהַבְּרִיאָה ' וּנְהוֹרָא דִּשְׁרָגָא ' בְּעֵרֶךְ הָעֲשִׂיָּה. וְאוֹמְרוֹ עָוֹן רַבָּה מִשְׁתַּכֵּחַ, וְעָוֹן זוּטַר לָא מִשְׁתְּכַח יוּבָן עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל פָּסוּק 'הַגֵּד לְעַמִּי פִּשְׁעָם וּלְבֵית יַעֲקֹב חַטָּאתָם' (יְשַׁעְיָהוּ נח, א) דְּהַגְּדוֹלִים נֶחְשָׁב לָהֶם הַשּׁוֹגֵג לְזָדוֹן וְהַקְּטַנִּים הַזָּדוֹן לְשׁוֹגֵג. וְהָא דִּמְכַנֶּה בְּדִיקַת הָעֲוֹנוֹת כִּבְדִיקַת אוֹר הַנֵּר, נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי הָעֲוֹנוֹת הֵם שְׁלֹשָׁה חֲלוּקוֹת שֶׁהֵם בְּכַוָּונָה וְדִבּוּר וּמַעֲשֶׂה שֶׁהֵם כְּנֶגֶד נר"ן [נֶפֶשׁ, רוּחַ, נְשָׁמָה] .
À la lumière de l'abouka, dont la lumière est très grande, etc. Il me semble, avec l'aide du Ciel : lumière de l'abouka veut dire selon l'ordre de la yetsira et de la beria, et lumière de la sheraga selon l'ordre de l'assiya. Et ce qu'il dit : une grande faute se trouve, et une petite faute ne se trouve pas, se comprend d'après ce que nos maîtres ont dit sur le verset Fais connaître à Mon peuple leur transgression, et à la maison de Yaakov leur péché (Yeshaya 58, 1) : pour les grands, le shogeg leur est compté comme zadon, et pour les petits, le zadon comme shogeg. Et ce qu'il compare la fouille des fautes à la fouille à la lumière du ner : il me semble, avec l'aide du Ciel, que les fautes sont trois parts, kavana, parole et acte, lesquelles correspondent à nefech, roua'h et nechama.
מַאי 'וְאוֹמֵר'? וְכִי תֵּימָא: הַאי "בְּעֵת הַהִיא", קֻולָּא הוּא דְּקָאָמַר. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּהוּא הַדִּין דַּהֲוָה מָצֵי לְתָרוּצֵי דְּעַל פָּסוּק 'אֲחַפֵּשׂ אֶת יְרוּשָׁלַיִם בַּנֵּרוֹת' (צְפַנְיָה א, יב) יֵשׁ לְהָשִׁיב מְנָא לֵיהּ דְּסַגִּי בְּנֵר אֶחָד מֵאַחַר דִּכְתִיב 'נֵרוֹת' וּמִעוּט רַבִּים שְׁנַיִם, אֲבָל בְּנֵר אֶחָד אָמֵינָא לָךְ דְּלָא הָוֵי חֲפֹושׂ כַּהֹוגֶן, לְכָךְ הֵבִיא פָּסוּק 'נֵר ה' נִשְׁמַת אָדָם' (מִשְׁלֵי כ, כז) דִּכְתִיב נֵר יְחִידִי, וְקָאָמַר 'חַפֵּשׁ כָּל חַדְרֵי בֶּטֶן'. וּבָזֶה נִיחָא לְתָרֵץ קֻושְׁיַת הַתּוֹס' זַ"ל דְּהִקְשׁוּ דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר חֲפֹושׂ מִנֵּר יְעַייֵּן שָׁם, דְּיֵשׁ לְהַקְשׁוֹת דַּח' דְּאָמַר נְיָרוֹת כָּךְ כַּוָּנָתוֹ דְּפָסוּק שֶׁל נְיָרוֹת אֵינוֹ מַסְפִּיק וְצָרִיךְ לִלְמֹוד מִפָּסוּק שֶׁל נֵר דְּנָקֵיט נֵר יְחִידִי וּכְתִיב בֵּיהּ חִיפּוּשׂ וְיָלְפִינַן חִיפּוּשׂ דְּעָלְמָא בְּחָמֵץ וְכַיּוֹצֵא סַגִּי בְּנֵר אֶחָד.
Que signifie ve-omer ? Et si tu dis : ce en ce temps-la est une koula qu'Il énonce. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il aurait pu répondre ainsi : sur le verset Je fouillerai Yerouchalayim aux lampes (Tsephania 1, 12), on réplique : d'où sait-on qu'un seul ner suffit, puisqu'il est écrit lampes, et que le minimum d'un pluriel est deux ? Avec un seul ner, je dirais que la fouille n'est pas régulière. C'est pourquoi il apporte le verset ner Hachem, nishmat adam (Mishlei 20, 27), où est écrit un ner unique, et il dit : fouille toutes les chambres du ventre. Par la se résout la difficulté des Tossefot, qui ont objecté qu'il aurait dû dire : hippous, du ner. Vois la-bas. On peut interroger ce qu'il à dit, nerot : telle est l'intention. Le verset des nerot ne suffit pas. Il faut apprendre du verset du ner, qui prend un ner unique, et où la fouille est écrite. On apprend qu'une fouille en général, pour le hametz et ce qui lui ressemble, se fait avec un seul ner.
💡 Explication

Le verset de Tsephania pourrait être une koula : une petite lampe, pour que la grande faute paraisse et que la petite reste cachée. On n'en apprendrait pas une bedika du hametz qui aille au fond. Rachi : ce verset, lu ainsi, ne sert pas à alléger la bedika.

Ta chema : Mishlei 20, 27. Le ner fouille toutes les chambres du ventre. C'est une bedika meleia. Le ner du hametz est donc celui d'une fouille complète. Le Ben Yehoyada lit abouka et sheraga sur les olamot, beria, yetsira, assiya, et les fautes sur nefech, roua'h, nechama.

🖼️ Schéma
Tsephania : koula, où fouille complète ? Lecture écartée Abouka : lumière large Sheraga : lumière étroite Grande faute trouvée Petite faute laissée Mishlei 20, 27 Un seul ner Hofesh kol hadrei baten Bedika meleia On apprend le hametz de la
Tsephania lu comme une koula laisserait les petites fautes. Mishlei montre une fouille complète, au ner unique.
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תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין בּוֹדְקִין לֹא לְאוֹר הַחַמָּה, וְלֹא לְאוֹר הַלְּבָנָה, וְלֹא לְאוֹר הָאֲבוּקָה, אֶלָּא לְאוֹר הַנֵּר,

Les Sages ont enseigné : on ne vérifie ni à la lumière du soleil, ni à la lumière de la lune, ni à la lumière de l'abouka, mais à la lumière du ner,

💡 Explication

La baraita pose la halakha pratique. Trois lumières sont écartées : hamma, levana, abouka. La bedika se fait au ner. La phrase continue au daf suivant : la lumière du ner est celle qui convient à la fouille.

🖼️ Schéma
À quelle lumière fait-on la bedika ? Soleil on ne vérifie pas Lune on ne vérifie pas Abouka on ne vérifie pas Ner c'est la bedika
Soleil, lune et torche sont écartés. La bedika du hametz se fait au ner.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).