Sougya : La baraita achรจve la raison du ner : sa lumiรจre convient ร la bedika, et les versets n'en sont qu'un zecher. La Guemara รฉcarte le soleil, sauf les cรดtรฉs d'une chambre รฉclairรฉe par une arouba, puis l'abouka, malgrรฉ une lumiรจre plus forte : quatre Amoraim en donnent la raison.
Le mot kol de la michna inclut les trous hauts et bas, certains toits, l'รฉtable et les rรฉservรฉs. Deux baraitot, sur les trous et sur le lit, sont accordรฉes.
Le vin puise en cours de repas se vรฉrifie, l'huile non, faute d'une mesure fixe. On n'enfoncรฉ pas la main dans un รฉboulis ร cause du scorpion, tant qu'un chien peut encore atteindre le hametz.
Rav Ashi : une aiguille perdue retire la protection des sheluhei mitsva.
Parce que la lumiรจre du ner convient ร la bedika. Bien qu'il n'y ait pas de preuve de la chose, il y a un zecher (allusion) de la chose, comme il est dit : Sept jours, du seor ne se trouvera pas dans vos maisons.
Et il dit : Il fouilla, en commenรงant par l'aรฎnรฉ. Et il dit : En ce temps-la, je fouillerai Yerouchalayim aux nerot.
Et il dit : Un ner de Hachem, l'รขme de l'homme, fouille toutes les chambres du ventre.
La baraita, ouverte ร la fin de 7b, donne ici sa raison : la lumiรจre du ner convient ร la bedika. Les quatre versets sont un zecher, une allusion, et la baraita le dit elle-mรชme : il n'y a pas de preuve.
Rachi renvoie plus loin : l'avantage du ner sur l'abouka sera dit par les quatre Amoraim. Le Roch fixe l'usage : mรชme de jour, dans une maison dรฉjร claire, le ner reste requis, sauf l'akhsadra ร lumiรจre abondante quand la bedika de nuit ร รฉtรฉ manque. En Ashkenaz, le ner de bedika est un ner de cire.
Cette lumiรจre du soleil, de quel cas s'agit-il ? Si tu dis : dans une cour, Rava ร dit : une cour n'a pas besoin de bedika, parce que les corbeaux s'y trouvent.
Alors, dans une akhsadra ? Rava ร dit : une akhsadra se vรฉrifie ร sa propre lumiรจre !
La baraita รฉcarte la lumiรจre du soleil. Deux cas oรน cette lumiรจre pourrait servir tombent : la cour, que les corbeaux dispensent de bedika, et l'akhsadra (portique), que l'on vรฉrifie de jour ร sa propre lumiรจre, sans ner.
Cela ne vise que l'arouba d'une chambre. Et oรน ?
Si c'est en face de l'arouba, c'est une akhsadra. Alors, sur les cรดtรฉs.
Le soleil รฉcarte par la baraita vise une arouba, une ouverture au toit d'une chambre. En face du trou, la lumiรจre est celle d'une akhsadra : le jour suffit. Sur les cรดtรฉs, cette lumiรจre n'atteint pas, et le ner reste requis.
Et l'abouka, non ? Rava ร dit : que signifie ce qui est รฉcrit : Une clartรฉ comme la lumiรจre sera, des rayons de Sa main pour lui, et la se cache Sa force.
ร quoi les tsaddikim sont-ils comparables devant la Chekhina ? ร un ner devant l'abouka.
Et Rava ร dit : une abouka pour la havdala, c'est la mitsva la plus choisie !
L'abouka รฉclaire plus qu'un ner. Rava le dit deux fois : devant la Chekhina, les tsaddikim sont un ner devant une torche, et pour la havdala l'abouka est la mitsva la plus choisie. La question reste : pourquoi la bedika refuse-t-elle cette lumiรจre ?
Rachi lit Habakouk 3, 4 sur la lumiรจre ร venir, ร la mesure des sept jours du commencement. Le visage des tsaddikim rayonnera de ce rayonnement, et restera ร Sa lumiรจre comme le ner ร l'abouka. Le Ben Yehoyada borne la comparaison ร la mesure que chaque crรฉature peut saisir. L'essence de la lumiรจre de la Chekhina reste hors de toute ressemblance. Le verset d'Hoshea, par la main des prophรจtes Je serai ressemble, vise cette mesure rรฉvรฉlรฉe, et le Zohar (II, 42b) : chacun selon son aspect.
Rav Nahman bar Yitshak ร dit : celui-ci, on peut l'introduire dans les trous et les fentes, et celui-lร , on ne peut pas l'introduire dans les trous et les fentes. Rav Zevid ร dit : celui-ci, sa lumiรจre est devant lui, et celui-lร , sa lumiรจre est derriรจre lui.
Rav Papa ร dit : celui-ci, on craint, et celui-lร , on ne craint pas. Ravina ร dit : celui-ci, sa lumiรจre se prolonge, et celui-lร , elle s'interrompt sans cesse.
Quatre rรฉponses, et la halakha n'en choisit pas une seule. Rav Nahman bar Yitshak : le ner entre dans les horin et les sedakin, l'abouka non. Rav Zevid : le ner รฉclaire devant soi, l'abouka รฉclaire derriรจre celui qui la tient. Rav Papa : devant l'abouka on craint l'incendie, et l'esprit quitte la bedika. Ravina : le ner tient une flamme stable, l'abouka saute et se coupe. Rachi rattache ce verbe ร Iyov 30, ceux qui cueillent le mauve.
Chez Rav Nahman, Rav Zevid et Ravina, le premier terme est le ner. Chez Rav Papa, le premier terme est l'abouka, celle qui fait craindre le feu. Rachi le dit sur la flamme du ner : elle dure en un seul endroit.
Tout endroit oรน l'on n'introduit pas, etc. Tout endroit, pour inclure quoi ?
Pour inclure ce qu'ont enseignรฉ les Sages : les trous de la maison, les hauts et les bas, le toit de la yatsia, le toit du migdal, l'รฉtable ร bรฉtail, les poulaillers, le grenier ร paille, les rรฉservรฉs de vin et les rรฉservรฉs d'huile, n'ont pas besoin de bedika. Rabban Shimon ben Gamliel dit : un lit qui divise ร l'intรฉrieur de la maison et qui sรฉpare ร besoin de bedika.
Le kol de la michna, tout endroit oรน l'on n'apporte pas de hametz, inclut une liste : trous trop hauts oรน trop bas, toit en pente de la yatsia (appentis), toit du migdal (l'intรฉrieur de l'armoire se vรฉrifie, le toit non), รฉtable, poulailler, paille, vin, huile. La oรน l'usage du hametz n'a pas de place, la bedika tombe.
Rabban Shimon ben Gamliel : un lit dresse comme cloison, avec un espace sous les pieds, ร besoin de bedika. Rachi lit cela sur l'espace du dessous. Tossefot : le mot qui divise vise un lit de mur ร mur. Le cรดtรฉ intรฉrieur, celui oรน l'on ne passe qu'en se baissant oรน en montant, est dispensรฉ. Le Yerushalmi et la Tossefta parlent du cรดtรฉ extรฉrieur, que l'on vรฉrifie, et du cรดtรฉ intรฉrieur, que l'on laisse.
On oppose : un trou entre un homme et son prochain, celui-ci vรฉrifie jusqu'oรน sa main atteint, et celui-lร vรฉrifie jusqu'oรน sa main atteint, et le reste, il l'annule dans son cลur. Rabban Shimon ben Gamliel dit : un lit qui divise ร l'intรฉrieur de la maison, des bois et des pierres rangรฉs dessous, et qui sรฉpare, n'a pas besoin de bedika.
Deux contradictions. Les trous entre deux maisons se vรฉrifient jusqu'ร la main, puis bitoul ba-lev. La premiรจre baraita dispensait les trous. Le lit de Rabban Shimon ben Gamliel, ici avec bois et pierres dessous, n'a pas besoin de bedika. La premiรจre baraita le soumettait ร la bedika.
Le Roch ajoute le trou entre un Juif et un Aramรฉen. Pelimo dispense toute la bedika de ce trou : le nokhri peut y voir des keshafim. La oรน le dommage est frรฉquent, la rรจgle des sheluhei mitsva ne couvre pas, et l'on suit Pelimo.
Difficultรฉ d'un lit ร un lit. Difficultรฉ de trous ร des trous !
La Guemara nomme les deux tensions. Sur les trous, Rachi prรฉcise : la seconde baraita les soumet ร la bedika, la premiรจre les en dispense.
Trous contre trous, il n'y a pas de difficultรฉ : l'un vise les hauts et les bas, l'autre le milieu. Lit contre lit, il n'y a pas de difficultรฉ : l'un vise celui qui est surรฉlevรฉ, l'autre celui qui est bas.
La rรฉponse sรฉpare les cas. Trous ilaei et tataei : trop hauts oรน trop bas, pas de bedika. Trous emtsaei : ร hauteur d'usage, chacun vรฉrifie jusqu'ร sa main. Lit midla : haut, on s'en sert dessous, bedika. Lit mitata : bas, l'espace ne sert pas, pas de bedika.
Et les rรฉservรฉs de vin n'ont pas besoin de bedika ?! On a enseignรฉ : les rรฉservรฉs de vin ont besoin de bedika, les rรฉservรฉs d'huile n'ont pas besoin de bedika !
Ici, de quoi s'agit-il ? De celui qui s'approvisionne.
S'il en est ainsi, l'huile aussi !
Une autre baraita exige la bedika des rรฉservรฉs de vin, et dispense l'huile. La premiรจre visait un cellier oรน l'on ne puise pas pendant le repas. Mistapek : on y prend de quoi remplir la table. Le serviteur peut y entrer le pain ร la main. L'objection : l'huile puisรฉe de la mรชme faรงon devrait suivre.
L'huile : il y a une mesure fixe pour le repas. Le vin : il n'y a pas de mesure fixe pour la boisson.
Le critรจre est le keva, la mesure fixe. L'huile du repas se calcule d'avance. Le vin varie d'un repas ร l'autre. On peut donc entrer au cellier en cours de seoudah, et y porter du pain.
Rabbi Hiya ร enseignรฉ : on a rendu les rรฉservรฉs de shekhar en Babylonie comme les rรฉservรฉs de vin en Erets Israรซl, pour celui qui s'approvisionne.
En Babylonie, le shekhar (biรจre) tient la place du vin d'Erets Israรซl. La oรน l'on en puise pendant le repas, la rรฉserve se vรฉrifie.
Rav Hisda ร dit : une maison de poissons n'a pas besoin de bedika. On a enseignรฉ : elles ont besoin de bedika !
Il n'y a pas de difficultรฉ : l'un vise les gros, l'autre les petits.
Mรชme partage que l'huile et le vin. Les rabrabei, gros poissons, se comptent d'avance. Les zutrei, petits, ne se laissent pas estimer : on retourne ร la rรฉserve en cours de repas.
Rabba bar Rav Houna ร dit : une maison de sel et une maison de cire ont besoin de bedika. Rav Papa ร dit : une maison de bois et une maison de dattes ont besoin de bedika.
Milha (sel) et kira (cire, pour les nerot) manquent en cours de repas : on y va. Tziva (bois) et tamrei (dattes) suivent, dit Rav Papa, pour la mรชme raison.
On a enseignรฉ : on ne l'oblige pas ร introduire sa main dans les trous et les fentes pour vรฉrifier, ร cause du danger. Quel danger ?
Si tu dis : ร cause du danger d'un scorpion, quand il s'en sert, comment s'en sert-il ? Cela ne vise que le cas oรน c'est tombรฉ.
La tosefta dispense d'enfoncer la main dans les trous, mipnei ha-sakana. Un scorpion dans un trou dont on se sert dรฉjร ne tient pas : on s'en est servi. Le cas vise est un mur tombe. On a usรฉ des trous quand il tenait. Dans le tas, les scorpions ont leur place. On regarde. On n'y met pas la main.
S'il est tombรฉ, pourquoi me faut-il une bedika ? Nous avons appris : du hametz sur lequel une mappolet est tombรฉe, le voici comme รฉlimine !
La-bas, c'est quand le chien ne peut pas fouiller ร sa suite. Ici, c'est quand le chien peut fouiller ร sa suite.
La michna du chapitre 2 : du hametz sous une mappolet est ke-mevoar, tenu pour รฉlimine. Rachi, au nom de Rabbi Shimon : la fouille du chien est de trois tefahim. En dessous, le chien n'atteint plus, et le hametz est comme brรปle. Au-dessus, il peut le sortir, et la bedika ร un objet.
Tossefot, le Ri : la oรน le hametz est certain, on engage des ouvriers, pioche et hache, et le scorpion ne dispense pas. Ici le hametz du tas n'est pas connu. On dispense d'y mettre la main, ร cause du danger, et l'on ne va pas jusqu'ร cette peine.
Or Rabbi Elazar ร dit : les envoyรฉs d'une mitsva ne sont pas atteints ! Rav Ashi ร dit : de peur qu'une aiguille ne se perde pour lui, et qu'il en vienne ร la chercher.
Rabbi Elazar : les sheluhei mitsva ne subissent pas de dommage pendant la mitsva. La bedika devrait donc couvrir le danger du scorpion. Rav Ashi : une aiguille ร pu se perdre au mรชme endroit. En la cherchant avec le hametz, il vise aussi son affaire. Rachi : cette intention le sort du statut d'envoyรฉ de mitsva.
Et un cas de cette sorte n'est-il pas une mitsva ?! On a enseignรฉ : celui qui dit : ce sela pour la tsedaka, afin que mon fils vive, oรน : afin que je sois un fils du monde ร venir,
La question reste ouverte sur ce daf : viser ร la fois la mitsva et son besoin propre laisse-t-il le statut de mitsva ? La baraita du sela donne ร la tsedaka pour que le fils vive, oรน pour รชtre ben olam ha-ba, continue au daf suivant.
Rachi lit la question sur le ton de l'รฉtonnement : celui qui vise la mitsva et son besoin reste un envoyรฉ de mitsva. Le Ben Yehoyada distingue la vie du fils, besoin du monde ร venir parce que le fils fera mรฉriter le pรจre, et une demande pour soi, besoin de ce monde. La suite de la glose, marquรฉe 22b, porte sur le derach du mot et dans Tu craindras ื' ton ืึฑ-ืึนืึดืื : pรจre et mรจre, Mikdash, ange Metat, talmidei hakhamim, service du rav.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).