Pesachim 51b — Sefihim de kerouv, et le voyageur qui change de minhag

Pesachim 51b

Sougya : L'amoud ouvre sur la fin du récit de Rabbi Yo'hanan ben Elazar : dans un jardin, Rabbi Chimon ben Rabbi Yosse ben Lakonya mange des sefihim de kerouv et n'autorise l'élève qu'en sa présence. La Guemara identifie ce Rabbi Chimon : tous les sefihim sont interdits, sauf le kerouv, et les Hakhamim les interdisent tous.

Les deux avis suivent Rabbi Akiva, qui lit le verset hen lo nizra. Leur mahloket est une gezera.

La page revient ensuite à la michna du voyageur, la veille de Pessa'h : Abaye rattache al yeshane à la reisha, Rava à la seifa, car rester sans travail ne fait pas mahloket. La dernière ligne ouvre, sans la conclure, la question de Rav Safra sur la keviuta de-yarha.

Sur qui s'appuyer pour manger les sefihim de kerouv Récit de Rabbi Yo'hanan ben Elazar, suite de 51a Rabbi Chimon ben Yohai Il a mangé kedei hu On s'appuie sur lui devant lui et sans lui Ben Lakonya a vu Il mange Il donne à l'élève Il a vu un gavra raba Il peut s'appuyer L'élève n'a pas vu Devant le maître : mange Sans le maître : non Il s'appuie sur le témoin seulement en sa présence Mahloket de lui à lui-même, Rachi : pour l'ayitara, même devant moi, ne mange pas Là, pas de gavra raba vu. Ici, il a vu Rabbi Chimon ben Yohai manger
Trois degrés : celui qui a mangé, celui qui l'a vu, celui qui n'a fait que l'entendre.
Sefihim : Rabbi Chimon et les Hakhamim, selon Rabbi Akiva Hen lo nizra ve-lo neesof Rabbi Akiva : puisqu'on ne sème pas, les sefihim sont interdits Rabbi Chimon Tous les sefihim : assur Sauf les sefihim de kerouv Pas leur pareil dans le champ Pas de gezera Le kerouv ressemble à l'arbre Hakhamim Tous les sefihim : assur Le kerouv compris Même s'il diffère des autres Gezera à tu les autres Sinon on permettrait tout Nafka mina : le seul kerouv. Le reste des sefihim est assur des deux côtés
Les deux tiennent l'issour des sefihim avec Rabbi Akiva. Ils divergent sur la gezera du kerouv.
Veille de Pessa'h : al yeshane, reisha ou seifa Michna : humrot des deux lieux, et l'on ne change pas à cause de la mahloket Reisha : cela se tient D'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on ne travaille pas Humrot du lieu d'arrivée Al yeshane : il ne travaille pas Seifa : la question D'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille Al yeshane dirait : il travaille Les humrot d'origine : il ne travaille pas Abaye : à-reisha Al yeshane vise la reisha La seifa reste les deux humrot Il ne travaille pas Rava : à-seifa Ne pas travailler ne fait pas mahloket On dira : des desœuvres au marché Il garde l'humra du lieu quitté Les deux : il ne travaille pas en arrivant dans un lieu où l'on travaille Abaye limite la phrase. Rava la garde, et explique pourquoi le public ne conteste pas
La reisha se lit sans peine. La seifa oppose al yeshane aux humrot du lieu quitté. Abaye et Rava séparent la phrase.
1
וְנָטַל סְפִיחֵי כְּרוּב וְאָכַל וְנָתַן לִי, וְאָמַר לִי: בְּנִי, בִּפְנֵי — אֱכוֹל, שֶׁלֹּא בִּפְנֵי — לֹא תֹּאכַל. אֲנִי שֶׁרָאִיתִי אֶת רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי שֶׁאָכַל — כְּדַי הוּא רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי לִסְמֹוךְ עָלָיו בְּפָנָיו וְשֶׁלֹּא בְּפָנָיו. אַתָּה — בִּפְנֵי אֱכֹול, שֶׁלֹּא בִּפְנֵי — לָא תֹּאכַל.

Et il prit des sefihim de kerouv, en mangea, et m'en donna. Il me dit : Mon fils, en ma présence, mange ; hors de ma présence, ne mange pas.

Moi, qui ai vu Rabbi Chimon ben Yohai manger : Rabbi Chimon ben Yohai est digne qu'on s'appuie sur lui, en sa présence et hors de sa présence. Toi, en ma présence, mange ; hors de ma présence, ne mange pas.

📜 Rachi (3)
וְנָטַל סְפִיחֵי כְּרוּב בִּשְׁבִיעִית לְאַחַר זְמַן הַבִּיעוּר:
En cheviit, après le temps du biour.
כְּדֵי רָאוּי:
Digne.
בִּפְנֵי אֱכֹול בִּפְנֵי אַתָּה יָכוֹל לִסְמֹוךְ עָלַי הוֹאִיל וְרָאִיתִי אֶת ר"ש שֶׁאָכַל וְהַיְינוּ פְּלֻוגְתָּא דִּידֵיהּ אַדִּידֵיהּ דִּלְעֵיל אָמַר לֹא תֹּאכַל אַפֵּי' בִּפְנֵי וְהָכָא קָאָמַר דאע"ג דְּלָאו בַּר סַמְכָא הוּא וְלָאו מִגְּמָרֵיהּ וּמִסְּבָרֵיהּ קָא שָׁרֵי לֵיהּ סָמְכִינַן עֲלֵיהּ מִיהָא בְּפָנָיו מִשּׁוּם דְּחַזְיָא לְגַבְרָא רַבָּה דְּאָכִיל:
En ma présence, tu peux t'appuyer sur moi, puisque j'ai vu Rabbi Chimon manger. Et c'est là sa mahloket avec lui-même : plus haut il a dit de ne pas manger, même en sa présence ; et ici il dit que, bien qu'il ne soit pas bar samkha, et qu'il ne le lui permette ni de sa guemara ni de son sevara, on s'appuie néanmoins sur lui en sa présence, parce qu'il a vu un gavra raba manger.
🗂️ Tossefot (1)
אֲנִי רָאִיתִי אֶת ר"ש שֶׁאָכַל תֵּימַהּ לר"י דְּאָמַר בַּיְּרוּשַׁלְמִי ר"ש חֲזָא לְהַהוּא גַּבְרָא מְלַקֵּט סְפִיחֵי כְּרוּב בִּשְׁבִיעִית א"ל מַאי הַאי א"ל וְלָאו אַתְּ הוּא דְּשָׁרֵית א"ל וְלָאו חַבְרַאי פְּלִיגִי עָלַי קָרֵי עֲלֵיהּ פּוֹרֵץ גָּדֵר יִשְּׁכֶנּוּ נָחָשׁ וְכֵן הֲווָת לֵיהּ וְהַשְׁתָּא כֵּיוָן שֶׁבְּעַצְמוֹ הָיָה אוֹכֵל לָמָּה הָיָה כּוֹעֵס עַל אֲחֵרִים שֶׁהָיוּ אוֹכְלִין וְסוֹמְכִין עַל הוֹרָאָתוֹ וְי"ל דְּמ"מ לֹא הָיָה רוֹצֶה שֶׁעַמֵּי הָאָרֶץ יִסְמְכוּ עָלָיו כָּל זְמַן שֶׁלֹּא פָּסְקוּ הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ:
C'est étonnant pour le Ri. Le Yerouchalmi dit : Rabbi Chimon vit un homme qui ramassait des sefihim de kerouv en cheviit. Il lui dit : Qu'est-ce que cela ? L'autre lui dit : N'est-ce pas toi qui l'as permis ? Il lui dit : Mes collègues ne divergent-ils pas de moi ? Il appliqua sur lui : Celui qui fait une brèche dans une clôture, un serpent le mordra. Et c'est ce qui lui arriva. Dès lors, puisqu'il mangeait lui-même, pourquoi se mettait-il en colère contre d'autres qui mangeaient en s'appuyant sur sa horaa ? On peut répondre : malgré cela, il ne voulait pas que les amei ha-arets s'appuient sur lui tant qu'on n'avait pas tranché la halakha selon lui.
💡 Explication

Suite immédiate de 51a. Rabbi Yo'hanan ben Elazar a suivi Rabbi Chimon ben Rabbi Yosse ben Lakonya dans un jardin. Celui-ci mange des sefihim de kerouv de la cheviit et en donne. La règle d'appui à trois degrés. Qui a vu Rabbi Chimon ben Yohai manger peut s'appuyer sur lui devant lui et hors de lui : kedei hu, il est digne. Qui ne l'a pas vu ne mange que devant le maître qui, lui, a vu.

Rachi marque la mahloket avec le récit de l'ayitara, sur l'amoud précédent : là, même devant moi, ne mange pas. Ici le maître a vu un gavra raba. Là, il permettait de son propre sevara, sans ce témoignage. Tossefot cite le Yerouchalmi : Rabbi Chimon écartait les amei ha-arets tant que la halakha n'était pas tranchée comme lui.

2
מַאי רַבִּי שִׁמְעוֹן? דְּתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כָּל הַסְּפִיחִים אֲסוּרִין, חוּץ מִסְּפִיחֵי כְּרוּב, שֶׁאֵין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן בְּיָרָק הַשָּׂדֶה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כָּל הַסְּפִיחִין אֲסוּרִים.

Quel est ce Rabbi Chimon ? Comme on l'enseigne : Rabbi Chimon dit : tous les sefihim sont interdits, sauf les sefihim de kerouv, car il n'y a pas leur pareil parmi les légumes du champ.

Et les Hakhamim disent : tous les sefihim sont interdits.

📜 Rachi (3)
כָּל הַסְּפִיחִין אֲסוּרִין בַּשְּׁבִיעִי' מִזְּמַן הַבִּיעוּר וְאֵילָךְ:
En cheviit, depuis le temps du biour et au-delà.
חוּץ מִסְּפִיחֵי כְּרוּב עָלִין הַיּוֹצְאִין מְקַלֵּחַ הַכְּרוּב:
Les feuilles qui sortent de la tige du kerouv.
שֶׁאֵין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן בְּיָרָק הַשָּׂדֶה מִשָּׁרָשִׁין הֵן גְּדֵילִין וַהֲרֵי הֵן כְּאִילָן שֶׁמּוֹסִיף עֲנָפִים עַל עֲנָפִים וְלָאו בִּכְלַל שְׁאָר סְפִיחִים נִינְהוּ וְכָל שְׁאָר סְפִיחִים מִזֶּרַע הַנֶּחְבָּט וְנוֹפֵל לָאָרֶץ הוּא אֲבָל סְפִיחֵי כְּרוּב אֵינוֹ כֵּן אֶלָּא עָלָיו גְּדֵילִין בַּעֲנָפִים וְלֹא אִסָּר' תּוֹרָה אֶלָּא סְפִיחִים מֵעֵין זְרִיעָה כְּדִכְתִיב הֶן לֹא נִזְרַע וְגוֹ' כָּךְ שָׁמַעְתִּי וְקַשְׁיָא לִי חֲדָא דְּכִי הַאי גַוְונָא לָא קָרֵי סְפִיחִים אֶלָּא הַגְּדֵילִים מִזֶּרַע הַנֶּחְבָּט וְנוֹפֵל לָאָרֶץ קֹודֶם לְקִיטָה וְעוֹד אִילָנוֹת בִּשְׁבִיעִית מִי לָא נָהֲגָא בָּהֶן נָמֵי קְדֻושָּׁה וְנִרְאֶה בְּעֵינַי דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דִּכְרוּב אֵינוֹ כָּלֶה לַחַיָּה כָּל יְמוֹת הַחֹורֶף וְגִימְגּוּם:
Ils poussent depuis la racine, et ils sont comme un arbre qui ajoute des branches sur des branches. Ils n'entrent pas dans les autres sefihim. Tous les autres sefihim viennent d'une graine battue qui tombe à terre. Les sefihim de kerouv, non : leurs feuilles poussent en branches. Et la Torah n'a interdit que des sefihim semblables à une semence, comme il est écrit : Voici, nous ne sèmerons pas, etc. Ainsi ai-je entendu. Et une difficulté pour moi. D'abord, une pousse de cette sorte ne s'appelle pas sefihim : on appelle sefihim ce qui pousse d'une graine battue et tombée à terre avant la récolte. Ensuite, la kedoucha de la cheviit ne s'applique-t-elle pas aussi aux arbres ? Il me semble que la raison est que le kerouv ne disparaît pas pour la bête sauvage pendant tous les jours de l'hiver. Et ceci est dit avec un gimgum.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל הַסְּפִיחִים אֲסוּרִין חוּץ מִסְּפִיחֵי כְּרוּב פֵּי' רַשִׁ"י דִּלְאַחַר בִּיעוּר מַייְרֵי וְאֵין בִּיעוּר נוֹהֵג בַּכְּרוּב לְפִי שֶׁאֵין הַשֹּׁורֶשׁ כָּלֶה בָּאָרֶץ וְלָא קָרֵינַן בֵּיהּ כָּלָה לַחַיָּה מִן הַשָּׂדֶה וְקָשֶׁה לר"י א"כ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ קְרָא דְּלָא נֶאֱסֹוף תִּיפּוֹק לֵיהּ דִּכְתִיב וְלִבְהֶמְתְּךָ וְעוֹד מַאי שְׁנָא דְּלָא מַפִּיק אֶלָּא סְפִיחֵי כְּרוּב ה"ל לִמְעוּטֵי כָּל הָנֵי דפ"ז דִּשְׁבִיעִית (מִשְׁנָה ב) דִּתְנַן עִיקַּר הַלּוּף הַשּׁוֹטֶה וּנְרַבֵּינָה אֵין לָהֶן בִּיעוּר וְעוֹד מַאי שְׁנָא דְּרַבָּנָן גָּזְרִי הָכָא סְפִיחֵי כְרוּב אַטּוּ שְׁאָר סְפִיחִים וּבְכָל הָנְהוּ . דְּהָתָם לָא גָּזְרִי וְעוֹד הִקְשָׁה רִיבָ"א דִּלְעֵיל קָתָנֵי וְנִכְנַסְתִּי לַגִּינָּה אַחֲרָיו וְנָטַל סְפִיחֵי כְרוּב וְאָכַל מַשְׁמַע שֶׁתְּלָשָׁן מִן הַקַּרְקַע וְהֵי' מֵהֶן הַרְבֵּה מְחֻובָּרִין וא"כ אַיְירֵי קֹודֶם בִּיעוּר וְעוֹד הִקְשָׁה ר"ת דְּאָמְרִינַן בפ"ק דִּמְנָחוֹת (דַּף ה:) מַה לְמִנְחַת הָעֹומֶר שֶׁכֵּן מַתִּיר חָדָשׁ בִּשְׁבִיעִי' סְפִיחִים כר"ע דְּאָמַר סְפִיחֵי' אֲסוּרִים וּבְפֶסַח שֶׁל שְׁבִיעִית הִיא קֹודֶם בִּיעוּר שֶׁאָז תְּבוּאָה אֵינָהּ כָּלָה בַּשָּׂדֶה וְאַדְּרַבָּה הִיא בְּמִילּוּאָה וּבִיעוּר לֹא הָיָה אֶלָּא בִּשְׁמִינִית כְּשֶׁהִיא כָּלָה לַחַיָּה מִן הַשָּׂדֶה וְעוֹד דְּקָאָמַר וְתַרְוַיְיהוּ אַלִּיבָּא דר"ע וְרַבָּנָן נָמֵי לָא פְלִיגִי אַדְּרָשָׁה דְּכָלָה לַחַיָּה בַּשָּׂדֶה וּמוֹדוֹ רַבָּנָן דִּסְפִיחִים אֲסוּרִים אַחַר בִּיעוּר דְּבַסִּיפְרֵי קָאָמַר אַמִּילְּתָא דְּרַבָּנָן דִּפְלִיגִי אֶדֶר' עֲקִיבָא אָמַרְתָּ לָנוּ לֹא תִּזְרְעוּ וּמַה שֶׁאָנוּ אוֹסְפִים אֵין מַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם פִּי' שֶׁאָסוּר אַחַר בִּיעוּר אָמַרְתָּ לָנוּ בַּעֲרוּ מֶה אָנוּ אוֹכְלִין מִן הַבִּיעוּר וְאֵילָךְ לְכָךְ נִרְאֶה לר"ת דְּבִשְׁבִיעִית קֹודֶם בִּיעוּר מַייְרֵי כִּדְמַשְׁמַע קְרָא דְּלָא נֶאֱסֹוף דְּמַייְתֵי דִּכְתִיב בֵּיהּ מַה נֹּאכַל בַּשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִית וּדְרֵישׁ ר"ע מֵהַאי קְרָא דִּסְפִיחִים אֲסוּרִים בִּשְׁבִיעִית וְרַבָּנָן פְּלִיגִי עָלֶיהָ וְדָרְשִׁי לֹא נֶאֱסֹוף לְהַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם וְלָא אָסְרִי אֶלָּא אַחַר בִּיעוּר ור"ש וְרַבָּנָן פְּלִיגִי הָכָא אַלִּיבָּא דר"ע וּמַתִּיר ר"ש סְפִיחֵי כְּרוּב דְּלָא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא סְפִיחִים דֻּומְיָא דִּזְרִיעָה דִּכְתִיב הֵן לֹא נִזְרַע אֲבָל סְפִיחֵי כְּרוּב דָּמוּ לְאִילָן כִּדְאָמַר (כְּתֻובּוֹת קיא:) כְּרוּב הִנִּיחַ לָנוּ אַבָּא וְהָיִינוּ עוֹלִים בּוֹ בַּסֻּולָּם וְלָא גָּזְרִינַן אַטּוּ שְׁאָר סְפִיחִים וְרַבָּנָן גָּזְרִי וְדַוְקָא אַלִּיבָּא דר"ע דְּאִיסּוּר סְפִיחִים מִדְּאוֹרַייְתָּא פְּלִיגִי אֲבָל לְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דר"ע וְסָבְרִי אִיסּוּר סְפִיחִים דְּרַבָּנָן לֵיכָּא לְמִיגְזַר הִקְשָׁה רַבֵּינוּ נִסִּים גָּאוֹן דְּאִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ בְּמַסֶּכֶת שְׁבִיעִית בפ"ט (מִשְׁנָה א) דְּקָתָנֵי הָתָם ר"ש אוֹמֵר כָּל הַסְּפִיחִים מֻותָּרִין חוּץ מִסְּפִיחֵי כְּרוּב שֶׁאֵין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן בְּיָרָק הַשָּׂדֶה וְלֵיכָּא לְמִיגְרַס הָתָם אֲסוּרִין דְּבִירוּשַׁלְמִי מוּכָח בְּהֶדְיָא דְּגָרַס הָתָם מֻותָּרִין וְתֵירֵץ דְּהָתָם מַייְרֵי בִּסְפִיחִים שֶׁגָּדְלוּ בְּשִׁשִּׁית בְּהֶיתֵּר וְנִכְנְסוּ בַּשְּׁבִיעִית וְנִשְׁתַּהוּ עַד לְאַחַר הַבִּיעוּר וּלְכָךְ שְׁאָר סְפִיחִים שָׁרוּ דְּלָא אָתוּ לְאִיחַלּוֹפֵי בְּהָנְהוּ שֶׁגָּדְלוּ בַּשְּׁבִיעִית דְּשֶׁל עֶרֶב שְׁבִיעִית גְּדוֹלִים וְשֶׁל שְׁבִיעִית קְטַנִּים אֲבָל שֶׁל כְּרוּב שֶׁגְּדֵילִים הַרְבֵּה בִּזְמַן מוּעָט אֵין הֶיכֵּר בֵּין הַגָּדֵל בְּעֶרֶב שְׁבִיעִית לְגַדֵּל בִּשְׁבִיעִית וְכֵן אִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי א"ר יִצְחָק כָּל יָרָק אַתָּה יָכוֹל לַעֲמֹוד עָלָיו בֵּין חָדָשׁ וּבֵין יָשָׁן בְּרַם הָכָא פִּי' סְפִיחֵי כְּרוּב שֶׁלֹּא יֵלֵךְ וְיָבִיא מִן הָאִיסּוּר וְיֹאמַר מִן הָאִמָּהוֹת הֵבֵאתִי וְהַךְ דִּשְׁמַעְתָּא אַייְרֵי בִּשְׁבִיעִית עַצְמָהּ כדמפר"ת וְרַבֵּינוּ נִסִּים פִּי' נָמֵי שְׁמַעְתָּא בע"א וּפִי' דְּהָכָא בִּסְפִיחִים שֶׁל שְׁבִיעִית שֶׁיָּצְאוּ לְמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית דַּאֲסוּרִין מִדְּרַבָּנָן עַד כְּדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ כַּיּוֹצֵא בָּהֶן וְסָבַר ר"ש סְפִיחִים אֲסוּרִין בְּמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית דִּכְשֶׁיִּרְאוּ אוֹתָם גְּדוֹלִים יִסְבְּרוּ שֶׁלִּקְּטָן בִּשְׁבִיעִית אֲבָל סְפִיחֵי כְּרוּב שֶׁאֵין כַּיּוֹצֵא בָּהֶן בְּיָרָק הַשָּׂדֶה לֹא גָּזְרוּ בָּהֶן אַטּוּ שְׁאָר סְפִיחִים דִּכְשֶׁיִּרְאוּ אוֹתָם גְּדוֹלִין לֹא יִסְבְּרוּ שֶׁלִּקְּטָן בַּשְּׁבִיעִית דְּדַרְכָּם לִיגָּדֵל הַרְבֵּה בִּזְמַן מוּעָט וּכְשֶׁאָכַל ר"ש בֶּן [רַבִּי] יוֹסֵי בֶּן לְקֻונְיָא סְפִיחֵי כְּרוּב בְּמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית הוּא דְּאָכַל כר"ש בֶּן יוֹחַי וְלָא מַשְׁמַע הָכִי וְרַבָּנָן גָּזְרִי הֶיתֵּירָא אַטּוּ אִיסּוּרָא וְכֻולָּן אֲסוּרִין וּבַגְּמָרָא דִּדְמַאי בְּפֶרֶק שֵׁנִי גָּרַס לְעִנְיַן סְפִיחִים מר"ה וְעַד חֲנֻוכָּה אִיסּוּר סְפִיחִים וּמֵחֲנֻוכָּה וְעַד ר"ה הֶיתֵּר סְפִיחִים וְתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא בְּפֵ"ה בְּצָלִים שֶׁיָּצְאוּ מִשְּׁבִיעִית לְמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית אִם עָשׂוּ כַּיּוֹצֵא בָּהֶן מֻותָּרִין וְאִם לָאו אֲסוּרִין וְתַרְוַיְיהוּ אַלִּיבָּא דר"ע דְּאָסַר סְפִיחִים מִדְּאוֹרַייְתָּא בִּשְׁבִיעִית אֲבָל לְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ לֵיכָּא לְמִיגְזַר וּמַה שָׁפֵי' רַבֵּינוּ נִסִּים דְּמַה שֶׁגָּדֵל בְּשִׁשִּׁית וְנִכְנְסָה לִשְׁבִיעִית הֵיכָא דְּאִיכָּא לְמִיטְעֵי שֶׁמָּא גָּדֵל בִּשְׁבִיעִית אָסוּר קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּתַנְיָא בפ"ק דר"ה (דַּף טו.) ר"ש בֶּן יְהוּדָה מִשּׁוּם ר"ש אוֹמֵר אֶתְרוֹג בַּת שִׁשִּׁית שֶׁנִּכְנְסָה בַּשְּׁבִיעִית פָּטוּר מִן הַמַּעֲשֵׂר וּמִן הַבִּיעוּר וְהַשְׁתָּא בִּיעוּר לָא הָוֵי אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַפֵּירוֹת כָּלִים וְאַפֵּ"ה קָאָמַר פָּטוּר מִן הַבִּיעוּר ואע"ג דְּאִיכָּא לְמִיטְעֵי וּלְמֵימַר שֶׁזֶּה הָאֶתְרוֹג גָּדֵל בַּשְּׁבִיעִית וְי"ל דְּהָתָם מַיְירֵי מִדְּאוֹרַיְיתָּא א"נ כְּשֶׁלִּקְּטָן בִּתְחִילָּתָהּ שֶׁל שְׁבִיעִית דְּלֵיכָּא לְמִיטְעֵי מִיהוּ הָא קַשְׁיָא לר"י דְּבִשְׁמַעְתָּא מַשְׁמַע לכ"ע דִּירָקוֹת הַגְּדֵילִין בִּשְׁבִיעִית אֲסוּרִין בַּאֲכִילָה וּבְמַסֶּכֶת שְׁבִיעִית מַשְׁמַע דְּשָׁרוּ דִּתְנַן (פ"ט מ"ד) הָאוֹמֵר לְפוֹעֵל הֵילָךְ דִּינָר זֶה וּלְקֹט לִי בּוֹ יָרָק הַיּוֹם וּבְפֶרֶק בָּתְרָא דע"ז (דַּף סב.) מַיְיתֵי לָהּ וְתֵירֵץ ר"י דִּבְשֶׁל עֶרֶב שְׁבִיעִית מַייְרֵי וּמַה שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן דִּין שְׁבִיעִית לְעִנְיַן סְחוֹרָה וּשְׁאָר דִּינִים לְפִי שֶׁנִּלְקָט בִּשְׁבִיעִית דִּבְיָרָק אָזְלִינַן בָּתַר לְקִיטָה:
Rachi explique qu'il s'agit d'après le biour, et que le biour ne s'applique pas au kerouv, parce que la racine ne disparaît pas de la terre, et qu'on ne lit pas à son sujet : cela a cessé pour la bête sauvage dans le champ. C'est difficile pour le Ri : s'il en est ainsi, pourquoi le verset ve-lo neesof est-il nécessaire ? Cela sortirait déjà de ce qui est écrit : et pour ta bête. De plus, pourquoi ne sortir que les sefihim de kerouv ? Il aurait fallu exclure tous ceux du chapitre 7 de Cheviit, michna 2, où l'on enseigne : la racine du louf chote et la narbina n'ont pas de biour. De plus, pourquoi les Rabbanim décrètent-ils ici les sefihim de kerouv à cause des autres sefihim, alors que pour tous ceux-là ils ne décrètent pas ? Riva objecte encore : plus haut on enseigne : je suis entré au jardin derrière lui, il prit des sefihim de kerouv et mangea. Cela implique qu'il les a détachés du sol, et qu'il y en avait beaucoup encore attachés. Dès lors il s'agit d'avant le biour. Rabbeinou Tam objecte encore : on dit au premier chapitre de Menahot, 5b : qu'en est-il de la minhat ha-omer, qui permet le hadach ; en cheviit, les sefihim, selon Rabbi Akiva qui dit que les sefihim sont interdits. Or le Pessa'h de la cheviit est avant le biour, car alors la récolte ne cesse pas dans le champ ; au contraire, elle est à son plein. Le biour n'avait lieu qu'en huitième année, quand elle cesse pour la bête sauvage dans le champ. De plus, on dit : et les deux selon Rabbi Akiva. Les Rabbanim non plus ne divergent pas sur le drach de kala là-haya ba-sade, et les Rabbanim conviennent que les sefihim sont interdits après le biour. Car le Sifri dit, sur la parole des Rabbanim qui divergent de Rabbi Akiva : Vous nous avez dit : ne semez pas ; et ce que nous recueillons, on ne le rentre pas pour le conserver. Explication : c'est interdit après le biour. Vous nous avez dit : faites le biour. Que mangerons-nous à partir du biour ? C'est pourquoi il semble à Rabbeinou Tam qu'il s'agit de la cheviit, avant le biour, comme le montre le verset ve-lo neesof que l'on cite, puisqu'il est écrit à son sujet : que mangerons-nous la septième année. Rabbi Akiva tire de ce verset que les sefihim sont interdits en cheviit. Les Rabbanim divergent de lui, et ils lisent lo neesof : pour ne pas le rentrer en conservation. Ils n'interdisent qu'après le biour. Rabbi Chimon et les Rabbanim divergent ici selon Rabbi Akiva. Rabbi Chimon permet les sefihim de kerouv, car la Torah n'a interdit que des sefihim semblables à une semence, comme il est écrit : Voici, nous ne sèmerons pas. Mais les sefihim de kerouv ressemblent à un arbre, comme on le dit en Ketouvot 111b : Notre père nous a laissé un kerouv, et nous y montions par une échelle. Et nous ne faisons pas de gezera à cause des autres sefihim. Les Rabbanim, eux, en font une. Et cela seulement selon Rabbi Akiva, où l'issour des sefihim est de-oraita : là ils divergent. Mais selon les Rabbanim qui divergent de Rabbi Akiva et tiennent que l'issour des sefihim est de-rabbanan, il n'y a pas lieu de décréter. Rabbeinou Nissim Gaon objecte : on entend l'inverse dans le traité Cheviit, chapitre 9, michna 1. On y enseigne : Rabbi Chimon dit : tous les sefihim sont permis, sauf les sefihim de kerouv, car il n'y a pas leur pareil parmi les légumes du champ. Et l'on ne peut pas lire la assurim, car le Yerouchalmi prouve explicitement que la lecture y est moutarim. Il répond : là, il s'agit de sefihim qui ont poussé en sixième année dans l'heter, sont entrés en cheviit, et sont restés jusqu'après le biour. C'est pourquoi les autres sefihim sont permis : on ne les confondra pas avec ceux qui ont poussé en cheviit, car ceux de la veille de cheviit sont grands, et ceux de la cheviit sont petits. Mais le kerouv, qui grandit beaucoup en peu de temps, n'offre pas de signe entre ce qui a poussé la veille de cheviit et ce qui a poussé en cheviit. Et ainsi dans le Yerouchalmi : Rabbi Yitshak a dit : tout légume, tu peux t'y reconnaître, entre le nouveau et l'ancien ; mais ici, c'est-à-dire les sefihim de kerouv, de peur qu'il n'aille en apporter de l'issour et ne dise : je l'ai apporté des pieds mères. Et notre sougya traite de la cheviit elle-même, comme l'explique Rabbeinou Tam. Rabbeinou Nissim explique aussi notre sougya d'une autre manière. Ici, des sefihim de la cheviit sortis à la motsaé cheviit, interdits de-rabbanan jusqu'à ce qu'il s'en fasse de semblables. Rabbi Chimon tient que les sefihim sont interdits à la motsaé cheviit, car lorsqu'on les verra grands on croira qu'on les a cueillis en cheviit. Mais les sefihim de kerouv, qui n'ont pas leur pareil parmi les légumes du champ, on n'a pas décrété sur eux à cause des autres sefihim : lorsqu'on les verra grands, on ne croira pas qu'on les a cueillis en cheviit, car ils ont coutume de beaucoup grandir en peu de temps. Et lorsque Rabbi Chimon ben Rabbi Yosse ben Lakonya a mangé des sefihim de kerouv, c'est à la motsaé cheviit qu'il a mangé, selon Rabbi Chimon ben Yohai. Et tel n'est pas le sens. Et les Rabbanim décrètent l'heter à cause de l'issour, et tous sont interdits. Et dans la Guemara de Demai, au deuxième chapitre, on lit au sujet des sefihim : de Roch Hachana jusqu'à 'Hanouka, issour des sefihim ; de 'Hanouka jusqu'à Roch Hachana, heter des sefihim. Et l'on enseigne dans la Tossefta, chapitre 5 : des oignons sortis de la cheviit vers la motsaé cheviit, s'il s'en est fait de semblables, ils sont permis ; sinon, ils sont interdits. Et les deux selon Rabbi Akiva, qui interdit les sefihim de-oraita en cheviit. Mais selon les Rabbanim qui divergent de lui, il n'y a pas lieu de décréter. Et ce qu'explique Rabbeinou Nissim, que ce qui a poussé en sixième année et est entré en cheviit est interdit là où l'on peut se tromper, pensant que cela a poussé en cheviit, est difficile pour le Rachba. Car on enseigne au premier chapitre de Roch Hachana, 15a : Rabbi Chimon ben Yehouda au nom de Rabbi Chimon dit : un etrog de la sixième année entré en cheviit est patour du maasser et du biour. Or le biour n'a lieu qu'au temps où les fruits cessent, et malgré cela il dit : patour du biour, bien qu'on puisse se tromper et dire que cet etrog a poussé en cheviit. On peut répondre : là, il s'agit du plan de-oraita. Ou encore : lorsqu'on les a cueillis au début de la cheviit, où il n'y a pas lieu de se tromper. Toutefois ceci est difficile pour le Ri : dans notre sougya, il ressort pour tout le monde que les légumes qui poussent en cheviit sont interdits à la akhila ; et dans le traité Cheviit il ressort qu'ils sont permis. Car on enseigne, chapitre 9, michna 4 : celui qui dit à un ouvrier : voici ce dinar, et cueille-moi avec lui des légumes aujourd'hui. Et le dernier chapitre de Avoda Zara, 62a, le cite. Le Ri répond : il s'agit de produits de la veille de cheviit. Et s'ils ont un din de cheviit pour le commerce et les autres dinim, c'est parce qu'ils ont été cueillis en cheviit : pour le légume, on suit la lekita.
💡 Explication

Le Rabbi Chimon du récit est celui de la baraita. Tous les sefihim sont assur. Exception : le kerouv, sans pareil parmi le yerek ha-sade. Les Hakhamim n'exceptent rien.

Rachi rapporte d'abord une lecture : feuilles sorties de la tige, pousse d'arbre, et la Torah n'a visé que le semblable d'une semence. Il l'écarte : cela ne porte pas le nom de sefihim, et l'arbre aussi a une kedoucha de cheviit. Sa propre raison, marquée d'un gimgum : le kerouv ne cesse pas pour la bête pendant l'hiver, donc pas de biour.

Tossefot refuse de placer la sougya après le biour. Rabbeinou Tam : cheviit avant le biour, issour de-oraita selon Rabbi Akiva. Rabbi Chimon permet le kerouv parce qu'il ressemble à l'arbre. Les Hakhamim font une gezera. La michna de Cheviit qui dit l'inverse porte, selon Rabbeinou Nissim, sur un autre cas : pousse de la sixième année restée après le biour.

🖼️ Schéma
Kerouv et autres sefihim Autres sefihim Graine battue, tombée à terre Pousse comme une semence Doumia de zeria La Torah les interdit Hen lo nizra Sefihim de kerouv Feuilles sorties de la tige Comme un arbre, branche sur branche Pas leur pareil dans le yerek Rabbi Chimon : mutar Hakhamim : gezera quand même
Graine tombée, ou feuille de tige. Rabbi Chimon sépare les deux. Les Hakhamim réunissent par gezera.
3
וְתַרְוַייְהוּ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא. דְּתַנְיָא: ״הֵן לֹא נִזְרָע וְלֹא נֶאֱסֹף אֶת תְּבוּאָתֵנוּ״, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: וְכִי מֵאַחַר שֶׁאֵין זוֹרְעִין מֵהֵיכָא אוֹסְפִין? מִכָּאן לַסְּפִיחִין שֶׁהֵן אֲסוּרִין.

Et les deux selon Rabbi Akiva. Comme on l'enseigne : Voici, nous ne sèmerons pas, et nous ne recueillerons pas notre récolte.

Rabbi Akiva a dit : Puisque l'on ne sème pas, d'où recueillerait-on ? De là, que les sefihim sont interdits.

📜 Rachi (1)
א"ר עֲקִיבָא לָמָּה נֶאֱמַר וְלֹא נֶאֱסֹוף מֵאַחַר שֶׁאֵין אָנוּ זוֹרְעִין מַה יֵאָסְפוּ לִימֵּד עַל הַסְּפִיחִים שֶׁאֲסוּרִין וה"ק הֵן לֹא נִזְרַע וְהַגְּדֵילִין מֵאֵילֵיהֶן לֹא נֶאֱסֹוף:
Pourquoi est-il dit : et nous ne recueillerons pas ? Puisque nous ne semons pas, que recueilleraient-ils ? Cela enseigne que les sefihim sont interdits. Et voici le sens : Voici, nous ne sèmerons pas, et ce qui pousse de soi-même, nous ne le recueillerons pas.
💡 Explication

Rabbi Chimon et les Hakhamim partent du même Rabbi Akiva. Le verset, Vayikra 25, 20, dit à la fois lo nizra et lo neesof. Si l'on ne sème pas, la récolte semée n'existe pas. Lo neesof vise donc ce qui pousse seul : les sefihim sont assur.

Rachi reformule : nous ne sèmerons pas, et ce qui pousse de soi-même, nous ne le recueillerons pas.

🖼️ Schéma
Rabbi Akiva : d'où l'issour des sefihim Hen lo nizra : nous ne sèmerons pas Puisqu'on ne sème pas, que recueillir ? Ve-lo neesof viserait alors une récolte absente Il vise ce qui pousse seul : les sefihim sont assur
Le second membre du verset serait vide si l'on n'avait rien semé. Il interdit les sefihim.
4
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? רַבָּנַן סָבְרִי: גָּזְרִינַן סְפִיחֵי כְּרוּב אַטּוּ שְׁאָר סְפִיחֵי דְעָלְמָא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר: לָא גָּזְרִינַן סְפִיחֵי כְּרוּב אַטּוּ סְפִיחֵי דְעָלְמָא.

Sur quoi divergent-ils ? Les Rabbanim tiennent : nous faisons une gezera sur les sefihim de kerouv à cause des autres sefihim du monde.

Et Rabbi Chimon tient : nous ne faisons pas de gezera sur les sefihim de kerouv à cause des sefihim du monde.

📜 Rachi (1)
גָּזְרִינַן סְפִיחֵי כְרוּב אַטּוּ סְפִיחִין דְּעָלְמָא דְּאע"ג דְּאֵין בִּיעוּר לִכְרוּב דְּהָא מִתְקַייֵּם כָּל יְמוֹת הַגְּשָׁמִים סְפִיחִין דִּידֵיהּ אֲסוּרִין דְּלָא לֵימָא טַעְמָא מִשּׁוּם דְּאֵין בִּסְפִיחֵי' אִיסּוּר שְׁבִיעִית וְאָתוּ לְמִישְׁרֵי שְׁאָר סְפִיחִים:
Bien qu'il n'y ait pas de biour pour le kerouv, puisqu'il se maintient tous les jours de pluie, ses sefihim sont interdits, afin qu'on ne dise pas : la raison est qu'il n'y a pas d'issour de cheviit dans les sefihim, et qu'on en vienne à permettre les autres sefihim.
💡 Explication

Le fond est commun : sefihim assur, et le kerouv n'est pas une semence. La mahloket porte sur la seule gezera. Les Rabbanim étendent l'issour au kerouv, à tu les autres. Rabbi Chimon s'arrête au din du verset.

Rachi donne le motif de la gezera dans sa lecture : le kerouv dure toute la saison des pluies, sans biour. Si on le mange, on dira que les sefihim n'ont pas d'issour de cheviit, et l'on permettra le reste.

5
הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם וְכוּ׳. בִּשְׁלָמָא הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם שֶׁעוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין — נוֹתְנִין עָלָיו חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם, וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחְלֹוקֶת וְלָא לֶיעְבֵּיד.

Celui qui va d'un lieu, etc. Passe pour celui qui va d'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on ne travaille pas : on lui impose les humrot du lieu où il est allé, et qu'un homme ne change pas à cause de la mahloket, et qu'il ne travaille pas.

💡 Explication

Retour à la michna de la veille de Pessa'h, ouverte plus haut. Reisha : d'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on s'abstient. Les humrot du lieu d'arrivée et al yeshane mipnei ha-mahloket disent la même chose : il ne travaille pas. La phrase se lit sans heurt.

6
אֶלָּא מִמָּקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁעוֹשִׂין, אַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחְלֹוקֶת וְנַעְבֵּיד? הָא אָמַרְתָּ: ״נוֹתְנִין עָלָיו חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם וְחֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם״!

Mais d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille : qu'un homme ne change pas à cause de la mahloket, et qu'il travaille ? Or tu as dit : on lui impose les humrot du lieu où il est allé et les humrot du lieu d'où il est sorti !

🪔 Ben Yehoyada (1)
וַנַּעֲבֵיד? הָא אָמַרְתָּ: "נוֹתְנִים עָלָיו חֻמְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ שָׁם וְחֻמְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם". הִקְשָׁה הָרַב הצל"ח זַ"ל לֹא הָיָה צָרִיךְ לִזְכֹּור בְּקֻושְׁיָתוֹ אֶלָּא רַק חֲלֻוקַּת חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם דְּהַקֻּושְׁיָא הִיא מִזֶּה דַּוְקָא וְלָמָּה הִזְכִּיר חֲלֻוקַּת שֶׁהָלַךְ לְשָׁם? יְעַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד זָכַר שְׁתֵּי הַחֲלוּקוֹת מִפְּנֵי שֶׁבָּא לִשְׁלֹול לְפִי דַּרְכּוֹ תֵּירוּץ אַחֵר מַה שֶּׁאֶפְשָׁר לְתָרֵץ קֻושְׁיָתוֹ דְּמַקְשֵׁי מִן חֲלֻוקָּה שֶׁיָּצָא מִשָּׁם וְהוּא דְּלִכְאוֹרָה יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת בְּלָאו הָכִי יֵשׁ קֻושְׁיָא בְּדִבְרֵי הַתַּנָּא דִּמְסַייֵּם 'וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחֲלֹקֶת' לְמַאי אִצְטְרִיךְ לְמֵימַר הָא אַחַר שֶׁאָמַר 'נוֹתְנִים עָלָיו חֻמְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ שָׁם וַחֲמָרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם' אִם כֵּן בְּהֶכְרֵחַ לֹא יוּכַל לְשַׁנּוֹת כְּלָל? וְלָכֵן צָרִיךְ לְפָרֵשׁ דִּבְרֵי הַתַּנָּא דַּאֲתָא לְאַשְׁמְעִינַן אִם אַחַר שֶׁהָלַךְ לַמָּקוֹם הַשֵּׁנִי חָזַר לִמְקוֹמוֹ הָרִאשׁוֹן יַעֲשֶׂה כְּמוֹ מְקוֹמוֹ הָרִאשׁוֹן וְאַל יְשַׁנֶּה לַעֲשׂוֹת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בַּמָּקוֹם הַשֵּׁנִי מִפְּנֵי הַמַּחֲלֹוקֶת. אַךְ בֶּאֱמֶת אִי אֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ דִּבְרֵי הַתַּנָּא בְּכָךְ מֵאַחַר שֶׁכְּבָר אָמַר 'נוֹתְנִים עָלָיו חֻמְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם' דְּהַשְׁתָּא לָא אִצְטְרִיךְ לְהַשְׁמִיעֵנוּ כַּאֲשֶׁר פֵּירַשְׁנוּ דְּיָדְעִינַן זֶה מִכֹּחַ חֲלֻוקָּה שֶׁל חֻמְרֵי מָקוֹם שֶׁהָלַךְ לְשָׁם וְאִם כֵּן פְּשִׁיטָא דְּאַל יְשַׁנֶּה לַעֲשׂוֹת בַּמָּקוֹם הַשֵּׁנִי אַחַר שֶׁחָזַר לַמָּקוֹם הָרִאשׁוֹן, וְעַל כֵּן הָשְׁתָּא בָּזֶה נִתְחַזְּקָה הַקֻּושְׁיָא דְּמַקְשֶׁה עַתָּה דְּאֵיךְ יֹאמַר כֵּן דְּמַשְׁמַע בְּהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁעוֹשִׂין וְלַעֲבֵיד וְהָא אֲמַרְתְּ: 'נוֹתְנִין עָלָיו חֻמְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם'. וּבָזֶה נִיחָא לְתָרֵץ קֻושְׁיָא אַחֶרֶת דְּבַמִּשְׁנָה נָקֵיט 'חֲמָרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם' בְּרֵישָׁא, וְכָאן הַמַּקְשָׁן זָכַר הַאי חֲלֻוקָּה בְּסֵיפָא? וּבָזֶה נִיחָא דְּאִין הָכִי נָמֵי עִיקַּר קֻושְׁיָתוֹ הִיא מִן חֲלֻוקַּת מָקוֹם 'שֶׁיָּצָא מִשָּׁם' וְנָקֵיט הַאי חֲלֻוקָּה דְּהָלַךְ לְשָׁם כְּדֵי לִדְחוֹת בָּהּ הַתֵּירוּץ שֶׁיֵּשׁ לְתָרֵץ עַל עִיקַּר קֻושְׁיָתוֹ.
Et qu'il travaille ? Or tu as dit : on lui impose les humrot du lieu où il est allé et les humrot du lieu d'où il est sorti. Le rav du Tselah, zal, a objecté : il n'avait à rappeler dans sa question que la clause des humrot du lieu d'où il est sorti, car la question vient d'elle précisément. Pourquoi a-t-il mentionné la clause du lieu où il est allé ? Qu'on y voie. Il me semble, be-siyata di-Chemaya, qu'il a rappelé les deux clauses parce qu'il vient, chemin faisant, écarter une autre réponse par laquelle on pourrait résoudre sa question, celle qui objecte depuis la clause du lieu d'où il est sorti. Cette réponse serait celle-ci : on pourrait objecter de toute façon qu'il y a une question dans les paroles du Tanna, lequel conclut : et qu'un homme ne change pas à cause de la mahloket. À quoi cela sert-il de le dire ? Après qu'il a dit : on lui impose les humrot du lieu où il est allé et les humrot du lieu d'où il est sorti, alors, par force, il ne pourra rien changer. Il faudrait donc expliquer les paroles du Tanna comme venant nous apprendre : si, après être allé au second lieu, il est revenu à son premier lieu, il agira comme son premier lieu, et il ne changera pas pour agir comme il a agi au second lieu, à cause de la mahloket. Mais en vérité on ne peut expliquer ainsi les paroles du Tanna, puisqu'il a déjà dit : on lui impose les humrot du lieu où il est allé. Dès lors, il n'a pas à nous apprendre ce que nous venons d'expliquer, car nous le savons déjà par la clause des humrot du lieu où il est allé. Il est donc évident qu'il ne changera pas pour agir selon le second lieu après être revenu au premier. C'est pourquoi, maintenant, la question s'en trouve renforcée, celle qu'il pose à présent : comment peut-il dire cela, dont le sens, pour celui qui va d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille, est qu'il travaille ? Or tu as dit : on lui impose les humrot du lieu d'où il est sorti. Et par là se résout une autre question : dans la michna, il place les humrot du lieu d'où il est sorti en tête, et ici l'objectant rappelle cette clause à la fin. Par là, cela se tient : oui, le cœur de sa question vient de la clause du lieu d'où il est sorti, et il prend la clause du lieu où il est allé afin d'écarter par elle la réponse que l'on pourrait donner au cœur de sa question.
💡 Explication

Seifa. Si al yeshane veut dire : fais comme le lieu où tu arrives, alors, la où l'on travaille, il devrait travailler. La michna dit aussi les humrot du lieu quitté : la, on ne travaille pas. Les deux membres se heurtent.

Le Ben Yehoiada répond au Tselah, qui demandait pourquoi l'objectant cite les deux clauses alors que la difficulté ne vient que du lieu quitté. Citer le lieu d'arrivée écarte une autre lecture de al yeshane : le cas du retour au premier lieu. Cette lecture est déjà couverte par les humrot du lieu où l'on va. La question sur la seifa reste donc entière.

7
אָמַר אַבַּיֵּי: אַרֵישָׁא. רָבָא אָמַר: לְעוֹלָם אַסֵּיפָא, וְהָכִי קָאָמַר: אֵין בָּזוֹ מִפְּנֵי שִׁינּוּי הַמַּחְלֹוקֶת. מַאי קָא אָמְרַתְּ — הָרוֹאֶה אוֹמֵר מְלָאכָה אֲסוּרָה? מֵימָר אָמְרִי: כַּמָּה בַּטְלָנֵי הָוֵי בְּשׁוּקָא.

Abaye a dit : sur la reisha. Rava a dit : en fait, sur la seifa.

Et voici ce que cela dit : en ceci, il n'y a pas de changement qui fasse mahloket. Que dis-tu ?

Celui qui voit dit : le travail est interdit ? On dira : combien de desœuvres y a-t-il au marché.

📜 Rachi (3)
אַרֵישָׁא וְאַל יְשַׁנֶּה דְּמַתְנִי' אַרֵישָׁא קָאֵי הַהוֹלֵךְ מִמָּקוֹם שֶׁעוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין:
Et qu'il ne change pas, dans la michna, porte sur la reisha : celui qui va d'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on ne travaille pas.
רָבָא אָמַר לְעוֹלָם אַסֵּיפָא וְהָכִי מַשְׁמַע מַתְנֵי' אוֹ מִמָּקוֹם שֶׁאֵין עוֹשִׂין לְמָקוֹם שֶׁעוֹשִׂין נוֹתְנִין עָלָיו חֻומְרֵי מָקוֹם שֶׁיָּצָא מִשָּׁם וְלָא לֶיעֱבֵד דְּהָא דקי"ל בְּעָלְמָא אַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִמִּנְהַג הָעִיר אֵינוֹ אֶלָּא מִפְּנֵי הַמַּחֲלֹוקֶת וְכָאן אֵין מַחֲלֹוקֶת:
Et voici le sens de la michna : ou bien, d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille, on lui impose les humrot du lieu d'où il est sorti, et qu'il ne travaille pas. Car ce que nous tenons en général, qu'un homme ne change pas du minhag de la ville, ne vaut qu'à cause de la mahloket. Et ici, il n'y a pas de mahloket.
דְּמַאי אֲמַרְתְּ הָרוֹאֶה אוֹתוֹ בָּטֵל יֹאמַר זֶה אוֹמֵר שֶׁהַמְּלָאכָה אֲסוּרָה וְחָלוּק עַל כֻּולָּנוּ לֹא יֹאמַר הָכִי אֶלָּא יֹאמַר מְלָאכָה אֵין לוֹ שֶׁהֲרֵי כַּמָּה בַּטְלָנִין יֵשׁ בַּשּׁוּק כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה:
Celui qui le voit inactif dira : celui-ci dit que le travail est interdit, et il diverge de nous tous. Il ne dira pas cela. Il dira : il n'a pas de travail, car il y a bien des desœuvres au marché, tous les jours de l'année.
💡 Explication

Abaye : al yeshane ne vise que la reisha. La seifa reste sous les deux humrot, et il ne travaille pas. La question tombe, parce que la phrase ne dit pas de travailler.

Rava maintient la phrase sur la seifa. Ne pas travailler, là où les gens travaillent, ne produit pas de chinouy mahloket. Le passant ne lit pas un issour. Il lit un homme sans ouvrage : le marché a ses betlanim toute l'année. L'arrivant garde donc l'humra du lieu quitté, et le public ne le prend pas pour un contestataire.

8
אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְרַבִּי אַבָּא: כְּגוֹן אֲנַן דְּיָדְעִינַן בִּקְבִיעָא דְיַרְחָא,

Rav Safra dit à Rabbi Abba : Des gens comme nous, qui connaissons la keviuta de-yarha,

🗂️ Tossefot (1)
כְּגוֹן אֲנָא דְּיָדַעְנָא בִּקְבִיעָא דְּיַרְחָא וְלֹא בְּסוֹד הָעִיבּוּר קָאָמַר דְּהָא בְּנֵי בָּבֶל בְּקִיאֵי בְּעִיבּוּרָא דְּיַרְחָא כִּדְאָמְרִינַן בְּרֵישׁ בֵּיצָה (דַּף ד:) וְעָבְדִי תְּרֵי יוֹמֵי אֶלָּא מְפָרֵשׁ ר"ת שֶׁהָיָה בְּמָקוֹם שֶׁשְּׁלוּחֵי בֵּית דִּין מַגִּיעִין וְשָׁם אֵין עוֹשִׂין אֶלָּא יוֹם אֶחָד וְהַיְינוּ בִּקְבִיעָא דְּיַרְחָא שֶׁהָיָה יוֹדֵעַ מָתַי נִקְבַּע הַחֹודֶשׁ דְּהָתָם לֵיכָּא לְמִיגְזַר שֶׁמָּא יַעֲשֶׂה מְלָאכָה בי"ט שֶׁשּׁוֹמְעִין קִידּוּשׁ הַחֹודֶשׁ:
Il ne parle pas du sod ha-ibour. Les gens de Babel sont experts dans l'ibour du mois, comme on le dit au début de Beitsa, 4b, et ils font deux jours. Rabbeinou Tam explique plutôt qu'il était dans un lieu où les chelouhim du beit din arrivent, et là on ne fait qu'un seul jour. Et c'est cela, la keviuta de-yarha : il savait quand le mois avait été fixé. Là, il n'y a pas lieu de décréter de peur qu'on fasse une melakha le yom tov, car on entend le kiddouch ha-hodech.
💡 Explication

La ligne s'arrête ici. Elle ouvre la sougya du second jour de yom tov, qui continue au daf suivant. Keviuta de-yarha : la fixation du mois, une fois connue.

Tossefot : il ne s'agit pas du sod ha-ibour. Babel le connaît, et garde pourtant deux jours, Beitsa 4b. Rabbeinou Tam : Rav Safra était dans un lieu atteint par les chelouhim, où l'on ne garde qu'un jour, parce qu'on entend le kiddouch ha-hodech.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).