Sougya : L'amoud ouvre sur la fin du récit de Rabbi Yo'hanan ben Elazar : dans un jardin, Rabbi Chimon ben Rabbi Yosse ben Lakonya mange des sefihim de kerouv et n'autorise l'élève qu'en sa présence. La Guemara identifie ce Rabbi Chimon : tous les sefihim sont interdits, sauf le kerouv, et les Hakhamim les interdisent tous.
Les deux avis suivent Rabbi Akiva, qui lit le verset hen lo nizra. Leur mahloket est une gezera.
La page revient ensuite à la michna du voyageur, la veille de Pessa'h : Abaye rattache al yeshane à la reisha, Rava à la seifa, car rester sans travail ne fait pas mahloket. La dernière ligne ouvre, sans la conclure, la question de Rav Safra sur la keviuta de-yarha.
Et il prit des sefihim de kerouv, en mangea, et m'en donna. Il me dit : Mon fils, en ma présence, mange ; hors de ma présence, ne mange pas.
Moi, qui ai vu Rabbi Chimon ben Yohai manger : Rabbi Chimon ben Yohai est digne qu'on s'appuie sur lui, en sa présence et hors de sa présence. Toi, en ma présence, mange ; hors de ma présence, ne mange pas.
Suite immédiate de 51a. Rabbi Yo'hanan ben Elazar a suivi Rabbi Chimon ben Rabbi Yosse ben Lakonya dans un jardin. Celui-ci mange des sefihim de kerouv de la cheviit et en donne. La règle d'appui à trois degrés. Qui a vu Rabbi Chimon ben Yohai manger peut s'appuyer sur lui devant lui et hors de lui : kedei hu, il est digne. Qui ne l'a pas vu ne mange que devant le maître qui, lui, a vu.
Rachi marque la mahloket avec le récit de l'ayitara, sur l'amoud précédent : là, même devant moi, ne mange pas. Ici le maître a vu un gavra raba. Là, il permettait de son propre sevara, sans ce témoignage. Tossefot cite le Yerouchalmi : Rabbi Chimon écartait les amei ha-arets tant que la halakha n'était pas tranchée comme lui.
Quel est ce Rabbi Chimon ? Comme on l'enseigne : Rabbi Chimon dit : tous les sefihim sont interdits, sauf les sefihim de kerouv, car il n'y a pas leur pareil parmi les légumes du champ.
Et les Hakhamim disent : tous les sefihim sont interdits.
Le Rabbi Chimon du récit est celui de la baraita. Tous les sefihim sont assur. Exception : le kerouv, sans pareil parmi le yerek ha-sade. Les Hakhamim n'exceptent rien.
Rachi rapporte d'abord une lecture : feuilles sorties de la tige, pousse d'arbre, et la Torah n'a visé que le semblable d'une semence. Il l'écarte : cela ne porte pas le nom de sefihim, et l'arbre aussi a une kedoucha de cheviit. Sa propre raison, marquée d'un gimgum : le kerouv ne cesse pas pour la bête pendant l'hiver, donc pas de biour.
Tossefot refuse de placer la sougya après le biour. Rabbeinou Tam : cheviit avant le biour, issour de-oraita selon Rabbi Akiva. Rabbi Chimon permet le kerouv parce qu'il ressemble à l'arbre. Les Hakhamim font une gezera. La michna de Cheviit qui dit l'inverse porte, selon Rabbeinou Nissim, sur un autre cas : pousse de la sixième année restée après le biour.
Et les deux selon Rabbi Akiva. Comme on l'enseigne : Voici, nous ne sèmerons pas, et nous ne recueillerons pas notre récolte.
Rabbi Akiva a dit : Puisque l'on ne sème pas, d'où recueillerait-on ? De là, que les sefihim sont interdits.
Rabbi Chimon et les Hakhamim partent du même Rabbi Akiva. Le verset, Vayikra 25, 20, dit à la fois lo nizra et lo neesof. Si l'on ne sème pas, la récolte semée n'existe pas. Lo neesof vise donc ce qui pousse seul : les sefihim sont assur.
Rachi reformule : nous ne sèmerons pas, et ce qui pousse de soi-même, nous ne le recueillerons pas.
Sur quoi divergent-ils ? Les Rabbanim tiennent : nous faisons une gezera sur les sefihim de kerouv à cause des autres sefihim du monde.
Et Rabbi Chimon tient : nous ne faisons pas de gezera sur les sefihim de kerouv à cause des sefihim du monde.
Le fond est commun : sefihim assur, et le kerouv n'est pas une semence. La mahloket porte sur la seule gezera. Les Rabbanim étendent l'issour au kerouv, à tu les autres. Rabbi Chimon s'arrête au din du verset.
Rachi donne le motif de la gezera dans sa lecture : le kerouv dure toute la saison des pluies, sans biour. Si on le mange, on dira que les sefihim n'ont pas d'issour de cheviit, et l'on permettra le reste.
Celui qui va d'un lieu, etc. Passe pour celui qui va d'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on ne travaille pas : on lui impose les humrot du lieu où il est allé, et qu'un homme ne change pas à cause de la mahloket, et qu'il ne travaille pas.
Retour à la michna de la veille de Pessa'h, ouverte plus haut. Reisha : d'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on s'abstient. Les humrot du lieu d'arrivée et al yeshane mipnei ha-mahloket disent la même chose : il ne travaille pas. La phrase se lit sans heurt.
Mais d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille : qu'un homme ne change pas à cause de la mahloket, et qu'il travaille ? Or tu as dit : on lui impose les humrot du lieu où il est allé et les humrot du lieu d'où il est sorti !
Seifa. Si al yeshane veut dire : fais comme le lieu où tu arrives, alors, la où l'on travaille, il devrait travailler. La michna dit aussi les humrot du lieu quitté : la, on ne travaille pas. Les deux membres se heurtent.
Le Ben Yehoiada répond au Tselah, qui demandait pourquoi l'objectant cite les deux clauses alors que la difficulté ne vient que du lieu quitté. Citer le lieu d'arrivée écarte une autre lecture de al yeshane : le cas du retour au premier lieu. Cette lecture est déjà couverte par les humrot du lieu où l'on va. La question sur la seifa reste donc entière.
Abaye a dit : sur la reisha. Rava a dit : en fait, sur la seifa.
Et voici ce que cela dit : en ceci, il n'y a pas de changement qui fasse mahloket. Que dis-tu ?
Celui qui voit dit : le travail est interdit ? On dira : combien de desœuvres y a-t-il au marché.
Abaye : al yeshane ne vise que la reisha. La seifa reste sous les deux humrot, et il ne travaille pas. La question tombe, parce que la phrase ne dit pas de travailler.
Rava maintient la phrase sur la seifa. Ne pas travailler, là où les gens travaillent, ne produit pas de chinouy mahloket. Le passant ne lit pas un issour. Il lit un homme sans ouvrage : le marché a ses betlanim toute l'année. L'arrivant garde donc l'humra du lieu quitté, et le public ne le prend pas pour un contestataire.
Rav Safra dit à Rabbi Abba : Des gens comme nous, qui connaissons la keviuta de-yarha,
La ligne s'arrête ici. Elle ouvre la sougya du second jour de yom tov, qui continue au daf suivant. Keviuta de-yarha : la fixation du mois, une fois connue.
Tossefot : il ne s'agit pas du sod ha-ibour. Babel le connaît, et garde pourtant deux jours, Beitsa 4b. Rabbeinou Tam : Rav Safra était dans un lieu atteint par les chelouhim, où l'on ne garde qu'un jour, parce qu'on entend le kiddouch ha-hodech.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).