Pesachim 52b - Biour des trois contrées, et le fruit que l'on ne détruit pas

Pesachim 52b

Sougya : L'amoud ouvre sur la fin de la baraitha des dattes : on s'appuie sur celles des kippim, que la bête sauvage atteint, et non sur celles des chitsin, bloquées par les épines. La Guemara cite la michna des trois contrées du biour, Yehouda, Ever ha-Yarden et Galil, et la rattache au verset de la bête sauvage qui est dans ton pays, avec la tradition qu'une bête ne vit pas des fruits d'une autre contrée.

Les fruits de cheviit sortis d'Erets Israël font mahloket : biour sur place, ou retour au lieu. Rav Safra, une cruche de vin avec lui, reçoit deux rapports opposés au nom de Rabbi Abahou et retient le mekil.

La page finit sur Rabbi Ilai, qui a coupé un palmier chargé de kafniyot : jusqu'à quel stade le-okhla interdit-il la perte.

Trois contrées du biour : une unité, ou trois biourim Yehouda, Ever ha-Yarden, Galil : aucune ne s'appuie sur l'autre Rachi Les trois d'une contrée comptent comme une On mange en Yehouda jusqu'au dernier des trois Har, Chefelah, emek : même fin de biour La haya circule dedans Tossefot Chaque sous-contrée à son biour Har : jusqu'au dernier du har Emek : jusqu'au dernier de l'emek Yerouchalmi : la haya du har ne grandit pas dans l'emek Issour de-oraita Verset : tant que la haya mange au champ, on nourrit la behema de la maison
Les trois grandes contrées sont séparées. Rachi unit les trois sous-contrées. Tossefot donne à chacune son biour.
Fruits de cheviit sortis d'Erets Israël Tanna Kamma Biour là où ils sont On ne les ramène pas Dès la saison où la haya n'en a plus au champ Rabbi Chimon ben Elazar Retour à leur lieu Biour dans le pays Car il est dit be-artsekha Lieu où la haya foule Le mot est déjà pris pour les trois contrées Réponse : lire ba-arets et be-artsekha. Ou bien : acher est là pour la deracha Rav Kahana, de Rabbi Abahou Halakha comme ben Elazar Rav Safra ramène le vin Houmra Rav Houna, de Rabbi Abahou La halakha n'est pas ainsi Biour sur place Rav Safra retient celui-ci
Sortie du pays : biour sur place, ou retour. Rav Safra suit le rapport mekil de Rav Houna.
Jusqu'où le fruit de cheviit est-il un péri Le-okhla, et non pour la perte Semadar Fleur tombée Forme du raisin Rabbi Yosse : péri Kofri, kafniyot Dattes petites Chomer autour Rabbi Ilai a coupé Fruit achevé Interdit à perdre pour tous Le bois suit le fruit Rabbins, traité Orla Semadar : moutar Feuilles, loulavim, eau Rabbi Ilai agit comme eux Le kofri n'est pas encore péri Dès quand on ne coupe plus Beit Chammai : dès l'émission Beit Hillel : caroubiers, dès la chaîne Les vignes : suite au daf suivant
Le-okhla interdit la perte du péri. Rabbi Ilai suit les Rabbins, pour qui le semadar n'est pas encore un fruit.
1
אוֹכְלִין עַל שֶׁל בֵּין הַכִּיפִּין, וְאֵין אוֹכְלִין עַל שֶׁבֵּין הַשִּׁיצִין.

On mange en s'appuyant sur celles d'entre les kippim, et l'on ne mange pas en s'appuyant sur celles d'entre les chitsin.

📜 Rachi (1)
אוֹכְלִין עַל שֶׁל בֵּין הַכִּיפִּין דֶּרֶךְ דְּקָלִים לִהְיוֹת בְּעִיקָּרָן קוֹצִים סָבִיב וְהַייְנוּ שִׁיצִים וּמִן הַדֶּקֶל עַצְמָן הֵן וּלְמַעְלָה עָלִין שֶׁלּוֹ עֲשׂוּיִין כְּסִדְרָן כְּמִין כַּפּוֹת תְּמָרִים וּכְשֶׁהָרוּחַ מְנַשֵּׁב הַתְּמָרִים נוֹפְלִין וְנִשְׁאָרִין בְּאוֹתָן כִּיפִּין וּלְמַטָּה בַּשִּׁיצִין וְקָאָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן דְּכָל זְמַן שֶׁמְּצֻוייָּן בְּכִיפִּין אוֹכְלִין מֵאוֹתָן שֶׁבַּבַּיִת אֲבָל אֵין אוֹכְלִין מִן הַבַּיִת עַל סְמַךְ אוֹתָן שֶׁבַּשִּׁיצִין לְפִי שֶׁאֵין הַחַיָּה יְכוֹלָה לִיטְּלָן מִפְּנֵי הַקּוֹצִים וּמַתְנִיתִין הָכִי קָאָמַר תַּנָּא קַמָּא כָּלֶה לְגַמְרֵי אַף מִבֵּין הַשִּׁיצִים חַיָּיב לְבַעֵר אֲבָל כֻּלּוֹ מִן הַכִּיפִּין וַעֲדַייִן יֵשׁ בַּשִּׁיצִין אֵינוֹ חַייָּב לְבַעֵר רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר צֵא וְהָבֵא לְךָ אַף אַתָּה מִמָּקוֹם הָרָאוּי לִיטְּלָן וְלֹא תִּמְצָא וּלְחוּמְרָא אֲמָרָהּ רַבִּי יְהוּדָה:
C'est la manière des palmiers d'avoir, à leur pied, des épines tout autour : ce sont les chitsim, et elles viennent du palmier lui-même. Au-dessus, ses feuilles sont rangées en ordre, comme des palmes de dattier. Quand le vent souffle, les dattes tombent et restent dans ces kippim, et, en bas, dans les chitsin. Rabban Chimon dit : tant qu'il s'en trouve dans les kippim, on mange de celles de la maison. Mais on ne mange pas, de la maison, en s'appuyant sur celles des chitsin, parce que la bête sauvage ne peut les prendre, à cause des épines. Et la michna veut dire ceci. Le Tanna Kamma : si elles ont cessé tout à fait, même d'entre les chitsin, on est tenu de faire le biour. Mais si elles ont cessé des kippim et qu'il en reste dans les chitsin, on n'est pas tenu de faire le biour. Rabbi Yehouda dit : sors, et apporte-t'en, toi aussi, d'un endroit propre à les prendre : tu n'en trouveras pas. Et Rabbi Yehouda l'a dite en houmra.
💡 Explication

Fin de la baraitha de Rabban Chimon ben Gamliel sur les dattes de cheviit. Les kippim sont les palmes, en haut du dattier : le vent y dépose des dattes, et la haya (bête sauvage) peut les prendre. Les chitsin sont les épines du pied : la haya ne les atteint pas. Tant que des dattes restent dans les kippim, on mange encore celles de la maison.

Rachi raccorde la michna. Pour le Tanna Kamma, le biour attend que les chitsin aussi soient vides. Rabbi Yehouda parle en houmra : là où la bête peut prendre, il n'y a plus rien. Le biour est déjà dû.

🖼️ Schéma
Dattes tombées : kippim et chitsin Kippim, en haut Palmes rangées Le vent y laisse les dattes La haya peut les prendre On mange celles de la maison Chitsin, au pied Épines autour du tronc Dattes tombées en bas La haya ne les prend pas Pas d'appui pour la maison Tanna Kamma : biour quand même les chitsin sont vides Rabbi Yehouda, en houmra : l'endroit accessible est déjà vide
Kippim accessibles : on mange à la maison. Chitsin bloqués par les épines : pas d'appui.
2
תְּנַן הָתָם, שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת לְבִיעוּר: יְהוּדָה, וְעֵבֶר הַיַּרְדֵּן, וְגָלִיל. וְשָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת בְּכָל אַחַת וְאַחַת. וְלָמָה אָמְרוּ שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת לְבִיעוּר? שֶׁיִּהְיוּ אוֹכְלִין בְּכָל אַחַת וְאַחַת עַד שֶׁיִּכְלֶה הָאַחֲרוֹן שֶׁבָּהּ.

Nous avons appris là-bas : trois contrées pour le biour, la Yehouda, l'Ever ha-Yarden, et le Galil. Et trois contrées dans chacune.

Et pourquoi ont-ils dit trois contrées pour le biour ? Pour que l'on mange dans chacune, jusqu'à ce que cesse le dernier qui s'y trouve.

📜 Rachi (4)
שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל חֲלוּקוֹת זוֹ מִזּוֹ לְעִנְיַן בִּיעוּר שֶׁאֵין זוֹ סוֹמֶכֶת עַל זוֹ מִשֶּׁכָּלוּ בָּהּ ואע"פ שֶׁלֹּא כָּלוּ בַּחֲבִירְתֵּהּ:
En Erets Israël, séparées l'une de l'autre pour le biour. Celle-ci ne s'appuie pas sur celle-là dès qu'ils ont cessé chez elle, même s'ils n'ont pas cessé chez sa voisine.
וְשָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת בְּכָל אַחַת וְאַחַת שֶׁחֲלוּקוֹת בְּמִנְהַג קִיּוּם פֵּירוֹתֵיהֶן שֶׁפֵּירוֹתֵיהֶן כְּלוֹת שֶׁל זוֹ קֹודֶם לְזוֹ ואעפ"כ עָשִׂינוּ כֻּולָּן אַחַת לְבִיעוּר כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Elles sont séparées dans la façon dont leurs fruits se maintiennent : les fruits de celle-ci cessent avant ceux de celle-là. Malgré cela, nous les avons faites toutes une seule pour le biour, comme il l'explique en continuant.
וְלָמָה אָמְרוּ שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת הוֹאִיל וְשָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת לְכָל אַחַת הֲרֵי כָּאן תֵּשַׁע אֲרָצוֹת לְמַאי הִילְכְתָא אָמְרוּ שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת לְבִיעוּר וְתוּ לָא:
Puisqu'il y a trois contrées pour chacune, voici neuf contrées. Pour quelle halakha ont-ils dit trois contrées pour le biour, et rien de plus ?
שֶׁיִּהְיוּ אוֹכְלִין בְּכָל אַחַת עֲשָׂאוּם לְשָׁלֹשׁ שֶׁבְּכָל אַחַת כְּאִילּוּ הֵן אַחַת וְאוֹכְלִין בְּכָל אַחַת וְאַחַת מֵהַשָּׁלֹשׁ הַחֲלוּקוֹת לְבִיעוּר עַד שֶׁיִּכְלֶה הָאַחֲרוֹן שֶׁבִּשְׁלֹשׁ אַרְצוֹתֶיהָ אוֹכְלִין בִּיהוּדָה עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁבִּשְׁלֹשׁ אַרְצוֹתֶיהָ וְכֵן בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן וְכֵן בַּגָּלִיל:
Ils ont traité les trois de chacune comme si elles étaient une. Et l'on mange dans chacune des trois séparées pour le biour, jusqu'à ce que cesse le dernier de ses trois contrées. On mange en Yehouda jusqu'à ce que cesse le dernier de ses trois contrées, et de même en Ever ha-Yarden, et de même au Galil.
🗂️ Tossefot (1)
עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁבָּהּ פ"ה עַד שֶׁתִּכְלֶה הָאַחֲרוֹנָה שֶׁבְּאַרְצוֹתֶיהָ וְהַשָּׁלֹשׁ אֲרָצוֹת שֶׁבְּכָל אַחַת שָׁווֹת הֵן וְאֵין נִרְאֶה דְּאִם אֵינָם חֲלוּקוֹת לָמָּה שׁוֹנֶה שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת בְּכָל אַחַת וְעוֹד קָשֶׁה לְרִ"י דִּתְנַן בפ"ט דִּשְׁבִיעִית (מ"ב) שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת לְבִיעוּר וְשָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת בְּכָל אַחַת עַד שֶׁיִּכְלֶה הָאַחֲרוֹנָה שֶׁבָּהּ ר"ש אוֹמֵר לֹא אָמְרוּ שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת אֶלָּא בִיהוּדָה מִכְּלָל דִּלְתַנָּא קַמָּא שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת חֲלוּקוֹת שֶׁכָּל אַחַת חֲלוּקָה לְבִיעוּר ור"ש נָמֵי מוֹדֶה לְהוּ בִּיהוּדָה לְכָךְ י"ל דְּאַחֲרוֹן שֶׁבָּהּ הַיְינוּ פֵּירוֹת שֶׁבָּהָר עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁבָּהָר וּפֵירוֹת שֶׁבָּעֲמָקִים עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁבָּעֲמָקִים וְכֵן שֶׁבַּשְּׁפֵילָה עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁבַּשְּׁפֵילָה וּבַיְּרוּשַׁלְמִי יֵשׁ אָמַר ר'. חַייָּא בַּר' עֲקִיבָא בְּשֵׁם ר' יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא שִׁיעֲרוּ לוֹמַר אֵין חַיָּה שֶׁבָּהָר גְּדֵילָה בָּעֵמֶק וְחַיָּה שֶׁבָּעֵמֶק אֵין גְּדֵילָה בָּהָר וּלְפִי זֶה מַשְׁמַע דְּהָוֵי מִדְּאוֹרַיְיתָּא וְלָא תִּיקְשֵׁי הָא דְּאָמְרִינַן בִּשְׁמַעְתִּין דְּאֵין חַיָּה שֶׁבִּיהוּדָה גְּדֵילָה עַל שֶׁל גָּלִיל דְּמַייְרֵי אַפֵּי' מֵהַר לְהַר וְהַיְינוּ דְּמַסְּקִינַן בְּשִׁילְהֵי שְׁמַעְתִּין דְּתַנְיָא אָמַר רַשְׁבָּ"ג סִימָן לְהָרִים מִילִין וְכוּ' דְּנָפְקָא מִינָּהּ נָמֵי לֹג' אֲרָצוֹת שֶׁבִּיהוּדָה וְהָא דְּלָא קָאָמַר לְקַמָּן נָפְקָא מִינַּהּ לְבִיעוּר מִשּׁוּם דְּחִילּוּק הַר וּשְׁפֵלָה וְעֵמֶק לֹא שַׁייָּךְ אֶלָּא בִּיהוּדָה גְּרֵידָא כִּדְקָתָנֵי בְּמַסֶּכֶת שְׁבִיעִית בְּהֶדְיָא אֲבָל בִּיכּוּרִים וְנַחַל אֵיתָן שַׁייָּכִים בְּכָל א"י וּבַגְּמָ' דִּירוּשַׁלְמִי בְּמַסֶּכֶת שְׁבִיעִית עֲלָהּ דְּהַהִיא סִימָן לְהָרִים מִילִין קָאָמַר אִית דְּבָעֵי לְמֵימַר לְמֵידַק הָדָא אִיתְּמַר פֵּירוּשׁ לְעִנְיַן שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת נֶאֱמַר אוֹתוֹ סִימָן:
Selon le commentaire de Rachi : jusqu'à ce que cesse la dernière de ses contrées, et les trois contrées de chacune sont égales. Cela ne se tient pas. Si elles ne sont pas séparées, pourquoi enseigne-t-il trois contrées dans chacune ? Autre difficulté pour le Ri. On enseigne au chapitre 9 de Cheviit (michna 2) : trois contrées pour le biour, et trois contrées dans chacune, jusqu'à ce que cesse la dernière qui s'y trouve. Rabbi Chimon dit : ils n'ont dit trois contrées qu'en Yehouda. Il en ressort que, pour le Tanna Kamma, les trois contrées sont séparées, chacune ayant son biour, et Rabbi Chimon convient avec eux pour la Yehouda. C'est pourquoi l'on dira : le dernier qui s'y trouve, ce sont les fruits de la montagne, jusqu'à ce que cesse le dernier de la montagne ; les fruits des vallées, jusqu'à ce que cesse le dernier des vallées ; et de même ceux de la Chefelah, jusqu'à ce que cesse le dernier de la Chefelah. Dans le Yerouchalmi : Rabbi Hiya bar Rabbi Akiva a dit au nom de Rabbi Yosse bar Hanina : ils ont évalué, pour dire : il n'y a pas de bête sauvage de la montagne qui grandisse dans la vallée, et la bête sauvage de la vallée ne grandit pas sur la montagne. D'après cela, il ressort que c'est de-oraita. Et ce que nous disons dans notre sugya, qu'une bête sauvage de Yehouda ne grandit pas sur les fruits du Galil, porte même de montagne à montagne. C'est aussi ce que nous concluons à la fin de notre sugya, car on enseigne : Rabban Chimon ben Gamliel a dit : un signe pour les montagnes, des mil, etc. Il y a là aussi une nafka mina pour les trois contrées de Yehouda. S'il ne dit pas plus loin que la nafka mina est pour le biour, c'est que la distinction montagne, Chefelah et vallée ne vaut que pour la Yehouda seule, comme l'enseigne explicitement le traité Cheviit. Les bikourim et le nahal eitan, eux, valent dans toute Erets Israël. Et dans la Guemara du Yerouchalmi, traité Cheviit, sur ce signe pour les montagnes, des mil, il dit : certains veulent dire que cela a été enseigné pour préciser ceci. Explication : ce signe a été dit au sujet des trois contrées.
💡 Explication

Michna de Cheviit. Trois contrées pour le biour : Yehouda, Ever ha-Yarden (au-delà du Jourdain), Galil. Chacune en contient trois. Rachi lit la question : s'il y en a neuf, pourquoi dire trois ? Sa réponse : les trois d'une même contrée comptent comme une. On mange en Yehouda jusqu'au dernier des trois de Yehouda. Les fruits encore au Galil ne prolongent pas la Yehouda.

Tossefot part de la même michna, chapitre 9. Rabbi Chimon dit qu'on n'a parlé de trois contrées qu'en Yehouda : pour le Tanna Kamma, chaque sous-contrée a donc son biour. Acharon che-bah vise le dernier du har, le dernier de l'emek, le dernier de la Chefelah. Le Yerouchalmi : la haya du har ne grandit pas dans l'emek. Tossefot y voit un issour de-oraita.

3
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב חָמָא בַּר עֻוקְבָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: אֲמַר קְרָא ״וְלִבְהֶמְתְּךָ וְלַחַיָּה אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ״. כָּל זְמַן שֶׁחַיָּה אוֹכֶלֶת מִן הַשָּׂדֶה — הָאֹכֶל לַבְּהֵמָה שֶׁבַּבַּיִת, כָּלָה לְחַיָּה אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה — כַּלֵּה לִבְהֶמְתְּךָ מִן הַבַּיִת.

D'où ces paroles ? Rav Hama bar Oukva a dit que Rabbi Yosse bar Hanina a dit : le verset dit : et pour ta bête, et pour la bête sauvage qui est dans ton pays.

Tant que la bête sauvage mange du champ, nourris la bête qui est dans la maison. Cela cesse pour la bête sauvage qui est au champ : cela cesse pour ta bête, de la maison.

📜 Rachi (1)
מְנָא הָנֵי מִילֵּי דְּאוֹכְלִין בִּיהוּדָה עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁבִּשְׁלֹשׁ אֲרָצוֹת שֶׁבָּהּ אֲבָל אֵין אוֹכְלִין בִּיהוּדָה ע"י אוֹתָן שֶׁבַּגָּלִיל:
Que l'on mange en Yehouda jusqu'à ce que cesse le dernier des trois contrées qui s'y trouvent, mais que l'on ne mange pas en Yehouda par le moyen de ceux du Galil.
💡 Explication

La source est Vayikra 25, 7. La behema de la maison suit la haya du champ. Tant que cette espèce est encore au champ pour la bête sauvage, on la donne à la bête de la maison. Quand elle cesse au champ, elle cesse à la maison : c'est l'heure du biour.

Rachi fixe la portée. Le verset autorise à manger en Yehouda tant que le dernier des trois de Yehouda n'a pas cessé. Il n'autorise pas à manger en Yehouda sur les fruits du Galil.

🖼️ Schéma
La maison suit le champ Pour ta behema, et pour la haya qui est dans ton pays La haya mange au champ Nourris la behema qui est dans la maison Cesse pour la haya du champ Cesse pour ta behema depuis la maison Tradition : la haya de Yehouda ne grandit pas sur les fruits du Galil Elle va de Yehouda à Yehouda. Elle ne va pas d'une contrée à l'autre
Le verset lie la maison au champ. La tradition arrête la haya à la frontière de sa contrée.
4
וּגְמִירִי: דְּאֵין חַיָּה שֶׁבִּיהוּדָה גְּדֵילָה עַל פֵּירוֹת שֶׁבַּגָּלִיל, וְאֵין חַיָּה שֶׁבַּגָּלִיל גְּדֵילָה עַל פֵּירוֹת שֶׁבִּיהוּדָה.

Et c'est une tradition : la bête sauvage de Yehouda ne grandit pas sur les fruits du Galil, et la bête sauvage du Galil ne grandit pas sur les fruits de Yehouda.

📜 Rachi (2)
וּגְמִירִי מָסֹורֶת מֵאֲבוֹתֵינוּ:
Une tradition venue de nos pères.
דְּאֵין חַיָּה שֶׁבִּיהוּדָה מִתְרַחֶקֶת כָּל כָּךְ לָצֵאת מִיּהוּדָה לְגָלִיל וּמִגָּלִיל לִיהוּדָה אֲבָל יוֹצְאָהּ הִיא מִגָּלִיל לְגָלִיל וּמִיּהוּדָה לִיהוּדָה:
Elle ne s'éloigne pas au point de sortir de Yehouda vers le Galil, ni du Galil vers la Yehouda. Mais elle sort du Galil vers le Galil, et de Yehouda vers la Yehouda.
💡 Explication

Gmiri : tradition reçue des pères, sans verset nouveau. La haya de Yehouda ne se nourrit pas des fruits du Galil, et l'inverse. Rachi le lit en déplacement : elle va d'un bout à l'autre de sa contrée, elle ne passe pas dans l'autre. D'où la limite du segment précédent : le Galil encore pourvu ne maintient pas les fruits de Yehouda à la maison.

5
תָּנוּ רַבָּנַן: פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְחוּצָה לָאָרֶץ — מִתְבַּעֲרִין בְּכָל מָקוֹם שֶׁהֵן. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יַחְזְרוּ לִמְקוֹמָן וְיִתְבַּעֲרוּ, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּאַרְצְךָ״. הָא אַפֵּיקְתֵּיהּ?

Les Rabbins ont enseigné : des fruits sortis d'Erets Israël vers l'extérieur du pays sont soumis au biour en tout lieu où ils sont. Rabbi Chimon ben Elazar dit : qu'ils retournent à leur lieu, et qu'on y fasse leur biour, parce qu'il est dit : dans ton pays.

Tu l'as déjà sortie ?

📜 Rachi (4)
מִתְבַּעֲרִין כְּשֶׁתַּגִּיעַ עוֹנַת הַבִּיעוּר שֶׁכָּלוּ לַחַיָּה:
Quand arrive la saison du biour, lorsqu'ils ont cessé pour la bête sauvage.
בְּכָל מָקוֹם שֶׁהֵן וְלָא מַטְרְחִינַן לֵיהּ לְהַחֲזִירָן לָאָרֶץ לְבַעֲרָן שָׁם:
Et nous ne lui imposons pas de les ramener au pays pour y faire leur biour.
מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר בְּאַרְצְךָ לַחַיָּה אֲשֶׁר בְּאַרְצְךָ וְזֶהוּ בִּיעוּרָן שֶׁמַּפְקִירָן בִּמְקוֹם דְּרִיסַת חַיָּה וּבְהֵמָה:
Pour la bête sauvage qui est dans ton pays. Et tel est leur biour : il les abandonne en un lieu où foulent la bête sauvage et la bête domestique.
הָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לִמְעוּטֵי דְּאֵין סוֹמְכִין בְּנֵי יְהוּדָה אֶלָּא עַל אַרְצָם וְלֹא עַל שֶׁל גָּלִיל:
Pour exclure : les gens de Yehouda ne s'appuient que sur leur contrée, et non sur celle du Galil.
🗂️ Tossefot (1)
מִתְבַּעֲרִין בְּכָל מָקוֹם פ"ה שֶׁנּוֹתְנִין אוֹתָן לְמִרְמַס חַיָּה וּבְהֵמָה וְלֹא נִרְאֶה דְּהָא מֻותָּרִין אַחַר בִּיעוּר לַעֲנִיִּים לכ"ע דִּתְנַן הָתָם (מִשְׁנָה ח) מִי שֶׁהָיוּ לוֹ פֵּירוֹת שְׁבִיעִית וְהִגִּיעַ שְׁעַת הַבִּיעוּר מְחַלְּקָן מְזוֹן שָׁלשׁ סְעוּדוֹת לְכָל אֶחָד עֲנִיִּים אוֹכְלִים אַחַר הַבִּיעוּר וְלֹא עֲשִׁירִים דִּבְרֵי ר' יְהוּדָה ר' יוֹסֵי אוֹמֵר אֶחָד עֲנִיִּים וְא' עֲשִׁירִים אוֹכְלִים אַחַר הַבִּיעוּר וּבַתּוֹסֶפְתָּא קָתָנֵי מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ פֵּירוֹת שְׁבִיעִית וְהִגִּיעַ שְׁעַת הַבִּיעוּר מְחַלֵּק מֵהֶן לִשְׁכֵינָיו וְלִקְרוֹבָיו וּלְיוֹדְעָיו וּמוֹצִיא וּמַנִּיחַ עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ וְאוֹמֵר אַחֵינוּ בֵּית יִשְׂרָאֵל מִי שֶׁצָּרִיךְ לִיטֹּול יִטֹּול וְחוֹזֵר וּמַכְנִיס לְתוֹךְ בֵּיתוֹ וְהוֹלֵךְ וְאוֹכֵל עַד שֶׁיִּכְלוּ וְאוֹמֵר רִ"י הָא דְּמַשְׁמַע בְּכָל מָקוֹם לֶאֱסֹור לֶאֱכֹול אַחַר הַבִּיעוּר הַייְנוּ כְּשֶׁמַּשְׁהֶה בְּבֵיתוֹ בְּחֶזְקַת שֶׁלּוֹ אֲבָל אִם מַפְקִירוֹ וּמוֹצִיאוֹ מֵרְשׁוּתוֹ שֶׁיֹּאכַל כָּל מִי שֶׁיִּרְצֶה הֵן אָדָם וְהֵן חַיָּה מֻותָּר לְהַכְנִיסוֹ וּלְאָכְלוֹ אַחַר הַבִּיעוּר:
Selon le commentaire de Rachi : on les donne au piétinement de la bête sauvage et de la bête domestique. Cela ne se tient pas, car après le biour ils sont permis aux pauvres selon tous. On enseigne là-bas (michna 8) : celui qui avait des fruits de cheviit, et l'heure du biour est arrivée, les répartit en nourriture de trois repas pour chacun. Les pauvres mangent après le biour, et les riches ne mangent pas : paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Yosse dit : pauvres et riches mangent après le biour. Et la Tossefta enseigne : celui qui a des fruits de cheviit, et chez qui l'heure du biour est arrivée, en distribue à ses voisins, à ses parents et à ses connaissances. Il sort, il dépose à l'entrée de sa maison, et il dit : nos frères, maison d'Israël, qui a besoin de prendre, qu'il prenne. Il les rentre dans sa maison, et il mange jusqu'à ce qu'ils soient épuisés. Et le Ri dit : ce qui, dans en tout lieu, donne à entendre d'interdire de manger après le biour, vise celui qui les retient dans sa maison comme siens. S'il les rend hefker et les sort de son domaine, pour que mange qui voudra, homme ou bête, il est permis de les rentrer et de les manger après le biour.
💡 Explication

Baraitha sur les fruits de cheviit sortis du pays. Le Tanna Kamma : biour là où ils sont, sans les ramener. Rabbi Chimon ben Elazar : on les ramène à leur lieu, car le verset dit be-artsekha. La Guemara objecte : ce mot a déjà servi à séparer les contrées. Rachi : les gens de Yehouda ne s'appuient que sur leur contrée.

Rachi décrit le biour comme un abandon là où la haya et la behema foulent. Tossefot écarte cette image : après le biour, les pauvres mangent (Rabbi Yehouda), ou tous mangent (Rabbi Yosse). Le Ri : l'interdit de manger après le biour vise celui qui garde les fruits be-hezkat shelo, comme siens. S'il les a rendus hefker et sortis de son reshut, il peut les rentrer et les manger.

6
קְרִי בֵיהּ: ״בָּאָרֶץ״ ״בְּאַרְצְךָ״, אִי נָמֵי: ״מֵאֲשֶׁר בְּאַרְצְךָ״.

Lis-y : dans le pays, dans ton pays. Ou bien : de ce qui est dans ton pays.

📜 Rachi (2)
קְרִי בֵּיהּ בָּאָרֶץ בְּאַרְצֶךָ אִי הֲוָה כְּתִיב בָּאָרֶץ הֲוָה שָׁמְעַת מִינָּהּ חֲדָא מִינַּייְהוּ הַשְׁתָּא דִּכְתִיב בְּאַרְצְךָ דְּרוֹשׁ בָּהּ תַּרְתֵּי:
S'il était écrit dans le pays, tu en aurais appris une seule. Maintenant qu'il est écrit dans ton pays, fais-y deux derachot.
אִי נָמֵי אֲשֶׁר לִדְרָשָׁא:
Le mot acher est là pour la deracha.
💡 Explication

Deux façons de garder les deux halakhot sur le même verset. Kri beih : la forme be-artsekha se lit ba-arets et be-artsekha. L'une réserve le biour au pays. L'autre réserve chaque contrée à elle-même. Rachi : écrit ba-arets, une seule deracha ; écrit be-artsekha, les deux.

Seconde voie : me-acher be-artsekha. Le mot acher est en trop, il porte l'autre deracha.

🖼️ Schéma
Un mot, deux derachot be-artsekha ba-arets Biour dans le pays seul be-artsekha Chaque contrée sur la sienne Autre voie : le mot acher, en trop, porte la seconde deracha
Be-artsekha donne ba-arets et be-artsekha. Acher, sinon, porte la seconde deracha.
7
רַב סָפְרָא נְפַק מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְחוּצָה לָאָרֶץ. הֲוָה בַּהֲדֵיהּ גַּרְבָּא דְחַמְרָא דִּשְׁבִיעִית, לַוּוֹ בַּהֲדֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא וְרַב כָּהֲנָא, אֲמַר לְהוּ: אִיכָּא דִּשְׁמִיעַ לֵיהּ מִינֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹ לָא? אֲמַר לֵיהּ רַב כָּהֲנָא, הָכִי אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר. אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא, הָכִי אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר.

Rav Safra sortit d'Erets Israël vers l'extérieur du pays. Il avait avec lui une cruche de vin de cheviit.

Rav Houna fils de Rav Ika et Rav Kahana faisaient route avec lui. Il leur dit : y a-t-il quelqu'un qui ait entendu de Rabbi Abahou si la halakha est comme Rabbi Chimon ben Elazar, ou non ?

Rav Kahana lui dit : ainsi a dit Rabbi Abahou : la halakha est comme Rabbi Chimon ben Elazar. Rav Houna fils de Rav Ika lui dit : ainsi a dit Rabbi Abahou : la halakha n'est pas comme Rabbi Chimon ben Elazar.

📜 Rachi (2)
לְווּ בַּהֲדֵיהּ נִתְלַוּוּ עִמּוֹ בַּחֲבוּרָה:
Ils se sont joints à lui dans le groupe.
מִינֵּיהּ דְּר' אַבָּהוּ תַּלְמִידָיו הָיוּ:
Ils étaient ses élèves.
💡 Explication

Cas pratique de la baraitha. Rav Safra quitte Erets Israël avec une cruche de vin de cheviit. Deux élèves de Rabbi Abahou l'accompagnent, et ils rapportent l'inverse l'un de l'autre. Rav Kahana : la halakha est comme Rabbi Chimon ben Elazar, il faut ramener le vin. Rav Houna fils de Rav Ika : la halakha n'est pas comme lui, le biour se fait sur place.

8
אָמַר רַב סָפְרָא: נְקוֹט הָא כְּלָלָא דְּרַב הוּנָא בִּידָךְ, דְּדָיֵיק וְגָמַר שְׁמַעְתָּתָא מִפֻּומֵּיהּ דְּרַבֵּיהּ כְּרַחֲבָה דְפוּמְבְּדִיתָא. דְּאָמַר רַחֲבָה אָמַר רַב יְהוּדָה: הַר הַבַּיִת סְטָיו כָּפוּל הָיָה סְטָיו לְפָנִים מִסְּטָיו. קָרֵי עֲלֵיהּ רַב יוֹסֵף: ״עַמִּי בְּעֵצוֹ יִשְׁאָל וּמַקְלוֹ יַגִּיד לוֹ״. כָּל הַמֵּיקֵל לוֹ — מַגִּיד לוֹ.

Rav Safra dit : tiens en main cette règle de Rav Houna, car il est précis, et il apprend la tradition de la bouche de son maître, comme Rahava de Poumbedita. Car Rahava a dit que Rav Yehouda a dit : le Har ha-Bayit était un stav double, un stav en dedans d'un stav.

Rav Yossef lut sur lui : Mon peuple interroge son bois, et son bâton le lui annonce. Quiconque allège pour lui, le lui annonce.

📜 Rachi (5)
דְּקִים לֵיהּ דְּאִיהוּ דָּיֵיק שְׁמַעְתָּא מִפֻּומֵּיהּ דְּרַבֵּיהּ כְּשֶׁהַשְּׁמוּעָה יוֹצְאָהּ מִפִּי רַבּוֹ מְדַקְדֵּק וְאוֹמֵר לְרַבּוֹ לְשַׁנּוֹתָהּ פַּעַם שְׁנִיָּיה וּמַבְחִין הֵימֶנּוּ אוֹ הֵן אוֹ לָאו:
Quand l'enseignement sort de la bouche de son maître, il y regarde de près. Il dit à son maître de le répéter une seconde fois, et il distingue chez lui le oui ou le non.
כִּרְחָבָה דְּפוּמְבְּדִיתָא שֶׁהָיָה מְדַקְדֵּק בִּשְׁמוּעָתוֹ לָדַעַת מִמִּי קִיבְּלָהּ:
Qui regardait de près sa tradition, pour savoir de qui il l'avait reçue.
רַבִּי יְהוּדָה סָפֵק שְׁמָעָהּ מֵרַב יְהוּדָה אוֹ מַר' יְהוּדָה נְשִׂיאָה דַּהֲוָה נָמֵי בְּהַהוּא דָּרָא:
Doute : l'a-t-il entendue de Rav Yehouda, ou de Rabbi Yehouda Nessiya, qui était aussi de cette génération.
סְטָיֽו כָּפוּל הָיָה אִיצְטַבָּאוֹת סָבִיב לוֹ כְּפוּלוֹת זוֹ לִפְנִים מִזּוֹ סָבִיב:
Des itzabaot autour de lui, doublées, l'une en dedans de l'autre, tout autour.
קָרֵי רַב יוֹסֵף עֲלֵיהּ דְּרַב סִפְרָא:
Sur Rav Safra.
🗂️ Tossefot (1)
רַב סָפְרָא אַפֵּיק גַּרְבָּא דְּחַמְרָא מא"י לח"ל הִקְשָׁה רִיבָ"א דִּתְנַן בפ"ו דִּשְׁבִיעִית (מִשְׁנָה ה) אֵין מוֹצִיאִין שֶׁמֶן שְׂרֵיפָה וּפֵירוֹת שְׁבִיעִית מִן הָאָרֶץ לח"ל וְתֵירֵץ דְּהָתָם מַייְרֵי לַאֲכִילָה וְרַב סִפְרָא אַפֵּיק לִסְחוֹרָה דְּיֵשׁ סְחוֹרָה שֶׁמֻּותֶּרֶת אִי נָמֵי בְּשׁוֹגֵג הוֹצִיאוֹ:
Le Riva objecte. On enseigne au chapitre 6 de Cheviit (michna 5) : on ne sort pas l'huile de serifa ni les fruits de cheviit du pays vers l'extérieur du pays. Il répond : là, il s'agit de la consommation, et Rav Safra l'a sorti pour le commerce, car il y a un commerce qui est permis. Ou encore : il l'a sorti par chogueg.
💡 Explication

Rav Safra retient Rav Houna. Raison : il dayek, il est précis, il reprend la tradition dans les mots de son maître, à la manière de Rahava de Poumbedita. L'exemple : Rahava répète stav kaful, un stav en dedans d'un stav. Rachi glose : des itzabaot doublées autour du Har ha-Bayit. Rachi laisse un doute sur le Rav Yehouda de cet enseignement : Rav Yehouda, ou Rabbi Yehouda Nessiya.

Rav Yossef lit sur Rav Safra le verset de Hochea : le peuple interroge son bois, et son makel (bâton) le lui annonce. Il le retourne : kol ha-mekel lo, magid lo. Qui lui allège, le lui annonce. Rav Safra a pris le rapport souple.

Tossefot, par le Riva : Cheviit 6, 5 interdit de sortir les fruits de cheviit et l'huile de serifa. Réponse : la michna vise la consommation ; Rav Safra sortait le vin pour un commerce permis. Autre réponse : sortie be-chogueg.

🖼️ Schéma
Qui Rav Safra retient, et pourquoi Rahava Il fait répéter son maître Il garde le mot stav Rav Houna Même précision Élève de Rabbi Abahou Rav Safra le tient Rav Yossef Verset du bâton lu : mekel Il écoute qui allège Suite : biour du vin là où il est, sans retour en Erets Israël
Rav Houna répète comme Rahava. Rav Safra le suit. Rav Yossef y lit le verset du mekel.
9
רַבִּי אִילְעַאי קַץ כַּפְנְייָתָא דִשְׁבִיעִית. הֵיכִי עֲבִיד הָכִי?! ״לְאָכְלָהּ״ אֲמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא לְהֶפְסֵד. וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּנָחֵית לְפֵירָא, אֲבָל הֵיכָא דְּלָא נָחֵית לְפֵירָא — לָא. וְהָאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: הָנֵי מַתְחֲלִי דְּעָרְלָה — אֲסִירִי, הוֹאִיל וְנַעֲשׂוּ שׁוֹמֵר לְפֵירֵי.

Rabbi Ilai coupa des kafniyot de cheviit. Comment a-t-il agi ainsi ?

Pour la consommation, a dit le Rahmana, et non pour la perte. Et si tu dis : ces paroles valent là où c'est descendu au fruit, mais là où ce n'est pas descendu au fruit, non.

Or Rav Nahman n'a-t-il pas dit que Rabba bar Abouha a dit : ces mathalei d'orla sont interdites, puisqu'elles sont devenues un chômer pour le fruit.

📜 Rachi (4)
קֵץ כַּפְנְיָיתָא דִּשְׁבִיעִית דֶּקֶל טָעוּן כַּפְנִיּוֹת וְהֵן תְּמָרִים קְטַנִּים שֶׁלֹּא בִּישְּׁלוּ וְקָצַץ הַדֶּקֶל לְעֵצִים וְהִפְסִיד כַּפְנִיּוֹת:
Un palmier chargé de kafniyot : ce sont de petites dattes qui n'ont pas mûr. Il a coupé le palmier pour le bois, et il a fait perdre les kafniyot.
דְּנָחַת לְפֵירָא פֵּירֵי שֶׁנִּגְמַר אָסוּר לְהַפְסִידוֹ:
Un fruit achevé : il est interdit de le faire perdre.
מַתְחֲלִי דְּעָרְלָה שׁוֹמֵר הַגָּדֵל סְבִיבוֹת הַתְּמָרִים בְּקָטְנָן כְּעֵין פֶּקֶס הַגָּדֵל סְבִיבוֹת אֱגוֹזֵי יַעַר הַדַּקּוֹת:
La protection qui pousse autour des dattes quand elles sont petites, comme la coque qui pousse autour des petites noix de forêt.
אֲסִירִי מִשּׁוּם עָרְלָה דְּלָא הָווּ כְּעֵץ אֶלָּא שֵׁם פֵּירֵי עֲלֵיהֶם הוֹאִיל דְּנַעֲשׂוּ שׁוֹמֵר לְפֵירֵי:
À cause de l'orla. Elles ne comptent pas comme le bois : le nom de fruit est sur elles, puisqu'elles sont devenues un chômer pour le fruit.
💡 Explication

Rabbi Ilai a coupé un palmier de cheviit chargé de kafniyot, dattes petites, non mûres, et il les a fait perdre pour prendre le bois. Le Rahmana, la Torah, dit le-okhla : pour la consommation, et non le-hefsed, pour la perte.

La Guemara envisage une limite : l'interdit viserait le fruit déjà nahit le-peira, descendu au stade de fruit achevé. La Guemara répond par Rav Nahman au nom de Rabba bar Abouha : les mathalei d'orla, enveloppes de la jeune datte, sont interdites, parce qu'elles sont un chômer la-péri. Dès ce stade, le nom de fruit est déjà là.

10
וְשׁוֹמֵר לְפֵירֵי אִימַּת הָוֵה? בְּכֻופְרֵי וְקָא קָרֵי לְהוּ פֵּירֵי! רַב נַחְמָן דְּאָמַר כְּרַבִּי יוֹסֵי. דִּתְנַן, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: סְמָדַר אָסוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא פֵּירֵי, וּפְלִיגִי רַבָּנַן עָלֶיהָ.

Et le chômer du fruit, quand est-il ? Au kofri.

Et il les appelle fruit. Rav Nahman parle selon Rabbi Yosse.

Car nous avons appris : Rabbi Yosse dit : le semadar est interdit, parce qu'il est fruit. Et les Rabbins divergent de lui.

📜 Rachi (4)
וְשׁוֹמֵר פֵּירֵי אֵימַת הָוֵי בַּכֻּופְרִי כְּשֶׁהֵן קְטַנּוֹת וְכֻופְרָא הוּא כַּפְנִיּוֹת וּכְשֶׁגְּדֵילִין הוּא יָבֵשׁ וְנוֹפֵל אַלְמָא כַּפְנִיּוֹת קָרַוְיִין פֵּירֵי:
Quand elles sont petites. Le kofra, ce sont les kafniyot. Quand elles grandissent, il sèche et tombe. Donc les kafniyot sont appelées fruit.
רַב נַחְמָן דְּאָמַר פֵּירֵי שֶׁלֹּא נִגְמַר קָרוּי פֵּירֵי:
Qui a dit : un fruit qui n'est pas achevé est appelé fruit.
דְּאָמַר כְּר' יוֹסֵי דְּאָמַר מִשֶּׁנָּפַל פָּרַח הַגֶּפֶן וְנִרְאֵית צוּרַת הָעֲנָבִים וְהַייְנוּ סְמָדַר אָסוּר מִשּׁוּם עָרְלָה מִפְּנֵי שֶׁהוּא פֵּירֵי וּבְלַעַז קוֹרִין אשפני"ר:
Qui a dit : dès que la fleur de la vigne est tombée et que la forme des raisins paraît, et c'est le semadar, c'est interdit à cause de l'orla, parce que c'est un fruit. En laaz, on l'appelle espanir.
וּפְלִיגִי רַבָּנָן עָלֶיהָ בְּמַסֶּכֶת עָרְלָה דְּקָתָנֵי רֵישָׁא הֶעָלִין וְהַלּוּלָבִין וּמֵי גְּפָנִים וּסְמָדַר מֻותָּרִים מִשּׁוּם עָרְלָה וְרַבִּי אִלְעַאי דַּעֲבַד כְּרַבָּנָן:
Dans le traité Orla, où la reisha enseigne : les feuilles, les loulavim, l'eau de la vigne et le semadar sont permis au regard de l'orla. Et Rabbi Ilai a agi comme les Rabbins.
💡 Explication

Le chômer existe dès le kofri, et Rav Nahman appelle cela du fruit. Rachi : le kofra, ce sont les kafniyot ; en grandissant, l'enveloppe sèche et tombe. Les kafniyot portent donc déjà le nom de péri.

La Guemara range cet avis avec Rabbi Yosse, avis isolé. Pour lui, le semadar (fleur de vigne tombée, forme du raisin déjà visible ; en laaz, espanir) est interdit à cause de l'orla, parce qu'il est fruit. Les Rabbins, dans la reisha d'Orla, permettent feuilles, loulavim, eau de vigne et semadar. Rabbi Ilai a coupé selon les Rabbins : à ce stade, pas encore de péri à préserver.

11
מַתְקִיף לַהּ רַב שִׁימִי מִנְּהַרְדְּעָא: וּמִי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בִּשְׁאָר אִילָנוֹת? וְהָא תְנַן: מֵאֵימָתַי אֵין קוֹצְצִין אֶת הָאִילָנוֹת בַּשְּׁבִיעִית? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: כָּל הָאִילָנוֹת מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: הֶחָרוּבִין מִשֶּׁיְּשַׁרְשְׁרוּ, וְהַגְּפָנִים

Rav Chimi de Nehardea objecte : et les Rabbins divergent-ils de Rabbi Yosse pour les autres arbres ? Or nous avons appris : à partir de quand ne coupe-t-on plus les arbres en cheviit ?

Beit Chammai dit : tous les arbres, dès qu'ils ont émis. Et Beit Hillel dit : les caroubiers, dès qu'ils ont formé des chaînes, et les vignes

📜 Rachi (4)
בִּשְׁאָר אִילָנוֹת חוּץ מִגֶּפֶן:
Hors la vigne.
אֵין קוֹצְצִין לְעֵצִים מִפְּנֵי שֶׁמַּפְסִיד הַפֵּירֵי וְרַחֲמָנָא אָמַר לְאָכְלָה וְלֹא לְהֶפְסֵד:
Pour le bois, parce qu'il fait perdre le fruit. Et le Rahmana a dit : pour la consommation, et non pour la perte.
מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ תְּחִילַּת הֶעָלִין בִּימֵי נִיסָן:
Le début des feuilles, aux jours de Nissan.
מִשֶּׁיְּשַׁרְשֵׁרוּ מִשֶּׁיֵּרָאוּ בָּהֶן כְּעֵין שַׁרְשְׁרוֹת שֶׁל חָרוּבִין:
Dès que l'on y voit comme des chaînes de caroubes.
💡 Explication

Rav Chimi de Nehardea objecte. Les Rabbins divergent-ils de Rabbi Yosse pour les autres arbres, hors la vigne ? Rachi : la question vise tout arbre hors la vigne.

Preuve amenée, michna de Cheviit : à partir de quand ein kotsitsin, on ne coupe plus les arbres en cheviit, pour le bois, parce qu'on perd le fruit. Beit Chammai : tous les arbres, dès qu'ils ont émis. Rachi : début des feuilles, en Nissan. Beit Hillel distingue : les caroubiers, mi-she-yesharshru, dès que des chaînes de caroubes paraissent. La phrase s'arrête ici sur les vignes ; elle continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).