Pesachim 53a - Biour des fruits, signes du pays, et le rôti de Pessah

Pesachim 53a

Sougya : L'amoud achève la baraitha de Beit Hillel : on ne coupe plus la vigne dès le giru'a, mesure d'une fève blanche, les olives dès la fleur, les autres arbres dès qu'ils produisent. Rabbi Ilai n'a rien perdu : il a coupé un palmier dénis'hani, dont les dattes ne mûrissent pas sur l'arbre.

Suit le biour de cheviit, lieu par lieu et fête par fête, puis les signes de Rabban Chimon ben Gamliel : montagne, vallée, torrent, Chefelah, avec leur nafka mina pour les bikourim, l'egla arufa et la vente. La michna ouvre deux minhagim : vendre du bétail aux goyim, et manger du rôti les nuits de Pessa'h.

Rav interdit de dire que telle viande est pour Pessa'h. Todos de Rome est repris pour les chevreaux mekoulasim.

Biour : le lieu, puis la fête Raisins Treilles d'Okhel ou d'Avel des vignes Jusqu'à Pessa'h Plus tardif ailleurs : on s'appuie dessus Olives Dernier de Tekoa R. Eliezer : Goush Halav Jusqu'à Atseret Cesse quand le pauvre ne trouve plus un rêva Grogerot Pagim de Beit Hini R. Yehouda : maasser seul Jusqu'à 'Hanouka R. Yo'hanan inverse : jusqu'à Pourim Dattes Dernier de Tsoar Kippim oui, chitsin non Jusqu'à Pourim R. Yo'hanan inverse : jusqu'à 'Hanouka Les deux baraithot visent une seule échéance Le lieu nommé et la fête nommée coïncident. Rav Bibi rapporte l'inversion, sans répondre Autre voie : le texte le dit déjà. S'il reste plus tardif, on mange en s'appuyant dessus
Chaque fruit a un lieu de référence et une fête. Les deux formulations sont une seule échéance, sauf fruit plus tardif.
Quatre signes, et à quoi ils servent Har Milin, galles Les autres arbres de montagne sont moindres Bikourim Pas les palmiers de la montagne Emek Palmiers Dattes de choix dans la vallée Bikourim Pas le grain de vallée eau stagnante, flétri Nahal Roseaux Sans roseaux, on ne l'appelle pas torrent Nahal eitan Egla arufa Le roseau identifie le lit Chefelah Sycomore Il ne fait pas de fruit Plaine, terre unie Vente Je te vends une Chefelah : il y faut des sycomores Verset : les cèdres comme les sycomores de la Chefelah. Zekher, preuve incomplète Bikourim : sept espèces, et seulement d'un lieu de choix. Le miel du verset, c'est la datte Une fois la vente dite pour la Chefelah, les quatre signes servent aussi au mekah u-memkar
Milin, palmiers, roseaux, sycomore : bikourim, egla arufa, et définition d'un terrain vendu.
Vendre une bête, et parler de Pessa'h Behema daka On suit le minhag Lieu qui vend : on vend Lieu qui s'abstient : non Houmra locale, de peur d'en venir au gros Menu bétail seulement Behema gasa Nulle part on ne vend Veaux, poulains, estropiés Prêt, location, essai Chevitat behemto R. Yehouda : l'estropiée Ben Beteira : le cheval Parole et rôti Viande pour Pessa'h : interdit de le dire Aspect de kodachim dehors Blé : on le garde, permis Rôti : selon le minhag Mekoulas : Todos repris Pourquoi l'estropiée et le cheval Estropiée : on l'abat, pas de garde Veau et poulain : on les confond Cheval : la monte est un chevout Beitsa 36b. Pas de gezera d'essai Ce que Rav et Rav Papa séparent Viande, même déjà abattue Blé et orge : chemirah de Pessa'h Mekoulas : l'acte suffit La suite du daf corrige le mot kodachim
Le menu bétail suit le minhag. Le gros est interdit partout. La parole sur la viande de Pessah a l'aspect des kodachim.
1
מִשֶּׁיַּגְרִיעוּ, וְהַזֵּיתִים מִשֶּׁיָּנֵיצּוּ, וּשְׁאָר כָּל הָאִילָנוֹת מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ. וְאָמַר רַב אַסִּי: הוּא בֹּוסֶר, הוּא גֵּירוּעַ, הוּא פּוֹל הַלָּבָן. פּוֹל הַלָּבָן סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: שִׁיעוּרוֹ כְּפוֹל הַלָּבָן.

dès qu'elles ont formé le giru'a ; les olives, dès qu'elles ont fait le netz ; et tous les autres arbres, dès qu'ils ont produit. Rav Assi a dit : c'est le boser, c'est le giru'a, c'est la fève blanche.

La fève blanche, cela te viendrait-il à l'esprit ? Dis plutôt : sa mesure est celle de la fève blanche.

📜 Rachi (4)
מִשֶּׁיַּגְרִיעוּ מִשֶּׁגָּדְלוּ הָעֲנָבִים קְצָת וְנִקְרְאוּ גֵּירוּעַ וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ שִׁיעוּרוֹ כְּפוֹל הַלָּבָן:
Dès que les raisins ont un peu grandi, et on les appelle giru'a. Plus loin, il explique : sa mesure est celle de la fève blanche.
מִשֶּׁיָּנֵיצּוּ מִשֶּׁיַּגְדִּיל הָנֵץ עֲלֵיהֶן וְהוּא כְּעֵין מַתְחֲלִי וְדוֹמֶה לוֹ בִּבְרָכוֹת (דַּף לו:) הַפִּטְמָה שֶׁל רִימּוֹן מִצְטָרֵף וְהַנֵּץ שֶׁלּוֹ אֵינוֹ מִצְטָרֵף:
Dès que la fleur grandit sur elles. C'est comme un bourgeon. Pareil en Berakhot (36b) : le mamelon de la grenade se joint, et sa fleur ne se joint pas.
הוּא בֹּוסֶר דְּאָמַר כָּל הֵיכָא דִּתְנַן אוֹ בֹּוסֶר אוֹ גֵּירוּעַ כֻּולְּהוּ חֲדָא נִינְהוּ בֹּוסֶר תְּנַן בְּגִיטִּין (דַּף לא.) מִשְּׁעַת כְּנִיסַת הַמַּיִם לְבֹוסֶר:
Partout où l'on a enseigné soit boser, soit giru'a, tout cela est une seule chose. Le boser, on l'enseigne en Gittin (31a) : dès l'entrée de l'eau dans le boser.
פּוֹל הַלָּבָן ס"ד הָא בִּגְפָנִים קַיְימָא:
Or nous sommes dans le cas des vignes.
💡 Explication

Suite de Beit Hillel, daf précédent : à partir de quand on ne coupe plus les arbres en cheviit. Les vignes, dès le giru'a. Les olives, dès le netz (fleur). Les autres arbres, dès qu'ils ont produit.

Rav Assi identifie boser et giru'a. La Guemara refuse d'en faire une fève blanche : le sujet est la vigne. On retient la mesure : le grain a la taille d'une fève blanche. Rachi place cet avis ici pour bloquer une autre lecture, où giru'a voudrait dire semadar, et où l'on suivrait Rabbi Yossi.

🖼️ Schéma
Beit Hillel : à partir de quand on ne coupe plus Semadar Fleur tombée R. Yossi : déjà péri Rabbins : pas encore On peut encore couper Vigne, giru'a Boser Taille : fève blanche Rav Assi : un seul stade On ne coupe plus Olives, netz La fleur paraît Comme un bourgeon Berakhot 36b : le netz de la grenade ne joint pas Autres arbres Dès qu'ils produisent Les Rabbins l'accordent aussi Le fruit est déjà là Dénis'hani, le cas de Rabbi Ilai Dattes d'un palmier mâle. Elles ne mûrissent jamais sur l'arbre On les cueille en Nissan. Elles mûrissent dans le panier, et restent petites
Semadar : les Rabbins coupent encore. Giru'a, netz, ou fruit sorti : on ne coupe plus.
2
וּמַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר בֹּוסֶר אִין, סְמָדַר לָא — רַבָּנָן, וְקָתָנֵי: שְׁאָר כָּל הָאִילָנוֹת מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ! אֶלָּא רַבִּי אִילְעַאי בִּדְנִיסְחָנֵי קַץ.

Et de qui as-tu entendu dire : le boser, oui, le semadar, non ? Des Rabbins.

Or l'on enseigne : tous les autres arbres, dès qu'ils ont produit ! Plutôt : Rabbi Ilai a coupé un dénis'hani.

📜 Rachi (2)
וּמַאן תַּנָּא דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר בֹּוסֶר הוּא דְּהָוֵי פֵּירֵי כִּדְקָתָנֵי מִשֶּׁיַּגְרִיעוּ דְּהַיְינוּ בֹּוסֶר אֲבָל סְמָדַר לֹא רַבָּנָן הִיא וְקָתָנֵי דְּמוֹדוֹ בִּשְׁאָר אִילָנוֹת הָא דְּרַב אַסִּי הוּא בֹּוסֶר הוּא גֵּירוּעַ נְקַט הָכָא מִשּׁוּם דְּלָא תֵּימָא גֵּירוּעַ הַייְנוּ סְמָדַר וְרַבִּי יוֹסֵי הִיא:
Le tanna dont tu as entendu qu'il dit : le boser est un fruit, comme on enseigne dès le giru'a, c'est-à-dire le boser, tandis que le semadar ne l'est pas : ce sont les Rabbins. Et l'on enseigne qu'ils en conviennent pour les autres arbres. Cette parole de Rav Assi, c'est le boser, c'est le giru'a, est placée ici afin qu'on ne dise pas : giru'a veut dire semadar, et c'est Rabbi Yossi.
בִּדְנִיסְחָנֵי קָץ תְּמָרִים שֶׁל דֶּקֶל זָכָר וְאֵינָן מִתְבַּשְּׁלִין בּוֹ עוֹלָמִית וְגוֹדְרִין אוֹתָן בְּנִיסָן וְהֵן מִתְבַּשְּׁלוֹת מֵאֲלֵיהֶן בִּכְלִי כַּפּוֹת תְּמָרִים וּלְעוֹלָם הֵן קְטַנּוֹת הִלְכָּךְ ר' אִילְעַאי לָא אַפְסִיד מִידִי:
Dattes d'un palmier mâle. Elles ne mûrissent jamais sur lui. On les cueille en Nissan, elles mûrissent d'elles-mêmes dans un panier de palmes, et elles restent toujours petites. Dès lors, Rabbi Ilai n'a rien fait perdre.
💡 Explication

L'avis qui tient le boser pour un fruit, et le semadar pour rien encore, est celui des Rabbins, contre Rabbi Yossi. Or ces mêmes Rabbins enseignent que les autres arbres sont déjà un fruit dès qu'ils ont produit. Les dattes vertes de Rabbi Ilai entreraient dans l'interdit.

Réponse retenue : il a coupé un dénis'hani, palmier mâle. Le fruit ne mûrit jamais sur l'arbre. On le cueille en Nissan, il mûrit dans le panier, et il reste petit. Il n'y a pas de péri perdu.

3
תָּנוּ רַבָּנַן: אוֹכְלִין בַּעֲנָבִים עַד שֶׁיִּכְלוּ דָּלִיּוֹת שֶׁל אוֹכֵל. אִם יֵשׁ מְאֻוחָרוֹת מֵהֶן — אוֹכְלִין עֲלֵיהֶן.

Les Sages ont enseigné : on mange des raisins jusqu'à ce que cessent les treilles d'Okhel. S'il y en a de plus tardives qu'elles, on mange en s'appuyant sur elles.

📜 Rachi (2)
אוֹכֵל מְקוֹם כְּרָמִים וְאִית דְּגָרְסִי שֶׁל אָבֵל וְהוּא אֲבָל כְּרָמִים:
Un lieu de vignes. Certains lisent : d'Avel, et c'est Avel des vignes.
דָּלִיּוֹת טריילי"ש:
Treilles.
💡 Explication

Nouvelle baraitha du biour. Les raisins de cheviit se mangent tant que les daliyot (treilles) d'Okhel en portent encore. Rachi : Okhel est un lieu de vignes. Une autre leçon lit Avel, Avel des vignes.

La règle du lieu n'est pas fermée. S'il reste ailleurs des raisins plus tardifs, on mange encore ceux de la maison en s'appuyant sur eux.

4
אוֹכְלִים בְּזֵיתִים עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁבִּתְקוֹעַ, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: עַד שֶׁיִּכְלֶה אַחֲרוֹן שֶׁל גּוּשׁ חָלָב, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא עָנִי יוֹצֵא וְאֵינוֹ מוֹצֵא לֹא בְּנוֹפוֹ וְלֹא בְּעִיקָּרוֹ רֹובַע. אוֹכְלִין בִּגְרוֹגְרוֹת עַד שֶׁיִּכְלוּ פַּגֵּי בֵּית הִינֵי.

On mange des olives jusqu'à ce que cesse le dernier de Tekoa. Rabbi Eliezer dit : jusqu'à ce que cesse le dernier de Goush Halav, de manière qu'un pauvre sorte et ne trouve, ni dans le feuillage ni au pied, un rêva.

On mange des grogerot jusqu'à ce que cessent les pagim de Beit Hini.

📜 Rachi (5)
תָּקוּעַ מְקוֹם זֵיתִים כְּדִתְנַן בִּמְנָחוֹת (דַּף פֹּה:) תְּקוּעָה אַלְפָא לַשֶּׁמֶן וּמִתּוֹךְ שֶׁהַשֶּׁמֶן מָצוּי שָׁם וּרְגִילִין בּוֹ מִצָּוְיִין חֲכָמִים בָּהֶן כְּדִכְתִיב (שְׁמוּאֵל ב י״ד:ב׳) וַיִּשְׁלַח יוֹאָב תְּקוּעָה וְגוֹ':
Un lieu d'olives, comme nous l'avons appris en Menahot (85b) : Tekoa est la première pour l'huile. Parce que l'huile s'y trouve et qu'on y est habitué, les Sages s'y trouvent, comme il est écrit (II Samuel 14, 2) : Yoav envoya à Tekoa, etc.
גּוּשׁ חָלָב נָמֵי אִיכָּא זֵיתִים טוּבָא וְהוּא בְּחֶלְקוֹ שֶׁל אֲשֶׁר דִּכְתִיב בֵּיהּ וְטוֹבֵל בְּשֶׁמֶן רַגְלוֹ בִּמְנָחוֹת (שָׁם):
Là aussi, il y a beaucoup d'olives. C'est dans le lot d'Acher, de qui il est écrit : il trempe son pied dans l'huile, en Menahot, là-bas.
כְּדֵי שֶׁיְּהֵא עָנִי יוֹצֵא כּוּ' מֻותָּר לֶאֱכֹול מִן הַכִּנּוּסִין עַד שֶׁיִּכְלוּ בַּשָּׂדֶה כָּל כָּךְ שֶׁיְּהֵא עָנִי יוֹצֵא לְבַקֵּשׁ וְאֵינוֹ מוֹצֵא כו':
Il est permis de manger de ce qui est déjà rentré, jusqu'à ce qu'ils cessent au champ au point qu'un pauvre sorte chercher et n'en trouve pas.
גְּרוֹגָרוֹת תְּאֵנִים יְבֵשִׁים:
Figues sèches.
פַּגֵּי בֵּית הִינִי תְּאֵנִים שֶׁל אוֹתוֹ מָקוֹם:
Figues de cet endroit.
💡 Explication

Olives : jusqu'au dernier olivier de Tekoa, lieu cité pour son huile. Rabbi Eliezer prolonge jusqu'au dernier de Goush Halav, dans le lot d'Acher.

Le cesse se mesure au champ. Un pauvre sort, et il ne trouve plus un rêva (quart de kav), ni dans le feuillage (nof) ni au pied (ikar). Jusque-là, on mange encore les olives déjà rentrées. Les grogerot sont les figues sèches. Leur repère : les pagim de Beit Hini.

5
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא הֻוזְכְּרוּ פַּגֵּי בֵּית הִינֵי אֶלָּא לְעִנְיַן מַעֲשֵׂר. (דִּתְנַן:) פַּגֵּי בֵּית הִינֵי וַאֲהִינֵי דְטוֹבִינָא — חַיָּיבִין בְּמַעֲשֵׂר.

Rabbi Yehouda a dit : on n'a mentionné les pagim de Beit Hini qu'au sujet de la maasser. Car nous avons appris : les pagim de Beit Hini et les ahinei de Tovina sont soumis à la maasser.

📜 Rachi (3)
לֹא הֻוזְכְּרוּ בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ לְהֵחָשֵׁב פֵּירֵי אֶלָּא לְמַעֲשֵׂר:
Au beit hamidrash, on les a mentionnées comme fruit seulement pour la maasser.
אֲהִינֵי תְּמָרִים:
Dattes.
דְּטֻובְיָנָא מָקוֹם וְאוֹתָן פַּגִּים וְאוֹתָן תְּמָרִים לְעוֹלָם קְטַנִּים:
Un lieu. Ces figues vertes et ces dattes restent toujours petites.
💡 Explication

Rabbi Yehouda retire Beit Hini du biour de cheviit. La mention vise la maasser. Ces pagim, et les ahinei (dattes) de Tovina, restent toujours petites, et elles sont pourtant un fruit que l'on dîme.

6
אוֹכְלִין בִּתְמָרִים עַד שֶׁיִּכְלֶה הָאַחֲרוֹן שֶׁבְּצֹועַר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אוֹכְלִין עַל שֶׁל בֵּין הַכִּיפִּין, וְאֵין אוֹכְלִין עַל שֶׁל בֵּין הַשִּׁיצִין.

On mange des dattes jusqu'à ce que cesse le dernier de Tsoar. Rabban Chimon ben Gamliel dit : on mange en s'appuyant sur celles d'entre les kippim, et l'on ne mange pas en s'appuyant sur celles d'entre les chitsin.

💡 Explication

Dattes : jusqu'au dernier palmier de Tsoar. Rabban Chimon ben Gamliel distingue l'endroit où la datte tombée reste accessible. Les kippim, palmes du haut, portent encore la maison. Les chitsin, épines du pied, ne la portent pas : la bête sauvage ne les prend pas.

7
וּרְמִינְהִי: אוֹכְלִין בַּעֲנָבִים עַד הַפֶּסַח, בְּזֵיתִים עַד הָעֲצֶרֶת, בִּגְרוֹגָרוֹת עַד הַחֲנֻוכָּה, בִּתְמָרִים עַד הַפּוּרִים, וְאָמַר רַב בֵּיבָי: רַבִּי יוֹחָנָן תַּרְתֵּי בָּתְרָיָיתָא — מַחְלִיף. אִידֵּי וְאִידֵּי חַד שִׁיעוּרָא הוּא. וְאִי בָּעֵית אֵימָא, הָא קָתָנֵי בְּהֶדְיָא: אִם יֵשׁ מְאֻוחָרוֹת מֵהֶן — אוֹכְלִין עֲלֵיהֶן.

On objecte : on mange des raisins jusqu'à Pessa'h, des olives jusqu'à Atseret, des grogerot jusqu'à 'Hanouka, des dattes jusqu'à Pourim. Rav Bibi a dit : Rabbi Yo'hanan intervertit les deux dernières.

L'une et l'autre sont une seule mesure. Et si tu veux, dis : voici qu'on enseigne explicitement : s'il y en a de plus tardives qu'elles, on mange en s'appuyant sur elles.

📜 Rachi (2)
וְאָמַר רַב בֵּיבָי גָּרְסִינַן וְלָא תֵּירוּצָא הוּא:
On lit ainsi, et la phrase ne tranche pas.
תַּרְתֵּי בָּתְרָיְיתָא מַחְלִיף בִּגְרוֹגָרוֹת עַד הַפּוּרִים בִּתְמָרִים עַד חֲנֻוכָּה:
Les grogerot jusqu'à Pourim, les dattes jusqu'à 'Hanouka.
💡 Explication

Une autre baraitha date le biour par les fêtes : raisins jusqu'à Pessa'h, olives jusqu'à Atseret (Chavouot), grogerot jusqu'à 'Hanouka, dattes jusqu'à Pourim. Rav Bibi rapporte que Rabbi Yo'hanan inverse les deux dernières. Rachi : cette phrase donne la girsa, elle ne résout pas la contradiction.

Première réponse : lieu et fête sont une seule mesure. Le dernier de Tsoar tombe à cette date. Seconde réponse : la première baraitha le dit déjà. Un fruit plus tardif prolonge la consommation.

🖼️ Schéma
Deux listes, une échéance Baraitha des lieux Okhel, Tekoa, Beit Hini, Tsoar On mange jusqu'au dernier Baraitha des fêtes Pessa'h, Atseret, 'Hanouka, Pourim R. Yo'hanan inverse les deux fins Rav Bibi Il rapporte la girsa Rachi : il rapporte, sans trancher Réponse 1 Idi ve-idi : une seule mesure Le dernier de Tsoar tombe à cette fête Réponse 2 Le texte le dit déjà Plus tardif : on mange en s'appuyant dessus
Lieux et fêtes coïncident. L'inversion de Rabbi Yo'hanan est une leçon, puis deux réponses.
8
תַּנְיָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: סִימָן לְהָרִים — מִילִין. סִימָן לַעֲמָקִים — דְּקָלִים. סִימָן לִנְחָלִים — קָנִים. סִימָן לִשְׁפֵלָה — שִׁקְמָה. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּתֵּן הַמֶּלֶךְ אֶת הַכֶּסֶף בִּירוּשָׁלִַים כָּאֲבָנִים וְאֵת הָאֲרָזִים נָתַן כַּשִּׁקְמִים אֲשֶׁר בַּשְּׁפֵלָה לָרֹוב״.

On a enseigné. Rabban Chimon ben Gamliel dit : un signe pour les montagnes, les milin.

Un signe pour les vallées, les palmiers. Un signe pour les torrents, les roseaux.

Un signe pour la Chefelah, le sycomore. Bien qu'il n'y ait pas de preuve pour la chose, il y a un souvenir de la chose, car il est dit : Le roi a mis l'argent à Yerouchalayim comme des pierres, et les cèdres, il les a mis comme les sycomores qui sont dans la Chefelah, en abondance.

📜 Rachi (5)
סִימָן לְהָרִים מִילִין עֲפָצִין גלי"ש אֲבָל שְׁאָר אִילָנוֹת שֶׁבֶּהָרִים אֵין יָפִין וְנָפְקָא מִינָּהּ דְּלָא מַייְתִינַן בִּכּוּרִים מִינַּייְהוּ כְּדִלְקַמָּן:
Galles. Les autres arbres des montagnes ne sont pas beaux. Conséquence : on n'en apporte pas les bikourim, comme plus loin.
דְּקָלִים תְּמָרִים:
Dattes.
שִׁקְמָה אֵינָהּ עוֹשָׂה פֵּירֵי:
Il ne fait pas de fruit.
שְׁפָלָה אֶרֶץ מִישׁוֹר וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ מַאי נָפְקָא מִינָּה:
Terre unie. Plus loin, il explique la conséquence pratique.
כְּשֶׁקָּמִים אֲשֶׁר בַּשְּׁפֵלָה שְׁמַע מִינָּה דֶּרֶךְ שְׁפָלָה לְשִׁקְמִים וּמִיהוּ לָאו רְאָיָה גְּמוּרָה הִיא לֵידַע דְּאִם אֵין בָּהּ שֶׁקָּמִים לֹא תְּהֵא קְרוּיָה שְׁפָלָה בְּבִכּוּרִים כְּתִיב אֲשֶׁר תָּבִיא מֵאַרְצְךָ וְדָרְשִׁינַן בִּמְנָחוֹת (דַּף פד:) נֶאֱמַר כָּאן אַרְצְךָ וְנֶאֱמַר לְהַלָּן אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹורָה וְגוֹ' מַה לְהַלָּן שֶׁבַח אֶרֶץ דְּהָא בְּשִׁבְחָהּ הַכָּתוּב מְדַבֵּר אַף כָּאן שֶׁבַח אֶרֶץ וְיָלְפִינַן מִינָּהּ דְּאֵין מְבִיאִין אֶלָּא מִשִּׁבְעַת הַמִּינִין הָאֵמוּרִין שָׁם וְאֵין מְבִיאִין אֶלָּא מִמָּקוֹם מְשֻׁובָּח וּתְמָרִים מִשִּׁבְעַת הַמִּינִין הֵם דִּכְתִיב וּדְבָשׁ דְּהַיְינוּ דְּבַשׁ תְּמָרִים:
On en apprend que la voie de la Chefelah va aux sycomores. La preuve reste incomplète : on n'en sait pas qu'en l'absence de sycomores elle cesserait de s'appeler Chefelah. Aux bikourim il est écrit : que tu apporteras de ta terre. On l'expose en Menahot (84b) : il est dit ici ta terre, et il est dit là-bas une terre de blé et d'orge, etc. Là-bas, c'est l'éloge de la terre, car le verset parle de son éloge. Ici aussi, l'éloge de la terre. On en apprend qu'on n'apporte que des sept espèces dites là-bas, et seulement d'un lieu de choix. Les dattes sont de ces sept espèces, car il est écrit : et du miel, c'est-à-dire le miel des dattes.
🪔 Ben Yehoyada (3)
סִימָן לְהָרִים מִילִין. נִרְאֶה לִי בס"ד דִּבְרֵי חֲכָמִים וְחִידֹותָם בְּדֶרֶךְ רֶמֶז דְּיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ הַמְפָרְשִׁים זַ"ל עַל פָּסוּק ' יוֹצֵר הָרִים וּבֹרֵא רוּחַ וּמַגִּיד לְאָדָם מַה שֵּׂחוֹ ' (עָמוֹס ד, יג) דְּהַטַּעַם שֶׁבָּרָא הקב"ה הָרִים גְּדוֹלִים עַד מְאֹד שֶׁאֵינָם רְאוּיִים לְדִירָה וְיִשּׁוּב כְּלָל מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ רוּחוֹת חֲזָקוֹת מְאֹד שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם כֹּחַ לְהַחֲרִיב הַיִּשּׁוּב מֵרֹוב תּוֹקְפָם. וְלָכֵן בָּרָא הָרִים הַגְּדוֹלִים מְאֹד כְּדֵי שֶׁתּוֹקֵף הָרוּחַ יִפְגַּע בֶּהָרִים תְּחִלָּה וְיֻחְלַשׁ כֹּחוֹ וְתוֹקְפוֹ וְאָז חֵלֶק הַנִּשְׁמָט מִמֶּנּוּ וְיוֹצֵא וּבָא לַיִּשּׁוּב אַחֲרֵי פָּגְעוּ בֶּהָרִים יֵחָלֵשׁ וְאֵין בּוֹ כֹּחַ לַעֲקֹור הַיִּשּׁוּב וּלְהֶחֱרִיבוּ. וּמַקְשִׁים מֵעִיקָּרָא לָמָּה יָבוֹאוּ רוּחוֹת חֲזָקוֹת כָּאֵלֶּה לְעוֹלָם כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה נִצְרָךְ לְתַקֵּן בֶּהָרִים? וּמִתְרַצִּים כִּי רוּחַ הֶחָזָק וְהִקְשָׁה מֻוכְרָח לְהַתְהוֹת בָּעוֹלָם מִצַּד חֵטְא הַדִּבּוּר אֲשֶׁר בְּנֵי אָדָם חוֹטְאִים בּוֹ, שֶׁהַדִּיבּוּר הוּא רוּחָא מְמַלְּלָא וְלָכֵן בַּעֲוֹן הַדִּיבּוּר הָרַע יִתְהַווֶּה רוּחַ חָזָק וְקָשֶׁה שֶׁהוּא רַע לְעוֹלָם, וְלָכֵן הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בְּחֶמְלָתוֹ תִּיקֵּן נֶזֶק רוּחוֹת הַקָּשׁוֹת עַל יְדֵי הֶהָרִים הַגְּדוֹלִים. וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר 'יוֹצֵר הָרִים' בִּשְׁבִיל שֶׁבּוֹרֵא רוּחַ חָזָק, וְאִם תֹּאמַר וּלְמַאי אִצְטְרִיךְ לִבְרֹא רוּחַ חָזָק, לָזֶה אָמַר 'וּמַגִּיד לָאָדָם מַה שָׂחוּ' שֶׁבָּזֶה יַכִּיר הָאָדָם דַּעַת הַדִּיבּוּר כַּמָּה פּוֹעֶלֶת וְאַל יִהְיֶה קַל בְּעֵינָיו דָּבָר זֶה לוֹמַר מֶה עָשִׂיתִי וּמַה נֶחְשָׁב זֶה הֲלֹא הוּא דָּבָר שֶׁאֵין בּוֹ מַמָּשׁ, עכ"ד זַ"ל. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד (יְשַׁעְיָה נד, י) ' כִּי הֶהָרִים יָמוּשׁוּ וְהַגְּבָעוֹת תְּמוּטֶנָה וְחַסְדִּי מֵאִתֵּךְ לֹא יָמוּשׁ וּבְרִית שְׁלוֹמִי לֹא תָמוּט ' כִּי קִלְקוּל הָרִאשׁוֹן שֶׁהָיָה בָּעוֹלָם בְּחֵטְא חַוָּה נִמְשָׁךְ מִן הַדִּבּוּר שֶׁהוּא פִּתּוּי הַנָּחָשׁ, וּבַיִת שֵׁנִי נֶחֱרַב בַּעֲוֹן הַדִּיבּוּר, וַאֲפִילּוּ בַּיִת רִאשׁוֹן וְחֻרְבַּן אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל גַּם כֵּן הָיָה מִסִּיבַּת הַדִּבּוּר דִּכְתִיב (יִרְמְיָה ט, יב) 'עַל עָזְבָם אֶת תּוֹרָתִי' וְלִימּוּד הַתּוֹרָה בְּדִבּוּר. וְלָכֵן לֶעָתִיד כַּאֲשֶׁר 'הֶהָרִים יָמֻושׁוּ' זֶה סִימָן שֶׁלֹּא יֵשׁ חֵטְא בְּדִיבּוּר דְּעַל יְדֵי כָּךְ לֹא יִמָּצֵא רוּחוֹת קָשׁוֹת וְרָעוֹת וְלֹא יִצְטָרְכוּ הֶהָרִים. וְלָכֵן מִזֶּה יִתְבָּרֵר כִּי 'חַסְדֵי מֵאִתְּךָ לֹא יָמוּשׁ' שֶׁלֹּא יִהְיֶה עוֹד חֻרְבָּן וְגָלוּת כִּי מֵאַחַר שֶׁלֹּא יִשָּׁאֵר חֵטְא בְּדִיבּוּר אָז יֵצֶר הָרַע בָּטֵל וְכָל שְׁאָר חֲטָאִים אֵינָם, וּמִמֵּילָא אֵין עוֹד חֻרְבָּן וְגָלוּת דְּ'אֵין הֶעָרוֹד מֵמִית, אֶלָּא הַחֵטְא מֵמִית' (בְּרָכוֹת לג.) וְלָכֵן 'בְּרִית שְׁלוּמַי לֹא תִּמּוֹט' עוֹד. וּבָזֶה יוּבָן סִימָן לְהָרִים שִׁימּוּשׁוֹ הוּא מִילִין לְשׁוֹן מִלָּה וְדִבּוּר, כְּלוֹמַר עַל יְדֵי טָהֳרַת הַלָּשׁוֹן בְּמִילִּין וְדִיבּוּרִים.
Signe pour les montagnes : milin. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que les paroles des Sages et leurs énigmes vont par voie de remez (allusion). On connaît ce que les commentateurs, leur mémoire soit en bénédiction, ont dit sur le verset : Il forme les montagnes et crée le vent, et Il fait connaître à l'homme quelle est sa pensée (Amos 4, 13). La raison pour laquelle le Saint, béni soit-Il, a créé des montagnes extrêmement grandes, impropres à l'habitation et au peuplement, est qu'il existe des vents très forts, capables de détruire le peuplement par l'excès de leur vigueur. Il a donc créé ces montagnes afin que la force du vent les frappe d'abord, que sa vigueur faiblisse, et que la part qui s'en détache et arrive au peuplement, après avoir frappé les montagnes, n'ait plus la force d'arracher le peuplement ni de le détruire. On objecte : au départ, pourquoi de tels vents forts viendraient-ils au monde, au point qu'il faille réparer par les montagnes ? On répond : le vent fort et dur doit se produire du fait du péché de la parole, par lequel les hommes fautent. La parole est un ruha memallela (souffle qui parle). Par la faute de la mauvaise parole se produit un vent fort et dur, mauvais pour le monde. C'est pourquoi Hachem, béni soit-Il, dans sa compassion, a réparé le dommage des vents durs par les grandes montagnes. Tel est le sens de : Il forme les montagnes, parce qu'Il crée un vent fort. Si l'on demande à quoi bon créer un vent fort, le verset répond : et Il fait connaître à l'homme quelle est sa pensée. Par là, l'homme reconnaît la portée de la parole, et il ne tient pas la chose pour légère, au point de dire : qu'ai-je fait, et que vaut cela, une chose sans consistance. Fin de leurs paroles, leur mémoire soit en bénédiction. Par là on comprend, avec l'aide du Ciel (Isaïe 54, 10) : car les montagnes s'écarteront et les collines chancelleront, et Ma bonté ne s'éloignera pas de toi, et Mon alliance de paix ne chancellera pas. Le premier dérèglement du monde, dans le péché de Hava, est venu de la parole, la séduction du serpent. Le second Temple a été détruit par la faute de la parole. Le premier Temple aussi, et la destruction d'Erets Israël, ont eu pour cause la parole, car il est écrit (Jérémie 9, 12) : parce qu'ils ont abandonné Ma Torah, et l'étude de la Torah se fait par la parole. C'est pourquoi, dans l'avenir, lorsque les montagnes s'écarteront, ce sera le signe qu'il n'y a plus de péché dans la parole : il ne se trouvera plus de vents durs et mauvais, et les montagnes ne seront plus nécessaires. De là il sera établi que Ma bonté ne s'éloignera pas de toi : il n'y aura plus de destruction ni d'exil. Puisqu'il ne restera plus de péché dans la parole, le yetser ha-ra est annulé, et il ne reste aucun autre péché. De soi-même, il n'y a plus de destruction ni d'exil, car l'arvad ne fait pas mourir, le péché fait mourir (Berakhot 33a). C'est pourquoi Mon alliance de paix ne chancellera plus. Par là on comprend : un signe pour les montagnes, qu'elles s'écarteront, ce sont les milin, au sens de mila (mot) et de parole, c'est-à-dire par la pureté de la langue dans les mots et les paroles.
סִימָן לַעֲמָקִים, דְּקָלִים. נִרְאֶה לִי בס"ד יָדוּעַ הָרִים כִּינּוּי לְבַעֲלֵי גַּאֲוָה, וַעֲמָקִים כִּינּוּי לְבַעֲלֵי עֲנָוָה שֶׁהֵם שְׁפָלִים בְּעֵינֵי עַצְמָן כַּעֲמָקִים, וְיָדוּעַ דְּהַצַּדִּיק נִמְשָׁל לְדֶקֶל שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִלִּים צב, יג) 'צַדִּיק כְּתָמָר יִפְרָח' וְהַטַּעַם כִּי הַדֶּקֶל פֵּירוֹתָיו גְּבוֹהִים לְמַעְלָה וְאֵין יַד הָאָדָם מַגַּעַת לָהֶם, כֵּן הַצַּדִּיק אוֹצַר שְׂכַר מִצְוֹתָיו הוּא לְמַעְלָה וְאֵינוֹ רוֹצֶה לֵהָנוֹת מִמֶּנּוּ בָּעוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן. וּכְמוֹ שֶׁאָמַר מוֹנְבַּז 'אֲבוֹתַי גָּנְזוּ לְמַטָּה וַאֲנִי גָּנַזְתִּי לְמַעְלָה' (בָּבָא בָּתְרָא יא.) . וְיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ חַכְמֵי הַמּוּסָר מִי שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה בַּהֲנָאַת עוֹלָם הַזֶּה וְאֵינוֹ רוֹדֵף אַחֲרֶיהָ הֲרֵי זֶה יוּכַל לִקְנוֹת מִדַּת הָעֲנָוָה וְהַשְּׁפֵלוֹת, מַה שֶׁאֵין כֵּן לְהֵפֶךְ לֹא יוּכַל לִהְיוֹת עָנָיו וְשָׁפָל בָּעוֹלָם הַזֶּה כִּי רִבּוּי הַהֲנָאוֹת שֶׁל עוֹלָם הַזֶּה מוֹשֵׁךְ לִבּוֹ אֶל הַגַּבְהוּת וְתַאֲוַת לֵב. וְזֶהוּ שֶׁאָמַר סִימָן לָעֲמָקִים , כְּלוֹמַר הָעֲנָוִים וְהַשְּׁפָלִים הֵם אוֹתָם שֶׁדּוֹמִין לִדְקָלִים שֶׁאֵין רוֹצִין בַּהֲנָאוֹת עוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן אֶלָּא אוֹצְרִים כָּל שְׂכַר מִצְוֹת שֶׁלָּהֶם לְמַעְלָה וְכָאן מִסְתַּפְּקִים בְּמוּעָט הֵן בְּמַאֲכָל וּמִשְׁתֶּה הֵן בְּמַלְבּוּשִׁים הֵן בְּדִירָה. אוֹ יוּבָן בס"ד סִימָן לַעֲמָקִים רוֹצֶה לוֹמַר אוֹתָם הַמִּתְפַּלְּלִים בְּכַוָּונָה מֵעֹומֶק הַלֵּב, דְּקָלִים שֶׁאוֹצְרִים מַצּוֹתֵיהֶם לְמַעְלָה וְאֵין מְבַקְּשִׁים בָּעוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן כְּלוּם, וְלָכֵן אֵלּוּ וַדַּאי יִתְפַּלְּלוּ בְּכַוָּונָה שֶׁאֵין לִבָּם טָרוּד בְּעִנְיְנֵי עוֹלָם הַזֶּה וְהַגַּשְׁמִיּוּת הַמַּטְרִידִים אֶת הַלֵּב בַּתְּפִלָּה.
Signe pour les vallées : palmiers. Il me semble, avec l'aide du Ciel. On sait que les montagnes sont un surnom des orgueilleux, et les vallées un surnom des humbles, qui sont bas à leurs propres yeux comme des vallées. On sait que le tsadik est comparé au palmier, car il est dit (Tehilim 92, 13) : le juste fleurira comme le palmier. Raison : les fruits du palmier sont en haut, et la main de l'homme ne les atteint pas. De même le tsadik : le trésor de la récompense de ses mitsvot est en haut, et il ne veut pas en jouir dans ce monde d'en bas. Comme l'a dit Monbaz : mes pères ont entassé en bas, et moi j'ai entassé en haut (Bava Batra 11a). On sait ce qu'ont dit les sages de la morale : celui qui ne veut pas de la jouissance de ce monde et ne court pas après elle peut acquérir la mesure de l'humilité et de l'abaissement. Dans le sens inverse, il ne pourra pas être humble et bas dans ce monde, car l'abondance des jouissances de ce monde tire le cœur vers l'élévation et le désir. C'est ce qu'il a dit : un signe pour les vallées. Les humbles et les gens bas sont ceux qui ressemblent aux palmiers : ils ne veulent pas des jouissances de ce monde d'en bas, ils entassent en haut toute la récompense de leurs mitsvot, et ici ils se contentent de peu, dans le manger, le boire, les vêtements et le logement. Autre lecture, avec l'aide du Ciel : un signe pour les vallées vise ceux qui prient avec kavana, du fond du cœur. Palmiers : ils entassent leurs mitsvot en haut et ne demandent rien dans ce monde d'en bas. Ceux-là prient avec kavana, car leur cœur n'est pas troublé par les affaires de ce monde et par la matérialité, qui troublent le cœur dans la prière.
סִימָן לִשְׁפֵלָה, שִׁקְמָה. נִרְאֶה לִי בס"ד סִימָן לְנֶפֶשׁ שְׁפָלָה וְרוּחַ שְׁפָלָה הוּא ש"ק ומ"ה, פֵּירוּשׁ בְּעִנְיְנֵי הַגַּשְׁמִיּוּת יִרְאֶה עַצְמוֹ פָּחוּת וְנִבְזֶה כְּמוֹ הַשַּׂק שֶׁהוּא מִין גָּרוּעַ וּפָחוֹת, וּבְעִנְיְנֵי הַנַּפְשִׁיּוֹת יִרְאֶה עַצְמוֹ 'מָה' רוֹצֶה לוֹמַר דְּכָל מִצְוֹת וּמַעֲשִׂים טוֹבִים וְתוֹרָה שֶׁבְּיָדוֹ הֵם מוּעָט, כְּמוֹ 'וְנַחְנוּ מַה' (שְׁמוֹת טז, ח) . אוֹ יוּבָן הַכַּוָּונָה יִלְבַּשׁ שַׂק לְהַכְנִיעַ הַחֹומֶר, כִּי הַשַּׂק גּוֹרֵם הַכְנָעָה וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל פָּסוּק 'הָ‍רְאֵיתָ כִּי נִכְנַע אַחְאָב' (מְלָכִים א' כא, כט) שֶׁהָיָה לוֹבֵשׁ שַׂק עַל בְּשָׂרוֹ. וְגַם עוֹד שֶׁבָּזֶה נִכְנָעִים גֻּונְדָּא דְּעָשׂוּ שֶׁהֵם ת' כְּמִנְיַן ש"ק, וְעַל יְדֵי כָּךְ יִזְכֶּה לְרוּחַ שְׁפָלָה וְגַם יִרְאֶה עַצְמוֹ 'מַה' בְּכָל דָּבָר.
Signe pour la Chéfelah : sycomore. Il me semble, avec l'aide du Ciel. Un signe pour une âme basse et un esprit bas, c'est sak et mah. Sens : dans les affaires matérielles, il se voit moindre et méprisé, comme le sak, espèce vile et basse. Dans les affaires de l'âme, il se voit mah : toutes les mitsvot, les bonnes actions et la Torah qui sont entre ses mains sont peu, comme il est dit : et nous, que sommes-nous (Chemoth 16, 8). Autre lecture : il revêt un sak pour soumettre la matière, car le sak produit la soumission. Comme l'ont dit nos maîtres, leur mémoire soit en bénédiction, sur le verset : As-tu vu qu'Ahav s'est soumis (I Rois 21, 29), parce qu'il revêtait un sak sur sa chair. De plus, par cela se soumet la troupe d'Essav, au nombre de quatre cents, valeur numérique de sak. Par cela il mérite un esprit bas, et il se voit aussi mah en toute chose.
💡 Explication

Rabban Chimon ben Gamliel donne le végétal propre à chaque sol. Milin : galles, noix de galle, sur la montagne. Dkalim : palmiers dans la vallée. Kanim : roseaux au torrent. Shikma : sycomore dans la Chefelah, et Rachi note qu'il ne fait pas de fruit.

Le verset des cèdres mis comme les sycomores de la Chefelah est un zekher, un souvenir. Rachi : la preuve reste incomplète. On n'en tire pas qu'une plaine sans sycomore perdrait le nom de Chefelah. Il rattache ensuite les bikourim à l'éloge du pays : sept espèces, lieu de choix, et le miel du verset est le miel des dattes.

9
סִימָן לְהָרִים מִילִין, סִימָן לַעֲמָקִים דְּקָלִים — נָפְקָא מִינַּהּ לְבִכּוּרִים, דִּתְנַן: אֵין מְבִיאִין בִּכּוּרִים אֶלָּא מִשִּׁבְעַת הַמִּינִין, וְלֹא מִדְּקָלִים שֶׁבֶּהָרִים, וְלֹא מִפֵּירוֹת שֶׁבָּעֲמָקִים.

Un signe pour les montagnes : les milin. Un signe pour les vallées : les palmiers.

La nafka mina concerne les bikourim. Car nous avons appris : on n'apporte des bikourim que des sept espèces, et non des palmiers qui sont dans les montagnes, et non des fruits qui sont dans les vallées.

📜 Rachi (2)
וְלֹא מִדְּקָלִין שֶׁבֶּהָרִים דְּאֵינָן מְשֻׁובָּחִין אֶלָּא דְּקָלִים שֶׁל עֲמָקִים:
Ils ne sont pas de choix. Seuls les palmiers des vallées le sont.
וְלֹא מִפֵּירוֹת תְּבוּאַת דָּגָן שֶׁבָּעֲמָקִים שֶׁהַמַּיִם לָנִין שָׁם וּתְבוּאָתָן כְּמוּשָׁה וּמַרְקֶבֶת:
La récolte de grain des vallées. L'eau y stagne, et leur récolte est flétrie et pourrie.
💡 Explication

Première nafka mina : les bikourim. On n'apporte que les sept espèces, et seulement le choix. Les palmiers de montagne sont moindres : leur place est la vallée. Les fruits de la vallée, Rachi : le grain. L'eau y stagne, la récolte flétrit et pourrit.

10
סִימָן לִנְחָלִים קָנִים — נָפְקָא מִינַּהּ לְנַחַל אֵיתָן. סִימָן לִשְׁפֵלָה שִׁקְמָה — נָפְקָא מִינַּהּ לְמִקָּח וּמִמְכָּר. הַשְׁתָּא דַאֲתֵית לְהָכִי, כֻּולְּהוּ נָמֵי לְמִקָּח וּמִמְכָּר.

Un signe pour les torrents : les roseaux. La nafka mina concerne le nahal eitan.

Un signe pour la Chéfelah : le sycomore. La nafka mina concerne l'achat et la vente.

Maintenant que tu en es arrivé là, tous concernent aussi l'achat et la vente.

📜 Rachi (2)
לְנַחַל אֵיתָן לְעֶגְלָה עֲרוּפָה צָרִיךְ שֶׁיְּהוּ קָנִים גְּדִילִים בּוֹ וְאִי לָא לָא מִיקְּרֵי נַחַל:
Pour la génisse dont on rompt la nuque : il faut que des roseaux y poussent. Sinon, on ne l'appelle pas torrent.
לְמִקָּח וּמִמְכָּר שְׁפָלָה אֲנִי מוֹכֵר לָךְ צָרִיךְ שֶׁיְּהוּ בָּהּ שֶׁקָּמִים:
Je te vends une Chéfelah : il faut qu'il y ait des sycomores.
🪔 Ben Yehoyada (1)
סִימָן לִנְחָלִים, קָנִים. נִרְאֶה לִי בס"ד נְחָלִים רֶמֶז לַצַּדִּיקִים הַמַּשְׁפִּיעִים לְעוֹלָם טוֹבָה עַל יְדֵי תּוֹרָה וּמִצְוֹת שֶׁלָּהֶם, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר 'כִּנְחָלִים נִטָּיוּ' (בַּמִּדְבָּר כד, ו) כְּמוֹ נְחָלִים שֶׁהֵם נִמְשָׁכִין וְהוֹלְכִין לְהַשְׁקוֹת הַשָּׂדוֹת וּכְרָמִים הַצְּמֵאִים לְמַיִם, הַסִּימָן שֶׁלָּהֶם שֶׁהִגִּיעוּ לְמַדְרֵגָה זוֹ הוּא בִּהְיוֹתָם קָנִים כְּלוֹמַר רַכִּים כְּקָנִים, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ 'לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם רַךְ כְּקָנֶה וְאַל יְהֵא קָשֶׁה כָּאֶרֶז' (תַּעֲנִית כ:) , אָז אֵלּוּ הֵם יִהְיוּ בְּסוּג 'נְחָלִים'. אוֹ יוּבָן קָנִים רוֹצֶה לוֹמַר בַּעֲלֵי חָכְמָה וּבִינָה, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (מִשְׁלֵי ד, ז) 'קְנֵה חָכְמָה קְנֵה בִּינָה' לְכָךְ 'הָרוֹאֶה קָנֶה בַּחֲלוֹם יְצַפֶּה לַחָכְמָה' (בְּרָכוֹת נו:) .
Signe pour les torrents : roseaux. Il me semble, avec l'aide du Ciel. Les torrents font allusion aux tsadikim qui font découler le bien sur le monde par leur Torah et leurs mitsvot, comme il est dit : comme des torrents étendus (Bamidbar 24, 6). Comme les torrents qui s'écoulent et vont abreuver les champs et les vignes assoiffés. Le signe qu'ils ont atteint ce degré est qu'ils sont des roseaux, c'est-à-dire souples comme le roseau. Comme l'ont dit nos maîtres, leur mémoire soit en bénédiction : que l'homme soit toujours souple comme le roseau, et qu'il ne soit pas dur comme le cèdre (Taanit 20b). Alors ceux-là entrent dans la catégorie des torrents. Autre lecture : roseaux veut dire des gens de 'hokhma (sagesse) et de bina (intelligence), comme il est dit (Michlei 4, 7) : acquiers la sagesse, acquiers l'intelligence. C'est pourquoi celui qui voit un roseau en songe peut attendre la sagesse (Berakhot 56b).
💡 Explication

Les roseaux identifient le nahal eitan, le torrent où l'on fait l'egla arufa. Sans roseaux, l'endroit ne porte pas le nom de torrent. Le sycomore identifie une Chéfelah dans un contrat : je te vends une Chéfelah, le terrain doit en porter.

La Guemara élargit. Dès que la vente sert pour la Chéfelah, les quatre signes servent aussi au mekah u-memkar, pour reconnaître montagne, vallée, torrent et plaine.

11
מַתְנִי׳ מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לִמְכֹּור בְּהֵמָה דַּקָּה לַגּוֹיִם — מוֹכְרִין, מָקוֹם שֶׁלֹּא נָהֲגוּ לִמְכֹּור — אֵין מוֹכְרִין. וּבְכָל מָקוֹם אֵין מוֹכְרִין לָהֶם בְּהֵמָה גַּסָּה, עֲגָלִים וּסְייָחִין, שְׁלֵמִין וְשֶׁבּוּרִין. רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר בִּשְׁבוּרָה. בֶּן בְּתִירָא מַתִּיר בַּסּוּס.

Michna. Un lieu où l'on a coutume de vendre du menu bétail aux goyim : on vend.

Un lieu où l'on n'a pas coutume de vendre : on ne vend pas. En tout lieu, on ne leur vend pas de gros bétail, ni veaux ni poulains, entiers ou estropiés.

Rabbi Yehouda permet l'estropiée. Ben Beteira permet le cheval.

📜 Rachi (5)
מַתְנֵי' מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לִמְכֹּור דְּהֶחְמִירוּ עַל עַצְמָן דִּילְמָא אָתֵי לִמְכֹּור גַּסָּה:
Ils se sont imposé une houmra, de peur d'en venir à vendre du gros bétail.
וּבְכָל מָקוֹם אֵין מוֹכְרִין לָהֶן בְּהֵמָה גַּסָּה דִּגְזוּר בֵּיהּ רַבָּנָן מִשּׁוּם שְׁאֵלָה וּמִשּׁוּם שְׂכִירוּת וּמִשּׁוּם נִסְיוֹנֵי בְּמַסֶּכֶת ע"ז (דַּף טו.) וְיִשְׂרָאֵל מְצֻוֶּוה עַל שְׁבִיתַת בְּהֶמְתּוֹ בַּשַּׁבָּת:
Les Sages ont décrété à son sujet à cause du prêt, à cause de la location et à cause de l'essai, dans le traité Avoda Zara (15a). Un Israélite est astreint au repos de sa bête le Chabbat.
עֲגָלִים וּסְיָיחִים קְטַנִּים וְאַף עַל גַּב דְּלָאו בְּנֵי מְלָאכָה נִינְהוּ מִיחַלְּפִי בִּמְכִירַת גְּדוֹלִים וּשְׁבוּרִים מִיחַלְּפִי בִּמְכִירַת שְׁלָמִים:
Ils sont petits. Bien qu'ils ne soient pas faits pour le travail, on les confond avec la vente des grands. Les estropiés, on les confond avec la vente des entiers.
בִּשְׁבוּרָה דְּלָא מַשְׁהֵי לָהּ וּשְׁחָטוֹ לָהּ הִלְכָּךְ לָא חֲזִי לֵיהּ יִשְׂרָאֵל גַּבֵּי נָכְרִי וְלָא אָתֵי לְמֵישָׁרֶיהָ מְכִירָה אַחֲרִיתִי:
Il ne la garde pas : il l'abat. Dès lors, un Israélite ne la voit pas chez le nokhri, et il n'en viendra pas à permettre une autre vente.
בֶּן בְּתִירָא מַתִּיר בַּסּוּס לְפִי שֶׁמְּלַאכְתּוֹ לִרְכִיבָה וְנִסְיוֹנֵי דִּידֵיהּ לֵיכָּא לְמִיגְזַר בָּהֶן דְּאֵין בָּהּ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת דְּאֵין רוֹכְבִין עַל גַּבֵּי בְּהֵמָה גַּבֵּי שְׁבוּת תְּנַן לָהּ בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (דַּף לו:):
Parce que son travail est la monte. Il n'y a pas lieu d'y décréter l'essai : il n'y a qu'un chevout. On ne monte pas sur une bête. Le chevout est enseigné dans le traité Beitsa (36b).
💡 Explication

Michna des minhagim. Le menu bétail suit le lieu : là où l'on s'est imposé une houmra, de peur de glisser vers le gros, on ne vend pas. Ailleurs, on vend.

Le gros bétail est interdit partout, ainsi que veaux, poulains, entiers et estropiés. Rachi : gezera de prêt, de location et d'essai, à cause de la chevitat behemto, le repos de la bête le Chabbat. Le petit et l'estropié se confondent avec le grand et l'entier. Rabbi Yehouda permet l'estropiée : on l'abat, on ne la garde pas. Ben Beteira permet le cheval : sa monte n'est qu'un chevout.

🖼️ Schéma
Qui peut-on vendre à un goy Behema que l'on veut vendre Menu Selon le minhag du lieu Houmra, pas un issour fixe Gros, veau, poulain Interdit en tout lieu Entier ou estropié, même statut Deux heterim R. Yehouda : estropiée Ben Beteira : cheval Gezera : prêt, location, essai. La bête d'un Israélite travaillerait le Chabbat Petit et estropié : on les confond avec le grand et l'entier. Le cheval : chevout de la monte
Menu bétail : minhag. Gros, veau, poulain : interdit. Deux avis isolent l'estropiée et le cheval.
12
מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לֶאֱכֹול צָלִי בְּלֵילֵי פְסָחִים — אוֹכְלִין, מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לֶאֱכֹול — אֵין אוֹכְלִין.

Un lieu où l'on a coutume de manger du rôti les nuits de Pessa'h : on mange. Un lieu où l'on a coutume de ne pas en manger : on n'en mange pas.

📜 Rachi (1)
שֶׁלֹּא לֶאֱכֹול דְּמִיחְזֵי כְּאוֹכֵל פֶּסַח בַּחוּץ:
Parce que cela a l'aspect de celui qui mange le pesah au-dehors.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לֶאֱכֹול צָלִי בְּלֵילֵי פֶּסַח אוֹכְלִין מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לֶאֱכוֹל אֵין אוֹכְלִין. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְהַדְלִיק בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מַדְלִיקִין מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק אֵין מַדְלִיקִין וּמַדְלִיקִין בְּבָתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת וּבַמְּבוֹאוֹת הָאֲפֵלִין וְעַל גַּב הַחֻולִּין.
Michna. Un lieu où l'on a coutume de manger du rôti la nuit de Pessa'h : on mange. Un lieu où l'on a coutume de ne pas en manger : on n'en mange pas. Un lieu où l'on a coutume d'allumer le jour de Kippour : on allume. Un lieu où l'on a coutume de ne pas allumer : on n'allume pas. On allume dans les synagogues, les maisons d'étude, les ruelles obscures, et auprès des malades.
💡 Explication

Second minhag de la michna. Le tsali (rôti) les nuits de Pessa'h a l'aspect du korban pesah mangé hors de son lieu. Là où le minhag s'en abstient, on s'abstient. Là où l'on a coutume d'en manger, on en mange.

Le Roch enchaîne ici la michna suivante, celle de la lumière à Kippour : minhag d'allumer ou non, avec les lieux où l'on allume malgré tout, synagogues, maisons d'étude, ruelles obscures, et auprès des malades.

13
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אָסוּר לוֹ לְאָדָם שֶׁיֹּאמַר ״בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח הוּא״ — מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאֶה כְּמַקְדִּישׁ בְּהֶמְתּוֹ וְאוֹכֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ. אָמַר רַב פָּפָּא: דַּוְקָא בָּשָׂר, אֲבָל חִיטֵּי — לֹא, דְּמִינְּטַר לְפִסְחָא קָאָמַר.

Guemara. Rav Yehouda a dit que Rav a dit : il est interdit à un homme de dire : cette viande est pour Pessa'h, parce qu'il paraît consacrer sa bête et manger des kodachim au-dehors.

Rav Papa a dit : cela vise la viande. Le blé, non : il dit qu'il le garde pour Pessa'h.

📜 Rachi (2)
גְּמ' בָּשָׂר זֶה וַאֲפִילּוּ שְׁחוּטָה כְּבָר:
Même déjà abattue.
אֲבָל חִיטֵּי לָא דָּמוּ מִידִי לְקָדָשִׁים וְכִי קָאָמַר חִיטִּין אֵלּוּ לְפֶסַח דִּמְנַטַּר לְפֶסַח קָאָמַר אַצְנִיעוֹ לְפֶסַח לְאָוכְלָם וְלָא אָמְרִינַן מִיחְזֵי כְּמַאן דְּאָמַר לְמָוכְרָן וְלִקְנוֹת פֶּסַח בִּדְמֵיהֶן:
Elles ne ressemblent en rien aux kodachim. Quand il dit : ces blés sont pour Pessa'h, il veut dire : je les garde pour Pessa'h, je les mets de côté pour les manger à Pessa'h. On ne dit pas que cela a l'aspect de celui qui parle de les vendre et d'acheter un pesah avec leur prix.
🗂️ Tossefot (1)
מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאֶה כְּמַקְדִּישׁ קָדָשִׁים בַּחוּץ בְּכוּלֵּי שְׁמַעְתָּא פירש"י שֶׁעַכְשָׁיו קוֹרֵא שֵׁם וּפֵירֵשׁ נָמֵי שֶׁלֹּא הִתְנַדֵּב כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים הַייְנוּ דְּמֵחַיִּים לֹא קָרָא לוֹ שֵׁם פֶּסַח וְאִי נָמֵי קָרָא לוֹ שֵׁם בִּשְׁעַת צְלִייָּה הָוֵי שֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ הַמַּקְדִּישִׁין וְקָשֶׁה דְּקָאָמַר נִרְאֶה כְּמַאֲכִיל קָדָשִׁים בַּחוּץ וַהֲלֹא גַּם בִּפְנִים אֵין לַעֲשׂוֹת כֵּן דְּאֵינוֹ קָדוֹשׁ אֶלָּא לְדָמָיו וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר שֶׁהוּא קָרוֹב לִמְעִילַת קָדָשִׁים וְעוֹד בִּגְדֵי מְקֻולָּס לְר' שִׁמְעוֹן נְהִי דְּלֵיכָּא לְמִיחַשׁ שֶׁמָּא הִקְדִּישׁוֹ עַכְשָׁיו שֶׁאֵין זֶה כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים מִכָּל מָקוֹם לִיתְּסַר לְמֶיעְבַּד הָכִי שֶׁלֹּא יֹאמַר מֵחַיִּים אַקָּדָשֶׁיהָ דְּסוֹפוֹ מוֹכִיחַ עַל תְּחִלָּתוֹ שֶׁעֲשָׂאוֹ מְקֻולָּס וע"כ טַעְמָא מִשּׁוּם הָכִי הוּא דְּהָא מוֹקְמִינַן לָא שְׁנָא אָמַר וְלָא שְׁנָא לֹא אָמַר לְכָךְ נִרְאֶה דְּעַל יְדֵי שֶׁאוֹמֵר עַכְשָׁיו בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח סָבְרִי אִינָשֵׁי דְּמֵחַיִּים אַקְדְּשָׁה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֲפִילּוּ אַקְדְּשָׁה מֵחַיִּים [לִשְׁחֹוט] בַּחוּץ לָא הָוֵי הֶקְדֵּשׁ מִשּׁוּם שֶׁלֹּא הִתְנַדֵּב כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים כִּדְמוֹכַח בַּתּוֹסֶפְתָּא בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִמְנָחוֹת דְּקָאָמַר הֲרֵי עָלַי עוֹלָה עַל מְנָת שֶׁאַקְרִיבֶנָּה בְּבֵית חוֹנְיוֹ רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר אֵין זֶה עוֹלָה וה"נ הָוֵי כְּמַקְדִּישׁ עַל מְנָת לְהַקְרִיב בַּחוּץ הוּא דְּאֵינוֹ קָדוֹשׁ וְהָא דְּלָא מַיְיתֵי לָהּ הָכָא אֶלָּא מַיְיתֵי הַהִיא דְּמִנְחָה מִשּׁוּם דִּמְפָרֵשׁ בָּהּ בְּהֶדְיָא שֶׁלֹּא הִתְנַדֵּב כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים:
Dans toute la sougya, Rachi explique qu'il appelle le nom maintenant. Il explique aussi qu'il ne s'est pas voué à la manière de ceux qui se vouent : de son vivant, il ne lui a pas donné le nom de pesah. Même s'il lui a donné un nom au moment du rôtissage, c'est hors de la manière de ceux qui consacrent. Difficulté : il dit qu'il paraît faire manger des kodachim au-dehors. Or, même à l'intérieur, on ne procède pas ainsi, car elle n'est consacrée que pour sa valeur. Il aurait fallu dire qu'il est proche d'une meila des kodachim. Autre point, le chevreau mekoulas selon Rabbi Chimon. Admettons qu'il n'y ait pas à craindre qu'il l'ait consacré maintenant, car ce n'est pas la manière de ceux qui se vouent. Malgré cela, il faudrait interdire d'agir ainsi, de peur qu'il dise : de son vivant je l'ai consacré, car la fin prouve le début, puisqu'il l'a rendu mekoulas. La raison est forcément celle-ci, car nous établissons : qu'il ait parlé ou qu'il n'ait pas parlé, même statut. Il paraît donc que, du fait qu'il dit maintenant : cette viande est pour Pessa'h, les gens pensent qu'il l'a consacrée de son vivant. Et Rabbi Chimon : même s'il l'a consacrée de son vivant pour l'abattre au-dehors, il n'y a pas d'hekdesh, parce qu'il ne s'est pas voué à la manière de ceux qui se vouent. Comme il ressort de la Tossefta, dernier chapitre de Menahot, où l'on dit : voici sur moi une ola, à condition que je l'offre dans la maison de Honio. Rabbi Chimon dit : ceci n'est pas une ola. Ici de même : c'est comme celui qui consacre à condition d'offrir au-dehors, et la bête n'est pas consacrée. S'il n'amène pas cette source ici, mais qu'il amène celle de la minha, c'est parce que là-bas il est expliqué explicitement qu'il ne s'est pas voué à la manière de ceux qui se vouent.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אָסוּר שֶׁיֹּאמַר אָדָם בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאֶה כְּמַקְדִּישׁ בְּהֵמָה וְנִרְאֶה כְּאוֹכֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ וַאֲפִילּוּ בְּשַׂר שְׁחוּטָה לְפִי שֶׁהַשּׁוֹמֵעַ שֶׁאוֹמֵר בָּשָׂר לְפֶסַח הוּא יַחְשֹׁוב שֶׁהִקְדִּישׁוֹ מֵחַיִּים וְנִמְצָא אוֹכֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ. וְדַוְקָא גְּדִי אוֹ טָלֶה הָרָאוְיָן לְפֶסַח. וּבְאַשְׁכְּנַז רְגִילִין לִמְלֹוחַ בָּשָׂר לְצֹורֶךְ הַפֶּסַח וּלְיִיבְשׁוּ וְנִזְהָרִין מִלְּהַזְכִּיר עָלָיו פֶּסַח אֶלָּא אוֹמֵר בָּשָׂר זֶה ליו"ט. וְנָהֲגוּ כֵּן עַל פִּי פירש"י שָׁפֵי' שֶׁיְּהוּ סִבּוּרִין שֶׁהִקְדִּישׁוּ לִדְמֵי פֶּסַח וְהִילְכָּךְ אַפִּי' בְּשַׂר בְּהֵמָה נָמֵי. אָמַר רַב פָּפָּא וְדַוְקָא בָּשָׂר אֲבָל חִיטֵּי וּשְׂעָרֵי לָא דַּעֲבִידִי אִינָשֵׁי דְּמִינַּטְרִי לְהוּ לְפִסְחָא. וּגְדִי מְקֻולָּס אע"ג שֶׁלֹּא פָּרֵישׁ וְאָמַר בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח אָסוּר דְּתַנְיָא רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי הִנְהִיג בְּנֵי רוֹמִי לֶאֱכֹול גְּדָיִים מְקֻולָּסִין בְּלֵילֵי פֶּסַח שָׁלְחוּ לוֹ אִלְמָלֵא תּוֹדוֹס אַתָּה גָּזַרְנוּ עָלֶיךָ נִידּוּי מִפְּנֵי שֶׁאַתָּה מַאֲכִיל לְיִשְׂרָאֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ וַאֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לֶאֱכֹול צָלִי גְּדִי מְקֻולָּס אָסוּר. תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי גַּבְרָא רַבָּה הָיָה וְעוֹד הָיָה מֵטִיל מְלַאי לְכִיס תַּלְמִידֵי חֲכָמִים.
Guemara. Rav Yehouda a dit que Rav a dit : il est interdit qu'un homme dise : cette viande est pour Pessa'h, parce qu'il paraît consacrer une bête, et il paraît manger des kodachim au-dehors. Même une viande déjà abattue, car celui qui entend : c'est de la viande pour Pessa'h, pensera qu'il l'a consacrée de son vivant, et il se trouve qu'il mange des kodachim au-dehors. Et cela vise un chevreau ou un agneau propres au pesah. En Achkenaz, on a coutume de saler de la viande pour le besoin de Pessa'h et de la sécher, et l'on se garde de mentionner Pessa'h à son sujet. On dit : cette viande est pour le yom tov. Cette coutume suit l'explication de Rachi, qui explique qu'ils penseraient qu'il l'a consacrée pour la valeur du pesah. Par conséquent, la viande de gros bétail aussi. Rav Papa a dit : cela vise la viande. Le blé et l'orge, non, car les gens ont coutume de les garder pour Pessa'h. Le chevreau mekoulas, même s'il n'a pas dit explicitement : cette viande est pour Pessa'h, est interdit. Car on enseigne : Rabbi Yossi dit : Todos, homme de Rome, a institué pour les gens de Rome de manger des chevreaux mekoulasim les nuits de Pessa'h. Ils lui ont envoyé : si tu n'étais pas Todos, nous aurions décrété sur toi le nidoui, parce que tu fais manger à Israël des kodachim au-dehors. Même dans un lieu où l'on a coutume de manger du rôti, le chevreau mekoulas est interdit. Todos, homme de Rome, était un homme important. De plus, il versait des marchandises dans la bourse des disciples des Sages.
💡 Explication

Rav interdit la formule : cette viande est pour Pessa'h. Elle a l'aspect d'une bête consacrée, puis mangée en kodachim hors du lieu. Rachi : même la viande déjà abattue. Rav Papa limite l'interdit à la viande. Le blé, on entend qu'on le garde (ménater) pour Pessa'h, sans ressemblance avec un korban.

Tossefot discute la lecture de Rachi : appeler le nom maintenant, hors de la manière de ceux qui se vouent. Leur lecture : les gens comprennent qu'il a consacré de son vivant. Pour Rabbi Chimon, un vœu fait pour offrir au-dehors, comme la maison de Honio, ne crée pas d'hekdesh. Le Roch retient, en pratique, le chevreau et l'agneau. La coutume d'Achkenaz, sur Rachi, évite le mot Pessa'h même sur le gros bétail salé et séché, et dit : pour le yom tov.

🖼️ Schéma
Dire que c'est pour Pessa'h Viande Même déjà abattue On entend un hekdesh de son vivant Kodachim au-dehors Blé Rav Papa : permis Il le garde pour Pessa'h Rien n'y ressemble aux kodachim Gdi mekoulas Tête sur les pattes Todos de Rome Menacé de nidoui Le mot kodachim sera corrigé Rôti ordinaire : le minhag du lieu décide. Le mekoulas dépasse ce minhag
Viande : la formule est interdite. Blé : on le garde. Chevreau mekoulas : Todos est repris.
14
וּבָשָׂר לֹא? מֵיתִיבִי אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי הִנְהִיג אֶת בְּנֵי רוֹמִי לֶאֱכֹול גְּדָיִים מְקֻולָּסִין בְּלֵילֵי פְּסָחִים. שָׁלְחוּ לוֹ: אִלְמָלֵא תּוֹדוֹס אַתָּה גָּזַרְנוּ עָלֶיךָ נִדּוּי, שֶׁאַתָּה מַאֲכִיל אֶת יִשְׂרָאֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ. ״קָדָשִׁים״ סָלְקָא דַעְתָּךְ! אֶלָּא אֵימָא:

Et la viande, non ? On objecte.

Rabbi Yossi a dit : Todos, homme de Rome, a institué pour les gens de Rome de manger des chevreaux mekoulasim les nuits de Pessa'h. Ils lui ont envoyé : si tu n'étais pas Todos, nous aurions décrété sur toi le nidoui, car tu fais manger à Israël des kodachim au-dehors.

Des kodachim, cela te viendrait-il à l'esprit ? Dis plutôt :

📜 Rachi (3)
ה"ג אָמַר רַבִּי יוֹסֵי תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי יִשְׂרָאֵל חָשׁוּב שֶׁהָיָה בְּרוֹמִי:
Un Israélite important, qui était à Rome.
מְקֻולָּסִין צְלוּייָן רֹאשׁוֹ עַל כְּרָעָיו וְעַל קִרְבּוֹ כִּצְלִייַּת הַפֶּסַח דְּתַנְיָא בִּכְיָצָד צוֹלִין (לְקַמָּן פְּסָחִים עַד.) רַבִּי עֲקִיבָא קוֹרֵהוּ מְקֻולָּס לְפִי שֶׁתּוֹלֶה כְּרָעָיו חוּצָה לוֹ בְּצִדּוֹ כְּנוֹשֵׂא כְּלֵי זַיְּינוּ בְּצִדּוֹ כּוֹבַע נְחֹושֶׁת בְּגַלִּית (שְׁמוּאֵל א י״ז:ה׳) תַּרְגּוּמוֹ קוֹלְסָא דִּנְחָושָׁא:
Rôtis, la tête sur les pattes et sur les entrailles, comme le rôtissage du pesah. Comme on enseigne au chapitre Keitsad tsolin (plus loin, Pessahim 74a) : Rabbi Akiva l'appelle mekoulas, parce qu'il suspend les pattes en dehors, à son côté, comme celui qui porte ses armes à son côté. Un casque d'airain, au sujet de Golyat (I Samuel 17, 5) : le Targoum rend kolsa de nehosha.
אִלְמָלֵא תּוֹדוֹס אַתָּה אָדָם חָשׁוּב:
Un homme important.
💡 Explication

La Guemara reprend le non de Rav Papa. La viande, sans la formule, serait-elle hors d'interdit ? L'objection vient de Todos de Rome : il a institué les chevreaux mekoulasim, rôtis comme le pesah, tête sur les pattes et les entrailles. Les Sages le menacent de nidoui, et ne le laissent qu'à cause de son rang.

Le mot kodachim est trop fort : ces bêtes n'ont pas été consacrées. La phrase s'arrête sur dis plutôt. La suite, au daf suivant, dira : proche de faire manger des kodachim au-dehors. Rachi : mekoulas vient du casque, kolsa, parce que les pattes pendent au côté comme une arme.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).