Sougya : L'amoud achève la baraitha de Beit Hillel : on ne coupe plus la vigne dès le giru'a, mesure d'une fève blanche, les olives dès la fleur, les autres arbres dès qu'ils produisent. Rabbi Ilai n'a rien perdu : il a coupé un palmier dénis'hani, dont les dattes ne mûrissent pas sur l'arbre.
Suit le biour de cheviit, lieu par lieu et fête par fête, puis les signes de Rabban Chimon ben Gamliel : montagne, vallée, torrent, Chefelah, avec leur nafka mina pour les bikourim, l'egla arufa et la vente. La michna ouvre deux minhagim : vendre du bétail aux goyim, et manger du rôti les nuits de Pessa'h.
Rav interdit de dire que telle viande est pour Pessa'h. Todos de Rome est repris pour les chevreaux mekoulasim.
dès qu'elles ont formé le giru'a ; les olives, dès qu'elles ont fait le netz ; et tous les autres arbres, dès qu'ils ont produit. Rav Assi a dit : c'est le boser, c'est le giru'a, c'est la fève blanche.
La fève blanche, cela te viendrait-il à l'esprit ? Dis plutôt : sa mesure est celle de la fève blanche.
Suite de Beit Hillel, daf précédent : à partir de quand on ne coupe plus les arbres en cheviit. Les vignes, dès le giru'a. Les olives, dès le netz (fleur). Les autres arbres, dès qu'ils ont produit.
Rav Assi identifie boser et giru'a. La Guemara refuse d'en faire une fève blanche : le sujet est la vigne. On retient la mesure : le grain a la taille d'une fève blanche. Rachi place cet avis ici pour bloquer une autre lecture, où giru'a voudrait dire semadar, et où l'on suivrait Rabbi Yossi.
Et de qui as-tu entendu dire : le boser, oui, le semadar, non ? Des Rabbins.
Or l'on enseigne : tous les autres arbres, dès qu'ils ont produit ! Plutôt : Rabbi Ilai a coupé un dénis'hani.
L'avis qui tient le boser pour un fruit, et le semadar pour rien encore, est celui des Rabbins, contre Rabbi Yossi. Or ces mêmes Rabbins enseignent que les autres arbres sont déjà un fruit dès qu'ils ont produit. Les dattes vertes de Rabbi Ilai entreraient dans l'interdit.
Réponse retenue : il a coupé un dénis'hani, palmier mâle. Le fruit ne mûrit jamais sur l'arbre. On le cueille en Nissan, il mûrit dans le panier, et il reste petit. Il n'y a pas de péri perdu.
Les Sages ont enseigné : on mange des raisins jusqu'à ce que cessent les treilles d'Okhel. S'il y en a de plus tardives qu'elles, on mange en s'appuyant sur elles.
Nouvelle baraitha du biour. Les raisins de cheviit se mangent tant que les daliyot (treilles) d'Okhel en portent encore. Rachi : Okhel est un lieu de vignes. Une autre leçon lit Avel, Avel des vignes.
La règle du lieu n'est pas fermée. S'il reste ailleurs des raisins plus tardifs, on mange encore ceux de la maison en s'appuyant sur eux.
On mange des olives jusqu'à ce que cesse le dernier de Tekoa. Rabbi Eliezer dit : jusqu'à ce que cesse le dernier de Goush Halav, de manière qu'un pauvre sorte et ne trouve, ni dans le feuillage ni au pied, un rêva.
On mange des grogerot jusqu'à ce que cessent les pagim de Beit Hini.
Olives : jusqu'au dernier olivier de Tekoa, lieu cité pour son huile. Rabbi Eliezer prolonge jusqu'au dernier de Goush Halav, dans le lot d'Acher.
Le cesse se mesure au champ. Un pauvre sort, et il ne trouve plus un rêva (quart de kav), ni dans le feuillage (nof) ni au pied (ikar). Jusque-là, on mange encore les olives déjà rentrées. Les grogerot sont les figues sèches. Leur repère : les pagim de Beit Hini.
Rabbi Yehouda a dit : on n'a mentionné les pagim de Beit Hini qu'au sujet de la maasser. Car nous avons appris : les pagim de Beit Hini et les ahinei de Tovina sont soumis à la maasser.
Rabbi Yehouda retire Beit Hini du biour de cheviit. La mention vise la maasser. Ces pagim, et les ahinei (dattes) de Tovina, restent toujours petites, et elles sont pourtant un fruit que l'on dîme.
On mange des dattes jusqu'à ce que cesse le dernier de Tsoar. Rabban Chimon ben Gamliel dit : on mange en s'appuyant sur celles d'entre les kippim, et l'on ne mange pas en s'appuyant sur celles d'entre les chitsin.
Dattes : jusqu'au dernier palmier de Tsoar. Rabban Chimon ben Gamliel distingue l'endroit où la datte tombée reste accessible. Les kippim, palmes du haut, portent encore la maison. Les chitsin, épines du pied, ne la portent pas : la bête sauvage ne les prend pas.
On objecte : on mange des raisins jusqu'à Pessa'h, des olives jusqu'à Atseret, des grogerot jusqu'à 'Hanouka, des dattes jusqu'à Pourim. Rav Bibi a dit : Rabbi Yo'hanan intervertit les deux dernières.
L'une et l'autre sont une seule mesure. Et si tu veux, dis : voici qu'on enseigne explicitement : s'il y en a de plus tardives qu'elles, on mange en s'appuyant sur elles.
Une autre baraitha date le biour par les fêtes : raisins jusqu'à Pessa'h, olives jusqu'à Atseret (Chavouot), grogerot jusqu'à 'Hanouka, dattes jusqu'à Pourim. Rav Bibi rapporte que Rabbi Yo'hanan inverse les deux dernières. Rachi : cette phrase donne la girsa, elle ne résout pas la contradiction.
Première réponse : lieu et fête sont une seule mesure. Le dernier de Tsoar tombe à cette date. Seconde réponse : la première baraitha le dit déjà. Un fruit plus tardif prolonge la consommation.
On a enseigné. Rabban Chimon ben Gamliel dit : un signe pour les montagnes, les milin.
Un signe pour les vallées, les palmiers. Un signe pour les torrents, les roseaux.
Un signe pour la Chefelah, le sycomore. Bien qu'il n'y ait pas de preuve pour la chose, il y a un souvenir de la chose, car il est dit : Le roi a mis l'argent à Yerouchalayim comme des pierres, et les cèdres, il les a mis comme les sycomores qui sont dans la Chefelah, en abondance.
Rabban Chimon ben Gamliel donne le végétal propre à chaque sol. Milin : galles, noix de galle, sur la montagne. Dkalim : palmiers dans la vallée. Kanim : roseaux au torrent. Shikma : sycomore dans la Chefelah, et Rachi note qu'il ne fait pas de fruit.
Le verset des cèdres mis comme les sycomores de la Chefelah est un zekher, un souvenir. Rachi : la preuve reste incomplète. On n'en tire pas qu'une plaine sans sycomore perdrait le nom de Chefelah. Il rattache ensuite les bikourim à l'éloge du pays : sept espèces, lieu de choix, et le miel du verset est le miel des dattes.
Un signe pour les montagnes : les milin. Un signe pour les vallées : les palmiers.
La nafka mina concerne les bikourim. Car nous avons appris : on n'apporte des bikourim que des sept espèces, et non des palmiers qui sont dans les montagnes, et non des fruits qui sont dans les vallées.
Première nafka mina : les bikourim. On n'apporte que les sept espèces, et seulement le choix. Les palmiers de montagne sont moindres : leur place est la vallée. Les fruits de la vallée, Rachi : le grain. L'eau y stagne, la récolte flétrit et pourrit.
Un signe pour les torrents : les roseaux. La nafka mina concerne le nahal eitan.
Un signe pour la Chéfelah : le sycomore. La nafka mina concerne l'achat et la vente.
Maintenant que tu en es arrivé là, tous concernent aussi l'achat et la vente.
Les roseaux identifient le nahal eitan, le torrent où l'on fait l'egla arufa. Sans roseaux, l'endroit ne porte pas le nom de torrent. Le sycomore identifie une Chéfelah dans un contrat : je te vends une Chéfelah, le terrain doit en porter.
La Guemara élargit. Dès que la vente sert pour la Chéfelah, les quatre signes servent aussi au mekah u-memkar, pour reconnaître montagne, vallée, torrent et plaine.
Michna. Un lieu où l'on a coutume de vendre du menu bétail aux goyim : on vend.
Un lieu où l'on n'a pas coutume de vendre : on ne vend pas. En tout lieu, on ne leur vend pas de gros bétail, ni veaux ni poulains, entiers ou estropiés.
Rabbi Yehouda permet l'estropiée. Ben Beteira permet le cheval.
Michna des minhagim. Le menu bétail suit le lieu : là où l'on s'est imposé une houmra, de peur de glisser vers le gros, on ne vend pas. Ailleurs, on vend.
Le gros bétail est interdit partout, ainsi que veaux, poulains, entiers et estropiés. Rachi : gezera de prêt, de location et d'essai, à cause de la chevitat behemto, le repos de la bête le Chabbat. Le petit et l'estropié se confondent avec le grand et l'entier. Rabbi Yehouda permet l'estropiée : on l'abat, on ne la garde pas. Ben Beteira permet le cheval : sa monte n'est qu'un chevout.
Un lieu où l'on a coutume de manger du rôti les nuits de Pessa'h : on mange. Un lieu où l'on a coutume de ne pas en manger : on n'en mange pas.
Second minhag de la michna. Le tsali (rôti) les nuits de Pessa'h a l'aspect du korban pesah mangé hors de son lieu. Là où le minhag s'en abstient, on s'abstient. Là où l'on a coutume d'en manger, on en mange.
Le Roch enchaîne ici la michna suivante, celle de la lumière à Kippour : minhag d'allumer ou non, avec les lieux où l'on allume malgré tout, synagogues, maisons d'étude, ruelles obscures, et auprès des malades.
Guemara. Rav Yehouda a dit que Rav a dit : il est interdit à un homme de dire : cette viande est pour Pessa'h, parce qu'il paraît consacrer sa bête et manger des kodachim au-dehors.
Rav Papa a dit : cela vise la viande. Le blé, non : il dit qu'il le garde pour Pessa'h.
Rav interdit la formule : cette viande est pour Pessa'h. Elle a l'aspect d'une bête consacrée, puis mangée en kodachim hors du lieu. Rachi : même la viande déjà abattue. Rav Papa limite l'interdit à la viande. Le blé, on entend qu'on le garde (ménater) pour Pessa'h, sans ressemblance avec un korban.
Tossefot discute la lecture de Rachi : appeler le nom maintenant, hors de la manière de ceux qui se vouent. Leur lecture : les gens comprennent qu'il a consacré de son vivant. Pour Rabbi Chimon, un vœu fait pour offrir au-dehors, comme la maison de Honio, ne crée pas d'hekdesh. Le Roch retient, en pratique, le chevreau et l'agneau. La coutume d'Achkenaz, sur Rachi, évite le mot Pessa'h même sur le gros bétail salé et séché, et dit : pour le yom tov.
Et la viande, non ? On objecte.
Rabbi Yossi a dit : Todos, homme de Rome, a institué pour les gens de Rome de manger des chevreaux mekoulasim les nuits de Pessa'h. Ils lui ont envoyé : si tu n'étais pas Todos, nous aurions décrété sur toi le nidoui, car tu fais manger à Israël des kodachim au-dehors.
Des kodachim, cela te viendrait-il à l'esprit ? Dis plutôt :
La Guemara reprend le non de Rav Papa. La viande, sans la formule, serait-elle hors d'interdit ? L'objection vient de Todos de Rome : il a institué les chevreaux mekoulasim, rôtis comme le pesah, tête sur les pattes et les entrailles. Les Sages le menacent de nidoui, et ne le laissent qu'à cause de son rang.
Le mot kodachim est trop fort : ces bêtes n'ont pas été consacrées. La phrase s'arrête sur dis plutôt. La suite, au daf suivant, dira : proche de faire manger des kodachim au-dehors. Rachi : mekoulas vient du casque, kolsa, parce que les pattes pendent au côté comme une arme.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).