Pesachim 53b - Chevreau mekoulas, Todos de Rome, et la lampe de Kippour

Pesachim 53b

Sougya : L'amoud reprend la fin de la phrase sur Todos : faire manger un chevreau mekoulas est proche de faire manger des kodachim au-dehors. Le mekoulas est interdit qu'on ait dit ou non qu'il est pour Pessa'h ; la viande qui ne l'est pas ne l'est que si l'on a précisé.

Rav Aha enseigné la baraitha selon Rabbi Chimon. Rav Chechet et Ravina confrontent cet avis à Rabbi Yossi, sur la minha d'orge et la saisie de la fin des paroles.

La baraitha tient selon Rabbi Yossi : " ceci est pour Pessa'h " s'entend pour la valeur du pesah. On demande si Todos était un grand homme ou un baal egrofin.

Sa deracha sur Hanania, Mishaël et Azaria, le kal va-homer des grenouilles, et le melai versé aux talmidei hakhamim tranchent pour lui. La michna ouvre le minhag d'allumer la lampe la nuit de Kippour : les deux coutumes écartent le tashmish.

Chemuel réserve la berakha sur le feu à la sortie du Chabbat, et Oula démêle avec Rabba bar bar Hana ce que Rabbi Yo'hanan a dit.

Chevreau la nuit de Pessa'h Mekoulas Rôti entier, d'un seul tenant Il a dit : pour Pessa'h ou il n'a rien dit Interdit dans les deux cas Aspect du korban pesah Même sans mention du nom Proche de kodachim au-dehors Pas mekoulas Viande qui n'est pas rôtie entière Il a précisé : pour Pessa'h Interdit : il paraît appeler un nom Il n'a pas précisé Permis Rien à confondre avec un korban Rav : même la viande simple se confond avec le pesah. La réponse sépare les deux cas Selon Rabbi Yossi, " ceci est pour Pessa'h " sur une viande s'entend : pour la valeur du pesah
Mekoulas : interdit qu'on ait parlé ou non. Autre viande : seulement si l'on a précisé pour Pessah.
Fin des paroles, et le cas de Todos Rabbi Meir On saisit le premier langage Temoura : ola puis chelamim Seule l'ola tient Minha d'orge " Minha " est saisi Il apporte du froment Todos : hors de ce schéma La baraitha n'est pas la sienne Rabbi Yossi On saisit aussi la fin Temoura : les deux noms s'il les a visés dès le début Elle paît, on vend, moitié moitié Minha d'orge : froment aussi On ne parle pas pour rien Todos : la formule tient Sens : pour la valeur du pesah Proche de kodachim au-dehors La baraitha s'établit chez lui Rabbi Chimon Il tient comme Yossi sur la fin des paroles Minha d'orge : exempt Hors de la manière de ceux qui se vouent Todos : viande déjà rôtie On consacre une bête vivante Ses paroles sont nulles Pas de proximité avec des kodachim au-dehors Le sens reste à sens unique Chimon reçoit de Yossi la saisie de la fin. Yossi n'annule pas le don irrégulier Tossefot : chez Yossi, ola et chelamim sont deux paroles. " D'orge " explique " minha " et l'annule
Rabbi Chimon reçoit de Rabbi Yossi la fin des paroles. Rabbi Yossi n'annule pas le don irrégulier. Todos s'établit selon Rabbi Yossi.
La lampe, la nuit de Kippour Minhag d'allumer On allume dans la maison On ne sert pas sa couche à la lumière de la lampe But : écarter le tashmish Minhag de ne pas allumer On n'allume pas dans la maison La lumière fait voir l'épouse et réveille le désir Même but : le tashmish On allume malgré le minhag d'abstention Synagogues Batei midrach Ruelles obscures Auprès des malades Kippour qui tombe un Chabbat R. Chimon ben Elazar : on allume pour l'honneur du Chabbat Les Sages : on interdit Berakha sur le feu Chemuel : seulement à la sortie du Chabbat, heure de sa création Rachi : à la sortie de Kippour aussi
Allumer ou non, les deux minhagim écartent le tashmish. Quatre lieux échappent à l'abstention. Kippour un Chabbat : mahloket.
1
קָרוֹב לְהַאֲכִיל אֶת יִשְׂרָאֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ. מְקֻולָּס — אִין, שֶׁאֵין מְקֻולָּס — לָא! אָמְרִי, מְקֻולָּס: לָא שְׁנָא אָמַר, לָא שְׁנָא לָא אֲמַר. שֶׁאֵינוֹ מְקֻולָּס: פֵּירַשׁ — אִין, לֹא פֵּירֵשׁ — לֹא.

C'est proche de faire manger à Israël des kodachim au-dehors. Mekoulas, oui ; ce qui n'est pas mekoulas, non.

Ils disent : mekoulas, qu'il ait dit ou qu'il n'ait pas dit. Ce qui n'est pas mekoulas : s'il a précisé, oui ; s'il n'a pas précisé, non.

📜 Rachi (3)
קָרוֹב לְהַאֲכִיל דּוֹמֶה לְקָדָשִׁים:
Cela ressemble aux kodachim.
שֶׁאֵינוֹ מְקֻולָּס לֹא וְקַשְׁיָא לְרַב דְּאָמַר בָּשָׂר גְּרֵידָא מִיחַלַּף בְּפֶסַח:
Et c'est une difficulté pour Rav, qui a dit que la viande seule se confond avec le pesah.
וּמְשַׁנֵּי מְקֻולָּס אע"ג דְּלָא אָמַר בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח וְלֹא מַזְכִּיר עָלָיו אֶת הַשֵּׁם אָסוּר אֲבָל שֶׁאֵינוֹ מְקֻולָּס אָמַר הֲרֵי בָּשָׂר זֶה לְפֶסַח אָסוּר מִשּׁוּם דְּנִרְאֶה כְּקוֹרֵא שֵׁם:
Et l'on répond : un mekoulas, même s'il n'a pas dit " cette viande est pour Pessa'h " et qu'il ne mentionne pas le Nom sur elle, est interdit. Ce qui n'est pas mekoulas : s'il a dit " voici, cette viande est pour Pessa'h ", c'est interdit, parce qu'il paraît appeler un nom.
💡 Explication

La phrase continue le " dis plutôt " de l'amoud précédent. Le reproche fait à Todos est d'être proche de faire manger des kodachim hors de leur lieu.

Premier dégagement : seul le mekoulas, le chevreau rôti entier, serait visé. Cela gêne Rav, pour qui même une viande simple, dès qu'on dit qu'elle est pour Pessa'h, se confond avec le pesah.

Réponse. Le mekoulas est interdit qu'on ait prononcé la formule ou non : il a l'aspect du korban. La viande qui n'est pas mekoulas n'est interdite que si l'on a précisé. Préciser, c'est paraître appeler un nom, la formule qui donne un statut de korban.

🖼️ Schéma
Chevreau la nuit de Pessa'h Mekoulas Rôti entier, d'un seul tenant Il a dit : pour Pessa'h ou il n'a rien dit Interdit dans les deux cas Aspect du korban pesah Même sans mention du nom Proche de kodachim au-dehors Pas mekoulas Viande qui n'est pas rôtie entière Il a précisé : pour Pessa'h Interdit : il paraît appeler un nom Il n'a pas précisé Permis Rien à confondre avec un korban Rav : même la viande simple se confond avec le pesah. La réponse sépare les deux cas Selon Rabbi Yossi, " ceci est pour Pessa'h " sur une viande s'entend : pour la valeur du pesah
Mekoulas : toujours interdit. Sans mekoulas : interdit seulement si l'on a précisé.
2
רַב אַחָא מַתְנִי לַהּ לְהָא מַתְנִיתִין כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. מַתְקִיף לַהּ רַב שֵׁשֶׁת: בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּתָנֵי לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי — נִיחָא, אֶלָּא לְמַאן דְּמַתְנֵי כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן — מִי נִיחָא?

Rav Aha enseigné cette baraitha selon Rabbi Chimon. Rav Chechet l'attaque : soit, pour celui qui l'enseigne selon Rabbi Yossi, cela tient.

Pour celui qui l'enseigne selon Rabbi Chimon, cela tient-il ?

📜 Rachi (2)
רַב אַחָא מַתְנִי לַהּ לְהָא מַתְנֵי' דְּתוֹדוֹס:
Celle de Todos.
כְּר' שִׁמְעוֹן אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי כו':
Rabbi Chimon a dit : Todos, homme de Rome, etc.
💡 Explication

Rav Aha rapporte l'épisode de Todos au nom de Rabbi Chimon. Rav Chechet admet la version placée au nom de Rabbi Yossi. La version de Rabbi Chimon reste à justifier : la michna qui suit, sur celui qui offre hors de la manière des offrants, rend ses paroles nulles.

3
וְהִתְנָן: רַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר, שֶׁלֹּא הִתְנַדֵּב כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים.

Or nous avons appris : Rabbi Chimon exempte, parce qu'il ne s'est pas voué à la manière de ceux qui se vouent.

📜 Rachi (1)
רַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר בְּאוֹמֵר הֲרֵי עָלַי מִנְחָה מִן הַשְּׂעוֹרִים דִּתְנַן בִּמְנָחוֹת מֵבִיא מִן הַחִיטִּין דְּכֵיוָן דְּאָמַר הֲרֵי עָלַי מִנְחָה תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן וּמִנְחָה אֵינָהּ בָּאָה מִן הַשְּׂעוֹרִין נְדָבָה הִלְכָּךְ יָבִיא מִן הַחִיטִּין וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר דְּאָמַר אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס וְנִדְבָּק וְדַעְתּוֹ לְכָל מַה שֶׁמּוֹצִיא בְּפִיו וּלְמִנְחַת שְׂעוֹרִין נִתְכַּוֵּין וְסָבוּר שֶׁאָדָם יָכוֹל לְהִתְנַדֵּב וּלְהָבִיא כֵּן וּלְפִיכָךְ אֵין בִּדְבָרָיו כְּלוּם וְהַאי מַאֲכִיל גְּדִי מְקֻולָּס נָמֵי מַאי קָרוֹב לְקָדָשִׁים בַּחוּץ אִיכָּא הֲלֹא מֵחַיִּים לֹא קָרָא עָלָיו שֵׁם פֶּסַח וַאֲפִילּוּ הָיָה קוֹרֵא לוֹ שֵׁם בִּשְׁעַת צְלִייָּה שֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ הַמַּקְדִּישִׁין הוּא וְאֵין הַשֵּׁם חָל עָלָיו:
Pour celui qui dit : voici sur moi une minha d'orge. On a enseigné dans Menahot : il apporte du froment. Puisqu'il a dit " voici sur moi une minha ", on saisit le premier langage, et une minha en don volontaire ne vient pas de l'orge. Il apportera donc du froment. Rabbi Chimon l'exempte. Il dit : même dans la fin de ses paroles l'homme est saisi et lié, et sa pensée va à tout ce qu'il fait sortir de sa bouche. Il a visé une minha d'orge, et il pensait qu'un homme peut se vouer et apporter ainsi. Ses paroles sont donc nulles. Celui qui fait manger un chevreau mekoulas, de même : quelle proximité avec des kodachim au-dehors y a-t-il ? De son vivant, il ne lui a pas appelé le nom de pesah. Même s'il lui appelait un nom au moment du rôtissage, c'est hors de la manière de ceux qui consacrent, et le nom ne prend pas sur lui.
💡 Explication

Michna de Menahot. " Voici sur moi une minha d'orge ". Les Sages font apporter du froment : on saisit la première formule, " minha ", et l'orge ne vaut pas pour un don volontaire.

Rabbi Chimon exempte. On saisit aussi la fin. Il a visé l'orge, qu'il croyait pouvoir offrir. La parole entière sort de la manière de ceux qui se vouent, et elle est nulle.

Reporte au chevreau : on consacre une bête vivante. Appeler un nom au moment du rôt, sur une viande, est hors de la manière de ceux qui consacrent. Le nom ne prend pas. La crainte de kodachim au-dehors tombe, et la baraitha ne tient plus selon lui.

4
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וּמַאן דְּמַתְנֵי לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי מִי נִיחָא? וְהָאָמַר רָבָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשִׁיטַת רַבִּי יוֹסֵי אֲמָרָהּ, דְּאָמַר: אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס.

Ravina dit à Rav Ashi : et celui qui l'enseigne selon Rabbi Yossi, cela tient-il ? Or Rava a dit : Rabbi Chimon l'a dite selon la méthode de Rabbi Yossi, qui a dit : même dans la fin de ses paroles, l'homme est saisi.

📜 Rachi (1)
ר' שִׁמְעוֹן דְּפָטַר בְּאוֹמֵר מִנְחָה מִן הַשְּׂעוֹרִים וְלָא חַיְּיבֵיהּ מִשּׁוּם תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן בְּשִׁטַּת ר' יוֹסֵי אֲמָרָהּ דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת תְּמוּרָה (דַּף כֹּה:) אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִדְבָּק וְנִתְפַּס כְּלוֹמַר תּוֹפֵס הוּא אֶת גְּמַר דְּבָרָיו דִּתְנַן הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה דִּבְרֵי ר"מ דְּאָמַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר אִם לְכָךְ נִתְכַּוֵּין תְּחִלָּה הוֹאִיל וְלָא הֲוָה אֶפְשָׁר לֵיהּ לְהוֹצִיא שְׁנֵי שֵׁמוֹת כְּאֶחָד וְעַל כָּרְחוֹ הוֹצִיא זֶה אַחַר זֶה דְּבָרָיו קַיָּימִין וְתִרְעֶה עַד שֶׁתִּסְתָּאֵב וְתִמָּכֵר וְיָבִיא בִּדְמֵי חֶצְיָהּ עוֹלָה וּבִדְמֵי חֶצְיָהּ שְׁלָמִים:
Lui qui exempte celui qui dit une minha d'orge, et qui ne l'oblige pas au motif de saisir le premier langage, l'a dite selon la méthode de Rabbi Yossi. Celui-ci dit dans le traité Temoura (25b) : même dans la fin de ses paroles l'homme est lié et saisi, c'est-à-dire qu'il saisit la fin de ses paroles. On a enseigné : " celle-ci est la temoura d'une ola, la temoura d'un chelamim " : elle est la temoura d'une ola, paroles de Rabbi Meir, qui dit qu'on saisit le premier langage. Rabbi Yossi dit : s'il a visé cela dès le début, puisqu'il ne pouvait pas faire sortir deux noms à la fois, et que c'est par contrainte qu'il a fait sortir l'un après l'autre, ses paroles tiennent. Elle paîtra jusqu'à ce qu'elle ait un mum, on la vendra, et il apportera avec la moitié du prix une ola, et avec l'autre moitié un chelamim.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשִׁיטַת רַבִּי יוֹסֵי אֲמָרָהּ דְּאָמַר אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו וְכוּ' אע"ג דִּלְר' יוֹסֵי חָיְילִי תַּרְוַיְיהוּ הַייְנוּ מִשּׁוּם דִּתְרֵי מִילֵּי קָאָמַר וְאֵינָם פֵּירוּשׁ זֶה לָזֶה אֲבָל הָכָא מִן הַשְּׂעוֹרִים הוּא פִּי' מַה שֶׁאָמַר הֲרֵי עָלַי מִנְחָה וְכֵיוָן דְּאַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס מְבַטְּלִים לְהָא דְּאָמַר בַּתְּחִלָּה הֲרֵי עָלַי מִנְחָה וְאַפֵּי' אִם אָמַר אִילּוּ הָיִיתִי יוֹדֵעַ שֶׁאֵין נוֹדְרִין כָּךְ לֹא הָיִיתִי נוֹדֵר כָּךְ אֶלָּא כָּךְ דְּהַייְנוּ טַעְמָא דְּרַבָּנָן דְּאַלִּים לְהוּ לָשׁוֹן רִאשׁוֹן וְלָא הָוֵי נֶדֶר וּפִתְחוֹ עִמּוֹ כִּי אָמַר אִילּוּ הָיִיתִי יוֹדֵעַ כּוּ' כִּדְאָמְרִינַן בְּהַמְּנָחוֹת וְהַנְּסָכִים (מְנָחוֹת קג.):
Bien que, pour Rabbi Yossi, les deux prennent effet, c'est qu'il a dit deux choses, et l'une n'est pas l'explication de l'autre. Ici, " d'orge " explique ce qu'il a dit : " voici sur moi une minha ". Puisque même dans la fin de ses paroles l'homme est saisi, elles annulent ce qu'il a dit d'abord : " voici sur moi une minha ". Même s'il a dit : si j'avais su qu'on ne voue pas ainsi, je n'aurais pas voué ainsi, mais ainsi. Telle est la raison des Sages : le premier langage est fort chez eux, il n'y a pas de vœu, et son ouverture (petah) va avec lui quand il dit : si j'avais su, etc., comme on le dit dans HaMenahot veHaNesakhim (Menahot 103a).
💡 Explication

Ravina renverse la question. Si Rabbi Chimon suit Rabbi Yossi, la difficulté de l'un atteint l'autre. Dans Temoura, deux désignations d'affilée, ola puis chelamim : Rabbi Meir ne garde que la première. Rabbi Yossi garde les deux, quand l'intention du début portait sur les deux, parce qu'on ne peut pas sortir deux noms d'un seul souffle.

Tossefot sépare les cas. Ola et chelamim sont deux paroles distinctes : les deux prennent effet. " D'orge " explique " minha ". Saisir la fin annule le début. Chez les Sages, le premier langage reste fort : l'homme devra du froment, et la formule " si j'avais su " sert de petah, d'ouverture pour dénouer le vœu.

5
מַאי לַָאו: מִדְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, רַבִּי יוֹסֵי נָמֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן! לֹא, רַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, וְלָא רַבִּי יוֹסֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן.

Quoi, n'en résulte-t-il pas : de ce que Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yossi, Rabbi Yossi tient aussi comme Rabbi Chimon ? Non.

Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yossi, et Rabbi Yossi ne tient pas comme Rabbi Chimon.

📜 Rachi (3)
מַאי לָאו מִדְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי בִּתְפִישַׂת גְּמַר דְּבָרִים:
Dans la saisie de la fin des paroles.
ר' יוֹסֵי סָבַר לָהּ כְּר' שִׁמְעוֹן בְּמִתְנַדֵּב שֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים דְּלָא אָמַר כְּלוּם וְהַהִיא דְּתוֹדוֹס לָא מִתּוֹקְמָא כְּר' יוֹסֵי:
Pour celui qui offre hors de la manière de ceux qui offrent : il n'a rien dit. Et le cas de Todos ne s'établit pas selon Rabbi Yossi.
ה"ג לֹא ר"ש סָבַר לָהּ כְּר' יוֹסֵי וְלָא רַבִּי יוֹסֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְהָכִי פֵּירוּשָׁא לָא הִיא כְּדַאֲמַרְתְּ אֶלָּא רַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי דְּאַף בִּגְמַר דְּבָרָיו נִתְפָּשׂ דַּעַת הָאָדָם וַהֲוָה לֵיהּ מִתְנַדֵּב שֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ מִתְנַדְּבִין וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר הוֹאִיל וְשֶׁלֹּא כַּהֹוגֶן הִתְנַדֵּב אֵין בִּדְבָרָיו כְּלוּם אֲבָל רַבִּי יוֹסֵי לָא סָבַר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמִתְנַדֵּב שֶׁלֹּא כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִין דְּלָא אָמַר כְּלוּם אֶלָּא חִיּוּבֵי מְחַיֵּיב לֵיהּ לְהָבִיא מִנְחַת חִיטִּין וְלָאו מִשּׁוּם תְּפֹושׂ לָשׁוֹן רִאשׁוֹן אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאֵין אָדָם מוֹצִיא דְּבָרָיו לְבַטָּלָה וְגַבֵּי גְּדִי מְקֻולָּס נָמֵי אע"ג דְּשָׁלָא כְּדֶרֶךְ הַמַּקְדִּישִׁין הוּא הֲוָה לֵיהּ קָרוֹב לְהַאֲכִיל קָדָשִׁים בַּחוּץ דְּאִי הֲוָה אָמַר עָלֶיהָ הֲרֵי זֶה לְפֶסַח אָמְרִי לִדְמֵי פֶּסַח קָאָמַר:
On lit ainsi : non, Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yossi, et Rabbi Yossi ne tient pas comme Rabbi Chimon. Voici le sens : il n'en est pas comme tu l'as dit. Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yossi, à savoir que même dans la fin de ses paroles la pensée de l'homme est saisie. Il se trouve qu'il offre hors de la manière de ceux qui offrent. Rabbi Chimon tient : puisqu'il s'est voué de façon incorrecte, ses paroles sont nulles. Rabbi Yossi ne tient pas comme Rabbi Chimon sur celui qui offre hors de la manière de ceux qui offrent, au point que ses paroles seraient nulles. Il l'oblige à apporter une minha de froment. Et cela, hors du motif de saisir le premier langage : un homme ne fait pas sortir ses paroles pour rien. Pour le chevreau mekoulas aussi : même si c'est hors de la manière de ceux qui consacrent, il reste proche de faire manger des kodachim au-dehors. S'il avait dit sur lui " ceci est pour Pessa'h ", on dit qu'il a parlé pour la valeur du pesah.
💡 Explication

L'alignement reste à sens unique. Rabbi Chimon reçoit de Rabbi Yossi ceci : la fin des paroles saisit l'homme. Il en tire que le don irrégulier est nul. Rabbi Yossi ne le suit pas jusque-là.

Chez Rabbi Yossi, l'homme qui a dit " minha d'orge " doit une minha de froment. Le motif est qu'un homme ne parle pas pour rien. Le premier langage n'est pas ici la raison.

Pour Todos, la formule " ceci est pour Pessa'h " sur le chevreau s'entend ledmei pesah, pour la valeur du pesah. La proximité avec des kodachim au-dehors demeure. La baraitha s'établit selon Rabbi Yossi.

🖼️ Schéma
Fin des paroles, et le cas de Todos Rabbi Meir On saisit le premier langage Temoura : ola puis chelamim Seule l'ola tient Minha d'orge " Minha " est saisi Il apporte du froment Todos : hors de ce schéma La baraitha n'est pas la sienne Rabbi Yossi On saisit aussi la fin Temoura : les deux noms s'il les a visés dès le début Elle paît, on vend, moitié moitié Minha d'orge : froment aussi On ne parle pas pour rien Todos : la formule tient Sens : pour la valeur du pesah Proche de kodachim au-dehors La baraitha s'établit chez lui Rabbi Chimon Il tient comme Yossi sur la fin des paroles Minha d'orge : exempt Hors de la manière de ceux qui se vouent Todos : viande déjà rôtie On consacre une bête vivante Ses paroles sont nulles Pas de proximité avec des kodachim au-dehors Le sens reste à sens unique Chimon reçoit de Yossi la saisie de la fin. Yossi n'annule pas le don irrégulier Tossefot : chez Yossi, ola et chelamim sont deux paroles. " D'orge " explique " minha " et l'annule
Chimon suit Yossi sur la fin des paroles. Yossi n'annule pas le don hors norme. Todos reste chez Yossi.
6
אִיבַּעְיָא לְהוּ: תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי גַּבְרָא רַבָּה הֲוָה, אוֹ בַּעַל אֶגְרוֹפִין הֲוָה?

On a demandé : Todos, homme de Rome, était-il un grand homme, ou était-il un baal egrofin (homme de poigne) ?

📜 Rachi (2)
גַּבְרָא רַבָּה הֲוָה וּמִפְּנֵי כְּבוֹדוֹ לֹא גָּזְרוּ עָלָיו נִדּוּי:
Et à cause de son honneur ils n'ont pas décrété le nidoui sur lui.
אוֹ בַּעַל אֶגְרוֹפִין וּמִפְּנֵי הַיִּרְאָה:
Et à cause de la crainte.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אִיבַּעְיָא לְהוּ: תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי, גַּבְרָא רַבָּה הֲוָה, אוֹ בַּעַל אֶגְרוֹפִין הֲוָה. וְנָפְקָא מִינָּהּ לִלְמֹוד מִזֶּה דִּין דְּמִי שֶׁהוּא בַּעַל אֶגְרוֹפִין אַף עַל פִּי שֶׁרָאוּי לְנַדּוֹתוֹ יְכוֹלִין לְהִמָּנַע מִלְּנַדּוֹתוֹ וְלֵיכָּא בָּזֶה אִיסּוּר מִשּׁוּם חֲנֻופָּה וְכַאֲשֶׁר מָצִינוּ דְּהַפּוֹסְקִים לָמְדוּ מִכָּאן דִּין זֶה וּכְמוֹ שֶׁהוּבָא בפ"ע בְּשֵׁם חֹק יַעֲקֹב סִי' תע"ו יְעֻויַּן שָׁם.
On a demandé : Todos, homme de Rome, était-il un grand homme, ou un baal egrofin. La conséquence pratique est d'en apprendre une règle : celui qui est un baal egrofin, bien qu'il soit passible du nidoui, on peut s'abstenir de le frapper de nidoui, et il n'y a pas en cela d'interdit au titre de la hanoupa (flatterie). Comme on trouve que les décisionnaires ont appris d'ici cette règle, et comme on l'a rapporté dans le Petah Einayim au nom du Hak Yaakov, siman 476. Voir là-bas.
💡 Explication

Les Sages ont menacé Todos de nidoui et ne l'ont pas frappé. Deux lectures. C'était un gavra raba, un grand homme : on a ménagé son honneur. Ou c'était un baal egrofin : on a craint sa poigne.

Le Ben Yehoiada en tire une règle retenue par les décisionnaires : s'abstenir de nidoui envers un homme de poigne ne compte pas comme hanoupa.

7
תָּא שְׁמַע. עוֹד זוֹ דָּרַשׁ תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי: מֶה רָאוּ חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה שֶׁמָּסְרוּ [עַצְמָן] עַל קְדֻושַּׁת הַשֵּׁם לְכִבְשַׁן הָאֵשׁ?

Viens entendre. Todos, homme de Rome, a encore enseigné ceci : qu'ont vu Hanania, Mishaël et Azaria, pour se livrer eux-mêmes, pour la sanctification du Nom, à la fournaise de feu ?

📜 Rachi (2)
וְעוֹד זוֹ דָּרַשׁ אַלְמָא גַּבְרָא רַבָּה הֲוָה:
Donc c'était un grand homme.
מֶה רָאוּ שֶׁלֹּא דָּרְשׁוּ וָחַי בָּהֶן וְלֹא שֶׁיָּמוּת בָּהֶן:
Qu'ils n'ont pas exposé " et il vivra par eux ", et non qu'il mourra par eux.
🗂️ Tossefot (1)
מֶה רָאוּ חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה פ"ה מֶה רָאוּ שֶׁלֹּא דָּרְשׁוּ וָחַי בָּהֶם וְלֹא שֶׁיָּמוּת בָּהֶן וְקָשֶׁה דְּהָא בְּפַרְהֶסְיָא הֲוָה וּמַסְּקִינַן בְּסַנְהֶדְרִין (דַּף עַד.) דִּלְכֻולֵּי עָלְמָא בְּפַרְהֶסְיָא חַייָּב לִמְסוֹר עַצְמוֹ אֲפִילּוּ אַמִּצְוָה קַלָּה ומפר"ת דְּצֶלֶם זֶה שֶׁעָשָׂה נְבוּכַדְנֶצַּר לָאו ע"ז הֲוָה אֶלָּא אִינְדַרְטָא שֶׁעָשָׂה לִכְבוֹד עַצְמוֹ וּלְכָךְ קָאָמַר מֶה רָאוּ וְכֵן מַשְׁמַע מִדִּכְתִיב לֵאלָהָךְ לֵית אֲנַחְנָא פָּלְחִין וּלְצֶלֶם דְּדַהֲבָא לָא נִסְגֻּוד מַשְׁמַע דֶּאֱלָהָא דִּידֵיהּ וְצַלְמָא תְּרֵי מִילֵּי נִינְהוּ וְאָתֵי נַמֵּי שַׁפִּיר הָא דְּאָמְרִינַן בְּאֵלּוּ נְעָרוֹת (כְּתֻובּוֹת לג:) אִלְמָלֵי נֶגְדּוֹ לַחֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה פְּלַחוּ לְצַלְמָא וְאִי ע"ז הֲוָה ח"ו שֶׁהָיוּ מִשְׁתַּחֲוִים לוֹ וּמִיהוּ לְשׁוֹן פְּלַחוּ לָא אָתֵי שַׁפִּיר ור"י מְפָרֵשׁ מֶה רָאוּ שֶׁלֹּא בָּרְחוּ שֶׁהֲרֵי קֹודֶם הַמַּעֲשֶׂה הָיוּ יְכוֹלִים לִבְרֹוחַ כְּמוֹ שֶׁעָשָׂה דָּנִיֵּאל כִּדְאָמַר בְּחֵלֶק ( סַנְהֶדְרִין צג.) ג' הָיוּ בְּאוֹתָהּ עֵצָה:
Le commentaire (Rachi) : qu'ont-ils vu, pour ne pas exposér " et il vivra par eux ", et non qu'il mourra par eux. Difficulté : c'était en public (befarhesia). On conclut à Sanhédrin (74a) que, pour tous, en public on est tenu de se livrer, même pour une mitsva légère. Rabbenou Tam explique : cette image que Nevukhadnetsar a faite était une andarta (statue) faite pour son propre honneur. De là le " qu'ont-ils vu ". Le verset le laisse entendre : " ton elah, nous ne le servons pas, et devant l'image d'or nous ne nous prosternons pas ". Son elah et l'image sont deux choses. Cela s'accorde aussi avec ce qu'on dit dans Elou naarot (Ketoubot 33b) : s'ils avaient flagellé Hanania, Mishaël et Azaria, ils se seraient prosternés devant l'image. Si c'avait été une avoda zara, has ve-shalom qu'ils se fussent prosternés devant elle. Toutefois le langage " ils auraient servi " (palhou) ne s'ajuste pas. Le Ri explique : qu'ont-ils vu, pour ne pas fuir ? Avant l'acte, ils pouvaient fuir, comme l'a fait Daniel. Comme on le dit dans Helek (Sanhédrin 93a) : ils étaient trois dans ce conseil.
🪔 Ben Yehoyada (2)
תָּא שְׁמַע: עוֹד זוֹ דָּרַשׁ תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי וְכוּ'. נִרְאֶה לִי לָאו מִשּׁוּם דְּמָצִינוּ דְּאָמַר מִלְּתָא דֶּרֶךְ דְּרָשׁ דָּיְיקִינַן דַּהֲוָה גַּבְרָא רַבָּה אֶלָּא מִשּׁוּם כִּי מִן דְּרָשָׁה זוֹ יָצָא לִימּוּד לְעִנְיָן דְּיַנַּאי וּכְמוֹ שֶׁכָּתְבוּ הַתּוֹסָפוֹת בְּשֵׁם רִ"י וּמָצִינוּ דְּהֻוזְכְּרָה דְּרָשָׁה זוֹ בַּבָּרַיְיתָא וַדַּאי הַבָּרַייְתָא נָקְטָה דְּרָשָׁה מִפְּנֵי הַהֲלָכָה הַיּוֹצְאָהּ מִמֶּנָּה.
Viens entendre : Todos, homme de Rome, a encore enseigné ceci, etc. Il me semble qu'on ne serre pas le texte ainsi : parce qu'on a trouvé qu'il a dit une parole en forme de deracha, on en déduirait qu'il était un grand homme. C'est que de cette deracha est sorti un enseignement en matière de din, comme les Tossefot l'ont écrit au nom du Ri. Et l'on trouve que cette deracha est mentionnée dans une baraitha. Assurément, la baraitha a retenu la deracha à cause de la halakha qui en sort.
כָּל דְּבָרֶיךָ אֵינָן אֶלָּא דִּבְרֵי תֵימָה. יֵשׁ לְהָבִין מַאי מַרְבֶּה בְּתֵיבַת 'כֹּל'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּרִיבָּה עוֹד תֵּימַהּ אַחֲרִיתִי שֶׁלֹּא הִזְכִּירָהּ בְּפֵירוּשׁ וְהוּא כִּי שָׁאַל אוֹתוֹ עַל הַלַּיְלָה וְהֵשִׁיב 'עֲבוֹדָה עָבַדְתִּי' וְעַל זֹאת יֵשׁ תֵּימַהּ דַּאֲפִילּוּ אִם יִהְיוּ דְּבָרָיו אֵלּוּ בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים וְכִי יֵשׁ עֲבוֹדָה בַּלַּיְלָה? וַעֲדַיִין קָשֶׁה לָמָּה הֶחְלִיט הַתֵּימַהּ לְגַמְרֵי בְּאוֹמְרוֹ 'אֵינָן אֶלָּא דִּבְרֵי תֵּימַהּ' דְּמַשְׁמַע שֶׁאֵין לִדְבָרִים אֵלּוּ מָקוֹם לְיַישֵּׁב כְּלָל שֶׁהִיא תֵּימַהּ קַייֶּמֶת שֶׁלֹּא תָּבֹא לִידֵי יִשּׁוּב? וְנִרְאֶה לִי בס"ד רוֹצֶה לוֹמַר אֲפִילּוּ אִם נֹאמַר שֶׁאַתָּה אִינָךְ מְדַבֵּר דְּבָרִים כִּפְשׁוּטָן אֶלָּא בְּדֶרֶךְ חָכְמָה וְרֶמֶז הֵם אֲמוּרִים עִם כָּל זֶה לָשׁוֹן זֶה שֶׁל דְּבָרֶיךָ הוּא תֵּימַהּ דְּלָא פְּלִיט מִקֻּושְׁיָא יַעַן דְּאֵין רָאוּי לִתְפֹּוס דְּבַר חָכְמָה וְרָמַז בְּלָשׁוֹן זֶה דְּנָפֵיק מִינֵּיהּ תַּקָּלָה שֶׁיִּטְעֶה הַשּׁוֹמֵעַ לַחְשֹׁוב שֶׁיֵּשׁ עֲבוֹדָה בַּזְּמַן הַזֶּה וּמֻותָּר לְהַקְרִיב בְּבָמָה אוֹ בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ אֲפִילּוּ שֶׁהוּא חֶרֶב שֶׁיַּחְשֹׁוב דְּבָרֶיךָ כִּפְשׁוּטָן וְכַאֲשֶׁר חָשׁוּ חֲזַ"ל (פְּסָחִים נג:) גַּבֵּי תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי בְּעִנְיַן קָרְבַּן פֶּסַח וְלָכֵן 'אֵינָן אֶלָּא דִּבְרֵי תֵּימַהּ' שֶׁלֹּא יֵשׁ לָהֶם תֵּירוּץ לְייַשְּׁבָם. דַּף ס"ט ע"ב
" Toutes tes paroles ne sont que des paroles d'étonnement. " Il y a à comprendre : qu'ajoute le mot " toutes " ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a élargi à un autre étonnement, qu'il n'a pas dit explicitement. On l'a interrogé sur la nuit, et il a répondu : " j'ai fait un service ". Là-dessus, étonnement : même si ces paroles étaient du temps où le Temple se tenait, y a-t-il un service la nuit ? Reste la difficulté : pourquoi a-t-il tranché l'étonnement entièrement, en disant " elles ne sont que des paroles d'étonnement ", ce qui signifie que ces paroles n'ont aucune place pour être résolues, un étonnement qui tient et qui n'aboutira pas à une résolution ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : le sens est que, même si l'on dit que tu ne parles pas selon le sens simple, et que tes paroles sont dites par voie de sagesse et de remez (allusion), malgré cela ce langage de tes paroles est un étonnement qui n'échappe pas à la difficulté. Il ne convient pas de saisir une parole de sagesse et de remez dans ce langage, car il en sort un achoppement : l'auditeur se trompera et pensera qu'il y a un service de nos jours, et qu'il est permis d'offrir sur une bama ou dans le Temple même détruit, en prenant tes paroles au sens simple. Comme les Sages ont craint (Pesachim 53b) au sujet de Todos, homme de Rome, dans l'affaire du korban pesah. C'est pourquoi " elles ne sont que des paroles d'étonnement " : elles n'ont pas de réponse qui les résolve. Daf 69b.
💡 Explication

Preuve qu'il était un gavra raba : il a enseigné en public. Hanania, Mishaël et Azaria se sont livrés à la fournaise pour le kiddouch ha-Chem.

Rachi : ils n'ont pas lu " il vivra par eux " (Vayikra 18, 5) comme une dispense de mourir. Tossefot : en public, l'obligation de se livrer vaut pour tous, même pour une mitsva légère. Rabbenou Tam : l'image de Nevukhadnetsar était une andarta en son honneur. Le verset sépare son elah et l'image d'or. Le Ri : la question est pourquoi ils n'ont pas fui avant l'acte, comme Daniel. Ils étaient trois dans ce conseil.

Le Ben Yehoiada lit la preuve autrement : la baraitha garde cette deracha parce qu'une halakha en sort, celle que les Tossefot rapportent au nom du Ri.

8
נָשְׂאוּ קַל וָחֹומֶר בְּעַצְמָן מִצְּפַרְדְּעִים. וּמַה צְפַרְדְּעִים שֶׁאֵין מְצֻוִּוין עַל קְדֻושַּׁת הַשֵּׁם, כְּתִיב בְּהוּ: ״וּבָאוּ [וְעָלוּ] בְּבֵיתֶךָ [וְגוֹ׳] וּבְתַנּוּרֶיךָ וּבְמִשְׁאֲרוֹתֶיךָ״, אֵימָתַי מִשְׁאָרוֹת מְצוּיוֹת אֵצֶל תַּנּוּר? הֱוֵי אוֹמֵר בְּשָׁעָה שֶׁהַתַּנּוּר חַם. אָנוּ שֶׁמְּצֻוִּוין עַל קְדֻושַּׁת הַשֵּׁם — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.

Ils ont tiré un kal va-homer en eux-mêmes, à partir des grenouilles. Les grenouilles, qui ne sont pas commandées sur la sanctification du Nom, il est écrit à leur sujet : " elles viendront [et elles monteront] dans ta maison [etc.], et dans tes fours et dans tes pétrins ".

Quand les pétrins se trouvent-ils auprès du four ? Dis : à l'heure où le four est chaud.

Nous, qui sommes commandés sur la sanctification du Nom, à plus forte raison.

🪔 Ben Yehoyada (1)
וּמַה צְפַרְדְּעִים שֶׁאֵינָן מְצֻוִּין עַל קְדֻשַּׁת הַשֵּׁם. מַקְשִׁים וְכִי הֵם יֵשׁ לָהֶם דַּעַת לַעֲשׂוֹת זֶה בְּכַווָּנָה? וַהֲלֹא הקב"ה הִטְבִּיעַ בָּהֶם זֹאת בְּדֶרֶךְ נֵס שֶׁיִּכָּנְסוּ לְתוֹךְ הָאֵשׁ! וְנִרְאֶה לִי דְּהָכִי קָאָמַר 'מֶה רָאוּ חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה, שֶׁמָּסְרוּ עַצְמָן לַכִּבְשָׁן' וְלֹא הָרְגוּ עַצְמָן בְּיָדָם כְּמוֹ שֶׁעָשָׂה שָׁאוּל הַמֶּלֶךְ ע"ה? וְהֵשִׁיב דְּסָמְכוּ שֶׁיַּעֲשֶׂה לָהֶם הקב"ה נֵס בַּעֲבוּר מִצְוַת קִדּוּשׁ הַשֵּׁם, כִּי 'וּמַה צְפַרְדְּעִים שֶׁאֵינָן מְצֻוִּין עַל קִדַּשְׁתָּ הַשֵּׁם' עָשָׂה לָהֶם נֵס וְלֹא מֵתוּ בְּחֹום הַתַּנּוּר אֲנַחְנוּ לֹא כָל שֶׁכֵּן שֶׁתָּגִין עָלֵינוּ מִצְוָה זוֹ וְלֹא נִשְׂרַף! וּלְכָךְ לֹא הָרְגוּ עַצְמָן וְשׁוּב רָאִיתִי דְּהָרִי"ף זַ"ל פֵּירֵשׁ קָרוֹב לָזֶה, וְעַייֵּן לְהָרַב פ"מ מַה שֶׁכָּתַב עַל דְּבָרָיו, וּמַה שֶׁהֵבִיא מִלִּיקּוּטֵי רַבֵּינוּ בְּצַלְאֵל זַ"ל יְעֻויַּן שָׁם. וְיֵשׁ לְפָרֵשׁ כָּךְ דִּלְעוֹלָם אַחַר שֶׁאָמַר לָהֶם יְחֶזְקֵאל הַנָּבִיא ע"ה שֶׁלֹּא יַצִּילֵם הקב"ה מָסְרוּ עַצְמָן לִשְׂרֵיפָה מַמָּשׁ, אָמְנָם שְׁאֵלָה זוֹ שֶׁל 'מֶה רָאוּ' קָאֵי אַעִיקָּרָא דְּמִילְּתָא קֹודֶם שֶׁבָּאוּ לִשְׁאוֹל מִיְּחֶזְקֵאל הַנָּבִיא ע"ה שֶׁהָיוּ בְּטוּחִים בִּלְבָבָם שֶׁיַּעֲשֶׂה לָהֶם נֵס דְּהָא אָמְרִי לִנְבוּכַדְנֶצַּר (דָּנִיֵּאל ג, יז) 'הֵן אִיתַי אֱלָהַנָא דִּי אֲנַחְנָא פָלְחִין יָכִל לְשֵׁיזָבוּתַנָא מִן אַתּוּן נוּרָא יָקִדְתָּא וּמִן יְדָךְ מַלְכָּא יְשֵׁיזִב' וְהָשְׁתָּא לֹא קָשֶׁה קֻושְׁייַת הַגָּאוֹן חִידָ"א בִּפְנֵי עַצְמוֹ מִדִּבְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל וּמִדִּבְרֵי זֹוהַר הַקָּדוֹשׁ.
" Et les grenouilles, qui ne sont pas commandées sur la sanctification du Nom. " On objecte : ont-elles une pensée pour faire cela avec intention ? Le Saint, béni soit-Il, a implanté cela en elles par voie de miracle, pour qu'elles entrent dans le feu. Il me semble que voici le sens : " qu'ont vu Hanania, Mishaël et Azaria, pour se livrer à la fournaise ", et pour ne pas se donner la mort de leur main, comme l'a fait le roi Chaoul, alav ha-chalom ? Il répond qu'ils se sont appuyés sur ceci : le Saint, béni soit-Il, leur ferait un miracle à cause de la mitsva de kiddouch ha-Chem. Car " les grenouilles, qui ne sont pas commandées sur la sanctification du Nom ", il leur a fait un miracle et elles ne sont pas mortes dans la chaleur du four. Nous, à plus forte raison, cette mitsva nous protégera et nous ne serons pas brûlés. C'est pourquoi ils ne se sont pas donné la mort. Puis j'ai vu que le Rif, sa mémoire en bénédiction, a expliqué proche de cela. Voir ce que le rav P. M. a écrit sur ses paroles, et ce qu'il a rapporté des likoutim de Rabbenou Betsalel, sa mémoire en bénédiction. Voir là-bas. On peut expliquer ainsi : en fin de compte, après que Ye'hezkel le prophète, alav ha-chalom, leur a dit que le Saint, béni soit-Il, ne les délivrerait pas, ils se sont livrés à la brûlure effective. Toutefois cette question de " qu'ont-ils vu " porte sur le début de la chose, avant qu'ils viennent interroger Ye'hezkel le prophète, alav ha-chalom. Ils étaient assurés dans leur cœur qu'Il leur ferait un miracle. Ils ont dit à Nevukhadnetsar (Daniel 3, 17) : " Voici, notre D.ieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise de feu ardent et de ta main, ô roi, Il délivrera. " Dès lors, la question du gaon Hida, prise en elle-même, trouve sa réponse, d'àprès les paroles de nos maîtres, leur mémoire en bénédiction, et d'après le Zohar ha-kadoch.
💡 Explication

Le kal va-homer part des grenouilles de Chemot (7, 28). Le verset les fait entrer dans les fours et les pétrins. Les pétrins sont auprès du four à l'heure où le four est chaud. Elles entrent donc dans le feu.

Elles ne sont pas commandées sur le kiddouch ha-Chem. Hanania, Mishaël et Azaria le sont. À plus forte raison ils se livrent à la fournaise.

Le Ben Yehoiada répond à l'objection : les grenouilles n'ont pas choisi le feu. Il lit le " qu'ont-ils vu " comme la raison de se livrer au four plutôt que de se donner la mort, en s'appuyant sur un miracle pareil au leur.

🖼️ Schéma
Kal va-homer des grenouilles Grenouilles Pas commandées sur le kiddouch ha-Chem Fours et pétrins : le pétrin est là quand le four est chaud Elles entrent dans le feu à plus Hanania, Mishaël, Azaria Commandés sur le kiddouch ha-Chem À plus forte raison ils se livrent à la fournaise Todos enseigne ce kal va-homer en public. Rachi y voit la marque d'un grand homme
Grenouilles non commandées, et elles entrent dans le four chaud. Eux, commandés : à plus forte raison.
9
רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין אָמַר: מֵטִיל מְלַאי לְכִיס שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הָיָה. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַמֵּטִיל מְלַאי לְכִיס תַּלְמִידֵי חֲכָמִים זוֹכֶה וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי בְּצֵל הַחָכְמָה בְּצֵל הַכָּסֶף״.

Rabbi Yossi bar Avin dit : il mettait de la marchandise dans la bourse des disciples des sages. Car Rabbi Yo'hanan a dit : quiconque met de la marchandise dans la bourse des disciples des sages mérite et siège dans la yechiva d'en haut, car il est dit : " car à l'ombre de la sagesse, à l'ombre de l'argent ".

📜 Rachi (2)
מֵטִיל מְלַאי נוֹתֵן סְחוֹרָה לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים לְהִשְׂתַּכֵּר בָּהּ:
Il donne de la marchandise aux disciples des sages pour qu'ils en tirent un gain.
בְּצֵל הַחָכְמָה בִּמְחִיצַּת הַחָכְמָה יִכָּנֵס זֶה שֶׁהִנְהָהוּ מִנְּכָסָיו:
Dans la cloison de la sagesse entrera celui qui les a fait profiter de ses biens.
🪔 Ben Yehoyada (2)
מֵטִיל מְלַאי לְכִיס תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הֲוָה. וְלָכֵן אַף עַל גַּב דְּלָא הֲוָה גַּבְרָא רַבָּא בַּתּוֹרָה יֵשׁ לוֹ דִּין תַּלְמִיד חָכָם מֵחֲמַת כֵּן. וְנִרְאֶה טַעַם נָכוֹן שֶׁיַּסְפִּיק דָּבָר זֶה לְבַדּוֹ שֶׁרָאוּי לִהְיוֹת נִמְנָעִים מִלְּנַדּוֹתוֹ דְּאִיתָא בְּבָבָא קַמָּא בְּפֶרֶק הַחוֹבֵל (בָּבָא קַמָּא צב:) ' בֵּירָא דִּשְׁתִיַּת מִינֵּיהּ מַיָּא לָא תִּרְמֵי בֵּיהּ קָלָא ' וְכָתַב בש"ע בְּשֵׁם מַהֲרִ"י ן' מִיגַשׁ זַ"ל שֶׁכָּתַב עַל רַבּוֹ הָרִי"ף זַ"ל שֶׁחָלָה וְנִכְנַס אֵצֶל אָדָם אֶחָד בַּמֶּרְחָץ שֶׁהָיָה לוֹ בְּבֵיתוֹ וְנִתְהַנָּה מֵאוֹתוֹ מֶרְחָץ וְאַחַר כָּךְ זִימֵּן אוֹתוֹ בְּבֵיתוֹ שֶׁיֵּשֵׁב בְּבֵיתוֹ עַד שֶׁיַּבְרִיא וְכִיבְּדוּ הַרְבֵּה וְאַחֲרֵי זֶה יָרַד אוֹתוֹ הָאִישׁ מִנְּכָסָיו עַד שֶׁהֻוצְרַךְ לִמְכֹּור הַמֶּרְחָץ הַנִּזְכָּר וְלָשׁוּם אוֹתוֹ לְבַעֲלֵי חוֹבוֹת וְאָמַר הָרִי"ף זַ"ל לֹא אָדוּן וְלֹא אוֹרָה בַּמֶּרְחָץ הַזֶּה לֹא בְּמֶכֶר וְלֹא בְּשׁוּמָא וְלֹא בְּשׁוּם דָּבָר הַמִּתְיַחֵד לוֹ לְפִי שֶׁנֶּהֱנֵיתִי מִמֶּנּוּ וְאִם הָיָה זֶה בְּדוֹמֵם שֶׁאֵין לוֹ הַרְגָּשָׁה כָּל שֶׁכֵּן וְקַל וָחֹומֶר בְּנֵי אָדָם הַמַּרְגִּישִׁים וְכוּ' יְעַייֵּן שָׁם. וְלָכֵן כָּאן כֵּיוָן שֶׁהָיָה תּוֹדוֹס מְהַנֶּה תַּלְמִיד חָכָם לֹא יָאוּת לְדוּנוֹ לְנַדּוֹתוֹ, מִשּׁוּם 'בֵּירָא דִּשְׁתִיַּת מִינֵּיהּ מַיָּא לָא תִּרְמֵי בֵּיהּ קָלָא' וְאַף עַל פִּי דְּאֶפְשָׁר שֶׁאוֹתָם הַחֲכָמִים עַצְמָן שֶׁשָּׁלְחוּ לוֹ כֵּן לֹא הָיוּ נֶהֱנִים מִמֶּנּוּ עִם כָּל זֶה כָּל הַחֲכָמִים נֶחְשָׁבִים גּוּף אֶחָד, וּכְמוֹ שֶׁאָמַר ר"פ 'כָּל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים חֲשִׁיב עָלַי כְּגוּפַאי, וְהָאָדָם קָרוֹב אֵצֶל עַצְמוֹ' (שַׁבָּת דַּף קיט.) וּלְכָךְ פָּסֵילְנָא לֵיהּ לְדִינָא וְכֵן נָמֵי כָּאן. וְנִרְאֶה לִי בס"ד בְּתֵיבַת ' מְלַאי ' עִנְיָן נִשְׂגָּב וְהוּא עַל פִּי מ"ש בַּפָּסוּק (שִׁיר הַשִּׁירִים ח, ח) אָחוֹת לָנוּ קְטַנָּה , אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁאֵינָם רַבִּים בְּמִסְפָּר וְעִם כָּל זֶה שֵׁדִים אֵלּוּ הָעֲשִׁירִים הַמַּחֲזִיקִים בְּיָדָם אֵין לָהּ דְּכָל הַזָּן אֶת הָעֲנִיִּים נִקְרָא בְּשֵׁם 'שֵׁדִים'. וְיָדוּעַ מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּסוֹד הַפָּסוּק (בַּמִּדְבָּר יא, כו) ' שֵׁם הָאֶחָד אֶלְדָּד וְשֵׁם הַשֵּׁנִי מֵידָד ' כִּי דַּד יָמִין הוּא מִן אוֹתִיּוֹת 'א"ל' דְּשֵׁם אֱלֹקִים וְדַד שְׂמֹאל הוּא מִן אוֹתִיּוֹת מ"י דְּשֵׁם אַלֵּק י ם וְזֶהוּ סוֹד 'אֵל דַּד מִי דַּד' יְעַיֵּין שָׁם. וְלָכֵן הַכֶּסֶף שֶׁל הֶעָשִׁיר שֶׁהַתַּלְמִיד חָכָם נֶהֱנֶה מִן הֲרִיוַּח שֶׁלּוֹ, הוּא נֶחְשָׁב 'שֵׁדִים' שֶׁשָּׁרְשָׁם שֶׁל הַשֵּׁדִים הֵם מִן א"ל מ"י אוֹתִיּוֹת ' מְלַאי ' וְלָכֵן אָמְרוּ 'מֵטִיל מְלַאי לְכִיס תַּלְמִידֵי חֲכָמִים'.
Il mettait de la marchandise dans la bourse des disciples des sages. C'est pourquoi, bien qu'il ne fût pas un grand homme en Torah, il a le din d'un talmid 'hakham à cause de cela. Une raison juste apparaît, qui suffit à elle seule pour qu'il convienne de s'abstenir de le frapper de nidoui. Il est dit dans Bava Kama, au chapitre HaHovel (Bava Kama 92b) : " Un puits dont tu as bu l'eau, n'y jette pas une motte. " Et il est écrit dans le Choulhan Aroukh, au nom du Mahari ibn Migach, sa mémoire en bénédiction, qui a écrit au sujet de son maître le Rif, sa mémoire en bénédiction : celui-ci tomba malade et entra chez un homme, dans un bain que cet homme avait dans sa maison, et il profita de ce bain. Ensuite cet homme l'invita à s'asseoir dans sa maison jusqu'à sa guérison, et il l'honora beaucoup. Après cela, cet homme descendit de ses biens, au point de devoir vendre le bain en question et de l'assigner à des créanciers. Le Rif dit : je ne jugerai pas et je ne trancherai pas au sujet de ce bain, ni pour la vente, ni pour l'estimation, ni pour aucune affaire qui lui est propre, parce que j'en ai profité. S'il en est ainsi pour un objet inanimé, qui n'a pas de sentiment, à plus forte raison pour des hommes qui sentent. Voir là-bas. C'est pourquoi ici, puisque Todos faisait profiter un talmid 'hakham, il ne convient pas de le juger pour le nidoui, à cause de " un puits dont tu as bu l'eau, n'y jette pas une motte ". Et même s'il est possible que ces sages mêmes qui lui ont envoyé ce message ne profitaient pas de lui, malgré cela tous les sages sont comptés comme un seul corps. Comme l'a dit Rav Papa : " tous les disciples des sages sont comptés à mes yeux comme mon propre corps, et l'homme est proche de lui-même " (Chabbat 119a). C'est pourquoi je suis disqualifié pour le juger. Ici de même. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que dans le mot melai il y a un sujet élevé, selon ce qui est dit dans le verset (Chir haChirim 8, 8) : " Nous avons une petite sœur ". Ce sont les disciples des sages, qui ne sont pas nombreux. Et cependant, les seins : ce sont les riches qui les maintiennent de leur main. Quiconque nourrit les pauvres est appelé du nom de seins. On connaît ce qu'a dit notre maître l'Ari, sa mémoire en bénédiction, dans le sod du verset (Bamidbar 11, 26) : " le nom de l'un était Eldad, et le nom du second Medad ". Le sein droit vient des lettres aleph-lamed du nom Elokim, et le sein gauche vient des lettres mem-yod du nom Elokim. Tel est le sod de Eldad et Medad. Voir là-bas. C'est pourquoi l'argent du riche, dont le talmid 'hakham profite du gain, est compté comme des seins. La racine des seins est aleph-lamed et mem-yod, les lettres de melai. C'est pourquoi ils ont dit : " il met du melai dans la bourse des disciples des sages ".
כָּל הַמֵּטִיל מְלַאי לְכִיס שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, זוֹכֶה וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מָה חִידּוּשׁ יֵשׁ בָּזֶה? כָּל מִצְוָה זוֹכֶה בַּעֲבוּרָהּ לְגַן עֵדֶן הַתַּחְתּוֹן וְגַן עֵדֶן הָעֶלְיוֹן! וְנִרְאֶה לִי בס"ד יָדוּעַ דְּכָל מִצְוַת עֲשֵׂה תִּיקּוּן שֶׁלָּהֶם בַּעֲשִׂיָּה וְהִיא נִקְרֵאת יְשִׁיבָה שֶׁל מַטָּה שֶׁאֵין עוֹד בְּעוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים עוֹלָם שָׁפֵל מִמֶּנָּה וְעֵסֶק הַתּוֹרָה הוּא עוֹשֶׂה תִּיקּוּן בַּיְּצִירָה שֶׁנִּקְרֵאת יְשִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה בְּעֵרֶךְ הָעֲשִׂיָּה 'וְהַמַּטִּיל מְלַאי לְכִיס תַּלְמִידֵי חֲכָמִים' אַף עַל פִּי שֶׁזֶּה צְדָקָה וְחֶסֶד אֲשֶׁר תִּיקּוּן שֶׁלָּהֶם מַגִּיעַ בִּישִׁיבָה שֶׁל מַטֵּה שֶׁהִיא הָעֲשִׂיָּה בִּלְבַד, עִם כָּל זֶה כֵּיוָן דַּהֲנָאָה זוֹ הִיא לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁהֵם תִּיקּוּן שֶׁלָּהֶם בְּעֵסֶק הַתּוֹרָה הוּא בִּיצִירָה, לְכָךְ גַּם הוּא זוֹכֶה בַּעֲבוּר זֹאת לֵישֵׁב בִּישִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה שֶׁהִיא הַיְּצִירָה. וּבְאֹופֶן אַחֵר, נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁאָמַר הַכָּתוּב 'כִּי צַדִּיק ה' צְדָקוֹת אָהֵב יָשָׁר יֶחֱזוּ פָּנֵימוֹ' (תְּהִלִּים יא, ז) שֶׁזּוֹכֶה לְקַבֵּל פְּנֵי שְׁכִינָה, וְגַם נִרְמַז בְּתֵיבַת פָּנֵימוֹ 'פְּנֵי מ"ו' מִלּוּי שֵׁם ע"ב שֶׁעוֹלֶה מ"ו. וְאֵיךְ שֶׁיִּהְיֶה כְּתִיב 'יֶחֱזוּ פָּנֵימוֹ' וְהִנֵּה זֶה הַמַּרְאֶה שֶׁל 'פָּנֵימוֹ' נִרְמַז אַחַר אוֹתִיּוֹת מַעֲלֶה. כִּי אַחַר אוֹתִיּוֹת מַעֲלֶה יֵשׁ אוֹתִיּוֹת פְּנָמוֹ וְאֵין צֹורֶךְ רֶמֶז לְיוֹ"ד שֶׁל פָּנֵימוֹ כִּי החיר"ק תַּחַת הַנּוּ"ן יַסְפִּיק בְּעַד הַיּוֹ"ד כַּנּוֹדָע. וְיָדוּעַ שֶׁכָּל אוֹת הוּא מוֹשָׁב לְאוֹת שֶׁקָּדַם אֵלָיו אִם כֵּן יְשִׁיבָה שֶׁל אוֹתִיּוֹת 'מַעֲלָה' הֵמָּה אוֹתִיּוֹת 'פנמו' הַבָּאִים אַחֲרֵיהֶם. לָזֶה אָמַר ' זוֹכֶה וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה ' רוֹצֶה לוֹמַר בְּהֶאָרָה שֶׁל פָּנֵימוֹ כַּכָּתוּב 'יָשָׁר יֶחֱזוּ פָּנֵימוֹ'. אוֹ יוּבָן בס"ד שְׁלֹשָׁה רִאשׁוֹנוֹת חַבָּ"ד [חָכְמָה, בִּינָה, דַּעַת] נִקְרָאִים 'יְשִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה' וּשְׁלֹשָׁה חג"ת [חֶסֶד, גְּבוּרָה, תִּפְאֶרֶת] הֵם יְשִׁיבָה אֶמְצָעִית וּשְׁלֹשָׁה נה"י 'יְשִׁיבָה שֶׁל מַטָּה' וְלָכֵן הַמֵּטִיל מְלַאי לְכִיס תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה שֶׁהִיא כְּהַשְׁפָּעַת ג' רִאשׁוֹנוֹת שֶׁהֵם חַבָּ"ד זוֹכֶה ל' יְשִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה ' שֶׁהִיא חַבָּ"ד שֶׁיִּהְיֶה נִשְׁפָּע וּמְקַבֵּל הֶאָרָתוֹ מִשָּׁם. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל 'זְבוּלֻן לְחוֹף יַמִּים יִשְׁכֹּן' (בְּרֵאשִׁית מט, יג) , הֲרֵי הִקְדִּים זְבוּלוּן לְיִשָּׂשכָר וּמִצַּד יִחוּסָן יִשָּׂשכָר קֹודֶם זְבוּלוּן וְלָמָּה כֵּן? אֶלָּא שֶׁהָיָה זְבוּלֻון עוֹסֵק בִּפְרַקְמַטְיָא וְיִשָּׂשכָר עוֹסֵק בַּתּוֹרָה וּזְבוּלוּן בָּא וּמַאֲכִילוֹ לְפִיכָךְ קָדְמוּ עָלָיו, דִּכְתִיב 'עֵץ חַיִּים הִיא לַמַּחֲזִיקִים בָּהּ' (מִשְׁלֵי ג, יח) וְכֵן מֹשֶׁה רַבֵּינוּ אָמַר 'שְׂמַח זְבוּלֻן בְּצֵאתֶךָ וְיִשָּׂשכָר בְּאֹהָלֶיךָ' (דְּבָרִים לג, יח) שֶׁהִקְדִּים זְבוּלוּן עַד כָּאן. וְלָכֵן אָמַר כָּאן זוֹכֶה וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה שֶׁיִּהְיֶה לוֹ קְדִימָה בְּכַמָּה דְּבָרִים עַל הַתַּלְמִיד חָכָם עַצְמוֹ. וּבָזֶה יוּבָן הַכָּתוּב 'מַתָּן אָדָם יַרְחִיב לוֹ וְלִפְנֵי גְדֹלִים יַנְחֶנּוּ'. וַעֲדַיִין צְרִיכִים לְהָבִין תֵּיבַת ' כֹּל ' דְּנָקֵיט כָּאן מַאי מַרְבֶּה? וְנִרְאֶה לִי דִּמְרַבֶּה בֵּין נוֹתֵן סְחוֹרָה לְתַלְמִיד חָכָם בְּתוֹרַת עִסְקָא דִּפְלִיג הוּא עִמּוֹ בְּרִיוַּח בֵּין נוֹתֵן כָּל הֲרִיוַּח לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים. אִי נָמֵי יֵשׁ שֶׁנּוֹתֵן הַסְּחוֹרָה לְתַלְמִיד חָכָם שֶׁהַתַּלְמִיד חָכָם יִתְעַסֵּק בָּהּ וְיֵשׁ שֶׁהוּא מִתְעַסֵּק בִּשְׁבִילוֹ.
Quiconque met de la marchandise dans la bourse des disciples des sages mérite et siège dans la yechiva d'en haut. On peut objecter : quelle nouveauté y a-t-il en cela ? Pour toute mitsva on mérite, par elle, le Gan Éden d'en bas et le Gan Éden d'en haut. Il me semble, avec l'aide du Ciel : on sait que toute mitsva positive a son tikkoun dans l'Assiya, et celle-ci est appelée yechiva d'en bas, car parmi les mondes d'en haut il n'y a pas de monde plus bas qu'elle. L'étude de la Torah fait un tikkoun dans la Yetsira, appelée yechiva d'en haut par rapport à l'Assiya. Celui qui met de la marchandise dans la bourse des disciples des sages : bien que ce soit de la tsedaka et du 'hessed, dont le tikkoun arrive à la yechiva d'en bas, qui est l'Assiya seule, malgré cela, puisque cette jouissance va à des disciples des sages, dont le tikkoun par l'étude de la Torah est dans la Yetsira, lui aussi mérite à cause de cela de siéger dans la yechiva d'en haut, qui est la Yetsira. D'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, selon ce que dit le verset : " Car Hachem est juste, Il aime les justices ; les hommes droits contempleront Sa face " (Tehilim 11, 7). On mérite de recevoir la face de la Chekhina. C'est aussi visé dans le mot panimo : " la face de 46 ", le miloui du chem de 72, qui monte à 46. Quoi qu'il en soit, il est écrit " ils contempleront panimo ". Et cette vision de panimo est visée après les lettres de maala. Car après les lettres de maala viennent les lettres panmo, et l'on n'a pas besoin d'un signe pour le yod de panimo : le hirik sous le noun suffit pour le yod, comme on le sait. On sait que chaque lettre est un siège pour la lettre qui la précède. Dès lors, la yechiva des lettres maala, ce sont les lettres panmo qui viennent après elles. Pour cela il a dit " il mérite et siège dans la yechiva d'en haut ", c'est-à-dire dans l'éclairement de panimo, comme il est écrit " les hommes droits contempleront panimo ". Ou bien on comprend, avec l'aide du Ciel : les trois premières, habad ('hokhma, bina, daat), sont appelées " yechiva d'en haut " ; les trois hagat ('hessed, gevoura, tiferet) sont la yechiva du milieu ; et les trois nehi (netsa'h, hod, yesod) sont la " yechiva d'en bas ". C'est pourquoi celui qui met de la marchandise dans la bourse des disciples des sages occupés à la Torah, laquelle est comme l'influx des trois premières, qui sont habad, mérite la yechiva d'en haut, qui est habad, pour être abreuvé et recevoir son éclairement de là. D'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, selon ce qu'ont dit nos maîtres, leur mémoire en bénédiction : " Zevouloun demeurera au rivage des mers " (Beréchit 49, 13). Voici qu'Il a placé Zevouloun avant Yissakhar. Du côté de leur naissance, Yissakhar précède Zevouloun. Pourquoi donc ? Zevouloun s'occupait de négoce et Yissakhar s'occupait de Torah, et Zevouloun vient et le nourrit. C'est pourquoi il l'a placé avant lui. Car il est écrit : " elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent " (Michlei 3, 18). Et ainsi Moché notre maître a dit : " Réjouis-toi, Zevouloun, dans ta sortie, et Yissakhar dans tes tentes " (Devarim 33, 18), où il a placé Zevouloun en premier. Jusqu'ici leurs paroles. C'est pourquoi il a dit ici qu'il mérite et siège dans la yechiva d'en haut : il aura une préséance en plusieurs choses sur le talmid 'hakham lui-même. Par là se comprend le verset : " Le don d'un homme lui fait de la placé, et le mène devant les grands. " Il reste à comprendre le mot " tout " qu'il prend ici : qu'englobe-t-il ? Il me semble qu'il englobe aussi bien celui qui donne la marchandise au talmid 'hakham à titre d'iska, et qui partage avec lui le gain, que celui qui donne tout le gain aux disciples des sages. Ou encore : il y a celui qui donne la marchandise au talmid 'hakham pour que le talmid 'hakham s'en occupe, et il y a celui qui s'en occupe pour lui.
⚖️ Rosh (1)
וְאָמַר רַבִּי כָּל הַמֵּטִיל מְלַאי לְכִיס שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים זוֹכֶה וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה שֶׁל מַעְלָה שֶׁנֶּאֱמַר כִּי בְּצֵל הַחָכְמָה בְּצֵל הַכָּסֶף. גָּרְסִינַן בְּסוֹף שְׁנֵי דַּיָּינֵי גְּזֵירוֹת כְּתִיב וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּה' אֱ-לֹהֵיכֶם וְכִי אֶפְשָׁר לָאָדָם לִידַּבֵּק בַּשְּׁכִינָה וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר כִּי ה' אֱ-לֹהֶיךָ אֵשׁ אֹוכְלָה הוּא אֶלָּא כָּל הַמַּשִּׂיא בִּתּוֹ לת"ח וְכָל הָעוֹשֶׂה פְּרַקְמַטְיָא לת"ח וּמְהַנֶּה לת"ח מִנְּכָסָיו כְּאִלּוּ נִדְבַּק בַּשְּׁכִינָה. ת"ר אֵיזֶהוּ גְּדִי מְקֻולָּס כָּל שֶׁצְּלָאוֹ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד. נֶחְתַּךְ מִמֶּנּוּ אֵבֶר אוֹ שֶׁנִּשְׁלַק מִמֶּנּוּ אֵבֶר אֵין זֶה מְקֻולָּס. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְהַדְלִיק וְכוּ' תַּנְיָא בֵּין שֶׁאָמַר לְהַדְלִיק בֵּין שֶׁאָמַר שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק שְׁנֵיהֶם לֹא נִתְכַּוְּונוּ אֶלָּא לְדָבָר אֶחָד פִּי' תַּשְׁמִישׁ הַמִּטָּה.
Et Rabbi a dit : quiconque met de la marchandise dans la bourse des disciples des sages mérite et siège dans la yechiva d'en haut, car il est dit : car à l'ombre de la sagesse, à l'ombre de l'argent. Nous lisons à la fin de Chnei dayanei gezerot : il est écrit " et vous qui vous attachez à Hachem votre D.ieu ". Un homme peut-il s'attacher à la Chekhina ? Or il est déjà dit : " car Hachem ton D.ieu est un feu dévorant ". Plutôt : quiconque marie sa fille à un talmid 'hakham, quiconque fait du négoce pour un talmid 'hakham, et quiconque fait profiter un talmid 'hakham de ses biens, est comme s'il s'attachait à la Chekhina. Les Rabbis ont enseigné : quel est le chevreau mekoulas ? Tout chevreau qu'on a rôti tout entier d'un seul tenant. Si un membre en a été coupé, ou si un membre en a été bouilli, ce n'est pas un mekoulas. Un lieu où l'on a coutume d'allumer, etc. On a enseigné : qu'il ait dit d'allumer ou qu'il ait dit de ne pas allumer, les deux n'ont visé qu'une seule chose. Explication : le tashmish ha-mita.
💡 Explication

Autre lecture de Todos. Il versait du melai, de la marchandise, dans la bourse des talmidei hakhamim, pour qu'ils en tirent un gain. Rabbi Yo'hanan : celui qui fait cela siège dans la yechiva d'en haut. Le verset (Kohelet 7, 12) met l'ombre de la sagesse à côté de l'ombre de l'argent. Rachi : celui qui les fait profiter de ses biens entre dans la cloison de la sagesse.

Le Roch rapproche la gemara de l'attachement : marier sa fille à un talmid 'hakham, faire du négoce pour lui, le faire profiter de ses biens, c'est comme s'attacher à la Chekhina. Il fixe aussi le mekoulas : rôti d'un seul tenant. Un membre coupé ou bouilli le sort de cette catégorie. Et il glose les deux formules sur la lampe : une seule visée, le tashmish ha-mita.

10
מַתְנִי׳ מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְהַדְלִיק אֶת הַנֵּר בְּלֵילֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים — מַדְלִיקִין. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק — אֵין מַדְלִיקִין. וּמַדְלִיקִין בְּבָתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת וּבִמְבוֹאוֹת הָאֲפֵלִים וְעַל גַּבֵּי הַחוֹלִים.

Michna. Un lieu où l'on a coutume d'allumer la lampe les nuits de Yom Kippour : on allume.

Un lieu où l'on a coutume de ne pas allumer : on n'allume pas. Et l'on allume dans les synagogues, dans les maisons d'étude, dans les ruelles obscures, et auprès des malades.

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְהַדְלִיק אֶת הַנֵּר בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
La Guemara en explique la raison.
💡 Explication

Michna des minhagim, après celle du rôti de Pessa'h. La nuit de Kippour, la lampe dans la maison suit le lieu.

Quatre endroits échappent au minhag de ne pas allumer : synagogue, beit midrach, ruelle obscure, où l'on évite de se blesser, et le chevet du malade.

11
גְּמ׳ תַּנָּא: בֵּין שֶׁאָמְרוּ לְהַדְלִיק וּבֵין שֶׁאָמְרוּ שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק — שְׁנֵיהֶן לְדָבָר אֶחָד נִתְכַּוְּונוּ. אָמַר רַב יְהוֹשֻׁעַ: דָּרַשׁ רָבָא ״וְעַמֵּךְ כֻּלָּם צַדִּיקִים לְעוֹלָם יִירְשׁוּ אָרֶץ וְגוֹ׳״, בֵּין שֶׁאָמְרוּ לְהַדְלִיק וּבֵין שֶׁאָמְרוּ שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק — שְׁנֵיהֶם לֹא נִתְכַּוְּונוּ אֶלָּא לְדָבָר אֶחָד.

Guemara. Un tanna a enseigné : qu'ils aient dit d'allumer ou qu'ils aient dit de ne pas allumer, les deux ont visé une seule chose.

Rav Yehochoua a dit : Rava a exposé " et ton peuple, tous sont des justes, à jamais ils hériteront la terre, etc. ".

Qu'ils aient dit d'allumer ou qu'ils aient dit de ne pas allumer, les deux n'ont visé qu'une seule chose.

📜 Rachi (1)
גְּמ' בֵּין שֶׁאָמְרוּ לְהַדְלִיק אוֹתָן שֶׁנָּהֲגוּ לְהַדְלִיק וְהַנּוֹהֲגִין שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק לֹא נִתְכַּווְּנוּ אֶלָּא לְדָבָר אֶחָד לְהַפְרִישׁ עַצְמוֹ מִמִּשְׁכְּבֵי אִשָּׁה הָאוֹמְרִים לְהַדְלִיק מִשּׁוּם דְּאֵין אָדָם מְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ לְאוֹר הַנֵּר וְהָאוֹמְרִים שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק סוֹבְרִים כְּשֶׁהַנֵּר דּוֹלֵק רוֹאֶה אֶת אִשְׁתּוֹ וּמִתְאַוֶּוה לָהּ:
Ceux qui ont coutume d'allumer et ceux qui ont coutume de ne pas allumer n'ont visé qu'une seule chose : s'écarter de la couche de la femme. Ceux qui disent d'allumer, parce qu'un homme ne sert pas sa couche à la lumière de la lampe. Ceux qui disent de ne pas allumer tiennent que, quand la lampe est allumée, il voit sa femme et la désire.
💡 Explication

Les deux minhagim visent une seule chose : écarter le tashmish ha-mita, interdit à Kippour. Allumer : on ne sert pas sa couche à la lumière. Ne pas allumer : voir l'épouse réveille le désir.

Rav Yehochoua au nom de Rava lit Isaie (60, 21) : le peuple entier est juste. Les coutumes diffèrent, la visée est une.

🖼️ Schéma
La lampe, la nuit de Kippour Minhag d'allumer On allume dans la maison On ne sert pas sa couche à la lumière de la lampe But : écarter le tashmish Minhag de ne pas allumer On n'allume pas dans la maison La lumière fait voir l'épouse et réveille le désir Même but : le tashmish On allume malgré le minhag d'abstention Synagogues Batei midrach Ruelles obscures Auprès des malades Kippour qui tombe un Chabbat R. Chimon ben Elazar : on allume pour l'honneur du Chabbat Les Sages : on interdit Berakha sur le feu Chemuel : seulement à la sortie du Chabbat, heure de sa création Rachi : à la sortie de Kippour aussi
Deux minhagim, un seul but : le tashmish. Quatre lieux où l'on allume malgré l'abstention.
12
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין מְבָרְכִין עַל הָאוּר אֶלָּא בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת, הוֹאִיל וּתְחִלַּת בְּרִיָּיתוֹ הוּא. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא סָבָא, וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: יָשָׁר, וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן. עֻולָּא הֲוָה רְכִיב חֲמָרָא וְאָזֵיל, וַהֲוָה שָׁקֵיל וְאָזֵיל רַבִּי אַבָּא מִיַּמִּינֵיהּ וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה מִשְּׂמָאלֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְעֻולָּא: וַדַּאי דְּאָמְרִיתוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן ״אֵין מְבָרְכִין עַל הָאוּר אֶלָּא בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת, הוֹאִיל וּתְחִלַּת בְּרִיָּיתוֹ הוּא״.

Rav Yehouda a dit que Chemuel a dit : on ne bénit sur le feu qu'à la sortie du Chabbat, puisque c'est le début de sa création. Un certain vieillard lui dit, et d'aucuns disent que c'était Rabba bar bar Hana : c'est juste, et ainsi a dit Rabbi Yo'hanan.

Oula chevauchait un âne et allait, et Rabbi Abba marchait à sa droite, et Rabba bar bar Hana à sa gauche. Rabbi Abba dit à Oula : est-il sur que vous dites au nom de Rabbi Yo'hanan : " on ne bénit sur le feu qu'à la sortie du Chabbat, puisque c'est le début de sa création " ?

📜 Rachi (1)
יִישַׁר שַׁפִּיר קָאָמְרַתְּ וְכֵן א"ר יוֹחָנָן וְלָא גָּרְסִינַן יִישַׁר:
Tu as bien parlé, et ainsi a dit Rabbi Yo'hanan. Et l'on ne lit pas yeyasher.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין מְבָרְכִין עַל הָאוּר אֶלָּא בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת הִקְשָׁה הָ"ר יוֹסֵף לָמָּה אֵין מְבָרְכִין בְּכָל שָׁעָה שֶׁנֶּהֱנֶה מִמֶּנּוּ דְּאָסוּר לֵיהָנוֹת מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה וְתֵירֵץ דה"מ כְּשֶׁגּוּפוֹ נֶהֱנֶה אֲבָל שְׁאָר הֲנָאָה לֹא וְאַף עַל גַּב דִּמְבָרְכִין עַל אוֹר הַשַּׁמָּשׁ בְּכָל יוֹם הַיְינוּ מִשּׁוּם שֶׁמִּתְחַדֵּשׁ בְּכָל יוֹם:
Rabbi Yossef a objecté : pourquoi ne bénit-on pas chaque fois qu'on en jouit ? Il est interdit de jouir de ce monde sans berakha. Il a répondu : cela vise le cas où son corps jouit. Une autre jouissance, non. On bénit pourtant chaque jour sur la lumière du soleil, parce qu'elle se renouvelle chaque jour.
🪔 Ben Yehoyada (2)
עֻולָּא הֲוָה רְכִיב חֲמָרָא וְאָזֵיל. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה הֻוצְרַךְ לְהוֹדִיעֵנוּ דַּהֲוָה רְכִיב ? לֵימָא עֻולָּא הֲוָה אָזֵיל וְהָווּ שָׁקְלִי וְכוּ' וְנִרְאֶה לִי לְלַמְּדֵנוּ שֶׁבַח רַבִּי אַבָּא וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה דְּעֻולָּא הֲוָה רְכִיב וְהֵם הָיוּ הוֹלְכִים רַגְלִי וְשׁוֹקְלִים הֲלִיכָתָם עִמּוֹ כְּדֵי לְדַבֵּר בְּדִבְרֵי תּוֹרָה וְלָכֵן אָמַר הֲוָה רָכֵיב חַמְרָא וְלֹא אָמַר רְכִיב סְתָם לְלַמֶּדְךָ רְבוּתָא דְּהָרוֹכֵב חֲמָרְתָא נְקֵבָה אֶפְשָׁר לוֹ שֶׁיּוֹלִיךְ הַבְּהֵמָה בְּנַחַת כְּדֵי שֶׁלֹּא יִצְטָרְכוּ הַהוֹלְכִים בְּרַגְלֵיהֶם לָרוּץ וְכָאן הֲוָה רְכִיב חֲמוֹר זָכָר אֲשֶׁר מִסְּתָמָא עֲסָקָיו רָעִים רָץ וּמְדַלֵּג וְקָשֶׁה לְהוֹלֵךְ רַגְלֵי שֶׁיֵּלֵךְ עִמּוֹ בְּיַחַד.
Oula chevauchait un âne et allait. On peut objecter : pourquoi a-t-il fallu nous faire savoir qu'il chevauchait ? Qu'on dise : Oula allait, et ils marchaient, etc. Il me semble que c'est pour nous apprendre l'éloge de Rabbi Abba et de Rabba bar bar Hana : Oula chevauchait, et eux allaient à pied et réglaient leur marche sur la sienne, afin de parler de paroles de Torah. C'est pourquoi il a dit " il chevauchait un hamor ", et il n'a pas dit " il chevauchait " tout court, pour t'apprendre une force de plus. Celui qui chevauche une ânesse peut mener la bête doucement, pour que ceux qui vont à pied n'aient pas à courir. Ici il chevauchait un âne mâle, dont les manières, à ce qu'on présume, sont rudes : il court et bondit, et il est difficile à celui qui va à pied d'aller de concert avec lui.
וְהָווּ שָׁקְלִי וְאָזְלִי רַבִּי אַבָּא מִיַּמִּינֵיהּ וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה מִשְּׂמָאלֵיהּ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ דָּבָר זֶה שֶׁל הִילּוּךְ יָמִין וּשְׂמֹאל? וְנִרְאֶה לִי לְלַמְּדֵנוּ דָּבָר אַחֵר דְּאָמְרוּ בְּעֵירוּבִין פֶּרֶק ה' (עֵירוּבִין נד:) שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ הָרַב בָּאֶמְצַע גָּדוֹל בִּימִינוֹ וְקָטָן בִּשְׂמֹאלוֹ עַיֵּין שָׁם. וּבָא לְלַמֵּד כָּאן דְּרָכוּב כִּמְהַלֵּךְ וְלָכֵן רַבִּי אַבָּא דְּהָיָה גָּדוֹל טְפֵי הָלַךְ מִיָּמִין וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה מִשְּׂמֹאל לְלַמְּדֵנוּ שֶׁדִּין זֶה נוֹהֵג גַּם הֵיכָא דְּהָרַב רוֹכֵב.
Et Rabbi Abba marchait à sa droite, et Rabba bar bar Hana à sa gauche. On peut objecter : pourquoi a-t-il fallu préciser cette chose, la marche à droite et à gauche ? Il me semble que c'est pour nous apprendre une autre chose. On a dit dans Erouvin, chapitre 5 (Erouvin 54b) : trois qui marchaient en chemin, le maître au milieu, le plus grand à sa droite et le moindre à sa gauche. Voir là-bas. Il vient apprendre ici que chevaucher est comme marcher. C'est pourquoi Rabbi Abba, qui était plus grand, est allé à droite, et Rabba bar bar Hana à gauche, pour nous apprendre que cette règle vaut aussi là où le maître chevauche.
💡 Explication

De la lampe, la Guemara passe à la berakha " qui crée les lumières du feu ". Chemuel : seulement à la sortie du Chabbat, heure où le feu a été créé pour la première fois. Un vieillard, ou Rabba bar bar Hana, confirme, et au nom de Rabbi Yo'hanan. Rachi glose ישר : " tu as bien parlé ". Il note qu'on ne lit pas יישר.

Rabbi Abba interrogé Oula au pluriel, " vous dites ". Oula est à âne, Rabbi Abba à sa droite, Rabba bar bar Hana à sa gauche. Tossefot : on ne bénit pas à chaque jouissance du feu. La berakha de jouissance vise le corps. La lumière du soleil se renouvelle chaque jour : de là la berakha quotidienne.

🖼️ Schéma
Ce que Rabbi Yo'hanan a dit Chemuel : berakha sur le feu seulement à la sortie du Chabbat, début de sa création Un vieillard, ou Rabba bar bar Hana : c'est juste, et ainsi Rabbi Yo'hanan Rabbi Abba à Oula, au pluriel : vous dites cela au nom de Rabbi Yo'hanan ? Oula se retourne et fixe Rabba bar bar Hana avec sévérité Ce que Rabba a rapporté R. Chimon ben Elazar : Kippour un Chabbat, on allume Rabbi Yo'hanan ajoute : Les Sages interdisent Même Kippour un Chabbat Oula : que celle-ci soit Rabbi Yo'hanan l'a bien dite Rav Yossef : des eaux profondes, un conseil dans le cœur de l'homme Le pluriel " vous dites " à suffi à Oula. Rabba a puisé ce qui était dans ce cœur
La berakha du feu, rapportée au nom de Rabbi Yo'hanan, puis détournée vers un autre enseignement.
13
הָדַר עֻולָּא, חֲזָא בֵּיהּ בְּרַבָּה בַּר בַּר חָנָה בִּישׁוּת. אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא לָאו אַהָא אֲמַרִי, אֶלָּא אַהָא אָמְרִי — דְּתָנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, אַף בְּמָקוֹם שֶׁאָמְרוּ שֶׁלֹּא לְהַדְלִיק — מַדְלִיקִין מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת. וְעָנֵי רַבִּי יוֹחָנָן בָּתְרֵיהּ: וַחֲכָמִים אוֹסְרִים. אֲמַר לֵיהּ: עָדָא תְּהֵא.

Oula se retourna et regarda Rabba bar bar Hana avec mécontentement. Il lui dit : moi, je ne l'ai pas dit sur ceci ; je l'ai dit sur ceci.

Un tanna a enseigné devant Rabbi Yo'hanan : Rabbi Chimon ben Elazar dit : un Yom Kippour qui tombe un Chabbat, même dans un lieu où l'on a dit de ne pas allumer, on allume, à cause de l'honneur du Chabbat. Et Rabbi Yo'hanan répondit après lui : et les Sages interdisent.

Il lui dit : que celle-ci soit.

📜 Rachi (3)
הֲדַר עֻולָּא חֲזָא בֵּיהּ בְּרַבָּה בַּר בַּר חָנָה בִּישׁוּת נִסְתַּכֵּל בּוֹ בְּפָנִים זוֹעֲפוֹת כְּלוֹמַר אַתָּה אָמַרְתָּ בְּשֵׁם רַבִּי יוֹחָנָן וְהוּא לֹא אָמַר כֵּן אֶלָּא אַף בְּמוֹצָאֵי יוה"כ מְבָרְכִין עָלָיו הוֹאִיל וְדָבָר חָדָשׁ הוּא שֶׁנֶּאֱסַר בּוֹ כָּל הַיּוֹם וְעַכְשָׁיו נֶהֱנֶה מִמֶּנּוּ:
Il le fixa d'un visage courroucé. Sens : tu l'as dit au nom de Rabbi Yo'hanan, et lui ne l'a pas dit ainsi. Même à la sortie de Yom Kippour on bénit dessus, puisque c'est une chose nouvelle : cela a été interdit toute la journée, et maintenant on en jouit.
אֲנָא אַהָא אָמְרִי לְהוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּעָנָה אַחַר הַתַּנָּא וַחֲכָמִים אוֹסְרִין לְהַדְלִיק אֶת הַנֵּר אַף בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת עַד מוֹצָאֵי שַׁבָּת וְלֹא הִזְכַּרְתִּי שְׁמוֹ שֶׁל ר' יוֹחָנָן עַל אוּר בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת אֶלָּא בְּזוֹ וְהֵם סְבוּרִים שֶׁעַל דְּבַר בִּרְכַּת הָאוּר הִזְכַּרְתִּי שְׁמוֹ:
Au nom de Rabbi Yo'hanan, qui a répondu après le tanna : et les Sages interdisent d'allumer la lampe, même un Yom Kippour qui tombe un Chabbat, jusqu'à la sortie du Chabbat. Je n'ai pas mentionné le nom de Rabbi Yo'hanan sur le feu à la sortie du Chabbat, seulement sur ceci. Eux pensaient que j'avais mentionné son nom au sujet de la berakha du feu.
עָדָא תְּהֵא זֹאת תִּהְיֶה בְּזוֹ אֲנִי מוֹדָה שֶׁאֲמָרָהּ ר' יוֹחָנָן:
Que celle-ci soit. En ceci j'admets que Rabbi Yo'hanan l'a dite.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הֲדַר עֻולָּא חֲזָא בֵּיהּ בְּרַבָּה בַּר בַּר חָנָה בְּבִישׁוּת. פֵּירוּשׁ הֶחֱזִיר פָּנָיו עַל רַבָּה בַּר בַּר חָנָה שֶׁהָיָה מְהַלֵּךְ לִשְׂמֹאלוֹ, וְרָאָהוּ בְּפָנִים זוֹעֲפוֹת. וּפֵירֵשׁ רַשִׁ"י 'כְּלוֹמַר אַתָּה אָמַרְתָּ בְּשֵׁם רַבִּי יוֹחָנָן וְהוּא לֹא אָמַר כֵּן'. וְקָשֶׁה אַמַּאי כָּעַס עָלָיו דְּוַדַּאי הוּא שָׁמַע כֵּן מִן רַבִּי יוֹחָנָן עַצְמוֹ אוֹ מִן חָכָם מֻוחְזָק שֶׁשָּׁמַע מִן רַבִּי יוֹחָנָן, וַאֲפִילּוּ אִם עֻולָּא שָׁמַע מִן רַבִּי יוֹחָנָן לְהַפֵּךְ מֶה חֵטְא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה בָּזֶה? וְכָל שֶׁכֵּן אִם עֻולָּא לָא שָׁמַע כְּלוּם מִן רַבִּי יוֹחָנָן בְּדָבָר זֶה דְּאֵין לוֹ לִכְעֹוס עַל רַבָּה בַּר בַּר חָנָה! וְעוֹד קָשֶׁה מַה דָּבָר עָמֹוק הָיָה כָּאן שֶׁהִרְגִּישׁ בּוֹ עֻולָּא כְּדֵי שֶׁקָּרָא עָלָיו רַב יוֹסֵף (מִשְׁלֵי כ, ה) 'מַיִם עֲמֻקִּים, עֵצָה בְּלֵב אִישׁ, וְאִישׁ תְּבוּנָה יַדְלֶנָּה'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כֵּיוָן דְּרַבִּי אַבָּא אָמַר לְעֻולָּא אָמְרִיתוּ לְשׁוֹן רַבִּים וְהָיָה רַבָּה בַּר בַּר חָנָה לְבַדּוֹ דַּוְקָא שָׁם עִמָּהֶם הֵבִין עֻולָּא מִזֶּה דְּרַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר זֶה מִשְּׁמוֹ שֶׁהוּא אָמַר כֵּן מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן כֵּיוָן דְּאָמַר 'אָמְרִיתוּ' וְלֹא הָיָה שָׁם אֶלָּא עֻולָּא וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה, וְהוּא יוֹדֵעַ בְּעַצְמוֹ שֶׁלֹּא אָמַר לָכֵן 'חֲזָא אֶת רַבָּה בַּר בַּר חָנָה בְּבִישׁוּת' לִרְאוֹת מַה יַּעֲנֶה עַל זֶה? וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה הֵבִין כַּוָּנַת עֻולָּא וְהֵשִׁיב לוֹ אֲנִי לֹא אָמַרְתִּי בְּשִׁמְךָ שֶׁאָמַרְתָּ כֵּן בְּשֵׁם רַבִּי יוֹחָנָן בְּדָבָר זֶה, אֶלָּא כָּךְ וְכָךְ אָמַרְתִּי וְלָכֵן קָרֵי רַב יוֹסֵף עַל עֻולָּא 'מַיִם עֲמֻקִּים עֵצָה בַּלֵּב' שֶׁבְּרֹוב חָכְמָתוֹ הֵבִין מִדִּקְדּוּק 'אָמְרִיתוּ' לְשׁוֹן רַבִּים שֶׁהָיָה הַדָּבָר בְּאֹופֶן דְּרַבָּה בַּר בַּר חַנָּה אָמַר מִשְּׁמוֹ שֶׁהוּא אָמַר כֵּן בְּשֵׁם רַבִּי יוֹחָנָן 'וְאִישׁ תְּבוּנָה יַדְלֶנָּה' זֶה רַבָּה בַּר בַּר חָנָה שֶׁהֵבִין מֶה הָיָה בְּלֵב עֻולָּא וְהֵשִׁיב לוֹ דָּבָר כָּרָאוּי. וְנִרְאֶה לִי 'מַיִם עֲמֻקִּים עֵצָה בְּלֵב' זֶה עֻולָּא כִּי ' אִישׁ ' [311] הוּא מְסַפֵּר ' בְּרַב עֻולָּא ' [311] 'וְאִישׁ תְּבוּנוֹת' זֶה רַבָּה בַּר בַּר חָנָה כִּי ' תְּבוּנָה ' עִם הָאוֹתִיּוֹת תס"ח [468] כְּמִנְיַן ' רָבָא בַּר חַנָּה '. [468]
Oula se retourna et regarda Rabba bar bar Hana avec mécontentement. Sens : il tourna son visage vers Rabba bar bar Hana, qui marchait à sa gauche, et il le vit d'un visage courroucé. Rachi explique : " c'est-à-dire : tu l'as dit au nom de Rabbi Yo'hanan, et lui ne l'a pas dit ainsi ". Difficulté : pourquoi s'est-il irrité contre lui ? Assurément, celui-ci avait entendu ainsi de Rabbi Yo'hanan lui-même, ou d'un sage établi qui avait entendu de Rabbi Yo'hanan. Même si Oula avait entendu l'inverse de Rabbi Yo'hanan, quelle faute y a-t-il là de Rabba bar bar Hana ? À plus forte raison si Oula n'avait rien entendu de Rabbi Yo'hanan sur ce sujet : il n'a pas de quoi s'irriter contre Rabba bar bar Hana. Autre difficulté : quelle chose profonde y avait-il ici, qu'Oula a perçue, au point que Rav Yossef a appliqué sur lui (Michlei 20, 5) : " Des eaux profondes, un conseil dans le cœur de l'homme, et l'homme de discernement le puise " ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : puisque Rabbi Abba a dit à Oula " vous dites ", au pluriel, et que Rabba bar bar Hana était justement seul là avec eux, Oula a compris de là que Rabba bar bar Hana avait dit cela en son nom, à savoir qu'il (Oula) avait dit ainsi au nom de Rabbi Yo'hanan. Car il a dit " vous dites ", et il n'y avait là qu'Oula et Rabba bar bar Hana. Et lui sait de lui-même qu'il ne l'a pas dit. C'est pourquoi " il regarda Rabba bar bar Hana avec mécontentement ", pour voir ce qu'il répondrait. Rabba bar bar Hana a compris l'intention d'Oula et lui a répondu : je n'ai pas dit en ton nom que tu avais dit ainsi au nom de Rabbi Yo'hanan sur ce sujet ; j'ai dit telle et telle chose. C'est pourquoi Rav Yossef applique à Oula " des eaux profondes, un conseil dans le cœur " : par sa grande sagesse, il a compris, de la précision du mot " vous dites " au pluriel, que la chose était que Rabba bar bar Hana avait dit en son nom qu'il avait dit ainsi au nom de Rabbi Yo'hanan. " Et l'homme de discernement le puise " : c'est Rabba bar bar Hana, qui a compris ce qu'il y avait dans le cœur d'Oula et lui a répondu comme il convient. Il me semble : " des eaux profondes, un conseil dans le cœur ", c'est Oula, car " ich " (311) est le compte de " berav Oula " (311). " Et l'homme de tevounot ", c'est Rabba bar bar Hana, car " tevouna " avec les lettres monte à 468, comme le compte de " Rava bar Hana " (468).
💡 Explication

Oula n'a pas transmis l'enseignement sur la berakha. Il fixe Rabba bar bar Hana avec sévérité. Rabba précisé : le propos mis au nom de Rabbi Yo'hanan est un autre. Rabbi Chimon ben Elazar : Kippour qui tombe un Chabbat, on allume même là où le minhag est de ne pas allumer, pour l'honneur du Chabbat. Rabbi Yo'hanan complète : les Sages interdisent. Oula : que celle-ci soit, il l'a dite.

Rachi : Oula tenait que l'on bénit aussi à la sortie de Kippour. Le feu y est une jouissance nouvelle, après l'interdiction de toute la journée. La sortie du Chabbat, chez Chemuel, est une autre raison : l'heure de la création du feu.

🖼️ Schéma
Ce que Rabbi Yo'hanan a dit Chemuel : berakha sur le feu seulement à la sortie du Chabbat, début de sa création Un vieillard, ou Rabba bar bar Hana : c'est juste, et ainsi Rabbi Yo'hanan Rabbi Abba à Oula, au pluriel : vous dites cela au nom de Rabbi Yo'hanan ? Oula se retourne et fixe Rabba bar bar Hana avec sévérité Ce que Rabba a rapporté R. Chimon ben Elazar : Kippour un Chabbat, on allume Rabbi Yo'hanan ajoute : Les Sages interdisent Même Kippour un Chabbat Oula : que celle-ci soit Rabbi Yo'hanan l'a bien dite Rav Yossef : des eaux profondes, un conseil dans le cœur de l'homme Le pluriel " vous dites " à suffi à Oula. Rabba a puisé ce qui était dans ce cœur
Le pluriel vise Rabba. Il a rapporté la mahloket sur la lampe, pas la berakha du feu.
14
קָרֵי עֲלֵיהּ רַב יוֹסֵף: ״מַיִם עֲמֻוקִּים עֵצָה בְלֶב אִישׁ

Rav Yossef a appliqué à son sujet : " Des eaux profondes, un conseil dans le cœur de l'homme ".

💡 Explication

Rav Yossef applique le début de Michlei (20, 5) à cet échange. Le conseil reste dans le cœur, et un homme de discernement le puise. L'amoud s'arrête sur ces mots. La suite du verset est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).