Sougya : L'amoud reprend la fin de la phrase sur Todos : faire manger un chevreau mekoulas est proche de faire manger des kodachim au-dehors. Le mekoulas est interdit qu'on ait dit ou non qu'il est pour Pessa'h ; la viande qui ne l'est pas ne l'est que si l'on a précisé.
Rav Aha enseigné la baraitha selon Rabbi Chimon. Rav Chechet et Ravina confrontent cet avis à Rabbi Yossi, sur la minha d'orge et la saisie de la fin des paroles.
La baraitha tient selon Rabbi Yossi : " ceci est pour Pessa'h " s'entend pour la valeur du pesah. On demande si Todos était un grand homme ou un baal egrofin.
Sa deracha sur Hanania, Mishaël et Azaria, le kal va-homer des grenouilles, et le melai versé aux talmidei hakhamim tranchent pour lui. La michna ouvre le minhag d'allumer la lampe la nuit de Kippour : les deux coutumes écartent le tashmish.
Chemuel réserve la berakha sur le feu à la sortie du Chabbat, et Oula démêle avec Rabba bar bar Hana ce que Rabbi Yo'hanan a dit.
C'est proche de faire manger à Israël des kodachim au-dehors. Mekoulas, oui ; ce qui n'est pas mekoulas, non.
Ils disent : mekoulas, qu'il ait dit ou qu'il n'ait pas dit. Ce qui n'est pas mekoulas : s'il a précisé, oui ; s'il n'a pas précisé, non.
La phrase continue le " dis plutôt " de l'amoud précédent. Le reproche fait à Todos est d'être proche de faire manger des kodachim hors de leur lieu.
Premier dégagement : seul le mekoulas, le chevreau rôti entier, serait visé. Cela gêne Rav, pour qui même une viande simple, dès qu'on dit qu'elle est pour Pessa'h, se confond avec le pesah.
Réponse. Le mekoulas est interdit qu'on ait prononcé la formule ou non : il a l'aspect du korban. La viande qui n'est pas mekoulas n'est interdite que si l'on a précisé. Préciser, c'est paraître appeler un nom, la formule qui donne un statut de korban.
Rav Aha enseigné cette baraitha selon Rabbi Chimon. Rav Chechet l'attaque : soit, pour celui qui l'enseigne selon Rabbi Yossi, cela tient.
Pour celui qui l'enseigne selon Rabbi Chimon, cela tient-il ?
Rav Aha rapporte l'épisode de Todos au nom de Rabbi Chimon. Rav Chechet admet la version placée au nom de Rabbi Yossi. La version de Rabbi Chimon reste à justifier : la michna qui suit, sur celui qui offre hors de la manière des offrants, rend ses paroles nulles.
Or nous avons appris : Rabbi Chimon exempte, parce qu'il ne s'est pas voué à la manière de ceux qui se vouent.
Michna de Menahot. " Voici sur moi une minha d'orge ". Les Sages font apporter du froment : on saisit la première formule, " minha ", et l'orge ne vaut pas pour un don volontaire.
Rabbi Chimon exempte. On saisit aussi la fin. Il a visé l'orge, qu'il croyait pouvoir offrir. La parole entière sort de la manière de ceux qui se vouent, et elle est nulle.
Reporte au chevreau : on consacre une bête vivante. Appeler un nom au moment du rôt, sur une viande, est hors de la manière de ceux qui consacrent. Le nom ne prend pas. La crainte de kodachim au-dehors tombe, et la baraitha ne tient plus selon lui.
Ravina dit à Rav Ashi : et celui qui l'enseigne selon Rabbi Yossi, cela tient-il ? Or Rava a dit : Rabbi Chimon l'a dite selon la méthode de Rabbi Yossi, qui a dit : même dans la fin de ses paroles, l'homme est saisi.
Ravina renverse la question. Si Rabbi Chimon suit Rabbi Yossi, la difficulté de l'un atteint l'autre. Dans Temoura, deux désignations d'affilée, ola puis chelamim : Rabbi Meir ne garde que la première. Rabbi Yossi garde les deux, quand l'intention du début portait sur les deux, parce qu'on ne peut pas sortir deux noms d'un seul souffle.
Tossefot sépare les cas. Ola et chelamim sont deux paroles distinctes : les deux prennent effet. " D'orge " explique " minha ". Saisir la fin annule le début. Chez les Sages, le premier langage reste fort : l'homme devra du froment, et la formule " si j'avais su " sert de petah, d'ouverture pour dénouer le vœu.
Quoi, n'en résulte-t-il pas : de ce que Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yossi, Rabbi Yossi tient aussi comme Rabbi Chimon ? Non.
Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yossi, et Rabbi Yossi ne tient pas comme Rabbi Chimon.
L'alignement reste à sens unique. Rabbi Chimon reçoit de Rabbi Yossi ceci : la fin des paroles saisit l'homme. Il en tire que le don irrégulier est nul. Rabbi Yossi ne le suit pas jusque-là.
Chez Rabbi Yossi, l'homme qui a dit " minha d'orge " doit une minha de froment. Le motif est qu'un homme ne parle pas pour rien. Le premier langage n'est pas ici la raison.
Pour Todos, la formule " ceci est pour Pessa'h " sur le chevreau s'entend ledmei pesah, pour la valeur du pesah. La proximité avec des kodachim au-dehors demeure. La baraitha s'établit selon Rabbi Yossi.
On a demandé : Todos, homme de Rome, était-il un grand homme, ou était-il un baal egrofin (homme de poigne) ?
Les Sages ont menacé Todos de nidoui et ne l'ont pas frappé. Deux lectures. C'était un gavra raba, un grand homme : on a ménagé son honneur. Ou c'était un baal egrofin : on a craint sa poigne.
Le Ben Yehoiada en tire une règle retenue par les décisionnaires : s'abstenir de nidoui envers un homme de poigne ne compte pas comme hanoupa.
Viens entendre. Todos, homme de Rome, a encore enseigné ceci : qu'ont vu Hanania, Mishaël et Azaria, pour se livrer eux-mêmes, pour la sanctification du Nom, à la fournaise de feu ?
Preuve qu'il était un gavra raba : il a enseigné en public. Hanania, Mishaël et Azaria se sont livrés à la fournaise pour le kiddouch ha-Chem.
Rachi : ils n'ont pas lu " il vivra par eux " (Vayikra 18, 5) comme une dispense de mourir. Tossefot : en public, l'obligation de se livrer vaut pour tous, même pour une mitsva légère. Rabbenou Tam : l'image de Nevukhadnetsar était une andarta en son honneur. Le verset sépare son elah et l'image d'or. Le Ri : la question est pourquoi ils n'ont pas fui avant l'acte, comme Daniel. Ils étaient trois dans ce conseil.
Le Ben Yehoiada lit la preuve autrement : la baraitha garde cette deracha parce qu'une halakha en sort, celle que les Tossefot rapportent au nom du Ri.
Ils ont tiré un kal va-homer en eux-mêmes, à partir des grenouilles. Les grenouilles, qui ne sont pas commandées sur la sanctification du Nom, il est écrit à leur sujet : " elles viendront [et elles monteront] dans ta maison [etc.], et dans tes fours et dans tes pétrins ".
Quand les pétrins se trouvent-ils auprès du four ? Dis : à l'heure où le four est chaud.
Nous, qui sommes commandés sur la sanctification du Nom, à plus forte raison.
Le kal va-homer part des grenouilles de Chemot (7, 28). Le verset les fait entrer dans les fours et les pétrins. Les pétrins sont auprès du four à l'heure où le four est chaud. Elles entrent donc dans le feu.
Elles ne sont pas commandées sur le kiddouch ha-Chem. Hanania, Mishaël et Azaria le sont. À plus forte raison ils se livrent à la fournaise.
Le Ben Yehoiada répond à l'objection : les grenouilles n'ont pas choisi le feu. Il lit le " qu'ont-ils vu " comme la raison de se livrer au four plutôt que de se donner la mort, en s'appuyant sur un miracle pareil au leur.
Rabbi Yossi bar Avin dit : il mettait de la marchandise dans la bourse des disciples des sages. Car Rabbi Yo'hanan a dit : quiconque met de la marchandise dans la bourse des disciples des sages mérite et siège dans la yechiva d'en haut, car il est dit : " car à l'ombre de la sagesse, à l'ombre de l'argent ".
Autre lecture de Todos. Il versait du melai, de la marchandise, dans la bourse des talmidei hakhamim, pour qu'ils en tirent un gain. Rabbi Yo'hanan : celui qui fait cela siège dans la yechiva d'en haut. Le verset (Kohelet 7, 12) met l'ombre de la sagesse à côté de l'ombre de l'argent. Rachi : celui qui les fait profiter de ses biens entre dans la cloison de la sagesse.
Le Roch rapproche la gemara de l'attachement : marier sa fille à un talmid 'hakham, faire du négoce pour lui, le faire profiter de ses biens, c'est comme s'attacher à la Chekhina. Il fixe aussi le mekoulas : rôti d'un seul tenant. Un membre coupé ou bouilli le sort de cette catégorie. Et il glose les deux formules sur la lampe : une seule visée, le tashmish ha-mita.
Michna. Un lieu où l'on a coutume d'allumer la lampe les nuits de Yom Kippour : on allume.
Un lieu où l'on a coutume de ne pas allumer : on n'allume pas. Et l'on allume dans les synagogues, dans les maisons d'étude, dans les ruelles obscures, et auprès des malades.
Michna des minhagim, après celle du rôti de Pessa'h. La nuit de Kippour, la lampe dans la maison suit le lieu.
Quatre endroits échappent au minhag de ne pas allumer : synagogue, beit midrach, ruelle obscure, où l'on évite de se blesser, et le chevet du malade.
Guemara. Un tanna a enseigné : qu'ils aient dit d'allumer ou qu'ils aient dit de ne pas allumer, les deux ont visé une seule chose.
Rav Yehochoua a dit : Rava a exposé " et ton peuple, tous sont des justes, à jamais ils hériteront la terre, etc. ".
Qu'ils aient dit d'allumer ou qu'ils aient dit de ne pas allumer, les deux n'ont visé qu'une seule chose.
Les deux minhagim visent une seule chose : écarter le tashmish ha-mita, interdit à Kippour. Allumer : on ne sert pas sa couche à la lumière. Ne pas allumer : voir l'épouse réveille le désir.
Rav Yehochoua au nom de Rava lit Isaie (60, 21) : le peuple entier est juste. Les coutumes diffèrent, la visée est une.
Rav Yehouda a dit que Chemuel a dit : on ne bénit sur le feu qu'à la sortie du Chabbat, puisque c'est le début de sa création. Un certain vieillard lui dit, et d'aucuns disent que c'était Rabba bar bar Hana : c'est juste, et ainsi a dit Rabbi Yo'hanan.
Oula chevauchait un âne et allait, et Rabbi Abba marchait à sa droite, et Rabba bar bar Hana à sa gauche. Rabbi Abba dit à Oula : est-il sur que vous dites au nom de Rabbi Yo'hanan : " on ne bénit sur le feu qu'à la sortie du Chabbat, puisque c'est le début de sa création " ?
De la lampe, la Guemara passe à la berakha " qui crée les lumières du feu ". Chemuel : seulement à la sortie du Chabbat, heure où le feu a été créé pour la première fois. Un vieillard, ou Rabba bar bar Hana, confirme, et au nom de Rabbi Yo'hanan. Rachi glose ישר : " tu as bien parlé ". Il note qu'on ne lit pas יישר.
Rabbi Abba interrogé Oula au pluriel, " vous dites ". Oula est à âne, Rabbi Abba à sa droite, Rabba bar bar Hana à sa gauche. Tossefot : on ne bénit pas à chaque jouissance du feu. La berakha de jouissance vise le corps. La lumière du soleil se renouvelle chaque jour : de là la berakha quotidienne.
Oula se retourna et regarda Rabba bar bar Hana avec mécontentement. Il lui dit : moi, je ne l'ai pas dit sur ceci ; je l'ai dit sur ceci.
Un tanna a enseigné devant Rabbi Yo'hanan : Rabbi Chimon ben Elazar dit : un Yom Kippour qui tombe un Chabbat, même dans un lieu où l'on a dit de ne pas allumer, on allume, à cause de l'honneur du Chabbat. Et Rabbi Yo'hanan répondit après lui : et les Sages interdisent.
Il lui dit : que celle-ci soit.
Oula n'a pas transmis l'enseignement sur la berakha. Il fixe Rabba bar bar Hana avec sévérité. Rabba précisé : le propos mis au nom de Rabbi Yo'hanan est un autre. Rabbi Chimon ben Elazar : Kippour qui tombe un Chabbat, on allume même là où le minhag est de ne pas allumer, pour l'honneur du Chabbat. Rabbi Yo'hanan complète : les Sages interdisent. Oula : que celle-ci soit, il l'a dite.
Rachi : Oula tenait que l'on bénit aussi à la sortie de Kippour. Le feu y est une jouissance nouvelle, après l'interdiction de toute la journée. La sortie du Chabbat, chez Chemuel, est une autre raison : l'heure de la création du feu.
Rav Yossef a appliqué à son sujet : " Des eaux profondes, un conseil dans le cœur de l'homme ".
Rav Yossef applique le début de Michlei (20, 5) à cet échange. Le conseil reste dans le cœur, et un homme de discernement le puise. L'amoud s'arrête sur ces mots. La suite du verset est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).